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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 09.03.2014 à 14h09
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Il l’avait retrouvée : le cauchemar recommençait mais c’était sans compter sur le Five-0… (J'écris seule) » mesange
Cette fanfic compte déjà 39 paragraphes
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IL ne s’était pas attendu à une telle opportunité aussi vite et quand il la vit prendre ses clés, il se dit que c’était le moment ou jamais. Elle le prenait un peu de court mais il ne pouvait pas laisser passer cette occasion. Il n’avait pas le temps de tout ranger mais tant pis, il ne pensait plus qu’à sa Cory en cet instant et il sortit en n’oubliant pas sa précieuse besace ni son masque...
Kelly tourna la poignée et se trouva nez à nez avec…le diable qui lui décocha un violent coup de poing en plein visage et elle s’effondra, inconsciente, sur le sol. Le Diable avait capturé sa proie…
Pendant ce temps, Catherine et Kamekona arrivèrent au domicile de Kelly. Avant de monter, Cath alla trouver les agents qui surveillaient l’immeuble et leur demanda s’ils avaient vu Kelly. Ils répondirent que oui et qu’elle n’était pas ressortie. Catherine poussa un soupir de soulagement mais qui fut de courte durée quand ils découvrirent sa porte ouverte et un peu de sang à terre mais aucune trace de la jeune femme. Catherine se sentit très mal et Kamekona, blême lui aussi, prit aussitôt son téléphone pour appeler Steve :
« Il a Kelly » dit-il d’une voix bouleversée.
« QUOI ? Comment ça, il a Kelly ? Qu’est-ce que tu racontes ? TU DEVAIS LA SURVEILLER, BON SANG ! »
« Qu’est-ce qui s’est passé ? Tu vas bien, toi ? » demanda Danny inquiet.
« Oui, oui mais Kelly est probablement blessée, il … ». Catherine lui prit le téléphone des mains :
« Steve, c’est Cath. C’est ma faute, je me suis disputée avec et elle est partie du QG. Kamekona n’était pas encore arrivé. Je t’assure que j’ignorais le danger qu’elle courait et dès que j’ai su, je suis venue avec Kame mais elle a disparu, sa porte était ouverte et il y a un peu de sang à terre. Elle doit encore être dans le bâtiment car les agents ne l’ont pas vue sortir. »
Steve ferma un instant les yeux. Comment une chose pareille avait-elle pu se produire ? Qu’est-ce que Cath avait bien pu lui dire pour qu’elle parte ainsi et se mette en danger ? Il se frotta le front avec le pouce et réfléchissait à toute allure tandis que Danny appelait la patrouille de police qui montait la garde…
« D’après les agents, une seule voiture est sortie il y a de cela dix minutes mais c’était celle du paraplégique. Elle est donc encore à l’intérieur » déclara Danny.
« Ou alors, ce paraplégique ne l’est pas plus que toi ou moi ! Il nous faut sa plaque d’immatriculation, la marque du véhicule et sa couleur. » dit Steve qui appela Kono et Chin en leur annonçant d’une voix tendue :
« Kelly a été enlevée. Kono, j’ai besoin de toi pour repérer, via les caméras de surveillance des autoroutes, le véhicule de Carter. Si on s’en tient aux lieux des deux autres scènes de crime, il doit se diriger vers des forêts. »
Chin s’arrêta aussitôt et Kono bondit pour aller chercher son ordinateur portable dans le coffre. Elle le déposa sur le capot, l’alluma et après quelques instants :
« Voilà » dit-elle, « j’ai sa plaque : AAN 743. Je me branche sur les caméras de surveillance. »
« Je donne le signalement du véhicule à toutes les voitures de police » dit Chin.
Steve appela ensuite Kelly sur son portable mais c’est Kamekona qui lui répondit :
« Oui, Steve ? »
Le seal poussa un juron et raccrocha.
« Tu es sûr qu’il s’agit de notre homme ? Si tu te trompes, elle est encore à l’intérieur » demanda Danny, pas convaincu.
« Non, s’il ne l’épiait plus, c’est parce qu’il n’en avait plus besoin, il était sur place ! Un appartement qui se libère juste à côté de celui de Kelly, c’était une occasion rêvée pour lui. Kono, tu l’as ? »
« Une minute, Steve ! »
« Si j’avais suivi mon instinct, Danny, Kelly n’en serait pas là. J’aurais au moins dû vérifier ! Si jamais on n’arrive pas à temps… »
« Arrête de culpabiliser, ce type, si c’est lui et rien ne le prouve pour l’instant quoi que tu dises, a bien su brouiller les pistes. Aucun de nous n’a pensé à cette possibilité. »
« Va voir dans son appartement si tu trouves quelque chose qui nous aidera à trouver le lieu où il compte l’emmener. »
« Il nous faut un mandat de perquisition » mais en voyant le regard meurtrier que Steve lui lança, il dit :
« J’y vais. Et toi, tu fais quoi ? »
« Il a au moins dix minutes d’avance sur nous, quinze peut-être et on ignore où il se dirige. Je n’ai pas de temps à perdre. Je file prendre l’hélico de Kamekona, je gagnerai de précieuses minutes. »
En lisant la peur sur le visage de son ami, Danny ajouta « Tu vas la retrouver. »
Et il sortit aussitôt de la Camaro pour aller rejoindre Kame et Cath mais croisa auparavant Madame Collins et lui dit avant qu’elle ne pose de question :
« Rentrez chez vous et n’en sortez pas sans notre autorisation. »
« Que se passe-t-il ? »
« Je n’ai pas le temps de vous expliquer, faites ce que je vous dis, s’il vous plaît » puis se ravisant, il lui demanda si elle avait vu ou entendu quelque chose d’inhabituel et la vieille dame répondit :
« J’ai croisé Mademoiselle Grainger qui semblait bouleversée. Elle ne m’a même pas dit bonjour et je n’ai pas insisté, je voyais bien qu’elle pleurait. »
« Rien d’autre ? »
«Si : une dame que je n’ai jamais vue est entrée suivi d’un gros monsieur avec un t-shirt portant … »
« une crevette à son image » termina à sa place Danny.
« Oui, comment le savez-vous ? Vous le connaissez ? ».
« Oui, ce sont des amis ».
« Dites, Kelly ne s’est pas disputée avec le beau commandant ? Ils allaient si bien ensemble. »
« Non, rassurez-vous. Rentrez chez vous maintenant. »
« C’est bizarre que ça soit ses amis qui viennent la consoler et non son petit ami ? Il ne lui est rien arrivé au moins à ce beau jeune homme ? Ca expliquerait son état. »
« Madame Collins, s’il vous plaît… »
« Oui, oui, je rentre… » dit-elle d’un ton dépité.
Steve roulait à vive allure en slalomant entre les voitures, le visage crispé et les mains serrées sur le volant. Il lui avait promis qu’il la protégerait et il avait échoué : elle était entre ses mains et il n’osait imaginer la terreur qu’elle devait ressentir en ce moment. Lui-même devenait fou rien qu’à l’idée de savoir ce qu’il lui ferait à nouveau endurer. Il fallait absolument qu’il la retrouve avant qu’il n’ait eu le temps de la toucher !
Kono repéra enfin la voiture et l'avertit aussitôt :
« Steve, j’ai repéré la voiture. Elle a quitté l’autoroute il y a dix minutes en prenant la sortie 25. Elle se dirige vers Kahana Park mais il n’y a plus de caméras sur ce tronçon. »
« Appelle Duke pour voir s’il n’y a pas des patrouilles de ce côté-là et si c’est le cas, qu’il place des barrages sur toutes les voies menant au parc. Moi, je serai aux commandes de l’hélico dans cinq minutes. »
« On devrait être à Kahana Park dans trente minutes » dit Chin.
« Bien. Je vous tiens au courant. »
Les deux cousins se regardèrent : ils tremblaient eux aussi pour leur nouvelle amie et Chin en voyant le visage blême et tendu de Kono lui dit :
« Si quelqu’un peut la sauver, c’est bien Steve. Il sera dans son élément. »
« Je sais mais je me demande ce que doit ressentir Kelly en ce moment, elle a déjà tellement souffert… Comment surmontera-t-elle cette nouvelle épreuve… si elle s’en sort cette fois ? Chin, on sait ce qu’il va lui faire…»
« Il n’en est pas encore là et Steve va gagner un temps fou grâce à l’hélico. »
Kono n’était pas rassurée pour autant et Chin ajouta :
« Il va y arriver et nous, nous serons là pour l’aider à surmonter cette nouvelle épreuve, elle ne sera plus toute seule cette fois. »
« A condition qu’elle puisse encore accepter notre aide… »
Ils se turent et Chin appuya un peu plus sur l’accélérateur.
22
Pendant ce temps, Kamekona défonça la porte de l’appartement occupé par le voisin de Kelly et Danny s’introduit aussitôt à l’intérieur, suivi de Catherine et de l’Hawaiien. En apercevant la chaise roulante vide trônant au milieu du salon et des clichés de Kelly à côté d’un ordinateur portable, Danny appela immédiatement Steve :
« C’est notre homme, Steve, tu avais raison. Vous avez pu le repérer ? »
« Oui, il se dirige vers Kahana Park. J’arrive à l’hélico et je vous donnerai les coordonnées exactes dès que je le repère. »
« Je pars tout de suite te rejoindre » et il demanda les clés de la Stingray à Catherine qui les lui donna en disant :
« Je viens avec toi. »
« Certainement pas ! Reste ici avec Kame et voyez si vous trouvez quelque chose qui pourrait nous aider » et il partit en courant en leur lançant : « Appelle la scientifique aussi. »
A l’hôpital, le Docteur Adams venait de recevoir les résultats complets de la biopsie subie par le mari de son amie.
