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« Hou Ho’omaka » Un nouveau départ

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 09.03.2014 à 14h09
Auteur : mesange 
Statut : Terminée

« Il l’avait retrouvée : le cauchemar recommençait mais c’était sans compter sur le Five-0… (J'écris seule) » mesange 

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1

 

Catherine s’en alla en claquant la porte derrière elle. Cette fois, c’en était trop ! Si Steve ne comprenait pas maintenant, il ne comprendrait jamais ! De son côté, Steve commençait à en avoir plus qu’assez de ces disputes incessantes. Qu’était devenue sa Cath ? Il avait de plus en plus de mal à la reconnaître. Il l’aimait, elle le savait quand même ! Il se retourna en entendant la porte s’ouvrir et vit Danny entrer :

« Je viens de voir Cath partir en trombe. Elle a même failli me rentrer dedans ! Que lui as-tu encore fait ? »

Steve souffla en levant les yeux au ciel :

« Pourquoi que ce serait forcément moi ? »

« Y a quelque chose qui l'a énervée il me semble. »

« Et automatiquement, tu penses que c'est ma faute. »

« Ben, venant du Capitaine Caverne, il n’y aurait rien d’étonnant. »

« Très amusant ! Tu veux un café ? »

« C’est pas de refus. »

« Je t’avoue que je ne la comprends plus », dit Steve, en tendant la tasse à son ami. « Notre relation est devenue reproche sur reproche. Elle attend autre chose de notre couple et quand je lui demande ce qu’elle veut exactement, elle me demande si je suis sérieux ! »

« Tu promets que tu ne vas pas t’énerver si je te dis ce que je pense ? » Steve soupira.

« Une relation, ça s’entretient… tout le temps. Tu sais, les femmes aiment les petites attentions, les surprises, elles aiment sentir qu’on les aime et surtout qu’on le leur montre. »

« Cath n’est pas ainsi, elle fait partie de la Navy… Comme moi », asséna Steve.

« Ouais mais c’est quand même une femme et tu es loin d’être un expert dans les relations sentimentales et même dans les relations tout court », ajouta Danny.

« Parce que toi, tu l’es ? Tu vexes tout le monde dès que tu ouvres la bouche. »

« Ah non, j’ai pas ce sentiment. »

« Et qui a divorcé et est venu se perdre à Hawaii pour voir sa fille ? »

« OK, je vois. Moi ce que je dis, c’est que si tu ne fais rien, tu la perdras. »

Steve ne répondit pas.

 

Les 2 compères étaient sur le point d’arriver au QG quand ils reçurent un appel de Chin. Le cadavre d’une jeune femme avait été découvert dans les bois par un randonneur et Max les y attendait déjà. La scène qu’ils découvrirent leur donna la nausée : cette jeune femme avait été battue à mort et à la place du cœur, il n’y avait plus qu’un trou béant.

« Bonjour Messieurs. »

« Bonjour Max. Dis-nous qu’elle était morte avant qu’on ne lui fasse ça ! » dit Danny.

« Je ne peux répondre pour l’instant, je n’en suis qu’au début de mon investigation. »

« On sait qui c’est ? » demanda Steve.

« Aucune pièce d’identité sur elle et ses empreintes ne sont pas répertoriées dans le fichier. Tout ce que je peux dire pour l’instant, c’est qu’elle a été battue à mort et il est très probable qu’elle ait été violée. Son corps présente de multiples lacérations, des brûlures et le cœur, comme vous pouvez le constater, a été arraché. »

« Elle en a bavé », lâcha Steve.

Pendant ce temps, Chin examinait les alentours. Steve lui demanda :

« Chin, tu as découvert des indices ? »

« Toute trace de pas a été effacée mais cinquante mètres plus bas, on découvre des traces de pneus et du sang. »

« Probablement celui de la victime mais avec un peu de chance, elle a peut-être blessé son agresseur », répondit Steve.

« A-t-on retrouvé le cœur ? » demanda Danny.

« Non, aucune trace pour l’instant. »

« Un animal qui passait par là et qui en aura fait son déjeuner ? » suggéra Danny.

« Ou alors le tueur l’a gardé comme une sorte de trophée », répondit Steve, la mine sombre.

« Tu penses à un tueur en séries ? « demanda Chin.

« Peut-être », répondit-il. « J’appelle Kono pour qu’elle lance quand même une recherche avec ce type de profil. Si mon pressentiment est bon, il y a forcément d’autres cas ici ou ailleurs. »

Ils rentrèrent au QG où Kono leur apprirent qu’ils avaient effectivement vu juste :

« On retrouve le même mode opératoire dans une dizaine d’états différents : toutes les victimes avaient été torturées, violées et le cœur leur avait été arraché et jamais retrouvé. Les enquêtes sont au point mort, l’identité du tueur n’ayant jamais pu être découverte. La seule différence avec notre enquête, c’est qu’ici on a tracé avec le sang de la victime le message « Je suis revenu ». »


mesange  (09.03.2014 à 14:17)

2

« Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Qu’il avait déjà eu affaire avec elle dans le passé ? Ou qu’il veut faire passer un message à quelqu’un d’autre? » demanda Danny.

« Quand cette fille aura été identifiée, nous en apprendrons peut-être plus…» dit Chin.

« Pauvre gosse, elle ne doit avoir qu’une vingtaine d’années », dit Steve et Danny de rajouter :

« Quand je pense que ce monstre se balade dans la même ville que ma fille !!!»

Les 4 amis se regardèrent et acquiescèrent en silence. Il fallait le retrouver avant qu’il ne s’en prenne à une autre femme.

« Kono, vois si quelqu’un a déclaré la disparition d’une fille qui correspondrait à sa description. Ca nous aidera peut-être à identifier notre victime. »

« OK, je vous tiens au courant. »

A ce moment, le téléphone de Steve sonna :

« Oui, Max ? On arrive tout de suite. »

A la morgue, Max les précéda dans la salle d’autopsie où reposait la jeune victime.

« Messieurs, cette jeune femme a été sauvagement violée, elle a perdu une quantité énorme de sang. On peut voir de multiples lacérations, trop régulières que pour avoir été faites sous le coup de pulsions, ce qui prouve que notre tueur est plutôt méthodique mais exclut qu’il soit médecin ou ait des connaissances médicales car il lui a ouvert le thorax de façon grossière. Le décès n’est survenu qu’une fois le cœur enlevé mais elle devait être encore consciente bien que très affaiblie. On retrouve également des traces de brûlures. Si je ne retrouve pas de trace de drogue, cette jeune fille sera morte dans d’atroces souffrances », conclut-il.

Danny en eut la nausée et Steve serra les dents et les poings. Ils trouveraient ce monstre, parole de Seal !

Le retour au QG se fit dans un silence de mort.

A quelques kilomètres de là, une jeune femme regardait les informations locales quand elle entendit parler du meurtre d’une jeune fille battue à mort. Selon la journaliste, le meurtrier voulait faire passer un message car il avait écrit sur le corps de la victime avec son sang "Je suis revenu".

En entendant cette phrase, elle se mit alors à trembler de tous ses membres, eut du mal à respirer, la tête lui tournait et elle fut prise de nausées. Le cauchemar recommençait-il ? Ce message lui était-il adressé ou paniquait-elle trop vite ? Sur le moment, elle n’avait qu’une envie : s’enfuir, quitter cette île et recommencer une nouvelle vie dans un autre état comme elle l’avait déjà trop souvent fait ces dix dernières années. Elle se força à se calmer, se concentra sur sa respiration et alla vérifier, une nouvelle fois, si tout était bien fermé. Elle ne ferma pas l’œil de toute la nuit se demandant ce qu’elle devait faire. Elle essaya de se raisonner : elle aimait son travail et même si elle ne sortait que rarement, elle appréciait cette île et son climat l’apaisait. Le matin, elle se força donc à s’habiller et se rendit à l’école comme tous les jours. Elle espérait qu’elle pourrait donner le change face à ses collègues et ne pas laisser transparaître son angoisse.

Pendant ce temps, Steve et Danny se rendaient à la morgue où ils rencontrèrent Mr et Mme Blake qui les attendaient dans la salle attenante au bureau de Max pour identifier la victime.

« Madame, Monsieur, je suis le commandant Mc Garrett du Five-0 et voici le lieutenant Williams. Vous avez signalé hier la disparition de votre fille, Abby. Nous sommes désolés de vous infliger ça mais nous avons besoin d’identifier la victime pour avancer dans notre enquête. Voulez-vous bien nous suivre ? »

Le couple, tremblant, avança lentement vers le corps, le mari soutenant sa femme et lorsque Max souleva le drap, cette dernière éclata en sanglots en reconnaissant sa fille. C’était un des aspects de leur boulot qu’ils détestaient le plus mais ils n’avaient pas le choix. Ils les laissèrent quelques instants seuls avec elle puis Steve demanda à Danny de les raccompagner jusqu’à la sortie leur promettant que la dépouille d’Abby leur serait bientôt remise.

