Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 24.07.2014 à 19h51
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Ils pensaient le plus dur derrière eux mais c’était sans compter sur l’esprit machiavélique de Carter… (J'écris seule) » mesange
Cette fanfic compte déjà 39 paragraphes
11
Mary étant au téléphone avec l’une de ses amies, Kelly alla retrouver Steve qui s’était isolé sur la plage.
« La douche est libre » lui dit-elle en nouant les bras autour de son torse et en l’embrassant dans le cou.
« Viens là » et la jeune femme alla s’asseoir sur ses genoux.
« On n’a pas eu beaucoup l’occasion de se parler mais comment s’est passée la séance cet après-midi ? »
Kelly hésita à lui confier ce qui la préoccupait et finalement dit en soupirant :
« Et si on changeait de sujet ? »
« Il s’est passé quelque chose ? »
« Non, rien… »
« Kelly, je commence à te connaître et je vois bien que tu me caches quelque chose. »
Elle soupira à nouveau :
« Cette petite soirée m’a fait du bien. »
« Tant mieux alors mais t’essaies de noyer le poisson. »
« Tu n’avais pas l’air dans ton assiette, toi non plus et c’est encore le cas maintenant d’ailleurs. Il y a un problème ? Vous avez découvert… »
« Bien essayé ! »
« Tu lâcheras pas, hein ? »
« Si tu penses que oui, c’est mal me connaître. Dis-moi… »
Kelly se releva et regarda l’océan :
« J’ai pas envie de toujours t’ennuyer avec mes états d’âme. On savait que ce serait dur et ça l’est. Ca te suffit comme explication ? »
« Si tu peux pas compter sur moi, alors je vois pas ce qu’on fait ensemble… » répondit-il d’un air blessé.
« C’est pas ça ! C’est que je voudrais être une compagne… agréable et non pas celle qu’il faut sans cesse réconforter ! »
Il se leva à son tour, s’approcha d’elle et lui releva le menton :
« Hey ! Regarde-moi… »
Elle leva vers lui des yeux tristes.
« On a dit qu’on affronterait cette épreuve à deux et on a promis de ne plus rien se cacher. »
« Non, c’est toi qui as dû me promettre de ne plus rien me cacher. »
« Alors, c’est à ton tour de me le promettre aussi. Je tiens énormément à toi et je ne veux pas te perdre. »
« Tu vas pas me perdre » répondit alors Kelly surprise. « C’est moi qui ai peur de te lasser avec mes problèmes. »
« Si tu râlais pour un oui ou pour un non, y aurait des chances, oui mais c’est pas le cas et je suis impressionné par ton courage… Alors ? »
Kelly lui avoua :
« Ca n’a pas été facile d’entendre ces témoignages. Je me suis revue moi aussi… » Elle soupira « mais le pire, c’étaient ces regards sur moi, ce sentiment d’être à nouveau jugée. Tu sais, quand j’ai repris conscience, c’est ce qui a été le plus difficile : affronter le regard des autres. »
« C’est ce qui t’a poussée à faire le vide autour de toi ? »
« J’ai repoussé tout le monde et…j’ai… fui, j’ai préféré fuir plutôt que… » reconnut-elle les larmes aux yeux.
Steve soupira :
« C’est une réaction d’auto-protection » répondit-il doucement. « Tu venais de subir un tel traumatisme ! Tu n’étais pas dans ton état normal. »
« Je sais pas si je vais pouvoir tenir jusqu’au bout. Demain, tu vas probablement venir témoigner et je les vois déjà se tourner vers moi en se demandant comment après tout ce qu’il m’a fait, j’ai pu me donner à toi. »
« Ca ne les regarde pas. Pourquoi voudrais-tu qu’ils l’apprennent ? »
« Parce qu’Evans a posé la question à l’autre victime et le juge n’a pas tenu compte de l’objection de Laura ! »
Steve la regarda surprise.
« Et elle a dit que depuis son agression, elle ne pouvait plus et elle a subi bien moins que moi… »
« T’as le droit d’être heureuse, non ? »
« C’est que Laura dit aussi. »
« C’est ce que toute personne sensée penserait ! »
« Tu n’as pas vu leurs regards quand elle a dit ça. Ils doivent pas être sensés… »
Et cette dernière phrase tira un sourire au seal.
« On va dire ça, ouais. »
« J’ai quelque chose à te dire aussi » et après un bref silence « Catherine est rentrée de mission et elle est venue me voir au QG et je lui ai dit pour nous deux… Te voilà soulagée pour ça en tout cas. »
« Je n’aimais pas cette situation, c’est un poids en moins, c’est vrai mais ça va, toi ? C’est pour ça que t’étais bizarre ? »
« Ca n’a pas été facile mais il fallait bien passer par là. »
« Je suis désolée. »
« Tu n’as rien à te reprocher. Ca n’allait plus entre nous et voilà… »
« J’espère que je ne te ferai pas regretter ton choix. »
Il la serra tout contre lui et l’embrassa sur les cheveux se demandant si ce n’est pas elle qui regretterait de l’avoir aimé…
Avant d’éteindre la lumière, il regarda une nouvelle fois le cliché de Cory qu’il avait enregistré sur son iPhone. Intercepter la liste des personnes présentes au tribunal et trouver leur numéro de téléphone n’avaient été qu’un jeu d’enfant pour lui. Demain, la lente descente aux enfers de Cory commencerait véritablement. Pourtant, ce n’était pas de gaieté de cœur qu’il honorerait ce contrat bien différent de ceux qu’il avait l’habitude de remplir mais la jolie somme d’argent qu’il avait reçue était largement suffisante que pour faire taire sa conscience…
En rentrant chez elle, Kono repensa à la conversation qu’elle avait eue avec Ricky, juste avant de partir, au sujet de la recherche qu’elle effectuait pour lui :
« L’adresse renseignée est effectivement bidon : il s’agit d’un terrain vague. On dirait que la dame ne veut pas qu’on la retrouve… »
« Si je dois sonner à chaque maison de cette île pour la retrouver, je le ferais ! »
« Ce sera peut-être pas nécessaire. As-tu une photo d’elle ? On pourrait lancer une recherche faciale. »
« Plusieurs même ! Je t’amène ça demain matin sans problème. »
« Ca marche. »
Ricky lui sourit et en l’embrassant sur la joue :
« Merci, Kono. Je te suis vraiment reconnaissant de ce que tu fais. »
« Si je peux te rendre service, c’est avec plaisir » répondit-elle.
« Je te revaudrais ça. »
Pourquoi cette femme prenait-elle toutes ces précautions pour ne pas qu’on la retrouve ? Son instinct lui soufflait que cette histoire n’était pas aussi simple qu’elle était supposée l’être mais avant de se pencher plus avant sur cette histoire, il fallait mettre la main sur le complice de Carter !
De leur côté, Malia était sur le point de monter se coucher quand elle remarqua l’air préoccupé de son mari :
« Tu redoutes de témoigner demain ? »
« Non, pas vraiment. Celui qui va trinquer, c’est Steve, pas nous. »
« C’est un moment que tout le monde attend, ça va pas être facile ni pour lui ni pour Kelly. »
« Je pense que Laura Prescott l’a bien préparé et puis maintenant, il ne se bat plus avec ses sentiments, ça va l’aider… »
« Alors qu’est-ce qu’il y a ? »
« On n’arrive pas à trouver quoi que ce soit sur son complice. C’est à se taper la tête au mur ! Et je t’avoue que même si j’apprécie Derek et Reid, on n’avance pas beaucoup plus avec eux à nos côtés… »
« Le témoignage de Reid sera déjà déterminant au procès. Ils ont besoin de temps aussi… »
« Mais on n’a pas de temps ! Steve est en danger et on est là à aller manger un bout tous ensemble parce qu’on sait plus sur quoi travailler ! Va-t-il falloir attendre un nouveau drame pour avancer ? »
Malia le serra contre elle :
« Steve est sur ses gardes, c’est un seal, n’oublie pas. »
« Je sais » soupira-t-il « Je t’ai assez embêtée avec ça, montons » et ils gagnèrent leur chambre main dans la main mais inquiets…
Danny rentra chez lui et se dirigea vers sa pharmacie : il ne savait pas si c’étaient les crevettes de Kamekona qu’il ne digérait pas ou si c’était toute cette tension qui lui pesait sur l’estomac. Il lui fallait encore bien ça alors que le danger devenait plus imminent ! Il alla se coucher sans tarder…
12
Le lendemain, tandis qu’au tribunal défilaient tous les témoins se rapportant à la seconde victime de Carter, les membres du Five-0 étaient retournés au QG. D’après le procureur, la partie qui concernerait Kelly ne devrait débuter qu’en début d’après-midi au plus tôt et s’ils étaient appelés, ce ne serait qu’en fin de journée, voire le lendemain…
« T’as pas l’air bien, Danny. Tu es malade ? » demanda Steve soucieux.
« J’ai pas digéré les crevettes d’hier. J’espérais que ça irait mieux ce matin. »
« Si t’allais un peu t’allonger ? » proposa son ami.
« Non, ça va aller. Je me sens déjà mieux qu’hier soir. »
« T’es sûr ? »
« Oui, maman. »
Steve fit la moue et changea de sujet :
« Qu’ont donné les vidéos de surveillance sur les différents volcans ? »
« Rien ! » répondit sombrement Chin.
« Ce qui veut dire que ce n’est pas à ça qu’il pensait alors » dit Kono.
« Pas forcément. On sait qu’il utilisait régulièrement la grange. Il se peut qu’il y allait pour se changer aussi » dit Steve.
