Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 21.05.2014 à 15h03
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Le tueur sous les verrous, sa victime se rétablit lentement de ses blessures avant d’affronter une nouvelle épreuve… » mesange
Cette fanfic compte déjà 37 paragraphes
30
Danny, Derek et Reid arrivèrent à Halawa et attendaient encore Carter.
« Ce que je comprends pas, c’est comment il pourrait se faire passer pour un fou, ça me dépasse » dit Danny.
« Robert Abrams s’est muré dans le silence le plus total et a été incarcéré dans une institution psychiatrique jugée plus adaptée pour son cas. Après quelques années, il a été relâché et a replongé. Cette fois, il fut condamné à une peine de prison dans un pénitencier fédéral où il s’est tenu à carreau et il a pu sortir pour bonne conduite » lui répondit Reid.
« Ce ne sera pas le cas de Carter, la peine ne peut être que la perpétuité, mais c’est vous dire qu’ils peuvent tromper même des experts… » ajouta Derek.
Et à ce moment, un gardien vint les avertir que le prisonnier était à leur disposition.
« Je vous attends ici… » dit Danny.
« Ca risque d’être long… »
« Vous laissez pas avoir, les gars... »
Et ils entrèrent dans la cellule après un dernier regard à Danny…
A quelques kilomètres de là, un homme, une bière à la main, regardait sans les voir les infos qui passaient à la télé quand son regard se posa sur l’enveloppe et il eut à nouveau un haut le cœur en repensant aux clichés qu’elle contenait. Quand il avait reçu comme instruction de les publier si l’autre venait à échouer, il n’aurait jamais pensé qu’il éprouverait autant de mal à le faire. Il ne s’était pas non plus attendu à voir l’intimité de cette fille exposée et quand il découvrit photo après photo ce qu’il lui avait infligé, il en était malade et n’espérait qu’une chose : que ce sadique reste derrière les barreaux le restant de ses jours pour ce qu’il lui avait fait. Il ressortit les clichés en soupirant et les regarda à nouveau quand il s’arrêta sur une photo qu’il aimait particulièrement : elle avait été prise à son insu alors qu’elle riait et on lisait sur son visage l’insouciance de la jeunesse. Cette photo n’était pas destinée à être publiée, il l’avait trouvée parmi toutes les autres et n’avait pu s’empêcher de la prendre. Il n’aurait su dire ce qu’avait cette femme de plus que les autres mais elle ne le laissait pas indifférent. Il ferma les yeux : ce n’était absolument pas le moment de flancher alors qu’il allait seulement entrer dans la danse. Il prit une autre photo : la première sans doute qu’il avait prise cette nuit-là avant de la mutiler et il la regarda longuement, captivé par les formes parfaites de son corps puis il passa à la suivante : pauvre fille, elle en avait bavé… Si elle savait seulement ce qui l’attendait… Non, il devait cesser de penser à elle. C’était une affaire, pas différente des autres après tout ! Il remit les photos dans l’enveloppe qu’il jeta sur la table avant de s’allonger sur son lit. Et s’il refusait d’aller plus loin ? Pourquoi ne pas partir dès ce soir ? Non, il ferait ce pourquoi on l’a payé…
Au bord de la plage, Steve et Kelly restaient blottis l’un contre l’autre face à l’océan.
« Je savais que la plage te ferait le plus grand bien » lui souffla-t-il à l’oreille.
« Tu es sûr qu’il n’y a que la plage ? » demanda-t-elle câline.
Il lui sourit et la serra plus fort en lui murmurant coquin :
« Le chinois ne te suffit pas. Tu as encore faim ? » demanda-t-il en enfouissant la tête dans son cou pour l’embrasser mais alors qu’il s’attendait à toute autre réponse, il fut surpris de l’entendre lui demander :
« Parle-moi un peu de toi… »
« Que veux-tu savoir ? »
« Tu es un seal. Tu as subi un des plus difficiles entraînements au monde… »
« LE plus difficile au monde » la reprit-il et elle sourit :
« Raconte-moi comment c’était. Tu as dû en baver… »
« C’était pas évident en effet. Les entraînements étaient très durs et poussés à l’extrême. »
« Tu étais à Coronado ? »
« Oui. »
« J’ai vu un reportage à la télé, c’était impressionnant. Je n’imaginais pas un tel entraînement. J’ai trouvé ça limite inhumain… »
« C’est bien les femmes, ça ! »
« Tu as dû plonger dans une piscine les pieds et les mains liés ? »
« Oui. »
« Tu n’as jamais paniqué ? »
« C’était le but de l’exercice : apprendre à ne pas paniquer dans des situations extrêmes… »
« Tu n’as pas répondu… » dit-elle en se redressant légèrement pour voir son visage.
« Il n’était pas question que j’échoue et non, je n’ai jamais paniqué… Je prenais les épreuves comme elles venaient et je me posais pas de questions. Je voulais devenir un navy seal, c’est tout. »
« Tu étais déjà très sûr de toi, hein ? »
« Je dois prendre ça comment ? »
« Il faut une force de caractère hors du commun pour résister à la douleur aussi bien physique que mentale de cette formation… Ils disaient que beaucoup abandonnent lors de la semaine de l’enfer. »
« C’est vrai, près des quatre-vingts pourcents. »
« C’est énorme ! Tu es passé par des moments terribles. J’ai mal pour toi rien que d’y penser… »
Il sourit :
« J’en suis pas mort. »
Carter les regarda entrer sous l’œil impassible de son avocat.
« Je suis le Docteur Reid du département des sciences du comportement et voici mon collègue, l’agent Morgan. Nous aimerions vous poser quelques questions. »
Carter se tourna vers Evans à qui il demanda d’une petite voix et le regard fuyant :
« Maître, je suis fatigué… »
« Vous aurez tout le temps de vous reposer après le procès » rétorqua Derek.
« Maître… »
« Cet interrogatoire est une requête du Procureur et je ne peux que vous conseiller de collaborer… » répondit Evans.
Derek s’approcha de la table qui le séparait de Carter, se pencha vers lui et entra directement dans le vif du sujet :
« Joli tableau de chasse ! »
Carter le regarda sans broncher.
