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Alive !

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 01.03.2015 à 16h50
Auteur : lyne358 
Statut : Terminée

« Alors que toute l’équipe se mobilise pour affronter leur vieil ennemi, chacun doit faire face aux démons de son passé… Un passé qui reprend vie ! ( co-écrit par Bellefond et Lyne358 ) » lyne358 

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POV KONO KALAKAUA

Je confie mon prisonnier aux bons soins de Duke et après quelques banalités, je prends le chemin de la sortie du HPD : bien sûr ça fait toujours un malfrat de moins en liberté, mais ça n’aide pas notre enquête à avancer ! Je remâche ces sombres pensées quand sans faire exprès je heurte un des agents :
« Oh pardon, je ne vous avais pas… Kenny ?? » Devant moi se tient mon petit cousin, qui affiche un large sourire avant de venir me serrer dans ses bras :
« Kono ! Comme ça me fait plaisir : on ne se voit pas souvent… » Nous échangeons une brève étreinte et je l’examine attentivement :
« Mais dis moi tu as une mine superbe ! T’as perdu du poids, t’as pris du muscle… » Mon cousin rougit : il a toujours été le petit rondouillard de la famille mais on dirait que son entrée dans la police lui a bien réussi ! Il acquiesce en souriant timidement :
« Bah peut être… Et puis le boulot m’occupe bien faut dire ! »
« J’imagine… Toujours aucun regret ? »
« Ca va pas non ?? Proteste-t-il avec enthousiasme. Je m’éclate vraiment ! C’est passionnant et je comprends comment vous avez tous choppé le virus dans la famille ! » J’éclate de rire :
« Contente de t’avoir contaminé alors ! » Nous nous quittons sur un signe d’adieu, et soudain un vieux souvenir me revient, alors qu’il venait juste de sortir de l’école de Police :

Deux ans plus tôt :

