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« Hou Ho’omaka » Un nouveau départ

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 09.03.2014 à 14h09
Auteur : mesange 
Statut : Terminée

« Il l’avait retrouvée : le cauchemar recommençait mais c’était sans compter sur le Five-0… (J'écris seule) » mesange 

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11

 

Une fois devant l’appartement de Kelly, Steve examina la serrure mais ne remarqua aucune trace d’effraction ou de tentative d’effraction. Ils entrèrent et Danny lui demanda :

« Que cherches-tu exactement ? Charlie n’a pas trouvé de micro. »

« Je veux jeter un œil pour voir si un détail ne m’aurait pas échappé en venant hier soir. »

« Dis donc, y a pas grand-chose chez elle. »

« Je suppose que le fait de déménager aussi souvent ne l’incite pas à s’encombrer de choses inutiles. »

Steve se rendit sur la terrasse et regardait s’il était possible de passer d’un balcon à l’autre : ce n’était pas impossible mais ce n’était pas donné à tout le monde. Il vérifia toutes les fenêtres mais ne trouva rien. Il rentra et retrouva Danny dans la chambre qui examinait la fenêtre : rien là non plus.

« Il n’y aucune trace d’effraction. A première vue, il ne serait jamais entré ici » déclara Danny.

« Il ne serait pas venu ici, il ne la suivrait plus depuis quelques semaines mais néanmoins, il lui adresse un message quand il tue une jeune fille qui lui ressemble beaucoup. Tu ne trouves pas ça bizarre, toi ? »

« Avec les tueurs en série, un délai très long peut se produire avant qu’ils ne repassent à l’acte… »

Ils quittèrent l’appartement.

De retour au QG, Chin leur dit qu’il avait repéré dix-sept fois le 4 X 4 sur les vidéos mais qu’il n’avait jamais pu voir la plaque ou un bout de plaque et les seules images du conducteur ne montraient qu’un homme avec une casquette et des lunettes de soleil. Par contre, en faisant un agrandissement, il avait pu remarquer sur plusieurs clichés des éraflures sur la portière avant côté conducteur.

« Intéressant. Tu as relevé les dates ? » demanda Steve.

« Oui, les voici. »

« Ca correspond à ce que nous a dit la dame : plus rien depuis quelques semaines. »

« Et Kelly occupait déjà cet appartement à ce moment-là. A quand remonte le dernier cliché où l’on peut voir ces éraflures ? » demanda encore Steve.

« Du 7/2. On dirait bien qu’il ne s’en soucie pas… » répondit Chin.

Kono leur apprit qu’elle n’avait pas repéré de 4 X 4 sur les bandes vidéo de l’école mais qu’elle ne recevrait que demain le dernier enregistrement…

« Kono, peux-tu trouver des renseignements sur un certain Carter nouvellement domicilié dans l’immeuble de Kelly ? » ordonna Steve.

« Steve, il est en chaise roulante » releva Danny.

« Je sais mais je préfère vérifier. Peux-tu aussi vérifier si toutes les victimes, y compris Kelly, auraient causé un accident de voiture dans leur passé ? »

« Je ne vois pas non plus comment un paraplégique pourrait s’en prendre à des femmes » dit à son tour Chin.

« Moi non plus mais… » surenchérit Danny.

Steve leur dit d’une voix cassante :

« On ne peut se permettre le luxe de passer à côté de quoi que ce soit ! »

Les trois amis se regardèrent et Kono fit ce qu’il lui demandait :

« Voici ce que j’ai trouvé : James Carter, 46 ans, a eu un grave accident de voiture il y a 40 ans qui l’a rendu paraplégique, sa mère est décédée dans cet accident. »

« Ca confirme ce qu’il a dit à la dame » lâcha Danny.

Steve réfléchissait quand il reçut l’appel de Charlie :

« Commandant, j’ai analysé les empreintes relevées chez Kelly et à part les vôtres et les siennes, je n’en ai pas trouvé d’autres. »

« Merci Charlie. »

Il soupira. Il ne leur restait qu’une piste à explorer : celle du 4 X 4. Il demanda à Chin de vérifier les déclarations de vol des six derniers mois pour ce type de véhicule mais le tour fut vite fait : il n’y en avait pas une seule !

« Peux-tu dresser la liste de toutes les Ford 4 X 4 de couleur bleue ? » demanda Steve.

« C’est parti ! » dit Chin et la liste s’afficha sur l’écran plasma.

« J’aurais pas cru qu’il y en aurait autant » remarqua Danny.

« On fait quoi, Boss ? » demanda Kono.

« Et si on réduit la liste à celles louées ou achetées ces six derniers mois, ça donne quoi ? »

« C’est déjà beaucoup mieux ! » constata Danny.

« Allez, on se partage les adresses et on va vérifier sur place et avec un peu de chance, on retrouvera notre voiture. Soyez prudents ! »

Chacun prit son propre véhicule et commença sa tournée mais au bout de trois heures, aucun des 4 X 4 qu’ils avaient pu vérifier ne comportait d’éraflures. Il restait toutefois une adresse pour Danny qui se rendit dans un coin assez reculé de l’île où il découvrit une vieille cabane à côté de laquelle se trouvait une grange.


mesange  (19.03.2014 à 14:33)

12

 

Il frappa à la porte mais personne ne vint ouvrir. Il tourna la poignée et fut étonné de voir que la porte n’était même pas verrouillée. Il entra prudemment mais elle était vide et de toute évidence, personne n’était venu ici depuis un bon moment car il y régnait un de ces bordels sous une bonne couche de poussière.

Il sortit de la cabane pour en faire le tour et il releva devant une grange des traces de pneus qu’il photographia avant de pénétrer prudemment à l’intérieur. Il entendit alors un craquement venant de l’extérieur et vit, trop tard, la porte se refermer derrière lui : il se précipita aussitôt mais impossible de l’ouvrir. Il entendit quelqu’un marcher à l’extérieur et il regarda alors autour de lui s’il n’y avait pas une autre sortie mais il était bel et bien coincé ! Heureusement, il avait son arme et son portable. Il appela Steve mais évidemment, il n’y avait pas de réseau dans ce coin perdu !

Soudain, il entendit un crépitement et constata avec horreur que l’homme mettait le feu à la grange ! Il repensa à la moto qu’il avait vue tout au fond et il l’enfourcha en priant pour qu’elle démarre : elle commença par hoqueter mais après quelques tentatives, le moteur finit enfin par vrombir. Danny mit son mouchoir sur sa bouche, la fumée commençant à irriter ses voies respiratoires. Il devait attendre que le montant en bois qui bloquait la porte se soit suffisamment consumé que pour pouvoir la défoncer mais il avait de plus en plus de mal à respirer et le toit menaçait de s’écrouler à tout instant : il s’élança alors plein gaz vers la porte en feu en pensant à Grace. Il ferma les yeux au moment de l’impact et il se retrouva enfin à l’air libre. Il chuta lourdement sur le sol une dizaine de mètres plus loin et se releva péniblement tout en reprenant son arme en main mais il ne vit personne. Il avala de grandes bouffées d’air frais, ses poumons étant en feu mais au moins, il était vivant.

Il regagna tant bien que mal sa voiture et quand il eut enfin du réseau, il appela d’abord les secours puis Steve qui répondit :

« Danny ! Je me demandais où tu étais passé ? Je commençais à m’inquiéter » et en entendant des râles, il demanda d’une voix anxieuse :

« Danny ? Qu’est-ce qui se passe ? »

Chin et Kono, au ton de la voix de Steve, le regardèrent anxieusement.

« Steve, ça va. J’ai juste du mal à respirer. »

« Comment ça, tu as du mal à respirer ? »

« J’ai failli brûler vif. »

« J’arrive ! » Et il partit le rejoindre.

Pendant ce temps, au QG, Kono avait remarqué que Chin regardait souvent son portable et elle finit par lui demander :

« Tu attends un appel ? »

« Quoi ? »

« Tu n’arrêtes pas de regarder ton portable comme si tu attendais un appel. »

« Euh… Oui, Malia devrait m’appeler mais je suppose qu’elle est occupée. »

« Tu es sûr que ça va ? »

« Je vais très bien, Kono. »

« Je t’ai observé, cousin et tu n’es pas comme d’habitude, quelque chose te chiffonne… »

« En effet, je ne peux rien te cacher, cousine, mais je ne veux pas en parler. »

« Tu me dirais si… »

« Kono, on a du boulot : une jeune femme est en danger et qui sait, s’il n’est déjà pas après une autre cible ? »

Kono soupira mais se promit d’aborder à nouveau le sujet ou d’en parler à Malia plus tard si elle n’obtenait pas de réponse…

 

IL ne s’était pas attendu à voir là le petit blondinet et dans la précipitation, il se demandait s’il n’avait pas commis une erreur en voulant le faire griller. Il lui aurait juste fallu faire demi-tour et il ne se serait aperçu de rien mais il n’aurait pas pu effacer les traces de pneus alors mais s’il les avait tout de même photographiées ? Dans le doute, il valait mieux se débarrasser du 4 X 4 même s’il l’avait entièrement repeint : il ouvrit le réservoir, y trempa un long chiffon auquel il mit le feu et s’en alla rapidement.

