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Hopes and doubts - suite

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 21.07.2014 à 14h07
Auteur : Halia 
Statut : Terminée

« A peine l’espoir revenu, les évènements font renaître les doutes : Tout ça est-il dû au hasard ? Cette nouvelle rencontre est-elle réellement bienveillante ? A qui peut-on faire confiance ?  » Halia 

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Dans sa chambre d’hôpital, Kono observait l’homme assis à côté de son lit et, reprenant ses esprits, demanda méfiante :
« Qu’est-ce que tu fais ici ? »
« Chin m’a prévenu pour l’agression et pour… » Il ne put finir sa phrase. « Pourquoi tu ne m’as rien dit ? » Demanda-t-il à son tour.
« J’ai voulu t’en parler… Mais tu ne m’en as pas laissé l’opportunité. Et puis, est-ce que ça aurait vraiment changé quelque chose ? »
« Kono ! Bien sûr ! Ça aurait tout changé… C’est notre enfant ! »
« Et ça t’aurait empêché de me voir comme la responsable de ce qui est arrivé à ton frère ? » Il eu du mal à contenir une petite grimace sceptique qui n’échappa pas à la jeune-femme. Elle croisa les bras en s’enfonçant dans son oreiller, lui jetant au passage un regard sombre. Voyant sa mine contrariée, il tenta de se justifier.
« J’ai tué mon propre frère, Kono. Il était ce qu’il était, mais c’était mon frère ! Je ne peux pas faire comme s’il ne s’était rien passé… » Ça, elle pouvait le comprendre. Elle avait même été la première à s’inquiéter de ce qu’il pouvait ressentir après ces évènements, mais il avait toujours fui le sujet jusqu’à maintenant. En faisant cet aveu, il avait baissé la tête. Elle savait que c’était pour tenter tant bien que mal de cacher sa peine et elle posa une main sur son bras en signe de réconfort. Encouragé par ce geste, il continua. « J’ai beaucoup réfléchi ces derniers jours… et encore plus depuis les messages de Chin. Je crois… non, je suis certain que j’ai eu tort ! Mon oncle du Japon n’a jamais compris mon choix de vouloir légaliser les affaires de mon père. Et encore moins comment j’ai pu te choisir toi. Et il a profité de mon chagrin et de mes doutes pour m’éloigner de toi et me rallier à sa cause. Mais tout ça c’est fini ! Aujourd’hui je sais ce que je veux : être auprès de toi et de notre futur bébé. Je sais que si je ne l’avais pas fait… » Il marqua une courte pause ; les mots restaient bloqués dans sa gorge. Il savait qu’il devait le reconnaître, alors il inspira profondément avant de finir. « C’est nous qui ne serions plus là aujourd’hui. » Kono serra sa main dans la sienne, touchée par ce qu’il venait de dire, mais resta silencieuse. Elle avait tellement espéré qu’Adam change d’avis, revienne auprès d’elle et que leur vie reprenne son cours. Mais après tout ce qui s’était passé ces derniers temps, les disputes incessantes, son départ soudain… pouvait-elle à nouveau lui faire confiance ? Lisant le doute dans les jolies yeux de celle qu’il aimait, le jeune homme reprit : « Je pourrais comprendre que tu ais besoin de temps. Tu es sûrement fatiguée, je vais te laisser te reposer. » Se reposer ! Kono en avait assez. Rester allongée sur ce lit d’hôpital alors que les autres étaient à la recherche de Steve, elle ne le supportait plus.
« Non, reste ! Tu pourrais faire quelque chose pour moi ? »

Dans la cellule, Steve regardait Louise l’air complètement perdu quand la porte s’ouvrit, laissant passer l’homme qui l’avait torturé accompagné d’une jeune femme brune. A la vue de celle-ci, Louise fronça les sourcils. Un souvenir lui revint alors, comme un flash. Elle était chez Steve, seule un matin, quand on avait sonné à la porte. C’était la dernière chose dont elle se souvenait. Elle remonta beaucoup plus loin dans sa mémoire et se rappela d’elle.
« Je vois que tu as retrouvé tes esprits. J’ai dû faire une erreur quelque part.» Commença la brune. « Dommage… on s’amusait bien. »
L’homme soupira, l’air exaspéré. Il ne lui manquait plus que ça ! Qu’allait-il bien pouvoir faire de tout ce petit monde quand il aurait enfin obtenu ce qu’il voulait ? Mais encore fallait-il que McGarrett se décide à parler !
« Alors, t’as réfléchi ? » Lança-t-il à l’intention de son prisonnier.
« Je dirai rien. » S’entêta Steve qui ne comprenait qu’une chose : il fallait qu’il gagne du temps pour tenter de saisir ce qui se tramait.
« Après ce que je viens de te révéler ? Je t’aurais cru plus intelligent, mais c’est comme tu voudras ! » S’exclama l’homme en empoignant Steve.
« Bouge pas ! » Ordonna la femme pointant une arme vers Louise qui avait esquissé un mouvement pour retenir le brun.
« Où est ta mère ? » Questionna à nouveau l’hispanique.
Quand Louise comprit ce que voulait savoir l’homme, un air de panique passa dans son regard, ce qui n’échappa pas à la femme.
« Attend une minute ! Elle sait. »
« Quoi ? »
« Je suis sûre qu’elle sait ! Je le vois dans ses yeux. Elle a jamais su mentir.»
« Non ! Elle ne sait rien !! » Défendit Steve. Même s’il ne savait plus s’il pouvait faire confiance à Louise, il avait lui aussi remarqué la terreur qui grandissait dans son regard et compris qu’elle avait dû entendre sa conversation avec Joe sur la plage.
« C‘est ce qu’on va voir… » Railla l’homme en balançant Steve à l’autre bout de la pièce avant d’agripper sa nouvelle victime et de la trainer jusqu’à la chaise. La femme pointa son arme sur l’ex-seal pour l’empêcher de faire quoi que ce soit. Louise reçut un premier coup dans l’estomac, puis un autre au visage.
« Je dirai rien... » Dit-elle d’une voix faible mais déterminée en lançant un regard à celui pour qui elle était bien résolue à tenir bon.
Steve était perdu. Elle encaissait les coups, visiblement décidée à ne pas parler. L’homme saisit le bras de Louise et le retourna jusqu’à ce qu’un craquement se fasse entendre, suivi par un terrible hurlement de douleur.
« Parle, ou je recommence. » Cria l’homme.
Steve n’arrivait plus à réagir. Il la voyait souffrir, les larmes coulant sur son visage livide ; elle était visiblement au bord de l’évanouissement. Il devait donc choisir entre la femme qui avait été présente pour le soutenir et le réconforter au cours de ces deux dernières années, sa mère, mais qui n’avait peut-être agit comme ça que parce qu’elle était responsable de ce qui était arrivé à Catherine, et celle qui lui avait permis de retrouver goût à la vie, à qui il avait accordé sa confiance mais qui avait finit dans les bras de son meilleur ami avant de l’attirer dans ce traquenard. Mais sa façon de lui caresser la main, de le prendre dans ses bras, le frisson qui l’avait parcouru quand leurs regards s’étaient croisés… Il avait l’impression d’avoir affaire à deux personnes différentes. Et puisqu’elle avait l’air de savoir, pourquoi n’avait-elle rien dit ni avant, ni maintenant ? Il n’eut pas le temps d’aller plus loin dans ses réflexions, l’homme se saisissant à nouveau du bras de la jeune femme.


Halia  (31.07.2014 à 12:40)

A peine était-il entré dans la chambre que Kono se redressa avec une grimace.
« T’en as mis du temps ! »
« Hey ! Tu m’as promis de rester allongée. T’es censée te reposer ! » Lui rappela Adam d’un air réprobateur.
« Comment tu veux que je me repose avec cette histoire ! » Elle se rongeait nerveusement un ongle avec un air pensif.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« J’en sais rien, y a un truc qui cloche… » Elle passa une main sur ses pansements en secouant la tête. « Droitier… mon agresseur est droitier… » Elle saisit son ordinateur qu’il venait de lui apporter et se mit à pianoter frénétiquement.
« Qu’est-ce que tu cherches ? »
« Je sais pas encore, mais y a quelque chose qui colle pas. » Alors qu’il la regardait avec un air perplexe, elle développa :
« D’après ce que m’a dit Chin, Louise est l’auteur de plusieurs crimes. Et d’après les différentes autopsies, le coupable est un droitier. »
« Comme ton agresseur que tu as formellement identifié comme étant Louise… »
« Sauf que j’en suis certaine, Louise est gauchère… »

L’homme affichait un sourire sadique en observant l’effroi et la douleur sur le visage de sa victime. Il s’apprêtait à exécuter son prochain mouvement quand il fut stoppé dans son enthousiasme.
« NON !!! » cria Steve. « Arrêtez !! Je vous direz tout ce que vous voulez savoir, mais laissez là… » La décision avait été difficile à prendre mais Doris avait déjà prouvé par le passé qu’elle savait se débrouiller seule et à ce moment précis il était plus préoccupé par le sort de la jeune-femme. Pour sa mère, il serait toujours tant d’aviser plus tard.
Relâchant sa prise, l’homme s’approcha alors de lui d’un air satisfait.
« Je vois qu’on devient raisonnable. Alors ? »
« Elle se cache en Chine, dans la province de Zhejiang , c’est tout ce que je sais. »
« De toute façon, je vais vérifier. » Ajouta-t-il avant de sortir de la pièce. Sa complice jeta un regard glacial aux prisonniers et le suivi. Une fois dehors, elle rattrapa l’homme.
« Hey, on avait dit que quand t’aurais ton info, je pourrais faire de lui ce que je veux ! »
« Oui, mais je ne vais pas te laisser le tuer avant d’avoir vérifié ces dires. Je dois y aller. Et pas de conneries en mon absence ! » Elle le regarda partir d’un air sombre mais se résolu à lui obéir, au moins pour l’instant. Après toutes ces années et ces tentatives, elle tenait enfin sa vengeance. Elle pouvait bien patienter quelques heures de plus.

