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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 03.02.2015 à 18h40
Auteur : ledJen
Statut : Terminée
« "C'était une journée comme les autres avant que cette alerte soit donnée..." Episode écrit à 4 mains avec Sherwood que je remercie beaucoup. » ledJen
Cette fanfic compte déjà 12 paragraphes
Chapitre 1 :
Plage de Waikiki.
Danny avait eu la brillante idée d’apprendre le surf à Grace. Malheureusement ce dernier était farouchement opposé à mettre un pied dans l’océan depuis son arrivée sur l’île d’Hawaii. Le surf était pour lui un sport sans intérêt à côté du baseball. La veille, il avait appelé Kono à la rescousse. Etant une ancienne surfeuse professionnelle, Danny lui a tout naturellement demandé des conseils ainsi que des cours particuliers afin de faire bonne impression devant sa fille qui voulait à tout prix que son père lui apprenne le surf.
« Tu sais Danny, tu aurais pu dire à Grace que je lui aurais volontiers appris à surfer ! A l’époque, avant ma blessure, j’avais entraîné une équipe de jeune de l’âge de Grace. Je sais comment m’y prendre », lança Kono à Danny qui tentait désespérément d’apprendre les bases de ce sport sur le sable.
« C’est un non catégorique Kono. Je suis son père et je n’ai pas envie qu’elle apprenne le surf avec toi », répliqua ce dernier d’un ton plutôt sévère pour quelqu’un qui était en train de prendre un cours particulier avec une amie.
« Tu n’es pas obligé de me le dire comme ça. Je comprends que tu veuilles lui apprendre mais fais-toi une raison Danny, ce n’est pas en un jour que tu apprendras à surfer. J’ai mis plus de cinq ans à me perfectionner dans ce sport. »
Danny se sentait désolé d’avoir répondu d’une telle manière à Kono. Le fait de ne pas y arriver le mettait dans une colère noire. Pourtant, il a toujours été doué pour tous les sports qu’il eut pratiqués. Ça avait commencé par le football à l’université où Danny avait été le quater back de son équipe. Certes cela n’avait duré qu’un temps, mais son coach lui répétait sans cesse qu’il était doué et qu’il pourrait penser à faire une carrière professionnelle. Ensuite est venu le baseball. L’esprit d’équipe ne lui plaisant plus dans le monde du football, il a tout quitté pour se mettre au baseball dans l’équipe du New Jersey. Là encore, ses prouesses de lanceurs fut remarqués par les coach et les sélectionneurs. Malheureusement, une blessure à l’épaule a dû écourter sa carrière et il décida tant bien que mal de trouver un travail « correct » ; celui d’inspecteur.
« Aller Danny, encore une fois. Prends une impulsion avec tes bras et en un seul coup, il faut que tu sois debout sur ta planche ! » S’écria Kono comme un chef instructeur.
Pourquoi n’était-il pas doué pour ce sport, se demanda-t-il secrètement. Il essaya pour la millième tentative de se mettre debout, et pour la première fois depuis une heure, il y arriva.
« YES ! », cria Danny.
« Ne regarde pas tes pieds quand tu te lèves Danny ! Regarde devant toi. Il faut que tu saches où tu vas. C’est comme quand tu conduis, tu ne regardes pas tes pieds sur les pédales, tu regardes droit devant toi pour voir où tu vas ! ». Expliqua la jeune femme.
« Oh c’est bon hein, laisse-moi savourer ce moment s’il-te-plait. »
Tous deux se mirent à rire à chaude larme jusqu’au moment où Danny lança : « bon on va à l’eau ? ». Kono se mit à rire et lança un regard derrière son partenaire pour lui montrer les « immenses » vagues qui s’échouaient sur la plage. « Finalement, je préfèrerais essayer un autre jour, quand les vagues seront moins impressionnantes ». Les deux amis prirent leurs planches et allèrent en direction du petit bar posté à quelques pas de la plage.
« Aller, je te paie un verre coach ! », lança Danny à sa partenaire.
« J’accepte volontiers, je meurs de soif. »
Tous deux s’assirent sur les tabourets mis à disposition face à la plage. Les gens étaient là pour bronzer et s’amuser, tout paraissait calme pourtant Kono trouvait ça beaucoup trop calme. Le bruit des vagues s’était apaisé depuis une quinzaine de minutes ; le temps que Danny et elle prennent une bière au petit estanco. Pour elle, l’océan n’avait plus de secret. Elle le connaissait par cœur et c’est pour cela qu’elle ressentit quelque chose de bizarre.
« Danny, je crois qu’il se passe quelque chose ».
« Explique-toi », répliqua l’intéressé.
« Tu ne trouves pas que l’océan étrangement calme ? », commença à dire la jeune femme.
« Euh, oui peut-être, explique toi. »
Elle n’eut le temps de ne prononcer aucun mot, une sirène d’alerte retentit.
« C’est quoi ce bordel », cria Danny qui avait de la peine à s’entendre parler.
« Alerte tsunami », S’alarma Kono avec un air plus désorienté que jamais.
Au large, on pouvait entendre un message d’alerte qui été transmis au travers de la sirène : « Alerte tsunami, la première vague arrive dans deux heures. Tout le monde se réfugie dans les terres et tout de suite. Alerte tsunami, la première vague arrive dans deux heures. Tout le monde se réfugie dans les terres et tout de suite.»
Danny eut un « petit » soulagement en entendant ce message qui disait que la vague ne sera là que dans deux heures environ.
« On ne peut pas croire ces prévisions. Parfois, elles peuvent arriver plutôt que prévu », dit Kono d’un air très paniqué.
« Allons à la voiture, il faut que nous retournions au QG en espérant que Steve et Chin soient déjà là-bas. »
« Une alarme comme celle-là s’étend sur tout Hawaii Danny ».
Des personnes essayant d’évacuer la plage étaient en difficulté. Danny fit signe à Kono de venir l’aider à évacuer ses personnes au plus vite. Certes il n’était pas du tout rassurer, mais son instinct de flic prit le dessus, et sa priorité était de sauver le plus de gens possible.
« Où est Grace ? », questionna Kono.
« Pour ça je suis tranquille, elle est avec Rachel et Stan sur le continent. Je l’ai ce week-end normalement », expliqua Danny.
« Je suis rassurée. Je vais essayer de contacter Chin. Je sais déjà où il est mais je veux m’en assurer. Ensuite, on prend nos clics et nos clacs et on se casse d’ici Danny ! ».
« Je vais accompagner ces deux-là à leur voiture, j’appelle Steve et on y va. T’en fais pas je mettrais les gyrophares ; en moins de deux on sera en sécurité ».
Danny porta les affaires du vieux couple sur ses épaules et les accompagna ensuite à leur voiture, garée non loin de l’entrée de la plage. Une chance pour ce dernier qui portait une demie tonne d’affaires sur son dos. Kono le rejoignit peu de temps après annonçant que Chin était à priori sur une affaire d’homicide.
« Appelle Steve ! », Kono était plus que paniquée. Elle fut très surprise du comportement de Danny. Elle n’aurait pas pensé un instant que celui-ci gère plus que mieux la crise qu’ils étaient en train de vivre.
« Allez Steve décroche ce putain de téléphone s’il-te-plait ! », s’exclama Danny qui commençait fortement à paniquer.
« Il ne te répond pas ? », demanda Kono.
« Non, attends je réessaie. Il va bien finir par me répondre bon sang ! ».
Les deux amis s’installèrent dans la voiture pour prendre la direction du domicile de leur patron. Danny sortait du parking quand son téléphone se mit à sonner.
« Steve, j’espère que tu as une très bonne raison pour ne pas avoir répondu à mes appels », cria Danny.
« Bonjour Monsieur Williams. »
« Monsieur le Gouverneur, je suis désolé j’attendais un appel de McGarrett », répondit Danny en se pinçant les lèvres.
« Danny j’ai besoin de votre aide auprès du HPD. Vous devez les aider à faire évacuer l’île dans le calme », expliqua le Gouverneur Denning.
« Pourquoi ne pas avoir appelé McGarrett ? », questionna Kono qui avait demandé à Danny de mettre l’appel en haut-parleur.
« Je n’ai pas réussi à le joindre. C’est donc pour cela que je vous appelle vous. Et avant que vous ne rajoutiez quelque chose, vous connaissez Steve aussi bien que moi. Alors inquiétez-vous plutôt des habitants de cette île, est-ce bien clair ? »
Kono et Danny échangèrent un regard qui en disait long. Danny ne pouvait pas laisser son meilleur ami derrière lui. Certes, il ne savait pas ce que le SuperSeal était en train de faire, mais cela l’inquiétait au plus profond de son être.
« Oui Monsieur », répondit Danny d’un ton persuasif.
Quartier général du Five-0.
Chin arriva au quartier général du Five-0. Il voulait récupérer le dossier sur la mort de Franck Delano, l’homme qui avait tué sa femme. Bien que cet épisode de sa vie date de plus d’un an et bien que ce dernier ait fait la connaissance de Leilani, ça a été et ça restera la période la plus difficile de sa vie. De son point de vue, il était responsable, et c’est ce simple sentiment qu’il l’obligeait à relire en boucle un dossier qu’il connaissait par cœur. Il essayait tant bien que mal de savoir ce qu’il aurait pu faire d’autre pour la sauver. Mais comme à chaque fois, le dossier ne lui apportera aucune réponse. Le simple fait de récupérer ce dernier lui permettait de se rendre utile pour la femme qu’il aimait.
Leilani était au courant de tout cela. Bien qu’elle comprenne le sentiment qu’éprouvait son ami, il était difficile pour elle de le soutenir comme elle le voudrait. Quand à Chin, il se rendait compte de tout le bien que lui procurait sa compagne actuelle. Sans elle, il ne serait pas là où il est aujourd’hui et sans elle, il ne pourrait plus vivre. Pourtant, il avait besoin de récupérer une énième fois ce dossier.
Il entra dans le vaste bureau du Five-0 et se mit en direction de son bureau. Il trouva l’endroit étrangement calme ce matin-là, bien que ce fut un samedi et de ce fait, aucun de ses collègues ne pouvaient être là. Chin observa le bureau de son patron et au même moment, une question lui traversa l’esprit : est-ce que le Five-0 s’arrêtera un jour ? Si l’un d’entre nous part, que va-t-il se passer ensuite ? Chin ne savait pas pourquoi ces questions-là lui traversaient l’esprit, il se reprit en main et récupéra le dossier qui trainait dans un coin de son bureau.
A ce même moment, il reçut un appel sur son portable : « Lieutenant Kelly j’écoute ! »
« Chin c’est Duke. Ecoutes, il faut que tu viennes, j’ai un corps », expliqua Duke.
« Pourquoi tu n’as pas appelé McGarrett ? », s’étonna Chin.
« Je n’arrive pas à le joindre et j’ai un peu de mal avec Danny alors j’ai préféré t’appeler ».
« Ok j’arrive ! », s’exclama Chin tout en sortant du bureau.
Mais pourquoi Steve ne répondait pas, c’était bien la première fois en quatre ans que son patron ne répondait pas au téléphone. Chin pensa à la seule et unique fois que Steve n’avait pas décroché, alors qu’un meurtre les attendait. Toute l’équipe s’était affolée pour presque rien et Steve avait dû payer sa tournée le soir même à toute l’équipe pour se faire pardonner. Chin pensa alors que ce n’était rien, et que son patron était sûrement encore en train de courir en pleine forêt avec son portable dans la voiture.
Chin arriva devant sa moto quand tout à coup, une sirène retentit sur toute l’île en annonçant un message plutôt étonnant : « Alerte tsunami, la première vague arrive dans deux heures. Tout le monde se réfugie dans les terres et tout de suite. Alerte tsunami, la première vague arrive dans deux heures. Tout le monde se réfugie dans les terres et tout de suite.»
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Chapitre 2 :
Quelque part au centre d’Honolulu.
Kono et Danny essayaient tant bien que mal d’avancer dans le centre d’Honolulu. Le monde affluait sur les routes. Certaines personnes avaient d’ores et déjà abandonnés leurs voitures sur le bas-côté pour continuer leur chemin à pied. D’après Danny, tout le HPD était sur le pied de guerre afin d’essayer de faire évacuer toute la côte dans le calme.
« Ecoutes Danny, on devrait faire comme tout le monde. On devrait laisser la voiture ici et continuer à pied. » Proposa Kono. Il n’eut pas le temps de répondre car le téléphone du détective sonna.
« Williams ! », dit-il d’un ton sec en décrochant.
« Lieutenant, c’est Lukela ».