« Un officier va vous raccompagner à votre domicile. Nous ne voulons pas vous brusquer mais nous devons avancer et l’officier Kalakaua vous y attend pour vous poser certaines questions. »

« Nous comprenons. Nous voulons que ce monstre soit arrêté et paie pour ce qu’il a fait à notre fille. Commandant, quand vous le retrouverez, faites-le souffrir !!! »

De retour au QG, ils regroupèrent les informations qu’ils avaient recueillies mais ils n’avancèrent pas vraiment. Abby n’avait aucun ennemi, elle n’avait pas de petit ami en ce moment et s’entendait très bien avec son ex. Elle respirait la joie de vivre selon ses parents et ses amies.

« On dirait bien qu’Abby s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment», dit Danny.

« Et le « Je suis revenu » s’adresserait donc à quelqu’un d’autre », ajouta Chin.

« Oui et cette personne est en danger », conclut Kono. « Le sait-elle seulement ? »

Le silence régna à nouveau quand Steve le rompit :

« Toutes les enquêtes ont donc été abandonnées, Kono ? »

« Oui. Le tueur semble très intelligent et s’il a laissé des preuves derrière lui, aucune n’a permis de lui mettre la main dessus. Ils espéraient qu’à un moment ou un autre, il commettrait une erreur mais en attendant, il se balade tranquillement dans la nature. »

Steve soupira et dit :

« Et si nous reprenions les rapports un à un : il y a peut-être quelque chose qui leur a échappé, un fil conducteur ? Nous devons retrouver et arrêter ce monstre avant qu’il ne s’en prenne à quelqu’un d’autre ! Ils se partagèrent les dossiers et gagnèrent tous leur bureau. »

 

Pendant ce temps, la jeune femme regagnait son domicile : elle ferma la porte derrière elle et vérifia soigneusement si tout était resté à sa place. Son rituel lui prenait une bonne heure mais ce n’est qu’après tout ce temps qu’elle parvenait à se détendre. Après une douche, elle se prépara un léger repas et alluma la télévision pour en savoir plus sur le meurtre de la veille mais selon la journaliste, l’unité Five-0 n’avait pas encore trouvé le tueur. Elle vit le Commandant McGarrett, visage fermé et reconnut le lieutenant Williams. Elle éteignit le poste pour mieux réfléchir : devait-elle aller les trouver et tout leur raconter ? Personne n’avait pu l’aider à l’époque. Pire, on l’avait vite laissée se débrouiller seule. Avait-elle seulement la force de revivre tout ça ? La vie qu’elle s’était péniblement reconstruite allait-elle à nouveau éclater ? Elle toucha à peine à son assiette et commença à corriger les travaux de ses élèves quand une rédaction l’interpella. Et si ?


mesange  (10.03.2014 à 14:46)

3

 

Il commençait à se faire tard au QG mais aucun ne voulait rentrer quand ils virent Duke suivi d’une femme qui devait avoir la trentaine se diriger vers le bureau de Steve :

« Commandant, cette jeune femme aimerait vous parler. Elle dit avoir des informations qui pourraient vous être utiles. »

« Merci, Duke, fais-la entrer. »

Steve la détailla en notant qu’Abby Blake lui ressemblait étrangement : blonde, grande, élancée, même coupe de cheveux. Elle était très belle mais c’est son regard qui le captiva : il y lit quelque chose qui l’émut au plus profond de lui-même. Danny l’avait tout de suite reconnue et entra aussitôt dans le bureau de Steve en lançant :

« Bonsoir, Mademoiselle Grainger, je suis le lieutenant Williams, le papa de Grace. »

Steve le regarda sans comprendre et Danny lui expliqua :

« Mademoiselle Kelly Grainger est l’institutrice de Grace et nous nous sommes déjà rencontrés à l’occasion de la réunion des parents. »

et en se tournant vers l’institutrice :

« Grace ne tarit pas d’éloges à votre égard. Je suis heureux de vous revoir. »

« Lieutenant Williams, vous avez une petite fille adorable. Je l’apprécie beaucoup. »

Le visage de Danny s’illumina mais avant qu’il n’en rajoute, Steve s’adressa à la jeune femme :

« Mademoiselle Grainger, vous vouliez me parler ? »

Et Kelly tourna vers lui un regard qui exprimait une telle souffrance qu’il en fut décontenancé.

« Voulez-vous vous asseoir ? » 

«  Euh, je ne sais pas, je préfère rester debout… je crois. »

« Comme vous voulez. »

« J’ai appris aux informations locales que vous enquêtez sur le meurtre de cette jeune fille retrouvée morte et si je suis là, c’est que je pense que le « Je suis revenu » s’adresse à moi » Voilà, c’était dit !

Steve et Danny se dévisagèrent ne s’attendant pas à une telle déclaration. Steve, le premier, rompit le silence :

« Qu’est-ce qui vous fait croire ça ? »

« Je n’en suis pas sûre mais j’ai toujours craint qu’il ne retrouve ma trace à un moment ou un autre », dit-elle les larmes aux yeux.

Danny lui demanda doucement :

« Que vous est-il arrivé ? »

La jeune femme prit une profonde inspiration et se lança d’une voix tremblante :

« J’ai été sauvagement agressée chez moi. C’était le 6 juillet 2004. En quelques heures, ma vie a basculé : je venais d’obtenir mon diplôme d’avocate, j’allais entrer dans un des cabinets les plus cotés de Pittsburgh, j’allais me marier. Mais voilà que j’étais allongée sur un lit d’hôpital où je ne désirais plus qu’une chose : ne plus m’éveiller pour ne plus souffrir, pour ne pas devoir affronter ce qu’il m’avait fait…»

 

Caché sous les arbres, IL ne pouvait pas la voir mais il se délectait de la savoir en train de raconter la fabuleuse nuit qu’ils avaient passée ensemble. « Surtout n’oublie aucun détail… »

 

Elle s’interrompit quelques secondes, le temps de maîtriser sa voix et poursuivit :

« Ce monstre n’a jamais été arrêté et le dossier est resté finalement sans suite. Il poursuit sa vie alors que la mienne est devenue un enfer. Il est là quelque part et je l’entends toujours me dire «Tu es à moi, je reviendrai». Jamais je n’oublierai ces paroles ni cette voix et je vis jour après jour avec l’angoisse qu’il me retrouve effectivement. Alors quand j’ai entendu hier soir ce fait divers à la télévision, j’ai tout de suite pensé que ce message s’adressait à moi. J’essaie de me raisonner, de me dire que je panique sûrement trop vite ! Ma première impulsion a été de fuir à nouveau mais il ne s’agit plus que de moi maintenant et si mon témoignage peut faire avancer l’enquête et surtout aider à l’attraper avant qu’il ne frappe à nouveau, je ne serai pas venue pour rien», déclara-t-elle en les regardant les yeux pleins d’espoir.

Danny, qui ne s’attendait pas à ça, brisa le silence qui venait de s’installer :

« Vous avez déjà dû l’entendre mais je suis sincèrement désolé d’apprendre ce qui vous est arrivé, Mademoiselle Grainger. »

« Merci, Lieutenant. Pensez-vous qu’il puisse s’agir du même agresseur ? » insista Kelly d’une voix tendue.