D’un geste nonchalant, je jette le dossier sur le bureau, un épais dossier, dans une simple chemise cartonnée, portant la mention « Affaire Delano », et sans y être invitée, je me pose dans le fauteuil face au bureau : il fronce les sourcils et le tourne vers lui sans l’ouvrir :
« C’est votre rapport ? »
« Non c’est mon journal intime ! Je rétorque sèchement. A votre avis… »
« Bien, bien… » Il pousse le dossier de coté d’un geste, sans plus y accorder d’attention, et croise les doigts sur le plan de travail : je n’aime pas son regard fixé sur moi, un regard froid et dur, sans aucun scrupule :
« C’est tout de même dommage qu’on ait pas pu trainer ce fumier devant les tribunaux ! Quel choix difficile ça a dû être pour votre cousin d’abattre l’assassin de sa femme… » En essayant de paraître aussi détendue que possible, j’ignore l’accusation sous-entendue :
« Chin a tiré en légitime défense… Son propre rapport sera sur votre bureau dans la journée… »
« Mouais… » Le Chef Fryer se renverse dans son fauteuil et continue à me fixer, mais je me force à rester impassible. « Donc voilà une affaire de bouclée… Vous avez plutôt fait du bon boulot… Malgré les circonstances ! »
« Ca signifie que je peux récupérer ma plaque ? » Je demande d’un ton que je veux neutre, et il reste encore un instant à me dévisager, me mettant au supplice ! Enfin, ce que je n’espérais plus, il ouvre un tiroir et jette mon badge sur le bureau, mais alors que je tends précipitamment la main pour le saisir il le retient :
« Attention Kono : vous n’aurez pas de deuxième chance : le 5-0 a dépassé les bornes, et le nouveau Gouverneur est d’une autre trempe que Jameson !! Il ne vous laissera pas jouer impunément les cowboys dans tout Hawaii et à la moindre incartade… »
« On dépend de lui, pas de vous ! » Je rétorque sèchement en récupérant mon bien pour aussitôt l’accrocher à ma ceinture : d’un coup je me sens mieux, un peu comme si on m’avait enlevé un petit bout de moi même, un petit bout dont j’ai dû me passer pendant beaucoup trop longtemps.
« Bien – il se renverse à nouveau dans son fauteuil – Dites à Kelly de ne pas trainer pour me rendre son rapport… »
« Si vous n’avez rien de plus à ajouter… » Je lance d’un ton impatient en me levant et il m’imite pour me raccompagner vers la sortie, mais au dernier moment, il bloque le panneau de la porte du pied :
« Au fait il paraît que les félicitations sont de rigueur ?? »
« Pardon ?? » Perplexe, je fronce les sourcils :
« J’ai appris qu’un certain Kenny Kalakaua venait de sortir de l’école de police… Un autre cousin à vous ? » Je n’aime pas du tout son ton mielleux mais me force à sourire :
« Comment vous avez deviné ? » Il hausse les épaules d’un air narquois et me laisse enfin ouvrir cette fichue porte :
« Faut croire que vous avez la vocation dans la famille ! Espérons juste que lui saura marcher dans les clous ! »
« Bonne journée Chef ! » Je me faufile dans l’entrebâillement mais sa voix dans mon dos me fait grimacer :
« Je vous ai à l’œil, n’oubliez jamais ça ! » Avec soulagement, je gagne le parking du HPD pour récupérer ma voiture et filer au Palais I’Olani annoncer la bonne nouvelle aux gars : enfin cette page est tournée !! Les longues semaines passées à bosser en sous-marin pour Fryer et jouer les infiltrées avec Delano m’ont mise au supplice !! Non seulement je me suis retrouvée séparée de mon équipe sans même pouvoir lever le petit doigt au moment où ils avaient le plus besoin de moi, mais par dessus le marché ne pas pouvoir leur dire la vérité… Dieu merci, ce cauchemar est terminé et je vais pouvoir réintégrer le 5-0, un moment que j’attends avec impatience !! Néanmoins, je n’arrive pas à me réjouir : les derniers mots de Fryer résonnent dans ma tête… Je sens clairement une menace, menace qui a toujours été plus ou moins présente pour Chin et moi, mais maintenant il faudrait qu’il s’en prenne à Kenny sous prétexte qu’il est de notre famille ?? Heureusement, je connais bien mon petit cousin : c’est un gars bien, loyal et honnête, qui fera sûrement un très bon flic… Et j’espère de tout cœur qu’il saura éviter les ennuis mieux que nous ! Je me force à chasser ces pensées quand je me gare devant le QG et monte les escaliers quatre à quatre pour pousser la porte vitrée : les deux gars sont là, en plein boulot, penchés sur la table tactile, mais mon arrivée les distrait :
« Kono !! »
« Hey Cousine !! »
« Salut ma belle ! » Nous échangeons une longue étreinte et enfin Danny remarque le badge à ma ceinture et sa main se serre sur mon épaule : « Bienvenue de retour au bercail… » 


bellefond  (03.03.2015 à 22:29)


POV JOE WHITE 

Doris me cache quelque chose depuis plusieurs mois et j’ai bien peur que ce soit grave. Premièrement elle a repris du service, alors qu’elle n’a sans cesse craché sur son ancienne agence pendant près de vingt ans car la CIA lui a coûté sa famille. Puis elle a décidé de ça du jour au lendemain, sans m’en parler. Elle m’a simplement rejoint dans mon ranch au Montana, m’a annoncé la nouvelle, et puis est repartie comme si de rien n’était. Je suis à l’aéroport d’Honolulu, attendant un ancien membre de la CIA en espérant qu’il puisse m’aider à y voir plus clair. 
J'espère qu'il y parviendra, je pourrai peut-être enfin dire la vérité à Steve lorsqu'il rentrera du Cambodge. Je sais que le jeune homme se sent trahi par moi à cause de mes nombreux mensonges. Mais je n'ai pas le choix, je dois le protéger contre les nombreux ennemis de ses parents. J'espère qu'il le comprendra un jour et qu'il me pardonnera mais j'ai peur que sa confiance en moi soit complètement brisée. 
Pendant que j'attends, je me souviens alors de ma dernière rencontre avec cet agent… 

