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Partners, volet 4

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 20.06.2013 à 20h05
Auteur : Sherwood 
Statut : Terminée

« "Evidemment, on rit. Mais pas comme avant". Suite de "Partners", volet 1, 2 et 3 (J'écris seule, merci) » Sherwood 

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11

 

Hawaii, 2013

Steve ouvrit la porte d’une main tremblante. Il n’avait cessé de trembler depuis qu’il était rentré sur l’île. Il se retourna et lança un sourire timide à son partenaire qui attendait derrière lui. Enfin, il prit son courage à deux mains et entra. Un flot de souvenirs, joyeux, tristes, douloureux, de bonheur, l’envahit brusquement en entrant dans sa maison. C’était la maison de son enfance, dans laquelle il avait grandit. Sur ce même palier, il était rentré ivre de joie après avoir gagné un match de football, Mary était revenu avec son petit-copain qui s’était fait passé un savon par le père McGarrett, un flic avait annoncé la mort de sa mère…Il s’avança. Rien n’avait bougé. Les photos de lui et Mary petits demeuraient sur les étagères, le canapé était incrusté dans le vieux planché et la véranda s’ouvrait devant sa plage privée. Comme appelé par les vagues, il marcha dans sa direction. Il enleva ensuite ses chaussures et soupira de contentement lorsque ses pieds nus sentirent le contact du sable chaud. Il sentit une main sur son épaule.

-Mieux ? Fit la voix de son partenaire.

Steve hocha la tête et alla s’allonger dans l’un des transats.

-Je n’imaginais pas que tu possédais un paradis ! S’exclama Danny.

Steve eu un rire mais bien vite, son sourire s’effaça. Un jour, son père avait retrouvé Mary morte dans sa chambre. Ici même, sa petite sœur s’était suicidée. Dans le salon, son père avait été exécuté. Et lui, après des années d’absences, se retrouvait paisible dans ce siège. Il entendit Danny repartir puis revenir. Il portait deux bières. Il en tendit une à l’ex-agent qui la porte goulument à ses lèvres.

-Ça fait du bien d’être chez soi…

C’était la première fois que Steve parlait depuis qu’il était revenu. Danny avait attendu, respectant son silence. Il avait dû traduire pour le médecin qui s’était occupé de Steve à tripler. Apparemment, l’ancien SEAL ne tirait aucunes séquelles graves de sa mésaventure en Corée du Nord. Si ce n’est qu’il avait encore une démarche chancelante et qu’il ne pouvait s’empêcher de grimacer en montant les escaliers. Bien sur, sa cicatrice à la mâchoire n’avait pas bougé. Une fine barbe brune poussait nonchalamment sur son visage, ses yeux bleus devenaient pâles et ses traits étaient tirés par la fatigue. Ce n’était rien à côté de ce qu’il ressentait. Jenna était morte là-bas. Ils avaient dû la laisser. C’était un nouveau proche qu’il voyait mourir et cela commençait sérieusement à l’affecter. Heureusement qu’il avait le 5-0 avec lui. Sinon, il n’aurait pas tenu. Il bu une nouvelle gorgée. Ses yeux ne quittaient pas l’horizon. Oui, il pouvait le dire : Il était bien.

-On a avancé dans l’enquête ? Demanda-t-il à son partenaire.

Celui-ci s’assit à son tour puis répondit :

-Oui. La personne qui vous aurait vendu, Jenna et toi, serait un agent de la CIA qui aurait des contacts avec Wo Fat. Une certaine Bethany Morris.

Steve se redressa brusquement à l’énonce de ce nom.

-Bethany Morris ?! S’écria-t-il, les yeux écarquillés.

-Oui. Pourquoi ? Tu la connais ?

McGarrett passa une main sur son visage fatigué, bu un peu de sa bière et soupira.

-C’est à cause d’elle que je suis allé en prison, répondit-il, elle m’avait tendu un piège. On a cru que j’avais tué la ministre des affaires intérieures, Laura Hills.

Danny se redressa à son tour.

-Donc Hills a vraiment été assassinée ? Même la presse avait du mal à connaître toute l’histoire ! Je ne savais que tu étais impliqué ! Quand est-ce que ça s’est passé ? S’exclama le lieutenant.

Steve soupira de nouveau, bu une nouvelle gorgée et finit par répondre :

-Juste après notre enquête ensemble. Quand je suis retourné à Washington.

-Tu aurais dû nous appelé !

-Pour vous dire quoi ?! Hein ?! Salut c’est moi ! L’agent ivrogne et insolent du FBI ! Je suis actuellement en prison, vous pouvez m’aider ? Lança Steve ironiquement.

-D’accord j’ai compris ! Redescend la pression d’un cran SuperSeal ! Je disais juste ça comme ça !

McGarrett souffla et s’enfonça dans son siège.

-Je suis désolé, Danny…

-C’est pas grave mon pote. Bon écoute, je vais appeler le Gouverneur pour lui dire que j’ai recruté un nouveau membre dans l’équipe !

Alors que Danny prenait déjà son portable, l’ex-agent se mit debout.

-Tu…Tu…

-Oui. Je. Répondit le lieutenant avec un sourire.

-Mais…heu…ça veut dire que tu seras mon supérieur ? Hésita-t-il.

-Je préfère dire que tu seras mon partenaire. Enfin, on l’est déjà un peu mais là, se sera officiel.

Steve arbora un sourire ravi et se rassit. Il entendit Danny parler avec Denning du recrutement. Apparemment, cela ne le gênait pas. Le gars du New Jersey raccrocha.

-Alors ? Fit Steve.

-Alors c’est bon. Heureusement, tes compétences de NAVY SEAL m’ont aidé !

McGarrett pouffa de rire et Danny vit qu’il était ému. Bien sur, il ne pouvait forcer la carapace de cet homme torturé mais au fond, il voyait bien qu’il s’ouvrait petit à petit à lui. Steve se calma et il sembla durant un instant perdu dans ses pensées. Puis il dit d’une voix lasse et rauque :

-Tu l’aurais aimée…

-Je n’en doute pas. Répondit son ami en sachant très bien de qui il parlait.

-Elle était géniale…Parfois, je me demande ce qu’il se serait passé entre nous si…si elle n’était pas morte.

Danny ne dit rien, attendant. Dans ces moments, il fallait laisser l’ancien SEAL parler, avancer à son rythme.

-Je pense…Je pense qu’elle aurait finit par me sortir de l’alcool…J’aurais pu vivre éternellement avec elle…Si…

Enfin, il craqua. Sa carapace venait de se fissurer. Et tous les évènements de ces derniers temps n’aidaient pas. Steve n’avait jamais prit le temps de pleurer la mort de Catherine. Il continuait de vivre dans son souvenir, refusant de la laisser partir. Seulement, elle ne reviendra jamais. Danny s’approcha de son ami et le prit dans ses bras.

