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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 24.07.2014 à 19h51
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Ils pensaient le plus dur derrière eux mais c’était sans compter sur l’esprit machiavélique de Carter… (J'écris seule) » mesange
Cette fanfic compte déjà 39 paragraphes
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De leur côté, Derek et Reid refirent le point. Ils n’avaient rien appris de plus au tribunal, ce qui ne les étonnait pas vraiment : Carter se fichait de ses précédentes victimes et son comportement prouvait qu’ils n’avaient pas tort de le penser.
« Quelque chose nous échappe » déclara Derek. « Pourquoi placer dans ce bouquin des coupures de journaux concernant des viols dont il se fiche éperdument ? C’est comme ces cœurs qu’on a retrouvés au bunker. En général, les tueurs en série gardent ça dans leur « sanctuaire » et non pas dispersés dans différents endroits. »
« C’est étrange en effet. Je me demande ce qu’on trouvera dans son sanctuaire. »
« Encore faut-il qu’il existe ! »
« Tu crois que ? »
« S’il a prévu un sacrifice humain et si la thèse du volcan est plausible, alors, il n’y a pas de sanctuaire ! »
« Tu crois qu’il a pensé à ça ? Au volcan, je veux dire. »
« Tout y est réuni : le feu, la symbolique. Oui, c’est tout à fait crédible. Pas pour toi ? »
« Je sais pas. J’ai le sentiment qu’on cherche trop loin, que la réponse est là sous nos yeux. »
« Que veux-tu dire ? »
« La forme déjà de l’encoche dans le bouquin… »
« Il a dû faire un trou pour pouvoir y mettre ce qu’il voulait. »
« Ca peut faire penser à un cercueil, une tombe ou… »
« Un tombeau… » continua Derek à sa place.
« Exactement ! »
« Oui mais n’importe qui pratiquerait la même encoche. Qui ferait un cercle ? »
« La hauteur du trou ne se justifiait pas pour le contenu retrouvé et les pages du dessus peuvent faire penser à un couvercle. »
« Tu penses à un cimetière ? Une crypte peut-être ? »
« Dans un temple ? Un temple dont une partie ne serait pas accessible au public... » dit Reid.
« J’en parlerai à Steve demain matin » puis après réflexion : « Mais si on s’en tient à la symbolique du feu, il y a pas de feu non plus dans un temple… Les cierges ? »
« Tombeau, fusion, feu, purification, torture, punition, supplicium, Antiquité. Tout ça est lié, j’en suis certain ! » dit Reid.
« Pour l’instant, Kelly ne semble pas véritablement en danger. Elle ne le sera que quand le verdict final tombera et qu’il sera jugé responsable de ses actes. C’est Steve qui l’est par contre, d’autant plus quand il aura témoigné. »
« Si on se fie au profil de Carter, il voudra le faire souffrir plutôt que de s’en débarrasser tout de suite… »
« Et en le faisant souffrir, Kelly souffrira aussi par la même occasion… » renchérit Derek.
« La question est de savoir ce qu’il lui a réservé et comment il compte s’y prendre… »
« Et là, on n’a pas le moindre indice ! » dit sombrement Derek.
« Et si on recherchait déjà les temples ? » proposa Reid.
Et ils allumèrent leur ordi portable à la recherche de tout ce qu’ils pouvaient trouver concernant les temples à Hawaii…
Quand Kelly découvrit où il l’avait emmenée, un grand sourire éclaira son visage et elle lui sauta au cou !
« Pourquoi attendre la fin du procès ? » dit alors le seal.
« Ca fait si longtemps que… » et elle ne put finir sa phrase, submergée par l’émotion.
« Allez, viens ! J’ai hâte de voir si t'es aussi téméraire que tu le dis. »
« Parce que tu ne me crois pas ? » demanda-t-elle indignée et pour toute réponse, il eut un large sourire. Ils marchèrent alors lentement bras dessus bras dessous, Kelly s’arrêtant fréquemment devant les attractions pour voir ce qui se passait et déclara :
« Quels changements dans le type des attractions depuis dix ans ! J’en reviens pas. »
« T’en étais restée au grand huit ? » demanda-t-il moqueur.
« Presque » sourit-elle.
« Celle-ci te tente ? Ou… »
« Oh oui ! » et il alla chercha deux tickets avant de prendre place dans le premier wagonnet du Silver Star.
« C’est la meilleure place pour faire le plein de sensations » dit alors Steve qui sourit en constatant que Kelly s’était tout de même serrée contre lui et tenait fermement son bras mais il dut reconnaître qu’au niveau sensations, c’était pas mal du tout.
« C’était génial » s’écria Kelly en desdendant de l'attraction « J’avoue qu’au début, j’étais pas très à l’aise mais une fois tout là haut, j’ai adoré ! Et toi ? »
« C’était pas mal » admit-il.
« Celui-ci devrait peut-être te plaire un peu plus… » suggéra-t-elle taquine.
« Un manège de chevaux ? Oublie ! Je monterai pas là-dessus ! »
Ils firent encore quelques attractions, Steve s’amusant autant que Kelly et le plaisir qu’elle prenait lui fit chaud au cœur. Ils passèrent devant un stand de tir dont les prix étaient des peluches, toutes plus belles les unes que les autres et Kelly demanda d’un air innocent :
« Un seal n’est-il pas un tireur d’élite ? »
Steve la regarda et sourit :
« Tu crois que je te vois pas venir ? »
« Tu penses que tu réussirais à… ? » le taquina-t-elle et quand il ajusta le tir, elle lui dit :
« A l’époque, avec ces carabines, il fallait toujours viser un peu plus à gauche pour toucher la cible mais bon, en dix ans… »
Steve releva la tête et l’expression qu’il affichait fit sourire Kelly qui ne dit plus rien mais quand elle vit qu’il avait juste effleuré la cible, elle constata, moqueuse :
« Ah ben si, ça semble toujours être le cas… »
Il la foudroya du regard, reprit la position et tira à nouveau mais cette fois, il explosa les craies et il n’eut pas besoin de tous les plombs pour offrir à Kelly la peluche qu’elle voulait : un superbe tigre blanc. Elle se haussa sur la pointe des pieds pour l’embrasser sur la joue. Ils retournèrent alors lentement à la voiture quand ils croisèrent une maman et sa petite fille qui regardait avec envie la peluche que tenait Kelly, celle-ci ne put résister devant la jolie frimousse de la petite et demanda à la maman si elle pouvait la lui offrir, ce que cette dernière accepta, émue par le geste.
« Merci Madame » dit alors la petite fille en venant spontanément se serrer tout contre elle. Steve regarda la scène, touché lui aussi par le geste de Kelly et il lui murmura dans le creux de son oreille :
« T’es incroyable, tu sais. »
« Tu m’en veux pas ? » et pour toute réponse, il l’embrassa.
22
Quand ils rentrèrent, ils montèrent en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas éveiller Mary et après avoir pris rapidement une douche, ils se couchèrent, Kelly venant se blottir tout contre lui. Steve allait aborder le sujet qui lui tenait à cœur quand elle se releva pour régler l’alarme du réveil :
« Six heures trente, c’est bon pour toi aussi ? » demanda-t-elle.
« Tu as changé d’avis ? » demanda-t-il prudemment.
« Oui. J’irai jusqu’au bout. Je veux qu’il aille pourrir en enfer et je ferai tout pour ça ! » répondit-elle en relevant fièrement la tête.
Steve sourit :
« Tu sais que t’es irrésistible quand tu prends cet air. »
« Et je n’ai plus l’intention de le laisser me gâcher la vie ! » ajouta-t-elle déterminée.
