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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 01.12.2013 à 19h38
Auteur : bellefond
Statut : Terminée
« "Et ce soleil qui n’arrêtait pas de me bruler…" Ecrit par Sherwood et Bellefond » bellefond
Cette fanfic compte déjà 14 paragraphes
POV Danny
J’arrive au QG, et je gare ma Camaro dans le parking. Je suis surpris de ne pas voir la voiture de Steve présente. Kono ou Chin sont surement passé le chercher ce matin avant d’aller au travail. Je monte les escaliers doucement et profite du calme environnant. Aucune enquête depuis une semaine, pas de mort, pas de conflit à cause de la drogue, pas de kidnapping, la belle vie quoi.
Je rentre dans les bureaux du 5-0 et je vois les cousins en train de déjeuner sur la table, comme ils le font quand aucune enquête n’est en cours. Je m’approche d’eux et les salue avant de diriger mon regard vers le bureau du patron, vide. Je retourne alors mon attention vers les deux hawaïens :
« Steve n’est pas là ?
- Non, nous pensions que vous veniez ensemble.
- Je n’étais pas censé aller le chercher. Je suis sûre qu’il s’est perdu pendant son footing matinal. Je vais essayer de l’appeler. »
Malgré ma tentative d’humour je suis inquiet, pendant les deux dernières années où nous avons travaillé ensemble, Steve n’est jamais arrivé en retard. Je compose son numéro et j’attends une, deux, trois et enfin 4 sonneries avant de tomber sur sa messagerie. Ca ne sent pas bon. Je me retourne alors vers les cousins :
« Il ne répond pas au téléphone, je vais faire un tour chez lui pour voir si tout va bien.
- Je viens avec toi.
- Moi aussi. »
Nous voilà donc tous les trois partis vers la maison sur la plage. Nous arrivons rapidement car j’ai mis les gyrophares. Nous prenons nos armes et nous nous dirigeons vers la porte d’entrée. J’entre sans frapper, comme à mon habitude, avec Chin et Kono sur les talons. Je fais le tour du bas, pendant que les cousins s’occupent de l’étage. Rien ne semble en désordre, la seule chose étrange est que la porte menant vers la plage est ouverte. Je commence alors à me diriger vers l’extérieur pendant que les cousins me rejoignent.
« Il n’y a rien de suspect à l’étage. Nous avons trouvé son téléphone sur la table de chevet, par contre est ce que tu as trouvé son arme ?
- Non. La porte donnant sur la plage était ouverte par contre. »
Kono répond :
- Il est peut être allé nager ?
- Avec son arme ? Il est fou mais pas à ce point. »
Nous allons à l’extérieur et il n’y a aucun indice qui montrerait qu’il est allé nager, comme une serviette par exemple. Nous quittons la maison pendant que Kono appelle Catherine pour savoir si elle connait l’emplacement de son petit ami, qui n’en est pas un vraiment. Elle n’en sait rien et ils ne se sont pas parlés au téléphone depuis plusieurs jours. Nous arrivons au QG, et je me dirige vers le bureau du gouverneur, peut-être qu’il est au courant de quelque chose, et sinon il faut qu’il soit informé de la « disparition » du commandant du 5-0.
Je remonte dans les bureaux un quart d’heure après, dès que je franchis la porte je suis assailli de questions :
« Alors il sait quelque chose ? Steve est sur une enquête ? Il a décidé de quitter le 5-0 sans nous prévenir ?
- Stop ! »
J’attends que le calme que j’ai demandé (pour une fois) se fasse et je leur réponds avec une mine triste :
« Non il n’a aucune idée de l’endroit où peut se trouver notre SuperSeal.
- En parlant de SuperSeal, il est peut-être en mission pour la NAVY. »
Je regarde Kono et je ne peux m’empêcher de me trouver stupide à cet instant. Mais pourquoi est-ce que je n’y ai pas pensé plutôt. Cela expliquerait le fait qu’il soit parti sans nous prévenir, sans le dire au Gouverneur, sans son téléphone mais avec son arme. Chin coupe alors le silence
« Mais comment peut-on le savoir ? S’il est parti en mission secrète personne ne nous répondra. »
POV Steve
Le soleil cognait fort aujourd’hui. En sortant de ma tente, je mis donc mes lunettes de soleil. A peine avais-je fait quelques pas dehors, que mon Commandant m’interpella.
-Commandant McGarrett ! Je vous veux prêt à partir en mission avec vos hommes !
-Bien monsieur.
Je devançai le Commandant White et partit à la recherche de mon unité. Une fois réunis, on nous informa qu’on devait libérer des civils dans une planque gardée par les talibans. Je n’attendis pas plus longtemps et je donnai déjà mes ordres à l’équipe qui m’accompagnait. On était à présent coucher à plat ventre sur le sol sableux, derrière une bute et en repérage.
-Commandant ? Me fit Taylor à ma droite.
Mes hommes attendaient mon signal.
-Jefferson, établit un contact visuel.
-Compris, monsieur.
Jefferson se roula sur le côté et s’empara de ses jumelles.
-Steve, je pense qu’on devrait passer par devant. Me murmura Freddie.
-T’es sur ?
-Ils ne s’attendent pas à ce qu’on passe par là. On aura l’effet de surprise !
-D’accord. On fait ça.
Je soumis mes ordres aux autres qui hochèrent la tête. Jefferson revint auprès de moi.