-Chuuuut…Lui murmura-t-il en faisant des cercles apaisants dans le dos de l’ex-agent.

Il renforça l’étreinte et il sentit Steve abandonner sa garde. Celui-ci s’accrocha à son partenaire et laissa ses mots doux le consoler. Pour la première fois, sa cicatrice ne lui faisait plus mal…

 

 

De retour au QG, Steve serra affectueusement Kono et Chin dans ses bras. Il venait à l’instant de raccompagner Joe et Emma à l’aéroport. Emma avait eu du mal à le quitter. Il lui avait pourtant proposé de rester avec lui. Mais elle avait répliqué que sa place était au FBI. Steve avait comprit et dans une dernière étreinte fraternelle, il l’avait laissé partir.

-Tu fais partie de l’équipe maintenant ! S’écria Kono avec un sourire chaleureux.

-A croire, oui. Mais pas complètement. Il me reste une dernière chose à faire.

Il les laissa et prit son portable.

-Allô ? Fit la voix à l’autre bout de la ligne.

-Sophia, je démissionne. Dit-il enfin.

Il entendit un long soupire puis, elle reprit la parole :

-Il était temps…

Décidément, elle le connaissait mieux que quiconque.

-Merci Sophia. Pour tout.

-Si vous avez besoin de quoi que ce soit Steve, n’hésitez pas.

-Vous êtes sur ? Répliqua-t-il avec un sourire goguenard.

-Steve, vous resterez toujours cet agent arrogant, insolent et qui était surtout le meilleur que je connaisse.

Steve ne répondit pas, trop ému. Jordan savait que derrière les kilomètres qui les séparaient, les yeux de l’ancien SEAL étaient embués de larmes.

-Mais cet agent est mort en même temps que Catherine.

Il eut un silence et elle continua :

-J’espère que vous retrouverez le bonheur, Steve.

-Au revoir Sophia.

Il raccrocha, la gorge nouée.

-Tout c’est bien passé ? Demanda Danny à ses côtés.

Son partenaire hocha la tête, ne pouvant dire mots.

-Bien. Heu…Steve, je te présent Lori Weston. Elle travaille avec nous. Elle ne pouvait pas venir en Corée car elle était prise en Australie pour affaires personnelles. Présenta-t-il.

McGarrett serra la main de la jeune femme blonde.

-Enchanté. Dit-il d’une voix grave et suave.

-Moi de même. Fit-elle en rougissant légèrement.

-Vieux, arrête de draguer et viens par là ! S’exclama Danny en le tirant par le bras.

Il l’amena dans un bureau. Celui-ci était moderne, un drapeau américain reposait dans un coin, il avait également un canapé ainsi qu’un mini bar. Un insigne attendait sagement sur la table basse qu’on le prenne.

-C’est ton bureau. Dit Danny.

Steve s’avança, prit l’insigne et le mit à sa ceinture.

-Bienvenue au 5-0, mon frère…


TBC...


Sherwood  (30.06.2013 à 13:35)

 

12

Washington, 2013

Steve s’assit derrière la vitre et prit le téléphone. Il sourit.

-Pourquoi tu souris ? Fit Emma amusée.

-Tu as laissé ton sweet-shirt d’écolier pour une veste. Tu es une véritable femme fatale !

-C’est rien que pour toi ! J’avouerais que tu es trop canon en orange !

-Merci du compliment.

-Bon, je sais que tu n’aimes pas recevoir de la visite mais tu ne peux pas dire non à ce gars là, alors…

Steve fronça les sourcils en la voyant se lever. Elle laissa place à…Joe, son instructeur. Il baissa la tête avec un sourire. Sa barbe de plusieurs jours cachait pratiquement sa cicatrice, ses cheveux en batailles demeuraient toujours rebelles. Seuls ses yeux étaient différents. Il y avait la douleur de la trahison.

-Ça va fiston ?

-Ouais. Il en faut beaucoup plus pour m’abattre. Répondit-il.

-Ecoute, on va te sortir de là.

-J’ai entendu dire que le président voulait faire avancer le procès ?

-Apparemment, il veut donner un exemple. Et puis, ce n’est pas n’importe qui que tu aurais tué !

-C’est sur…Vous avez une piste ?

-On pense que ça serait en lien avec la CIA. On cherche de ce côté. Mais le FBI est étroitement surveillé, je ne te le cache pas !

-Vous n’avez rien dit au 5-0 ?! S’exclama le prisonnier, inquiet.

-Non ! Pourquoi ?

-Rien, c’était juste comme ça…

-Tiens le coup encore un peu. Tout se finira bientôt.

L’ancien Commandant se leva et Emma réapparut. Comme lorsqu’elle venait rendre visite à son ami, elle colla une main contre la vitre et Steve fit de même, appliquant la sienne contre celle de la jeune fille. Seul leur regard échangé en disait long, puis Steve dû partir. Il ne retourna pas dans sa cellule car il avait eu une permission pour sortir dans la cour.

-T’as une heure. Dit le gardien en lui ouvrant la porte.

Il s’avança et fut aveugler par le soleil. Il tourna, seul, dans la cour. Il remarqua alors que les gardiens postés sur le toit avaient disparu. Il fronça les sourcils et se retourna vivement en entendant une autre porte s’ouvrit. Quelle ne fut pas sa stupeur en reconnaissant Victor Hesse marché dans sa direction.

-Salut Steve ! Tu veux faire un coucou à Catherine ?

Il se jeta sur lui, un tournevis sale dans la main. Steve contra ses coups avec une étonnante rapidité mais Hesse prenait petit à petit le dessus. Steve réussit néanmoins à le mettre à terre. Il chercha à s’emparer du tournevis aiguisé qui avait roulé à côté d’eux mais Hesse le désarçonna. Sonné, Steve tenta de reprendre ses esprits. Seulement, sans savoir comment, il se retrouva plaqué au sol, sur le dos. Hesse en profita alors pour prendre l’arme de fortune et l’enfoncer sauvagement dans le flan de l’ancien SEAL. Celui-ci eu un hoquet de douleur en mettant ses mains à la blessure. Hesse, toujours assit sur sa poitrine, se pencha en avant, le tira par les cheveux et lui murmura à l’oreille :

-Même si Wo Fat est en prison, il cherchera à me tuer par tous les moyens. Echappe-toi de l’ambulance et assure-toi qu’il ne m’arrive rien.

Les gardiens le tirèrent soudainement par l’arrière.

-T’as comprit Steve ? T’as comprit ?!