1 an plutôt 

Je regagne le petit village où Doris habite depuis quelques jours. J’y ai amené Steve hier pour qu’il rencontre enfin Shelburne. Je ne sais pas dans quel état d’esprit je vais retrouver l’homme que je considère comme mon fils et cela m’inquiète. Le fait d’apprendre que sa mère est en vie, alors qu’il la croit morte depuis vingt ans a sûrement été un choc pour lui et Steve ne sait pas forcément contrôler sa colère. 
Lorsque je descends de la barque je me dirige rapidement vers la petite maison. Je rentre sans frapper comme à mon habitude. Je ne suis pas surpris de voir Doris dans la cuisine, en train de préparer du thé. Je regarde autour de moi, et une fois que je suis sûr que Steve n’est pas dans le coin, je me dirige vers elle, et nous nous embrassons avant que je lui demande : 
« Comment ça s’est passé ? 
- Pas trop mal je pense. Mais Steve veut que je rentre à Hawaii Joe, et je ne suis pas sûre que ce soit une très bonne idée. » 
Je pose une main sur son cou dans un geste que je veux rassurant. Wo Fat a été arrêté, il n’y a plus rien à craindre mais Doris fuit depuis tellement de temps que je peux parfaitement comprendre sa peur de rentrer à la maison. 
Je lui demande alors : 
« Où est Steve ? 
- Il est sorti il y a quelques minutes. » 
Je hoche la tête en réponse, Steve veut sûrement s’isoler et mettre les choses en perspective. Nous entendons du bruit et je m’éloigne de Doris. Le jeune homme n’a pas besoin de ça en plus en ce moment. Il rentre dans la cuisine, et me serre la main. C’est une bonne chose, il ne semble pas être réellement en colère contre moi. Néanmoins, aucun mot n’est échangé durant le repas, et nous pouvons tous clairement sentir la tension qui règne dans la pièce. 
Je me décide finalement à briser ce silence pesant : 
« Alors vous rentrez à Hawaii ? » 
Doris se tourne vers moi, surprise : 
« Comment ça « vous », tu ne viens pas Joe ? 
- Non, il me reste quelques trucs à régler avant de pouvoir revenir. » 
Doris me cache des choses, ça j’en suis persuadé et j’espère pouvoir trouver des réponses puisque la femme que j’aime ne semble pas vouloir me les donner. Steve me regarde et je peux voir qu’il est déçu. Je me doute qu’il ne veut pas se trouver seul avec sa mère. Le jeune homme joue avec sa nourriture pendant tout le repas. Doris s’apprête à lui dire quelque chose mais je lui fais signe de se taire. Steve le prendra certainement mal. 
Une fois le repas fini, nous nous installons sur le canapé. 
« Quand partez-vous ? 
- Notre avion est dans quelques heures. » 
Je regarde Doris avant de me tourner vers Steve : 
« Tu as sans doute des questions à poser avant que vous partiez. » 
Le jeune homme hoche la tête en réponse, et semble réfléchir pendant quelques secondes avant de me demander : 
« Depuis quand êtes-vous au courant Joe ? 
- Depuis cinq ans. 
- Comment ? » 
Je regarde Doris pendant un court instant avant de répondre à mon ancien élève : 
« Je ne sais pas si tu te souviens mais je suis allé au Japon pendant une de nos permissions. » 
Steve acquiesce, je continue donc : 
« Je suis bel et bien venu au Japon, à Tokyo pour être exacte. J’ai croisé Doris dans la rue et la ressemblance avec ta mère m’a immédiatement frappé. Mais je pensais, comme tout le monde, qu’elle était morte. » 
Doris prend alors le relai : 
« Lorsque j’ai reconnu Joe, j’ai hésité pendant quelques heures sur la marche à suivre mais finalement j’ai cherché l’hôtel dans lequel il était descendu. Je préférais prendre les devants plutôt qu’il parle de ses doutes à John, et qu’ils fassent des recherches. Ils auraient tous les deux été en danger pour rien. » 
Steve se lève et je peux voir que le jeune homme commence à s’énerver. Il fait les cents pas avant de se tourner vers nous : 
« Mais pourquoi ne pas l’avoir dit à Papa ? Il aurait aussi pu garder le secret. » 
Nous pouvons clairement entendre le reproche dans sa voix. Doris ne répond rien. Ce point a été le centre de nos disputes ces dernières années. Je voulais tout raconter à mon meilleur ami alors que sa femme refusait de lui dire quelque chose. Finalement la mère de famille prend la parole : 
« N’en veux pas à Joe pour cela, c’est moi qui lui ai demandé de rien à dire à ton père. Il aurait été en danger si nous l’avions fait. 
- C’est vrai que là il ne risquait rien. Papa est mort à cause de ça Doris, à cause de son enquête sur ton accident. Si vous lui aviez dit, peut-être que rien ne serait arrivé. » 
Steve serre les poings. Il m’a fallu plusieurs mois pour faire enfin comprendre au jeune homme qu’il ne doit pas se sentir coupable pour la mort de son père. Et là il apprend qu’en fait c’est la faute sa mère. Je me lève et viens poser une main sur l’épaule de Steve. Je sens le jeune homme se contracter avant de se détendre légèrement. Les prochains jours seront durs pour eux, mais les choses s’arrangeront maintenant que Wo Fat n’est plus une menace. 
Je peux voir des larmes dans les yeux de Doris. La culpabilité la ronge elle aussi et je sens que les prochaines semaines vont être tendues. Quelques heures plus tard, j’amène les deux personnes les plus importantes à mes yeux à l’aéroport avant de me diriger vers une maison. Je frappe à la porte, et j’attends que la personne vienne ouvrir, en espérant qu’elle ait les réponses à mes questions. 


