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Hopes and doubts

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 30.06.2014 à 12h54
Auteur : Halia 
Statut : Terminée

« Les membres restant du 5-0 surmontent tant bien que mal un évènement tragique. Mais l’un d’eux ne s’en remet pas. Jusqu’au jour où une rencontre fera renaître l’espoir, ou son illusion… » Halia 

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Après une courte nuit dont il avait maintenant l’habitude, Steve se retrouva à prendre un café devant sa télé à 5h du matin. Il passait d’une chaine à l’autre, d’une énième rediffusion de série à une émission de téléshopping. Il secoua la tête. Non ! Tous ceux qui lui disaient depuis des mois qu’il devait se reprendre avaient finalement raison, ça ne pouvait plus durer ! Il balança la télécommande, fila s’habiller et chausser ses baskets avant de partir vers la plage avec l’intention de courir un peu. Depuis la mort de Catherine, il n’avait plus envie de rien et lui qui aimait tant courir ou nager avait tout arrêté. Il se sentit vite essoufflé mais il continua. L’air frais, son cœur qui battait, ses muscles qui lui faisaient mal… Tout cela avait au moins le mérite de lui rappeler qu’il était en vie.
En rentrant il fila prendre une douche, Danny n’allait pas tarder à arriver et il avait quelque chose à faire avant, tant qu’il s’en sentait capable.
Une fois habillé, il prit son téléphone et chercha le numéro qu’il avait fini par enregistrer la veille. Il hésita, puis prit une grande inspiration pour se donner du courage et appuya sur la touche « appeler ». La sonnerie retentit une fois, son cœur accéléra, deux fois, il sentait sa main trembler, trois fois, il s’apprêtait à raccrocher quand une voix se fit entendre :
« Allo. »
« Heu… Bonjour. C’est… Steve, Steve McGarrett. Est-ce que… enfin… vous faites quoi samedi ? »
« Rien de spécial. Mais j’aurais bien fait une petite balade... » Répondit-elle d’un ton malicieux.
« Je passerai vous prendre à 9h. Prévoyez de bonnes chaussures. A samedi. » Il raccrocha. Il se sentait nerveux, mais soulagé. Il avait osé. Il fallait maintenant patienter deux jours avant de la revoir.
« On y va ? » Lança la voix de Danny qui franchissait à peine la porte. « Je sais que je suis en retard. Pas la peine de me faire un sermon. » Steve jeta un œil à sa montre.
« Ah ben oui, j’avais pas remarqué ! »
Dans la Camaro, Danny fixait son ami.
« T’es sûr que ça va toi ? »
« Oui, pourquoi ? »
« T’as pas remarqué que j’avais cinq minutes de retard ? Tu t’es endormi sur ton canapé ou quoi ? »
« Non, mais j’étais… occupé. »
« Occupé ? Quelqu’un qui se réveille tous les matins avant 5h et reste vautré sur son canapé à ne rien faire, comment tu peux être occupé ? »
« Je n’ai pas rien fait, figure toi ! »
« Alors qu’est-ce que t’as fait ? »
« Ça te regarde pas ! »
« Si tu le dis. » Danny abandonna. S’était surprenant de sa part… Steve se dit que quelque chose devait tracasser son ami.
« Tu veux en parler ? » demanda le brun. L’autre le regarda l’air visiblement plus que surpris.
« T’es sérieux ? Toi tu me demandes si moi je veux parler ? »
« Ben oui. Tu me répètes tout le temps que c’est ce que font les amis. Alors vas-y, je t’écoute. Dis moi ce qui ne va pas. » Danny haussa les épaules. Après tout, ce n’était pas tous les jours que Steve lui demandait de lui raconter ce qui n’allait pas, alors il ne se fit pas prier plus longtemps.
« Grace est invitée au cinéma par un garçon ce week-end. »
« Et c’est tout ? »
« Comment ça c’est tout !? Tu sais ce que ça veut dire ? Ils vont passer deux heures seuls dans le noir ! Et je sais ce que les gamins de 14 ans ont dans la tête ! Non ! Il est hors de question qu’elle y aille seule avec lui ! »
« T’es sérieux ? D’abord, ils ne seront pas seuls, on est jamais seul au ciné. Et puis, c’est de son âge ! Tu vas quand même pas l’enfermer dans sa chambre jusqu’à sa majorité !? »
« Et pourquoi pas ? De toute façon, j’ai pris ma décision, c’est non. » Et pour montrer sa détermination, il croisa les bras, s’enfonça dans son siège et tourna la tête pour regarder par la vitre.
« T’es ridicule ! » Lui lança son co-équipier.
« Moi je suis ridicule ? Moi je suis ridicule ! Venant d’un mec qui n’ose même pas téléphoner à une femme superbe qui n’attend que ça ! Comment tu dis déjà ? Ah oui : « je vais essayer de pas mal le prendre »! J’aurais jamais dû te parler. Tu ferais mieux de t’occuper de toi avant de vouloir régler mes problèmes !»
« Si tu le prends comme ça ! Je voulais juste être sympa en m’intéressant à toi, mais je le ferai plus. Et pour ton information, je suis assez grand pour m’occuper de moi tout seul. »
« C’est ça oui ! Et tu vas me dire que tu as téléphoné à Louise ? »
« Oui monsieur. » Danny le regarda alors avec de grands yeux.
« T’es sérieux ? » L’autre acquiesça. « Super. » Lança Danny hésitant entre le fait de se réjouir pour son ami et la déception de se dire qu’il n’aurait jamais sa chance avec elle. Mais il n’eut pas le temps d’y penser davantage, la voiture venait de s’arrêter sur le parking.

Au quartier général, Kono était dans son bureau, assise dans son fauteuil à contempler pensivement une enveloppe posée devant elle. Elle n’avait pas osé l’ouvrir car elle savait que ce n’était que la confirmation de ce qu’elle savait déjà et elle n’était pas prête. Pas maintenant, pas tant que ça n’allait pas mieux avec Adam.
Elle entendit les portes vitrées de l’entrée s’ouvrirent et elle s’empressa d’enfouir l’enveloppe dans un des tiroirs de son bureau avant d’aller à la rencontre de ses collègues, en prenant bien soin de faire comme si rien de spécial ne la préoccupait.

Ils avaient à peine eu le temps de se saluer que le téléphone de Danny sonna. Tout en écoutant attentivement son interlocuteur d’un air grave, il se dirigea vers la télé et l’alluma sur une chaine locale qui diffusait un bulletin d’information spécial.
« Bien Monsieur, on s’en occupe. » Dit-il finalement avant de raccrocher et de se tourner vers ses co-équipiers.
« Qu’est-ce qui se passe ? » Interrogea Chin en désignant l’écran.
«Incendie dans un bâtiment abritant des services du gouvernement. D’après les premières indications, ce serait d’origine criminelle. Les experts incendie sont déjà sur place, on va les rejoindre. »
Une fois sur place, alors que Chin et Kono interrogeaient les premiers témoins, Danny et Steve allèrent s’entretenir avec les pompiers.
« Bonjour, 5-0. On est chargés de l’enquête. » Se présenta Danny. « Il paraît que c’est criminel. » Dit-il en désignant ce qu’il restait du bâtiment.
« Oui. Le feu semble être parti des archives. »
« Le papier ça brûle bien ! » Fit remarquer Danny.
« Oui, mais là on l’a visiblement aidé ! Vu ce qu’il reste et le fait qu’il y a eu explosion, je suis certain qu’on a utilisé un accélérateur.» Compléta le chef des pompiers avant de retourner auprès de son équipe.
Le blond se tourna alors vers son co-équipier qui n’avait pas décroché le moindre mot depuis un bon moment.
« Et ça t’inspire rien à toi ? » Lui demanda-t-il, le faisant sursauter.
« Heu… non, pourquoi ? »
« Je sais pas, d’habitude les incendies, les explosions, c’est plutôt ton truc ! » L’autre haussa les épaules, tirant au soupir à son partenaire.
« On a pas tiré grand-chose des personnes présentes. » Dit Kono en venant les rejoindre, suivie par Chin. « Le feu brûlait déjà quand les premiers témoins sont arrivés sur place. Ils n’ont vu personne.»
« Mais les caméras de surveillance, elles, seront peut-être plus bavardes. » Poursuivit Chin en désignant l’une d’entre elles.
De retour au QG, Chin et Kono se penchèrent sur les vidéos. Ils passèrent les bandes en accéléré jusqu’au moment où une silhouette apparut à l’écran. Là, ils repassèrent en boucle et au ralenti les images, mais entre la pénombre et l’angle des vidéos, impossible de tirer une image précise du suspect. Les policiers ne pouvaient voir qu’une silhouette de taille moyenne entrer, chargée de plusieurs bidons par l’arrière du bâtiment, sûrement par l’entrée de service. On la voyait ressortir une dizaine de minutes de plus tard, les mains vides et une voiture de couleur sombre passait ensuite brièvement dans l’angle de la caméra. Kono zooma sur la plaque d’immatriculation, entra le numéro dans le fichier et poussa en juron en affichant le résultat.
« Qu’est-ce qui se passe ? » Demanda Chin.
« C’est une fausse plaque ! Aucune immatriculation ne correspond. »
« Manquait plus que ça… » Soupira Danny en les rejoignant. « Je viens d’avoir Charlie au téléphone. L’accélérateur est de l’essence on ne peut plus classique et sa composition correspond à celle qu’on trouve dans la moitié des stations de l’île. Il a aussi examiné ce qu’il restait de l’entrée de service, y a visiblement eu effraction, mais pas d’empruntes.» Il se tourna ensuite vers Steve qui paraissait un peu ailleurs.
« Y a quelqu’un ? » Demanda-t-il en passant sa main devant le visage du brun. Celui-ci lui jeta un regard noir et ouvrit le dossier qu’il tenait dans les mains.
« Ce bâtiment abritait les services de l’éducation, de l’aide à l’enfance, de l’agriculture et du tourisme. » Lut-il. « Bref, rien de sensible. »
« Et ben, on est pas beaucoup plus avancés pour le mobile… » Souffla Kono en se laissant aller sur une chaise.
« On va quand même interroger les responsables de tous ces services, on sait jamais. » Dit Danny. Il regarda sa montre, jeta un coup d’œil discret à son amie qui était visiblement fatiguée et, en feignant un grimace, ajouta : « Enfin vu l’heure, ça attendra demain, là on trouvera plus personne. »


