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Hopes and doubts

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 30.06.2014 à 12h54
Auteur : Halia 
Statut : Terminée

« Les membres restant du 5-0 surmontent tant bien que mal un évènement tragique. Mais l’un d’eux ne s’en remet pas. Jusqu’au jour où une rencontre fera renaître l’espoir, ou son illusion… » Halia 

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Le soleil plongeait dans l’océan, annonçant l’arrivée de la nuit. Le temps avait été lourd et orageux, toute la journée. A présent que le vent commençait à souffler, de gros nuages noirs envahissaient le ciel. Les docks étaient baignés d’une étrange luminosité provoquée par les rayons du soleil couchant passant à l’horizon sous le ciel sombre. Le tonnerre résonna au loin. N’importe qui aurait pris ça comme un mauvais présage. N’importe qui, mais pas lui. Il ne croyait pas à toutes ces superstitions. Leur intervention avait été minutieusement préparée, tout était calculé, tous étaient prêts. Il n’y avait pas de raison pour que quoi que ce soit se passe mal.
Comme à son habitude, le commandant McGarrett donna le signal. Le 5-0 entra dans l’entrepôt, armes au poing, avec pour but d’arrêter un maximum de membres de ce réseau de drogue qu’ils pistaient depuis plusieurs semaines, et surtout de mettre hors d’état de nuire Ernesto Vasillo, leur chef.
En entrant, Steve avait ressentit une sensation bizarre. Comme une impression… de déjà vu… Et il s’était sentit étrangement mal : lourd, lent, fatigué, nauséeux. Mais il savait qu’il devait refouler tout ça pour mener à bien sa mission : stopper ce cartel et surtout son chef qui se moquait de lui depuis plusieurs semaines en ayant toujours un coup d’avance.
Il repéra le premier homme qui pointait son flingue sur eux et tira. Il vit chacun de ses co-équipiers prendre position derrière des abris, tirer et avancer dés qu’ils le pouvaient. Ernesto Vasillo était forcément là, mais ses sbires le protégeaient. Les coups de feu fusaient, des hommes tombaient, courraient, tiraient. Tout se passait très vite, mais pourtant Steve avait l’impression que la scène se déroulait au ralentit. Puis les armes se turent. Tous les malfrats étaient maitrisés. Tous ? Non ! Leur chef, avait visiblement réussi à s’en sortir.
Le boss se tourna vers son équipe pour vérifier que tout le monde allait bien. Danny était à côté de lui. Chin à une dizaine de mètre finissait de maîtriser un des criminels. Mais elle… elle n’était pas là ! Il sentit comme un coup de poing dans son estomac. Son cœur accéléra, sa respiration se fit difficile, des gouttes de sueur perlaient sur son front. L’angoisse était en train de l’envahir. Il l’appela, mais pas de réponse. Il entreprit alors de faire le tour du bâtiment. Le fond de l’entrepôt était sombre. Il s’y dirigea. Soudain le tonnerre gronda et un éclair déchira le ciel, illuminant une fraction de seconde l’intérieur du bâtiment. C’est là qu’il l’aperçu. Sur le sol, une main féminine dépassait de derrière une pile de caisses. Plus il avançait et plus son cœur se serrait. Plus la distance se réduisait et plus sa respiration devenait difficile. La sueur dégoulinait maintenant de son front. Il tremblait. Plus il approchait et plus il avait l’impression que cette main s’éloignait, que ses pas étaient petits, ses mouvements ralentis…
Finalement, c’est au prix de gros efforts qu’il réussi à contourner les caisses qui lui masquaient la vue. A ce moment là, alors que son cœur battait à tout rompre quelques millièmes de secondes plus tôt, il s’arrêta net. Elle était là, allongée sur le sol. Ses grands yeux noirs ouverts ne regardaient plus rien, son regard était vide, vitreux. Une plaie sur sa tempe gauche laissait échapper le sang qui se répandait en flaque autour de sa tête, se mêlant à ses cheveux noirs.

C’est à ce moment là, que manquant d’air, Steve ouvrit les yeux d’un coup en se redressant dans son lit. Il avait du mal à respirer, son cœur battait trop vite, il était en nage et tremblant. Il se prit la tête entre les mains un instant, puis se leva. Dans la salle de bain, il se passa de l’eau sur le visage avant de s’appuyer sur le lavabo. En levant les yeux, il tomba sur son reflet dans le miroir. Il avait une barbe de plusieurs jours, d’énormes cernes noires, les joues creusées, les traits tirés. Il se détourna de cette image, passa dans sa chambre enfiler un tee-shirt et descendit se préparer un café. Il savait que ce n’était pas la peine de se recoucher, il ne parviendrait pas à se rendormir.
En entrant dans la cuisine, il jeta un œil à l’horloge de son micro-ondes : 4h37. Une fois le café prêt, il s’en servit une tasse, alluma la télé et s’assit dans son canapé. Il soupira en constatant la nullité des programmes nocturnes et commença sa longue attente jusqu’au début de sa journée de boulot.

Le lieutenant Chin Ho Kelly s’étira et sentit une délicieuse odeur de pancakes lui chatouiller les narines. Il se leva et se rendit dans la cuisine où il trouva Leilani, sa petite-amie, aux fourneaux. Il s’approcha de la jeune-femme, passa ses bras autour de sa taille et lui déposa un baiser dans le cou.
« Aloha mon paresseux… » dit-elle en se retournant pour l’embrasser.
« Je dormais tellement bien que je t’ai même pas entendu te lever. Mais c’était mon tour de préparer le petit déj’ ce matin. Je vais finir. »
« Non c’est bon, ça me fait plaisir. Va t’asseoir. Je suis contente que tu retrouves le sommeil… »
« Mais c’est grâce à toi. Ta présence est mon tranquillisant. » Répondit-il avec un sourire.
Ces derniers temps avaient été éprouvants au boulot. Il avait bien essayé d’apporter son aide, mais ça lui faisait plus de mal qu’autre chose, faisant remonter à la surface de vieux souvenirs qu’il avait mis tant de temps à oublier. De toute façon, on ne peut pas aider quelqu’un contre sa volonté, c’est ce dont avait réussi à lui faire prendre conscience Leilani. Et même si au fond ça continuait à le peiner, depuis qu’il avait accepté de lâcher prise, il commençait à se sentir mieux.
Il avala son petit déjeuner, embrassa sa bien aimée et enfourcha sa moto direction le quartier général du 5-0.

Le lieutenant Danny Williams venait de finir de se préparer et s’apprêtait à partir quand il se retourna :
« Grace ! Tu vas être en retard à l’école ! »
« J’arrive Danno ! » Lui répondit une petite voix avant que, quelques instants plus tard, une jeune fille passe en courant devant son père pour rejoindre la sortie. Celui-ci trouva ce soudain enthousiasme à quitter la maison étrange et bloqua la porte de sa main. La petite brune n’eu pas d’autre choix que de s’arrêter, mais resta face à la porte.
« Tu m’as l’air bien pressée jeune fille… »
« Ben on va être en retard, c’est toi qui l’a dit ! » Elle était toujours face à la porte et le père avait repéré comme une petite pointe de stress dans la voix dans sa fille.
« Ouai… Regarde moi ! » Elle souffla puis se retourna. « C’est quoi ça ? »
« Ça quoi ? » Tenta-t-elle innocemment.
« Sur tes yeux ? » Il la dévisagea un instant. « Tu t’es maquillée !? » Lança-t-il furieux.
« Ben quoi, toutes les filles de ma classe le font ! »
« Et alors ? Si toutes les filles de ta classe sautent d’une falaise, tu le fais aussi !? Tu es trop jeune ! Va m’enlever ça tout de suite ! »
« Mais Danno… »
« J’ai dit tout de suite ! » La coupa-t-il.
Il aimait sa fille plus que tout et avait toujours tout fait pour lui faire plaisir. Mais ce qu’il avait tant redouté depuis si longtemps était en train d’arriver : elle devenait une jeune-fille. Même s’il redoutait ce moment, il s’était toujours promis qu’il ferait en sorte de rester un père compréhensif avec qui elle pourrait discuter, demander conseil plutôt que de faire ses coups en douce parce que son vieux ne comprenait rien. Et pourtant, Danny avait usé de toute sa patience pour quelqu’un d’autre que sa fille et aujourd’hui il était en train de devenir ce père qui s’emportait pour un rien plutôt que celui qu’il aurait voulu être.
Après ce léger contretemps, il la déposa à l’école et prit la direction du domicile de son co-équipier.


Halia  (30.06.2014 à 13:51)

Quand Danny arriva enfin chez Steve un peu après 8 heures, il le trouva, comme d’habitude, dans son canapé dont il n’avait bougé depuis son réveil nocturne que pour prendre une douche et s’habiller. L’occupant des lieux se leva péniblement, salua son ami d’un léger signe de tête et partit s’installer dans la camaro en lui lançant seulement :
« T’es en retard. »
Danny le suivit résigné et prit le volant de sa voiture.
« Ouai, un soucis avec Grace. » Les conversations entre les deux hommes s’étaient réduites au strict minimum, Steve s’étant complètement renfermé sur lui-même. Mais Danny savait que ce qui concernait sa fille était peut-être un des rares sujets susceptibles de retenir l’attention de l’ancien seal. Ce dernier leva un sourcil d’un air interrogateur et légèrement inquiet.
« Elle va bien. » Répondit le blond pour le tranquilliser. « … Pour le moment au moins. Mademoiselle a décidé qu’elle avait l’âge de se maquiller, chose avec laquelle je ne suis pas d’accord ! »
« Rien de grave donc. » Conclut l’autre. Danny ouvrit la bouche pour répondre que si, pour lui c’était grave, mais il se ravisa sachant que c’était peine perdue. Aux vues de l’air renfrogné de son passager, celui-ci était visiblement de mauvaise humeur et toute tentative de discussion risquait de dégénérer en engueulade. La journée s’annonçait déjà assez mal comme ça, pas besoin d’en rajouter.
Après leur arrivée devant le bâtiment, leurs chemins se séparèrent, l’un prenant la direction du quartier général du 5-0 et l’autre celui du bureau du Gouverneur Denning.

Avant d’entrer dans le bureau de son patron, il passa nerveusement une main dans ses cheveux : il avait horreur de ces convocations matinales. Puis il poussa la porte et entra en saluant :
« Gouverneur. »
« Lieutenant Williams », répondit le gouverneur Denning. « Vous voulez un café ? » Il n’attendit pas la réponse et fit signe à sa secrétaire de leur apporter ça.
« Heu… pourquoi pas. » Hésita Danny qui trouvait déjà cela étrange.
« J’ai un dossier à vous confier. Il s’agit d’un meurtre sur lequel était le HPD. La victime vient d’être identifiée, c’était un homme d’affaire influent sur l’île. Je veux que vous retrouviez le coupable au plus vite. »
« Bien, Monsieur. » Après un court silence, Danny se rendant bien compte que ce n’était pas la seule raison de sa venue, enchaina. « Et quelle est la vraie raison de cette convocation ? »
« Euh… » Hésita le gouverneur, « Ce n’est pas vraiment une convocation, mais plutôt… une invitation. » Dit-il en désignant le café du regard.
« Si vous voulez… Mais pourquoi m’avoir demandé de venir. Un coup de fil aurait suffit pour nous charger de ce dossier. Vous ne vouliez pas juste m’offrir un café… ?»
« Je pense que vous vous doutez de la véritable raison de votre présence… » Lui répondit-il un peu gêné avant d’hésiter à nouveau. Il prit une profonde inspiration, puis se lança. « Comment va le Commandant Mc Garrett ? »
« Bien » répondit Danny qui savait pertinemment depuis le début que c’était pour ça qu’il était là. Il avait essayé de prendre un air convaincu mais ne réussi pas à duper son interlocuteur.
« Vraiment ? Vous savez que ce n’est pas la peine de me mentir, il me suffit de venir faire un tour dans vos bureaux pour me faire ma propre idée. Si je vous pose la question à vous, c’est parce que vous le connaissez mieux que personne.»
Danny grimaça. La question du gouverneur était pleine de sous-entendus et il ne voyait pas comment se sortir de cette situation. Steve n’était plus que l’ombre de lui-même et Danny en avait parfaitement conscience. C’est là que la question qu’il redoutait tant fut posée :
« Pensez-vous qu’il est apte à continuer de travailler au sein du 5-0 ? »
« Monsieur ! Son boulot c’est tout ce qui lui reste ! Vous ne pouvez pas lui enlever ! » Protesta immédiatement le lieutenant.
« Vous en êtes sûr ? Parce que d’après ce que j’ai entendu ce n’est pas tant son boulot qui compte que le fait de mettre la main sur Vasillo ! »
« Ce ne sont que des bruits de couloirs. » Tenta-t-il de minimiser. « De toute façon, Vasillo a totalement disparut de la circulation. »
« Je voudrais vraiment éviter d’en arriver là, Danny. Mais vous devez comprendre que s’il n’est pas capable de travailler, il devient un danger pour le reste de l’équipe et pour lui-même. Je vous fais confiance, c’est pour ça que je vous ai confié la responsabilité de l’unité. Mais j’espère avoir raison et que si la situation ne s’améliorait pas, vous sauriez prendre les dispositions qui s’imposent ! » Le ton du gouverneur ne laissait guère de place à la discussion.
« Oui, monsieur. » Acquiesça Danny avant de se retirer.