-J’en ai repéré cinq à la porte principale, trois sur chaque côté et une dizaine à l’arrière.
-Très bien. Taylor, Neil et toi, vous vous occupez des côtés. Le lieutenant Hart et moi passons par devant.
Je lui donnai une tape amicale à l’épaule et le vit partir rejoindre ses camarades. Freddie et moi partons déjà.
On avait les armes en joue, marchant prudemment en direction de la planque où étaient retenus les civils.
-Tu sais quoi ? Dit Freddie.
-Non, quoi ? Fis-je.
-Toute cette situation me rappelle une ancienne mission qu’on avait faite ensemble.
-Ah oui, c’est vrai. Même que le Commandant White t’avait botté les fesses à cause d’une fausse manœuvre !
-C’était pas ma faute ! Je n’étais pas dans mon assiette, je venais de me disputer avec Kelly.
Je secouai la tête avec un sourire. Puis, Freddie continua d’un ton plus grave :
-Je dois te dire…J’ai un mauvais pressentiment.
-Freddie…Tu ne vas pas recommencer ! T’es un SEAL bon dieu !
-Je sais ! Mais…Je ne peux pas m’empêcher de penser que quelque chose va mal se passer…
Soudain, des coups de feu furent tirés dans tous les sens.
-Couche-toi ! Ordonnais-je à mon meilleur ami en le plaquant à terre.
Je levai la tête et aperçut Jefferson, Taylor et Neil en mauvaise position.
-On doit leur prêter mains fortes ! S’écria Freddie.
Je me levai et courut dans leur direction, suivit de Freddie. Alors qu’on arrivait, Taylor réussit à faire sortir quelques afghans prisonniers. Je tirai sur le taliban qui s’en prenait à Neil.
-Jonathan ! Dégage ! Hurlais-je à son attention.
Le SEAL m’obéit sans discuter tandis que je m’en prenais à deux autres terroristes.
Le soleil brulait ma peau, je sentais la sueur dégouliner de mon front et la chaleur m’envelopper comme dans un four. Je tirai sur l’ennemi, fixé sur mon objectif. Je vis du coin de l’œil, Jefferson accompagné le reste des civils libérés vers le désert.
-C’est bon Commandant ! On doit se tirer ! Me cria Taylor.
Je reculai, toujours concentré sur mes cibles. Soudain, un coup partit et tout se passa au ralentit. Je restai immobile, entrain de regarder le corps de Jefferson tomber puis embrasser le sable. Mon cœur se serra.
« Non » pensai-je.
Tom était à plat ventre, le dos couvert de sang. Freddie vint près de moi et me couvrit. Enfin, je repris mes sens et je me précipitai vers mon ami à terre.
-Jefferson !!! Aller vieux ! Tiens le coup !
Je le retournai et vit dans ses yeux vitreux que la vie l’avait quitté.
-Non…Jefferson…
Non, pas Tom…Il ne pouvait pas…Je sentais le soleil taper encore plus fort, m’assommer de sa cruauté.
POV Danny
« Mais comment peut-on le savoir ? S’il est parti en mission secrète personne ne nous répondra.
- Tu paris, je suis certain qu’un certain militaire le fera. »
Sur ces paroles, je sors mon téléphone et appelle le commandant Joe White, l’ancien instructeur de notre patron. Il nous a déjà aidés par le passé et j’espère qu’il le fera encore aujourd’hui. J’attends une, deux, trois puis quatre sonnerie et il ne répond toujours pas. Je range alors mon téléphone et me tourne vers les cousins :
« Joe ne répond pas à son portable. »
Ce n’est pas la première fois, et surement pas la dernière mais j’aimerai comprendre où est passé mon meilleur ami. Malgré les apparences et nos disputes incessantes, je tiens véritablement à lui et s’il était en danger et que je ne fasse rien, je ne m’en remettrai jamais. Nous nous regardons à tour de rôle, aucun de nous ne sait ce qu’il faut faire. Finalement c’est Chin qui me coupe la parole :
« Si ça se trouve Joe est actuellement avec Steve. »
Je hoche simplement la tête et ça ne me rassure pas du tout. Leur quête à tous les deux est Shelburne, Steve est déjà ingérable quand on part sur ce sujet, mais alors si on rajoute Joe dans l’équation, je suis sûr et certain qu’il va arriver quelque chose. C’est des Seals, ils sont fous, ils seraient capable de faire sauter l’ile pour trouver Shelburne. Ce n’est pas rassurant, pas rassurant du tout.
Finalement je suis sorti de mes pensées par mon téléphone portable, je ne regarde pas qui c’est et je décroche directement :
« Williams ?
- Danny, c’est Joe. Tu as essayé de me joindre ?
- Steve ne serez pas avec vous par hasard ?
- Non, pourquoi ? Qu’est ce qui se passe ?
- Il n’est pas venu au bureau ce matin, et il n’est pas chez lui. Il y a son portable mais pas son arme, on se demandait donc s’il n’était pas parti en mission on ne sait où.
- C’est impossible, les Seals actifs ont tous été rapatrié à Pearl Harbour pour un entrainement, et je suis sure que Steve ne si trouve pas, vu que c’est moi qui les supervise. »
Je ferme les yeux, et voilà donc Steve a bel et bien disparu de la surface de la Terre. Je raccroche après avoir promis à Joe de le tenir au courant.