 

Steve vit au loin une épaisse fumée noire et quand il arriva sur les lieux, il se dirigea aussitôt vers l’ambulance dans laquelle était assis Danny un masque d’oxygène sur le visage et quelques bandages autour des bras. En voyant la mine inquiète du Commandant du Five-0, le secouriste le rassura :

« Il va bien, c’est juste une mesure de précaution et les brûlures sont superficielles. Il a eu beaucoup de chance. »

Steve soupira de soulagement et vint s’asseoir à côté de son ami.

« Ca va ? »

« Oui. Encore 10 minutes et ils me laisseront partir. »

« Si tu arrives à te taire et à garder ce masque plus de quelques secondes », dit Steve en souriant. « Je vais jeter un œil en attendant l’arrivée de la scientifique. »

Il examinait les lieux avec Charlie Fong quand Danny vinrent les retrouver et leur raconta ce qui s’était passé.

« Je suis heureux que vous ayez pu vous en sortir, lieutenant. Il s’en est fallu de peu… »

« Merci Charlie. J’aurais jamais cru dire ça un jour mais côtoyer superman n’a pas que des inconvénients ! »

« Tu peux répéter ? » demanda Steve.

« Tu veux que je te pince aussi ? »

« Attends…Vas-y », dit Steve en lui mettant son portable sous la bouche pour l’enregistrer et il ajouta :

« Je te jure que le jour où tu me feras encore la morale, je te le ressortirai ! »

Ils se mirent à rire mais c’était nerveux : ils étaient surtout soulagés que leur ami allait bien !

Steve dit à Fong :

« A toi de jouer maintenant ! » 

« Je vous tiens au courant. »

« J’ai repéré des traces de pneus devant la porte de la grange. J’envois la photo à Chin pour voir s’il s’agit de notre 4 X 4. » déclara Danny.

Les deux amis quittèrent alors les lieux et au moment où Danny montait dans sa voiture, Steve lui demanda, encore inquiet,  s’il se sentait assez bien que pour reprendre le volant.

« J’ai bien défoncé une porte en feu en faisant du rodéo avec une moto, je peux bien conduire ma voiture ! »

« D’accord mais je te suis. »


mesange  (20.03.2014 à 16:01)

13

 

De retour au QG, Chin et Kono furent soulagés de voir leur ami et le serrèrent dans leurs bras.

« Que donnent ces traces de pneus ? » demanda Danny.

« C’est notre 4 X 4 ! » répondit Chin.

« Quelque chose sur le propriétaire de cette cabane ? » demanda encore Danny.

« Oui, notre homme s’appelle Ewan Dips : il purge une peine de prison de deux ans à Halawa pour vol de voitures et sa condamnation remonte à neuf mois. » leur dit Chin.

« Ce n’est donc pas lui notre homme. Vous croyez que celui qui a enfermé Danny et mit le feu à la grange est notre tueur ? » interrogea Kono.

« Ce que je ne comprends pas, c’est comment il s’est retrouvé là. Je n’ai pas vu le 4 X 4 ni rien entendu. Il m’épiait ? »

« Il est peut-être revenu pour effacer les traces quand il t’a vu. Souvenez-vous, il avait effacé les traces aussi sur notre scène de crime… » suggéra Chin.

« Il serait venu chercher le véhicule ? Ou il voulait le cacher… » dit Danny.

« Je pencherais plus pour la première hypothèse : il avait besoin du 4 X 4, il l’a pris et est revenu sur ses pas pour effacer toutes traces, ce qui expliquerait que tu n’aies rien entendu. » répondit Steve.

« Dans ce cas, si tu as raison, on peut en déduire qu’il s’apprête à faire une nouvelle victime… » déclara Chin.

« Le HPD a le signalement du véhicule et a ordre de l’intercepter. » leur rappela Kono.

« La présence de Danny a dû déjouer ses plans et il sait maintenant qu’on est au courant pour le 4 X 4 : il ne va pas prendre le risque de se faire arrêter. Il va devoir trouver une autre solution… » dit Steve.

Ils se regardèrent tous quand leur boss rompit le silence :

« Nous voilà revenus à la case départ ! »

Et il alla s’enfermer dans son bureau pour mieux réfléchir. Les deux cousins regardèrent Danny qui haussa les épaules.

 

Une demi-heure plus tard, Steve avertit son équipe qu’il partait reprendre Kelly à l’école et leur signala avoir contacté Derek Morgan, profiler expert dans les crimes obsessionnels, qui devait le rappeler plus tard ou le lendemain matin. Il leur dit de rentrer aussi et alors qu’il était sur le point de sortir, lança :

« Ca vous dit de se retrouver chez Kamekona pour manger un bout ? Ca nous fera du bien après les émotions de cette journée ! C’est moi qui régale. »

« Attends ! J’ai bien entendu ? C’est toi qui paies ? » redemanda Danny.

« Comme si c’était la première fois ! » riposta Steve.

Kono coupa court à la discussion qui se pointait en répondant :

« Je suis partante et je meurs de faim d’ailleurs ! »

« Moi, je ne raterais ça pour rien au monde ! » s’exclama Danny.

« Ca aurait été avec plaisir mais je dois rejoindre Malia. Une autre fois, Steve ! »

« Oui, ben, tu risques d’attendre longtemps ! » le prévint Danny.

Chin sourit.

« On se retrouve là-bas. Bonne soirée, Chin. » déclara Steve.

« Merci, à vous aussi. « 

« A demain, couz »et elle le regarda partir pensive. Il lui cachait quelque chose, elle en était sûre et certaine mais quoi ???

 

Danny rattrapa Steve et sur le chemin les conduisant à leur voiture, lui demanda :

« Tu rentres chez toi après ou tu restes chez Kelly cette fois ? »

« Je verrai mais je ne compte pas la laisser seule. »

« Oh, je vois, une tendre soirée en perspective… Je veux tous les détails demain ! »

« Commence pas, Danny, je ne suis pas d’humeur. Ce type joue avec nous et je supporte pas ça !!! » s’emporta Steve.

« Oh… Calme-toi, descends d’un cran, tu veux ! Il mène la danse pour l’instant mais il commettra bien une erreur à un moment ou un autre… »

Steve  ne répondit pas et Danny continua :

« Alors, va chercher Kelly et essaie de te détendre. Elle n’a pas besoin d’être encore plus inquiète qu’elle ne l’est déjà et si tu tires la même tête que maintenant, je ne suis même pas sûr qu’elle accepte de monter en voiture avec toi. »

« Tu as raison. »

« Et puis, tant que tu es à ses côtés, elle ne risque rien… quoique tu aies le chic pour attirer les problèmes. »

« Très amusant. »

« Tu trouves aussi, hein ? » plaisanta-t-il pour détendre un peu l’atmosphère.

Steve ne put s’empêcher de sourire et lui demanda :

« Ca va, toi ? »

« J’ai vu pire ! Tu as déjà oublié la bombe ? »

« Bien sûr que non ! A tout à l’heure, Danny. »

Et ils partirent chacun de leur côté.

Steve attendait Kelly comme prévu. Il regarda autour de lui mais ne remarqua rien d’anormal et quand il la vit descendre les escaliers et lui sourire, il ressentit des « picotements » au ventre, chose qu’il n’avait plus ressentie depuis… Il préféra ne pas y penser.

« Bonjour Commandant », dit Kelly d’une voix chaude.

«  Je vous en prie, appelez-moi Steve. Comment s’est passée votre journée ? »

« Eprouvante. Avez-vous avancé dans l’enquête ? » s’enquit-elle d’une voix un peu plus tendue.

« On progresse », mentit-il, mais comment lui avouer qu’ils n’en savaient pas beaucoup plus que ce matin sur le tueur ? Il préféra taire la mésaventure de Danny et lui dit simplement :

« Danny et moi avons rencontré une de vos voisines tout à l’heure. »

« Madame Collins, non ? Elle est très curieuse et sait tout sur tout le monde. Je parie qu’elle doit passer plus de temps hors de chez elle que dans son propre appartement », dit Kelly en riant.

« Effectivement et il semble difficile de la faire taire », acquiesça Steve. « Je préfère vous prévenir, elle me prend pour votre petit ami et je n’ai pas démenti », continua-t-il en lui jetant un rapide coup d’œil pour voir sa réaction.

« Et ça ne vous ennuie pas ? »

« Pourquoi ça m’ennuierait ? » Et il poursuivit :

« La scientifique n’a relevé aucune autre empreinte que les nôtres chez vous. »

« Je vous l’avais dit ! Je n’avais jamais rien remarqué d’anormal », dit l’institutrice d’une voix qui exprimait un réel soulagement. « Je vous avoue que je ne sais pas comment j’aurais réagi si vous m’aviez annoncé le contraire. Ca aurait signifié que tout ce que j’avais mis en place pour me rassurer ne servait à rien. 

« Nous devons toutefois rester prudents : le fait de ne pas avoir retrouvé d’empreintes n’exclut pas cette possibilité et pour l’instant, je préfère ne pas vous laisser seule. »

« Mais vous auriez retrouvé des traces d’effraction », insista-t-elle « et ce n’est pas le cas ! »

Steve garda le silence : Kelly se rassurait comme elle pouvait mais il n’était pas tranquille. Son agresseur s’était introduit à plusieurs reprises chez elle avant de la violenter et dix ans après, il ne lui adresse qu’un message tout en gardant ses distances ? Il n’y croyait pas mais il ne voyait pas non plus comment il avait pu entrer… Etait-ce encore trop tôt pour lui ? Il jeta encore un œil aux alentours et démarra.