« Un déguisement ? » demanda Danny.
« C’est pas bête mais si c’est le cas, ça ne nous aide pas » dit Chin.
« On peut faire une recherche en introduisant le même gabarit » suggéra Danny.
« C’est parti ! »
« Et si on faisait aussi une recherche avec les personnes inscrites sur la liste hier au tribunal » proposa alors Kono.
« De toute façon, je vais demander que ces lieux soient surveillés » dit Steve.
« On pourrait aller voir sur place aussi » suggéra Chin.
« Vous irez seuls, pas question que je monte dans le crevettecopter avec toi » rétorqua le blondinet.
« T’es qu’une chochotte ! »
« Je tiens à ma vie, moi ! »
Steve leva les yeux au ciel mais ne fit pas de commentaire et ils consacrèrent une bonne partie de la matinée à ces recherches...
Après avoir été retrouver, à la pause, Steve et son équipe au QG, Kelly retourna au tribunal. Elle n’avait pu avaler quoi que ce soit et n’avait pratiquement pas dit un mot. Tous ses amis étaient présents pour la soutenir et c’est anxieux qu’ils la virent regagner sa place.
« Comment peut-on demander à une victime de revivre ça ? » demanda Mary écœurée. « Je sais pas si je pourrais… »
« C’est après qu’elle va avoir le plus besoin de vous » dit alors Derek. « Là, elle encaisse mais… »
« Il ne faudrait pas beaucoup pour qu’elle perde pied » dit tristement Malia.
« Heureusement, elle est bien entourée » dit Ricky.
Le juge entra et la séance reprit avec le premier témoin : l’inspecteur qui s’était occupé de l’enquête après l’agression de Kelly. Le procureur demanda ensuite le huis clos pour le témoignage du médecin qui avait pris en charge Kelly à son arrivée à l’hôpital.
Carter se délectait en entendant tous les sévices qu’il avait infligés à la jeune femme et jetait souvent des regards vers elle tandis qu'elle luttait pour rester digne malgré les regards qu’elle sentait sur elle mais cette fois, c’étaient des regards de compassion, certains jurés avaient même les yeux brillants, certains lançaient des regards dégoûtés à Carter…
Après son interrogatoire, Laura vint se rasseoir près de Kelly et elle posa sa main sur celle de la jeune femme et lui souffla :
« C’était les témoignages les plus éprouvants. Ca va aller ? Tu veux que je demande une pause ? »
« Non, ça ne ferait que prolonger cette journée. »
« Courage ! »
Après le contre-interrogatoire, le public put revenir et le procureur appela à la barre Caroline Winters, la voisine qui avait découvert Cory en train d’agoniser sur son lit de torture. Le témoin allait prêter serment quand des chuchotements se firent entendre dans la salle.
« Mesdames, Messieurs, je vous rappelle que nous sommes dans un tribunal et que le silence est de rigueur » rappela le juge Kanala qui, en voyant certaines personnes regarder leur portable, dit d’une voix sévère : « Vous êtes priés de mettre vos portables en mode silencieux et je vous exhorte à le faire immédiatement si vous ne voulez pas être poursuivis pour outrage à la cour ! »
Derek vit alors sur le portable de la personne à côté de lui une photo de Kelly et il demanda à lui parler :
« Votre Honneur, un élément nouveau vient de se produire et je pense que vous devriez être mis au courant. »
« J’espère pour vous que c’est important. Approchez ! » Et Derek se dirigea vers le pupitre du juge, accompagné des deux avocats.
« Je vous écoute. »
« Je viens de voir sur un des portables une photo de Kelly Grainger… »
« QUOI ? » dit alors Laura devenant blême d’un coup.
Kelly les regardait se demandant de quoi ils parlaient, redoutant d’apprendre qu’il était arrivé un malheur à Steve…
« Emmenez votre témoin dans la salle de délibération qui est insonorisée pour lui faire part de cette nouvelle, Maître Prescott et je vous accorde tout le temps dont vous aurez besoin pour… »
« Merci votre Honneur. »
« Je peux les accompagner ? » demanda Derek.
« Qui êtes-vous ? Un proche ? »
« Je suis agent du FBI du département des sciences du comportement. »
« Lui et le Docteur Spencer Reid sont venus prêter main forte au Five-0 » dit alors Laura.
« Oui, vous pouvez les accompagner. »
Et le procureur alla retrouver Kelly et lui demanda de la suivre sans lui dire quoi que ce soit de plus.
« C’est Steve ? Il lui est arrivé quelque… »
« Non, non, Steve va bien, venez… » lui répondit alors Derek et elle les suivit se demandant ce qu’ils allaient lui annoncer. Laura entra dans la salle et se tourna vers la jeune femme…
Pendant ce temps, le juge Kanala demanda le silence :
« Que le jury soit évacué pendant je ramène l’ordre dans cette salle » et quand le jury fut sortit :
« Que ceux qui ont reçu cette photo lèvent la main et que ceux qui ont éteint leur portable les rallume pour voir s’ils l’ont également reçue ou pas. »
Il vit alors une quinzaine de mains se lever dans un premier temps…
« Merde ! J’ai reçu quelque chose aussi » dit Ricky et quand il vit la photo, il serra les mâchoires de rage.
Mary se pencha sur son portable et vit avec horreur la photo.
« Moi aussi » dit Kamekona mais par respect pour Kelly, il la supprima avant de la regarder. « Il faut prévenir Steve… »
Ses amis virent alors une dizaine d’autres mains se lever en plus et entendirent le juge dire :
« Maître Evans, j’espère pour votre client qu’il n’a rien à voir avec cette histoire ! »
« Quelle histoire ? Je ne sais même pas de quoi vous parlez » dit alors Carter innocemment.
« Je parlais à votre avocat et s’il faut vous bâillonner pour que vous vous taisiez, je n’hésiterai pas à l’ordonner ! »
« Taisez-vous ! » lui ordonna Doug Evans visiblement furieux. « Nous aurons à parler après cette séance ! »
Carter le regarda, surpris par sa réaction. Pourtant, tout se passait très bien…
Au QG, les quatre amis regardaient défiler les portraits des hommes ayant le même gabarit que Carter et examinaient leur fiche signalétique. »
« Ca pourrait être n’importe lequel » dit Danny.
« Prenons ceux qui se rapprochent le plus de lui et voyons ce que donne la reconnaissance faciale » suggéra Steve les bras croisés sur le torse et ils en étaient là quand il vit que Kamekona l’appelait sur son portable :
« Oui, Kame ? Qu’est-ce que ma sœur a encore fait ? » soupira Steve.
« C’est pas ta sœur, c’est Kelly. »
« Quoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Elle… »
Et Kamekona lui raconta.
« J’arrive ! » et il rapporta aux autres ce que Kame lui avait dit. « Si je mets la main sur Carson, il va passer un sale quart d’heure, je vous le garantis ! » lâcha-t-il hors de lui.
Les trois amis lui emboîtèrent aussitôt le pas, n’osant imaginer le nouveau calvaire que vivait leur amie et ce que ferait le seal si Carson était bien responsable de cet acte abject…
13
Dans la salle de délibération, Laura se tourna vers Kelly et soupira :
« Certaines personnes ont reçu un cliché de toi, c’est ce qui a provoqué ce brouhaha. »
Kelly devint livide et dut se tenir à la table. Elle demanda d’une voix tremblante :
« Quel cliché ? »
Derek lui montra alors la photo et il vit les yeux de la jeune femme qu’il avait appris, lui aussi, à apprécier se gonfler de larmes et c’est contre tout attente qu'elle sortit de la salle et se dirigea bouleversée et furieuse vers Carter :
« POURQUOI ? POURQUOI ? QU’EST-CE QUE JE VOUS AI FAIT ? VOUS M’AVEZ PAS DÉJÀ FAIT ASSEZ DE MAL COMME CA ? »
« Maître Prescott, faites taire votre témoin ! Si je peux comprendre, je ne tolérerai pas… » mais il ne put finir car Kelly ne l’écoutait même pas :
« CA VOUS AMUSE DE M’HUMILIER ? VOUS N’ETES QU’UNE POURRITURE… »
« Kelly, ça suffit. Viens » dit Laura en essayant de la calmer et de la tirer vers la salle qu'elle venait de quitter.
« LAISSEZ-MOI ! » et elle se dégagea sans ménagement de son emprise et poursuivit : « VOUS AVEZ PREVU QUOI POUR LA SUITE ? »
« MAITRE PRESCOTT ! »
« KELLY ! CA SUFFIT MAINTENANT » dit Laura d’un ton autoritaire en élevant la voix, mais avant que Derek ne la retire en arrière, Kelly gifla de toutes ses forces Carter sous les regards hébétés de toute l’assemblée et furieux du juge. Derek la saisit et l’entraîna dans la salle de délibération tandis qu’elle criait à l’accusé :
« J’AURAIS DU VOUS TUER ! J’AURAIS DU VOUS… »
« Calmez-vous, Kelly ! » ordonna Derek d’une voix plus dure et il fit entrer la jeune femme dans la salle sous les regards bouleversés de ses amis qui redoutaient la sanction qu’allait maintenant prendre le juge à son encontre. Ils retinrent leur souffle quand ils entendirent celui-ci déclarer :
« La séance est levée ! Maître Prescott, dans mon bureau ! » et il sortit de la salle furieux suivi par Laura, bouleversée…
« Laura, crois bien que l’histoire tragique de cette jeune femme me touche et je peux comprendre sa réaction en tant qu’homme mais en tant que juge, je ne peux laisser passer cela sans sanction. »
« Je sais, Kimo mais j’ose espérer que tu seras indulgent. Elle a déjà tellement souffert et elle souffre encore énormément. Chaque heure qui passe, je la sens lutter pour garder la tête hors de l’eau. J’ai été aussi surprise que toi de la voir s’adresser à Carter mais j’aurais sans doute fait pareil en sachant qu’il a organisé…»
« Tu penses que Carter est derrière tout ça ? »
« Oui, j’en suis certaine. Un journaliste a fait chanter le Commandant du Five-0. »
« Vous avez des preuves ? »
« Cette histoire n’est pas finie, Kimo, mais pour l’instant, non, nous n’avons aucune preuve, ce ne sont que des suspicions… »
« Dans ce cas, je ne pourrai pas en tenir compte. »
« Kimo, je sais que ce que je vais te demander va à l’encontre de l’éthique mais tu ne pourrais pas fermer les yeux et lui donner juste un premier avertissement ? »
« Laura, elle l’a giflé sans parler de ses dernières paroles… »
« Je sais bien. Tu sais que… » poursuivit Laura les larmes aux yeux avant se reprendre et dire simplement « J’ai peur, j’ai vraiment peur pour Kelly. »
« Qu’elle me présente déjà ses excuses quand la séance reprendra demain… » dit alors le juge Kanala.