Danny regarda Steve qui prit la parole d’une voix douce :

« L’enquête n’en est qu’à ses débuts. Tout ce que l’on sait, c’est que la jeune femme que nous avons retrouvée a été tuée et mutilée. Il ne lui a laissé aucune chance…»

« Ce qui n’est pas mon cas », continua Kelly. Elle se tut un instant et lâcha : « J’ai certainement été un peu vite, j’ai cru que… Mais je vous fais perdre votre temps ». Elle s’en excusa et s’apprêtait à quitter le bureau en se demandant comment elle avait pu être aussi stupide et pourquoi elle était venue les trouver quand Steve la retint en la prenant doucement par les épaules et en lui disant :

« Mademoiselle, aucune piste n’est à négliger et je reconnais que le message qu’il a laissé est troublant. De toute évidence, il s’adresse à quelqu’un en particulier et après ce qui vous est arrivé, il est normal de penser qu’il vous est destiné et où en est l’enquête actuellement, on ne peut malheureusement vous affirmer le contraire. »

Danny ajouta :

« Il vous a fallu beaucoup de courage pour venir nous voir et vous avez bien fait. S’il s’agit effectivement du même coupable, vous êtes en danger et ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne s’en prenne à nouveau à vous mais nous ferons en sorte que ça n’arrive pas. »

Steve continua :

« Mademoiselle, je sais que ce que je vais vous demander fera encore remonter de douloureux souvenirs et si je pouvais vous épargner ça, je le ferais mais j’ai besoin d’en savoir plus. »

« Je comprends, dit-elle. Allez-y. »

 

Kono et Chin les regardaient de leur bureau mais ils n’osaient pas se joindre à eux. Qu’est-ce qu’elle pouvait leur raconter ? Steve et Danny semblaient tous les deux bouleversés sans parler de la jeune femme qui était bien pâle. Se pourrait-il que ce soit la personne à qui le message était adressé ?


mesange  (11.03.2014 à 10:50)

4

 

« Vous ne voulez toujours pas vous asseoir ? » demanda Steve doucement et cette fois, elle s’assit. Il la regarda : la souffrance qu’il lisait dans ses yeux le bouleversait plus que de raison, sûrement aussi parce qu’il s’agissait de l’institutrice de Grace qui l’aimait beaucoup, se dit-il. Il se racla la gorge, jeta un œil à Danny et commença :

« Se pourrait-il que votre agresseur ait été interrompu et qu’il ait pris peur avant de vous abandonner, ce qui expliquerait ses derniers propos ? »

« Non… Non, je ne pense pas mais la douleur était telle que je ne peux vous l’affirmer. C’est ma voisine qui a appelé les secours en voyant que je ne répondais pas à ses appels le matin et que ma fenêtre était cassée. La police m’a dit m’avoir retrouvée inconsciente. Je me suis réveillée à l’hôpital deux jours après, je ne pouvais pas parler, j’avais du mal à bouger, il y avait des perfusions partout. »

« Connaissiez-vous cet homme ? L’aviez-vous déjà aperçu ? » demanda Danny.

« Non, pas du tout ! »

« Vous pourriez nous en dire un peu plus ? Nous donner une description de votre agresseur ? » lui demanda Steve.

« Ce soir-là, je suis rentrée tard. J’étais surchargée de travail et j’ai préféré rester seule pour me consacrer à mes dossiers et avancer. J’ai croisé ma voisine, nous avons un peu bavardé, je suis entrée et n’ai rien remarqué d’anormal. Je suis allée prendre une douche et en me rendant à la cuisine pour me préparer un en-cas, je l’ai vu ». Sa respiration s’accentua. « Il portait un masque de diable, il avait un couteau. J’ai essayé de fuir mais il m’a attrapée et… et je n’ai rien pu faire. Il m’a attachée aux montants du lit et il m’a… il m’a… toute… toute la nuit » et sa voix se brisa.

Danny regardait ses pieds et Steve serrait les dents : ils avaient compris. Elle poursuivit :

« Je n’ai à aucun moment pu voir son visage car il n’a jamais retiré son masque. Je peux juste dire qu’il avait les cheveux châtain clair, qu’il était grand, mince et musclé. Il avait une cicatrice en haut de l’épaule gauche qui ressemblait à une virgule, un peu comme le logo de Nike. Il avait une voix très grave. Il m’avait dit qu’il m’épiait depuis un moment et d’après les détails qu’il m’énonçait, je dirais bien au moins un an. Il savait tout : où je travaillais, où j’allais encore bien déjeuner en semaine, où habitait mon fiancé, dans quels magasins je m’étais rendue la semaine précédant mon agression. Il s était à maintes reprises, m’a-t-il dit, introduit chez moi et je ne m’en étais même pas aperçue ! Quand j’ai pu sortir de l’hôpital, je ne suis jamais retournée dans mon loft, c’était trop dur et j’ai déménagé en restant, dans un premier temps, à Pittsburgh mais rien que de penser qu’il pouvait m’approcher sans que je puisse le reconnaître me terrifiait. Je n’osais plus sortir, je devenais folle. Mon fiancé m’a vite laissée tomber, le cabinet où je devais travailler m’a fait savoir que ce qui m’était arrivé nuirait à leur notoriété et que je n’étais plus la bienvenue. Je me suis retrouvée seule et terrifiée. J’ai alors demandé un changement d’identité et je suis partie à la Nouvelle-Orléans où, après une thérapie intensive, j’ai été suffisamment forte que pour reprendre des études pour devenir institutrice. Vous comprenez, j’ignore à quoi il peut ressembler et le simple fait de côtoyer des jeunes et des adultes m’angoisse, c’est différent avec les enfants. Quand j’ai obtenu mon diplôme, j’ai effectué des remplacements ici et là et tous ces déménagements me convenaient parfaitement, j’évitais ainsi de nouer toute relation qui amènerait des invitations à sortir et inévitablement des questions et s’il me cherchait, je lui compliquais la tâche, du moins, c’est ce que je pensais jusqu’à présent. Je suis venue m’installer à Hawaii il y a 6 mois »

Steve ne sut que dire. Il était impressionné et bouleversé par cette femme qui a su aller au-delà de ses traumatismes pour reprendre sa vie en main mais à quel prix ! Et il vit qu’il en était de même pour Danny. Il demanda :

« Vous avez changé d’identité avez-vous dit. Quel était votre nom auparavant ? »

« Cory Mayers et je suis née le 15 juillet 1978. »

« Nous allons demander une copie de votre dossier. Voulez-vous quelque chose à boire ? Un café, un verre d’eau ? » lui demanda doucement Steve en lui tendant une boîte de kleenex car malgré ses efforts, elle n’avait pu empêcher quelques larmes de couler et elle ne s’en rendait visiblement pas compte.

« Un verre d’eau, s’il vous plaît. »

« Je reviens de suite. Danny, peux-tu demander à Kono de récupérer le dossier de Mademoiselle ? »

« J’y vais de ce pas. »

En sortant, Danny dit à son ami :

« Si je m’attendais à cela ! Grace l’adore, elle ne cesse d’en parler et l’a même prise pour modèle, ce qui embête un peu... même beaucoup, Rachel. Elle veut le même parfum et veut plus tard devenir institutrice et en faisant sa connaissance lors de la réunion des parents, j’ai compris le pourquoi de l’engouement de ma fille.On voit qu’elle aime ce qu’elle fait et ses élèves. Elle est très compétente. Malgré les bonnes notes de Grace, elle avait remarqué qu’elle mettait plus de temps que certains pour comprendre certaines fractions et l’a prise à part pour voir ce qui la gênait autant et depuis lors, Grace adore les fractions. J’aurais aimé avoir une telle institutrice, crois-moi, mes notes auraient été bien différentes. » Steve sourit et Danny poursuivit :

« Crois-tu que ce message lui soit réellement adressé ? »

« Je ne sais pas mais vu son passé, ça pourrait être le cas en effet. On trouvera peut-être dans son dossier certaines concordances…»

« En tout cas, elle ne semble pas être au courant des autres victimes. Ca vaudrait aussi la peine de connaître tous les endroits où elle est allée depuis son agression. »

« J’espère pour elle que notre tueur et son agresseur sont bien une seule et même personne car quand nous arrêterons ce monstre, et nous l’arrêterons, elle pourra reprendre une vie normale…»

 

Danny acquiesça. Il s’était pris de sympathie pour cette jeune femme et maintenant qu’il découvrait l’enfer qu’elle traversait, il n’avait qu’une envie : l’aider. Il entra dans le bureau de Chin, leur raconta brièvement ce que Kelly leur avait dit et demanda à Kono de récupérer une copie de son dossier.


mesange  (12.03.2014 à 14:41)

5

 

Steve revint auprès de Kelly, lui tendit un verre d’eau qu’elle prit en le remerciant.

« Ca va ? »

« Vous me croiriez si je vous disais que je suis prête à aller faire la fête ? »

« Non », répondit-il avec un léger sourire qu’elle lui rendit timidement, ce qui à nouveau provoqua en lui des sentiments qu’il ne s’expliquait pas vraiment. Décidément, cette fille l’impressionnait. Danny venait de les rejoindre quand il lui dit :

« A partir de maintenant et jusqu’à ce qu’on l’arrête, vous allez être placée 24H sur 24 sous la protection de la police. Je vais vous raccompagner ce soir chez vous et vérifier que vous êtes en sécurité. »

« C’est très gentil de votre part mais…»

« Je ne veux courir aucun risque. Grace ne me le pardonnerait pas s’il vous arrivait quelque chose » dit-il le plus sérieusement du monde mais ses yeux pétillaient. Kelly ne put s’empêcher alors de sourire, ce qui lui réchauffa le cœur et à l’adresse de Danny :

« Je ramène Mademoiselle Grainger chez elle » et ils partirent tous les deux. Chin et Kono vinrent aussitôt trouver Danny.