« Avant de rentrer, je vous propose d’aller manger chez un ami qui possède un camion-crevettes au bord de la plage. Vous allez adorer Kamekona. Danny et Kono nous y attendent. Ca vous tente ? » 

Kelly ne s’attendait pas à cette proposition mais pourquoi pas ? Elle accepta avec un peu d’appréhension tout de même mais elle devait s’avouer que cette perspective l’enchantait : ils connaissaient tous son passé et elle pouvait se détendre en leur compagnie. De plus, elle ne risquait rien avec eux et elle devait bien le reconnaître : elle n’était pas insensible au charme de Steve. Elle détourna la tête avant qu’il ne puisse remarquer son trouble.

 

IL n’avait pu s’empêcher de se rendre à la sortie de l’école, juste à temps pour la voir partir avec le chef du Five-0. Il n’avait toutefois pas osé les suivre même à distance. Il s’en était déjà fallu de peu avec le blondinet. Il était temps qu’il passe à la phase suivante de son plan et il se délecta d’avance de l’effet que ça produirait sur Cory...


mesange  (21.03.2014 à 09:22)

14

 

Quand ils arrivèrent, Kono et Danny étaient déjà présents, ce dernier chambrant Kamekona qui siffla d’admiration en voyant la jeune femme aux côtés de Steve.

« Aloha mon frère. »

« Aloha, Kamekona. »

« Et qui est cette jolie demoiselle ? »

« Kame, je te présente Kelly Grainger, l’institutrice de Grace. »

« Il y a encore de la place pour moi dans votre classe ? »

« Eh…15 Tonnes, dit Danny, aucune chaise ne supporterait ton poids ! »

« Mais si tu veux rester debout… » commença Steve en souriant.

« Je te vois bien passer la craie à Kelly, tiens ! », poursuivit Danny, « distribuer les feuilles à sa place, effacer le tab… »

« Je pense pouvoir m’en sortir toute seule », déclara Kelly en riant.

« Vous n’êtes pas chics mes frères ! » râla Kamekona et se tournant vers Kelly :

« Que puis-je pour vous, gentille dame ? »

Kelly se tourna vers Steve qui demanda aux autres :

« Vous avez déjà passé commande ? »

« Tu plaisantes ? » répondit Danny. « On t’attendait, histoire d’être sûr que tu aurais de quoi payer l’addition… »

« Et comment dois-je prendre ça ? » demanda le seal.

« Tu me montres ton portefeuille, oui ou non » ? dit Danny, ignorant sa question.

Et ils poursuivirent leur petite joute verbale sous le regard amusé de Kono qui invita Kelly à s’asseoir près d’elle en lui disant :

« Ils ne peuvent pas s’empêcher de se chamailler. »

« Arrêtez de vous disputer ! » supplia Kame.

« Mais on ne se dispute pas ! » répondirent Steve et Danny en chœur.

Et Kono à Kelly :

« On dirait un vieux couple, vous ne trouvez pas ? »

« Vous m’enlevez les mots de la bouche » dit en riant Kelly.

Les deux amis cessèrent aussitôt leur petite querelle et Kono conseilla Kelly qui choisit un plat pas trop épicé, ce que Danny ne manqua pas de commenter :

« Un point commun avec notre commandant… »

Kono jeta un œil à Steve qui grimaçait un sourire à l’égard de Danny et comme elle les connaissait trop bien, elle perçut immédiatement, au contraire de Kelly, le sous-entendu entre les deux hommes : ainsi donc, son boss ne serait pas insensible au charme de la jolie blonde… Elle pensa à Catherine avec qui elle s’entendait bien. Avec toute cette histoire, elle n’avait pas encore pris de ses nouvelles et elle se demandait comment elle se sentait. Steve n’en parlait pas en tout cas.

 

Chin était déjà rentré depuis un moment quand Malia rentra à son tour. Il avait préparé une belle table pour un souper romantique aux chandelles et elle le découvrit aux fourneaux.

Chin en l’embrassant :

« Je t’ai fait couler un bain. Détends-toi et je t’apporte une coupe de champagne dans cinq minutes ».

« Tu es un amour. J’ai tellement de chance de t’avoir rencontré. »

« Attends de goûter au plat ! » ria Chin.

« Je sais que je peux te faire confiance » lui répondit-elle en se dirigeant vers la salle de bain en lui envoyant un baiser volant.

 

A un certain moment, Steve prit à part Kamekona et lui demanda :

« Kame, j’aurais besoin d’un service. Kelly est la cible d’un tueur en séries qui la traque et je pense que le moment où il s’en prendra à elle est proche. »

« Tu veux dire que le message du tueur dont on n’arrête pas de parler à la télé est pour elle ? »

« Oui. »

« Tu n’as qu’un mot à dire et je te suis ! »déclara Kame, désolé pour l’institutrice.

« Il se peut que j’aie besoin de toi pour jouer la baby-sitter ce week-end. Je ne veux pas la laisser seule, tu comprends ? »

« Pas de soucis, mon frère. Tu m’appelles et je viens. »

Steve le remercia d’une tape sur l’épaule et ils retournèrent auprès des autres.

« Je racontais à Kelly comment je t’avais sauvé de ton caillou » expliqua Danny à son ami qui répondit :

« Sauvé ? Oui, bon, techniquement parlant, on peut… »

« Mais c’est pas vrai ! Tu n’admettras jamais que… »

Kono fit un clin d’œil à Kelly et ils rirent tous de bon cœur.

Leur nouvelle amie apprit ainsi pourquoi Grace appelait son père Danno et que Kono avait vu sa carrière de surfeuse brisée par une blessure. Elle lui dit compatissante :

«Ca a dû être très difficile de surmonter cette épreuve, devoir abandonner ses rêves n’est pas évident… »

« C’est vrai, cette période n’a pas été drôle mais j’étais bien entourée, ça aide » répondit Kono. « Et puis, je fais partie maintenant d’une sacrée équipe et je ne regrette rien d’autant plus que je peux encore surfer… enfin, quand le boss me laisse du temps bien sûr. »

« Ouais, c’est un vrai bourreau du travail, celui-là » se plaignit Danny.

« Je suis là, non ? » remarqua Steve.

Ils étaient là à deviser joyeusement quand une Stingray bleue passa lentement le long de la route mais aucun ne la remarqua, pas plus que l’homme qui s’était arrêté près d’un banc pour manger un loco moco mais pour qui la personne au volant de la voiture bleue n’échappa pas. Un sourire se dessina alors sur son visage…

 

Kelly regardait les derniers surfeurs sortir de l’eau quand elle dit :

« Je me suis toujours demandée comment ils font pour rester debout sur une planche ! C’est une question d’équilibre, je suppose. »

«  Vous n’avez jamais surfé ? Oh mais il va falloir y remédier ! On ne peut vivre à Hawaii sans surfer, n’est-ce pas les mecs ? » et en regardant Danny : « Même Danny s’y est mis, c’est dire ! »

« Et vu son aversion pour l’eau, c’était pas gagné » renchérit Steve.

« Et je surfe très bien, pourquoi vous le dites pas, ça ? » dit Danny faussement outré.

« C’est vrai, je dois bien le reconnaître » acquiesça Steve en le regardant et en faisant oui de la tête.

« Effectivement, c’était loin d’être gagné avec Danny » rit Kono qui ajouta :

« Je suis très fière de lui et il n’y a pas de raison pour que je ne le sois pas de ma nouvelle élève ! »

« Vous pensez à moi ? » s’étonna Kelly et en voyant les trois autres sourire, elle ajouta :

« Euh… je… »

« Une offre pareille ne se refuse pas, Kelly. C’est la meilleure » dit Steve l’œil malicieux.

« Vous me promettez que vous ne vous moquerez pas ? » risqua la jeune femme.

« On trouvera bien un moment où nous ne serons que toutes les deux, ce sera l’occasion d’apprendre à mieux se connaître d’ailleurs » dit Kono en lui faisant un clin d’œil.

Les yeux de Kelly s’embuèrent : elle avait presqu’oublié ce sentiment d’amitié et répondit :

« Je l’espère sincèrement » mais se reprit en ajoutant vivement « Ce serait avec plaisir, oui ».

« Parfait » approuva Kono mais cette simple phrase les avait tous ramenés à la réalité et alors qu’ils pensaient tous les trois la même chose : arrêter ce cinglé avant qu’il ne s’en prenne à nouveau à elle, Kelly se demandait si elle serait encore en vie les heures qui venaient, voire les jours…

Steve regarda sa montre : il se faisait tard et il était temps de rentrer. Danny et Kono les saluèrent et dirent en chœur :

« A demain. »

Steve leur fit signe de la main et Kelly leur répondit :

« Bonne fin de soirée ».

Kono se tourna vers Danny et Kamekona, qui était venu les rejoindre, et dit en soupirant :

« Nous devons mettre fin à son cauchemar ! »

« Elle a du cran » dit Kame admiratif et triste à la fois.

« Oui mais elle est si fragile en même temps… » répondit Danny.

« Je suis bien contente de la savoir avec Steve. Je l’aime bien » lâcha Kono.

