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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 27.09.2014 à 12h36
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Avec l’aide des agents de la BAU, Steve parvient à déjouer in extremis le plan machiavélique de Carter mais arrivera-t-il à temps pour sauver Kelly ? (J'écris seule et remercie Lyne de sa patienc » mesange
Cette fanfic compte déjà 45 paragraphes
1
Il régnait un silence de mort dans la chambre de Danny, tous perdus dans leurs pensées, attendant anxieusement le retour de leur ami. Seule Rachel était repartie, elle avait voulu emmener Grace mais celle-ci avait refusé et s’était accrochée à son père et elle n’avait pas eu le cœur à se disputer avec son ex dans un moment pareil. Plus de deux heures s’étaient maintenant écoulées et ils étaient toujours sans nouvelles quand la porte de la chambre s’ouvrit sur Derek, la mine sombre, et tous les regards tristes se tournèrent vers lui :
« Où est mon frère ? » demanda aussitôt Mary.
« Ici » répondit Steve et en voyant les visages défaits de ses amis, ajouta un grand sourire aux lèvres qui les déstabilisa croyant qu’il avait perdu la tête ou qu’il avait bu : « Eh bien, vous en faites une tête ! » mais quand il s’effaça pour laisser entrer Kelly, tous poussèrent des cris de joie, s’attirant le courroux d’une infirmière qui leur rappela qu’ils étaient dans un hôpital et tous, les uns après les autres, vinrent la serrer dans leurs bras, soulagés et heureux de la revoir en vie.
« Ne me l’étouffez pas quand même ! » dit en riant Steve.
« Mademoiselle Grainger ! » dit Grace en allant la serrer, elle aussi. « Je suis si contente de vous revoir ! J’ai eu très peur. »
« Je suis vraiment désolée, je… » répondit Kelly en serrant la petite dans ses bras.
« Non mais ça va pas de nous laisser croire qu’elle est morte alors que… » s’indigna Danny et à l’attention de Kelly : « Viens là, toi » et elle alla étreindre le lieutenant tandis que Mary allait se blottir tout contre son frère qui lui adressa un grand sourire avant de reporter son regard sur la jeune femme qu’il aimait.
« Et si vous nous expliquiez ce qui s’est passé après votre coup de fil ? » demanda alors Kono et Steve leur raconta :
« Alors que nous étions sur le point de quitter la Marina à bord du yacht, un des gars à qui on avait parlé est revenu nous trouver et nous a dit qu’il y avait une grotte sous-marine avec une poche d’air près des coordonnées qu’on lui avait fournies. L’entrée était interdite et une barrière avait été placée pour empêcher les plongeurs d’y aller. C’était le seul espoir qui nous restait encore… J’ai suivi les directives qu’Alan m’avait données et j’ai trouvé sans difficulté l’entrée de la grotte. »
Deux heures plus tôt :
Au bout de ce long couloir, Steve remonta enfin à la surface de l’eau et balaya avec sa lampe de poche la grotte quand il vit alors Kelly qui, de toute évidence, était en train d’étouffer. Il se hissa vivement sur le bord, se précipita vers elle et lui mit aussitôt en bouche le détendeur de la deuxième bouteille d’air qu’il avait prise avec lui avant de la serrer bien fort tout contre lui, les larmes aux yeux mais il l’écarta de lui à regret car leur réserve d’air diminuait et ils ne pouvaient perdre trop de temps. Le regard qu’ils échangèrent se passait de mots et il essuya, d’un geste tendre, les larmes qui coulaient sur ses joues, puis la serra à nouveau contre lui en lui caressant les cheveux pour l’apaiser. Il regarda les deux manomètres et retira son détendeur pour lui dire entre deux aspirations d’air :
« Tout va bien maintenant… On va remonter mais ça va prendre du temps….. les paliers de décompression …… Je vais manquer d’air, on va devoir se partager.......... ta bonbonne, OK ? »
Kelly fit oui de la tête mais retira elle aussi son détendeur pour lui demander :
« Danny ? Kono ? »
« Ils vont bien… » mais quand elle voulut continuer, il l’en empêcha et lui dit :
« On doit y aller…… Tout se passera bien….. Tu restes accrochée à moi….. Si tu as un problème, tu mets ton pouce vers le bas…… Si tout va bien, vers le haut…… »
Il lui mit le masque en place et ajusta sa bonbonne sur son dos avant de lui prendre la main et une fois au bord, il se laissa glisser dans l’eau et elle fit de même. Il l’attira à lui et d’un signe de tête, il s’assura qu’elle était prête à le suivre et il l’entraîna dans les profondeurs de l’océan. Ils s’arrêtèrent quelques minutes à un premier palier, Steve un bras passé autour de la taille de Kelly, puis poursuivirent leur remontée avant de s’arrêter à nouveau, un peu plus longtemps cette fois et elle répondit à sa demande en levant son pouce vers le haut. Il lui montra du doigt le bateau échoué et les poissons puis ils reprirent leur remontée mais en regardant son manomètre, Steve constata que sa bonbonne était pratiquement vide. Il fit comprendre à Kelly qu’ils allaient devoir se partager la même bonbonne et quand sa réserve d’air s’épuisa, il retira son détendeur et c’est à tour de rôle qu’ils aspirèrent de longues bouffées d’air pour remonter peu à peu à la surface de l’eau…
Derek, qui commençait à s’inquiéter, fut soulagé en les voyant enfin revenir à la surface et il aida Kelly à grimper à bord et la serra contre lui, tout heureux de la voir saine et sauve avant de laisser Steve, une fois à bord lui aussi, la prendre dans ses bras et poser ses lèvres sur les siennes. Puis, ils se regardèrent, Steve les yeux humides et Kelly qui ne pouvaient retenir ses larmes. Il la serra à nouveau tout contre lui avant de lui demander d’une voix anxieuse en l’examinant de haut en bas :
« Tu vas bien ? Tu n’es pas blessée ? »
« Non, je vais bien. »
« Tu es sûre ? »
« J’ai seulement froid » et elle frissonna.
« Tu dois être un peu en hypothermie. Il y a une douche à l’intérieur, l’eau chaude te fera du bien » dit-il en essuyant ses larmes.
« Oui. Cette odeur de poisson me donne la nausée d’ailleurs. »
Steve sourit et soupira de soulagement en la serrant à nouveau contre lui et en lui caressant les cheveux :
« J’ai eu tellement peur d’arriver trop tard. »
« Jamais deux sans trois. »
« Quoi ? »
« Caroline une fois et toi, les deux suivantes » sourit-elle tristement.
« C’est fini maintenant. Allez viens. »
Mais en se dirigeant vers la cabine, Kelly chancela et il la retint :
« Ca va ? » demanda-t-il inquiet.
« J’ai eu un vertige. »
« Tu as du mal à respirer ? »
« Non, ça va. »
Il était remonté très lentement vu le temps qu’elle avait passé à trente-cinq mètres de profondeur mais ce n’était peut-être pas encore suffisant. Ils feraient bien de ne pas tarder afin qu’elle soit tout de même examinée par un médecin.
« C’est beaucoup d’émotions, tu dois être épuisée. Tu ferais bien de t’allonger un peu. »
« Tenez » dit Derek en revenant près d’eux avec une couverture et un grand verre de coca « Ca vous fera du bien » et à l’intention de Steve « Je prends les commandes du bateau pour rentrer » et il les laissa à nouveau seuls.
« Attends, je vais t’aider à retirer ta combinaison » et il lui mit ensuite la couverture sur ses épaules.
« Ricky n’est pas avec vous ? Il… Il est où ? Il devait revenir me chercher. Il n’est pas blessé ? Ou ? »
Steve soupira et la mit au courant :
« Ricky, c’était lui le complice de Carter et il est mort. »
« QUOI ? Si c’est une blague, elle est de très mauvais… »
« Non, c’est la vérité. »
« Non, ça se peut pas ! Ricky a pris des risques pour me mettre à l’abri, il est même remonté affronter le… »
« Non, il t’a menti, il a menti à tout le monde… »
Elle le regarda incrédule et après un moment de silence, lâcha :
« Tu savais pas où j’étais alors… »
« Non. »
« Et moi qui croyais qu’il t’était arrivé malheur à toi aussi ! Que c’était pour ça que tu n’arrivais pas ! Pourquoi ? Je comprends rien ! Danny était son ami, son meilleur ami et il… »
« Danny ne l’avait plus vu depuis des années et les gens peuvent changer. »
« Au point de ne plus avoir aucun sentiment pour des gens qu’on appréciait et de les tuer en les faisant souffrir ? »
« Je sais pas ce qui a bien pu se passer pour qu’il change à ce point. »
« Il était gentil et prévenant et… »
« D’après Danny, il éprouvait des sentiments pour toi. »
Kelly le regarda abasourdie.
« T’es sérieux ? »
« C’est ce que Danny a dit » répondit-il en haussant les épaules.
« C’est toi qui… l’as tué ? »
« Non, c’est pas moi mais je t’expliquerai plus tard. Tu te sens assez forte pour prendre une petite douche ? J’aimerais ne pas traîner pour que tu sois quand même examinée par un médecin. »
« Steve, je vais bien. »
« Tu n’es pas médecin et tu n’as aucune idée des dangers de la plongée ! Je veux juste m’assurer que tu vas bien et qu’on a pris le temps nécessaire pour remonter. J’ai cru t’avoir perdue et je veux prendre aucun risque » lui répondit-il en prenant son visage entre ses mains avant de l’embrasser et il ajouta en souriant :
« Si tu as besoin d’aide sous la douche… »
« Tu viens pas de dire qu’on doit pas traîner… » et il la regarda rentrer à l’intérieur sans problème cette fois, tout heureux de l’avoir retrouvée… Cette journée cauchemardesque était enfin terminée !
2
« Voilà, vous savez tout ! » termina Steve en mettant ses deux mains sur les épaules de Kelly.