Il la regarda attendant la suite mais elle se tut et revint vers lui, une lueur coquine dans les yeux et commença à l’embrasser dans le cou avant de venir chercher ses lèvres pour un baiser passionné. Tremblante de désir, elle retira sa nuisette s’offrant pour la première fois au regard du seal qui l’attira tout contre lui et ils laissèrent libre cours à leurs sentiments, emportés tous les deux dans un tourbillon de passion et c’est à court de souffle mais heureux qu’ils se séparèrent quand ils entendirent Mary leur crier :
« J’ai tout entendu ! »
Et les deux tourtereaux se regardèrent, gênés, avant de pouffer de rire. Kelly voulut remettre sa nuisette mais Steve l’en empêcha :
« Je te préfère sans rien sur toi » et elle revint se blottir tout contre lui et s’endormit heureuse d’avoir passé ce dernier cap… Steve posa un baiser sur ses cheveux et la serra plus étroitement contre lui. Il n’avait plus ressenti ce sentiment de bien-être depuis longtemps. Il la regarda tendrement et sourit. Aussi improbable que ça puisse paraître, ils se ressemblaient beaucoup sur certains points : leur vie chamboulée par des événements tragiques, leur lutte pour être ce qu’ils étaient aujourd’hui et la chance qu’ils avaient enfin de pouvoir redécouvrir avec candeur toutes ces petites sensations désuètes qui font tellement de bien comme cette soirée au parc… Il ne s’attendait pas du tout à éprouver autant de plaisir que ce soit sur les attractions ou à se promener dans les allées, main dans la main avec Kelly : c’était tellement simple et innocent, mais il avait complètement oublié à quel point ça faisait du bien ! La voir les yeux aussi brillants qu’une fillette lui avait rappelé le petit garçon qu’il était, celui qui venait à la fête foraine avec sa mère et sa sœur et qui était tout fier de gagner une peluche pour Mary en tirant déjà à la carabine… Danny aurait lui même été surpris, lui qui était persuadé qu’il lui fallait au moins un arsenal militaire pour avoir des étoiles plein les yeux et pourtant ce soir ça avait certainement été le cas. Kelly remua légèrement et il baissa les yeux vers elle et tout en la regardant, il prit conscience qu’il n’avait jamais partagé ce genre de moment avec personne d’autre, pas même avec Cath et maintenant, il pensait savoir ce qui avait causé l’échec de leur relation : elle s’était contentée du seal, ne cherchant pas à découvrir qui il était avant le drame qui avait transformé sa vie et l’avait accepté tel qu’il était sans se poser de questions, comme si c’était évident, alors que Kelly essayait de connaître l’homme derrière le seal : elle avait eu l’intuition qu’il ne se réduisait pas à une simple machine de guerre au caractère bien trempé et pour la première fois depuis de nombreuses années, il avait laissé parler le petit garçon en lui au lieu de le refouler pour ne pas souffrir… Il se demanda à côté de combien de petits plaisirs il était passé ainsi toutes ces années et il devait s’avouer être déjà impatient de partager d’autres moments comme ça avec elle. C’est en pensant à tout ça qu’il finit par trouver le sommeil mais il s’éveilla en sursaut au petit matin troublé par le rêve qu’il venait de faire : il ouvrait la porte qui donnait sur le balcon pour aller y retrouver sa mère, sa sœur étant déjà sur ses genoux mais ce n’est pas sa mère qui se retourna vers lui mais Kelly qui lui dit un grand sourire aux lèvres : « C’est fou ce que notre fille a comme imagination. Je t’attendais pour aller chasser le vilain gremlin qui lui chatouille les pieds et ne veut pas la laisser dormir » et il vit la petit fille descendre des genoux de sa maman et venir serrer ses petits bras autour de ses jambes en déclarant « Papa, y a que toi qui pourras le faire partir ! » et il s’entendit répondre : « Ah, c’est ça la drôle de petite bête poilue qui a pris ses jambes à son cou quand je suis entré dans ta chambre ! J’ai dû lui faire peur, tu n’as plus rien à craindre… » Il ne put s’empêcher de sourire et il tourna la tête vers Kelly qui dormait encore paisiblement à ses côtés et pour la première fois, il envisagea la paternité. C’est alors qu’il repensa à son frère d’armes, Freddy, qui s’était marié à une Kelly et qui avait maintenant une petite fille qu’il n’avait malheureusement jamais pu connaître parce qu’il était mort en le sauvant lui et encore plus troublé, il ne put retrouver le sommeil…
De son côté, Danny était en plein cauchemar lui aussi : un homme portant un masque de diable se penchait sur lui. Il ressentit une vive douleur et le vit alors retirer une seringue de son bras et crut l’entendre lui dire : « Douze heures, il te reste douze heures à vivre… » Il se redressa vivement sur son lit...
Quant à Kono, elle s'était levée de bonne heure et se préparait à petit-déjeuner quand on sonna à la porte.
« Ricky ! T’es bien matinal ! Je… »
« Désolé de t’importuner à cette heure, Kono mais je t’avais promis de te donner une photo de Lisa mais… »
« Ca pouvait attendre qu’on soit au tribunal » le coupa la jeune Asiatique.
« Je sais pas si je pourrai y aller aujourd’hui… » et devant le regard surpris de Kono, il ajouta : « Je viens d’apprendre du nouveau et je dois absolument aller vérifier. J’ai vraiment besoin de savoir. »
« Je vois. J’espère que… »
« Tu trouveras quand même dans l’enveloppe une photo de Lisa mais aussi le dossier qu’on a déposé à l’hôtel pour moi. Je sais pas dans quoi elle s’est fourrée mais j’ai peur pour ma fille… si c’est bien ma fille. Si jamais tu repassais au QG, tu pourrais effectuer quelques recherches supplémentaires pour moi ? Tu serais adorable. »
« Euh…oui si je peux, ce sera avec plaisir. »
« Merci pour tout, Kono. Dis à Kelly que je suis de tout cœur avec elle. J’espère que ce n’est pas encore une fausse piste mais si c’est le cas, on se retrouvera au tribunal » et il s’en alla précipitamment sous le regard perplexe de Kono qui se demandait ce qu’il avait bien pu découvrir. En tout cas, elle ne l’avait jamais vu aussi fébrile…
23
Chin et Malia arrivèrent au tribunal en même temps que Steve, Mary et Kelly et comme les jours précédents, les flashs crépitèrent mais cette fois, les journalistes demandaient :
« Mademoiselle Mayers, pensez-vous que le juge sera clément ou vous attendez-vous à une peine de prison ? » ou encore « Commandant, savez-vous qui est derrière le meurtre de Carson ? » mais la petite troupe les ignora et entra en silence dans le bâtiment où Laura les attendait et dès qu’elle vit Kelly, elle lui prit les mains et les serra :
« Si tu savais combien j'ai été soulagée de t'entendre me dire que tu avais changé d’avis. »
« Qu’importe ce qu’il m’en coûtera mais si je ne vais pas jusqu’au bout, je le regretterai… »
Laura sourit et la prit par l’épaule :
« Commençons déjà par amadouer le juge. Ce serait bien que tu lui présentes tes excuses avant qu’il n’en vienne… »
« C’est ce que je compte faire. »
Laura lui sourit puis s’adressa à Steve :
« Où en êtes-vous avec le meurtre de Carson ? » et Steve lui raconta ce qu’ils savaient.
« S’il utilise de la scopolamine… » commença Laura.
C’est à ce moment que Derek et Spencer les rejoignirent et après les politesses d’usage, l’agent Morgan dit à Steve :
« On a peut-être une nouvelle piste à explorer. Je vous en dirai plus quand on quittera le tribunal. »
« N’oubliez pas que vous serez peut-être appelés à la barre aujourd’hui, ne vous éloignez pas trop » les avertit Laura qui ajouta : « Mais ce ne sera pas avant cet après-midi au plus tôt. »
Caroline arriva à son tour et embrassa son amie :
« Si ce juge ose jamais t’envoyer en… »
« Il fera jamais ça ! » dit alors Steve d’une voix assurée mais Laura ne les laissa pas poursuivre et les fit entrer dans la salle d’audience alors que les portes s’ouvraient au public.
« Où sont Danny et Kono ? Ils devaient venir ici, non ? » demanda Steve.
« Oui, c’est ce qu’on avait convenu » répondit Chin. « Mais bon, c'est pas la première fois que Danny est en retard. Par contre, c’est étonnant de la part de Kono. Kamekona non plus n’est pas là d’ailleurs. »
« Ils ne vont sans doute pas tarder » répondit Malia.
Steve se tourna alors vers Kelly et lui dit :
« Courage ! » et il l’embrassa au moment où Carter et son avocat entraient dans la salle et le regard meurtrier que lui adressa l’accusé n’échappa pas aux autres mais seul Reid vit le petit sourire furtif qu’il réprima rapidement et ça le mit mal à l’aise...
Kamekona regarda l’heure : il n’était pas en avance et pestait contre les embouteillages et quand finalement, il trouva une place pour se garer, son téléphone se mit à sonner et c’est énervé qu’il répondit à son cousin, Flippa, mais en apprenant la raison de son appel, il s’écria : « QUOI ? C’est pas possible ! J’arrive tout de suite ! » et il repartit aussitôt.
Alors que l’entrée du juge était imminente, tout le monde prit place, sauf le jury à la demande du juge lui-même et c’est dans un silence à couper au couteau que ce dernier vint s’installer à son pupitre. Il allait s’exprimer quand Laura l’interpella :
« Votre Honneur, Mademoiselle Grainger aimerait s’adresser à la Cour. »
« Je vous écoute, Mademoiselle. »
Kelly se leva à son tour, soulagée que Laura reste debout à ses côtés, la soustrayant ainsi en partie au regard de Carter. Elle regarda le juge :
« Votre Honneur, je vous prie d’accepter toutes mes excuses pour mon attitude totalement déplacée d’hier, j’en assumerai les conséquences quelles qu’elles soient… »
« Votre Honneur, à ce propos, mon client souhaite porter plainte pour l’agression dont il a été victime hier. »
« Espèce d’enfoiré » murmura alors Steve les mâchoires et poings serrés et sa sœur le regarda inquiète et mit une main sur son bras.