Et les deux hommes acquiescèrent.


mesange  (23.03.2014 à 10:59)

15

 

Arrivés au domicile de Kelly, ils croisèrent Madame Collins qui les salua en faisant un clin d’œil au seal qui, une fois entré dans l’appartement, vérifia soigneusement portes et fenêtres. Il était encore tôt et Steve proposa de prendre un verre sur la terrasse. De là, il pouvait surveiller la route au cas où et ils passèrent une bien agréable fin de soirée à discuter de tout et de rien. Il apprit qu’elle avait été une joueuse de tennis réputée au Collège puis à l’Université et il lui parla de son passé de quaterback et des records qu’il avait pulvérisés. Quand elle lui demanda ce qui l’avait poussé à devenir policier, il lui dit qu’au départ, il était un marine, un seal pour être plus précis, et il lui raconta alors son histoire en s’étonnant de la facilité avec laquelle il se confiait à elle. Kelly l’écoutait attentivement et quand il termina sur l’exécution de son père, elle posa simplement sa main sur son bras et dit d’une voix douce :

« Je suis sincèrement désolée. »

Ils se regardèrent sans rien ajouter… Pour dissiper ce trouble, Kelly alla se préparer une tasse de thé et quand il la vit retirer le sac poubelle plein, il le lui prit des mains et demanda où se trouvait le local à ordures. Il sortit de l’appartement en lui recommandant de bien fermer la porte derrière lui. Il allait reprendre l’ascenseur quand il vit une enveloppe matelassée qui traînait sur le dessus des boîtes aux lettres, il s’approcha et fut surpris de lire le nom de « Cory Mayers ». Il la prit en se demandant ce qu’elle pouvait bien contenir. Le jeu continuait…

 

Du côté de Diamond Head, le Docteur Adams décrocha son portable, écouta son interlocuteur et sa mine s’assombrit…

 

Catherine était rentrée chez elle, furieuse et bouleversée. Elle aimait Steve de tout son cœur mais elle se sentait invisible à ses yeux. Il se souvenait d’elle quand il avait un service à lui demander et les rares fois où il l’invitait au restaurant, c’était dans un drive-in ! Tout ce qu’elle désirait, c’est qu’il lui montre aussi qu’il tenait à elle ! Elle avait besoin de se sentir aimer, désirée, soutenue. Elle en était là à tourner en rond en se posant mille questions : devait-elle l’accepter tel qu’il était, quitte à en souffrir ? N’avait-elle pas fait une erreur en claquant la porte ? Etait-il trop tard ? L’aimait-il encore ? Et elle le revit alors sur la plage, souriant et détendu en compagnie de la jeune femme qu’elle avait aperçue l’autre jour dans le jardin et elle éclata en sanglots. Elle comprenait maintenant pourquoi il ne l’appelait pas, il l’avait déjà remplacée ! Il entretenait peut-être même déjà une liaison avec cette fille et son départ l’arrangeait bien !!! Plus elle y pensait et plus elle trouvait cette possibilité plausible, d’autant plus que Danny et Kono semblaient eux aussi bien s’entendre avec, Kono qui n’avait d’ailleurs même pas pris la peine de lui demander de ses nouvelles alors qu’elle devait savoir qu’elle était partie… Elle alla se doucher mais se promit que dès lendemain, elle affronterait Steve et cette femme ! Elle n’avait pas l’intention de se faire oublier aussi facilement…

 

Steve remonta chez Kelly en se demandant comment elle réagirait au contenu de cette enveloppe : devait-il la lui montrer ou la garder pour lui ? Il sortait à peine de l’ascenseur que la porte d’entrée s’ouvrit à toute volée : Kelly semblait affolée et machinalement, il dégaina son arme quand elle lui dit :

« Steve, il m’a téléphoné ! »

« Quoi ? Maintenant ? »

« Non, il a laissé plein de messages sur le répondeur, enfin ce ne sont pas vraiment des messages. Viens ! Ecoute ! »

Ils rentrèrent et Steve écouta ces fameux messages : en fait, il ne s’agissait que de râles. Kelly dit d’une voix tremblante :

« Il connaît mon numéro de téléphone maintenant ! » et en apercevant l’enveloppe dans les mains de Steve, elle lui demanda d’une voix aiguë :

« C’est quoi ? »

Steve n’avait plus le choix, il regarda l’enveloppe et la lui tendit d’une main hésitante. Kelly, en voyant le nom inscrit, blêmit, prit l’enveloppe qu’elle ouvrit rapidement, saisit en tremblant quelques photos et au fur et à mesure qu’elle les regardait, son tremblement s’amplifia, son cœur s’emballa, sa respiration s’accéléra et devint saccadée : elle n’arrivait plus à respirer normalement et elle cherchait désespérément de l’air. Il la fit s’asseoir en la rassurant du mieux qu’il pouvait quand il se rappela avoir vu un sac en papier qu’il alla aussitôt chercher pour l’appliquer devant sa bouche : il lui demanda de respirer dedans pour rétablir partiellement le taux de CO2 et il le retira vivement dès que les symptômes de la crise s’atténuèrent.

« Allonge-toi, tu as besoin de récupérer. Tu as fait une crise d’hyperventilation due au stress. Ca va aller maintenant. »

Et il continua à lui parler doucement afin qu'elle se détende. Elle ferma les yeux en essayant de se concentrer sur sa voix douce. Elle ne se sentait pas bien du tout et il lui fallut un bon moment avant de retrouver un peu de couleurs.

Les photos étaient éparpillées sur le sol et quand elle vit Steve s'abaisser pour les prendre, elle cria en se relevant brusquement :

« NON ! Laisse, je vais les ramasser ! » Mais elle fut prise d'un vertige et Steve la rattrapa avant qu'elle ne tombe.

« Calme-toi, Kelly, tu es encore faible. »

« Steve, non, je t'en supplie, ne les prends pas » le supplia-t-elle. Ce sont des photos de cette nuit-là. Ce cinglé m'a prise en photo pendant qu’il… qu’il… ».

« Chut, calme-toi. »

« ME CALMER? COMMENT VEUX-TU QUE JE ME CALME ? explosa-t-elle. C'est comme… C’est comme s'il recommençait ! Je peux sentir ses mains… Je l’entends !!!! Ca ne finira donc jamais… » se lamenta-t-elle.

« Je suis là, Kelly. »

« TU NE COMPRENDS PAS ! JE LUI APPARTIENDRAI TOUJOURS QUOI QUE JE FASSE ! JE N’AI JAMAIS CESSE EN FAIT ! et elle ramassa les photos qu’elle déchira encore et encore…

Steve était désarçonné face à une telle réaction. Il voulut la prendre dans ses bras mais elle se débattit violemment et contrairement à la nuit précédente, il dut la lâcher car la panique la gagnait à nouveau... Elle était devenue hystérique et le regard qu’elle lui lança le glaça : elle ne semblait même plus le reconnaître, elle ne l’entendait même plus ! Il prit peur et l’emmena alors de force sous la douche. Elle fut prise d’une terreur indicible à la vue de son lit quand il l’emmena dans sa chambre et elle essaya de se débattre encore plus en lui décochant des coups de pieds, en essayant de le griffer, de le mordre et il dut resserrer son étreinte. Il la poussa sous la douche et fit couler aussitôt l’eau froide : Kelly suffoqua et il la serra alors fermement tout contre lui en lui parlant doucement et en caressant ses cheveux. Elle tremblait de tous ses membres mais elle s’était peu à peu calmée et ils restèrent ainsi un long moment enlacés sous le jet d’eau froide. Il relâcha son emprise, elle s’accrocha à ses bras et se laissa bercer. Il coupa l’eau, attrapa une serviette qu’il voulut lui passer autour quand celle-ci le surprit en lui disant :

« Va-t’en, Steve, laisse-moi. »

« Certainement pas ! »

« S’il te plaît ! Je me sens si stupide et si… si sale… »

« Kelly, tu n’as rien à te reprocher. »

« Tu ne peux pas comprendre ! Tu peux pas savoir ce que je ressens. »

« Non mais je sais ce que, moi, je ressens ! »

« Je ne supporte pas que tu me voies dans cet état. J’ai ma dignité, du moins ce qu’il en reste et … »

« Tu n’as pas à avoir honte. Après ce que tu as vécu, c’est compréhensible. »

« Va t’en, je t’en supplie, Steve… » 

Steve posa alors ses lèvres sur sa bouche entrouverte et ils s’embrassèrent. Kelly s’écarta légèrement pour le regarder longuement, essayant de déchiffrer ses sentiments : avait-il pitié d’elle ? Ou était-ce possible qu’il ressente quelque chose pour elle ? Il lui prit le visage entre ses mains et l’embrassa à nouveau tendrement. Elle répondit à son baiser et sentit le désir monter en elle, une sensation qu’elle avait oubliée et qu’elle pensait ne plus pouvoir ressentir un jour…

Mais elle revit d’un coup les clichés, réentendit les râles et tout bascula : elle le repoussa et lui demanda, sans oser le regarder, de la laisser seule. Le ton de sa voix était sans équivoque : Steve la regarda longuement mais sortit néanmoins de la douche en lui disant :

« Je serai dans le salon si tu as besoin de moi. »

Et il prit une serviette avant de quitter la salle de bain.