« Je n'ose imaginer le calvaire qu'elle a vécu et l’enfer qu’elle vit depuis », dit Kono.

Les deux hommes acquiescèrent en silence.

« Au fait, pourquoi Steve l’a-t-il raccompagnée ? Les agents détachés à sa sécurité auraient pu le faire. »

« Bah, tu connais Steve, il veut tout contrôler », dit Danny mais il devait s’avouer qu’il se posait la même question.

 

IL se félicitait d’avoir écrit ce message sur le corps de cette pleurnicheuse, il savait qu’ELLE comprendrait mais quand il la vit sortir des bureaux de la police, le visage bouleversé, il ne s’attendait pas à ressentir une telle extase : il pouvait maintenant sentir la peur émaner de sa tendre Cory. Elle serait bientôt parfaite : le moment des retrouvailles approchait à grands pas…

 

Une fois arrivés au domicile de l’institutrice, Steve entra le premier et fit le tour des pièces pour s’assurer que tout allait bien. Kelly devait reconnaître qu’elle était soulagée qu’il soit venu en personne. Elle ne le connaissait pas mais il lui inspirait confiance, peut-être aussi à cause des éloges dont Grace ne tarissait pas à son sujet. Elle allait le remercier quand il lui dit :

« J'ai quelques questions à vous poser si vous le permettez. On pourrait s’asseoir ? »

« Bien sûr », répondit-elle en l’invitant à s’installer dans un des fauteuils. « Je vous écoute. »

« Vous nous avez dit avoir déménagé de nombreuses fois. J'aimerais connaître toutes les villes où vous vous êtes installée et si vous vous en souvenez bien sûr, les dates de vos arrivées et celles de vos départs. »

« C'est important pour votre enquête ? »

Il répondit prudemment car de toute évidence, elle ignorait que son agresseur avait fait d’autres victimes dans différents états avant de venir à Hawaii et c’était peut-être mieux ainsi…

« Ca pourrait l'être. Il se peut qu'il vous ait effectivement suivie et un nom pourrait alors peut-être revenir. »

Kelly se leva et quitta la pièce quelques instant pendant lesquels Steve jeta un œil autour de lui en notant que tout était impeccablement rangé mais que la décoration de l’appartement était fort dépouillée. Elle revint avec un petit carnet qu'elle lui remit. Il l’ouvrit et constata avec étonnement que tout y était indiqué, même le numéro de vol des avions qu'elle avait pris. Elle expliqua en voyant son expression :

« J'étais avocate et je me disais que peut-être un jour, ces détails pourraient avoir leur importance. »

« Et c’est peut-être le cas, en effet. Je peux le prendre avec moi ? »

« Bien sûr. Je ne demanderais pas mieux que ça puisse vous aider. »

« Merci. Aviez-vous averti le policier chargé de votre dossier de votre changement d’identité avant votre départ de Pittsburgh ? »

« Non, je n’en voyais pas l’utilité et tout ce que je désirais, c’était disparaître en laissant le minimum de traces derrière moi. »

« Je comprends. Il est tard et vous êtes épuisée. Je vais vous laisser. Vous êtes sûre que ça ira ? »

« Oui, j’avoue que savoir une patrouille de surveillance présente me rassure un peu. »

« Voici ma carte avec mon numéro de téléphone. N'hésitez surtout pas à m'appeler et ce, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. D'accord ? »

« J’espère ne pas avoir à le faire. »

« Gardez votre téléphone près de vous et encodez tout de suite mon numéro », ordonna Steve.

« Oui, Commandant », dit-elle avec un petit air espiègle qui le fit fondre. Mais pourquoi réagissait-il ainsi ? Il se racla la gorge et avant de s’en aller, lui dit qu’il lui téléphonerait le lendemain. Il rentra ensuite au QG où l’attendaient encore Danny et Kono visiblement bouleversés.

« Vous en faites une tête tous les deux »

« J’ai récupéré le dossier de Kelly : ce type est un malade » dit Kono.

« Quelque chose qui pourrait le lier à notre meurtrier ? »

« Il y a quelques points communs. Regarde » dit Danny.

Steve prit le dossier et le consulta. Il lut le rapport du médecin qui l’avait soignée et vit quelques photos qui lui déchirèrent le cœur et en se frottant le front avec le pouce, il dit en soupirant :

« Il se fait tard mais dès la première heure demain matin, Kono, tu remettras la partie médicale de ce dossier à Max. Il découvrira peut-être des similitudes entre les blessures de Kelly et celles d’Abby. »

« Mieux, je vais aller le lui déposer ce soir et lui laisser un mot. Il pourra s’y mettre dès son arrivée demain matin » répondit-elle.

« Bien. »

« On a son ADN grâce à des cheveux et des poils retrouvés, c’est déjà ça, mais ce malade n’est pas fiché » dit Danny.  

« Nous verrons ce qu’en dira Max demain. Si l’ADN concorde, Kelly est vraiment en danger. Elle m’a remis ce carnet avec la liste de tous ses points de chute depuis son agression et les dates d’arrivée et de départ pour chacune des villes où elle s’est installée. Voyons déjà ce que ça donne…» Et il énuméra les informations à haute voix pendant que Kono lançait la recherche : « Nouvelle-Orléans, Denver, San Francisco, Minneapolis, Wichita, Philadelphie, Sioux Falls, Fort Lauderdale, Seattle, Milwaukee, Dallas et Honolulu. »


mesange  (13.03.2014 à 15:10)

6

 

« Steve, toutes les villes citées, à l’exception de la Nouvelle-Orléans et Denver, concordent ! » s’exclama Kono.

« C’est notre homme ! » asséna Danny.

« Voyons les dates maintenant. »

Kono lui énuméra les dates des meurtres commis dans ces villes selon le même mode opératoire et elles concordaient toutes avec les périodes indiquées par Kelly.

« Il semblerait que son changement d’identité lui ait donné du fil à retordre pendant trois ans mais pourquoi en attendre près de huit avant de lui faire comprendre qu’il l’avait retrouvée ? » demanda Danny.

« Il joue avec elle. Elle nous a dit qu’il l’avait épiée et cela bien avant qu’il ne s’en prenne à elle » répondit Steve. 

« Et en attendant de la retrouver, il assouvit ses pulsions avec des filles qui lui ressemblent physiquement…» conclut Kono.

« S’il l’épie, il sait peut-être qu’elle est venue nous trouver ? » pensa à haute voix Danny.

« Le tout est de savoir comment il la traque : la suit-il simplement ? A-t-il déjà pénétré chez elle ? Si oui, a-t-il posé des micros ? » ajouta Steve.

« S’il la suit, les bandes vidéo des caméras de surveillance nous seront bien utiles » dit Danny.

« Kono, peux-tu vérifier s’il y a des caméras près de son immeuble et voir, si c’est le cas, si elles fonctionnent ? En même temps, demande-leur pour récupérer les bandes. Chin les examinera demain » dit Steve.

« Vous croyez qu’il va essayer de s’en prendre à nouveau à elle alors qu’elle se trouve maintenant sous la protection de la police ? » questionna Kono.

« Il est obsédé par elle et à un moment ou un autre, il ne se satisfera plus de ses substituts et nous devons absolument le retrouver avant qu’il ne fasse de nouvelles victimes ou ne l'agresse à nouveau. Nous ignorons aussi si le fait qu’elle soit venue nous trouver ne l’incitera pas à passer à l’action plus tôt que prévu et s’il s’est déjà introduit chez elle, ce ne sera qu’un jeu d’enfant pour lui. Je ne suis pas rassuré » conclut le boss.

« Je connais ce regard. Que comptes-tu faire ? » demanda Danny.

« Aller vérifier une nouvelle fois que tout va bien. Rentrez chez vous, il se fait tard. A demain »

« A demain», répondirent en chœur Kono et Danny.

« Au fait, vous savez pourquoi Chin est parti plus tôt aujourd’hui ? » demanda Steve.

« Il devait accompagner Malia pour sa conférence. Il m’a dit qu’elle était dans tous ses états » lui expliqua Kono.

« Ah les femmes ! » rigola Danny.

Ses deux équipiers sourirent.