« Vous vous croyez très supérieur, n’est-ce pas ? Mais vos crimes montrent que vous n’êtes en fait qu’un homme faible. J’ajouterais même que vous devez avoir des problèmes d'impuissance. »
Carter sourit :
« Demandez à Cory ce qu'elle en pense… »
Derek le regarda droit dans les yeux :
« Vous avez besoin d’une mise en scène. Le désir de toute puissance et de contrôle se retrouvent chez tous les violeurs et c’est ce petit jeu qui vous excite. »
Carter le regardait mais ne bronchait pas. Derek poursuivit :
« Les frapper, les attacher, leur lacérer le corps, c’est ça qu’il vous faut pour pouvoir les violer. Sans cela, vous n’êtes rien…»
Maître Evans, quant à lui, observait surtout Reid, c’était lui l’expert que Prescott appellerait à la barre et le fait qu’il se taise ne lui plaisait pas vraiment mais pour l’instant, l’entrevue se passait plutôt bien selon lui…
Dans le couloir, Danny appela Kono.
« Euh…Kono, j’aurais besoin d’un petit service. »
« Je quittais le QG, Danny. »
« C’est à propos de mon ami, Ricky » commença Danny. « Je voulais t’en parler plus tôt mais c’était pas vraiment le moment. »
Kono soupira :
« Qu’est-ce que je peux faire ? »
« Son ex est venue s’installer ici et elle lui a caché l’existence de son enfant. Il a obtenu une adresse mais elle était bidon et…et je… »
« Tu lui as proposé ton aide ? »
« Oui mais ça peut attendre… »
« Donne-moi le nom. »
« Lisa Kendall, du moins c’est comme ça qu’elle s’appelait quand elle était avec lui. Elle s'est peut-être mariée depuis. »
« Je te tiens au courant… »
« Merci, Kono. Je te revaudrai ça ».
« J’y compte bien ! »
31
« Parlons un peu de Cory. »
Carter sourit.
« Vous avez déclaré que c’est elle la coupable ? Qu’entendez-vous par là ? »
« C’est elle qui m’a forcé à faire ça. Je n’ai voulu que lui faire plaisir, faire ce qu’elle aimait. »
« Et qu’est-ce qu’elle aimait ? »
« Je les voyais tous les deux… »
« Tous les deux ? » demanda Morgan surpris. « Vous parlez de son fiancé ? »
« Oui, il l’attachait aux montants du lit et elle aimait ça… »
Derek regarda brièvement Reid, ce qui n’échappa ni à Evans ni à Carter.
« Les autres filles aussi aimaient ça ? C’est ça leur point commun ? »
« J’ai fait ce qu’elles aimaient. »
« Vous aimiez prendre Cory en photos mais pourtant aucune ne la montre dans cette situation avec son fiancé. D’ailleurs, aucune photo de son fiancé n’a été retrouvée… »
« Ecoutez, Messieurs, il se fait tard et le procès commence véritablement demain » dit alors Maître Evans.
« Personne ne vous retient, Maître » rétorqua Derek.
Evans soupira mais ne bougea pas. Derek poursuivit :
« Vous avez choisi Cory comme vous l’avez fait avec vos autres victimes. Elle ne représentait rien pour vous, elle était comme toutes les autres : un objet que vous alliez torturer selon votre bon vouloir mais vous n’avez pas trouvé en elle une personne faible à soumettre. Non, elle ne vous a pas cédé, elle vous a tenu tête comme elle pouvait et a tout enduré avec un courage exceptionnel et c’est ce qui l’a perdue. »
Carter le regardait mais ne dit pas un mot, Derek continua :
« Vous deviez la briser et vous l’avez torturée encore et encore jusqu’à ce qu’elle agonise mais avant de la laisser, vous lui avez dit que vous reviendriez. Vous deviez continuer ce que vous aviez commencé, n’est-ce pas ? Etre sûr que vous l’aviez brisée… »
« NON ! Je l’aimais ! » s’emporta Carter.
« Vous l’aimiez ? Vous la haïssez, oui ! »
« C’est faux ! Maître, dites-leur d’arrêter. J’aime Cory, ils ont pas le droit de dire que je l’aime pas… »
« Vous l’avez pourchassée toutes ces années parce que vous vouliez avoir une maîtrise complète sur elle, en faire un objet impuissant, à votre merci, être son chef absolu, devenir son Dieu, en faire ce que bon vous semble, l’humilier, la rendre esclave » continua Derek sans le lâcher.
« Non, non, vous comprenez pas, je ne voulais pas lui faire de mal… »
« C’est vrai, c’est elle qui vous le demandait » rétorqua Derek dégoûté.
« Oui, elle en voulait toujours plus. Je pensais lui faire plaisir. »
« Et jamais, vous ne vous êtes dit que vous alliez trop loin ? Que ce qu’elle vous demandait était extrême ? Elle a dû perdre connaissance à plusieurs reprises. Vous n’avez pas eu peur pour elle ? »
Evans comprit le piège et intervint :
« Messieurs, vous allez trop loin. Vous n’êtes pas procureur et vous n’avez pas à pousser mon client comme vous le faites. »
Carter se mit à sangloter. Derek lui tourna le dos et Reid vit alors la lueur qu’il espérait dans le regard du tueur : tourner le dos à un psychopathe peut être considéré comme un manque de respect et c’est exactement ce qui se produisait. Derek avait mené cet interrogatoire de main de maître et l’étiquette de psychopathe ne faisait plus aucun doute…
Au bord de l’océan, Kelly toujours blottie contre Steve lui demanda :
« Tu a fait quel genre de missions une fois que tu étais devenu seal ? »
« T’es bien curieuse ce soir ! »
« Je sais pas grand-chose de toi en fait… »
« J’en sais pas plus sur toi… »
« C’est vrai… Tu sais déjà que j’ai suivi des études de droit. »
« Et que tu étais très douée au tennis. »
Elle sourit.
« Tu n’as pas oublié… »
« Tu devais avoir une bonne condition physique aussi. »
« En effet, le niveau est très élevé et les résultats n’auraient pas suivi sans cela mais j’ai levé le pied à la fin. »
« Tu ne devais pas sortir beaucoup… »
« Très peu en effet. Entre le sport et les études, j’avais pas vraiment le temps » lui dit-elle en souriant « et il arrive un moment où il faut faire un choix surtout que si on veut avoir une chance d’être pris dans un grand cabinet, il faut sortir du lot et y a pas de secret pour cela, il faut bosser… » Et elle ajouta tristement : « Tant d’efforts et de sacrifices pour rien au final… »
Steve resserra son étreinte et après un moment, Kelly rompit le silence :
« Tu sais où j’aimerais retourner ? Ca devrait te plaire aussi… »
« Où ça ? »
« Dans un parc d’attractions ! »
« Dans un parc d’attractions ? Euh… »
« Quoi, ne me dis pas que tu as peur d’aller sur des attractions à sensations fortes quand même ! »
« Bien sûr que non ! Mais j’appelle pas ça des sensations fortes ! »
Elle le regarda surprise.