En arrivant au quartier général, Danny trouva Chin et Steve chacun dans leur bureau. Il savait que la relation entre les deux hommes était plutôt tendue. Mais ils n’étaient que trois pour résoudre cette affaire et qu’ils le veuillent ou non, il allait bien falloir qu’ils se décident à se parler. Il frappa à la porte du bureau de l’Hawaïen et entra le saluer.
« Alors ? Que te voulait le gouverneur ? »
« Nous confier une nouvelle affaire. »
« Et c’est tout ? » Chin fronça les sourcils d’un air suspicieux. « Il voulait pas plutôt savoir si Steve était toujours apte à faire parti de l’équipe ? » Interrogea l’Hawaïen dont la perspicacité ne cessait d’épater Danny.
« Ouai… »
« Et… »
« Et qu’est-ce que tu voulais que je dise ? Je me suis engagé à faire ce qu’il fallait si la situation ne s’arrangeait pas. »
« Tu n’as pas d’autre solution Danny. Je sais que tu feras ce qu’il faut. » Le rassura Chin avec son ton posé.
« J’espère… Mais pour le moment, on a du travail ! » Il alla toquer à la porte vitrée du bureau de Steve et lui fit signe de venir.
Quand ils furent réunis tous les trois autour de la table tactile, Danny afficha les éléments du dossier. Après qu’ils en aient tous pris connaissance, il distribua les rôles. Chin irait interroger les proches pendant que Steve et lui rendraient visite à la scientifique pour voir ce qui avait pu être trouvé.

Dans la voiture, Danny tenta tant bien que mal d’engager la conversation avec son ami sur le sujet qui le préoccupait :
« Tu sais ce que me voulait réellement le gouverneur ? » Steve haussa les épaules avant de répondre nonchalamment :
« Peut-être savoir si j’étais toujours capable de faire partie de l’équipe ? »
« Exactement ! » S’exclama Danny « et bien ça me fait plaisir de me rendre compte que tu es toujours au moins un peu connecté à la réalité ! » Le silence se fit à nouveau dans l’habitacle. Excédé Danny reprit : « Et tu n’es pas curieux de savoir ce que j’ai bien pu lui dire !? » L’autre haussa à nouveau les épaules. « Steve ! Si tu ne te reprends pas, je n’aurai pas d’autre choix que de te suspendre ! Tu comprends ? » Enfoncé dans son siège, les bras croisés, le brun n’eut aucune réaction, ce qui avait le don d’agacer encore plus son co-équipier. Oubliant sa résolution du matin de ne pas se disputer avec lui aujourd’hui, il explosa : « Mais bon sang ! Ça fait deux ans maintenant ! Il faut que tu te reprennes ! Tu crois que te voir comme ça c’est ce qu’elle voudrait !? » A ces mots le sang de l’ancien seal ne fit qu’un tour.
« Un an, dix mois et vingt-trois jours ! » Rectifia-t-il. « Et je t’interdis de me dire ce qu’elle voudrait ou non ! Elle ne peut plus rien vouloir, elle n’est plus là ! Et c’est de ma faute ! C’est bien pour ça que j’ai donné ma démission à Denning. Et c’est lui qui a refusé que je quitte l’équipe. Si maintenant il le regrette, il peut toujours me virer, j’en ai rien à faire ! »
Quand Steve avait voulu démissionner, Danny avait accepté de prendre provisoirement la tête du 5-0 pour lui laisser le temps de se remettre. Et depuis, il n’avait plus était question de démission. Même si Danny l’avait nié un peu plus tôt, il avait parfaitement conscience que la seule chose qui préoccupait vraiment son co-équipier était de retrouver le chef du cartel qui leur avait filé entre les doigts presque deux ans plus tôt, mais il n’avait plus reparlé de quitter l’équipe, jusque là…
Déboussolé par les dernières paroles prononcées par son co-équipier, le lieutenant le fixa abasourdi, en oubliant de regarder la route devant lui. Il eut juste le temps de voir son passager se cramponner avant de lui crier « Attention ! » et ne put rien faire pour éviter le choc.


Halia  (01.07.2014 à 12:15)

La jolie brune était assise sur une chaise de la salle d’attente d’un cabinet médical. Elle n’avait aucune envie d’être là. Elle détestait les médecins et encore plus le fait d’être malade. Mais depuis quelques jours, elle se sentait vraiment mal. Elle était fatiguée, épuisée même. Et c’est bien parce qu’elle avait manqué de s’évanouir ce matin en voulant se rendre au boulot qu’elle s’était résolue à venir consulter. Mais ce n’était pas que physique. Elle se sentait au bout du rouleau. Rien n’allait comme elle l’aurait voulu. Elle repensa à la dernière dispute qu’elle avait eue avec son petit ami, la veille, l’incitant à retourner passer la nuit chez elle, alors qu’elle savait pertinemment que le laisser seul était la dernière chose à faire en ce moment. Mais elle était tellement épuisée, qu’elle n’avait pas cherché à discuter avec lui et avait préféré s’isoler pour pouvoir se reposer un peu. Elle essaya de se souvenir comment cette dispute avait commencée, mais n’y parvint pas. De toute façon, ça n’avait pas vraiment d’importance, le fond du problème, elle en avait parfaitement conscience, était plus complexe. Elle savait qu’il se sentait coupable de ce qui était arrivé et que même si il n’avait jamais osé le lui dire, il le lui reprochait aussi. Elle repensait souvent à ce moment qui avait fait basculer la vie de l’homme qu’elle aimait, leur vie à tous. Tout le monde lui avait dit qu’elle n’avait rien à se reprocher, mais elle savait que lui, ne le voyait pas comme ça.
Elle sentit une nouvelle nausée arriver et se laissa aller en arrière, appuyant sa tête le contre mur, ferma les yeux et se concentra sur sa respiration pour tenter de la faire disparaître.
La porte s’ouvrit et la secrétaire annonça « personne suivante ». Elle se leva péniblement et la suivit.

Chin faisait cavalier seul aujourd’hui. De toute façon, il aimait autant travailler seul que se retrouver à devoir faire équipe avec Mc Garrett. Et comme ils n’étaient que trois et que Danny n’aurait jamais laissé leur co-équipier sans surveillance, c’était ça ou rien.
Il avait décidé de commencer par rendre une petite visite à la veuve de leur victime. Après s’être garé devant l’immense maison, il sonna à la porte. Après un moment relativement long, celle-ci s’ouvrit enfin.
« Bonjour. Lieutenant Kelly, 5-0. Vous êtes madame Sanderman ? » Demanda-t-il à une femme blonde, la petite quarantaine, qui portait pour uniques vêtements un maillot de bain et un paréo.
Elle acquiesça. « Je peux entrer ? »
Elle l’invita à le suivre jusque dans le jardin où elle s’installa sur un fauteuil près de la piscine.
« Que puis-je pour vous ? » demanda-t-elle
« Euh… » Chin hésita. Pour une femme qui venait de perdre son époux, elle n’avait pas l’air très affectée. « J’ai quelques questions au sujet de votre mari… » A ces mots, la femme prit un air triste.
« Quand est-ce que vous l’avez vu pour la dernière fois ? »
« C’était le matin de sa mort. On a pris notre petit déjeuner, comme toujours et puis il est parti travailler. »
« Votre mari avait-il des ennemis ? »
« Des ennemis ? Mais non ! Jack était un homme tellement généreux. Tout le monde le respectait. Et puis pourquoi cette question ? Les tueurs de mon mari ont fait ça pour le voler ! » La femme se mit à pleurer. « Quand je pense que ce jour là il conduisait ma voiture et que c’est pour ça qu’il est mort ! »
« Voiture qu’on a retrouvée abandonnée, en parfait état, quelques rues plus loin le lendemain. » fit remarquer Chin. « C’est assez étonnant que l’on tue un homme pour lui voler sa voiture et ensuite la laisser là… »
« Vous insinuez que le tueur avait d’autres motifs ? » Questionna la femme d’un air faussement étonné.
« C’est ce que je pense, oui. »
« Mais qui aurait fait ça ? Et pourquoi ? »
« Vous n’en avez pas la moindre idée ? »
« Je vous assure que non. » La femme regarda sa montre. « Je suis désolée mais je vais devoir vous laisser, j’ai un rendez-vous. » ajouta-t-elle avant de raccompagner le lieutenant à la porte.
Assis dans sa voiture, Chin ne savait pas trop quoi penser de cette femme. Elle ne lui semblait pas vraiment sincère dans son rôle de veuve éplorée. C’est alors qu’il vit la porte du garage s’ouvrir et un cabriolet en sortir, Madame Sanderman au volant, le téléphone à l’oreille. Il se demanda où elle pouvait bien avoir rendez-vous et décida de la suivre. Après dix minutes, elle s’arrêta devant un salon d’esthétique, dans un des beaux quartiers d’Honolulu, et entra dans la boutique. Son mari était à peine enterré, que Madame allait se faire refaire une petite beauté. Lui qui avait vécu le drame de perdre la personne avec qui il partageait sa vie avait vraiment du mal à comprendre cette femme…

Il continua ses investigations par le bureau de la victime, qui se trouvait non loin de là. Il se présenta à l’accueil et l’hôtesse le fit patienter quelques minutes, jusqu’à ce qu’une jeune femme vienne le chercher. Elle se présenta comme la secrétaire de monsieur Sanderman et l’accompagna jusqu’à son bureau.
« Mademoiselle, j’ai entendu dire que votre patron était un homme plutôt apprécié. Vous êtes d’accord ? » La jeune femme hésita.
« Plutôt. Mais… » Elle jeta un coup d’œil autour d’eux pour s’assurer que personne ne les écoutait. « Quelques jours avant sa mort, je l’ai vu se disputer avec un de ses collaborateurs. »
« Vous savez à quel sujet ? »
« Non, j’étais au téléphone, la porte était fermée et j’entendais pas ce qu’ils se disaient. Mais c’était assez violent. Quand Rick est parti, il la même menacé… »
« Rick ? » Questionna le policier
« Rick Hems. C’est…, non c’était, le vice-président. »
« Quand vous dites « c’était », il ne travaille plus ici ? »
« Si ! Mais il a succédé à Jack à son poste. »
« Merci mademoiselle. » répondit Chin d’un air assez satisfait. Finalement cette enquête était peut-être beaucoup plus simple que ce qu’il croyait… « Je peux jeter un œil à ses affaires ? »
« Allez-y. Rien n’a bougé pour l’instant. Rick est en voyage à New York jusqu’à demain et il n’a pas encore eu le temps de faire déménager les affaires de Jack. »
Le policier commença à jeter un œil dans le bureau de la victime. Il examina les tiroirs un à un, détaillant leur contenu. Mais l’un d’eux refusa de s’ouvrir, attisant sa curiosité. Il se laissa aller dans le grand fauteuil et contempla la pièce autour de lui, se demandant où il cacherait une clé de tiroir… Son regard tomba sur une petite boîte rangée sur l’une des étagères à côté du bureau, un joli casse-tête chinois en bois. Il attrapa la boîte et la secoua. Un bruit métallique se fit entendre. Il tourna la boîte dans tous les sens et commença à la manipuler. Ce genre de casse-tête n’était pas très difficile à ouvrir : il adorait ce genre de défi quand il était gosse. En moins d’une minute, il fit glisser la clé dans sa main. Dans le tiroir, il trouva divers effets personnels : trousse de toilette, un trousseau de clés… rien qui ne nécessitait de fermer le tiroir et d’en cacher la clé. Mais tout au fond, il découvrit un dossier qu’il sortit pour le consulter. Le dossier portait l’entête d’un cabinet d’avocats, rien d’étonnant pour le président d’une grande compagnie, mais ce qui l’était d’avantages, c’était la spécialité de ce bureau : les divorces. Et en feuilletant le contenu, Chin comprit pourquoi la veuve n’avait pas l’air si affectée que ce qu’elle essayait de faire croire : tout n’allait visiblement pas bien dans le couple. Et aux vues des papiers qu’il avait entre les mains, l’homme d’affaire avait visiblement l’intention de ne pas laisser grand-chose à sa femme…
Ça lui faisait maintenant deux suspects sérieux et il décida de retourner au quartier général voir si les autres avaient trouvé des informations permettant de déterminer le coupable.