 

A l’hôpital, Chin attendait torse nu que le médecin vienne l’examiner. Malia était à ses côtés quand le Docteur Adams entra :

« Bonsoir Malia. »

« Bonsoir Alan. C’est très gentil à vous d’être revenu à l’hôpital un peu plus tôt pour examiner mon mari. »

« Pas de problème, Malia. C’est avec plaisir, vous le savez bien et je ne raterai pour rien au monde votre conférence » et se tournant vers Chin : «  Monsieur Kelly »

« Bonsoir Docteur Adams »

 

Steve se rendit donc au domicile de Kelly, alla trouver les agents en faction à qui il donna de nouveaux ordres, fit le tour de l’immeuble pour vérifier qu’il n’y avait aucune trace d’effraction et voyant encore de la lumière dans son appartement, l’appela :

« Mademoiselle Grainger, je suis désolé de venir vous importuner à cette heure mais puis-je monter vous voir ? »

Kelly hésita mais elle l’invita malgré tout à entrer quand il frappa doucement à sa porte. Il remarqua aussitôt son teint pâle, ses traits tirés, elle avait pleuré de toute évidence et il se demandait comment elle prendrait ce qu’il avait à lui révéler.

« Cette journée a été bien éprouvante », dit-il simplement.

« Vous avez d’autres questions à me poser ? » lui demanda-t-elle de manière un peu brusque. Elle avait beaucoup de mal à se maîtriser, l’angoisse l’oppressait de plus en plus et elle ne voulait pas se montrer aussi vulnérable.

« Non, je voulais simplement vous avertir que notre tueur pourrait bien être votre agresseur mais nous n’en aurons la preuve formelle que demain avec la comparaison ADN »

« Mais vous en êtes persuadés ? C’est vraiment lui ? » demanda-t-elle tremblante.

« Nous le pensons, oui, car il se trouve qu’il y a d’autres meurtres non élucidés qui ont eu lieu dans différents états. »

Kelly blêmit, Steve continua :

« Le mode opératoire était le même et en examinant votre carnet, il s’avère que ces meurtres ont eu lieu dans les villes quand vous y étiez à l’exception de la Nouvelle-Orléans et Denver. Nous attendons également de voir si l’ADN retrouvé sur les victimes concorde. »

« Il m’a donc suivie toutes ces années, il a toujours su où me trouver en fait », dit-elle dans un souffle et en le regardant : « Vous savez, ce qui a été le plus difficile après ? Ce n’est pas la douleur physique, on la surmonte mais la terreur que l’on a éprouvée, elle ne disparaît pas aussi facilement : un rien la ravive et les cicatrices sont là pour vous rafraîchir la mémoire, comme si c’était nécessaire ! IL savait tout de moi, tout !!! Il a brisé ma vie et combien d’autres encore ? Pourquoi les avoir tuées, elles et pas moi ? Pourquoi ? Pourquoi ? » hoqueta-telle.

Elle fut prise de tremblements et de sanglots incoercibles et Steve la serra dans ses bras. Kelly se raidit à son contact mais sa voix était si douce qu’elle se laissa finalement aller contre lui et se laissa bercer. Il lui caressa les cheveux pour la calmer et après un long moment, elle se détacha de lui en s’excusant d’avoir mouillé sa chemise. Steve était abasourdi : cette jeune femme vivait un véritable cauchemar et elle s’excusait pour sa chemise !

« Nous le retrouverons et l’arrêterons. Il ne s’en sortira pas cette fois, je vous le promets. »

Elle leva les yeux vers lui mais au lieu d'y lire une lueur d'espoir, il y vit de la résignation. Elle ne le croyait pas. Alors, il lança de manière impulsive :

« Venez, je vous emmène chez moi. Vous avez besoin de changer d’air ! »

Elle était exténuée, à bout de forces et elle ne broncha pas : l’idée de rester dans cet appartement seule lui était insupportable et ils s’en allèrent.

Il se rendait compte qu’il transgressait la procédure mais il n’en était plus à ça près. Cette fille avait été torturée et il savait ce que l’on pouvait ressentir mais lui, il avait été formé pour résister. Elle pensait être seule mais elle se trompait : il était là, il arrêterait ce malade et l’aiderait à retrouver le sourire. Il lui jeta un œil : son joli visage était tout décomposé mais elle essayait de se ressaisir. Sa force de caractère le toucha.

 

Ca, IL ne l’avait pas prévu et il était fou de rage, tournant comme un lion dans sa cage : non seulement, ce type lui enlevait sa Cory mais il l’avait souillée en la prenant dans ses bras ! Il fallait qu’il se calme, qu’il recouvre ses esprits. Il respira lentement et réfléchit : les suivre le mettrait en danger. Non, ce soir, il se contenterait de faire des recherches sur ce Commandant du Five-0 mais avant, il alla chercher sa besace, en sortit son instrument de torture qu’il aiguisa à nouveau soigneusement et imaginer la lame glisser sur le corps de sa tendre aimée l’apaisa.

 

Pendant ce temps à l’hôpital, Chin remit sa chemise et demanda :

« Quand aurez-vous les résultats ? »

« Il faut attendre au moins 48 H mais dès leur réception, je vous préviendrai » répondit le médecin.

« Merci, Docteur. »

« Merci Alan » dit Malia.

« Il est temps de vous rendre en salle de conférence » répondit Alan Adams.

« En effet » et ils sortirent tous les trois pour se rendre à l’étage supérieur : la salle était bondée. Chin rassura Malia :

« Ne t’en fais pas, les résultats seront bons, tu t’inquiètes trop vite. Ne pense plus à ça et concentre-toi sur ta conférence, d’accord ? »

« Je suis soulagée que tu aies accepté de voir Alan » et en lui faisant un clin d’œil « Mieux vaut prévenir que guérir. Je t’aime tellement, Chin. »

« Je t’aime aussi, Malia » et il alla s’asseoir alors qu’elle prenait place sur l’estrade…


mesange  (14.03.2014 à 10:13)

Steve fit entrer Kelly chez lui et lui dit :

« Rien de tel que le bruit des vagues pour vous apaiser, enfin pour la plupart des gens ! » Et il pensa à Danny. « Que diriez-vous de prendre une bière au bord de la plage ? A moins que vous ne préfériez un verre de vin ? »

Kelly dut se concentrer pour assimiler ce qu’il venait de lui dire et comme elle n’avait enregistré que les mots « verre de vin », elle lui répondit :

« Oui, un verre de vin. »

« Rouge ou blanc ? »

« Je préfère le rouge. »

« Moi aussi », approuva Steve en souriant. 

Il revint avec deux verres et ils s’installèrent au bord de la plage. Kelly restait toutefois silencieuse, refermée sur elle-même. Il avait remarqué le combat intérieur qu’elle menait, sa poitrine se soulevant trop rapidement et il avait reconnu tout à l’heure certains symptômes du stress post-traumatique : elle l’avait suivi comme une automate, devenant plus passive, trop passive et il n’aimait pas ça. Il devait briser cet engourdissement émotif qui s’emparait d’elle. Il lui parla alors de Danny et de l’aversion qu’il ressentait pour cette île mais elle ne réagissait pas. Il souleva un peu la table sur laquelle étaient posés les verres qui se renversèrent et elle se leva d’un bond sortant de sa torpeur comme il l’espérait.

Steve contrit :

« Je suis désolé, je suis vraiment maladroit. »

Kelly le rassura :

« Ce n’est rien ! Aucune tâche à l’horizon. »

« Ouf, j’ai eu peur de vous devoir des frais de blanchisserie. »

Elle sourit et après avoir réparé les dégâts, ils bavardèrent finalement de tout et de rien et la jeune femme finit par se détendre un peu. Il remarqua qu’elle savait avoir de la répartie, elle était avocate après tout et malgré les circonstances, il apprécia ce moment mais il commençait à se faire très tard et à contrecœur, il lui proposa de rentrer. Il installa Kelly dans la chambre de sa sœur, lui dit que sa maison était protégée par une alarme et qu’elle n’avait rien à craindre, qu’il était juste à côté. Elle le remercia et il gagna sa propre chambre. Il regarda son portable et s’il s’attendait à un message de Catherine, il fut déçu. Allait-il l’appeler ? Il hésita mais déposa finalement son téléphone sur la table de chevet : il n’avait tout simplement pas envie d’entendre ses sempiternels reproches, la journée ayant déjà été assez difficile comme ça…

 

De son côté, Catherine soupira. Elle avait espéré un geste de Steve, pas grand-chose, juste qu’il lui montre qu’il tenait à elle mais il n’avait même pas essayé de l’appeler… Elle éteignit la lumière, se tourna et… pleura.

 

Chin, quant à lui, regardait avec fierté sa femme debout sur l’estrade. Il ne comprenait pas grand-chose au jargon médical qu’elle employait mais il se disait qu’il avait vraiment beaucoup de chance de l’avoir à ses côtés. Il repensa aux biopsies réalisées un peu plus tôt dans la soirée, il était inquiet malgré l’air bravache qu’il affichait mais il chassa vite ces sombres pensées et en revint à l’enquête que le Five-0 menait :il revit alors le visage de Kelly. Pauvre fille, comment pouvait-on se remettre d’un tel drame ? Ils devaient retrouver ce malade coûte que coûte !