« Duke ! Qu’est ce qui se passe ? »
« Le HPD vient d’être informé que la vague arrive plus vite que prévu ! On a moins d’une heure… »
« Quoi ?! C’est pas vrai merde. Tu sais où est Chin ? Et Steve qui ne répond pas bon sang ».
« Oui, Chin est avec moi. Et tu me crois ou non, mais on a un cadavre ! », reprit Duke qui sentait bien que le lieutenant Williams devenait de plus en plus inquiet.
« Tu es sérieux ? Les meurtriers ne sont pourtant pas en congé lorsqu’il y a un tsunami ? »
Danny n’en revenait pas. "C’est la cerise sur le gâteau", pensait-il. Il reprit ses esprits et se contenta de se comporter comme un chef, sans nouvelles de Steve, c’est lui qui se trouve aux commandes du Five-0.
« Qu’est-ce qu’on fait ? », reprit Duke.
« Kono et moi venons vous rejoindre ».
« Ok. Et pour McGarrett ? »
Danny réfléchissant à toutes vitesses et il le fallait. Il n’avait pas le temps de faire de sentiments à l’égard de son meilleur ami. Finalement, il répondit d’une voix grave : « Lance un avis de recherche ». Et il raccrocha. Il se tourna ensuite vers Kono pour lui faire part des nouvelles quand il s’aperçut qu’elle avait quitté la voiture et qu’elle avait disparu.
« Kono ?! »
Soudain, le sol trembla sous ses pieds. Ce fut d’une telle force qu’il tomba à terre. Tout n’était plus que chaos. Durant une dizaine de minutes, il crut que c’était l’apocalypse. Les gens criaient, couraient dans tous les sens, s’affolaient, des blocs de pierres s’écrasaient sur la route, sur des voitures, tout devint horreur et poussière. Lorsque Danny rouvrit les yeux quelques instants plus tard, il vit une énorme fissure fendre le béton sur plusieurs mètres, des bouts de bâtiment faisaient offices de décors et un brouillard de poussière obscurcissait l’air. « Kono !! », hurla-t-il. Il fut pris d’une quinte de toux et se pencha en avant afin de reprendre son souffle. Dans sa chute, il s’était coupé la main et un bout de verre était la cause d’une plaie au-dessus de son œil droit. Il déchira un bout de sa chemise, déjà bien abimée par le choc, et se fit un pansement de fortune sur sa main. Les gens pleuraient, appelaient leurs proches à l’aide. Il devait absolument leur porter secours, il ne pouvait pas rester là sans rien faire. Mais avant tout, il devait retrouver sa partenaire. Après avoir fait quelques pas en direction des cris, il la vit enfin et elle allait bien. Elle était en train d’aider une fillette dont le genou saignait abondement. Elle tourna la tête vers lui et il aperçut le soulagement dans son regard. Il accourut à sa rencontre.
« Il y a des gens coincés dans ce bâtiment ! », cria-t-elle pour couvrir les cris.
Danny hocha la tête et la suivit.
Centre de Waikiki.
Chin se remit debout sur ses jambes flageolantes qui menaçaient de le trahir à tout instant. L’air humide et chaud, étouffant, lui donnait l’impression de coller à la peau comme de l’huile. Il découvrit avec stupeur les dégâts qu’avait provoqués le séisme. Il cherchait du regard Duke en espérant que ce dernier allait bien. « Duke ? », cria Chin qui essaya tant bien que mal d’avancer malgré les obstacles. « Duke, réponds-moi ! ».
Après quelques minutes de recherche, Chin trouva Duke entrain de dégager une jeune femme coincée dans sa voiture.
Dès son réveil, Chin savait que cette journée allait être spéciale ; mais il ne s’attendait pas à ça. Tout son monde était en train de s’effondrer sous ses yeux. L’Hawaii qu’il connaissait c’était transformée en un champ de ruines. « Chin tu vas bien ? », cria Duke pour couvrir les bruits. Chin était perdu dans ses pensées mais l’appel de Duke lui en fit sortir. « Euh, oui très bien ! », répondit-il.
Le corps qu’avait découvert le HPD une heure plus tôt n’avait pas bougé. Seule de la poussière séjournait maintenant sur ce corps inerte. « Duke vient m’aider on va mettre le corps dans ma voiture ! », s’écria Chin.
Duke arriva en direction de son ami d’un pas déterminé.
« Tu as pris des photos avant de déplacer le corps ? », demanda le lieutenant Lukela.
« Tu me prends pour qui Duke ? Allé, aides moi ! J’ai toujours un ordinateur dans ma voiture avec un réseau n’importe où et n’importe quand. Enfin normalement. On va donc pouvoir savoir qui est ce jeune homme d’un instant à l’autre », expliqua Chin à son ami qui était totalement largué face à cette nouvelle technologie.
Les deux hommes empoignèrent le corps et se dirigèrent vers ce qui était autrefois la voiture de Chin. Un énorme bloc de béton d’un bâtiment c’était effondré sur le capot, brisant la totalité des vitres. Le coffre ne paraissait pas trop en mauvais état et Chin croisa les doigts pour que son matériel soit encore opérationnel.
« C’est bon, tout fonctionne ! », s’écria-t-il.
Duke, qui était resté en retrait, entendit des cris provenant du sous-sol d’un bâtiment.
« Chin, je vais aider les gens coincés dans les décombres ! Je peux te laisser sur cette affaire ? » Questionna Lukela qui commençait déjà à avancer en direction de ce qui était autrefois, la mairie. Chin était totalement subjugué par ce qu’il venait de découvrir. Il ne prit même pas la peine de se retourner pour répondre à son ami : « Euh oui vas-y. Mais gardes ta radio sur toi on ne sait jamais ! ».
Quelque part au centre d’Honolulu.
Danny et Kono étaient tous deux en train d’enlever des blocs de bétons dont une femme enceinte était prisonnière. Cette dernière présentait de multiples contusions à la tête et avait sa jambe complétement broyée par des bouts de bétons.
«Quelle est votre nom ? » Demanda Danny.
« Annie », répondit-elle comme si elle venait d’utiliser son dernier souffle.
« Annie, moi c’est Danny et voici ma partenaire Kono. Vous allez vous en sortir, ne vous en faites pas. On a juste à enlever quelques bouts de pierres et le tour est joué ! ».
Danny savait que la tâche allait s’annoncer plus difficile que prévu, mais le temps leur manquait. Si ce qu’a dit Duke est vrai, si la vague arrive plus tôt que prévu, les minutes seront précieuses. Danny commençait maintenant à dégager les blocs de pierres qui encombraient les membres inférieurs de la jeune femme.
« Garçon ou fille ? », interrogea Kono.
« C’est une petite fille », rien qu’à l’entendre, la jeune femme avait repris du poil de la bête.
Kono savait que le sujet du bébé pouvait être un bon moyen de motiver la jeune femme. « Vous avez déjà un prénom ? », questionna Danny qui passa de l’autre côté de la jeune femme pour retirer les pierres qui bloquaient sa jambe droite.
« Non pas encore. On en pas vraiment parler avec mon mari. Vous avez des enfants ? »
« Moi non mais Danny oui. Il a une petite fille de 11 ans, elle s’appelle Grace ».
« J’aime bien Grace ».
Après plus de dix minutes de travail acharné, Danny et Kono réussirent à remonter Annie à la surface. Des ambulances étaient arrivées à toute à l’allure sur les zones les plus touchées par le séisme. Il fallait faire vite. Danny et Kono amenèrent Annie dans l’ambulance la plus proche et au moment de leur dire au revoir et de les remercier, Annie expliqua : « merci beaucoup vous deux, et finalement, j’aime vraiment bien Grace. Je vais proposer ça à mon mari ce soir ». Danny repensa au jour où il a décidé d’appeler sa fille Grace... « J’en serai vraiment ravi. Bonne chance à vous et remettez-vous bien ! ».
Une fois les portes de l’ambulance fermées, Danny regarda son portable. Steve de donnait aucuns signes de vie depuis ce matin, et plus les minutes passaient, plus Danny était inquiet.
« Bon, on fait quoi ? », questionna Kono qui voyait bien que son partenaire avait le regard dans le vide. « Je m’inquiète vraiment pour Steve là », répondit-il sèchement.
« Steve est un grand garçon, bordel ! Il va arriver à se débrouiller tout seul t’inquiète pas ! On doit rejoindre Chin et Duke pour récupérer le corps et se mettre à l’abri ! »
« Justement si, je m’inquiète. Tous les scénarios sont possibles Kono, tu ne comprends donc pas ? En tout cas, je suis sûr d’un truc ; c’est qu’il m’aurait appelé ou laisser un message s’il avait eu son portable avec lui ».
Danny ne pouvait s’empêcher de croire que Steve pensait à ce dernier qui se faisait un sang d’encre pour son meilleur ami. Il espérait juste qu’il était encore en vie et que tout allait bien pour penser à cela.
« Franchement Danny, on ne peut pas penser à lui. On doit aider le plus de monde possible. Moi aussi je suis inquiète mais tu veux faire quoi hein ?! »
« Je pensais que tu serais quand même plus affectée par sa disparition que ça Kono… »
« Mais il n’a pas disparu bon sang ! On ne sait pas où il est, il y a une différence ! Je m’inquièterai quand on saura où il est et ce qu’il a ! »
« Je te trouve sans cœur parfois ».
« Moi ?! Sans cœur ?! Mais vas te faire foutre Danny ! Il y a des dizaines de gens affolés et blessés, et toi tu me dis être « sans cœur » ? »
Sur ces dernières paroles, Kono fit volte-face et courra en direction des pompiers qui avaient besoin d’un coup de main.
Centre de Waikiki.
Après la découverte qu’il avait faite à propos du corps, Chin referma le coffre et alla chercher son portable sur le siège conducteur. Il fallait impérativement qu’il prévienne le gouverneur.
« Gouverneur Denning. »
« C’est Chin Monsieur. Je vous appelle à propos d’un homicide ce matin au centre de Waikiki. »
« Ecoutez lieutenant, j’ai d’autres chats à fouettés en ce moment même ».
« Mais justement Monsieur, je ne sais pas si ça vaut le coup d’enquêter sur ce meurtre dans de telle circonstances… ». Commença à expliquer Chin.
« Que voulez-vous dire ? »
« L’homme qui est mort est l’homme qui est responsable de la fausse heure d’arriver de la vague. Quelqu’un l’a tué alors qu’il piratait les données des gardes côtes pour nous tromper dans l’heure. Il y a un peu moins d’une heure, on nous a annoncé que la vague arriverait plus vite que prévu, et pour tout dire, ça coïncide avec la mort de ce type ».
« Si celui qui piratait les données des gardes côtes est mort, vous n’avez plus à rien faire lieutenant. De toute manière, la vague va tout rafler. Alors mettez à l’abri le plus de personnes possibles et mettez-vous aussi en sécurité ».
« Très bien Monsieur. Dernière question, avez-vous des nouvelles de McGarrett ? »
« Non, pas la moindre du monde ».
« Très bien Monsieur ».
« Bonne chance Chin et restez en vie ! », lança le Gouverneur avant de raccrocher.
Pour Chin, le gouverneur avait raison. La vague allait tout démolir sur son passage alors le mieux qu’il lui restait à faire était de sauver les personnes encore en vie.
Quelque part au centre d’Honolulu.
Danny ne savait plus où il en était. Il avait l’intime conviction que son meilleur ami n’allait pas bien, mais malgré cela, il ne pouvait rien faire, il était totalement impuissant. Son téléphone se mit à sonner et Danny pria un instant afin que son interlocuteur soit Steve avant qu’il ne déchiffre son appel entrant : Chin. « Oui Chin ? »
« Est-ce que tu vas bien ? Est-ce que Kono va bien ? Elle ne répond pas à mes appels. Il ne vous est rien arrivé ? » Chin était dans tous ses états. Après avoir vu les dégâts qu’avaient causé ce tremblement de terre, il avait prié pour ne pas que Kono ou même Danny ne se retrouve ensevelit sous un tas de pierre.
« Calme-toi Chin, on va bien tous les deux. Les dégâts autour de nous sont indescriptibles mais on va bien ! ».
Danny put entendre à l’autre bout du combiné que son ami poussait un soupir de soulagement.
« Tu as des nouvelles de Steve ? ».
La question transperça le cœur de Danny. Non, il n’a pas de ses nouvelles, il doit être en train de crever sous sa maison mais non il n’avait pas de nouvelles, pensait-il.
« Non aucune et je suis inquiet au point où je ne sais plus quoi faire Chin…Je suppose que tu n’as pas eu le temps de lancer l’avis de recherche n’est-ce pas ? ».