« Une course-poursuite, une descente en rappel, un saut en parachute, ça, ce sont des sensations fortes ! »
« Oh mais j’ai fait du rafting aussi ! »
« Pour débutants sur un ruisseau ? »
« Moque-toi ! Classe quatre ! Eh oui… »
« C’est bizarre, je te voyais pas comme ça… »
« Ah bon ? Tu me vois comment ? » Et avant qu’il ne puisse répondre, elle dit :
« J’ai pas toujours été cette femme renfermée et apeurée. J’aimais m’éclater aussi ! »
« Ainsi, tu aimes les sensations fortes ? »
« Uniquement quand elles sont sans danger. »
« Moins téméraire que je ne pensais… » se moqua-t-il. « Moi qui envisageais déjà de t’initier aux sauts en parachute, c’est raté… »
Kelly se tourna vers lui, une lueur de défi dans le regard qui amusa le seal :
« J’aimerais peut-être beaucoup ! »
« Ou tu resteras au fond de l’avion sans même oser t’approcher du bord ! »
« C'est pas impossible en effet… » rit-elle.
« Tu sais quoi ? Après ce procès, nous prendrons quelques jours rien que pour nous et on fera tout ce que tu as envie, nous irons dans un parc d’attractions et nous sauterons en parachute si tu le souhaites encore. »
« Génial ! Mais d’abord, nous devrons repeindre des locaux si on veut pas se mettre à dos la procureur… »
« J’avais déjà oublié… »
« Tu oublies ce qui t’arrange surtout ! » rit-elle.
Au QG, Kono était en train d’effectuer les recherches pour Danny quand elle vit Chin entrer.
« Hey, couz. T’as rien d’autre à faire que de venir ici ? »
« Malia a été rappelée et je ne cesse de repenser aux allusions de Morgan et Reid à propos de Néron. S’ils voient juste à propos de Néron, il a tué sa mère. »
« Et ? »
« Et si on peut faire le recensement de tous les matricides, peut-être qu’on pourra en savoir plus sur Carter. Et toi ? Que fais-tu encore ici ? »
« Danny m’a demandé un service mais ça peut attendre. Je vais t’aider. »
32
A Halawa, Danny téléphona à son ami :
« Ricky ? »
« Salut vieille peau. Tu t’ennuies et t’as envie d’un peu de compagnie ce soir ? »
« Je suis toujours en service…»
« McGarrett peut pas vous laisser un peu tranquilles, ce type est une vraie plaie. »
« Quand ce procès sera terminé, on pourra souffler, enfin j’espère… »
« C’est le grand jour demain. Tu vas témoigner ? »
« Non, je pense pas demain mais tout va dépendre des débats. »
« Tout le monde ne parle que de ça à la télé. Cette fille va devenir une star malgré elle. »
« Elle s’en passerait bien, crois-moi ! »
« Les séances sont publiques. Tu crois que je pourrais assister aux débats ? »
« Ca t’intéresse ? »
« Je me disais que peut-être si je passais à la télé, mon ex me verrait et on ne sait jamais... »
« Steve sera pas d’humeur, il vaudrait mieux que tu la ramènes pas avec ta grande gueule. »
« Si les rumeurs sont exactes, si j’étais Kelly, je me ferais du souci pour mon homme. »
Danny soupira et changea de sujet :
« J’ai demandé à Kono de se renseigner sur ton ex. »
« C’est vraiment très gentil. Je te revaudrai ça. »
« J’en doute pas. »
« Et tu sais, si tu veux te changer les idées, appelle-moi ! »
« Merci mais je pense bien que je rentrerais directement. »
Morgan se tourna à nouveau vers le prisonnier :
« Vous l’avez laissée agoniser et quand vous avez su qu’elle avait survécu, vous avez décidé de la traquer comme on traque un gibier. Même une vedette de cinéma n’aura probablement pas été photographiée autant que Kelly l’a été toutes ces années… »
« Vous avez vu toutes les photos ? » le coupa Carter. « Vous avez apprécié ? »
Derek le regarda surpris, Carter poursuivit :
« Quelle question ! Bien sûr que vous vous êtes rincé l’œil, Cory est une femme magnifique » et après un bref silence « Elle vous fascine aussi, n’est-ce pas ? »
« Vous avez terminé votre petit numéro ? » répondit Derek d’une voix qu’il voulait impassible.
« Dites-moi, qu’est-ce que ça fait d’interroger à longueur de journée des types comme moi ? Tous ces détails croustillants, ces photos indécentes, ça vous excite, non ? Vous savez quoi ? Celui qui a des problèmes d’impuissance, c’est vous, pas moi. Moi, je n’ai pas peur de passer à l’acte. Vous devriez essayer, rien de tel que de sentir la douceur de leur peau, de les sentir impatientes de vous appartenir. Vous ne savez pas ce que vous ratez… C’est triste de se contenter uniquement de photos. Laquelle de Cory avez-vous préféré ? Moi, c’est celle…» Mais il ne put terminer car Morgan l’attrapa par le col et le souleva de sa chaise.
« J’ai touché un point sensible, on dirait » réussit encore à dire Carter.
« Lâchez tout de suite mon client ! » cria Evans tandis que Carter affichait un grand sourire.
« Espèce d’enfoiré, tout ça t’amuse mais ce n’est plus qu’une question de temps avant que tu ailles pourrir au fond d’une cellule ! » dit Morgan.
« Lâchez mon client, agent Morgan ! »
« Derek, lâche-le » dit à son tour Reid. « Derek ! » Et celui-ci le lâcha sans ménagement et Carter retomba lourdement sur sa chaise.
« On dirait bien que McGarrett a de la concurrence… » sourit Carter mais avant que Derek ne réponde, Reid exhorta son ami à sortir pour se calmer, ce que finit par faire Morgan et quand Danny vit le regard noir de l’agent, il demanda :
« Ca se passe pas comme vous voulez ? Ne me dites pas qu’il est fou et que… »
« Non, vous inquiétez pas, Carter est un psychopathe dans toute sa splendeur. »
« Vous pouvez traduire ? »
Derek le regarda surpris et lui répondit :
« Un psychopathe n’est pas un schizophrène, il n’éprouve aucun sentiment, aucun remords, aucune thérapie ne peut l’aider. »
Danny soupira de soulagement.