Halia  (10.07.2014 à 15:34)

Le lendemain matin, ils se répartirent donc les interrogatoires des responsables des différents services avant de se retrouver au quartier général pour faire le point.
« Concernant l’agriculture et le tourisme, » commença Kono, « personne ne voit pourquoi on aurait cherché à détruire leurs locaux. C’est l’impasse. Et vous ? »
« De notre côté en revanche, on a un truc intéressant. » Révéla Danny. « Le serveur des services de l’éducation et de celui de l’aide à l’enfance a été piraté et un virus a détruit toute leur base de données. Et le directeur nous a raconté un truc étrange. Il y a dix-sept ans, ce monsieur travaillait comme simple agent de ce même service pour l’état de Washington. Et il a connu exactement les mêmes faits : virus informatique dans leur base de données et incendie dans leurs archives. »
« En effet, c’est étrange… » Murmura Chin. « Je me renseigne là-dessus, on sait jamais ! »
Alors que Chin s’afférait dans son bureau, Kono et Danny étaient restés faire des recherches sur les employés autour de l’ordinateur central. Kono leva la tête et aperçu Steve assis dans son fauteuil l’air perdu dans ses pensées. En le désignant d’un mouvement de tête, elle demanda à Danny :
« Qu’est-ce qui lui arrive ? Il a l’air complètement ailleurs depuis hier. Mais pas comme d’habitude… je le trouve rêveur… »
« C’est surement à cause de son rencart. » Dit Danny en haussant les épaules.
« Son quoi ? » Demanda Kono surprise. « Alors il l’a appelée ? » Danny acquiesça ce qui tira un grand sourire à l’Hawaïenne. Un peu agacé, le blond détourna la conversation.
« Et toi ? T’es sûre que tout va bien ? »
« Bien sur que oui ! Qu’est-ce que vous avez tous avec ça ! » Voyant qu’il l’avait mise mal à l’aise, il passa une main dans ses cheveux et chercha comment se sortir de là. C’est à ce moment que Chin sortit de son bureau l’air triomphant. Danny poussa un soupir de soulagement avent de s’adresser à lui :
« Dis moi que tu as trouvé quelque chose ! »
« Et bien je ne sais pas si ça va nous aider, mais effectivement le service d’aide à l’enfance de l’état de Washington a connu le même sort en 1999 dans ses bureaux de Seattle. Mais c’est pas tout ! Il s’est passé la même chose à Chicago il y a deux ans et à New-York en 2011. Mais aucune arrestation… »
« Des suspects ? » Demanda Steve qui les avait rejoint.
« Tiens ! T’es avec nous toi ? » Ironisa Danny. Le brun lui répondit par un regard glacial.
« C’est quand même bizarre de s’en prendre à ce service dans différents états ! » Reprit le blond ignorant le regard de son ami. « Sans compter que le coupable est non seulement pyromane, mais aussi doué en informatique et est capable de s’introduire dans les bâtiments… »
« Peut-être que notre coupable à un complice à l’intérieur qui lui permet de s’introduire sans laisser de traces. Je vais continuer à comparer la liste des employés. » Conclut Kono avant de retourner dans son bureau se mettre derrière son ordinateur. Mais sa recherche se solda par un échec.
Devant si peu d’indices, et une seconde enquête non résolue en une semaine, Danny décida d’accorder une pause à son équipe pour le week-end. Ils avaient tous besoin de se reposer pour revenir avec les idées claires le lundi.

Le samedi était enfin arrivé. A 9h pile, Steve se gara devant l’immeuble où habitait Louise. A chaque fois qu’il la voyait apparaitre, il ressentait cette sensation étrange l’envahir, et c’était plutôt agréable.
Elle le salua avec un sourire et monta dans la voiture.
« Alors ? Où on va ? »
« C’est une surprise. »
Ils roulèrent jusqu’à un petit parking de terre où Steve gara sa voiture. Après près de deux heures de marche à un bon rythme, Il lui dit :
« On y est presque. C’est là-haut. » Dit-il en désignant le sommet de la pente où serpentait le chemin. « Ça va aller ? »
« Super ! » répondit Louise. Puis elle le regarda d’un air taquin et lança : « Le premier arrivé ! » Avant de partir en courant. Surpris Steve eu un temps d’hésitation puis s’élança à sa poursuite. Elle était rapide et agile et le devança au sommet assez facilement. Elle s’était arrêtée net et, à peine essoufflée, elle déclara en contemplant la vue sur l’île et l’océan : « C’est magnifique »
Ils s’assirent et burent un peu. Steve avait beau avoir repris le footing depuis quelques jours, il avait du mal à se remettre de cette ascension au pas de course.
« Vous êtes plutôt en forme ! »
« Il vaut mieux quand on travaille avec des enfants ! Ils sont jamais fatigués eux ! Et puis j’ai quelques années de danse derrière moi, ça aide.»
Elle était rayonnante et Steve ne pouvait s’empêcher de la contempler. Elle l’avait remarqué et même si ça la flattait, elle était un peu gênée. Des mèches folles s’étaient échappées de son chignon, et elle en replaça une derrière son oreille gauche. Steve avait remarqué qu’elle faisait ça à chaque fois qu’elle était nerveuse et ça le faisait complètement craquer.
« Vous en connaissez beaucoup des coins aussi beaux ? » demanda-t-elle.
« Des tas. »
« Alors il faudra qu’on se revoit ? » Il sourit. C’était la première fois qu’elle le voyait sourire aussi franchement et ça donnait un éclat à ses yeux qu’elle ne connaissait pas encore et qui la fit fondre.
Après avoir passé un moment à discuter, ils redescendirent et Steve la raccompagna chez elle en lui promettant de la rappeler très bientôt.
En arrivant chez lui, il trouva Danny en train de l’attendre dans le jardin, qui fixait Grace assise sur la plage.
« Qu’est-ce que vous faites là ? »
« Je voulais savoir comment ça c’était passé ! » Steve le regarda avec un air interrogateur. « Ton rencart ! » Expliqua le blond.
« C’était pas un rencart, c’était une balade ! »
« Si tu veux. Alors ? »
« Très bien. » Steve n’avait pas envie de s’étendre d’avantages, il était de nature plutôt secrète et même si depuis toutes ces années il avait partagé un certain nombre de choses avec Danny, là il avait envie de garder ça pour lui pour l’instant. « Et il se passe quoi avec Grace ? » demanda-t-il pour changer de sujet.
« Elle a essayé de me fausser compagnie hier soir pour retrouver son petit copain. Donc maintenant, je la garde à l’œil. Partout où je vais, elle vient et partout où elle va, je vais. » Grace lui lança un regard furieux.
« T’es trop nul comme père. Si tu refusais pas obstinément de me laisser vivre, je serais pas obligée de sortir en douce ! »
« Si tu veux aller au cinéma avec ton copain, je viens, c’est ça ou rien ! »
« Et bien vaut mieux rien ! Je vais pas aller au ciné avec mon père ! C’est la honte ! » Steve regarda Danny ahuri.
« T’es pas sérieux ! Tu as vraiment voulu les accompagner ? Toi, seul avec deux ados ? »
« Elle n’ira pas seule ! » Steve regardait la mine triste de Grace. Il souffla puis fit une proposition :
« Bon, et si moi, je les accompagnais ? Je pourrais demander à Louise de venir et on les surveillerait du coin de l’œil. » Grace eut un grand sourire, ce qui mit Danny en boule.
« Attends, moi c’est la honte mais pas lui ? »
« D’abord c’est pas mon père. Et puis il vient accompagné et surtout il est beaucoup plus discret que toi. » Danny n’était pas vraiment réjoui par cette idée mais ça avait l’air de faire autant plaisir à sa fille qu’à son meilleur ami.
« Ok. » Finit-il par concéder.