« Merci » souffla-t-elle et il la regarda sortir. Avec le temps, il avait appris à apprécier Laura Prescott et la voir promue procureur général l’avait ravi car elle le méritait amplement. Elle pouvait se montrer impitoyable mais toujours juste, il aimait la compassion qu’elle éprouvait toujours pour les victimes qu’elle défendait et il savait que cette affaire la touchait particulièrement…
Derek lâcha Kelly mais l’obligea doucement à se retourner pour le regarder et quand il vit toute la détresse dans ses yeux, il la serra dans ses bras et, une main sur ses cheveux, lui murmura :
« Allez-y, pleurez, ça ne pourra que vous faire du bien… »
Elle ne put dire quoi que ce soit et pleura sur son épaule. Elle finit par se calmer peu à peu et s’écarta de lui. Il garda le silence que Kelly finit par briser en déclarant :
« Dix ans après, il réussit encore à me salir mais publiquement cette fois, au regard de tous ! Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? »
« Vous avez affaire à un esprit dérangé. Il se fiche du mal qu’il fait, tout ce qui compte, c’est sa propre personne. »
« Comment je vais faire maintenant que tout le monde a vu ce qu’il m’a fait ! »
« Il n’y a qu’une poignée de personnes qui a reçu la photo… »
« Vous en savez rien ! » s’emporta-t-elle. « Qui vous dit qu’il ne l’a pas envoyée à d’autres ? Et peut-être pas qu’une mais plusieurs ! »
Derek soupira :
« J’en sais rien en effet. »
Elle le regarda affolée :
« Ce cauchemar ne finira jamais. Il ne me laissera jamais tranquille. Je suis sa chose et il fait de moi ce qu’il veut au gré de ses fantaisies ! »
«Vous êtes sous le choc mais s’il joue effectivement avec vous pour l’instant, ça ne durera pas, je peux vous le garantir. »
« Ne faites pas de promesse que vous ne pouvez tenir. J’ai déjà ma dose avec Steve ! »
Il la regarda surpris mais Laura rentra à ce moment et quand elle vit le visage décomposé de Kelly, son cœur se serra. Elle s’approcha de la jeune femme et lui dit :
« Je ne sais pas comment une chose pareille a pu arriver. Je peux juste te dire que si la photo est également arrivée aux mains de la presse, ils ne pourront pas la diffuser sinon ils iraient à l’encontre de l’ordonnance et le juge a fait supprimer la photo de tous les portables sous peine de poursuites. Je sais que ça ne réparera pas le dommage que tu viens de subir mais… »
« C’est pas vous que l’on regarde comme si vous étiez un… un…un monstre ! Vous savez pas ce que c’est de vivre avec ces marques ! Je vis avec depuis dix ans mais personne ne savait alors que maintenant… » et elle ne put achever sa phrase…
« Personne ne vous voit comme ça. Vous êtes une jeune femme très appréciée. Si vous voyiez vos amis, ils sont aussi bouleversés et révoltés par ce qui s’est produit. »
« Au moins maintenant, ils ne devront plus imaginer les cicatrices que j’ai sur le corps ! »
Laura s’apprêtait à lui répondre quand la porte s’ouvrit sur Steve et elle poussa un soupir de soulagement de très courte durée toutefois quand elle entendit Kelly s’en prendre aussitôt à lui :
« Comment as-tu pu me faire ça ? J’avais confiance en toi ! Tu tenais Carson sous contrôle, il ne devait que livrer mon nom mais tu l’as relâché et il s’est aussitôt empressé de… » l’accusa-t-elle, les larmes coulant de plus belle. « J’ai encore cru en toi et en tes belles paroles ! »
« Si c’est Car… » mais il ne put continuer que Kelly se tournait déjà vers Laura et Derek :
« Vous savez quoi ? Je jette l’éponge ! C’est terminé. J’ai assez donné ! Et si on m’enferme dans une cellule pour ça, je m’en contrefiche ! Dites au juge qu’il aille au diable lui aussi ! » et elle se dirigea vers la porte qu’elle ouvrit mais quand elle vit tous les visages tournés vers elle, elle la referma et s’écroula à terre en pleurs.
Steve s’approcha alors d’elle et s’agenouilla mais elle lui dit :
« Va t’en ! Laisse-moi ! Allez-vous-en ! Laissez-moi ! LAISSEZ-MOI ! »
« Il n’en est pas question. Je…»
« Tu es sourd ? Je veux plus de toi ! C’est terminé. Je veux qu’on me laisse tranquille… S’il vous plaît, laissez-moi… » les supplia-t-elle.
Danny entra alors et dit :
« Steve, tu peux venir ? »
« C’est pas le moment, Danny. »
« Carson est mort. »
« Quoi ? »
« Allez-y, Steve, je reste avec Kelly » dit alors Laura.
Il s’agenouilla de nouveau près de Kelly et lui dit :
« J’espère que ce n’est pas Carson parce que je ne me le pardonnerais pas. » Et il sortit le cœur lourd, suivi de Derek, pour aller retrouver ses équipiers ainsi que Reid.
14
« Dans les toilettes hommes » dit alors Danny.
Ils entrèrent et découvrirent Carson, la gorge tranchée, dans une des toilettes.
« J’ai trouvé son portable : il y avait la photo de Kelly dans ses documents et c’est bien lui qui l’a envoyée » dit alors Kono.
Steve ferma les yeux : comment allait-il pouvoir regarder Kelly maintenant ?
« Au moins, on saura à combien de personnes il l’a envoyée » dit Derek.
« Je veux toutes les vidéos surveillance » dit Steve d’une voix dure.
« Avec un peu de chance, on saura à quoi ressemble notre complice… » renchérit Kono.
« OK, on va retourner au QG voir ce que donnent les vidéos » dit Steve.
« Comment va Kelly ? » demanda Kono.
« Elle est dévastée. »
« Elle va avoir besoin de toi. On t’appelle s’il y a du nouveau » proposa-t-elle.
« Elle m’en veut et… »
« Elle est sous le choc. Laisse-la se reprendre… » dit alors Danny et il lui tapa l’épaule.
Laura se laissa tomber aux côtés de Kelly et posa la main sur le bras de la jeune femme. Kelly la prévint :
« Je ne changerai pas d’avis. »
« Je ne le vous demanderai pas. »
L’institutrice la regarda étonnée, se demandant où était le piège…
« Ce qui m’importe, c’est vous. Bien sûr, j’aimerais envoyer Carter dans une prison de haute sécurité afin de vous savoir en sécurité une bonne fois pour toutes… »
« Une prison d’état ou un institut psychiatrique, ça va changer quoi ? Il ne me lâchera pas et j’en viens à ne même plus redouter ce qu’il a prévu pour moi. Finalement, si je meurs, ce sera un soulagement… »
« Je sais. »
« Vous savez ? »
« Oui parce que ce discours, je l’ai déjà entendu et ce regard, je l’ai déjà vu mais à l’époque, je pensais que… » et sa voix se brisa mais elle se reprit et poursuivit :
« J’avais 20 ans et j’avais entamé des études de médecine… »
Kelly la regarda étonnée :
« Ma sœur, Helen, était de sortie ce soir-là. Quand elle est rentrée, elle était en pleurs mais…mais elle n’a rien voulu me dire et est montée directement prendre une douche. J’ai entendu l’eau couler pendant ce qui m’a semblé être une éternité… »
Kelly comprit et dit d’une voix blanche :
« Elle a été…»
Laura fit oui de la tête.
