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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 31.05.2013 à 21h06
Auteur : Sherwood
Statut : Terminée
« Tout se termine avec une blessure... Suite de "Partners, volet 1" (J'écris seule, merci) » Sherwood
Cette fanfic compte déjà 8 paragraphes
1
Washington, 2000
Aujourd’hui, Catherine avait beau remuer tout le service de fond en comble, elle ne trouvait pas son stupide partenaire. Il n’était pas à son bureau, ni dans la grande salle, encore moins dans la salle de réunion, il n’était pas non plus entrain de se faire remonter les bretelles par Jordan, toujours pas entrain de ranger les archives, il avait bel et bien disparu ! Catherine se dirigea vers le bureau d’Emma.
-S’il-te-plait, dans quel bar cette fois-ci ? Soupira-t-elle à l’adresse de l’adolescente.
Celle-ci leva les yeux vers elle avec un regard peiné.
-Il est sur les marches.
Catherine haussa les sourcils, surprise. Puis, elle sortit du bâtiment. Pour accéder à la porte principale du quartier général du FBI, il fallait grimper de grandes marches comme pour un tribunal. En effet, il était là. Il était assit sur les marches, entrain de fumer une cigarette. Occupé à observer les voitures défiler à toute allure sur la grande avenue, il ne remarqua pas tout de suite sa présence.
-Tu m’avais promis d’arrêter. Dit-elle en lui prenant la cigarette de sa bouche pour l’écraser au sol.
Il leva lentement la tête vers elle, ce qui lui déchira le cœur, car elle vit une tristesse profonde dans ses yeux. Au début, elle avait cru à un de ses nombreux caprices mais là, c’était différent.
-Steven, tout va bien ? Demanda-t-elle en caressant son épaule.
McGarrett secoua la tête. Son portable pendait dans sa main tremblante. Elle fixa l’appareil avec intensité. Apparemment, il avait reçut un appel qui l’avait chamboulé. Elle le laissa prendre son temps. Soudain, sa voix rauque fut comme un choc électrique :
-Mon père est mort.
Que devait-elle dire ? Qu’elle était désolée pour lui ? Toutes ses condoléances ? Le réconforter ? Lui dire d’aller de l’avant ? Comment fallait-il se comporter dans ces circonstances ? Finalement, elle le prit dans ses bras. Il blottit sa tête contre le creux de son cou et ferma les yeux. Elle lui caressa les cheveux d’un geste apaisant en lui susurrant des mots réconfortants.
-Qui as-tu eu au téléphone ? Demanda-t-elle après un long silence.
-Victor Hesse.
-Quoi ? Hesse comme…
Il se redressa.
-Ouais. Le frère d’Anton Hesse. Il voulait…Il voulait que le FBI le relâche…J’ai refusé. Alors…Alors…
Il ne pu continuer davantage et craqua. II prit sa tête dans ses bras et pleura. Catherine savait que les larmes versées maintenant ne seront plus à verser à l’enterrement. Il n’y avait qu’avec elle qu’il se dévoilait pour ensuite, se cacher aux autres. Elle le ramena contre lui et la consola comme elle pu.
-Alors il l’a tué.
Cette phrase provoqua un frisson d’horreur dans le dos de la jeune femme. Son partenaire avait entendu son père se faire descendre. Brusquement, McGarrett se mit debout. Il prit la main de Catherine et la mit sur ses pieds elle-aussi.
-On doit retrouver ce salaud.
Ça y est, McGarrett était repartit. Il venait de laisser ses émotions de côté pour se consacrer à une unique chose : Mettre la main sur l’assassin de son père.
-D’accord. Dit-elle.
Ils s’empressèrent de rejoindre la grande salle. Assoiffé de vengeance, McGarrett se dirigea directement vers Emma.
-J’ai besoin de tu traces l’appel que je viens de prendre.
-Hein ? S’écria-t-elle en sortant de sa torpeur.
-J’ai vraiment besoin de le répéter ?! S’emporta-t-il soudainement.
Sa voix en colère avait résonnée de tout le service. Catherine se précipita aussitôt vers son partenaire. Celui-ci était hors de lui.
-Steve, calme-toi. Emma n’y est pour rien.
McGarrett souffla bruyamment de frustration et laissa Catherine prendre les choses en main.
-Emma, on a besoin que tu traces le dernier numéro. Tu peux faire ça pour moi ?
-Pour toi. Mais pas pour lui. Grommela-t-elle.
Tout d’un coup, Jordan entra dans la grande salle, visiblement contrariée.
-C’est quoi tout ce boucan ?! Tonna-t-elle.
Automatiquement, elle s’avança vers l’ancien SEAL.
-On essaye juste de retrouver Victor Hesse. Répondit-il avec son faux air innocent.
-Victor Hesse ? Pourquoi ?
-Il m’a appelé tout à l’heure. Il voulait qu’on relâche son frère Anton.
-Vous avez bien entendu refusé !
-Oui.
Catherine s’introduisit dans la conversation.
-Il a tué le père de Steve.
A cette annonce, un silence pesant se fit. McGarrett lança un regard noir à sa partenaire tandis que Jordan restait la bouche ouverte d’horreur. Mais il fallait remettre les choses à sa place. Dans tout ça, Steve venait de perdre son père.
-Heu…Je ne sais pas quoi dire…McGarrett, si vous voulez prendre un congé je…
-N’y pensez même pas ! Rétorqua-t-il.
-Bien. J’ai compris. Vous avez un début de piste ? Demanda-t-elle.
-Emma trace la provenance de l’appel. Répondit Catherine.
-Je viens justement d’avoir un résultat ! S’écria la jeune fille en sautant littéralement de sa chaise.
-Où est-il ?! Aboya McGarrett en la rejoignant.
Emma hésita. Elle était toujours en colère contre lui mais il venait de perdre son père en même temps. Elle décida donc de se tourner vers la partenaire de l’agent.
-A Hawaii, chez McGarrett.
-Je m’en serais douté. Répondit la jeune femme.
-T’habites à Hawaii ? J’avais oublié…Fit la voix de l’agent Andrews.
-Je suis né là-bas. Répliqua-t-il.
-Attendez agent McGarrett, intervint Roberts la responsable des interventions, Hesse n’est pas stupide. Il sait que vous êtes à sa recherche. Il va trouver un moyen de quitter l’île. Ensuite, il va surement venir ici, à Washington, pour vous surveillez.
-Me surveillez ? Répéta-t-il.
Il n’avait jamais apprécié l’agent Roberts. C’était une femme d’une quarantaine d’année environs, les cheveux toujours parfaitement bien coiffés comme si elle venait de sortir de chez le coiffeur et elle claquait fortement ses bottes sur le sol pour affirmer sa présence. A une époque, elle avait été son patron. Maintenant, il était sous les ordres de Jordan mais était resté en conflit avec son ancien boss.
-Oui, pour anticiper et même s’en prendre à vous ! Il va vouloir libérer son frère Anton !
-Mais ça ne va pas arriver. Termina Catherine.
-Le mieux serait d’être auprès d’Anton. Proposa Holliger, le partenaire d’Andrews.
McGarrett hocha la tête dans un signe affirmatif.
-Très bien. Agents Andrews et Holliger, vous allez avec les agents McGarrett et Rollins à la prison de Washington DC. Est-ce clair ?
-Bien Madame. Répondirent en cœur les deux agents.
Catherine suivit leurs deux nouveaux partenaires pour se préparer alors que le reste du monde se dispersait. McGarrett était resté seul, au milieu de la grande salle. Enfin, il prit son courage à deux mains et se dirigea vers Emma. Elle était à son bureau, occupée à pianoter son ordinateur portable.
-Emma…Commença-t-il.
Mais l’adolescente fit mine de l’ignorer.
-Emma ? Tenta-t-il à nouveau.
Cependant le résultat fut le même.
-D’accord. Heu…Je voulais m’excuser. Je n’avais pas à te parler comme ça. Tu me pardonnes ?
-J’imagine que ça doit être dur pour toi, moi aussi j’ai perdu mes parents, je sais ce que ça fait. Mais ce n’était pas une raison pour te défouler sur moi. Répondit-elle sans pour autant le regarder.
-Je sais. Et je m’en excuse encore une fois. Tu veux bien me pardonner ?
Elle leva cette fois les yeux vers lui et rougit. Quand il lui faisait sa tête de chien battu, elle ne pouvait jamais résister.
-Je te pardonne, à une condition : Ne me refais plus jamais ça !
Il hocha la tête, se pencha par-dessus son bureau et l’embrassa sur la joue.
-Merci, ma belle.
Il se redressa et rejoignit Catherine à l’armurerie.
-Prête ? Fit-il en croisant les jambes et se laissant aller contre le contour de la porte.
-Moi oui, mais toi ?
Il sourit entant que réponse. C’était un sourire qui se tentait d’être rassurant même si au fond, il savait qu’il ne pouvait pas la duper.
-Ouais. Répondit-il.
-Dans ce cas, allons-y !
TBC...