« Au moins, c’est déjà ça de gagné. »
Derek sourit tristement :
« C’est loin d’être gagné, au contraire. La plupart des gens pense qu’il faut être fou pour infliger de tels sévices à d’autres personnes et c’est là que réside le piège… »
Danny le regarda mais n’ajouta rien…
Kelly, toujours blottie dans les bras de Steve, regardait l’océan quand brusquement, sur un coup de tête, elle se leva et lança :
« Allez, viens ! » et comme il ne bougeait pas, elle essaya, sans y parvenir, de l’éclabousser depuis le bord de l’eau.
« Ah c’est comme ça ? Tu vas le regretter ! » Il ôta son t-shirt et alla la rejoindre et une bataille féroce s’engagea, chacun s’éclaboussant à qui mieux mieux en riant. Ils s’amusèrent ainsi un moment puis elle se laissa finalement maîtriser par Steve qui la prit dans ses bras et alors qu’il faisait mine de vouloir l’embrasser, il la jeta dans les vagues et quand la jeune femme reprit pied, lâcha moqueur :
« Quoi, tu n’aimes plus les sensations fortes ? »
Elle le fusilla du regard et passa à côté de lui sans un regard, ce qui l’amusa encore plus mais quand elle poussa un cri, il vint aussitôt près d’elle et alors qu’il se penchait pour voir, elle le prit par surprise et réussit à lui faire perdre l’équilibre, une vague venant à point nommé mais c’est elle finalement qui but la tasse et c’est moqueur qu’il la regardait se ravoir.
« Tu essaies de faire quoi, là ? »
Elle lui lança une fois de plus un regard noir en toussant à nouveau et il sortit de l’eau en riant.
« Je vais chercher des serviettes » et il revint peu après. Elle prit celle qu’il lui tendait et comme il la regardait, elle lui demanda de se retourner. Il obéit en levant les yeux au ciel, l’air faussement exaspéré et Kelly se déshabilla rapidement pour passer la serviette autour d’elle.
« Et si on prenait un dernier verre de vin avant de rentrer ? » proposa Steve en jetant un œil à son portable.
« Pas de nouvelles de Derek et de Reid ? »
« Non, pas encore. »
33
Derek entra dans la cellule sans mot dire, s’appuya nonchalamment sur un des murs et écouta son ami :
« Kelly était à votre merci. Vous l’avez poignardée mais vous ne l’avez pas tuée et quand le Five-0 vous a retrouvé, vous pointiez le canon de votre arme sur sa tempe mais vous n’avez pas non plus appuyé. Pourtant, vous saviez qu’ils ne vous laisseraient aucune chance de vous en tirer et que s’ils avaient pu vous abattre, ils l’auraient fait. »
Carter le regarda mais ne broncha pas.
« Pourquoi ? Pourquoi lui avoir donné une chance de s’en sortir ? »
Carter leva les yeux vers lui mais garda le silence.
« Je vais vous dire pourquoi : parce que vous n’aviez pas l’intention de la tuer, pas à ce moment-là… »
« J’aime Cory ! Elle est tout pour moi ! » dit alors le prisonnier.
« Alors, pourquoi ne pas la laisser vivre sa vie ? Si vous l’aimez comme vous le dites, laisser la être heureuse avec l’homme qu’elle aime. »
Carter le regarda et d’une voix qui tremblait :
« Je peux pas, je peux pas, c’est plus fort que moi… »
« Ce n’est pas que vous ne pouvez pas, c’est que vous ne voulez pas ! Vous voulez la punir pour vous avoir trahi et vous avez choisi ce bunker, qui était à son image : sale pour la torturer et lui rappeler qu’elle n’appartenait qu’à vous et à personne d’autre mais ce n’est pas là que vous auriez repris possession d’elle, n’est-ce pas ? »
« Vous comprenez pas. La voir avec l’autre type m’a fait mal, très mal. »
« Elle aime cet homme... »
« NON ! JE VOUS INTERDIS DE DIRE CA ! » Et d’une voix qu’il maîtrisa à nouveau : « Elle est à moi, rien qu’à moi ! Elle peut pas lui appartenir. Non, elle peut pas me faire ça ! »
« Kelly n’est pas votre objet. Elle s’est reconstruite et vous devez l’accepter ! »
« Non, arrêtez, arrêtez de me torturer avec ça. Je ne veux plus rien entendre, taisez-vous ! »
« Vous allez trop loin, Docteur Reid. Vous n’avez aucun droit de pousser mon client comme vous le faites ! »
Reid répondit alors simplement :
« Si vous l’aimez comme vous le dites, vous devriez être heureux pour elle. »
Carter le fusilla du regard comme Spencer et Derek s’y attendaient mais Carter se reprit très vite et continua son cinéma :
« Je sais que je vais la perdre, c’est déjà assez dur comme ça… » et il baissa la tête. Reid changea de sujet :
« Tous les tueurs en séries ont leur sanctuaire, un endroit où ils se sentent particulièrement bien, une sorte de musée où sont stockés tout ce qui concerne leurs crimes. »
« Tous mes trophées étaient dans ce bunker, ils étaient tous pour Cory, pour qu’elle voit à quel point je l’aime. »
« Le bunker est une diversion, rien de plus ! Une fois que vous avez dominé ces femmes, elles ont perdu tout attrait pour vous, vous les avez déjà oubliées. Non, je vous parle d’un autre endroit, un endroit que vous avez dédié à Kelly et uniquement à elle parce qu’elle est la seule à vous mériter. »
Carter le reprit :
« Cory… Demain, Kelly n’existera plus, elle sera à nouveau Cory. »
Reid et Derek se regardèrent et ce dernier reprit la parole :
« Qu’attendez-vous d’elle maintenant ? »
« Je veux la voir, sentir son doux parfum… C’est tout ce qui me reste. »
« Ce n’est pas terminé, c’est bien ce que vous lui avez dit. Qu’entendiez-vous par là ?