« Helen n’a jamais voulu porter plainte, elle avait trop honte. A l’époque, les femmes violées étaient encore étiquetées de filles faciles, provocantes et le coupable était le fils d’un politicien célèbre de la région… » Laura soupira et poursuivit : « Elle se disait assez forte que pour surmonter ce drame et je l’ai crue parce que je ne pouvais imaginer le contraire. Elle n’a jamais voulu le dire à nos parents et je lui avais promis de ne rien dire non plus. La plus grosse connerie de ma vie, je pense… Je l’ai soutenue, j’ai veillé sur elle mais jour après jour, je l’ai vue rongée par la culpabilité, ce sentiment atroce qui vous détruit lentement mais sûrement. »
Kelly baissa la tête, elle ne savait que trop ce que ce sentiment pouvait faire comme dégâts… Laura reprit :
« La jeune fille pétillante qu’elle était devint peu à peu l’ombre d’elle-même. Elle n’osait plus sortir, parlait très peu, avait bien sûr arrêté ses études, elle avait perdu ses amies. Je l’ai suppliée d’aller voir un psy mais elle refusait catégoriquement et je me disais qu’elle avait besoin de temps. Je l’ai donc soutenue comme je pouvais : je ne sortais plus non plus, je me consacrais uniquement à mes études et à ma petite sœur. Et comme je l’attendais, ce jour est enfin venu et je l’ai retrouvée : souriante, prête à reprendre sa vie en mains. Le changement était brutal et je n’ai rien vu venir, trop heureuse de voir ma petite sœur sourire à nouveau. Elle m’a avoué avoir suivi une thérapie en secret mais elle me mentait ! Je n’ai pas vu tous les signes annonciateurs, sûrement parce que je pouvais pas imaginer ma sœur commettre ce genre d’acte… » Elle ferma les yeux :
« Un soir, elle m’a préparé un repas, un petit festin. Nous avons passé une formidable soirée à se remémorer nos bêtises et le lendemain, je suis partie aux cours le cœur léger. Je pensais ce cauchemar derrière moi… »
Kelly vit alors les larmes couler sur les joues du procureur :
« Mais quand je suis rentrée, je l’ai vue par la fenêtre : elle s’était pendue à un arbre dans notre jardin. »
Kelly fut bouleversée et mit sa main sur le bras de Laura :
« Je suis désolée. »
Laura se reprit et continua :
« Après ça, j’ai décidé de changer d’orientation et j’ai commencé des études de droit. Je voulais défendre la cause de toutes ces femmes et aujourd’hui, c’est ton tour. Ma sœur n’avait pas ta force de caractère. Je t’admire énormément, tu sais. Je m’en suis toujours voulu de ne pas avoir su voir ce qu’elle préparait. Aujourd’hui, je sais reconnaître ces signes et tu n’es pas loin de la rupture, n’est-ce pas ? »
Kelly ne répondit rien mais oui, elle envisageait à nouveau le suicide…
« Alors, si tu dis que c’est trop pour toi, je l’accepte mais je ne te laisserai pas commettre l’irréparable si je peux l’empêcher ! J’ai perdu un être cher et je me suis beaucoup attachée à toi, plus que je n’aurais dû…moi aussi. »
Kelly savait qu’elle faisait alors allusion à Steve.
« Il t’aime. Ne le repousse pas… »
Steve entra à ce moment et aida Laura à se relever et tendit une main hésitante à Kelly pour l’aider aussi, main qu’elle saisit mais devant le malaise des deux jeunes gens, Laura demanda :
« Alors ? »
« Il a été exécuté. »
« Son complice serait donc ici… »
« Oui. Nous avons pourtant examiné la liste de toutes les personnes présentes dans cette salle mais nous allons élargir nos recherches à toutes les personnes présentes dans ce tribunal. »
« On dirait qu’il est passé à la vitesse supérieure » constata Laura.
« Ca veut dire quoi ? Il va s’en prendre à toi maintenant, c’est ça ? » demanda Kelly d’une voix anxieuse.
« On a maintenant du nouveau, on va pouvoir avancer » répondit le seal.
« Kelly, je vais aller trouver le juge Kanala » dit alors Laura préférant laisser les deux jeunes gens un peu seuls mais Danny entra à ce moment :
« Le portable de Carson a été cloné, c’est pas lui qui a envoyé la photo. »
Steve regarda Kelly qui, gênée, baissa les yeux et il était sur le point de sortir lorsqu’elle l’appela :
« Steve… »
« Pas maintenant, Kelly, j’ai du boulot » et il sortit sans se retourner laissant la jeune femme plus désemparée que jamais…
15
Il alla rejoindre sa sœur et les autres et demanda à Kamekona :
« Kame, tu pourrais ramener ma sœur et Kelly chez moi et y rester le temps que je rentre ? »
« Bien sûr, mon frère, tu peux compter sur moi. »
« Merci. »
« Steve, attends ! » dit alors Mary. « Quelle est la sanction du juge ? »
« Quelle sanction ? De quoi tu parles, Mary !! » demanda le seal énervé.
« De ce qui s’est passé tout à l’heure quand Kelly a giflé Carter ! »
« QUOI ? »
Danny et les deux cousins, qui étaient venus les rejoindre laissant l’équipe scientifique s’occuper de Carson, furent surpris, eux aussi, d’apprendre cette nouvelle.
« Elle a fait quoi ? » demanda Kono.
« Elle était bouleversée et elle s’en est prise à Carter, se mettant du coup le juge à dos.
Steve soupira :
« Il fallait encore bien ça ! »
« Je vais la voir » dit la jeune asiatique.
« On a du boulot, je vous rappelle ! » dit alors Steve d’une voix cassante. « Tu lui parleras plus tard. »
Tous le regardèrent surpris et Steve lâcha :
« Elle veut voir personne, elle veut qu’on la laisse tranquille. »
« Et en bon petit copain, tu l’écoutes ? » dit alors Danny incrédule.
Steve ne répondit pas et sortit au pas de charge, furieux, laissant les autres indécis…
« Allez-y, on s’occupe de Kelly » dit Malia, étonnée elle aussi, tout comme les autres, par la réaction de Steve.
« Je peux venir avec vous ? » demanda Ricky à Danny « J’aimerais me rendre utile. »
« Vu l’humeur de Musclor, vaut mieux pas » répondit son ami.
Ricky les regarda partir en soupirant et finalement, suivit les autres qui allèrent rejoindre Kelly qu’ils trouvèrent assise à la table la tête posée sur les bras. Elle essuya ses larmes en les entendant entrer. Caroline vint s’asseoir à côté d’elle et l’attira tout contre elle.
« Ce type est vraiment une ordure ! »
Laura revint alors dans la salle et Caroline lui demanda aussitôt :
« Que risque Kelly pour… ? »
« C’est le cadet de mes soucis » répondit Kelly.
Laura répondit en soupirant :
« Dans le meilleur des cas, juste un avertissement. »
« Sinon ? » demanda Kamekona, inquiet lui aussi.
« Une amende, une peine de prison, les deux à la fois… »
« Une peine de prison ? Vous plaisantez ? » s’exclama Mary.
« Malheureusement, non » répondit tristement Laura « Mais on n’en est pas encore là. »
« Je suis sûre que le juge va se montrer clément vu les circonstances » essaya de se rassurer Caroline. « J’arrive pas à croire qu’il pourrait ordonner une peine de prison, pas après ce qu’elle a déjà traversé ! »
« C’est évident » répondit Laura qui préféra garder pour elle le fait que si Kelly ne témoignait pas alors qu’elle était assignée, c’était une peine pouvant aller jusqu’à un an qu’elle risquait, même si le juge n'irait pas jusque là. Essayer de la raisonner, là, tout de suite, était peine perdue mais elle espérait que la jeune femme reviendrait d'elle-même sur sa décision d'ici le lendemain matin...
« N’importe qui aurait réagi de la même façon ! Punir Kelly, c’est faire le jeu de ce psychopathe » dit Ricky. « S’il y a une justice… »
« Il faut vraiment attendre demain pour connaître sa décision ? » demanda Malia. « Kelly n’a qu’un rein et toute tension est mauvaise… »
« Je vais bien, Malia… J’aimerais juste rentrer chez moi, j’ai besoin de me retrouver seule… »
« Mon frère a demandé à Kame de nous raccompagner à la maison » dit alors Mary.
« Et pas question de désobéir au grand Kahuna » répondit l’Hawaiien.
« Rester seule n’est pas ce qu’il vous faut » dit Ricky. « Vous avez besoin de vous vider l’esprit. Je vous proposerais bien d’aller faire un tour dans un parc d’attractions ! Vous aimez ça et au moins, ça vous changerait les idées » suggéra-t-il en lui faisant un clin d’œil. « On pourrait y aller tous, qu’en pensez-vous ? » demanda-t-il aux autres.
« Rien de tel pour se changer les idées ! » acquiesça Mary toujours partante pour s’amuser.
« C’est gentil mais je voudrais rentrer » répondit alors Kelly d’une voix lasse.
« Une autre fois alors » lui sourit-il.
Malia remarqua l’air déçu de Ricky. Ce n’est pas la première fois qu’elle le voyait aussi prévenant avec la jeune femme. Steve ne semblait pas l’apprécier mais s’il venait à remarquer, lui aussi, que l’ami de Danny en pinçait pour sa petite amie, elle se demandait comment il réagirait…
« Kelly, si jamais… vous pouvez me joindre à n’importe quelle heure » dit alors Laura qui la regarda partir le cœur lourd…
Une fois dans la Camaro, Danny regarda Steve avec insistance mais ce dernier garda le silence. Danny, exaspéré, finit par lui demander :
« C’est quoi le problème ? »
« Quel problème ? »
« Joue pas à ça avec moi ! Je vois bien qu’il s’est passé quelque chose avec Kelly. »
« Bravo Einstein ! » répondit ironiquement le seal.
« Pourquoi t’es pas avec elle ? » insista Danny.
« On a un meurtre sur les bras, t’as pas oublié ? »
« Et quand McGarrett a un meurtre à résoudre, tout le reste passe bien sûr en second plan, même ta petite amie qui a plus que jamais besoin de toi en ce moment… »
Steve accusa le coup et se mura dans le silence, le visage fermé.
