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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 20.06.2013 à 20h05
Auteur : Sherwood
Statut : Terminée
« "Evidemment, on rit. Mais pas comme avant". Suite de "Partners", volet 1, 2 et 3 (J'écris seule, merci) » Sherwood
Cette fanfic compte déjà 16 paragraphes
1
Hawaii, 2013
Danny Williams venait de déposer sa petite fille à l’école. C’était un de ces petits moments qui faisaient qu’il aimait vivre. Il passa prendre Kono au passage et ils partirent ensemble vers le QG afin d’y retrouver Chin. Ce dernier attendait patiemment leur arrivée, debout à la table tactile.
-On a un cas ? Demanda Danny.
-Ouais…Répondit l’hawaiien d’un ton sombre.
-Il y a un problème ? Fit son patron en fronçant les sourcils.
-On peut dire ça…
Il leur fit un signe de tête vers l’écran et Danny aperçut l’agent spécial Sophia Jordan.
-Que puis-je pour vous, Jordan ? Questionna-t-il avec un sourire.
-Il faut que vous me rendiez un service, lieutenant Williams. Dit-elle.
Il vit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Elle semblait déboussolée et perdue.
-Avec plaisir mais il faut d’abord que je sache ce que s’est.
-Il s’agit de McGarrett. Répondit-elle enfin.
Il soupira et ferma les yeux tandis qu’elle continuait :
-Ça va faire une semaine qu’il a disparu en Corée du Nord. J’ai appelé les renseignements. Ils ne devaient pas nous le dire car c’est une mission clandestine mais ils sont sur à 100 % que l’agent McGarrett et l’agent Kaye ont été capturé par des Coréens. Lieutenant Williams, si c’est bien ce que je pense, ils sont foutu.
-Wo Fat…Dit-il d’un air grave.
Elle hocha la tête. Chin soupira et sa cousine se mit une main devant la bouche.
-Qu’est-ce qu’on fait ? Demanda Kono.
Danny leva la tête vers Jordan. Celle-ci répondit :
-J’ai besoin de votre aide. Le FBI ne peut pas opérer. Mais le 5-0 à l’immunité totale.
-Sur l’île ! Précisa Chin.
-Si on ne fait rien, on peut dire adieux à Steve.
Les cousins se tournèrent vers Danny qui réfléchit un moment. Puis, il dit :
-On ramène Steve à la maison.
Le 5-0 était en lien avec Emma qui n’arrêtait pas de faire les cents pas dans la camera.
-Emma, tiens-toi une seconde, veux-tu ? S’exaspéra Danny.
-Facile pour toi ! Répliqua-t-elle.
-Peux-tu nous localiser Steve, s’il-te-plait ?
Elle respira un bon coup et se mit au travail.
-Tout ce que j’ai c’est un nom de village. Je n’arrive pas à aller plus loin.
-Ce n’est pas grave, où est-ce ? S’écria-t-il.
-Kaesong. Je n’ai rien d’autre, vraiment désolé.
-T’en fais pas. On y va.
-Attends ! Je viens avec vous ! S’exclama-t-elle en bondissant de sa chaise.
-Hors de question ! Steve tient beaucoup trop à toi. Tu es une gamine, Emma !
-Qui es-tu pour me juger ? Je suis au FBI depuis beaucoup plus longtemps que tu ne le penses. Je suis déjà allé sur le terrain.
-Vraiment ? En Corée du Nord à la promesse d’une mort imminente ?
Elle se mordit la lèvre et répondit :
-Bon, à quelques détails près.
-Emma, j’ai déjà répondu. C’est non !
En colère, elle raccrocha net.
-Génial…Soupira Kono.
-C’est pour son bien. Répondit Chin.
Danny se dirigea vers son bureau d’un pas affirmé.
-Que fais-tu, mec ? Demanda l’hawaiien.
-J’appelle du renfort !
Il s’assit sur son fauteuil en cuir et prit aussitôt le téléphone. Kono toqua et entra dans la pièce. En voyant son coup d’œil interrogatif, il dit :
-Joe White. Il est le superviseur de McGarrett au FBI. C’est lui qui lui a trouvé ce poste au service fédéral. Steve est comme son poulain. Il lui a tout apprit.
-Qu’en est-il maintenant ?
-Il a prit sa retraite. Mais devine quoi…C’est un ancien commandant de la NAVY. Je pense qu’il peut peut-être nous aider.
-Certainement.
Soudain, on décrocha de l’autre côté de la ligne.
-Joe White ?
-Oui, c’est moi. Qui est-ce ?
-Danny Williams.
-Ah ! Danno ! S’écria l’homme avec une pointe de malice dans la voix.
-Heu…oui…En effet…
-Que me vaut cet honneur ? Steven a encore fait des siennes ! J’ai pourtant dit à Sophia que je n’en avais plus la charge.
-On peut dire que c’est à cause de lui que je vous appelle. Dit-il gravement.
-Danny, qu’est-ce qu’il se passe avec notre garçon ? Demanda-t-il en prenant soudainement un ton plus sérieux.
-Il a été capturé par Wo Fat en Corée du Nord.
-QUOI ?!
-Je crois qu’on a un gros problème.
-Vous avez rassemblé une équipe ?
-Affirmatif. Je vous appelle en renfort.
-Et tu l’as Danny ! Je prends le prochain avion pour Hawaii.
-On vous y attend.
Il raccrocha et se laissa aller contre son siège. Il poussa un long soupire en passant une main sur son visage.
-Ça s’annonce comment ? S’inquiéta Kono.
-Heu…White vient avec nous.
Il prit un temps et continua :
-Je dois revenir avec Steve. C’est…Je ne sais pas comment dire…C’est mon ami, il est devenu mon partenaire. Je ne peux pas l’abandonner, Kono.
-Bien sur Danny. On va ramener Steve.
Il hocha lentement la tête quand Chin entra à son tour.
-J’ai eu un pote à l’instant, il veut bien nous passer son avion. J’ai dit qu’on était en mission humanitaire. Dit-il.
-Parfait ! S’écria son patron.
Quelques temps plus tard, ils retrouvèrent Joe White sur la piste. C’était un homme plutôt d’une grande carrure, chauve et aux yeux pétillants. Un mince sourire s’afficha sur ses lèvres à leur vue.
-Danny, je présume ? Fit-il en serrant la main du lieutenant.
-Commandant White.
Danny vit qu’il était entrain de signer pour d’innombrables cartons.
-Hey, Joe, c’est quoi tous ces médocs ?
-Tu nous vois partir en mission humanitaire pour vacciner la population sud-coréenne sans provisions de vaccins ?
-Ah c’est vrai, on fait dans l’humanitaire maintenant…Marmonna-t-il à l’adresse de Kono qui lui jeta un sourire amusé.
-C’était ça ou se faire passer pour un groupe de rock envoyé remonter le moral des troupes alors à moins de vous mettre à la batterie…Répondit Joe après avoir terminé avec la paperasse.
-Il se passera quoi quand on sera arrivé à Séoul ? Se renseigna Chin.
-On sera tout seul.
Joe s’avança vers eux avec un sac vide.
-Vous allez me donner vos badges, continua-t-il, et vos pièces d’identités. A la minute où cet avion aura quitté le sol, nous serrons plus que des civils pas questions de soutiens militaires, d’appuies aériens, d’un quelconque service du FBI ou un ami chez qui se réfugié. Si la mission tourne mal, la consigne c’est : Sauve qui peut. Et dans l’hypothèse improbable où on s’en sortirait tous, on pourrait être accusé d’espionnage et se retrouver devant un tribunal fédéral qui ne manquerait certainement pas de nous envoyer en prison s’il devait y avoir des survivants, bien sur. Alors si l’un d’entre vous souhaite se retirer, c’est maintenant. On ne vous jugera pas, pas de honte, on en reste là.
L’équipe se regarda à tour de rôle. Seulement, personne ne bougea. Ils étaient sur d’eux. Ils allaient sauver Steve coût que coût. Joe sourit, hocha la tête et reprit :
-Alors on est tous d’accord, les gars : On revient avec Steve où ne revient pas.
Ils s’apprêtaient à monter dans l’avion lorsqu’un 4X4 se gara sur la piste. Intrigué, ils avancèrent à sa rencontre et Danny leva aussitôt les yeux au ciel.
-Prêts à casser du rebelle ? S’écria Emma en descendant du véhicule après avoir remercié son chauffeur.
Elle portait une veste kaki de l’armée ainsi qu’un pantalon noir. Ses cheveux courts et roux dansaient au vent.
-Emma ! Qu’est-ce que tu fais là ? S’exclama Danny exaspéré.
-Sophia ne va pas être contente, Emma, tu le sais. Dit Joe en lui faisant un clin d’œil complice.
-Je le sais, répondit-elle du tac au tac, mais c’est hors de question que je reste ici alors que Steve est capturé en Corée du Nord. Compris ?
Le 5-0 et le vieil homme hochèrent la tête, sachant qu’ils ne pourront jamais lui faire changer d’avis.
-Dans ce cas, dit-elle, allons-y !
TBC...
2
Corée du Nord, 2013
La sueur naissait sur son front. C’était surement à cause de l’effort ou peut-être de la chaleur. Il ne s’imaginait pas une seule seconde que ça pouvait être à cause de la peur. Il se tourna vers Jenna. Elle marchait derrière lui. Elle aussi avait eu le droit à la corde autour du cou. Ses cheveux étaient en bataille et elle avait une lueur sombre dans son regard. Il voulait lui jeter un coup d’œil, faire un signe, n’importe quoi pour la rassurer. L’un de ses kidnappeurs lui donna un violent coup de crosse ce qui le fit vaciller. Wo Fat arriva par derrière et le força à se remettre sur ses pieds.
-Tu avais tout prévu, n’est-ce pas ? Lui cracha Steve au visage.
Wo Fat l’ignora et continua de marcher.
-Hein ?
Quelqu’un lui cogna le bout de son fusil en bas de son dos en guise de réponse. Il manqua de tomber une nouvelle fois et essaya de se concentrer sur sa démarche. Il n’eut pas le temps d’assimiler lorsqu’il arriva dans une sorte de bunker. Jenna fut emmenée de force dans une pièce alors qu’on le poussait dans une autre. Il lutta comme il pouvait, avec rage et résistance. Seulement, il n’en eut aucun souvenir, il se retrouva suspendu par des chaînes en fer à quelques centimètres du sol, la chemise ouverte et les pieds nus. Il fallait vraiment qu’il se sorte de ce pétrin. Qu’avait-il fait de Jenna ? Etait-elle encore en vie ? Que lui avait-il réservé ? Allait-il sortir de là vivant ? Le FBI était-il au courant ? Il ferma les yeux et souffla un bon coup. Il devait penser clairement, isoler la douleur qu’elle soit physique ou émotionnelle, et se concentrer sur l’essentiel : Comment sortir d’ici ? Du Côté de Jenna, ça ne se passait pas mieux. Les gars de Wo Fat l’avaient attachée contre un mur, mains et pieds menottés. Elle ne pouvait empêcher les larmes de couler sur ses joues sales. Elle n’avait jamais été formée pour résister à la peur, vaincre ses émotions, lutter contre le désespoir. Elle n’était qu’une petite analyste de la CIA. Elle se redressa tant bien que mal et essaya de faire le vide dans sa tête. Quelque chose encore qu’elle devra apprendre. Wo Fat avait-il tué McGarrett ? S’il ne l’avait pas fait, en avait-il le projet ? Qu’allait-il se passer pour elle ? Qu’attendait-il d’elle ? Elle fut sortit de ses pensées par la porte qui s’ouvrit. Elle aperçut celui qu’elle ne voulait pas voir : Wo Fat.
-Tout va bien agent Kaye ? Quelque chose dont vous aurez besoin ?