« Le procès ! »
« Juste le procès ? Et après ? »
« Elle devra m’attendre mais ce sera pas un problème pour elle, elle l’a déjà fait… »
« Vous croyez vraiment qu’elle va vous attendre ? Après tout ce que vous lui avez fait ? »
« Elle sait que tout ce que je veux, c’est vivre avec elle. C’est tout ce que je voulais, fonder une famille et vivre comme une famille normale. »
« Parce que torturer quelqu’un pour y arriver, vous appelez ça vivre comme une famille normale ? »
« Elle a aimé ça, elle en redemandait encore et encore… »
« Ah c’est vrai, j’oubliais… Donc, si je vous comprends bien, vous ne voulez aucun mal à Kelly. Vous souhaitez juste la voir le plus longtemps possible pendant votre procès en espérant la revoir un jour si vous sortez… »
« Oui. »
Derek se mit à rire puis reprit d’une voix dure :
« Je n’en crois pas un mot. Vous êtes revenu pour voir si vous l’aviez vraiment brisée et vous avez dû jubiler en la voyant vivre recluse, évitant un maximum tout contact social mais là où vous avez fait une erreur, c’est de la prévenir de votre retour. Vous l’avez menée tout droit dans les bras de McGarrett et vous avez dû revoir vos plans car l’endroit que vous lui destiniez était trop bien pour elle, vous deviez d’abord la purifier. »
« Maître, mais de quoi est-ce qu’il parle ? »
« Tout ça ne sont que des allégations sans fondement. C’est tout ce que vous comptez présenter au jury ? »
Derek regarda l’avocat et poursuivit :
« Arrêtez de me prendre pour un imbécile, je ne suis pas dupe. »
« Non, non, je…je ne vois pas. »
« Si vous êtes revenu et si vous vous êtes manifesté, ce n’est que pour une chose : reprendre enfin possession de Kelly et en abuser à volonté, le temps qu’elle finisse par se soumettre et nous savons que ce moment arrivera… Elle perdra alors tout attrait pour vous et vous la tuerez mais vous avez choisi un endroit parfait pour cela, à la hauteur de votre mégalomanie. »
« Il y a juste un petit problème dans votre belle théorie » le coupa Carter.
« Lequel ? »
« Vous croyez qu’elle accepterait de me rendre des visites conjugales en prison ? »
Evans les regarda, un sourire narquois aux lèvres.
« Vous êtes patient, vous attendrez votre heure si toutefois vous êtes enfermé dans un institut psychiatrique mais si ce n’est pas le cas, je ne crois pas un seul instant que vous la laisserez à Steve. Vous ne pouvez le supporter et vous deviendrez fou rien qu’à les imaginer tous les deux ensemble. »
Carter lui lança un regard meurtrier tandis que son avocat menaçait :
« Agent Morgan, c’est la dernière fois que je vous demande de ne pas harceler mon client. »
« Ce n’est pas du harcèlement, je constate simplement des faits. Kelly et Steve sont ensemble et votre client derrière les barreaux ne pourra rien y changer. »
« Vous connaissez les sentiments de mon client et vous le torturez psychologiquement. Il est déjà assez déstabilisé comme ça… »
Morgan soupira en levant les yeux au plafond.
34
Reid reprit l’interrogatoire :
« Pourquoi avoir choisi un livre en latin pour garder certaines coupures de journaux et une clé USB ».
« Mon client n’a pas à répondre à de telles questions » intervint à nouveau Evans.
« Vous aimez la lecture ? Vous avez étudié le latin ? »
« Le titre du bouquin me plaisait, c’est tout… »
« Supplicium… On y parle des sévices que l’on infligeait à l’époque de l’Antiquité chez les Romains. Ca peut donner des idées, notamment pour les femmes adultères. »
Carter sourit…
« C’est comme ça que vous la voyez, non ? Elle vous a trompé… »
Le regard de Carter se durcit mais il demanda innocemment :
« Et qu’est-ce qu’ils faisaient à ces femmes à cette époque ? »
« Ils permettaient au père ou au conjoint de tuer la coupable ou ils envoyaient les deux coupables sur deux îles différentes aussi… »
« J’aurais aimé vivre à cette époque… » dit Carter d’une voix mielleuse.
« Ca ne change rien pour vous, vous faites votre propre justice vous-même. »
« Envoyer McGarrett sur une autre île… » continua Carter comme s’il n’avait pas entendu.
« Ce n’est pas sur une autre île que vous comptez l’envoyer mais directement en enfer » dit alors Morgan.
« L’enfer... » répéta Carter un grand sourire aux lèvres. « L’enfer serait encore trop doux pour lui… »
« Que voulez-vous dire ? Qu’il va souffrir avant ? »
« Agent Morgan, vous commencez à pousser ma patience à bout… »
« Vous aimez le feu » poursuivit alors Reid. « Le masque de diable n’a pas été choisi au hasard, n’est-ce pas ? C’est comme ça que vous vous voyez ? »
Carter ne dit rien.
« Le Diable en personne ? »
« Vous n’avez pas à répondre à cette question » dit Evans.
« C’est inutile. Vous savez que le mot diable signifie « celui qui détruit » ? Et si vous avez choisi ce masque, c’est parce qu’il vous correspond : vous êtes le mal personnifié. »
« Et vos deux cibles sont Kelly et Steve McGarrett » attaqua de nouveau Derek.
« Non, je ne veux aucun mal à Kelly. »
« Mais à McGarrett ? »
« Je me fiche de ce qu’il peut lui arriver ! J’en ai rien à foutre de lui ! » cracha Carter.
« Sans lui, Cory serait encore à vous mais maintenant, c’est à lui qu’elle appartient. »
« TAISEZ-VOUS ! » hurla alors Carter.
« Agent Morgan, ça suffit, vous dépassez les bornes cette fois ! »
Derek se pencha sur Carter et à quelques centimètres de son visage, lui dit :
« On n’est jamais mieux servi que par soi-même, au moins, on n’est pas trahi. Gardez-bien ça à l’esprit, Carter ! »
Et pour la première fois, ils virent Carter douter…
« Nous en avons fini avec votre client, Maître » et à l’intention du prisonnier :
« On se revoit demain au tribunal… »
Et ils sortirent de la cellule pour le grand plaisir de Danny qui commençait à s’impatienter…
« Alors ? » demanda Danny.
« Si ce type joue aussi bien la comédie au tribunal, on a du souci à se faire » répondit sombrement Derek.
« Ca veut dire quoi, ça ? »
« Qu’il peut facilement tromper son monde sur son état mental. »
« Oui, mais vous pourrez le montrer sous son vrai jour, n’est-ce pas ? » demanda Danny à Reid.
« Je ferai part de mon expertise bien sûr mais c’est surtout l’impression qu’il laissera aux jurés qui sera déterminante. »
« Et Kelly dans tout ça ? »
« Son calvaire marquera les jurés mais il est toujours aussi important qu’elle garde la ligne de conduite fixée par le procureur pour essayer qu’il perde son sang-froid et qu’il montre son vrai visage… »
« Au moins avec Steve, ça ne devrait pas poser de problème. »
Derek et Reid se regardèrent et Danny demanda en les voyant :
« Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ? »
« Si Carter pense la même chose que vous, je ne suis pas sûr que Steve pourra témoigner… » répondit sombrement Derek.