lyne358  (05.03.2015 à 09:35)

POV DANNY WILLIAMS

Kono n’est pas encore rentrée du HPD et Chin est au téléphone dans son bureau pendant que j’essaye de faire fonctionner l’unité centrale :
« Fichue bécane !! » J’ai beau glisser doucement mes doigts sur l’écran tactile, rien ne se passe ! Ma clé USB ne s’affiche même pas, même après m’y être repris à trois reprises et je jette l’éponge quand mon collègue me rejoint avec un petit sourire :
« Un souci ? »
« Mauvais fluide… » Je marmonne en lui tendant ma clé, et comme par magie, ce maudit truc s’allume et accepte de coopérer.
« Tu devrais peut être prendre des cours… Suggère Chin d’un air impassible. Ou te faire exorciser ! »
« C’est ça ouais… » Reprenant notre sérieux, nous examinons les rapports du labo et de la morgue pour faire le point :
« Donc nos faussaires ont laissé un gars sur le carreau dans la fusillade, résume Chin, et un autre est sous les verrous, mais le dernier a réussi à se faire la malle ! »
« Avec son portrait robot et la vidéosurveillance, c’est déjà mal barré pour lui, mais si Steve l’a bien touché dans sa fuite, il va devoir se faire soigner… » Je suggère.
« A propos de Steve, il est toujours chez le gouverneur ? » J’acquiesce :
« Et il doit prendre un sacré savon ! Mais après tout c’est lui le Boss : faut bien qu’il y ait quelques inconvénients… » A ce moment là nous sommes interrompus par un appel et l’Hawaiien lance la visioconférence : le visage grave d’un homme en costume s’affiche à l’écran t nous reconnaissons tous les deux le directeur du centre pénitentiaire du comté de Los Angeles :
« Lieutenant Kelly, Lieutenant Williams… McGarrett n’est pas là ? »
« Il ne devrait pas tarder, répond Chin, mais qu’est ce qui se passe ? »
« J’ai une mauvaise nouvelle, répond le directeur, Wo fat s’est évadé ! »
« Pardon ?? » Je m’écrie en sursautant.
« Comment c’est possible ?? » Ajoute Chin sans cacher son désarroi.
« Les circonstances précises sont encore à déterminer : il a provoqué une explosion dans sa cellule… Une enquête est ouverte ici et il y a déjà un mandat d’arrêt contre lui, mais je ne vous cache pas que pour l’instant il s’est évaporé… »
« Merde… » Jure Chin en secouant la tête.
« Je sais que vous vouliez être informé de ses moindres faits et gestes, poursuit l’autre, et je vous ai prévenus dès que possible. Je vous tiens au courant dès que nous avons du nouveau… » Nous grommelons un ‘’merci’’ avant que l’écran ne s’obscurcisse de nouveau et échangeons un regard grave quand la même pensées nous vient à l’esprit : comment va réagir Steve ?? Je me souviens de la dernière fois que j’ai dû lui annoncer ce genre de nouvelle…