Halia  (11.07.2014 à 13:09)

Kono avait passé sa journée à réfléchir, assise sur la plage à contempler les vagues. Une petite fille qui jouait au bord de l’eau, échappa à une vague venue s’échouer sur le sable et vint se blottir dans la grande serviette que tenait sa mère en rigolant. A la vue de cette scène, la jeune femme ne put s’empêcher de sourire. Elle savait que les choses étaient loin d’aller à merveille entre son petit ami et elle, mais si elle ne faisait pas le premier pas, elle risquait de se retrouver seule et ça, elle ne le voulait pas. Le soleil était sur le point de se coucher et elle avait enfin prit la résolution d’aller discuter de la situation avec lui. Ils avaient des choses à régler, mais pour l’instant ce qu’elle voulait c’était simplement être avec lui. Devant la porte de la grande maison, elle inspira profondément et se décida à frapper. Quand Adam la vit, il lui fit un grand sourire et la serra dans ses bras.
« Je suis content que tu sois là. » Elle lui rendit son sourire avant de répondre :
« Moi aussi je suis contente de te voir. » Mais elle espérait surtout que pour une fois, leurs retrouvailles ne tourneraient pas court.
« Je t’offre quelque chose à boire ? Je vais nous ouvrir une bouteille de vin. »
« Heu… non merci. Je préfèrerais un jus de fruit. »
Il revint un instant plus tard avec deux verres.
« Kono, tu m’as manqué. » Elle s’approcha de lui et l’embrassa. Elle voulait passer un bon moment avec lui, sans penser à ce qui les opposait ces derniers temps. C’était visiblement ce que souhaitait également le jeune homme et la soirée se passa tellement bien qu’elle se prolongea tout le reste du week-end.

Le lendemain après-midi, Steve passa prendre Grace chez Danny avant de se rendre chez Louise. Il l’avait appelée la veille, dès qu’il s’était retrouvé seul, pour lui proposer cette petite sortie un peu spéciale. Elle avait accepté volontiers, trouvant assez amusante cette idée de chaperonner les ados et avait accepté à la condition qu’il arrête de la vouvoyer, déclarant que même ses élèves ne le faisaient pas.
Les ados avaient choisi un film d’horreur, prétexte idéal pour se rapprocher l’un de l’autre. Et ça semblait marcher puisque Grace avait finit blottie contre Tommy. Steve jeta un œil vers eux et pensa « Heureusement que Danny n’est pas là… » En revanche pour lui, ça n’avait pas le même effet. Louise avait plutôt envie de rire à chaque apparition des zombies, ce qui amusait beaucoup Steve :
« C’est pas censé être drôle ! »
« Désolée, mais il y a vraiment que des ados à qui ça peut faire peur. » Répondit-elle amusée « Tu vas pas me dire que toi ça te fait peur ? »
« Non » dit-il en rigolant. Observant le siège vide à côté d’elle, une idée lui traversa l’esprit. Il attendit patiemment que le suspens du film soit à son comble et au moment où les zombies s’apprêtaient à sauter sur leur victime, passa son bras derrière le fauteuil et d’un coup, posa sa main sur le bras opposé de Louise. Dans un sursaut, elle se rapprocha instinctivement de lui.
« Je croyais que ça ne faisait pas peur. » Dit-il avec un grand sourire satisfait. Elle ne se trouvait plus qu’à quelques centimètres de lui, et en s’en rendant compte, elle sentit ses joues s’enflammer, se recala au fond de son fauteuil en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille et balbutia :
« Non, mais là… tu triches aussi… ». Elle essayait de prendre un air contrarié mais avait du mal à contenir son sourire.
A la fin du film, ils décidèrent d’aller manger une glace avant que Steve ne ramène tout le monde chez soi. Après avoir déposé Tommy, ils se retrouvèrent tous les trois dans la voiture. Louise se retourna vers Grace avec un sourire :
« Il est plutôt pas mal ton copain. Et il a l’air gentil. » Elle fit un grand sourire et répondit :
« Il est génial mais je suis pas si sûre de lui plaire. »
« Tu rigoles ! Il est dingue de toi ! Ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! »
« Tu crois ? Mais pourquoi il m’a pas embrassée alors ? »
« Je pense que c’est un timide. T’inquiètes pas, ça va venir… »
« Oh les filles ! On va dire que j’ai rien entendu, d’accord ! Danny va me tuer s’il sait ça. » Les coupa Steve, faisant rire ses passagères.
« Et vous alors ? » Demanda Grace innocemment. Louise se mit à rougir et replaça sa mèche de cheveux.
« Nous quoi ? On vous a juste accompagnés. Rien à dire de plus. On est arrivés. » Dit-il en s’arrêtant devant chez Danny. Grace sauta de la voiture en lançant à l’intention de Louise:
« Ben moi j’en connais un autre de timide ! » Ce qui fit rougir la jeune femme.
Ils passèrent le reste du trajet en silence. Arrivés devant chez elle, Steve la raccompagna à sa porte. Elle le dévisageait avec un regard qui en disait long. Lui aussi n’avait qu’une envie, l’embrasser, mais il s’en sentait complètement incapable, paralysé. Avant de se mettre à trembler, à bégayer et à dire n’importe quoi, il déclara juste :
« Bonne soirée. On s’appelle. »
« D’accord. Bonne soirée. » Lui répondit-elle avec d’un air déçu avant de disparaitre dans le hall de l’immeuble. Steve soupira et ne put se retenir de balancer son poing dans le mur. Il l’avait déçue et il détestait cette idée.

Cette nuit là, comme toutes les nuits, l’angoissant cauchemar de Steve était revenu le hanter.
Il réussi à contourner les caisses qui lui masquaient la vue. Elle était là, allongée sur le sol. Ses grands yeux verts ouverts ne regardaient plus rien, son regard était vide, vitreux. Une plaie sur sa tempe gauche laissait échapper le sang qui se répandait en flaque autour de sa tête, se mêlant à ses cheveux châtains.
Steve se réveilla dans un sursaut, suffoquant. Les larmes coulaient en continu sur ses joues, tout son corps tremblait. Il essayait de retrouver son souffle mais ses efforts étaient vains. Il sentait son cœur battre trop vite, prêt à exploser. Il n’arrivait pas à se sortir cette image de la tête et plus il y pensait, plus sa poitrine se serrait, lui donnant l’impression d’étouffer. Il essaya de se concentrer sur des pensées positives. Mais tout ce qui lui était arrivé de positif ces derniers temps était lié à Louise et penser à elle le ramenait implacablement à cette terrible image. Il sentit sa tête se mettre à tourner, sa vue se brouilla, puis ce fut le noir.

Dans la maison des Noshimuri, en ouvrant les yeux, Kono découvrit le visage d’Adam avec un sourire radieux.
« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda-t-elle d’une voix encore ensommeillée.
« Tu es tellement belle quand tu dors… »
« Et maintenant que je suis réveillée… ? » Elle avait pris un ton volontairement contrarié mais avait du mal à refreiner son sourire.
« Tu l’es encore plus. »
« Tu te rattrapes bien ! » S’était-elle exclamée avec un rire avant de l’embrasser.
« Et si on passait notre journée au lit !? On a qu’à dire qu’on est malades. Mon patron est très compréhensif » plaisanta le jeune homme « et le tien…»
« Dans tes rêves ! J’ai du boulot moi ! »L’avait-elle coupé. Cette fois elle ne riait plus.
« Et voilà ! On avait réussi à passer le week-end sans dispute, et comme d’habitude, il faut que tu finisses par t’emporter !» Elle avait soupiré et fermé les yeux un instant. Dans le fond il avait raison, elle était particulièrement irritable en ce moment. Au début elle avait mis ça sur le compte de la situation tendue qui régnait au sein de l’équipe depuis des mois, mais maintenant que les choses semblaient vouloir s’apaiser, elle prenait conscience que ça venait aussi d’elle.
« Je suis désolée. C’est juste, que… on a deux enquêtes non résolues sur le bras et je peux pas me permettre de m’absenter. » Se justifia-t-elle. Adam l’enlaça pour la réconforter un moment avant de la laisser lui échapper pour lui permettre de s’habiller et de rejoindre son bureau.
Comme elle l’espérait, elle était la première arrivée. Elle entra dans son bureau et s’assis dans son fauteuil. Elle jeta un rapide coup d’œil pour s’assurer que personne n’était arrivé et se décida à sortir l’enveloppe et la décacheter. Elle parcourut la feuille qu’elle avait sous les yeux et, un sourire se dessina sur ses lèvres.