Halia  (02.07.2014 à 13:33)

La collision avait été assez violente pour déclencher les airbags de la camaro.
« Ça va ? » S’inquiéta Danny avant que son partenaire ne lui lance :
« Tu vois pourquoi avant c’était toujours moi qui conduisait !? »
« Visiblement, ça va. » Marmonna le blond avant de lui répondre : « Avant ! C’est le mot juste ! Je te rappelle que c’est toi qui ne veux plus rien diriger, pas même ma voiture ! » Le brun l’ignora et sortit constater les dégâts. L’avant de la camaro était pas mal amoché après avoir percuté la voiture de devant qui elle, avait finit sa course dans la camionnette arrêtée au feu rouge. Danny regardait tristement l’état de sa voiture quand le chauffeur du premier véhicule vint l’interpeller :
« Hey ! Non mais vous avez appris à conduire où ? »
L’homme, sûrement un livreur, était plutôt baraqué et avait l’air vraiment furieux. Il ne fallait visiblement pas grand-chose pour pousser le gars à bout et déclencher une bagarre… ça faisait déjà quelques temps que Steve n’avait tapé sur personne, et s’était l’occasion rêvée de se défouler un peu ! Pourtant, un élément attira son attention : la seconde voiture, qui n’était pas de première jeunesse, était très endommagée et le conducteur n’en était toujours pas sortit… De son côté, Danny avait anticipé la possibilité que son co-équipier cherche à envenimer la situation et était déjà en train de s’expliquer avec l’homme pour tenter de calmer le jeu.
Steve soupira en le regardant faire des gestes d’apaisement et s’approcha de l’autre véhicule. Il découvrit au volant une femme d’environ 30 ou 35 ans, le teint très pale, un hématome et une vilaine coupure au front. Sa tête avait visiblement heurté le volant assez violemment. Elle avait l’air de reprendre à peine connaissance et porta une main à sa tête avec une grimace. A force de tâtonner, elle finit par ouvrir la portière et tenta de se lever.
« Ça va ? » S’inquiéta Steve « Vous ne devriez peut-être pas bouger. » Elle ne l’écoutait visiblement pas et se leva tant bien que mal. La jeune femme avait l’air sonnée et tenait difficilement debout. « On devrait aller s’asseoir. » Suggéra le brun en la soutenant jusque sur le bord du trottoir. Des éclats de voix parvinrent jusqu’à ses oreilles ; les efforts de Danny pour apaiser la situation ne semblaient pas porter leurs fruits. Steve avait une furieuse envie d’aller s’en mêler mais il se rendait bien compte que cette femme avait besoin d’aide en attendant l’arrivée des secours. Il se concentra pour faire abstraction de ce qui se passait au milieu de la rue et réfléchit un instant pour se souvenir quoi faire dans ces cas là. Elle avait subit un choc à la tête et avait visiblement perdu connaissance quelques secondes. Elle avait ouvert les yeux spontanément mais semblait un peu désorientée. Et pour l’instant elle n’avait encore prononcé aucune parole.
« Vous savez ce qui c’est passé ? » Questionna Steve. La jeune femme le regarda intensément de ses grands yeux verts et fronça les sourcils avec incompréhension. Puis elle regarda la tôle froissée des véhicules en face d’elle et répondit hésitante :
« Un accident de voiture… je suppose… » Elle n’avait pas l’air de s’en souvenir mais elle parlait et son raisonnement était logique.
« Oui. Mon ami n’est pas vraiment un as du volant… il a oublié de freiner.» La jeune femme semblait inquiète et Steve avait essayé de faire un peu d’humour pour la détendre. Ça n’était visiblement pas très efficace et il continua son interrogatoire. « Vous savez quel jour on est ? »
« Mercredi, je crois… » Répondit la jeune femme encore hésitante.
« C’est ça. Comment vous vous appelez ? » Elle marqua un nouveau temps d’hésitation. Ce n’est pas qu’elle eut un doute sur la réponse, mais quelque chose chez cet homme la troublait. Malgré ses traits tirés, ses cernes, sa barbe de plusieurs jours et la profonde tristesse qui se dégageait de son regard, elle ne pouvait s’empêcher de lui trouver un certain charme. Peut-être était-ce ses yeux bleus ou le sourire rassurant qu’il tentait d’accrocher à son visage…
« Je m’appelle Louise. » Finit-elle par répondre. Elle était sur le point de lui retourner la question mais une douleur fulgurante vrilla son cerveau et avec une grimace elle porta à nouveau ses mains à sa tête. Elle ressentit alors une grande fatigue, peinant à garder ses yeux ouverts. Alors qu’elle commençait à sombrer, Steve la secoua doucement :
« Non, non, non ! Vous ne devez pas vous endormir ! Louise ! Parlez-moi ! »
« Je… je suis fa…fatiguée » bégaya la jeune femme.
« Regardez-moi ! » Il fixa ses yeux verts y découvrant des reflets bleutés. Un frisson le parcourut. Il secoua la tête pour reprendre ses esprits. Il fallait qu’il la fasse parler pour l’empêcher de s’endormir. Il ne voulait pas qu’elle perde connaissance à nouveau. « Louise, vous êtes d’Hawaii ? »
« Seattle » articula-t-elle péniblement.
« Et vous n’avez pas trop de mal à vous adapter au climat d’ici ? » Il avait du mal à comprendre d’où lui venait cette subite envie débile de faire de l’humour, mais il cru déceler un très léger sourire au coin de ses lèvres. « Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? » Continua-t-il.
« Je travaille dans une école maternelle. » Répondit-elle doucement. Ça semblait fonctionner. Elle reprenait lentement conscience et mis à part le trou de l’accident de voiture, sa mémoire ne semblait pas affectée.
« Vous avez un mari, un petit-ami ? » Demanda Steve s’inquiétant de savoir qui il fallait prévenir.
« Vous êtes flic ? » Il acquiesça. « Alors c’est un interrogatoire ? Dommage... » Dit-elle avec un sourire toujours léger mais cette fois plus franc que le précédent.
Les ambulanciers étaient là. Ils prirent la jeune femme en charge et la conduisirent à l’hôpital.
Danny avait finalement réussi à trouver un arrangement avec le livreur et avait observé de loin son ami s’occuper de la blessée. Il savait que ça avait certainement été difficile pour lui de résister à l’envie de venir coller son poing dans la figure du gars, mais il l’avait fait. Alors que Steve regardait s’éloigner l’ambulance, il vint lui poser une main sur l’épaule : « je savais que j’avais raison : tu sais réagir et te contrôler quand il le faut, tu es toujours apte. C’est juste dommage qu’il ait fallu sacrifier ma voiture pour s’en rendre compte ! »

Après avoir discuté avec les agents de police appelés à cause de l’accident, Danny réussi à obtenir les clés de l’une des voitures pour se rendre à la morgue et au laboratoire de la police scientifique. Alors qu’il tenait fièrement le fruit de sa négociation, Steve s’empara des clés et se dirigea vers la portière conducteur.
« Mais qu’est-ce que tu fais ? » demanda le lieutenant incrédule.
« Tu crois quand même pas que je vais te laisser conduire après ce qui vient de se passer ! » lui lança l’autre en s’installant au volant. Danny leva les bras au ciel en signe de protestation mais eu du mal à dissimuler son sourire en prenant la place du mort. Finalement, la sacrifice de sa camaro avait peut-être vraiment eu des conséquences positives…

Quelques minutes plus tard, ils entrèrent dans le bureau du Docteur Max Bergman.
« Salut Max ! »
« Bonjour lieutenant ! Commandant ! » Les salua-t-il avec un léger hochement de tête. « Que me vaut l’honneur de votre visite ? »
« Jack Sanderman. Le gouverneur vient de nous confier l’affaire. Qu’est-ce que tu peux nous dire sur l’autopsie ? »
« Pas grand-chose. » répondit Max.
« La cause de la mort peut-être ? » insista Danny. Max regarda ses interlocuteurs avec une petite grimace avant d’annoncer :
« M. Sanderman a reçu une balle dans la tête à bout portant. » A ces mots Steve se tendit. L’image de leur co-équipière gisant dans son sang lui revint en mémoire. Prit d’une violente nausée, il sortit précipitamment.
« Ok. Rien d’autre ? » Soupira Danny. Le légiste secoua la tête d’un air désolé. « Merci Max. » Conclue-t-il avant de prendre le même chemin que son co-équipier. Une fois dehors, il le repéra assis par terre, adossé à un mur. Les yeux fermés, Steve tentait d’évacuer cette horrible image de sa tête quand il sentit une main se poser sur son bras, le faisant sursauter.
« Ça va ? » demanda le blond.
« Ouai, c’est bon. » répondit sèchement l’autre, repoussant la main et se levant d’un bond. « J’espère que Charlie aura quelque chose de plus intéressant. » continua-t-il en prenant la direction de la voiture. C’était chaque fois pareil : à chaque petit pas en avant succédait un bond en arrière.
Alors que l’ancien seal conduisait, son co-équipier tenta une nouvelle approche :
« Steve… tu devrais en parler. »
« Mais parler de quoi ? » Commença à s’énerver le conducteur. « Y a rien à dire, il s’est rien passé ! »
« Oui, c’est ça, et dans le bureau de Max, c’était rien ? Tu feras croire ça à qui tu veux, mais pas à moi ! Tu réagis de la même façon à chaque fois qu’on a une victime de ce genre! » Le brun appuya sur la pédale de frein, faisant piler la voiture et provoquant un tonnerre de klaxons derrière eux. Il fixa alors son passager avant de lui lâcher :
« T’as changé d’avis ? Je ne suis plus capable de faire mon boulot ? Parce que si c’est ça, je te rends ma plaque tout de suite ! »
Danny serra les poings, prêt à exploser et à l’envoyer balader ; mise à rude épreuve depuis quelques temps, sa patience était à bout. Il prit une profonde inspiration pour se calmer et se résigna finalement à tenter d’apaiser la situation, une fois de plus.
« Non ! J’ai pas dit ça ! Ce que je voulais dire, c’est qu’en tant qu’ami, tu peux me parler quand ça va pas, au lieu de t’enfermer dans le silence comme tu as l’habitude de le faire. Je veux juste t’aider Steve… » Et après un court silence : « Allez, démarre, on bloque toute la rue. »
Le brun le regardait toujours d’un air sombre mais consentit à reprendre la route. Le reste du trajet jusqu’au laboratoire de la police scientifique se déroula dans un silence pesant, les deux coéquipiers ne s’adressant pas même un regard.


Halia  (03.07.2014 à 11:35)

Charlie Fong avait appris aux deux policiers que l’arme utilisée était un neuf millimètres n’ayant apparemment jamais servi dans aucun autre crime auparavant. La ruelle où avait été commis le meurtre n’était pas équipée de caméras de vidéosurveillance et aucun autre indice n’avait pu être relevé sur place.
C’est donc avec ce peu d’informations et dans une ambiance toujours aussi tendue que les deux équipiers retournèrent au quartier général.