« Non j’ai pas eu le temps. Et même si je l’avais eu, je ne pense pas, enfin je suis sûr que le HPD n’aurait pas déployé deux de leurs hommes pour rechercher McGarrett.»
Chin avait raison. L’avis de recherche n’aurait servi à rien.
« Écoute Danny, avant que la vague n’arrive, je ne pense pas qu’on pourra aller le chercher. On a moins d’une heure, et même si on imagine qu’il soit resté chez lui, tu n’atteindras pas sa maison avant la vague c’est impossible », expliqua Chin à son ami qui était de plus en plus paniqué.
« Je vais quand même essayer Chin. Il aurait fait pareil pour moi j’en suis sûr. Tu dois faire un truc pour moi. Appelle les gardes côtes et demande-leurs l’heure d’arrivée exacte de la vague. Dès que tu as l’information, tu me l’envoies par message. Ainsi, au moins je serais fixé. Du centre d’Honolulu, j’en ai pour 10 minutes en courant pour me mettre à l’abri. J’y arriverai, j’en suis certain ? Oh et dernière chose Chin, si jamais il m’arriverai quoique ce soit, prends soin de Grace pour moi. Steve, Kono et toi, vous êtes une vraie famille pour elle. Fais ça pour moi d’accord ? ».
Chin savait qu’il lui était impossible de contredire son ami. Ces dernières paroles lui brisèrent le cœur et bien que se fût une très mauvaise idée ; il accorda le service à Danny. Au moment où Danny raccrocha, il se retourna et vit Kono, qui à priori, avait entendu toute la conversation.
« Chin va bien ? » demanda-t-elle sur un ton sec.
« Oui t’en fais pas. Il se faisait du souci pour toi, tu ne décrochais pas ton téléphone.»
« Il s’est cassé dans ma chute »
« Écoute Kono… » Commença à expliquer Danny.
« Je sais, tu es désolé et tu ne pensais pas ce que tu m’a dit. Tu es à bout de nerf et je le comprends. Parfois, on dit des choses qu’on n’aurait jamais voulues dire, moi la première. Mais cesse ces bavardages, il faut qu’on retrouve Steve tu as raison. Il aurait fait la même chose pour nous ! »
« Euh non, tu ne viens pas avec moi Kono, mets-toi à l’abri le plus vite possible. »
Avant même qu’il ne finisse de parler, Kono était déjà en route en direction de la maison de Steve. Danny abandonna et se mit à courir pour la rattraper.
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Chapitre 3 :
Quelque part à Hawaii.
Steve ouvrit les yeux. Il avait mal partout, tous ses membres le faisaient souffrir et la tête lui tournait. Il avait du mal à respirer. Chaque inspiration se faisait rare. Il cligna des yeux. L’obscurité l’enveloppait de son manteau. Où était-il ? Comment avait-il atterrit ici ? Il était assis, les jambes ramenées contre son torse et les bras tordus dans un angle inquiétant. L’espace était largement trop petit pour son corps. Il réussit néanmoins à passer une main sur son crâne. Il sentit sous ses doigts quelque chose de liquide et poisseux. Du sang. Il grimaça. La plaie de son cuir chevelu le lançait terriblement. Avait-il été assommé ? Par qui ? Sa respiration s’accéléra. Non, il devait se calmer, il devait économiser le peu d’oxygène qu’il y avait ici. Il tendit alors l’oreille. Il reconnut la corne d’un bateau. Etait-il en mer ? Non, ça ne tanguait pas. Soudain, une voix se fit entendre. Une voix ?
« Hey ! Il y a quelqu’un ?! S’il vous plaît par ici ! ». Il se tut et attendit. Mais seul le silence lui répondit. « S’il vous plaît ! S’il vous plaît… ». Il se sentit subitement fatigué. Il posa sa tête contre la paroi froide et ferma les yeux. Brusquement, il entendit une sirène. Une alerte tsunami…
Maison de McGarrett.
Kono et Danny arrivèrent tant bien que mal chez Steve. Les deux partenaires étaient essoufflés, Danny crachaient ses poumons pendant que Kono reprenait petit à petit son souffle. La maison de Steve n’était plus qu’un champ de ruine. Les arbres s’étaient écroulés sur le toit détruisant toute la maison au passage. De la rue, Kono et Danny pouvaient voir la plage privée de leur patron qui donnait sur l’océan. L’océan qui, était leur pire ennemi à présent. A peine après avoir repris son souffle, Danny paniqua et se mit à crier : « Steve ! STEVE !! ». Tout en criant, il grimpa sur la maison réduite en ruine et commença à creuser, sans vraiment bien savoir où chercher, mais aussi, sans vraiment savoir ce qu’il allait trouver. « Steve, réponds mon pote ». Danny avait le cœur qui battait à cent à l’heure. Il se sentait si fort mais en même temps si démuni. Il n’avait qu’une chose en tête, retrouver Steve avant que la vague n’arrive.
Pendant ce temps, Kono prit du recul, beaucoup de recul, afin de comprendre où son boss pouvait être. Danny avait foncé tête baissée dans le tas, mais Kono avait d’ores et déjà constaté que le pick-up bleu n’était plus là. Elle constata aussi des traces de pneus indiquant que son boss était parti précipitamment de chez lui ; peut-être trop précisément d’ailleurs. La jeune femme essayait de trouver une explication rationnelle à tout cela : « Il a dû avoir une urgence…je ne sais où, et puis il a oublié son portable tout simplement ». En se disant cela, elle voulait tout simplement se rassurer. Parce que même si Steve avait été pressé, la situation actuelle était une urgence. La jeune femme se persuadait qu’il aurait essayé de prévenir une personne de l’équipe afin de les rassurer.
Kono regardait la direction qu’avait prise Steve avec sa voiture. Ses traces allaient en direction du centre. Tout en suivant les traces du regard, elle commença à lever la tête. Elles les suivaient tout au long de la rue. Tout à coup, son sang se glaça. Elle percevait au loin une voiture méchamment accidentée parmi les débris de maison qui traînaient sur la route. La voiture était bleue, cependant de là ou se trouvait la jeune femme, elle ne pouvait pas affirmer que cette voiture était un pick-up. Tout son corps tremblait. Malgré les tremblements, elle se mit à courir. Elle voulait à tout prix savoir si cette voiture appartenait à Steve.
Danny leva la tête au moment même où Kono se mit à courir. « Kono ?! » cria t-il. Cette dernière ne répondant pas, il décida de descendre du tas de ruines afin de connaître la raison de sa fuite. Le corps de Danny s’emballa quand il se trouva au milieu de la rue, en train de contempler la direction qu’avait pris Kono. Bien qu’il ne puisse être certain que cette voiture appartenait à Steve, il se persuadait que son ami était dans cette voiture et qu’il allait enfin le retrouver. Une poussée d’adrénaline lui permit de restituer toute l’énergie qu’il lui restait afin de courir en direction de l’accident.
Quelque part à Hawaii.
Le cœur de Steve s’emballa. Il voulait à tout prix sortir d’ici. Il voulait se débattre comme il l’aurait fait autrefois. Mais il ne fit rien. Il ne pouvait rien faire. Son corps ne répondait plus et une violente douleur à la tête le fit revenir à la raison : il était coincé ici.
C’était la première fois de sa vie que Steve se sentait totalement impuissant face à une situation. Son destin ne lui appartenait pas. Il essaya tant bien que mal d’atteindre sa poche de pantalon pour essayer de trouver son portable. « Si Dieu existe, qu’il se manifeste maintenant », pensa-t-il à voix haute.
Le simple fait de bouger son bras provoqua une douleur intense au niveau de son épaule. Il émit un gémissement à peine audible. Un mal pour un bien, son portable était bien là. Il le sortit avec beaucoup de mal et pria pour qu’il fonctionne encore malgré les dégâts sur l’écran. Comment avait-il pu encore avoir son portable ? Pourquoi ne pas le lui avoir pris avant de le mettre dans ce container ? Des questions auxquelles Steve n’avait aucune réponse. A vrai dire, il n’y pensait même pas. La seule chose qu’il l’intéressait, pour le moment, était de trouver un moyen de sortir d’ici. Et ce moyen, il l’avait entre ses mains.
Il appuya sur le dernier appel reçu : Danny.
Maison de McGarrett.
« STEVE ! » cria Kono qui arriva au même moment sur les lieux de l’accident.
« Il est là ? » demanda Danny qui s’approcha d’un pas plutôt lent ; de peur de ce qu’il allait découvrir.
Kono fit un rapide tour du pick-up. Celui-ci ne ressemblait plus à rien. Il était au beau milieu de la route sur le toit. « Non. » Les deux partenaires échangèrent un regard qui en disait long. « Danny regarde ! La portière est totalement arrachée. On a du l’extirper de là c’est pas possible autrement ! ». Danny ne pouvait plus dire un mot. Il était obnubilé par ce qu’il voyait. Il se pencha lentement pour contempler l’intérieur de la voiture, à la recherche d’un indice, mais ce qu’il vit lui transperça le cœur. Où que Steve se trouve, il était mal au point. Son sang gisait un peu partout sur le pare-brise, mais il y en avait surtout au niveau de l’appui-tête. « Je me sens vraiment pas bien » expliqua Danny d’une petite voix.
Kono le vit s’éloigner et s’appuyer contre un mur encore debout après le séisme. Il s’accroupit et mit sa tête entre ses jambes. « On a aucun indice Kono... Il nous reste combien de temps ? Trente minutes ? Peut-être moins, pff j’en sais rien, je sais plus quoi faire… »
« Je ne sais pas Danny, mais on a plus beaucoup de temps c’est sur. Il n’y a déjà plus personne dans ce quartier ». Kono s’approcha de Danny et l’aida à se relever. « On retourne à la voiture et on se casse d’ici ».
« Et Steve ? », Danny posa la question en regardant Kono dans les yeux. Ceux-ci se remplirent instinctivement de larmes. Kono ne prit pas la peine de répondre à la question. Avec ce qu’ils avaient comme « preuves », ils ne pouvaient pas connaître l’endroit où se trouvait Steve. Malgré le fait qu’ils savaient que Steve avait été extirpé du pick-up, il était impossible de savoir si c’était pour le sauver ou le kidnapper. Les deux partenaires n’avaient qu’une chose à faire, prier pour que son ravisseur, ou son sauveur, l’ait emmené dans un endroit sûr.
Ils se mirent à courir en direction de la voiture quand le téléphone de Danny se mit à sonner. Il n’hésita même pas une seconde à le retirer de sa poche pour connaître le numéro entrant. En voyant le nom du correspondant s’afficher, le cœur du jeune homme s’emballa et il pria pour que son partenaire aille bien et qu’il soit dans un endroit sûr.
Mais ce n’était pas le cas...
« Steve ! »
Centre de Waikiki.
« Kono tu vas bien ? »
« Chin, le portable de Danny vient de sonner et c’est Steve qu’il a au bout du fil. Tu es où ? Au bureau ? Il faut que tu traces son portable Chin, je n’ai pas le matériel avec moi ! ». Kono était paniquée. Il fallait à tout prix que son cousin puisse tracer son portable avant que la vague n’arrive.
« Calmes toi Kono, je suis au bureau ».
Chin avait pris une voix on ne peut plus rassurante pour Kono mais il était tout aussi paniqué qu’elle. Il n’avait pas connaissance des découvertes de ses partenaires et de ce fait, il ne pensait pas que Steve soit en danger. Mais le simple fait de perdre un membre de son ohana et de perdre encore un être cher le mettait dans tous ses états.
« On sait s’il va bien ? » questionna Chin qui se demandait si Kono était toujours au téléphone.
« Je ne sais pas du tout, Danny est au téléphone avec lui. Je n’ai pas attendu pour t’appeler afin de gagner du temps pour le retrouver mais... »
Il y eu un long silence qui en disait long à Chin.
« Mais quoi ? » continua Chin qui ne savait pas ce qu’il se passait au bout du fil.
« Je ne crois pas qu’il aille bien ». Chin ne répondit pas à cette dernière réplique. Le résultat de sa recherche était tout proche et il n’attendait qu’une chose, que l’endroit où se trouvait son ami s’affiche à l’écran. « C’est bon je l’ai ! Il est au port d’Honolulu, quai numéro 3 ! »
« On fonce Chin, on se tient au courant ! »
« Faites attention, et dépêchez vous surtout ! ».
Mais Kono n’entendit pas la fin de sa phrase. Elle avait déjà couper court à l’appel afin de se mettre à courir en direction de la voiture.
Maison de McGarrett – au même moment.