« Malia, j’ai une bonne nouvelle à t’annoncer : il s’agit de la forme la moins grave de mélanome… »
« Un baso-cellulaire » termina la jeune femme à sa place.
« Oui. J’aimerais vous voir tous les deux tout à l’heure quand ton mari aura passé le Pet-Scan. »
« Oui, bien sûr. Je vais l’appeler maintenant que je peux lui donner une nouvelle rassurante et je lui demanderai quand il pourra se libérer pour passer cet examen. »
« A tout à l’heure. »
Malia téléphona aussitôt à Chin qui, en voyant le nom s’afficher, préféra ne pas décrocher en présence de sa cousine qui s’étonna :
« Tu ne décroches pas ? »
« Elle comprendra que je ne peux pas lui répondre, je la rappellerai plus tard. »
Mais Kono décrocha à sa place sous le regard courroucé de son cousin et l’incita à lui répondre quand ils entendirent Malia dire :
« Chin, Alan a reçu tes résultats et… »
« Malia… » coupa Chin mais sa femme ne comprit pas qu’il était sur haut-parleur et poursuivit :
« Il s’agit bien d’un mélanome mais heureusement, un baso-cellulaire, c’est-à-dire la forme la moins grave de ce type de cancer car elle ne donne pas de métastases. » Kono se tourna vers son cousin pendant que Malia poursuivait :
« Alan t’a réservé un rendez-vous pour passer un pet-scan aujourd’hui. On t’intercalera entre deux examens. Tu pourrais être ici vers quelle heure ? «
Chin répondit :
« Kelly vient d’être enlevée et je me dirige vers Kahana Park pour aider Steve et Danny à la retrouver. Je te rappelle tout de suite après. C’est possible ? »
« Oh mon Dieu, non ! J’espère que vous la retrouverez à temps ! Oui, rappelle-moi dès que tu peux » et elle raccrocha.
« Est-ce que j’ai bien entendu ? Tu souffres d’un mélanome et tu ne m’en as même pas parlé ? »
« Malia s’inquiétait et j’ai passé une biopsie pour la rassurer et tu l’as entendue : c’est la forme la moins agressive. Je vais bien, Kono. »
« J’hallucine ! Tu souffres d’un cancer et tu dis que tu vas bien ? Je ne comprends pas pourquoi tu ne m’as rien dit ! Je savais que tu cachais quelque chose mais je n’aurais jamais pensé à ça ! »
« Kono, c’est pas le moment ! Steve et Kelly ont besoin de nous. »
« On en reparlera ! »
« Oui » et il se concentra à nouveau sur sa conduite pendant que Kono détournait la tête pour ne pas lui montrer à quel point cette nouvelle l’avait choquée. Mais il avait raison, ils devaient sauver Kelly…
Kelly reprit doucement conscience et elle s’aperçut que ses mains étaient menottées. De plus, sa pommette lui faisait terriblement mal, la douleur s’accentuant à chaque nouvelle secousse et elle comprit alors qu’elle était enfermée dans le coffre d’une voiture. Elle se rappela du Diable : elle était à nouveau entre ses mains ! La panique la gagna : si elle était prête à mourir, elle n’était pas prête à être à nouveau violée et torturée. Elle essaya par tous les moyens d’ouvrir le coffre, sans succès. Elle tâtonnait autour d’elle pour voir ce qu’elle pourrait trouver quand elle pensa au cric : il y avait toujours un cric dans le coffre d’une voiture ! Elle essaya de relever le tapis et parvint difficilement à saisir une barre de fer, la manivelle sans doute : elle avait une chance, une toute petite chance et elle comptait bien la saisir ! Quand le véhicule s’arrêta, son cœur se mit à battre bien plus fort. Elle tenait aussi fermement que possible la manivelle et quand le coffre s’ouvrit, elle prit son agresseur par surprise en lui plantant, de toutes ses forces, un coup de barre en plein ventre, ce qui lui coupa le souffle. Il recula de quelques pas courbé en deux. Elle en profita pour sortir aussi vite que possible du coffre et le voyant déjà reprendre son souffle, elle courut droit devant elle et s’engouffra dans la forêt. Il jura et se mit tant bien que mal à sa poursuite.
Steve, aux commandes de l’hélicoptère, se dirigeait vers Kahana Park depuis sept minutes quand il repéra enfin la voiture à travers le feuillage dru. Il prévint son équipe :
« Je vois la voiture, elle est à l’arrêt. Je me pose. »
« Steve, sois prudent. Il n’a plus rien à perdre maintenant qu’il se doute qu’on l’a identifié. Je te rejoins aussi vite que possible » dit Danny.
« Je mets mon portable en mode vibreur. Kono, tu as mes coordonnées ? » demanda Steve.
« Oui, on te rejoint aussi vite que possible nous aussi. Sois prudent, boss.»
Steve, une fois posé, s’approcha prudemment du véhicule mais il n’y avait personne dedans. Il se précipita pour ouvrir le coffre mais il était vide à part une paire de hauts talons qu’il reconnut : Kelly les portait ce matin et il découvrit une tache de sang. Il serra les mâchoires, cette ordure s’en était déjà prise à elle… Il vit un peu plus loin la manivelle d’un cric et il repéra des traces de pas se dirigeant vers la forêt. Il appela son équipe :
« La voiture est vide mais Kelly s’est probablement défendue et s’est enfuie dans la forêt et avec un peu de chance, Carter ne l’a peut-être pas encore rattrapée. J’y vais. » Il passa alors en mode seal et progressa très vite en suivant les traces de pas et en repérant rapidement des indices prouvant le passage de Kelly et du tueur : une feuille retournée, une brindille cassée,…
Les menottes ne lui facilitant pas la tâche, Kelly courait aussi vite qu’elle le pouvait s’écorchant les pieds mais elle n’en avait cure. Elle se dirigea vers la partie la plus touffue de la forêt pour avoir une chance, si pas de le semer, de se soustraire à sa vue au moins et peut-être trouver un endroit où elle pourrait se cacher…
Carter jura : il ne s’était pas attendu à ce qu’elle ait repris conscience et n’avait pas pensé au cric comme arme éventuelle mais même si elle avait pu lui échapper, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne la rattrape, les menottes devant la ralentir. Il s’engouffra aussi dans la forêt, besace au dos et arme au poing. Elle avait probablement dû se diriger vers la partie la plus drue et il courut dans cette direction…
23
Steve arriva près d’un petit cours d’eau et repéra sur un des rochers du sang, probablement celui de Kelly qui était pieds nus. Elle avait dû courir dans l’eau pour tenter de le semer car il ne repéra plus que les traces du tueur qui remontaient en amont. Il examina plus attentivement la tache de sang, son orientation et s’aperçut qu’elle avait pris la direction opposée et effectivement, il repéra plus loin de nouvelles traces ensanglantées. Des oiseaux s’envolèrent soudain à sa droite : cette ordure devait se trouver à une bonne centaine de mètres de lui. Il avança à nouveau rapidement et cette fois, c’est du côté de Kelly que des oiseaux s’envolèrent : il n’était pas loin et bien vite, il aperçut furtivement sa silhouette. Il s'avança silencieusement vers l'endroit où elle s'était faufilée et la vit recroquevillée derrière un buisson touffu. Il chuchota en écartant quelques branches :
« Kelly, c'est moi, Steve. »
Kelly, tremblante, n’osait plus bouger et en entendant sa voix, elle se demanda si elle rêvait ou s'il était bien là quand elle le vit.
« Steve ! » et elle se jeta dans ses bras. Il la serra tout contre lui en lui disant doucement :
« Chut, il ne doit pas être bien loin. » Il la regarda avec anxiété et vit alors son visage tuméfié. Il passa ses doigts sur sa pommette et elle se retira vivement sous l’effet de la douleur : probablement une fracture et son cœur se serra. Il lui ôta les menottes, la prit à nouveau dans ses bras, soulagé et lui chuchota :
« Tout va bien, je suis là. Danny et les autres vont arriver. »
« Steve » répéta Kelly mais il la fit taire d’un baiser, tout heureux de l’avoir retrouvée.
Carter, qui longeait le petit cours d’eau à la recherche de nouvelles traces de Cory, vit à nouveau des oiseaux s’envoler mais cette fois, derrière lui. Il fit aussitôt demi-tour…
Steve repéra un peu plus loin un endroit où Kelly serait plus à l’abri et l’y amenait quand ils entendirent alors du bruit, pas très loin d’eux. Ils restèrent immobiles et quand Carter s’éloigna, il dit à la jeune femme d’une voix à peine audible :
« Tu ne bouges pas d'ici, je vais à sa poursuite et quand tout danger sera écarté, je viendrai te rechercher.»
« Steve, non, je veux rester avec toi, ne me laisse pas seule ! »
« Non, Kelly, pas question ! Ca va aller, ne t’en fais pas, je reviens très vite » et il l'embrassa sur le front cette fois.
Kelly le regarda partir, tremblante, les larmes aux yeux. S'il lui arrivait malheur, elle ne se le pardonnerait jamais ! Elle se recroquevilla à nouveau, tous ses sens aux aguets…
Pendant ce temps, Catherine s’installa devant l’ordinateur de Carter et en ouvrant les fichiers récemment consultés, elle tomba sur des dossiers de photos : toutes représentaient Kelly à des moments différents de sa vie. Kamekona laissa échapper, écœuré :
« Un vrai malade, ce type…»
Les dossiers étaient classés par date : elle ouvrit celui de la veille et quelle ne fut pas sa surprise de voir des photos de Kelly et Steve dans le salon de celle-ci !
« Il a dû placer des caméras chez elle » dit Kame.