 

De son côté, Joe enquêtait toujours. Il était au QG du FBI, au bureau de Steve. Visiblement, son protégé continuait l’enquête de son père. Il avait rassemblé beaucoup de pièces du puzzle. Soudain, quelque chose attira son attention. Il s’agissait d’une médaille décernée après Pearl Harbor. Steve ne devait pas savoir à qui elle était dédiée, mais lui si. Lui et McGarrett devront aller rendre visite à Mokoto…

 

Pendant ce temps, Steve était transporté en ambulance. Il ouvrit les yeux et aperçut très vite les deux ambulanciers. Il remarqua également qu’il n’était pas menotté. Il fit mine de tousser, enleva le masque à oxygène et entra en action. Il donna un puissant coup à la tête d’un des secouristes, neutralisa rapidement l’autre et se jeta du véhicule. Il atterrit violemment sur la route. Une voiture manqua de le heurter. Il essaya de reprendre ses esprits et de contrôler la douleur dans son ventre. Il se leva, un peu chancelant, regarda autour de lui et courut. Il fallait absolument qu’il s’occupe d’abord de sa blessure et puis après qu’il se cache. Ensuite, il devait réfléchir à un moyen de trouver celle qui l’avait piégé. Il se trouva face à une grille qu’il escalada sans problème. Il siffla de douleur et se cala contre un tas de planches. Il pouvait entendre les sirènes de la police. Tout le monde le recherchait. Il aperçut du papier journal dans un coin de la rue. Il réprima un gémissement de douleur lorsqu’il enfonça le papier dans sa blessure. Il devait arrêter le sang, par tous les moyens possibles. Décidant d’avancer, il se leva et contourna le bâtiment. Au bout de plusieurs minutes, il se trouva devant des toilettes publiques. Maintenant, il allait pouvoir s’occuper de sa blessure. Il se rua dans la petite bâtisse, prit de quoi essuyer le sang, enleva le journal avec néanmoins un gémissement de douleur, se lava les mains et fut prêt à repartir. Seulement, il n’avait pas prévu l’arrivée de la voiture de police. L’officier allait pour se soulager et au moment où il s’apprêtait à sortir Steve de sa cachette, celui-ci surgit et l’assomma. Il ressortit avec un uniforme de flic et la voiture en bonus.

 

Mathigan soupira lorsqu’il entra sa clé dans la serrure de sa porte d’entrée. Au boulot, c’était un véritable cahot. Les flics n’arrêtaient pas de les interroger au sujet de McGarrett. Il avait beau dire qu’il ne savait rien, ces gens n’en fichaient royalement et continuaient de le harceler. Il entra chez lui, posa ses courses sur la table de la cuisine et alluma la télé. Tandis qu’il enlevait ses chaussures et qu’il s’installait sur son canapé, il sentit de l’air frais dans son cou. Il se retourna et aperçut alors la fenêtre brisée. Il se leva lentement, prit un couteau dans le lave-vaisselle et inspecta le lieu de l’effraction. Il y avait du sang sur les carreaux. Quelqu’un était entré chez lui. Il prit rapidement son portable et vérifia sa chambre. Alors qu’on le mettait en lien avec le 911, il ouvrit la porte qui le menait à la salle de bain.

-911. Quel est le motif de votre appel ?

Le légiste se figea. Affalé sur le sol, reposait un McGarrett sanglant et inconscient…

Steve rouvrit les yeux. Dans un premier temps, sa vue fut floue. Puis, tout devint net et il put discerner les traits fins de Richard Mathigan.

-Salut Toubib…Dit-il d’une voix rauque.

-Franchement, tu pensais à quoi en venant ici ! Tu t’es évadé de prison ! Toute la ville te recherche !

-Hum…ça fait de moi une célébrité…

-Arrête de déconner ! Je t’ai réparé tout ça. Maintenant, fiche le camp d’ici !

Steve se redressa et appliqua une main hésitante sur le bandage qui entourait son abdomen.

-Juste pour savoir, fit le médecin en lui jetant une chemise à la figure, tu t’es fait ça comment ?

-Hesse m’a poignardé en prison…

-Remarque, il avait de bonnes raisons.

-Je peux prendre ton téléphone ?

-Si tu veux. Mais fais vite, je veux pas qu’on m’accuse de complicité.

McGarrett se leva, prit le téléphone de Mathigan et composa le numéro de Joe. Celui-ci décrocha et lui demanda de venir avec lui chez un certain Mokoto.

-Je peux prendre ta voiture ? Demanda-t-il au légiste.

-Tu veux la Ferrari ou la Limousine ? Tu ne crois pas que t’exagère ! S’écria-t-il vivement.

Devant l’air dépité de l’ex-agent, Mathigan enchaîna :

-J’ai tout prévu. Dean et Todd t’attendent dehors.

-Merci, vieux ! Je te revaudrais ça !

Alors qu’il mettait la main sur la poignée, le médecin répliqua :

-Te fais pas d’illusion. Je fais ça pour Catherine.

Steve ferma les yeux pendant un instant, puis sortit. Il trouva comme convenu, Susan et l’archiviste.

-Salut Chérie ! Ton joli petit cul nous a manqué au FBI ! S’exclama Dean tout joyeux.

-Je n’en doute pas. Répondit Steve amusé.

-On va où ? Demanda la jeune femme.

Steve donna l’adresse et il retrouva ainsi Joe chez le vieil homme. Il put en apprendre davantage sur la médaille qui reposait dans la boîte à outils et sur son père aussi.

-Il y a autre chose, fiston. Dit Joe au dehors.

-Quoi donc ? S’étonna Steve.

Susan et Dean écoutaient la conversation, septiques et inquiets.

-J’ai pu tirer quelques ficelles au FBI. Le nom de Bethany Morris te dit quelque chose ?

McGarrett secoua la tête négativement.

-Tout laisse à croire que se serait-elle qui t’aurait piégé. Elle travaille pour le compte de Wo Fat et on a également réuni de nombreux appels suspects provenant de la CIA.

-Où est-elle en ce moment ?

-C’est ça le hic : On n’en sait rien.

 

McGarrett s’était réfugié chez Jack, dans sa caravane, en compagnie de Joe et de Susan. Dean était partit à son bureau pour récupéré quelque chose dans la boîte à outils. Il revint quelques heures plus tard avec la clé.

-Cette clé ouvre surement un casier. Dit Joe en l’examinant.

-J’ai fait ce que tu m’as dit Steven et j’ai retrouvé les coordonnées. Il s’agit d’un casier dans un aérodrome. L’informa Susan.

Sans plus attendre, Steve partit à la recherche du casier en question. Il la trouva et revint à la cachette. Jack n’arrêtait pas de râler car Dean ne supportait pas l’odeur de la drogue et donc, il ne pouvait pas fumer tranquillement. L’ancien SEAL mit la puce trouvée dans le casier dans l’ordinateur du jeune homme et visionna ce qui était apparemment une vidéo. Ils virent tous un homme qui plaçait une caméra chez Roberts.

-Qui est cet homme ? Demanda Susan.

D’une voix chevrotante, Steve répondit :

-C’est mon père…

Ils comprirent et un silence s’installa.