« Steve ! »
« Da..nny, ai…des..mo..i », tenta d’articuler Steve qui commençait cruellement à manquer d’air.
« Chin est en train de tracer ton appel. Tu vas tenir le coup, on va venir te cherche mon pote. »
Le cœur de Danny battait si fort qu’il allait finir par sortir de sa poitrine. Un sentiment de peur l’imprégnait. Combien de temps Steve allait-il pouvoir tenir ? Allait-il le retrouver à temps ? Et cette vague qui avançait toujours…
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Chapitre 4 :
Quelque part en direction du port d’Honolulu.
« Steve tu es toujours là ? »
Danny ne put raccrocher l’appel qu’il tenait avec son partenaire. Il voulait à tout prix l’entendre parler jusqu’à ce qu’ils viennent le récupérer. C’était la première fois que Kono conduisait la Camaro. La jeune femme entraina la voiture à son maximum pour arriver au port le plus vite possible. Danny sentait que son cœur s’emballait. Depuis la naissance de Grace, le détective était devenu hyper protecteur envers les gens qu’il aimait. Il ne pouvait s’empêcher de stresser pour rien et de se faire des films à longueur de journée. Bien que ses amis et collègues lui reprochaient cette facette de sa personnalité, ils devaient parfois avouer que cette dernière jouait souvent en sa faveur. Et aujourd’hui, c’était encore le cas.
« Steve bon sang ! » Cria Danny à son téléphone, priant pour avoir une réponse de son collègue, partenaire, ami et frère.
« ... »
Danny n’entendait que des bruits venant de son interlocuteur. A priori, Steve n’arrivait plus à respirer. Il arrivait à entendre la difficulté que son partenaire avait à prendre une bouffée d’air.
« Ecoute Steve, je viens te chercher. Tiens le coup mon frère s’il te plaît ne me fais pas ça ! Tiens le coup merde ! Fais-le pour ta sœur, pour ta mère, pour Kono, Chin. Fais-le pour Grace et fais-le pour moi, je t’en prie ! »
« Tu entends quelque chose ? » Questionna Kono qui ne lâchait pas la route du regard.
« J’entends sa respiration mais il ne parle pas merde ! STEVE ?! » Danny perdait le contrôle.
La communication que tenait Danny avec son partenaire s’arrêta d’un coup. « Steve ? Allo ? ». Le gars du New Jersey n’en pouvait plus. De savoir son partenaire dans un sale état le mettait hors de lui.
« Qu’est-ce qu’il se passe ? » Demanda Kono qui était de plus en plus paniquée en voyant la peur que ressentait son ami.
« L’appel a coupé, bordel ! », tout en parlant, Danny jeta son portable sur le tableau de bord.
Le centre d’Honolulu était totalement dévasté. Deux heures auparavant, celui-ci était peuplé de touristes profitant de ce soleil d’été. Il était composé d’immeubles en tout genre, avec ses boutiques de luxes et ses restaurants étoilés, avec ses quartiers culturels et ses petits restaurants traditionnels, avec sa plage et ses bistrots, avec ses touristes d’un jour et ses natifs de l’île, avec ses surfeurs professionnels et ses apprentis surfeurs, avec son ambiance et sa bonne humeur. Tout cela n’existait plus. Certains immeubles avaient tenu le coup, mais Honolulu n’était plus qu’un champ de ruines. La bonne humeur et la joie de vivre qui se dégageait de cette magnifique ville encore le matin même, avaient laissé place à une tout autre atmosphère. Au milieu de cette ville déserte, la Camaro filait à tout allure en direction du port.
« J’ai toujours considéré Steve comme mon grand-frère. Et je n’ai pas envie de perdre une personne de ma famille. Pas maintenant. Pas après tout ça. Pas après tout ce qu’on a vécu ensemble ».
Kono ressentait subitement le besoin de parler. Dans un sens, ça l’aidait à tenir le coup. Ça ne pouvait pas se terminer maintenant et le fait de se souvenir de certaines choses l’aidait.
« Tu te souviens de son gâteau d’anniversaire en forme de grenade piégé au sel ? »
Danny attendit un instant avant de continuer : « je crois qu’il s’en souviendra encore longtemps de celle-là ». Un fin sourire se dessina sur les lèvres des deux collègues.
Un dernier virage les séparait du port. Kono prit la tangente et fit crisser les pneus. La dernière ligne droite était une torture pour tous les deux. Avant même que la voiture ne s’arrête, Danny était déjà dehors et enfonça le portail du port. Dans sa poche, son portable se mit à sonner. Il ne voulait pas répondre, il ne voulait qu’une chose, c’était de foncer à ce quai numéro 3, seulement, son instinct eut raison de lui. Il s’arrêta net et décrocha son téléphone.
« Parlez vite sinon je raccroche ! »
« Danny c’est Chin. La vague arrive, il faut que vous partiez. Vous êtes au port là ? »
« Oui ».
Danny se tourna en direction de Kono, comme s’il voulait la prévenir de quelque chose de grave. Cependant, cette dernière fixait l’horizon et Danny pouvait percevoir son inquiétude. Son sang se glaça avant même de se retourner en direction de l’océan. Sa main ne supportait plus le poids de son portable et celui-ci tomba sur le sol.
« Danny ? T’es toujours là ? Mettez-vous à l’abri tout de suite merde ! »
Pendant quelques secondes, qui fut une éternité pour Chin, Danny ne cessait de penser. Il pensait à sa fille qui était en train de faire un des plus grands parcs d’attraction des Etats-Unis à Orlando. Il pensait à Kono et Adam, ainsi qu’à leur amour naissant. Il pensait à tout ce qu’ils étaient prêts à mettre en péril pour aller sauver un membre de leur famille. Kono et Danny échangèrent un regard qui en disait long. Dans ce regard, une décision fut prise. Elle fut prise à deux.
« On va chercher Steve ».
Quelque part quai numéro 3.
La main de Steve reposait inerte sur le sol froid du conteneur dans lequel il était prisonnier depuis plusieurs heures. Elle n’était qu’à quelques centimètres de son portable qu’il avait laissé tomber en s’évanouissant. Le SEAL rouvrit péniblement les yeux. Il se lécha faiblement les lèves. Il pouvait sentir qu’elles étaient sèches et craquelées, et il savait avec certitude qu’elles commençaient à bleuir. Sa poitrine lui faisait à présent mal à force de lutter pour de l’oxygène qui, en fin de compte, avait de plus en plus de mal à lui parvenir. Son cerveau et sa vue en devenait flous. Il n’arrivait plus à se concentrer. Sa tête lui faisait horriblement mal. Tout ce qu’il s’ordonnait était de ne pas laisser la panique l’emporter, ce serait sa mort assurée.
« Danny… » Souffla-t-il.
Il avait besoin de lui, tout de suite et maintenant. Son autre main, posée sur son torse, se serra autour de son t-shirt. Il avait tellement besoin d’air. Il sentit de la sueur ruisseler de son front. Comment avait-il pu se mettre dans une situation pareille ?! Et ce tsunami qui approchait…En plus il mettait son équipe en danger ! Il regretta alors d’avoir appelé son partenaire. Il se sentait totalement égoïste, il avait une fille lui ! Et à cause de lui, il n’allait peut-être jamais la revoir…Emporté par les émotions, il manqua d’air. Il se mit brusquement à haleter comme un poisson hors de l’eau. Tous ses membres tremblèrent, son teint devint bleu, des gouttes de sueur roulèrent le long de ses tempes et ses yeux commencèrent lentement à se fermer…
Port d’Hawaii.
« Mais où est ce putain de quai numéro 3 ?! » Pesta Danny en courant dans le port comme s’il était poursuivi.
« Danny, calme-toi. S’il te plait. » Lui lança Kono qui courait auprès de lui.
Soudain, ils se figèrent net. L’alarme retentit, aigüe et pressante dans tout le port. Les deux flics plaquèrent leurs mains sur leurs oreilles. Le tsunami arrivait…
« On doit continuer ! » Cria Danny afin de couvrir le bruit assourdissant et afin de se faire entendre de Kono.
Cette dernière hocha la tête et ils se remirent à courir. Ils coururent de toutes leurs forces, ignorant leurs points de côté, leurs respirations de plus en plus difficiles, la douleur de leurs muscles et leurs poumons qui criaient. La seule image de Steve en train de mourir les faisait avancer, ignorant tout ce qui pouvait les arrêter.
La seule fois où ils s’arrêtèrent, ce fut lorsqu’ils virent une vague d’une hauteur de cinq étages se diriger vers eux avec la mort…
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Chapitre 5 :
Quelque part sur la côte.
Plus rien n’était comme avant. Tout ce qu’il avait été construit par l’homme n’était plus que ruine, un tas vulgaire de débris. Le sable se mêlait à la terre, les maisons ressemblaient à de vieux châteaux de cartes renversés, les voitures étaient revenues à l’état de ferraille et l’eau avait repris sa place maîtresse. Sauvage et incontrôlable, elle recouvrait l’île de son autorité bestiale. Tout était chaos. Seuls les cris poussés par une population blessée témoignaient d’un reste de vie humaine. L’apocalypse s’était déchaînée sur Hawaii. Elle avait emportée avec elle des vies, des souvenirs, une société humaine toute entière, ne laissant derrière elle que des pleurs, des morts, des peurs, des corps. La nature venait de reprendre le dessus. Telle était la folie meurtrière des éléments qui clamaient justice. Elle se résumait à des cris d’enfants appelant leurs mères, à des plaintes déchirantes, à des faibles râles, à des gémissements désespérés et à un rugissement de colère. Les routes étaient immergées, des briques rouges sillonnaient le peu de terre ferme, des poutres dégringolaient du peu d’immeubles encore debout et des fils d’électricité pendouillaient pitoyablement. On aurait dit un décor de théâtre laissé à l’abandon.
Port d’Hawaï.
« Daaaaaannnnnny ! Réveille-toi !!! »
Le jeune lieutenant se réveillait doucement d’un sommeil qui lui paru une éternité. Il ne savait absolument pas où il se trouvait, comme au lendemain d’une bonne soirée arrosée. Une voix lancinante résonnait dans sa tête depuis quelques minutes. Peut-être Kono… Mais le jeune homme ne voulait pas ouvrir ses yeux, ses paupières lui paraissaient tellement lourdes.
« Je t’en prie Danny, ouvre les yeux ! Aides-moi ! »
Et d’un seul coup, tout lui revînt. Cette matinée sur la plage à essayer d’apprendre le surf, l’annonce d’un imminent tsunami, son meilleur ami qui ne décrochait pas son téléphone, la course contre la montre pour le retrouver, la galère pour à atteindre le port à temps, et enfin, l’immense vague, comme le point de commencement d’une nouvelle étape. Les yeux du lieutenant s’ouvrirent petits à petits et en reprenant conscience, ce dernier constata avec effroi les dégâts qu’avait causés la vague.
« Réveille-toi bon sang ! »
« Kono ?! T’es où ? »
Les mots de Danny sortirent par saccades. Ses muscles étaient endoloris mais il arriva tout de même à bouger ses membres. Une grosse entaille me recouvrait le mollet. Cependant, il ne devait pas faiblir, il devait paraître fort pour Kono…pour Steve.
« Je suis bloqué Danny, il faut que tu viennes m’aider ! »
Le jeune homme essaya tant bien que mal de me relever. L’eau leur arrivait à la taille, et Dieu sait sur quoi leurs pieds reposaient. Tout en avançant, Danny écarta les débris à l’aide de ses mains pour se faire de la place. Diverses choses flottaient mais une seule attira son attention. C’était une peluche qui devait appartenir à une petite fille ou un petit garçon... A cet instant précis, il se rendit compte qu’au final, tout le monde n’avait pas été évacué à temps. La plupart des personnes avaient pu rejoindre les endroits les plus reculés, mais les familles avec enfants, ou personnes à mobilités réduites n’avaient pas pu aller bien loin. La vague était arrivée trop vite pour cela. A ce moment-là, c’était peut-être dur de s’en apercevoir, mais plusieurs vies étaient en jeu et les personnes pouvant aider, ne serait-ce qu’un peu, devaient le faire…Il devait le faire. Il devait sauver son amie.
« Kono ?! »
« Je suis là Danny »
Danny apercevait enfin sa collègue. Seule la tête de la jeune femme n’était pas immergée. Ses jambes étaient apparemment coincées sous ce qu’il semblait être un pare-choc de voiture.
« Est-ce que tu as mal quelque part ? Tu sens encore tes jambes ? »
« Je peux pas te répondre Danny. Ça doit faire quinze, peut-être trente minutes que nous sommes inconscients. Je ne sens rien du tout, enfin je crois ».