« Pas sûre, il est juste à côté, cherchons pour voir si on ne trouve rien ici même » répondit Catherine qui regarda les photos du dossier pour voir si elle pouvait repérer l’angle de prise de vue quand Kame lui dit :
« Tiens… Il y a une enveloppe qui t’est adressée. »
« Quoi ? » et il la lui tendit. Cath l’ouvrit et découvrit plusieurs clichés qui lui firent très mal : elle lui avait donc menti quand elle lui avait dit qu’il ne s’était rien passé entre Steve et elle mais ces clichés prouvaient le contraire ! Les larmes lui montèrent aux yeux en voyant l’homme qu’elle aimait embrasser cette femme et les clichés pris sous la douche, bien que flous, laissaient deviner leur corps enlacés…Dire qu’elle s’en était voulue de l’avoir bousculée, si elle avait su ! Kamekona remarqua ses larmes mais Catherine remit aussitôt les clichés dans l’enveloppe et lui demanda :
« Tu as trouvé quelque chose ? »
Danny se gara à côté de l’hélico et repéra les traces qui s’enfonçaient dans la jungle : il s’y engouffra lui aussi et après à peine quelques mètres, il râlait déjà :
« Je hais cette jungle, je hais la jungle en général, partout sur la terre je la hais. »
Chin et Kono arrivèrent également et s’élancèrent à leur tour dans la forêt mais leur progression était lente aussi…
Steve se mit à la poursuite de cette ordure et ses traces le menèrent près d'une nouvelle rivière. Il scruta les alentours avant de s’avancer vers le bord et s’accroupit pour examiner les traces qu’il voyait en se demandant s’il l’avait traversée ou… quand il entendit un déclic derrière lui. Il se tourna et se trouva face à face avec Carter qui pointait son arme sur lui.
« J’attendais beaucoup mieux de la part d’un seal. Jetez votre arme, Commandant. »
« Pas question. »
« Vous croyez que je plaisante ? Je vais vous descendre, je n’ai qu’à appuyer sur la gâchette. »
« Vous n’en sortirez pas indemne non plus, je vous le garantis. »
« Vous voulez parier ? » dit Carter.
Steve le défia du regard : il ne pouvait nier qu’il était en mauvaise posture mais pas question de laisser ce monstre s’en prendre encore à Kelly et il devait absolument gagner du temps pour permettre à son équipe de le retrouver bien qu’il doutât qu’ils puissent se repérer aussi rapidement que lui dans cette forêt.
« Vous croyiez être plus fort et plus malin que moi, n’est-ce-pas ? Vous pensiez pouvoir la protéger ? Qu’est-ce que ça vous fait de savoir que vous ne pourrez pas tenir parole ? »
« Je ne suis pas encore mort. »
« Ce n’est qu’une question de temps... »
« Qu’est-ce qui vous attire tant chez elle ? »
« Quelle drôle de question venant de votre part ! » et après un bref instant : « Au premier regard, j’ai su que cette femme était… spéciale. Elle dégageait un je ne sais quoi de plus qui m’a attiré comme un aimant. Vous pouvez me comprendre, n’est-ce pas ? Elle ne vous laisse pas indifférent, je l’ai bien remarqué. »
Sur ce point, Steve ne pouvait le contredire et il se rappela la première fois qu’il l’avait vue et ce que Danny lui avait dit à propos du coup de foudre…
« C’est réciproque » répondit le seal pour le provoquer, Carter tiqua effectivement mais riposta :
« Au fait, vous n’avez pas été trop déçu de dormir sur le canapé ? »
« Comment savez-vous que j’ai dormi sur le canapé ? » rétorqua Steve surpris.
« Cory n’a plus de secret pour moi. »
« Vous avez placé des micros chez elle, c’est ça ? Comment êtes-vous entré ? J’avoue que là, ça m’échappe. »
L’autre sourit :
« Vous croyez vraiment que je me contenterais de l’écouter ? Sa voix est sensuelle, je vous l’accorde. »
« Vous avez placé une caméra » en déduisit Steve, serrant les mâchoires. Cette ordure ne reculait décidément devant rien.
24
Carter eut un sourire suffisant mais ne dit rien. Steve poursuivit :
« Qu’est-ce que ça vous faisait de la voir dans mes bras ? »
« Cory aime être dominée et vous êtes musclé… une faiblesse de sa part, rien de plus ! » répondit Carter d’une voix qu’il voulait détachée mais qui trahissait néanmoins la colère.
« En êtes-vous vraiment sûr ? Je ne l’ai pas forcée non plus… »
« Dites-moi, Commandant, comment croyez-vous que votre petite amie réagira quand elle découvrira que vous la trompez ? Et après avoir laissé ces paroles faire leur effet, il ajouta :
« Vous avez votre réponse… »
Steve, surpris qu’il lui parle de Catherine, demanda d’une voix qu’il essayait de maîtriser :
« Comment savez-vous que j’ai une petit amie ? Vous la surveilliez aussi ? »
« Non, Commandant, elle n’a pas le bon profil mais vous voir souiller ma Cory m’a donné l’envie de vous rendre la monnaie de votre pièce et puis, elle est jolie, très jolie même, bien moins que Cory mais je me dis que je pourrai faire une exception. »
« Même pas dans vos rêves ! »
« Vous allez regretter d’avoir croisé le chemin de Cory, je vous le garantis. »
« Vos menaces ne me font pas peur. »
« Vous devriez pourtant. Vous avez une sœur aussi, non ? »
« A vous écouter, on pourrait en déduire que vous comptez déjà la remplacer… »
« Non, juste lui faire comprendre que des personnes innocentes souffriront si elle m’est infidèle, lui rappeler que toute transgression a un prix à payer… »
« Vous êtes malade. Vous allez à nouveau la torturer ? Vous avez besoin de ça pour prendre votre plaisir ? La voir terrorisée ? Qu’est-ce que ça peut vous faire de la voir avec un autre homme que vous ? Vous ne l’aimez pas ! »
Le visage de Carter se déforma sous la colère et il cracha d’une voix haineuse :
« JE VOUS INTERDIS DE DIRE CA ! J’AIME CORY ! ELLE NE PEUT ETRE QU’A MOI ET A PERSONNE D’AUTRE ! » puis se radoucissant, il dit d’une voix cette fois mielleuse : « Et elle le sait et vous aussi d’ailleurs : la scène qu’elle vous a faite hier a été magistrale » ajouta-il, un sourire maintenant machiavélique aux lèvres et lâcha après réflexion : « Je devais lui ôter toute envie d’aller voir ailleurs et jusqu’à présent, j’avais réussi mais Cory a dû oublier et je vais devoir le lui rappeler. »
« Vous avez une drôle de façon de montrer votre amour. »
« Les femmes ont besoin de se sentir dominées pour donner le meilleur d’elles-mêmes et Cory a dépassé toutes mes espérances. Je vous l’ai dit : Cory est vraiment spéciale mais je ne vous apprends rien et vous pouvez comprendre mon impatience à reprendre possession de mon bien. »
Steve avait du mal à garder son sang-froid mais poursuivit néanmoins :
« Pourquoi avoir tué les autres femmes ? »
« Elles n’en valaient pas la peine, elles n’étaient qu’une pâle copie de ma Cory. »
« Vous les chassiez aussi comme vous l’avez fait avec Kelly ? »
« Kelly ? Ah oui, Kelly Grainger… Comme si changer d’identité pouvait tout effacer… Non, pourquoi me donner cette peine ? Elles étaient au mauvais endroit au mauvais moment. »
« Pourquoi leur avoir arraché le cœur ? »
« Cory avait pris le mien. »
« Et à travers elles, vous preniez le sien » continua Steve.
« Je voulais qu’elle souffre autant que je souffrais. »
« Mais elle ignorait tout de ces meurtres. Vous vouliez juste assouvir vos pulsions de malade. Vous aviez prévu de vous en prendre à nouveau à elle ? »
« Je vous l’ai dit, Cory a dépassé cette nuit-là toutes mes espérances et elle me hante depuis lors, nuit et jour, sans arrêt… »
Steve continua malgré la répulsion que l’autre lui inspirait en espérant qu’à un moment ou un autre, il parviendrait à le prendre en défaut ou que ses équipiers arriveraient enfin. Il commençait déjà à douter de leurs capacités à s’orienter dans une forêt !
« Et vous l’avez suivie, de ville en ville, d’état en état. Vous l’avez traquée comme un animal. »
« J’avais besoin de m’imprégner d’elle en attendant LE moment et celui-ci est tout proche. »
« Dix ans, c’est long… Pourquoi maintenant ? C’était amusant de jouer avec elle ? Vous preniez plaisir à la voir effrayée ? »
« Elle avait besoin de temps, je le lui ai accordé. »
« Du temps pour quoi ? »
« Pour se rendre compte qu’elle n’appartenait qu’à moi, qu’elle ne pouvait pas m’échapper, que nous allions nous retrouver et il ajouta : « N’est-ce pas ce qu’elle vous a dit l’autre nuit ? » et minaudant Kelly : « « TU NE COMPRENDS PAS ! JE LUI APPARTIENDRAI TOUJOURS QUOI QUE JE FASSE ! JE N’AI JAMAIS CESSE EN FAIT ! ».