-Et si cette caméra y était toujours ? Lança Joe.

-Elle aurait filmé le meurtre de Roberts. Répondit Steve.

McGarrett, Joe et Jack attendaient dans la caravane le retour de Todd et Dean. Ils étaient partit chez Roberts afin de trouver la caméra. Seulement, ils n’avaient pas prévu l’arrivée de la police.

-Commandant McGarrett, vous êtes cerné ! Rendez-vous !

Steve regarda par la lucarne et malheureusement, les dires du flic étaient confirmés.

-Qu’est-ce qu’on fait, fils ?

-Tu n’as qu’une seule chose à dire, et on te suit, mon frère ! Renchérit Jack.

Steve n’avait plus le choix, il devait se rendre…


TBC...


Sherwood  (01.07.2013 à 15:10)

 

13

Hawaii, 2013

Ce matin, Steve était apaisé. Il bu un jus d’orange après sa baignade et laissa les rayons du soleil danser sur sa peau. Ça faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas été si bien…Et tout ça lui avait tant manqué. Il grimpa les escaliers quatre à quatre et se dirigea vers son armoire. Il allait devoir refaire toute sa garde robe. A présent, il devait échanger les costars pour un pantalon cargo, ses pompes cirées pour ses bottes de NAVY SEAL et ses chemises blanches immaculées pour des t-shirts sombres. Il se changea en quelques secondes et se rendit à la salle de bain. Il se donna un petit coup de rasage, ce qui faisait ressortir encore plus sa cicatrice. Il passa machinalement une main dessus et soupira. Il devait tourner la page maintenant. Il entendit soudain sa porte d’entrée s’ouvrir.

-Ça t’arrive de frapper ? S’écria-t-il de l’étage.

-Tu sais bien que non ! Magne-toi, on va être en retard !

Steve leva les yeux au ciel et descendit rejoindre son partenaire. Celui-ci fut surpris en voyant l’ex-agent.

-Heu…Waouh ! Tu…tu as changé d’accoutrement ? Fit-il avec un sourire au coin.

-La ferme et avance !

Ils sortirent ensemble et Danny ne comprit pas tout de suite pourquoi McGarrett lui tendait une main. Enfin, la lumière fut et il lui donna ses clés de voiture dans un grognement de mécontentement.

-Evite de nous tuer ! Lui lança-t-il tandis qu’ils prenaient place dans la Camaro.

-Je ne peux rien garantir.

Et il mit le contact.

 

 

-Qu’est-ce qu’on a ? S’exclama Danny en frappant dans ses mains après avoir dit bonjour aux cousins.

-Arielle Jacobs. 36 ans. Retrouvée morte à son domicile. Résuma Kono.

-On a un début de piste ? Demanda McGarrett qui mâchonnait un chewing-gum.

-Son petit-ami Brian Dawson a mystérieusement disparu dans la soirée d’hier. Depuis, plus rien. Répondit Chin.

-Bon. Heu…Chin et Kono, allez à l’aéroport pour savoir s’il a prit un vol récemment. McGarrett et moi allons essayer de parler aux proches de la victime.

L’équipe se divisa et chacun partit de son côté. Dans la voiture, Steve fronça les sourcils. Il trouvait Danny songeur.

-Tout va bien ? Demanda-t-il au bout de quelques minutes de silence.

-Oui…C’est juste que…non, laisse tomber.

-Tu crois sérieusement que je vais laisser tomber, Danno ?

-Arrête avec ça ! Il n’y a que ma fille qui m’appelle ainsi.

-Je sais. Bon, qu’est-ce qui te tracasse ?

Le lieutenant soupira, se tourna vers son ami puis finalement, répondit :

-Je ne comprends pas. Ça doit faire, quoi…à peu près une dizaine d’année que tu n’as plus eu de partenaire après la mort de Catherine ? Et là, tu débarques au 5-0 et tout d’un coup : Bam ! On devient partenaire ! En fait, je ne sais pas à quoi tu penses. Qu’est-ce qui a fait que soudainement, tu t’es mis à avoir confiance en moi ?

Steve poussa un long soupire. Il savait qu’un jour ou l’autre, ils allaient devoir soulever cette question. Il prit son temps et choisit ses mots avec soin :

-Tu es le premier qui ne m’a pas regardé avec pitié.

A cette réponse, Danny comprit. Il posa une main sur le genou de l’ancien SEAL. Ce dernier s’exclama alors :

-Pourquoi ?

-Pourquoi quoi ? Fit le lieutenant, ne voyant pas où il voulait en venir.

-Pourquoi moi ? Je suis un putain d’ivrogne, insolent, arrogant, un véritable chieur, un bad boy même on pourrait dire, un homme torturé et encore tout ce que tu veux. Bref, personne ne m’aurait prit dans son équipe ! Donc : Pourquoi ?

Danny prit lui aussi son temps et évalua la situation. Il misa le pour et le contre. Enfin, il donna sa réponse :

-Parce que j’ai vu en toi ce que je n’ai jamais vu chez n’importe qui : La rage de vivre.

-La rage de vivre ? Répéta son partenaire.

-Oui. Parfaitement. La rage de vivre. Steve, tu es un homme qui en a bavé. Beaucoup, ne l’aurait pas supporté. Et pourtant, tu es toujours là, debout. Toujours là pour nous, pour moi.

McGarrett comprit à son tour. Il poussa un peu plus son pied sur l’accélérateur afin d’arriver rapidement chez la meilleure amie de la victime.


 

Les deux hommes revinrent au QG et retrouvèrent les cousins.

-Alors ? Du nouveau ? Fit Danny à la table tactile.

-Dawson avait bien réservé un billet d’avion au nom de Robert Rickson. Mais il n’est pas venu pour son vol.

-Donc il a cherché à quitter l’île mais il ne l’a jamais fait. Résuma Steve.

-Un contretemps ? Suggéra la femme de l’équipe.

-Ou un nouveau meurtre.


 

Danny sortit précipitamment de son bureau.

-Je viens d’avoir le HPD au téléphone. Le corps de Brian a été retrouvé non loin de chez lui.

Il s’aperçut brusquement que Steve, une main dans la poche, était entrain de boire une bière. Il vit du coin de l’œil Kono et Chin occupés à parler des empreintes trouvées sur le corps d’Arielle avec Charlie. Danny s’avança vers son partenaire d’un pas rapide.

-Tu m’expliques ? S’écria-t-il.

McGarrett lui jeta un regard étonné.

-Quoi ? J’ai rien fait !

-On ne boit pas en service, Commandant ! Rétorqua-t-il en prenant la bière des mains de son ami.

-Oh, Danny ! C’est juste une bière !

-Ouais bah tu te souleras chez toi mais pas pendant le boulot !

McGarrett croisa les bras. Visiblement, il boudait. Danny ne fit pas attention à lui et alors qu’il repartait vers son bureau pour ranger la bouteille, il lui lança :

-Nouveau job, nouvelles règles !