-Ma liberté. Répliqua-t-elle.
-Ah, désolé agent Kaye mais c’est en rupture de stock.
-Il me semblait bien. Où est McGarrett ? Qu’avez-vous fait de lui ?
-McGarrett est bien traité, ne vous en faite pas pour ça.
-Que voulez-vous ? S’écria-t-elle avec une pointe de colère dans la voix.
-Des réponses. Et je pense que McGarrett sera plus coopératif si je menace votre vie…
En entendant cette réponse, elle sentit des frissons lui descendre toute la colonne vertébrale.
-Vous vous trompez ! Cria-t-elle.
Des coréens entrèrent dans la pièce, lui enlevèrent les menottes et la poussèrent vers la sortie. Elle se débattit et poussa des cris mais c’était peine perdue. Elle vit avec horreur que Steve était suspendu en l’air par des chaînes, tout disposé à la torture.
-Steve ! Tu vas bien ? S’exclama-t-elle.
Il hocha lentement la tête en lui lançant un air : « J’ai connu pire ».
-Comme c’est touchant…Marmonna Wo Fat.
Ses hommes rattachèrent la jeune femme et les laissèrent. Wo Fat se dirigea alors vers Steve :
-Qui est Shelburne ?
-Quoi ? Fit le prisonnier totalement perdu.
-Tu vois très bien de quoi je parle. Dis-moi qui est Shelburne.
-Je n’en ai aucune idée.
-Que peux-tu me dire au sujet de Joe White ? Continua néanmoins Wo Fat en faisant la sourde oreille.
-Joe White ne sait absolument rien.
Cette réponse dû envenimer Wo Fat car il abattit violement son poing dans le visage de Steve. Ce dernier grimaça de douleur mais ne cria pas, ne voulant pas donné cette satisfaction à son agresseur. Wo Fat enchaîna les coups, le tabassant de plus en plus fort. Jenna, elle, devait subir ce spectacle. Elle laissa échapper un sanglot tandis que Wo Fat redoublait d’effort. Steve pendait à présent impuissant, complètement sonné et réduit à rien. Du sang coulait de son visage et son torse prenait de plus en plus de couleurs sourdes. Il essaya de son concentrer sur sa respiration. Il devait fuir la douleur, ne pas penser à elle.
-Pourquoi ça…vous…intéresse…tellement ? Hein ? Souffla-t-il.
Cette phrase fit bouillir le sang de Wo Fat car cette fois, il s’empara d’un pistolet Taser et l’abattit sur le torse de son prisonnier. Sous le choc électrique, le corps de l’agent se cambra et cette fois-ci, il ne put retenir un cri de douleur. Les dents serrées, il resta une éternité sous l’emprise de la souffrance et des larmes commencèrent à se former au coin de ses yeux. Wo Fat s’arrêta et Steve put souffler.
-Arrêtez ! Hurla Jenna de désespoir.
Tout était de sa faute. C’était elle qui avait emmené Steve avec elle en Corée du Nord sur la piste de Wo Fat. Tout ce qui arrivait était de sa responsabilité. Steve revint à la réalité et un sourire provocateur se dessina sur ses lèvres baignées de sang :
-Vous n’avez aucune idée de ce que ça peut être…
Il eut un rire insolent et cracha du sang au pied de Wo Fat. Ce dernier posa le pistolet sur un bidon d’huile et s’approcha de Jenna.
-Peut-être que tu seras plus coopératif si je m’en prends à ta petite copine.
Steve se figea et perdit toutes ses couleurs. Wo Fat empoigna d’un geste sec les cheveux de Jenna qui poussa un gémissement.
-Laisse-la ! Elle n’a rien avoir avec tout ça ! Elle ne sait rien sur Shelburne ! Cria Steve dont les yeux étaient révulsés par la peur.
-Dis-moi ce que je veux savoir.
-Je ne sais rien !
-Dans ce cas…
Il prit la main de Jenna enchaînée et craqua l’un de ses doigts. Ce fut si rapide que la jeune femme ne se laissa pas aller à la douleur tout de suite. Puis elle hurla en pleurant. Ses doigts prirent une horrible couleur bleue et une étrange forme due à la fracture.
-JE VAIS TE TUER ! TU ES UN HOMME MORT ! UN HOMME MORT ! S’époumona Steve en tirant brusquement sur ses chaînes.
Wo Fat arbora un sourire satisfait et laissa Jenna. Il s’avança vers son prisonnier et lui susurra à l’oreille :
-Tu sais très bien comment ça va finir…
McGarrett ferma les yeux. Il ne pouvait se permettre de la voir mourir. Pas elle, il ne pourrait le supporter. Il balbutia alors :
-Je-Je sais qui…qui est Shelburne…Mais…Mais tu ne le sauras jamais…si elle meurt…
Wo Fat hocha la tête avec une moue entendue. Un homme entra dans la pièce sombre et lui tandis quelque chose que Steve redoutait. L’agent du FBI soupira et une larme s’en alla s’étendre sur sa joue meurtrit. Il devait s’y préparer. Au fond, il espérait que quelqu’un leur vienne en aide. Au fond, il espérait que Danny vienne….
Il eut un hoquet de douleur lorsque la lame du couteau s’enfonça dans sa poitrine. Ce n’était pas assez profond pour le tuer, juste assez pour faire couler le sang et provoquer la plus suffocante des douleurs. Wo Fat retira vivement le couteau et obligea Steve à le regarder.
-Es-tu prêt à subir tout ça ? Es-tu prêt à ce qu’elle voit ça ?
Steve rouvrit les yeux et porta son regard sur Jenna qui pleurait silencieusement.
-Laisse-la…partir…
Wo Fat éclata de rire :
-Tu crois sérieusement que je vais laisser partir le seul moyen de pression que j’ai sur toi ?
Cette fois, Steve abandonna. Il supplia :
-Je t’en prie…Elle ne tiendra pas…
-Oublie.
Wo Fat enchaîna et commença à lacérer le torse de Steve couvert de contusions. Avec la fatigue et la douleur, McGarrett ne put réprimer des gémissements de douleur.
-Tu n’as qu’une seule chose à faire pour que ça s’arrête : dis-moi qui est Shelburne. Juste un nom et tout ça s’arrête. Je laisse partir ta copine et je te laisse la vie. Juste un nom. La balle est dans ton camp.
Steve ne répondit rien mais Wo Fat voyait bien qu’il réfléchissait. Il prit violement Steve par les cheveux et lui murmura :
-Qu’est-ce que Catherine aurait voulu ? Tu veux une autre mort sur la conscience ?
Steve plongea son regard dans les yeux de son ennemi juré. Celui-ci sourit car il su, à ce moment, que McGarrett allait céder…
TBC...
3
Washington, 1997
Catherine se leva ce matin, le sourire aux lèvres. Cette journée devait bien se passer. Comme ce qui lui arrivait. Elle venait d’emménager dans ce nouvel appartement en plein cœur de Washington, elle allait à son nouveau travail, tout recommençait. Il ne manquait plus qu’elle se lève. Elle bondit de son lit et alla prendre une douche. Elle enfila ensuite un tailleur gris par-dessus une chemise rouge. Elle mit ses bottes noires préférées et se fit un chignon impeccable. Avant de sortir de chez elle, elle appela Lori. C’était son amie de la CIA qui lui avait trouvé ce travail au FBI.
-Ne t’en fais pas, ça va aller, j’en suis sur. Dit Lori de l’autre côté de la ligne.
-Ouais. Tu connais ma patronne ?
-Sophia Jordan. J’ai déjà travaillé avec elle dans le passé. Elle est plutôt stricte mais dans l’ensemble, elle n’est pas méchante.
-Ça me rassure.
-Et tu as une idée de ton ou ta partenaire ?
-Absolument pas !
-Bon courage.
-J’espère juste ne pas tomber sur un gros lard coincé dans son siège qui ne fout rien de la journée avec des miettes de Donuts sur sa cravate !
Elle entendit son amie rire dans le téléphone.
-Je te laisse, dit-elle avant de raccrocher.
Elle sortit enfin de son appartement et se prit un café sur la route. Elle arriva au QG du FBI avec néanmoins une petite appréhension. Elle aperçut avec émerveillement la grande salle et les milliers de bureaux qui s’étalaient tout le long. Soudain, elle sentit un léger tapotement sur l’épaule. Elle sursauta et se retourna.
-Désolé, je ne voulais pas te faire peur.
C’était un jeune homme fringuant qui portait un pantalon serré ainsi qu’une chemise rose ouverte au col d’où étaient accrochées des lunettes de soleil. Il avait les cheveux plaqués sur le côté avec une tonne de gel et le teint aussi blanc qu’un cachet d’aspirine.
-Je suis Dean, se présenta-t-il, je m’occupe des archives.
-Oh, enchanté. Moi, c’est Catherine.
-Tu es la petite nouvelle ! Viens, je vais te faire une visite ! S’écria-t-il en frappant joyeusement dans ses mains.
Il lui fit le tour du QG en passant par la salle des réunions, de conférence, de communication, pour enfin terminer par son bureau.
-Merci Dean. Dit-elle avec un sourire.
-Si tu as besoin de savoir quoi que ce soit, je suis là !
-Bien sur, sale commère d’Homo ! Lança quelqu’un qui passait par hasard.
-Tu ne dois en vouloir qu’à toi ! Répondit Dean à l’agent avec ferveur.
-Ignore-le Dean, nous on t’aime bien. Intervint une jeune femme brune qui se plaça aux côtés de l’agent.
-Moi aussi je t’aime, Susie. Au fait, je te présent Catherine.
Cath serra la main de l’agent Susie Todd avec le même « enchanté » que pour Dean.
-Tu es la partenaire de qui ?
-Aucune idée. Répondit-elle en haussant les épaules.
-Si tu es avec McGarrett, tu vas en baver ma belle…Fit Dean en secouant négativement la main.
-Comment ça ? S’intrigua-t-elle.
-Disons que McGarrett est insupportable. Non, il est infernal ! Faut toujours protéger ses arrières, s’occuper de lui comme d’un gosse ou subir l’odeur d’alcool qui émane de lui…Soupira Susie.
-Le pauvre…renchérit Dean les yeux dans le vague, mais c’est comme ça !
-Quel est son prénom ? Se renseigna Catherine en croisant maintenant les bras.
Susie réfléchie, la langue au coin alors que Dean cherchait la réponse dans l’air. La jeune femme mit un coude sur l’épaule de l’archiviste puis dit :
-En fait, on n’a jamais su. Tout le monde l’appelle McGarrett. Je ne te dis pas le nombre de fois où on a entendu Jordan aboyer son nom !
A ce moment, ils furent interrompus par la venue d’une petite femme black.
-C’est vous l’agent Rollins ? Demanda-t-elle fermement après avoir mit ses mains sur ses hanches.
-En effet, agent spécial Catherine Rollins.
-Bienvenue au FBI.
Elle la remercia en lui serrant la main.
-Vous serez avec McGarrett.
Les deux autres jetèrent un regard plein de compassion à Catherine qui fronça les sourcils. Elle venait de remarquer que la patronne n’avait effectivement pas utilisé le propos : « Agent spécial » mais bien « McGarrett » tout court.
-Dois-je m’inquiéter ? Plaisanta-t-elle pour détendre l’atmosphère.
-Oui. Répondit Jordan la plus sérieuse du monde.
Catherine grimaça, s’attendant décidément au pire.
-Agent Rollins, je vous veux sur le terrain. On est en plein dans une enquête, on a besoin de vous.
-Ah heu…très bien.
-Je vous envoie l’adresse et vous y retrouve là-bas.
-Parfait !
Susie et Dean lui posèrent une main sur son épaule du genre : « Toute mes condoléances » et repartirent. Catherine vérifia le chargeur de son arme et s’exclama :
-C’est partit !