Kelly se déshabilla, ouvrit le robinet d’eau chaude et laissa couler l’eau brûlante sur son corps. Elle prit ensuite le savon et commença à se laver en se frottant de plus en plus énergiquement et enfin, épuisée, s’écroula en sanglots. Steve, du salon, l’entendit pleurer : devait-il la rejoindre ? Mais une simple serviette passée autour des hanches le dissuada d’aller la consoler. Il se laissa choir dans un fauteuil en se prenant la tête entre les mains et resta ainsi un bon moment quand il remarqua son portable : il eut envie d’appeler Danny mais il se faisait tard. Il hésita et c’est à ce moment qu’il s’aperçut que Derek Morgan avait essayé de le joindre. Il le rappela et le profiler entra directement dans le vif du sujet :

« J’ai étudié attentivement les dossiers que vous m’avez fait parvenir. En quoi puis-je vous être utile, Commandant McGarrett ? »


mesange  (25.03.2014 à 09:17)

16

 

« Cet homme, comme vous le savez, n’a jamais pu être identifié alors qu’il sévit depuis plus de quinze ans. Mon unité se trouve confrontée à son dernier crime en date et nous tournons en rond. La seule chose dont nous sommes sûrs, c’est qu’il est ici pour en finir avec Kelly Grainger et je me demandais si vous auriez pu relever un élément qui nous aurait échappé et qui nous aiderait. »

« Vous savez, le fait qu’il n’ait jamais été arrêté n’est pas surprenant en soi. Il faut savoir que la victime a souvent été négligée dans les enquêtes policières et souvent les informations la concernant ne figuraient même pas dans leurs rapports ! Pourtant, souvent la meilleure manière d’approcher un profil est de passer par la victimologie qui est l’un des outils les plus bénéfiques pour classifier et résoudre un crime violent. »

« Vous voulez dire que des tueurs en série courent toujours parce que cet aspect n’a pas été creusé ? »

« Je ne dis pas qu’aucun service de police n’utilise ces informations mais que bien des enquêteurs ont négligé de considérer le passé de la victime comme important, oui. »

« Ce qui expliquerait bien des choses de ce dossier, comme le fait que Kelly n’ait jamais été recontactée par les différents services de police suite aux meurtres qui ont suivi. »

« Effectivement. J’ai étudié tous les dossiers des victimes mais j’aurais besoin que vous m’en disiez davantage sur votre propre enquête.»

Et Steve lui raconta tout ce qui s’était passé depuis la découverte du corps d’Abby Blake jusqu’à ce soir.

« Vous comprendrez mon inquiétude, notamment vis-à-vis de Kelly. »

« Il est effectivement passé à un niveau supérieur. Jusqu’à maintenant, il s’était contenté de se retenir jusqu’à ce qu’il rencontre une victime qui correspondait parfaitement à ses besoins, lui permettant de réaliser et de satisfaire ses fantasmes. Mais dans ce cas-ci, si le mode opératoire est resté le même à peu de choses près et sa signature ne faisant aucun doute, il a ajouté le message. Cette fois, il voulait qu’elle comprenne qu’il l’avait retrouvée.»

« Et c’est ce qui s’est passé. Comment expliquez-vous qu’il l’épiait mais que depuis quelques semaines, ça ne semble plus être le cas. Ca ne me paraît pas logique. »

« Ca ne fait aucun doute qu’il est obsédé par Kelly. Il ressort de tous les dossiers qu’avant de l’agresser, elle, il n’avait pas de type particulier de proies : l’âge, les caractéristiques physiques ne changeaient pas le rituel qui était commandé par la rage. Il devait simplement contrôler et dominer ses victimes.»

« Qu’est-ce qui a donc changé avec Kelly ? »

« Dans ce genre de crimes, il faut savoir que les agresseurs ont déjà vécu leur crime à travers leurs fantasmes avant de passer à l’acte sur des victimes réelles. Ainsi, on démontre une escalade du fantasme vers un comportement. Le fantasme étant planifié, la victime est choisie. Elle joue un rôle, celui que l’agresseur a besoin qu’elle occupe pour que son fantasme devienne réel. Avec une proie vivante, l’agresseur peut utiliser la torture. Les fantasmes principaux restent la peur et l’humiliation chez la victime qui permet à l’agresseur de dominer le monde qu’il a créé : localisation de l’agression, choix du script à utiliser avec elle, utilisation d’armes ou non, type d’armes utilisées,… On peut dire que plus les victimes résistent et plus la situation perdure et plus l’agresseur en ressent du plaisir et de la satisfaction. C’est ce qui s’est passé avec Kelly : c’est la seule victime qui, apparemment, a été violentée aussi longtemps. En fait, ils se sentent bien de savoir que leurs victimes se sentent mal et c’est ce qui arrive encore à Kelly en ce moment. »

« Il joue avec elle. »

« Il la torture psychologiquement cette fois avant de mieux la dominer physiquement. Quand il passera à l’acte, il considérera qu’il lui fait une faveur, il lui fera partager son fantasme, ses sentiments personnels. Oui, j’ai l’intime conviction qu’il l’épie toujours.»

« Comment le trouver ? Toutes nos pistes tombent à l’eau les unes après les autres. »

« Ce que je vais vous dire ne va pas vous plaire mais si vous voulez mettre un terme à ça et éviter d’autres meurtres, Kelly est votre meilleur atout car il n’y a qu’elle qui l’incitera à se dévoiler. »

« En effet, ça ne me plaît pas du tout ! Comment lui demander de servir d’appât ? C’est inhumain quand on voit tout ce qu’elle traverse… »

« Mais vous avez affaire à des malades qui ne réagissent pas comme nous. Il est fort probable qu’il va continuer à la tourmenter amenuisant toujours un peu plus sa capacité de résistance, brisant petit à petit tout ce qu’elle a pu mettre en place pour surmonter ce drame. »

« C’est déjà ce qui se produit… » avoua Steve d’une voix lasse.

« Arrivera le moment où elle ne désirera plus qu’une chose : mettre fin à ce cauchemar et le plus gros risque reste le suicide qui deviendra alors une option acceptable. » 

« Quelles sont les autres options ? »

« Vous voulez vraiment savoir ? »

« Oui. »

« Entre autres, un état de dépendance : toxicomanie, alcoolisme,…Des troubles de comportement comme des accès de violence, des troubles de la personnalité avec dépersonnalisation, dissociation, double personnalité et au final, un état de démence avec tout ce que cela peut comporter : auto-mutilations, repli sur soi, régression pouvant aller jusqu’au stade foetal…» 

Steve ferma les yeux un instant et Derek se tut, se rendant parfaitement compte de la lutte intérieure que devait se livrer le commandant du Five-0.

« Commandant, puis-je vous poser une question un peu personnelle ? Vous n’êtes pas obligé de me répondre bien sûr. »

« Allez-y. »

« Que représente cette jeune femme pour vous ? D’après notre conversation, j’ai le sentiment qu’elle compte énormément pour vous. Vous la connaissiez personnellement ? »

« Non, j’ai fait sa connaissance il y a 3 jours mais en effet, je me suis attaché à elle. D’après ce que vous savez, combien de temps pensez-vous qu’il mettra avant de passer à l’action ? »

« En trois jours, il est passé du message à l’envoi de photos et aux appels téléphoniques et Kelly se fragilise de plus en plus d’après vos dires. Je dirais donc qu’il attend le bon moment. »

« Il la tuera ? »

« Il faut savoir que celui qui tue se nourrit de la terreur de sa proie. Ils sont plus excités par la vue de leur victime terrorisée et par ses cris que par le meurtre lui-même qui est un processus lent qui leur donne plus de temps pour jouir de la souffrance de leur victime. Au vu de son parcours, je dirais que Kelly est la seule à lui avoir procuré autant de plaisir et quand il s’en est pris aux victimes suivantes, il n’a pas retrouvé cette extase suprême et il leur a fait payer en les tuant et le fait de leur avoir arraché le cœur n’est pas anodin : Kelly lui a pris le sien et il prenait ainsi lui aussi celui de Kelly. »

« S’il la tue, il tue son fantasme, non ? »

« Effectivement. Il a laissé passer dix ans avant de vouloir la posséder à nouveau et ce qui sera déterminant, c’est la façon dont il vivra ces retrouvailles : sera-t-elle comme il l’espérait ? Si c’est le cas, il ne la tuera probablement pas de suite, il voudra la séquestrer mais s’il est déçu, il n’hésitera pas à la tuer comme je viens de vous l’expliquer et poursuivra sa quête pour retrouver ce qu’il avait trouvé en Kelly… »

« Kelly est protégée jour et nuit. Prendra-t-il le risque de s’en prendre à elle malgré tout ? Ou assouvira-t-il ses pulsions avec d’autres femmes en attendant le bon moment ? »

« Soit il a déjà planifié la suite et il ne devrait plus tarder à mettre son plan à exécution, soit il restera prudent et patient, une caractéristique des tueurs en série, et attendra le bon moment mais s’en prendra à d’autres filles car il voit ses crimes et l’enquête de la police comme un jeu et ces meurtres briseront Kelly toujours un peu plus. »

« Si votre analyse est juste, il est plus que probable que nous aurons droit à d’autres meurtres. »

« J’en ai peur, Commandant. C’est pourquoi je vous dis que Kelly est votre meilleur atout. Je sens bien que vous n’êtes pas encore prêt pour cette option mais plus vous tarderez et plus ce sera difficile pour elle de faire la part des choses. »