1 an plus tôt…

L’aéroport est fermé, et une brigade du Swat est prête à intervenir sous les ordres de leur nouveau capitaine, un certain Lou Grover : Steve m’a averti qu’il revenait du Japon par un vol privé et j’ai pris des dispositions en conséquences… En patientant le nez levé vers le ciel, je repense à cette traque qui nous a pris des mois, avant d’enfin aboutir à l’arrestation du pire ennemi de mon meilleur ami : Wo Fat est non seulement un criminel de grande envergure doublé d’un psychopathe de la pire espèce, mais c’est surtout le responsable du meurtre de John McGarrett… Si on passe sur tout ce qu’il nous a fait endurer, à moi et au reste de l’équipe, ce salopard a surtout fait de la vie de Steve un cauchemar pendant des mois. Aujourd’hui Chin est veuf, Kono a manqué de mourir noyée, moi… Moi je n’ai pas trop à me plaindre pour le moment mais une petite voix me souffle que mon tour pourrait venir très vite ! Je chasse rapidement cette pensée comme le profil fuselé de l’appareil se dessine dans le ciel et essaye de ne pas trépigner d’impatience : même si cette fois il a pris la peine de me prévenir de son départ j’en veux à mon coéquipier de m’avoir mis une fois de plus sur la touche ! Autant on s’est détestés au premier jour, autant maintenant je le considère presque comme un frère, et si je ne veux rien montrer, je suis blessé qu’il soit parti sans moi… Enfin, après ce qui me paraît une éternité, l’appareil vient s’immobiliser sur le tarmac et la porte s’ouvre : avec soulagement je détaille Steve pour constater qu’il est sur ses deux jambes, aucun bras ne manque et la tête semble plus ou moins sur les épaules… Pas de gros bandage sanguinolent, pas de boitillement comme il descend d’un pas leste un petit sourire au coin des lèvres… Et puis je remarque la femme qui s’encadre en haut des marches : grande, rousse, élancée, une petite soixantaine… Je la dévisage d’un air perplexe tandis que mon partenaire s’avance vers moi en fronçant les sourcils :
« Au téléphone t’as dit que tu ramenais Shelburne ! »
« C’est elle Shelburne… » Déclare mon partenaire d’un air gêné.
« Appelez moi maman, ça en fera au moins un ! » Ajoute la femme en lui lançant un regard narquois.
« Maman ??? – je reste bouche bée - Et c’est qui l’enfant ??
« Bah… C’est moi… » Avoue Steve d’un air embarrassé.
« Doris McGarrett… » Se présente la femme en me tendant la main pour une poignée franche et énergique.
« Danny Williams… Je balbutie en l’examinant de plus près. Pour une femme morte y’a vingt ans dans l’explosion de sa voiture vous êtes remarquablement refaite ! » Est tout ce que je trouve à dire et elle hoche la tête sans sourire :
« Merci je prend ça pour un compliment… »
« Ok ! On va laisser tomber le baratin d’usage… Coupe Steve avant de désigner d’un geste la brigade du SWAT armée jusqu’aux dents… Danno j’apprécie la chaleur de l’accueil mais dis c’est quoi tous ces flics ?? Tout ça pour moi c’est trop ! » J’explique avec de grands gestes :
« Nananan ! Rêve pas mon vieux, c’est pas pour toi c’est pour Shellburn ! »
« Pour moi ?? » S’étonne la femme en se tournant vers son fils d’un air inquiet, et je précise d’un ton lourd :
« Wo Fat s’est échappé… »