Catherine arriva sur les lieux très rapidement. On lui avait donné une voiture noire fédérale aux allures de Ferrari qui pouvait aller à une vitesse qui dépasserait les records du monde ! La scène de crime se situait aux bords d’un étang. On y a retrouvé un corps. Le médecin légiste s’approcha d’elle.
-La cause de la mort : noyade. J’espère que vous avez mangé car ça ne donne pas envie de se faire un resto après avoir vu ça ! S’écria-t-il avec une mine de dégout.
Catherine le dévisagea. Elle devait admettre que pour un médecin qui traitait des morts toute la journée, il était plutôt séduisant. Il lui adressa un sourire ravageur qui la fit fondre. Non ! Elle ne devait pas penser à ça sur une scène de crime ! Elle secoua vivement la tête et répondit :
-Vous avez raison.
Elle scruta les agents sur le terrain et se tourna timidement vers le médecin :
-Heu…Je cherche, heu…McGarrett.
-N’espérez pas trop ! Il est encore trop tôt ! S’il est en forme, je dirai qu’il se pointerait vers les 16 heures…L’agent Mitchell a parié 13 heure, vous voulez participer ?
Décontenancée, Catherine refusa d’un signe de tête.
-On a un début de piste ?
Le légiste leva les mains et dit :
-Je ne suis qu’un confident pour les morts, pas agent du FBI !
-Mais McGarrett n’est pas là. Répliqua-t-elle ne sachant pas comment faire.
-Vous devrez vous y habituer ! Lança-t-il en partant.
-Attendez ! Je ne sais même pas votre nom !
-Richard Mathigan !
Elle soupira et passa une main dans ses longs cheveux noirs. Elle fut soulagée lorsque Susie vint près d’elle.
-Perdu ? C’est normal. C’était comme ça aussi pour ma première journée. Dit-elle.
-Tu étais abandonnée par ton partenaire ?
-Pas réellement. Enfin, je dis ça mais là, je ne sais pas où Robert roupille.
Catherine eu un petit rire et dit :
-Il est du genre feignant le tient ?
-Oh que oui ! Plus paresseux que lui, tu meurs ! Mais bon, je l’aime quand même ! Tiens, en parlant du loup !
Elle courut vers son partenaire qui venait de se réveiller dans sa voiture. Catherine sourit et pensa. Elle espérait trouver un jour la même complicité avec son nouveau partenaire. S’il était là. Afin d’avancer dans l’enquête, elle s’approcha du cadavre. Elle eu de la peine pour la victime. Soudain, elle vit une silhouette chancelante se pencher sur le corps. L’homme était dans un costar froissé, portait une barbe mal rasée et avait des cheveux bruns en bataille.
-Tu as les éléments de l’enquête ? Fit-il à sa grande surprise.
-Heu…non…Répondit-elle ne sachant pas vraiment si c’était à elle qu’il s’adressait.
-Homme de 35 ans, fonctionnaire auprès d’une entreprise qui fabrique des jouets, divorcé et un môme. Heure de la mort, d’après Mathigan, vers 4h00 du matin. Cause de la mort, toujours d’après ce stupide médecin légiste qui se prend pour un playboy, la noyade. Enonça-t-il sans la regarder.
Catherine jeta un coup d’œil à Mathigan au loin qui était occupé à empocher de l’argent. Elle regarda sa montre et vit qu’il était 16H00.
-Tu es ? Demanda l’inconnu toujours penché sur le visage bleu de la victime.
-Heu…L’agent spécial Catherine Rollins.
-Maintenant Cath, tu es au courant des éléments de l’enquête.
Il se redressa lentement et elle répondit :
-Je préfère Catherine.
-Ouais mais Cath, ça sonne mieux.
Il se retourna et là, ce fut elle qui se noya, dans ses yeux bleus.
-Je suis Steve McGarrett.
TBC...
4
Corée du Nord, 2013
Danny, Emma et Joe étaient dans un bar coréen. La musique crissait dans leurs oreilles, ça sentait la liqueur bien ancienne et les tables étaient couvertes de tâches de différentes couleurs, certaines même inconnues. Ils trouvèrent celui qu’ils cherchaient et s’essayèrent à sa table.
-Salut Frank. Tu n’as pas changé d’un poil ! S’écria Emma.
-La petite ! Ça fait longtemps ! S’exclama le vieil homme en frappant dans la main de la jeune fille.
-Frank, on a besoin de toi. Renchérit Joe.
-Hum ?
-J’ai besoin que tu règles notre vieille dette.
-Il n’y a pas de date de péremption sur ces choses là ? Répliqua l’autre.
-Non. Steve a des ennuis.
Franck soupira et répondit :
-Encore ton gamin. Il ne peut pas se poser un peu celui là ?
-Je sais, Francky. Mais là, c’est vraiment grave.
-J’imagine. Qui c’est lui ? Fit-il en apercevant Danny qui se cachait derrière Emma.
-Danny Williams, je suis le partenaire de Steve. Se présenta le lieutenant.
Franck arqua un sourcil et se tourna de nouveau vers Joe.
-Je ne savais pas que McGarrett s’était autorisé à ravoir un partenaire.
-C’est une longue histoire. Rétorqua Danny.
-Ouais…C’est toujours long avec lui. Bon, de quoi avez-vous besoin ?
-De Mandarine. Répondit Joe.
Franck soupira, bu le reste de son verre et hocha la tête.
L’hélicoptère de Franck, baptisé Mandarine, était…tout sauf un hélico.
-Ce n’est pas un hélicoptère ! Ça, c’est une cage à poules, Monsieur ! S’écria Danny abasourdit devant ce foutoir.
-Oh, ça ne peut pas être si terrible ! Dit Kono.
Franck ouvrit la porte de l’appareil avec un sourire.
-Là maintenant j’ai peur. Fit Kono.
-Aller ! On doit ramener Steve ! S’empressa de dire Emma en sautillant.
Chin et Kono allèrent établir les communications avec un ordinateur portable alors que le reste de l’équipe se préparait. Emma monta à l’avant entant que copilote.
-C’est pas vrai ! Elle n’a même pas son permis ! S’exclama Danny après s’être assit dans l’appareil en face de Joe.
-Ne sous-estime pas la gamine ! Répondit Franck en faisant un clin d’œil à cette dernière.
Chin eut un rire en entrant enfin à son tour. Danny sentit néanmoins son corps faire une descente d’organe lorsqu’il vit Franck frapper quelques boutons avec le bout d’un pistolet.
-Heu…Non…Joe, a-t-il déjà piloté ce truc sans être bourré ? Demanda-t-il à l’ancien Commandant.
Celui-ci afficha un sourire mystérieux sur son visage, ce qui n’aida pas du tout le lieutenant inquiet. Ils traversèrent la Corée sous le son de Jimi Hendricks. Danny pensa silencieusement à Steve. Il devait tenir. C’était devenu quelqu’un réellement d’important pour lui, comme un second frère. Il ne pouvait pas le perdre. Même s’il était infernal, insupportable, qu’il mâchonnait des chewing-gums en permanence, qu’il se soulait, qu’il fumait, qu’il était complètement fou et téméraire, c’était son partenaire. Il avait une confiance aveugle en lui, il lui confierait la vie de sa fille ainsi que la sienne. Seulement, une peur indescriptible naquit au fond de lui. Il en savait assez sur Steve pour dire que c’était un écorché-vif et il se demandait s’il allait pouvoir survivre entre les mains de Wo Fat. Et au combien même il s’en sortirait, qu’en seraient les conséquences ? L’hélicoptère se posa délicatement sur l’herbe et l’équipe sauta à terre. Kono leur indiqua la position d’un bunker. Ils suivirent ses indications tandis qu’Emma et Franck reprenaient leur envol. En effet, un peu plus loin, ils arrivèrent en face de ce qui semblait être un bunker. Avec précaution et prudence, ils entèrent. Malheureusement, chaque pièce était vide. Aucun signe des prisonniers ou de Wo Fat et ses hommes.
-Diable ! Où sont-ils passés ? Rugit Joe décontenancé.
-On les a prévenus de notre arrivée ? S’inquiéta Chin.
-Sont-ils en vie ? S’étrangla Danny.
Ils débarquèrent dans une grande pièce sombre où on pouvait voir des chaînes au plafond. Mais ce qui les figea, ce fut le corps de Jenna. Elle reposait dans un angle désarticulé, deux balles en pleine poitrine et les yeux grands ouverts. Danny s’accroupit auprès d’elle et réprima les larmes qui lui montaient. Si Jenna était morte, qu’en était-il de Steve ? Il lui ferma les yeux et expliqua à Joe :
-C’est Jenna.
Il le rejoignit et posa deux doigts sur la carotide de la défunte.
-C’est encore chaud, dit l’ancien Commandant, ils n’ont pas dû aller bien loin.
Joe vit que Danny était encore sonné. Il lui fit une tape sur l’épaule et dit :
-On doit retrouver Steve.
Il se leva, accompagné du lieutenant et rejoignit Chin qui les attendait dans le couloir. A peine furent-ils sortit qu’ils entendirent Kono dans leur oreillette. Elle leur signala du mouvement à quelques mètres de leur position. Ils hochèrent la tête et se mirent tout de suite en route.
Dans l’hélicoptère, Franck repéra le convoie sur un pont.
-On doit les empêcher de passer la frontière ! Cria-t-il à Emma.
-Compris. Fit-elle en allant s’armer à l’arrière de l’appareil.
Elle prit le lance-roquette et chercha le matériel dans une male grise. Soudain, elle se figea.
-Il y a un problème, Franck !
-Quoi ?
-On n’a aucune munition !
-Tu es sur ?
-Affirmatif ! On fait quoi ?! Paniqua-t-elle en passant une main frénétique dans ses cheveux courts.
-Il faut prévenir les autres ! Appelle Kono !
Emme s’empara du téléphone satellite et contacta la jeune femme.
-Qu’est-ce qu’il y a ? Fit la voix de la flic.
-Franck et moi ne pouvons pas retenir le convoie. On ne peut que les suivre mais ça revient à abandonner les autres. Il faut les prévenir !
-D’accord, je m’en charge !
Kono répéta les dires d’Emma à l’équipe. Joe ferma les yeux et réfléchit.
-Il ne faut pas les perdre ! Dit-il au bout d’un moment.
-Ça veut dire quoi ça ? Demanda Danny.
-L’hélicoptère survole le convoie et nous, on essaye de passer la frontière à pied. Traduisit Chin.
-Mais il y a un risque qu’on ne les trouve jamais ! S’ils prennent un avion, on peut dire Adieux à Steve ! Répliqua Danny.
-Il y a et il y aura toujours ce risque, Williams. Rétorqua Joe.
Le lieutenant s’assit sur une pierre et se prit la tête entre les mains. Puis, il la releva et s’adressa aux deux autres :
-Qu’est-ce qu’on fait ?
-On avance. Répondit Chin.
Danny se releva et s’engagea ensuite inconsciemment dans la forêt, suivit de Joe et Chin. Il ne savait pas très bien où il allait mais il savait que c’était par là qu’il fallait aller.
Dans Mandarine, Emma avait reprit sa place. Elle était blanche et une larme avait perlé aux coins de ses yeux. Frank fit de son mieux pour la rassurer :
-Ne t’en fais pas, ma petite. Notre gars est fort ! Ça ira.
-Ouais…Si tu le dis…
-Et depuis quand au fait McGarrett a un nouveau partenaire ? Demanda-t-il pour engager la conversation tandis qu’il suivait toujours le convoie à distance.
-Comment ça ? S’étonna-t-elle.
-Et bien oui, ce Williams…
-Ah ! Heu…Depuis une affaire à Hawaii. Mais je ne savais pas que Steve le considérait comme son partenaire.
