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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 22.02.2014 à 21h48
Auteur : bellefond
Statut : Terminée
« "Comment trouver le sommeil après avoir offert vos camarades sur un plateau d’argent ? " » bellefond
Cette fanfic compte déjà 15 paragraphes
POV Joe White
Nous rentrons dans la tente, et je vois alors le fils de mon meilleur ami allongé à même le sol, les mains attachées dans le dos par des menottes. Il est torse nu, et la pâleur de sa peau est intensifiée par les nombreux hématomes qui lui recouvrent la poitrine et le ventre. Son pantalon est déchiré au niveau du mollet et laisse entrevoir un pansement de fortune.
Je m’approche de lui, et je m’agenouille pendant que Wade part chercher les clés des menottes. Où veulent ils qu’il aille dans cet état ? Je secoue la tête, médusé par ce que je vois. Tout le monde dit que les Seals sont une grande famille, et voilà le résultat. Je pose la main sur l’épaule de Steve, et la secoue doucement pour essayer de le réveillé. Au bout de quelques minutes, il recule, en serrant les dents alors que je vois une grimace apparaître sur son visage. Je prends alors doucement la parole, tout en posant une main dans ses cheveux :
« Chuut fils, nous ne te ferons aucun mal. »
Il ouvre alors les yeux, et me regarde étonné pendant un instant. Il essaye alors de se mettre sur le dos, mais je l’en empêche :
« Doucement, Wade est parti cherché les clefs des menottes. Il va bientôt revenir. »
Il arrête alors son geste, et reste sur son côté :
« Comment te sens tu fils ?
- Bien…monsieur. »
Je secoue la tête, je suis sûr qu’il ne se sent pas bien. Mais sa réponse me rassure, il y a seulement quelques rares fois il a avoué se sentir mal, et je donnerais tout pour ne pas revivre un de ces évènements. Je vois qu’il lutte contre le sommeil, je m’apprête à lui dire de se laisser aller quand j’entends du bruit hors de la tente. Je vois alors apparaître Wade avec les clés. Nous détachons rapidement Steve, il se crispe au moment où ses bras sont enfin libres, avant de se détendre totalement. Il s’est évanoui.
Le commandant Gutches commence alors à sortir des fournitures médicales du sac, tout en me demandant :
« Comment va-t-il ?
- Il m’a dit qu’il allait bien, mais je suis sûr qu’il ment. Je suis certain qu’il a une ou plusieurs côtes cassées au vu du sifflement quand il a parlé. Il a pris plusieurs coups à la tête, et il n’est pas resté assez conscient pour écarter une commotion cérébrale. Le reste c’est à nous de le découvrir maintenant. »
Il hoche simplement la tête, et nous nous préparons pour soigner l’homme que je considère comme un fils. Il nous faut pratiquement une heure pour passer en revue et nettoyer toutes les blessures, recoudre sa jambe et sa plaie à la tête, passer de la pommade sur les hématomes et brûlures, immobiliser ses côtés, remettre en place son épaule déboîtée, commencer à le réhydrater, et enfin lui donner des antibiotiques et des vitamines en IV. Il commence à développer une fièvre, et nous savons à quel point cela peut-être mauvais. Une fois tout cela fini, nous restons agenouillés à ses côtés, immobiles à regarder le jeune homme inconscient. Je ferai n’importe quoi pour arrêter son cauchemar dès maintenant, le faire rentrer à Hawaii et qu’il puisse reprendre le court normale de sa vie.