 

L’équipe était réunit devant l’écran avec Charlie.

-J’ai une correspondance pour les empreintes. Dit celui-ci.

-On t’écoute. Fit Danny en jetant un coup d’œil amusé à son partenaire qui boudait toujours.

Pour se distraire du manque d’alcool, il s’était remit à mâcher un chewing-gum.

-Lucy Husten. Elle est connue des services de police. Devinez quoi ? Elle était la fiancée de Brian Dawson avant qu’il ne mette fin au mariage.

-Hum…crime passionnel. Dit Chin.

-D’accord. Kono, il me la faut ! Ordonna le lieutenant.

-Je suis dessus !

McGarrett l’aida à l’ordinateur. Il pianotta avec un fascinante facilité. Soudain, s’en fut trop pour Danny. C’était comme essayer de dresser un animal sauvage.

-Que viens-tu de faire ? S’écria-t-il faisant sursauter tout le monde.

-Quoi ?

L’ancien SEAL vit que son partenaire fixait la table tactile.

-Oh. Mon chewing-gum ?

-Ceci est un ordinateur ! Pas une poubelle !

McGarrett leva les yeux au ciel et récupéra dans un mouchoir le chewing-gum qu’il avait collé sous la table.

-Animal…Grommela son ami.


 

Le 5-0 avait enfin trouvé Lucy Husten. Elle avait prit une chambre dans un hôtel au cœur d’Honolulu.

-Comment on procède ? Demanda Danny tandis qu’ils étaient dans le couloir.

Steve sortit son arme de son étui.

-Oui. Bien sur. Pourquoi est-ce que je demande ?

Chin défonça la porte et ils entrèrent en trombe dans la chambre.

-Lucy Husten ! Les mains en évidence ! Tonna Steve en tenant leur meurtrière en joue.

Il n’avait pas prévu qu’elle se mette à courir, passant par la terrasse et sautant par-dessus. Steve la suivit et sauta également. Ils atterrirent dans la piscine qui se situait juste en-dessous.

-Il vient vraiment de faire ça ? S’exclama Kono amusée.

Danny, les mains sur le balcon et la mine désespérée, soupira :

-Il me faut une laisse ! Je ne peux pas le laisser deux minutes ! C’est dingue !

Il observa son partenaire sortir de la piscine et menotter la coupable. Steve redressa la tête vers lui et leva un pouce en l’air. Dieu qu’il le détestait…Il le détestait à fond !


TBC...


Sherwood  (02.07.2013 à 13:36)

 

14

Washington, 2013

Steve n’avait pas le choix. Il devait se rendre…

Il sortit prudemment de la caravane, les mains en l’air.

-A genou McGarrett ! A genou ! Ordonna un flic.

Il s’exécuta et grimaça en sentant les menottes se refermer sur ses poignets.

-Relâchez-le ! Fit une voix.

Jack et Joe étaient également sortit du véhicule. Ils virent tous Jordan ainsi que Susan et Dean, se diriger vers eux.

-Qu’est-ce qu’il se passe ? C’est quoi ça ? S’exclama le flic qui venait de se charger de Steve.

-Vous vous trompez d’homme, lieutenant, ou plutôt de femme. McGarrett est innocent.

La patronne du FBI échangea un regard entendu avec son agent. Ils étaient dehors, entrain de visionner la vidéo de la caméra qui avait été placé par le père de Steve chez Roberts. On voyait très bien celle-ci avouer avoir vendu le FBI tout comme l’agent Rollins et s’être débarrassé de la ministre Laura Hills. Puis, on vit une femme paralyser Steve avec un pistolet tyser et tuer Roberts de sang froid.

-Mais on ne voit pas que c’est Bethany Morris ! Protesta Steve.

-Oui mais là-dessus, on voit que tu n’as pas tué la directrice des opérations.

Jordan s’avança vers lui et lui remit son insigne du FBI.

-Vous êtes réintégré agent McGarrett.

-Merci. Mais je veux tout à ma disposition pour retrouver cette garce !

-Se sera chose faîte.

 

 

Alors que McGarrett visionnait le reste de la vidéo, assit-allongé sur son siège à son bureau du FBI, Joe vint le rejoindre.

-Fiston, il est temps pour moi de repartir.

Steve laissa l’ordinateur qu’Emma lui avait si gentiment prêter et se leva.

-Vous repartez où ?

-Disons que je vais essayer d’éclaircir certain point…Mais sache que si jamais tu as besoin de moi, je répondrais à ton appel.

-Espérons que je ne retourne pas en prison !

Ils s’échangèrent une bonne poignée de main, puis après réflexion, Joe étreignit son ancien élève. Steve ne savait comment réagir face à cette étreinte. Ça faisait longtemps que quelqu’un lui avait montré de l’affection, longtemps après Catherine, mais là, il s’agissait de son ancien Commandant, son instructeur au FBI. Alors, il referma ses bras autour des épaules du vieil homme avec une certaine maladresse.

-A bientôt fiston.

Ils se séparèrent et Steve regarda Joe repartir. Il soupira, se réinstalla puis reprit l’ordinateur. Soudain, quelque chose attira son attention. Seulement, il fut une nouvelle fois interrompu par l’agent Todd.

-C’était sport ces derniers temps ! S’écria la jeune femme.

-Tu peux le dire…Marmonna-t-il avec un sourire timide.

-Ravi que tu sois de nouveau parmi nous. C’était devenu ennuyeux sans toi !

Il réprima un rire et la vit repartir. Il posa derechef ses yeux sur l’écran quand une nouvelle personne vint l’importuner.

-Quoi ?! S’écria-t-il exaspéré.

-Oh, désolé. Je ne voulais pas te déranger.

Il se détendit en reconnaissant Dean.

-C’est moi qui suis désolé. Je ne t’ai même pas remercié pour ton aide !

-Oh, ce n’est rien. Tu sais, j’ai toujours l’espoir d’obtenir un rencard avec toi…Susurra le jeune homme.

Steve lui lança un sourire à la fois charmeur et arrogant. Dean se retourna en prenant bien soin de rouler ses fesses.

-Dans tes rêves ! Lança l’ancien SEAL.