« Eh bien, il s’en est fallu de peu, ma belle » dit Kamekona.
« Rachel ! » dit alors Danny qui se souvint de la réunion des parents prévue pour le soir même.
« Quoi, Rachel ? » demanda Steve.
« Ce soir est prévue la réunion... »
« Oui, à mon école, Oncle Steve » dit alors naïvement Grace.
« Une réunion à quel sujet ? » demanda anxieusement Kelly.
« Euh… » ne sut quoi répondre Danny mal à l’aise.
« A mon sujet, c’est ça ? » dit alors Kelly d’une voix crispée.
« Certains enfants ont entendu que tu risquais d’aller en prison et ils ont posé la question à Monsieur Oldfield » dit alors Danny à contrecœur.
« Oui, c’est Jimmy mais Danno a dit que c’était pas vrai. »
« Evidemment que c’est pas vrai ! » dit Steve et Danny appela alors Rachel :
« Rachel, aurais-tu contacté l’école pour les prévenir de ce que tu sais ?.... Oui ? La réunion est annulée alors ?....... Eh bien, Kelly est vivante…. Oui…. Et tu peux me rappeler après pour me dire si… Ben oui, j’aimerais savoir !..... Et Grace ? Quand viens-tu la reprendre ?..... OK, on verra après…. »
« Vous pleurez, Mademoiselle ? » demanda alors Grace d’une voix triste.
Steve répondit à sa place :
« La journée a été difficile, on a tous eu très peur et je crois qu’on a tous besoin de se reposer » et en regardant Kelly : « On va rentrer. »
Elle fit oui de la tête.
« Eh bien, moi aussi, je vais rentrer » dit alors Kono. « Je suis épuisée. »
« Je te ramène ? » proposa Charlie.
« Oui » sourit Kono et tous remarquèrent le tendre regard qu’elle adressa à Fong, ce que ne manqua pas de relever Danny :
« J’ai raté un épisode ou quoi ? »
« De quoi tu parles ? » demanda innocemment Kono.
« Du temps qu’il fera demain. A ton avis, de quoi je parle ? »
« J’en sais rien, Danny, avec toi, tout est possible » et elle alla l’embrasser et ajouta « Je repasserai demain » et à l’intention de Chin « T’es pas mal avec ces bandages, ça te donne un petit air de…. »
« N’en dis pas plus » la coupa gentiment son cousin en souriant mais il reprit son sérieux pour dire : « Tu ferais peut-être mieux d’aller dormir chez moi étant donné l’état de ta porte de derrière… »
« C’est gentil. Je m’occuperai dès demain de la faire réparer. » Et à l’intention de Kelly :
« La directrice était de ton côté, il faut lui faire confiance. »
« Tu me tiens au courant si tu as des nouvelles ce soir ? » demanda alors Kono à Steve qui fit oui de la tête avant de la serrer à nouveau dans ses bras :
« Je suis heureux que tu ailles bien. J’ai eu vraiment peur. »
« Tout ça est derrière nous maintenant » et elle ajouta à l’intention de Derek et de Spencer :
« Encore merci pour votre aide. »
« On est heureux que tout se soit bien terminé » répondit Spencer.
« Oui, on vous doit une fière chandelle » renchérit Steve. « Merci pour tout. »
« On n’a fait que notre boulot » répondit Derek. « Bon, il est temps d’y aller pour nous aussi. On se voit demain ? »
« Bien sûr ! » et les deux agents de la BAU quittèrent l’hôpital à leur tour tandis que Chin regagnait sa chambre lui aussi après avoir dit un mot de réconfort à Kelly.
« A demain, Chin » dit Steve.
Le téléphone de Danny sonna et il décrocha :
« Alors ?.... Ah…. Oui…. Et Grace alors ?..... Tu sais même pas à quelle heure ça se terminera…. Ben je sais pas, moi…. Au pire, elle dormira avec moi ici et tu passeras la chercher demain matin…Tu me tiens au courant pour la réunion…. A tout à l’heure… »
Et il raccrocha en disant :
« La réunion est maintenue mais retardée. »
« Et Grace ? » demanda Mary.
« Ben, Rachel viendra la chercher après ou si c’est trop tard, elle dormira avec moi. »
« Elle peut revenir avec nous, n’est-ce pas Steve ? »
« Euh… Oui, bien sûr. »
« Oh ouiiii ! » dit Grace.
« T’es sûr ? » demanda Danny. « Tu aurais peut-être préféré rester… »
« Grace a cours demain. Elle dormira mieux dans un bon lit » répondit alors Kelly.
« Tu dormiras avec moi, ça te va ? » dit alors Mary.
« Ouiiii… »
« Euh… Il faut encore prévenir ta mère et j’ai pas envie de…»
« Oh Danno, s’il te plaît ! »
Steve prit alors son téléphone et demanda :
« C’est quoi son numéro ? » et il l’appela :
« Bonsoir Rachel, étant donné la réunion, Grace aimerait passer la nuit chez moi… Non, c’est avec plaisir…. Pas de problème, je la conduirai moi-même demain à l’école…. Au revoir » et à l’intention de Grace :
« C’est réglé, tu viens à la maison. »
« Youpie ! » et elle se jeta dans les bras de son oncle.
« Ca te dirait de manger un spaghetti bolognaise ? » proposa Mary.
« Encore ? » dit son frère.
« Ben quoi ? Les enfants adorent ça ! » riposta-t-elle.
« Tu préférerais pas du chinois ? » demanda alors Steve à sa nièce.
« Non, pas question ! Préparer tous ensemble le souper nous fera du bien, on aura l’air d’une famille normale pour une fois » décréta Mary. « Et puis la sauce est délicieuse. Faudra d’ailleurs que tu me dises où tu l’as achetée. »
« Je l’ai pas achetée, c’est Kelly qui l’a faite. »
« Je préfère le spaghetti aussi » dit Grace.
« Tu seras mon assistante et tout compte fait, on laissera les amoureux tranquilles, OK ? » dit Mary en lui faisant un clin d’œil en montrant son frère et Kelly.
« Oui » répondit Grace en lui rendant son clin d’œil.
« Eh bien, on n’est pas prêts de manger » soupira Steve.
« L’écoute pas, Grace, il dit n’importe quoi ! » rétorqua Mary en levant les yeux au ciel.
« Au pire, tu pourras toujours aller chercher du chinois après » sourit Danny.
« Kelly, je peux te parler ? » dit alors Laura et les deux femmes sortirent de la chambre.
« D’abord, je voulais te dire que je suis vraiment très heureuse de te revoir… »
« Merci, Laura. »
« Le procès reprendra probablement après-demain mais avec les nouvelles preuves que nous avons, échapper à la prison d’état est devenu quasi-impossible pour lui. »
« Vous avez des preuves qui le relient aux derniers événements ? »
« Oui. Steve ne t’a rien dit ? »
« Non mais nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour parler de tout ça, il m’a juste dit que c’était une longue histoire. Il m’en parlera ce soir » répondit Kelly tristement.
« Kelly, je vois bien que cette réunion à l’école te perturbe… »
« Mon passé me rattrape toujours à un moment ou un autre. C’est pas comme si je ne m’y attendais pas…Votre sœur n’avait finalement pas tort en ne voulant pas porter plainte. Si j’avais eu le choix, je ne suis plus sûre que… » mais elle ne put continuer et Laura la prit alors dans ses bras.
« Attends de savoir avant d’être défaitiste. La directrice t’a bien dit qu’elle te soutenait. »
« Mais si les parents… »
« Eh bien, si jamais les parents sont stupides au point de demander ton renvoi, je t’engage comme avocate. Tu devras encore faire tes preuves mais tu apprendras très vite et je pense que, dans un premier temps, nous pourrions former une belle équipe toutes les deux. »
Kelly la regarda en se demandant si elle avait bien compris et Laura lui répéta :
« J’espère sincèrement que tu ne seras pas remerciée mais j’aimerais quand même que tu réfléchisses à ma proposition à tête reposée quand le procès sera enfin derrière toi… »
« Je ne sais quoi dire, c’est tellement…inattendu. »
Steve sortit alors de la chambre en disant :
« On peut y aller ? J’en connais deux qui vont mourir d’inanition avant d’arriver à la maison si on traîne encore… »
« Je vous la rends, Commandant » répondit Laura et elle embrassa Kelly et leur souhaita une bonne soirée.
« Elle voulait quoi ? »
« Tu devineras jamais ! » mais Mary et Grace sortirent de la chambre et Kelly ne put lui répondre…
3
Chin regagna sa chambre et s’allongea sur le lit en poussant un soupir de soulagement.
« Comment te sens-tu ? » s’enquit sa femme.
« Fatigué » reconnut-il.