Une fois seuls, Steve s’approcha de Louise, étendue sur le sol, à la limite de la conscience.
« Louise… » dit-il doucement en essayant de la prendre dans ses bras le plus délicatement possible. Il ne comprenait toujours pas ce qui c’était passé ces derniers jours mais ce qu’il savait c’est qu’elle avait gardé son secret. Il passa doucement sa main non blessée dans ses cheveux, puis se lança :
« Mais qu’est-ce que ça veut dire tout ça… ? » Elle se força à ouvrir les yeux et le fixa d’un air interrogateur, n’étant pas sure de comprendre sa question.
« Je… » Balbutia-t-elle. « J’ai entendu ta conversation sur la plage. Je voulais pas, mais j’ai entendu… Mais je te promets, j’aurais pas parlé. »
« Mais pourquoi n’avoir rien dit après tout ce que tu as fait… ? »
Elle sentit son cœur sauter un battement et tenta de se redresser tant bien que mal. Elle fixait son regard et la tristesse qu’elle vu dans ses yeux la blessa. Elle inspira profondément pour tenter d’éclaircir son esprit et demanda en fronçant les sourcils :
« Mais… de quoi tu parles ? » De plus en plus en proie au doute, il demanda à son tour :
« De quoi tu te souviens ? »
« J’ai passé la nuit chez toi, t’es parti travailler... On a sonné à la porte et… c’était elle. » Raconta-t-elle en jetant un regard vers la porte pour désigner la femme qui venait de sortir.
« Et après ? »
« Je me suis réveillée un peu plus tard dans la pièce d’à côté. » Il la regardait avec insistance et elle put lire l’incompréhension dans son regard. Comment était-il possible qu’elle n’ait aucun souvenir de tout ce qui c’était passé ! Et avant de lui laisser le temps de poser la moindre question, il reprit :
« Et cette femme, tu la connais ? » Elle détourna les yeux n’osant plus le regarder.
« Oui… » Murmura-t-elle. « Stacy et moi, on s’est connues au lycée. Mais je ne l’ai pas revu depuis plus de quinze ans. » De sa main valide, elle replaça sa mèche de cheveux derrière son oreille, geste qui signifiait qu’elle était nerveuse. Comme elle ne le regardait toujours pas, Steve posa sa main sur son visage et lui fit doucement tourner la tête. Elle se trouva face à son regard insistant et se sentit obligée de reprendre son explication : « C’était au moment où j’ai appris la vérité sur mon adoption. J’étais tellement triste et en colère, j’ai commencé à trainer avec une petite bande pas très fréquentable du lycée, dont elle faisait parti. La plupart des élèves l’évitaient. Elle avait la réputation d’être méchante, manipulatrice… Mais on a découvert qu’on avait un peu la même histoire : on était toutes les deux passées par l’orphelinat, on ne savait rien de nos origines. Je pensais qu’elle était juste seule et malheureuse, comme moi, et on a fait une sorte de pacte : toujours être là pour l’autre, rien ne nous séparerait. Je me suis laissée entrainée et on a fait pas mal de choses dont je suis loin d’être fière aujourd’hui, beaucoup de bêtises d’ado, et puis on voulait oublier notre douleur alors… y a eu l’alcool, les drogues... Et puis un jour je me suis retrouvée à l’hôpital après une expérience qui avait mal tournée. Mes parents adoptifs m’ont interdit de la revoir et m’ont envoyée dans un centre pour ado dépendants. Je les ai détestés, mais ils m’ont sûrement sauvé la vie… j’ai mis des semaines à le comprendre. Quand je suis retournée en cours, Stacy s’était faite virée du lycée. Y avait des rumeurs comme quoi elle avait été envoyée en maison de correction. Je l’ai jamais revue… »
« Jusqu’à la semaine dernière. » Compléta Steve.
« La semaine dernière ? » S’étonna Louise. Et se souvenant de ce qu’il avait dit un peu avant, demanda : « Qu’est-ce que tu voulais dire par « tout ce que tu as fait ? » Qu’est-ce qui c’est passé ? » Il fixait ses beaux yeux verts et vit la peur et l’inquiétude s’y installer.
« C’est rien. » Mentit-il pour la rassurer. Il était de plus en plus certain qu’elle n’avait aucun souvenir de ces derniers jours. Il ne s’expliquait toujours pas le pourquoi de tout ça, mais cette Stacy n’y était sûrement pas étrangère… Mais quel rapport avec sa mère ?

Au volant de la camaro, Danny, Chin et Ana foncèrent vers la propriété de Sanchez. Arrivés sur place, la voiture que leur avait signalée le loueur comme étant la dernière emprunté par Alvarez n’était pas là. Mais ils constatèrent que les végétaux qui entravaient l’accès à la maison avaient été coupés, libérant le passage.
« Cette propriété n’est peut-être pas si abandonnée que ça… » dit Danny plein d’espoir. Ils s’équipèrent de gilets pare-balle et vérifièrent leurs armes. Ils s’avancèrent prudemment vers l’entrée principale mais le rez-de chaussée semblait désert.
« Y avait du monde récemment... » Affirma Ana en désignant des restes de nourriture sur une table.
« Venez voir ce que j’ai trouvé ! » S’exclama Chin à son tour. Il tenait une mallette ouverte contenant plusieurs fioles. « Qu’est-ce que ça peut être ? » Demanda-t-il à ses collègues.
« Peut-être un rapport avec ça… » Intervint Danny en leur désignant le contenu de ce qui semblait être une poubelle.
« Des seringues… » Médita Ana.
« On va porter ça à Charlie. » Ajouta l’hawaïen en plaçant un flacon dans un sachet plastique. Puis il observa le sol attentivement.
« Y a une trappe là. » dit-il en désignant un espace entre deux lattes du plancher. Avec l’aide de Danny, ils l’ouvrirent et découvrirent des escaliers descendant vers un sous-sol. Ils empruntèrent un couloir avec deux portes. La première était ouverte. Ils entrèrent et fouillèrent la pièce qui même si elle était maintenant vide avait visiblement hébergée quelqu’un peu de temps auparavant.
Ils quittèrent les lieux et s’approchèrent de l’autre porte, qui, celle-ci, leur résista.
« C’est fermé ! Il est surement là ! » S’exclama Danny plein d’espoir. C’est alors que le clic d’un revolver qu’on arme, suivi d’une voix se fit entendre derrière eux.
« C’est peut-être ça que vous cherchez… » Dit la brune en balançant la clé au bout de ses doigts, tout en pointant son arme sur la tête d’Ana. « Je vous déconseille de tenter quoi que soit ou elle y passe ! » Elle fixa Danny et avec un sourire vicieux ajouta :
« C’est vrai que t’es pas mal blondinet ! Moi je t’aurais choisi dés le début. Attrape ! » Ordonna-t-elle en lui lançant les clés. « Posez vos armes, ouvre la porte et entrez là-dedans ! »
Le blond s’exécuta et pénétra dans la pièce, suivi de Chin et de l’agent du FBI avant que la porte ne se referme sur eux.


Halia  (01.08.2014 à 12:48)

Quand Steve avait entendu du bruit derrière la porte, il avait instinctivement resserré son étreinte autour de Louise. Même si elle l’avait fait souffrir, il était de plus en plus persuadé de sa sincérité quant à son amnésie et, se sentant de plus en plus fatigué, il ressentait le besoin de se raccrocher à son rôle de protecteur pour ne pas sombrer. La porte s’ouvrit et il ressentit un bref instant de soulagement en voyant entrer Danny et Chin, suivis d’une jeune femme inconnue. Mais ce sentiment fut de courte durée.
« Danny ? Chin ? » S’étonna-t-il en les voyant entrer, sans armes, les mains levées avant que la porte ne se referme derrière la jeune femme qui les accompagnait.
« Steve ! » Danny se précipita vers son meilleur ami mais s’arrêta net en apercevant celle qu’il tenait dans ses bras. Chin avait fait de même et c’est alors la colère qui s’empara de lui.
« Tu vas regretter de t’être attaquée à elle ! » Lança-t-il en pointant un doigt menaçant vers la jeune femme.
« Eloigne toi de lui ! » Somma Danny à son tour. Stupéfaite par cette colère à son encontre de la part de ceux qu’elle considérait comme ses amis, la jeune femme, incrédule, se tourna vers Steve. Ses précédents mots résonnèrent dans sa tête. Elle comprenait qu’il s’était passé quelque chose, quelque chose de grave, et qu’il n’avait pas osé le lui dire. Elle entrouvrit la bouche pour lui demander, mais n’en eut pas le temps. Chin, furieux, l’avait saisie par le bras.
« Kono était ton amie ! Comment as-tu pu !! » Reprit-il en la tirant brusquement pour l’isoler un peu plus loin. La douleur dans son bras se réveilla et elle se mit à crier.
« Lâche là ! » Ordonna Steve qui, malgré sa volonté, n’avait pas eu la force de la retenir.
« C’est une tueuse en série ! Et après ce qu’elle t’a fait, tu vas pas la défendre quand même ! » S’interposa Danny. Le brun planta son regard glacial dans celui qui avait été son co-équipier.
« Ce qu’elle m’a fait ? » Il s’arrêta un instant le souffle lui manquant et fit un effort pour continuer. « Et toi, t’as rien fait peut-être ? » Le blond sentit un nœud se former dans son estomac. La culpabilité refit surface et il n’insista pas. Il n’était pas le seul responsable mais c’était visiblement à lui que son partenaire en voulait le plus. Il le regarda tristement hésitant à dire quelque chose. Mais quoi ? S’excuser ? Se justifier ? De toute façon il allait falloir bien plus pour se faire pardonner... C’est alors qu’il remarqua son état désastreux. A la vue des marques de coups il n’y avait aucun doute sur le fait qu’il ait été frappé assez violemment. Mais ce qui l’inquiétait le plus c’était la pâleur de son visage et sa respiration qui semblait difficile.
La jeune agent du FBI observait la scène muette, sans bien tout comprendre. Après l’inquiétude qu’elle avait pu constater chez le lieutenant Williams pour son partenaire, elle ne s’attendait pas à de telles retrouvailles. C’est alors qu’elle se rappela de ce sentiment de culpabilité qu’elle avait pu deviner dans les yeux du blond.
« On s’en fiche de avec qui elle a couché ! » Coupa Chin, déclenchant la compréhension soudaine d’Ana. « Elle a tenté de tuer Kono ! » Elle n’avait pas bien saisi le sens de la première phrase, mais à ces mots là, un cri d’effroi s’échappa de la bouche de Louise et les larmes inondèrent ses joues. Steve resta stupéfié ; il avait l’impression d’avoir pris un coup de plus. Alors c’était elle qui avait agressé Kono ?
« Pourquoi ? » Hurla Chin. Mais la jeune femme restait muette. Perdue, ne comprenant pas ces accusations elle chercha désespérément le regard de Steve pour s’y accrocher. Il était le seul à pouvoir croire à son innocence. Mais celui-ci était également sans réaction, certainement sous le choc de l’annonce. Pourtant, elle était persuadée qu’il y avait autre chose, il avait l’air absent. « Pourquoi ? » Répéta l’Hawaïen, la faisant sursauter. Il sentait sa colère monter devant l’absence de réponse de la jeune femme et la secoua pour la faire réagir ; un nouveau cri de douleur se fit entendre.
« Arrête » Parvint à lâcher Steve que le cri avait ramené à la réalité. « Elle a… un bras cassé… tu lui fais mal ! » Dit-il avec difficulté.
« Parce qu’elle a pas fait de mal à Kono peut-être !? Comment tu peux la défendre, Steve !? » Le brun s’était levé avec difficulté, s’appuyant au mur, et tenta de s’avancer vers eux. Après deux pas, il s’écroula.
« Steve ! » Appela Louise en pleurant paniquée. Mais Chin l’empêcha de l’approcher. Danny se précipita vers son ami pour l’aider mais celui-ci le repoussa malgré ses forces qui s’amenuisaient. Profitant de sa relative neutralité, Ana se décida à intervenir. Elle s’agenouilla près de Steve et l’observa. Il était livide et respirait difficilement, la sueur perlait sur son front malgré le fait qu’il semblait frissonner.
« Agent Ana Rivera, FBI » Se présenta-t-elle « ça va ? » Il acquiesça lentement d’un signe de tête.
« Faut pas l’écouter. Il dirait oui même si un semi-remorque lui était passé sur le corps ! » Intervint Danny, de plus en plus inquiet.
« Faut… s’occuper… de Louise. » Articula avec peine le brun en tentant un mouvement qui lui tira une grimace.
« Ok. » Fit l’agent pour le tranquilliser. Elle réfléchit un instant et opta pour ce qui lui paraissait la solution la moins périlleuse. « Le lieutenant Kelly va s’éloigner d’elle et Danny va aller jeter un œil à son bras. Vous, vous vous allongez et vous ne bougez pas. » Steve tenta de protester mais il se sentait de plus en plus faible et finit par obtempérer. Ana déchira ce qu’il restait de son tee-shirt, observa son abdomen marqué par les coups et posa sa main sur une zone qui lui semblait d’un bleu différent. Sa peau était moite et froide. Elle fronça les sourcils et appuya doucement, déclenchant un gémissement de douleur.
« Qu’est-ce qu’il a ? » Demanda Danny dont l’angoisse ne cessait d’augmenter.
« Je suis pas médecin, mais ça ressemble à une hémorragie interne. » Répondit Ana.