Laura, à ces paroles, bondit :
« Votre client porte plainte ? Mais si cette photo a été publiée… »
« Maître Prescott » la rappela à l’ordre le juge tandis que Kelly restait calme, résignée au verdict…
« Votre Honneur, cette plainte est totalement déplacée vu les… »
« Maître, approchez-vous, s’il vous plaît » et Laura se rendit près du pupitre du juge et l’écouta :
« James Carter est tout à fait en droit de porter plainte et à moins que vous puissiez me prouver qu’il est derrière la publication de cette photo… »
« Tu sais très bien que non sinon.. »
« Nous sommes au tribunal ici et non pas dans mon bureau » lui rappela gentiment le juge.
« Le doute est tout de même permis, ça peut entrer en ligne de compte, non ? »
Et pendant que le juge et le procureur parlaient, Carter ne cessait de regarder Kelly, un sourire aux lèvres tandis que les amis de la jeune femme attendaient avec appréhension la décision du juge qui, finalement, déclara :
« Mademoiselle Grainger, j’ai pris bonne note de vos excuses, ainsi que de votre plainte, Monsieur Carter mais j’avoue que votre décision de porter plainte me laisse perplexe. La photo qui a été publiée à l’insu de la victime fait partie des pièces à conviction de votre procès en cours et toute publication va à l’encontre de la loi et est dès lors punissable en vertu du code pénal. Au moment où je vous parle, nous ignorons toujours comment cette photo a pu être divulguée. Vous bénéficierez donc, Monsieur Carter, du bénéfice du doute… »
Celui-ci sourit tandis que le juge poursuivait :
« Dans ces conditions, Mademoiselle Grainger, si je peux comprendre votre réaction, je ne peux pas l’accepter… »
Tout le monde retenait son souffle, Steve sentit la main de sa sœur le serrer plus fort en attendant le verdict…
« … Vous en êtes consciente ? »
« Oui » répondit la jeune femme.
« Toutefois, appliquer les peines prévues pour outrage à la Cour reviendrait à faire le jeu de la personne qui est derrière la publication de cette photo et je ne cautionnerai jamais ce genre de délit. C’est pourquoi, aucune charge ne sera retenue contre vous pour l’instant, Mademoiselle Grainger, mais s’il s’avère après enquête que Monsieur Carter n’est pas derrière cette publication, il pourra bien entendu faire appel de ma décision. »
Steve et ses amis soupirèrent de soulagement tandis que Laura serra la main de Kelly qui dit :
« Je comprends. Merci, votre Honneur. »
« Mais je vous préviens qu’au moindre écart de votre part, je serai beaucoup moins clément. »
« Ca ne se reproduira plus » lui assura Kelly soulagée elle aussi.
« Monsieur Carter, je laisse à votre avocat le soin de vous expliquer ce qu’implique ma décision. Nous avons perdu assez de temps comme ça. Faites rentrer le jury maintenant. »
Le téléphone de Steve se mit à sonner, ce qui lui attira les foudres du juge et il s’excusa en sortant dans le couloir sous les regards de toute l’assemblée. Chin et Derek en profitèrent également pour sortir.
« Danny ? Tu m’entends ? Danny ? »
« … »
« Danny ? Qu’est-ce qui se passe ?
Et il entendit alors la voix faible de son ami :
« Steve…à l’aide. »
« Danny ? Danny ! »
Et à l’adresse de Chin et Derek :
« Danny a des problèmes. Je file chez lui » dit Steve en se dirigeant déjà vers la sortie.
« Kono ne répond toujours pas » dit Chin lui emboîtant le pas. « Je vais passer chez elle. »
« OK, on se tient au courant. »
« J’aimerais vous accompagner, Steve » dit Derek.
« Vous ne devez plus rester au… » demanda le seal.
« Non, je pense qu’il est passé à la vitesse supérieure et vous aurez peut-être besoin de moi sur le terrain s'il s'avère que c'est bien le cas. »
24
Steve roulait maintenant à vive allure en se faufilant entre les voitures, grillant feux rouges sur feux rouges et arrivé enfin chez son ami, il trouva la porte verrouillée. Il fit en vitesse le tour de la maison et constata une vitre brisée à l’arrière lui permettant d’entrer et il s’engouffra sur ses gardes à l’intérieur, suivi de Derek. Rien n’avait été saccagé et c’est anxieux qu’il entra dans la chambre et quand il vit son ami étendu à terre de l’autre côté du lit, une bouffée d’angoisse le submergea :
« Danny ! Danny ! Ouvre les yeux. Dis quelque chose ! »
« J’appelle les secours » dit aussitôt Derek.
« St…eve. »
« Je suis là. Ca va aller, mon vieux. Tiens bon. »
« Douze heures… »
« Quoi ? »
« Il… a dit…qu’il..me…res.tait douze..heures à..vivre. »
Steve regarda Derek.
« Qui t’a dit ça ? » mais Danny perdit connaissance et ils furent soulagés de voir arriver les secours : c’est toutes sirènes hurlantes que Danny fut transporté à l’hôpital, Steve assis à ses côtés tandis que Derek les suivait avec la Silverado.
Steve attendait anxieusement dans le couloir, faisant les cent pas quand Derek arriva à son tour.
« Des nouvelles ? »
« Non. J’espère que… » mais un médecin vint alors le trouver, la mine sombre.
« Comment va-t-il, Docteur ? » demanda aussitôt le seal.
« Son rythme cardiaque est encore rapide et d’autres examens doivent encore être effectués. »
« Mais vous allez lui donner quelque chose pour qu’il aille mieux ? »
« Il dit que vous êtes son meilleur ami. »
« C’est exact. »
Le médecin soupira, mal à l’aise.
« A-t-il de la famille ? »
« Bien sûr qu’il a une famille !... Qu’essayez-vous de me dire, Docteur ? » demanda le seal plus anxieux que jamais.
« Je ne crois pas que votre ami puisse s’en sortir » commença le médecin.
« Mais bien sûr qu’il va s’en sortir ! » dit aussitôt Steve les larmes aux yeux. « C’est un battant, il va pas se laisser aller ! »
« Je crois que vous n’avez pas bien compris. On a injecté à votre ami un poison mortel et ses heures sont désormais comptées. Si l’on peut croire ce que l’on lui a dit, il semblerait qu’il ne lui reste que douze heures. »
Steve se passa la main sur le front, anéanti par cette nouvelle.
« Il le sait ? »
« Oui mais il a demandé que je vous le dise… »
« Je peux le voir ? »
« Bien sûr. »
Et Steve entra dans la salle d’examen, les yeux humides :
« Tu te sens comment ? »
« En pleine forme » plaisanta Danny.
« T'es déjà mieux qu’à ton arrivée en tout cas. »
« Oui, ils m’ont injecté je sais pas quoi mais ça a l’air efficace… pour l’instant. »
« Tu sais qui t’a fait ça ? Tu as pu le voir ? »
« J’en sais rien. Il portait un masque de diable. »
« Un masque de diable ? » répéta Steve incrédule en regardant Derek.
« Oui mais je voyais trouble et j’avais comme l’impression de rêver, enfin plutôt de faire un cauchemar. Le toubib m’a dit que j’avais déjà été drogué. »
« Sa voix te rappelle quelqu’un ? »
« Non. »
« Que vous a-t-il dit ? » demanda Derek.
« Qu’il me restait douze heures à vivre. »
« C’est tout ? »
« C’est déjà pas mal, vous trouvez pas ? »
A ce moment, un autre médecin entra et se présenta :
« Je suis le Docteur Elisabeth Hilland. Je suis spécialisée dans les venins. »
« Les venins ? C’est ça qu’on lui a injecté ? » demanda Steve.
« Le sang prélevé près de l’endroit de l’injection indique un composé vénimeux probablement du groupe d’un chlorhyde organique. »
« Vous pouvez simplifier ? » demanda Danny.
« C’est un poison à effet progressif. »
« Mais si vous connaissez le poison, il y a bien un antidote ? Ou alors vous pouvez le fabriquer, non ? »
« Nous ne pouvons pas fabriquer d’antidote sans certitude. Il nous faut connaître la composition exacte malheureusement. Je ne peux que vous prescrire une série d’examens. Nous pourrons également déduire certaines choses des changements physiologiques de votre corps mais… c’est tout. »
« Quels changements ? » demanda Danny.
Le médecin leur expliqua alors les effets d’un poison à effet progressif :
« Les fonctions normales dépendent de notre centre nerveux qui transmet automatiquement les impulsions qu’on lui commande. Certains poisons progressif attaquent ce centre et finissent par bloquer ces impulsions. »
« Et qu’est-ce qui se passe ? » demanda encore Danny.
« On a des difficultés de respiration, des troubles de la vision, des troubles de coordination de certains mouvements, des troubles cognitifs incluant la perception et la résolution de problèmes. »
« Eh ben, dites donc, quel programme réjouissant ! » lâcha le blondinet ironique alors que son ami se frottait le front avec le pouce comme toujours quand il était contrarié et il ajouta « Bon, tant que je tiens le coup, on y va. Il faut trouver ce salopard. »
« Je ne peux vous l’interdire mais ce n’est pas très malin » dit alors le médecin.