-Tu veux mon avis ?
-Hum ?
-Si Danny était réellement son partenaire, ils seraient avec Steve à l’instant où nous parlons !
Emma regarda la forêt à travers la fenêtre sale et reconnu que le vieil homme avait raison. Steve ne changera jamais.
Soudain, l’appareil ralentit.
-Qu’est-ce qui se passe ? S’exclama la jeune fille en se tournant vers Franck.
-Le convoie.
-Quoi « le convoie » ?
-Il s’est arrêté…
TBC...
5
Corée du Nord, 2013
Steve n’en pouvait plus. La douleur commençait petit à petit à le rendre aveugle et il perdait de plus en plus de sang. Suspendu par les bras, rendu si vulnérable, il s’en voulait. Comment avait-il pu laisser cette situation s’installer ?
-Qui est Shelburne ? Reprit Wo Fat.
Son ennemi souriait car il voyait bien que Steve n’allait pas tenir le coup. Il ne voulait en aucun cas que Jenna perde la vie à cause de lui. La question tourna et retourna dans l’esprit de Steve. Il fallait juste une réponse, rien de bien compliqué. Il rouvrit les yeux et dit d’une voix à peine audible :
-C’est un code…Un leurre…crée par…la CIA…
Les yeux de Wo Fat s’écarquillèrent puis il cria :
-TU MENS ! CE N’EST PAS VRAI !
-Je…vous…le jure…
Soudain, Wo Fat prit son arme et tira. Ce fut tellement rapide que Steve n’aperçut pas tout de suite le corps de Jenna s’écroula à terre. Lorsqu’il comprit, la déchirure qui sommeillait au fond de lui, qui avait réussit à cicatriser avec le temps, se rouvrit brusquement et saigna amèrement. Wo Fat rangea son arme et se dirigea vers son prisonnier complètement abattu.
-On va prendre un avion et tu vas m’amener à Shelburne.
Il jeta le couteau dans un coin de la pièce et sortit. Steve n’avait pas bougé d’un centimètre. En fait, il dû surement perdre conscience, car lorsqu’il revint à lui, la douleur atteint son apogée. Il était paralysé par la souffrance à la fois physique et émotionnelle. Il s’apprêtait à abandonner, quand il vit le couteau. Il pouvait le prendre, il devait juste tendre la jambe. Il devait juste avoir la volonté de vivre car à présent, tout ce qu’il voulait, c’était de mourir. Son instinct de survie prit le dessus et il s’empara du couteau à l’aide de ses orteils. Il leva les yeux et étouffa un cri de douleur. Le couteau dans la main, il réussit à se libérer et tomba avec force sur le sol couvert de sang. Il rampa jusqu’au corps de son amie et pour se donner du courage, prit la croix qu’elle avait autour du cou. Il eu suffisamment de puissance dans ses muscles pour tenir debout. Il sortit dans le couloir et l’adrénaline se fraya un chemin dans son âme. Il neutralisa deux hommes de Wo Fat, s’arma d’un AK-47 et grimpa l’échelle qui menait vers la sortie. Tout se passa très vite : Des hommes sortirent de nulle part, il reçut un violent coup à la tête, mangea le sol, se noya dans l’obscurité de l’inconscience. Lorsqu’enfin, il revint à lui, il était couché dans un camion, surveillé par un homme armé. Il était de nouveau attaché par les mains et sa tête se ballottait de tous les côtés aux mouvements du véhicule. Il ferma les yeux et perdit derechef connaissance…
Il entrouvrit les paupières et tandis l’oreille. Il devait être sur un pont car le sol était plus lisse, moins périlleux. Par moment, il cru entendre le bruit d’un hélicoptère. Mais ça devait être son esprit qui lui jouait des tours. Il se lécha les lèvres. Il avait horriblement soif. Tous ses muscles lui faisaient mal et à cet instant pile, il se demanda s’il pourrait se relever. La douleur était telle, qu’il ne sentait même plus ses jambes. Elles étaient devenues molles et s’accrochaient miraculeusement au reste de son corps. Il regarda ses mains qui étaient attachées par une corde. Elles étaient meurtries et saignaient abondement. Ses poignets sifflaient de douleur et sa peau était tellement déchirée par endroit qu’elle devenait méconnaissable. Le véhicule heurta une butte et Steve se sentit bousculer douloureusement. Il leva les yeux vers l’homme qui le surveillait de son arme. Il était vraiment dans un sal pétrin et pour le moment, il ne savait pas comment il allait faire pour s’enfuir. Soudain, le camion s’arrêta. Il fronça les yeux lorsque la bâche se souleva. Wo Fat apparut dans son champ de vision. Il ordonna en coréen à ses hommes de s’emparer de lui. Steve n’essaya même pas de se défendre, il savait que ce n’était pas la peine, qu’il était fichu. Ses ennemis le prirent par les bras et le forcèrent à se tenir debout, seulement, cela lui était impossible. Ses jambes se dérobèrent à la minute où elles touchèrent le sol. Les hommes de Wo Fat furent contraints de le soutenir et ils s’enfoncèrent dans la jungle. Steve avait fermé les yeux. Il ne pouvait plus supporter la réalité : cette réalité dans laquelle il était impuissant. On le frappa violemment à l’arrière du crâne et il dû rouvrir les yeux. Sa vue était floue, comme dans un film en noir et blanc. Il entendait la voix de Wo Fat au loin, comme si elle résonnait dans un tunnel. Il s’aperçut qu’il était dans ce qui semblait être un camp de réfugiés. Les cases étaient habitées par des familles entières. Ces dernières les regardaient d’un étrange regard. Un vieil homme s’avança vers Wo Fat. Celui-ci lui ordonna quelque chose et l’homme repartit. Lorsqu’il revint, c’était pour mettre des chaînes aux pieds de Steve. McGarrett ne broncha pas, trop sonné pour comprendre ou si ce n’est bougé d’un pouce. On l’emmena à l’intérieur d’une case et on le menotta à une chaise. McGarrett faisait quelques derniers efforts pour rester conscient. Wo Fat donna congé à ses hommes et ferma la porte. Seule la lumière du jour qui filtrait à travers la fenêtre découverte illuminait la pièce. Wo Fat prit un seau d’eau et le jeta avec force sur son prisonnier. Celui-ci hoqueta et tenta de reprendre son souffle. Tous ses membres tremblaient à présent à la fois de douleur mais aussi de froid. Ses propres frissons le faisaient souffrir. Il cracha ce qui ressemblait à un mélange d’eau et de sang.
-Qu’est-ce…Qu’est-ce…que vous attendez…de…moi… ? Souffla Steve avec difficulté.
-Tu le sais très bien. Demain, à la première heure, un avion atterrira ici. Tu nous emmèneras jusqu’à Shelburne.
-Je…ne…sais…même…pas…ce que…c’est…
-Tu as pourtant prétendu le contraire tout à l’heure ! Tonna Wo Fat qui visiblement était sous tension.
-Vrai…Mais…c’était…pour gagner…du temps…
-Ça n’a pas marché !
-J’ai…vu…ça…en effet…
Steve prit une grande respiration qui tira sur ses côtés abîmés. Il soupçonnait d’avoir un poumon perforé.
-Personne ne sait que tu es ici, McGarrett. Ta seule chance de survivre, c’est de m’amener à Shelburne. Reprit Wo Fat d’un air sévère.
Steve eu un rire rauque qui eu pour objectif le fait de provoquer son agresseur.
-Qu’est-ce qui te fais rire ? S’écria Wo Fat en colère.
-Votre…désespoir…ça…m’amuse…
L’effet fut garantit car Wo Fat donna un coup de poing si fort contre la mâchoire de McGarrett que ce dernier vacilla de sa chaise. Le trafiquant le remit sur pied et continua de le battre. Lorsqu’il arrêta, Steve était au bord de la perte de conscience. Il eut cependant encore la force de dire :
-Tu ne sauras…jamais…qui…c’est…
Et Wo Fat lui envoya un dernier coup qui lui perdre connaissance.
Quand Steve rouvrit les yeux, il grimaça. Cette douleur lui était familière, c’était une vieille amie qui faisait partie de son quotidien. Il la détestait. Plus que les souffrances affligées par la torture, c’était celle-ci la pire : celle qui tiraillait sa cicatrice jours et nuits. Il bougea sa mâchoire dans la tentative de soulager la douleur mais en vain. Il pensa alors à Catherine. Heureusement qu’elle n’est pas là pour le voir ainsi, dans cet état. Soudain, il sentit une douce présence à ses côtés. Il savait. Il savait que c’était elle. Il releva la tête et cette fois, il pleura.
-Chuuuut…Steven, tout va bien se passer. Tu es l’homme le plus fort que je connaisse. Lui dit-elle en caressant sa cicatrice.
-Cath…Je suis…Je suis tellement désolé…Balbutia-t-il sans retenir les larmes qui coulaient à flot sur son visage couvert de sang.
Elle lui sourit tendrement, ce même sourire qui le faisait fondre à chaque fois. Elle colla son front au sien et ferma les yeux.
-Tu vas t’en sortir, Steve. Je le sais. Tiens le coup, fais-le pour moi.
Il tremblait de douleur, de froid et maintenant, d’émotion.
-Reste…près de moi…Implora-t-il.
Il aimait sentir son contact contre son front, savoir qu’elle était là. Il avait lui aussi fermé les yeux, profitant juste de ce moment avec sa défunte partenaire.
-Steve, je ne t’ai jamais quitté.
-Cath…
Il fallait qui lui dise, c’était maintenant ou jamais.
-Oui ?
-Cath…Tu es…la seule…la seule femme…que j’ai…aimé…
Elle lui releva le menton d’un doigt et effleura ses lèvres. C’était à la fois un bonheur et une nouvelle torture. Il ne pouvait pas l’atteindre et ça lui était insupportable.
-Je sais, matelot. Je l’ai toujours su. Répondit-elle avec un sourire éteint.
Elle s’approcha davantage et l’embrassa. Un baiser plein de promesse, de douleur, et d’espoir. Il ne bougea pas, il ne pouvait pas bouger. Il était cloué à la chaise mais aussi cloué d’amour. Les lèvres de Catherine se séparèrent délicatement des siennes et lorsqu’il rouvrit les yeux, elle avait disparu…
TBC...
6
Washington, 1999
La sueur dégoulinait de son front. Ses muscles en pleine action, se dessinaient parfaitement et s’élançaient au rythme de sa course. Ses bras se balançaient d’avant en arrière le long de son corps et ses pieds couvraient les distances de façon acharnée. Il souffla et prit de profondes respirations. La musique à fond dans ses écouteurs, en short et basket, il arriva tout droit au QG après son jogging matinal.
-Dîtes-moi McGarrett, vous comptez vraiment faire le marathon de New York ? Fit Burton en le dépassant.
Il retira ses écouteurs et accepta la serviette que lui jetait Catherine. Il s’essuya le visage et les cheveux avec un sourire arrogant.
-C’est sur que vous…Mr le sous-directeur…vous aurez un peu de mal !
Le vieil homme poussa un soupire énervé tandis que Catherine lui donnait une tape sur l’épaule.
-Ail ! Protesta-t-il en se la frottant.
-Direction les vestiaires et rejoins-moi ! On a une affaire ! Répondit-elle sans broncher.
-Tu ne préfères pas plutôt que ce soit toi qui me rejoignes ? Demanda-t-il d’un ton suave et sensuel.
-A tout à l’heure, Steve !