Sur le parking, ils tombèrent sur Chin qui discutait avec la jeune femme de retour de sa visite médicale.
Danny s’approcha de la jolie brune pour la saluer.
« Hey ! Ça va mieux toi ? Tu devrais peut-être rentrer te reposer… »
« T’inquiètes pas, ça va. Et puis tu sais très bien que je m’ennuierai. » Elle s’avança vers Steve pour le saluer à son tour, mais remarquant sa mâchoire crispée et son air sombre, elle se ravisa et préféra reporter son regard vers la voiture de patrouille. « C’est quoi cette voiture ? »
« On a eu un léger accrochage. » Répondit Danny en prenant le chemin des bureaux, les trois autres lui emboitant le pas.
« Un léger accrochage ! » Répliqua Steve aussi sec. « Trois véhicules impliqués et un blessé, tu appelles ça un léger accrochage ? » Danny haussa les épaules.
« Et donc tu as décidé de reprendre le volant ? » Demanda la jeune femme avec une lueur d’espoir.
« C’était préférable pour la sécurité des automobilistes de cette ville. »

Après avoir poussé les portes vitrées de l’entrée du QG, Danny recentra les discussions sur l’enquête :
« Alors Chin, tu as appris des choses intéressantes ? »
« Oh oui ! » s’exclama le policier « notre homme s’est disputé avec un de ses proches collaborateurs deux jours avant sa mort. Et devinez qui remplace Sanderman à la tête de l’entreprise… ? » Il vit à la tête de ses collègues que ceux-ci avaient compris et continua. « Et ce n’est pas tout ! J’ai trouvé que la femme de la victime n’avait pas l’air très peinée de la disparition de son mari... Et en fouillant le bureau de notre victime, je suis tombé sur un dossier de demande de divorce ! »
« Une dispute, un divorce… » Médita Danny. « Nous voilà donc avec deux suspects sérieux ! Bon ! On va éplucher tout ce qu’on peut trouver sur eux : relevés de comptes, relevés téléphoniques… et vérifier que l’un des deux ne possèderait pas un permis de port d’arme, on ne sait jamais ! »
Après quelques recherches, les choses semblèrent se préciser.
« Finalement nos deux suspects sont peut-être complices… » Avança Chin. « J’ai trouvé de nombreux appels entre eux. »
« Et devinez qui possède une arme ? » Intervint à son tour la jeune femme.
« Ne me dis pas que ce Hems aurait été assez stupide pour utiliser son propre flingue !? » Questionna Danny perplexe.
« Non. Mais Jack Sanderman a un permis pour un neuf millimètres… »
« Ok. Je vais retourner faire une petite visite à cette chère Mme Sanderman ! » Annonça Chin avec une mine réjouie. Cette femme lui avait parue suspecte dès le début et l’idée de la confondre le ravissait.
« Je viens avec toi ! » S’empressa d’ajouter Danny, y voyant l’occasion de s’éloigner de Steve un moment et de souffler un peu.
Alors que Danny et Chin prenaient le chemin de la sortie, la jolie brune observa Steve se diriger vers son bureau. Elle aurait voulu aller lui parler, savoir comment il allait, mais il avait l’air préoccupé et s’enferma dans son bureau sans lui prêter la moindre attention. Elle soupira et fit de même.
Dans son bureau, Steve s’assit dans son fauteuil, hésita un instant puis décrocha son téléphone.

Dans la voiture, Chin essaya d’engager la conversation avec son ami :
« Toi, tu t’es encore disputé avec Steve ! »
« Ouai… Comment tu sais ? »
« Tu veux dire à part le fait que tu te sois précipité pour m’accompagner ? Je sais pas, t’as l’air un peu… tendu. Et puis lui est allé s’enfermer dans son bureau à notre départ. »
« Il doit encore être en train de passer à la loupe la moindre petite information qu’il a pu récolter sur Vasillo. Tu crois qu’il le retrouvera un jour ? »
« J’en sais rien. Mais ce que je sais, c’est que ça changera rien. Ça la ramènera pas. » Répondit l’hawaïen sur un ton grave. « Tu devrais peut-être vraiment réfléchir à ce dont t’a parlé le gouverneur. »
« Euh… T’es sérieux là ? » Danny savait que la relation entre les deux hommes était très tendue, mais de là à ce que Chin souhaite le départ de Steve… Il n’eut pas le temps d’ajouter quoi que ce soit ; son passager lui précisa qu’ils étaient arrivés en lui désignant une luxueuse villa.

Quand Mme Sanderman ouvrit la porte, elle soupira en tombant à nouveau nez à nez avec le lieutenant Kelly.
« Encore vous ? » Demanda-t-elle l’air agacé.
« Désolé. » Lui répondit Chin. « Mon collègue et moi, avons encore quelques questions. On peut entrer ? » Ils pénétrèrent dans la maison sans attendre d’y être invités.
« Mme Sanderman, » continua Danny, « votre mari possède une arme. On pourrait la voir ? » Un air gêné s’afficha sur le visage de la blonde.
« Euh… ça va pas être possible… on… on nous l’a volée ! »
« Volée ? » Demanda Chin suspicieux. « Quand ? Vous avez déposé une plainte ? »
« Euh… non, je crois pas. Ecoutez, cette arme était à mon mari. Et je ne m’occupais pas de ça. »
« Mme Sanderman, » reprit Chin, « quels sont vos rapports avec Rick Hems ? »
« Qui ? » demanda-t-elle surprise.
« Rick Hems » répéta Danny en montrant la photo de l’homme sur son portable.
« Je ne connais pas cet homme. »
« Vous en êtes sûre ? Parce qu’on a épluché vos relevés téléphoniques et vous avez échangé de nombreux coups de téléphone tous les deux… »
« En fait… c’est pas moi, c’est mon mari ! Des fois il utilise mon portable pour appeler ses collaborateurs parce qu’il oublie souvent le sien à son bureau. Il était un peu étourdi ! » Dit-elle en s’efforçant de sourire.
« Je croyais que vous ne connaissiez pas cet homme… On ne vous a pas dit qu’il s’agissait d’un collaborateur de votre mari… »
« Et puis, il y a eu des échanges entre vous après la mort de votre mari… »
Se sentant prise au piège, la femme soupira.
« Ok, je le connais, c’est un ami. »
« Et vous êtes amis à quel point ? » S’enquit Danny.
« Je ne vous direz plus rien sans la présence de mon avocat ! »
« Très bien, dites-lui de vous retrouver au poste alors. »
Après avoir déposé leur suspecte, les deux policiers se rendirent chez Hems. L’homme était célibataire et vivait seul dans un appartement luxueux du centre-ville. Le concierge de l’immeuble leur ouvrit la porte et en fouillant un peu, ils eurent la surprise de tomber sur une arme, cachée au fond du tiroir à chaussettes.
« Regarde ce que j’ai ! » S’exclama Chin. Il sortit son portable et appela la jeune femme restée au bureau. « Oui, on a trouvé un flingue chez Hems, je t’envoie le numéro de série, tu peux vérifier que c’est celui de Sanderman ? » « Merci »
Ils le portèrent ensuite à Charlie pour relevé d’empruntes et examen balistique.

De retour au quartier général, la jeune policière confirma que l’arme trouvée était bien celle enregistrée au nom de Sanderman. Danny et Chin retrouvèrent la veuve et son avocat.
« Mme Sanderman, on revient de chez votre… « ami » Monsieur Hems et devinez ce qu’on y a trouvé : l’arme de votre mari. Elle est actuellement entre les mains de notre laboratoire scientifique et on ne va pas tarder à apprendre que vos empruntes et celle de Monsieur Hems sont dessus, et que cette arme est bien l’arme du crime. »
Affolée, la blonde regarda son avocat qui lui fit un signe de tête.
« Si je vous dit toute la vérité, j’aurais une réduction de peine ? »
« Ça c’est pas à nous d’en décider. » Lui répondit Danny. « Mais faire des aveux jouera sûrement en votre faveur. » Elle regarda à nouveau son avocat.
« Ma cliente est prête à faire des aveux, mais à l’unique condition de ne pas être accusée de meurtre, mais seulement de complicité. »
« Vous savez qu’avec les éléments qu’on a contre elle, elle ne s’en sortira pas. » dit Danny à l’avocat.
« Peut-être mais si elle vous dit tout, vous gagnez du temps. Et puis… Monsieur Hems est en voyage. Elle lui a déjà parlé de votre visite et ce n’est pas sûr qu’il revienne. Le temps que vous lanciez un mandat d’arrêt en dehors de l’état, il se sera envolé pour toujours. Alors soit elle plonge seule, soit elle vous livre le véritable assassin en échange d’une peine moins lourde. C’est à vous de voir. » Danny soupira et sortit de la pièce avant d’y revenir dix minutes plus tard, posant un papier sur la table.
« Ok. C’est une copie de l’accord du procureur. On vous écoute ! »
Sous le regard encourageant de son avocat, la blonde se décida à tout balancer. Elle savait que son mari avait découvert sa liaison avec Hems et avait engagé un avocat pour divorcer, mais aussi qu’il préparait le licenciement de son amant. Ils avaient manigancé de l’éliminer ensemble, mais c’est lui qui avait appuyé sur la détente et mis en scène le faux braquage qui avait mal tourné.
« Vous allez l’appeler et faire en sorte de vous assurez qu’il revienne bien à Hawaii demain. » Dit Danny en tendant son téléphone à la femme. « S’il ne revient pas, notre accord ne tient plus. »
Elle acquiesça et s’exécuta. Il n’y avait plus qu’à aller cueillir le coupable le lendemain matin à l’aéroport. Cette affaire avait été limite trop facile. Danny pensa que si tous les assassins étaient aussi stupides et négligents, ça leur faciliterait quand même beaucoup les choses… Il allait même être à l’heure pour récupérer Grace à son entrainement de cheerleader ! Avant de partir, il jeta un œil à travers la vitre du bureau de Steve. Celui-ci était penché sur le même dossier depuis des heures. Il soupira en repensant à sa discussion avec Chin et à l’engagement qu’il avait pris auprès du gouverneur. Se refusant à y penser maintenant, il se décida à quitter les lieux.

Ce soir là, Chin avait préparé le repas pour se rattraper du petit déjeuner pour lequel il ne s’était pas réveillé. Quand Leilani rentra de sa garde à l’hôpital, elle trouva la table mise et sentit une délicieuse odeur provenant de la cuisine.
« Ça sent bon ! C’est quoi ? » Demanda-t-elle d’un air gourmand.
« Surprise ! C’est prêt, on peut passer à table. » Ils s’installèrent. « Comment s’est passé ta journée ? »
« Très bien. Et toi ? »
« Oh, on a résolu une nouvelle affaire et Danny a emboutit sa camaro. » Dit-il avec un sourire moqueur.
« J’avais cru comprendre oui… » Il la regarda d’un air étonné. « J’ai reçu un coup de fil de Steve. » Expliqua-t-elle alors. « Il voulait avoir des nouvelles de la conductrice blessée dans l’accident. Il avait l’air vraiment inquiet. »
« On parle bien du même Steve ? » Demanda Chin de plus en plus surpris. « Ça serait bien la première fois depuis très longtemps qu’il s’inquièterait pour quelqu’un. » Ajouta-t-il avec amertume.


Halia  (04.07.2014 à 08:09)