« Joe ne sait pas où Steve peut-être, mais c’est sûr qu’il n’est pas en mission. Nous allons fouiller sa maison, pour voir si nous n’avons rien loupé. Et puis nous aviserons. Joe nous rejoindra ce soir au QG pour nous aider si nous n’avons pas retrouvé le patron d’ici là. »
Personne ne répond et nous nous dirigeons alors à la maison de notre boss. Pendant tout le trajet, le silence me pèse, Steve me manque déjà. S’il avait été là, nous serions en train de nous disputer pour une raison ou une autre, soit sur sa conduite de fou, soit sur la musique ou encore à cause d’un truc débile qu’il aura fait. Je soupire et mets la radio en attendant d’arriver chez mon meilleur ami.
Une fois devant la maison sur la plage, j’attends les cousins qui ont pris la voiture de Kono. Je regarde aux alentour en essayant de trouver quelque chose qui pourrait expliquer la subite disparition de mon meilleur ami et je suis surpris de voir des traces de pas qui vont vers l’arrière de la maison. Je les suis et ils s’arrêtent devant la porte. J’examine alors la serrure, mais je vois qu’elle n’a pas été forcée. Je me retourne en entendant la voiture des cousins arrivée. Je les rejoins et leur explique mes trouvailles.
Nous allons ensuite à l’intérieur pour voir si nous n’avons pas loupé quelques choses. Nous faisons les pièces une par une et donc à un moment je me retrouve dans la cuisine. Comme la première fois, je suis surpris de voir encore une assiette, les couverts et un verre dans l’évier, non lavé. Steve est un maniaque de la propreté, normalement il lave tout avant d’aller se coucher.
Je regarde tout attentivement, même si je ne vois pas vraiment ce que je pourrais trouver comme indice dans la cuisine. Je n’aime pas faire cela dans la maison de mon meilleur ami car j’ai l’impression de pénétrer dans sa vie privée sans y être invité, ce qui est techniquement le cas. On fouille partout, dans sa maison, dans ses affaires.
Quand je regarde les éléments se trouvant dans l’évier, je suis surpris de découvrir un léger dépôt blanc au fond du verre. Je l’emballe donc et continue l’inspection. Les cousins me rejoignent à un moment, et mis à part le verre nous n’avons rien trouvé. Je l’envoie à Charlie pour qu’il l’examine, en espérant que ce ne soit rien de dangereux.
POV Steve
Ce soleil n’arrêtera donc jamais de taper. Je sentais la sueur ruisseler tout le long de mon corps. Ce n’est pas comme si j’étais déjà assez trempé ! Mes hommes et moi avons été prit d’assaut sur notre navire. Il y a eu une bombe puis plus rien. Tout ce dont je me souviens, c’est d’avoir entendu les cris déchirants d’hommes qui agonisaient. J’avais ouvert les yeux et je m’étais aperçu que je flottais au large, accroché à une bouée. Je devais me reprendre. Je secouai la tête et une douleur fulgurante me transperça le crâne. Je mis une main à ma tête et sentis une chose collante et gluante s’imprégner entre mes doigts. C’était du sang.
« Génial… » Pensai-je.
Outre cette blessure, j’étais pratiquement indemne. Il ne me restait plus qu’à retrouver mon équipe. Je donnai quelques coups de pieds et nageai en direction de la côte.
Le soleil devenait pesant. Ses rayons ardents me brulaient la peau. Je levai la tête, en espérant trouver un de mes hommes dans la même galère que moi. Personne. Je ne voyais pas le moindre bout de terre au loin. Je commençai sérieusement à m’épuiser. Ma blessure à la tête me donnait la nausée, ma vision était floue et mes jambes n’avaient plus la force de battre. Je me laissai donc dériver.
Lorsque je rouvris les yeux, j’aperçus une silhouette à travers l’eau trouble. Ce n’était pas possible, c’était surement mon esprit qui me jouait des tours ! Non, c’était bel et bien quelqu’un qui se laissait dériver aussi. En quelques coups de brasses, je rejoignis le corps. Je m’aperçus que c’était Jonathan Neil qui s’accrochait tant bien que mal à un gilet de sauvetage.
-Neil ? Tu m’entends ?
Je le secouai et il ouvrit les yeux avec peine.
-Aller, reviens à toi. C’est un ordre !
-Co…Commandant ? Souffla-t-il légèrement désorienté.
-Ouais. Reste avec moi.
Il hocha la tête. J’entrepris alors d’attacher le bout de corde de la bouée au gilet. Puis je lui demandai :
-As-tu vu d’autres survivants ?
-Heu…Je ne pense pas…Et vous ?
-Non. Je n’ai trouvé que toi.
Je vis alors que Neil commençait à tourner de l’œil.
-Non ! Neil ! N’abandonne pas !
Je lui empoignais le bras avec le peu de force qui me restait. Il se battit corps et âme afin de rester conscient. Enfin, je me rendis compte que du sang se répandait autour de lui.
-Hey, John, tu es blessé ?
-Je ne sais pas…Monsieur…
Je passai une main sur lui et vis très vite la plaie béante qui s’étendait le long de sa poitrine. Il perdait beaucoup de sang.
-D’accord…Ecoute-moi bien, Neil. Tu vas t’en sortir.