« C’est normal, t'as eu quand même une belle commotion. »
« Quand est-ce qu’on saura pour… ? »
« Dans trois ou quatre jours, pas avant. »
Chin soupira :
« Je t’avoue que c’est pénible de devoir encore attendre pour savoir… »
« Je sais mais il était confiant et je le suis aussi et ce n’est pas une cicatrice ou l’autre qui m’empêchera de t’aimer ! »
« J’ai eu très peur qu’ils ne retrouvent pas Kono vivante. Honnêtement, je dois t’avouer que je pensais qu’il l’avait tuée et s’était débarrassé d’elle dans un endroit quelconque… »
« Je n’arrive toujours pas à croire que Ricky soit derrière tout ça. C’est tellement surréaliste ! »
« Ouais. Après Taylor qui a trahi Steve, voilà au tour de Moreno de trahir Danny… Finalement, ce sont ses sentiments pour Kelly qui lui ont fait épargner, en quelque sorte, Kono. S’il n’en était pas tombé amoureux, Kelly aurait été emmurée dans ce temple et Kono probablement tuée… »
« Mais ce n’est pas le cas et elles vont bien toutes les deux. Ca fait un peu bizarre de voir Steve aussi attentionné avec elle. »
Chin la regarda et sourit :
« C’est vrai qu’on n’a pas vraiment l’habitude… Je crois bien qu’il doit se demander ce qui lui tombe dessus. »
« Je les trouve mignons tous les deux et je crois vraiment qu’il lui fallait une fille comme elle pour l’aider à faire la paix avec son passé et d’ailleurs en parlant d’amour, je crois bien que Kono en pince aussi pour le beau Charlie Fong. »
« Oui, ça, j’avais remarqué. »
« Ca m’étonne pas ! Tu es tellement protecteur avec elle, comme… comme… un grand frère. »
« J’ai eu peur que tu dises comme un père ! » plaisanta-t-il
Malia alla se blottir contre son mari et ils s’embrassèrent puis elle s’écarta et se lança :
« Tu sais, ça fait déjà un moment que je pense à… Tu sais que je t’aime plus que tout et… »
Chin la regardait attendant la suite…
« Je me dis qu’il serait peut-être temps de penser à fonder une famille… » et elle attendit avec anxiété sa réaction. Chin, pris de court, la regarda et lui dit :
« Tu… Tu voudrais avoir un bébé ? »
« Oui » lui répondit-elle avec un sourire. « Je me sens prête… »
« Tu crois qu’avec mon mélanome… »
« Ce n’était pas un mélanome agressif. Tout cela est derrière nous. »
« Oui mais si je dois effectuer régulièrement des examens, c’est qu’il se pourrait que… »
« Tu es en excellente santé, Chin. Oui, tu vas devoir faire des contrôles mais ça ne veut pas dire que tu es plus à risque qu’un autre, c’est juste par prudence… »
« Tu as déjà pensé à tout, n’est-ce pas ? »
« Oui, je suis médecin » sourit-elle. « Alors ? Qu’en penses-tu ? »
« Mon métier est à risques…On vient encore d’en avoir la preuve… »
« Alors, par peur du lendemain, on doit sacrifier nos rêves ? »
« J’ai pas dit ça… » Il la regarda alors intensément et lui dit :
« Quand commençons-nous ? »
« Tu es d’accord ? »
« Oui, je ne peux rien te refuser, tu le sais bien » répondit-il en l’enlaçant et demanda :
« Tu crois que je ferais un bon père ? »
Et pour toute réponse, elle l’embrassa passionnément…
Quand ils rentrèrent enfin à la maison, Mary dit aussitôt :
« Vous deux, les amoureux, vous allez vous installer au bord de la plage pendant que mon commis et moi préparons le souper. »
« Mary, il est déjà tard. Grace ferait déjà bien d’aller se doucher. »
« Arrête de jouer les rabats joie et fais un peu ce qu’on te demande ! C’est pas grave si elle va dormir un peu plus tard que d’habitude. La journée a été éprouvante pour elle aussi et elle doit décompresser. »
« J’ai pas envie de me mettre sa mère à dos » rétorqua Steve.
« Le mercredi, ils n’ont pas grand-chose : un cours d’informatique et gym et si elle est fatiguée, elle pourra toujours dormir un peu l’après-midi » reprit alors Kelly pour Mary et Grace.
« OK, je vois que je ne fais pas le poids et je vais même pas essayer » rétorqua le seal et à l’intention de Kelly en la prenant par la main : « Viens vite avant que ma sœur ne change d’avis » et une fois qu’ils ne pouvaient plus les entendre, Mary expliqua à Grace ce qu’elle avait en tête.
« Génial ! » répondit Grace et elles se mirent aussitôt à la tâche tandis que Steve enlaçait la jeune femme qu'il aimait au bord de la plage :
« Tu n’as pas dit grand-chose depuis qu’on a quitté l’hôpital. C’est cette réunion qui t’inquiète, n’est-ce pas ? »
Kelly soupira et répondit d’une voix résignée :
« Tu pourrais comprendre si c’étaient tes compétences qui étaient remises en question mais ce n’est pas le cas. Je ne veux pas me montrer prétentieuse mais je sais que je suis une bonne institutrice et le pire, c’est que je ne peux même pas me raccrocher à l’espoir d’être engagée dans une autre école de l’île comme maintenant tout le monde sait pour moi… C’est pas juste, Steve. J’ai rien fait de mal ! »
Il la serra tout contre lui et lui dit en lui caressant le dos :
« Je sais, ce serait vraiment injuste mais tu crois pas qu’on t’aurait prévenue s’il s’était agi de décider de ton maintien ou de ton renvoi ? »
« Je sais pas. A Pittsburgh, on m’a prévenue après coup… »
« Eh bien, moi, j’ai un bon pressentiment ! » répondit-il quand il fut interrompu par l’arrivée de Grace qui leur dit :
« L’apéritif est servi : pour toi, Oncle Steve, une bière et pour vous, Mademoiselle Grainger, un verre de vin rouge mais Oncle Steve, tu pourrais ouvrir la bouteille, s’il te plaît ? »
« Bien sûr, ma chérie » dit le seal en s’exécutant.
« Tu sais, Grace, tu peux m’appeler Kelly. »
La petite lui sourit et récita ce que Mary lui avait sans doute appris :
« Le souper sera servi à l’intérieur. Prenez votre apéritif à l’aise. Je vous préviendrai quand vous pourrez passer à table » et elle repartit aussi vite mais revint sur ses pas et dit, contrite :
« Oups, je repartais avec le verre » et elle regagna la maison sous les regards amusés des amoureux.
4
« Qu’est-ce que ta sœur a manigancé ? » sourit Kelly.
« J’aime le mot « manigancer », tu commences à la connaître » répondit-il en lui souriant. « Mais ne te réjouis pas trop vite, avec elle, arrivera bien un moment où je devrai intervenir pour sauver la situation. »
« Avoue que tu aimes qu’on ait besoin de toi » le taquina Kelly.
« Ca dépend pour quoi… Quand on m’appelle pour me dire que ma sœur a été arrêtée parce qu’elle a fumé dans les toilettes de l’avion en mettant hors d’état de marche le détecteur de fumée, je m’en passerais bien. Par contre, si toi, tu as besoin de moi pour te frotter le dos sous la douche, je reconnais que là… »
Kelly sourit et Steve la reprit dans ses bras et lui murmura, sérieux, en lui remettant sa mèche derrière l’oreille :
« J’ai cru devenir fou quand j’ai réalisé que je n’avais pu te retrouver à temps. »
« Mais tu m’as retrouvée. »
« Je n’en menais pas large en plongeant, j’avais tellement peur de… »
« Tu dois être maudit avec une sœur et une petite amie douées pour se mettre dans des situations pas possibles » répondit-elle en posant un léger baiser sur ses lèvres.
« Comment est-ce qu’il a réussi à t’emmener dans cette grotte ? »
« En revenant sur le pont, je l’ai entendu au téléphone et il a mentionné ton prénom, je croyais qu’il parlait avec toi et quand il a raccroché, il a dit que le complice de Carter nous avait repérés et qu’on pourrait pas lui échapper même si on partait tout de suite mais qu’il avait pensé à cette éventualité en s’arrêtant au-dessus d’une grotte avec une poche d’air que peu de personnes connaissaient et comme il m’a assuré que tu savais où me trouver au cas où il lui arriverait quelque chose, je l’ai suivi… »
« Heureusement que tu n’as pas voulu remonter toute seule. »
« J’y ai pensé mais il m’avait prévenue qu’il ne restait plus beaucoup d’air dans la bonbonne et qu’il fallait respecter des paliers de décompression. Je savais que c’était la seule chance qui me restait en ne te voyant pas arriver mais j’ai pas pu… »
« Si tu l’avais fait, je ne t’aurais probablement jamais retrouvée. Tu aurais été emportée par le courant et… » Ses yeux devinrent humides et Kelly lui dit alors :
« Je suis là. » Et elle posa ses lèvres sur les siennes et il répondit à son baiser. Quand il s’écarta pour reprendre son souffle, il lui murmura :
« Je t’aime, Kelly. Si tu savais combien je m’en voulais de ne pas te l’avoir dit… »
« Je n’ai jamais douté de ton amour. »
Il l’embrassa à nouveau puis elle lui dit :
« Laura m’a dit que vous aviez trouvé de nouvelles preuves pour envoyer Carter pourrir dans une prison de haute sécurité. »
« Effectivement et en s’en prenant à nous avant la fin du procès, il a fait une erreur qui va lui coûter très cher. Tu vas pouvoir enfin revivre. »
« Tout est bien fini maintenant ? On ne doit plus rien craindre de sa part ? »
« Non » lui répondit-il en souriant. « Encore un mauvais moment à passer au tribunal avec notre témoignage, à toi et à moi, mais après, on pourra vivre heureux. »
« Si tu me racontais comment tu as trouvé Kono et l’antidote » et il venait de terminer de lui raconter toute l’histoire quand Grace vint à nouveau les trouver :
« Votre table est prête. Si vous voulez bien me suivre… »
Steve et Kelly se regardèrent et c’est en souriant et main dans la main qu’ils suivirent Grace qui les conduisit à la salle à manger où ils découvrirent à la lueur des chandelles une table joliment dressée pour un dîner romantique. Une fois installés à table, Grace déclara :
« Le menu de ce soir est un spaghetti bolognaise. J’espère que ça vous plaira » et avant de sortir, elle mit en route un CD de musique classique…
Charlie s’arrêta devant la maison de Chin.
« Je te remercie de m’avoir raccompagnée. »
« Ca me fait plaisir. »
Kono sortit de la voiture mais au lieu de lui dire au revoir, elle se surprit à lui proposer :
« Euh… Ca te dirait d’entrer prendre un verre ? »
« J’attendais que tu me le demandes » répondit-il en lui souriant.
Kono répondit à son sourire et ils entrèrent chez Chin.
« Installe-toi, je vais voir ce que je peux trouver » et après un bref moment « Une bière, ça te convient ? »
« Parfait » et la jeune flic revint avec deux bières à la main.