La voix de Kono contenait angoisse et stress. Danny ne voulait pas la voir comme ça. Même dans une condition extrême comme celle dans laquelle ils étaient, il essaya de la calmer comme il le pouvait.
« Ok Kono. Je vais plonger et voir ce que ça donne. Dès que j’aurai déplacé ce truc, on verra ce qu’on fera d’accord ? ».
La jeune femme n’eut pas besoin de lui répondre. Un seul regard suffit à décider le lieutenant à plonger pour trouver un moyen de la décoincer.
Centre de Waikiki.
Cela faisait maintenant plusieurs minutes que le lieutenant Kelly essayait d’appeler sa cousine, ou Danny, sans aucunes réponses. Le simple fait d’ignorer si ses amis avaient pu se mettre à l’abri à temps le hantait. A ce moment-là, il aurait aimé être avec eux.
Devant l’écran de son ordinateur, il regardait les informations qui remettaient en boucle les images d’Honolulu totalement dévasté par le tsunami. Tout était réduit à néant et l’eau régnait en pièce maîtresse des lieux. Son portable à la main, il composa une dernière fois le numéro de sa cousine.
« … »
Toujours aucune réponse. Chin ne pouvait pas rester assis à son bureau à ne rien faire. Il fallait à tout prix qu’il trouve une solution pour rejoindre Honolulu afin de se mettre à la recherche de ses amis. En route pour chercher de l’aide auprès de Kamekona, son téléphone sonna. Pendant un instant de seconde, il pria pour que ce soit Kono au bout du fil, mais rien n’y fit.
« Lieutenant Kelly ? »
« Chin, c’est Duke ! Ecoute-moi, a priori, une deuxième vague arriverait en direction d’Honolulu. L’armée est en route avec des hélicoptères de sauvetages. Ils vont récupérer le plus de monde possible ».
« Je vais chez Kamekona, Duke. Il possède un hélicoptère. Je vais le prendre et ratisser la zone avec eux. Un hélico de plus ne sera pas de refus je suppose ».
« Tu as raison, je vais essayer de faire réquisitionner tous les hélicoptères de tourisme afin de mettre des agents prêts à aider l’armée. Des nouvelles de Kono et Danny ? »
« Non toujours pas. Je ne sais pas s’ils ont pu se mettre à l’abri à temps…Il faut à tout prix que je les retrouve ».
« Ok t’en fais pas, tu vas les retrouver. On se tient au courant Chin. Bonne chance ! »
« Merci Duke, bonne chance à toi aussi ! ».
Quelque part sur ce qui reste du port.
Steve battit faiblement des paupières. Que s’était-il passé ? Il essaya de bouger mais c’était comme s’il était emprisonné dans un étau. Tout son corps le faisait souffrir. Il sentit enfin pour la première fois du liquide qui l’entourait. Du liquide ? Dans quoi s’était-il encore embarqué cette fois ? Il leva un peu la tête mais s’arrêta aussitôt quand une douleur fulgurante lui transperça le crâne. Il recommença quelques minutes plus tard avec plus de précaution. Il comprit enfin où il était. On aurait dit la calle d’un bateau. Celle-ci était pratiquement sous l’eau. Le visage de Steve se froissa de douleur quand il tenta de bouger.
« Merde » pensa-t-il. Ses jambes et tout le bas de son corps étaient coincés sous des tonnes de débris. Comment était-il arrivé dans cette situation ? Il se souvint alors de l’alerte au tsunami et de son emprisonnement dans un conteneur. Ce dernier avait dû s’ouvrir avec la force de l’eau et il s’était donc retrouvé ainsi. Danny ! Il devait appeler Danny, savoir s’il allait bien, si le 5-0 allait bien. Mais comment ? Il ne pouvait pas bouger. Un tiraillement cuisant brûlait ses membres inférieurs. Il passa une main fébrile dans l’eau, atteignant un bout de sa jambe. Lorsqu’il la rassortit, il vit qu’elle était en sang.
« Génial… »
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Chapitre 6 :
Quelque part sur la côte.
Cela faisait maintenant plusieurs secondes que Danny avait plongé dans les eaux troubles pour essayer de décoincer sa partenaire. Cette dernière commençait à se faire du souci à ne pas le voir remonter, car ça lui paraissait une éternité. Plus les secondes passaient, plus la douleur transperçant ses jambes devenait intense. D'un seul coup, le tas de débris à moitié immergé dans l'eau s'écroula en créant un son très intense.
« AAAHHH ! »
La jeune femme cria à s'en déboiter la mâchoire. Elle comprit enfin ce qui la retenait prisonnière de ce tas de débris. Un bout de métal avait transpercé sa jambe de part et d'autre. Avec le mouvement des débris, celui-ci s'était retiré mais en ayant fait encore plus de dégâts sur la cuisse de la jeune femme. Kono dégagea sa jambe et se cramponna à un bout de mur. Sa jambe saignait abondamment. Sans la moindre hésitation, elle enleva la ceinture de son pantalon et fit un garrot de fortune sur le haut de sa jambe. La blessure était moche et dans les conditions dans lesquelles elle se trouvait, il y avait de forts risques d'infection. Il fallait qu'elle sorte de là et au plus vite.
Dans la précipitation et la douleur, elle ne pensait plus à son coéquipier. Quand elle détacha son regard de sa jambe et quand elle sortit enfin de ses pensées, elle posa son regard sur l'eau. Danny n'était toujours pas remonté, les secondes passaient, et il y avait de fortes chances qu'il se soit fait prendre au piège par le mouvement des débris ! Kono serra encore plus le garrot de fortune qu'elle venait de se faire à la jambe et plongea. Dans l'eau, elle ne distingua pratiquement rien. L'eau, autrefois d'une pureté et d'une clarté comparables à aucune autre, s'était transformée en une eau grisâtre et presque opaque. En essayant de nager comme elle pouvait, elle atteignit enfin le sol. De là, elle distingua une silhouette qui ne pouvait être que celle de son coéquipier. Tout en s'approchant, elle comprit que Danny était encore vivant et qu'il essayait de se débattre comme il le pouvait. En le rejoignant, Kono lui fit signe de donner toutes les forces qu'il avait à la fin du de son décompte. Cette dernière commença à compter et à trois, tous deux forçaient d'ores et déjà comme des malades pour soulever, même un tout petit peu, les débris sous lesquels Danny était coincé.
Au bout de quelques instants, un appel d'air se fit sous les débris et Danny put enfin se dégager. Kono prit son coéquipier sous les bras telle une vraie secouriste et l'amena à la surface. Elle se cramponna à la plateforme sur laquelle elle s'était assise juste avant et Danny se hissa dessus. Une fois dessus, il empoigna faiblement la main de Kono afin qu'elle puisse, elle aussi, se mettre au sec. Tout en reprenant son souffle, Danny lança : « J'ai cru que tu n'allais jamais venir ! ».
« J'ai paniqué, je ne te voyais pas revenir », expliqua Kono, encore essoufflée par ce qu'ils venaient d'endurer.
« Après tout ça, tu me feras penser à ne plus jamais mettre un pied dans l'eau c'est clair ? »
Cette phrase autrefois dite sur le ton de la rigolade était aujourd'hui une vérité vraie pour Danny.
« Pour la première fois de ma vie, je suis d'accord avec toi Danny ! »
Kono regarda le jeune homme qui souleva son t-shirt pour voir l'étendue des blessures.
« Tu dois avoir quelques côtes cassées Danny. »
Ce dernier ne répondit rien, il remit son t-shirt et s'approcha de sa partenaire. Dans la vie, Danny aimait bien faire le douillet pour une petite blessure mais ça ne reflétait pas sa vraie personnalité. Aujourd'hui, il devait se battre pour sauver les gens qu'il aimait. La jambe de Kono était en mauvaise était. Le saignement s'était presque arrêté mais l'entaille était vraiment profonde.
« Comment tu te sens ? » Demanda-t-il.
« De moins en moins bien je dois dire. »
« Ecoute Kono, on n’a pas trente-six solutions. Tu ne vas pas pouvoir bouger d'ici, te déplacer pourrait déclencher une nouvelle hémorragie. Je pense que les hélicoptères ne devraient pas tarder à arriver. Il faut que tu leur fasses de grands signes pour leur montrer que tu es là, d'accord ? »
« Et si je m'évanouis ? Ils ne me retrouveront jamais ! »
« Kono ! Tu es une jeune femme très forte et tu ne vas pas mourir ! Tes yeux resteront ouverts tant que les secours ne seront pas arrivés. Je n'ai pas envie de te laisser toute seule, mais je peux encore bouger et je pense pouvoir avancer dans ce merdier. Je dois absolument retrouver Steve, tu comprends ? Je sais qu'il ne doit pas être loin. »
Les larmes aux yeux, Kono fit un signe de tête en guise de compréhension envers son partenaire. Danny s'approcha doucement de Kono et déposa un baiser sur son front.
« Je vais tenir le coup, ne t'en fais pas. Je ne saigne quasiment plus tout va bien se passer. Steve a besoin de toi, il faut que tu le retrouves. »
« Sois forte Kono et ne t'inquiète pas, les secours vont bientôt arriver. »
Le lieutenant descendit de la petite plateforme sur laquelle ils s'étaient réfugiés et commença à avancer. La jeune femme vit la silhouette de son partenaire s'enfoncer de plus en plus dans ce qui était autrefois le port d'Honolulu.
Quelque part sur ce qui restait du port.
La vision de Steve commençait à se troubler petit à petit. Jamais il n'avait été dans une telle situation, il était totalement impuissant. Tout son corps commençait à s'engourdir et il se sentait partir à petit feu. L'eau qui l'entourait devenait de plus en plus rouge. L'ancien Seal ne voyait aucune solution à son problème. Il ne sentait rien et ne savait pas s'il pouvait encore bouger ses jambes.
Habitué à se battre pour sa vie et celle d'autrui, il n'avait plus la force. Habitué à ne jamais baisser les bras grâce à de rudes entrainements endurés à la Navy, il semblait ne plus en avoir envie. Tout lui semblait si lointain qu'il pensait avoir atteint le point de non-retour. Il se mit à penser à son père, mort en pensant rejoindre sa femme au ciel alors que celle-ci était belle et bien en vie. Et oui, il en voulait à Doris. Ces derniers temps, il avait tout fait pour retrouver une relation normale avec sa mère, mais au plus profond de lui, la rancœur et l'amertume ne laissait pas de place à l'amour. Il pensa à sa sœur qui avait enduré tant de choses à causes de la vie que ses proches avaient décidé de vivre. Il pensa à son Ohana et aux personnes auxquelles il tenait tant. Il pensa à Danny, qu'il considérait depuis longtemps déjà comme un frère. Tant de raisons de se battre pour survivre et pourtant le Seal se laissait de plus en plus aller.
A quelques centaines de mètres de là, Danny essayait tant bien que mal de se frayer un chemin au travers de ce qu'il restait du port. Plus rien ne ressemblait à ce qu'il voyait avant. L'océan s'étendant sur plus d'un kilomètre, il était totalement déboussolé avec toute cette eau. En temps normal, la panique l'aurait envahi mais la peur avait laissé place à l'adrénaline et au besoin de retrouver son coéquipier, son frère.
« STEVE !!! »
Après avoir crié le nom de son meilleur ami, il s'arrêta net dans l'espoir d'entendre une réponse ou un son qui lui indiquerait où s'orienter.
« STEVE ! Réponds-moi ! »
Les yeux de Steve étaient maintenant fermés. Pour lui, personne ne pouvait le trouver sous ces débris et les secours allaient arriver trop tard, pour lui en tout cas. En pensant à tout cela, il entendit quelque chose au loin. Il connaissait l'intonation de cette voix... Il savait à qui appartenait cette voix.
« Dan...ny… » tenta-t-il de dire. Est-ce qu'il était en train de se rapprocher de l'endroit où il se trouvait ? Il n'en savait rien. Il fallait à tout prix qu'il se fasse entendre. Il ne pouvait plus abandonner, plus maintenant. Il tenta de tendre son bras pour atteindre une petite barre de métal qui avait échoué près de l’endroit où il se trouvait. Après s’en être emparé avec les maigres forces qui lui restaient, il tapa sur un bout de plaque de métal qui flottait près de lui. Le son qui s'en dégagea n'était pas très fort mais suffisant pour que Danny puisse l'entendre.
« STEVEEEEEE !!! »
Il cria le nom de son partenaire une millième fois, s’arrêta et reprit son souffle. Tout son corps lui faisait mal et il commençait sérieusement à avoir soif.