Enfin seul, il pouvait désormais s’intriguer sur cette mystérieuse partie de la vidéo. Il se figea en reconnaissant son père, Roberts et…Wo Fat. Ce dernier échangeait une poignée de main avec John. Le son avait été supprimé. Il eu un soupire de frustration et fit arrêt sur image. Qu’est-ce que tout ça voulait dire ? Il allait avoir besoin d’aide…


 

Plusieurs jours plus tard, Steve se leva difficilement de son lit. Il se dirigea automatiquement vers sa salle de bain. Après s’être passé de l’eau sur le visage, il se regarda. Ce n’était peut-être qu’une impression, mais quand il avait mal, sa cicatrice paraissait être plus irrégulière, plus rouge et plus grande. Il massa la blessure d’une main. Il entendait encore le coup de feu, puis il se sentait tombé, il voyait le sang s’écouler et enfin, la douleur venait…Il rouvrit les yeux. Il était en sueur. Ce n’était rien. Juste un flash back. Il se reprit et ses doigts se refermèrent sur son rasoir. Après un bon rasage ainsi qu’une bonne douche, il prit un petit-déjeuner et regarda ses messages. Plusieurs fois, Jordan avait tenté de le joindre. Il avait pourtant dit qu’il prenait un congé ! Il s’habilla rapidement et prit un temps pour regarder l’appartement en désordre. Cela faisait maintenant des années qu’il habitait l’appartement de Catherine…Il sortit de l’immeuble, se dirigea vers sa voiture fédérale et mit le contacte. Il se mit en route pour le parc qui longeait l’avenue de Washington. Durant le trajet, il reçut un message de Danny sur son portable. Il lui demandait comment ça allait. Comment ça allait ? Il ne savait que répondre. Pour lui, cette question était encore vague. Il se gara et répondit que dans l’ensemble il allait bien. Il retourna la question à son ami qui lui envoya un long message dans lequel il se plaignait désespérément de son ex-femme. Steve eu un petit rire tandis qu’il marchait dans le parc. Il dit à Danny qu’il devait le laisser et se dirigea vers la table en bois où une charmante jeune femme l’attendait.

-Commandant McGarrett, dîtes-moi que vous avez apporté quelque chose ! Je meurs de faim !

-Toujours à votre service, Agent Blye.

Il lui tendit le paquet de donuts qu’il avait acheté en chemin. L’agent du NCIS s’en empara avidement et croqua dans l’un des beignets.

-Mon dieu que c’est bon ! S’exclama-t-elle la bouche pleine.

-Alors ? Tu es trouvé quelque chose ? Lui demanda-t-il.

Kensi hocha la tête et lui montra son ordinateur. Elle travaillait en ce moment sur la vidéo que lui avait passée l’ancien SEAL.

-C’était assez clair pour que je puisse lire sur les lèvres. J’ai réussi à déchiffrer des bouts de conversation. Ils s’échangent les formalités habituelles, blabla…Jusque là ! Ton père a une réaction.

-Il dit quoi ? Demanda Steve en s’asseyant à côté de la jeune femme.

-Il dit : Parlez-moi de Shelburne.

Steve haussa un sourcil.

-Shelburne ? Répéta-t-il incrédule.

-Wo Fat répond en demandant : Qui vous a parlé de Shelburne ? Et là, ton père répond seulement je ne peux pas voir sa réponse mais ça perturbe Wo Fat.

-Shelburne…Marmonna Steve.

-Ça te dit quelque chose ?

-Non.

-Ça pourrait être le nom d’une rue ? Suggéra-t-elle.

-Ou un nom de code. Dit-il.

-Je ne pense pas, j’ai fouillé la base de données, sans résultat.  

-C’est Mokoto qui m’a mené sur cette piste. Peut-être qu’il sait lui…Fit Steve en réfléchissant tout haut.

-Qui est Mokoto ?

McGarrett avait beau aimé Kensi, être reconnaissant de son aide, il ne pouvait s’empêcher de se demander s’il pouvait lui faire confiance.

-Aller, ça restera entre nous. De toute façon, tu sais très bien que je ferais des recherches et que je trouverai.

Il hocha la tête et consentit.

-Mokoto était ami avec mon père. Il lui a demandé d’ouvrir une enquête sur Roberts.

Il fut interrompu par la sonnerie de son portable. Il se leva et le porta à son oreille.

-Oui ?

Il soupira en reconnaissant Jordan.

-Bien, dit-il après avoir raccroché et en se tournant vers Kensi, j’ai une affaire, je dois y aller.

-D’accord.

Il lui fit un baiser sur la joue tout en lui chuchotant :

-On se reverra ma jolie…

Il la vit rougir et il partit, satisfait. Toujours assise à la table, Kensi se disait qu’il n’allait pas abandonner. Déterminé comme il était, un jour il découvrira la vérité sur ce « Shelburne »…


TBC...


Sherwood  (03.07.2013 à 17:39)

 

15

Washington, 1998

Emma ne comprenait pas ce besoin vital de Jordan à la protéger partout où qu’elle aille. Elle venait tout juste d’intégrer le FBI afin d’user de ses talents d’informaticienne pour ne pas dire pirate et la patronne ne cessait de la faire suivre. Elle pouvait très bien se débrouiller toute seule ! Ce n’est pas comme si elle venait de perdre ses parents ! Elle s’assit à son bureau en soupirant bruyamment. Elle leva ensuite les yeux vers l’agent qui la surveillait.

-Ça va ! Vous n’avez rien d’autre à faire que de me regarder à m’apitoyer sur mon sort ?! S’exaspéra-t-elle. 

L’agent l’ignora totalement et continua de la fixer. Elle allait exploser d’agacement lorsqu’un autre agent se posta face à son surveillant. Elle vit que le nouveau venu avait beaucoup de mal à tenir sur ses deux jambes. Il n’arrêtait pas de se balancer d’avant en arrière. Il n’avait pas de veste noire comme tout le monde et sa chemise kaki était froissée. Il sentait l’alcool à des kilomètres. Elle n’entendit pas ce qu’il murmura à son gardien mais ce dernier haussa un sourcil d’étonnement. Puis il hocha la tête et partit. Emma avait fixé la scène éberluée.

-Je n’y crois pas ! Comment t’as fait pour qu’il me lâche les baskets ?! C’est un véritable pot de colle !

Son mystérieux sauveur se tourna vers elle et elle retint son souffle. Il avait des yeux d’un bleu si profond qu’elle pouvait se noyer dedans !

-J’ai juste dit que Jordan m’avait envoyé à sa place…Répondit-il d’un ton rauque et bourré.

-Génial…Déplora l’adolescente.

L’inconnu se colla à son bureau et dit :

-Mais je ne vais pas te surveiller…Tu es assez grande pour ça il me semble…

Emma écarquilla les yeux. Avait-il lu son dossier ? Savait-il qu’elle n’était pas si jeune en fait ?

-Je m’appelle Emma. Dit-elle sans vraiment trop savoir pourquoi elle se présentait à lui.

-Je sais…

Sa voix lui donnait des frissons. Il avait quelque chose de mystérieux en lui, ce qui le rendait si unique.

-Heu…et toi ? Hésita-t-elle un instant.

-Mon nom d’a pas d’importance. Quand tu le sauras, tu te mettras à faire comme tout le monde : me juger.

-Qu’est-ce que tu en sais ?!

-T’inquiète pas. Je sais.