Je déglutis péniblement en me remémorant ce moment, la réaction immédiate de Steve face à la panique de Doris, quand tout d’un coup la main de Chin sur mon bras me fait sursauter :
« Bon sang ! Denning est d’une humeur de dogue… On a intérêt à mettre la main sur ces faussaires et plus vite que ça, sinon c’est vous que j’envoie la prochaine fois pour… » Steve s’interrompt dans sa tirade et nous regarde tour à tour d’un air perplexe : « Ben quoi ? Vous en faites des têtes ! » J’échange un coup d’œil avec mon camarade et me passe une main dans les cheveux :
« Hem… Heu… On vient d’apprendre une mauvaise nouvelle… »
« Quoi ? Rétorque Steve en fronçant les sourcils. Quelqu’un est mort ?? »
« Malheureusement non… » Déclare l’Hawaiien et devant l’air complètement perdu de mon ami je prends une grande respiration :
« Wo Fat s’est évadé… » Steve ouvre grand la bouche et je le vois pâlir : dans son regard c’est d’abord l’incompréhension, puis la colère et enfin… Enfin oui, quelque chose qui ressemble à de l’angoisse !
« Mais… Mais… Bégaye-t-il. Comment... Quand est ce que… »
« Le directeur de la prison vient de nous contacter, explique Chin d’un air presque impassible. Ils mènent l’enquête mais Wo Fat s’est évaporé… » J’ai l’impression que mon partenaire manque d’air et il lui faut un instant pour reprendre ses esprits : quand je pose une main réconfortante sur son épaule il sursaute avant de se reprendre :
« Il faut mettre toute l’île en état d’alerte !! Ce fumier va vouloir revenir et cette fois… » Son regard étincelle de colère et sa mâchoire se contracte sous l’effet de la détermination : Super Seal vient de reprendre le dessus à mon plus grand soulagement, qui est de courte durée quand son téléphone sonne :
« Oui McGarrett ! Oui Duke… Quoi ?? On arrive tout de suite !! – Il se tourne vers nous avec une expression indécise avant de serrer les dents : notre troisième larron vient d’être repéré ! Il a volé une voiture et le HPD l’a pris en chasse… »
« On… On y va ? » Je demande d’un ton hésitant pour aussitôt m’attirer un regard noir :
« Bien sûr qu’on y va !! »  


bellefond  (07.03.2015 à 13:56)