Kono n’en pouvait plus de rester clouée dans son lit d’hôpital à se poser des questions. Après avoir lourdement insisté, Adam avait fini par céder et avait consentit à l’emmener faire un tour hors de sa chambre. Alors qu’il poussait le fauteuil roulant dans les couloirs, un homme s’approcha d’eux l’air paniqué.
« Aidez moi ! Il faut m’aider ! Ils veulent voler mon sang, vous savez comme les vampires ! Faut pas les laisser faire !! » Deux infirmiers tentèrent de s’approcher pour le maîtriser tandis qu’une femme, un médecin à en juger par sa blouse blanche essayait de le raisonner.
« Vous n’avez rien à craindre. On est là pour vous aider… »
« C’est ce qu’ils disent tous !! Mais je sais que c’est faux ! Il m’a prévenu qu’il fallait pas vous croire !» Hurla l’homme en reversant le chariot de repas qui se trouvait à proximité. Il attrapa un couteau et tenta de se jeter sur le médecin. Les infirmiers parvinrent à le maîtriser et lui injectèrent un tranquillisant.
« Je suis désolée. » Dit le médecin en s’adressant à Kono et Adam tandis que les infirmiers allongeaient l’homme sur un brancard. « D’habitude il est pas méchant, mais il est très influençable et il semblerait qu’il ait pris quelque chose… Tout va bien ? »
« Oui… » Répondit Kono. Tandis que le médecin s’éloignait, la jeune femme n’arrivait pas à oublier ce qu’elle avait lu dans le regard de l’homme, quelque chose qui lui paraissait familier. Et pour cause, elle avait vu la même chose dans le regard de Louise au moment où elle lui avait sauté dessus. Sur le coup, elle n’avait pas su décrypter ce sentiment, mais en repensant aux paroles de l’homme, elle comprit. C’était de la peur, une peur intense qui avait obligé la personne à se retourner avec rage contre celui perçu comme l’agresseur.
Elle sortit son téléphone de sa poche et composa un numéro.
« Charlie, c’est Kono. Oui, t’inquiète pas, je vais beaucoup mieux. Dis moi, c’est toi qui a analysé les échantillons de sang trouvés chez moi ? Tu peux faire de nouvelles analyses ? Merci. Appelle moi dès que tu as les résultats. » Puis elle se tourna vers Adam.
« Faut que je parle à ce médecin. »
« Kono ! Tu devrais aller te reposer maintenant. » Conseilla Adam inquiet.
« Adam ! Tu m’emmènes ou j’y vais seule ! » Devant son air déterminé, il capitula.
Après un moment à chercher dans les couloirs de l’hôpital, Kono repéra enfin le médecin qu’ils avaient croisée un peu plus tôt.
« Docteur, je suis l’officier Kalakaua du 5-0, je peux vous parler un instant ? Vous pourriez peut-être m’aider pour une enquête… » Demanda Kono.
« Heu… oui. A quel sujet ? »
« L’homme de tout à l’heure. Vous avez dit qu’il n’était pas comme ça d’habitude. Vous le connaissez ? »
« Oui. C’est un de mes patients habituels. Je suis psychiatre et je le suis depuis des années. C’est pas quelqu’un de violent d’habitude, au contraire mais il vit dans la rue et ses mauvaises fréquentations l’influencent négativement. Et il a tendance à expérimenter différentes substances plutôt que de suivre son traitement. »
« Et là, vous savez ce qu’il a pris ? »
« Pas encore, on lui a fait une prise de sang et l’analyse est en cours. Mais vous disiez que je pourrais vous aider… »
« Oui. Vous pouvez me prévenir quand vous aurez les résultats ? Je voudrais les comparer avec ceux d’une enquête. » Le médecin accepta et Kono la laissa retourner à ses occupations.
« Bon maintenant je te ramène dans ta chambre. Et c’est sans discussion. » Insista Adam. La jeune-femme accepta, de toute façon, elle ne pouvait rien faire t’en qu’elle n’était sûre de rien et pour cela, elle avait besoin des résultats des analyses.


Halia  (02.08.2014 à 13:44)

Sur la route entre la vieille ferme et l’aéroport, Alvarez sortit son téléphone de sa poche et composa un numéro de tête.
« J’ai votre info. Elle est en Chine. Je prends le premier avion. »
« Alors on se retrouve là-bas.» Répondit son patron à l’autre bout du fil avant de couper la communication. Il était satisfait d’apprendre que Doris Mc Garrett avait enfin était localisée. Enfin une bonne nouvelle. Depuis qu’il avait perdu le contrôle sur celui qu’il considérait comme son meilleur espoir de succession, il avait commencé à se demander si tous ses efforts n’avaient pas été vains.

Dans sa chambre d’hôpital, Kono avait beau essayer, elle n’arrivait pas à fermer l’œil. Et la présence d’Adam ne l’aidait pas à se détendre. Il pouvait bien dire qu’il s’était trompé, qu’il était désolé et que maintenant il était là, elle n’arrivait pas à être sûre de vouloir lui pardonner de l’avoir abandonnée comme ça. Et elle ne voulait pas penser à ça en ce moment, elle en aurait bien le temps une fois que toute cette histoire serait finie. Alors pour pouvoir se concentrer sur l’affaire qui la préoccupait, elle avait prétexté une envie de crevettes de chez Kamékona pour éloigner le jeune homme. Elle tournait et retournait dans sa tête les évènements de ces derniers jours, de la première fois qu’elle avait constaté un comportement suspect chez Louise jusqu’à la dernière chose dont elle se souvenait avant de se réveiller à l’hôpital, quand son téléphone sonna. Elle regarda le numéro et répondit sans attendre.
« Charlie ! T’en as mis du temps ! »
« Heu… excuse moi j’ai fait aussi vite que je pouvais. »
« Désolée, mais c’est urgent. Dis moi que tu as trouvé quelque chose… ! »
« Je t’envoie le rapport d’analyse. » Elle accéda à sa boîte mail, ouvrit la pièce jointe et un sourire s’afficha sur son visage.
« Charlie, t’es le meilleur ! » dit-elle avant de raccrocher.