Il fit une moue déçut et se dirigea vers les vestiaires. Lorsqu’il revint, il était vêtu d’un Jeans délavé avec une chemise bleue froissée. Il s’appuya contre son bureau dans un geste nonchalant. Il sortit ensuite une cigarette de sa poche et l’alluma. Puis, il s’accouda à la table et prit un dossier au hasard. Il lu la première page, jeta la paperasse dans sa poubelle avant de s’emparer d’un autre dossier. Il prit la clope et laissa la fumée s’échapper de sa bouche. Il la porta ensuite à ses lèvres et tourna vivement les pages, les unes après les autres.
-McGarrett, j’avais dis : Pas à l’intérieur ! Vos oreilles sont déjà bouchées par le tabac ou quoi ! S’écria fortement une voix à l’autre bout de la grande salle.
Steve leva les yeux au ciel et se contenta de souffler une nouvelle bouffée de fumée. Exaspérée, Jordan claqua des doigts et Catherine comprit. Elle traversa le grand hall pour aller s’assoir sur le bureau de son partenaire.
-Arrête de te détruire la santé ! Fit-elle en lui tendant le cendrier.
Il leva les yeux vers elle et arqua un sourcil. La clope au bec, il dit :
-Tu crois sérieusement que tu vas y arriver comme ça ?
-Ok. On fait un marché. Arrête de fumer et je fais ce que tu veux ! Clama-t-elle dans un dernier recourt.
Il eu un sourire machiavélique et réfléchit. Enfin, il répondit :
-Si tu plaques Mathigan, j’arrêterai.
-Quoi ?!
Elle faillit tomber du bureau mais se reprit à temps.
-Tu peux répéter ?! S’exclama-t-elle hors d’elle.
-Je sais que tu sors avec le toubib. Après tout, tu as raison, il est beau gosse, intelligent, même s’il joue au playboy, qu’il se fou complètement de toi et qu’il profite de toi. Je n’arrive pas à comprendre comment tu as pu tomber sous son charme ! Remarque, il a tout pour te plaire…Répondit-il sur de lui.
-C’est sur qu’il n’est pas comme toi ! Rétorqua-t-elle.
Elle n’eu pas le temps de voir l’émotion blessée qui était apparu durant une fraction de seconde sur le visage de Steve car elle s’éloigna à peine les paroles dîtes. McGarrett resta un moment, sonné. Au bout d’un certain temps, il se leva, prit le dossier qu’il consultait et traversa la salle.
-Todd ! Tu peux me donner le rapport d’autopsie d’Ella Berg ? Demanda-t-il à Susan qui était entrain de débattre avec Roberts, responsable des interventions.
-Ça ne peut pas attendre, McGarrett ? Siffla cette dernière.
-Non. Répliqua-t-il.
-De toute façon, Mathigan n’a pas finit son rapport. C’est lui que tu devrais aller voir. Répondit Susan d’un ton sec.
Les traits de Steve se tirèrent et les femmes virent bien que ça le contrariait.
-Il y a un problème ? Fit Roberts.
Il secoua la tête et disparu aussi vite qu’il était apparu.
Steve se promit secrètement quelque chose. Il fallait qu’il s’engage à tenir cette promesse, sinon, ça allait barder pour lui. Il prit une grande respiration et se concentra mentalement. Ce n’était pas simple de se fixer des règles, encore moins de les appliquer. Mais il se devait de tenir celle-ci : Ne pas tuer Mathigan. Il entra dans la morgue où le médecin faisait en ce moment même une autopsie.
-Que puis-je pour toi, Steve McQueen ?
-C’est McGarrett. Répondit fermement l’ancien SEAL en s’approchant de la table.
-Ouais…C’est pareil, à deux trois lettres près…
Mathigan ne releva pas les yeux du corps qu’il découpait minutieusement.
-Tu es là pour quelque chose ou tu cherche ton adorable partenaire ? Tu ne devrais pas la laisser traîner toute seule, une si belle jeune femme…
Cette fois-ci, le légiste avait relevé la tête. Steve bouillait intérieurement mais il ne laissa rien paraître.
-Au fait, ça va faire trois mois qu’on est ensemble. Je vais l’inviter au resto, tu me conseillerais quoi comme cadeau ? Demanda-t-il à la cantonade en reprenant attentivement son travail.
Devant le silence de l’agent, Mathigan continua :
-Tu as raison. L’attacher à mon lit suffira…
Comme soudainement réveillé, Steve s’avança d’un pas menacent vers le légiste. Celui-ci recula et lorsqu’il remarqua que McGarrett ne faisait que de lui tendre un dossier, il se détendit légèrement.
-Ella Berg. Je veux son rapport d’autopsie.
Le légiste prit le dossier d’un geste lent et arbora un sourire narquois.
-Tu peux me faire confiance. Je te l’apporterai personnellement…
Steve le fusilla du regard et avant de partir, il ne put s’empêcher de bousculer la table dont l’un des pieds vint s’écraser contre celui du médecin. L’agent du FBI repartit tandis qu’un petit cri de douleur s’élevait de la morgue. Au moins, il ne l’avait pas tué…
Ce soir là, McGarrett soupira. Il était comme à son habitude, penché sur le comptoir d’un bar, une cigarette entre les doigts. Le barman, un homme à forte corpulence aux originaires africaines, lui tendit un autre verre. Steve releva la tête vers le poste mais ne porta pas attention au match qui s’y déroulait. Il avait la tête trop pleine pour ça. Il ne se le dit pas, mais il avait également le cœur qui débordait. Il souffla une bouffée de fumée et soulagea sa clope dans le cendrier près de lui. Il allait pour boire une nouvelle gorgée lorsque le barman l’aborda :
-Votre copine est ici. A votre place, je reposerai ce verre vue son air déterminée.
McGarrett tourna la tête et aperçut Catherine. Cette dernière le vit aussi et se dirigea vers lui. Il la regarda sans comprendre et dit :
-Cath ?! Qu’est-ce que tu fais ici ? Je croyais que tu fêtais tes trois mois avec Mathigan et…
-J’ai rompu. L’interrompit-elle.
-Qu-que…qu-quoi ? Balbutia-t-il.
-Tu m’as dit ce matin que tu arrêterais de fumer si je plaquais Mathigan. J’ai tenue parole, à toi d’en faire autant. Répondit-elle rapidement, un coude sur le comptoir.
Il se releva brusquement et s’écria :
-Qu’est-ce que ça veut dire, Cath ?!
Catherine posa tout d’un coup son sac par terre, prit la tête de Steve entra ses mains et l’embrassa à pleine bouche. Ce fut tellement brusque et rapide que McGarrett en resta complètement coi. Après qu’elle se soit écartée, il la fixa de ses yeux ronds.
-Heu…Dé-désolé…Je ne sais pas ce qu’il m’a prit…Bredouilla Catherine, confuse et embarrassée.
McGarrett ne bougea pas d’un centimètre. Puis, tout d’un coup, il plaqua sauvagement et affectueusement ses lèvres sur celles de la jeune femme. Elle répondit au baiser avec ferveur jusqu’à ce que Steve rompe le contact.
-Moi non plus…Dit-il.
D’une main frénétique, elle reprit son sac et le mit sur une épaule avant de se mettre en marche vers la sortie, laissant Steve sur son tabouret.
Le lendemain, une montagne de paquets de cloques atterrit sur le bureau de Catherine. Elle releva vivement la tête et s’écria :
-Mon dieu ! Qu’est-ce que c’est que ça ?
Elle vit le visage de son partenaire qui affichait un air rebelle et insolent.
-Tu peux m’expliquer ? S’exclama-t-elle sans décolérer.
-C’est ma réserve.
-Que…quoi ?
-Ma réserve de cigarette. J’arrête, Cath. Tu as tenue ta parole, d’ailleurs je n’en reviens toujours pas, mais maintenant c’est à moi de tenir la mienne. J’arrête de fumer, c’est promis.
La jeune femme se détendit et un sourire se dessina sur ses lèvres….
« En effet, il était là. Il était assit sur les marches, entrain de fumer une cigarette. Occupé à observer les voitures défiler à toute allure sur la grande avenue, il ne remarqua pas tout de suite sa présence.
-Tu m’avais promis d’arrêter. Dit-elle en lui prenant la cigarette de sa bouche pour l’écraser au sol… »
TBC...
7
Corée du Nord, 2013
Franck et Emma avaient posé l’hélicoptère non loin du camp de réfugiés dans lequel s’était caché Wo Fat et ses hommes. L’ancien soldat et l’adolescente devaient attendre les autres. Emma était occupée à découper une pomme et ne remarqua pas tout de suite le groupe qui se dirigeait vers eux. Elle se leva du tronc sur lequel elle s’était assise avec un sourire. Elle courut jusqu’à Danny qui affichait une mine sombre.
-Il est juste à côté, dans ce camp, Danny. Dit-elle.
-Je suppose qu’il est bien gardé. Répliqua-t-il.
Franck arriva à son tour et se tourna vers Joe :
-J’ai compté une dizaine d’homme en dehors et il doit y avoir une vingtaine à l’intérieur ainsi qu’une poignée de civils.
-Très bien. On va attendre la nuit pour intervenir.
-Ne me dîtes pas que vous avez l’intention d’entrer là-dedans ?! S’exclama Kono dans l’oreillette de chacun.
-On n’a pas trop le choix, cousine.
-On doit le faire pour Steve ! Protesta Emma.
-Si vous mourrez, ça ne va pas aider Steve. Rétorqua la jeune femme.
-Elle a raison, renchérit Joe, mais on va prendre nos précaution. Maintenant, attendons la nuit.
Le groupe s’adossèrent contre l’hélicoptère dans un long soupire. Dans le grand silence, la voix de Danny résonna :
-Joe, à votre avis, pourquoi Wo Fat aurait besoin de garder Steve vivant ? Pourquoi le torturer ?
-Steve doit surement détenir une information. S’il ne dit rien, il restera en vie.
Il ouvrit lentement les yeux. Il se racla ensuite la gorge et passa sa langue sur ses lèvres sèches. Il n’arrivait pas à respirer correctement tellement que la douleur était intense et poignante. La lumière se déferla dans la pièce et il entendit le grincement d’une porte qu’il s’ouvrait. Il entraperçut Wo Fat qui posait une chaise en face de lui et qui s’assit. Ils se regardèrent longuement avant que Wo Fat n’ouvre la bouche :
-Penses-tu sérieusement que tu vas t’en tirer vivant, McGarrett ?
Steve ne répondit pas et continua de le fixer. Wo Fat sourit. Il voyait bien que la poitrine meurtrie de son prisonnier avait du mal à se soulever. Néanmoins, il avait encore besoin de McGarrett. Quand celui-ci l’aura amené à Shelburne, il le tuera.
-Qu’est-ce que ça t’a fait de la voir, étalée sur le sol, ensanglantée, ouvrant la bouche pour aspirer la plus petite bouffée d’air ?
Steve se redressa lentement. Il savait très bien de qui son ennemi voulait parler. Seulement, il n’allait pas rentrer dans son jeu. Même s’il devait se contenir.
-Qu’as-tu ressentis lorsqu’elle est morte dans tes bras ?
McGarrett serra les poings. Cette ordure n’avait pas le droit de parler de Catherine, il n’avait pas le droit de lui parler de ce jour, le jour où il l’a tuée.
-Elle est morte par ta faute, Steve. Tu le sais.
Il ferma les yeux et essaya de faire le vide dans sa tête. Il ne devait pas céder.
-Elle doit t’en vouloir, non ? Elle est morte à cause de toi, n’est-ce pas ?
Il prit une grande respiration ce qui accentua la douleur dans ses côtes.
-Tu l’aimais ? Pas vrai ? Catherine.
Cette fois, Steve rouvrit brusquement les yeux et Wo Fat aperçut dans son regard qu’il avait gagné.
-Ne parles pas d’elle ! Espèce d’enfoiré ! Je t’interdis de parler d’elle ! S’emporta McGarrett.
Wo Fat se leva de sa chaise et fit les cents pas devant le torturé.