« J’en reviens toujours pas » dit-elle en se posant dans un des fauteuils. « Je l’aimais bien, ce Ricky. Il avait quelque chose de touchant malgré sa grande gueule. Je me demande bien ce qui l’a fait changer au point d’en arriver à devenir ce tueur sans scrupules… »
« S’il était sans scrupules, tu ne serais plus là en ce moment » remarqua Charlie. « J’ai bien cru ne plus jamais te revoir. »
« Il s’en est fallu de peu mais faire appel à la BAU a été une idée géniale. Sans eux, je… »
Charlie alla s’asseoir près d’elle et après un moment d’hésitation, il lui passa un bras autour des épaules :
« Même si le principal est de t’avoir retrouvée à temps, j’aurais aimé que tu n’aies pas à vivre la terreur de mourir asphyxiée. »
Kono soupira :
« Tu sais, en étant flic, on est conscient qu’on peut mourir à tout instant, se prendre une balle ou se faire tabasser mais mourir comme ça, oui, je reconnais que j’étais terrifiée. »
Et elle posa sa tête sur l’épaule de Charlie qui la serra un peu plus contre lui.
« Mais moi, j’ai été sauvée avant de connaître cette sensation d’étouffement, Kelly n’a pas eu cette chance. »
« Heureusement, Steve est arrivé à temps. »
« Oui. Je sais pas comment il aurait réagi s’il l’avait perdue. Il s’est énormément attaché à elle, je ne l’ai jamais connu comme ça et pourtant, je n’ai jamais douté de ses sentiments envers Catherine. J’espère maintenant qu’elle ne sera pas licenciée de l’école. Ce serait un nouveau coup dur et elle a pas besoin de ça. »
« Elle a échappé trois fois à la mort et elle était plus anxieuse par la perte possible de son emploi. C’est comme si…»
« Si la mort ne lui faisait pas vraiment peur… »
« Oui… »
« Elle se bat tous les jours avec son passé et je pense qu’à certains moments, ça ne doit pas être facile. »
« Mais malgré tout, elle se bat encore. »
« Oui. Je n’avais jamais vu quelqu’un comme elle et je vais d’ailleurs prendre exemple sur elle : pas question de me plaindre ! »
Charlie sourit :
« J’aime bien pourtant l’idée que tu aies besoin de moi. »
Ils se regardèrent et Kono, troublée, lui proposa alors une deuxième bière mais le jeune homme la retint par la main et l’attira à lui. La jeune femme approcha ses lèvres des siennes et ils échangèrent leur premier baiser…
5
Danny, une fois seul dans sa chambre, repensa à cette journée cauchemardesque qui, heureusement, s’était bien terminée pour tout le monde mais il s’en était fallu de peu et il repensa à Steve et au désespoir qu’il avait dû ressentir en voyant mourir Ricky sous ses yeux avant qu’il n’ait pu révéler l’endroit où se trouvait Kelly. Toute cette scène restait floue. Pourquoi il avait tiré ? Il était incapable de le dire mais s’il était soulagé de savoir Kelly saine et sauve, il culpabilisait encore terriblement pour ce que son acte irréfléchi leur avait fait subir à tous les deux : elle s’était vue mourir et avant que cet Alan ne leur parle de la grotte, Steve s’était résigné à aller retrouver son corps sans vie. Il n’était pas sûr que dans le même cas, il aurait eu, lui, ce courage mais il se doutait que son ami avait alors laissé renaître le seal qui sommeille en lui pour cadenasser ses émotions… Steve en avait fait du chemin depuis qu’il avait quitté la Navy et il n’était pas peu fier du résultat de leurs fréquentes séances de « psychothérapie » mais il devait reconnaître que Kelly l’avait également transformé même s’il ne pouvait mettre le doigt sur ce qu’elle avait pu réveiller en lui mais il était évident que son ami n’était plus le même depuis qu’elle était entrée dans sa vie. Ses pensées dérivèrent alors vers Ricky qui, lui aussi, était tombé sous le charme de la jeune femme et alors qu’il n’avait pas hésité à l’empoisonner mortellement, lui, son meilleur ami, à emmurer Kono et à piéger Chin, il l’avait épargnée dans un premier temps du moins. L’aurait-il tuée si ? Il soupira… Où était passé le Ricky avec qui il s’entendait si bien, celui qu’il considérait comme un frère ? Comment en était-il arrivé à devenir ce tueur froid et sans scrupules ? Est-ce que tout avait démarré avec la mort de cet enfant ? Ou était-ce une invention comme le reste ? Comment avait-il été abordé par Carter ? Il n’imaginait d’ailleurs pas celui-ci engager un tueur à gages sans s’être renseigné sur son passé et pourtant, il avait pris le risque qu’il se rétracte, pris de remords peut-être au moment de commettre l’irréparable mais s’était-il attendu à ce que ce soit Kelly qui ait eu grâce à ses yeux ? Il soupira à nouveau : il avait besoin de réponses et il comptait bien les obtenir car il ne pourrait trouver la paix qu’une fois qu’il saurait ce qui était arrivé à Ricky…
« Quand je te disais qu’avec ma sœur, on peut s’attendre à tout : le meilleur comme le pire !! »
« Ta sœur est adorable. Rien de tel qu’une soirée en tête à tête avec toi pour décompresser après cette terrible journée et ta sœur ne pouvait trouver mieux comme musique de fond que cette ballade de Chopin. »
« Je ne savais même pas qu’on avait un tel CD ici. Tu t’y connais en musique classique, on dirait. »
« Toute mon enfance en a été baignée. »
« Ah ? »
« Ma mère était professeur de musique, de piano plus exactement. »
« Et ton père ? »
« Professeur d’éducation physique. »
« Tu avais donc le choix entre devenir une virtuose du piano ou une féru de sport… »
« J’ai toujours eu une préférence pour le sport » sourit-elle.
« Tu joues quand même du piano ? »
« Oui, je me débrouillais mais j’étais très loin d’être une virtuose ! D’abord, j’étais réfractaire aux leçons de solfège au plus grand désespoir de ma mère qui a fini par m’apprendre à jouer en me prenant près d’elle et tandis que ta maman vous racontait des histoires de sirènes et de pirates, je jouais avec la mienne une petite ballade devant mon père, juste avant d’aller dormir. »
Elle se tut un moment et Steve, qui avait lu dans son dossier qu’elle avait perdu ses parents trois ans avant son agression, ne dit rien et elle poursuivit :
« J’entends encore ma mère me dire : « Tu peux reproduire de petites mélodies, c’est vrai, mais c’est tout ! » Et bien sûr comme j’étais certaine qu’on pouvait jouer du piano sans notions de solfège, elle m’a donné une partition de Mozart. J’ai joué la première page sans soucis mais quand je l’ai tournée, j’ai vite déchanté : il n’y avait plus aucun nom de notes inscrit. »
Steve sourit en l’écoutant :
« J’étais beaucoup moins fière d’un coup. »
« Tu as donc appris le solfège… »
« Non, pas tout de suite ! Tu penses bien que je devais encore essayer de lui montrer qu’elle avait tort et que j’étais une surdouée qui pouvait se passer des clés de sol et des clés de fa. La chute a été dure » dit-elle en riant.
« T’étais déjà une sacrée tête de mule ! Tu as arrêté de jouer ? Je n’ai pas vu de piano dans ton appartement précédent ou de synthétiseur. »
Elle soupira :
« Je ne restais jamais bien longtemps à la même place et un piano est plutôt encombrant à transporter. Il y a bien des synthétiseurs mais c’est pas pareil. »
« Plus rien ne t’empêche d’en prendre un maintenant et de t’y remettre. »
« Oui, peut-être… »
« Tu sais que Grace apprend à jouer au tennis ? »
« C’est vrai ? Elle ne pouvait choisir plus beau sport » répondit-elle en lui faisant un clin d'oeil.
« Elle apprend aussi à surfer avec Kono. D’ailleurs, ça va bientôt être à ton tour de monter sur une planche de surf » lui rappela-t-il avec un grand sourire.
« On n’y est pas encore ! »
« Ah, c’est sûr que si tu ne suis pas les conseils de Kono, Grace surfera avant toi ! »
« Tu te trouves drôle ? » dit-elle en faisant la moue.
Il lui adressa un nouveau sourire et Grace entra à ce moment, un plateau en mains et Kelly l’aida en passant une assiette à Steve avant de déposer la sienne devant elle.
« Avez-vous besoin de quelque chose ? »
« Non, c’est parfait » répondit son oncle.
« Bon appétit » dit alors la petite fille mais quand elle voulut sortir, Kelly lui dit :
« Il se fait tard maintenant, ma puce, il ne faudrait plus trop tarder avant d’aller prendre ta douche et aller dormir. »
« Déjà ? »
« Oui, Kelly a raison, ne traîne plus trop ».
« OK » soupira Grace.
Et les deux adultes la regardèrent sortir de la pièce en souriant :
« Danny peut être fier de sa fille. Elle est vraiment adorable » dit Kelly attendrie.
« Oui, elle est géniale. »
Ils mangèrent de bon appétit et alors que Steve terminait l’assiette de Kelly qui ne pouvait plus rien avaler, Grace et Mary vinrent les retrouver.
« Bonne nuit, Oncle Steve. Bonne nuit, Kelly » dit alors Grace en venant les embrasser.
« Tu as été parfaite, ma puce » déclara son oncle.
« Oui, c’était une magnifique soirée » renchérit Kelly.
« Mary, tu peux venir avec moi ? » demanda la petite.
« Oui, je viens tout de suite, ma chérie » répondit Mary et à l’adresse de son frère en prenant une voix de petite fille : « On a le droit de papoter encore un peu entre filles ? »
« Je vous laisse quinze minutes » répondit Steve d’une voix qu’il voulait sans appel mais avant de laisser partir sa sœur, il l’attira à lui et lui murmura :
« Sœurette, là, je dois dire que tu m’as épaté. »
« Je savais que ça te plairait. »
« Oui, merci pour tout » et il l’embrassa sur la joue.