Wade brise le silence qui commence à peser dans la tente :
« Il faudra que l’un de nous reste en permanence avec lui. »
Oui, pour pouvoir le surveiller et éviter que son état empire mais surtout pour empêcher que les autres lèvent encore une fois la main sur lui. Les heures passent lentement et finalement la nuit tombe. Nous avons fait installer deux lits de camp et nous avons allongé le jeune commandant sur l’un d’eux. Nous vérifions une fois de plus les constantes de Steve, qui est toujours inconscient. Une fois cela fait Wade se lève et me dit :
« Je vais vérifier le commandant Neil. Je suppose que tu veux rester avec lui cette nuit. »
Je tourne la tête pour regarder un instant le visage de mon ancien élève. Non, il n’y a aucun moyen pour que je le laisse seul à nouveau, ici et sans défense. Je quitterai son chevet quand je serai sûr qu’il n’aura plus besoin de moi ou alors quand il me le demandera mais pas avant. Je ne referai pas deux fois la même bêtise. Et je me promets que quand il se sera remis de cette épreuve, je l’amènerai voir Shelburne. Wade comprend mon silence et pose simplement sa main sur mon épaule, tout en faisant un geste de la tête.
Je vais me coucher sur l’autre lit de camp environ une heure après le départ du commandant Gutches. J’ai l’impression de mettre endormi il y a seulement quelques minutes quand je suis réveillé par un bruit inconnu. Je regarde autour de moi un instant, essayant de localiser sa source quand je comprends que Steve est en train de tousser mais il est allongé sur le dos, incapable de se tourner sur le côté. Je me précipite vers lui et l’aide à se redresser, il faut plusieurs minutes avant que la toux ne cesse, laissant le fils de mon meilleur ami, épuisé. Je me place derrière lui, et le laisse s’appuyer contre moi pendant que je porte un verre d’eau à sa bouche. Il boit seulement quelques gorgés avant de détourner la tête. Je pose le récipient sur le sol, près de nous.
Steve ne semble pas vouloir bouger et nous restons pendant plusieurs minutes dans cette position. Je le sens se détendre doucement dans mes bras. Je suppose qu’il s’est endormi, je commence alors à me relever quand la voix rauque de l’homme que je tiens dit :
« Non… »
Je suis surpris par le son, c’est comme une plainte, presque une supplication. Steve a simplement peur de se retrouver à nouveau seul contre tous.
« Chut Steve, je suis là. Je ne te quitterai pas, je te le promets. »
POV Joe White
Les heures passent lentement, et finalement Wade rentre à nouveau dans la tente. Il porte un plateau de nourriture. Nous nous asseyons sur le deuxième lit de camp et commençons à manger pendant que mon ami me demande :
« Comment va Steve ? »
Je n’ai pas le temps de lui répondre que le jeune commandant commence à s’agiter sur son lit de fortune. Nous nous approchons tous les deux de Steve et je suis surpris par sa pâleur et par la chaleur émanant de son corps. Il ne cesse de murmurer dans son sommeil, et il semble être dans un cauchemar. Je m’agenouille à ses côtés pendant que Wade part pour remplir une bassine d’eau fraîche. Je secoue doucement pour essayer de le réveiller.
Finalement il faut plusieurs minutes mais le jeune homme finit par entrouvrir des yeux vitreux à cause de la fièvre. Il a son regard posé sur moi mais il ne semble pas me voir. J’essaye alors d’attirer son attention :
« Steve… Fils. »
Il cligne des yeux plusieurs fois avant de me regarder et de murmurer :
« Papa… »
Papa… Est-ce qu’il parle de John ou de moi ? Je sais qu’il me considère comme un second père mais il est possible aussi qu’il croit voir mon meilleur ami. Je ne sais pas comment réagir, je ne sais pas quoi répondre. Steve continue à me regarder et je peux voir rapidement des larmes apparaître dans ses yeux bleus, les yeux de son père. Je pose la main dans ses cheveux :
« Chuuttt Steve. Chuut fils. »
Wade revient enfin dans la tente, me faisant tourner la tête. Il s’approche de nous alors que Steve recommence à murmurer :
« Papa… »
Le commandant Gutches me regarde étonné, mais ne me dit rien. Steve continue de pleurer silencieusement et je ne sais pas quoi faire pour le consoler. Cela me désespère, je me sens désemparé face à la situation. Je caresse les cheveux du jeune homme, pendant que Wade trempe un morceau de tissu dans l’eau avant de le poser sur son front. Nous espérons ainsi faire baisser sa température.