« C’est ce qu’elle pense sûrement mais elle se trompe et ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle n’en prenne conscience, l’amour fait des miracles, c’est bien connu… »
« L’amour ? Que savez-vous de l’amour ? Les femmes ne vous donnent que ce qu’elles veulent bien. A moi, Cory m’a tout donné ! »
« Avec vous, elle n’a connu que souffrance et terreur. C’est différent avec moi. »
Carter avait de plus en plus de mal à se maîtriser, Steve devait poursuivre :
« Si vous avez suivi la scène sous la douche, vous aurez remarqué à quel point, ça a été très intense, jamais vous ne connaîtrez un tel sentiment. Tout ce que vous savez faire, c’est soumettre vos victimes, les humilier et vous appelez ça les aimer ? Elles vous détestent, Cory vous hait pour tout ce que vous lui avez fait. C’est moi qu’elle désire, pas vous. »
« TAISEZ-VOUS ! Cory est à moi, RIEN QU’A MOI ». « Non, j’aime Cory et elle m’aime aussi et vous le savez : c’est pour ça que vous avez pris tous ces risques, vous n’avez plus rien à perdre, vous avez déjà tout perdu, vous l’avez perdue ! »
Carter se mit, contre toute attente, à rire et poursuivit :
« Vous ne pouvez pas comprendre. Vous ne savez rien de notre relation ! Cory est à moi, je le sais parce qu’elle me l’a montré toutes ces années ! Vous ne pouvez imaginer le plaisir que j’éprouvais à la voir vivre recluse : elle sortait juste pour faire quelques courses et pour se rendre à son travail. Elle ne voyait personne, j’ai su qu’elle m’attendait aussi.»
« Et il vous a fallu dix ans pour vous en apercevoir ? »
« Obtenir rapidement ce que l’on désire tant n’a pas la même saveur… Je vous l’ai dit : Cory avait besoin de temps et je devais être prudent pour ne pas rater ce rendez-vous si prometteur. En attendant, il me fallait trouver un moyen d’entrer chez elle sans qu’elle ne s’en rende compte. A Hawaii, j’ai eu l’opportunité de louer un appartement dans le même immeuble. Comme vous le voyez, je sais être patient… »
« Vous comptez la tuer aussi ? »
« La tuer ? Vous n’avez rien compris à ce que je viens de vous dire… »
« Vous allez la séquestrer et en abuser selon vos envies ? » dit Steve d’une voix qu’il maîtrisait de plus en plus mal.
« Abuser ? Quel vilain mot ! Non, je lui ferai l’amour encore et encore. Elle sera enfin à moi. »
« Vous êtes malade. Jamais elle ne sera à vous ! »
« Elle ne sera jamais à vous non plus parce que je vous tuerai avant. »
« Ma mort n’empêchera pas mon équipe de la retrouver. Vous ne gagnerez qu’un peu de temps, c’est tout. Au fait, quel est votre vrai nom ? »
« Qu’est-ce que ça peut vous faire ?»
« C’est juste que, si je dois mourir, j’aimerais savoir par qui… »
« Vous savez déjà tout ce que vous devez savoir, le reste est superflu.. »
25
Steve vit alors Kelly apparaître derrière Carter. Comme celui-ci ne le quittait pas des yeux, il resta de marbre mais son cœur s’emballa : il lui avait pourtant dit de rester où elle était ! Il ne pouvait plus prendre le risque de tirer mais si elle arrivait à détourner son attention, ce serait suffisant pour qu’il se jette sur lui. Il reprit :
« Ils seront là d’une minute à l’autre et ils ont ordre de vous tuer. Ils n’hésiteront pas… »
Kelly s’élança alors sur Carter avec l’intention de le frapper avec la branche qu’elle avait ramassée plus tôt. Celui-ci, par réflexe, se retourna et il n’en fallut pas plus à Steve pour bondir sur lui et le maîtriser rapidement. Il lui passait les menottes quand il vit avec effroi que Kelly s’était emparée du pistolet et le pointait sur cette ordure, prête à tirer.
« Kelly ? » dit Steve en remettant Carter debout sans ménagement mais elle l’ignora et en ne quittant pas des yeux ce dernier, dit :
« Vous ? C’était donc vous ? » et s’adressant à Steve : « C’est mon voisin de palier, il se faisait passer pour un paraplégique et je l’ai cru ! Je l’ai même aidé à quelques reprises ! »
« Ces moments étaient bien trop courts à mon goût, Cory…»
« CORY EST MORTE ! » hurla-t-elle.
« Kelly, donne-moi ton arme » dit Steve d’une voix ferme.
« Vous n’êtes qu’un monstre et vous n’avez pas le droit de vivre après tout le mal que vous m’avez fait ainsi qu’à Abby et aux autres. »
« Je t’ai fait atteindre le nirvana, découvrir des sensations que tu n’aurais même jamais imaginé connaître un jour… »
« TAISEZ-VOUS ! » cria-t-elle.
Steve lui asséna un coup de poing en plein ventre pour lui faire ravaler ses paroles et se tourna à nouveau vers Kelly :
« Kelly, ton arme » mais la jeune femme était dans un état second et c’est à peine si elle l’entendait. Il reprit alors d’une voix plus forte en s’approchant d’elle :
« Kelly, donne-moi cette arme ! » et d’une voix tremblante, les larmes aux yeux, elle dit :
« Il ne mérite pas de vivre, pas après tout le mal qu’il a fait… qu’il m’a fait » et elle tira.
Steve eut juste le temps de dévier son bras. Il vit du coin de l'œil Carter s’accroupir pendant qu’il prenait l'arme des mains de Kelly qu’il serra dans ses bras pour la réconforter : tout était fini, elle n’avait plus à avoir peur, il pourrirait en prison. Elle se laissa aller contre lui prise de tremblements.
Cependant, Carter, grand amateur de menottes, gardait toujours sur lui une épingle de nourrice et put se libérer rapidement. Il saisit un gros caillou et bondit sur Steve, qui pris de court, ne put éviter le coup. Il le frappa avec rage à la tête et le seal s’écroula. Kelly s’agenouilla aussitôt auprès de lui en criant :
« Steve, Steve, ouvre les yeux. Tu m’entends ? Ouvre les yeux, Steve ! mais il restait inconscient et elle sentit un liquide poisseux sur ses mains : il saignait. » Elle voulut reprendre le pistolet mais Carter la repoussa violemment, furieux de la voir aussi inquiète pour ce type et lui dit en la relevant brutalement par le bras :
« Si tu ne veux pas qu’il meure, avance » mais elle refusa. Il pointa alors son arme sur le seal, appuya lentement sur la gâchette et elle capitula :
« Non, ne faites pas ça, je vous en supplie. »
« Avance » et il la poussa devant lui avant de lui asséner un violent coup de crosse sur la tête qui lui fit perdre connaissance. Il la souleva sans peine pour l’emmener rapidement dans son repaire où tout avait été soigneusement étudié pour l’accueillir. Il la déposa sur une table spécialement préparée à son intention, sangla ses mains et ses chevilles et ressortit rapidement pour effacer les traces qu’il avait laissées derrière lui aussi méticuleusement que possible avant de revenir vers sa promise.
Danny déboucha en courant près de la rivière et découvrit, la peur au ventre, son ami étendu, inerte. Il s’approcha de lui en criant :
« Steve ! Steve ! » Il prit son pouls et poussa un soupir de soulagement en le sentant bien vigoureux. Il vit alors la vilaine plaie qu’il avait sur l’arrière du crâne. Il déchira aussitôt sa chemise pour lui faire un bandage de fortune et Steve se mit alors à gémir et murmura en reprenant connaissance :
« Kelly… »
« Je sais pas où elle est. »
« On doit la sauver, Danny. »
« Oui, dès que je serai sûr que tu vas bien. »
« Ca va, juste un peu mal à la tête, aide-moi à me relever s’il te plaît. »
« Doucement, superman. Je sais que tu es un dur à cuire mais tu restes humain. »
« On n’a pas le temps. »
« Chin et Kono ne doivent pas être loin. Attends les, récupère un peu pendant que je vais chercher Kelly. »
« Tu vas perdre un temps fou à te repérer sans moi, ça va aller. »
Danny savait qu’il ne servait à rien de discuter et puis, il avait raison. Il le soutint et ils avancèrent lentement au début mais le seal reprit peu à peu des forces et ils progressèrent alors bien plus rapidement.
Chin et Kono arrivèrent à la rivière et reconnurent les traces de chaussures de Steve et Danny qu’ils suivirent aussitôt…
Carter revint vers Cory qui gémit en reprenant lentement conscience. Il se dirigea vers l’établi et saisit son couteau qu’il aiguisa devant elle en prenant tout son temps, un sourire malsain aux lèvres.
« Cory, tu m’as déçu, tu sais. Je pensais que tu me resterais fidèle mais je me suis trompé. Je vais devoir te punir pour le mal que tu m’as fait » et après un bref instant : « Je ne sais pas ce que tu trouves à ce type… Comment as-tu pu le laisser te toucher ? Dans certains pays, tu serais lapidée. »
Kelly déglutit péniblement, elle savait qu’elle allait souffrir et se demandait quand il commencerait. Elle pensa à Steve : allait-il bien ou était-il gravement blessé ? Danny l’avait-il rejoint ? Elle essaya de s’accrocher à cette pensée…
« C’est encore à lui que tu penses, hein ? » demanda-t-il en colère et il lui caressa sa joue meurtrie en lui disant d’une voix sadique :
« C’est dommage d’abîmer un si joli visage mais je ne peux te laisser continuer à attirer les hommes. »
Il la regarda pour voir l’effet de ses paroles et il jubila en voyant des larmes couler sur ses joues. Il se pencha alors vers elle et lui murmura à l’oreille :
« J’ai une petite surprise pour toi, tu vas adorer » et il se dirigea au fond de la pièce, revint vers elle en lui demandant :
« Tu te souviens ? »
26
Kelly vit avec horreur qu’il avait remis son masque de diable et ferma les yeux : le cauchemar recommençait… Sa respiration s’accentua, ce qui n’échappa pas à son tortionnaire qui s’en délecta. Elle eut la nausée, elle fut prise de vertige et alors qu’il lui rappelait d’une voix doucereuse tout ce qu’elle avait subi en cette nuit du 6 juillet 2004, un sentiment d’irréalité s’empara d’elle et elle devint subitement spectatrice de la scène. Quand il eut terminé sa tirade, il la regarda à nouveau mais alors qu’il s’attendait à lire la terreur dans ses beaux yeux bleus, il fut surpris de n’y découvrir aucune émotion. Il entendit alors au loin la porte grincer : son temps était compté mais s’il ne pouvait pas la posséder, il ne laisserait ce droit à personne d’autre non plus…
Pendant ce temps, Steve et Danny s’arrêtèrent en ne voyant plus de traces et ils furent à ce moment rejoints par Chin et Kono. Danny demanda :
« On fait quoi ? On se sépare ? »
« Il va la séquestrer, on doit trouver un endroit qui pourrait… » dit Steve mais Chin le coupa :
« Il y a un bunker pas loin qui pourrait faire l’affaire. Il est pratiquement impossible à repérer. »
« Et tu sais où il est ? » demanda Kono.