« Je vous remercie pour votre aide, agent Morgan. »

« Commandant, je serais heureux de connaître le dénouement de cette histoire et j’espère que vous l’arrêterez avant qu’il ne fasse d’autres victimes. »

« Merci. Je vous tiendrai au courant bien sûr. »

Et ils raccrochèrent.


mesange  (27.03.2014 à 15:57)

17

 

Pendant ce temps, une femme vivait un véritable calvaire en subissant les assauts violents de son agresseur. Elle laissa échapper son dernier souffle à 3 H 48. Le Diable rangea ses instruments de torture dans sa besace, déposa soigneusement le cœur de sa victime dans un bocal qu’il étiqueta « Cory 10 » et regagna sa tanière aussi silencieusement que possible…

 

Steve alla écouter à la porte de la chambre de Kelly : le silence y régnait. S’était-elle endormie ? Il alla s’installer sur le canapé mais passa le reste de la nuit à cogiter, les paroles de Morgan revenant sans cesse et finalement comme il ne tenait plus en place, il se leva et décida de préparer des pancakes pour le petit-déjeuner à défaut d’aller pouvoir courir ou nager…

Kelly ne ferma pas l’œil de la nuit non plus : trop de choses se bousculaient en elle et elle prenait conscience qu’elle perdait peu à peu le contrôle de ses émotions. Elle était déjà passée par là et avait à cette époque fait le vide autour d’elle, ne supportant plus le regard des autres et avait trouvé refuge en s’isolant jusqu’à ce que ce sentiment de malaise disparaisse suffisamment que pour pouvoir reprendre sa vie en mains. Elle ne s’était pas reconstruite une vie palpitante, loin de là, mais elle se sentait malgré tout épanouie dans son rôle d’institutrice. Avait-elle finalement fait tous ces efforts pour rien ? Elle se remémora ses séances de psychothérapie pour puiser en elles la force de se relever... encore. Elle repensa à ces moments bien agréables passés avec les membres du Five-0 et puis… il y avait Steve qui se montrait tellement prévenant avec elle, qui ne semblait pas la juger mais l’accepter telle qu’elle était et il y avait eu ce baiser tellement inattendu, si doux, qui avait réveillé en elle des sentiments qu’elle ne pensait plus être capable d’éprouver. Elle se sentait valorisée et pourtant, elle l’avait repoussé. Est-ce qu’un jour, elle pourrait laisser son passé derrière elle ? Elle en était là dans ses pensées quand elle sentit une bonne odeur se répandre, elle se leva et vint rejoindre le seal dans la cuisine. Elle lui sourit timidement, gênée et mal à l’aise, mais en la voyant s’approcher, il lui sourit comme si rien ne s’était passé et quand il vit son regard s’arrêter sur la pile de pancakes, il lui dit d’un air faussement contrit :

« Les quantités et moi, ça fait deux. »

« Je vois ça. J’espère que tu as faim ! » Puis après un silence :

« Steve… »

Mais il l’interrompit en l’invitant à s’installer à table :

« Ils sont bien meilleurs chauds » dit-il en lui adressant un clin d’œil. Elle resta silencieuse, soupira mais vint s’asseoir.

Après ce petit-déjeuner où elle grignota plus qu’elle ne mangea, Steve téléphona à Kamekona pour lui demander s’il pouvait venir chez Kelly pour lui tenir compagnie pendant son absence. En l’entendant, elle le coupa :

« Ce n’est pas la peine, je t’assure. Une patrouille est là dehors et au moindre problème, je t’appelle. »

« Kamekona est ravi et je suis sûr que tu vas passer un bon moment avec lui. »

«  Si tu préfères, pour ne pas déranger ton ami, je peux venir au QG et prendre du travail avec moi, ce n’est pas ce qui manque d’ailleurs. »

Steve la regarda attentivement puis dit :

« Tu es sûre ? Ca ne t’ennuie pas ? »

« A moins que pour vous, ce soit un problème… »

« Bien sûr que non ! Kame, je te rappelle si nécessaire » et à l’adresse de Kelly : « En route alors ! »

Ils arrivèrent donc au QG sous le regard étonné mais néanmoins ravi de l’équipe : 

« Bonjour Kelly » dirent en chœur Kono et Danny.

« Bonjour Kono. Bonjour Danny. Je vous fais travailler un samedi. » s’excusa-t-elle.

« Oui, mais ce n’est pas ce week-end que j’ai la garde de Grace, alors, tu es pardonnée. »

« Et puis, ce n’est pas comme si nous n’en avions pas l’habitude, hein Boss. » dit Kono.

Steve ne releva pas, il semblait tendu, et dit simplement :

« Kelly va s’installer dans mon bureau. »

« Tu ferais peut-être bien de lui soumettre tes rapports pour une relecture » suggéra d’un ton moqueur Danny.

« Pourquoi ? »

« C’est pas ton fort et tu vas encore t’attirer les foudres du procureur. Et puis, ton orthographe laisse à désirer… »

« Très drôle, Danny. »

« Bonjour Kelly. Je m’appelle Chin et je suis le cousin de Kono. Nous n’avons pas encore eu l’occasion de faire plus ample connaissance. Bienvenue au Five-0 » et il ajouta un sourire aux lèvres : « Je confirme : si Steve est efficace sur le terrain, au niveau paperasse, il l’est beaucoup moins. »

 Ce dernier le regarda offusqué pendant que les autres sourirent et Kelly le remercia de son accueil chaleureux. Le boss l’introduisit dans son bureau puis alla rejoindre son équipe autour de la table tactile et attaqua directement :

« Kono, tu as pu visionner les vidéos d’hier ? »

« Je dois les recevoir d’un instant à l’autre. »

« OK. Avons-nous autre chose ? »

« Rien. » dit Chin, la mine sombre.

« Chin, aurais-tu relevé un autre véhicule qui reviendrait aussi régulièrement sur les bandes vidéo, voire quelqu’un ? »

« Tu penses qu’il l’épie toujours ? » demanda Danny.

Steve leur rapporta alors la conversation qu’il avait eue avec le profiler quand son portable se mit à sonner.

« Je t’écoute, Duke et après quelques instants : « Nous arrivons tout de suite » et en regardant les autres :

« Il a fait une nouvelle victime. Je vais demander à Kamekona de venir ici et de rester avec Kelly le temps qu’il faudra » et il se dirigea vers son bureau :

« Kelly, nous devons partir. Kamekona va arriver et restera avec toi pendant notre absence. »

« Steve, est-ce bien nécessaire ? »

« Je ne te demande pas ton avis » et il partit.

 

En route, Danny lui lança plusieurs regards appuyés et le seal finit par lui demander s’il y avait un problème. Il commença prudemment sachant qu’il entrait en terrain miné :

« Combien de victimes va-t-il encore faire avant qu’on ne mette la main dessus ?

Son ami le regarda en fronçant les sourcils et lui dit d’un ton cassant :

« Mais pourquoi faut-il que tu sois toujours aussi négatif ? Nous finirons bien par l’arrêter ! »

« On tourne en rond et si la police de dix autres états n’a jamais pu mettre la main dessus, pourquoi serions-nous plus chanceux ? »

« Oui, mais aucune n’avait fait le lien avec Kelly. » 

« Justement. »

« Justement quoi ? » 

« Tu sais ce qu’a dit l’agent Morgan… » 

« Tu veux t’en servir comme d’un appât ? C’est ça ? Après tout ce qu’elle a subi ? » s’emporta Steve.

 « Quel est le problème, Steve ? »

« Le problème ??? Non, mais t’es sérieux là ? »

 « Oui, tout à fait, mon pote. » 

 Steve le regarda d’un air ahuri. Pour lui, ce n’était même pas envisageable !

« Ne te méprends pas, je l’apprécie aussi beaucoup et je ne voudrais pas qu’il s’en prenne à nouveau à elle mais comme Morgan l’a dit, c’est notre meilleur atout pour lui mettre la main dessus », insista Danny. « Nous aurons pour une fois les cartes en main et nous serons prêts à intervenir. »

« Pas question de l’utiliser ! Cette femme se bat tous les jours pour survivre tant bien que mal et tu voudrais qu’elle affronte à nouveau celui qui a brisé sa vie ? »      

« Elle a déjà trop souffert, nous sommes d’accord », dit Danny, « mais je me demande si tu agirais ainsi avec une autre ? »

« ALORS LA, DANNY, TU VAS TROP LOIN !!! »

« Ah oui, tu trouves ? » demanda son co-équipier qui ne se laissa pas démonter. 

Steve soupira. Il n’aimait pas le tour que prenait cette conversation.

« Je ferai tout pour lui éviter de se retrouver face à face avec son tortionnaire. »

« OK mais… »

« Il n’y a pas de mais, c’est comme ça ! » trancha Steve d’un ton sans appel.

« Oh c’est vrai, j’avais oublié que le 5-0 était une dictature bienveillante » répondit ironiquement Danny et il se tut.

Son ami le fusilla du regard et le reste du trajet se passa dans le silence le plus complet.

 

Pendant ce temps, Kelly s’était replongée dans ses corrections quand elle entendit une porte s’ouvrir : elle sortit du bureau pour accueillir Kamekona… Mais c’est une jeune femme aux cheveux bruns et à l’air bien décidé qui entra à sa place, marqua un temps d’arrêt en la voyant, se reprit pour lui demander sèchement :

« Steve n’est pas là ? »


mesange  (29.03.2014 à 08:50)

18

 

« Non, il est parti.»