Quelques jours plus tard, Danny récupéra sa camaro en parfait état après avoir déboursé un montant conséquent auprès du garagiste. De mauvaise humeur depuis qu’il avait eu la facture entre les mains, il avait tout de même laissé son co-équipier conduire ; au moins s’il arrivait quoique ce soit à la voiture, ce ne serait pas lui qui en ferait les frais !
Sur le parking du quartier général, Steve gara la voiture et les deux hommes en descendaient quand une jeune femme de taille moyenne à la silhouette élancée apparut, s’avançant vers eux d’un pas hésitant. Au premier abord elle n’avait rien de spécial, mais Danny ne pouvait s’empêcher de la contempler : elle portait un jean légèrement trop large pour elle et un débardeur qui laissait apparaître ses frêles épaules et ses bras menus, lui donnant un air gracieux et fragile. Plus elle s’approchait et plus le regard du blond était captivé par ses yeux verts d’eau rassurants bordés de cils démesurés qui soulignaient toute la féminité de son fin visage. Même la plaie suturée entourée d’un hématome qu’elle avait au front ne parvenait pas à la rendre moins attirante. Subjugué, Danny s’apprêtait à lui demander s’il pouvait faire quelque chose pour elle quand il se rendit compte que c’était vers son partenaire qu’elle se dirigeait. Elle replaça une mèche de ses longs cheveux châtains derrière son oreille gauche, sembla chercher du regard un point où fixer son attention, comme si elle tentait de s’agripper à une bouée de sauvetage, puis elle osa enfin prendre la parole :
« Bonjour. » Commença-t-elle timidement.
Steve l’observa un court instant, ne sachant visiblement pas quoi dire non plus, avant de répliquer simplement :
« Vous avez l’air d’aller beaucoup mieux. »
« Oui. Et… c’est grâce à vous. »
« J’ai rien fait de spécial. » Reprit-il avec un air gêné. Elle fit une petite moue désapprobatrice avant de continuer :
« Et puis… je sais que vous avez pris de mes nouvelles... » Un silence se fit. Le fait qu’il ait l’air aussi embarrassé qu’elle lui permit de prendre un peu plus confiance et elle ajouta avec un sourire amusé en désignant la camaro du menton : « J’espère que vous conduisez mieux que votre ami… » En prononçant ces mots, elle avait osé lever les yeux et ainsi prendre le risque de croiser son regard. Un léger sourire s’était dessiné sur le visage du brun. Elle replaça une fois de plus sa mèche de cheveux rebelle derrière son oreille et en baissant timidement la tête décida de se lancer : « J’aurais voulu vous remercier… Est-ce que… vous accepteriez que je vous invite à prendre un café ? » Ses pommettes s’étaient colorées d’un rose vif faisant ressortir son teint clair et ses grands yeux verts. Pris de cours, Steve se mit à bredouiller :
« Euh… c’est que là, je… J’ai du boulot… »
« Ok, je comprends. Peut-être une autre fois. » Malgré le sourire qu’elle s’efforçait d’afficher, une pointe de déception pouvait se lire sur son visage. Elle les salua avant de s’éclipser rapidement.
Danny qui était resté en retrait se frappa le front de la main, exaspéré.
« Mais qu’est-ce qui tourne pas rond chez toi !? » S’exclama-t-il « On a plus d’enquête en court. Tu peux m’expliquer ce que tu as de mieux à faire que d’aller prendre un café avec une fille superbe!? T’es vraiment pas bien ! »
« Tu sais quoi ? » Répondit le brun agacé. « Tu devrais l’inviter toi ! Pour t’excuser de lui être rentré dedans et de l’avoir envoyée à l’hosto ! »
« Et bien je devrais peut-être, oui ! Sauf que visiblement les petits blonds c’est pas son truc… Mais toi, tu finiras tout seul, si tu continues comme ça ! »
« Venant d’un mec divorcé, pas capable de garder une femme, je vais pas relever ! Et d’abord, qu’est-ce qui te dis que j’ai besoin de quelqu’un ? »
« Je me demande pourquoi je te supporte encore ! » Le ton commençait à sérieusement monter entre les deux hommes. Cette fois Danny était à bout et il était bien décidé à laisser sortir tout ce qu’il retenait depuis des mois.
« Mais je t’oblige à rien moi !! Je t’ai pas demandé de me supporter !! »
« Tu vois même pas qu’on essaie de t’aider ! »
« J’ai pas besoin de ton aide !!! Ni de celle de personne d’ailleurs !!»
« Mais t’es vraiment qu’un crétin ! »
« Qu’est-ce que t’as dit là ? » Demanda Steve en bousculant Danny.
« Mais bon sang ! C’est quoi ton problème !? » Se rebiffa le blond.
« Tu veux savoir ce que c’est mon problème ? » Hurla l’autre en montrant un poing menaçant. « J’ai pas besoin de baby-sitter ! Je veux juste qu’on me foute la paix !! J’arrête pas de le répéter, faut te le faire comprendre comment ??»
« Vas-y, cogne moi !! » Exhorta Danny avec un sourire narquois. « C’est vrai que ça démontrera parfaitement que tout va bien et que tu n’as besoin de personne ! Crétin !! »
Hors de lui, Steve balança son poing en direction de son co-équipier. Mais celui-ci avait anticipé la réaction de son partenaire et l’évita avant de le coller contre le mur et de l’immobiliser par une clé de bras.
« Tu te ramollis Steven… Mais puisque tu le prends comme ça, c’est moi qui vais parler et pour une fois, tu vas m’écouter ! Ton problème c’est pas moi, c’est pas les suspects, c’est pas tous ceux sur qui tu as envie de taper ! Non, ton problème c’est toi, et toi seul ! Ça fait deux ans qu’on essaie de t’aider à accepter ce qui s’est passé, que tu n’es pas responsable, que tu n’as rien à te reprocher ! »
« Mais c’est faux ! » Explosa le brun qui profita du fait que son ami avait légèrement relâché son emprise pendant qu’il parlait pour se dégager et retourner la situation à son avantage. A présent c’était lui qui collait le blond sur le capot de la voiture, le poing serré levé, tremblant de rage. Il y avait tellement de fureur dans son regard que même Danny eut peur pendant un instant. Mais il ne se démonta pas et soutint son regard.
« J’ai pas su la protéger et tout est de ma faute ! » Reprit Steve, baissant d’un ton en prenant soudain conscience qu’il était à deux doigts de tabasser son meilleur ami. « C’était moi le responsable, j’aurais du la protéger. » répéta-t-il. « C’est de ma faute si… » Il relâcha son emprise, les larmes aux yeux.
« Si quoi ? » demanda Danny sur un ton encourageant.
« Si… Catherine… est morte… » Dit-il d’une voix brisée avant de tourner les talons et de s’enfuir du parking en courant.
Le blond leva les yeux au ciel dans un soupir. Ce qui était arrivé n’était pas de sa faute, c’était les risques du métier. Mais Steve avait toujours mal vécu de perdre l’un de ses hommes ; il se sentait responsable d’eux. Et là c’était encore pire car il s’agissait de Catherine. C’est lui qui lui avait offert une place au sein de l’équipe après l’avoir encouragée à quitter la Navy. Et puis elle était celle qu’il aimait, et il pensait qu’il aurait dû mieux la protéger.
Même si Danny ressentait une certaine satisfaction à avoir enfin réussi à faire prononcer à son ami ces mots qu’il refusait depuis si longtemps, il avait peur d’être allé un peu trop loin. Mais il savait que ce n’était pas la peine de lui courir après, qu’il avait besoin d’être seul un moment avant de pouvoir envisager d’être réconforté.

Il monta au quartier général et fila s’enfermer dans son bureau. Quelques instants après, Chin et Kono arrivèrent et trouvèrent leur patron au téléphone.
« Merci… oui, je sais bien que c’est votre rôle, mais je suis son meilleur ami, je me dois d’être là pour lui et là… je crois que je suis peut-être allé un peu loin. Je m’inquiète… J’espère que vous avez raison. » Il raccrocha et voyant les cousins qui le regardaient d’un air perplexe, sortit à leur rencontre :
« Qu’est-ce qui se passe ? » Demanda Kono.
« Rien. » Répondit Danny assez sèchement. Les deux Hawaiiens se regardèrent. Ils avaient rarement vu leur ami dans un tel état.
« Et où est Steve ? » Tenta naïvement Kono.
« En congés pour la journée. »
« Steve ? En congés ? Tu te fous de nous ! Qu’est-ce que tu lui as fait ? » Lança la brune. Danny la regarda incrédule. Elle avait l’habitude de prendre la défense de l’ancien seal mais cette fois, son ton accusateur lui était insupportable. Agacé, il préféra ne rien répondre et retourna s’enfermer dans son bureau en claquant la porte.
« Tu exagères Kono ! » Lâcha son cousin. « Danny fait de son mieux ! Mais tu sais aussi bien que moi que Steve est loin d’être facile ! Et ce n’est pas en lui donnant systématiquement raison qu’il ira mieux.» En voyant la jeune femme au bord des larmes, il soupira avant de la prendre dans ses bras pour la consoler.
« Tu crois qu’un jour il s’en remettra ? » demanda-t-elle en laissant échapper une larme.
Il lui adressa un sourire réconfortant, mais ne répondit rien. Il savait toute l’affection qu’elle portait à son ancien patron et n’avait pas le courage de lui dire ce que lui, par expérience savait : qu’on ne pouvait pas s’en remettre, en tout cas pas complètement. Et encore moins que Steve était bien loin de la voix de la guérison…


Halia  (05.07.2014 à 11:51)

Il avait énormément hésité avant de se décider à venir. Mais la douleur qu’il tentait d’ignorer depuis bientôt deux ans était devenue trop forte. Et les évènements de la matinée avaient encore un peu plus semé le trouble en lui. Derrière le volant de son pick-up, il douta encore une fois. Qu’est-ce que ça changerait de venir ici ? Ça ne la ramènerait pas. Plus rien ne la lui rendrait. Et puis il n’avait pas besoin de ça pour penser à elle. Elle était dans sa mémoire, dans son cœur, à chaque instant. Tout ceci était vrai, bien sûr. Mais il savait aussi au fond de lui que s’il n’était jamais venu, c’était surtout pour tenter de fuir la réalité. C’était comme si ne pas venir se recueillir sur sa tombe, refuser de prononcer son prénom, de l’associer à son état - la mort -, rendait les faits un peu moins réels. Pourtant, suite à ce qui s’était passé un peu plus tôt, il avait ressenti un soudain besoin de constater cette cruelle réalité. Il inspira profondément pour se donner du courage et attrapa sur le siège passager le bouquet de roses blanches qu’il venait d’acheter ; c’était ses préférées.
Ça faisait exactement un an, dix mois et vingt jours depuis les funérailles, depuis la dernière fois qu’il avait mis les pieds dans cet endroit. Il s’était écoulé tant de temps… mais il aurait retrouvé la tombe de celle qu’il aimait les yeux fermés. En lisant le nom sur la stèle, son cœur se serra encore davantage. Il s’agenouilla, déposa les fleurs et passa doucement sa main sur la pierre. L’endroit était calme, presque agréable. Les rayons du soleil caressaient sa peau, le doux souffle du vent dans ses cheveux, le chant des oiseaux… il pensa que c’était une journée idéale pour un pique-nique. Elle adorait les pique-niques, il le savait, mais il ne lui avait que rarement offert l’occasion d’en profiter ensemble. A cette pensée, les larmes se mirent à couler sur ses joues. Il avait été tellement idiot, tellement nul ! Aujourd’hui il regrettait de ne pas avoir partagé plus de moments avec elle, de ne pas lui avoir davantage montré à quel point il l’aimait. Aujourd’hui il en avait conscience, mais il était trop tard…

Après un long moment, Steve trouva la force de quitter ces lieux. Lui qui avait refusé de venir pendant si longtemps avait fini par s’y sentir bien. Pouvoir pleurer sans craindre le regard des autres l’avait apaisé.
Il était déjà tard quand il se gara devant chez lui : il remarqua devant sa maison une voiture qu’il connaissait bien et sentit comme un soulagement de savoir cette personne en train de l’attendre.
A peine avait-il franchit le seuil de la porte qu’elle vint à sa rencontre :
« Bonsoir, mon grand. » Dit-elle en passant ses bras atour de ses épaules pour le serrer contre elle.
Ça lui arrivait de passer juste pour voir comment il allait, mais ce jour-là, la coïncidence aurait été un peu trop grande.
«Bonsoir Maman. Je suppose que Danny t’a appelé. » Elle hocha la tête en signe d’acquiescement. « Mais je suis content que tu sois là. » lui avoua-t-il quand même. Depuis la mort de Catherine, leur relation avait vraiment évoluée. Il lui en avait voulu pendant longtemps pour tout ce qu’elle avait fait subir à sa famille par le passé, pour l’avoir fait souffrir en simulant sa mort, en ne donnant aucun signe de vie même après le décès tragique de son père, mais à présent elle était là pour lui à chaque fois qu’il en avait besoin. Elle avait été là pour le soutenir le jour des funérailles, elle avait traversé la ville pour venir le consoler au milieu de la nuit les premières fois où il avait fait ce terrible cauchemar et il savait qu’il pouvait tout lui dire, qu’elle l’écouterait, le conseillerait, le réconforterait, sans jamais le juger. Elle était sa mère et après tant d’années, elle se comportait enfin comme telle.
Ils s’assirent sur le canapé et il reprit un peu gêné : « Alors, qu’est-ce qu’il t’a dit exactement? »
« Qu’il s’inquiète pour toi. Et c’est aussi mon cas. Regardes toi, tu ne dors plus, tu ne manges plus, tu ne souris plus, tu as perdu ton assurance, ta confiance en toi… et je ne te parle même pas de tes colères…»
« Mais je ne le fais pas exprès ! J’ai l’impression de plus rien contrôler. » Il baissa les yeux, pas très fier de lui et puis après une courte hésitation avoua: « j’ai failli le frapper, lui, mon meilleur ami… »
Le voyant complètement désemparé, elle posa une main réconfortante sur son bras. « Mais tu ne l’as pas fait... ». Son ton maternel avait le don de l’apaiser. « Je suis certaine que tu finiras par aller mieux. »
« Maman ? Comment tu as fait pour te remettre de la mort de Papa ? » Elle ferma les yeux un court instant, se remémorant le visage de son mari. Ça restait un sujet douloureux pour elle.
« Tu sais, on ne s’en remet pas vraiment. On apprend à vivre avec… » La tristesse qui se dégageait de sa voix quand ils abordaient ce sujet touchait toujours Steve. Sa mère avait beau être en quelque sorte responsable de ce qui était arrivé à son père, elle avait perdu son mari. Ils partageaient cette douloureuse expérience et c’est ce qui leur avait permis de se rapprocher. Il vint se blottir dans ses bras et elle déposa un baiser dans ses cheveux, comme quand il était petit. Elle avait beau essayer de rattraper le temps perdu, de compenser son absence et la souffrance qu’elle avait provoquée, elle savait que rien n’effacerait ce qu’elle avait fait. Son esprit se mit à divaguer et elle repensa au jour où l’agence lui avait confié cette mission qu’elle n’aurait jamais acceptée si elle avait su les conséquences que ça aurait aujourd’hui.