Steve continue à pleurer, à murmurer pendant plusieurs minutes avant que l’épuisement ne le gagne et qu’il ne s’endorme. J’ai l’impression que son état empire de minute en minute. Wade et moi vérifions toutes les plaies mais aucune d’elle n’est infectée. Nous ne comprenons pas ce qui provoque cette fièvre. Puis les paroles de Jonathan me reviennent en mémoire :
« Steve est vraiment mal en point, Monsieur.
- Nous allons le remettre sur pied, ne t’en fais pas pour cela.
- Il faudra prévenir Freddie, que Steve ne pourra pas aller à son anniversaire Monsieur. »
Sur le moment je n’ai pas compris mais des souvenirs envahissent soudain mon esprit alors je raconte cette soirée au commandant Gutches. :
25 Septembre 2005
Toute l’équipe doit se réunir chez Freddie Hart pour fêter son anniversaire. Tous les Seals sont déjà présents, il ne manque plus que Steve à l’appel. Quelques-unes des vieilles connaissances des deux meilleurs amis seront aussi présentes, notamment Jonathan Neil. Ces trois-là ont fait les 400 coups pendant leur temps à Annapolis. Et je dois avouer que je suis bien content que seulement deux d’entre eux aient décidé d’aller à Coronado pour devenir Seal.
Les heures passent lentement et Steve n’est toujours pas là, nous avons essayé de le joindre à plusieurs reprises sur son portable mais nous tombons à chaque fois sur sa boîte vocale. Je commence à être réellement inquiet et je constate que Freddie l’ait aussi. Son meilleur ami n’aurait loupé cette fête pour rien au monde, et son absence est plus que préoccupante. Nous revenons à peine de mission, et j’ai déjà vu des soldats qui semblaient en pleine santé, s’effondrer une fois de retour au pays.
Après avoir essayé une énième fois de contacter le jeune homme, je décide d’aller à son appartement. J’ai un mauvais pressentiment. Jonathan m’accompagne, même si je ne connais pas beaucoup, je peux clairement voir qu’il est inquiet. Nous arrivons rapidement devant un immeuble où se trouve l’appartement de Steve. Nous montons les escaliers pour enfin arriver au bon étage. Une fois devant la porte du jeune homme, nous toquons mais seulement le silence nous répond.
Je sors les clés de rechange qui se trouve dans ma poche, et au moment où j’essaye de les faire tourner dans la serrure, je suis surpris de constater que la porte n’est pas verrouillée. Nous pénétrons dans l’appartement minuscule, je tâtonne pour trouver l’interrupteur. Une fois que la lumière éblouit la salle, je suis surpris de voir Steve, allongé sur le canapé, il semble endormi. Je m’approche de lui, et je peux alors constater sa pâleur. Ses cheveux sont plaqués en arrière à cause de la fièvre qui envahit son être.
Nous nous agenouillons à ses côtés, et je pose alors une main sur son front :
« Il est brûlant de fièvre. »
Nous essayons de le réveiller pendant plusieurs minutes sans succès. Finalement Jonathan appelle les ambulances pour emmener Steve à l’hôpital. Quelques secondes après le jeune Seal ouvre lentement les yeux, je peux voir la douleur dans son regard. :
« Chut fils, ça va aller. »
Il ne répond rien, mais se tourne sur le côté avant de vomir du sang sur le sol près du canapé puis de s’évanouir.
Présent
« Qu’est-ce qui lui était arrivé ?
- Il avait été empoisonné pendant notre dernière mission. Une balle l’avait frôlé, lui laissant à peine une égratignure, mais assez de poison pour le tuer.
- Tu penses donc que Steve a été empoisonné.
- J’en suis sûr, Jonathan ne m’aurait pas dit cela autrement. »
Mais ici nous ne pouvons rien faire. Nous n’avons pas le matériel nécessaire pour connaître le poison, et encore moi pour trouver un antidote. Son état empire, et nous ne pouvons rien y faire. Si Steve n’est pas rapidement ramener aux Etats Unis, il mourra.