« Tu vas dire ce qui se passe, oui ou non ? »
« Que veux-tu que je te dise ? Elle voulait rester seule. »
« Ca se comprend, non ? Ce que je comprends pas par contre, c’est que tu lui obéisses… »
Steve regarda son équipier et lâcha exaspéré :
« Elle me reproche d’avoir laissé sortir Carson, ce qui lui a permis de publier la photo, ça te va ? »
« Non, parce que Carson n’est pas coupable… Donc, elle n’a plus de raison de t’en vouloir… »
Steve soupira et finit par lui avouer :
« Elle n’a plus confiance en moi et m’a bien fait comprendre que c’était terminé entre nous. »
« Tu vas quand même pas prendre ses propos au sérieux alors qu’elle est sous le choc ? Steve, elle est dévastée par la publication de cette photo ! Ses paroles ont dépassé ses pensées. »
« C’est peut-être mieux ainsi, Danny. Elle mérite mieux que moi… » lui répondit alors le seal d’une voix triste.
« Pardon ? J’ai dû rater quelque chose en route parce que là, je te suis plus du tout ! »
Steve soupira et Danny vit combien son ami était malheureux.
« Je croyais que tu l’aimais. »
Steve accusa le coup et garda le silence.
« C’est à cause de Cath ? Tu doutes à nouveau ? »
16
« NON ! »
« Alors, c’est quoi ? Je vois bien que depuis ta mise au point avec Catherine, t’es plus le même. »
Et comme son ami ne disait toujours rien…
« Tu devrais être soulagé que les choses soient claires entre Cath et toi mais c’est visiblement pas le cas. Alors, je me pose la question : est-ce que tu regrettes d’être avec Kelly ? »
« Bien sûr que non ! Ca n’a rien à voir. »
« Où est le problème alors ? »
Steve soupira :
« Quand tu t’es séparé de Rachel, tout ce qu’elle te reprochait était juste ou… ? »
« Catherine t’a dit tes quatre vérités, c’est ça ? »
Steve fit la moue mais reconnut :
« Elle a dit des choses auxquelles je m’attendais pas. »
« C’est bien les femmes, ça ! Elles vous accablent de reproches alors qu’elles, elles sont irréprochables. Si j’avais pris à la lettre tout ce que Rachel m’a dit quand elle m’a annoncé qu’elle me quittait, je me serais jeté du haut d’un pont tellement l’homme qu’elle décrivait était horrible ! »
« A ce point-là ? »
« Tu peux même pas imaginer ! »
Steve garda le silence.
« Que tu te remettes en question, c’est bien mais tu ne dois pas prendre à la lettre tout ce qu’elle t’a dit. C’est jamais gai une relation qui se termine, on y perd chacun des plumes dans l’histoire. Tu n’es pas le seul à être fautif, Catherine aussi a sa part de responsabilités dans cet échec. »
Comme Steve ne répondait pas, il poursuivit :
« Tu dois tourner la page. Tu aimes Kelly et elle t’aime, c’est évident ! »
« Si elle m’aime comme tu le dis, pourquoi elle veut plus de moi alors ? »
« Tu l’aimes toi aussi et pourtant, tu t’estimes pas assez bien pour elle et te voilà prêt à sacrifier tes sentiments ! Steve, tout lui tombe dessus d’un coup ! Comment veux-tu qu’elle garde les idées claires ? Elle est en train de revivre le calvaire qu’elle a vécu il y a dix ans et comme si c’est pas suffisant, elle est humiliée publiquement et elle risque aussi une sanction pour outrage à la cour. Je veux bien qu’elle soit forte mais là, ça fait beaucoup. Elle doit plus savoir où elle en est… » dit tristement Danny.
Steve soupira :
« Elle mérite de trouver un homme qui pourra la rendre heureuse et je suis pas sûr d’être cet homme. Je suis peut-être pas fait pour être aimé après tout… »
« T’es sérieux ? »
« Oui » répondit-il d’une voix triste.
« Tu comptes faire quoi maintenant ? Te retirer dans un monastère au Tibet ?»
« Tu te crois drôle ? »
« Non et j’ai pas envie de l’être ! Tu vas la laisser tomber alors qu’elle a le plus besoin de toi ? »
Steve le foudroya du regard.
« Je ne ferai que la rendre malheureuse. Regarde ! Je devrais être à ses côtés pour la réconforter et… »
« T’es un crétin, on le sait déjà depuis longtemps mais ce que j’ignorais, c’est que t’étais un lâche. »
Steve s’arrêta dans un crissement de pneus :
« Un LACHE ? Alors là, Danny, tu vas trop loin ! »
« Ah oui ? Tu qualifierais comment ton attitude ? Tu doutes de toi suite aux reproches de Catherine, Kelly dit n’importe quoi mais elle, on peut comprendre et toi, tu sautes sur l’occasion ! Elle veut plus de moi, ok, je me retire. C’est un peu facile, tu crois pas ? »
« C’est ce que tu penses ? »
Danny soupira :
« Oui, c’est ce que je pense. » Et après un bref moment :
« Et je pense aussi qu’elle serait mieux chez moi que chez toi ce soir. Je demanderai à Ricky de passer, il n’y en a pas deux comme lui pour mettre de l’ambiance et ça ne pourra que lui faire du bien de se changer les idées. »
« Pas question ! Elle reste chez moi ! » dit alors Steve d’une voix sans appel.
« Et pourquoi ça ? » riposta Danny qui ne se laissa pas démonter par le ton autoritaire de son ami. « Tu fais une croix sur elle, elle va avoir besoin de soutien… »
« Et tu crois que ton copain Ricky va l’aider ? »
« Il saura comment la distraire, oui, j’en suis persuadé. »
« Et puis, qui t’a dit que j’avais fait une croix sur elle ? »
« Ben toi ! »
« J’ai pas dit ça ! »
« Ah si ! T'as bien dit qu’elle méritait quelqu’un de mieux que toi… »
« Oui mais ça veut pas dire que… »
« Et t’as dit aussi qu’elle t’avait bien fait comprendre que c’était terminé entre vous… »
« Et toi, t’as dit qu’elle était perdue et que ses paroles avaient dépassé ses pensées ! »
Danny le regarda en souriant et son ami comprit où il voulait en venir et… sourit lui aussi.
Une fois retourné en prison, Carter reçut la visite de Doug Evans qui était visiblement furieux.
« Est-ce vous qui êtes derrière la publication de cette photo ? »
« Expliquez-moi comment j’aurais pu… »
« Ne me prenez surtout pas pour un idiot ! »
« Ca changerait quoi ? Vous avez accepté de me défendre et la somme d’argent que vous avez reçue est largement supérieure à…»
« La question n’est pas là… »
« Où est le problème alors ? Ne me dites pas que vous en pincez aussi pour Cory… Cette femme at… »
« J’ai mis ma réputation en jeu pour vous défendre et si je l’ai fait, c’est parce que je pensais pouvoir vous éviter la prison d’état mais après votre petit numéro, comment croyez-vous que le jury va réagir ? Ce que vous avez fait est l’œuvre d’un esprit calculateur et non pas d’un esprit tourmenté. Vous êtes en train de vous torpiller vous-même… juste pour la voir souffrir et par la même occasion, vous me torpillez moi-même ! »
« Elle m’a giflé. »
Evans le regarda sans comprendre. Carter poursuivit :
« N’est-ce pas un outrage à la Cour ? »
Evans soupira et le laissa continuer :
« J’exige réparation et je compte sur vous pour ne pas laisser ce juge être trop clément… » et après avoir attentivement scruté son avocat, il ajouta : « A moins que ça ne vous pose un problème d’envoyer Cory quelques jours en prison ? »
Evans sortit de la cellule sans dire un mot…
Kamekona ramena Mary et Kelly à la maison sur la plage et cette dernière alla directement au bord de l’océan. Kame et Mary la regardèrent tristement.
« Je vais voir ce qui traîne au frigo ou au congélateur pour souper. »
« Je peux faire livrer des crevettes, ptite sœur. »
« Ce sera pas nécessaire, Kame, je vois de la sauce bolognaise. Je vais faire un spaghetti, ça je sais faire et mon frère n’aura plus qu’à réchauffer quand il rentrera. »
« T’es vraiment sûre ? » demanda Kame dépité.
Tandis que Mary préparait le souper sous le regard attentif de Kamekona, Kelly restait là, assise sur le sable, les jambes repliées et la tête sur les genoux, perdue dans ses pensées. Cette journée avait viré au cauchemar et pour une fois, elle y avait sa part de responsabilités. La voilà même risquant une peine de prison alors que tout ce qu’elle désirait, c’était se protéger… Elle repensa à Laura et l’histoire dramatique de sa sœur. Comment arrive-t-on à commettre l’irréparable ? La réponse était simple : il arrive un moment où plus rien ne vous retient parce que la souffrance que vous éprouvez jour après jour est tout simplement devenue insoutenable et tout ce que vous désirez, c’est y mettre fin. Beaucoup sombrent dans l’alcool ou se droguent pour échapper un moment à la réalité mais c’est une déchéance qu’elle a toujours voulu éviter. Pourtant, elle aussi donnerait n’importe quoi pour « oublier » juste quelques heures, surtout en ce moment et ses pensées dévièrent sur Steve : il était le seul à être arrivé à lui rendre le sourire, à la faire se sentir à nouveau bien mais elle avait réussi à gâcher ça aussi. Les larmes coulaient à présent sur ses joues. Elle se sentait bien seule. Elle prit son téléphone et appela Laura…
17
Les membres du Five-0 venaient de regagner le QG et se mirent aussitôt à examiner les vidéos surveillance. Une demi-heure plus tard, Derek et Reid les rejoignirent.