2
Washington, 2000
Les agents Rollins, McGarrett, Andrews et Holliger arrivèrent à la prison de Washington. A peine sortit de la voiture, McGarrett mit ses mains dans les poches de son pantalon noir. Ils se dirigèrent immédiatement dans le bureau du directeur de la prison.
-Que puis-je pour vous ? Demanda ce dernier.
-On aimerait avoir une conversation avec l’un de vos détenus : Victor Hesse. Répondit Holliger.
-Je crains que ça ne vas pas être possible sans un permis de la…
-Ecoutez, l’interrompit McGarrett en lui lançant son regard de Commandant, j’ai mis cette ordure en taule. Donc je peux aller le voir si j’en ai envie. Compris ?
-Heu…D’accord…Je vous conduis à lui.
-Merci.
Le directeur ouvrit les portes de chaque couloir et les referma derrière lui. Ils se postèrent enfin devant une cellule. Un gardien ouvrit la porte et les laissèrent entrer.
-Tiens tiens...Qui vois-je ? McGarrett et son petit toutou…Se délecta Anton qui était allongé sur son lit de prison.
La porte se ferma derrière les deux agents tandis qu’Holliger et Andrews menaient la garde dans le couloir.
-Ce n’est pas bien de dire des méchancetés à une dame, ça va te donner des rides. Répliqua Catherine avec un sourire malsain.
Elle s’appuya contre le torse de McGarrett qui était posté derrière elle.
-Vous voyez une dame quelque part, vous ? Moi je vois un lâche et sa chienne !
Steve sentit Cath se serrer un peu plus contre lui en refoulant sa colère.
-C’était votre plan, n’est-ce pas ? A Victor et toi ? Cracha l’agent du FBI.
-Je vois pas de quoi tu parles. Rétorqua le prisonnier.
-Ton frère menace la vie de mon père et je te relâche, c’est ça ?
-Et bien, on n’avait pas trop le choix ! Il ne restait plus que ton vieux après le suicide de ta sœur…
Il n’eu pas le temps de finir que McGarrett s’était jeté sur lui. Il le tenait par la gorge et l’avait plaqué contre le mur. Anton mit ses mains sur l’emprise de Steve afin de l’empêcher de l’étrangler mais l’agent était aveuglé par la colère.
-Steve ! STEVEN ! Cria Catherine en essayant de tirer son partenaire loin de Hesse.
McGarrett finit par l’entendre et le lâcha. En sueur, Anton s’écroula à terre et reprit son souffle.
-Un problème ? Fit la voix d’Holliger derrière la porte.
-Heu…Non, non. Tout va bien ! Répondit Catherine.
Steve s’accroupit pour être à la hauteur du prisonnier. Celui-ci le regardait avec haine. McGarrett prit une profonde respiration et leva un doigt devant les yeux d’Anton.
-Ecoute-moi attentivement, espèce de salop, si ton frère et toi avaient préparé un plus petit plan pour ton évasion, de un, tu vas en payer les conséquences et de deux, ça n’arrivera jamais !
-Ça, c’est ce que tu crois…
Steve fronça les sourcils.
-Quoi ? S’exclama Catherine.
Anton leva les yeux vers elle, se lécha les lèvres avant de dire :
-Boom !
Lorsque Steve rouvrit les yeux, il se sentait complètement sonné. Il toussa fortement et se releva avec peine. Il avait de la poussière partout sur lui et également des tas de gravas. Il passa sa main dans ses cheveux et quand il la regarda, il s’aperçut qu’elle était ensanglantée. « Merde… » Pensa-t-il. Voilà maintenant qu’il s’était blessé le cuir chevelure ! Il eu une nouvelle fois une quinte de toux. Lorsqu’elle se fut calmée, il regarda autour de lui. La cellule était dans un état lamentable. Il y avait de la poussière et blocs de pierres sur toute la longueur. Il vit que ses pompes pataugeaient dans l’eau. L’explosion avait fracassé le lavabo en milles morceaux. Il plissa les yeux et tourna sur lui-même.
-Cath ! Appela-t-il.
Sa propre voix l’effrayait. Elle sonnait creuse et rauque.
Il sortit de la cellule, enfin plutôt de ce qu’il en restait, et se trouva dans le couloir. Soudain, un horrible bruit sourd et strident tapa contre ses tympans. Il se boucha vivement les oreilles de ses mains. C’était l’alarme déclenchée par la prison. A cause de l’explosion, le son lui était amplifié. Il sentit une frappa sur l’épaule. Il se retourna brusquement et essaya de se calmer afin de ne pas tuer l’agent Holliger.
-McGarrett, tu n’as rien ? Réussit-il à déchiffrer sur ses lèvres.
-Non et toi ? Demanda-t-il en entendant sa propre voix au loin.
Holliger hocha négativement la tête.
-Où sont les autres ? Cria-t-il pour couvrir le bruit de l’alarme.
-Je ne sais pas. Répondit son collègue.
Il se pencha en avant à cause de la toux qui reprit.
-T’es sur que ça va ?
-Ouais…Répondit-il entre deux souffles.
Il avança dans le couloir jonché de débris à la recherche des agents. Pendant ce temps, Cath était entrain de descendre péniblement les escaliers qui menaient au grand hall des prisonniers.
-Vous allez bien agent Rollins ? S’écria l’un des gardiens en se précipitant vers elle.
-Je cherche mon partenaire. Répondit-elle à la place.
-Il est peut-être resté dans la cellule ?
-Je n’en sais rien ! Je me suis réveillée à des kilomètres d’où on était ! S’énerva-t-elle.
Le gardien n’eu pas le temps de continuer qu’il se tourna à tant afin d’empêcher à prisonnier de lui briser la nuque. Catherine lui prêta main forte et mirent l’homme HS.
-Avec cette explosion, les cellules et toutes les portes ce sont ouvertes ! Expliqua-t-il.
-Où est Anton Hesse ?
-Surement avec le reste de ces ordures. On dirait que la prison a été attaquée par un lance-roquette !
-Ouais, je vois.
-Rollins ! J’ai Hesse en visuel ! Hurla une voix sur le balcon au-dessus.
Elle aperçut l’agent Andrews qui tenait en jour quelqu’un de l’autre côté du mur.
-Ne le laisse pas s’enfuir ! Tempêta une personne qui courait derrière elle.
Elle soupira de soulagement lorsqu’elle vit McGarrett.
-Steve, il est là-haut ! Lui cria-t-elle.
-Je sais ! Répliqua-t-il.
Ils rejoignirent Andrews à l’étage, suivit de près part Holliger malgré son fort poids. Anton était penché à une fenêtre dont les barreaux s’étaient brisés. Apparemment, il voulait s’enfuir par-là.
-N’y pense même pas ! Rugit McGarrett.
Anton ne bougea pas d’un cil, il semblait trop aspiré par le paysage.
-Tourne-toi, lentement. Ordonna Catherine d’une voix posée et autoritaire.
Dans un premier temps, il parut leur obéir, il se retourna avec lenteur. Mais dans un second temps, pendant une fraction de secondes, McGarrett aperçut l’arme dans sa main gauche qui était repliée contre lui.
-Non ! Non Anton ne fais pas ça !!!
Hesse tendit soudainement le bras et Steve tira. Il vit Anton s’écrouler à terre. Il savait qu’il devait rester néanmoins en vie, c’était son moyen de pression avec Victor. Il se jeta à ses côtés et mit une main sur les plaies par balle.
-Aller, accroche-toi Anton !
-McGarrett, il y a du mouvement derrière ! Ça urge ! Fit Holliger.
-Aller, je sais que tu peux le faire ! N’abandonne pas Anton…
Mais il était trop tard. La vie avait quitté ses yeux et son corps restait sur le sol tel une poupée de chiffon.
-Viens Steve, il faut se tirer d’ici. Dit la voix de Catherine à ses côtés.
McGarrett poussa un cri de rage et se releva. Sa vue était brouillée et une nouvelle quinte de toux le prit. Elle avait raison, comme toujours, ils devaient partir. Un gardien les guida vers la sortie de secourt afin qu’ils s’échappent de cet enfer. Dehors, tout un attirail de flic et de fédéraux attendaient les ordres.
-C’est bon, les agents sont sortit ! Cria-t-on.
-D’accord, on y va les gars !
Alors que le SWAT entrait dans la prison, McGarrett avançait chancelant vers Jordan. Elle était appuyée contre une ambulance et avait les bras croisés. Steve se posta devant elle et leva tout de suite un doigt.
-Ne commencez pas.
Elle hocha la tête et le laissa la rejoindre dans la même position. Un ambulancier se précipita vers lui mais il refusa tout soin. Jordan soupira. Elle devait attendre Catherine pour qu’elle emmène son stupide partenaire à l’hôpital.
-Hesse ? Demanda-t-elle.
-Mort.
-Il va bien ? Il ira bien ? Tu vas bien ?! S’écria Emma en courant vers lui.
L’adolescente étreignit Steve de toutes ses forces. Elle l’embrassa sur la joue et inspecta son visage.