Pendant ce temps à Hawaii.
POV Danny Williams
Nous cherchons désespérément depuis plusieurs jours une piste, une information qui permettrait d’innocenter mon meilleur ami pendant que nous continuons les enquêtes du 5-0. Nous sommes tous sur les nerfs et inquiets. Nous savons que Joe et le commandant Gutches sont partis il y a deux jours pour rejoindre Steve, et c’est très mauvais signe. Ils n’avaient rien prévu, ils cherchaient des informations à la base, et même pas trois heures plus tard ils étaient dans un avion pour rejoindre le camp où notre chef est retenu prisonnier.
Catherine essaye de craquer les dossiers que nous avons trouvés dans le bureau de l’amiral mais il a très bien réussi son travail. Tout à coup mon portable sonne, et je décroche :
« Lieutenant Williams.
- Danny, c’est Joe. Où en êtes-vous ?
- Nous n’avons rien trouvé de nouveau. Nous espérons que Cath arrive enfin à ouvrir les dossiers que vous avez trouvés dans le bureau de l’amiral. Mais apparemment le codage est beaucoup plus complexe que nous le pensions. Comment va Steve ?
- Je ne vais pas te mentir, il est vraiment en mauvais état. Il a une blessure par balle à la jambe, plusieurs plaies. Ecoute, peux-tu rejoindre le reste de l’équipe ?
- Pas de soucis. »
Je fais signe à Kono, et Chin de me rejoindre dans mon bureau, en sachant que quand Joe parlait de l’équipe, il n’incluait pas notre nouveau chef.
« C’est Joe au téléphone, il est avec Steve. »
Je pose alors mon téléphone près de mon ordinateur :
« C’est bon Joe, vous êtes sur haut-parleur.
- Comme je le disais à Danny, l’état de Steve est inquiétant. Il a subi de graves blessures, mais nous pensons qu’il a été aussi empoisonné.
- Par qui ? Comment ?
- Nous n’en savons encore rien. Son état se dégrade rapidement, il va lui falloir des soins médicaux très bientôt, autrement il pourrait ne pas s’en sortir vivant. »
Je ferme les yeux un instant. On est si proche du but j’en suis sûr, et Steve pourrait ne pas s’en sortir. Je ne veux pas le perdre, je ne sais pas comment nous ferions pour continuer à vivre dans lui. Aucun de nous n’en serait capable, nous avons tous besoin de lui : Catherine, Kono, Chin, Grace, Mary, Joe et moi. S’il venait à mourir, la vie d’au moins sept personnes serait changée à jamais. La voix de Joe me sort de mes sombres pensées :
« Je dois vous laisser. Contactez Catherine et expliquez-lui ce qui se passe. »
Il raccroche alors avant même qu’on ait le temps de répondre. Je regarde un instant les autres, et je vois qu’ils pensent comme moi. Nous sommes inquiets. Personne ne parle pendant plusieurs minutes, et le silence est pesant. Finalement je le coupe et dis :
« Je vais prévenir Catherine, en espérant qu’elle ait du nouveau. »
Je sais que cet appel va être difficile et je ne sais même pas comment je vais faire pour lui annoncer la nouvelle. Comment dire à Cath que si elle ne réussit pas rapidement à ouvrir rapidement ce dossier, que si on n’innocente pas Steve dans les plus brefs délais, la prochaine fois que nous le verrons il ne fera plus partie de ce monde.
Kono et Chin sortent rapidement de mon bureau à l’arrivée du patron pendant que je prends mon courage à deux mains et que je compose le numéro de Catherine :
« Lieutenant Rollins.
- Cath c’est Danny.
- Vous avez du nouveau ?
- Joe vient d’appeler. Il se trouve actuellement avec Steve. »
Je lui explique alors tout ce que l’ancien commandant de mon meilleur ami nous a dit. Je peux clairement entendre qu’elle se retient de pleurer, et j’ai envie de faire pareil.