POV CHIN HO KELLY 

Nous avons enfin une piste et nous fonçons vers la maison d’un des suspects où notre fuyard s’est apparemment réfugié : Steve roule comme un fou, et c’est bien pire que d’habitude, si bien que j’ai du mal à le suivre. On peut clairement deviner la tension que ressent notre patron dans sa conduite mais en même temps, comment ne pas le comprendre ? Wo Fat s’est à nouveau échappé, mettant une nouvelle fois sa famille en danger. 
Je me reconcentre sur l’enquête lorsque nous arrivons enfin devant la maison, après avoir dépassé un véhicule du HPD dont le conducteur nous fait un signe que je ne comprends pas immédiatement : nous n’avons même pas le temps de sortir de la voiture que nous sommes canardés de balles !! Avec Kono, nous imitons Steve et Danny et descendons en vitesse des véhicules avant de nous mettre derrière afin de nous protéger. Je vois ma cousine sourire comme nous entendons Danny ronchonner : 
« J’ai même pas eu le temps de finir d’accrocher mon gilet ! » 
« T’as qu’à lui demander de faire une pause ! » Lance-t-elle avec humour, s’attirant un regard noir de Steve qui me fait signe d’appeler des renforts. Pendant que je m’exécute, je le vois se redresser pour essayer d’évaluer la situation : il a à peine le temps de jeter un œil par dessus le toit de la voiture qu’une rafale de balles siffles à ses oreilles ! Il se laisse tomber au sol avec un juron et je l’interpelle : 
« Les renforts arrivent dans quelques minutes ! » 
« Ma voiture ! » Gémit Danny en entendant les balles percer la carrosserie et je grimace : mon 4x4 va aussi pouvoir aller au garage ! Je jette un œil à Steve qui a du mal à tenir en place : ses traits sont crispés et il essaye de distinguer quelque chose par dessous le châssis de la Camaro, ses doigts pianotent sur la crosse de son arme et sa bouche est agitée d’un tic nerveux… Je lève les yeux au ciel en comprenant ce qui va se passer et ça ne rate pas ! 
« Danny ! Ordonne-t-il. Avec moi : Chin et Kono vous nous couvrez pendant qu’on fait le tour pour essayer de le prendre à revers ! » Nous n’avons même pas le temps de protester que le voilà qui bondit, Danny sur ses talons, pendant qu’avec Kono nous tirons à pleines rafales vers l’entrée de la porte ! Les gars ont à peine le temps de sortir de sa fenêtre de tir que l’autre riposte et je prie pour que la manœuvre fonctionne ! Nous tenons tant bien que mal et je soupire de soulagement lorsque des sirènes se font enfin entendre. Bientôt nous sommes entourés de plusieurs policiers du HPD qui viennent nous appuyer. Au loin il me semble reconnaitre un de mes cousins mais je n’ai pas le temps de me concentrer là-dessus : avec Kono nous échangeons un regard et un signe de tête avant de bondir à notre tour à découvert, et pendant qu’on nous couvre, nous nous rapprochons rapidement de la maison. Les tirs cessent de part et d’autre lorsque nous pénétrons le bâtiment, mais nous traversons les pièces avec la plus grande prudence jusqu’à trouver nos équipiers : Steve tient un gars au visage ensanglanté en joue, l’air toujours aussi tendu, et ordonne d’un ton sec : 
« Boucle moi ça Danno ! ». Tandis que Danny obtempère, la sirène d’une ambulance se fait entendre à l’extérieur, et nous sortons pour voir trois policiers entourant mon cousin, alors qu’un autre se trouve sur une civière : je mets un instant à comprendre ce regard qui pèse sur Kenny, ces mines chargées de reproches, et le silence lourd qui les entoure… Autant de choses que j’ai eu à affronter moi même et je sursaute quand Kono pose une main sur mon épaule en murmurant : 
« Oh non, pas lui aussi… » 