« Avez-vous pu dégager un suspect ? » demanda Morgan.
« Pas jusqu’à présent. »
« Voilà Carson qui se rend aux toilettes. Il est 16 H 34 » dit Chin.
« Et les photos ont été envoyées à 16 H 25. »
« Il se rend compte de ce qui se passe et prend peur. Il se rend aux toilettes d’où il ne sortira pas vivant… » résuma Steve.
« Pourquoi les toilettes ? Pourquoi n’est-il pas parti ? » demanda Danny.
« On sait que son téléphone a été cloné. Se pourrait-il qu’il ait reçu un message ? » demanda Reid.
« Chin ? » demanda le seal et tous se tournèrent vers le lieutenant attendant sa réponse :
« Non, aucun message dans ce sens. »
« Regardez, on le voit entrer à 16 H 34 puis on passe directement à 16 H 43. Il manque neuf minutes sur les vidéos ! » dit Kono.
« Voyons qui est entré avant lui et ne serait pas ressorti… » dit alors Steve.
« Tu veux remonter combien de temps avant ? »
« Voyons déjà une heure avant. »
Et ils éliminèrent tous ceux qui étaient ressortis avant 16 H 34 pour ne garder qu’un suspect : un agent pénitentiaire répondant au nom de Richard Adams qui était entré à 16 H 32 mais qu’on ne voyait pas ressortir…
« Qu’est-ce qu’on sait sur lui ? »
« Casier vierge. Il travaille comme agent pénitentiaire depuis seize ans. Carrière exemplaire » répondit Chin.
« C’est lui qui a amené Carter au tribunal ? »
« Oui. »
« Ce serait lui l’intermédiaire entre Carter et Carson ? » demanda Danny.
« Il nous faut cet Adams ! » dit Steve.
Kono appela la prison d’Halawa où on lui apprit qu’Adams n’était pas revenu avec le fourgon pénitentiaire…
« On a son adresse ? »
« Voici. »
« Chin et Kono, vous allez à Halawa et vous interrogez ses collègues, vous voyez s’il était en contact avec Carter en dehors des trajets pour le tribunal, enfin voyez tout ce que vous pourrez glaner. Danny, on va chez Adams. »
« Je peux vous accompagner, Steve ? » demanda Morgan.
« Je vous attends ici » dit Reid.
Et ils quittèrent tous le QG à l’exception de Spencer.
En route pour le domicile d’Adams, Danny prit la parole :
« Je me demande quel lien il peut y avoir entre Carter et Adams ? »
« On le saura quand on mettra la main dessus » répondit Steve.
« En tant qu’agent pénitentiaire, il avait accès sans problème à Carter mais également à Kelly au tribunal » dit Morgan.
« Et il avait accès à la liste des personnes présentes dans la salle, de là à trouver leur numéro de téléphone, ce n’était qu’un jeu d’enfant… » rétorqua Danny.
« Et il a pu avoir accès aux caméras de surveillance et les trafiquer » renchérit Steve. « Mais vous trouvez pas que c’est trop facile ? On se doutait qu’il faudrait attendre que le procès commence pour voir bouger les choses mais là, on a trouvé son identité bien trop facilement… »
« C’est effectivement bizarre. »
« C’est comme si on nous envoyait sur une fausse piste » dit Steve qui s’arrêta devant le domicile d’Adams et en voyant sa voiture dans l’allée, il dit :
« Soyons prudents. On ne sait pas à qui on a affaire et s’il panique… » A ce moment, des coups de feu retentirent et les trois policiers eurent juste le temps de se mettre à couvert.
« On fait quoi maintenant ? On appelle le SWAT ? » demanda Danny.
Steve cria :
« 5-0, rendez-vous ! »
Et en guise de réponse, ils eurent droit à une nouvelle rafale de balles.
« J’ai pas l’impression qu’il veut se rendre » dit le blondinet.
« Il a peut-être pas bien entendu ? » et il cria à nouveau « 5-0, rendez-vous ! »
Mais cette fois, c’est le silence qui lui répondit.
« Il nous faut des renforts ! »
« Depuis le temps, tu devrais savoir que les renforts, c’est toi, Danny ! »
« Steve, fais pas ça ! » supplia son ami.
« Couvrez-moi ! » et alors que Derek et Danny ouvraient le feu, Steve s’approchait déjà de la maison. A côté de la porte d’entrée, le seal dégoupilla une bombe lacrymogène qu’il lança à travers une vitre et un mouchoir sur le visage, il entra alors à l’intérieur et put s’emparer d’Adams qu’il maîtrisa difficilement, le gars semblant être la proie d’un délire paranoïaque. Ses amis entrèrent à leur tour et Danny lui passait les menottes quand le gars s’écroula, inconscient.
« Appelle une ambulance » ordonna Steve.
A Halawa, Chin et Kono apprirent qu’Adams était un agent très apprécié de ses collègues qui se chargeaient uniquement de convoyer les prisonniers de la prison au tribunal et vice versa. Il passait plus de temps en dehors de la prison qu’à l’intérieur et d’après les témoignages qu’ils avaient recueillis, il n’aurait pas eu de contact avec Carter en prison et il n’était jamais resté seul avec lui. Les cousins en firent part à Steve qui venait d’arriver à l’hôpital où Adams venait d’être pris en charge.
« Je soupçonne cet homme être sous substances hallucinogènes » signala le seal au médecin des urgences qui emmena l’agent dans un box laissant le seal seul, rejoint par Danny et Morgan quinze minutes plus tard.
« Alors ? »
« Ils s’en occupent toujours » les avertit Steve. « Et de votre côté ? »
« On a retrouvé le couteau et son portable. Il a reçu un appel à 16 H 30 d’un numéro masqué. »
« Commandant McGarrett ? »
« Oui ? Comment va-t-il ? »
« Il est encore très faible mais il a repris connaissance. »
« Je peux lui parler ? »
« Ne le fatiguez pas trop. »
Steve entra dans le box et s’approcha d’Adams :
« Monsieur Adams, je suis le Commandant McGarrett du 5-0. »
« Je vous reconnais. »
« Vous avez reçu un appel à 16 H 30. Qui vous a appelé ? »
« Je sais pas, je m’en souviens pas… »
« Vous avez été aux toilettes ensuite… »
« Je sais pas… »
« Commandant, puis-je vous parler un instant ? » coupa le médecin qui s’occupait d’Adams.
Steve le suivit un peu plus loin et l’écouta :
« Nous venons de recevoir les premières analyses toxicologiques et effectivement, nous avons retrouvé une concentration élevée d’une drogue délirogène appelée scopolamine. »
« Vous pouvez m’en dire plus sur cette drogue ? »
« On l’appelle « le souffle du diable » mais aussi « la drogue des zombies » parce qu’elle agit par une simple respiration sur la volonté de la personne de façon à ce qu’elle reste consciente mais complètement privée de son libre-arbitre. Si la dose inhalée est toxique, ce qui est le cas ici, la personne ne se souviendra de rien. »
« Vous voulez dire qu’elle ne se souviendra pas du tout ou seulement après un certain laps de temps ? »
« Pas du tout et les séquelles psychiatriques peuvent être longues et complexes à cette dose. »
« Merci, Docteur. »
Et il retourna vers Danny et Derek et leur expliqua la situation.
« Le souffle du diable » répéta Derek.
« Adams a donc pu être drogué à un autre moment et l’appel était peut-être un signal pour lui faire faire ce qu’on exigeait de lui » suggéra Derek.
« Et il est plus que probable que l’appel a été fait à partir d’une carte prépayée » dit Danny.
« Autrement dit, on est de nouveau à la case départ » soupira Steve.
18
Ils rentrèrent au QG et firent part des informations qu’ils avaient obtenues.
« La scopolamine est notamment utilisée par les Colombiens pour dépouiller leur victimes qui perdent toute volonté, font ce qu’ils demandent et ne se souviennent de rien ensuite. Mais c’est une drogue extrêmement volatile et il faut faire attention à ne pas l’inhaler soi-même. De plus, pas facile de savoir la dose que la personne a inhalée » dit Chin.
« Mais une drogue drôlement efficace » dit Kono.
« Bon, rentrez chez vous. On ne trouvera rien de plus ce soir » dit alors Steve.
Kono décida de passer voir Catherine avant de rentrer chez elle. Elle frappa à la porte et Catherine, les yeux rougis, vint lui ouvrir.
« Je peux entrer ? » demanda Kono.
« T'as pas une nouvelle amie qui a besoin de toi ? »
« Catherine, je sais que tu m’en veux mais laisse-moi… »
« Je pensais que t'étais mon amie mais t'es avant tout l’amie de Steve et maintenant de Kelly… »
« C’est faux et tu le sais ! C’est pas parce que c’est terminé avec Steve que l’on ne peut pas rester en contact toutes les deux, si ? »
Catherine s’écarta alors et la laissa entrer :
« Tu veux boire quelque chose ? Un verre de vin ? J’ai ouvert une bouteille. »
« Oui, pourquoi pas ! » Catherine revint avec un verre qu’elle tendit à son amie.
« Comment vas-tu ? » demanda doucement Kono.