« Ecoute Cath, Steve est le superSeal. Il va s’en sortir c’est sûr mais il a besoin de nous, il faut absolument que nous l’innocentions pour qu’il puisse rentrer à la maison le plus rapidement possible et qu’il reçoive les soins dont il a besoin.
- J’essaye Danny, je te le jure mais je n’ai jamais vu un code pareil. Rien ne marche, je ne sais plus quoi faire.
- J’ai confiance en toi, tout comme Steve. Je suis sûr que tu vas trouver. »
Nous parlons pendant quelques minutes, puis je raccroche. Je sors alors de mon bureau, Jordan Smith me regarde pendant un instant mais ne me dit absolument rien. Il sait très bien à qui je parlais et pourquoi.
Les heures passent lentement, nous nous jetons dans le travail encore plus qu’avant, essayant désespérément de trouver le moindre indice qui permettrait de trouver le meurtrier de l’amiral Gourge, en espérant prouver en même temps l’innocence de Steve.
Finalement mon portable sonne à nouveau et je vois le nom de Joe apparaître sur mon portable. Je sens ma poitrine se serrer alors que l’inquiétude m’envahit :
« Oui ?
- Danny, vous avez avancé ?
- Nous avons peut-être une piste pour trouver l’assassin de l’amiral Gourge, mais Catherine n’a toujours pas réussi à ouvrir le dossier. Comment va Steve ?
- Son état empire Danny, je ne sais pas combien de temps il pourra se battre. »
J’entends alors quelqu’un tousser derrière lui, et je suppose que c’est mon meilleur ami. Joe parle, murmure des paroles rassurantes.
« Je dois te laisser Danny. A la minute où vous avez du nouveau, préviens-moi. »
Il raccroche à nouveau sans que j’ai le temps de répondre. Je préviens rapidement les autres des nouvelles. Je me demande si je dois contacter Mary. Finalement mon téléphone sonne à nouveau, et j’ai peur, peur que ce soit Joe qui m’annonce que Steve a cessé de se battre, peur de continuer à vivre sans mon meilleur ami, peur de devoir annoncer sa mort à Grace. Je décroche mon portable :
« Danny, j’ai réussi. J’ai les preuves pour innocenter Steve. »
Deux jours plus tard
POV Joe White
Je suis dans la tente de Steve avec Wade, le jeune homme est allongé sur le lit de camp, il est couvert de sueur. Je ne sais pas combien de temps il se battra encore contre le poison, il s’affaiblit d’heure en heure. Danny a appelé il y a déjà presque deux jours, nous attendons maintenant que le fils de mon meilleur ami soit innocenté, pour qu’on puisse le ramener aux Etats Unis et qu’il soit soigné.
Steve commence à s’agiter à nouveau et je m’approche de lui. Sa température a encore augmenté, et nous ne pouvons rien lui donner à cause du poison qui coule actuellement dans ses veines. Je m’agenouille quand le jeune homme commence à gémir :
« Chutt fils. »
Il ne répond rien, comme les dernières fois. Je trempe un gant dans l’eau froide, avant de le poser sur son front brûlant. Mais contrairement à d’habitude cela ne calme pas Steve. Il lutte pour ouvrir les yeux, Wade le voit aussi et s’approche alors de nous :
« Allez gamin, reviens parmi nous. »
Il tourne la tête vers nous, et il gémit à ce mouvement. Je pose une main dans ses cheveux et lui murmure :
« Doucement fils. Tu peux ouvrir les yeux pour moi ? »
Il lutte encore un peu mais au bout de plusieurs tentatives nous finissons par voir ses yeux bleus, injectés de sang. Il est clairement épuisé, mais le fait qu’il est repris conscience est une victoire. Il entrouvre la bouche mais aucun son ne sort. Je le redresse pendant que Wade amène une bouteille d’eau jusqu’à son visage et nous l’aidons à avaler quelques gorgés. Il détourne la tête doucement, je le rallonge alors. Steve murmure alors :
« Mer…ci…
- De rien, fils. »
Ses yeux se ferment, et il tombe rapidement dans un sommeil agité. Nous continuons à le veiller à tour de rôle, pendant que l’autre s’occupe de Jonathan Neil et essaye d’apprendre ce qui s’est passé. Steve a bien été empoisonné par quelqu’un, et je ne peux pas envisager que la personne s’en sorte sans payer son geste.