3 ans plus tôt
Elle avait espéré ne plus avoir à le faire, mais elle avait été contrainte de recomposer ce numéro qu’elle connaissait si bien. Et une fois qu’on a remis le doigt dans l’engrenage, il devient presque impossible de s’en sortir. Effectivement, peu de temps après, elle avait été convoquée par son supérieur pour lui assigner une nouvelle mission.
En entrant dans son bureau, elle l’avait salué et s’était assise en face de lui. Il lui avait tendu un dossier contenant un unique cliché photographique de mauvaise qualité, représentant un homme d’apparence sud-américaine, mal rasé, présentant une large cicatrice descendant du milieu de son front jusqu’au coin de son œil droit. Elle avait examiné attentivement la photo tout en l’écoutant :
« Cet homme est Mexicain. Il est à la tête d’un des plus gros cartels de son pays et fournit un nombre incalculable de réseaux américains tout au long de la frontière mexicaine et du Golfe du Mexique de la Californie à la Floride. On a besoin d’en savoir plus sur cet homme. Tous ses fournisseurs, tous ses associés, tous ses clients. Et bien sûr sa véritable identité. »

Ce soir là, alors qu’elle était seule chez elle, quelqu’un sonna à la porte de Kono.
« Bonsoir… Je suis venu voir comment tu allais…»
« Ca peut aller. » Répondit-elle simplement.
« Kono… je suis vraiment désolé pour l’autre soir. Je voulais pas que tu partes. J’ai besoin de toi… »
Son air de chien battu la faisait craquer à chaque fois. Elle soupira et consentit à le laisser entrer.
« Je veux plus qu’on se dispute comme ça. » Reprit-il.
« Je suis d’accord, mais pour ça, il va falloir parler du fond du problème. »
« Et d’après toi, qu’est-ce que c’est ? » Elle le regarda d’un air interrogateur.
« Parce que tu n’en as pas une petite idée ? »
« Si. Tu es nerveuse, irritable, stressée et tu ne supportes pas la moindre petite remarque! »
« Oh ! Alors tout est de ma faute ? Tu n’as rien à te reprocher ? »
« Tu vois ! Tu recommences ! »
« Non mais attends là ! Je suis prête à entendre tes critiques, mais alors il faut que ça marche dans les deux sens ! Tu ne te rends pas compte que depuis sa mort tu as changé ? »
« Mais c’est normal ! C’était mon frère ! Et c’est moi qui l’ai tué ! Pour te protéger ! »
« Mais Adam, ton frère était un criminel, un assassin ! Il n’aurait pas hésité à nous tuer tout les deux si tu ne l’avais pas fait. » Il s’arrêta et la regarda fixement.
« Finalement, j’aurais pas du venir ! » Et sur ses mots il sortit en claquant la porte.
Restée seule au milieu de son salon, Kono sentit la tête lui tourner, l’obligeant à s’asseoir. Après tout ce qu’ils avaient vécu, elle sentait qu’il était en train de lui échapper…


Halia  (06.07.2014 à 12:39)

Deux jours plus tard, dans un entrepôt sur la route de Sand Island, le 5-0 avait été appelé pour examiner le contenu d’une saisie de drogue afin de déterminer si le cartel de Vasillo avait refait surface ou non, quand la radio du Sergent Duke Lukela grésilla.
« Appel à toutes les unités. On nous signale une agression au 371 Mokauea Street. »
« C’est à deux rues d’ici. » Fit remarquer Chin.
« Ok. On y va. » Ordonna Danny.
En moins de trois minutes ils furent sur place et il leur en fallut à peine deux de plus pour être équipés et prêts à entrer. Danny donna le signal et Chin défonça la porte et les policiers s’engouffrèrent dans l’appartement. Alors qu’un corps gisait dans une marre de sang, face à eux, une batte de base-ball levée, prête à frapper, se tenait une femme couverte de sang. En la voyant, Steve et Danny se figèrent. Pointant son arme sur elle, Chin lui ordonna de lâcher l’objet. Elle tenta de justifier : « J’ai cru… qu’il revenait… » En tendant son arme improvisée au policier. La montée d’adrénaline qui l’avait poussée à essayer de tenir tête à un potentiel agresseur était visiblement retombée et elle tremblait désormais comme une feuille. Kono vérifia le pouls de la victime avant de secouer la tête négativement. Chin s’apprêtait à lui passer les menottes quand, voyant l’angoisse gagner la jeune femme, Steve intervint :
« Je ne pense pas que ce soit nécessaire. »
« Je sais bien qu’en ce moment il t’arrive d’être un peu… absent » lui répondit son collègue d’un ton cassant « mais ça se fait de menotter les suspects. »
« Suspect ? Tu vas pas un peu vite là !? » Voyant que la situation risquait de dégénérer, Danny choisit d’intervenir :
« Ola ! Stop ! Tout le monde se calme. Chin va avec Kono faire le tour de l’appartement, voir si y aurait pas des indices. » L’Hawaïen jeta un regard noir à son patron avant de disparaître dans la chambre.
« Louise, vous pouvez nous expliquer ce que vous faites ici ? » Questionna Danny.
« Je… Amy… » Balbutia la jeune femme dont les yeux commençaient à s’emplir de larmes. Steve s’aperçut qu’elle fixait le cadavre. Il la prit alors par le bras et l’emmena dehors, hors de vue de la scène de crime. Danny hésita à les suivre et choisit finalement de faire confiance à son ami, optant pour un examen plus minutieux du corps en attendant l’arrivée de Max.
Assis dans les escaliers, Steve interrogea la jeune femme.
« Ca va aller ? » Demanda-t-il, inquiet. Elle acquiesça timidement.
« Amy est… était mon amie. » Elle leva les yeux vers Steve et leurs regards se croisèrent, provoquant un frisson le long de la colonne vertébrale du brun.
« Comme elle répondait pas au téléphone, je me suis inquiétée et je suis venue voir. J’ai sonné, mais elle répondait toujours pas. Je savais qu’elle cachait une clé de secours sous le pot de fleur qui se trouve sur la fenêtre à droite de la porte. Je suis entrée et je l’ai trouvée. Son cœur battait toujours quand je suis arrivée. J’ai pas eu le temps de prévenir les secours… il s’est arrêté. J’ai essayé… » La jeune femme s’était mise à pleurer, faisant perdre tous ses moyens à Steve. « Et puis j’ai entendu du bruit. J’ai cru qu’il revenait… » Au moins les traces de sang sur elle s’expliquaient. Steve tenta de se reprendre.
« D’accord. Est-ce que vous avez croisé quelqu’un en arrivant ? Ou entendu du bruit ? Un voisin a appelé la police en disant qu’il avait entendu des cris. » Elle secoua la tête. « Vous savez qui aurait pu lui en vouloir ? » Nouveau signe de tête négatif.
« Non. Amy était quelqu’un de bien. »
« Comment vous êtes vous connues ? »
« On était amies depuis trois ans. On a travaillé ensemble deux ans à Seattle puis elle est venue s’installer ici. Il y a trois mois elle m’a dit qu’un poste se libérait dans l’école où elle bossait. » La jeune femme secoua la tête tristement « Je vois pas qui pourrait avoir fait ça… »
« Est-ce qu’elle avait un petit ami ? »
« Elle fréquentait un type depuis quelques temps. Andy Brookman. Elle me l’avait présenté, mais je le connais pas plus que ça. »
« D’accord. Un agent va venir prendre votre déposition. » Précisa Steve en faisant signe d’approcher à un des officiers qui venaient d’arriver. « Après vous pourrez rentrer chez vous.»

Alors que Danny avait envoyé Chin et Kono se renseigner auprès de la famille de la victime, Steve et lui se rendaient à l’école où elle travaillait, interroger ses collègues. Dans la voiture, Danny observait Steve d’un air inquisiteur.
« Qu’est-ce qu’il y a ? » Finit par demander le brun d’un ton suspicieux.
« Je te retourne la question. »
« Quoi ? »
« Fais pas celui qui comprend pas ! »
« Je t’assures que je ne vois pas de quoi tu parles là… »
« Mais fais pas l’innocent ! Je te connais Steven ! » L’autre fronça les sourcils, se concentra sur la route et n’ouvrit pas la bouche pour lui répondre. « Et voilà ! ça va recommencer : le coup du silence ! Mais bon sang, admet qu’elle te plait ! » Mais au grand désespoir de Danny, Steve resta figé, les yeux rivés sur la route et muet comme une carpe.

Une fois de retour au QG, Danny demanda à Chin et Kono ce qu’ils avaient.
« Pas grand-chose. » Dit Chin en secouant la tête « Elle a bien un cousin à Hawaii mais le reste de sa famille vit à Seattle. On leur a parlé mais ils ne nous ont rien appris. »
« Il semblerait qu’elle ait un petit ami. »
« Oui. » Répondit Kono. « C’est un ami du cousin. Mais comme les autres il avait l’air choqué et effondré. Franchement, parmi les gens qu’on a interrogés, je ne vois pas quelqu’un qui puisse lui en vouloir. Et de votre côté ? »
« Pas d’ennemis non plus du côté du boulot.» Steve avait l’air complètement ailleurs et ça n’avait pas échappé à Kono. Mais elle n’eut pas le temps de lui demander si ça allait que Danny reprit en désignant l’écran géant : « Kono, tu peux appeler Charlie ? » Elle s’exécuta et lança la visioconférence sur l’écran géant.
« Bonjour Charlie ! T’as quelque chose pour nous ? » Demanda-t-elle.
« Je suis désolé » répondit le laborantin « mais absolument rien. On a rien trouvé. Comme vous avez pu le constater, il n’y a pas de trace d’effraction. Et il n’y a pas non plus eu de lutte. L’assassin ne nous a rien laissé. »
« Et zut ! » Pesta Danny. « Tu peux refaire ça avec Max ? » Demanda-t-il à nouveau à Kono. Elle obéit, non sans lui lancer :
« Un jour, faudra quand même que tu apprennes à t’en servir ! »
« Tu en es où de l’autopsie ? » Demanda Danny au légiste en ignorant la remarque de sa collègue.
« Et bien, notre victime a reçu exactement treize coups de couteaux. »
« Ça ressemble à de l’acharnement… » Souligna Chin.
« Autre chose ? » Questionna Danny.
« D’après l’angle de pénétration de la lame dans premières blessures, donc tant que notre victime était debout, je peux vous dire que l’assassin est droitier et doit mesurer environ la taille de la victime soit autour de 1,70m. Quant à l’arme du crime, il semblerait que ce soit un couteau de cuisine tout à fait ordinaire.»
« Ok, merci Max. » Après avoir coupé la communication, Danny se passa nerveusement une main dans les cheveux avant de récapituler :
« Alors on a une victime sans ennemis apparent, tuée après avoir reçu treize coups de couteau. Il semblerait que notre meurtrier soit un homme d’1,70m droitier. Bref on a rien ! »
« Pourquoi forcément un homme ? » Interrogea Kono.
« Les femmes assassins c’est plus rare et elles préfèrent des moyens plus « propres comme le poison, voire une arme à feu. » Précisa Chin assez d’accord avec Danny sur le profil.
« Si vous le dites… » Répondit Kono pas complètement convaincue. « Et vous ne pensez pas que la victime pouvait connaitre son assassin ? Pas d’effraction, pas de lutte… »
« T’as raison cousine. Ou alors il lui inspirait confiance… »
« On est bien avancés… » Soupira Danny « faut continuer à creuser. Concernant le voisin qui a appelé la police, à par avoir entendu la victime crier, rien. Peut-être d’autres voisins auront vu quelque chose. Qui m’accompagne ? » Steve avait toujours l’air aux abonnés absent et Kono se fit toute petite, ne se sentant pas vraiment de remonter dans une voiture pour le moment.
« Allez, viens ! On y va ! » Se dévoua Chin qui y voyait l’occasion de pouvoir s’expliquer avec Danny sur ce qui s’était passé dans l’appartement de la victime.