Dans le sous-sol de la vieille ferme, l’inquiétude montait concernant l’état de santé de Steve.
« Va falloir qu’on le sorte d’ici au plus vite. » Commenta Ana.
« Et vous avez une idée de comment on fait ça ? » Répondit Danny utilisant un ton narquois pour combattre son angoisse. Elle lui jeta un regard noir en guise de réponse qui lui fit immédiatement détourner les yeux et reporter son attention sur Louise. « Fais moi voir ce bras. » Dit-il sèchement. Le ton agressif de sa voix la ramena aux accusations portées contre elle.
« Danny… J’ai vraiment fait du mal à Kono ? » Demanda-t-elle les larmes aux yeux.
« Tu plaisantes là ? » Interrogea le blond à son tour, stupéfait qu’elle ose poser la question. « T’as essayé de la tuer en la poignardant et tu me demandes si tu lui as fait du mal !? Mais la mauvaise nouvelle pour toi, c’est qu’elle est vivante et qu’elle t’a formellement reconnue. Alors même si on a pas de preuves pour les autres meurtres, tu seras au moins inculpée pour cette tentative. »
« Elle… se souvient… de rien… » Intervint Steve d’une voix de plus en plus faible.
« Restez tranquille ! » Exigea Ana en le maintenant pour l’empêcher de bouger.
« Tiens donc comme c’est pratique ! » S’exclama Chin exaspéré par la naïveté de son ami.
« Arrêtez ! » Insista-t-elle sans succès.
« De rien ? » Enchaina Danny. « Et elle t’a aussi fait croire qu’elle ne se souvient pas non plus d’avoir couché avec moi ! » A ces mots, Louise se raidit. Elle regarda Steve qui détourna le regard et comprit qu’il n’y avait pas que l’agression de Kono qu’il lui avait caché. Mais elle refusait d’y croire. Kono était son amie, elle ne pouvait pas avoir essayé de la tuer et Steve… comment aurait-elle pu lui faire ça ! Il lui était impossible d’avoir fait ce dont on l’accusait ! Rassemblant ses forces, elle bouscula Danny et se précipita vers le blessé sans que personne n’ait le temps de réagir.
« J’ai pas fait ça !! J’aurais jamais pu ! » Les larmes obscurcissaient sa vue. Elle sentit la main de Steve prendre la sienne et ressentit un soulagement qui ne fut que de courte durée : cette main venait de retomber inerte, signifiant qu’il avait perdu connaissance.
« Steve ! Steve ! » Cria-t-elle. Ana posa les doigts sur sa carotide.
« Son pouls est faible, il va pas tenir longtemps. » Les deux lieutenants s’approchèrent et Danny fixa celle qu’il considérait comme responsable :
« T’es contente maintenant ! Tout ça c’est ta faute ! Je comprends pas bien pourquoi, mais c’est ce que tu cherchais depuis le début !» Devant les regards sombres, elle se replia dans un coin, commençant à se demander si au fond il n’avait pas raison, si elle n’était pas responsable de tout ça.
De son côté, Ana ne pouvait s’empêcher de se poser des questions. Des tueurs en série, elle en avait arrêté plus d’un, et en général elle comprenait assez vite leurs motivations. Mais cette femme ne correspondait pas à ce à qu’elle s’était imaginé. Et autant les premiers meurtres avaient un lien, autant là, cette affaire lui paraissait de moins en moins logique. Il fallait qu’elle comprenne. Elle laissa sa place auprès du blessé aux deux policiers et s’avança vers Louise. En la voyant approcher, la jeune femme se recroquevilla sur elle-même. La brune s’assit à côté d’elle et commença :
« C’est arrivé comment votre bras ? » Louise la regarda d’un air méfiant. De toute façon, ils étaient tous contre elle et maintenant que Steve était inconscient, elle était seule. Elle n’avait donc plus rien à perdre et se décida à accepter de répondre aux questions de cette flic.
« C’est le costaud avec plein de tatouages… »
« Alvarez ? » Elle haussa les épaules pour toute réponse ; elle n’avait aucune idée de son nom. « Pourquoi il vous a fait ça ? »
« Je voulais pas lui répondre. » Elle vit que la brune en attendait plus et consentit à tout lui raconter. « Il a torturé Steve pour savoir où se cachait sa mère. Quand j’ai compris que c’était ça qu’il voulait savoir, j’ai paniqué parce que je connaissais la réponse. Ils s’en sont aperçus, alors il m’a frappé pour me faire parler. Mais j’ai rien dit… »
« Et il vous a cassé le bras. » Ajouta Ana. L’autre acquiesça et reprit :
« Et Steve lui a dit la vérité pour l’empêcher de recommencer. Je sais pas ce qu’ils lui veulent… mais maintenant ils savent où la trouver, et c’est de ma faute…»
L’agent fronça les sourcils. Décidément il y avait bien des choses qui lui échappaient dans cette histoire. Elle n’avait pas toutes les infos pour comprendre pourquoi Alvarez en avait après la mère du Commandant Mc Garrett, mais ce qu’elle comprenait c’est que malgré ce qui semblait s’être passé entre la jeune femme, lui et Danny, il avait choisi de balancer sa mère pour la protéger.
« Vous vous souvenez vraiment de rien ? » Demanda la brune.
« Vous non plus, vous ne me croyez pas. » Lui répondit tristement Louise.
« D’après ce que j’ai compris, vous connaissiez bien Amy Anderson. » Elle obtint un hochement de tête pour toute réponse. « Et Alex Fisher, Jennifer Harper, Emily Becker et Suzann Heley ? » L’air surprise, la jeune femme aux cheveux châtains lui répondit :
« Alex a été mon petit ami à l’université » puis sa voix se mit à trembler « mais il a été assassiné il y a plusieurs mois. » Elle marqua une brève pause et reprit : « Jennifer et Emily faisait parti de mes meilleures amies, on a même été colocataires à l’université. Mais je les ai pas revues depuis des années. Et la dernière… son nom ne me dit rien. » Ana hésita. Elle était la meilleure de son équipe pour savoir quand un suspect lui mentait. Mais là, Louise lui paraissait sincère.
« Ils sont tous morts. » Finit-elle par lâcher en observant la réaction de la jeune femme. Celle-ci devint encore plus blanche qu’elle ne l’était déjà et secoua la tête.
« C’est pas possible… » Elle avait vraiment l’air bouleversée. Ana était de plus en plus convaincue de sa sincérité elle aussi et se rendit compte que ça faisait beaucoup de révélations d’un coup. Elle posa une main compatissante sur le bras de la jeune femme.
« Je suis désolée… » Louise la regarda dans les yeux. Danny avait parlé de plusieurs meurtres un peu plus tôt et maintenant les paroles de cette femme…
« Vous pensez que c’est moi qui les ais tués !? »
« Jusqu’à maintenant, vous étiez notre plus sérieuse suspecte… » Elle fixa l’agent du FBI avec un mélange de colère et de détresse dans le regard.
« Mais pourquoi j’aurais fait ça ? Et ça veut dire quoi jusqu’à maintenant ? »
Chin et Danny qui suivaient leur conversation de loin se regardèrent perplexes.
« On s’est peut-être planté… » Suggéra Danny.
« Mais Kono l’a reconnue ! » Insista Chin. Louise essaya d’ignorer cette nouvelle accusation et demanda :
« Elle est vraiment sortie d’affaire ? Et… pour le bébé ? » Chin la fixa.
« T’étais au courant ? » Elle acquiesça. « Mais ça t’a pas empêchée ! »
« Kono va bien et le bébé aussi. » Annonça Danny d’un ton rassurant.
« Tu fais quoi là ? » Demanda l’Hawaïen. « Tu changes de camp ? »
« Ne recommencez pas ! » Coupa Ana d’un ton autoritaire. « Pour le moment, on est tous dans le même camp, celui des prisonniers. Et nous en prendre les uns aux autres ne nous fera pas sortir d’ici ! »
Danny sentit alors la main de Steve bouger.
« Hey, Steve, tu m’entends ? » Le brun entrouvrit les yeux et sembla chercher quelqu’un du regard.
« Louise… » Murmura-t-il. Danny soupira et fit signe à la jeune femme d’approcher. Elle s’agenouilla près de lui et lui prit la main.
« Je suis là. » Dit-elle pour l’apaiser. Il tenta de lui sourire et se tourna vers Danny. Même s’il lui en voulait, il était son meilleur ami et donc le seul à qui il pouvait demander ça.
« Elle est innocente…, tu dois me croire… »
« Ok. Mais tu dois économiser tes forces. »
« Protège- la… Stacy… » Murmura-t-il d’une voix à peine audible avant de refermer les yeux. Danny vérifia son pouls et fit une grimace. Louise resserra sa main sur la sienne. Elle était la seule à avoir compris sa toute dernière parole. Elle réfléchit un instant et en arriva à la conclusion suivante :
« Je crois que vous avez raison… Tout ça c’est de ma faute… » Ils la regardèrent tous confus. « Je ne sais pas pourquoi cet Alvarez en veut à Doris. Mais elle, c’est à moi qu’elle en veut. »
« Tu parles de la complice d’Alvarez ? » Lui demanda Danny. « Tu la connais ? »
Louise n’eut pas le temps de répondre que le bruit de la serrure qu’on déverrouillait se fit entendre.


Halia  (03.08.2014 à 13:54)

Kono s’acharnait sur son portable pour tenter de joindre Chin ou Danny, sans succès, quand la psychiatre qu’elle avait rencontrée un peu plus tôt entra.
« J’ai les résultats pour mon patient. »
« Vous pouvez me montrer ? » Elle tendit la feuille au policier qui la compara à ce qu’elle avait reçu de Charlie. « C’est la même substance que dans mon enquête… Vous pouvez m’en dire plus là-dessus ? »
« Euh… oui. C’est un cocktail de psychotropes : hallucinogène, stimulant…»
« Ca c’est du GHB ? » Vérifia Kono en reconnaissant la formule de la drogue.
« Tout à fait. C’est souvent utilisé pour ses propriétés de désinhibition et le fait qu’il entraine l’amnésie des utilisateurs. Et celui-là peut provoquer paranoïa, angoisse, agressivité... »
Kono fronça les sourcils ; avec ça, beaucoup de choses pouvaient s’expliquer.
« Est-ce que la personne qui a reçu ce produit pourrait devenir tout à fait quelqu’un d’autre, un peu comme un dédoublement de personnalité ? »
« Vous voulez dire changer de caractère, de façon d’être, avoir des goûts ou des centres d’intérêt différents… Je dirais que oui. »
« Donc si je comprends bien, quelqu’un de plutôt timide, doux, compréhensif pourrait avec ça, devenir manipulatrice, violente, agressive, une toute autre personne, tenter de tuer quelqu’un et ne pas s’en souvenir après ? »
« A mon avis, c’est possible. Mon patient en est un bon exemple. Surtout si une tierce personne encourage à agir comme tel. »
« Et une personne gauchère pourrait devenir droitière ? » Le médecin réfléchit un instant avant d’hocher la tête.
« Je ne l’ai jamais observé, mais ça ne me paraît pas impossible. Votre suspect a pris cette substance ? »
« Ça m’en a tout l’air… »
« Je dois vous prévenir qu’il y des effets secondaires. Mon patient a été victime de troubles cardiaques et respiratoires après qu’on l’ait emmené. » Poursuivit la psychiatre. Kono l’écouta attentivement et sentit l’angoisse la saisir à nouveau. Elle devait absolument prévenir Chin et Danny. Ils étaient en danger, et à en croire ce que venait de lui dire cette femme, ils n’étaient pas les seuls.
« Et votre patient pourrait nous dire où il s’est procuré ça ? »
« Quand il sera en état de parler peut-être. Je vous préviens quand ce sera le cas. »
Elle remercia le médecin qui sortit au moment où Adam entrait.
« Tu tombes bien toi ! » S’exclama la brune en l’apercevant.
« Désolé si j’ai était un peu long. Mais tu connais Kamékona, il me lâchait plus, il voulait de tes nouvelles. Je t’ai pris des crevettes épicées et des à l’ail… »
« Laisse tomber les crevettes ! Faut que tu m’emmènes au poste de police. » Dit-elle en se levant péniblement.
« Ah non ! Tu restes ici ! »
« Chin et Danny sont injoignables, faut absolument que je trouve du renfort. Ils sont en danger ! » Adam soupira mais devant la détermination de Kono ne put faire autrement que lui obéir. Il l’aida à rejoindre le parking et à monter dans sa voiture.
« Tu vas m’expliquer ? »
« On a pas vraiment le temps là, fonce ! » Mais au lieu de démarrer, il se tourna vers elle. Il était prêt à faire tout ce qu’elle voulait pour se faire pardonner, mais pas au détriment de sa santé.
« Kono ! T’es sensée te reposer après t’être faite poignarder et fracasser la tête ! Et au cas où tu l’aurais oublié, je te rappelle qu’en plus tu es enceinte ! Alors je ne t’aiderai plus à rien sans savoir pourquoi tu veux le faire ! » Elle soupira.
« Ok, je t’explique en chemin, mais tu démarres s’il te plait. » Devant son regard suppliant, il finit par tourner la clé mais attendit qu’elle ait commencé à parler pour enclencher la marche avant.
Ils venaient d’arriver sur le parking du commissariat quand Kono acheva son explication. Adam l’observa, pas sûr d’avoir bien compris :
« Tu veux dire que la petite amie de Steve qui est soupçonnée de plusieurs meurtres par le FBI, aurait tenté de te tuer sous l’emprise d’une drogue ? Qu’il y a de fortes chances qu’elle ne se rappelle de rien, pourrait recommencer et qu’elle est sûrement en danger elle-même ? »
« En gros c’est ça et après Steve, c’est maintenant Chin et Danny qui ont disparu. Tu comprends pourquoi c’était urgent. Alors maintenant, aide moi à sortir de là et à trouver quelqu’un pour les aider! »