« On fait aller. »
Kono soupira :
« Ce n’est jamais facile une séparation. »
« J’aurais jamais cru qu’il sacrifierait aussi facilement notre histoire. Je suis vraiment tombée de haut. »
« Il a mis du temps avant de faire son choix, il était perdu aussi, tu sais. »
« Mais c’est elle qu’il a finalement choisie ! Qu’est-ce qui peut l’attirer autant chez cette femme ? A part le fait qu’elle est fragile et qu’il aime jouer les preux chevaliers… »
« Kelly n’est pas aussi fragile qu’on le pourrait le croire. Oui, elle souffre mais elle reste digne et la dernière chose qu’elle voudrait, c’est qu’on la prenne en pitié et même si elle tient à Steve, elle n’accepterait pas qu’il reste avec elle juste par pitié ou compassion. Elle a beaucoup trop d’orgueil pour ça. »
« Tu sembles bien la connaître… »
« C’est beaucoup dire mais je l’apprécie beaucoup, c’est vrai. »
« Elle semble faire l’unanimité auprès de vous tous… »
« C’est quelqu’un de bien, tu sais. »
« Pour moi, c’est celle qui a volé le cœur de l’homme que j’aime. Alors, désolée, de ne pas la voir comme vous. J’aurais plutôt envie de l’étrangler là… »
« Kelly n’y est pour rien. Oui, bien sûr, c’est d’elle dont Steve est tombé amoureux mais vos problèmes remontent bien avant leur rencontre ! Et je suis certaine que si tout allait bien entre vous, Steve n’aurait pas… »
« Elle ne s’est pas posé de questions non plus et a profité de nos problèmes pour lui… »
« Kelly ne connaissait même pas ton existence ! Et quand elle l’a su… »
« Elle ne l’a pas repoussé non plus ! »
« Les circonstances étaient… »
« Etaient quoi ? Elle souffrait déjà assez ainsi ? Il fallait la protéger ? »
Elle regarda Kono et devant son silence, elle accusa :
« Vous avez bien vu qu’il était attiré par elle et puisqu’il n’a pas eu l’honnêteté de lui parler de moi, vous auriez pu au moins y faire allusion ! Non, vous l’avez laissée faire et vous n’avez même pas pensé à moi. Vous valez pas mieux que lui ! » dit Catherine les yeux remplis de larmes.
Kono répliqua :
« Nous étions tous touchés par son histoire et je te rappelle que c’est toi qui m’as montré la photo où ils s’embrassaient. Je savais pas alors qu’ils avaient été aussi loin ! »
« Mais les voir ensemble ne vous posait pas de problème de toute évidence ! »
« C’est vrai qu’on apprécie beaucoup Kelly mais c’est pas ça qui a fait que Steve l’ait choisie elle ! Et puis, c’est facile d’accuser les autres mais toi, t’as pas fait grand-chose non plus après avoir vu cette photo. Tu as tout simplement disparu de la circulation ! »
Catherine accusa le coup.
« Je… » et elle fondit en larmes. Kono vint alors la prendre dans ses bras et Catherine laissa libre cours à son chagrin.
« Pourquoi ne pas l’avoir mis au pied du mur ? Il aurait dû s’expliquer et peut-être qu’il aurait… »
« Je pouvais pas, je pouvais plus après… »
« Comment ça ? De quoi tu parles ? Tu n’es pas repartie en mer tout de suite… »
« C’est pas ça » et devant l’expression de son amie, elle se confia :
« Ce soir-là, je suis allée boire un verre au Hilton, j’avais besoin de décompresser. J’étais furieuse et blessée. »
Kono l’écouta poursuivre :
« J’ai eu la surprise d’y rencontrer Billy… »
« Ton ex ? »
« Oui. On a bu quelques cocktails, un peu trop d’ailleurs et au moment où on s’est dit au revoir, il m’a…il m’a embrassée et je me suis réveillée le lendemain dans son lit. »
Kono la regarda surprise :
« Tu… Vous avez ? »
« Oui » avoua Catherine pleurant à nouveau.
Kono soupira ayant du mal à croire ce qu’elle entendait.
« Tu comprends maintenant pourquoi je suis restée à l’écart. J’avais trop honte de ce que j’avais fait et comment faire des reproches à Steve alors que j’avais fait bien pire ! »
« Il est au courant ? »
« NON ! Bien sûr que non ! »
« Catherine, je sais pas quoi te dire. Je m’attendais pas à ça… »
« Je l’aime, Kono. C’est vrai, j’ai mal agi mais… »
« Que vas-tu faire ? »
« J’en sais rien. Je repars en mer bientôt et ça me fera sans doute du bien de retravailler et de penser à autre chose. J’ai besoin de remettre de l’ordre dans mes idées. »
« Tu me donneras de tes nouvelles, OK ? »
« Tu veux toujours de moi comme amie après ce que… ? »
« Evidemment ! »
Catherine lui sourit et essuya ses larmes.
« Je sais que c’est pas facile mais je suis sûre que l’avenir n’est pas aussi noir que ce qu’il paraît en ce moment. Ne te laisse pas abattre. »
« Merci. On s’écrit alors comme d’habitude ? »
« Oui. Courage ! »
Et Kono l’embrassa avant de partir…
19
Sur le trajet du retour, Steve repensa à la conversation qu’il avait eue avec Catherine et à celle avec Danny et se demandait dans quel état d’esprit était Kelly ce soir. Il souhaitait de tout son cœur que son ami ait raison et qu’elle ait lancé ces mots sous le coup de la colère sans les penser vraiment. Elle l’avait blessé, il ne pouvait le nier mais lui-même avait pensé à Carson en même temps qu’au complice présumé de Carter. Comment pouvait-il dès lors la blâmer d’autant plus qu’elle venait d’apprendre la nouvelle et était encore sous le choc ? Il revit son visage triste quand elle l’avait appelé et qu’il l’avait rabrouée. Elle se battait pour garder la tête hors de l’eau alors que tout lui tombait dessus et lui, au lieu de la soutenir et de se montrer compréhensif, il était parti. Catherine et Danny n’avaient pas tort : autant il pouvait foncer tête baissée pour aider une personne chère, autant il avait du mal à exprimer ses sentiments et il préférait fuir plutôt que… Il sourit en pensant à Danny : il en avait quand même fait du chemin de ce côté-là grâce à lui. Bien sûr, il lui tapait sur les nerfs quand il se prenait pour Freud mais il devait reconnaître que ces « séances » lui faisaient du bien. Après avoir aussi longtemps refoulé ses sentiments, d’une machine de guerre, il redevenait peu à peu un homme et Kelly n’y était pas étrangère non plus. Catherine n’essayait pas de le changer, elle acceptait le seal qu’il était mais Kelly n’avait pas ces notions et il aimait sa candeur mais s’il ne voulait pas la perdre, il devait faire attention. Elle n’aurait peut-être pas la patience de Cath… Il appuya sur l’accélérateur pressé de retrouver la jeune femme tout en redoutant ce moment et il devait absolument lui faire changer d’avis quant à sa présence au tribunal. Si jamais, elle s’obstinait et était incarcérée, il ne se le pardonnerait pas…
Après avoir à peine touché à son assiette, Kelly s’excusa et monta prendre une douche puis s’installa sur le balcon, redoutant le retour de Steve. C’aurait été plus facile si elle avait pu rentrer chez elle, quitte à ce que sa maison soit surveillée par une patrouille de police mais de toute évidence, il ne voyait pas les choses ainsi. Peut-être qu’après tout, il tenait suffisamment à elle que pour lui pardonner ? Elle l’espérait de tout cœur car elle tenait énormément à lui : il lui avait rendu le sourire, il l’avait faite à nouveau se sentir désirable et avec lui à ses côtés, elle s’était mise à croire à un avenir heureux et c’est ce qui la rendait assez forte pour supporter toute cette pression et même si elle n’en menait pas large à certains moments, elle ne s’écroulait pas quoique Carter avait su drôlement la déstabiliser aujourd’hui et elle n’était pas fière de sa réaction mais si elle avait craqué, elle s’était tout de même reprise. Elle réentendit le soulagement dans la voix de Laura quand elle lui avait annoncé qu’elle se rendrait au tribunal le lendemain et qu’elle présenterait ses excuses au juge Kanala. Elle se demandait juste quelle serait la sanction pour son coup d’éclat : s’il comprendrait ou s’il appliquerait le règlement à la lettre… Elle en était là dans ses pensées quand elle sursauta en entendant la voix de Steve derrière elle :
« C’était la place préférée de ma mère. Je crois bien que depuis son décès, plus personne ne s’était assis à cette place… »
« Oh… Je ne savais pas… » commença Kelly qui voulut se relever mais Steve la rassura :
« Non, reste ! J’ai pas dit ça pour que tu te sentes mal à l’aise. C’est juste que ça m’a rappelé des moments… Enfin soit ! »
Kelly le regardait ne sachant pas très bien comment réagir mais le sourire qu’il lui adressa la rassura et elle lui demanda de sa voix douce :
« Quels souvenirs ? »
Il la regarda puis se tourna vers l’océan avant de venir s’asseoir en face d’elle et il lui raconta :
« Une fois couchés, Mary et moi, nous attendions que notre mère redescende pour nous relever en douce et soit Mary venait me retrouver, soit c’est moi qui allais la retrouver et bien sûr, nous étions vite rappelés à l’ordre. Pourtant je t’assure qu’on faisait très doucement » assura Steve, un sourire aux lèvres. Kelly sourit, elle aussi, essayant d’imaginer le seal qu’elle avait devant elle en un petit garçon…
« Et finalement, en désespoir de cause peut-être, après nous être brossés les dents, nous avons eu la permission de jouer encore un peu : bataille de coussins la plupart du temps… » poursuivit Steve en hochant de la tête. « Ma mère s’installait alors sur cette chaise avec un bouquin et on espérait toujours qu’elle ne vît pas l’heure passer mais tu penses bien que… » Il reporta son regard sur l’océan puis reprit : « Une fois au lit pour de bon, nous n’osions plus nous relever comme on la savait ici mais on n’avait pas plus envie de dormir pour la cause et on trouvait des tas d’excuses comme des cauchemars ou un moustique dans la chambre et à tour de rôle, on allait la rejoindre. » Il s’arrêta un bref moment, ému, avant de poursuivre : « Ma mère me prenait alors sur ses genoux et en regardant l’océan, elle me racontait des histoires de pirates. Quand ma sœur venait nous rejoindre, elle grimpait à côté de moi et ma mère insérait des sirènes dans l’histoire… »
Il regarda Kelly en souriant mais elle vit ses yeux humides et il détourna la tête.