« Oui, je venais souvent jouer par ici plus jeune quand notre oncle allait à la pêche en rivière ».
« On te suit » dit Steve et ils arrivèrent à l’entrée du dit bunker.
« La porte est rouillée, elle fait un bruit d’enfer, il va nous entendre arriver » prévint Chin.
« On n’a pas le choix » répondit Steve.
« Oui mais il pourrait la tuer s’il se sent pris au piège » déclara Kono.
Ils réfléchirent à cette possibilité. Steve trancha :
« Je vais rentrer le premier, vous allez me suivre sans vous montrer et si vous pouvez le descendre, vous n’hésitez pas ! » et il poussa la porte.
Carter entendit la porte s’ouvrir, il s’approcha de Kelly et attendit. Steve avança en s’annonçant :
« Carter, je sais que vous êtes là. Vous n’avez aucune chance de vous en sortir, rendez-vous ! »
Carter, qui pointait son arme sur la tempe de Kelly, répondit en voyant le Commandant du Five-0 apparaître :
« Commandant, je ne pensais pas vous revoir aussi vite… »
Steve regarda Kelly qui semblait très calme, trop calme et il déglutit avec difficulté, la peur au ventre. C’est alors qu’il vit le sang goutter sur le sol et lui demanda :
« Que lui avez-vous fait ? » et il eut pour toute réponse :
« Vous ne pourrez pas tenir votre parole, Commandant, vous ne pourrez pas la sauver, elle se meurt…»
« Jetez votre arme » dit Steve.
« Restez où vous êtes ou je la tue » l’avertit Carter.
C’est alors que Danny se montra et dit :
« Posez tout doucement votre arme, s’il vous plaît. Vous refusez, vous mourez. »
« Elle aussi. »
Danny poursuivit :
« Ecoutez-moi, d’accord ? Je sais qu’elle vous a trahi… C’est très dur à encaisser, j’en suis conscient. »
« Vous savez rien du tout » répondit Carter.
« Si je le sais, je sais ce que ça fait quand quelqu’un que vous aimez vous abandonne. Ma femme m’a quitté pour un autre, je lui en ai terriblement voulu et… »
« A quoi est-ce que tu joues là ? » demanda Steve.
« Quoi ? »
« A quoi tu joues là ? Tu crois que c’est vraiment le moment de lui taper la causette. »
« Attends, il est devant nous, il nous entend. »
« Je vois bien qu’il est devant nous, Danny, mais tu es un flic, pas un thérapeute. »
« Eh… eh… J’ai été formé à ce genre de situation, d’accord. »
« Quoi ? On t’a formé à saouler les gens pour qu’ils se rendent ? »
Kono et Chin, en retrait mais prêts à tirer, se regardèrent, un sourire aux lèvres : que feraient-ils sans leur Danny ?
Celui-ci poursuivit :
« Non, non, n’écoutez pas mon collègue. Lui, quand il essaie de communiquer, il vous sert une bonne boutade et il vous cogne dessus. C’est pas sa faute, il est comme ça, le gars ».
« Tu sais quoi ? Je vais le descendre, comme ça, tu arrêteras de parler. »
« Oh… Eh bien, fais ce que tu veux et moi, je fais ce que je veux, d’accord ? »
« Jetez votre arme, je ne le répéterai plus » menaça Steve.
« Si j’étais vous, je ne le mettrais pas en pétard. Dans ces moments-là, il se contrôle plus et fait n’importe quoi. Si, si, je vous jure : il a jeté une fois un homme dans une cage aux requins et c’est pas tout, il… »
Carter regardait l’un puis l’autre et, agacé, bougea juste assez que pour permettre à Kono de le toucher à l’épaule. Il lâcha son arme et avant qu’il ne reprenne ses esprits, Danny le maîtrisait déjà tandis que Steve se précipitait vers Kelly et constatait avec horreur qu'elle avait été poignardée sur le côté gauche. Il lui retira ses liens et la prit dans ses bras en lui disant :
« Reste avec moi, Kelly, reste avec moi. »
Chin lui dit :
« Suis-moi, je connais très bien le chemin pour regagner la route au plus vite. »
« Steve, est-ce prudent de la transporter ? » demanda Kono inquiète.
« On n’a pas le choix, elle est en état de choc. »
« Si vous pouviez voir votre tête, Commandant… » dit alors Carter mais il ne put continuer, Danny lui décochant une droite en plein visage.
« Si tu la fermes pas, je te jure que je te descends sur place et crois-moi, c’est pas l’envie qui me manque. Allez debout, pourriture ! »
Steve était déjà parti et suivait Chin aussi vite qu’il le pouvait, Kono sur leurs talons qui leur signala après quelques minutes :
« J’ai enfin du réseau, j’appelle les secours. »
« Inutile, le temps qu’ils viennent jusqu’ici, ce sera peut-être trop tard. Avec l’hélico, je gagnerai un temps précieux. »
Ils arrivèrent enfin à l’appareil et Steve déposa Kelly à l’arrière, Kono s’installa à côté d’elle et lui parla pendant que Chin allait rejoindre Danny et leur prisonnier.
« Tiens-bon, Kelly. Reste avec nous, n’oublie pas nos leçons de surf » mais son amie ne réagit pas.
Steve prévint les urgences et se posa après cinq minutes qui lui parurent une éternité. Une équipe médicale les attendait déjà et ils déposèrent la jeune femme, très pâle, sur un brancard quand il l’entendit murmurer faiblement :
« Steve. »
Et il se pencha aussitôt sur elle :
« Je t’ai promis que tu t’en sortirais et tu vas t’en sortir ! Bats-toi, Kelly »
Elle grimaça un sourire, voulut parler mais Steve la coupa :
« Chut, garde tes forces. »
« Mer…ci… pour… tout. »
« Chut, ça va aller, tu ne vas pas mourir, tu m’entends ! »
Mais Kelly ferma les yeux et une larme coula le long de sa joue meurtrie que Steve essuya avec douceur.
27
« Commandant, laissez-nous faire notre travail, s’il vous plaît.»
Il la laissa s’en aller et se tourna, les yeux mouillés, vers Kono qui, elle, n’essayait même pas de retenir ses larmes. Il la prit dans ses bras et se dirigèrent, la peur au ventre, vers les urgences. Kono lui dit :
« Tu ferais bien de te faire examiner par un médecin. Tu as perdu connaissance quand même… » et elle appela une infirmière qui le prit en charge et après avoir passé une radiographie du crâne pour s’assurer que tout allait bien, Steve eut droit à la pose de 23 points de suture et il put enfin rejoindre Kono dans la salle d’attente.
Après avoir jeté Carter dans une cellule en attendant son transfert pour la prison d’Halawa, Danny et Chin allèrent rejoindre leurs deux collègues qu’ils trouvèrent assis dans la salle d’attente des urgences;
« Avez-vous des nouvelles ? » demanda Danny.
« Aucune » répondit tristement Kono.
« Je vais aller trouver Malia pour voir si elle pourrait se renseigner » dit Chin.
« Quelqu’un veut un café ? J’en ai bien besoin pour ma part » dit Kono.
« Non, merci » répondit Danny.
Steve ne dit rien, il restait assis, là, la tête entre les mains et Danny vint s’asseoir à ses côtés.
« C’est une battante et elle est jeune. »
« J’ai échoué, Danny, je n’ai pas su la protéger. »
« Tu as fait tout ce que tu pouvais, tu n’es pas un surhomme non plus. »
« Je l’avais retrouvée, elle était en sécurité et je lui avais bien dit de ne pas bouger. Pourquoi a-t-il fallu qu’elle me rejoigne ? »
« Les femmes ne font jamais ce qu’on leur demande. Tu dis une chose et elles en font une autre… » soupira Danny.
Chin revint après quelques instants avec Malia qui leur dit :
« Je suis navrée d’apprendre ce qui est arrivé à votre amie. Je vais me renseigner tout de suite et je vous reviens ».
« Merci Malia » répondit Danny tandis que Steve lui fit juste un signe de tête.
Dix minutes plus tard, elle revint leur faire part des dernières nouvelles :
« Le rein gauche a été touché et ils essaient de le sauver. Ils ont réussi à stabiliser son état, c’est déjà une bonne nouvelle. »
« Elle va s’en sortir ? » demanda Steve fou d’inquiétude.
« Il est encore trop tôt pour se prononcer. »
Il ferma les yeux un instant. Ses amis le regardèrent, inquiets eux aussi.
« Je dois vous laisser. Chin, tu peux venir, s’il te plaît ? » demanda Malia.