« Ca veut dire quoi, ça ? Pas ce à quoi je pense ? »
« Il a un complice extérieur, ça ne fait aucun doute… »
« Faut prévenir Steve ! »
Au domicile de Steve, le portable de celui-ci se mit à sonner alors que Kelly descendait rejoindre le seal après avoir pris une douche.
« Oui, Derek ? Vous en avez terminé avec lui ? »
Kelly l’écoutait mais comme Steve continuait à parler sans lui dire quoi que ce soit, elle se rapprocha de lui et se haussa sur la pointe des pieds pour essayer d’entendre ce que Derek disait et Steve finit par dire :
« Je vous mets sur haut-parleur pour que Kelly puisse vous entendre aussi. » Elle le remercia d’un sourire.
« Kelly, il est très important que vous vous teniez à la ligne de conduite établie par le procureur. Tout ce que l’on peut dire pour l’instant, c’est qu’il va en quelque sorte vous évaluer. Vous devez lui tenir tête. S’il voit qu’il ne vous a pas soumise, son ego démesuré ne tolérera pas qu’un autre fasse le boulot pour lui. Vous n’êtes pas en danger pour l’instant. »
Steve regarda la jeune femme qui demanda :
« Donc, si je vous comprends bien, je ne serai en danger qu’une fois qu’il sera condamné soit à la prison fédérale, soit à aller dans un institut psychiatrique. »
« Je vais être franc. Il faut savoir qu’une grande majorité des tueurs en série se suicident en prison et Carter est assez cinglé que pour croire que seule la mort pourra vous réunir à nouveau. »
Kelly regarda Steve qui reprit la parole :
« Ainsi, s’il est effectivement envoyé dans une prison de haute sécurité jusqu’à la fin de ses jours, on peut logiquement penser que c’est un complice qui se chargera de faire le sale boulot à sa place. »
« Oui, ça ne fait aucun doute… »
Steve garda le silence puis remercia Derek et comme ils étaient sur le point de raccrocher, Kelly demanda d’une voix anxieuse :
« Attendez ! Carter ne supporte pas Steve. Vous croyez qu’il voudra s’en prendre à lui personnellement ou qu’il laissera son complice le faire à sa place ? »
Derek hésita avant de répondre, Steve le fit à sa place :
« Si on suit sa logique, il veut te voir souffrir et s’en prendre à moi est… »
« Le plus sûr moyen d’y arriver » répondit Kelly d’une voix blanche en se laissant choir dans le fauteuil.
« Je vous laisse, Derek. A demain et merci encore. » Il raccrocha et vint s’agenouiller près de la jeune femme :
« Hey ! C’est pas comme si on le découvrait. On le savait déjà qu’il voudrait me faire payer mes sentiments pour toi. »
Kelly le regarda et il put lire la peur dans ses yeux.
35
« Je sais et tu m’as déjà dit que ton métier t’exposait à ça mais c’est différent cette fois. Si tu es dans ce pétrin, c’est uniquement ma faute ! »
« Bien sûr que non ! »
« Si je n’étais pas venue te trouver, rien de ceci ne serait arrivé. »
« Tu as fait ce que tu as jugé juste et tu as eu raison de le faire ! Tu ne pouvais pas non plus deviner que nous tomberions amoureux l’un de l’autre. »
« J’aurais dû le savoir ! Ce type en a après moi depuis des années. Comment ai-je pu être aussi bête ? Comment ai-je pu…»
« Tu n’allais quand même pas le laisser te dicter ta vie. »
« Ah non ? Tu vois où on en est maintenant ? Si ça se trouve, il y a quelqu’un dehors qui est là à attendre… »
« Tu es pire que Danny… »
« Je suis sérieuse, Steve ! Comment peux-tu prendre ça à la légère ? »
« Je ne prends pas ces menaces à la légère mais tu crois vraiment que son complice viendrait ici pour me descendre, moi un seal ? »
Kelly soupira mais n’en démordit pas :
« Peut-être pas chez toi mais il attend peut-être que tu sortes d’ici pour… pour… Steve, s’il devait t’arriver malheur, je ne me le pardonnerais pas ! »
« Ce n’est pas la première fois qu’on veut s’en prendre à moi et je suis toujours là » répondit-il d’une voix qu’il voulait rassurante.
« J’aurais dû le tuer quand j’en ai eu l’occasion… »
Steve la regarda surpris :
« Tu n’es pas une meurtrière et jamais, j’aurais voulu que tu vives avec ça sur la conscience. »
Kelly soupira :
« J’aurais pu vivre avec ça mais je suis sûre que je ne pourrai pas s’il t’arrivait malheur… » lui répondit-elle les larmes aux yeux.
Steve soupira :
« Tu as peur… »
« Je sais plus si tout ça en vaut la peine. Tu as entendu Derek : mon témoignage ne changera rien et toi, t’es déjà en danger. »
« Qu’est-ce que tu racontes ! Bien sûr que ton témoignage est important, il est même primordial ! Ce type doit pourrir dans une prison fédérale sans espoir d’en sortir un jour ! »
La jeune femme le regarda, ne sachant plus trop quoi penser…
« Kelly, c’est vrai, je ne sais pas d’où viendra le danger mais je suis sur mes gardes et je peux compter sur mon équipe. C’est pas la première fois que je mets ma vie entre leurs mains. Oui, il faudra peut-être attendre qu’il se découvre pour lui mettre la main dessus mais on l’arrêtera. Alors, il faut que tu sois forte de ton côté si tu veux enfin vivre sans la menace de le voir sortir un jour et te traquer à nouveau. »
Il lui releva le menton et lui sourit :
« Après ça, nous pourrons enfin être heureux tous les deux. »
« J’ai tellement peur que tout ça ne soit qu’un rêve… »
« C’est pas maintenant qu’on va renoncer ! Allez, viens, il faut que tu sois en forme demain et il est déjà tard. Si je t’amène au tribunal avec cette tête, Prescott va encore me tomber dessus… »
Et ils montèrent se coucher. Steve éteignit la lumière, Kelly vint se blottir tout contre lui et il lui caressa les cheveux…
« J’ai vraiment peur d’être demain… »
Steve la serra plus fort contre lui :
« Je sais…»
« Tu sais quand j’ai changé d’identité, c’était pour lui échapper mais pas seulement. Je supportais plus d’être Cory. Kelly m’a permis de me reconstruire. C’est idiot de croire qu’un changement de nom peut effacer le passé, je sais que c’est pas le cas mais moi, ça m’a aidé. Cory était synonyme de tant de souffrances, elle était devenue si sale… Elle était… sa chose. »
« Arrête, tu te fais du mal pour rien. Tu as dépassé tout ça. »
Elle le regarda et il lui chuchota tendrement :
« Et puis maintenant, tu es à moi et il ne pour… » mais il ne put continuer, Kelly s’était redressée et le regard qu’elle lui lança le glaça.