« A demain, Kelly. »
« Bonne nuit, Mary » répondit la jeune femme et en l’embrassant à son tour, elle lui dit :
« Merci, c'est exactement ce dont j'avais besoin. »
« C’est à moi de te remercier. J’avais jamais vu mon frère aussi heureux depuis bien longtemps » et elles s’étreignirent sous le regard attendri du seal.
Steve et Kelly débarrassaient la table et rangeaient un peu la cuisine quand le portable du seal sonna :
« Oui, Danny. Attends, je te mets sur haut-parleur. »
Kelly, anxieuse, retenait son souffle en attendant ce qu'allait dire Danny.
« Rachel vient de m’appeler et la réunion ne portait absolument pas sur ton maintien ou ton renvoi… »
Les deux jeunes gens soupirèrent de soulagement.
« Etant donné que les enfants se posent des questions, Madame Moana voulait réunir les parents pour avoir leur avis quant à la manière d’aborder ce qui t’arrive sans entrer dans les détails bien sûr et Rachel m’a dit que tu avais le soutien de tous les parents. »
« Merci beaucoup, Danny, de m’avoir appelée. C’est un fameux poids en moins » dit alors Kelly et après avoir raccroché, Steve déclara avec un grand sourire :
« Tu vois, j’avais raison quand je t’ai dit que j’avais un bon pressentiment ! »
6
Après avoir échangé un long baiser passionné, Kono et Charlie s’écartèrent l’un de l’autre et celui-ci murmura tout contre sa bouche :
« Il vaut mieux que je parte maintenant parce que sinon, je suis plus sûr de pouvoir… » et c’est à regret mais souriant qu’il reprit ses clés de voiture et lui souhaita une bonne nuit; elle le regarda alors quitter la maison de son cousin, indécise quant à l’attitude à adopter mais finalement, elle se dit que c’était peut-être mieux de ne pas précipiter les choses. Elle referma la porte derrière elle et s’y adossa un bref instant, un sourire aux lèvres, avant d’aller prendre une douche et se mit au lit mais ne trouva pas le sommeil : elle pensait à Charlie qui, petit à petit, prenait une place de plus en plus importante dans son cœur. Il était gentil, prévenant et plutôt mignon. Il dégageait une sorte de force tranquille qui l’apaisait et elle eut à nouveau envie d’entendre sa voix : elle prit son téléphone et l’appela mais elle tomba sur la tonalité « occupé ». Elle le redéposa, déçue, sur la table de chevet quand elle sursauta en entendant la sonnerie et un grand sourire s’afficha sur son visage quand elle vit le nom :
« Tu n’arrives pas à dormir ? » lui demanda-t-elle heureuse qu’il l’ait appelée…
Après avoir tout rangé, Kelly et Steve montèrent aussi se coucher et tandis que le seal prenait à son tour sa douche, elle s’était allongée sur le lit et pensait à la proposition de Laura quand il vint la rejoindre :
« Tu sembles bien loin… »
Elle tourna la tête vers lui et comme il s’allongeait à ses côtés, elle alla se blottir dans ses bras et lui dit :
« Tu devineras jamais ce que Laura m’a dit tout à l’heure… »
« Elle nous dispense de remettre en couleur son fameux local ? »
« Mais non » rit Kelly.
« Ah… C’eut été trop beau…» répondit Steve d’un air faussement déçu.
« Elle a proposé de m’engager et de me former ! »
Steve la regarda agréablement surpris par cette demande.
« C’est génial, ça ! Tu n’auras finalement pas fait tous ces sacrifices pour rien. »
« Oui, mais c’est loin maintenant…»
« Je suis certain que si Laura t’a proposé ce job, c’est qu’elle croit en toi. »
« T’es sûr ? Je sais qu’elle m’apprécie et c’est réciproque d’ailleurs mais me l’aurait-elle proposé s’il n’y avait pas eu cette réunion ? »
« Elle aurait alors attendu de connaître la décision de l’école avant, non ? »
« Pas faux. »
« Que vas-tu faire ? »
« J’en sais rien, c’est si inattendu. »
« Je pensais que tu ne te poserais même pas la question mais… »
Elle garda le silence et il demanda :
« Tu douterais de tes capacités ? »
« J’ai été stoppée au moment où je me lançais. C’est pas comme si j’étais une avocate aguerrie qui reviendrait après une longue absence, je débutais seulement… »
« La Kelly que je connais ne se laisserait pas arrêter par ça !... Tu me dis pas tout… »
Elle soupira :
« Je suis à la une de toutes les infos, tout le monde sait ce qui m’est arrivé. »
« Oui mais une fois le procès terminé, toute cette agitation retombera aussi vite. »
« Mais les gens me reconnaîtront ! »
Il fronça les sourcils :
« Le regard des autres, c’est ça qui te retient ? »
« C’est plus fort que moi et c’est pour cette raison que je m’inquiétais autant pour ma place à tort ou à raison, j’en sais rien. Je redoute évidemment de retrouver ma classe mais je me dis que les enfants m’apprécient et ça devrait faciliter mon retour mais face à des adultes, je ne sais pas comment je réagirai au fait d’être observée et… inévitablement jugée. Je ne me sens pas l’égale des autres en public. J’ai encore du boulot de ce côté-là… »
« On ne peut reprendre une vie sociale normale aussi facilement après s’être terrée autant d’années et le procès t’a à nouveau fragilisée même si tu t’en sors très bien. Laisse-toi du temps. Et ce qui est encourageant, c’est que depuis qu’on se connaît, tu en as fait aussi un sacré bout de chemin. Le reste va suivre, j’en suis persuadé. »
« Oui, c’est vrai, tu as raison. J’aurais jamais cru… »
« Laura ne veut sûrement pas une réponse tout de suite. Elle peut comprendre que tu ne sois pas encore prête mais ça ne signifie pas non plus que tu ne le seras pas dans deux ou trois mois, même dans un an ou deux… »
« Elle m’a demandé d’y réfléchir à tête reposée. C’est vrai qu’une part en moi aimerait dire oui mais je me suis attachée à mes élèves » et elle souffla :
« Ce sera pas une décision facile à prendre… »
« Si ça peut t’aider à trancher, si tu acceptes le poste, nous serons appelés à travailler ensemble. »
« J’y ai pensé, qu’est-ce que tu crois ! Et je suis sûre que tu profiteras de la situation ! » répondit-elle un léger sourire aux lèvres.
« Moi ? Comment ça ? » et il la regarda en souriant lui aussi.
« T’es pas très paperasse si j’écoute ton équipe et tu le seras d’autant moins avec moi. »
« Tu crois vraiment que je profiterai de notre relation pour… » demanda-t-il faussement blessé.
« Oui, je le pense vraiment » le coupa-t-elle en le défiant du regard.
« Ouais, t’as pas tort mais si je te promets que je te rendrai mes rapports au mom…? »
« Tais-toi au lieu de débiter des promesses que tu sais très bien que tu ne tiendras pas »
Il fit la moue et elle sourit :
« Mais à part ça, je reconnais que te voir plus souvent serait loin de me déplaire… »
Et il lui adressa aussitôt un grand sourire :
« Tu ne peux résister à mon charme, reconnais-le ! »
« Mmm…C’est toi qui ne peux résister au mien. »
« Ca, c’est bien vrai » et il se redressa aussitôt pour se mettre au-dessus d’elle et ils s’embrassèrent quand ils entendirent rire de l’autre côté du mur. Steve releva la tête et cria :
« Les quinze minutes sont largement dépassées. Le couvre-feu est officiellement instauré. Je ne veux plus rien entendre, sinon je vous mets au trou ! C’est bien compris, vous deux ? »
« Y a pas de trou ici, Oncle Steve ! » lui répondit Grace en riant.
« Mais y a un placard ! Et si nécessaire, un frigo ! Et je plaisante pas, les filles ! »
« A vos ordres, Commandant !» cria alors Mary qui ajouta : « Et vous deux, faites pas trop de bruit cette fois… »
Kelly et Steve se regardèrent avant de reprendre là où ils en étaient mais en veillant à ne pas faire trop de bruit et ils s’endormirent, heureux, dans les bras l’un de l’autre…
7
A l’aube, Steve se glissa hors du lit mais quand il sortit de la salle de bain, Kelly ouvrait les yeux :
« Tu te lèves déjà ? » lui demanda-t-elle d’une voix ensommeillée.
« Oui, je vais nager mais il est encore tôt, je te réveille à mon retour » et il l’embrassa avant de quitter silencieusement la chambre pour reprendre ses bonnes vieilles habitudes : le contact de l’eau fraîche sur sa peau lui fit un bien fou et il s’élança pour ses dix kilomètres de crawl. Kelly, maintenant éveillée, préféra se lever et descendit sans faire de bruit préparer du café ainsi que le petit-déjeuner : des pancakes auxquels elle s’amusa à leur donner des formes différentes en pensant à Grace. Elle dressa ensuite la table et comme il était encore trop tôt pour réveiller Grace et Mary, elle alla boire son café au bord de la plage en attendant le retour de Steve. L’air étant encore un peu frais, elle frissonna mais pour ne pas rentrer, elle enfila le sweat qu’il avait laissé sur la chaise et tout en buvant sa tasse de café, elle pensa au procès qui allait reprendre incessamment : encore un dur moment à passer mais ensuite, elle pourrait reprendre le cours normal de sa vie et retrouver enfin sa classe. D’ailleurs, elle devrait penser à contacter son remplaçant pour voir où ils en étaient dans la matière pour préparer au mieux son retour à la vie active et c’est sur ces pensées qu’elle vit Steve émerger de l’eau, un grand sourire aux lèvres quand il l’aperçut. Elle lui tendit sa serviette de bain et voulut retirer son sweat mais il l’en empêcha :
« C’est pas nécessaire, je vais vite prendre une douche. Tu me sers un café en attendant ? »
« Elles dorment encore, fais doucement. »
« A vos ordres, Mademoiselle ! » et il rentra sur la pointe des pieds sous le regard amusé de Kelly qui le suivait et la rejoignit au jardin dix minutes plus tard :
« Mmm…Les pancakes sont délicieux » lui dit-il en se léchant les doigts.