Halia  (12.07.2014 à 14:03)

Ce matin là, Danny arriva devant chez Steve un peu plus tôt que d’habitude ; il voulait tout savoir sur l’après-midi de sa fille la veille.
« Salut ! » Lança-t-il en poussant la porte. « Je veux le compte-rendu détaillé. Est-ce qu’il s’est approché à moins de 10 cm de ma fille ? Il l’a touchée ? Il a essayé de l’embrasser ? » Mais en voyant les traits tirés et les cernes encore plus noires que d’habitude de son ami, il s’arrêta. « Ça va ? » Demanda-t-il inquiet en venant s’asseoir près de lui.
« Bien sûr ! » Lança-t-il en se levant avant de prendre la direction de la Camaro. Assis derrière le volant, il essayait de paraître normal. L’image de son cauchemar ne parvenait toujours pas à s’effacer, alors il tenta de rassurer Danny au sujet de Grace et son copain pour penser à autre chose.
« Ils ne se sont pas embrassés si ça peux te rassurer. » Danny poussa un soupir de soulagement. Puis après un silence, il tenta :
« Et vous ? »
« Nous quoi ? » Demanda Steve surpris.
« Et ben je sais pas, mais vu la tête que tu fais ce matin, je me demande si cette sortie c’est bien passée pour toi aussi… » Le brun se mura dans son silence et Danny comprit que ce n’était pas la peine d’insister.

Au même moment, au quartier général, Chin trouvait sa cousine dans son bureau en train de rêvasser, ce qui ne lui ressemblait pas trop. Il frappa et entra.
« Aloha ! Ca va ? »
« Super ! » Répondit-elle avec un grand sourire. « Et toi ? T’as passé un bon week-end ? »
« Leilani ne travaillait pas, donc oui. » Il s’assit en face d’elle et la regarda attentivement. « Kono, je sais qu’en ce moment, ça se passe pas au mieux avec Adam et si tu as besoin de parler, tu sais que je suis là. »
« Je sais Chin. Mais là ça va. Et on a passé le week-end ensemble et c’était un très bon week-end ! » Les portes vitrées du hall s’ouvrirent, laissant passer Steve et Danny. En voyant la tête du brun, elle ne put s’empêcher de faire une petite moue attristée et d’ajouter : « Mais je crois que ça n’a pas été le cas de tout le monde… »
Danny leur fit signe de les rejoindre ; ils devaient de remettre au travail.
Une petite sonnerie retentit et le visage de Charlie Fong s’afficha sur l’écran plasma.
« Bonjour Charlie ! Tu es bien matinal ! » Le salua Danny.
« En fait, j’ai passé le week-end sur votre affaire. » Avoua le laborantin. « Et j’ai quelques chose pour vous. »
« Charlie, je sens que tu vas illuminer ma journée ! » Lui lança le blond déjà souriant.
« Tu devrais quand même attendre, j’ai dit que j’avais des infos, pas que j’avais résolu l’enquête. »
« Dis toujours ! »
« Alors voilà. Je me suis penché sur ce qui restait du système d’alarme et j’ai réussi à en tirer quelque chose. C’était un système assez simple, fonctionnant avec un code unique et des capteurs de mouvements. Quand l’alarme était enclenchée, elle se mettait à sonner au bout de 30 secondes si le code de désactivation n’était pas tapé. »
« Mais le soir de l’incendie, elle ne s’est pas déclenchée… » Intervint Kono.
« Oui ! Et pour cause, elle a été désactivée à 3h52, soit à l’heure où les caméras de surveillance nous montrent la personne s’introduisant dans le bâtiment. »
« L’incendiaire avait le code ! » S’exclama Chin.
« Merci Charlie ! » Conclut Danny avant de couper la communication.
« Aucun employé n’a été présent sur tous les sites incendiés. » Rappela Kono. « Ça veut donc dire que notre coupable se trouve un complice dans chaque cas… »
« Ou qu’il arrive à se faire fournir les informations par des employés négligents. » Ajouta Chin.
« Quoi qu’il en soit, on va devoir interroger tous les employés du bâtiment ! » Annonça Danny. « La plupart sont en congés suite aux évènements mais certains sont actuellement hébergés sur d’autres sites. On va commencer par les présents et se partager le boulot. »

Dans la Camaro pour aller interroger les employés, le silence régnait toujours entre les deux amis quand le téléphone de Steve sonna. Il jeta un rapide coup d’œil et laissa sonner.
« Tu ne réponds pas ? » Demanda le blond.
« Non. Je conduis. »
« Parce que d’habitude ça t’arrêtes ? » Danny se pencha et vit le nom de l’appelant s’afficher. Il fronça les sourcils. « Je croyais que vous aviez passé un bon moment l’autre jour ? En tout cas d’après Grace, vous aviez l’air de bien vous entendre... » Steve resta silencieux.
« Alors ? » Insista Danny. « Qu’est-ce qui ne va pas ? »
« Pourquoi quelque chose te fait croire que ça ne va pas ? »
« Ah non ! Tu ne vas pas recommencer ! C’est pas toi qui me disais l’autre jour que les amis sont là pour parler de ce qui ne va pas ! Et vu ta tête, je sais que ça va pas !! » Steve jeta un regard en coin à son co-équipier, souffla et entreprit :
« J’ai fais un cauchemar. »
« Ok. Je comprends que c’est pas très agréable… mais ça n’a rien d’exceptionnel… »
«Mais cette nuit c’était différent. C’est pas Cath que j’ai vu. C’est… Louise. »
« Bon alors je suis pas psy… mais je dirais que c’est parce que tu as des sentiments pour elle et que ça te fait peur. »
« Et ben heureusement que t’es pas psy ! Parce qu’y aucune chance pour que je te paye pour ça ! »
« Ce que je veux dire, » reprit Danny sans relever « c’est que tu as peur de tes sentiments parce que tu as peur qu’il lui arrive quelque chose à elle aussi, peur de la perdre. J’ai raison ? » Steve ne répondit rien. « Je prends ton silence comme une affirmation. » Conclut Danny. « Tu veux un conseil d’ami ? »
« Je suis pas sûr… »
« Oui, je sais, mes expériences amoureuses ont tendance à tourner au fiasco, mais si j’étais toi, je lui dirais tout. »
« Mais je la connais à peine ! »
« Et si tu veux avoir la chance de la connaître plus, à mon avis, tu devrais lui parler. » La discussion s’acheva là, les deux co-équipiers étant arrivés à destination.

Un peu plus tard dans la journée, les quatre membres du 5-0 s’étaient retrouvés au quartier général pour faire le point.
« Il y avait des employés absents. » Commença Kono. « Beaucoup ont profité de l’occasion pour prendre quelques jours. Mais parmi les présents, rien de suspect. »
« Idem pour nous. » Répondit Danny. « Faut qu’on interroge tout le monde. On va les convoquer ici demain, je vais demander au HPD de nous filer un coup de main. D’ici-là, je crois que vous pouvez rentrer chez vous. La journée de demain va être longue… »

C’était l’heure de la sortie de l’école. Steve s’était adossé à un arbre de l’autre côté de la rue. Depuis sa discussion avec Danny il avait pas mal réfléchis et finalement s’était dit que son ami avait peut-être raison.
Elle était là, discutant avec des parents et faisant au revoir à des enfants. Elle avait l’air parfaitement à son aise, à tel point qu’elle ne replaça pas une fois sa mèche de cheveux derrière son oreille. Pas une seule fois avant d’avoir repéré le brun de l’autre côté de la rue. Elle salua un dernier enfant et traversa pour venir se planter devant Steve.
« Bonjour. »
« Il faut qu’on parle. » dit-il d’une voix mal assurée.
« J’ai essayé de t’appeler toute la journée. »
« Pas au téléphone, et pas ici. » Il avait un air encore plus grave que d’habitude, et plus triste aussi.
« Je vais chercher mes affaires, je reviens. »
Elle revint à peine cinq minutes plus tard. Ils se dirigèrent vers la voiture de Steve et il conduisit jusqu’au bord de l’océan avant de s’arrêter et d’aller s’asseoir sur un rocher face à l’eau. Elle le suivit et s’assit près de lui, attendant qu’il se décide à parler. Il fixait l’océan et visiblement ce qu’il avait à dire le peinait beaucoup. Louise posa une main sur celle de Steve pour l’encourager. Elle avait peur qu’il décide de mettre fin à leur relation qui n’avait pas encore vraiment commencée mais si c’était le cas, il valait mieux qu’il le dise maintenant. Toujours en fixant les vagues, il se lança :
« Elle s’appelait Catherine. Je l’ai rencontrée à l’école militaire et je suis tombé amoureux. On était tous les deux dans la Navy, on se voyait quand on pouvait. Notre relation était en pointillés. Puis je suis revenu à Hawaii, on m’a donné la possibilité de créer une unité d’élite, le 5-0 et d’en être à la tête. On a commencé à se voir plus, c’est devenu vraiment sérieux entre nous. Il m’a fallu du temps mais je me suis rendu compte que je tenais vraiment à elle plus que tout. Et puis elle a quitté la Navy et après une expérience dans le privé qui a tourné court, je lui ai proposé une place dans l’équipe. » Il marqua une pause et serra la main de Louise comme pour se donner le courage de continuer. « C’était il y a deux ans. On bossait sur un réseau de trafique de drogue. On avait préparé minutieusement notre intervention. Mais ça a mal tourné. Le chef du gang s’est enfui, mais avant ça, il lui a mis une balle dans la tête. » Louise ferma les yeux un instant. Elle venait de comprendre ce qui le rendait aussi triste. Elle passa son bras autour de ses épaules. « Depuis… je… j’arrive pas à remonter la pente. Je me sens mal, je me sens coupable. » Il sentait les larmes monter à ses yeux. Louise caressait le dos de sa main avec son pouce : Ce simple petit geste le réconforta et il continua : « Je croyais que je méritais plus de connaître quoi que ce soit de bien, mais… » il la regarda « on s’est rencontrés et… tout a changé. Aujourd’hui, j’ai envie d’avancer. De reconstruire quelque chose, seulement je sais pas si j’y arriverai. » Les larmes qu’il avait retenues commençaient à perler au coin de ses yeux. Elle resserra son étreinte autour de lui et sentir qu’elle était là pour le soutenir lui donna le courage de tout dire : « Je fais des cauchemars. Toujours le même. Je revis ce moment encore et encore. Sauf que depuis que je t’ai rencontrée, y a des variantes. J’ai peur de trahir la mémoire de Catherine. Mais j’ai aussi peur que si je m’attache trop à toi, il t’arrive quelque chose… » Cette fois les larmes coulaient sur ses joues.
« Steve… » Elle ne savait pas trop quoi lui dire. Elle était touchée par ce qu’il venait de raconter, mais encore plus par le fait qu’il lui ait parlé parce qu’elle en était certaine, ça signifiait qu’elle comptait pour lui. Et lui, comptait vraiment pour elle. Elle le prit dans ses bras et dit simplement :
« Tu t’en sortiras. A nous deux on y arrivera. On prendra le temps dont tu auras besoin, mais on y arrivera… » Blotti contre elle, le visage enfoui dans son cou, il se laissa aller à pleurer. Il comprenait maintenant ce qui l’attirait tant chez elle. Oui, elle était jolie, mais il y avait autre chose… C’était pourtant évident quand on la voyait avec les enfants, mais c’était pas seulement dû à son boulot, c’était sa nature. Elle était compréhensive, mais surtout il se dégageait d’elle une infinie douceur capable de consoler les plus petits chagrins comme les plus grandes douleurs.