Il répondit par un gémissement. Ça devenait urgent. Je tournai la tête et scrutait l’océan à la recherche de secours éventuels ou même de mon équipe. Toujours personne.
-Aller, tiens le coup Neil. Suppliai-je en lui donnant de petites claques sur ses joues.
Je ne pouvais pas perdre Jonathan. Il était sous ma responsabilité. Je le tenais un plus serré contre moi.
-John ? Appelais-je.
Mais le SEAL ne bougeait plus. L’eau ruisselait de son visage, il avait un teint blafard ainsi que le visage d’un noyé. Je savais qu’il n’allait pas tenir très longtemps.
-Oh hé !!! Criai-je en scrutant l’horizon.
Seulement, personne ne se pointa. J’étais seul, avec la vie de Neil entre mes mains.
Cela faisait surement plusieurs heures que Neil et moi dérivons. Peut-être une journée entière. Je n’en sais rien. J’avais perdu la notion du temps. L’enseigne de première classe ne donnait aucun signe de vie. Je savais que l’inévitable c’était produit. Je ne me sentais pas d’y faire face. Pourtant, il le fallait. J’appliquais alors deux doigts sur la carotide de Neil. J’attendis. J’attendis encore et encore. Mes sens aux alertes. L’eau froide rentrait jusque dans mes os. Le sel se plaquait contre ma peau. J’entendais mon propre cœur battre à tout rompre, attendant le verdict final : Il était mort.
Je secouai la tête, refusant la réalité.
-Non, non, non ! Pas ça ! Neil !
Trop tard. Une petite fille venait de perdre son père. Une femme, son mari. Et moi, l’homme que j’avais sous mes ordres. Je laissai alors ma tête reposer contre la bouée et fermai les yeux.
POV Joe
Je viens de raccrocher avec Danny qui m’a parlé du dépôt blanc qu’ils ont trouvé au fond d’un verre. Je ne suis pas du tout rassuré par la nouvelle. Steve a disparu et a surement ingéré une quelconque substance. Je regarde autour de moi et je cherche du regard Wade, il est le deuxième superviseur pour cet entrainement spécial. Une fois que je l’ai repéré, je me dirige vers lui. Il est entouré de nombreux Seals, mais quand il intercepte mon regard, il s’excuse auprès d’eux et vient vers moi.
« Qu’est ce qui se passe Joe ?
- Steve a disparu. Je… Tu…
- Vas y. Ne t’inquiète pas pour l’entrainement. »
Je le remercie chaleureusement et je me dirige vers le parking pour prendre ma voiture quand j’entends :
« Hey, Joe. »
Je me retourne alors vers Wade :
« Tiens-moi au courant. »
Je hoche simplement la tête positivement et je prends ma voiture, direction le QG de l’équipe de Steve. Je suis réellement inquiet, l’homme que je considère comme un fils a énormément d’ennemis du temps des Seals mais encore plus depuis qu’il travaille au 5-0. Il a arrêté et tué beaucoup de monde, et certaines personnes veulent se venger.
Une fois au QG du 5-0, je monte rapidement dans leur bureau. Quand je rentre, les deux cousins se tournent vers moi. Nous nous saluons d’un simple signe de la tête avant que je demande :
« Des nouvelles ?
- Non. Danny est actuellement avec le gouverneur. Charlie Fong essaye d’analyser la substance que nous avons trouvée chez Steve. Une équipe d’expert se trouve dans sa maison pour essayer de trouver des indices. »
Le blond rentre alors dans le bureau, on peut clairement voir qu’il est déçu de ce qu’il a appris, ce qui est confirmé lorsqu’ils s’adressent à nous :
« Le gouverneur voulait simplement me voir pour que je le tienne au courant des derniers événements. »
Il fait alors un petit sourire :
« Mais j’ai aussi de meilleurs nouvelles. Il a ordonné à la police d’Honolulu de pleinement coopérer avec nous, et de tout faire pour retrouver Steve en vie, quoiqu’il se soit passé, où qu’il se trouve. Il nous redonne l’immunité pour qu’on retrouve le boss. »
C’est une bonne chose car je suis certain que même sans cette immunité, le 5-0 aurait transgressé les règles pour retrouver Steve en vie.
Nous nous mettons rapidement au travail et pendant que l’unité spéciale fait la liste des gens qui peuvent en vouloir à Steve depuis son retour sur l’île, je m’occupe de faire celle du temps où il était encore dans les Seals. Nous sommes rapidement à une centaine de noms et nous n’avons pas encore fini. De plus nous avons tous des problèmes pour nous concentrer étant donné l’inquiétude qui nous ronge peu à peu.
Danny a appelé Catherine pour lui annoncer la disparition de son petit ami. Elle lui a bien entendu demandé de la tenir au courant de ce qui se passait, et que si on avait besoin d’aide, que nous l’appelions.
Tout à coup le téléphone de Kono se met à sonner.
« C’est Fong. Salut Charlie, tu es sur haut-parleur.
- La substance que vous avez trouvé, semble être une sorte de poison. Il provoque tout d’abord de la fièvre, rapidement suivi d’hallucination. Ensuite la personne qui l’a ingéré aura des problèmes à respirer, puis sera pris de convulsion avant que le cœur ne lâche. »
Je ferme les yeux un instant, donc il y a bien quelqu’un qui cherche à faire du mal à Steve. Il faut que nous le retrouvions au plus vite avant que le pire ne puisse arriver. Si le fils de mon meilleur ami ne s’en sortait pas en vie, je ne m’en remettrais pas. Je l’ai vu combattre tant de chose, être fort tant de fois, que s’il meurt aujourd’hui, je me dirai simplement que c’est impossible.