« Bien sûr » et il la suivit sous le regard de Kono qui savait pourquoi sa femme voulait le voir. Cette fin de journée s’annonçait particulièrement pénible…
Malia entraîna son mari vers le service d’imagerie médicale. Elle lui demanda s’il était bien resté à jeun depuis au moins 6 H et il répondit par l’affirmative. Elle lui expliqua alors le déroulement de l’examen :
« Le scan va durer une heure et tu ne devras pas bouger. Ensuite, tu devras rester au calme encore un moment. Je viendrai te retrouver quand ce sera fini et Alan nous recevra dès qu’il aura les résultats. »
« Tu me tiendras au courant pour Kelly ? »
« Bien sûr mais elle n’est pas encore prête de sortir du bloc, ce type d’intervention prend beaucoup de temps. »
« Je voulais te dire aussi que Kono sait pour moi mais je préfère ne rien dire à Steve et Danny pour l’instant. »
« Je comprends, je resterai discrète. »
« Merci. »
Malia lui sourit en venant tendrement l’embrasser sur la joue. Le regard qu’ils échangèrent en dit long sur leurs sentiments et elle le laissa aux mains de l’assistant, priant pour que les nouvelles soient bonnes…
Chin prit place sur l’étroite couchette et ferma les yeux quand il pénétra dans l’antre de l’appareil et pria lui aussi…
Steve tournait maintenant comme un lion en cage dans la salle d’attente au point que Danny lui dit :
« Tu veux pas t’asseoir ? Tu me donnes le tournis à force ! »
« Cette attente me rend dingue. »
« Je sais mais le fait que ça dure est bon signe, tu crois pas ? »
« Ou alors, ils ont été obligés de lui retirer un rein » répondit le seal.
« Oui, eh bien, on peut très bien vivre avec un seul rein ! Tout ce qui compte, c’est qu’elle s’en sorte ! » dit Kono.
La porte s’ouvrit alors et tous trois tournèrent la tête mais ce n'était que Kamekona et Catherine qui arrivaient. Steve foudroya cette dernière du regard et lui dit d’une voix peu amène :
« Que viens-tu faire ici ?»
Danny, Kono et Kamekona baissèrent la tête, mal à l’aise…
« Steve, je suis désolée, je… »
« Tu es désolée ? Va dire ça à Kelly ! C’est elle qui... »
« J’ai agi de manière impulsive, c’est vrai mais je… »
« De manière impulsive ? Mais bon sang, à quoi pensais-tu ? » s’emporta Steve.
« A quoi veux-tu que je pense quand je vois l’homme que j’aime petit-déjeuner chez nous en compagnie d’une autre femme ! » s’énerva Catherine à son tour.
« Cette femme s’appelle Kelly et bien sûr, il ne t’est pas venu à l’idée que ça pouvait être une amie ! »
« Une amie, c’est comme ça que tu l’appelles ? Une… »
« Oh… oh… On se calme, d’accord ? On est dans un hôpital et non dans un hall de gare. Je crois qu’il vaut mieux remettre cette conversation à plus tard, vous risquez tous les deux de dire des choses que vous pourriez regretter. » intervint judicieusement Danny.
« Tu ferais mieux de partir, Catherine. » dit alors Steve d’une voix glaciale.
« Je vois que je suis de trop… Ne t’inquiète pas, je m’en vais ! » rétorqua Catherine vexée et elle sortit précipitamment sous les regards désolés de Danny, Kamekona et Kono ; cette dernière, ne voyant pas Steve bouger, sortit à son tour et rattrapa Catherine sur le parking et en voyant ses larmes, lui dit :
« Tu sais, cette histoire est tragique et Steve est à cran, il… »
« Tu n’as pas vu l’expression de son regard ! Il m’en veut et c’est vrai que si je n’étais pas venue au QG, elle serait saine et sauve mais…»
« Il est bouleversé et sous le choc. Il lui avait promis de la protéger… »
« Il y a plus que cela, Kono, cette femme ne le laisse pas indifférent. »
Kono avait effectivement remarqué l’attirance de Steve pour Kelly, attirance réciproque d’ailleurs mais répondit néanmoins :
« Nous avons tous été bouleversés par son histoire et… »
Mais Catherine la coupa :
« Il l’a embrassée, Kono ! »
Et devant la mine étonnée de son amie, elle lui montra toutes les photos et poursuivit :
« Elle m’a dit qu’il ne s’était rien passé entre eux ! Et quand j’ai découvert son passé, je l’ai crue mais elle mentait ! »
Kono, mal à l’aise, répondit prudemment :
« Votre couple connaît des turbulences depuis un bon moment déjà… »
« Oui mais rien d’insurmontable ! »
« Kelly est arrivée à un moment où il était peut-être plus fragile… Il ne sait peut-être pas lui-même ce qu’il ressent exactement pour elle, tout s’est enchaîné très vite, trop vite… »
« Les photos parlent d’elles-mêmes ! »
« N’en tire pas trop vite des conclusions » conseilla la jeune Asiatique.
« Comment a-t-il pu s’amouracher d’une… d’une… telle femme ? Elle ne pourra jamais le rendre heureux avec un passé aussi lourd. »
« Tu es dure et injuste, Catherine. Tu la vois comme une rivale et ça se comprend mais c’est quelqu’un de bien qui a énormément souffert…»
« C’est quelqu’un d’émotionnellement instable ! »
« Ca peut se comprendre, non ? » répondit Kono d’une voix réprobatrice. « Mais elle a déjà réussi à se reconstruire une fois, il n’y a pas de raison qu’elle n’y parvienne pas cette fois d’autant plus que son agresseur est sous les verrous pour de très nombreuses années et j’espère bien qu’elle s’en remettra ! Je ne la connais que depuis peu mais je l’apprécie déjà… »
« Je te croyais mon amie mais je vois que cette femme vous a bien manipulés. Non seulement, elle a su profiter de son histoire pour me voler Steve mais également pour vous attendrir. » Cath s’engouffra, furieuse, dans sa voiture et démarra en trombe sans un regard pendant que Kono, désolée pour elle, la regardait partir en se disant que Steve allait devoir faire un choix et elle se demandait bien lequel…
28
Enfermé dans une cellule du HPD en attendant son transfert pour la prison d’état, Carter pensait à sa Cory. Il s’en voulait terriblement d’avoir agi sous la précipitation : il avait tout gâché ! Quand il avait entendu la porte s’ouvrir, il avait compris qu’il avait perdu mais il ne pouvait laisser sa Cory appartenir à cet arrogant Seal et alors qu’il allait la poignarder en plein cœur, il imagina une autre fin pour elle. Il lui planta la lame dans le côté gauche en espérant avoir juste touché un organe : elle agoniserait ainsi lentement avant de la tuer d’une balle en pleine tête sous les yeux qu’il imaginait horrifiés du commandant du Five-0 mais il n’avait pu tirer et il se demandait si elle était morte ou si elle s’en sortirait et ne pas savoir le rendait fou…
« Docteur Nawana, on la perd, sa tension est en train de chuter. »
« Injectez 1 mg d’adrénaline et préparez le défibrillateur. »
« Absence de pouls central carotidien. »
« Défibrillateur 200 joules. Ecartez-vous » et le corps de Kelly se souleva sous la décharge électrique.
« Tracé plat. »
« 1 mg d’adrénaline… 200 joules…Ecartez-vous… Allez Kelly ! C’est pas le moment de nous lâcher » et une nouvelle décharge la secoua : tous regardèrent le moniteur qui restait toujours plat…
Le portable de Kamekona se mit à sonner : c’était Flippa qui appelait à l’aide son cousin.
« Ah ces jeunes, ils sont vite dépassés ! Je compte sur vous pour me donner des nouvelles dès que vous en avez, mes frères » et il partit…
« Quelqu’un veut du café ou autre chose ? » demanda Danny qui n’en pouvait plus de rester assis à attendre.
« Je prendrai bien un café mais je t’accompagne, j’ai besoin aussi de me dégourdir les jambes » répondit Kono.
« Steve ? Steve ? » et le seal releva la tête. Kono lui demanda s’il voulait boire un café.
« Non, merci » et il se leva pour aller contempler un point imaginaire à travers les vitres pendant que ses deux équipiers sortaient de la salle d’attente.
« Je me demande ce qui peut bien retenir Chin ainsi » demanda Danny à son amie.
« Il est avec Malia, il ne doit pas voir le temps passer » répondit-elle en étant soulagée de voir que sa réponse n’en soulevait pas d’autres…
Malia vint rejoindre Chin qui se reposait après l’examen qu’il venait de subir.
« Ca va ? »
« Oui mais cette attente devient pénible. Des nouvelles de Kelly ? »
« Elle était toujours en chirurgie il y a dix minutes. »
« J’espère qu’elle va s’en sortir. »
« Steve semble très abattu. »
« Je redoute sa réaction si elle venait à décéder… »
Le bip de Malia sonna à cet instant et elle reconnut le numéro d’Alan et lui dit :
« Alan nous attend dans son cabinet. Allons-y… »
Catherine roulait sans trop savoir où elle allait et en passant devant l’hôtel Hilton, elle décida d’aller y prendre un cocktail. Elle s’installa au bar et sirotait son Blue Hawaiian quand une voix familière l’interpella :
« Si je m’attendais à te rencontrer ici ! »
« Billy ! Quel plaisir de te revoir ! Ca fait quoi : deux ou trois ans ? »
« Deux ans et cinquante-huit jours pour être exact ! »
« T’es sérieux ? Tu as compté ? »
« Non » répondit-il en riant. « Tu es seule ? Pas de McGarrett à l’horizon ? »
« Il est occupé ailleurs » dit-elle d’une voix où transparaissaient à la fois la tristesse et la colère.
« Je vois qu’il n’a pas changé. »
« Dis-moi, que fais-tu ici ? » demanda Catherine changeant prudemment de sujet et il lui raconta la raison de sa venue : il était appelé à témoigner dans une affaire concernant l’un de ses hommes qui avait pété les plombs lors d’un guet-apens en Afghanistan.