Elle ouvrit la bouche pour rétorquer quand une jeune femme arriva en courant vers eux.

-Enfin je te trouve ! On a du boulot et tu te tapes la causette ! Aller, viens !

L’agent tira l’inconnu par le bras et le força à le suivre.

-Désolé Emma, Maman m’appelle ! S’écria-t-il avec ironie.

La jeune fille se mit à rire tandis que l’agent râlait et tirait plus fortement son prisonnier.

-Catherine ! Pas si vite ! J’arrive à peine à mettre un pied devant l’autre !

-Tu n’avais qu’à pas boire ce matin !

-Attends ! Ce n’est pas ma faute !

-Ce n’est jamais de ta faute…

Elle vit avec amusement les deux agents repartirent, l’un traînant l’autre. Elle décida de se lever et d’aller se faire un café, profitant ainsi de sa nouvelle liberté. Elle était penchée sur la machine lorsqu’une femme blonde se pointa.

-Tu es Emma, n’est-ce pas ? Demanda cette dernière.

-Oui. En effet.

-Je suis l’agent Alyce Rosenberg. J’ai entendu parler de tes exploits sur la reconnaissance faciale. Grace à toi, on va avoir une bonne marche d’avance sur les autres services !

-Oh, ce n’est rien. Répondit-elle humblement.

Un bruit les fit se retourner et elles virent la jeune femme de tout à l’heure rouspéter contre l’homme mystérieux qui faisait une moue de chien battu.

-Mon dieu, il lui en fera voir de toutes les couleurs ! S’exclama Alyce.

Emma se tourna vers l’agent qui rajouta :

-Catherine ne savait pas sur quoi elle allait tomber. Ça va faire un an maintenant qu’ils sont partenaires à mon grand étonnement ! Je pensais qu’elle allait craquer bien avant !

-Mais heu…dit Emma en cherchant ses mots, qui est-ce…heu…

-Le grand brun super musclé et super beau gosse ?

-Heu…ouais.

-Disons que c’est surtout le super alcolo et super chieur !

-Heu…ah bon ?

-Oh que oui ! Et encore je suis gentille ! Je vais te donner un conseil amical : Reste le plus loin de lui !

Alyce la quitta alors, la laissant complètement perdue et songeuse. Emma se reprit, secoua la tête un bon coup et prit son café. Elle retourna à son bureau avec l’intention d’oublier tout ça. Elle retourna à son travail tout en buvant. Au bout de plusieurs minutes, elle abandonna et se laissa aller contre son siège. Elle jeta un coup d’œil à la photo qui reposait dans un cadre à côté de son ordinateur. On la voyait, elle, entouré de ses parents. N’y avait-il pas de mort plus horrible que de périr d’un incendie dans sa propre maison ? Elle revoyait toujours la grande demeure en feu alors qu’elle était par terre, dans l’herbe qui sentait le brûlé. Elle avait eu l’impression qu’une éternité c’était passé jusqu’à l’arrivée des pompiers. Il avait fallu qu’elle grandisse par la suite. Il avait fallu qu’elle se construise avec ça. Elle avait donc prit les devants. Elle essayait de faire croire aux gens qu’elle était très jeune pour cacher les apparences. Elle devait changer, à tout prix. Elle fut tirée de ses pensées par la venue d’un agent.

-Que puis-je pour vous ?

-Agent Andrews. J’aimerai que tu trace un portable pour moi.

-Allez-y ! S’exclama-t-elle joyeusement.

Elle l’écouta attentivement et effectua la recherche avec une rapidité déconcertante.

-Voilà !

Elle lui donna le lieu d’où provenait le signal. Il allait repartir mais s’arrêta brusquement quand un cri retentit.

-MCGARRETT !

Emma leva le nez de son ordinateur et aperçut avec amusement Jordan remonter les bretelles de son inconnu rebelle. Elle vit Andrews soupirer en secouant la tête littéralement.

-Quoi ? Fit Emma en riant.

-Ça t’amuse ? Nous, ça fait des années qu’on se le colle !

-Il n’a pas l’air bien méchant. Le défendit-elle.

-C’est sur. En attendant, quand il nous fait des petites crises d’enfant gâté, c’est nous qui nous tapons tout le boulot ! Personnellement, je plains Catherine.

-Il est vraiment si infernal que ça ?

Andrews leva les yeux au ciel.

-On pourrait écrire quatre tomes sur lui ! 

-On m’a conseillé aujourd’hui de ne pas l’approcher.

-Excellent conseil !

Sur ce, l’agent repartit avec l’adresse qu’elle lui avait donné. Emma ne savait plus que penser. Elle fut donc prise au dépourvu lorsque « McGarrett » vint à elle.

-Tout va comme tu veux ? Demanda-t-il avec un sourire espiègle.

-Oui. Et toi ? Répliqua-t-elle elle aussi avec un sourire.

-Oh heu…je crois que vais faire des heures en sup’ pour Jordan et je dois un dîner à Cath !

Emma eu un petit rire puis elle se calma en voyant son air sérieux.

-Alors ? Fit-il.

-Quoi ?

-Qu’est-ce qu’on t’a dit sur moi ?

Emma hésita un instant puis répondit :

-Alcoolique, fumeur, infernal, insupportable, insolent, profiteur, arrogant…Tu serais comme un chewing-gum qu’on n’arrive pas à retirer de la chaussure, je devrais m’éloigner de toi le plus possible et prier ! Ils disent aussi que…que tu es un connard.

Steve se rembrunit avant de dire :

-Et c’est ce que tu penses ?

Elle fut silencieuse pendant un temps et répondit enfin :

-Non.

Alors, il se pencha en avant et lui donna un baiser sur la joue. Il se redressa avec un sourire charmeur et disparu. Emma esquissa un sourire. Cette journée s’avérait moins pénible qu’elle le pensait. Ses yeux se posèrent sur la photo de famille. Elle la prit lentement et la retourna. Il y avait marqué sur le dos :

Pour ma fille, avec amour

Shelburne

TBC...

 


Sherwood  (04.07.2013 à 15:34)

 

 

16

Washington, 2013

Steve était à l’aéroport de Washington. Cela faisant à présent six mois qu’il bossait avec le 5-0. Et il s’y sentait bien. L’équipe était vraiment compétente, sympa, elle lui donnait le courage qui lui manquait pour affronter la vie après Catherine. De plus, Danny était devenu un ami proche, il dirait même, son meilleur ami. Il sentait que maintenant, tout était devenu différent. Il avait enfin tourné la page. Mais pour clôturer définitivement le chapitre, il avait besoin de faire quelque chose avant. Il prit son bagage du tapis roulant et sortit. Le vent agréable de la capitale vint se frayer un chemin dans ses cheveux en bataille. Il sourit en pensant que même s’il était partit, ici aura été sa deuxième maison. Il appela un taxi et lui indiqua le nom de son hôtel. Il aurait pu appeler un ami, Emma ou même Jordan, mais il voulait être seul pour faire ce qu’il avait à faire. Personne ne devait savoir qu’il était là. Il colla son front à la vitre et ferma les yeux.