« Tu n’as pas pu attendre que tout le monde soit debout » lui dit-elle en souriant.
« C’est pas ma faute, ça sentait tellement bon dans la cuisine que j’ai pas pu résister mais je n’en ai pris qu’un seul ! » et il lui fit un clin d’œil. « T'as bien dormi ? » lui demanda-t-il en buvant une gorgée de son café.
« Oui, Je devais être épuisée. Tu nages souvent comme ça si tôt le matin ? »
« Tous les jours en général ou alors je vais courir. »
« Waouah ! »
« Attends, tu vas t’y remettre, toi ! Fini de se la couler douce maintenant, il faut aussi une bonne condition physique pour surfer. »
C’est alors que Mary vint les retrouver une tasse de café à la main.
« Salut ! »
« Bonjour sœurette. Grace est debout aussi ? »
« Oui, elle fait sa toilette et elle descend. »
« Je vais aller réchauffer les pancakes et on pourra passer à table. Tu vas voir Danny et Chin après avoir conduit Grace à l’école ? »
« Oui, pourquoi ? »
« S’il en reste, tu pourrais leur en amener. »
« Danny sera ravi, il adore tout ce qui est gras et sucré. »
Et quand Grace descendit, ils se mirent tous à table et s’amusèrent en voyant les formes des pancakes.
« Celui-là a la tête de Mickey » dit en riant Grace.
« Moi, j’ai une tête d’éléphant » rit Mary.
« Celui-là, je sais pas trop à quoi il ressemble… » se risqua Steve badin.
« A un lapin vu de derrière, Oncle Steve ! »
« Ah bon… Tu trouves ? » et pour toute réponse, il reçut une tape sur la tête de sa sœur qui complimenta Kelly :
« Ca fait bien longtemps qu’on n’avait pas pris un petit-déjeuner en s’amusant autant. J’ai l’impression de reformer une famille » dit-elle, émue et son frère lui passa un bras autour des épaules en lui disant :
« C’est bien ce que nous sommes redevenus… Une famille. »
« Et j’espère qu’elle va vite s’agrandir » lui répondit alors sa sœur malicieusement. « J’ai hâte d’être Tata, moi ! »
Et alors qu’elle pensait que son frère la foudroierait du regard, il affichait une drôle d’expression en ne quittant pas des yeux Kelly dont les joues s’étaient empourprées à cette évocation. Elle, par contre, n’osait pas le regarder et demanda alors pour dissiper la gêne qui s’était installée :
« Avez-vous encore faim ? »
« T’as pas vu tout ce qu’on a mangé ? Moi, en tout cas, je pourrais plus en avaler un seul » lui répondit Steve en souriant.
« Moi, non plus, j’ai plus faim » renchérit sa nièce. « Tu en feras encore quand je reviendrai dormir ? »
« Bien sûr ! »
« J’ai adoré ce petit-déjeuner » déclara Mary.
« Je vais emballer ceux qui restent pour Danny et Chin. Tu n’oublieras pas de le leur donner ? Grace, il est temps d’aller te préparer pour partir. »
« Oui, j’y vais. » Elle quitta la cuisine d’un pas rapide sous l’œil attendri de Steve qui reporta alors son attention sur Kelly et sa façon de la regarder n’échappa pas à sa soeur : pensait-il la même chose qu’elle en voyant avec quel naturel Kelly se comportait avec Grace. Elle préféra s’éclipser pour les laisser encore un peu seuls :
« Je vais voir si elle n'oublie rien. »
Steve s’approcha de sa compagne et la prit dans ses bras :
« Il y a des années que je n’avais plus pris autant de plaisir au petit-déjeuner. Merci » Il l’embrassa tendrement et s’écarta en entendant sa nièce descendre les escaliers en criant :
« Je suis prête, Oncle Steve. »
« On est partis ! »
Kelly saisit le petit sac de Grace dans lequel elle avait glissé son sandwich ainsi qu’une collation et une petite bouteille d’eau, le tendit à l’écolière qui la remercia et après l’avoir embrassée pour lui dire au revoir, elle donna à Steve ce qu’elle avait préparé pour Chin et Danny :
« A tout à l’heure. »
« Bonne journée. »
« Pas de bêtises, vous deux, c’est compris ? » dit-il alors en regardant sa sœur.
« On ne peut mal, tu nous connais » répondit celle-ci en riant.
« C’est ça le pire ! » soupira-t-il avant de prendre Grace par la main pour l’aider à grimper dans la Silverado et après l’avoir déposée à l’école, il se rendit à l’hôpital et passa d’abord voir Chin. Il embrassa Malia qui était déjà auprès de son mari.
« Salut ! Comment ça va ? »
« Pas trop mal, je pourrai même rentrer chez moi cet après-midi. »
« Super. Kelly a préparé des pancakes ce matin et on en a gardé pour vous deux et Danny. Ca vous dit ? »
« Et comment ! »
« Ils doivent encore être tièdes. »
Chin sourit en voyant la forme et Steve hocha la tête pour dire :
« C’était pour Grace… »
« Tu la remercieras de ma part. Ils sont excellents » sourit Chin.
« Oui, délicieux » renchérit Malia qui ajouta : « Elle va bien alors ? »
« Oui, elle a l’air. Je vous tiens au courant pour le procès et pas d’imprudence, toi ! »
« J’y veillerai » répondit Malia.
8
Et Steve alla retrouver Danny qui, en le voyant entrer, le sourire aux lèvres, l’attaqua aussitôt :
« Je te demande pas comment s’est passée ta soirée, il suffit de voir ton sourire béat… »
« Je vois que tu vas mieux, toi. »
« Ca a été avec Grace ? »
« Oui, elle sera peut-être un peu fatiguée en fin de journée » sourit Steve.
« Si Rachel râle, je lui dis de t’appeler. »
« Qu’elle appelle Kelly, c’est elle qui lui a donné la permission de rester plus tard. Moi, je suivais les instructions à la lettre ! »
« Dis surtout que tu ne faisais pas le poids avec trois femmes à la maison. »
Un large sourire s’afficha sur le visage du seal qui lui raconta :
« Mary et Grace nous ont concocté un dîner en tête à tête, ma sœur à la cuisine et ta fille en maître d’hôtel. »
« Et pas de catastrophe ? »
« Non, en même temps, ma sœur n’avait plus qu’à réchauffer la sauce et cuire les pâtes. »
« La connaissant, c’était quand même pas gagné d’avance… »
« Ouais, ben, elle s’est appliquée et tout s’est très bien passé » rétorqua le seal qui se souvint des pancakes :
« Tiens, Kelly en a fait de trop ce matin et elle s’est dit que tu serais content. »
« Des pancakes ! J’adore ça ! » Mais en voyant la forme du premier qu’il prit, il ne put s’empêcher de dire :
« Oh… On dirait ta Marquis…T’as osé lui montrer ce tas de ferrailles ? »
« J’espère qu’ils sont déjà froids et indigestes » rétorqua Steve.
Mais ce n’était pas le cas et Danny les mangea avec appétit. A la dernière bouchée, il dit :
« J’en aurais encore bien mangé un ou deux… »
« Tu sais la quantité de graisse que tu viens d’ingurgiter ? »
« Ne me dis pas que t’as pas fait honneur au petit-déjeuner qu’elle vous a préparé ? T’es bien capable d’avoir refusé d’en manger ! »
« J’aime les pancakes. »
« T’aimes les pancakes ? »
« Ouais mais je sais me modérer, moi… »
« Non, toi, tu sais pas profiter des bonnes choses de la vie. »
« N’importe quoi ! »
« Bon, tu vas me dire pourquoi t’as ce sourire aux lèvres depuis que t’es arrivé… »
« J’ai toujours le sourire… »
« Depuis que t’es avec Kelly, c’est vrai… » admit Danny en observant son ami qui se contenta de grimacer à nouveau un large sourire. « Alors cette soirée en tête à tête ? »
« Que veux-tu que je te dise ?!»
« T’as repensé à ce que je t’ai dit ? »
« A quoi ? Tu dis tellement de choses… »
« Avant que tu ne partes chercher l’antidote… »
« Tu délirais. »
« Non, pas du tout, j’étais même très sérieux ! »
Steve garda le silence tandis que Danny poursuivait : « Tu es différent depuis que t’es avec elle. Est-ce que tu t’en rends compte ? »
Une jeune femme était sur le point d’entrer dans la chambre quand elle s’arrêta et aucun des deux ne remarqua que la porte de la chambre restait légèrement entrouverte…
« Evidemment, j’suis pas idiot quand même ! » Et il reconnut : « C’est vrai qu’il y a bien longtemps que je ne me suis plus senti aussi heureux. Kelly m’apporte cette sérénité et cette paix intérieure que je pensais ne plus pouvoir ressentir. Je me sens bien avec elle… Tu sais qu’on est allés au parc d’attractions l’autre soir ? »
« C’est vrai ? » sourit Danny. « Waouah ! Comment a-t-elle a réussi ce miracle ?»
Son ami sourit et rétorqua :
« Et je me suis autant amusé qu’elle. J’ai même gagné une peluche, la dernière remontait à plus de vingt ans, t’imagines ! Je l’avais gagnée pour Mary. »
Danny écoutait parler son ami, ému, de le voir aussi enthousiaste au sujet de cette sortie.