Halia  (13.07.2014 à 14:35)

Le lendemain, à la première heure, le 5-0 aidé du HPD commencèrent à interroger un à un les employés du bâtiment incendié. La journée fut longue et fatigante pour tout le monde. Alors pour se détendre un peu le soir venu, ils décidèrent d’aller se détendre autour d’un verre. Kono avait proposé à Adam, avec qui les choses semblaient s’être apaisées depuis quelques jours, de les rejoindre. Chin avait invité Leilani. Après avoir hésité, Steve avait finalement décidé de proposer à Louise de les rejoindre, ce qui avait enchanté la jeune hawaïenne, impatiente de mieux connaître celle qui rendait enfin le sourire à son ami. La soirée se déroulait dans une bonne ambiance, même si Chin restait encore un peu méfiant vis-à-vis de Louise et que Danny se demandait toujours pourquoi il avait poussé Steve vers elle au lieu de tenter sa chance. Kono, elle, semblait très bien s’entendre avec la jeune-femme.
Quand le téléphone d’Adam sonna, il s’éloigna un moment pour y répondre et revint quelques minutes plus tard avec l’air beaucoup plus tendu. Sa petite-amie l’avait remarqué et le rejoignit pour tenter de savoir ce qui n’allait pas mais leur conversation tourna vite en dispute provoquant le départ précipité du jeune-homme. Quand elle retourna auprès des autres, les regards interrogatifs qu’ils lui lancèrent la fit se sentir obligée de justifier ce départ précipité par une affaire urgente à régler. Mais son air triste ne trompait pas ses amis et même si personne n’avait osé aborder le sujet, tout le monde se doutait qu’il s’était passé quelque chose.

Les deux jours suivants, les quatre membres du 5-0 passèrent leurs journées à interroger les employés, mais aucun ne paraissait suspect ni ne semblait avoir fourni le code de l’alarme du bâtiment à qui que ce soit.

Un matin, Kono et Louise se retrouvèrent sur la plage. Les deux jeunes femmes s’étaient pas mal rapprochées et l’hawaïenne avait proposé à sa nouvelle amie de lui apprendre à surfer. Elles sortirent de l’eau et après s’être séchées s’assirent sur le sable.
« Alors ? » demanda la brune curieuse « Steve et toi, vous en êtes où ? »
« Heu… on se voit. » Répondit Louise embarrassée. Ça faisait maintenant plusieurs jours qu’ils se voyaient régulièrement, passant des heures à discuter en se promenant, apprenant à mieux se connaître et appréciant le temps qu’ils passaient ensemble.
« Aller ! » insista Kono. « Il se passe bien quelque chose entre vous ? Depuis qu’il t’a rencontré, il est… différent. J’ai enfin l’impression de le retrouver. » Louise replaça sa mèche de cheveux.
« Je tiens beaucoup à lui. On passe du temps ensemble, on discute... »
« T’es hyper patiente quand même. Ou alors t’as pas envie que ça aille plus loin… ?»
« Kono ! »
« Désolée, je suis un peu trop curieuse. »
« C’est rien. » Elle hésita un instant puis tout en jouant nerveusement avec le sable confia : « C’est pas que je veux pas, mais… je veux pas le brusquer. » Kono lui adressa un sourire complice. Elle avait remarqué que Louise était plutôt timide et savait que Steve était loin d’être doué avec les femmes. Puisqu’elles en étaient à parler de leur vie amoureuse, Louise demanda à son tour :
« Et toi et Adam, vous êtes ensembles depuis longtemps ?
« Ça fait quatre ans. »
« Alors c’est sérieux, non ? »
« Heu… oui pourquoi ? »
« Tu vas peut-être me dire que ça me regarde pas, mais j’ai eu comme l’impression que c’était un peu tendu l’autre soir entre vous… » L’hawaïenne hésita. Elle n’avait encore parlé de ses problèmes avec Adam à personne et ça lui pesait de plus en plus.
« C’est vrai qu’en ce moment… tout ne va pas pour le mieux entre nous. Il y a un sujet sensible et… on finit toujours par s’engueuler avant d’en parler sérieusement. » Sans comprendre ce qui lui arrivait, Kono sentit les larmes lui monter aux yeux.
« Hey… c’est peut-être pas si grave… »
« Si tu savais ! » Eclata la brune qui ne pouvait plus retenir ses larmes. Prise au dépourvu, Louise passa maladroitement un bras autour des épaules de la jeune-femme. Si elle avait su ce que sa question provoquerait, elle se serait abstenue.
« Je sais qu’on se connait à peine, mais si tu as envie d’en parler… » Elle n’en pouvait plus de garder tout ça pour elle. Et elle se dit que finalement, la personne qui la connaissait le moins serait peut-être la plus objective et celle qui serait de meilleur conseil.
« Tu me promets d’en parler à personne ? Et surtout pas à Steve, hein ! » Elle acquiesça et Kono commença à raconter son histoire avec Adam jusqu’à là où ils en étaient, là où elle en était aujourd’hui.