-Dis-moi que tu vas bien ! Tu n’as rien ? On a apprit pour ce qu’il s’était passé à la prison de Washington. Mon dieu ! Comment va Catherine ? Elle n’a rien ? T’es sur que tu te sens bien ?!
-Emma…Tu m’écrases les côtes…
-Oh ! Désolé ! Je suis tellement désolée ! S’exclama-t-elle en se retirant de lui.
-Emma ! Je vais bien. La rassura-t-il.
-Ouais…Tu dis toujours ça…
-Je te le jure. Dit-il même s’il était débraillé, que son costume était déchiré, qu’il avait du sang et de la poussière dans ses cheveux en batailles et sa barbe mal rasée, qu’il toussait toutes les minutes et que son visage était livide. Dans la grande salle, tout le monde souriait devant l’inquiétude habituelle d’Emma. Catherine arriva à son tour, mit une main sur l’épaule de l’ancien SEAL et le tira avec elle. Il était temps d’aller à l’hôpital à présent…
TBC...
3
Washington, 2000
C’était en plein milieu de la nuit lorsque le portable de Catherine sonna. Elle marmonna quelque chose, surement un juron, avant d’abattre sa main sur le profanateur de son sommeil bienveillant.
-Agent Rollins. Où est-ce cette fois ?
-Chez Dicker. Il faut que vous le rameniez et je vous conseil de prendre votre arme pour le forcer à se lever.
-Comment ça ? Demanda-t-elle d’une voix encore endormie en enfilant un Jeans.
-Il s’est bien défoncé là.
-J’arrive dans cinq minutes.
En réalité, elle arriva dans les trois minutes qui suivirent. Elle prit une profonde respiration et entra dans le bar. Elle se dirigea d’un pas automatique vers le comptoir.
-Combien de verre ce soir ? Fit-elle au barman.
-J’ai arrêté de compter au bout du dixième. Répondit-il en essuyant les tables.
Cath ferma les yeux et se reprit un instant. Enfin, elle s’approcha de son partenaire qui était affalé sur le comptoir, un verre encore dans la main. Il était vraiment dans un piteux état. On pouvait voir les points de sutures à l’arrière de son crâne, les cernes sous ses yeux et son teint blafard. Apparemment, il semblait ne pas être conscient de sa présence.
-Steve ? Dit-elle doucement.
Il ne répondit pas.
-Steven ?
Cette fois-ci, il leva la tête vers elle. Dans ses yeux, on pouvait voir la souffrance qui le hantait.
-Cath…Souffla-t-il d’une voix rauque.
-Allez viens, on rentre.
-Non.
Elle soupira et attendit. Quand il était comme ça, elle savait qu’il fallait attendre et être patient avec lui.
-Steve…Murmura-t-elle après avoir posé délicatement une main sur son épaule.
Il portait toujours son costume noir du FBI et il avait à présent une barbe de trois jours.
-J’étais en mission.
-Quoi ?
-J’étais en Afghanistan quand je l’ai apprit. Au début, je n’ai pas osé y croire. Et puis, avec le temps, cela m’a semblé tellement évident ! Elle ne s’est jamais remise de la mort de Maman. C’est papa qui l’a retrouvée, chez lui. Pour moi, tout était de sa faute. C’était sa fille, bordel ! Il ne la pas protégée, il ne s’est jamais occupé de nous ! Il nous a abandonné !
Il frappa le comptoir de son poing dans un accès de colère, ce qui fit sursauter Cath. Néanmoins, elle ne s’éloigna pas de lui. Au contraire, elle glissa sa main autour de la taille de l’homme dans un geste de réconfort. Il fallait qu’il parle, il était temps.
-Je lui ai toujours reproché le suicide de Mary…Et maintenant…Il est mort.
Les larmes commencèrent à apparaître dans ses yeux.
-Tout est de ma faute, Cath. Ils sont morts à cause de moi…Je…
-Non ! Je t’interdis de dire ça !
-Pourquoi ? Hein ? POURQUOI ?! Hurla-t-il dans la salle vide.
Catherine se leva soudainement en lui empoignant fortement le bras.
-Parce qu’un jour, je ne serais peut-être plus là. Et tu devras te débrouiller sans moi. Un jour, tu ne pourras plus continuer à te reposer sur moi, Steve. Et si jamais ce jour arrive, je ne veux pas que tu te ronges le sang à te dire que tout est de ta faute ! Car ce n’est pas vrai ! Rien de tout ça n’est vrai !
Steve se contenta de la regarder, combattant ses émotions.
-Aller viens, on rentre. Répéta-t-elle.
L’agent du FBI se leva avec peine et manqua de chanceler. Elle passa son bras par-dessus ses épaules et l’aida à marcher.
-Merci d’avoir appelé ! Lança-t-elle au barman.
Ce dernier lui fit un signe de la main et les deux autres sortirent dans la nuit. Cette fois, il allait dormir chez elle. Elle le déposa sur son lit et alla dans la cuisine pour lui prendre un verre d’eau. Seulement lorsqu’elle revint, elle s’aperçut que son partenaire s’était déjà endormit. Il s’étalait de part et d’autre du lit dans un ronflement bruyant. Catherine eu un sourire et posa le verre sur la table de chevet. Elle lui enleva sa veste et son pantalon ainsi que ses pompes. Puis, elle mit sa chemise de nuit qu’elle avait abandonnée dans la salle de bain pour se coucher près de lui. Elle se tortillait dans tous les sens afin de trouver une position plus confortable. Après mures réflexions, elle se cala contre le corps de son partenaire. Pendant un court instant, juste avant de sombrer dans le sommeil, elle cru sentir le bras puissant de Steve la ramener un peu plus contre lui…
Le lendemain matin, elle ne comprit pas trop ce qu’il se passait, ni où elle était. Elle poussa un soupire de soulagement lorsqu’elle se rendit compte qu’elle était bien chez elle et surtout, qu’elle portait ses vêtements. Elle se tourna vers Steve qui dormait toujours. Qu’à cela ne tienne, elle enfouit son visage dans le creux de son cou et ferma les yeux de bien être. Dans ses bras, elle s’était toujours sentit en sécurité, elle s’était toujours sentit bien.
-Bonjour agent Rollins…Souffla une voix masculine dans son oreille.
Elle sourit et rouvrit les yeux pour rencontrer les siens.
-Bonjour agent McGarrett. Bien dormi ?
-Hum…Je crois…
Elle eu un rire et se leva d’un bon. Quant à Steve, il ne bougea pas d’un poil, trop occupé à géré le mal de tête qui s’était emparé de lui. Elle était entrain de préparer du café lorsque McGarrett daigna à se mettre debout. Il passa une main sur ses yeux fatigués puis dans ses cheveux bruns en batailles pour enfin la passer sur sa barbe.
-Il serait peut-être temps de se faire une petite toilette ? Suggéra-t-elle avec une lueur de malice dans les yeux.
Il hocha lentement la tête et se dirigea vers la salle de bain d’un pas traînant. Quand il en ressortit, il était parfaitement bien rasé. En revanche, cette propreté refaisait encore plus transparaître sa lividité. Comme il venait de prendre une douche, de l’eau dégoulinait de son corps et s’écrasait par terre dans un goutte à goutte régulier. Catherine, qui venait de servir le petit-déjeuner, eu un rire timide, prit une autre serviette et s’avança vers lui.
-On dirait un véritable gosse. Dit-elle avec un grand sourire.
Elle essuya ses cheveux dans un geste frénétique devant l’air penaud mais néanmoins amusé de son partenaire.
-Voilà. Beau comme un dieu ! S’exclama-t-elle.
Il la remercia d’un clin d’œil puis prit ses affaires.
-Tu ne vas pas remettre ta chemise qui pue le bourbon j’espère ! S’écria-t-elle.
-Bah quoi, j’ai rien d’autre.
Elle leva les yeux au ciel et ouvrit la commode. Ce qui était pratique dans son petit appartement en plein centre de Washington, c’est que tout était à proximité. Elle en sortit une chemise bleue ciel et la lui jeta. Devant son air interrogateur, elle continua :
-J’ai tout prévu. Te connaissant…
Un sourire se dessina sur ses lèvres et il enfila la chemise. Enfin, il la rejoignit à table. A sa grande surprise, elle lui tendit un café noir.
-Comme dans la NAVY ! Fit-elle en étalant du beurre sur un toast.
-Merci.
Ils mangèrent en silence jusqu’à ce que Catherine parle à nouveau :
-Dis-moi, Steve, tu te souviens de la nuit dernière ?
McGarrett releva brusquement la tête.
-Non, ce n’est pas ce que tu crois. S’empressa-t-elle d’ajouter.
-Alors que veux-tu dire ?
-Tu te souviens de ce que tu m’as dis au bar ?
Il fronça les sourcils, cherchant en vain.
-Heu…Non…Je ne vois pas trop…Si j’ai dis une connerie, excuse-moi ! Je n’étais pas dans mon état normal !
-Oh, ne t’en fais pas.