 Catherine jeta un œil dans son bureau et ne put s’empêcher de lancer :

« Je vois qu’en plus d’occuper son lit, vous occupez aussi son bureau. »

Kelly fut un instant décontenancée par cette attaque soudaine puis demanda :

« Je peux savoir qui vous êtes ? »

« La compagne de Steve » répondit toujours aussi sèchement Catherine.

Kelly resta interdite, ne s’attendant pas à une telle déclaration, Steve n’ayant jamais laissé entendre qu’il n’était pas libre et elle répondit néanmoins d’une voix qu’elle essaya de maîtriser au mieux :

« Vous savez alors comment le joindre. »

« En fait, je suis contente de vous voir. »

Kelly la regarda attendant la suite.

« Puisque de toute évidence, Steve n’a même pas pris la peine de mentionner mon existence, je tiens à vous avertir que je ne vous laisserai pas me le voler sans me battre. »

« Ce n’est pas ce que vous croyez » dit Kelly.

« Ah non ? Expliquez-moi alors. »

Si Kelly pouvait comprendre l’animosité de cette femme, elle n’appréciait guère son attitude ni le ton adopté et n’avait aucune envie de lui faire part de la raison de sa présence ici mais elle répondit néanmoins à contrecœur :

« Il assure ma protection. »

« Votre protection ? Vraiment ? Une protection sacrément rapprochée alors ! »

« Je n’ai rien d’autre à vous dire  et si vous permettez, j’ai du travail qui m’attend. »

« Vous couchez avec l’homme que j’aime et vous n’avez rien d’autre à me dire ? J’en crois pas mes oreilles ! »

« Combien de fois devrais-je vous le dire : je ne suis pas sa maîtresse ! »

Elle repensa toutefois au baiser qu’ils avaient échangé et puis, au fiasco qui s’en était suivi et lutta pour ne pas laisser paraître d’émotions. Catherine remarqua pourtant son trouble et l’accusa de plus belle :

« Vous mentez ! Vous déjeunez avec lui, vous passez la soirée avec lui et je parie que vous étiez ensemble aussi cette nuit comme la précédente d’ailleurs et combien d’autres encore ! »

« Je vous en ai donné la raison » et en soupirant : « C’est avec lui que vous devriez avoir cette discussion. »

« Oh mais ne vous en faites pas, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis ici. Je ne m’attendais toutefois pas à trouver sa maîtresse mais ce n’est pas plus mal » et elle se dirigea d’un pas assuré vers le bureau de Steve, s’assit à sa place et toisa sa rivale à travers les vitres. Elle remarqua les cahiers étalés sur le bureau et une étiquette l’interpella : Grace Williams. C’était donc ainsi qu’il l’avait rencontrée ! Elle se rappela la scène qu’elle avait aperçue sur la plage et comprenait mieux maintenant l’attitude de Danny envers la jeune femme. Elle l’interpella :

« Ce bureau est trop petit pour nous deux. Je suis sûre que Danny ne verra aucun inconvénient à ce que l’institutrice de sa fille occupe le sien. »

Kelly, sans un mot, vint rassembler toutes ses affaires sous le regard hostile de Catherine qui ne put s’empêcher de lui demander :

« Depuis quand dure votre petit manège ? Mon départ vous a bien arrangé tous les deux ! »

« J’ignore de quoi vous parlez et je vous le répète: si les apparences jouent contre nous, il ne s’est rien passé entre Steve et moi, en tout cas, pas ce que vous croyez ».

« Je le connais et j’ai vu comment il vous regardait : jamais, vous ne me ferez croire que vous n’avez pas couché ensemble.»

« C’est pourtant la vérité mais libre à vous de penser ce que vous voulez. »

Elle sortit de la pièce, s’installa dans un autre bureau sous le regard dubitatif de Catherine et fit mine de se concentrer sur son travail mais elle avait beau lire et relire le travail d’un de ses élèves, elle n’enregistrait rien… Catherine, quant à elle, se mit à tourner machinalement les pages des dossiers qui se trouvaient sur le bureau quand son regard fut attiré par certains clichés et en les examinant de plus près, quelle ne fut pas sa surprise de reconnaître l’institutrice. Elle feuilleta plus attentivement le dossier et découvrit qu’elle avait été violée. Elle se serait donc trompée sur son compte ? Elle alla la trouver :

« Je viens de voir ce qui vous est arrivé et j’en suis sincèrement désolée. Je vous présente mes excuses, je vous ai accusée à tort. »

Mais ces paroles, au lieu d’apaiser Kelly, la blessèrent profondément : elles lui rappelaient cruellement qu’elle n’était plus une femme à part entière. Elle ne prit pas la peine de répondre et se replongea dans ses corrections. Catherine perçut sa détresse et lui dit d’une voix radoucie :

« Je regrette vraiment ce qui s’est passé. Je sais combien ce doit être douloureux pour vous… » mais elle s’arrêta net, glacée par le regard que lui adressa alors Kelly qui la reprit de volée :

« Vous ne pouvez même pas imaginer ni même commencer à l’imaginer ! Comment oublier la terreur que l’on a ressentie, toutes ces heures de torture à se débattre sous un homme qui vous humilie, qui vous salit, qui vous lacère le corps avec un couteau, cette douleur intense en attendant qu’il en finisse, ce sentiment de culpabilité en vous demandant ce que vous avez fait pour mériter ça et pour finir, agoniser dans vos propres draps imbibés de votre sang en espérant que la mort vienne rapidement vous soulager !

Catherine détourna la tête mais Kelly poursuivit en crachant ses mots cette fois :

« Ca vous gêne d’entendre ça ? Pourtant, le viol est devenu si banal de nos jours et ce mot est si propre comparé à ce qu’il représente. Combien de fois on vous dit « Vous allez vous en remettre » mais ça ne se passe pas comme ça, ça ne se limite pas à ça ! Alors, ne me dites pas que vous savez ce que c’est parce que vous n’en avez aucune idée ! Et la prochaine fois, avant de lancer des accusations, assurez-vous qu’elles ne provoquent pas un effet dévastateur ! »

Sur ce, elle quitta en larmes le QG et monta dans le premier taxi…


mesange  (31.03.2014 à 14:26)

19

 

Toute l’équipe du Five-O arriva sur la scène de crime et Chin fut le premier à dire ce que les autres pensaient aussi :

« C’est dingue, on a l’impression d’être sur la même scène que la précédente. A part le lieu, tout semble identique. »

« La victime ressemble à Kelly aussi » releva Kono.

« Mais pas de message cette fois » remarqua Steve.

« Et toujours pas de cœur » dit Danny après avoir examiné les alentours.

« Max ne devrait plus tarder » dit Kono.

« Allez voir si vous repérez des traces de pneus » dit Steve à l’intention de Chin et Kono et les prenant de court :

« Danny, on rentre. »

 

A l’hôpital, le Docteur Adams invita Malia à le rejoindre dans son bureau. Celle-ci comprit immédiatement que les nouvelles étaient mauvaises. Son confrère se lança :

« Je suis désolé, Malia, il s’agit bien d’un mélanome comme vous le suspectiez. J’aimerais que votre mari subisse d’autres explorations : je lui ai réservé un rendez-vous aujourd’hui pour passer un pet-scan corps entier. Vu son travail, il peut se présenter quand il veut, il sera intercalé entre deux rendez-vous. » Malia ferma les yeux et dit en soupirant :

« Vous savez déjà de quel mélanome il s’agit ? »

« J’attends encore l’analyse anatomopathologique. Je vous préviens dès sa réception. »

« Merci pour tout » répondit-elle, les larmes aux yeux et elle sortit du cabinet de son collègue sous le regard attristé de celui-ci. Elle prit son téléphone mais se ravisa : il était préférable d’attendre les résultats de l’analyse avant de l’inquiéter plus que nécessaire et de toute façon, il était encore trop tôt pour agir…

 

De son côté, Catherine n’en menait pas large en attendant le retour de Steve et fut soulagée de voir entrer Kamekona qui lui dit :

« Bonjour Catherine. Je ne savais pas que tu étais ici mais tant mieux, j’ai crevé en chemin et j’ai perdu du temps à changer le pneu. Comment vas-tu ? »

« Bonjour Kamekona. Ca peut aller, merci. »

« Où est Kelly ? »

« Elle a quitté le bureau. »

« QUOI ? Tu sais où elle est allée ? »

« Aucune idée » répondit Catherine mal à l’aise.

« Steve va être furieux, il m’a demandé de venir pour la protéger. »

« La protéger de quoi ? »

« Tu ne regardes pas les infos à la télé ? On ne parle que de ça ! »

Catherine pâlit : elle n’avait pas pensé un seul instant à cette éventualité, trop obnubilée par sa jalousie et elle se sentit très mal d’un coup. Kame le remarqua et lui demanda :

« Que s’est-il passé ? »

« Je pensais qu’elle et Steve avaient une liaison et j’ai vraiment été odieuse avec elle. »

« Oh… Catherine… Kelly est vraiment gentille mais elle court un grave danger. Je dois prévenir Steve tout de suite. »

« Attends, elle n’a pas beaucoup d’avance sur nous. Elle doit sûrement être rentrée chez elle. Allons-y, Kame. Pas la peine d’inquiéter Steve pour rien. »

Kamekona hésita mais la suivit néanmoins en marmonnant :

« Steve va pas aimer, non, il va pas aimer ça du tout » et il lui donna l’adresse que Steve lui avait communiquée ce matin.