 

Kono venait de rentrer. Après avoir déposé les pièces médicales du dossier de Kelly sur le bureau de Max, elle avait croisé Charlie qui lui avait proposé d’aller manger un bout ensemble et elle avait accepté avec plaisir. Elle appréciait de plus en plus sa compagnie mais ce soir, elle n’avait pas le cœur à faire la fête : l’enfer que vivait l’institutrice de Grace la peinait et la révoltait. Elle ne l’avait qu’entrevue mais elle admirait son courage. Elle espérait vraiment que le Five-0 puisse mettre fin à son cauchemar.

 

Danny rentra lui aussi mais auparavant, il avait fait un détour pour voir Grace : elle dormait déjà vu l’heure tardive mais en voyant sa mine sombre et son air revêche, son ex-femme avait préféré le laisser monter la voir sans faire de commentaires désobligeants. Il s’assit sur le lit de sa fille et lui caressa les cheveux. Il pensait aussi à Kelly : son histoire le rendait malade. Tout lui souriait jusqu’à ce qu’un jour, elle rencontre le diable en personne. Il embrassa alors tendrement son petit chat sur le front et il partit.

 

Kelly était allongée sur le lit mais elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. Les derniers événements l’avaient fortement ébranlée et elle redoutait de se laisser emporter par le tourbillon de ses émotions. Elle devait absolument reprendre le contrôle d’elle-même mais comment quand ce qu’elle redoutait depuis tant d’années était sur le point de se produire ? Elle savait qu’elle ne s’en sortirait pas cette fois si elle tombait à nouveau entre ses mains. Elle éclata en sanglots puis finit par s’endormir.

Le cœur de Steve se serra quand il l’entendit. Il resta couché sur le dos pendant de longues minutes à l’écouter mais finit, lui aussi, par s’assoupir quand il fut réveillé en sursaut par un cri. Il gagna aussitôt la chambre de Kelly qu’il trouva assise sur le lit. Elle faisait un cauchemar, la terreur se lisait dans ses beaux yeux bleus. Il prononça doucement son prénom en s’approchant d’elle mais quand il voulut la prendre dans ses bras pour la réconforter, elle se débattit avec une telle violence qu’il fut obligé de la serrer fermement contre lui.

« Kelly, tout va bien, c’est moi, Steve. »

« Non ! Lâchez-moi. Je vous en supplie, laissez-moi. Non ! Non !... »

« Kelly, réveillez-vous, vous faites un cauchemar. Tout va bien, je suis là, chuttt… Calmez-vous… Ce n’est que moi, chuttt…»

Kelly le reconnut enfin et s’accrocha alors à lui de toutes ses forces. Il relâcha un peu son étreinte tout en lui parlant tendrement et en lui caressant les cheveux et ils restèrent ainsi de longues minutes. Il attendit que sa respiration reprenne un rythme normal et il s’écarta alors lentement d’elle en lui demandant :

« Ca va mieux ? »

« Oui… Je suis sincèrement désolée, ça semblait si réel. »

« Kelly, vous n’avez pas à vous excuser. Ce que vous traversez en ce moment est des plus pénibles. Vous pouvez compter sur moi, je ferai tout ce qui est mon pouvoir pour vous protéger. Je ne vous laisserai pas tomber, je vous le promets. »

« Andrew me l’a dit aussi mais il est parti… »

« Andrew ? L’homme que vous deviez épouser ? »

« Oui. »

« Je ne suis pas Andrew. »

« J’ai si peur… »

« Je vais rester là le temps que vous vous rendormiez. » Aucun des deux ne parla et elle finit par s’assoupir.

 

A l’autre bout de la ville, Chin avait du mal, lui aussi, à dormir. Le sentant à nouveau bouger, Malia vint se lover tout contre lui : elle savait, même s’il ne voulait pas le montrer qu’il s’inquiétait des résultats. Elle aussi avait peur. Ils se sourirent et restèrent blottis l’un contre l’autre sans dire un mot, savourant juste ce moment.


mesange  (15.03.2014 à 13:33)

8

 

Deux heures plus tard, Steve ouvrit les yeux : il s’était finalement endormi lui aussi et en se levant, il éveilla Kelly. La scène était plutôt cocasse : la jeune femme dans le pyjama de sa sœur, trop petit pour elle et lui, en simple short comme il n’avait pas pris la peine de revêtir un t-shirt quand il avait été la rejoindre et pour détendre l’atmosphère en la voyant rougir, il lui dit en lui souriant :

« Bonjour, vous êtes pire qu’une marmotte. »

Elle se tourna avec appréhension vers le réveil et fut soulagée de voir qu’il n’était que 6 H 30 mais elle ne devait pas traîner si elle voulait arriver à l’heure à l’école et elle se leva d’un bond en répondant :

« Bonjour, Commandant. »

« Pensez-vous être assez bien que pour donner cours ? » demanda-t-il avec sollicitude.

« Je dois avoir une tête épouvantable mais avec un peu de maquillage, ça devrait aller. »

« Je ne parle pas physiquement…»

« Ca devra aller ! Je dois absolument m’occuper l’esprit. »

Un autre symptôme du stress post-traumatique, nota-t-il. Il se leva et alla prendre lui aussi une douche avant de se préparer pour partir. Il appela avant Danny pour le prévenir de son retard et descendit la rejoindre dans la cuisine dans laquelle se répandait déjà une bonne odeur de café et de toasts grillés. Dès qu’elle l’entendit arriver, elle se retourna et l’invita à s’asseoir.

« A vos ordres, Mademoiselle » dit-il en lui souriant et les joues de Kelly s’empourprèrent.

« J’espère que vous n’êtes pas fâché si j’ai préparé le petit-déjeuner ? C’est bien le moins que je puisse faire pour vous remercier de votre gentillesse. »

« Vous plaisantez ? Je suis ravi de votre initiative. Je ne sais depuis combien de temps je n’ai plus mangé des toasts grillés le matin et je suis impatient de les goûter », dit-il avec un regard avide.

« Vous les voulez avec de la confiture ou du beurre de cacahuètes ? »

« Avec un peu de beurre de cacahuètes, merci. »

Elle lui tendit une assiette et lui versa une tasse de café.

« Vous le prenez noir ou ? »

« Avec un sucre et du lait, s’il vous plaît. »

« Ca vous ennuierait si nous déjeunions dehors ? J’avoue apprécier le bruit des vagues et la vue est très belle ce matin. »

« Pas du tout, c’est même une tradition chez les McGarrett ! »

Elle le regarda attendant qu’il développe et il ajouta en dodelinant de la tête :

« Enfin… Peut-être pas vraiment. »

Elle sourit mais redevint sérieuse pour lui dire :

« Je suis vraiment confuse pour cette nuit. Vous devez sûrement penser que…»

« Que vous aviez besoin d’une présence amicale tout simplement et je suis touché de la confiance que vous m’accordez. »

« J’avais oublié le bien que cela faisait mais je dois avouer que tout cela est assez déstabilisant. J’ai l’impression de régresser et ça me terrifie. »

« Je comprends mais il n’y a aucun mal à accepter de l’aide. Affronter cette nouvelle épreuve demande beaucoup de courage et quoi que vous en pensiez, je peux vous dire que vous m’impressionnez par votre force de caractère. »

« Je sais pas... J’ai appris à ne compter que sur moi-même depuis tant d’années et voilà que j’ai peur de trop me reposer sur vous…» Et d’une toute petite voix : « C’est si tentant ».

« Est-ce un compliment ? » demanda-t-il en se penchant un peu vers elle ?

Kelly se surprit à répondre :

« Peut-être…»

Il se redressa sans la quitter des yeux et sourit :

« Vous n’êtes pas seule. »

Elle le regarda et alors que la veille, il voyait dans son regard de la résignation, ce matin, il y lisait de l’espoir. Elle porta à ses lèvres sa tasse de café et il en fit de même. Il lui demanda si elle en désirait une autre en vitesse et elle accepta avec plaisir. Elle avait bien besoin de caféine !

 

Au même moment, Catherine garait sa voiture à côté de celle de Steve, surprise de voir qu’il était encore là à cette heure mais peut-être que Danny était passé le chercher, ce serait loin d’être la première fois. Elle ne savait pas trop comment il l’accueillerait s’il était effectivement encore présent. Il penserait sûrement qu’elle revenait comme elle l’avait fait tant de fois mais il se trompait : elle venait juste chercher quelques affaires. S’il tenait à elle, c’est lui qui viendrait la rechercher mais cette fois, elle ne se contenterait plus de belles paroles. Sinon elle avait bien l’intention de mettre un terme à leur relation malgré tout le chagrin qu’elle ressentirait. Elle entrait quand elle entendit Steve crier de la cuisine :

« Avec un sucre et un peu de lait aussi, c’est bien ça ? »

Et une voix féminine lui répondre du jardin :

« Oui, merci. »

Elle le vit alors rejoindre une jeune femme et lui tendre une tasse de café. Décidément, il n’avait pas perdu de temps !!! Elle monta discrètement prendre ses affaires et quitta la maison aussi vite que possible sans se retourner.