L’avion venait à peine de se poser sur la piste de l’aéroport de Hangzhou, qu’Alvarez jouait déjà des coudes pour sortir de l’appareil en tête. Son patron avait l’air impatient et il n’était pas question de le faire attendre. Il n’avait pas d’autre valise que son bagage à main et fut le premier à se présenter au contrôle des douanes. Un moment toujours délicat pour lui malgré ses nombreuses identités et le fait qu’il ne voyageait jamais armé, préférant se fournir sur place que de prendre un tel risque. Mais comme d’habitude, après la fouille règlementaire, son passeport lui fut rendu. Il se dirigea d’un pas pressé vers le hall des arrivées et repéra un asiatique en costume luxueux, feuilletant un journal japonais, encadré par ce qui semblait être deux gardes du corps, et se dirigea vers lui d’un pas assuré.
« Déjà là patron ? »
« L’avantage de posséder un jet privé. » Lui répondit l’autre. « Une voiture nous attend, en route ! »
Ils montèrent en voiture, les deux gardes à l’avant, Alvarez et le patron derrière. Ce dernier lui remis une nouvelle arme et appuya sur le bouton fermant la vitre de séparation.
« Maintenant qu’on est tranquilles, racontez moi comment vous avez eu l’info. Ça m’étonnerait que McGarrett vous l’ait donnée de son plein gré… Et j’espère que vous vous êtes bien débarrassé de lui !»
Cette dernière remarque le mis mal à l’aise mais il savait qu’il n’était jamais bon de mentir à ce genre d’homme.
« En fait, je ne l’ai pas encore liquidé, je voudrais vérifier l’info avant. »
« Vous avez raison, vaut mieux se méfier. Mais vous ne l’avez quand même pas laissé sans surveillance.» Commenta le personnage en costume en fixant son homme de main avec un regard acéré. Se sentant gêné, l’autre tenta de retrouver ses esprits pour formuler une réponse qui ne déplairait pas au patron.
« Disons que pendant ma surveillance, j’ai fait une rencontre intéressante. » L’autre plissa les yeux. « Ça me permettait de l’approcher plus facilement et d’avoir un œil sur lui tout en étant ici. » Se justifia-t-il. « Elle n’attend qu’un coup de fil de ma part pour l’éliminer. »
« Elle ? » interrogea le patron surpris.
« Heu… Oui. Elle est un peu impulsive et a des méthodes… disons différentes, mais efficaces. De toute façon, dès que vous aurez Doris, je retourne à Hawaii m’assurer qu’elle les a bien descendus et faire le ménage. »
« Les !? » Et voilà, ce qu’il redoutait avait fini par arriver, il en avait trop dit.
« Heu… disons qu’il y a une deuxième femme dans l’histoire. Mais sans elle, il aurait jamais parlé. » S’empressa-t-il d’ajouter devant le regard mécontent que lui lançait son patron.
« Je veux tout savoir !! Qui sont ces femmes, pourquoi les avoir prises comme complices, quel rôle elles ont joué et comment vous comptez vous en débarrasser ! » Il s’était douté que ça n’allait pas lui plaire, mais il fallait bien reconnaître que sans elles il ne sait pas s’il y serait arrivé. Il inspira profondément, et se lança :
« Je surveillais Mc Garrett depuis quelques jours quand je me suis rendu compte que j’étais pas le seul à planquer devant chez lui. Y’avait cette femme et elle semblait l’observer depuis bien plus longtemps. Sauf que c’était pas vraiment lui qu’elle surveillait, mais plutôt sa nouvelle petite amie avec qui elle avait un vieux compte à régler. On a voulu l’utiliser pour en savoir plus, mais… disons que ça a un peu dérapé… »
« Dérapé comment ? »
« On avait pas prévu tous les effets et elle a agressé un des membres du 5-0. »
« Qui ? » Coupa le patron.
« Kalakaua. » L’homme au costume le scruta d’un air songeur.
« Je comprends mieux… J’espère qu’elle ne l’a pas ratée. » Ajouta-t-il avec un sourire mauvais.
« Aux dernières nouvelles elle avait été admise aux urgences. J’en sais pas plus. »
« Revenons à notre petite affaire. Que s’est-il passé après ? »
Alvarez raconta ensuite l’enlèvement de Mc Garrett et tout ce qui s’en était suivi.
« Elle n’attend qu’une chose : le descendre. Ce que je l’autoriserai à faire dès que vous aurez ce que vous cherchez. On doit se retrouver quand tout sera fini pour partager le pognon c’est là que je la descendrai. Et si l’autre est toujours vivante, je m’en occupe aussi. »
« J’espère qu’il n’y aura pas de nouveau « dérapage » d’ici-là. Mais je rallonge la somme si vous vous assurez que Kalakaua ne s’en est pas sortie non plus. »
Malgré ses craintes, il s’en était plutôt bien sorti et sa paye allait même augmenter. Plutôt satisfait, il conclut :
« C’est vous le patron. »


Halia  (04.08.2014 à 14:08)

L’homme en costume avait pas mal de relations et après deux ou trois coups de fil, on lui avait indiqué où trouver une femme occidentale arrivée depuis peu dans la province. Il fit signe à ses deux gorilles de rester à l’extérieur de la petite maison au cas où elle tenterait de leur fausser compagnie et pressa Alvarez de passer le premier.

Doris était tranquillement installée, plongée dans un roman, quand on frappa à sa porte. Loin de penser que qui que ce soit vienne la chercher ici, elle alla ouvrir sans se méfier, et se figea instantanément, stupéfaite de se retrouver avec une arme braquée vers elle. Un homme apparemment sud-américain, plutôt baraqué, portant de nombreux tatouages et qu’elle ne connaissait pas, entra. Et c’est lorsqu’il eu franchit le seuil qu’elle se rendit compte qu’il n’était pas seul.

« Surprise Ellie ? » Fit l’homme au costume en apparaissant à son tour dans l’encadrement de la porte.

« Vous ? Mais… » Elle réfléchit un instant. Celui-ci, elle l’identifia rapidement. Cet homme était le chef d’un puissant gang dans son pays et faisait partie d’une famille qu’elle connaissait bien. La dernière fois qu’elle l’avait vu, c’était lorsqu’elle bossait sur l’affaire Vasillo, avec qui il faisait souvent affaire. Mais que venait-il faire ici ?

« Vous vous demandez sûrement ce que je fais ici ? » Demanda-t-il comme s’il lisait dans ses pensées. Il l’invita à s’asseoir et s’installa près d’elle. « Votre compagnie m’a toujours été agréable. Mais vous vous doutez que ce n’est pas pour ça que j’ai fait tout ce chemin. Parlons affaires. Je sais qui vous êtes réellement, Doris… Et je sais ce que vous avez dérobé à Vasillo. » Doris sentit son cœur accélérer. Cette affaire ne la laisserait donc jamais en paix ! « Et je veux ces infos ! » Acheva-t-il. C’était certainement lui qui l’avait fait éliminer avec l’ambition de prendre sa place et ainsi devenir l’homme le plus puissant du milieu.

« Comment vous m’avez trouvée ? » Interrogea-t-elle. Elle savait que la seule personne à connaître cette adresse était Joe mais elle savait aussi qu’il n’aurait jamais parlé…

« Vous avez un fils très curieux Doris. Trop curieux. » Steve ! Elle aurait dû se douter qu’il chercherait à savoir où elle était. Elle sentait son cœur battre de plus en plus vite et un nœud se former dans son estomac.

« Qu’est-ce que vous lui avez fait ? » Demanda-t-elle anxieuse.

« Trois fois rien. » Répondit l’homme avec un sourire froid. « Vous avez beau être sa mère, il nous a quand même dit où vous trouver. » Doris s’inquiétait de savoir ce qu’ils avaient pu faire à son fils pour l’obliger à parler. Elle savait qu’il était costaud et entrainé et s’il avait parlé, c’était forcément qu’il n’avait pas eu le choix. « Et je ne pense pas qu’il le regrette… » Doris fronça les sourcils. Que voulait-il dire ? Il jeta un regard à son homme de main qui s’avança avec un léger rictus au coin des lèvres.

« J’ai peut-être mentionné votre mission sur Vasillo et l’arrangement que vous avez passé suite à son « avertissement »». Doris eu le souffle coupé un instant. Elle sentait les larmes lui monter aux yeux et faisait tout pour les refouler. Alors Steve savait qu’elle était responsable de la mort de Catherine ! Et elle n’avait même pas pu le lui expliquer elle-même…

« Il vous en veut, c’est sûr… Mais vous pouvez peut-être encore faire quelque chose pour lui. Pour l’instant, il est encore vivant. Alors si vous me donnez ce que je suis venu chercher, on le relâche. »

« Vous me prenez pour une idiote ! » S’exclama Doris chez qui la colère avait repris le dessus.