Un peu plus tard dans la journée, les policiers avaient enfin fini d’interroger les employés, mais ils n’étaient guère plus avancés. Chacun travaillait dans son bureau à se creuser la tête en examinant les informations qu’ils avaient recueillies auprès des employés quand Danny remarqua de l’agitation dans le bureau de Kono. Quelques minutes plus tard, elle leur faisait signe de la rejoindre autour de la table tactile.
« T’as trouvé quelque chose ? » Interrogea Danny.
« Ça se pourrait ! » Répondit la jeune femme avec une mine réjouit. « On a interrogé tous les employés. Enfin presque. Il en manquait six à l’appel qui ont profité de ces congés pour quitter l’île. J’en ai joint quatre par téléphone, je les ai interrogé, rien à signaler. Par contre sur les deux manquants, j’ai fait une petite recherche. Et il se trouve que celui-ci – elle pianota sur l’ordinateur central pour afficher son dossier à l’écran – David Harris, 34 ans, a pris un vol le lendemain de l’incendie pour Seattle dont il est originaire ! »
« Tiens donc… » médita Chin « on en revient toujours à cette ville. »
« Oui. Et tenez vous bien, j’ai cherché son dossier, mais, comme par hasard, il fait parti de ceux qui ont été détruits par le virus informatique. »
« Donc t’as pas pu trouver de lien avec les évènements des autres villes ? » Demanda Danny pressant.
« Un peu de patience. » Lui lança Kono avant de poursuivre. « J’ai dis que son dossier en tant qu’employé des services de l’éducation avait disparu, pas que j’avais pas retrouvé sa trace. Et ça n’a pas été très difficile car il a un casier. A 16 ans, il a mis le feu au garage des voisins de ses parents. Et 6 ans plus tard, une autre plainte a été déposée contre lui pour avoir incendié la voiture de son ex petite-amie. Et tenez vous bien, il s’agit… d’Amy Anderson, notre victime de meurtre ! » Les trois autres la regardèrent avec de grands yeux.
« Mais tu sais pourquoi il a fait ça ? » Demanda Chin perplexe.
« Et bien j’ai passé un petit coup de fil à une amie de notre victime pour en savoir plus. »
« Attends une minute ! » La coupa Steve. « Ne me dit pas que c’est à Louise que tu as téléphoné ! »
« Si, pourquoi ? »
« Parce qu’elle était proche d’Amy et que je veux pas qu’on lui rappelle de mauvais souvenirs ! »
« Heu… Je comprends que tu veuilles la protéger… » intervint Danny « mais je te rappelle qu’elle est toujours témoin dans une affaire de meurtre en cours. Donc Kono a bien fait ! » Steve le fusilla du regard, mais ne répondit rien. Il savait que Danny avait raison, mais il aurait espéré qu’on ait plus besoin de lui reparler de ce triste évènement.
« Continue Kono . » lui assigna le blond.
« Donc, Louise s’est souvenue que David et Amy avait eu une aventure. Elle a finit par le quitter, il l’a pas supporté et il a brûlé sa voiture. »
« Mais c’était il y a prés de dix ans, tu crois qu’il aurait attendu tout ce temps s’il voulait la tuer ? » Demanda Chin sceptique.
« Et bien, justement c’est pour ça que Louise ne nous en avait pas parlé. Mais en fait, si Harris a finit à l’administration et non dans une école, c’est justement à cause de cet incident. Il a dû quitter la fac et n’a jamais eu son diplôme. Donc il pourrait lui en vouloir. Il bossait à New-York, entre parenthèse ville qui a connu un incendie, jusqu’à ce qu’il demande sa mutation pour Hawaii il y a deux ans et demi, soit quelques mois après Amy… »
« Ça fait beaucoup trop de coïncidences pour moi ! Faut interroger ce gars ! » Conclut Danny.
« Ouai, sauf qu’il ne répond pas au téléphone. D’après la compagnie auprès de laquelle il a acheté ses billets, il est censé rentrer dans trois jours. » Danny soupira. Cette fois ils avaient un suspect idéal et en plus pour leurs deux enquêtes, mais il fallait attendre pour pouvoir lui mettre la main dessus…
Alors que la journée était déjà bien entamée, chacun bossait dans son bureau à faire de la paperasse. Il fallait notamment rassembler tout ce que Kono venait de leur apprendre pour pouvoir obtenir un mandat de perquisition pour la maison de leur suspect.
La jeune policière profita d’une petite pause bien méritée pour aller frapper à la porte du bureau de Steve.
« Je peux? » Demanda la jeune femme un peu gênée. Il acquiesça. « Je suis désolée… mais Louise était la seule qui pouvait me donner ses informations et je crois qu’elle était contente de pouvoir nous aider. » Steve la regarda et lui adressa un sourire.
« Je sais que tu as fait ton boulot et je suis désolé de mettre un peu emporté. C’est juste que… »
« Que tu voudrais la protéger parce que tu tiens à elle. » Il baissa les yeux un peu embarrassé. « Je l’aime bien et je trouve que vous allez bien ensemble. » Continua la brune avec une idée en tête. « Ça fait déjà plusieurs jours que vous vous voyez. T’as pas envie de plus que des balades et des discussions ? »
« Kono ! »
« Ben quoi ! Elle aussi elle tient à toi, elle est patiente mais elle va peut-être pas t’attendre indéfiniment. »
« Elle t’a dis quelque chose ? » Demanda-t-il l’air inquiet.
« Qu’elle voulait pas te brusquer. Elle attend un signe de ta part. »
« Mais je sais pas… »
« Ho ! Steve ! Enfin ! T’es plus un gamin ! Je sais pas moi, invite là à un dîner romantique ! »
« Tu crois ? »
« Mais oui ! Fonce ! Tout ce que tu risques, c’est qu’elle dise oui ! »
« Ben justement… »
« Justement quoi ? Tu la trouves pas attirante ? »
« Heu…Si » bredouilla-t-il troublé.
« Alors arrête de réfléchir et suis ton instinct. T’as des sentiments pour elle, ça saute aux yeux ! Ecoute les et tout ira bien. »


Halia  (14.07.2014 à 14:22)

Sur les bons conseils de Kono, Steve invita donc Louise à dîner le soir même dans un resto que lui avait conseillé son amie. Après avoir pris une douche, il se regarda dans le miroir et soupira. Avec ces nuits trop courtes qui s’enchainaient, il avait vraiment une tête à faire peur ! Il se demandait ce que Louise pouvait bien lui trouver, mais il se sentait tellement bien avec elle qu’il devait mettre toutes les chances de son côté et décida d’au moins faire l’effort de se raser.
A 19h, il se présenta devant chez elle. Quand elle apparut, il sentit son cœur accélérer et resta bouche bée d’admiration. Elle portait une robe en satin vert pâle qui laissait apparaitre ses longues jambes parfaitement dessinées. Elle avait relevé ses cheveux en chignon, dégageant ses épaules et sa nuque et mettant ainsi en valeur son cou gracieux. Elle s’était légèrement maquillée, ce qui tout en restant très naturel, faisait ressortir ses magnifiques yeux verts. Elle hésita, puis se décida à déposer un baiser sur la joue du brun.
« T’es ravissante… » Murmura-t-il.
« T’es pas mal non plus… Je te trouve beaucoup mieux sans la barbe. » Lui répondit-elle avec un sourire timide.
Depuis le temps qu’ils discutaient, elle savait presque tout de lui, de ses parents, de sa sœur, de ses amis, de son passé dans la Navy. Lui qui se confiait rarement lui avait dit autant de chose, voir peut-être plus, sur lui en quelques jours qu’il n’en avait dit à Danny au cours des six dernières années. Et inversement, elle lui avait raconté que ses parents avaient finis par lui avouer à l’adolescence qu’elle avait été adoptée à l’âge de quatre ans. N’ayant aucun souvenir de sa petite enfance, elle avait été bouleversée par cette révélation et avait traversé une mauvaise période, cherchant à savoir d’où elle venait et qui elle était réellement. Cette période trouble de sa jeunesse avait fini par mettre en péril la carrière de danseuse pour laquelle elle s’entrainait depuis toute petite. Elle n’avait jamais réussi à trouver quoi que ce soit sur ses parents biologiques et il lui avait fallu pas mal de temps pour pardonner ce mensonge à ses parents adoptifs. Mais elle avait fini par accepter de ne pas savoir qui étaient ceux qui l’avaient conçue et comprendre que c’était l’amour que lui avaient toujours porté ses parents adoptifs qui avait fait d’elle ce qu’elle était aujourd’hui. Et c’est persuadée du rôle primordial des adultes auprès des enfants, qu’elle s’était dirigée vers l’enseignement. C’était sa façon à elle de contribuer à l’amélioration du monde en apportant aux plus jeunes ce qui leur permettrait de se construire et devenir des gens biens.

A la fin de la soirée, il la raccompagna jusqu’à sa porte.
« J’ai passé une très bonne soirée. » dit-elle. Ses pommettes commençaient à rougir et elle replaça sa mèche de cheveux derrière son oreille gauche.
« Moi aussi » Lui répondit Steve.
« Bon… Bonne nuit. » Dit-elle en ouvrant la porte. Il repensa alors à ce que lui avait dit Kono et chassa tous les doutes de sa tête. Il l’attrapa par la taille et l’attira doucement vers lui. Ils restèrent un instant les yeux dans les yeux, puis leurs lèvres se rapprochèrent et il finit par l’embrasser tendrement. Quand ils se séparèrent, il s’attarda un instant dans ses yeux avant de bredouiller :
« A demain … ? » Elle lui sourit et disparut derrière la porte sans un mot.

Dans une voiture grise garée à quelques dizaines de mètres de là, quelqu’un avait observé toute la scène. Cette personne avait d’abord été ravie qu’Hawaii soit sa nouvelle destination. Mais plus les jours passaient et plus les mauvaises surprises s’accumulaient. Et la tournure que prenait cette relation ne l’enchantait pas beaucoup. « T’as jamais eu bon goût en matière de mec ! Et un flic en plus… »

Le lendemain matin sur la plage, les deux jeunes femmes se retrouvèrent comme elles en avaient maintenant l’habitude.
« Je crois que je dois te remercier ! » Lança Louise à Kono avec un sourire complice.
« Pourquoi ? » Demanda-t-elle innocemment.
« Et bien, Steve m’a invitée à dîner hier soir… »
« Ho ! Et qu’est-ce qui te fait croire que j’y suis pour quelque chose ? »
« Peut-être le fait que tu m’aies parlé de ce resto la semaine dernière… »
« Tu pourrais être flic… » Dit la jeune femme en riant. « Et alors ? Comment s’est passé la soirée ? »
« Très bien… » Répondit Louise en soupirant. Mais ne souhaitant pas trop s’attarder, elle demanda à son tour :
« Et toi ? T’as pu parler avec Adam ? » L’Hawaïenne prit alors un air triste avant de répondre.
« Il est parti en voyage au Japon pour la semaine. »
« Mais faut que tu lui dises, Kono ! Tu peux pas rester comme ça… » Elle haussa les épaules avant de lancer :
« On se fait une dernière vague ? » Et de s’élancer vers l’océan sa planche sous le bras.