Pendant que Wade veille Steve, je vais dans la tente de Jonathan et pour la première fois depuis notre arrivée, nous sommes seuls. Je me décide alors à l’interroger, puisqu’il savait que mon protégé avait du poison dans les veines :
« John, est ce que tu sais qui l’a empoisonné ?
- Non, je n’en sais rien.
- Pourtant tu étais au courant.
- J’ai vu des hommes lui injecter un produit avec une seringue après qu’ils nous aient tapé dessus la première fois. J’ai perdu connaissance ensuite, mais quand je me suis réveillé, j’ai rapidement compris que ce n’était pas un médicament. »
Je hoche la tête en réponse. Peut-être que Steve est au courant, peut-être qu’il a vu leur visage. Quand je retourne dans la tente du deuxième prisonnier quelques minutes plus tard, je suis surpris de trouver mon ancien élève, assis sur son lit, vomissant du sang alors qu’il est soutenu par Wade. Je me précipite vers eux, faisant sursauter Steve :
« Chutt fils, ce n’est que moi. »
Il ne semble même pas m’entendre, et je peux clairement voir qu’il est paniqué. Nous l’aidons à se rallonger, alors qu’il ne nous reconnaît même pas, et qu’il est de plus en plus agité. Nous essayons de le calmer pendant plusieurs minutes, sans aucun résultat malheureusement. Je n’ai jamais vu Steve dans cet état et j’espérais ne pas avoir à le faire. Il est aussi blanc que le drap qui le recouvre, il est couvert de sueur, désorienté, et il est clairement dans la douleur. Nous ne pouvons rien faire et cela me détruit.
Il tourne la tête sur le côté, et je l’entends à nouveau murmurer :
« Papa… »
Je regarde un instant Wade, qui me fait un signe de la tête en direction du jeune homme. Je pose alors une main dans ses cheveux, et je lui murmure :
« Je suis là fils, rendors toi. »
Je ne sais pas si c’est le geste, ou mes paroles mais il se calme enfin et tombe dans un profond sommeil. Pendant plusieurs minutes aucun de nous ne bouge, Wade et moi restons simplement là, à observer Steve. Le bruit de l’ouverture de la tente me fait tourner la tête et je vois un jeune Seal entrer. Il se met au garde à vous.
« Repos.
- Messieurs, Le commandant Frank Deno vous demande dans sa tente. »
Nous nous levons tous les deux, je remets le drap en place autour de mon fils avant que nous partions. Je n’aime pas le commandant Frank Deno, et je sais que c’est à cause de lui que Steve a été battu, sûrement empoisonné, et peut-être qu’il retarde même le retour du jeune homme au pays. Si, comme je le crois, mon ancien élève a vu qui l’avait empoisonné, des têtes vont tomber s’il s’en sort.
Nous arrivons dans la tente du commandant Frank Deno, il semble plutôt nerveux :
« Un hélicoptère va arriver d’ici une heure pour emmener les commandant McGarrett et Neil à l’aéroport où un avion les attendra afin de les ramener à Hawaii. »
Nous parlons des modalités pendant quelques minutes, nous rentrons tous les trois dans la tente de Steve et je suis surpris de découvrir qu’il a été à nouveau menotté. Il a repris connaissance et il ne comprend clairement pas ce qui se passe. Je me retourne alors vers le commandant Frank, lui laissant un regard plus que noir :
« Je,… Je ne voulais pas qu’il risque de s’enfuir pendant que personne ne le surveillait. Il est désorienté et…
- Détachez-le immédiatement. »
Il sort de la tente, et deux secondes après il rentre à nouveau avec un trousseau de clé. Il détache Steve, alors que Wade et moi-même nous approchons du jeune homme afin de le calmer. Cela prend plusieurs minutes mais nous y parvenons enfin. Nous le préparons alors pour le long voyage qu’il attend.