« Vous allez me faire croire que vous le relâcheriez ! Et d’abord, qu’est-ce qui me prouve qu’il est toujours vivant ? »

« Vous n’avez pas vraiment d’autres choix que de me croire… Alors, où avez-vous caché ce que je veux ? » Doris resta silencieuse. « C’est comme vous voudrez. » Puis il se tourna vers le costaud. « Apellez là. Elle peut le tuer. » Il sortit son téléphone et composa un numéro. Doris sentit la sueur perler sur son front, elle avait l’impression que son cœur allait lâcher à tout moment. Ses mains se mirent à trembler et au bord des larmes :

« Attendez ! Je vais vous les donner ! Mais laissez-le, je vous en prie. »

« Sage décision. » Approuva l’autre. « Alors, où les planquez-vous ? »

« Tout est sur une clé USB. Mais je ne me promène pas avec. Elle est en lieu sur, à Hawaii. »

« Et bien, vous allez nous y conduire. Et pas de bêtises ou mon homme passe son coup de fil. »

Ils montèrent dans la voiture, direction l’aéroport où le jet de l’homme les attendait, prés à décoller.

 

Dans le sous-sol de la vieille bâtisse, la porte de la cellule s’ouvrit, laissant apparaître la jeune femme brune, une arme à la main et un sourire vicieux accroché aux lèvres en imaginant que suite aux évènements des derniers jours, les retrouvailles de tout ce petit monde n’avaient sans doute pas été des plus chaleureuses.

« Alors ? Comment ça se passe ici ? » Puis son regard se porta sur Steve étendu au sol, livide et visiblement inconscient.

« Qu’est-ce qu’il a lui ? » demanda-t-elle subitement inquiète. Son « associé » lui avait bien dit de le garder en vie jusqu’à ce qu’il soit sûr d’avoir la femme.

« Une hémorragie interne. Faut le laisser sortir d’ici ! » Tenta Danny qui avait perçu son trouble.

« Mais bien sûr. Et comme il n’est pas capable de marcher faut que je laisse partir quelqu’un d’autre avec lui. Vous me prenez pour une abrutie ! » Danny leva les mains en signe d’apaisement mais n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit.

« Laisse les partir, de toute façon c’est moi que tu veux ! » Intervint Louise. L’autre la dévisagea et lui répondit d’un air méprisant :

« Non. Ce que je veux c’est te voir souffrir. Te voir perdre ceux à qui tu tiens, te retrouver seule comme je me suis retrouvée seule il y a quinze ans après que tu aies rompu notre pacte. » Louise l’observa l’air effarée.

« C’est pour ça que tu fais tout ça ? Parce qu’on a cessé d’être amies quand on était au lycée !? »

« Amies !? Mais t’étais plus que mon amie ! J’avais personne d’autre. T’étais comme ma sœur ! On était pareilles toutes les deux ! Moi j’avais été abandonnée par ma mère d’accueil qui a préféré aller s’occuper de sa sœur malade plutôt que de moi et toi t’avais été abandonnée par ta vraie mère à la naissance. » Louise ouvrit de grands yeux pleins d’incompréhension.

« Mais comment tu sais ça ? On a jamais rien trouvé sur ma famille biologique ! »

« Bien sûr que si !! On a trouvé nos dossiers le soir où on est entrées en douce dans les archives des locaux du service de l’enfance. A cette époque c’était bien plus facile qu’aujourd’hui, y avait même pas d’alarme sur le bâtiment, il nous avait suffit de casser une fenêtre. Bref, t’étais tellement furieuse d’avoir découvert ça que t’as brulé le dossier ! Et puis on a décidé de faire un immense feu de joie avec tous les dossiers et… enfin bon, le bâtiment a brûlé. » Louise resta muette devant le récit de cet évènement dont elle n’avait aucun souvenir. Stacy qui semblait euphorique à l’évocation de leur passé continua. « Je sais bien qu’à l’époque on prenait pas mal de trucs et que ça a tendance à te faire perdre la mémoire, mais quand même ! Me dis pas que tu t’en rappelles pas ! Tu m’as même dit que c’était pas plus mal si aucun enfant qui avait un dossier là-bas ne connaissait jamais la vérité sur son passé ! C’est pour ça que j’ai brûlé les archives de toutes les villes où je suis passée ! Bon aujourd’hui, c’est beaucoup moins facile, en plus y’a des archives informatiques que j’ai aussi dû apprendre à pirater, mais avec un peu d’entrainement je m’en sors bien. Ils m’ont même pas trouvée ! » Dit-elle en regardant triomphalement les membres du 5-0. Ils la dévisagèrent tous en comprenant qu’ils venaient de découvrir leur incendiaire et la véritable psychopathe dans cette histoire. Ana, elle n’avait pas tout suivi concernant ces affaires d’incendie mais elle eut comme une révélation en ce qui concernait ses meurtres non élucidés.

« Les villes où vous êtes passées ont été New-York, Chicago, bien sûr Seattle et maintenant Honolulu ? C’est vous qui les avez tués… » Stacy lança alors un regard mauvais vers Louise.

« C’est sa faute !! C’est moi qui aurait dû être sa colocataire à l’université ! Moi qui aurait dû vivre ici, travailler avec elle, partager toutes ces choses !»

« Tu les as tués par jalousie… »

« Pour te punir. Je savais que t’étais restée proche de ton ex et que tu ne serais pas indifférente à sa mort. Mais je crois que ça sera bien mieux avec celui-là… » dit-elle en regardant Steve.

« Ne le touche pas ! » S’écria Louise en se plaçant entre lui et Stacy. Cette dernière saisit le bras blessé de son ennemie et se réjouit en la voyant devenir pâle et grimacer de douleur.

« Tu crois que tu vas réussir à m’en empêcher ! » Stacy était focalisée sur Louise et ne jetait que de rapides coups d’œil à Danny et Ana quand ils lui parlaient. Chin se trouvait un peu à l’écart et elle ne semblait pas lui prêter attention. Il en profita pour essayer de se décaler lentement afin de passer derrière elle. Ayant repéré son stratagème, l’agent du FBI reprit ses questions :

« Et Suzann Heley ? Elle dit ne pas la connaître. Pourquoi l’avoir tuée ?»

« Ma mère d’accueil, celle qui m’a délaissée pour soigner sa sœur, qui m’a abandonnée. J’allais pas la laisser s’en tirer comme ça ! » La manœuvre d’Ana semblait porter ses fruits puisqu’elle semblait ne pas avoir remarqué les mouvements de Chin. Danny avait compris lui aussi et continua.

« Et Harvey Muller ? »

« Lui je l’ai juste utilisé pour entrer dans le bâtiment. Il était tellement niais ! Mais il m’a grandement facilité les choses. »

« Quel rapport entre tout ça et la mère de Steve ? » Continua Danny.

« Concours de circonstance. J’ai pas bien compris pourquoi il la cherche, une histoire d’infos qu’elle possède et que son patron veut récupérer. Je lui ai proposé d’utiliser Louise pour savoir où elle se trouvait. Trahir son petit ami qui ne lui pardonnerait certainement jamais, était une perspective intéressante. Et puis, il y a un peu d’argent à la clé, ce qui ne gâche rien. Les choses ont un peu dérapé, mais tu souffriras quand même. » Conclut-elle avec un sourire sadique à l’attention de Louise.

Pendant qu’elle avait parlé, Chin avait réussi à s’approcher suffisamment d’elle et était près à lui sauter dessus quand elle se retourna brusquement, le frappant de son arme et l’envoyant heurter violemment le mur, le laissant sans connaissance.

« Vous avez vraiment cru que je ne verrais rien ! » Hurla-t-elle furieuse, et sans crier gare, elle sortit de la poche de sa veste une seringue et la planta dans le cou de Louise avant de jeter la jeune-femme au sol.


Halia  (05.08.2014 à 09:32)

En quelques minutes, tout le monde avait pu constater le changement chez Louise. Elle paraissait distante, complètement désintéressée par le sort de Steve alors qu’elle ne le quittait pas des yeux quelques instants plus tôt.

« Maintenant que tu es redevenue toi-même, qu’est-ce que je fais de lui ? » Demanda froidement Stacy en désignant le corps étendu au sol.

« Oh ! Oh ! Comment ça elle-même !? Vous l’avez droguée ! » S’insurgea Danny.

« Pas plus que la fois où vous avez passé la nuit ensemble… » Avoua Stacy. « Alors, disons que je te donne le choix entre le petit blondinet et le grand brun. » Reprit-elle en s’adressant à la jeune-femme qui semblait sous son emprise. « Celui-ci à un certain charme, tu ne trouves pas ? Et puis il est nettement en meilleur état ! »

Louise s’approcha alors de Danny, un sourire vicieux aux lèvres et une lueur presque démoniaque dans ses yeux verts habituellement si doux. Un frisson le traversa.

« C’est vrai… » Puis elle se retourna et désignant Steve, ajouta « tu peux te débarrasser de celui-là. »

« Pourquoi tu ne le ferais pas toi-même. » Reprit Stacy en lui tendant l’arme qu’elle avait confisqué à l’un de ses prisonniers et qu’elle avait gardé coincé dans sa ceinture. La main de Louise se tendit en tremblant et elle se saisit de l’arme, la pointant vers Steve toujours inconscient.

« Non, non, non ! Attends ! » Implora Danny en se reprenant. « Tu ne peux pas faire ça ! T’as toujours préféré Steve, et t’as des sentiments pour lui. Si c’était pas le cas, t’aurais pas gardé le silence et laissé Alvarez te briser le bras. Et… et lui aussi tient à toi, il a balancé sa propre mère pour te protéger ! Tu t’en souviens… ? » Les yeux de Louise se fermèrent quelques secondes et pour la première fois le lieutenant observa un léger voile de doute sur son visage.

« Ne l’écoutes pas ! » Cria Stacy.

« Si, si ! Ecoutes moi. C’est elle qui te veut du mal ! Elle a tué tes amis. Et elle veut que tu tues Steve parce qu’elle sait que tu le regretteras jusqu’à la fin de tes jours. Elle veut te voir souffrir ! » La jeune-femme l’air de plus en plus perdue, pointa alors l’arme vers Stacy.

Ana voyant le trouble de celle qu’elle avait pensé être une tueuse en série un peu plus tôt, hésita à lui sauter dessus pour lui prendre l’arme. Mais c’était trop risqué. Elle était trop instable et le coup aurait pu partir à tout moment. Et puis l’autre pointait toujours son arme sur Steve et il était évident que si les choses ne tournaient pas comme elle le voulait, elle n’hésiterait pas à tirer. Leur seule chance était de convaincre Louise d’abattre Stacy. Elle décida donc de faire confiance à Danny et de ne pas bouger. Après tout, il avait l’air de plutôt bien sans sortir.