Le silence reprit. Puis, McGarrett rouvrit la bouche :
-Qu’est-ce que je t’ai dis ?
-Hum ? Oh, rien d’important. Aller, lève-toi, on doit y aller.
Elle se leva vivement et commença à préparer ses affaires. Seulement, Steve ne bougea pas de sa chaise. Il lui avait dit quelque chose ? Il avait juste cru que Cath l’avait ramené chez elle, là il avait dessoulé et c’était tout. Bref, comme d’habitude. Il secoua la tête, ce qu’il regretta aussitôt quand une douleur lui prit, et se leva prudemment. Cath était de dos, occupée à essayer de retrouver ses clés. Il la regarda attentivement. Elle avait toujours pris soin de lui. Elle avait toujours été là pour lui. Soudain, il se souvint de quelque chose : « Un jour, tu ne pourras plus continuer à te reposer sur moi, Steve. Et si jamais ce jour arrive, je ne veux pas que tu te ronges le sang à te dire que tout est de ta faute ! » Qu’est-ce que ça voulait signifier ? Il fut sortit de ses pensées par la sonnerie de son portable.
-McGarrett.
-Steve ? C’est Emma. Vous foutez quoi avec Catherine ? Il est midi !
-Désolé…Heu…
-Gueule de bois. J’ai compris. Peux-tu rappliquer rapidement au QG s’il-te-plait ?
-Pourquoi ça ?
-On a retrouvé Victor Hesse….
TBC...
4
Los Angeles, 2000
McGarrett et Rollins venait d’atterrir à Los Angeles, là où avait été repéré Victor Hesse. Dans l’aéroport, Steve marchait à 200/h et Catherine avait du mal à le suivre.
-Sil-te-plait, Steve ! Plus lent ! Ça ne sert à rien d’aller si vite !
-Tu as entendu Wilson ? On doit être au QG de la CIA d’LA le plus rapidement possible ! Répliqua-t-il.
-Mais l’agent Wilson a aussi dit qu’ils gardaient Hesse en visuel alors calme-toi.
McGarrett s’arrêta brusquement et se tourna net vers elle.
-Cath, je te signale que c’est l’homme qui a tué mon père ! Et tu voudrais que je le laisse filer ?!
-Tu sais très bien que je n’aie pas dit ça !
-Alors quoi ?! On va tranquillement se poser, le temps de prendre un café tandis que l’assassin de mon père court librement ?!
-Pas librement, il est surveillé par la CIA en attendant notre venue.
-Excuse-moi, ça fait toute la différence !!! Cria-t-il avec ironie.
Catherine lui lança un regard agacé et il s’aperçut que tout le monde les regardait dans le hall de l’aéroport.
-Allons-y maintenant. Dit-elle d’une voix calme.
Elle le prit par le bras et l’emmena à l’extérieur. Là, un taxi les attendait. Catherine lui indiqua l’adresse tandis que son partenaire, renfrogné, s’était retiré dans un coin.
-Tu ne vas bouder j’espère ! S’exclama-t-elle.
-Je ne boude pas…Marmonna-t-il.
-Ben voyons !
Ils arrivèrent devant un vieux bâtiment en travaux. Ils sortirent du véhicule, payèrent le taxi et rentrèrent. Derrière un échafaudage, il y avait une porte en acier. Ils y entrèrent et se retrouvèrent dans un énorme hall où plein d’agents fourmillaient.
-McGarrett et Rollins, n’est-ce pas ? Fit un homme en costar gris qui s’approchait d’eux.
Il avait des cheveux noirs plaqués en arrière et des yeux enfoncés dans leurs orbites.
-C’est exacte. Vous devez être l’agent Wilson ? Repartit Catherine.
-En effet. Bienvenue à la CIA de Los Angeles.
-Où est Hesse ? Attaqua McGarrett sans lui accorder un regard.
Catherine jeta un coup d’œil : Problèmes personnels, à Wilson qui comprit.
-Pour le moment, il est au port de Los Angeles. On le surveille garce à nos…
Il n’eu pas le temps de finir que Steve se dirigea vers l’écran géant.
-Il est où exactement ?
-Baie d’LA Beach. Répondit l’informaticien.
Tout le service regardait les nouveaux venus comme de nouvelles espèces.
-Ok. Cath, on y va ! Lança-t-il en la rejoignant.
-Je viens avec vous ! Rétorqua Wilson.
-Hors de question. Catherine, dépêche ! Répondit McGarrett qui gagnait déjà la sortie.
-Stop ! C’est la CIA qui a repéré votre homme, je le surveille depuis votre arrivée donc je viens avec vous !
-Steve…Intervint Catherine.
Il réfléchit un instant puis répondit :
-D’accord. Ne perdons pas de temps.
Dans la voiture, Wilson fit de son mieux pour tenir sur son siège.
-Il conduit toujours comme ça ? Demanda-t-il à Cath qui était sur le siège arrière.
-Oui. Et encore, vous n’avez rien vu ! Répondit-elle.
-Vous allez la fermer vous deux ! Répliqua l’intéressé.
Ils arrivèrent très vite à LA Beach et descendirent. Steve eu un soupire agacé, il y avait encore beaucoup de monde.
-S’il y a une fusillade, il risque d’y avoir des blessés du côté des civils. Dit Wilson.
-Merci, je vois ça !
-Steve, j’ai eu la CIA, il est actuellement sur le bord de la baie. Intervint Catherine en remettant son portable dans la poche arrière de son pantalon.
-Ça veut dire quoi ça ? Il cherche à s’enfuir ? Roberts disait qu’il viendrait à Washington pour me surveiller. Ça n’a aucun sens !
-Sauf s’il veut vous tendre un piège. Répondit Wilson.
-Pourquoi ici et pas là-bas ? S’énerva l’agent du FBI.
-Parce qu’il sait que tu ne viendras pas avec tout le service ! Il doit se douter qu’il n’y a que toi et moi. Lui répondit la jeune femme.
-Et vous, dit-il en se tournant vers Wilson, il ne sait pas que vous êtes avec nous !
-Vous pouvez être plus clair ?
-Il pense nous tenir un piège mais c’est nous qui allons l’attaquer par-derrière.
Le portable de Catherine se remit à vibrer.
-Allo ? Oui. Bien. Merci.
-Alors ? Fit son partenaire une fois qu’elle eu raccroché.
-Il monte maintenant sur un bateau : « Le Chinois ».
-S’il part vers les eaux internationales, c’est foutu. Dit Wilson.
-Il ne partira pas tant que je ne suis pas venu…Marmonna Steve.
-Attends, à quoi tu penses ? S’écria Cath.
Hesse attendait sur le bateau. Il savait qu’il allait venir. Il avait repéré les caméras de surveillance qui se retournaient sur son passage. Il savait qu’il allait venir pour lui. McGarrett allait vite le regretter. Il jeta un coup d’œil à la mer. Tout se déroulait comme prévu. Lorsque le soleil finira de se coucher, il sera partit. Soudain, on entendit des coups de feu. Il se tourna et aperçut la partenaire de McGarrett qui tirait sur ses hommes. Il était venu avec elle ? Grosse erreur…Il allait se lancer dans la fusillade quand une balle le manqua de peu. Il se retourna et se trouva nez à nez avec un autre agent qu’il ne connaissait pas. Il jura et se jeta sur lui. Les coups s’échangèrent à une vitesse folle et Wilson n’eu pas le temps de réagir. Lorsque Victor le mit KO, il fit le tour du bateau et se rendit compte que pratiquement tous ses hommes étaient mort. L’agent n’avait été qu’une distraction pour que McGarrett les tuent. Il poussa un cri de rage et se cacha derrière le poste de pilotage. Il vit la belle Rollins se battre encore avec un des siens. L’autre agent était à terre, il ne restait plus que McGarrett…
Pendant ce temps, Steve se mit à genoux prêt de Wilson.
-Ça va ? Demanda-t-il.
-Oui…Mon gilet m’a protégé…
Steve ouvrit en grand la veste de l’homme et vit en effet le gilet.
-Très bien. Restez à terre, je m’occupe de Hesse.
-Faîtes gaffe…McGarrett…
-Ouais.
Il se releva et chercha Catherine du regard. Elle était toujours en proie avec deux hommes mais elle allait bien. Soudain, il le vit. Il se cachait derrière le poste de pilotage. Il courut jusqu’à lui en quelques enjambés. Il devait l’avoir. C’était l’homme qui avait tué son père. Il ne pouvait se permettre de le laisser filer. Hesse était à lui. Brusquement, sans qu’il ne s’y attende, un point s’abattit sur son visage. Puis un autre et encore un autre. McGarrett se mit alors en mode SEAL et reprit petit à petit le dessus. Il défie son assaillant du regard et attaqua. Son adversaire tenait bien la cadence mais pas aussi bien que l’agent du FBI. Soudain, Hesse lui fit un crocha patte et Steve tomba durement sur le dos. A chaque coup porté sur lui, Hesse prononçait ces mots :
-Mon frère est mort.
Encore un autre coup.