« Ne jamais abandonner », pensa-t-il à voix haute quand tout un coup, un bruit lointain attira son attention. Après l'avoir entendu une deuxième fois et après être sûr que ça venait de quelqu'un et pas d'un bruit provoqué par le passage de la vague, il courut en direction du son.
« Steve j'arrive ! » Cria-t-il tout en essayant de courir à travers les débris. Puis en parlant à lui-même : « Je suis sûr que c'est toi mon pote ! » Ça ne pouvait pas être quelqu'un d'autre pensa-t-il. Ce qu'il avait entendu était une réponse à ses cris. Alors il n'y avait aucune chance que ce soit quelqu'un d'autre. Alors qu'en réalité, tout le monde aurait pu faire du bruit pour se faire entendre et se faire aider...
Quelque part sur la côte.
Kono haleta en entendant le bruit qu’elle espérait depuis plusieurs heures à présent. Ce n’était pas possible, elle devait être en train de rêver. Oui, c’était surement ça. Pourtant, en levant les yeux, elle le vit : un hélicoptère. Elle poussa un long soupir de soulagement et leva faiblement une main. Elle la secoua comme si sa vie en dépendait. Sauf que justement, ça vie en dépendait vraiment.
« A l’aide ! » S’écria-t-elle d’une voix rauque.
L’hélico plana quelques instants autour de la zone avant de figer dans les airs juste au-dessus d’elle. Il l’avait vue…
Quelque part dans le port.
Danny s’approcha de l’endroit d’où le bruit provenait puis il commença à entrevoir une main, un torse puis enfin…un visage. C’était Steve ! Il était là ! Il était vivant !
« Oh mon dieu, Steve ! Je suis là, mon pote. Je suis là. »
Il se jeta aux côtés de son meilleur ami et prit son visage dans ses mains.
« Steve ? C’est moi ! C’est Danno ! »
Le SEAL ouvrit péniblement les yeux et un sourire se dessina sur les lèvres craquelées lorsqu’il reconnut son partenaire.
« Danno… »
« Ouais, c’est moi. Je suis là, SuperSeal ! »
Le détective inspecta alors les blessures subies par Steve. Ce dernier avait visiblement les jambes coincées sous des tonnes de débris. Il était incapable de bouger. Mais ce qui l’horrifia davantage était le sang qui s’écoulait dans l’eau. L’entaille sur la tête de son meilleur ami était vraiment moche et le sang qui s’en écoulait n’était vraiment pas bon signe.
« Je crois que je suis…un peu…mal en point… »
« Tu crois ? Steve, il faut te sortir d’ici au plus vite ! »
« Ah ouais ? Et tu comptes…faire ça…comment Monsieur Perspicace ? »
« Déjà, ce n’est pas le moment de se disputer. Tu dois garder tes forces. »
« Merci, ça je le sais déjà… »
« Steve, je vais t’aider. Ne t’en fais pas. »
Soudain, le SEAL se cambra de douleur. Son visage se froissa et il poussa un cri déchirant. Les larmes aux yeux, Danny ne savait pas quoi faire pour le soulager. Brusquement, les cris s’arrêtèrent, puis plus rien.
« Steve ? »
Son partenaire avait désormais les yeux fermés, le teint cadavérique, il ne bougeait plus.
« Non, non, non ! Ne me fais pas ça ! Steven, arrête ça tout de suite ou je te jure que je te tue ! STEVE ! »
Il secoua son meilleur ami mais en vain. Steve ne se réveillait pas…
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Chapitre 7 :
Quelque part dans le port.
« Réveille-toi Steve je t’en supplie ! Ne me fais pas ça ! »
Danny ne savait plus quoi faire. Il ne savait plus où donner de la tête. Cela faisait maintenant plusieurs secondes qu’il essayait tant bien que mal de réanimer son meilleur ami.
Etant occupé ailleurs, Danny ne voyait pas ce qu’il se passait autour de lui. L’eau qui avait tout détruit sur son passage une petite heure auparavant commençait à se retirer à vive allure. Ceci annonçait dans la plupart des cas, l’arrivée d’une deuxième vague, certes moins destructrice, mais assez pour ratisser tout ce qui restait encore debout, et ensevelir toutes les personnes essayant tant bien que mal de trouver un endroit où s’abriter. Tout à coup, une autre sirène de détresse commença à résonner sur Honolulu.
« C’est quoi encore ça ? » Cria Danny à bout de souffle.
« STEVEEEEE ! »
Les efforts fournis par le lieutenant et les dernières paroles prononcées par ce dernier payèrent enfin. Le Navy Seal commençait à reprendre conscience avec une respiration plus que saccadée.
« Steve, ouvre les yeux mon pote. »
Danny tenait la tête de son meilleur ami entre ses mains pour essayer de le ramener dans un état d’éveil : « Aller Steve ».
« Je…suis…là….Danno… »
Un léger sourire de soulagement se dessina sur le visage de Danny. Il ne pouvait cacher sa joie quant au retour de son meilleur ami, de son frère.
« Tu restes avec moi d’accord ? Je vais essayer de te dégager de cette merde ! »
Le lieutenant n’eut aucune réponse de son partenaire.
« STEVE ?! »
« Oui… »
« Ecoute, il faut que tu me parles mon pote. J’ai pas envie que tu me refasses le même coup que tout à l’heure. »
« Je…vais essayer… »
« Non, non…tu n’essaies pas, tu le fais ! C’est compris ? »
« Oui…Dan…no »
Danny se remit debout et essaya de trouver un objet qui pourrait lui permettre de créer un levier afin de soulever les débris qui empêchaient Steve de bouger. En regardant autour de lui, il remarqua la direction qu’avait prise l’eau. Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour que Danny comprenne ce qu’il se passait. Une deuxième vague arrivait et c’était pour cela que la sirène avait de-nouveau été déclenchée. Commençant à paniquer, il agrippa le premier objet qui lui tomba sous la main.
« T’es toujours avec moi ? »
« Ou..ais…»
Avant de commencer à dégager son ami, Danny essaya de regarder l’état des jambes de ce dernier. Le dégagement de celles-ci pouvait provoquer une hémorragie qui serait mortelle pour Steve. Ayant déjà perdu beaucoup de sang, ce dernier pouvait encore perdre connaissance et ne jamais se réveiller. Cependant, le jeune homme n’essaya même pas de savoir quelles conséquences pourrait avoir son geste. Il inséra l’objet acquis sous les débris et poussa de toutes ses forces. Tout son corps lui faisait mal. Il avait l’impression que ses côtes cassées transperçaient ses poumons. Mais peu importe, la vie de Steve passait avant tout cela.
Danny ne savait vraiment plus quoi faire. Il n’arrivait pas à dégager Steve d’un demi-centimètre. Il poussa un cri de rage et de désespoir. Pourquoi diable ça ne bougeait-il pas ?!
« Dan…ny… »
« Ça va aller, Steve. Je vais te tirer de là. »
Mais au fond de lui, le détective en doutait fortement. Sans aide, il n’allait jamais y arriver. Pourtant, il devait sauver Steve ! Il le devait ! Soudain, le silence de ce dernier le figea.
« Steve ? Steven, t’es avec moi ? »
« Ouais… »
« Super. Heu…Ecoute mon pote, ça va prendre un peu de temps mais… »
« Danny, l’interrompit-il, pas…besoin de me…mentir…Je sais… »
Les larmes aux yeux, son partenaire secoua vivement la tête.
« Non, non. Je refuse de te laisser là ! Tu m’entends ?! »
« Danny… »
« Ferme-la Steven ! »
« Je…croyais que…tu m’avais dit de parler… »
Un faible sourire se dessina sur les lèvres craquelées du blessé et les deux flics se mirent à rire, un rire un peu nerveux mais un rire quand même. Cependant, leur rire se stoppa net lorsqu’ils entendirent une nouvelle alarme. La seconde vague se rapprochait…
Refuge.
Au même moment, Kono fut amené par les ambulanciers dans un hôpital de fortune, aménagé dans les hauteurs. Un grand gymnase, épargné par le tsunami, accueillait les blessés par milliers. Les gens étaient entassés sur des matelas, les uns à côtés des autres, les médecins en sous effectifs étaient sans cesse demandés, les gens étaient opérés sur place, ça criait, ça pleurait, c’était le chaos. Comme personne n’était enregistré, il était impossible pour les proches de retrouver les leurs. C’était le cas pour Chin. Ça faisait une heure qu’il essayait d’appeler tous les anciens collègues de Malia dispatchés dans plusieurs hôpitaux de fortune. Il déploya tous les moyens nécessaires pour retrouver sa cousine. Le simple fait de savoir sa cousine en sécurité et loin de la deuxième vague lui permettrait de garder son esprit clair et limpide. Il entra dans l’ancien gymnase avec l’espoir de retrouver sa cousine.
« S’il vous plaît, je cherche ma cousine : Kono Kalakaua. » S’exclama-t-il à la cantonade, espérant que quelqu’un lui réponde. Mais personne n’avait vu sa cousine. Désespéré et énervé, il se mit à crier : « Kono ! Kono ! » Il dut s’arrêter lorsque son portable sonna.
« Quoi ?! »
« Chin, c’est Duke. L’armée a repéré deux personnes prises au piège dans le port. Il semblerait que ce soit McGarrett et Williams. J’ai pensé que tu devrais le savoir. »
« Merci Duke. »
Il raccrocha et se passa une main sur son visage. Que devait-il faire ? Il n’avait pas retrouvé Kono et il ne savait pas dans quel état elle se trouvait. D’un autre côté, Danny et Steve avaient besoin de lui. Il se précipita au dehors du gymnase et grimpa dans le premier hélicoptère.
Quelque part dans le port.
« Steve ? »
Danny venait de remonter à la surface afin de s’assurer que son partenaire était toujours en vie. Cela faisait plusieurs fois qu’il plongeait sous l’eau pour tenter de dégager son partenaire, mais en vain.
« Steven ! »
« Hum… ? »
« Ouvre-les yeux, idiot ! »
Le SEAL se força à entrouvrir les paupières. Il se sentait de plus en plus fatigué et il ne savait pas combien de temps allait-il pouvoir tenir.
« Super. T’en fais pas. Un jour on racontera tout ça à nos petits-enfants en se marrant ! »
Soudain, un bruit d’hélicoptère rugit au-dessus d’eux.
« Tu entends ça, mon pote ?! » S’écria Danny en pleurant de joie.
Un sourire apparut sur le visage de Steve mais ce dernier semblait à peine conscient de la situation. Son partenaire sentit un poids se soulever de sa poitrine en apercevant Chin dans l’appareil.
« Tu n’imagines même pas à quel point je suis content de te voir ! » S’exclama-t-il.
« Danny, monte ! » Cria Chin en lui tendant une main.
Le détective allait la prendre lorsqu’il se rétracta à la dernière minute.
« Et Steve ? »
« Ecoute, on n’a pas le matériel pour le dégager. Mais l’armée arrive bientôt. Aller Danny, monte ! »
« Je ne peux pas le laisser ! »
« Danny, tu es blessé, tu as perdu beaucoup de sang aussi et tu es probablement en hypothermie. Ne t’en fais pas pour Steve, l’armée arrive. Aller Danny ! On n’a plus beaucoup de carburant ! »
Le gars du New Jersey se tourna vers son partenaire qui arrivait à peine à garder connaissance. Il se jeta à ses côtés, prit sa tête entre ses mains. Les larmes aux yeux, il secoua la tête.
« Je ne l’abandonne pas, Chin ! »
« Danny ! Tu dois venir avec moi ! »
Mais le détective s’accrocha à Steve comme si ça vie en dépendait. Chin sauta de l’hélico et se précipita vers son ami. Il le prit par la taille et le força à reculer.
« Non ! Chin, tu ne peux pas faire ça ! C’est Steve ! CHIN ! »
Le flic fit la sourde oreille. Il savait que c’était pour le bien de Danny. Cependant, ce qu’il était entrain de faire subir à Danny le torturait de l’intérieur. Il ne voulait pas abandonner Steve non plus, mais il fallait bien se faire une raison. Danny n’arrivait pas à le dégager. Chin se rassurait en se disant que l’armée allait ramener Steve. L’alarme se déclencha à nouveau. La vague arrivait. Chin jeta, de force, Danny dans l’hélico.
« NON ! STEVE ! STEVE ! »
Il ferma la porte, les larmes aux yeux, le cœur serré et l’appareil décolla.
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Chapitre 8.
Le refuge.