La voix de Chin me sort de mes pensées :
« Est ce qu’il y a un antidote ?
- Il en existe un en effet, mais il est très difficile à réaliser. Des personnes de mon labo se sont déjà mises au travail car le temps est compté. Je ne sais pas quel dose il a ingéré mais si ça se trouve il est déjà trop tard. »
POV Steve
Le soleil frappait contre ma nuque. Il rendait ma vision floue. Je sentais la peur s’immiscer en moi. Il fallait que je me concentre. Je le devais, pour moi et mon meilleur ami. Mais j’étais incapable de bouger. Je voyais mes doigts qui tremblaient violemment autour de mon arme. Cette dernière était ferme dans ma main, prête à tuer. Je devais faire quelque chose, n’importe quoi mais quelque chose. Ma poitrine se soulevait difficilement, mes yeux fixaient le sol dans l’espoir de trouver la solution. Et ce soleil qui n’arrêtait pas de me bruler…
-Steve…Steve ! STEVE !
Je relevai la tête et vis que Freddie me regardait avec inquiétude. J’humidifiai mes lèvres et m’approchai de lui. Sa main était toujours plaquer sur la blessure par balle qui ouvrait sa poitrine. Le sang ne cessait de couler et rien ne pouvait le stopper, pas même moi, pas même Dieu.
-Steve, je n’irais nulle part. Dégage d’ici.
Que devais-je faire ? L’écouter ? Hors de question !
-Steve…Je t’en supplie…Prends soin de la petite…
Un peu plutôt, il m’avait fait promettre de lui dire à sa fille qu’il l’aimait. Cette promesse me déchirait le cœur mais j’allais tout faire pour la tenir, même si ça me prenais les entrailles, même si ça procurait la plus terrible des douleurs.
-Steve…
Du sang coulait de sa bouche. Il vint s’écouler le long de son menton et moi…et moi je restais paralyser. J’entendais au loin les balles filer, les cris des coréens, et surtout, les supplications de mon frère de cœur.
Soudain, ce fut comme l’éclat d’une bombe. J’entendais clairement, je voyais nettement, je revenais. Les balles nous effleurèrent, l’ennemi approchait dangereusement, le sang giclait et le soleil nous toisait de toute sa hauteur.
-Steve ! Tire-toi !
J’hochai la tête, me levai, les membres encore tremblant. J’empoignai mon arme avec la force du désespoir et attrapai d’une main Anton Hesse. Je le jetai littéralement dans un camion et me mis au volant. Tout se passait très vite. J’étais comme dans un état second. Avant de mettre le contacte, un soubresaut me prit.
Je revoyais Freddie et moi à l’académie navale, lorsqu’il avait faillit abandonner, nos premières missions ensemble, quand il me parla de sa rencontre avec une certaine Kelly, nos blagues et nos rires, nos sorties entre potes, lorsqu’il me conseilla de garder la belle Catherine Rollins, lorsqu’il me montra son tatouage, quand il m’annonça qu’il allait être papa…
Mes yeux embués s’arrêtèrent sur Freddie qui me hurlait de déguerpir. C’était moi qui allais le tuer. C’était moi qui avais demandé à ce qu’il vienne pour cette mission, qui l’avait entraîné ici. Je vis son corps s’affaisser sur la mitrailleuse, il n’était plus qu’un poids mort, qu’un homme mort.
Freddie était partit. Et c’était ma faute…
POV Danny
« Il en existe un en effet, mais il est très difficile à réaliser. Des personnes de mon labo se sont déjà mises au travail car le temps est compté. Je ne sais pas quel dose il a ingéré mais si ça se trouve il est déjà trop tard. »
Ce n’est pas possible, Steve ne peut pas être mort. C’est notre SuperSeal, il est invincible, il a surmonté tellement de chose que je ne peux pas imaginer le pire mais surtout je ne veux pas. Il est surement en vie quelque part, le contraire n’est même pas envisageable. Les autres personnes autour de moi sont aussi inquiètes. Steve est mon meilleur ami, je le considère comme un frère. C’est l’homme qui a eu confiance en Chin et qui lui a rendu sa plaque, c’est le fils que Joe n’a jamais eu, et c’est le mentor de Kono, celui qui lui a tout appris. Sans lui nous ne sommes rien.
Nous nous remettons au travail mais je n’arrête pas de penser à Steve, aux moments que nous avons passé ensemble et à tout ce qu’il a fait pour moi. Il faut absolument que nous le retrouvions et rapidement. Si Fong a raison, ses heures sont comptés. Je ne peux même pas imaginer ce que je vais dire à Grace si Steve ne s’en sort pas, je ne suis pas capable de lui dire que son oncle est mort, et qu’elle ne le reverra plus jamais. Il compte énormément pour elle, et j’en suis très heureux. Je sais que si un jour il m’arrive quelque chose, mon meilleur ami s’occupera de ma fille. Enfin s’il survit à cette épreuve.