« Quels beaux moments de complicité. Ta maman devait apprécier ces moments autant que vous et devait attendre ce moment avec impatience » dit doucement Kelly, touchée par son récit.
« Oui, je suppose. » Il soupira puis la regarda, l’air grave :
« Kelly, pour tout à l’heure, je… » mais elle le coupa :
« Je ne suis pas fière de ce que je t’ai dit et je m’en veux énormément de t’avoir encore blessé. »
« Ne t’en fais pas pour ça, tu étais sous le choc. C’est moi qui suis désolé d’être parti comme ça. Tu avais besoin de moi et je n’aurais jamais dû te laisser dans cet état. Je suis pas fier de moi non plus. »
« A ce moment-là, j’avais surtout besoin de me retrouver seule. »
Il la regarda étonné. Elle soupira :
« J’ai ma dignité aussi et c’est pas facile pour moi, tu comprends ? »
Steve fit oui de la tête.
« Je suis déjà passée par là et j’avais préféré me couper de tout le monde plutôt que… »
« On en a déjà parlé, c’était de l’auto-protection, Kelly. »
« Oui probablement mais ce que je veux dire maintenant, c’est que quand j’ai vu à quel point je t’avais blessé, je m’en suis énormément voulue et ça, c’est nouveau. A l’époque, je me fichais bien du mal que je pouvais faire. Même si mon entourage souffrait, il souffrait pas autant que moi, il pouvait pas comprendre ce que j’endurais et je ne voulais plus qu’une chose : être seule. J’aurais dit n’importe quoi pour y arriver et j’y suis arrivée mais…»
« Après ce que tu venais de vivre, c’était une réaction normale… »
« Tu comptes toujours me trouver des excuses ? » sourit-elle.
Il fit la moue mais la laissa continuer :
« Oui, c’était peut-être une réaction normale mais quoi qu’il en soit, je leur ai fait beaucoup de mal aussi. Regarde Caroline. Nous étions très proches et pourtant… » Elle s’interrompit, les larmes aux yeux avant de continuer : « Je comprendrais si tu ne voulais plus de moi, j’ai vraiment été… » mais il la coupa et se pencha vers elle en mettant ses mains sur les siennes :
« Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement. Je peux accuser le coup, comme tout à l’heure mais je ne te laisserai pas faire n’importe quoi. »
Elle le regarda anxieuse et il se rapprocha d’elle pour poser ses lèvres sur les siennes puis se releva d’un coup et lui dit :
« Change-toi, on s’en va ! »
« Quoi ? On va où ? »
« Tu verras mais ça va te plaire ! Allez ! » et il la poussa gentiment vers la chambre, un grand sourire aux lèvres…
Kono rentra chez elle, alluma la lumière mais quelle ne fut pas sa surprise de découvrir un homme assis dans un des fauteuils. Elle saisit aussitôt son arme et le mit en joue, ce qui n’eut pas l’air de lui faire peur…
20
Il déclara :
« Officier Kalakaua, je vous attendais. »
« Sans blague ! Que faites-vous chez moi ? » demanda-t-elle d’une voix peu amène.
L’homme se leva et porta la main à sa veste mais Kono l’avertit :
« Posez la main sur votre arme et je vous descends sur le champ. »
L’homme ouvrit sa veste et montra sa plaque. Kono lut :
« Agent Reynolds FBI. »
Elle le regarda surprise, se demandant ce qu’un agent du FBI pouvait bien lui vouloir.
« Que me voulez-vous ? »
« Lisa Kendall… »
« Je ne comprends pas… » commença prudemment Kono.
« Vous effectuez des recherches à son sujet… Un conseil : laissez tomber ! »
« Pourquoi ? »
« Je n’ai pas à vous le dire… »
« Et vous pensez sérieusement que je vais me contenter de ça pour… »
« Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’en poursuivant vos recherches, vous mettriez sa sécurité en danger… »
« Comment ça ? »
« Pourquoi effectuez-vous ces recherches ? »
« Pourquoi vous le dirais-je ? »
L’homme réfléchit et finit par dire :
« Elle fait partie du programme de protection des témoins, ça vous suffit ? »
« Non. »
« C’est tout ce que vous obtiendrez de moi pourtant. »
« Je ne veux pas compromettre sa sécurité. Je cherche seulement à savoir qui est le père de sa fille. »
L’agent la regarda et lui demanda :
« C’est lui qui vous a demandé d’effectuer ces recherches ? »
Kono hésita à répondre :
« La personne qui me l’a demandé ne sait pas si elle est le père ou non et c’est ce qu’elle veut savoir… »
L’agent la regarda surpris.
« Qui est cet homme ? »
« Un homme qui vient d’apprendre l’existence de cet enfant et qui se pose des questions » répondit prudemment Kono.
« Serait-ce cet homme ? » demanda alors l’agent en lui montrant une photo.
« Non, ce n’est pas lui » répondit Kono.
Reynolds sembla soulagé et quitta alors la maison en lui répétant : « Ne vous mêlez pas de ça ! »
Kono le regarda partir par la fenêtre ne sachant que penser de toute cette histoire. Elle comprenait mieux maintenant pourquoi les recherches de Ricky ne menaient à rien mais dans quoi cette femme était-elle impliquée ? Elle décida d’aller en parler à Danny et elle sortit en prenant ses clés de voiture…
Quand elle arriva chez lui, Ricky sortait et un grand sourire apparut sur son visage quand il vit la jeune femme.
« Kono ! Quelle agréable surprise ! »
« Bonsoir Ricky. Comment vas-tu ? »
« Prêt à aller faire la fête comme tu vois. J’espérais convaincre mon copain de se joindre à moi mais sait pas si c’est Hawaii ou si c’est McGarrett mais c’est devenu une chiffe molle ! » se plaignit en riant Ricky. « Tu voudrais pas m’accompagner par hasard ? »
« Pas ce soir mais pourquoi pas une prochaine fois » répondit en riant Kono.
« Un chacha endiablé ne te tente vraiment pas alors ? » demanda-t-il en affichant une triste mine.
« Je pense que ce n’est pas un problème pour toi de trouver des partenaires pour danser » rit Kono.
« C’est pas faux mais c’est pas toi ! »
Kono rit et lui souhaita de bien s’amuser. Il était prêt à entrer dans sa voiture quand elle lui rappela :
« Au fait, n’oublie pas de me donner une photo de Lisa demain. »
« Sans problème. Tu as trouvé un indice ou quelque chose qui pourrait… »
« Non, rien » mentit Kono.
« OK, je t’amène une photo sans faute demain matin » et il monta dans sa voiture et démarra en faisant un dernier signe de la main à Kono qui frappa chez son ami qui vint lui ouvrir :
« T’as oublié tes clés ou ? Kono ! Je pensais que c’était… »
« …Ricky. Je l’ai croisé quand il sortait. »
« Entre. »
« Merci. Je suis désolée de venir te déranger à cette heure-ci mais je dois te parler de quelque chose. »
« Assieds-toi. Je te sers une bière ou ? »
« Non merci, je n’ai pas soif. »
« Tu voulais me voir pourquoi ? »
« J’ai reçu la visite du FBI ce soir » commença Kono.
« Le FBI ? » répéta Danny éberlué.
« Oui. Tu sais que j’effectue des recherches pour Ricky… »
« Et ? »
« Je n’ai rien trouvé sur Lisa Kendall… »
« Comme Ricky… »
« Oui mais maintenant, je sais pourquoi… Lisa Kendall est inscrite dans un programme de protection de témoins. »
« Un programme de… Eh ben dis-donc, si je m’attendais à ça ! »
« L’agent Reynolds m’a demandé d’en rester là pour la sécurité de leur témoin. Danny, est-ce que je dois en parler à Ricky ou ? »
« Tu lui as dit pourquoi t’enquêtais sur elle ? »
« Oui et il m’a alors montré une photo d’un mec que je connais pas en me demandant si c’était lui qui m’avait demandé de faire les recherches. »
« Ca va drôlement compliquer les choses » soupira Danny. « On pourrait demander à Prescott si elle est au courant ? »
« Si c’est le cas, elle ne nous dira rien. Ca ne concerne pas Kelly… » répondit sombrement Kono.
« Ricky va pas laisser tomber comme ça. Je le connais trop bien et s’il sait que sa fille, si c’est bien sa fille, court un risque quelconque en restant avec sa mère, je sais pas comment... »
« C’est pour ça que je préférais t’en parler avant. Il doit me donner une photo de Lisa demain. »
« Ecoute. Laisse-tomber pour le moment. De toute façon, on a plus urgent, on doit absolument mettre la main sur le complice de ce dingue ! »
« OK. Bon, je ne te dérange pas plus. Je tombe de fatigue et les choses sérieuses commencent seulement sans parler de notre comparution à la barre… »
« On se voit demain alors. »
« Oui. Bonne nuit. »
Et Kono rentra alors chez elle tandis que Danny termina sa bière avant de se mettre au lit lui aussi…