« Vous pouvez me garantir qu’en restant ici, vous trouverez l’antidote en temps voulu ? » et comme le docteur fit non de la tête, il déclara : « OK, je vais tenter ma chance alors » et comme Steve et Derek ne bougeaient pas, il leur dit : « J’ai pas toute la journée devant moi, alors vous attendez quoi ? »
Steve soupira et le suivit du regard.
« Je vais pas m’écrouler tout de suite ! »
« Quand ça ira mal, on pourra toujours soulager la douleur mais jusqu’à un certain point… » leur dit le médecin alors qu’ils partaient.
Steve appela Chin pour le mettre au courant mais il tomba sur sa messagerie. Il essaya à nouveau Kono sans plus de succès.
« J’ai un mauvais pressentiment. Allons voir chez Kono » dit alors le seal.
Quand ils arrivèrent, ils virent la voiture de Kono et celle de Chin garées le long du trottoir. Il sortit en prenant son arme et dit :
« Danny, tu restes en arrière. »
« Steve, je peux encore faire mon boulot » rétorqua le blondinet.
« OK. De toute façon, tu n’en feras qu’à ta tête ! »
Steve s’approcha prudemment de la maison et comme il s’y attendait, personne ne vint lui ouvrir. Il fit le tour de la maison quand il vit avec horreur Chin...
25
Il était inconscient, à terre, brûlé au visage et aux mains.
« Par ici » cria-t-il en s’approchant aussitôt de son équipier et en voyant son état : « Appelez une ambulance !... Chin ? Tu m’entends ? Chin ? » mais celui-ci ne réagit pas, probablement sonné par l’onde de choc de l’explosion et ses blessures.
« Que lui est-il arrivé ? » demanda Danny bien pâle.
« Cet enfoiré a piégé la porte de derrière qui a sauté quand Chin a voulu entrer » répondit le seal. « Il est brûlé à différents degrés. »
« Heureusement qu’il avait ses gants » dit Derek.
« Restez près de lui. Je vais voir où est Kono » mais il fouilla toute la maison et ne trouva pas la jeune femme. Il sortit retrouver les autres la mine sombre.
« Elle est pas à l’intérieur. »
« Mais c’est quoi ce bordel ? » demanda Danny avant de grimacer de douleur.
« J’en sais rien, Danny ! » répondit Steve plus désemparé que jamais en voyant son ami se courber sous l’effet d’une crampe intestinale et Chin étendu à terre, toujours inconscient sans oublier Kono qui avait disparu… « J’en sais rien ! C’est moi qui aurais dû être visé, pas vous ! » ajouta-t-il d’une voix accablée.
Chin ouvrit alors les yeux et murmura :
« Kono… »
« On va la retrouver, Chin. Je te jure qu’on va la retrouver » répondit le seal en venant aussitôt s’agenouiller à ses côtés.
Arrivèrent alors les secours qui s’occupèrent du policier…
« Je… compte… sur vous » dit Chin avant d’être transporté dans l’ambulance.
« Tiens bon, ça va aller. Ce sont des brûlures superficielles » dit Steve se voulant rassurant et ils regardèrent partir l’ambulance sous le choc des événements tragiques qui se succédaient… Steve, le plat de la main sur le front, essayait de réfléchir mais tout allait trop vite pour lui et il devait absolument se ressaisir.
« Ca va ? » demanda-t-il alors à Danny.
« Ouais. J’ai appelé Charlie aussi et il arrive avec son équipe. Il était bouleversé quand je lui ai dit pour Kono. Il a demandé qu’on le tienne au courant. »
« Oui, bien sûr » répondit distraitement Steve avant de déclarer : « On est appelé à témoigner cet après-midi et on n’a pas de temps à perdre avec ça. Il faut prévenir Prescott pour qu’elle ajourne le procès. Allez, on file au tribunal » et il regarda Danny rejoindre la voiture avec un pincement au cœur. Une fois au volant, Steve fila à toute allure mais cette fois, Danny ne fit aucune remarque sur sa conduite sportive.
« On doit absolument faire parler Carter et je vous jure qu’il va parler ! » Le téléphone du seal sonna et il décrocha en répondant sèchement :
« McGarrett. »
« Steve, on a mis le feu à mon camion-crevettes. Faut que tu viennes tout de suite, mon frère. »
« Quoi ? » et comme Danny le regardait, Steve lui souffla :
« Le camion de Kame est en flammes. Kamekona, je peux pas venir maintenant : Kono a disparu, Chin est blessé et Danny a été empoisonné. Rappelle-moi quand les pompiers te donneront une explication. Je t’envoie Charlie et son équipe, c’est tout ce que je peux faire pour l’instant. »
« C’est quoi c… ? »
« J’ai pas le temps de t’expliquer maintenant. On se tient au courant, OK. »
« Ca sent pas bon. Sois prudent, mec. »
Loin de se douter des derniers événements, les débats se poursuivaient au tribunal : le témoignage de Caroline Winters venait de se terminer et c’est bouleversée que l’amie de Kelly regagna sa place après avoir dû décrire la scène quand elle avait trouvé la jeune fille après son agression. Le silence qui régnait dans la salle fut troublé par des murmures de consternation et d’horreur et Kelly sentit tous les regards tournés vers elle mais elle s’obligea à respirer lentement et se concentrait sur ces efforts quand les portes du tribunal s’ouvrirent sur le Commandant du Five-0 qui déclara avant que le juge ne demande à nouveau le silence :
« Votre Honneur. Excusez mon intrusion mais je dois absolument parler à Maître Prescott et ça ne peut pas attendre. C’est lié au procès. »
Le juge soupira tandis que Laura et Kelly s’étaient tournées vers lui, surprises. Steve s’approcha rapidement d’elles alors que le juge déclarait :
« J’espère pour vous que cette interruption inopinée est justifiée. »
« Elle l’est, votre Honneur. » et il mit Laura au courant pour ses équipiers. Le procureur blêmit et Kelly, les larmes aux yeux, dit :
« Non, non, pas ça ! C’est ma faute, c’est moi qu’il veut ! »
Tandis que Laura mettait le juge au courant des derniers événements, Steve la prit par les épaules et d’une voix ferme :
« Kelly, tu es bouleversée, moi aussi mais ce n’est pas le moment de t’attirer de nouveaux ennuis. Garde ton sang-froid, s’il te plaît ! » et il la serra contre lui, se moquant éperdument des regards tournés vers eux en attendant que Laura en termine avec le juge. Il s’adressa juste à Malia en lui demandant d’aller retrouver Danny qui arrivait et au visage grave du seal, elle ne posa pas d’autres questions et sortit rapidement de la salle…
« Maître Evans, approchez s’il vous plaît » dit alors le juge Kanala qui le mit au courant. « Vous comprendrez que dans ces conditions, je n’ai pas d’autre choix que d’ajourner la séance. »
« C’est évident » répondit l’avocat la mine sombre.
Le juge frappa du marteau pour rétablir le silence dans la salle et quand ce fut le cas, il dit :
« De nouveaux éléments concernant cette affaire m’ont été rapportés et au vu de leur gravité, je déclare la séance ajournée jusqu’à nouvel ordre. »
26
Laura retourna auprès de Steve et Kelly tandis que la salle se vidait. Danny et Derek étaient venus les rejoindre mais quand Kelly vit le visage marqué de Danny, elle lui dit, les larmes aux yeux :
« Je suis désolée pour tout. Si j’avais pu savoir, je ne vous aurais jamais entr…» mais Danny la serra tout contre lui en essayant de la rassurer du mieux qu’il pouvait :
« Je suis heureux que tu sois venue à nous. Tu dois avoir aucun regret à ce sujet. Ce type est un malade. Faut pas culpabiliser, s’il te plaît, c’est pas ta faute et puis, je suis pas encore mort et on sait qu’on peut compter sur notre superman, hein ? »
Mary et Caroline s’étaient rapprochées elles aussi ainsi que Ricky qui était arrivé en retard. En voyant son ami pas bien, il lui demanda, anxieux :
« Danny ? Qu’est-ce que t'as ? » et quand il fut au courant, il proposa aussitôt son aide ! Steve prit alors la parole :
« Kelly, je vais demander à Duke de te protéger. Apparemment, tout semble se précipiter et je ne veux plus courir le moindre risque. Je vais m’arranger avec lui pour te trouver un endroit sûr. Tu feras ce qu’il dit. Je t’appellerai dès que je pourrai. »
« Steve, je doute pas des qualités de Duke mais il a un certain âge et Kelly serait plus en sécurité avec un homme comme Ricky. Le complice de Carter nous connaît tous mais il le connaît pas, lui ! » suggéra Danny.
Steve regarda son ami, pas très enchanté par sa suggestion.