« Pourquoi tu me regardes ainsi ? »
« J’aurais juré que seul un arsenal d’armes militaires pouvait te mettre plein d’étoiles dans les yeux mais… je me trompais. » Il ne put continuer et se passa une main sur ses yeux humides :
« Si tu ne l’avais pas ramenée, je ne me le serais jamais pardonné. Si tu savais à quel point j’étais mal en imaginant ta détresse. J’aurais plus pu te regarder en face… »
« Je sais très bien que t’étais pas toi-même quand t’as tiré. »
« J’oublierai jamais ton regard quand tu as compris qu’il était mort... »
« Pense plus à ça, c’est derrière nous. Kelly va bien, tu es sauvé, Kono aussi et j’espère maintenant que Chin ne gardera pas de cicatrices. »
« Malia a dit que ce ne serait pas le cas ! Tu penses que… ? »
« Elle est confiante en tout cas. »
« J’espère qu’elle ne se trompe pas. C’est déjà assez pénible de vivre avec le fait que c’est moi qui ai introduit Moreno dans le groupe, alors si jamais il devait en garder des cicatrices, je… »
« Tu pouvais pas savoir ! Personne ne t’en tient rigueur d’ailleurs » le rassura son ami.
« J’aurais dû t’écouter. »
« Arrête de culpabiliser… »
« Toc, toc, y a quelqu’un ? » demanda alors Catherine qui entra dans la chambre :
« J’ai appris ce qui t’était arrivé. Si tu savais à quel point, je suis soulagée de voir que tu vas bien » et elle alla l’embrasser.
« Merci, Catherine. C’est gentil d’être passée. »
« C’est normal, non ? On est ami, enfin… J’espère qu’on l’est encore. »
« Evidemment ! »
« Salut » dit-elle alors à Steve ne sachant pas trop comment se comporter : aller l’embrasser lui aussi ou… mais sa réponse l’en dissuada immédiatement.
« Bonjour Catherine » répondit-il froidement avant de s’adresser à son ami : « Je vais te laisser, Derek et Reid doivent déjà m’attendre. »
« C’est pas moi qui te fais fuir au moins ? Je peux attendre dehors si tu préfères…» commença-t-elle d’un ton conciliant.
« Non, j’allais partir de toute façon. »
Danny les regardait, lui aussi, mal à l’aise.
« Au fait, il reste encore quelques affaires à moi chez toi que j’aimerais récupérer. »
« Euh…Oui. Préviens-moi avant de passer. »
« Pourquoi ? Elle a déjà pris possession des lieux ? T’as peur que je ne lui dise ses quatre vérités ? » ne put s’empêcher de dire Cath blessée par son attitude distante et son ressentiment envers Kelly reprenant le dessus.
« Laisse Kelly en dehors de ça » l’avertit le seal.
« Euh… Tu devais pas partir ? » dit alors Danny.
« Si. Appelle-moi quand tu pourras sortir, je te ramènerai chez toi. »
Et il sortit de la chambre après un bref regard à Catherine qui le regarda partir un pincement au cœur…
« Je suis contente de voir que tu vas bien. Je vais te laisser te reposer » dit-elle alors à Danny et les larmes aux yeux, elle quitta la chambre.
« Catherine… Attends ! Pars pas comme ça ! » Mais elle ne l’écouta pas…
9
En route pour aller chercher Derek et Reid à leur hôtel, Steve repensa à Cath. Il ne s’était pas attendu à la voir et aussitôt, leur dernière altercation lui était revenue en mémoire et s’il reconnaissait qu’elle n’avait pas tort sur certains points, le mot « lâche » lui restait toujours en travers de la gorge. Il avait toutefois été soulagé de constater qu’elle ne semblait pas trop abattue par leur séparation. Reprendre le boulot lui ferait sans aucun doute du bien.
Arrivé à l’hôtel, il appela Derek et venait à peine de raccrocher quand son portable sonna :
« Oui, McGarrett… C’est possible alors ?... Génial ! ... Je sais que je ne vous laisse pas beaucoup de temps mais j’apprécie vraiment… Oui, je repasserai en fin d’après-midi… Merci ! » et il raccrocha le sourire aux lèvres alors que Morgan et Reid montaient dans le véhicule :
« Bonjour » dirent en chœur Derek et Spencer.
« Bonjour ! »
« Comment va Kelly ? »
« Aussi bien que possible vu les circonstances. Au fait, j’ai repensé à ce vous aviez dit à propos du bunker. La pièce où l’on a retrouvé Kono ne ressemblait pas du tout à la description que vous en faisiez. C’est pas là qu’il comptait la séquestrer, n’est-ce pas ? »
« En effet » répondit Derek.
« Il y a donc encore un autre endroit qu’il reste à trouver… » soupira Steve.
« Nous avons réexaminé les plans hier soir. Nous savons qu’en 1976, le temple avait été fermé pendant deux ans pour rénovation et les derniers travaux remontent à 2010. Avant sa construction en 1915, le terrain était couvert de cannes à sucre. Les Mormons ont donc nettoyé une partie de ces champs pour construire un temple en bois. Rappelez-vous, le couloir que nous avons longé était encore soutenu par des poutres de bois. Toute cette aile n’a donc pas été entièrement rénovée mais laissée telle quelle et condamnée » lui dit Derek.
« A l’époque, des prêtres vivaient sur place pour convertir la population polynésienne. Des chambres, que l’on ne retrouve plus dans le temple actuel, avaient donc été aménagées… » renchérit Reid.
« Les portes que nous avons croisées donneraient sur ces chambres ? » demanda Steve.
« C’est ce que nous pensons, oui » répondit Derek.
« Mais sur toutes ces portes, il y avait un cadenas rouillé… » ajouta le seal.
« Il y a donc un autre moyen d’y entrer et la seule pièce que nous n’avons pas examinée à fond, c’est celle où nous avons retrouvé Kono » rétorqua Derek.
« Un nouveau passage secret ? » dit Steve.
« Il faut savoir que les passages secrets ont été utiles tout au long de l’Histoire. Les seigneurs se faisaient très fréquemment construire des châteaux, palais ou temples truffés de caches et autres passages secrets souvent piégés, destinés à déjouer les attaques de leurs ennemis » dit Reid.
« Carter était drôlement bien renseigné » lâcha Steve.
« Il avait déjà une idée bien précise de ce qu’il voulait faire avec Kelly. Il ne lui manquait plus que l’endroit et ce temple, d’une blancheur immaculée, collait parfaitement à sa façon de la percevoir » ajouta Reid.
« En effectuant des recherches, il est tombé sur cette aile « oubliée », une aubaine pour lui : personne n’y venait et même si Kelly aurait crié, on ne l’aurait pas entendue » poursuivit Derek.
« Allons-y ! » dit Steve.
Catherine gagna rapidement sa voiture, trop bouleversée par sa rencontre avec Steve que pour aller prendre des nouvelles de Chin. Elle se laissa choir et ferma les yeux se remémorant les paroles de Steve : « Il y a bien longtemps que je ne me suis plus senti aussi heureux. Kelly m’apporte cette sérénité et cette paix intérieure que je pensais ne plus pouvoir ressentir. Je me sens bien avec elle… » Son attitude à son égard l’avait surprise. Bien sûr, c’est pas lui qui aurait fait le premier pas mais ce regard si froid l’avait déstabilisée. Alors qu’elle se raccrochait encore à l’espoir que Kelly ne soit qu’une erreur de parcours, elle entrevoyait une toute autre réalité : l’avait-elle perdu pour de bon ? Avait-elle fait une erreur en acceptant leur séparation aussi facilement ? Elle repensa à l’époque où c’est elle qui l’avait largué pour Billy. Steve au début avait eu du mal à accepter leur séparation mais le fait de rester professionnellement en contact avec elle, malgré la présence de Billy, avait peu à peu fait renaître de tendres sentiments l’un pour l’autre et ils avaient fini par se retrouver. Et si ça se passait de la même manière pour elle ? Et si continuer à le côtoyer lui faisait prendre conscience qu’elle lui manquait ? Elle restait en bons termes avec chacun des membres du 5-0, le voir ne serait pas trop difficile… Comment Kelly réagirait-elle ? Mais l’évocation de ce seul prénom la mit en rage : elle s’était bien moquée d’elle ! Elle se souvint de leur confrontation au QG d’où Kelly s’était enfuie et quelques huit semaines plus tard, de retour de thérapie, la voilà capable de mener une vie de couple avec tout ce que cela impliquait : soit sa psy était drôlement efficace, soit Kelly les menait tous bien en bateau… Elle ne pouvait nier son agression ni les inévitables conséquences qui en avaient découlés mais elle savait que le stress post-traumatique pouvait impliquer tellement de facettes. Son changement d’identité ne cachait-il pas un trouble de la personnalité ? C’était bien possible après tout. Elle sut alors ce qu’il lui restait à faire…
Chez Steve, Kelly descendit retrouver Mary qui faisait une liste de courses :
« Si je fais encore des pâtes ce soir, mon frère va me tuer. Tu crois qu’il apprécierait un œuf sur le plat ? »
Kelly fit la moue et Mary sourit :
« Je m’en doutais. Et si on commandait une pizza ? »
« Pourquoi ne pas prendre un morceau de viande ou du poisson ? »
« Je suis loin d’être un cordon bleu… »
« Je m’occuperai du repas. »
« Ca t’ennuie pas ? »
« Bien sûr que non ! J’aime bien cuisiner. »
« Pas moi ! J’ai horreur de ça… »
« J’étais comme toi. Tout ce que je savais faire, c’était cuire des pâtes. Béni soit l’inventeur du ketchup d’ailleurs » dit en riant Kelly.
« Toi aussi tu faisais ça : mettre du ketchup sur tes pâtes ? »
« Oui. Tu comprends maintenant pourquoi Caroline m’apportait à manger » dit-elle en grimaçant.