Les yeux de la jeune femme s’ouvrirent lentement. Pourquoi était-elle ici ? Depuis combien de temps ? Elle ne pouvait pas répondre à ces questions. Elle avait perdu toute notion de temps. Elle avait perdu tout souvenir, jusqu’à…
« Merde ! » Réussit-elle à dire au moment où elle essaya de contempler l’environnement dans lequel elle se trouvait. Kono essaya de se redresser pour comprendre ce qu’il se passait quand elle se rendit compte qu’elle ne pouvait pas bouger. Son corps était un véritable légume dans lequel elle était prisonnière. La panique et le manque de réponse commencèrent à l’envahir. Elle voulait être entourée de visages connus, pour être rassurée, mais au lieu de ça, elle se trouvait dans un endroit inconnu, où seul les cris et les odeurs de sang régnaient.
« Aidez-moi ! » Cria-t-elle.
La jeune femme voulait que quelqu’un l’entende. Elle voulait savoir ce qu’il s’était passé et pourquoi elle se trouvait ici, seule, alors que peu de temps avant, selon elle, Danny et elle essayait de surfer sur la plage de Waikiki.
« Bonjour mademoiselle ! »
Une femme d’une cinquantaine d’années se tenait près de Kono. Celle-ci portait une blouse qui ne ressemblait pas à une blouse de médecin. En effet, elle avait été désignée comme médecin en chef de cette unité, le temps de rapatrier les blessés et de leurs prodiguer les premiers soins. Elle était une simple infirmière à domicile avant que cet affreux événement la propulse directement dans la cours des grands. Elle en avait largement les capacités, même si l’adrénaline et le stress avaient pris la place de l’auto-contrôle.
« Je dois vous poser quelques questions d’accord ? » Continua la femme médecin qui sentait Kono de plus en plus mal à l’aise.
« Non non, c’est moi qui vais vous poser des questions… »
N’ayant apparemment pas le choix, le médecin laissa Kono continuer :
« Pourquoi je n’arrive plus à bouger la moindre partie de mon corps ? Pourquoi je ne sens plus rien ? »
« Vous n’êtes pas paralysée, ne vous en faites pas. Nous avons été obligés de faire une anesthésie locale à partir de votre première vertèbre thoracique. Vous avez perdu beaucoup de sang à cause d’une grosse entaille sur la jambe. Vous souffrez de multiples contusions au niveau du bassin. Comme vous pouvez le voir, nous ne sommes pas du tout approvisionnés en morphine ou quoi que ce soit. L’armée nous a donné des équipements médicaux vieux comme le monde. La solution la plus rapide et la plus sûre pour que vous ne souffriez pas était de vous anesthésier ».
Contre toute attente, Kono commença à se mettre dans une colère noire.
« Pourquoi avez-vous fait ça ? Je peux endurer la souffrance vous savez ? Mais qu’est-ce qu’il s’est passé bon sang ?! Où sont mes amis ?! »
« Il y a eu un tsunami il y a maintenant trois heures. »
Le médecin voyait le regard de Kono se perdre dans le vide à l’annonce de ces derniers mots.
« Je n’ai malheureusement aucune nouvelle de vos amis. Maintenant, si souffrir ne vous dérange pas, je peux arrêter la perfusion d’anesthésiant et dans une heure tout au plus, vous pouvez partir. Mais je vous préviens mademoiselle, vous n’allez pas pouvoir aller bien loin avec vos blessures ».
La discussion entre les deux femmes prit une tournure qu’aucune d’elles n’avaient vu venir. Après les dernières paroles prononcées par son médecin, Kono n’avait rien à rajouter. Il fallait qu’elle se rende à l’évidence, elle ne pourrait pas faire un pas en dehors de ce taudis même avec toute la volonté du monde. Tout ce qu’elle voulait, c’était de sortir de l’ignorance et savoir où se trouvaient ses amis.
« Est-ce que je peux vous poser quelques questions afin que vos proches puissent vous retrouver plus facilement ? »
Questionna le médecin en voyant bien que la jeune femme était totalement perdue dans ses pensées. Un simple signe de la tête de cette dernière lui donna le feu vert.
« Comment vous appelez-vous ? »
« Kono Kalakaua, je fais partie du Five-0 et les personnes qui pourraient se mettre à ma recherche sont Chin Ho Kelly, Danny Williams, Catherine Rollins ou encore Steve McGarrett ».
Kono connaissait les procédures d’interrogatoire quand des évènements comme celui-ci arrivaient. Elle savait qu’énumérer les personnes à sa recherche permettait d’inscrire sur des pancartes à l’entrée des hôpitaux les personnes attendues par les patients capables de parler.
« Merci Kono. Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer. »
« Je ne me souviens plus de ce qu’il s’est passé. Je sais que vous ne savez rien non plus mais est-ce que je vais retrouver la mémoire ? »
« Ce genre de chose arrive très souvent, ne vous inquiétez pas. Vous avez été admise ici il y a maintenant deux heures. Vos souvenirs reviendront petit à petit, c’est l’état de choc qui crée ce genre de perte de mémoire. Maintenant, excusez-moi, j’ai beaucoup d’autres personnes à aller voir. »
« Merci ! » Dit Kono à l’attention de son médecin.
Même avec toute la volonté du monde, Kono n’arriva pas à se souvenir du moindre événement récent. Avant que tout soit noir, elle se souvint avoir passé son jour de congé en compagnie de Danny sur la plage. Elle essayait de lui apprendre à surfer. En repensant à cela, un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Grâce à ce souvenir, elle pouvait savoir que Chin ne devait pas être à portée de la vague, car pendant ces jours de congés, il épluchait encore et encore les dossiers sur la mort de Malia. Ce souvenir la rassura au plus haut point. Peut-être que son cousin était à sa recherche après tout. Ensuite, elle essaya de réfléchir sur Steve. Mais aucun souvenir ne lui revenait. Le boss étant très discret, elle ne savait pas comment il occupait son temps.
Kono était bien loin de s’imaginer ce qui était véritablement arrivé, et ce qu’il était en train de se passer entre ses trois collègues et amis…
Au-dessus d’Honolulu.
« Mais qu’est-ce que tu as fait Chin ?! »
« Tu n’arrivais pas à le dégager Danny, tu voulais que je fasse quoi ? Que je te laisse mourir avec lui ? Un mais pas deux, je suis désolé Danny ! »
« Tu te fous de ma gueule, Chin ? Tu veux me dire que personne ne va sauver Steve ?! »
« Ce n’est pas du tout ce que j’ai dit bon sang ! Bien sûr que je t’ai dit la vérité. J’ai signalé sa position à l’armée, ils vont venir le dégager. Ce que j’ai voulu dire c’est que je ne voulais pas prendre le risque de vous perdre tous les deux en même temps ! »
« Ouais c’est ça. »
Danny ne comprenait pas l’attitude de son partenaire face à la situation. Même s’il n’arrivait pas à dégager Steve, son aide lui aurait été certainement précieuse, et Steve aurait senti la présence de ses amis. Au lieu de ça, Steve devait se sentir totalement délaissé, même s’il devait comprendre la décision que Chin avait dû prendre.
Le lieutenant devait quand même l’admettre, il n’était pas dans sa meilleure forme. Sa tête lui faisait mal, il avait l’impression que son thorax comprimait de plus en plus ses poumons, et en plus de cela, il commençait sérieusement à greloter. Pourtant, il se leva de son siège et alla en direction du pilote. Chin, suite à la discussion récente avec son ami, était resté en retrait. Il se demandait encore pourquoi il avait fait ça ? Avait-il pris la bonne décision ?
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Chapitre 9 :
Quelque part dans le port.
Le commandant McGarrett guetta le moindre hélicoptère dans le ciel mais ce dernier demeura étrangement vide. Epuisé et en sueur, l’ancien soldat ne trouvait pas la force nécessaire pour maintenir ses yeux ouverts en attendant les secours. Il pensa à Danny et à sa volonté de rester avec lui, même dans les derniers moments. Egal à lui-même, Steve n’était pas mécontent du départ précipité de son meilleur ami. Le Seal ne voulait pas que ce dernier le voit faible et sur le point d’abandonner.
« Je crois que je vois quelqu’un ! » Lança le colonel Mayer.
« Descendez et restez en stationnaire, on ne devrait pas en avoir pour très longtemps. Ryan et Carson, prenez le matériel de découpe. On va se charger de le libérer de ses débris ».
En se tournant vers le médecin de son unité, Robert Stern, le soldat Mayer voyait en lui toute l’inquiétude que le médecin Stern portait sur ses épaules.
« Stern ! Prenez le matériel dont vous aurez besoin. Vous descendrez après nous, avec la civière ! »
Robert Stern n’avait jamais quitté le plancher des vaches, ou du moins, pas depuis très longtemps. Dans des conditions plus exotiques, il aurait appelé cela « son baptême de l’air », mais dans ce cas d’urgence, c’était plutôt « le sauvetage de la dernière chance ». Il avait été appelé un peu plus tôt dans la matinée dès les premières alertes. Dans un cas de force majeure comme celle-ci, les médecins urgentistes étaient souvent appelés en première ligne afin de prêter main forte à l’armée ou aux pompiers. Ils devenaient en quelques sortes des médecins soldats.
Le cœur battant, le docteur Stern descendit en tenant fermement le câble du treuil. Le colonel Mayer et ses deux soldats étaient déjà sur place en essayant, tout en s’aidant des outils qu’ils avaient sous la main, de dégager le corps inerte du jeune homme.
« Stern ! Dépêchez-vous merde, je crois qu’on est en train de le perdre ! »
En voyant le visage du médecin virer au blanc, il cria : « ressaisissez-vous docteur putain de bordel ». Ces dernières paroles servirent alors d’électrochoc pour le docteur Stern. Il prit une profonde respiration et avança d’un pas assuré en direction du jeune homme.
« Commandant ! Je vais avoir besoin de vous ! Vous savez de quoi je parle si je vous dis préparez-moi une perfusion ? »
« Vous m’avez bien regardé Stern ? Bien sûr que oui bordel. J’ai commencé en tant qu’infirmer à l’armée » et en se tournant vers ses soldats : « allez les filles on se magne le cul à déblayer tout ça ! »
Robert Stern était déjà agenouillé près du corps de Steve. Les divers débris qui le recouvraient n’empêchaient en rien le travail du médecin. Muni d’une forte poigne, il déchira le t-shirt de Steve mettant sa peau à nu.
« Colonel ! Préparez-moi les pastilles et une perfusion, j’ai un pouls filant et pas de tension, respiration à 48, plaie à la tête, fracture fermée au bras avec sûrement une hémorragie interne. Je ne vois pas encore le reste du corps. On le stabilise, on le dégage et on le ramène, on verra le reste après ! »
Le colonel Mayer regarda le médecin, intrigué par tout ce que venait de lui dire. Il s’en foutait de ce qu’il avait. Le principal était de le sortir de là au plus vite. Sans faire de réflexion auprès du médecin Stern, il posa les sept pastilles du scope sur la poitrine de Steve. Il relia chacune d’entre elles avec un fil électrique de couleur différente à l’électrocardiographe portable, et enclencha ce dernier. L’écran s’illumina instantanément.
« Vous voyez le tracé colonel ? »
« Je crois que ça n’annonce rien de bon. La tension chute, son pouls est à 140 et ses lèvres sont cyanosées. »
« Ok, on l’intube et on se dépêche, c’est ça ? »
Cette dernière question était purement rhétorique. En moins de trente secondes, Steve fut intubé et la sonde reliée à un embout respiratoire. Mayer fit remarquer au médecin que sa tension chutait toujours de plus en plus. A peine sa phrase finie, un sifflement strident jaillit de l’électrocardiographie. Tout en préparant le défibrillateur pour ramener Steve à la vie, le pilote de l’hélicoptère, resté en stationnaire, annonça une nouvelle terrible à la radio du colonel Mayer.
« Colonel, on est dans une sacrée merde ! J’ai en visuel une deuxième vague ! Je dirais cinq à six minutes pas plus ! »
Mayer déglutit tout en regardant Robert Stern essayer de réanimer Steve. Il avait confiance en ses hommes et en Mayer. Ils allaient pouvoir dégager Steve à temps. Enfin, il l’espérait…
Le refuge.
Pendant que Danny était pris en charge par les médecins, Chin s’empressa d’aller chercher sa cousine dans tous ce chaos. Des milliers de personnes comme lui cherchaient leur famille. Il essaya d’interpeler des médecins, des infirmières, des urgentistes, des pompiers, des militaires mais tout le monde était débordé. Lorsqu’il se rendit compte qu’il n’allait jamais y arriver ainsi, il décida de partir à la recherche de sa cousine, seul.