 

En route pour l’école, Steve aborda un sujet délicat :

« J’aimerais envoyer une équipe pour relever d’éventuelles empreintes chez vous, on ne sait jamais. C’est lorsqu’ils se sentent invincibles qu’ils commettent des erreurs. »

Il voulait aussi savoir si des micros avaient été posés ou non mais cela, il le garda pour lui. Elle lui répondit en lui remettant ses clés :

« Vous savez, j’ai pris l’habitude de placer certains objets chez moi d’une certaine façon avant de partir, comme les tentures par exemple et je vérifie toujours quand je rentre. Je sais que c’est obsessionnel mais ça me rassure et je n’ai, jusqu’à présent, jamais rien constaté d’anormal et à part vous, personne d’autre n’est entré chez moi. »

Le cœur de Steve se pinça : ce cinglé avait bousillé sa vie mais il le trouverait et il lui ferait regretter d’être venu au monde. Il la déposa à l’école non sans s’assurer qu’elle tiendrait bon et elle lui répondit :

« Je ne compte plus les fois où j’ai dû me forcer mais si je me laisse aller, il aura vraiment gagné et c’est cette seule pensée qui me fait avancer »

« Je viendrai vous chercher fin de journée »

Elle le regarda toute étonnée et dit :

« Vous pourriez déléguer cette tâche à vos agents. »

« En effet mais cela ne manquerait pas d'attiser la curiosité de vos collègues ou des parents d'élèves et vous souffrez déjà assez ainsi, pas la peine d'en rajouter si on peut l'éviter. » 

Kelly fut touchée par cette attention. Il la regarda monter les marches qui menaient à l’entrée principale, poussa un soupir et démarra.


mesange  (16.03.2014 à 10:57)

9

 

Il rejoignit le QG et vit sur le visage de Kono et de Danny un drôle de sourire s’afficher quand il entra.

« Bonjour patron. »

« Bonjour ! Je peux savoir ce qui vous fait sourire ? »

« Rien… rien du tout » dit Danny.

« L’ADN retrouvé sur toutes les victimes concorde avec celui retrouvé sur Kelly. Nous avons maintenant la preuve que notre tueur et l’agresseur de Kelly ne sont qu’une seule et même personne » lui annonça Kono.

« Comment va Kelly ? » demanda Danny.

« Pas très bien mais elle est courageuse. J’ai envoyé une équipe relever d’éventuelles empreintes chez elle et voir s’il n’y a pas de micros. »

« Je viens de recevoir toutes les bandes des caméras situées près de son immeuble, j’ai déjà commencé à les visionner » l’avertit Chin.

« Peux-tu également demander les bandes de celles situées en face de l’école où elle enseigne ? Je suis sûr qu’il la traque à nouveau. Avez-vous épluché les listes des passagers des vols énumérés dans le carnet ? »

« Oui, tout le monde ne flâne pas le matin… » lâcha Danny.

Steve le regarda mais ne releva pas la remarque.

« Aucun nom ne ressort deux fois. Il a dû changer d’identité à chaque fois » dit Kono.

« On a du nouveau pour les traces de pneus retrouvées ? » demanda Steve.

« Elles appartiennent à un 4 X 4 de la marque Ford » répondit Danny.

« Ca ne nous aide pas beaucoup, ils sont légion sur cette île, mais peut-être qu’on l’apercevra sur les bandes vidéo.  Et pour le sang retrouvé près des traces de pneus ? »

« C’est celui de la victime »  répondit Kono.

 

Steve soupira : ils n’avançaient guère mais il restait encore pas mal de bandes à visionner. Il leur apprit qu’il  avait amené Kelly à l’école ce matin et qu’elle avait passé la nuit chez lui.

Danny le regarda incrédule :

« Tu l’as emmenée chez toi ? »

« Oui, elle était bouleversée après ce que je lui ai appris. Je me suis dit que ça ne pouvait que lui faire du bien de quitter son appartement. Pourquoi tu me regardes comme ça ? Elle était terrifiée. »

« Pour rien. Tu as des nouvelles de Catherine ? »

« Non, Danny, je n’ai pas de nouvelles ! » répondit Steve agacé et désireux ne pas s’approfondir sur ce terrain glissant, il ajouta :

« Kelly n’est peut-être pas sa première victime, il s’en est sûrement pris à d’autres avant elle. Allons voir ce qu’on peut trouver en entrant quelques mots clés sur internet. »

Et ils allèrent tous deux s’enfermer dans le bureau du seal.

« Regarde, il y a un article sur une femme de 32 ans. Son agresseur portait aussi un masque de diable. »

« Et ce n’est pas le seul, il y en a d’autres. »

Ils imprimèrent tout ce qu’ils trouvèrent et contactèrent ensuite chaque bureau de police concerné pour obtenir une copie des dossiers en question

« Kelly n’est donc pas sa première victime et en se basant sur notre liste, elle serait probablement sa septième et il a toujours réussi à échapper à la police, c’est dingue ! » commenta Danny.

« Il semblerait aussi qu’avant Kelly, il n’ait jamais dit à ses victimes qu’il reviendrait et après elle, il ne s’est plus contenté d’abuser d’elles, il les a tuées en leur arrachant le cœur. »

 « Et quand tu regardes les photos des jeunes filles, elles ne se ressemblent pas physiquement : elles ont toutes un corps de rêve mais sont blondes, brunes ou rousses même. Certaines sont grandes, d’autres plus petites » constata Danny.

« On dirait qu’avant, il n’avait pas de type de femme bien précis à part qu’elles étaient toutes très jolies… Par contre, toutes celles qu’il a tuées ressemblaient beaucoup à Kelly : grandes, blondes, yeux bleus » releva Steve.

« Qu’est-ce que Kelly avait de plus que les autres pour qu’il la traque comme il le fait ? »

« Je ne sais pas. Il y a toujours progression dans les fantasmes des tueurs en séries. Le mode opératoire est le même mais ils vont de plus en plus loin. Kelly a dû être le facteur déclenchant. »

« Steve, Danny, Kono, venez voir, j'ai repéré quelque chose sur les bandes vidéo » cria Chin.

Et ils le rejoignirent dans son bureau.

Regardez, sur ce cliché, on aperçoit un 4 X 4 garé. J'ai pu retrouver la marque et le modèle du pneu et devinez quoi, ça correspond aux empreintes relevées sur le lieu du crime. »

« Excellent, Chin » dit Steve en se frappant les mains.

« Ne te réjouis pas trop vite. Malheureusement, on ne voit pas la plaque. »

« De quand date ce cliché ? » demanda Danny.

« Du 14 octobre, 19 H 30. »

« De là où il est garé, il a vue sur son appartement. Combien de temps est-il resté ? » poursuivit Steve.

« A 20H30, il n'était plus là. »

« On peut faire un agrandissement sur le visage du conducteur ? » demanda le seal.

« Oui mais ça ne donne pas grand chose : il porte des lunettes de soleil et une casquette.»

« A 19 H 30, c'est plutôt inhabituel » releva Danny.

« Je continue à visionner le reste, j'en ai encore pour un bon moment » dit Chin.

« OK, préviens-nous si tu as du nouveau » répondit Steve.

 

Duke Lukela entra à ce moment, les bras chargés de bandes vidéo et Kono alla à sa rencontre :

« C’est pour vous.»

« Merci beaucoup, Duke ! » Et à l’adresse de Steve : « J’ai du boulot ! »

« Et si on allait voir où en est Charlie ? » demanda Danny.

« Oui, j’aimerais vérifier deux ou trois choses » et ils partirent.

 

IL entendit du bruit chez Cory et quand il vit sur l’écran de son ordinateur un homme sortir toutes sortes de matériel, il se hâta de retirer toutes les caméras aussi silencieusement que possible et il jugea plus prudent de quitter les lieux, non sans avoir pris sa précieuse besace avec lui…


mesange  (17.03.2014 à 14:21)

10

 

Steve et Danny se rendaient au domicile de l’institutrice quand ce dernier brisa le silence qui régnait dans la voiture :

« Si on apprend qu’il s’est effectivement introduit chez elle, que comptes-tu faire ? »

« Rien ne prouve qu’il l’ait déjà fait. »

« Oui mais admettons que si ? » insista Danny.