-Je n’avais pas réellement envie de la tuer. C’était une très belle jeune femme, malheureusement…il en fut autrement. Si tu étais partit à sa place, peut-être qu’elle ne serait pas morte. Mais bon, c’est fait à présent.
Steve tira sur ses liens. La colère se reflétait sur son visage. Wo Fat était entrain de le torturer, psychologiquement. Ce dernier s’approcha de McGarrett et le plaqua violemment sur sa chaine, un poing contre sa gorge. Steve tenta de prendre de l’air, juste de l’oxygène, une mince respiration.
-Te sens-tu mourir, McGarrett ? Sens-tu la mort arriver ? Si tu aimais ta partenaire, ne t’inquiète pas, tu vas la retrouver bientôt…
Il relâcha son emprise sur Steve qui fut prit d’une toux convulsive. Il sentit l’obscurité arriver. Il fallait qu’il tienne, à tout prix.
-Au fait, fit Wo Fat avant de sortir, tes petits amis sont dehors. Je crains qu’ils ne puissent jamais te retrouver…vivant.
La nuit était tombée. Le groupe se préparait maintenant à intervenir. Kono avait réussit à accéder aux caméras de surveillance du camp. Ainsi, elle allait pouvoir les guider et couvrir leurs arrières.
-S’il arrive quoi que ce soit, c’est chacun pour soit ! On ne fait pas de prisonnier. On trouve Steve et on le sort d’ici. Est-ce bien clair ? Dit Joe d’un ton autoritaire.
Les autres hochèrent la tête et partirent à sa suite. Chacun prit un garde ou deux. Ils leurs brisèrent les cervicales, un couteau en plein cœur ou les assommèrent sans regret. Joe entra en premier dans le camp. Dans un premier temps, c’était silencieux. Il n’y avait personne dehors. « Ça ne sent pas bon » Se dit-il. Danny frôla les remparts du côté droit tandis que Chin se chargeait du gauche. Emma et Franck étaient restés dans l’hélicoptère, prêt à décoller à tout moment. Chin entra dans une première maison. Il se trouva nez à nez avec un père de famille apeuré. Le lieutenant baissa légèrement son arme et essaya de se faire comprendre :
-Tout va bien. Je ne vous veux aucun mal. Où est Wo Fat ?
Le coréen ne répondit pas mais il fixait quelque chose derrière l’hawaiien.
-Cousin ! Fais gaffe !
Celui-ci se retourna à temps pour tirer plusieurs balles dans la poitrine d’un homme de Wo Fat.
-Merci, Kono.
Les tirs ont réveillés le camp et tout le monde s’agita. Quand Chin ressortit, il vit Danny en proie avec trois hommes qui lui tirait dessus. Son patron avait prit une vieille voiture comme abri. Il le rejoignit pour lui prêter main forte. Du côté de Joe, les choses se passaient exactement pareil. Il s’était réfugié derrière des caisses et tiraient sur l’ennemi avec concentration. Il en blessa plus d’un et en tua pas mal. Il se retourna et aperçut Danny et Chin qui s’étaient eux aussi débarrassé de leurs assaillants.
-Tout va bien ? Leur demanda-t-il dans un souffle stressé.
-Ouais, on gère. J’ai l’impression de passer le casting pour « Il faut sauver le soldat Ryan » ! S’écria Danny.
-Il faut fouiller toutes les maisons. Dit calmement Chin.
Joe approuva d’un signe de tête et le groupe se divisa. Danny fit voler une porte d’un coup de pied et entra dans une des cases. Il ne trouva qu’une famille terrorisée. Il soupira fortement et fit une autre maison. Le résultat fut le même. Pareil pour Chin. Joe entra dans une maison qui semblait être un peu à l’écart des autres. Les fenêtres n’avaient pas de vitre mais des barreaux et apparemment, il n’y avait pas de lumière. Ses yeux se posèrent sur une chaise qui se situait en plein milieu de la pièce. Il l’inspecta et remarqua le sang qui s’étalait sur le siège pour continuer sa route sur le sol. Il eu envie de vomir mais se reprit. Certes, Steve comptait énormément pour lui mais ça ne devait pas rendre son jugement flou. Il se redressa et sortit. C’était sur, Steve avait été attaché ici. A présent, où était-il ? Il n’avait pas pu sortir du camp ! Il l’aurait vu ! Soudain, un bruit sourd et tonitruant émana d’une partie du camp. Danny et Chin l’entendirent également. Brusquement, un avion surgit. Il prenait de la vitesse pour décoller.
-Il faut arrêter cet avion ! S’exclama Kono dans l’oreillette.
Joe comprit et empoigna aussitôt son arme. Il visa les pneus et tira. Danny et son collègue l’imitèrent avec entrain. A force de tirs, ils réussirent à en toucher un. L’avion vacilla dangereusement pour terminer sa course contre une maison. L’appareil fumait, une aile pendait et il manquait un pied. Cet avion n’ira nulle part. Chin courut vers le cockpit. Il se pencha en avant et resta stupéfait : personne. Le pilote s’était tiré ! Pendant ce temps, Joe grimpa à l’intérieur et appuya sur un bouton pour ouvrir l’avion. A l’arrière, Danny monta sur la passerelle et s’exclama :
-C’est Steve ! Il est en vie ! Il est là !
Danny s’enfonça dans l’appareil et se précipita aux côtés de son partenaire. Celui-ci avait vraiment une tête à faire peur. Il arrivait à peine à garder les yeux ouverts. Lorsqu’il reconnu le lieutenant, il cru halluciner :
-Danny ? Fit-il d’une voix rauque.
Son partenaire ne répondit pas, trop occupé à le défaire de ses liens.
-Où…est…Wo Fat ?
-Une autre fois, d’accord ? T’inquiète pas, ça va aller, mon pote. Répondit-il.
Steve aperçut alors Joe et Chin. Ils l’aidèrent à descendre de l’avion. Au moment où il posa les pieds au sol, il sentit ses jambes se dérober. Chin et Danny le soutinrent et ils sortirent du camp. Le lieutenant sentait bien que l’agent du FBI s’accrochait fortement à lui.
-C’est finit, Steven. On rentre à la maison.
L’ancien SEAL resta silencieux mais serra davantage son emprise sur lui. Soudain, une furie rousse lui sauta au cou. Il ramena une main dans le dos d’Emma pour lui rendre son étreinte.
-Tu vas bien ? Bien sur que tu vas bien ! Tu vas toujours bien ! S’exclama la jeune fille.
Seulement, la réponse qui sortit de la bouche de Steve, elle ne s’y attendait vraiment pas.
-Non. Je ne vais…pas bien…
Ce moment fut interrompu par Joe qui clama :
-Désolé d’interrompre vos retrouvailles, mais faut qu’on se tire d’ici tout de suite !
Ils aidèrent Steve à grimper dans l’hélicoptère. Celui-ci se mit entre les jambes de Danny et se laissa aller contre elles. Il se tourna légèrement vers lui. Danny dit avec amusement qu’il le remerciera plus tard.
-Merci, partenaire…Murmura-t-il néanmoins.
Danny serra les épaules de Steve et Mandarine décolla. Tout allait mieux maintenant. Steve était sauvé, Chin allait se marier, ils rentraient à la maison et Emma se sentait soulagée. Cependant, Wo Fat était toujours en liberté et la cicatrice de Steve ne cessait de le faire souffrir….
TBC...
8
Washington, 2013
Steve sourit. Il venait de recevoir un message de Kono qui lui demandait s’il avait bien atterrit.
-Tiens ! Tu arrives à sourire ! Je croyais que tes lèvres étaient fixés avec de la colle glue ! S’exclama l’agent Todd en passant devant son bureau.
Steve releva la tête et elle reprit :
-Ça c’est bien passé avec le 5-0 ? Tu ne les as pas traumatisés ?
-Oh, tu sais…Je devais faire équipe avec un flic qui porte une cravate à Hawaii, qui n’arrête pas de râler à chaque fois que j’ouvre la bouche et qui pense sérieusement pouvoir me dicter ma conduite !
-Génial ! Tu n’as pas trop fait de dégâts au moins ? Fit-elle avec un rire taquin.
-Non…A l’heure où nous parlons, il est toujours en vie !
Susan éclat franchement de rire et s’apprêta à partir lorsqu’elle comprit. Elle se retourna vivement et dévisagea longuement l’agent du FBI.
-Quoi ? J’ai une autre cicatrice sur le visage ?!
Elle se mordit la lèvre inférieure et répondit :
-Je…j’ai surement dû mal entendre, mais…
-Et bien quoi ? Accouche Todd !
-Tu as dû faire équipe avec lui…ça voulait dire que tu étais…son partenaire ? Demanda-t-elle prudemment.
Le visage de Steve prit une autre couleur et il soupira. Enfin, contre toute attente, il dit :
-Je crois bien que oui.
Sa voix était grave et solennelle, comme s’il avait passé un cap de sa vie. Todd hocha la tête avec un mince sourire, puis prit congé. McGarrett était entrain de jouer nonchalamment avec un paquet de cigarette lorsque Jordan se posta devant lui. Il ne leva même pas les yeux et continua de tourner la boîte dans tous les sens.
-Agent McGarrett, j’ai besoin de vous. Dit-elle alors.
Il se redressa enfin. Quand sa patronne utilisait le mot « agent » précédent son nom, c’était qu’elle lui demandait un service ou ses compétences de SEAL.
-Que puis-je pour vous ? Fit-il.
-Laura Hills. Ça vous dit quelque chose ?
-Ministre des affaires intérieures.
-Elle a été assassinée.
Soudain, l’intérêt de Steve se réveilla. Il s’assit droit dans son siège et perplexe, rétorqua :
-Comment ? La presse n’en a pourtant pas parlé !
-Ce matin. Une bombe avait été placée sous sa voiture. L’enquête doit se faire avec les plus grandes précautions. J’ai dit que j’allais mettre mon meilleur élément sur le dossier.
-On a réussit à garder des bribes de la bombe avant que les autorités ne s’en emparent ?
-Oui. Analysez-les et coffrez ce salopard. C’est bon pour vous ?
Un sourire étrange se dessina sur les lèvres de l’agent.
-C’est bon pour moi. Vous pouvez me faire confiance, Sophia.
Elle repartie satisfaite tandis qu’il appelait Emma à la rescousse.
-Ouaip ? S’écria-t-elle en venant avec son ordinateur.
-Que sais-tu sur l’affaire Hills ?
-La bombe a été volée sur une base militaire il y a des années.
-Bien.
-Mais ce n’est pas tout !
-Comment ça ?
-Tu devrais aller voir Jenna.
Il se leva et retrouva l’analyste qui fixait l’écran géant de la grande salle. Les images de fragments de bombe défilaient devant elle.
-Qu’est-ce que tu peux me dire sur ce genre de procédé ? Lui demanda-t-il en s’adossant contre un bureau et croisant les bras sur sa poitrine.
-J’ai déjà vu ce mode de fonctionnement.
-Ok…Marmonna-t-il l’invitant à aller plus loin.
-Il n’y a qu’une seule personne qui assassine de cette façon. C’est propre, direct et assure la mort.
Steve soupira. Il savait parfaitement de qui elle voulait parler.
-Wo Fat. Lâcha-t-elle.
-On ne se débarrassera jamais de lui !
-J’ai bien peur que non.
-Comment a-t-il fait ? Hein ? Je viens de rentrer d’Hawaii où le 5-0 et moi l’avons bouclé ! Il est en ce moment même à la prison d’Alawa !
-Il a toujours une certaine influence dans le milieu criminel. Je suis sur que c’est l’un de ses larbins qui a placé la bombe.
-Pourquoi s’en prendre à la ministre ?