« Euh… Danny » commença, ennuyé, Ricky. « Je pense que vous avez plus besoin d’aide sur le terrain que… »
« Je serais plus rassuré de la savoir avec toi » le coupa Danny qui grimaça à nouveau de douleur.
« C’est pas que je veuille pas mais je serais plus utile avec vous qu’à… »
Mais Danny ne l’entendait pas comme ça :
« Steve, je confierais ma vie à Ricky les yeux fermés. Ce type n’est pas un débutant, regarde où on en est… »
« Ca vous ennuie pas ? » demanda à contrecœur le seal faisant taire son animosité envers l’Hispanique pour ne pas contrarier son ami.
« Je ferais tout pour me montrer à la hauteur de la confiance que me fais Danny. »
Steve hocha de la tête.
« Où dois-je l’emmener ? » demanda alors Ricky.
Steve réfléchissait à l’endroit le plus sûr quand ce dernier proposa à Kelly : « Une balade en mer, ça vous tente ? »
La jeune femme regarda Steve mais Danny répliqua aussitôt :
« Quand je te disais qu’on pouvait compter sur lui ! Qui irait penser à un bateau ? » et pris de nouvelles crampes intestinales, il dut s’asseoir sous les regards inquiets de ses amis.
« Ca va, je vais pas mourir tout de suite. »
Steve regarda Kelly, indécis, mais pressé par le temps, il donna son aval.
« Vous éloignez pas trop de la côte au cas où. Je te donne des nouvelles dès que je peux mais pour l’instant, il vaut mieux rester prudents et ne s’appeler que si nécessaire, d’accord ? »
Kelly fit oui de la tête.
« On y va ? » demanda Ricky. « Faudrait peut-être sortir par la porte principale, non ? »
« Tiens, Kelly, mets ce foulard sur tes cheveux et tu as des lunettes de soleil, non ? » dit Mary.
Kelly obtempéra et se jeta dans les bras de Steve qui la serra bien fort contre lui. Elle lui dit :
« J’ai peur… »
« Je sais… Mais je peux pas assurer moi-même ta sécurité pour l’instant. Ricky saura te protéger » lui répondit-il en lui caressant les cheveux.
« Je ferai ce que tu diras, ne t’inquiète pas pour moi, je ferai rien d’irréfléchi cette fois et toi, sois très prudent ! »
« Promis. » Il lui sourit tristement en la serrant plus étroitement contre lui et le regard qu’ils échangèrent ensuite en dit long sur leurs sentiments réciproques. Kelly se tourna alors vers Danny et c’est en larmes qu’elle alla le serrer, trop bouleversée pour lui dire quoi que ce soit...
Tous la regardèrent partir le cœur serré, conscient du sentiment de culpabilité qui la rongeait et le seal, bien que réticent au départ, se sentit soulagé finalement de la savoir protégée par un homme de la trempe de Moreno.
Laura posa alors une main apaisante sur l’épaule de Steve et lui proposa d’emmener Mary chez elle :
« Vous ne serez peut-être plus en sécurité chez vous et il y a assez de place chez moi. »
« Merci Laura » répondit Steve reconnaissant. « Mary, tu… »
« T’inquiète pas pour moi, je serai sage mais toi, fais attention. Je veux pas perdre mon grand frère ninja. »
Il serra également sa sœur contre lui puis la laissa aller embrasser Danny :
« S’il y en a qui peut te sauver, c’est bien mon frère et il le fera ! »
« Je n’ai aucun doute » répondit Danny en grimaçant un sourire.
Arrivés devant l’entrée principale, Ricky demanda à Kelly :
« Il vaudrait mieux agir comme un couple pour ne pas attirer les soupçons. Vous permettez que je passe mon bras autour de votre taille ? »
« Euh… C’est peut-être pas vraiment nécessaire… »
« Personne ne s’attend à vous voir sortir bras dessus bras dessous avec un autre homme que McGarrett... Quoi de mieux pour passer inaperçus ? »
Et il ouvrit la porte en la prenant tout d’abord par la main avant de passer son bras autour de sa taille mais il s’abstint, malgré l’envie qu’il éprouvait, de la serrer trop contre lui, ne voulant pas la faire se sentir plus mal à l’aise qu’elle ne l’était déjà.
Une fois seuls, Steve se tourna vers son ami :
« Tu te sens encore assez fort que pour… »
« Oui… pour l’instant en tout cas. »
Steve ordonna :
« On a perdu assez de temps ! Allons faire parler Carter. »
« Steve, je crois qu’il serait utile de se poser quelques minutes. »
« On n’a pas le temps ! » répliqua d’un ton autoritaire le seal.
« On en perdra encore plus si on fait tout et n’importe quoi » répliqua Derek d’une voix ferme, ce qui poussa le seal à soupirer mais il écouta néanmoins ce que l’agent avait à dire.
« De toute évidence, Carter veut vous voir souffrir et alors qu’on pensait qu’il s’en prendrait directement à vous avant de s’en prendre à nouveau à Kelly, il s’en prend à vos amis les plus proches… »
« Et ? » le coupa impatiemment Steve estimant perdre son temps à ressasser ce qu’ils avaient déjà compris.
« Son complice doit être drôlement bien renseigné sur chacun d’entre vous. Danny était déjà à moitié drogué quand il s’est introduit chez lui devenant une proie facile pour lui. Aucune trace de lutte n’a été retrouvée chez Kono. Chez les deux, on trouve simplement une vitre brisée comme effraction. »
27
A ce moment, le téléphone de Steve se mit à sonner :
« Oui, Kamekona. Alors ? »
« D’après le chef des pompiers, il s’agirait d’un incendie criminel. Une bombe a été placée sous mon camion. Si je trouve le f.. de p.. qui a fait ça, je le descends sans… »
« Je suis vraiment désolé pour ton camion » répondit Steve.
« C’est pas tout, mon frère. Vu mon passé, je suis suspecté d’être le responsable ! Tu peux pas faire quelque chose ? Leur parler ? Leur…»
« Je sais que c’est pas toi, Kame. Je t’envoie déjà l’équipe scientifique » rétorqua Steve.
« Merci, mon frère » répondit Kamekona. « Mais tu pourrais aussi… »
« Je le ferais mais je dois te laisser là. J’appelle Charlie » et il raccrocha pour appeler immédiatement ce dernier :
« Vous avez retrouvé Kono ? » demanda aussitôt le jeune homme.
« Non, pas encore. Charlie, tu peux déjà me dire quelque chose sur la bombe ? »
« C’est une bombe artisanale mais la charge n’était pas assez importante que pour tuer un homme. »
« Peux-tu te rendre au camion crevettes de Kamekona ? On l’a fait sauter et j’aimerais savoir s’il s’agit de la même bombe ? »
« J’y vais tout de suite et je vous appelle dès que je peux vous donner l’information » dit aussitôt le scientifique.
« Merci Charlie » et il raccrocha et leur fit part de ce que Charlie lui avait dit.
« Donc, il n’avait pas l’intention de tuer. Il devait se douter que ce serait Chin qui se rendrait chez sa cousine alors que vous iriez retrouver Danny et le camion crevette a explosé tôt ce matin à un moment où il n’y avait personne. On ignore ce qu’il a fait à Kono et où elle est, on sait juste que les heures de Danny sont comptées » résuma Derek.
« On dirait deux personnes différentes… » dit alors Danny.
Steve regarda anxieusement Derek et Reid prit alors la parole :
« Non mais tout ça a été orchestré de main de maître et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça a été efficace, vous voilà bien isolé, Steve… »
« C’était son but ultime ? M’isoler pour mieux s’en prendre à moi ? »
« La souffrance fait souvent baisser la garde des gens, il compte peut-être là-dessus. »
« Euh… Peut-être qu’alors, il a menti ? Le poison qu’il m’a injecté n’est peut-être pas mortel après tout ? » dit Danny, plein d’espoir.
Steve le regarda espérant de tout son cœur qu’il dise vrai mais ils ne devaient pas compter là-dessus.
« Nous avons repensé également à toute la symbolique qui se dégage des éléments retrouvés et on en est arrivés à se demander s’il n’aurait pas choisi un temple. »
« Un temple ? » demanda Steve.
« Oui, l’encoche du livre ressemble à un tombeau. »
« Mis à part des cierges pour rappeler le feu, je vois pas ce… » dit Danny.
« Ca vaut peut-être quand même la peine d’aller vérifier. Il y a peut-être des salles non ouvertes au public ? » demanda Derek.
« Le temple le plus proche est le Laie Hawaii mais toutes les salles sont ouvertes au public. Par contre, dans la vallée des Temples, certaines ne le sont pas mais c’est déjà assez loin… » dit alors Steve.
« Vous parlez de Byodo-In Temple ? » demanda Derek.
« Oui et maintenant que vous parlez de ça » dit-il d’une voix où transparaissait une note d’espoir « Je me souviens qu’à l’époque mais ça remonte à plus de vingt ans, un feu y restait allumé nuit et jour. »
« Est-ce encore le cas ? » demanda aussitôt Reid.