-Il est mort.
Il frappa de nouveau.
-N’est-ce pas ?
Il ne s’arrêta pas.
-N’est-ce pas ?
Cependant, il n’eu pas le temps de répéter une nouvelle fois que McGarrett inversa la situation. Il se remit debout et frappa l’homme au torse d’un puissant coup de pied. Hesse se releva très vite et grimpa sur le bateau à l’étage supérieur. McGarrett le rejoignit et le combat reprit de plus bel. Sauf que Steve commençait cette fois à être sérieusement fatigué. Tous ses muscles lui faisaient mal, sa vue se brouillait et il reprenait son souffle avec difficulté. De plus, il ne savait pas comment Catherine se débrouillait. Soudain, Hesse l’empoigna avec force et l’envoya voler. Steve atterrit durement à l’étage en dessous. Il ferma les yeux pour géré la douleur et tourna la tête. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il s’aperçut qu’il était prêt de Wilson. Sans un bruit, il étendit le bras vers lui tandis qu’Hesse le dominait. Il avait prit un fusil et le mettait en joue.
-Tu sais Victor, il y a une chose que tu dois savoir à propos de ton frère. Lança Steve dont les doigts s’approchaient de plus en plus de l’arme de Wilson.
-Quoi ? Fit son ennemi alors qu’il s’apprêtait à lui tirer dessus.
-Il est mort exactement comme toi.
Soudain, Steve prit l’arme et lui tira deux balles en pleine poitrine. Hesse resta un instant la bouche ouverte, les bras écartés avant de basculer dans le vide et de plonger dans l’eau. McGarrett remonta et observa la surface attentivement. Il ne reviendra pas…Il ferma les yeux et poussa un soupire de soulagement. C’était finit. Lorsqu’il les rouvrit, il aperçut Catherine qui se tenait à ses côtés, comme toujours…
TBC....
5
Washington, 2000
Steve était entrain de boire dans un bar, à penser. Voilà une semaine que lui et Catherine étaient revenu de Los Angeles. Les gardes de côtes avaient dit qu’ils les préviendraient s’ils retrouvaient le corps de Victor Hesse. Seulement voilà, ça faisait maintenant deux jours. Wilson les tiendraient également au courant si jamais il y avait du nouveau. Mais rien, absolument rien. Il sentit une présence à côté de lui et sourit.
-Quoi ? Demanda-t-il d’une voix fatigué.
-Déjà, combien de verre ?
-Que trois…
-Bon, on va dire que tu es à peu près sobre. Ça fera l’affaire.
-Cath…
-Il n’y pas de « Cath… » qui tienne.
Elle le tira par le bras et le força à se lever. Puis, elle paya le barman et fit rentrer Steve dans sa voiture.
-On a une affaire. Essaye de faire semblant. Dit-elle en démarrant.
-Hum…
Pendant le trajet, elle vit qu’il s’était endormit. Les larmes lui montèrent aux yeux. Ça lui faisait mal de le voir comme ça. Déjà qu’avant c’était un homme du genre autodestructeur, l’assassinat de son père n’avait pas arrangé les choses. Cette affaire était tout simplement entrain de le détruire. Elle éteignit le moteur et le secoua pour le réveiller.
-Fais un effort. Grogna-t-elle en sortant de sa voiture.
Steve sortit à son tour tant bien que mal, tira sur sa veste noire et mit ses lunettes de soleil.
-Bah quoi. Fit-il devant l’air exaspéré de sa partenaire.
Elle leva les yeux au ciel, ce qui le fit sourire. Ils arrivèrent dans la salle de réunion où Jordan et Roberts les attendaient ainsi que deux autres agents.
-Je l’ai ramené. Dit Catherine.
McGarrett se contenta d’hausser les sourcils avant de se laisser choir sur un siège. Il bascula ses jambes en travers, de sorte qu’il était à moitié allongé.
-McGarrett, la prochaine fois que vous vous soulez, pensez à mettre du deo. Répliqua Jordan en fronçant le nez.
Steve haussa cette fois les épaules et les toisa à sa manière.
-Bon, qu’avez-vous pour nous ? Demanda Catherine.
-Vous devez retrouvez Lydiane Foster. Répondit Roberts.
-Pourquoi ? Intervint enfin Steve.
-Elle a volé un disque dur du FBI.
-Si vous ne pouvez pas surveiller vos agents, ce n’est pas mon problème. Rétorqua-t-il.
-Bien sur que si ! Si on ne retrouve pas ce disque dur, tout le FBI sera compromit ! Des agents sous couvertures pourront être révéler, des missions seront foirés bref, se sera terrible !
-D’accord ! J’ai compris. Dit-il en basculant la tête en arrière.
-Si c’est si grave, pourquoi le directeur n’est pas là ? Demanda Catherine.
-Il ne le sait pas encore. Répondit Jordan.
Soudain, McGarrett eu un rire provocateur.
-Oh, vous êtes géniale Sophia…
Catherine lui tapa l’épaule. Là, il allait trop loin dans l’insolence. Il eu de la chance car Jordan ignora ce qu’il venait de dire.
-Vous superviserez deux nouveaux agents. L’agent Marco et l’agent Sullivan. Ils viennent de sortir de l’académie. A vous de leur montrer comment ça marche. Leur dit-elle en désignant le jeune homme aux cheveux de jais avec les yeux gris et la jeune blonde à la taille fine.
-Super, en plus on doit se taper l’éducation des petits chiots ! S’exclama McGarrett en sautant de sa chaise.
Il le regretta très vite quand la pièce se mit à tourner sous ses yeux mais il ne le laissa pas paraître.
-S’il-vous-plait, McGarrett ! Gronda Jordan en frappant la table.
-Et elles disent que c’est le meilleur des agents…Murmura Sullivan à l’oreille de son nouveau partenaire.
Le jeune homme eu une mine consentante mais ne dit rien.
-Bien…Soit ! Répliqua l’agent du FBI avant de sortir.
Catherine le rejoignit en courant et le fit se retourner :
-Qu’est-ce qui t’as prit ? Hein ? Je peux le savoir ?!
-Cath…Soupira-t-il.
-Non ! Ne recommence pas ! J’en aie par-dessus la tête de ton attitude ! Tu m’entends ?! Il y en a marre !
-Cath…
Cette fois ce « Cath » était différent. Il était implorant, voir suppliant. C’est là qu’elle la vit. La tristesse, dans ses yeux. Elle n’eu pas pitié, mais ce sentiment qui la prenait à chaque fois qu’elle se tenait devant lui. Elle voulu le prendre dans ses bras mais ce n’était pas une si bonne idée de le faire ici.
-Bon, écoute Steven, on va résoudre cette affaire et après, on se prend des vacances. D’accord ?
-Je ne veux pas de vacances. Je veux voir son corps.
Elle savait très bien qu’il voulait parler du corps de Hesse. Elle soupira et caressa sa nuque d’un geste apaisant. Puis, son bras descendit jusqu’à sa taille et elle dit :
-Aller, viens avec moi.
Et il la suivit sans faire d’histoire.
-Il vient vraiment de défoncer la porte là ? S’exclama Sullivan.
-C’est illégal ! Il est entré par effraction ! Renchérit Marco.
-Oui, mais c’est comme ça. Répliqua Catherine qui entra à son tour dans l’appartement de Foster.
Les deux nouveaux agents la suivirent et cherchèrent également des indices.
-Dans son agenda, il est dit qu’elle a rendez-vous chez son coiffeur. Indiqua la jeune blonde.
-On s’en fou. Si tu viens de braquer une banque, crois-tu que tu irai chez ton coiffeur ? Répliqua McGarrett.
-Pour changer de coiffure et se fondre dans la masse. Rétorqua Marco afin de sauver sa partenaire de ce mauvais pas.
-Je t’en prie, ménage-les. Fit Catherine en jetant une tape à l’arrière du crâne de Steve qui réprima un juron.
-J’ai quelque chose ! S’écria Marco dans la salle de bain.
Ils le rejoignirent et vit qu’il tenait un bloque note.
-Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda McGarrett.
-Hum…Il est dit qu’elle doit contacter un certain Ivan Yoako.
-Et il habite où cet Ivan Yoako ? Fit Catherine.
Marco lui donna l’adresse et ils filèrent. L’agent Rollins en profita pour féliciter les nouveaux.
-Vous avez comprit comment ça marchait. C’est très bien, vous faîtes vraiment du super boulot.
-Merci. Dirent les deux autres.
Dans la voiture, Catherine remarqua néanmoins que le visage de son partenaire était figé.
-Tu peux me dire ce qu’il y a ? Souffla-t-elle pour que ça reste entre eux.
-De quoi ? Fit-il sans détacher ses yeux de la route.
-Il y a quelque chose qui te tracasse, je le vois bien. Ecoute, Steven, ne me le fais pas, je te connais.
McGarrett se mordit la lèvre inférieur et tourna un instant son regard par la fenêtre. Puis, il jeta un coup d’œil à la jeune femme qui soutenait sa position.