« C’est faux ! » Reprit la brune. « Moi je suis ton amie ! Eux tu peux pas leur faire confiance ! Lui il a couché avec toi et maintenant il te pousse vers un autre. » Louise visa à nouveau Danny.

« C’est vrai. On a passé une bonne soirée. Je te plais plus ? » Demanda-t-elle d’une petite voix qui avait l’air d’avoir du mal à franchir ses lèvres. La détermination qu’elle affichait quelques minutes plus tôt avait complètement disparu et Danny décela des larmes au fond de ses yeux. Il tenta alors de s’approcher d’un pas. Mais elle reprit un air résolu. « N’approches pas ! »

Le lieutenant s’immobilisa. Il ne devait surtout pas la braquer et choisis de jouer l’honnêteté.

« Si, tu me plais, tu m’as toujours plu… mais je t’assure que toi, sans drogue, je t’ai jamais intéressé. » Elle ferma à nouveaux les yeux un instant. Il remarqua que ce n’était surement pas dû qu’à ce qui se bousculait dans sa tête. En effet, elle semblait avoir du mal à respirer, la sueur perlait sur son front et elle ne cessait de trembler. Tout doucement, il tenta un pas de plus vers elle, et elle le laissa faire.

« Il essaie de te manipuler ! » Lança Stacy. « Le laisse pas t’approcher, il va en profiter pour te désarmer. Et tu crois qu’il hésiterait à te tuer ? »

« Je ferais pas ça Louise. J’ai promis à Steve de veiller sur toi… » Elle pointait désormais l’arme sur Stacy dont on pouvait lire la colère dans les yeux. Sa respiration était de plus en plus saccadée et bruyante. Danny fit encore un pas.

« Louise… tu te sens bien ? » Elle ne répondit rien. Danny remarqua que son regard était vide et son bras retombé de plus en plus. Il s’avança encore un peu.

« Bouges plus ! » lui ordonna Stacy. « De toute façon, il va mourir. » Dit-elle prête à appuyer sur la détente. C’est alors que le bruit sourd d’un violent coup sur la lourde porte métallique se fit entendre, suivi d’une première détonation, puis d’une deuxième.


Halia  (06.08.2014 à 14:12)

Chin venait à peine de reprendre conscience et retrouvait tout doucement ses esprits en observant la scène sans bien comprendre à quoi jouait Danny. Quand la porte céda et qu’il vit le corps de Stacy tomber à terre à quelques centimètres de lui. Son arme était à portée de main et, ses réflexes de flics revenant au galop, il s’en saisit immédiatement pour faire feu sur Louise qui n’avait pas lâchée la sienne. Mais il constata avec effroi que c’était Danny qui s’était écroulé. Un silence de plomb suivit l’espace d’un instant, avant que le capitaine Grover, son arme toujours pointée dans la direction où se trouvait Stacy quelques instants plus tôt ne dise à ses hommes d’appeler des secours.

Ana comprit que tout était finit et se précipita vers Danny :

« Danny ! Vous m’entendez ? »

« Je crois que ça va aller. C’est seulement mon bras. » Répondit-il un peu grogui. Elle sembla soulagée. Danny lui, s’approcha tant bien que mal de Louise, étendue prés de lui.

« Hey ! ça va ? » Mais elle ne répondit rien et apparemment n’arrivait pas à reprendre son souffle. Ana attrapa son poignet pour contrôler son pouls.

« Son cœur bat beaucoup trop vite ! »

Danny jeta un œil vers Steve et vit Grover à ses côtés. Son regard croisa ensuite celui de Chin.

« Mais ça va pas ! » S’emporta-t-il brusquement. « T’aurais pu la tuer ! »

« Mais c’était le but ! » Répondit l’hawaïen incrédule. « Elle était armée et prête à tirer ! Pourquoi t’as fait ça ? »

« Parce qu’elle aurait jamais tiré ! »

« Tu vas pas remettre ça ! T’oublies ce qu’elle a fait à Kono !? »

« Elle était pas elle-même ! » Intervint une voix. Les deux hommes levèrent la tête surpris.

« Tu devrais être à l’hôpital en train de te reposer ! » S’indigna Chin.

« Vous répondiez pas au téléphone ! Je savais qu’il y avait un problème, je pouvais pas rester sans rien faire !» Elle contempla la scène devant elle : Chin avait un énorme hématome violacé sur le front, Danny était blessé au bras et… elle se précipita vers Steve.

« Qu’est-ce qu’il a ? » Demanda-t-elle inquiète.

« Ko…no… , désolée… » Articula péniblement la voix de Louise.

« Hey… » Dit-elle doucement en s’approchant de la jeune-femme. Elle observa son état et reconnu les effets secondaires dont lui avait parlé le médecin. « ça va aller… »

« Désolée… » Répéta-t-elle laissant les larmes couler sur ses joues.

« Je t’en veux pas. Je sais que tu as agit sous l’influence d’une drogue. Je vais bien. Maintenant faut penser à toi. Il a besoin de toi. » Dit-elle en désignant du regard Steve que les ambulanciers mettaient sur un brancard.

 

Un peu plus tard à l’hôpital, Danny fut le premier à être libéré par les médecins. La balle n’avait fait qu’érafler son bras et après quelques points de suture et un pansement, il retrouva Ana et Kono dans la salle d’attente.

« Contente de vous revoir lieutenant Williams ! » S’exclama l’agent du FBI se retenant de ne pas céder à son envie de le serrer dans ses bras. Elle le connaissait depuis peu, mais elle s’était rendue compte en le voyant blessé qu’elle était en train de s’attacher à cet homme un peu râleur mais visiblement près à tout pour ceux à qui il tenait le plus.

« Vous vous en êtes bien sortie ! Vous êtes la seule à pas avoir une égratignure ! » Lui répondit-il avec un sourire avant de s’adresser à Kono. « On te doit une fière chandelle. Je sais pas comment ça ce serait finit si tu n’avais pas été là. »

« Moi j’ai bien peur de savoir et je ne veux même pas y penser ! » Grimaça-t-elle.

« Mais comment t’as su ? »

« Cette histoire n’était pas logique. J’ai passé pas mal de temps avec Louise et ces derniers jours, je la reconnaissais plus et Steve m’avait confié que c’était pareil pour lui. Et puis ça me travaillait cette histoire de tueur en série droitier. Non seulement je la voyais pas faire ça mais en plus je savais qu’elle était gauchère… Et j’ai fait une rencontre dans les couloirs de l’hôpital qui m’a éclairée. »

A ce moment, le médecin qui l’avait aidé à comprendre et pris en charge Louise à son arrivée, entra dans la salle d’attente.

« Comment va-t-elle ? » Demanda l’hawaïenne.

« Beaucoup mieux. Les effets de la drogue commencent à se dissiper. Elle n’a toujours pas les idées très claires mais sa respiration et son rythme cardiaque sont redevenus normaux. »

« Merci. » Conclut Kono soulagée en lui serrant la main.

« T’es quand même incroyable ! » soupira la voix de Chin dans son dos, se faisant retourner les trois autres. « Cette fille as failli de tuer et tu lui en veux même pas ! »

« Je te rappelles que toi aussi t’as failli me tuer ! » Intervint Danny narquois.

« Chin… elle était pas consciente de ce qu’elle faisait… C’était pas elle.»

« Contrairement à toi ! » Railla Danny. « Et moi, je t’en veux ! »

« Ok ! Danny, je suis vraiment désolé, tu sais très bien que c’était pas intentionnel de te blesser ! Et je ne faisais que mon boulot. » Voyant que son collègue avait l’air d’approuver, il ajouta plus légèrement : « Mais si tu continus, ça pourrait l’être une prochaine fois. » Dit-il provoquant les rires de ses amis.

« C’est noté ! T’inquiètes, je sais que tu as raté un épisode et que tu voulais juste nous protéger. » Les deux hommes échangèrent un regard signifiant leur réconciliation définitive et Chin demanda.

«  Vous avez des nouvelles de Steve ? »

« Il est toujours au bloc. »


Halia  (07.08.2014 à 09:18)

L’inquiétude avait rongé Doris tout le long du vol. Elle avait tenté de négocier avec l’homme en costume pour voir Steve avant de lui remettre la clé USB. Mais l’homme était resté intraitable : d’abord les infos, ensuite il la conduirait à son fils. Même si elle connaissait trop bien ce genre d’individu pour lui faire confiance, elle n’avait pas vraiment le choix. L’avion entamait sa descente vers O’Ahu quand elle tenta une dernière fois :

« Je veux une preuve que mon fils est vivant, sinon pas de clé USB. »

« Doris… » Soupira l’homme d’affaire. « On en a déjà parlé. D’abord mes infos, après votre fils. Je vous connais, et je ne suis pas aussi stupide que Vasillo, vous ne m’aurez pas ! »

« Tout ce que je vous demande, c’est la preuve qu’il est vivant. »

« La clé, et après vous aurez tout le loisir de le voir. » Le ton de sa voix semblait vouloir mettre un point final à la discussion, mais elle ne l’entendait pas cette oreille.

« Qu’est-ce qui me prouve que je peux vous faire confiance ? Ce que je vous demande c’est une marque de votre bonne foi. »

« Vous n’êtes pas vraiment en position de discuter ! » Se fâcha l’homme. « Si vous n’obéissez pas, je donne l’ordre de le descendre ! C’est clair !? » Le silence se fit et d’un ton radouci, il dit calmement : « Vous devriez attacher votre ceinture, nous allons atterrir. »

 

A l’hôpital, Danny et Kono étaient passés voir comment allait Louise. Un peu hésitant sur le comportement à adopter face à la jeune femme, Chin avait finalement décidé de les suivre après que ses amis lui aient expliqués pour la drogue.

Ils la trouvèrent regardant mélancoliquement par la fenêtre de sa chambre. Après avoir compris ce qui s’était passé ces derniers jours, certaines images lui revenaient en mémoire.

L’Hawaïenne posa sa main sur la sienne.

« Hey… tout va bien se passer maintenant… »

« J’arrive pas à croire que je vous ai fait autant de mal… » Souffla la jeune femme les larmes aux yeux. Danny vint s’asseoir près d’elle et posa une main amicale sur son bras.