« JE NE SUIS A PERSONNE, TU M’ENTENDS ! JE SUIS PAS UN OBJET QU’ON POSSEDE ! » s’emporta-t-elle brusquement.
« Kelly, je n’ai pas voulu… »
Mais elle ne lui laissa pas le temps de continuer qu’elle sortait de la chambre en claquant la porte et alla s’enfermer dans celle de sa sœur où elle se laissa tomber secouée de sanglots qu’elle n’essaya même pas de réfréner, sanglots que Steve entendit à travers la porte et son cœur se serra. Il avait lâché ces mots sans penser un seul instant aux conséquences qu’ils pourraient avoir et il s’en voulait terriblement. Il alla frapper à la porte ; comme elle ne répondait pas, il tourna la poignée mais elle avait pris soin de s’enfermer. Il l’appela :
« Kelly ? Ouvre-moi, s’il te plaît. Je suis sincèrement désolé, je n’ai pas réfléchi. S’il te plaît, laisse-moi entrer. »
« Va t’en ! »
« Non, pas avant qu’on ait parlé ! »
Kelly ferma les yeux mais ne répondit pas.
« Kelly, ouvre s’il te plaît ! »
« … »
« Il faut qu’on parle… »
« … »
« OK, tu veux pas m’ouvrir, tu veux pas parler mais tu vas m’écouter… » Il soupira et poursuivit :
« Quand je t’ai dit ces mots, je voulais dire « AVEC moi. » Nous sommes ensemble maintenant, nous formons un couple et nous affronterons ensemble le meilleur comme le pire. C’est dans ce sens-là que j’ai dit ça. Je n’ai jamais voulu te blesser… Ouvre-moi, s’il te plaît. Je déteste parler à une porte ! »
Après un moment, Kelly finit par lui ouvrir mais elle lui tourna le dos. Il s’approcha d’elle :
« Regarde-moi… »
Elle ferma les yeux mais ne se tourna pas vers lui. Il la força doucement à se retourner mais elle gardait les yeux obstinément baissés :
« Dis-moi que tu me pardonnes… » demanda-t-il d’une voix douce en lui soulevant le menton et quand elle leva enfin les yeux sur lui, son cœur se serra en lisant une si grande détresse dans son regard. Elle baissa la tête pour finalement se retourner et laisser les larmes à nouveau couler.
« Je suis désolé… Je… Je voulais pas te faire du mal… »
« Laisse-moi… s’il te plaît. »
« Non, pas comme ça… »
« J’ai besoin de me retrouver seule. S’il te plaît… »
Il soupira et dit simplement :
« Je suis à côté. » Et il posa ses lèvres sur ses cheveux mais Kelly ne réagit pas et il quitta la chambre de sa sœur et s’allongea sur son lit furieux contre lui-même tandis que Kelly se glissa sous les draps regrettant une nouvelle fois de ne pas s’être enfuie après avoir reconnu le message qu’il lui avait adressé…
Loin de se douter de la tournure qu’avait prise la soirée de son ami, Danny entra au QG et fut étonné d’y voir encore Chin et Kono en train d’effectuer des recherches.
« Vous faites quoi là ? » demanda le blondinet.
« En pensant à Néron, Chin a lancé une recherche sur tous les cas de matricides mais sans connaître la véritable identité de Carter, c’est peine perdue » souffla Kono.
« Je pensais que ça pourrait nous aider mais il semble en effet qu’on perd notre temps » soupira Chin.
« Où sont Morgan et Reid ? » demanda Kono.
« Je les ai ramenés à leur hôtel et comme je trouve pas mes clés de la maison, je suis passé voir si elles étaient pas ici » Et il alla aussitôt dans son bureau et fut soulagé de les voir sur son siège comme souvent...
« Qu’a donné l’entrevue ? »
Et Danny les mit au courant.
« Génial ! Ca nous met encore plus la pression comme si c’était déjà pas suffisant ! » déclara Kono.
« Bon, la journée de demain va être pénible, je vais rentrer » déclara Danny.
« Moi, j’ai pas vraiment envie de rentrer » répondit Kono. « Ca vous dirait d’aller prendre un verre ? Ca nous ferait du bien, je pense. »
« Qu’en dis-tu, Danny ? » dit Chin.
« Un verre alors »
« C’est parti ! » dit Kono ravie. « Pourquoi tu n’appellerais pas ton ami ? Il est marrant et il nous changerait un peu les idées ? »
« Euh… On pourra plus décoller et Steve va me tomber dessus si je suis pas en forme et on a intérêt à l’être puisqu’il va falloir veiller sur lui… »
« T’inquiète, je te sortirai de ses griffes » répondit Kono.
«Tu n'appellerais pas Charlie ? » demanda Chin
« Je l'ai fait mais il travaille encore et ne sait pas vraiment à quelle heure il terminera » répondit sa cousine.
Carter rentra dans sa cellule. Il s’était bien amusé durant toute l’entrevue jusqu’aux dernières paroles de ce black qui lui restaient en travers de la gorge. Même la perspective de revoir Cory le lendemain au tribunal n’arriva pas à l’apaiser…
36
Ricky avait accueilli la proposition de Danny avec plaisir et ils se retrouvèrent au Hokulani Waikiki un quart d’heure plus tard.
« Je connaissais pas cet endroit mais il me plaît » lâcha Ricky en admirant les filles autour de lui tout en buvant une gorgée de son cocktail.
« Il te suffit d’être entouré de filles en bikini pour… »
« Et alors ? Je suis célibataire et je profite de la vie, moi !... Aloha Mademoiselle…»
« Tu veux bien arrêter, oui ? » demanda Danny sous les regards amusés de Kono et Chin.
« Je suis poli et puis où est passé mon copain de virée ? Celui qui draguait toutes les nanas ? »
« Je te voyais pas comme ça, Danny » dit en riant Kono.
« T’avais pas vu la photo que son neveu nous avait envoyée ? » demanda alors Chin.
« Quelle photo ? »
« Stop ! Je suis pas d’humeur » répondit Danny bougon.
« Un vrai play-boy ! » lâcha Chin. « Je crois que je ne l’ai pas effacée… Oui, la voilà, regarde. »
« Waouah, tu n’avais rien à envier à Steve ! » dit Kono admirative.
« Et c’est toujours le cas ! » répondit-il du tac au tac.