« Aucune idée mais on peut téléphoner » et il chercha sur son portable le numéro mais il constata alors que c’était leur jour de fermeture et jura.
« Je connais quelqu’un qui pourra nous trouver l’info » dit alors Derek qui composa aussitôt un numéro sur son téléphone.
« Salut Ptit Cœur. Je te mets sur haut-parleur » dit immédiatement Derek.
« Si tu continues à me mettre sur haut parleur dès que tu m’appelles… »
« Garcia, c’est pas le moment. J’ai un service à te demander... »
« J’avais compris. »
« Tu pourrais te renseigner sur les temples Byodo-In. »
« Que veux-tu savoir, mon chou ? »
Steve et Danny se regardèrent…
« Si un feu reste encore allumé nuit et jour et qui on peut joindre pour aller jeter un œil sur place le plus vite possible. »
« Ca marche. Je te rappelle. »
« Garcia est notre agent surdouée en informatique et en l’absence de Kono et Chin, elle nous sera bien utile. Voici ses coordonnées. Vous pourrez l’appeler et elle fera tout ce qu’elle pourra pour vous aider. »
« Merci » répondit simplement Steve et Garcia rappelait déjà Derek :
« En effet, c’est fermé aujourd’hui mais j’ai pu joindre le concierge et il vous attend. Ah oui, il y a bien un feu qui reste constamment allumé. »
« Merci Ptit Cœur, t'es géniale. »
« Je sais mais je ne me lasse pas de t’entendre me le dire. »
« Comme tu le sais, j’aide l’équipe du Five-0 et… »
« Oui, comment va la victime. J’ai vraiment de la peine pour elle et… »
« Garcia ! »
« Euh… oui, désolée. »
« Le tueur a un complice et il faut absolument qu’on mette la main dessus, il s’en est déjà pris à trois membres du Five-0 et Steve va avoir besoin d’un soutien informatique… »
« Pas de problème ! »
« Merci » Il raccrocha. Reid s’exclama alors :
« Mais oui ! Pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt ! »
Les trois autres le regardèrent ne comprenant pas ce qu’il voulait dire. Spencer s’expliqua :
« Les Vestales ! »
« Les quoi ? » demanda Danny qui maintenant transpirait également de plus en plus et dont la respiration devenait plus laborieuse…
« Chez les Romains, le feu sacré de Vesta était gardé et entretenu par des prêtresses vierges, les vestales. Mais, durant leur sacerdoce, les Vestales qui laissaient le feu s'éteindre étaient sévèrement et même cruellement punies et celle qui violait ses vœux de virginité était mise à mort, emmurée dans un tombeau ou entre deux murs. »
« Des prêtresses vierges ? Kelly ne l’était pas quand il l’a agressée » dit alors Steve.
« Il l’a purifiée cette nuit-là mais vous l’avez souillée depuis. »
« Il compte l’emmurer vivante ? » demanda alors Steve d’une voix blanche.
« Oui, je pense que c’est effectivement ce qu’il a prévu » répondit Reid « Et je pense que si on trouve cet endroit, on en apprendra bien plus sur Carter. »
« Allons-y ! » dit le seal en prenant son téléphone pour demander à Kamekona s’il pouvait prendre son hélicoptère mais Danny lui fit remarquer :
« Euh… Son camion crevettes a explosé, tu crois que son hélico est sûr ? »
« T’as pas tort. On va prendre un hélico de la police. Tu penses être encore assez… » s’inquiéta-t-il en le voyant transpirer.
« Oui, je te dirais quand ça ira pas. »
« Oui mais c’est pas tout près et si jamais… » répondit Steve.
« On peut y aller seuls, Steve » dit alors Derek. « Restez avec Danny. Vous devez retrouver Kono. On vous tient au courant » et les deux agents de la BAU partirent aussitôt…
28
Malia arriva aux urgences de l’hôpital et après qu’une infirmière lui ait dit où se trouvait son mari, elle alla le rejoindre et c’est le cœur serré qu’elle le vit étendu sur le lit, un énorme bandage sur la partie droite de son visage ainsi qu’autour de ses mains, de ses bras et sur son torse. Elle s’avança vers lui et quand elle l’appela, il ouvrit les yeux et lui fit un timide sourire :
« J’ai eu tellement peur ! »
« Je suis désolé… »
« Tu ne souffres pas trop ? » lui demanda-t-elle.
Il fit signe que non de la tête et elle le serra contre elle prenant garde de ne pas lui faire mal, puis elle lui caressa les cheveux et lui dit :
« Je sais pas ce que j’aurais fait si… Je vais aller voir le médecin qui s’est occupé de toi. Je reviens… » mais avant qu’elle ne quitte la pièce, le médecin entra et lui dit :
« Bonjour Malia. »
« Bonjour Makan. Mon mari… »
« Il a été relativement épargné : il a été brûlé au deuxième degré et je pense que les brûlures ne sont que superficielles mais comme tu le sais, c’est l’évolution qui permettra de faire un diagnostic plus précis. »
« Ca veut dire quoi ? » demanda alors Chin.
« Une brûlure au second degré superficiel signifie que la peau se régénérera d’elle-même en l’absence de surinfection et tu ne devrais pas garder de cicatrice » lui expliqua Malia.
« Sinon ? » demanda-t-il d’une voix anxieuse.
« Tu as entendu Makan. Il ne pense pas que ce soit plus grave. »
« Malia… »
La jeune femme soupira et lui avoua :
« Tu pourrais garder des cicatrices et on devra peut-être recourir à une greffe de peau… »
Chin ferma les yeux : décidément, il n’était pas épargné ces derniers temps mais il repensa alors à Kono et c’est pour elle qu’il s’inquiéta :
« Je peux reprendre le boulot, Docteur ? »
« Non, vous souffrez également d’une commotion cérébrale et vous devez vous reposer. »
« Mais Kono… »
« Steve et les autres vont la retrouver » essaya de le rassurer Malia. « Tu ne leur seras d’aucune utilité. »
« Passe-moi mon téléphone tu veux bien ? »
Et Malia le lui tendit.
« Chin ! » répondit alors Steve soulagé d’entendre la voix de son ami. « Comment vas-tu ? »
« Les nouvelles sont pas trop mauvaises mais dis-moi : as-tu des nouvelles de Kono ? »
Steve soupira :
« Non, pas pour l’instant mais je te tiens au courant dès que j’ai du nouveau. »
« Trouvez-la ! »
« Tu peux compter sur nous » essaya de le rassurer Steve.
« Comment va-t-il ? »
« Pas trop mal d’après ce qu’il dit » répondit Steve. « Et toi ? »
« Ca fait un mal de chien » dit pour la première fois Danny.
« Tu veux que je te ramène à l’hôp… »
« Non, pas encore… »
Steve fit la moue mais ne dit rien.
Au tribunal, Carter fut amené dans une cellule d’attente et une fois seuls, son avocat le prit aussitôt à partie :
« Vous êtes allé beaucoup trop loin, Carter ! Vous n’avez que faire de ce procès ! Je ne sais pas à quel jeu vous jouez mais maintenant, ça sera sans moi !
« Vous pouvez pas, je vous ai grassement payé pour… »
« Ne vous inquiétez pas, je prélèverai de cette somme la part qui me serait revenue selon mes honoraires et vous récupérerez le reste ! »
« Je vous ai payé pour aller jusqu’au bout ! »
« J’ai mis ma réputation en jeu pour vous défendre mais vous vous êtes torpillé tout seul. Vous n’avez plus besoin de moi. Mais si vous voulez encore un dernier conseil : si j’étais vous, quand ils viendront m’interroger, je coopérerais ! » et il sortit de la cellule sous le regard haineux de Carter…»
Sur le ponton de la Marina, Kelly refusa d’aller plus loin sous le regard incompréhensif de Ricky :
« Emmenez-moi voir Carter ! » dit-elle alors contre toute attente.
« Pas question ! » répondit-il du tac au tac.
« Je dois absolument lui parler. C’est moi qu’il veut et si je peux empêcher Danny de mourir et retrouver Kono, je dois le faire ! »
« Vous avez promis à Steve de ne pas agir de manière irréfléchie et c’est exactement ce que vous voulez faire ! »
« Je sais mais… »
« Il n’y a pas de mais ! Je lui ai promis, à lui et à Danny, de veiller sur vous et c’est ce que je ferai et si je dois vous prendre sur mon dos pour vous faire monter dans ce bateau, je le ferai ! »
« Mais je peux peut-être sauver votre meilleur ami ! Ca ne compte pas à vos yeux ? »
« Kelly » soupira Ricky. « Comment voulez-vous le sauver ? En s’en prenant à l’unité du 5-0, Carter n’a plus aucune chance de sortir de prison. A quoi ça sert de vous livrer ? A qui ? A son complice ? Il vous tuera sans aucun remords ! »
« Mais vous ne comprenez pas ! S’il arrive un malheur à Kono et si aucun antidote n’est trouvé à temps pour Danny, comment est-ce que je pourrais regarder Steve en face ? Danny est un frère pour lui... »
« Mais il vous aime aussi. »
« Tout ce qui arrive est ma faute ! Il finira par me détester sans parler de Chin qui m’en voudra pour Kono » sanglota alors Kelly. « Si j’ai un petite chance de les aider, alors, je dois la tenter. Ils m’ont…»
« Danny me fait confiance » la coupa Ricky.