« C’était pas toi… Tu dois pas t’en vouloir. » Tenta-t-il de l’apaiser.

« Et Steve ? Comment il va ? » Demanda-t-elle inquiète.

« Il est toujours au bloc. » Les larmes se mirent à couler sur ses joues.

« Il est costaud, il va s’en tirer. » Ajouta Kono pour la rassurer, même si elle était tout aussi inquiète.

« Tout est de ma faute ! Je l’ai fait souffrir… et c’est à cause de moi si tout ça lui est arrivé. »

« Louise… Tu ne pouvais pas savoir. Et je crois que Doris a aussi une part de responsabilité. C’est elle que cet Alvarez cherchait. » Renchérit Danny, visiblement en colère contre la mère de son meilleur ami.

« Et il va la trouver et la tuer à cause de moi. » Déplora la jeune femme. Touché par sa peine, le blond la prit dans ses bras pour la réconforter. « Tu m’en veux pas ? » Demanda-t-elle un peu surprise de tant de compassion de sa part. « Après ce qui s’est passé… » Il secoua la tête négativement avec un sourire rassurant.

« Le plus coupable dans l’histoire, c’est moi. Toi, tu ne savais pas ce que tu faisais…»

« Steve t’en veut lui… et je ne supporte pas l’idée de vous savoir fâchés à cause de moi.»

« T’inquiète pas, ça finira par s’arranger. Ils peuvent pas se passer l’un de l’autre ! » Intervint Chin resté en retrait jusque là. Il voyait bien que la tristesse qu’éprouvait Louise était sincère, et il se décida enfin à lui faire confiance lui aussi.

C’est alors que la porte s’ouvrit, laissant entrer Adam.

« Bon sang Kono ! Je t’ai cherchée partout ! Tu m’avais promis de pas aller sur place ! »

« C’est bon, tout va bien, regarde, je suis en pleine forme ! » Répondit-elle un peu agacée de se sentir à ce point couvée. Le jeune homme soupira mais connaissant l’entêtement de celle qu’il aimait et soulagé de constater qu’elle allait bien, il décida de laisser tomber. Il s’approcha d’elle et passa un bras autour de sa taille. Se rendant compte qu’elle avait était un peu brusque dans sa réponse, elle lui sourit tendrement.

« Au moins, tout ça aura permis de reformer une petite famille ! » S’exclama Danny en plaisantant, réussissant à tirer un petit sourire à Louise.

« Je suis heureuse pour vous… » Ca lui faisait plaisir de voir que ça s’arrangeait pour son amie. Elle essuya ses yeux, voulant se montrer aussi courageuse que le reste de la bande. Pourtant, malgré leurs efforts pour la rassurer, elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour Steve : allait-il s’en sortir ? Et s’il arrivait quelque chose à sa mère, allait-il pouvoir lui pardonner ? Et elle, pourrait-elle se pardonner tout ça… ?

 

Alors qu’ils roulaient vers le domicile de Steve, cette maison qui avait été la sienne et dont elle connaissait tous les recoins, lui permettant de cacher cette clé USB sans que personne ne s’en rende compte, elle ne cessait de regretter. Elle pensait à son défunt mari, mort par sa faute. A sa fille, avec qui elle n’avait jamais réussi à recréer de véritables liens. Et à son fils. Son fils qu’elle avait fait souffrir en l’abandonnant alors qu’il n’était qu’un adolescent, en étant responsable de la mort de sa petite amie, et maintenant pour tout ce que ces hommes avaient pu lui faire subir.

La voiture stoppa devant l’entrée. Le dénommé Alvarez sortit le premier et pointa son arme vers elle en ouvrant la portière.

homme en costume. autre tendit la main en faisant signe de lui donner.

« J’ai fait ma part. Je veux voir mon fils. » Dit-elle l’air déterminé.

« Vous allez le voir. » Répondit l’autre un petit sourire vicieux en coin en saisissant l’objet de force.


Halia  (09.08.2014 à 14:28)

Alors qu’ils roulaient vers le domicile de Steve, cette maison qui avait été la sienne et dont elle connaissait tous les recoins, lui permettant de cacher cette clé USB sans que personne ne s’en rende compte, elle ne cessait de regretter. Elle pensait à son défunt mari, mort par sa faute. A sa fille, avec qui elle n’avait jamais réussi à recréer de véritables liens. Et à son fils. Son fils qu’elle avait fait souffrir en l’abandonnant alors qu’il n’était qu’un adolescent, en étant responsable de la mort de sa petite amie, et maintenant pour tout ce que ces hommes avaient pu lui faire subir.
La voiture stoppa devant l’entrée. Le dénommé Alvarez sortit le premier et pointa son arme vers elle en ouvrant la portière.
« On vous suit Doris. » Annonça l’homme en costume.
A contrecœur, elle descendit de la voiture, entra dans la maison et commença à compter les pas à partir du bureau. Elle souleva ensuite une lame de plancher, y glissa sa main et en ressortit un objet qu’elle serra dans sa paume. L’autre tendit la main en faisant signe de lui donner.
« J’ai fait ma part. Je veux voir mon fils. » Dit-elle l’air déterminé.
« Vous allez le voir. » Répondit l’autre un petit sourire vicieux en coin en saisissant l’objet de force.


Dans la vielle ferme, la scientifique avait investi les lieux sous les ordres du chef du HPD qui était en grande conversation avec Grover et l’agent Decker qui les avait rejoints.
« D’après ma co-équipière » commença ce dernier « la coupable des meurtres sur lesquels nous enquêtions, c’est elle. » Dit-il en désignant le corps de la femme que Max finissait d’emballer dans une housse mortuaire.
« D’après Williams elle avait un complice. » Enchaina le chef du SWAT.
« Oui, un dénommé Alvarez. » Expliqua l’agent du FBI. « Un mercenaire qui vend ses services aux chefs de cartel. »
« Quel rapport avec elle ? » Demanda le chef Hatkins perplexe.
« Visiblement il en avait après la mère de Mc Garrett. C’est pour la trouver qu’il l’a enlevé. » Commenta Grover.
« Oui, c’est ce qui a visiblement réuni Alvarez et cette femme. Il le voulait pour trouver sa mère et elle cherchait à assouvir sa vengeance auprès de sa nouvelle petite amie. »
« Et il sait où trouver la mère de Mc Garrett ? » Demanda à nouveau Hatkins.
« Oui… » Soupira son collègue.
« Chef ! Capitaine ! » Les coupa la voix de Charlie Fong. « J’ai trouvé le portable de la femme. »
« Il faut tracer les derniers appels ! » Ordonna le chef.
Charlie sortit un ordinateur portable, se connecta à un logiciel et entra le numéro qui se répétait plusieurs fois ces derniers jours.
« C’est un prépayé, je sais pas à qui il appartient. »
« Pour ça on a notre petite idée. » Intervint Decker. Charlie continua à pianoter sur son ordinateur.
« Chef… J’ai réussi à le localiser. Il est tout près d’ici et il se rapproche ! »
Les trois hommes jetèrent un œil à la carte affichée sur l’écran puis se regardèrent incrédules.
« Pourquoi il revient ici ? »
« Il ne sait pas qu’on a eu sa complice et libéré Mc Garrett, il vient finir le travail, faut le coincer ! » Et ils partirent en courant vers l’extérieur.

Au volant, Alvarez paraissait nerveux. Il avait un mauvais pressentiment. Depuis le début, il avait été de mauvaise surprise en mauvaise surprise avec ce contrat et il commençait à trouver que tout se passait un peu trop bien depuis quelques heures. Son patron le remarqua.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Rien patron… » Répondit-il en essayant de paraître sûr de lui. Pourtant, quand il commença à deviner la vieille ferme au travers de la végétation, il se rendit compte qu’il y avait un peu trop d’agitation dans le secteur.
« Et merde ! » Pesta-t-il. « Les flics ! » Il mit un violent coup de volant pour faire demi-tour, surprenant ses passagers que se retrouvèrent projetés contre la portière. Voyant là son unique chance de s’échapper, Doris agrippa l’arme de l’homme pour tenter de la lui arracher. Roulant à pleine vitesse, Alvarez jeta un coup d’œil dans son rétroviseur et s’aperçut qu’ils étaient suivis. Appuyant encore un peu sur l’accélérateur, il ne put éviter l’ornière sur la route qui secoua encore les passagers. Le pistolet échappa alors à l’homme en costume mais Doris ne parvint à s’en saisir et il glissa sous le siège avant. Elle profita de ce moment de déstabilisation de l’homme pour le frapper aussi fort que possible. La voiture roulait très vite mais maintenant qu’ils avaient ce qu’ils voulaient, elle ne se faisait pas d’illusions sur ce qu’ils allaient faire d’elle et de Steve s’il était toujours entre leurs mains. Elle n’aurait certainement pas de meilleure opportunité de s’enfuir, alors elle ouvrit la portière et sauta du véhicule. Elle ne parvint à amortir sa lourde chute et son corps roula sur le bas côté avant de s’arrêter inerte contre une souche d’arbre.
Dans la voiture poursuivante, les policiers ne purent qu’observer la scène et continuèrent leur route.
« Je préviens Bergman, il est médecin, il va s’en occuper. Faut les rattraper ! Accélérez ! » Rugit le chef du HPD à Grover qui avait pris le volant. Il lança ensuite un appel pour faire installer des barrages sur toutes les routes du secteur.
Après cinq bonnes minutes de course-poursuite, Alvarez constata avec effroi que la route devant lui était bloquée par la police. Il mit un nouveau coup de volant pour quitter la route, espérant ainsi pouvoir éviter le barrage. Mais il perdit le contrôle du véhicule qui commença à faire des tonneaux avant de s’arrêter sur le toit, plusieurs mètres plus loin.
Armes pointées vers la voiture, le chef Hatkins, le capitaine Grover et l’agent Decker s’avancèrent prudemment vers la carcasse. Ils découvrirent alors Alvarez inconscient derrière le volant.
« Y en avait un autre ! » S’exclama l’agent du FBI.
« Quoi ? »
« La femme a sauté de l’arrière de la voiture ! Si Alvarez était seul il pouvait pas conduire et la tenir en joue en même temps ! Y avait forcément quelqu’un d’autre à l’arrière avec elle ! »
« Bouclez-moi le périmètre ! » Hurla le chef. « Il ne peut pas s’en être sorti indemne, il doit pas être bien loin ! Faut le trouver ! »


Halia  (10.08.2014 à 14:16)

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