-Je pense savoir pourquoi. Lui répondit la jeune femme d’une mine sombre.
-Je t’écoute.
-Wo Fat a gardé des contactes dans la politique. Hills a dû se rendre compte quel genre d’homme il était alors il la tue pour la faire taire.
-Ça se tient.
-On devrait aller chez la victime. Peut-être qu’il y aura des indices. Dit-elle.
-Oui. Prépare-toi, on y va maintenant.
Steve courut à son bureau et prit son arme.
-Oh oh…Fit la voix d’Emma.
-Quoi « Oh oh » ? Répéta-t-il en apercevant le visage inquiet de l’adolescente.
Penchée sur son ordinateur, la jeune fille grimaçait.
-On a trouvé tes empreintes chez Hills. Répondit-elle en levant un regard horrifié vers lui.
-Une équipe est déjà allée chez elle ? Je croyais qu’on était les seuls à bosser sur le dossier ! S’écria Jenna.
-Tu as déjà été chez Hills ? Continua Emma.
-Quoi ? Non ! S’exclama-t-il.
Le portable de Jenna sonna. A ce même moment, McGarrett entendit des sirènes dehors. Il s’avança à la fenêtre d’un pas énergétique et vit toute une unité de policier se garer devant les marches qui menaient au QG du FBI.
-D’accord. Merci.
Jenna raccrocha et le rejoignit.
-Un de mes contacts à la police de Washington m’a appelé. Ils sont là pour t’arrêter !
-N’importe quoi ! C’est évident que c’est un piège ! Protesta l’adolescente.
-Emma, efface tout ce qu’on a sur le dossier. Tous les disques durs ! N’essayez pas de me contacter !
-Qu’est-ce que tu vas faire ? L’interpela l’agent de la CIA alors que son collègue traversait déjà la grande salle.
-Je dois me tirer. S’il y a une magouille quelque part, je suis cuit. Je ne pourrais pas me défendre en prison !
Entendant le bruit et les cris, tous les agents se levèrent et se figèrent.
-McGarrett ! Par la porte de derrière ! S’exclama vivement Todd.
Il la remercia d’un signe de la main et courut vers la sortie de secours. Il descendit quatre à quatre les escaliers pour arriver dans le hall. Il s’apprêtait à prendre le couloir qui filait vers les archives quand il sentit un métal froid contre sa nuque.
-Plus un geste Agent spécial McGarrett ! Posez votre arme au sol et mettez les mains derrière la tête !
Le monde s’était figé. Personne ne bougeait, regardant la scène. Steve s’agenouilla lentement, posant son arme. Lorsque le flic fut assez prêt de lui, il l’empoigna par le cou et le maîtrisa rapidement. Il parcourut le hall du regard. Les agents restèrent à leur place.
-Psss ! Par ici !
Il vit Dean qui avait ouvert la porte des archives. Il se précipita dans cette direction en lançant un : « Merci bébé » à l’homo. Ce dernier ne manqua pas de regarder le fessier de l’agent avant que celui-ci ne disparaisse. Steve était à présent dehors, derrière les poubelles du bâtiment. Il regarda son portable et vit qu’il venait de recevoir un message de Chin. Non, pas question de mettre le 5-0 au courant. Il sera seul, comme durant ces dernières longues années…
Une vieille Mercury se gara dans les collines qui surplombaient la capitale. L’ex-agent McGarrett en sortit. Il avait troqué son costume fédéral contre un bon vieux cargo militaire et un t-shirt noir. Les anciennes habitudes reprenaient ! Il se dirigea droit sur une caravane et entra sans frapper.
-Hey ! On rentre pas chez les gens comme ça, Monsieur col blanc ! S’écria un jeune homme qui était entrain de fumer dans un étroit canapé.
-Jack, je veux une arme.
-Quoi ?
Jack était un de ces jeunes junkies qui collectionnait les vols à mains armées et les trafics de drogues dans son casier judiciaire. McGarrett avait été clément avec lui, se reconnaissant un peu en lui au même âge. Il lui avait offert une caravane où Jack pouvait se droguer tranquillement. En échange, le jeune homme devait cesser les grosses casses et ne pas vendre sa drogue dans la ville. C’était un être tout maigre, aux nombreux tatouages sur les avant-bras et au crâne rasé. Il portait un sweet-shirt usé ainsi qu’un survêtement trop grand pour lui.
-Tu m’as bien entendu. Je veux une arme.
-Hé ! Je te rappelle que je suis en conditionnel, mon pote ! Si jamais on me prend avec un flingue, je retourne direct avec les zozos ! Puis d’abord, t’es du FBI, t’as qu’à prendre le tien !
-Tu ne comprends pas ! Je ne suis plus agent du FBI ! S’énerva Steve.
Il se calma et reprit :
-J’ai besoin de ton aide, s’il-te-plait Jack…
Le jeune homme comprit et se leva.
-Très bien, suis-moi.
L’ancien SEAL ne se fit pas prier et le suivit sans rien dire. Ils sortirent de la caravane pour arriver devant un conteneur. Jack souleva le rideau et Steve vit toute une artillerie d’armement.
-On sait jamais de quoi l’avenir sera fait…Tu vois ce que je veux dire ?
-Ouais, très bien.
TBC...
9
Corée du sud, 2013
Kono mit une main contre la joue de Steve et installa sa tête sur son épaule. Depuis que l’équipe l’avait repêché à Séoul, McGarrett avait perdu la bataille contre le sommeil. Ça faisait plusieurs minutes que sa tête se balançait d’avant en arrière. Elle entendit un grognement et l’ancien SEAL se cala un peu plus contre son cou. A présent, elle le tenait. Ils l’avaient retrouvé, il était avec eux. Danny avait gardé une main sur l’épaule de son partenaire depuis que l’hélicoptère avait décollé. Steve se réveilla. D’une main tremblante, il s’empara de celle de Kono.
-On n’a rien pour la douleur ? Cria Emma pour couvrir le bruit de l’hélicoptère.
Chin fouilla dans la trousse de secours et secoua la tête négativement.
-Tu vas devoir serrer les dents, vieux. Dit-il à Steve qui avait fermé les yeux.
Celui-ci leur lança un sourire afin de les rassurer. Danny était concentré sur l’abdomen meurtri de son partenaire qui se soulevait difficilement. Il ébouriffa les cheveux de McGarrett qui, au geste, se détendit.
-Dis-moi une chose, Steven : Comment ça se fait qu’Emma peut faire le copilote d’un engin pareil ?!
McGarrett ne répondit pas mais le sourire ne quittait pas ses lèvres.
-Danny, je n’ai peut-être pas l’âge auquel tu penses. Je suis peut-être plus vieille malgré mes apparences d’étudiante. Répondit l’intéressée en jetant un coup d’œil malice aux autres.
Le lieutenant fronça les sourcils, ouvrit la bouche pour la refermer et enfin dire :
-Tu as quel âge exactement ?
-Ça Danny, ça restera un mystère…
Ils se mirent à rire ensemble lorsque Steve poussa un gémissement de douleur.
-Ça va fiston ? S’inquiéta Joe.
McGarrett se tenait le ventre et avait fermé les yeux. Il ne répondit pas, ce qui fit peur au groupe. Danny descendit de son siège, vint se poster devant lui et colla son front contre le sien.
-Steven, parle-nous. Qu’est-ce qu’il y a ?
-Je…Je…peux…plus…
-D’accord. Tu veux t’allonger ? Demanda-t-il calmement.
Steve rouvrit les yeux. Alors Chin et Kono l’aidèrent à s’étendre sur le sol. Le blessé poussa un soupire à la fois de contentement et de souffrance. Danny souleva sa tête et la mise délicatement sur ses jambes.
-C’est mieux, fils ? Fit la voix de Joe.
Steve ne bougea pas d’un pouce. Il ne faisait que respirer. Il devait prendre de grandes respirations pour accepter cette douleur. Il fallait qu’il accepte ce serpent qui l’étouffait et qui plantait sauvagement ses crocs. Le venin se frayait un passage dans ses veines. Il sentait tout son corps brûler. Ce brasement l’enflammait comme un cœur qui se bat contre lui-même. Il serra les poings et mordit fortement sa lèvre inférieure. Cette peinture de rage colorait ses plaies et ses multiples blessures. Il sentit une pression dans sa main droite. Il se tourna vers Danny qui le serrait contre lui.
-Agent spécial Steven McGarrett, vous n’allez pas abandonner ! Sinon je viens vous chercher d’entre les morts et je vous tue de mes propres mains, est-ce suffisamment clair ? S’exclama-t-il à l’adresse de son partenaire.
Ce dernier retint un sourire et une larme s’échappa pour se creuser dans sa joue.
-C’est…clair…lieutenant…
De son côté, Kono avait mal au ventre de voir l’agent du FBI dans cet état. Il était devenu au fur et à mesure, un ami. Il faisait même partit du 5-0, de leur Ohana. Le silence se fit puis se rompit avec la voix rauque de Steve.
-J’accepte…
-Quoi ? S’écria Danny interloqué.
-Tu te souviens…de ton offre d’emploie…après notre…première enquête ?
-Comme si c’était hier, mon pote.
-J’accepte…ton offre…Je quitte…le FBI…
-Tu es sur Steve ? S’exclama Emma.
-C’est…plus pour…moi…
Chin sourit et clama :
-Bienvenue dans l’équipe !
-Avant ça, il faut qu’on revienne entier à Hawaii. Les prévient Franck.
-Francky a raison. Dit Joe.
-Ça…va le…faire…
-Comment peux-tu en être si sur SuperSeal ? Tu t’es regardé ? Fit Danny.
-J’ai…connu…pire…
-Vraiment ?
-Ne crie pas…s’il-te-plait…mais une fois…je me suis retrouvé…en prison…
-Quoi ?! Pourquoi tu ne nous as pas appelés ?! On aurait pu te sortir de là ?!
-Et je lui…avais demandé…de ne pas…crier…Déplora l’ancien SEAL.
-Ne t’en fais pas Danny, on l’a sortit de là. Ce n’était qu’un simple mal entendu. Dit Joe.
-Remarque, il était sexy en orange. Renchérit Emma avec un clin d’œil.
-Merci…ma belle…
Steve avait gardé les yeux fermés. Il était évident qu’il se battait.
-Steven ? Tout va bien ?
-Oui…Danno…
-Quand est-ce qu’on arrive ? Demanda Kono à Joe.
-Je crois qu’on a quitté la Corée. N’est-ce pas Franck ?
-C’est exact ! Il va falloir encore tenir le coup.
-Ça va aller Steven ? Interrogea Chin.
Sauf que cette fois, McGarrett hocha la tête dans le sens latéral.
-Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a, mon pote ?! S’alarma le lieutenant.
Mais il paniqua sérieusement lorsqu’il s’aperçut que Steve ne bougeait pas du tout. Vraiment pas du tout.
-SuperSeal ? Rambo ? Hé !
Il secoua le corps de son ami contre lui qui vacilla de tous les côtés. Danny jeta un regard apeuré à Joe.
-Steve ! Réveille-toi ! C’est un ordre !
Rien à faire, McGarrett avait perdu connaissance.
-C’est pas vrai ! Jura Danny.
-Relevez ses jambes ! Il est en état de choc ! Ordonna Joe.
Kono s’exécuta.
-Aller, ne me fait pas ça Steven ! Marmonna Danny dans sa barbe.
Au bout d’un certain temps, l’hélicoptère se posa.
-Merci de nous avoir déposés hors de la Corée. Ça nous a fait gagner du chemin. Remercia l’ancien Commandant.
-A ton service ! Clama le pilote.
Pendant ce temps, Kono aidait Danny à sortir Steve de l’appareil. Le lieutenant sentit les doigts s’accrocher fortement à son épaule.