-Ce n’est rien, Cath. Je t’assure.
-Ce n’est pas rien ! Tu étais prêt à te bourrer la gueule un peu plus tôt ! Siffla-t-elle.
-D’accord, d’accord…
Il poussa un profond soupire et rouvrit la bouche :
-C’est que…J’ai reçut un appel et…
Il prit une grande respiration avant de continuer :
-D’après un vieil ami de mon père qui aurait continué l’enquête sur l’accident de voiture de ma mère, ce n’était pas un accident.
-Comment ça ?
-Une bombe avait été placée sous la voiture.
-Mon dieu, Steven…
-Ce n’est rien Catherine. Je viens juste d’apprendre qu’on plus de mon père, on a également assassiné ma mère !
-Ecoute…
-Ne me dis pas que je devrais prendre un congé !!!
-Je n’allais pas dire ça. J’allais dire que si jamais tu t’engages personnellement sur cette affaire, je serais avec toi.
Elle vit ses yeux s’embuer de larmes. Puis il dit d’une voix étranglée :
-Merci Cath…
Ils arrivèrent chez Ivan Yoako. C’était un restaurant en réalité. Le propriétaire reconnu Lydiane Foster sur la photo que lui présentait les agents du FBI.
-Je dois avoir la vidéo de surveillance.
Il revint avec l’enregistrement qu’ils visualisèrent sur un ordinateur. On pouvait voir Lydiane discuter avec un homme.
-Attends, zoom sur lui. Ordonna Steve à Sullivan.
Elle zooma sur le visage de l’homme et soudainement celui de McGarrett pâlit. Il prit ensuite précipitamment son portable.
-Passez-moi le directeur. J’en ai rien à foutre qu’il soit en réunion ! Dîtes-lui…Dîtes-lui que l’assassin de mon père est en vie.
TBC...
6
Washington, 2000
-Quoi ?!
-Vous avez très bien entendu McGarrett, Marco et Sullivan vont vous accompagner ! Répondit Jordan en tentant tant bien que mal de contenir la colère de l’ancien SEAL.
Catherine accourut auprès de son partenaire pour le calmer.
-Steve, laisse-moi faire.
Il se retira pour laisser place à la jeune femme. L’agent se tourna vers leur patronne :
-C’est important pour Steve. Il ne veut impliquer personne d’autre.
-Je veux bien l’entendre, agent Rollins, seulement je me suis engagé auprès du directeur. Vous devez supervisez Marco et Sullivan. Vous n’avez pas le choix. Est-ce clair ?
La voix de Jordan avait grimpé au fur et à mesure.
-J’irais même plus loin, vous allez avec Marco et McGarrett va avec Sullivan.
-Pourquoi ?! S’exclama Catherine ahurit.
-Parce que la dernière fois que vous avez fait équipe contre Hesse, l’agent Wilson a faillit y passer !
-S’il-vous-plait…
-Le débat est clos !
Sur ce, la femme black tourna les talons. Catherine dû rejoindre McGarrett qui attendait le verdict. Elle poussa un soupire et lâcha enfin :
-Tu fais équipe avec la blonde et je me tape le brun.
Steve ferma les poings de rage mais ne dit rien.
-Salut mon agent préféré ! S’écria Emma avec un rire en voyant la mine défaite de Steve.
-Emma…Dis-moi que tu as une piste…Soupira-t-il.
-Oui ! On a retrouvé la trace de Lydiane Foster.
-Génial ! Où ça ? Fit Sullivan qui arriva par derrière.
Elle ignora le regard noir que lui lançait McGarrett et se concentra sur l’écran géant de la grande salle.
-Elle a été repéré entrain de prendre le métro.
-D’accord, on s’en charge, tu me dis au téléphone quelle ligne elle prend ! S’écria Steve qui partait déjà.
Pendant ce temps, Catherine et Marco essayait de trouver comment Foster avait réussit à s’emparer du disque dur et surtout, pourquoi ça intéressait Hesse.
Dans la voiture noire fédérale partie à toute vitesse sur la route principale de Washington, Sullivan faisait de son mieux pour s’accrocher.
-Pourquoi vous êtes toujours comme ça ?
-Quoi ?
-Oui, comme ça. Avec votre petit air, vous savez…Le truc que vous faîtes quand vous n’êtes pas content…
-J’ai un air ?
-Plus un visage, je dirais.
-Et alors ? Vous, vous êtes blonde. Je ne vois pas trop où on va là…
Elle enleva soudainement l’élastique qui tenait ses longs cheveux en une queue de cheval, faisant dégringoler ses mèches sur son épaule et se tourna vers lui :
-Vous voulez coucher avec moi ?
-QUOI ?!
Il détacha brusquement ses yeux de la route pour la regarder bouche bée.
-Vous êtes dingue ou quoi ?
-Non. On se rend service mutuellement.
-Non. C’est hors de question. Vous n’êtes vraiment pas bien.
-Vous aimez Catherine ?
-Je vous demande pardon ? S’écria-t-il en écarquillant les yeux.
-Est-ce que vous aimez votre partenaire ?
-Je…Je…Non ! Je veux dire…pas comme…Vous voyez !
-Donc on peut coucher ensemble ?
Il freina d’un coup et lâcha :
-Non.
Puis il sortit sans rien ajouter. Il leva les yeux au ciel lorsque son portable sonna.
-Oui, Catherine.
-Steven, sur le disque dur il y a un dossier concernant une affaire de la CIA qui préoccuperait Hess, l’opération Switch Back.
-Ça le concerne ?
-Non.
-Alors ça concerne qui ?
-On ne sait pas, c’est classé secret défense.
-Super…Bon, Hesse serait donc en procession du disque dur.
-Ouais. Foster s’est emparé du disque grâce à un pirate nommé Gary Way. On l’a arrêté et il a reconnu.
-Bien. Sullivan et moi, nous nous occupons de Foster. Tu nous y rejoins avec Marco ?
-D’accord.
McGarrett n’attendit pas sa nouvelle partenaire et descendit dans le métro.
-Tu devrais m’attendre. Répliqua Sullivan en arrivant à ses côtés.
-Pourquoi ? Rétorqua-t-il.
-Parce que c’est moi qu’Emma a contacté pour indiquer la ligne prise par Foster. Répondit-elle en croisant les bras.
McGarrett haussa les épaules, ronchonnant dans son coin avant de lui demander :
-Alors ? Quelle ligne ?
-Elle a prit la 26.
Ils ne restèrent pas bien longtemps sur leur quai et coururent déjà vers la ligne indiquée.
-Dégagez ! Hurla Steve aux passants qui bouchaient la voie.
Ils arrivèrent à temps et scrutèrent les différentes portes d’où pouvait bien sortir Foster. McGarrett appela Emma qui lui répondit la porte numéro 3.
-C’est à l’autre bout ! Ragea-t-il.
Sullivan était déjà partie tandis qu’il faisait le tour. Lorsqu’il arriva enfin, il s’aperçut que la jeune blonde avait plaqué Foster contre le mur.
-Pas mal ? Lui demanda-t-elle en menottant leur suspecte.
Il arqua un sourcil en guise de réponse mais lorsqu’il lui tourna le dos, il sourit. Les deux agents retrouvèrent Catherine et Marco qui les attendaient à la surface.
-Très bien, vous l’avez attrapée à ce que je vois. Dit Catherine les dents serrées.
-Où est Hesse ? Aboya Steve à Lydiane qui gardait un visage fermé.
-Je ne sais pas.
-Bien sur ! Et tu pense sérieusement pouvoir nous faire avaler ça ?! S’écria Sullivan.
« Elle a déjà trop traîné avec McGarrett » Pensa Catherine.
-Je ne sais pas, je vous le jure.
-Ok, Catherine et Marco, vous retrouvez le disque tandis que Sullivan et moi nous cuisinons cette garce.
-D’accord. Répondirent les deux autres.
-Vous ne trouverez jamais Hesse. Lâcha Foster en regardant les deux agents qui l’interrogeait dans la cave sombre du FBI.
-Vous croyez ? Cracha Steve dont le visage n’était qu’à quelques centimètres du sien.
Foster ne répondit pas.
-On peut réduire votre peine si vous nous aider. Intervint Sullivan.
-Il est partit. Dit-elle avec dédain.
-Comment ça ? Reprit Steve.
-Il est partit. Disparu. Vous ne le retrouverez jamais.
Le visage de McGarrett perdit toutes couleurs. Il souffla un instant, puis il lança :
-C’est ce qu’on verra.
Avant de sortir.
Sullivan le rejoignit dans le couloir. Elle passa devant lui et fit :
-Vous ne voulez vraiment pas coucher avec moi ?
-Non !
Catherine, Marco, McGarrett et Sullivan était avec Jordan dans la grande salle. Les deux agents avaient retrouvé le disque dur grâce à Emma et il reposait maintenant en sécurité entre les mains du directeur. En revanche, ils n’avaient plus aucune piste pour Hesse.
-Il est tard, je suggère que vous alliez vous reposez. Dit enfin Jordan.