Assis côté passager, Chin croisa les bras et regarda Danny sévèrement.
« Je suppose que tu veux parler de ce qui s’est passé tout à l’heure ? » Commença Danny en voyant que son collègue attendait visiblement une explication.
« Tout juste. Alors, tu m’expliques ? C’est qui cette fille ? »
« Tu te souviens notre petit accident de voiture… ? »
« Oh ! » Fit Chin faisant le rapprochement avec ce que lui avait dit Leilani. « Et bien j’espère que vous avez eu raison de la laisser partir… » Continua-t-il méfiant.

Kono et Steve étaient restés seuls au QG. Elle alla frapper à la porte du brun qui s’était, comme à son habitude, enfermé dans son bureau.
« Ça va ? » demanda-t-elle « t’as l’air un peu… ailleurs. » Il haussa les épaules. « Je sais que tu n’es pas quelqu’un de très bavard en ce qui te concerne, mais je suis là si tu as besoin… »
« Je sais » répondit-il simplement. Comprenant qu’elle n’en tirerait rien. Kono s’apprêtait à fermer la porte quand la voix de son ami la fit se retourner.
« Kono ! Merci de t’inquiéter pour moi… Et toi, t’es sûre que ça va ? »
« Ouai ! Un petit coup de fatigue, mais rien de grave. » La jeune femme lui sourit et s’éclipsa. C’était presque imperceptible, du moins pour quelqu’un qui ne le connaissait pas, mais il était en train de se passer quelque chose, elle en était certaine.


Halia  (07.07.2014 à 12:45)

Après avoir passé toute la journée de la veille sur cette enquête sans résultat, chacun avait pris quelques heures de repos pour s’y remettre dès le lendemain matin. Kono et Chin n’étaient que tous les deux quand la femme qu’ils avaient trouvée la veille sur la scène de crime poussa les portes du QG. Kono la reconnut immédiatement, et intriguée par cette visite alla à sa rencontre.
« Bonjour, je peux vous aider ? »
« Heu… c’est bien les bureaux du 5-0 ? » demanda-t-elle timidement.
« Oui. Vous cherchez quelqu’un ? »
Hésitante, la jeune femme répondit : «Le Commandant McGarrett n’est pas là ? »
« Il ne devrait pas tarder. Vous pouvez l’attendre si vous voulez. » Kono avait bien remarqué la façon dont Steve s’était emporté la veille quand Chin avait voulu la boucler et voulait en savoir plus. « Mais je peux peut-être vous aider. C’est à quel sujet ? »
La jeune femme parut troublée et en jetant un œil à Chin répondit :
« Je préfère l’attendre. » Kono choisit de ne pas insister.
« Le bureau de Steve est là. » Dit-elle en désignant sa porte.
A peine deux minutes plus tard, Steve et Danny firent leur entrée. Kono s’approcha du brun :
« Y a quelqu’un pour toi dans ton bureau. » Il jeta un œil et sentit son pouls accélérer quand il la reconnut. Il entra dans le bureau, suivi de Danny.
« Louise… » dit Steve en entrant. Elle se leva, replaça machinalement une mèche de cheveux derrière son oreille gauche et dit d’un ton hésitant :
« Bonjour… je… il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit… » Danny et Steve se regardèrent perplexes. « Ce n’est pas la première fois que quelqu’un de mon entourage est… tué de cette façon. » Finit-elle par dire péniblement. « Il s’appelait Alex Fisher… ça c’est passé il y a un peu plus de six mois à Seattle… »
« Quoi ! » Rugit Danny « Mais pourquoi vous nous avez rien dit !? » Impressionnée, Louise fit un pas en arrière. Steve se tourna alors vers Danny avec un regard menaçant.
« Hey ! Je te rappelle que jusqu’à preuve du contraire, c’est un témoin ! Pas un suspect ! T’as pas à lui hurler dessus comme ça ! » Puis Steve prit une profonde inspiration et commença un compte à rebours dans sa tête en expirant lentement pour essayer de se calmer. « Si t’allais voir ce que la police de Seattle a sur ce meurtre !? » Ordonna-t-il sèchement : Danny n’avait plus entendu Steve donner d’ordre depuis si longtemps qu’il n’essaya même pas de discuter et prit la direction de son bureau. Puis le brun se tourna vers Louise. « Excusez mon co-équipier. Asseyez-vous et racontez moi. » Elle avait l’air très embarrassée, replaça une fois de plus sa mèche de cheveux, puis baissant le regard, se lança :
« Avec Alex, la victime, on est sortis ensemble pendant à peu près trois mois, mais ça pouvait pas marcher. On s’est séparés.» S’empressa-t-elle d’ajouter. « Et même pas un mois après, j’ai appris sa mort. Il avait été poignardé chez lui à plusieurs reprises. Je crois que la police n’a jamais arrêté personne… » Même si elle essayait de le cacher, la mort de son ancien petit ami semblait l’affecter. Steve sentit un pincement au cœur. Il ressentait l’irrésistible envie de la serrer dans ses bras pour la réconforter. Mais il la connaissait à peine… Il posa simplement une main sur son bras. Leurs regards se croisèrent un instant avant que l’un comme l’autre ne détournent les yeux. Il n’avait pas envie qu’elle s’en aille tout de suite alors sans vraiment réfléchir il proposa : « Vous seriez toujours partante pour le café ? » Elle acquiesça avec un petit sourire et le suivit.
Dans un café non loin de là, Steve et Louise s’assirent face à face. Il commanda un café noir et elle un thé. Quand ils furent servis, elle commença à jouer nerveusement avec sa cuillère. Puis, tout en replaçant sa mèche folle, elle décida de briser le silence :
« Vous êtes d’Hawaii ? » Elle trouvait que c’était une question stupide mais elle n’avait rien trouvé d’autre pour engager la conversation.
« Je suis né ici et j’y ai grandi. Et puis j’ai quitté l’île pendant près de vingt ans avant d’y revenir. Et vous, vous êtes de Seattle et vous êtes venue pour le boulot. C’est ça ? »
« Vous avez bien appris votre leçon ! » elle se rendit compte que c’était une réponse idiote et enchaina avec un petit rire nerveux :« Blague de prof… En fait, le boulot, c’était une occasion. Quand on a passé toute sa vie à Seattle sous son climat radieux, on rêve de pouvoir sortir sans son parapluie sans crainte ! » Cette remarque tira un sourire à Steve.
« Et cette envie de partir n’avait rien à voir avec votre ex-petit ami ? » Il regretta aussitôt sa question beaucoup trop indiscrète. Se fut son tour de se rattraper tant bien que mal : « Désolé, déformation professionnelle… » Mais elle ne lui en tint pas rigueur.
« Alex et moi, ça n’a jamais vraiment marché… Disons qu’on était ensemble pour ne pas être seuls. Y avait une certaine affection entre nous mais pas d’amour. Et puis on avait des rêves beaucoup trop différents. Mais on se connaissait bien et c’est vrai que sa mort m’a fichu un sacré coup. C’est là que je me suis rendue compte à quel point la vie pouvait être courte et qu’il fallait vivre ses rêves, alors j’ai tout fait pour partir. » Ses paroles avaient touché Steve. Il était vraiment bien placé pour savoir à quel point la vie pouvait être courte. Sauf que lui venait de perdre presque deux ans au lieu d’en profiter. Elle aperçut que la tristesse qu’elle pouvait lire dans ses yeux venait de s’accentuer et posa alors sa main sur la sienne. A ce contact, Steve sentit son cœur battre plus fort, avec une sensation étrange au creux de l’estomac. Un sentiment de panique s’empara alors de lui. Avait-il le droit de ressentir ça ? Il décida alors de changer de sujet, sauf que sans le faire exprès, il lança une invitation : « Vous m’avez dit que vous étiez là depuis peu. Vous n’avez sûrement encore pas eu le temps de visiter grand-chose. Peut-être que je pourrais vous servir de guide un de ces jours… » Les mots étaient sortit de sa bouche tous seuls. Mais quand il vit les yeux de Louise s’illuminer et un magnifique sourire se dessiner sur son visage, il ne regretta plus de les avoir prononcés.

Pendant ce temps au quartier général, Danny affichait sur l’écran plasma les informations que lui avait transmises la police de Seattle.
« C’est quoi ? » Demanda Kono en s’approchant.
« Le dossier d’un meurtre ressemblant à notre affaire, commis à Seattle il y a 6 mois. »
« Et comment t’es tombé là-dessus ? » Interrogea Chin suspicieux.
« Louise. » Répondit simplement Danny. Chin le regarda perplexe.
« Tu veux dire la femme que vous m’avez empêché d’arrêter hier ? Elle aurait un lien avec cette autre affaire ? » Demanda l’Hawaïen d’un ton ironique. Kono, qui avait remarqué que la jeune femme semblait ne pas laisser Steve indifférent, eut envie de lui laisser le bénéfice du doute.
« D’après le dossier, elle connaissait seulement la victime. Elle n’a jamais été suspectée… »
« Non. » confirma Danny. « Faute d’indices, le dossier a finalement été classé. Leurs seuls éléments : leur victime présentait seize coups de couteaux, l’assassin est droitier et mesure environ 1,70 m. Pas de trace d’effraction. »
« Effectivement y a des similitudes. Mais hier vous m’avez dit que c’était l’œuvre d’un homme… » Appuya Kono.
« Ouai, ben y a toujours des exceptions à la règle. » Conclut Chin qui restait méfiant.
Au même moment, le téléphone de Danny se mit à sonner. Il s’éloigna un instant pour prendre l’appel puis revint après avoir raccroché. Se tournant vers ses co-équipiers, il annonça :
« Prise d’otages dans une banque du centre-ville. J’appelle Steve et on y va ! » Ce qu’il fit immédiatement pendant que les cousins préparaient leurs équipements.

Quand Steve raccrocha son téléphone, il se tourna vers Louise avec une grimace :
« Je suis désolé, faut que j’y aille. »
La jeune femme se mit à fouiller nerveusement dans son sac. Elle en sortit un feutre rouge : C’est tout ce qu’elle avait pu trouver. Elle jeta un œil au distributeur de serviettes en papier, il était vide. Elle soupira en le constatant : Tant pis, elle ne voyait pas d’autre solution… Elle sentit ses joues s’empourprer, sa main trembler, mais elle lutta, attrapa la main de Steve et y inscrivit son numéro de téléphone. « Pour la visite. » se justifia-t-elle en replaçant ses cheveux derrière son oreille. Il observa sa main en dissimulant un sourire mais un coup de klaxon le fit sursauter. C’était Danny ; il devait y aller. Mais en montant dans la camaro, il n’arrivait pas à lâcher du regard la silhouette de Louise toujours assise derrière la vitre.
« Alors qu’est-ce qu’il y avait de si urgent ? » demanda-t-il finalement.
« Prise d’otages. »
Pour combler le silence, Danny s’apprêtait à faire le résumé de ce que la police de Seattle lui avait envoyé, quand il remarqua que le brun n’arrêtait pas de contempler sa main. Intrigué, il jeta un œil.
« Hey ! Regarde la route ! » Lui lança l’autre.
« Ben apparemment, la dernière fois ça n’a pas eu que des inconvénients… » Répondit-il avec un sourire narquois. « Tu vas la revoir ? Je veux dire en dehors du boulot. » L’autre haussa les épaules l’air de dire j’en sais rien, ce qui tira un soupir au blond.

Après avoir assisté le SWAT sur cette prise d’otage, qui s’était terminée par la libération des otages et l’arrestation des criminels, l’équipe était retournée au QG. Steve était dans son bureau quand Kono frappa à sa porte.
« Je peux entrer ? » Il acquiesça. Elle s’assit en face de lui. Certaine que son ami avait un faible pour la jeune femme, et malgré ce qu’en pensait son cousin, elle voulait l’encourager à tenter sa chance. Elle ne savait pas trop comment amorcer la discussion quand elle aperçu sur sa main droite, une suite de chiffres, sûrement un numéro de téléphone, inscrits au feutre rouge d’une écriture plutôt féminine. Elle sourit et en désignant sa main du regard :
« Tu devrais l’appeler. » Steve regarda sa main et hésita un instant. Il savait qu’elle avait raison.
« J’aimerais… Répondit-il. Mais j’y arriverai jamais. »
« Bien sur que si ! Pourquoi ? »
« J’en sais rien. J’aurais l’impression de tromper Catherine, de l’oublier… » Ses yeux s’étaient emplis de larmes.
« Steve… tu sais que c’est faux. Tu ne l’oublieras jamais, mais tu dois recommencer à vivre…» Il haussa les épaules, se leva et quitta le bureau. Il passa toute la soirée à réfléchir. Kono et Danny avait peut-être raison, il devrait l’appeler. Mais épuisé il finit par s’endormir.