-Steve ? C’est moi. Il faut juste qu’on prenne l’avion pour rentrer à Hawaii.
L’agent poussa un grognement entant que réponse. Danny resserra son emprise sur lui.
-Tiens le coup, mon frère. Encore un peu.
-J’ai vu Catherine…
-Quoi ?
La voix de Steve avait été rauque, hésitante et brisée.
-Steve ? Répéta Danny.
S’il délirait maintenant, c’était grave.
-J’ai vu Catherine…Elle a posé…ses mains sur…mon visage…
-Steve, c’était rien. Ce n’est pas arrivé. Aller, on doit marcher.
Kono et Danny avancèrent lentement mais Steve eu du mal à suivre. Ils le trainèrent pratiquement jusqu’à l’avion.
-On devrait lui donner des vêtements. Fit Joe.
-J’ai…pas la force…de me…changer…Fit Steve à la grande surprise de tout le monde.
-Fiston, on doit te nettoyer. Tu es couvert de sang.
-Ça ne partira…jamais…
Joe fronça les sourcils. Il voyait bien que son ancien élève avait de plus en plus du mal à se battre.
-Viens, mon vieux. On va nettoyer tout ça. Dit la voix posée de Danny.
Il l’amena à l’intérieur de l’appareil, le fit assoir sur un siège et prit une bouteille d’eau. Il s’empara d’un chiffon, s’agenouilla près de son partenaire et s’apprêta à enlever ce sang qui rendait l’homme vulnérable. Kono s’approcha mais Steve s’enfonça dans son siège. La jeune femme comprit qu’il n’y avait que Danny qui avait le droit de le toucher. Celui-ci enleva lentement la chemise sale de l’ancien SEAL ensuite il humidifia le chiffon et l’appliqua doucement sur les blessures de son partenaire.
-Elle n’est…jamais partie…
Danny ne répondit pas et continua sa tâche.
-Elle est là…près de moi…
-Steve, ça ne sert à rien de te faire souffrir comme tu le fais. Dit-il enfin.
McGarrett rouvrit les yeux et dans une voix à peine audible, souffla :
-Je l’aimais…
TBC...
10
Washington, 2013
Steve avait une arme, une voiture et à présent un nom. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Si la police menait l’enquête sur l’assassinat de la ministre alors que celle-ci était confidentielle, c’était forcément qu’il y avait une taupe ! Et maintenant il venait de découvrir que cette taupe, une personne qu’il côtoyait tous les jours, avait des liens avec Wo Fat. C’est elle qui avait tout manigancé, qui lui avait mit des bâtons dans les roues, qui avait couvert ses arrières mais qui l’avait également surveillé. Ainsi, il était en route pour avoir une petite discussion avec Roberts, son ancienne patronne. Il se ficha bien de brûler les feux rouges et ainsi, il continua sa course sur la grande avenue de Washington. Pourquoi ne l’avait-il pas vu venir ? C’était tellement évident ! La nuit tombait progressivement sur la ville et toute la police était à sa recherche. Il devait faire vite. La demeure de la directrice se situait un peu plus haut, parmi d’autres impressionnantes bâtisses aux jardins luxuriants et aux piscines dépassant l’imagination. Il se gara en vrac sur le trottoir, ne prêtant guère attention aux conventions sociales et courut jusqu’à l’immense grille qui séparaient la résidence de la route. Il grimpa, tel un ninja aurait dit Danny, traversa la pelouse impeccablement tondue et se cacha derrière un buisson taillé en boule. Deux gardes du corps surveillaient les alentours, postés à la porte d’entrée. Qu’avait-elle besoin de cacher ? Craignait-elle quelque chose ou plutôt quelqu’un ? Il surgit de la nuit, arriva derrière les deux hommes pour discrètement les mettre hors d’état de nuire. Il n’attendit pas bien longtemps pour se précipiter à la porte, crocheter la serrure et appuyer sur le code qu’il avait enregistré dans sa tête lorsqu’il était venu une fois. La maison était silencieuse, rien n’indiquait qu’une personne y vivait. Néanmoins, il monta à l’étage et aperçut de la lumière émanant du bureau. Alors il s’introduisit furtivement dans la pièce. Roberts releva la tête et son visage s’affaissa quand elle reconnu son ancien agent.
-Steve…Souffla-t-elle d’une mine déçut.
Il l’ignora et continua d’avancer, vérifiant qu’il n’y avait personne d’autre.
-J’espérais que le police se trompe sur vous. Dit-elle.
Steve la tenait en joue sans plus de cérémonie, la fusillant du regard.
-Qu’est-ce que vous voulez ? Demanda-t-elle avec un sang froid effrayant.
Il prit son téléphone, le mit en marche et le jeta sur son bureau, devant elle.
-Des aveux complets.
-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
-Arrêtez ! Arrêtez de mentir ! J’en ai ma claque de vos mensonges !
-Ecoutez McGarrett, posez cette arme qu’on puisse discuter tranquillement.
Steve eu un rire rauque. Il ne posa pas son flingue mais il l’abaissa légèrement.
-C’était tellement évident…Souffla-t-il.
-Je ne comprends pas…Commença-t-elle à dire avant d’être interrompu par l’ex-agent.
-Depuis combien de temps avez-vous des liens avec Wo Fat ?
Roberts se redressa dans son siège avec une mine froide. Les mains de Steve tremblaient. Il sentait que bientôt, il allait perdre le contrôle de lui-même. Son sang se glaça lorsqu’elle répondit :
-Depuis toujours.
-Vous savez pour l’assassinat de ma mère ? Pour le meurtre de mon père ? Hein ?! Répondez ! Ordonna-t-il, hors de lui.
La directrice des opérations arbora un étrange sourire.
-Je l’ai toujours su, Steven.
A ce moment, l’ancien SEAL avait juste envie de se jeter à la gorge de son ancienne patronne.
-Je n’ai qu’une seule question…Et je veux que vous y répondiez…Dit-il d’une voix brisée.
-Je vous écoute.
-Qui a tué Catherine ? Est-ce que c’était Wo Fat…Ou c’était vous ?
Ses yeux étaient à présent embués de larmes. Le souvenir douloureux de la mort de sa partenaire remontait en lui telle une blessure qui se rouvrait.
-Steve, vous devez comprendre que j’ai fait ça dans l’intérêt du FBI.
-Arrêtez ce petit jeu ! Pas de ça avec moi ! Hurla-t-il.
Il en avait marre. Il voulait qu’elle lui avoue que c’était elle qui avait prévenu Wo Fat de l’opération. Que c’était elle qui avait vendu la vie de Catherine. Que c’était à cause d’elle que la jeune femme était morte.
-L’agent Rollins avait reprise depuis longtemps l’enquête de votre père. C’est elle qui a prévenu Laura Hills ! En fait, depuis le début, c’était elle qui vous protégeait. Tout au long de ma vie, je me suis redevable envers les gens qui me sont loyale ! Tempêta-t-elle.
Steve baissa un peu plus les bras. On pouvait voir toute la douleur dans ses yeux.
-C’est pour ça que vous avez éliminé Catherine ? Parce qu’elle n’avait pas été loyale ? Cracha-t-il dégoûté.
-Oui.
Soudain, Steve sentit un choc électrique le parcourir de part et d’autre de son corps. Il s’écroula à terre, perdant ainsi connaissance.
-Qu’est-ce qu’on fait ? On se débarrasse de lui ? Demanda Roberts à la jeune femme brune qui avait fait son apparition.
Béthanie Morris effaça les aveux sur le portable de McGarrett et leva l’arme de ce dernier sur la directrice.
-J’ai la situation sous contrôle.
Et elle tira. Roberts retomba mollement sur son siège dans un cri de surprise avant de perdre la vie. Puis, Morris mit le flingue dans la main de l’agent à terre avant de disparaitre. Au dehors, les sirènes de la police retentissaient. L’agent Susan Todd apparut sur la scène de crime tandis que Steve se relevait encore sonné.
-Ce n’est pas moi…C’est Wo Fat…Souffla-t-il à sa collègue qui s’avançait vers lui.
-Vérifie la directrice ! Ordonna-t-elle à son partenaire.
Celui-ci s’y hâta puis constata qu’elle était morte.
-McGarrett, Wo Fat est en prison à Hawaii. C’est toi-même qui l’a mit derrière les barreaux. Dit-elle en le menottant.
-C’était quelqu’un envoyé par lui…Susan, crois-moi.
Seulement elle ne l’écouta pas et le mena à la sortie en récitant ses droits.
-Steve ! Todd, qu’est-ce que tu fais ?! S’écria Emma en courant vers eux.
L’agent du FBI l’ignora et mit Steve dans la voiture fédérale. Enfin, elle se tourna vers la jeune fille.
-McGarrett a été prit devant le cadavre de Roberts, un flingue dans la main ! Je ne peux pas l’ignorer Emma !
-Mais on est du FBI ! On va trouver une solution ! S’exclama-t-elle.
-Tu comprends pas ! McGarrett est foutu !
Sur ce, Todd claqua la portière et monta dans le véhicule. Emma cola sa main à la vitre et cria à son ami :
-T’en fais pas ! Je vais te sortir de là !
Elle pouvait voir la détermination et la colère dans le regard de Steve. La jeune fille était encore bouleversée quand la voiture partie.
-Placez-vous face à l’objectif. Ordonna le flic à McGarrett qui se tourna dans un grognement de désapprobation.
Il se mit face à la camera et ont prit une photo de lui. Au fond, il espérait que le 5-0 ne serait pas au courant de ce qu’il lui arrivait. Il ne voulait surtout pas que l’équipe ait une mauvaise image de lui. On l’emmena ensuite en garde à vue où on le fit menotté à une chaise, derrière une table en fer. D’habitude, ce n’était pas lui qui était assit. Non, il devait être debout entrain d’interroger le suspect. Sauf que là, c’était lui le suspect. Il ne releva pas la tête quand quelqu’un entra dans la pièce. Il savait d’avance qui c’était.
-Vous avez vraiment merdé McGarrett ! Explosa Jordan.
Steve leva finalement les yeux vers elle et eut un sourire au coin. Lorsqu’elle s’agitait comme ça contre lui, elle ressemblait à Danny.
-Steven, j’ai besoin de savoir ce qu’il s’est passé. Dit-elle d’une voix froide.
L’ancien SEAL hocha la tête et ouvrit la bouche. Il fut lui-même surprit par la tonalité de sa voix. Elle était rauque et fatiguée.
-J’ai voulu avoir une petite conversation avec Roberts. Ça s’est enflammé quand on est arrivé au moment où elle a avoué nous avoir trahit. C’est à cause d’elle que…que Catherine…
Il souffla un bon coup, ferma les yeux, les rouvrit et reprit :
-Que Cath est morte…
Sophia se calma aussitôt et s’approcha de lui.
-McGarrett, vous ne vous rendiez pas compte. Vous avez dû péter un câble et…
-J’ai été neutralisé par un pistolet tyser ! Protesta-t-il.
Elle dû le reconnaitre en voyant la trace de la brûlure sur le cou de l’agent.
-Bien. Dans ce cas, dîtes-moi qui a assassiné Roberts ?! Fit-elle sur un ton ironique.
-Je ne sais pas…Ce dont je suis sur, c’est que c’est un coup de Wo Fat !
-Steve, vous l’avez mit en prison !
-Sophia, promettez-moi d’enquêter !
Le cœur de la patronne tomba à ses pieds en entendant ce ton suppliant sortir de la bouche de son meilleur agent. Elle soupira et répondit :
-Je vais faire tout mon possible.
On frappa à la porte pour annoncer que l’entretient état terminé. Jordan salua Steve et sortit sans se retourner. Alors qu’elle sortait du commissariat, elle prit son portable.
-Joe ? C’est moi. Notre garçon a besoin de nous.
TBC...