Malgré nos disputes incessantes, j’ai du mal à imaginer ma vie sans lui, je ne veux pas l’envisager sans lui. Il est là pour me remonter le moral quand ça va mal, que je me suis encore une fois pris la tête avec mon ex-femme ou que je n’ai pas pu voir Grace depuis plusieurs semaines. Malgré ce que je dis, ses cascades me font rire. Bon j’admets que parfois il me tape sur les nerfs, quand il prend des risques insensé et qu’il risque sa vie. Mais entre quels frères n’y a-t-il jamais de différents ?
Une heure plus tard, mon téléphone se met à sonner.
« Oui.
- Lieutenant Williams, nous avons trouvé des empreintes chez le commandant McGarrett. Nous les avons envoyés à Charlie Fong.
- D’accord.
- Un de mes gars vient de me dire qu’on nous avons trouvé une correspondance. Il s’appelle Kyle Steeper.
- Merci. »
Je raccroche et se tourne alors vers le 5-0 et Joe :
« C’était l’équipe d’expert. Ils ont trouvé une empreinte qui appartient à un certain Kyle Steeper. »
Kono rentre immédiatement son nom dans nos dossiers. Sa photo apparait sur l’écran, et toute l’équipe se concentre alors sur moi, attendant que la jeune femme lise les informations qui apparaissent. Ce qu’elle s’empresse de faire :
« Il faisait partie du cartel d’Alvaro. Il n’était pas aux Etats Unis lors du raid de l’équipe 9. Il a surement voulu vengé les autres membres. »
Joe rajoute :
- Ou alors continuez de tuer les Seals, comme avait commencé à le faire Alvaro. »
Quelles que soient ses motivations, c’est très inquiétant. Les membres de ce cartel ne sont pas connus pour être des enfants de cœur, et malgré les deux interventions des Seals, ils ont toujours réussi à remettre leur organisation sur pied. Et une chose est sûre, il veut tuer Steve. Si nous le trouvons, nous saurons peut-être où mon meilleur ami est, et j’espère qu’il sera en vie.
Je commence à distribuer les ordres, le temps est compté, chaque seconde qui passe risque d’être mortel pour Steve :
« Kono cherche tout ce que tu peux sur ce Steeper, lieu d’habitation, antécédents, contacts à Hawaii,…. Il faut absolument qu’on le localise. Il faudrait qu’on en apprenne un peu plus sur ce poison, Joe pourriez-vous vous renseigner à la NAVY, peut-être qu’ils ont déjà à faire à ce produit ? Chin essaye de trouver les endroits où on peut se le procurer, ou alors les personnes de l’entourage de Steeper qui puissent le fabriquer.
- Et toi que vas-tu faire ?
- Je vais essayer de retrouver le SuperSeal. »
POV Steve
Alors que je scrutais la nuit noire, marchant prudemment sur ma plage privée, l’arme en joue, je me demandais toujours ce qui avait bien pu se passer pour que j’en arrive là. Le soleil avait à présent totalement disparu, mais je sentais encore sa chaleur m’envelopper sauvagement. Je ne tremblais pas, j’étais totalement concentré sur mon objectif. Je savais que mon équipe allait bien et pouvait se débrouiller sans moi. Moi, j’avais quelque chose à régler. Quelque chose avec un certain Nick Taylor…
Je continuai d’avancer à pas furtif, attentif au moindre bruit. Taylor allait payer pour ses crimes…Je n’aurais jamais cru que le jeune SEAL dont J’en avais eu la charge des années plutôt deviendrait un mercenaire. Je pris des jumelles infrarouges et inspectai la plage. Aucun mouvement. J’entendais mon propre souffle dans l’obscurité, je sentais chaque partie de mon corps, prêt à se battre.
Soudain, je fus aveuglé par une grenade. Je pris quelques secondes pour me remettre et tentai d’apercevoir mon assaillant. Mais ma vision était floue et il était impossible d’entrevoir quoi que ce soit. Sur mes gardes, je mis automatiquement mes poings en avant afin de me protéger. Enfin, je le reconnu : Nick.
Il se jeta sur moi. Je fus prit d’assaut, d’une rapidité effarante. En même temps, c’était moi qui lui avait apprit cette tactique. J’enchainai alors les coups, ne m’arrêtant pas un seul instant, refusant de me reposer mais refusant également de faire face à la réalité : J’étais dans un combat à mort, contre mon ancien élève. J’essayais de voir une once d’humanité, de regret ou même de culpabilité dans le regard de Taylor mais rien. Ça ne pouvait pas être lui, le Taylor que j’ai connu. Il sortit subitement un couteau et je sentis le danger arriver. Cette fois, je ne devais pas voir mon élève, je ne devais que voir l’homme qui était susceptible de me tuer. Je contrai son coup, lui tordis le bras et le plaquai au sol. Il inversa la situation et très vite, se retrouva au-dessus de moi. Dans un réflexe, j’attrapai mon arme qui était non loin de moi, sur le sable, et tirai une balle, deux balles, trois balles dans le torse de mon ancien-ami.