« Juste la taille peut-être ? » répondit goguenard Ricky. « Je peux voir ? » et en voyant la photo « Quand je vous dis que c’était un tombeur ! »
« T’exagères toujours. Celui qui attirait toutes les filles, c’était toi. »
« C’est vrai, j’avoue que j’ai un succès certain… » commença Ricky quand son attention fut détournée par une jolie brune qui lui souriait en passant à côté de lui mais il se reprit et poursuivit :
« Le truc avec toi, c’est que tu les attirais mais à force de râler pour tout et rien, elles finissaient dans le lit des autres ! »
« Il râlait déjà comme ça à l’époque ? » demanda Chin.
« Pfff… On avait surnommé notre promotion la classe des Schtroumpfs et lui, c’était Schtroumpf Grognon. »
« Fallait bien quelqu’un pour vous rappeler à l’ordre ! » riposta Danny.
« Laissez-moi deviner pour vous ? Le Schtroumpf dragueur ? » dit Kono en riant.
« Y a un schtroumpf dragueur ? » demanda Chin surpris.
« Aucune idée mais ça lui correspond parfaitement, je trouve » répondit la jeune Asiatique.
« Dites-moi que vous êtes célibataire ? »
Un large sourire s’afficha sur le visage de Kono qui répondit :
« Désolée mais je vois quelqu’un… »
« C’est bien ma veine. T’es entouré de deux superbes filles et elles sont toutes les deux prises… En tout cas, si vous aviez été de notre promo, c’était vous la Schtroumpfette sans problème. »
« Parce qu’il y avait aussi une Schtroumpfette ? » demanda Kono en riant.
« Deborah Wilson qu’elle s’appelait ! Tu te souviens de ce canon ? Tous les mecs étaient à ses pieds. »
« Toi surtout ! Mais elle t’ignorait royalement. La tête que tu faisais chaque fois qu’elle te remballait ! » répondit moqueur son ami.
« Pff… Elle n’avait aucun goût cette fille. Elle en pinçait pour ce minable de Ryan, enfin tu m’enlèveras pas que c’est son fric qui l’intéressait surtout. »
« Je crois plutôt qu’elle n’aimait pas les grandes gueules. Elle a toujours été très gentille avec moi… Kono, lui, c’était le Schtroumpf farceur. »
Ricky leva les yeux au ciel…
« Ca devait être mouvementé chez vous » dit alors Chin.
« On savait mettre de l’ambiance, ça, c’est sûr ! »
« Je pensais que Danny était plus du style à « casser » l’ambiance » dit d’un ton taquin Chin.
« Tu sais ce qu’elle est devenue ? » coupa Danny sous le regard amusé de Chin.
« Non. Elle doit être une de ces riches héritières qui prennent les gens de haut. Au fait, McGarrett et Kelly ne viennent pas nous rejoindre ? »
« Non, pas avec le procès qui commence demain. Kelly doit être en forme » répondit Kono.
« Kelly ? Elle assiste aussi au procès ? » demanda Ricky et Kono se rendit compte qu’elle avait trop vite parlé.
« Euh… Oui. »
Ricky les dévisagea l’un après l’autre et dit :
« Attendez une minute ! Kelly n’est quand même pas… Cory Mayers ? La fille qui a subi toutes ces atrocités ? »
Ils baissèrent tous la tête et Danny répondit :
« Si, c’est elle mais son identité actuelle n’a pas été révélée à la presse pour la protéger un maximum. »
« Si je m’attendais à ça ! » laissa échapper Ricky visiblement sous le choc. « Comment va-t-elle ? »
« Pas très bien… »
Ricky souffla :
« Elle et Steve sont vraiment ensemble ? Ou c’est juste une protection rapprochée ? »
« Au départ, elle était sous notre protection mais leurs sentiments à tous les deux ont évolué et ils sont ensemble maintenant » répondit Danny qui ajouta :
« Je veux pas jouer les rabat-joies mais moi, je vais rentrer. »
« Oui, moi aussi » dit Chin et Kono se leva également.
« Je pourrai venir demain au tribunal ? J’aimerais lui apporter mon soutien, je l’aime bien cette fille… »
« Les séances sont tout public, donc… »
« On se voit demain alors… »
Laura Prescott, après avoir revu une énième fois sa plaidoirie, rangea dans sa mallette tous les documents dont elle allait avoir besoin au tribunal. Elle repensa à la conversation qu’elle avait eue avec Morgan et n’était pas tranquille depuis : elle appréciait énormément Steve même s’il avait le don de la mettre en rogne, un peu comme Doris, sa mère. Elle et John formaient un beau couple mais il y avait quelque chose chez Doris qui la gênait et elle n’avait jamais su dire exactement quoi et puis, elle était morte laissant un mari et deux enfants éplorés. John était mort lui aussi… Et voilà que Steve était lui-même la cible d’un tueur probablement à gages. John était si fier de lui. Elle se rappela de lui en train de lui donner de ses nouvelles et quelle fierté quand il lui avait annoncé que son fils avait terminé premier de sa promotion ! Laura soupira et gagna sa chambre mais elle eut du mal à trouver le sommeil et cette fois, ses pensées allèrent à Kelly pour qui elle s’était prise d’affection. Elle avait appris à beaucoup apprécier cette jeune femme et elle était sûre que John l’aurait beaucoup aimée aussi et son cœur se serra à l’idée de ce qu’elle allait endurer ces quelques jours mais au moins, Kelly avait un homme qu’elle aimait à ses côtés et sur lequel elle pouvait compter car ce procès allait faire des dégâts et elle espérait sincèrement que leur couple n’en ferait pas les frais et puis, comme tous les soirs, elle pensa à Helen…
Steve entendit la porte de la chambre de sa sœur s’ouvrir et Kelly descendre les escaliers. Devait-il aller la trouver ? Devait-il la laisser tranquille ? Elle lui avait demandé de la laisser seule et il choisit de rester là pour ne pas risquer d’envenimer encore plus la situation…
Kelly descendit à la cuisine et se servit un verre d’eau avant de remonter mais au lieu de se diriger vers sa chambre, elle s’arrêta devant celle de Steve, indécise, mais finalement, elle regagna l’autre chambre le cœur lourd…
Toujours en proie aux doutes, il se rendit pourtant au « sanctuaire » et resta là un moment à regarder le mur tapissé des photos de Cory. Il souleva à nouveau la lourde pierre, prit le dictaphone, écouta ce malade débiter ses horreurs et il quitta les lieux maintenant que tout était prêt pour accueillir Cory au cas où, non sans avoir pris la précieuse petite fiole. Demain, lui aussi entrerait dans la danse…
FIN DU DEUXIEME CHAPITRE