Le transport en hélicoptère se passe sans aucun problème, au grand soulagement de tout le monde. Nous sommes au-dessus du pacifique en avion, quand cela se complique. Le rythme cardiaque de Steve devient anormalement bas, et plus les minutes passent, plus j’ai peur qu’il ne survive pas au voyage.
POV ???
Je me réveille lentement, je ne comprends pas où je suis. Je regarde autour de moi, et je vois que du blanc. Des bips réguliers parviennent à mes oreilles, et je sens l’odeur des produits antiseptique. Je suis à l’hôpital. J’essaye de me remémorer les derniers jours, je me souviens d’hommes militaires entrant dans ma tente, et me transportant jusqu’à un hélicoptère. Mais je n’étais pas seul, il y avait les commandants Gutches et White avec moi, et puis…
Je suis coupé dans mes pensées par la porte qui s’ouvre et je vois un médecin entrer :
« Bonjour commandant, ravi de voir que vous êtes réveillé. Comment vous sentez vous ? »
Je demande des nouvelles de mon ami, je n’étais pas seul, il était là lui aussi. Le chemin pour retourner aux Etats Unis a été plus que long. J’ai regardé mon ami souffrir pendant une partie du trajet avant de m’évanouir à mon tour.
Le médecin ne me répond rien, mais son regard me suffit à comprendre. Il s’est passé quelque chose de grave.
« Les blessures du commandant étaient trop importante, je suis désolé. »
Je ne réponds rien, et je sens les larmes envahir mes joues. Nous nous connaissions depuis des années, et cette mission n’a fait que renforcer nos liens. Je sais parfaitement que sans lui j’aurais lâché prise bien avant, et je serais certainement mort à l’heure qu’il est.
Les prochains jours sont plutôt flous, je reçois de la visite de mes amis, de ma famille et des militaires. Ils viennent pour s’excuser, mais quoiqu’il puisse faire, il est déjà trop tard, rien ne le ramera.
Une semaine après notre retour, je me retrouve debout au cimetière dans mon uniforme de la NAVY pour son enterrement.
« Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est pour rendre hommage à un homme d’exception, un homme qui est mort, comme il a vécu, en protégeant son pays. Aucun de nous ne pourra l’oublier. »
Beaucoup de personnes font des discours, et voilà mon tour
« Je n’ai pas vraiment eu le temps de préparer quoique ce soit. Mais je vais essayer de faire de mon mieux. Commençons par le commencement, nous nous sommes rencontrés à notre Annapolis, et notre rencontre a été pour le moins explosif comme vous pouvez l’imaginer. Nous étions des opposés, l’un d’entre nous était là par obligation, ne supportait pas les règlements, alors que l’autre était rentré à l’Académie par choix, et ne vivait que pour suivre les règles. Nous nous sommes battus un certain nombre de fois, et à la force d’être de corvée avec lui, ainsi qu’avec Freddie, nous avons fini par nous apprécier. En sortant de l’Annapolis, nous sommes perdus de vue, n’ayant pas les mêmes objectifs professionnels. Mais cette mission nous a à nouveau rassemblés, pour le meilleur et pour le pire. Quand on nous a proposé de faire cette mission, nous avons tous les deux acceptés, sachant les risques que nous encourions. Même si nous étions à mille lieux d’imaginer ce qui s’est réellement passé. Je sais que je ne serais pas devant vous aujourd’hui s’il n’avait pas été là pour moi, s’il n’avait pas prévu certaines personnes de ce qu’il se passait. Alors je tiens simplement à le remercier encore une fois. Merci Jonathan. »
Je regarde alors vers mes amis, ils sont tous venus me soutenir aujourd’hui dans la perte d’un nouvel ami. Tout le monde s’attendait à ce que ce soit moi qui craque, moi qui ne m’en sorte pas, mais Jonathan avait une hémorragie crânienne, rien n’aurait pu le sauver, absolument rien.