« Si Carter me dit ce qu’on veut savoir, il est pas dit que je devrai mourir ! »
« Kelly, vous êtes bouleversée et ça se comprend mais je suis flic et je peux vous garantir qu’un type comme Carter n’en a rien à faire de Danny ou de Kono. Il veut vous voir souffrir et aller le voir ne… »
« Je me fiche qu’il jubile ! Je veux faire quelque chose ! »
« Et la meilleure chose que vous puissiez faire, c’est monter dans ce bateau pour avoir une chance d’échapper à son complice et laisser Steve poursuivre l’enquête sans qu’il ne s’inquiète pour vous ! »
Kelly fit malgré tout demi-tour mais Ricky la rattrapa :
« Laissez-moi ! Vous ne voulez pas m’aider ? Soit ! Je peux me débrouiller seule ! »
« Vous n’irez nulle part ! J’ai donné ma parole et vous aussi et nous allons la tenir tous les deux ! »
« Vous pouvez pas m’obliger ! »
« Peut-être que non mais j’en connais un qui pourra » et il prit son téléphone et fit mine d’appeler Steve.
Kelly le regarda en proie au doute et c’est résignée qu’elle monta finalement sur le bateau et descendit dans la cabine et là, seule, elle laissa libre cours à ses larmes pendant que Ricky prenait les commandes du bateau et s’éloignait de la côte…
29
Kono, quant à elle, remua en gémissant. Elle ouvrit péniblement les yeux mais malgré son extrême faiblesse, elle essaya de se relever et prit alors conscience qu’elle avait les mains et les pieds attachés. Sa tête lui faisait atrocement mal et elle avait du mal à garder les yeux ouverts, elle perdit à nouveau connaissance...
De leur côté, Steve et Danny quittèrent le tribunal à leur tour pour aller interroger Carter mais arrivés devant la cellule, Danny se plia en deux de douleur et Steve dut le soutenir.
« Je ferais mieux de te conduire à l’… »
« Pas encore. Laisse-moi deux minutes pour me ravoir…»
« Danny, tu… »
« Laisse-moi vivre ma dernière journée comme je l’entends, tu veux bien faire ça pour moi ? »
Steve le regarda, les yeux humides et le regard qu’ils échangèrent en dit long sur leur amitié. Cinq minutes plus tard, ils entrèrent dans la cellule dans laquelle Carter avait été amené et menotté à une chaise et Steve lui balança aussitôt son poing dans la figure :
« Je veux le nom de ton complice ! »
« Commandant McGarrett. Kelly n’est pas avec vous ? C’est dommage… » et Steve lui balança un autre coup de poing lui ouvrant la lèvre cette fois et Carter cracha du sang en lui lançant un regard meurtrier mais lâcha néanmoins :
« Vous ne semblez pas dans votre assiette, lieutenant…»
« Tu as monté tout ça pour me faire payer mes sentiments pour Kelly. »
« Et pourquoi j’aurais fait ça ? Mon but est de la retrouver, pas de la tuer. Vous croyez vraiment que je ferais quelque chose qui risquerait de m’envoyer dans une prison de haute sécurité ? »
« Je sais pas encore comment t’as organisé ton affaire mais laisse-moi te dire une bonne chose, si jamais un de mes équipiers y reste, sans parler de Kelly, je viendrai te tuer moi-même ! »
« Vous commencez déjà à regretter votre rencontre avec Cory, Steve ? »
« Quoi ? »
« Je vous avais prévenu : Cory pourrit la vie de tous ceux qui la croisent. A votre tour maintenant de souffrir… »
« Espèce d’enfoiré ! » et quand il voulut lui balancer un autre coup de poing, Danny le retint et lui dit :
« Allez viens, on perd notre temps. »
Steve le regarda et Danny l’emmena dehors.
« Il sait tout ! On doit le faire parler ! »
« Il dira rien, Steve, même sous la contrainte. »
« Je le ferai parler ! Ce n’est qu’… »
« C’est pas lui qui nous dira où se trouve Kono. Si ça se trouve, il le sait même pas. Il a peut-être donné ses ordres sans plus, c’est Kelly qui l’intéresse et elle est en sécurité. Espérons que… » mais il ne put continuer, pris de nouvelles crampes abdominales et il ne put s’empêcher de gémir cette fois sous le regard bouleversé de Steve qui devenait fou à voir son meilleur ami souffrir le martyre. Il le laissa se ravoir et c’est en le soutenant qu’il l’amena à la voiture où Danny s’écroula sur le siège, soulagé de pouvoir s’asseoir. Steve le regarda et lui demanda à nouveau s’il voulait aller à l’hôpital mais le regard que lui lança son ami l’amena à dire :
« OK, retournons au QG… »
Ricky avait coupé le moteur du bateau et avait averti Kelly qu’elle était hors de danger maintenant et qu’elle pouvait le rejoindre et quand il vit la jeune femme les yeux rouges et gonflés, son cœur se serra.
« Je sais que vous m’en voulez mais croyez-vous vraiment que si je pensais que vous aviez une chance de sauver Danny, je vous aurais empêchée d’essayer ? »
« Comment pouvez-vous savoir que je… »
« Parce que Carter est un psychopathe et qu’il ne pense qu’à lui ! »
« Mais son complice ? »
« Kelly, que pouviez-vous lui offrir en échange ? Ces gens-là ne marchent qu’au fric ! »
« J’en sais rien, peut-être qu’il… »
« Un contrat est un contrat » la coupa-t-il. « Le mieux que vous ayez à faire, c’est suivre les instructions de Steve afin qu’il ne se fasse pas de souci pour vous. Il a besoin de… »
« C’est bon, j’ai compris » le coupa-t-elle.
Il sourit en voyant maintenant l’air bougon qu’elle affichait.
« Je sais que vous aimeriez les aider mais vous le faites déjà en vous tenant à l’abri de celui qu'il a engagé. »
« Qui pourrait être son complice d'après vous ? »
« Danny ne m'a dit que très peu de choses concernant cette enquête. En tant que policier, je penserais d'abord à un tueur à gages. »
« Ca pourrait être aussi un membre de sa famille, un ami ou il a peut-être des disciples ? »
« Peut-être oui... Allez, je suis sûr qu'ils finiront par le trouver » répondit-il, se voulant rassurant...
Charlie, qui était arrivé sur la plage, examina les débris du camion crevette et constata qu’il s’agissait également d’une bombe artisanale mais, à la différence de l’autre, celle-ci avait pu être actionnée à distance. Il appela aussitôt Steve pour le mettre au courant.
« Merci Charlie. »
« Des nouvelles de Kono ? »
« Non, aucune pour l’instant. »
« Si je peux vous aider… »
« Tu le fais déjà, Charlie. Je te tiens au courant, promis. » Et Steve raccrocha au moment où Danny rata une marche et tomba en se pétant le genou contre une marche, ce qui lui tira un cri de douleur. Steve l’aida aussitôt à se relever et c’est en le soutenant qu’il l’aida à monter les autres marches les séparant de leur QG. Il alla lui chercher un verre d’eau et un essuie pour qu’il s’éponge le front puis il s’assit lui aussi et se prit la tête entre les mains.
« Récapitulons. Tout s’est enchaîné à la perfection : tu as été drogué puis on t’a injecté ce poison. Tu sais quelle heure il était ? »
« J’ai l’impression qu’il devait être cinq heures et quelques mais je pensais rêver, donc je peux pas le certifier. »
« OK. Il faisait déjà jour ou encore sombre ? »
« Non, je crois que c’était au petit matin quand même. »
« Si on savait au moins à quelle heure Kono a disparu. Etait-ce avant ou après qu’il soit venu chez toi ? C’était peut-être même hier soir. Charlie et elle semblent devenus très proches. Ils étaient peut-être ensemble ? Il pourrait répondre…»
« Euh non, je crois pas. »
« Comment ça ? »
« Kono est passée me voir hier soir. Ecoute, te fâche pas mais je lui avais demandé un service. »
Steve l’écouta et quand il eut fini, dit :
« Et c’est maintenant que tu me dis ça ! »
« J’y ai plus pensé. »
« Tu n’as… » mais il se tut, Danny était mourant, comment lui en vouloir ?
Il tapa sur l’ordinateur central le nom de Lisa Kendall et évidemment, il n’obtint aucune information la concernant. Il soupira :
« On sait même pas à quoi elle ressemble… »
« Attends, Kono m’a dit que Ricky passerait ce matin lui donner une photo. »
Steve appela aussitôt Charlie :
« Charlie, Kono aurait-elle laissé traîner une photo chez elle ? »
« Non, je n’ai pas vu de photo. Vous avez une piste ? »
« Peut-être oui. Je te tiens au courant » et il raccrocha.