« Tu penses pouvoir lui éviter la cour martiale ? »
« Je sais pas… Mais parle-moi un peu de toi ? Ca va avec Steve ? »
« Pourquoi ça n’irait pas ? »
« Parce que je peux lire dans ces beaux yeux de la tristesse et connaissant cet idiot, je me dis qu’il n’y est pas étranger… »
« Tu me connais si bien. »
« Ca ne m’a pas empêché de te perdre. »
« Billy… »
« Je n’ai jamais compris comment tu avais pu retourner avec lui… »
« Je l’aime. »
« Et lui ? »
« Aussi, bien sûr ! »
Billy n’insista pas et lui proposa un autre verre, ce qu’elle accepta avec plaisir : elle n’avait aucune envie de rentrer chez elle et appréciait beaucoup la compagnie de son ex-petit ami. Ils passèrent une bonne partie de la soirée et de la nuit à parler de tout et de rien en sirotant quelques cocktails quand Catherine finit par se lever pour rentrer chez elle et arrivés au parking, au moment de lui dire au revoir, il se pencha vers elle pour l’embrasser sur les lèvres et l’alcool probablement aidant, elle ne le repoussa pas, pire, elle y répondit et tout s’enchaîna très vite…
« Allez Kelly ! N’abandonnez pas ! » mais devant le tracé qui restait désespérément plat, le Docteur Nawana dit :
« Encore un mg d’adrénaline et 300 joules… Ecartez-vous. »
Steve revivait sans cesse le film de la journée : il s’en voulait terriblement d’avoir accepté d’emmener Kelly au QG avec lui, il aurait dû suivre son instinct ! Mais il n’agissait pas de manière rationnelle avec elle : quand il aurait dû laisser le HPD seul assurer sa protection, il s’en était lui-même chargé et l’avait emmenée chez lui enfreignant la procédure habituelle ; alors que Carter était maîtrisé, il s’était fait avoir comme un bleu et pour couronner le tout, il avait laissé Kelly s’attacher à lui alors qu’il n’était pas libre et le pire, c’est qu’il s’était attaché à elle aussi bien plus qu’il n’aurait dû et il avait beau être furieux
contre Catherine, il avait sa part de responsabilités dans ce beau gâchis. Il en était là dans ses pensées quand Danny et Kono revinrent. Danny posa une main sur l’épaule de son ami qui sursauta :
« Tiens, je t’ai ramené une tasse de café. »
« Merci » répondit simplement Steve. Danny et Kono se regardèrent, voir leur ami aussi abattu leur faisait mal au cœur…
« Allez Kelly, vous êtes trop jeune pour mourir. Ne baissez pas les bras » dit le chirurgien en continuant le massage cardiaque.
« Combien de minutes depuis l’arrêt cardiaque ? »
« Sept minutes et vingt-deux secondes, Docteur. »
« J’incise le thorax » et d’un geste précis, il ouvrit la poitrine de sa patiente pour mettre à nu son cœur et dit quelques secondes plus tard :
« Ecarteurs… Electrodes…200 joules…Reculez …»
Malia et Chin entrèrent, anxieux, dans le cabinet du Docteur Adams…
Danny, qui avait de plus en plus de mal à rester en place et que le silence ambiant rendait fou, demanda à Kono si elle ne trouvait pas bizarre l’absence aussi longue de Chin. Steve releva la tête prenant à son tour conscience de l’absence de son équipier. Kono répondit d’une voix aussi détachée que possible :
« C’est vrai que ça fait un moment qu’ils se sont absentés. »
« Ah non, pas à moi ! Tu sais quelque chose qu’on ne sait pas » s’exclama Danny et devant le regard inquisiteur, non seulement de Danny mais également de Steve, elle finit par lâcher :
« Ecoutez les gars, je vous ai rien dit, d’accord ? »
Ils attendirent la suite avec une certaine appréhension :
« Il devait passer un examen médical. »
« Il est malade ? » demanda le blondinet.
« Il m’a demandé de ne rien vous dire tant qu’il n’en savait pas plus. »
« Tu m’inquiètes, là. C’est grave ? »
« J’en sais rien. J’attends avec impatience d’en savoir un peu plus moi aussi. »
Ils échangèrent tous un regard qui en disait long : cette journée tournait au cauchemar…
29
« Docteur, je perçois un pouls, encore très faible. »
« C’est bien Kelly, encore un petit effort » dit le Docteur Nawana.
« Fibrillation. »
« Amiodarone » et peu à peu, le tracé reprit un rythme sinusal et l’intervention put se poursuivre…
Carter cria du fond de sa cellule :
« Je veux téléphoner. »
Les policiers l’ignorèrent royalement et il cria de plus belle :
« Je connais mes droits ! Vous ne pouvez pas me le refuser. »
Mais personne ne tint compte de ce qu’il disait et il continua :
« Je veux voir mon avocat. »
Mais toujours pas de réaction des policiers qui continuaient à aller et venir comme s’il n’existait pas. Il alla se rasseoir et pensa à Cory : il n’avait jamais voulu la tuer, juste prendre soin d’elle. Ils auraient été heureux, il en était persuadé mais il avait fallu qu’elle tombe sous le charme de ce type et ça l’avait rendu fou. Tout ce qu’il avait imaginé pour eux s’était effondré et tout était allé de travers. Ainsi, s’il ne pouvait pas la posséder, le seal non plus mais il n’avait pas pu se résoudre à aller jusqu’au bout et il le regrettait amèrement : s’il l’avait poignardée en plein cœur comme il en avait l’intention, ils seraient, à l’heure qu’il est, réunis dans l’éternité mais il était là et il ignorait si elle avait survécu ou pas et en ce moment précis, tout ce qui lui restait, c’était l’espoir qu’elle s’en sorte car alors, il la reverrait…
A l’hôpital, les portes s’ouvrirent sur une dame d’un certain âge, petite et un peu boulotte, au chignon strict qui s’avança directement vers Steve qui la salua :
« Madame le Procureur. »
« Bonsoir, Commandant McGarrett. Félicitations pour cette très belle prise. »
« Est-ce la raison pour laquelle vous vous déplacez personnellement jusqu’ici ? » ne put-il s’empêcher de dire.
« Le juge a émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Carter et j’aurai besoin de vos dépositions à tous ainsi que toutes les preuves que vous avez réunies et j’en ai besoin ra-pi-de-ment » répondit le procureur en insistant bien sur ce dernier mot. « L’affaire passe devant le jury d’accusation dès lundi. »
« C’est rapide, dites donc » dit Danny.
« Les tueurs en série attirent toujours beaucoup de monde et tous les regards sont braqués sur nous. »
« Avec tout ce qu’on a contre lui, ça ne devrait pas être difficile de l’envoyer en prison pour le restant de ses jours » dit Kono à son tour.
« Avez-vous des nouvelles de la victime ? »
« La victime, comme vous dites, s’appelle Kelly Grainger et à l’heure actuelle, on ne sait toujours pas si elle est encore en vie… » répondit vertement Steve.
« Espérons qu’elle s’en sorte, nous avons besoin d’elle. »
« Parce que vous compteriez l’appeler à la barre ? » l’interrogea Steve incrédule.
« Bien sûr ! Dois-je vous rappeler que c’est notre seul témoin vivant ? »
« Même sans son témoignage, nous avons assez de preuves pour qu’il pourrisse derrière les barreaux ! » martela Steve.
« Commandant, contrairement à ce que vous semblez penser, je suis désolée pour Mademoiselle Grainger. Je sais très bien quelle épreuve représenterait ce procès pour elle mais nous voulons tous la même chose : enfermer ce cinglé dans une prison d’état et ce, pour le restant de sa vie et non pas dans une institution psychiatrique et son témoignage serait…»
« Le point d’orgue du procès » continua Danny dégoûté.
« Prépondérant » reprit le Procureur.
« Vous êtes sérieuse ? Si elle survit à ses blessures, vous allez la jeter en pâture ? Vous l’obligerez vraiment à affronter son tortionnaire et ce, devant les médias ? Ce qu’elle va devoir endurer à son réveil n’est-il pas déjà suffisant ? » surenchérit Steve d’une voix blanche.
« Commandant, vous avez fait votre travail, laissez-moi faire le mien. »
« J’aurais dû le tuer, ça oui ! » dit Steve.
« Je vais faire comme si je n’avais rien entendu. J’aimerais maintenant recueillir vos témoignages à chacun à défaut d’un rapport dé-tai-llé.»
« Maintenant ? Ca peut pas attendre un peu ? » demanda Danny.
« J’ai cru comprendre que vous étiez proches de Mademoiselle Grainger et je suppose que lorsqu’elle regagnera sa chambre, vous voudrez rester à ses côtés. »
« Allons-y, qu’on en finisse » dit Steve.
« La chambre 258 a été mise à notre disposition. Où est le lieutenant Kelly ? ».
« Il ne devrait pas tarder » répondit prudemment Kono.
« Vous lui direz de venir me trouver. »
Et chacun à tour de rôle, excepté Chin, alla faire sa déposition…
Ils étaient à nouveau tous les trois dans la salle d’attente quand, cette fois, les portes s’ouvrirent sur un homme en blouse bleue.
« On m’a dit que je vous trouverais ici, Commandant. Je suis le Docteur Nawana. Vous êtes un membre de la famille de Mademoiselle Grainger ? »
« Non, je suis un ami… un ami proche. Comment va-t-elle ? »
« Aussi bien que possible dans ces circonstances. Mademoiselle Grainger a toutefois fait un arrêt cardiaque pendant l’intervention et nous avons été obligés d’inciser le thorax pour stimuler directement son coeur. Nous avons pu la réanimer et la stabiliser mais au prix également d’une néphrectomie gauche… »
« Une quoi ? » demanda Danny.