L’hôpital de fortune n’avait plus la moindre place. Chaque coin et chaque recoin de cet endroit étaient occupés. Les couloirs et les allées de l’hôpital s’étaient transformés en véritables autoroutes, desservant de part et d’autre des salles de soins et des salles d’attentes, des familles cherchant leur proche ou des proches cherchant leur famille.
Après avoir parcouru la moitié de l’hôpital en courant, Chin s’adossa contre un mur pour reprendre son souffle. En relevant la tête, il l’aperçut enfin, non loin de lui, couchée sur un lit de camp. A première vue, la jeune femme était blessée mais bien vivante.
« Kono ! » S’écria-t-il en accourant vers elle. Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme à la vue de son cousin.
« Tu vas bien ? » Dit-il en passant ses mains frénétiquement dans les cheveux sombres de Kono.
« Je pense », répondit-elle d’une petite voix, « il y a encore quelques heures j’étais paralysée par une anesthésie avec une perte de mémoire mais maintenant ça va mieux. »
« Tu ne te souvenais de rien ? »
« L’infirmière a dit que c’était le choc. Chin ! Comment vont Danny et Steve ? »
Le flic poussa un long soupire. Kono était livide, les yeux mouillés et les lèvres sèches. Il ne savait pas s’il devait lui dire maintenant. De toute façon, elle allait le savoir d’une manière ou d’une autre. Il prit une grande respiration avant de répondre :
« Danny est ici. Il se fait soigner. Mais…on a dû laisser Steve. »
« Quoi ? Comment ça « laisser Steve » ? »
« Il est toujours en plein océan. Kono, il était coincé, l’état de Danny empirait… »
« Tu as fait quoi ? »
« L’armée est partie le chercher ! Ne t’en fais pas, il sera bientôt là. Avec nous. »
La jeune hawaïenne chassa les larmes qui menaçaient de franchir la barrière de ses yeux. Elle devait se montrer forte. Après tout, il y avait des familles qui vivaient des choses bien pires. Elle secoua la tête avant de demander : « où est Danny ? »
Chin prit sa cousine avec elle et l’emmena au chevet du détective. Celui-ci était emmitouflé dans un tas de couverture pour repousser l’hypothermie et ses multiples coupures avaient été traitées et soignées. Chin remarqua que le gars du New Jersey évitait son regard.
« Danny ! »
Kono se précipita auprès de son ami et le serra de toutes ses forces.
« Kono, mon Dieu…tu vas bien. » Souffla le détective en la serrant à son tour.
« Oui, fit-elle en essuyant deux trois larmes qui avaient réussi à couler malgré elle, et toi ? »
« Demande à ton cousin ! » Rétorqua-t-il, les yeux pétillants de colère.
« Danny…Il n’avait pas le choix. »
« Bien sûr que si ! »
« L’armée est avec lui, intervint enfin Chin, elle le ramènera sain et sauf. »
« Où, quand et dans quel état Chin ?! On ne leur a même pas donné l’identité de Steve, mais comment on va le retrouver bon sang ?! » Danny perdait peu à peu ses moyens. Sa colère contre Chin était pour lui plus que justifiée mais l’important n’était pas de se donner des explications mais plutôt de réfléchir à une stratégie pour retrouver Steve au plus vite.
Soudain, leur conversation fût interrompue par une brusque agitation générale.
« Qu’est-ce qui se passe ?! » S’exclama Kono.
Chin attrapa un médecin et lui posa la même question.
« Une deuxième vague arrive ! »
Les trois membres du 5-0 se regardèrent avec horreur. La question de où retrouver Steve ne se posait même plus. La question maintenant était de savoir si l’unité de l’armée avait pu sauver Steve à temps…
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Chapitre 10 :
Au large d’Honolulu.
« Colonel ?! » Questionna le pilote de l’hélicoptère.
« Qu’est-ce qui se passe mon gars ? » Répondit Mayer.
« On a vraiment eu chaud au cul ! Dix secondes de plus et on était ensevelis sous cette montagne d’eau ! » Expliqua-t-il en pointant du doigt la ville d’Honolulu qui s’était quasi transformée en Atlantide.
La deuxième vague avait fait bien plus de dégâts que la première. Les quelques maisons restées debout après le passage de la première vague n’existaient plus, les murs emportés par le courant et la force des vagues. Les immeubles du centre d’Honolulu avaient les pieds dans l’eau et vue du ciel, la ville n’existait plus. L’océan avait repris ses droits. Les passagers de l’hélicoptère s’imaginaient bien que les quelques personnes qui avaient survécu à la première vague n’avaient sûrement pas dû survivre à la deuxième.
L’unité du colonel Mayer avait pour mission de sauver les victimes localisées et au plus mal au point. A l’arrière de l’appareil, les soldats avaient disposé les trois personnes qu’ils avaient pu sauver avant que la deuxième vague n’arrive. Malheureusement, deux autres personnes localisées à deux endroits différents n’avaient pas pu être sauvées à temps.
Avant même de commencer à poser un premier bilan de santé de ses trois victimes, le médecin Stern fouillait les poches des trois hommes à la recherche d’une carte d’identité ou juste d’un nom. Une photo d’un enfant, d’une femme, ou une simple note de carte bleue pourrait suffire.
Pour le médecin, la recherche avait été fructueuse. Le premier s’appelait Sam et était du Michigan, le deuxième n’avait pas de carte d’identité sur lui mais avait une photo de sa famille.
Quant à la dernière personne, il ne trouva rien du tout. Le médecin avait la nette impression qu’il venait de se faire dépouiller. Il pensa à la famille de cette personne qui allait devoir le chercher longtemps avant de le retrouver. Mais l’essentiel était là, les trois hommes branchés de partout et dans tous les sens avaient été sauvées de la deuxième vague et avaient pas mal de chance de s’en sortir.
Le refuge.
« Essaie de les rappeler bordel ! » S’énerva Danny en regardant Chin s’éloigner de quelques pas afin de donner un appel radio.
« C’est la millième fois qu’il essaye Danny. Laisse-le respirer un peu… » Tempéra Kono, allongée sur son lit de camp, qui regardait désespérée ses deux coéquipiers se déchirer.
Danny obtempéra et décida de sortir prendre l’air. Arrivé à l’extérieur, il s’accroupit contre le mur et réfléchit à ce qu’il devait faire. Pour Steve et pour Kono qui étaient tous deux mal en point, ils devaient être fort. Pas la peine de rajouter du stress supplémentaire à tout le monde en étant en colère après Chin.
Danny pensa qu’après toutes ces histoires, ils auraient une petite conversation sérieuse qui leur permettrait à tous deux de mettre les choses au claire.
Perdu dans ses pensées, Danny ne cessait de se demander où pouvait bien être son meilleur ami quand tout à coup, une main vint se poser sur son épaule.
« Hey…» Dit Chin d’une toute petite voix.
« Hey. » Répondit Danny d’un air crispé.
« Ecoute, je suis vraim… »
« Non, c’est moi qui suis désolé, Chin. Je n’aurais jamais dû m’emporter contre toi comme je l’ai fait. T’as fait ça pour me sauver la vie et je t’en suis reconnaissant. »
« L’hélicoptère ne répond plus Danny…Toutes les communications ont été interrompues depuis le passage de la deuxième vague. Je n’aurais jamais dû faire ça…tu ne peux pas savoir à quel point je m’en veux maintenant ! »
Danny compatissait pour son ami. Il devait oublier tout sentiment de rancune. Ce n’était pas la faute de Chin, ni celle de qui que ce soit. De plus, si jamais quelque chose arrivait Steve, Chin s’en voudra sûrement toute sa vie.
« On va rejoindre Kono et lui dire qu’on part à la recherche de Steve, ok ? »
Le jeune hawaiien plongea ses yeux humides dans ceux de son coéquipier. A cet instant, un espoir naquit leurs esprits.
« Oui ! ».
Les deux collègues arrivèrent au chevet de leur amie.
« Vous vous êtes enfin rabibochés ? » Questionna-t-elle à ses deux amis.
« Oui ! » Répondit vivement Danny.
Kono voyait bien que Chin et Danny voulaient lui annoncer quelque chose. Mais avant qu’elle puisse poser sa question, Chin la devança en expliquant leur plan d’action : « on va chercher Steve ! »
« Et comment vous allez vous y prendre ? Quelqu’un a une photo de lui ? »
Chin en avait une chez lui mais pas sur lui. Et penser passer chez lui avant de se mettre en recherche était impensable. Danny, quant à lui, passa sa main dans sa poche arrière de pantalon. C’était déjà un miracle de ne pas avoir perdu son portefeuille mais le plus incroyable, c’était qu’une photo de Steve et lui était coincée entre les cartes de fidélité. En regardant plus attentivement cette photo, Danny se mit à sourire.
« C’était quand on est allé pêcher avec Steve…On était tombé sur un mort en pleine mer. Et je crois bien que c’est à ce moment-là que je me suis dit que Steve portait la poisse… » Expliqua Danny.
« C’est un signe cette photo. Il est en vie, j’en suis sûre ! » Dit Kono.
« Au moins, les recherches seront un peu plus facile avec ça… »
Les trois amis se regardèrent. Chin et Danny voulaient à tout prix partir à la recherche de Steve mais il était hors de question de laisser Kono toute seule dans un endroit qui ressemblait à un bouillon de culture plutôt qu’à un hôpital. La jeune femme avait très bien compris à quoi ses amis pensaient. Bien sûr, si elle avait pu bouger et marcher, elle serait partie avec ses collègues mais là, plus rien n’était possible pour elle. Ses membres inférieurs ne s’étaient pas encore tout à fait réveillés.
« Allez-y les gars ! Moi je ne bouge pas d’ici avant que l’un d’entre vous vienne me chercher. On fait comme ça, d’accord ? »
« Tu es sûre ? Je suis pas rassuré de te voir ici sans moyen de communication avec nous… » Dit Chin d’un ton très calme.
« Les communications ont été coupées, Chin. Vous ne pouvez pas attendre qu’elles reviennent, ne sachant même pas si elles reviendront. Alors allez-y et dès que vous avez trouvé Steve, quelqu’un vient me chercher. »
« On fait comme ça. » Conclut Chin qui n’était pas plus rassuré de voir sa cousine allongée sur un lit de camp au beau milieu d’une fourmilière.
Chin vint déposer un baiser sur le front de sa cousine. Danny, resté en retrait, attendit que Chin ait fini avant de venir en déposer un sur la main de la jeune femme. Au moment où Danny prit la main de Kono, cette dernière devança son ami et lui prit les mains de manière à ce qu’il se rapproche de son visage.
« Il est vivant Danny d’accord ?! Crois-moi. J’en suis certaine. » Kono avait dit ces mots avec tellement d’honnêteté que le jeune homme ne pouvait que la croire.
« J’en suis sûr aussi, Kono. On revient vite. Je te le promets. » Dit Danny en regardant dans les yeux de sa collègue. « Je te le jure ! » Avant de se relever, il déposa un baiser sur le front de la jeune hawaiienne.
En se relevant, Danny échangea un regard avec Chin : « on y va ? »
Quelque part sur l’ile d’Honolulu.
Danny et Chin étaient partis du refuge depuis près de cinq heures. Leur recherche n’était pas simple du tout. Il leur fallait plus d’une heure pour se faufiler à travers les décombres et aider les personnes désemparées qui leurs demandaient de l’aide.
Quand ils arrivèrent devant un hôpital, du moins ce qui pourrait ressembler à un hôpital, ils se plongèrent immédiatement dans les listes de blessés mises à disposition des familles à toutes les entrées. Pour les plus chanceux, la victime était consciente et avait pu donner son nom, pour les autres, c’était là que ça devenait compliqué.
Danny agitait donc la photo de Steve au nez de toutes les personnes en blouse blanche qu’il croisait. Quant à Chin, il courait dans tous les sens, inspectant chaque recoin du bâtiment.
A présent, c’était le deuxième refuge que deux amis fouillaient mais il n’y avait toujours aucune trace de leur patron.
« L’île est grande, on va le retrouver. On a encore beaucoup à faire ! » Expliqua Chin à Danny qui, au fur et à mesure des heures, se décomposait de plus en plus.
« Il faut aussi qu’on pense à se reposer. Surtout toi ! Je te rappelle que tu n’es pas au top de ta forme... »
« Ca va très bien, t’inquiète pas pour moi. On continue ! »
Chin ne voulait pas encore une fois contrarier son ami. Il se plia donc à sa décision tout en se promettant de faire attention de l’état de santé de ce dernier…
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