-Je refuse. Répliqua McGarrett sans surprise pour tout le monde.
-Steve…Tenta Catherine.
-Non Cath ! L’assassin de mon père court toujours dans la nature, je ne vais pas juste me reposer !
-Je sais mais…
-Bordel Catherine ! Tu ne veux donc pas m’entendre ?! Tout ce que je veux c’est y mettre fin ! Mettre fin à tout ça ! C’est trop demander ?! Mais non ! Pour Madame, je suis toujours le sal alcolo qui faut toujours surveiller comme un gosse ! Tu sais quoi, oublie-moi Catherine ! Une bonne fois pour toute !
-Très bien ! Je crois que c’est que je vais faire, rétorqua-t-elle sèchement, bonne nuit !
Jordan regarda l’agent Rollins partir, suivit de Marco. On ne pouvait nier que McGarrett et Rollins se disputaient souvent. Mais c’était toujours des petites chamailleries, rien de bien grave. Là, c’était différent.
-Bien…Faîtes comme bon vous semble. Abandonna la femme black en débarrassant le plancher.
Steve ferma les yeux. Il était allé trop loin, il le savait. Seulement, il avait l’impression que personne ne le comprenait. Soudain, une présence de fit savoir à ses côtés. Il sentit une main douce sur son épaule. Cette main n’était pas celle de Catherine. Il rouvrit les yeux et aperçut Sullivan. La jeune blonde lui sourit et lui souffla :
-Moi je suis là…
Il la plaqua sauvagement contre le mur. La pièce était dans le noir et tout leurs sens étaient noyés dans le plus profond des désirs. Il défie rapidement sa chemise tout en goûtant à sa bouche pulpeuse. Il descendit petit à petit sur son cou découvert et se reprit à temps pour ne pas lui mordre la clavicule. Il ne fit que la mordiller. Il passa une main dans ses longs cheveux et la fit courir tout au long de son corps. Il sourit en sentant des mains avides parcourir son torse nu et musclé. Elle enleva rapidement sa ceinture et le tira violemment vers elle. Entre deux baisers, deux souffles, il lui susurra :
-Je…ne…sais même pas…ton prénom…
-Sullivan…hum…suffira…
Il emprisonna ses bras contre le mur et se colla encore plus contre elle. Cette nuit allait être très longue…
TBC...
7
Washington, 2000
Sullivan ouvrit lentement les yeux. Un sourire béat se dessina sur ses lèvres. Elle fronça les sourcils lorsqu’elle aperçut McGarrett complètement habillé entrain de prendre ses clés.
-Qu’est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle d’une voix encore endormie.
Il ne répondit pas et claqua la porte derrière lui avant de disparaître.
Catherine retrouva Steve dans sa voiture. Il portait ses lunettes de soleil noires, buvait un café et tirait visiblement la tronche.
-Ça va ? Demanda-t-elle après avoir refermé la portière.
-Hum. Répondit-il.
-C’est là où tu me demandes si je vais bien moi aussi. Mais bon, on va faire comme si tu me l’avais demandé. Donc oui, je vais bien, merci d’avoir demandé.
Il l’ignora et continua de regarder droit devant lui. Catherine fronça les sourcils puis dit :
-Tu t’en es fais une cette nuit ?
Cette fois il tourna la tête vers elle.
-Pas vrai ?
-Je ne vois pas ce quoi tu parles.
-Je te connais, tu es mon partenaire.
A ces mots, Steve se sentit vraiment comme un misérable. Il bu une gorgée de son café avant de répondre :
-Ça ne te regarde pas.
-Bien sur. C’est qui ? Elle travaille au FBI ? Je la connais ?
-Qu’est-ce que ça peux bien te faire ?!
-Mon dieu, McGarrett ! Qu’est-ce que tu peux être idiot quand tu t’y mets ! Si jamais la direction l’apprend…
-La direction n’en saura rien.
Il l’observa attentivement et ajouta :
-Si tu ne dis rien.
-Ouais c’est ça…Je vais faire comme si de rien n’était ! Rétorqua-t-elle visiblement en colère.
Il enleva alors ses lunettes avec un sourire goguenard sur le visage.
-Ne serais-tu pas jalouse par hasard ?
-Quoi ? Surement pas ! S’écria-t-elle vivement.
-Ah bon. Je croyais. Répondit-il avec toujours ce sourire malsain.
-Arrête de me regarder comme ça ! Je t’ai dis d’arrêter ! Siffla-t-elle.
Elle lui frappa l’épaule et il se mit à rire.
-Bon allons-y. Dit-elle alors qu’il mettait le contacte.
Lorsqu’ils arrivèrent au FBI, Steve ne prêta aucune attention à Sullivan. Cette dernière était carrément déboussolée mais ne dit rien. Soudain, le portable de Steve sonna.
-McGarrett.
-Bonjour Steve…
Le sang de l’agent se figea.
-Hesse. Cracha-t-il.
-Je vois que je te manque.
-Je te jure que je te retrouverai et je t’abattrai comme un chien !
-Mais oui. Pourquoi ne pas en parler face à face ? Tels deux hommes civilisés.
-Je n’attends que ça.
-Disons…les collines qui surplombent Washington ? Tu seras seul, bien sur.
-Sinon quoi ?
-Sinon, c’est ta chère partenaire qui prendra.
Steve jeta un œil à Catherine qui ignorait totalement ce qu’il se passait.
-Ça marche. Répondit-il.
-Bien. A dans une heure.
Et il raccrocha.
McGarrett approchait. Il conduisait dans son 4X4 mais portait l’uniforme fédéral. Il arriva en bas de la colline. Il ralentit et dit :
-On approche. Tu sais ce que tu as à faire.
Sullivan hocha la tête, s’empara de son matériel de snipper et sauta du véhicule. Tandis que Steve se dirigeait vers le lieu du rendez-vous, la jeune blonde alla chercher un bon angle de tir. McGarrett stoppa et descendit. Hesse était là, debout devant un grand feu de broussaille.
-Je vois que tu es venu seul, comme on avait convenu. Dit-il.
-Je suis un homme de parole.
-Je te comprends. J’apprécie ce genre de valeur.
-Pourquoi m’avoir fait venir, Victor ? Fit McGarrett en mettant ses mains dans les poches.
-Pour qu’on règle tout ça.
-Je t’écoute.
-Tu vois Steve, tu es un homme que je respecte beaucoup.
-Tu m’en diras tant…Grommela l’agent du FBI.
-Parfois, je me demande comment tu peux faire face.
-Comment ça ?
-Et bien, ta mère a été assassinée, ta sœur a mit fin à ses jours, j’ai tué ton père…Après être sortit de la NAVY, tu as sombré dans l’alcool…
-Comment tu sais tout ça ?! Comment tu sais pour ma mère ?! Hein ?! Aboya Steve qui commençait à sortir de ses gonds.
-Enfin de compte, toi et moi, on est pareil.
-Je ne pense pas.
-Sérieusement, Steve, qu’est-ce qui nous différencie ?
-Tout.
Hesse eu un risque rauque. Il faisait les cents pas devant le feu. Il allait et venait devant les yeux de Steve. Enfin, il s’arrêta :
-Tu vois Steve, je n’ai pas besoin de te tuer, tu le fais déjà toi-même…
McGarrett se jeta alors sur lui. Il le mit à terre et lui envoya son poing dans la figure. Hesse réussit cependant à se relever d’un bond. Steve vit avec horreur qu’il tenait un couteau. Mais Hesse n’eu pas l’occasion de l’utiliser. Un tir venu de nulle part atteignit son épaule et il tomba à la renverse. McGarrett en profita. Il tenta de s’emparer du couteau, penché sur son adversaire. Quand, Victor le retourna et le plaqua à terre. Il prit le couteau et l’approcha dangereusement de McGarrett. Celui-ci se protégea le visage de son bras et reçut un violent coup qui lui déchira sa veste. A peine s’est-il remit de cette blessure qu’il jeta un coup de coude en plein dans le nez de son ennemi. Il se jeta à nouveau sur lui et cogna, cogna, cogna et cogna. Il s’arrêta seulement lorsque l’homme fut tombé dans l’inconscience. Puis, il souffla.
Après une journée comme celle-ci, on ne pouvait trouver McGarrett ailleurs que dans un bar. On avait recousu son entaille au bras et Hesse avait été transféré dans la prison de Washington. C’était finit. La nuit était à présent tombée sur la ville. Il leva un nez vers le poste que tout le monde regardait. Il grogna quand il se rendit compte que ce soir c’était le nouvel an. « Génial, se dit-il, tout le monde va faire la fête ». Il porta un verre à sa bouche et bu, bu encore et encore, chaque gorgée après l’une. Il pensa à Catherine. Qu’avait-il fait ? Pourquoi avait-il sauté cette gosse alors qu’il avait une femme exceptionnelle à ses côtés ? C’était une femme qui l’avait toujours accepté comme il était, qui voyait au plus profond de son être, qui connaissait ses pensées, qui le comprenait. Et en une nuit, il avait tout foutu en l’air. Mais maintenant, allait-elle lui pardonner ? Il bu. Allait-il pouvoir un jour la regarder sans honte ? Il bu. Allaient-ils pouvoir reprendre leur relation si particulière et surtout si belle ? Il bu. Est-ce qu’il l’aimait ? Il bu et il bu, encore et encore. Cette nuit, il n’allait pas s’arrêter.