Les yeux de Taylor se révulsèrent, puis lentement, il tomba à la renverse, s’enfonçant dans l’eau. Je me relevai, tremblant, l’arme encore joue. Je m’approchai d’un pas hésitant. J’étais comme dans un état de transe. Le corps de Nick flottait à la surface, les yeux vides, le teint livide et couvert de sang qui se répandait dans la mer. C’était moi qui avais fait ça ? Je l’avais tué ? Comment j’avais pu commettre une chose pareille ? Un sentiment de solitude et de douleur profonde me serra le cœur. Je me rendis compte que je tuais sans état d’âme. La preuve, je venais de tuer Nick. J’étais un monstre. Je sentis les larmes embuer mes yeux. Enfin, la douleur vint. Cette fois, c’était une douleur physique. Je n’avais même pas remarqué que Taylor avait réussi à m’entailler le bras. Le sang s’écoulait régulièrement de ma blessure. Il fallait que je traite ça.
Tout d’un coup, des images me prirent. Je n’y étais pas préparer. Je revoyais mes premières missions avec Nick, les blagues qu’on faisait ensemble à nos camarades SEALs, la poignée de main qu’on avait échangé lors de nos retrouvailles ici, à Hawaii…Maintenant, il était partit et c’était à cause de moi. Tout était de ma faute…C’était ma faute…Je ne me le pardonnerai jamais…
POV Kono
Comme Danny m’a demandé, je commence à faire des recherches sur Kyle Steeper. Ce n’est pas un enfant de cœur, il a déjà été arrêté à quatre reprises. Une fois pour agression aggravée, deux fois pour ports d’armes illégales et le dernier en date un cambriolage après avoir drogué les propriétaires de la maison. Il a de nombreux contacts sur l’ile grâce à ses nombreux séjours en prison. Je trouve enfin un site internet sur lequel il ne cesse de répéter qu’il va venger Alvaro et que les Seals vont payer pour avoir mené deux raids contre le cartel.
Je sors de mon bureau, et je vois alors que Joe est de retour. Ils sont avec Danny. Je me dirige vers eux.
« Comme vous le savez, notre suspect est lié au Cartel d’Alvaro. J’ai trouvé pas mal d’informations sur lui sur internet, dont un site où il menace les Seals pour avoir démantelé le réseau. Il a déjà été en prison à plusieurs reprises et il y a rencontré pas mal de petits criminels d’Hawaii. Et surtout il a été arrêté pour cambriolage, après avoir drogué les habitants de la maison. Après qu’il n’a plus d’adresse connu à Hawaii depuis un an. »
Danny prend à son tour la parole :
« Il faut absolument que nous le localisions. Joe, est ce que les militaires vont nous aider ?
- Des équipes militaires pourront nous aider à ratisser une zone, quand bien sûre nous l’aurons localisé. Par contre, ni Wade, ni moi avons réussi à trouver quelqu’un qui connaisse assez bien le poison. Cela fait des années que la NAVY n’a pas eu à faire à cette substance, et donc nous n’avons pas d’antidote. »
La salle est à nouveau calme et nous réfléchissons tous à la situation. Nous ne savons pas grand-chose à propos du poison, et nous n’avons pas l’antidote. Steve est introuvable et peut-être déjà mort à l’heure qu’il est. Je sens les larmes montées à mes yeux à cette pensée. :
« Excusez-moi, j’ai besoin de prendre l’air. »
Je me dirige rapidement vers l’extérieur et une fois hors du QG je laisse les larmes tombées. Ce n’est pas possible, Steve ne peut pas être mort, pas lui. Il est tellement fort. Combien a-t-il traversé d’épreuves en s’en sortant vivant ? Combien a-t-il sauvé de vie ? Combien de fois a-t-il été là pour nous ?
Mais une petite voix me dit : Combien de cicatrices ces épreuves lui ont-elles laissé ? Combien de personnes a-t-il tué ? Et est ce qu’il ne m’a pas en quelque sorte abandonné lorsque Fryer a pris ma plaque ? Et puis il a tellement de fois frôlé la mort, il a tellement de fois joué avec elle, c’était peut-être la fois de trop. Je déteste cette voix, mais je la hais en sachant que ce qu’elle me dit est vrai. Mais malgré tout, je n’abandonnerai pas Steve. Nous le retrouverons.
J’arrive finalement à me calmer et je remonte au QG. Quand je franchis la porte, je suis étonnée de l’agitation qui s’y trouve. J’aperçois mon cousin qui se dirige vers moi :
« Nous avons réussi à localiser Steeper. Il vient de prendre une chambre d’hôtel. »
Le 5-0 se dirige rapidement vers l’hotel accompagné du mentor de Steve. Nous interpellons le suspect sans trop de casse et nous retournons au QG pour pouvoir l’interroger et enfin retrouver notre patron. Joe est reparti, Danny et Chin s’occupe de Steeper pendant que je contacte Charlie pour savoir où ils en sont avec l’antidote :
« Salut Charlie.
- Salut Kono. Malheureusement je n’ai pas de nouvelle pour toi. Plusieurs équipes sont actuellement sur l’antidote, mais cela pourrait prendre des jours voir des semaines avant d’avoir des résultats.
- Mais Steve ne pourrait pas tenir aussi longtemps.
- Je sais Kono, je sais mais je ne peux rien faire de plus. Je vais te laisser et m’y remettre. »
Il raccroche, je sais très bien que s’il pouvait aller plus vite, il le ferait mais cette attente et cette ignorance me tuent. Le fait de ne pas savoir si Steve est vivant ou non, et de ne rien pouvoir faire, sauf attendre.