« S’il s’est effectivement introduit chez elle, je me sentirais plus rassuré de la savoir ailleurs. »

Danny se tourna vers lui en plissant les yeux :

« Chez toi par exemple ? » 

« Pourquoi pas ? J’ai un système d’alarme et je serai là. »

« Et tu feras quoi si on t’appelle en pleine nuit ? Tu vas la laisser seule ? L’emmener avec toi ? Ou attendre que des agents se pointent chez toi ? A moins que Catherine soit revenue…»

« Tu sais très bien que non. »

« Tu crois qu’elle réagirait comment si elle découvrait Kelly chez vous ? »

« Vu ce que Kelly traverse, elle comprendrait et puis de toute façon, il n’y a rien entre Kelly et moi ! »

« Pourquoi tu t’énerves alors ? »

« Je ne m’énerve pas ! »

« Tu veux que je te dise ? »

« Non ! »

« Je pense que cette jeune femme ne te laisse pas indifférent. »

Steve en se tournant à son tour vers son équipier :

« C’est évident ! Ce qu’elle traverse ne te fait rien à toi ? « 

« Bien sûr que si ! Je ne suis pas insensible, loin de là mais moi, je ne fais pas n’importe quoi. »

« Parce que je fais n’importe quoi ? »

« Réexplique-moi pourquoi tu l’as emmenée passer la nuit chez toi et non pas à l’hôtel comme le voudrait la procédure parce que j’ai du mal à comprendre ! »

« Je te l’ai déjà dit au moins 3 fois et si tu me le demandes encore une fois, je te jure, Danny, que je te descends. »

« Alors, vas-y, descends-moi ! Je sais que tu aimes tout contrôler mais là, tu joues avec le feu. »

« Je quoi ? » s’indigna Steve.

« Kelly est superbe et attachante, on est d’accord. »

Steve le regarda en fronçant les sourcils mais le laissa poursuivre.

« Et ta relation avec Catherine bat de l’aile, ce n’est pas nouveau et ça empire. » 

« Où veux-tu en venir ? »

« Tu veux bien te taire et me laisser finir ? Oui ? Voilà des semaines que tu arrives le matin de mauvaise humeur et tu repars toujours le dernier comme si tu n’avais pas envie de rentrer chez toi et ce matin, tu arrives détendu et ce, malgré les circonstances et tu nous apprends que Kelly a passé la nuit chez toi…»

« Il ne s’est rien passé, OK ? Nous avons juste discuté de tout et de rien », dit toutefois un peu trop hâtivement Steve.

« C’était pas la peine de le préciser mais le fait que tu l’aies fait en dit long… » Et après un instant :

« Quel mal y a-t-il à reconnaître que tu éprouves quelque chose pour elle ? Je vais te dire, ça te rend humain. Je le savais déjà mais là, j’en suis sûr et je vais être fou ! Je me demande si tu ne serais pas en train de tomber amoureux ? »

« Bien sûr que non ! »

« Vraiment ? » insista Danny.

« Oui, vraiment ! »

« Alors pourquoi tu es sur la défensive ? »

Steve souffla mais répondit néanmoins :

« OK, c’est vrai, elle provoque en moi des sentiments que j’ai du mal à décrire. Je ressens comme un besoin irrésistible de la protéger. Ca te va ? Tu es content ? »

« C’est un bon début, approuva Danny. Et Cath dans tout ça ? »

« J’en sais rien, Danny ! J’évite d’y penser... »

Lui revint alors en mémoire l’image de Kelly blottie tout contre lui et il se demanda si, dans d’autres circonstances, ils auraient été plus loin. Mais à quoi il pensait, bon sang ! Prenant soudain conscience que son ami le fixait, il détourna la tête. Danny resta silencieux mais il avait remarqué son trouble.

 

Arrivés devant l’immeuble, ils croisèrent Charlie Fong qui en sortait.

Steve et Danny d’une même voix :

«Salut, Charlie. »

« Bonjour les gars. J’ai relevé des empreintes un peu partout et je m’en vais au labo voir ce que ça donne » dit Charlie.

« Merci ! D’après Kelly, à part elle et moi, personne ne serait entré chez elle » le prévint Steve.

« Tu as trouvé des micros ? » interrogea Danny.

« Non, rien du tout. Je vous tiens au courant. »

Steve allait répondre quand ils furent interrompus par une dame d’une bonne soixantaine d’années visiblement curieuse :

« Je vous reconnais : vous êtes le beau jeune homme que j’ai vu sortir avec Mademoiselle Grainger hier soir. » 

Danny regarda son ami en souriant pendant que la dame poursuivait : « Vous êtes policier ? » 

« Oui, je suis le commandant Mac Garrett du Five-0 et voici le lieutenant Williams »… Ce dernier la salua d’un signe de la tête.

« Mademoiselle Grainger est une jeune femme vraiment charmante. Elle n’a pas des problèmes au moins ? »

« On aurait essayé de forcer la serrure de sa porte » mentit Steve. « Veillez bien à fermer la porte d’entrée, un vol est si vite arrivé. »

« Oh mon dieu ! » s’exclama la vieille dame. « J’en suis toute retournée ! L’immeuble est pourtant bien tranquille mais on n’est jamais assez prudent, vous avez raison. Mademoiselle Grainger va bien ? »

« Ca va, merci. »

« Vous devez connaître tout le monde ici » remarqua Danny.

« Oh oui ! Voilà près de 30 ans que je vis dans cet immeuble et j'en ai vu défiler des locataires, des biens et des moins bien, croyez-moi ! Votre petite amie est vraiment très gentille et très jolie » dit-elle en faisant un clin d'œil à Steve qui évita de regarder Danny qui, visiblement, s’amusait de la situation et de l’embarras dans lequel la dame le mettait et qui en rajouta goguenard :

« Mon ami a beaucoup de chance en effet. »

Steve le fusilla du regard mais Danny l’ignora et poursuivit : « On nous a rapporté qu’un 4 X 4 se garait souvent devant l’immeuble. L’auriez-vous remarqué vous aussi ? »

La vieille dame réfléchit un instant : « Eh bien, maintenant que vous en parlez, oui, j’ai effectivement vu un 4 X 4 de couleur bleue se garer quelques fois ici devant mais il y a un moment de cela. Je ne l’ai plus vu depuis quelques semaines, je dirais. C’est pour ça qu’une voiture de police reste ici ? »

Steve ignorant la question : « Avez-vous pu voir le conducteur ? »

« Il portait des lunettes de soleil et une casquette. »

« Auriez-vous relevé le numéro de plaque par hasard ? » demanda Danny.

« Non, désolée. Il ne restait pas bien longtemps et ça ne m’a jamais inquiétée. Il s’arrêtait là et je ne l’ai jamais vu qu’en soirée. C’est vrai que je trouvais que porter des lunettes de soleil était bizarre à cette heure-là mais j’ai pensé qu’il attendait quelqu’un et qu’il ne voulait pas être reconnu au cas où, si vous voyez ce que je veux dire…

« Très bien, oui » acquiesça Danny. « Avez-vous aperçu quelqu’un monter dans sa voiture ? »

« Non et j’ai supposé qu’il attendait ici avant de prendre sa maîtresse un peu plus loin. »

Steve changeant de sujet : « Kelly est-elle la dernière arrivée dans cet immeuble ? »

Danny le regarda, surpris par la question.

« L'avant-dernière », répondit la dame. « Madame Smith est décédée il y a deux mois des suites d'une longue maladie, la pauvre. Elle a souffert, si vous saviez. Paix à son âme. Son appartement a trouvé tout de suite un nouveau locataire, un gentil monsieur paraplégique, Monsieur Carter. Il doit bien approcher de la cinquantaine. Quelle tristesse d’apprendre qu’il est handicapé depuis un accident de voiture quand il avait six ans. Sa mère conduisait et elle n’a pas survécu. Son fils, qui avait été éjecté de la voiture, s’est retrouvé en chaise roulante. Quel drame ! »

« Si vous voyez quelque chose qui vous alerterait, appelez-moi. Voici ma carte avec mon numéro de téléphone. » et Steve lui tendit la carte que la dame saisit en riant :

« Voilà bien longtemps qu’un aussi beau jeune homme ne m’a pas laissé son numéro !! Je n’hésiterai pas, Commandant. Je sais où vous trouver aussi » répondit-elle avec un clin d’œil en le regardant.

Ils prirent alors congé de la vieille dame et entrèrent dans l’immeuble, Steve évitant soigneusement le regard de Danny qui, d’un air innocent,  lâcha :

« Votre petite amie, c’est bien ça que la gentille dame a dit ? »

« La ferme, Danno ! »


mesange  (18.03.2014 à 11:18)

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