-Long voyage ? Demanda aimablement le chauffeur.

-Hum…Fut la réponse de l’ex-agent.

-Je n’ai jamais aimé les voyages en avion. On y mange très mal, il faut faire la queue pour aller aux toilettes, les hôtesses n’arrêtent pas de vous déranger et on a l’impression que la côte ne se rapproche jamais !

-Hum…

-Vous savez quoi ? Rien n’est mieux que le train ! Il y a…

Mais Steve n’écoutait plus. Il était loin, très loin. En tout cas, il n’était pas dans ce taxi avec le chauffeur bavard. Il sentait le froid de la vitre sur sa cicatrice. C’était vrai, depuis le début. Cette vérité même le poursuivait depuis toujours : Tout commence par une cicatrice…et tout se termine avec une blessure… A l’intérieur de lui, il riait. Il espérait au fond de lui que ce rire ne s’éteigne jamais.

-N’est-ce pas, hein ? Fit la voix du chauffeur.

-Hum…

McGarrett redoutait néanmoins ce qu’il allait faire ce soir. Il ne l’avait jamais fait dans le passé. Danny dirait qu’il y avait un début à tout. Certes, mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Remarque, Danny avait souvent raison. Pour une fois dans sa vie, il allait lui faire confiance.

-Vous pensez ça vous aussi ?

-Hum…

En même temps, ce n’était pas une mission classée de la NAVY ! Il avait vécut bien pire. Donc il pouvait le faire. Il devait juste en avoir la force. Parfois, un bon coup de whisky réglait tout. Seulement, voilà plusieurs semaines qu’il était sevré de l’alcool et ce n’était pas aujourd’hui qu’il allait replonger.

-A moins que ce soit le contraire ? Peut-être, hein ?

-Hum…

Danny l’avait soutenue jusqu’au bout. Pour cette épreuve, Steve s’était installé sur la plage et avait attendu les premiers signes du manque. Quand la douleur et la difficulté sont arrivées, il avait cru ne pas pouvoir tenir. Mais Danny, comme Catherine auparavant, ne l’avait pas laissé tombé. Il en avait finit avec tout ça. Il avait finit avec les soirées seul au bar, avec les gueules de bois, avec les nuits sur les trottoirs et les bouteilles entassés sous son lit. Car désormais, il n’avait plus aucune raison de boire.

-On est arrivé !

-Hum…

-Monsieur ?! Monsieur, réveillez-vous !

Steve sursauta et regarda autour de lui. Le taxi était garé devant l’hôtel.

-Je dormais pas…Marmonna-t-il.

Il donna l’argent au chauffeur qui semblait contrarié et sortit du véhicule sans plus attendre. Il débarqua dans l’hôtel, prit la clé de sa chambre et entra dans l’ascenseur. Il sentait le stress monter au fur et à mesure qu’il grimpait vers son étage. Pourtant, il avait été un SEAL ! Il savait appréhender ce genre de situation. Ce n’était pas la première fois. Les portes s’ouvrirent, il les franchit et marcha dans le couloir. Après tout, ce n’était pas grand-chose. Puis au moins, se sera fait. Il savait qu’il devait passer par cette étape pour pouvoir avancer. Il entra dans sa chambre, posa son sac sur le lit et enfin, respira. Il alla directement au balcon afin d’inhaler un peu d’air frais. Ses poumons se décollèrent tellement qu’il prenait de grandes respirations. Il ferma les yeux et se vida la tête. Il en avait besoin pour la suite. Au bout de longues minutes, il revint à l’intérieur et hésita à prendre une bière. Non, il devait se sortir ça du crâne ! Il prit son courage à deux mains et sortit en claquant la porte.


 

L’endroit était beau. Le couché de soleil faisait de lui un lieu de conte. Ça pouvait être un décor de film ! Ou même d’un rêve. Il s’avança. Ses pieds grinçaient sur le gravier blanc. Il ouvrit la grille et entra. Un arbre reposait au centre. Il était immense. Aucun oiseau ne chantait, seul le silence tonitruant résonnait dans un étouffement sourd et oppressant. C’était peut-être ici à la fois le paradis et l’enfer. Il s’engagea dans les étroits chemins qui serpentaient tel un dédale de couloir. Il sentait ses mains trembler d’émotion tandis qu’il continuait d’avancer. Il entendait son cœur battre à une vitesse affolante. C’était comme s’il allait sortir de sa poitrine. Il battait avec force, cognait de douleur, appelait à la souffrance et se mourrait lentement. Tous les sens de l’ancien SEAL lui ordonnaient de battre en retraite. Ses jambes voulaient reculer, son corps s’enfuir et sa tête se libérer. Mais un sentiment profond qui résonnait au creux de son âme lui faisait mettre un pied devant l’autre. C’était juste un mauvais moment à passer. Après, tout sera finit. Enfin, il s’arrêta.

-Salut…

Sa voix était étrange. Elle dépassait les limites du désespoir. Elle sonnait brisée, éteinte et perdue.

-Ça fait longtemps…

Il ne savait pas trop quoi dire d’autre. Que devait-il dire dans de telles circonstances ?

-Désolé ne n’être pas venu avant…

Devant elle, il n’était plus le même. Cette théorie se manifestait encore. Steve luttait contre l’envie de s’enterrer. Il s’accroupit posément et posa une main sur le marbre froid. Il n’avait qu’une seule chose à lui dire. Mais les mots refusaient de franchir ses lèvres. Ils avaient trop peur. Et surtout, c’était trop douloureux. Steve ne se rendit pas compte qu’il pleurait. Il s’en aperçut seulement lorsqu’il vit ses larmes s’écraser sur la tombe. D’un coup, sans prévenir, comme si son cœur s’était enfin déchiré, il s’avoua :

-Je t’aime…

 

 « Parce qu’un jour, je ne serais peut-être plus là. Et tu devras te débrouiller sans moi. Un jour, tu ne pourras plus continuer à te reposer sur moi, Steve. Et si jamais ce jour arrive, je ne veux pas que tu te ronges le sang à te dire que tout est de ta faute ! Car ce n’est pas vrai ! Rien de tout ça n’est vrai ! »

 

Il se redressa lentement. C’était fait. Il lui avait dit. C’était finit. Les larmes continuaient de couler inconsciemment sur ses joues comme dans une danse effrénée. Elle avait été son amie, sa sœur, sa partenaire de vie, sa partenaire de cœur, sa partenaire.

 

Avec le temps...avec le temps, va, tout s'en va on oublie le visage et l'on oublie la voix le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien [Leo Ferré]

 

FIN DE PARTNERS


Sherwood  (05.07.2013 à 16:46)

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