Quelques instants plus tard, dans la camaro, Steve au volant avait un sourire inhabituel accroché aux lèvres, ce qui attira l’attention de Danny.
« Dis donc toi, ça a l’air d’aller ce matin. Et puis en plus tu t’es rasé… Qu’est-ce qui t’arrives ? »
« Mais rien ! Qu’est-ce que tu vas encore chercher ! »
« A d’autres Steven ! Je suis sûr que tu me caches un truc. » Il réfléchit un instant. « T’as passé la nuit avec Louise ? » Demanda-t-il soupçonneux.
« Non, mais Danny ! Ça te regarde pas ! »
« Excuse moi, mais je pensais qu’en tant que meilleur ami, si justement ça me regardait. » Steve gara la camaro devant la maison de Harris et avant de descendre lança au blond :
« Et bien non ! C’est ma vie privée !»
En sonnant, ils eurent la surprise de découvrir derrière la porte une jeune femme brune se présentant comme Mme Harris.
« Vous n’êtes pas en vacances avec votre mari ? » Demanda Danny.
« Non. Mais mon mari n’est pas vraiment en vacances, il est parti voir sa mère souffrante à Seattle. »
« Heu…, Madame Harris. » Commença Danny.
« Votre mari est suspecté dans un affaire de meurtre et une autre d’incendie criminel. On doit fouiller la maison et vous posez quelques questions. » Continua Steve qui avait hâte de pouvoir mettre un terme à cette affaire.
« Mais… je comprends pas… » Balbutia la femme.
« Madame Harris. » Reprit Danny. « Est-ce que votre mari vous a déjà parlé d’une certaine Amy Anderson ? »
« Je sais pour le fait qu’il ait incendié sa voiture à la fac après leur rupture, si c’est ce que vous voulez dire. »
« Et bien il se trouve qu’elle est morte il y a un peu moins de deux semaines. » Enchaina Steve.
« Où était votre mari le mardi 8 matin, aux alentours de 9h ? »
« A son travail ! »
« Et non. Justement on a vérifié auprès de ses collègues, il a été absent ce jour-là. » La femme sembla réfléchir un instant, puis s’empressa d’ajouter :
« Ah oui ! Ce jour là, il a pris sa journée pour s’occuper de moi car j’étais malade. »
« Comme c’est mignon, et pratique ! » Lança Steve ne croyant pas un mot de tout ça.
« Vous insinuez que je mens ? » Répondit la femme qui supportait de moins en moins le ton accusateur du policier. « Mon mari n’a pas revu cette femme depuis le jour où il a brûlé sa voiture ! Ce n’est pas lui ! »
« Et c’est une coïncidence qu’il soit muté à Hawaii à peine un an après elle ? »
« Oui ! C’est moi qui lui ai demandé de me suivre après qu’on m’ait proposé un poste ici ! » Avant que Steve ne puisse répondre quoi que soit, Danny intervint :
« Ok. On vérifiera tout ça. En attendant on a un mandat pour fouiller la maison. »
« Faites donc ! » Conclut la femme en les laissant entrer avec un air renfrogné.
Après une visite minutieuse, Steve et Danny trouvèrent des couteaux de cuisine tout à fait ordinaires, comme celui qui avait servi à assassiner Amy, qu’ils décidèrent de faire envoyer à Charlie Fong pour examen, ainsi que deux bidons d’essence dans le garage, ce qui n’avait rien d’extraordinaire mais vu les circonstances, une analyse de leur composition fut également demandée.
Sur le chemin du retour, Danny fixait Steve.
« Quoi ? » Demanda le brun.
« Tu sais, je suis ravi que tu t’impliques à nouveau dans nos enquêtes, mais par contre j’apprécierais un peu plus de… tact de ta part. »
« De quoi ? »
« Tu m’as très bien compris. C’est pas parce que ta copine est liée à cette enquête que je tolèrerai un comportement comme celui que tu as eu avec Madame Harris ! »
« Non mais t’es sérieux ? C’est la femme de notre suspect et comme par hasard, elle lui sert d’alibi ! »
« Ce n’est pas une raison pour être désagréable ! Je sais bien que tu as rarement fait dans la finesse, mais aujourd’hui, on fait à ma façon ! Fin de la discussion ! » Steve lança un regard noir à Danny avant de fixer la route alors que le blond croisait les bras et faisait de même.

Le midi, ils se rendirent chez Kamékona pour le déjeuner et puisque Chin avait proposé à sa petite amie de les rejoindre, Steve avait fait de même. Louise était en retard et arriva la dernière. Quand il la vit arriver, Steve se leva et alla l’accueillir d’un baiser. Si Kono n’était pas surprise, ce ne fut pas le cas des autres, mais tout le monde se réjouit. Seul Danny fit une drôle de tête.
« Qu’est-ce que t’as, ça te fait pas plaisir pour eux ? » Demanda Kono.
« Si, je suis ravi ! Et ça explique son air idiot de ce matin.» répondit Danny sur un ton qui ne parut pas complètement sincère.
« Pourquoi je te crois pas ? »
« Ecoute, je suis très content que Steve retrouve enfin le sourire, mais bon, c’est moi qui ai supporté ses humeurs pendant deux ans. A tel point que j’ai fait un trait sur ma vie privée. Alors excuses moi si je ne saute pas de joie ! »
« En fait t’es jaloux… »
« Et bien oui ! Tu peux m’expliquer pourquoi lui et pas moi ? » Chin posa la main sur l’épaule de son ami avec un soupir.
« Ton tour viendra… »
« Mais oui ! » Confirma joyeusement Kono pour lui remonter le moral. « T’es plutôt pas mal et plein de qualités, y a pas de raison ! »
« Merci. » Lui répondit-il en passant son bras autour des ses épaules et déposant un baiser sur sa joue.
« Mais je te rappelle que moi je suis prise ! » Répondit-elle avec un sourire forcé, ne pouvant s’empêcher de se demander comment son histoire avec Adam allait finir.


Halia  (15.07.2014 à 16:38)

Le jour du retour prévu de David Harris à Hawaii, Danny et Steve attendaient leur suspect de pied ferme à l’aéroport. Entre temps, Charlie avait examiné les éléments trouvés à son domicile : les couteaux ne présentaient pas la moindre trace de sang humain, mais ils avaient été méticuleusement nettoyés. Et, l’essence elle, avait une composition identique à celle utilisée dans l’incendie, même si commune sur l’île.
A peine Harris avait-il posé le pied sur le tarmac que les policiers lui passèrent les menottes et l’emmenèrent pour l’interroger.
Danny menait l’interrogatoire tandis que Steve observait l’homme les bras croisés, appuyé contre le mur.
« Alors, Monsieur Harris, pouvez-vous nous dire où vous étiez le matin du 8 ? »
« Ce jour là ma femme était malade, et je suis resté avec elle. Mais elle a dû vous le dire non ? »
« Oui, mais on vérifie. Et la nuit du 11 entre 3h30 et 4h ? »
« Dans mon lit ! »
« Et je suppose que votre femme peut le confirmer. »
« Oui ! » Steve qui commençait à s’impatienter intervint :
« Pourquoi avoir attendu dix ans pour tuer Amy Anderson ? »
« Quoi ? » Demanda alors le suspect étonné. « Mais je croyais que j’étais là pour l’incendie… Mes collègues m’ont prévenu qu’ils avaient tous été interrogés. Et j’ai rien fait !» Se défendit-il immédiatement. « Et je savais même pas qu’Amy était morte… »
« Monsieur Harris. » Reprit Danny. « Vous aviez un mobile et l’opportunité. Ça me paraît mal engagé pour vous. » Sans se démonter, le suspect le regarda droit dans les yeux :
« Vous savez, c’est vrai que j’ai déjà une petite expérience de la justice. Mais j’ai payé ma dette à la société et aujourd’hui je me suis rangé. J’ai rien à me reprocher. Et si vous n’avez pas de preuve que je suis coupable de l’un ou l’autre des faits qui me sont reprochés, vous ne pouvez pas me retenir. » Danny sentit Steve bouillir à côté de lui et posa une main sur le bras de son ami. Il savait que Harris avait raison : ils n’avaient rien de concret contre lui et ils ne pouvaient pas le retenir davantage.
« Il faut qu’on trouve des preuves. » Dit Steve à Danny quand leur homme eut quitté la pièce.

Quelques jours s’étaient écoulés, et toujours pas la moindre preuve contre Harris, mais d’autres affaires étaient arrivées depuis concentrant tous leurs efforts.
Dans son bureau, Kono avait l’air pensive. Chin le remarqua et vint frapper à sa porte.
« Ça va cousine ? » Elle leva la tête en sursautant.
« Je savais pas que tu étais encore là. Tout le monde est déjà parti. »
« Oui. Mais Leilani est de garde. Je suis pas pressé. Kono, qu’est-ce qui ne va pas ? » Insista-t-il.
« Rien ! » Assura-t-elle. Mais elle voyait bien que son cousin n’était pas prêt à abandonner. Alors elle avoua : « Adam est parti au Japon depuis plusieurs jours et j’arrive pas à le joindre. »
« Tu crois qu’il a des ennuis ? »
« Non. Je ne pense pas. Mais… Je peux pas m’empêcher de m’inquiéter. »
« Aller. Il va vite revenir. » Dit-il en passant un bras autour de ses épaules. « Ça te dis de venir dîner avec moi. » Elle le regarda et lui adressa un sourire en acceptant.