 

 

Arrivés à hauteur de la Camaro, Danny s’arrêta et Steve lui demanda :

« Tu montes, oui ou non ?

« Tu as décidé du nombre limite ? »

« Quoi ? »

« Le nombre de familles que nous devrons encore affronter. »

« On fait tout ce qu’on peut pour l’attraper. »

« Ah non, désolé, on ne fait justement pas TOUT ce qu’il faut pour l’attraper. »

« Je t’ai expliqué pourquoi je ne voulais pas utiliser Kelly. Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans ce que j’ai dit ? »

« J’ai très bien compris ce que tu as dit mais je ne suis pas d’accord avec toi. »

Steve soupira et Danny poursuivit :

« Tu réagirais comment si sa prochaine victime serait quelqu’un que tu aimes, disons… ta sœur tiens ! »

Steve lui jeta un regard noir mais le laissa poursuivre :

« Tu te dirais aussi que tu avais tout fait pour l’arrêter ? Tu pourrais vivre avec ça en sachant que tu n’as pas voulu utiliser Kelly comme appât pour ne pas risquer de la faire souffrir ? » et après un moment de silence tendu :

« On est là pour protéger la population et pas qu’une seule personne, aussi chère nous soit-elle… Tes sentiments pour elle, quels qu’ils soient, obscurcissent ton jugement. »

« Mes sentiments pour elle ? »

« Oui, tes sentiments pour elle. Il faudrait être aveugle, ce que je ne suis pas, pour ne pas remarquer qu’il y a un truc entre vous. »

« N’importe quoi ! On se connaît à peine ! »

« Le coup de foudre, tu en as déjà entendu parler ? Tu sais, ce petit ange qu’on appelle Cupidon, qui vous décoche une flèche en plein cœur et vous rend stupide ? Eh bien, il t’a pas loupé ! Tu montres déjà les premiers signes d’atteinte. »

« Et comment s’appelle l’ange qui décoche les flèches qui rendent insensible ? Parce qu’il ne t’a pas raté non plus ! »

« C’est ça, fais le malin mais en attendant, notre tueur est peut-être déjà en train de pister sa prochaine victime… »

Ils montèrent dans la voiture et après quelques kilomètres, Steve brisa le silence :

« Tu as raison. »

« Tu peux répéter ? »

« J’ai dit que tu avais raison : il est temps de mettre au point un plan infaillible pour lui mettre la main dessus. »

« A la bonne heure. »

« J’aurais tellement voulu lui épargner ça… » 

« Ca ne me plaît pas non plus mais nous n’avons pas d’autre choix, Steve. »

« Je sais mais j’ignore comment elle va réagir quand nous lui ferons part de notre plan. Elle se fragilise de plus en plus. » Il lui raconta alors la crise de la veille, gardant toutefois pour lui le baiser échangé et ajouta avant que Danny ne lui en fasse la remarque :

« Je sais que je n’aurais pas dû la laisser déchirer ces photos mais les faire analyser ainsi que l’enveloppe mais je n’ai pas pu… »

« J’aurais fait pareil s’il s’était agi de Rachel, le rassura son ami. « Elle souffre déjà assez comme ça, inutile d’en rajouter si on peut l’éviter. »

Steve le regarda et Danny demanda :

« Pourquoi tu me regardes ainsi ? « 

« Après tout, cet ange t’a peut-être loupé. »

« Oui mais ce n’est pas le cas de Cupidon. »

Steve ouvrit la bouche mais préféra se taire et reporta son attention sur la circulation.


mesange  (02.04.2014 à 14:40)

20

 

Kelly sortit précipitamment du taxi, croisa Madame Collins qui la salua mais c’est à peine si la jeune femme la remarqua. Elle s’engouffra dans l’ascenseur, appuya en tremblant sur le bouton correspondant à son étage et ferma les yeux en reprenant son souffle. Elle rentra chez elle sans prendre la peine cette fois de vérifier quoi que ce soit, sa sécurité lui importait peu, là, sur le moment. Pour la première fois depuis dix ans, elle devait affronter ce qu’elle n’attendait plus, ce qu’elle n’espérait plus… Sa confession auprès des membres du Five-0 avait bouleversé le mode de vie qu’elle s’imposait depuis tant d’années : elle avait, c’est vrai, par la force des choses, laissé Steve et son équipe entrer dans sa vie…dans son cœur. Elle avait apprécié les moments passés en leur compagnie, le repas chez Kamekona, la proposition de Kono de lui apprendre à surfer, la promesse d’autres sorties ensemble… Elle se sentait en sécurité avec eux, retrouvait une vie sociale et y reprenait goût malgré la menace toujours bien présente. La présence de Steve n’y était pas étrangère. Elle se sentait à l’aise avec lui, protégée, appréciée. Elle était sous son charme et se rendait compte maintenant à quel point elle s’était attachée à lui ! Elle se rappela le moment où il l’avait serrée dans ses bras, une sensation de bien-être qu’elle avait oubliée, le moment où elle s’était blottie tout contre lui la première nuit, le moment où ils étaient restés enlacés tous les deux sous la douche et le moment où il l’avait embrassée : un baiser si tendre qui avait su réveiller en elle le désir, sentiment qu’elle pensait être enfoui à tout jamais… et elle ferma les yeux pour sentir à nouveau ses lèvres chaudes et douces sur sa bouche. Elle sourit. Elle trouvait inconcevable que l’on puisse se marier et même fonder une famille quand on avait été violée mais cette idée ne lui semblait plus aussi saugrenue à présent et elle comprit que ce qu’elle ressentait pour lui était bien plus qu’une attirance : elle tombait amoureuse de lui, si ce n’était déjà fait et l’amour faisait bien des miracles, non ? Mais son esprit cessa de vagabonder pour revenir à la réalité : il n’était pas libre et sa vie sentimentale, à peine ébauchée, s’écroulait déjà… Pourtant, Catherine lui avait dit être partie. Leur relation battait-elle de l’aile ? Est-ce pour cette raison que Steve ne lui avait pas parlé d’elle ? Etait-ce possible qu’elle ne le laisse pas indifférent ? Y avait-il un espoir que… ? Mais les paroles de Catherine qui lui faisaient si mal lui revinrent aussitôt :

« Je viens de voir ce qui vous est arrivé et j’en suis sincèrement désolée. Je vous présente mes excuses, je vous ai accusée à tort

« A tort, à tort, à tort » Ces mots se mirent à résonner dans sa tête et elle se boucha les oreilles pour ne plus les entendre. C’était donc si incongru de penser qu’elle puisse à nouveau aimer un homme dans tous les sens du terme et être aimée en retour ? Elle le revit se pencher vers elle pour l’embrasser et à sa plus grande surprise, elle avait répondu à son baiser. Que se serait-il passé si elle ne l’avait pas repoussé ? Cette fois, c’est le Diable qui lui répondit : « Tu es à moi » et les propos de Catherine, si durs à encaisser, prenaient tout leur sens : aimer un autre homme n’était pas suffisant, ses sentiments, aussi forts soient-ils, ne changeraient rien : ce cinglé l’avait marquée au fer rouge et IL avait raison : oui, elle lui appartenait et ce, quoi qu’elle fasse… Elle n’empêcha plus ses larmes de couler en pensant que ces dix années de lutte n’avaient servi à rien, Kelly n’était qu’une illusion, juste une illusion et elle sentit à nouveau ses mains, son corps lourd sur le sien, son haleine. Oui, elle était à lui, rien ni personne ne pourrait changer ça et l’évidence la frappa de plein fouet : le bonheur lui était interdit. Jamais, elle ne pourrait rendre un homme heureux. A quoi bon continuer de se battre ? Elle ne ferait que prolonger son calvaire en s’octroyant de temps à autre de bons moments, oui, mais elle ne pouvait plus s’en contenter, elle ne voulait plus s’en contenter et elle sut alors clairement ce qu’il lui restait à faire pour mettre fin à cette terrible souffrance. Elle saisit les clés de sa voiture et se dirigeait vers la porte quand elle hésita et finalement, se ravisa pour noter, en tremblant, sur une feuille de papier quelques lignes à l’intention de Steve. Une larme vint s’écraser au beau milieu de son mot et l’encre s’étala en une grosse tache. Elle revit son beau visage, son sourire irrésistible mais ce ne fut pas suffisant que pour l’arrêter. Il avait Catherine, sa vie reprendrait son cours normal et il l’oublierait. De toute façon, elle ne pouvait pas le rendre heureux… Elle pensa à Danny, à Grace, à Kono et à Chin : ils seraient là si Steve en avait besoin et ça lui suffit…. Elle sécha ses larmes et contre toute attente, c’est apaisée qu’elle ouvrit la porte : son cauchemar allait prendre fin : elle allait se libérer de son emprise et elle sourit en imaginant ce qu’IL ressentirait quand il découvrirait qu’elle lui avait échappé. Un énorme poids venait de s’envoler…


mesange  (03.04.2014 à 16:25)

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