Catherine embrassa la joue d’Emma. Pour le nouvel an, l’adolescente avait invité tout le monde dans son appartement. De plus, elle possédait une petite terrasse où on pouvait admirer le feu d’artifice. Cependant, l’agent vit bien que la jeune fille était triste. Steve n’était pas là. Son portable se mit soudain à vibrer. Elle lu « appel masqué ». Elle soupira. C’était surement un barman qui voulait débarrasser son comptoir du corps de son partenaire ivre mort. Mais cette fois, c’était différent. Cette fois, elle refusa l’appel.
Le lendemain, tout le monde était venu travailler au FBI avec néanmoins un mal de tête important. Jordan se posta devant ses agents qui virent avec amusement les cernes sous les yeux de la patronne. Apparemment, elle aussi avait fait la fête cette nuit. La femme black poussa un soupire et fit :
-Même si ça ne m’étonne pas, je pose quand même la question : Où est McGarrett ?
Les agents se tournèrent automatiquement vers Catherine qui avait les bras croisés.
-Ne me regardez pas comme ça, je n’en sais rien !
Emma s’avança et lui murmura au creux de l’oreille :
-J’ai peur Catherine. Tu te souviens la dernière fois qu’il avait disparu ?
Catherine se mordit le coin de la joue et leva les yeux au ciel.
-Bien, je vais le chercher !
Elle arriva au bar qui l’avait appelé la nuit dernière. McGarrett était couché lamentablement sur le trottoir.
-Steve ! Steven, ouvre les yeux ! Ordonna-t-elle en tapotant les joues de son partenaire.
-Hum….
-Alléluia, tu es vivant ! S’écria-t-elle avec ironie.
Elle le mit debout et passa son bras autour de ses épaules pour le soutenir.
-Cath…Je…suis…désolé…Souffla-t-il d’une voix à peine audible.
Catherine sentit les larmes lui monter aux yeux.
-Je sais. Je sais.
TBC...
8
Washington, 2001
Steve rentrouvrit les paupières et essaya de reconnaître l’endroit où il était. Au bout de longues minutes, il se rendit compte qu’il était dans l’appartement de Cath. Au bout d’un certain temps, il se rendit compte qu’il avait la tête posée sur les genoux de Cath ! Il ouvrit complètement les yeux et s’aperçut que Catherine lui caressait nonchalamment ses cheveux en batailles.
-Ah, la marmotte est réveillée ! S’écria-t-elle avec un petit sourire.
-Hum…Fit-il entant que réponse.
-Aller, debout ! Jordan nous a permis d’arriver en retard mais il ne faut pas en profiter ! Prends une douche, tu pus le whisky !
Il se redressa en se tenant la tête.
-Tiens. Dit Catherine en lui tendant un verre d’eau et de l’aspirine.
Il le prit et bu sans rien dire. Enfin, il leva les yeux vers elle et demanda :
-Pourquoi tu fais ça ?
Elle s’arrêta devant lui, les mains sur les hanches.
-Pourquoi quoi ? S’écria-t-elle.
-Pourquoi tu continue à prendre soin de moi ?
-Parce que tu es mon partenaire.
-Non…Non…Pas ça.
-Alors quoi ? Il n’y a pas de réponse, c’est tout.
-Si Catherine…
Elle ne le laissa pas terminer et s’apprêta à se rendre à la cuisine.
-Cath ! Attends !
Il l’agrippa à temps par le bras et la força à venir vers lui. Il vit avec horreur qu’elle pleurait.
-Cath…
Elle se jeta dans ses bras et enfouit son visage dans le creux de son cou. Il eu l’impression de se s’enfoncer dans le sol lorsqu’elle dit d’une voix brisée :
-Ça me fait mal de te voir comme ça…Je ne peux plus te voir te détruire sans rien pouvoir y faire….Je…Je t’aime…Et je te le demande, Steven…Arrête, s’il-te-plait…Arrête.
Il serra ses bras puissants autour de sa taille et embrassa son cou humide de larmes comme dans une promesse. Il essaya de ne pas pleurer à son tour et la serra encore plus fort contre lui.
-J’arrête…Cath. J’arrête.
Elle se releva, ses yeux embués de larmes rencontrèrent les siens. Il la regarda intensément. Elle était tellement belle…Il porta une main à son visage, essuya les traces de ses larmes abondantes et caressa ses cheveux bruns. Puis, lentement, il s’approcha. Elle se laissa faire, elle se laissa amener. Contre lui, elle s’était toujours sentit bien et en sécurité. En fait, c’était comme si elle l’avait toujours embrassé, elle connaissait le goût de ses lèvres, elle avait toujours sentit cette fureur de sentiments qui dansaient dans son ventre. Elle répondit encore plus et il l’allongea délicatement sous lui, sur le canapé avec la précaution d’un chirurgien. Il explora chaque partie de son corps, mais c’était comme s’il connaissait déjà tout ça. Dans un élan d’amour, il descendit dans son cou et voulu l’emporter avec lui. Elle se laissa à lui, il pouvait la porter. Puis, il attaqua plus sauvagement, plus avidement. Sauf pour le baiser. Lorsqu’il rencontrait ses lèvres, c’était dans un éclat de passion mais surtout d’amour. Elle s’accrochait à lui désespérément, ne voulant pas que ça s’arrête. Rien n’était meilleur que ce qui lui offrait. Elle serra ses épaules contre elle, humant son odeur, passa sa main dans ses cheveux rebelles, sur son torse viril. Diable, elle voulait que ce moment dure une éternité. Il se retira lentement et ses yeux se noyèrent dans les siens. Alors, il l’embrassa comme si sa vie en dépendait…
Steve McGarrett était allongé sur sa chaise, les pieds sur son bureau, la tête en arrière. En plus de ça, il avait un magazine ouvert qui reposait sur ses yeux dont s’échappait quelques ronflements. La paperasse était disposée n’importe comment parmi la tonne de dossiers empilés et la poubelle débordait. Soudain, on lança un classeur sur son torse ce qui l’amena à se réveiller en sursaut. Du coup, il tomba durement de sa chaise et se releva en jurant.
-Bien dormi, marin ? Parce qu’on a une affaire.
-Sérieux, Cath…Tu voulais me tuer ou quoi ?! S’écria-t-il d’une voix encore endormit.
Sa partenaire croisa les bras sur sa poitrine, attendant qu’il se réveille complètement. Elle portait un tailleur beige par-dessus une chemise rouge vive et son arme s’accrochait parfaitement sur sa hanche.
-Bon, reprit Steve, qu’est-ce…Qu’est-ce qu’on a ?
-Un gros dossier que nous a refilé la CIA. Tu as intérêt à y mettre du tient sinon Jordan va te mettre des heures en plus !
-Super…Marmonna-t-il en ouvrant le classeur.
-Aller, on va s’éclater !
-Si tu le dis…Qui est ce Wo Fat ?
-C’est le méchant. Et on doit l’attraper, bref comme d’habitude !
-Et pourquoi la CIA nous refile le dossier ?
-Ça fait cinq ans qu’elle boss dessus mais à défaut de ne rien trouver, elle l’a passé au FBI.
-Je sens qu’il y a autre chose. Soupira-t-il en reprenant son ancienne position, les pieds étendus sur le bureau.
-Jordan a pensé que tu serais plus qualifié. Apparemment, tu es le meilleur élément du service et tes compétences de NAVY SEAL nous seront utiles.
-Tu dois te sentir flatter, Catherine ! Se moqua-t-il.
-Oh arrête un peu et mettons-nous au boulot !
Il se leva d’un bond et s’arrêta net quand la tête lui tourna. Puis, il suivit sa partenaire dans la salle principale des réunions. Jordan les y attendaient. Elle était accompagnée par une femme qui semblait être celle de la CIA. Plus tard, on la présenta comme l’agent Jenna Kaye…
-T’es dingue ou quoi ?! Cria McGarrett dans la grande salle.
Les ingénieurs informatiques et autres scientifiques technologiques levèrent la tête, intrigués. Lorsqu’ils virent Steve, ils soupirèrent d’exaspération et retournèrent à leurs travaux respectifs.
-C’est moi qui suis dingue ? Je viens de nous sortir d’un mauvais pas ! Tempêta-t-elle en se tournant brusquement vers lui.
-Quel mauvais pas ? Répliqua-t-il avec une petite moue d’enfant.
-Encore un mot de travers, une autre remarque irrespectueuse et tout le conseil te suspendait pour au moins trois mois !
-C’est pour ça que tu pars là-bas toute seule ?
-Je ne serais pas toute seule.
-Mais tu seras sans moi….

FIN DU VOLET 2