Une fois la cérémonie terminée, je me dirige vers la plage et je m’assois au bord de l’eau. Je suis épuisé, les médecins ne voulaient pas me laisser sortir, mais je n’aurais manqué cela pour rien au monde. Je me devais d’être là aujourd’hui. J’entends le bruit de pas, je tourne ma tête et je vois alors Joe s’approcher de moi. Je suis étonné, car j’ai l’impression qu’il m’évite depuis que nous sommes revenus à la maison. Il s’assoit à mes côtés, et pendant plusieurs minutes aucun de nous ne parle.
Finalement Joe brise le silence :
« Comment te sens tu fils ?
- Aussi bien que possible je crois.
- Ecoute il faut que je te parle de quelque chose. Je… »
Je regarde Joe, étonné. C’est bien une des première fois que je le vois perdre ses mots, et bafouiller.
« Te souviens-tu de quand tu étais malade dans la tente ?
- Certaines scènes, enfin je pense. Je ne sais pas vraiment si je les ai bien vécus, ou si c’était simplement un rêve. »
Il hoche la tête en réponse, et devant son silence je commence à réfléchir. Et d’un seul coup, j’ai une illumination, je me souviens de l’avoir appelé papa. Je suis presque certain que c’est de ça qu’il veut me parler. Je sens alors la panique m’envahir, et s’il m’en veut à cause de cela et que c’est la raison qui le pousse à être si distant. Je sens un tourbillon noir m’envahir.
« Steve, respire fils, respire calmement. »
Je rouvre les yeux, et je me rends compte que je suis allongé sur la plage et que Joe plane au-dessus de moi, inquiet.
« Le médecin a dit qu’il fallait que tu y ailles doucement Steve. »
Je hoche simplement la tête en réponse, ce que je regrette amèrement quand je sens des vertiges m’envahir. Je sens Joe qui me soutient et m’aide à m’asseoir à nouveau sur la plage.
« Ca va fils ? »
Je murmure un oui, à peine audible. Je regarde le sol.
« Steve, regarde-moi. »
Je fixe obstinément le sol, ne voulant pas croiser son regard. Il a compris que je savais où il voulait en venir.
« Fils, je ne t’en veux absolument pas.
- Alors pourquoi me fuyez-vous ?
- Je ne te fuis pas fils, il fallait que je règle simplement quelques choses comme aider pour l’arrestation du groupe de Melbourne. L’enquête a été longue car malheureusement de nombreuses branches à la NAVY étaient pourries. Ils ne pouvaient pas s’en sortir après ce qu’ils vous ont fait fils. »
Je ne réponds rien, je sais déjà cela. Une mission refusée à provoquer le doute chez Melbourne donc l’empoisonnement et le mauvais traitement avaient pour seul but de nous empêcher de rentrer aux Etats Unis et de déballer ce que nous savions.
« Steve regarde-moi s’il te plait. »
Je fais alors ce qu’il me demande, et je suis surpris de ne pas voir de colère dans ses yeux :
« Et il fallait que je réfléchisse. Je n’étais pas sûr que tu t’adressais à moi, fils. Tu étais brûlant de fièvre, et tu pouvais très bien demander ton père. Et puis, je dois t’avouer que j’avais peur, peur de prendre la place de John. Il a fait tout cela pour vous protéger, mais je sais qu’il ne t’en voudra pas non plus. Et crois-moi, je ne serai jamais en colère à cause de ça fils. Jamais, d’accord ?
- Oui… papa. »
Il me prend dans ses bras, et nous restons comme cela seulement pendant quelques secondes, mais cela est suffisant pour nous deux. Joe regarde pendant une seconde au-dessus de mon épaule, avant de se retourner son attention sur moi.
« Et il y a quelqu’un qui aimerait te parler. C’est Shelburne »
Je me retourne alors.
« Maman ? »
Fin