« Une néphrectomie ou si vous préférez, l’ablation du rein gauche. »
Les trois amis se regardèrent et Steve demanda :
« Elle est hors de danger ? »
« Malheureusement, non. Elle a perdu beaucoup de sang et elle est très faible. Les prochaines 24 H vont être déterminantes. Elle souffre également d’un déplacement de la pommette pour lequel nous devons attendre que l’œdème diminue pour voir s’il faut intervenir chirurgicalement ou non. Tout stress pourrait lui être fatal, c’est pourquoi nous préférons la maintenir un jour ou deux dans un coma artificiel. »
« Vous avez parlé d’un arrêt cardiaque. Pourrait-il avoir entraîné des séquelles neurologiques ? »
« On ne peut jamais savoir, il faut attendre son réveil… »
Steve ferma les yeux un instant :
« Je peux la voir ? »
« Oui, on devrait bientôt la remonter du bloc. »
« Merci, Docteur. »
« Je repasserai la voir plus tard. »
Et à ce moment, une infirmière vint les prévenir que leur amie avait regagné la chambre 271. Ils entrèrent tout doucement et leur cœur se serra quand ils la virent allongée sur le lit reliée à toutes ces perfusions, un bandage autour du visage.
Steve s’approcha du lit et dit à Danny :
« Tu te souviens de son témoignage l’autre soir quand elle nous a dit s’être réveillée dans une chambre d’hôpital avec des perfusions partout ? » Danny fit signe que oui de la tête.
« Dix ans après, elle va revivre la même scène… »
Danny s’approcha de lui, posa une main sur l’épaule de son ami et affirma :
« Mais cette fois, elle ne sera plus seule, nous serons là pour elle, nous l’aiderons à surmonter cette nouvelle épreuve. »
« J’espère que tu nous as bien entendus, Kelly » ajouta Kono en s’adressant à son amie et en posant sa main sur son bras.
« Oui et on peut te dire qu’on est de vrais pots de colle quand on veut » approuva Danny.
Steve approcha une chaise du lit et lui prit la main mais ne dit rien…
30
Malia et Chin venaient enfin retrouver leurs amis quand Chin reconnut le Procureur qui l’invita aussitôt à venir faire sa déposition lui aussi. Après avoir terminé, il lui demanda :
« Vous savez qui va le défendre ? »
« Non mais je m’attends à une grosse pointure vu que les médias adorent ces procès… »
« Il pourrait lui éviter la prison d’état ? »
« Oui, il pourrait l’envoyer dans un institut psychiatrique et on sait tous le danger que cela représenterait pour Mademoiselle Grainger. »
« Des psychiatres pourraient surtout le faire sortir bien plus tôt… »
« En effet ! Ce procès, malgré les preuves incontestables, ne sera pas aussi facile qu’il y paraît. »
« D’où votre implication personnelle, Madame. »
« Exactement. J’ai lu le dossier de Mademoiselle Grainger et j’admire son courage mais je vous avoue qu’il y a des moments où je déteste mon métier et ce qu’il implique. »
« Dommage qu’il ne soit pas mort. Ca aurait évité beaucoup de souffrances. »
« Steve semble très attaché à cette jeune femme, je me trompe ? »
« Nous le sommes tous » répondit prudemment Chin sous le regard inquisiteur du Procureur qui répondit simplement :
« Je vous laisse aller retrouver vos amis, lieutenant Kelly, votre amie est sortie du bloc opératoire. » Et elle quitta le service.
Malia vint aussitôt le rejoindre et ils entrèrent dans la chambre de Kelly. Tous les regards se tournèrent vers Chin qui regarda Kono et lui dit en souriant :
« Je vois que tu n’as pas su tenir ta langue, cousine. »
« Hey, c’est pas sa faute, je l’ai cuisinée jusqu’à ce qu’elle craque » intervint Danny.
« Bien sûr… ».
« Tu vas encore nous faire languir longtemps ? » demanda Danny anxieux, tout comme Kono et Steve.
« Tu vas bien, Chin ? » demanda alors la jeune flic et sous le regard impatient de ses trois amis, il leur répondit :
« Oui, Kono, les nouvelles sont bonnes. »
Celle-ci se jeta dans ses bras, soulagée. Après cette étreinte, Chin se tourna vers ses deux équipiers et leur dit :
« Je vous dois une explication : j’ai passé un examen médical il y a 48 H parce que Malia n’aimait pas beaucoup l’aspect d’un grain de beauté que j’ai dans le dos et la biopsie a confirmé un mélanome mais fort heureusement, il s’agit de la forme la moins virulente, celle qui ne métastase pas. Je devais passer aujourd’hui un scanner pour vérifier s’il n’y avait pas d’autre foyer cancéreux et je viens d’en avoir les résultats : tout est négatif. Je vais juste subir lundi une petite intervention chirurgicale pour retirer le grain de beauté cancéreux et je reprendrai le boulot comme si de rien n’était. »
« Eh bien dis-donc, si je m’attendais à ça ! » dit Danny en l’étreignant chaleureusement. « Mais pourquoi n’as-tu rien dit ? » lui demanda-t- il.
« Je suis heureux que tu ailles bien, Chin » dit Steve en l’étreignant à son tour.
« Il était inutile de vous inquiéter vous aussi, ça n’aurait rien changé et on avait un cinglé à attraper. »
Et tous se tournèrent vers Kelly. Chin demanda :
« Ils ont pu sauver son rein ? »
« Non » répondit sombrement Steve.
« Elle devra prendre quelques précautions mais on vit très bien avec un seul rein » tenta de le rassurer Malia.
« Elle a fait un arrêt cardiaque et on ne sait pas si elle en aura des séquelles » ajouta Steve.
Malia posa sa main sur l’épaule du seal et lui dit :
« Elle ne pouvait être entre de meilleures mains, le Docteur Nawana est très réputé, il a tout fait pour maintenir son cerveau irrigué. Je suis confiante. »
« Ecoutez, la journée a été dure pour tout le monde. Kelly ne va pas s’éveiller tout de suite. Rentrez chez vous vous reposer. »
« Et toi ? » demanda Danny.
« Je reste. Allez, ne discutez pas, c’est un ordre ! »
« On peut rester, tu sais » avança Kono mais Danny fit un signe discret à ses équipiers pour qu’ils sortent : il devinait que Steve voulait se retrouver seul avec Kelly.
Une fois dehors, Kono demanda à Danny s’il avait donné des nouvelles à Kamekona :
« Non, pas encore, mais je vais passer par là et ramener une portion de crevettes à notre seal. Il n’a rien avalé de toute la journée et si on ne le force pas… »
« Excellente idée, Danny » approuva Chin. « A demain alors. »
« A demain. »
Steve regarda les moniteurs, puis les perfusions et en serrant un peu plus fort la main de Kelly, il approcha son visage tout près de celui de la jeune femme et lui murmura :
« Si tu savais combien je m’en veux… Je t’avais promis de l’arrêter avant qu’il ne s’en prenne à toi et je n’ai pas pu tenir cette promesse. Mais je peux te garantir que je serai à tes côtés pour t’aider à surmonter ce drame. Je ne t’abandonnerai pas, Kelly mais pour ça, il faut que tu te battes. Accroche-toi ! Je ne veux pas te perdre, toi aussi » et il posa ses lèvres sur son front en lui disant : « Si tu savais à quel point je tiens à toi… »
Le temps passait et il restait là, assis à côté d’elle, ne lâchant pas sa main quand il entendit la porte doucement s’ouvrir sur son ami qui entra avec deux portions de crevettes.
« Comme on ne peut pas compter sur toi pour prendre soin de toi-même, je t’apporte à manger et pas question de refuser ! » dit Danny.
Steve sourit et lui répondit : « Merci Danno » et en prenant sa part, il ajouta : « Tu as même pensé aux couverts ! »
« Qu’est-ce que tu crois ? Quand je fais les choses, je ne les fais pas à moitié ».
Ils mangèrent alors en silence quand Danny, voyant son ami grimacer, lui demanda :
« Il t’a pas raté, dis donc. Tu as mal ? »
« Ca commence à tirer mais ça va. »
« Que s’est-il passé ? »
Steve lui raconta alors toute l’histoire…
« En tout cas, tu as de la chance qu’il ne t’a pas tué et je comprends mieux pourquoi tu te plaignais que Kelly ne t’avait pas écouté mais tu sais, elle t’a peut-être aussi sauvé la vie. »
« Ca ne devait pas se finir comme ça, Danny. Il m’aurait probablement touché mais il n’en serait pas sorti indemne non plus. »
« On ne peut pas tout prévoir et fort heureusement, Kelly est encore en vie. On aurait pu la retrouver … »
« Elle n’est pas encore tirée d’affaire… »
« Elle se bat en tout cas. »
« Oui mais après ? Elle a déjà tant enduré… »
« Elle a trouvé la force de se reconstruire une fois, nous l’aiderons à se reconstruire à nouveau, nous ne la laisserons pas tomber et puis, c’est vrai, elle a perdu un rein mais ça aurait pu être bien pire… »
« J’espère qu’elle n’aura pas de séquelles dues à son arrêt cardiaque. »
« Pourquoi tu vois tout en noir ? Laisse-la d’abord se réveiller… »
« J’aurais dû le tuer ! Au moins, je lui aurais évité l’épreuve du procès… »
« Et tu te serais retrouvé derrière les barreaux. C’est sûr que ça l’aurait beaucoup aidé … Allez, arrête de te torturer, ce qui est fait est fait et essaie de dormir un peu. Je repasserai demain matin. »
« Danny… Merci d’être revenu.»
Danny posa une main sur l’épaule de son ami et s’adressa à Kelly :
« Ne joue pas trop longtemps à la Belle au bois dormant, tu vois dans quel état tu mets notre seal préféré ? » en venant l’embrasser amicalement sur le front et il sortit…