Au bout de presque une heure, mes coéquipiers remontent. Ils ont tous les deux l’air abattu. Je me précipite vers eux et leur demande :
« Alors ? »
Danny me répond simplement :
« Je vais prendre l’air. »
Malgré le peu de mots utilisés par le blond, je sais pertinemment qu’il est en colère. Ce qui n’est pas bon signe, même venant de Danny. Je me retourne vers Chin pour avoir plus d’informations :
« La seule chose qu’on a réussi à en tirer et qu’il a mis une grand dose de poison au fond du verre du boss pendant qu’il nageait, et qu’ensuite il est parti. Nous ne savons donc toujours pas où est Steve.
- Est-ce qu’il a l’antidote ? »
Mon cousin hoche simplement la tête de droite à gauche. Et je sens alors la peur s’abattre à nouveau sur moi. Ce n’est pas possible, nous n’avons pas avancé d’un poil. Nous n’avons pas l’antidote, nous ne savons pas où est Steve. Et au vu de ce que Steeper a dit, il est certainement déjà trop tard.
Je sens les larmes couler le long de mes joues, et mon cousin me prend alors dans ses bras. Je me blottie contre lui, et apprécie le confort et la sécurité qui m’envahissent. Nous restons quelques minutes comme cela, sans rien dire. Tout à coup une tempête blonde brise ce moment et nous dit :
« Catherine a appelé. Elle a réussi à localiser Steve… »
POV Steve
Je ne savais pas où j’étais ni où j’allais. Je n’arrêtais pas de courir, courir comme si ma vie en dépendait. Je poussais les branches sur mon passage, mes pieds s’enfonçaient dans la boue, je glissais sur le sol humide mais peu m’importait, je me contentais de courir. Je sentais que le danger se rapprochait. J’entendais mon cœur battre à tout rompre. Je m’arrêtai brusquement. Je regardai autour de moi et m’aperçus que je me trouvai dans une clairière. Je levai la tête vers le ciel. Un rayon de soleil perça à travers les nuages et vint sécher les quelques gouttes de pluie qui ruisselaient lentement sur mon visage. La chaleur frappait violemment sur ma peau glacée et un frisson ébranla mon corps. Malheureusement, ce fut de courte durée. Le ciel se colora de gris et je savais que la tempête allait recommencer. Je devais avancer. Je couru à nouveau, faisant abstraction de mes angoisses ou même de ma peur.
Je n’avais même pas d’objectif. Je ne faisais que suivre mon instinct, ce que dictait une petite voix au fond de moi. Il fallait que je coure, le plus vite possible, que je m’éloigne. Je ne sentais pas la fatigue, ni la faim ou la soif, encore moins le froid. Je ne sentais plus rien. Je n’étais plus qu’un tas de viande qui courait dans la végétation abondante, tel un animal apeuré qui fuyait un prédateur. Le tonnerre gronda et une pluie drue vint s’abattre sur moi. L’eau ruisselait devant mes yeux, je ne voyais plus où j’allais. Mes jambes s’empêtrèrent dans une racine et je m’étalai de tout mon long sur le sol boueux. Tremblant, je pris une minute afin de me reprendre. Ma joue était collée à la terre, mes cils battaient en espérant chasser l’eau qui m’obscurcissait la vue. J’entendais mon souffle rauque et saccadé, c’était le seul bruit qui m’assourdissait. Mes membres tremblèrent avec force lorsque je me relevai. Je pris appuie contre un arbre et me penchai en avant, les mains sur mes genoux. Il fallait que je me concentre. Ce n’était pas moi, ça. Je ne perdais pas mes moyens comme un gars de bas étage ! Je relevai la tête et lentement, repris ma fuite. Car oui, pour la première fois de ma vie, je fuyais.
A présent, je n’avais plus la notion du temps. Peut-être avais-je couru des heures, une journée voire des jours. Je ne savais plus. Tout ce dont j’étais conscient c’était que mon corps ne pouvait plus me porter. Mes pas se firent plus lents, mes gestes plus chancelants et mon énergie s’effaça petit à petit.
Soudain, je me laissai tomber en avant. En revanche, seule ma poitrine continuait cette course effrénée. Alors que je m’apprêtai à abandonner, un bruit attira mon attention. Mes yeux tentèrent d’apercevoir quelque chose à travers le rideau de pluie, en vain. Je me levai, puisant mon énergie je ne sais où. Je tournai sur moi-même, le cœur battant. C’était comme si j’étais pris au piège dans un cauchemar. Je n’arrêtai pas de tourner, de plus en plus vite, de droit à gauche, de gauche à droite. Ma respiration provoquait de la buée dans l’air. Des gouttes d’eau s’écoulèrent le long des feuilles, hésitèrent à la pointe puis s’écrasèrent dans une flaque avec un grand fracas qui fit vibrer mes tympans. Je clignai des yeux, essayant de distinguer une ombre, une silhouette, n’importe quoi. La peur oppressait ma cage thoracique. Tout d’un coup, mon souffle se coupa et tout devint silencieux. Brusquement, je fis volte-face, l’arme en joue et tirai. Un seul coup. Pas un de plus. Le corps vacilla avant de s’étaler lentement à terre. L’eau s’écarta sur son passage, atteignant mes pieds. Le sang colora tout ce qu’il toucha, s’avançant vers moi avec menace. Je mis un pied devant l’autre, maladroit, on aurait dit un aveugle. Toujours le flingue en main, brandit au-dessus du corps, je reconnu celui que j’avais tué : C’était Joe White.