Ce soir là, Louise retrouva Steve sur la plage derrière chez lui. Assis l’un près de l’autre sur le sable, elle lui racontait les bêtises toutes les plus inventives les unes que les autres de ses jeunes élèves, puis elle voulut en savoir un peu plus sur sa journée à lui :
« Et toi ? Ta journée ? »
« Rien de très extraordinaire. On a résolu une affaire de vol bidon. » Alors qu’elle le regardait avec un air interrogatif, il poursuivit. « Un mec qui avait fait croire au vol de plusieurs objets de valeurs chez lui pour toucher les indemnités d’assurance. Mais il s’était donné beaucoup de peine pour faire croire à un vrai cambriolage. » Il n’aimait pas trop aborder le sujet de son travail depuis que Kono avait interrogée sa petite amie sur leur suspect, sachant que tôt ou tard, la question serait posé. Et ça ne manqua pas :
« Et Harris ? Vous avez trouvé des preuves contre lui ? »
« Toujours rien… » Répondit le brun embêté. Elle détourna la tête et fixa l’océan pour tenter de dissimuler son air triste. Il passa un bras autour de ses épaules pour la réconforter : « On trouvera. T’en fais pas. Il s’en sortira pas comme ça ! » Il resserra son étreinte et elle se blottit contre lui. Ne voulant pas gâcher ce moment par des pensées noires, elle changea rapidement de sujet et en contemplant les lieux dit :
« Cet endroit est vraiment magnifique. Maintenant que tu me l’as montré, attend toi à me voir souvent ici ! »
« Mais ça ne me dérange pas ! Au contraire ! » Un sourire se dessina sur le visage de la jeune femme et il ne put s’empêcher de l’embrasser.
« Hum, hum ! » Un raclement de gorge derrière eux les fit sursauter. « J’ai sonné mais comme je n’ai pas eu de réponse, je me suis permise d’entrer. » Annonça une femme d’âge mur, cheveux courts qui les observait. Puis, sans paraître gênée le moins du monde de les avoir dérangés, elle tendit une main vers Louise : « Doris Mc Garrett. La Maman. » Dit-elle en désignant Steve d’un mouvement de tête. « Vous devez être Louise ? Je suis contente de vous rencontrer. Je peux m’asseoir ? » Ce qu’elle fit sans attendre la réponse, tirant un soupir exaspéré à son fils.
La soirée avançait et Doris ne semblait pas pressée de partir, posant de multiples questions à la jeune femme. Steve avait remarqué que Louise avait rougie à plusieurs reprises et replaçait souvent sa mèche de cheveux, signe qu’elle était nerveuse. Il lui était venu en aide plus d’une fois, tentant de remettre à sa place sa mère dont l’interrogatoire devenait gênant. Après plus d’une heure à avoir imposé sa présence, Doris finit par se souvenir qu’elle était au départ venue dans un but précis.
« Je peux emprunter ton ordinateur ? Je dois absolument consulter ma messagerie et le mien est en panne. » Demanda-t-elle en se dirigeant vers le bureau. Il la rattrapa quelques instants plus tard et fut surpris de la voir taper son mot de passe et accéder à sa session.
« Tu connais mon mot de passe ? » Elle sursauta et, tentant de cacher sa gêne, déclara avec un sourire maternel :
« Je te rappelle que je suis ta mère… tu n’as pas de secret pour moi ! » Elle voyait bien que son fils la regarder d’un air septique, alors sans lui laisser le temps de réagir, elle ajouta : « J’ai suffisamment abusé de votre temps comme ça. Je vous laisse profiter de la fin de la soirée ! » Elle les salua rapidement d’un signe de la main et referma la porte derrière elle, laissant Steve perplexe. Il repensa au jour où il l’avait trouvé dans son bureau, soi disant en train de l’attendre pour l’inviter à déjeuner. Quand ils étaient revenus, il s’était rendu compte que son ordinateur était resté allumé, chose qui l’avait surpris car pas dans ses habitudes. Puis il secoua la tête pour chasser ses idées paranoïaques , raccompagna sa mère à la morte pour être certain qu’elle quittait bien les lieux et se reconcentra sur Louise, voulant vérifier qu’elle n’avait pas trop mal vécu cette rencontre inopinée.
« Ça va ? »
« Je crois... » Murmura la jeune femme avant de reprendre ironiquement. « Mais si je m’étais attendue à rencontrer ta mère, je me serais préparée. »
« Je suis vraiment désolé qu’elle se soit incrustée et qu’elle t’ait mis dans l’embarras avec ses questions… »
« T’inquiètes pas. C’est une mère, et je sors avec son fils. Crois moi, j’ai vu bien pire ! »
« Dis donc, t’as eu beaucoup de petits amis pour avoir une telle expérience de leurs mères? »
« Non ! » Dit-elle soudain gênée. « Mais j’ai un frère et je te dis même pas comment ma mère a accueilli ses copines ! Pour elle y en avait jamais une d’assez bien pour lui.»
« Tu sais pour elle, poser des questions, c’est une sorte de déformation professionnelle. Mais je suis sûr qu’elle t’apprécie. Et puis même si c’est pas le cas, l’important c’est ce que moi je ressens… »
Il s’arrêta de parler et la regarda ; son sourire la rendait encore plus belle. Il se rendit compte que son silence la rendait nerveuse et devança son geste en replaçant délicatement ses cheveux derrière son oreille avant de s’approcher pour l’embrasser. Leur baiser devint de plus en plus passionné. Elle se serra contre lui, passant une main dans ses cheveux. Il hésitait à la renverser sur la banquette mais sentant qu’elle se laissait aller en l’attirant à lui, ses derniers doutes s’envolèrent. Au fur et à mesure que sa main remontait lentement le long de la cuisse de la jeune femme, effleurant sa peau satinée, il sentait son cœur battre de plus en plus fort et le désir monter en lui.
Il la souleva et la porta jusqu’à sa chambre. Elle déboutonna lentement sa chemise et sentir ses mains caresser son torse le fit frissonner. Il l’enlaça et la fit basculer délicatement sur son lit. Le contact de sa peau contre la sienne, son parfum, la douceur de ses baisers l’enivraient. Ça ne lui était pas arrivé depuis une éternité, mais il se sentait enfin vivant…

Le lendemain matin, quand Steve ouvrit les yeux il fut d’abord surpris de voir la lumière du jour. C’était la première fois depuis deux ans qu’il n’était pas réveillé en pleine nuit par un cauchemar. Puis ses yeux se posèrent sur la femme endormie à côté de lui. Tout ça, c’était grâce à elle : si elle n’avait pas été là, il n’aurait probablement pas cette impression d’être en train de remonter la pente. Il admirait le visage fin et pâle encadré par les longs cheveux châtains étalés sur l’oreiller quand ses grands yeux verts s’ouvrirent. Un immense sourire illumina son visage.
« Bonjour… Bien dormi ? » Demanda-t-elle.
« Merveilleusement bien. » Dit-il en l’enlaçant. « Tu sais que c’est la première fois depuis… » Il hésita « depuis la mort de Catherine, que je ne fais pas de cauchemar. » Elle lui adressa un magnifique sourire et il ajouta : « tu devrais dormir là plus souvent… »
Soudain, ils entendirent un bruit venant du rez-de-chaussée. Steve se leva et s’habilla.
« Reste là, je vais voir. » A peine eut-il quitté la pièce qu’elle s’habilla, se leva et le suivi jusqu’en haut des escaliers. Elle entendit alors des voix venant de la cuisine.
« Tu peux pas frapper ! »
« Quoi ? Je dérange ? »
« Et bien oui ! »
« Bonjour Danny ! » Lança-t-elle en poussant la porte rassurée par la voix qu’elle avait reconnu.
« Ah, oui, effectivement, je dérange… Et ben, je vais vous laisser. Steve, on se voit plus tard. » Lui dit-il avant de partit avec un air grognon.

Quand Louise fut partie au travail, Steve erra un moment dans son salon. Il ne s’en était jamais rendu compte, mais il y avait pas mal de choses lui rappelant Catherine dans cette maison. Et puis, s’il voulait que Louise passe plus de temps chez lui, il allait falloir lui faire un peu de place. Alors il alla chercher un carton dans son garage et monta dans sa chambre. Il ouvrit le placard et commença à plier soigneusement les affaires de son ancienne petite amie avant de les ranger. Ensuite, il fit le tour de la maison et plaça dans le carton les objets et photos de la brune. Il en garda une, celle qu’il trouvait la plus belle et la plaça près de celle de son père. Il referma le carton et retourna le ranger dans le garage. Ça lui avait pris deux ans, mais il sentait qu’une page était en train de se tourner ; il recommençait à vivre et surtout à être heureux.


Halia  (16.07.2014 à 14:30)

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