« Il est temps d’appeler l’agent doué en informatique de la BAU pour qu’elle nous trouve une photo de cette femme et comment joindre Reynolds » et il appela le numéro que Derek lui avait donné.
« Oui, Commandant ? Que puis-je faire pour vous ? » demanda aussitôt Garcia.
Steve la mit au courant et elle promit de le rappeler très rapidement et il ne lui fallut pas plus de cinq minutes pour le faire :
« Je vous envoie son numéro de téléphone tout de suite. Lisa Kendall a effectivement une petite fille du nom de Raquel dont le père serait un neveu de Carlos Mendola, un des cerveaux du cartel de Medellin. »
« Un cartel colombien, ce qui expliquerait le recours à la scopolamine… » dit alors Steve.
« Lisa Kendall aurait vécu quelques années avec Francesco Mendola mais quand elle a découvert les liens de Francesco avec son oncle, elle aurait pris peur et depuis, on n’a plus de traces d’elle… »
« Jusqu’à ce que Ricky vienne ici… » dit alors Danny.
« Comment a-t-il su où la trouver alors que personne n’y est arrivé ? »
« Je te rappelle qu’il ne l’a pas trouvée. Il a seulement su qu’elle était à Hawaii » répondit le blondinet.
« Si le FBI a découvert qu’il cherchait après elle, le cartel doit le savoir également et si Ricky est suivi, Kelly est par conséquent aussi en danger ! » Il composa aussitôt un numéro de téléphone sous le regard blême de son ami qui s’épongea une nouvelle fois le front…
30
A peine avait-il raccroché que son portable se mit à sonner : c’était Derek et il pria pour qu’il lui annonce enfin une bonne nouvelle mais il fut déçu :
« Nous avons vérifié tous les temples et nous n’avons rien trouvé » soupira Derek.
Steve et Danny accusèrent le coup : ils avaient misé pratiquement tous leurs espoirs sur ces temples.
« Nous sommes sur le trajet du retour » les avertit Derek. « J’ai demandé à Garcia d’effectuer des recherches sur d’autres temples… » ajouta-t-il. « Et vous, de votre côté ? »
Steve les mit au courant pour le cartel colombien.
« On se retrouve au QG à moins que vous n’ayez une autre piste… » dit alors Derek.
« Oui, on vous tient au courant » répondit le seal.
Complètement éveillée et sa vision redevenue normale, le regard de Kono fut attiré par la flamme d’un cierge. Elle essaya de relever la tête comme elle pouvait et regarda autour d’elle : la pièce était sombre, dépouillée de tout meuble et sur les murs, elle ne voyait que des photos de Kelly. Mais où pouvait-elle bien être ? Elle était couchée sur une pierre froide et c’est en reposant la tête qu’elle vit alors le message écrit au plafond :
« Tu n’as pas compris ? Tu ne seras jamais à lui, Cory. Toi et moi ne faisons qu’un et un amour comme le nôtre ne meurt jamais. Tu es à moi pour l’éternité… »
Elle sut alors qu’elle se trouvait dans le sanctuaire de Carter mais pourquoi elle ? De toute évidence, cet endroit était destiné à Kelly…Et puis, comment était-elle arrivée là ? Elle n’arrivait pas à s’en souvenir… Elle essaya de se détacher mais dut renoncer. Elle chercha après la porte mais constata avec horreur qu’il n’y en avait pas : elle était emmurée ! Elle appela à l’aide mais en vain…
Une demi-heure plus tard, l’agent Reynolds entra au QG du Five-0 la mine fermée et Steve lui dit aussitôt :
« Je ne veux pas mettre la vie de votre témoin en danger… »
« Vous le faites déjà !»
« Mais la vie de ma coéquipière dépend de ce que vous pourrez m’apprendre et je vous certifie que je ferai tout ce qu’il faut pour la retrouver vivante. »
« J’espère que ça ne portera pas préjudice à la jeune femme que je protège » répondit alors l’agent Reynolds. « Que voulez-vous savoir ? » et après que Steve lui ait tout dit, il répondit :
« J’ai déjà dit à votre co-équipière qui était le père de Raquel… »
« Elle en est vraiment sûre ? » demanda alors Danny en grimaçant de nouveau.
« Oui. La petite est le portrait craché de son père. »
« Oui mais le type qui voudrait savoir est hispanique aussi… »
« Ecoutez, Reynolds, j’ai un agent disparu et un autre mourant et j’apprends que la personne sur laquelle ils enquêtaient est recherchée par un cartel colombien qui a déjà fait une victime en la personne d’un journaliste. Alors, vous me dites ce que je veux savoir ou j’appelle une personne haut placée qui vous obligera à parler mais vous nous feriez gagner un temps précieux si vous coopériez…»
L’agent Reynolds réfléchit et finit par proposer :
« Posez-lui la question vous-mêmes. Je vais appeler mon équipier et vous pourrez lui parler. »
La connexion s’établit et une jeune femme apparut alors dans une fenêtre. Steve se présenta ainsi que son ami et il lui posa la question :
« Raquel est la fille de Francesco. »
« Vous êtes sortie avec Ricky Moreno. Il pourrait… »
« Je ne connais pas de Ricky Moreno… »
Le visage de Steve blêmit et il demanda anxieusement à son ami s’il n’avait pas une photo de Ricky. Danny chercha et en sortit une de son portefeuille mais elle datait. Steve la montra immédiatement à la jeune femme qui affirma une nouvelle fois n’avoir jamais rencontré cet homme.
« Ecoutez, permettez-moi d’insister mais la vie d’une femme est en danger si vous dites effectivement ne pas connaître cet homme » dit alors Steve d’une voix blanche.
« Je vous assure que je ne connais pas cet homme » répondit Lisa.
« Attendez, en voici une plus récente » dit alors Steve qui avait tapé le nom de Moreno et dont la fiche d’identité apparut sur leur écran.
« Je suis vraiment désolée mais je n’ai jamais vu cet homme. Je n’ai aucune raison de vous mentir… »
« Merci pour votre collaboration » la coupa le seal qui téléphona aussitôt à Kelly en répétant sans cesse « Décroche ! Décroche, Kelly ! » tandis que Danny composait le numéro de Ricky mais aucun des deux ne répondit… Steve lâcha alors, bouleversé :
« Non ! Non ! Non ! Elle est entre ses mains, Danny ! Il s’en est pris à vous pour m’isoler afin que je lui confie Kelly et il a réussi ! »
Kono n’aurait su dire combien de temps s’était écoulé depuis qu’on l’avait emmurée et elle regardait avec appréhension la flamme du cierge danser et consommer elle aussi l’air qui restait encore dans la pièce. Elle essaya de souffler dans sa direction pour l’éteindre mais sans succès et elle finit par abandonner se rappelant que dans un endroit clos, il valait mieux ne pas faire d’efforts pour garder plus longtemps l’oxygène encore disponible. Elle voulait se montrer forte mais la peur prit le dessus : ils n’avaient trouvé aucun indice jusqu’à présent et là, les heures, voire les minutes, étaient comptées et elle désespérait qu’ils parviennent à temps à la sauver…
« Je peux pas croire que c’est lui, Steve. C’est impossible ! »
« Tu as bien entendu Lisa ! Elle ne l’a jamais vu !»
« Ca veut pas dire que… » insista Danny.
« Ouvre les yeux, bon sang ! »
« Mais pourquoi alors inventer une histoire avec Lisa Kendall alors qu’il savait très bien que si on enquêtait, on… » commença Danny qui, en voyant l’expression de Steve, comprit : « Kono le tenait au courant de ses progrès et… »
« Et quand il a su qu’elle approchait trop près de la vérité, il… » Le seal ne put poursuivre, trop bouleversé par ce qu’impliquait leur découverte mais après un moment de silence, il se reprit : « Il a Kelly et on ne sait pas où il l’a emmenée. Quant à Kono, s’il a Kelly, il a pas besoin d’elle ! »
« Je… je suis désolé. C’est moi qui… » culpabilisa Danny, encore plus pâle, transpirant à grosses gouttes et cherchant manifestement à reprendre son souffle.
Steve alla s’asseoir près de son ami et essaya de le réconforter :
« Tu pouvais pas savoir. Souviens-toi de ce que tu m’as dit avec Taylor. »
« Mais toi, tu l’aimais pas et depuis le début… »
« C’est vrai mais si ça peut te rassurer, j’ai jamais vu en lui le complice de Carter. Il… Il me tapait sur les nerfs. »
« Tout le monde le trouvait sympa… J’arrive pas à croire qu’il ait fait ça. Ca lui ressemble pas du tout. Le Ricky que je connaissais avait le cœur sur la main. Y a un truc qui nous échappe... »
« On sait pas comment peuvent tourner les gens, Danny… »