« C’est elle qui t’appris à cuisiner alors ? »
« Non, j’ai appris plus tard en regardant des émissions culinaires à la télé et ça semblait si simple que je me suis dit qu’il n’y avait aucune raison que j’y arrive pas. Je te dis pas le nombre de plats qui ont fini dans la poubelle. »
« J’en suis à ce stade-là, moi… »
« Je peux t’apprendre si tu veux. »
« Oui, pourquoi pas mais je te préviens, je suis une catastrophe ambulante. »
Kelly lui raconta :
« Tu sais, le premier repas que j’ai préparé pour ton frère, j’ai cramé le poisson. »
« C’est vrai ? J’aurais aimé voir sa tête ! Je suis sûre qu’il s’est dit maudit avec une sœur et une petite amie comme nous ! » rit Mary.
« Comme c’était notre première soirée, il n’a sûrement rien osé dire » renchérit Kelly alors que son téléphone se mit à sonner :
« Bonjour Kelly » dit alors Laura. « Comment vas-tu ? »
« Bonjour Laura » répondit Kelly. « Je vais bien. »
« J’en suis heureuse. Si je t’appelle, c’est pour te prévenir que le procès reprendra demain matin à dix heures. Je pense que tu seras appelée à la barre dans le courant de l’après-midi. »
Elle entendit la jeune femme soupirer et poursuivit : « Mais j’ai une bonne nouvelle : Evans a laissé tomber Carter qui sera défendu maintenant par un avocat commis d’office, à moins d’un retournement de situation peu probable toutefois. »
« Vous le connaissez ? »
« Oui, c’est un jeune avocat qui n’a pas beaucoup d’expérience derrière lui. Je doute fort qu’il pousse le contre-interrogatoire comme l’aurait fait Evans. Je resterai toutefois prudente et ne prendrai aucun risque. Une dure journée t’attend demain. Essaie de te détendre un maximum aujourd’hui. »
« Oui, je vais essayer. »
« Allez, courage ! C’est la dernière ligne droite. »
« La plus difficile… »
« Je sais mais les conditions ont changé. A trop en vouloir, il s’est brûlé les ailes. »
« C’est vrai et je ne vais pas lui donner ce qu’il attend… »
« C’est ce que je voulais entendre ! Je te laisse, le devoir m’appelle. A demain ! »
« A demain, Laura. »
« Le procès reprend demain, c’est ça ? » demanda Mary.
« Oui. »
« Après, tu verras, ce ne sera que du bonheur !» lui répondit Mary qui sourit au souvenir de ce que lui avait demandé son frère ce matin alors que Kelly était à la cuisine.
« Tu pourrais me déposer chez moi en allant faire les courses ? J’ai besoin de vêtements. »
« Bien sûr ! Je repasserai te prendre après. »
« J’ai une voiture, je peux revenir par mes propres moyens. »
« Tant que tu reviens assez tôt pour préparer le souper ! »
« Je serai rentrée » promit Kelly.
10
Steve et les deux agents de la BAU retournèrent donc au Temple Laie Hawaii qui avait été fermé au public pour permettre à l’équipe scientifique de faire son travail. Ils passèrent cette fois par le confessionnal pour gagner la pièce du tombeau où avait été emmurée Kono. Il ne restait plus rien, à part le cierge consumé. Ils cherchèrent après un passage mais ne trouvèrent rien. Ils s’attelèrent donc à ouvrir toutes les portes qu’ils rencontraient tout au long du couloir : une donnait sur une sorte d’entrepôt, vide bien sûr, une autre sur ce qui ressemblait à un coin cuisine avec une âtre, une sur une pièce meublée d’une sorte de lit en bois sur lequel reposait une paillasse et en ouvrant la porte suivante, ils tombèrent sur... un mur.
« Regardez, les joints sont récents » dit Steve.
« Vous avez une pioche dans votre voiture ? » demande Derek.
« Non mais une grenade… »
« Un peu radical » rétorqua Derek en riant mais quand il vit le visage du seal, il redevint sérieux :
« Vous allez quand même pas… ? »
« Ben si ! On doit entrer, non ? »
« Euh… Détruire ce qu’il y a à l’intérieur de cette pièce n’est pas la chose la plus judicieuse à mon avis » déclara Reid.
« Qui a dit ça ? Je parle seulement de faire un trou pour entrer. Je reviens dans deux minutes. »
Les deux agents se regardèrent sans dire un mot mais quand Derek vit Steve revenir :
« Vous étiez sérieux ?... Tout pourrait s’écrouler… »
« J’ai déjà fait ça plein de fois, vous inquiétez pas. »
Et ils virent le seal manipuler la grenade pour en retirer une certaine quantité de poudre.
« Vous feriez bien de vous éloigner. »
Et il les rejoignit une minute plus tard.
« Ca va sauter. »
Ils entendirent un fracas, laissèrent passer quelques minutes afin de laisser retomber la poussière avant de découvrir… l’enfer.
Arrivée à Fort Shafter, Catherine s’assit dans la salle d’attente du Docteur Anderson qui vint rapidement l’appeler.
« Bonjour Docteur. Merci de me recevoir aussi vite. »
« Pas de problème, Lieutenant Rollins. Mon patient précédent a annulé son rendez-vous et j’ai dès lors un peu de temps à vous consacrer. En quoi puis-vous aider ? »
« Je… En fait, je me pose des questions à propos d’une connaissance. Elle a subi un très grave traumatisme il y a plusieurs années maintenant…Un viol…Et je me demande si elle ne souffrirait pas d’un trouble post-traumatique, plus précisément un trouble de la personnalité multiple… »
« Qu’est-ce qui vous fait penser ça ? »
« Elle a changé d’identité suite à son agression et elle semble réagir différemment selon l’identité qu’elle prend. »
« C’est-à-dire ? »
« Sous sa première identité, elle reste une femme fragile, incapable d’assumer son viol et d’envisager une vie sexuelle. Par contre, sous sa deuxième identité, elle est très vite parvenue à dépasser ce stade. »
« Lui en avez-vous parlé ? »
« Euh… Non. Je voulais d’abord me renseigner à ce sujet… »
« Je vois. »
« Je voulais surtout savoir si elle pourrait devenir dangereuse. Elle travaille avec des enfants et je ne voudrais pas les mettre en danger. »
« Seule une prise en charge psychiatrique pourrait répondre à vos questions. A-t-elle été suivie après son agression ? »
« Oui. »
« Ce changement d’identité est-il officiel ou c’est elle qui se fait appeler de deux façons ? »
« C’est officiel, enfin d’après ce que je sais… »
« Dans les troubles d’identité, chaque personnalité a une façon d’agir, de parler, de se comporter, de penser et d’appréhender son environnement. Les différentes personnalités du sujet ne sont pas nécessairement au courant de leur coexistence dans le même corps et dans ce cas, le temps qui passe lorsqu’une des personnalités est en interaction consciente avec le monde extérieur est perdu pour les autres personnalités. Ceci implique que les autres personnalités sont amnésiques pour les événements pendant ce temps et ce fait peut rendre la vie du sujet très compliquée et angoissante. Est-ce le cas ? Est-elle consciente du passage de l’une à l’autre personnalité ? »
« Je l’ignore. Elle semble agir maintenant sous sa deuxième identité mais dès qu’on aborde la première, elle réagit de manière excessive, je dirais. »
« Le trouble de l’identité est interprété comme étant un mécanisme de défense du sujet qui lui permet de continuer à vivre dans des situations de vie menaçantes, contradictoires et désespérantes.
« Je la reconnais tout à fait dans le dernier point que vous venez d’évoquer ! »
« Le sujet est vaste et complexe et surtout, il faut être très prudent avant d’avancer un tel diagnostic. Cette jeune femme se sent peut-être mieux sous sa nouvelle identité sans pour autant en développer un trouble… »
« Comment le savoir ? Et comment être sûr qu’elle ne constitue pas un danger pour les gens qu’elle côtoie ? Je pense surtout aux enfants avec lesquels elle est amenée à travailler…»
« Je ne peux répondre à cette question. Seule une expertise psychiatrique pourrait mettre en évidence ce trouble et un moyen pour le mettre en évidence est le recours à l’hypnose. »
« Pour cela, il faudrait qu’elle consulte mais si elle refuse, quel recours avons-nous ? »
« Vous pourriez demander sa mise en observation dans un service psychiatrique, ce qui impliquerait un enfermement, éventuellement contre sa volonté. Pour cela, il vous faudrait lancer une procédure judiciaire mais je vous préviens qu’obtenir une telle ordonnance n’est pas chose aisée et il vous faudra plus que des suppositions. »
« Vous voulez dire qu’il faudrait attendre qu’un drame se produise pour prendre enfin des dispositions ? »
« Je dis simplement qu’avant d’en arriver à une telle extrémité, il faut être sûr de soi et du bien-fondé de sa démarche car une telle ordonnance pourrait causer beaucoup de dégâts chez une personne déjà fragilisée. »
Catherine le remercia alors pour ces renseignements mais avant de quitter le cabinet, le Docteur Anderson lui dit :
« Essayez de la convaincre de consulter. Si jamais, vous deviez en arriver à l’enfermer contre son gré, l’avis d’un psychiatre sera prépondérant. »
« Je lui en parlerai. Merci encore, Docteur. »
En sortant du cabinet, Catherine tomba sur Joe White :
« Catherine ! »
« Joe, comment allez-vous ? » demanda-t-elle en l’embrassant.
« Très bien » répondit-il en jetant un œil sur la plaque sur la porte. « Et vous ? »
« Ca va… Que faites-vous ici ? Steve sait que vous êtes là ? »
« Non, je viens d’arriver et je pensais lui en faire la surprise ce soir mais je suis grillé maintenant. »
« Vous avez appris pour Steve et moi ? » commença-t-elle. « Nous avons rompu. Enfin, il a rompu… »
Joe soupira :
« Je suis désolé de l’apprendre. Les rumeurs étaient donc vraies. »
« Il ne vous a rien dit ? »
« Non mais vous le connaissez… » sourit Joe.
« J’ai été ravie de vous revoir, Joe, mais je dois y aller. »
Et il la regarda partir songeur…