Steve entreprenait de faire le tour du bâtiment. Le fond de l’entrepôt était sombre. Il s’y dirigea. Soudain le tonnerre gronda et un éclair déchira le ciel, illuminant une fraction de seconde l’intérieur du bâtiment. C’est là qu’il l’aperçut. Sur le sol, une main féminine dépassait de derrière une pile de caisses. Plus il avançait et plus son cœur se serrait. Plus la distance se réduisait et plus sa respiration devenait difficile. La sueur dégoulinait maintenant de son front. Il tremblait. Plus il approchait et plus il avait l’impression que cette main s’éloignait, que ses pas étaient petits, ses mouvements ralentis…
Finalement, c’est au prix de gros efforts qu’il réussit à contourner les caisses qui lui masquaient la vue. A ce moment là, alors que son cœur battait à tout rompre quelques millièmes de secondes plus tôt, il s’arrêta net. Elle était là, allongée sur le sol. Une plaie sur sa tempe gauche laissait échapper le sang qui se répandait en flaque autour de sa tête, se mêlant à ses longs cheveux bruns. Ses grands yeux noirs ouverts le fixaient. Ses lèvres s’entrouvrirent et elle murmura dans son dernier souffle : « Ne m’oublies pas. »
Manquant d’air, Steve ouvrit les yeux d’un coup en se redressant dans son lit. Il avait du mal à respirer, son cœur battait trop vite, il était en nage, tremblant et les larmes coulaient sur ses joues.


Halia  (08.07.2014 à 13:49)

Le lendemain, Steve n’avait pas décroché un mot à part pour se disputer avec Danny à propos d’un sujet dont personne ne se souvenait et qui n’avait été pour lui qu’un prétexte pour se défouler.
Le midi, alors qu’ils avaient décidé de tous aller déjeuner chez Kamékona, l’ancien Seal avait d’abord refusé de se joindre à eux. Mais devant l’insistance de Kono, il avait finalement cédé. Sauf que maintenant qu’il était là, il n’avait pas faim et aucune envie de faire semblant de passer un bon moment. Les images de son cauchemar ne parvenaient pas à sortir de sa tête, et pris d’un soudain coup de cafard, il quitta la table pour aller s’installer un peu plus loin sur un muret face à l’océan. Kono le regarda s’éloigner et lança un regard appuyé à son cousin. La veille, après sa discussion avec Steve, elle avait insisté pour qu’il tente à nouveau de lui parler. Elle savait que c’était tendu entre les deux hommes car Chin avait essayé d’apporter son aide à Steve mais, sans savoir exactement ce qui s’était passé entre eux, elle avait bien compris que ça s’était mal terminé. Toutefois, sachant l’importance que ça avait pour Kono et vu qu’elle n’était elle non plus pas en grande forme ces derniers temps, il avait finit par accepter pour lui faire plaisir. L’Hawaïen soupira et se leva pour rejoindre l’ancien Seal.
« Je peux m’asseoir ? » Il n’attendit pas la réponse et prit place à côté de lui sur le muret. Il savait que l’autre avait envie d’être seul mais c’était le moment où jamais, et puis même si, inexplicablement, il se méfiait d’elle, il avait lui aussi remarqué qu’entre Louise et Steve, il semblait se passer quelque chose. « Alors, il paraît que cette femme, Louise, aurait un petit faible pour toi ? » Commença-t-il d’un air innocent. Steve comprit tout de suite pourquoi Chin était là : en temps normal il l’aurait rembarré immédiatement, mais là il se sentait tellement désespéré qu’il se dit que les conseils d’un homme qui avait vécu la mort de sa femme et avait réussi à s’en remettre ne serait finalement peut-être pas si inutiles…
« Danny ou Kono ? » Steve savait que Danny était au courant de tout et que Kono avait gardé un œil sur eux tout le temps où Louise était restée au QG la veille. Ça plus la conversation qu’ils avaient eu dans son bureau…
« Kono. » Répondit Chin. « Elle s’inquiète tellement pour toi. Te voir aller un peu mieux ces derniers jours lui redonne de l’espoir. Elle dit qu’elle est sûre que cette femme te plaît mais que tu as peur d’oublier Catherine si tu tentes quelque chose avec elle. »
« Elle a peut-être raison… »
« Sur quel point exactement ? »
« Il se passe quelque chose avec Louise. Quand je la vois… je me sens mieux. »
« C’est bon signe ça. Tu es peut-être prêt. »
« Non, je ne le suis pas. Je revois Catherine toutes les nuits ! Mais cette nuit, après avoir évoqué la possibilité que je téléphone à Louise, je l’ai vue me dire de ne pas l’oublier ! » Steve faisait tout pour refouler les larmes qui tentaient de franchir la barrière de ses yeux. Chin posa une main sur son épaule en signe de compréhension.
« Je sais ce que c’est. Il m’a fallut du temps pour accepter d’appeler Leilani. J’avais l’impression que si je le faisais, j’allais tromper Malia, rompre le serment de l’aimer pour toujours que j’avais fait lors de notre mariage, l’oublier. Mais je l’ai fait quand même. Et aujourd’hui je ne regrette rien. Malia est toujours dans mon cœur et elle y restera, mais moi j’ai recommencé à vivre, j’ai retrouvé le bonheur et je sais que c’est ce qu’elle voudrait. Et ça sera pareil pour toi à condition que tu aies envie d’être à nouveau heureux. »
« Sauf, que Catherine devrait toujours là, parmi nous, si j’avais fait plus attention à elle ! »
« Hey ! Tu veux que je te rappelle comment Malia est morte ? »
« Désolé… »
« J’ai accepté le fait que je n’étais pas responsable, que ce n’était pas moi qui lui avait tiré dessus. Catherine savait ce qu’elle faisait, elle était d’accord pour bosser avec nous tout en sachant que ça pouvait être risqué. Tu n’y es pour rien. Tu n’aurais rien pu faire.»
« Mais j’ai même pas réussi à attraper ce salaud ! »
« Moi, je l’ai fait. Mais crois moi, ça n’a rien changé. Il faut aller de l’avant, parce qu’on ne peut plus rien changer au passé. »
Finalement, ça se passait plutôt bien. Kono avait peut-être raison, il était peut-être en train de changer, peut-être qu’il commençait enfin à entrevoir le bout du tunnel ? Il se leva pour rejoindre les autres quand la voix de son ami le fit se retourner. Toujours face à l’océan :
« Chin ! Merci. Et… je suis désolé pour les autres fois où je ne t’ai pas écouté. » Chin posa une main sur l’épaule de son ami.
« C’est rien, c’est du passé. »
« Non, c’est pas rien. Je sais que j’ai été odieux avec toi. Je crois que j’avais du mal à comprendre comment tu avais pu surmonter ça. Mais toi tu l’avais fait, et moi je pensais ne jamais y arriver. »
« Mais tu y arriveras. » Chin le laissa méditer seul à tout ça et rejoignit les autres.
Il se réinstalla à la table et remarqua que Kono le regardait avec insistance.
« Alors ? » Demanda-t-elle s’impatientant.
« Ça c’est plutôt bien passé, t’avais raison. » Elle lui sourit avant de déposer un baiser sur sa joue.
« Merci. » Il haussa les épaules l’air de dire de rien.
« Heu… j’ai raté quelque chose ? » Demanda Danny. « Qu’est-ce que vous complotez ? »
« Rien. » Répondit Kono innocemment. « Qu’est-ce que t’en penses toi de Louise ? »
« Ah ! Je vois. » Répondit le blond. « Et bien moi, ce que je pense, c’est que Steve a bien de la chance qu’elle s’intéresse à lui.»
« Tu serais pas un peu jaloux ? » Lui lança Kono avec un sourire taquin.
« Ben peut-être, mais je vois pas ce qu’il a de plus que moi ! Moi aussi je suis célibataire et elle est quand même super jolie cette nana ! »
« Qu’est-ce qui vous fait rire ? » Demanda la voix de Steve derrière eux.
« Rien. Allez viens t’asseoir. » Répondit Kono.

Leur enquête étant au point mort et rien d’autre ne leur étant confié, Steve avait prévu de passer l’après-midi chez Doris. Il lui avait promis de jeter un œil à sa voiture qui faisait des siennes depuis quelques jours.
Il finissait de bricoler sous le capot quand celle-ci lui apporta une bière fraîche dans le garage.
« Alors ? C’est grave docteur ? » Demanda-t-elle souriante.
« Non. Ça devrait être bon maintenant. » Dit-il resserrant un dernier écrou. Il referma le capot et vint s’asseoir à côté de sa mère. Il observa un moment le bracelet qu’elle portait. Il était composé de plusieurs petites perles qui attirèrent son attention. Il se rappela qu’un jour, en arrivant au bureau, il avait eu l’impression que les choses n’étaient pas exactement comme il les avait laissé la veille, comme si quelqu’un était venu fouiller dans ses affaires… Il avait trouvé une petite perle sur le sol un peu plus tard, semblable à celles-ci…
« Y a quelque chose dont tu voudrais me parler ? » Demanda-t-elle soupçonneuse, le tirant de ses pensées.
« Heu… qu’est-ce qui te fait dire ça ? »
« Steven… Je suis ta mère, je vois bien qu’il y a quelque chose. »
Steve hésita. Il adorait cette nouvelle complicité avec sa mère. Mais lui parler de ses sentiments pour une femme, ça lui paraissait encore trop étrange. Alors il se contenta de demander :
« Ça se passe bien avec Mike ? »
« Très bien » répondit-elle en fronçant les sourcils, soupçonneuse. Elle le regarda triturer la bouteille de bière qu’il tenait dans ses mains d’un air gêné avant de comprendre. « Toi, t’as rencontré quelqu’un ! »
« Mais non ! Où tu vas chercher ça ? »
« T’es sûr ? » Il réfléchit un instant, se gratta le front et reprit.
« Bon peut-être que si… »
« Raconte ! » Encouragea-t-elle.
« Y a pas grand-chose à raconter. On a été prendre un café. Elle vient de débarquer à Hawaii et elle m’a laissé son numéro pour que je lui fasse visiter l’île… »
« Et tu as conscience que c’est juste un prétexte pour te revoir ? »
« Oui. Et c’est justement ce qui me fait peur. Ça et le fait qu’elle ne me laisse pas indifférent. » Doris afficha alors un grand sourire.
« Un grand garçon comme toi ! » Ironisa-t-elle. « Appelle-la ! » Il haussa les épaules, hésitant. Alors elle insista : « Tu as le droit au bonheur, alors si tu sens qu’il peut y avoir quelque chose avec cette femme, tente le coup. J’ai bien refait ma vie moi ! Et je suis loin d’être aussi jeune que toi ! » Il lui adressa un sourire reconnaissant avant de se lever.
« Faut que j’y aille. » Et avant qu’il n’ait franchi la porte, Doris lança :
« Tu me la présenteras ? »

Un peu plus tard dans la soirée, le téléphone de Doris sonna. Elle regarda l’écran qui affichait « appel inconnu ». Après un instant d’hésitation, elle décrocha.
« Bonjour… » Quand elle entendit la voix, elle sentit un nœud se former dans son estomac.
« Qu’est-ce que vous voulez ? » demanda-t-elle en tentant de cacher son angoisse.
« Juste vérifier que vous n’aviez pas oublié notre petit marché. Votre boite aux lettres. » Doris sortit de la maison et ouvrit sa boite aux lettres, anxieuse. Elle y trouva une enveloppe qu’elle décacheta aussitôt. A l’intérieur, une photo prise l’après-midi même d’elle et Steve devant sa maison.
« Vous aviez dit que vous disparaitriez ! » Lança-t-elle à son interlocuteur.
« Je l’ai fait, demandez à votre fils. Plus aucune trace de moi. Mais j’ai encore des amis sur l’île. Et je tenais à vous rappeler que je vous garde à l’œil… » Et la conversation fut coupée, laissant Doris en plein désarroi.


Halia  (09.07.2014 à 12:10)

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