Quelques mois plus tôt 

Je rentre dans la pièce, suivi de près par Coughlin et Cruz. Tout est déjà en place, une sorte de bureau, entouré de trois chaises et une caméra pointée vers l’une d’elle. Dès que je franchis le seuil de la porte, je me sens oppressé. 
Aucune parole n’est échangée jusqu’à ce que nous soyons prêts à commencer. Je sens un poids sur ma poitrine mais j’essaye de ne rien laisser paraître. Ces hommes retourneront toutes mes paroles contre moi, je le sais déjà et essaye de m’y préparer. La première question ne tarde pas à arriver alors que déjà des souvenirs de cette nuit-là m’envahissent :
« Pour le rapport, pouvez-vous identifier ceux qui étaient avec vous cette nuit-là, Lieutenant Kelly ? 
Je réponds alors que le souvenir de mon arrivée à l’hôpital défile dans ma tête. 
« Mon équipier John McGarrett, et la spécialiste des traumatismes, le docteur Malia Waincroft. 
- Quelle était votre relation avec le docteur Waincroft ? » 
Je sais qu’il veut me pousser à la faute en parlant de Malia. Il faut que je reste calme, et tout ira bien. 
« Nous sortions ensemble à l’époque. Mais plus tard elle est devenue ma femme. 
- J’ai cru comprendre que votre père n’avait pas survécu à l’opération. Est-ce exact ? » 
A ces paroles, je ne peux m’empêcher de revoir mon père, allongé sur le lit à l’hôpital. Je me souviens surtout du sang, le sang qui recouvre son corps, et les draps. Je frissonne à ce souvenir, et je pose une main sur mon visage. Il faut que je me reprenne ! 
« Vous voulez faire une pause Lieutenant ? » 
J’aspire un bon coup, avant de répondre : 
« Non ça va aller. Je voudrais juste qu’on en finisse. 
- Vous avez dit à l’époque que vous ignoriez l’identité du tueur. Est-ce exact ? 
- Oui monsieur. 
- Donc ce n’est que récemment que vous avez découvert l’identité du meurtrier de votre père ? » 
Je commence à bouillir à l’intérieur, malgré le fait que je sache qu’ils le font exprès, c’est plus fort que moi. 
« Oui. Je vous ai déjà dit tout ça. 
- Peu importe. Vous faites l’objet d’une enquête pour avoir couvert un homicide et il se trouve que vous avez déjà été dans le collimateur des affaires internes. N’est-ce pas Lieutenant ? » 
Gentille manière de me rappeler un temps, maintenant révolu heureusement, mais je sais que mes précédents problèmes avec eux n’arrangent pas mes affaires aujourd’hui. Je garde mon calme et réponds : 
« Oui. 
- Alors vous devez savoir qu’au cours de cet interrogatoire, vous êtes tenu de répondre à toutes les questions qui vous seront posées, même si vous estimez que c’est une perte de temps. Est-ce que j’ai été clair ? 
- Très clair. » 
Je n’ajoute pas de « monsieur », il veut jouer à ce jeu, nous allons être deux. 
« Lieutenant, pouvez-vous nous expliquer de quelle façon vous avez découvert le nom du meurtrier de votre père ? » 
Je leur explique alors les derniers événements. Les questions continuent jusqu’au moment où cela dégénère. Je veux bien tout supporter mais pas des accusations fausses et certainement pas des propos insultants sur Malia : 
« Peut-être que vous étions trop occupé à vous taper sa sœur ? » 
A ces paroles je me lève, et fais face à Coughlin, prêt à mettre mon poing dans son visage : 
« Dites encore une chose sur ma femme… 
- Soit vous me frappez maintenant Lieutenant, soit vous posez votre cul. » 
Je l’affronte du regard, je ne veux pas céder. Je ne ferai ni l’un, ni l’autre. Le premier signerait non seulement la perte de mon emploi, mais surtout des problèmes pour le 5-0, cependant je ne peux pas le laisser insulter Malia : 
« Allez-vous faire voir ! » 
Et je sors de la pièce sans plus un mot… 


lyne358  (09.03.2015 à 09:15)

POV STEVE MCGARRETT

Après avoir cuisiné notre suspect, sans rien en avoir tiré, pendant plusieurs heures, j’ordonne à mon équipe de rentrer chez eux afin qu’ils se reposent et je fais de même. J’ai besoin de temps pour réfléchir à l’évasion de Wo Fat et tout ce qu’elle implique. Encore une fois ma famille va être en danger à cause de cette pourriture, et je regrette de ne pas lui avoir tiré une balle entre les yeux quand j’en ai eu l’occasion.
Lorsque j’arrive chez moi, je ne suis pas surpris de voir la voiture de ma mère devant la maison. Je reste quelques minutes de plus dans le pick-up, me préparant mentalement à la dispute qui va probablement avoir lieu. Depuis quand est ce que j’ai peur de parler avec elle ? Elle ne peut pas rester ici, c’est bien trop dangereux pour elle. Je prends mon courage à deux mains et me dirige rapidement vers l’intérieur de ma maison d’enfance. Je vais directement vers la cuisine et prend une bière avant d’aller sur la plage, sachant que je trouverai ma mère là-bas. Elle est au téléphone avec quelqu’un :
« Non, ce n’est pas possible. Tu ne peux pas me demander ça… »
Elle fait demi-tour, et en m’apercevant elle met fin à la discussion :
« Ecoutes, je dois te laisser. On en reparlera. Joe ? Je t’embrasse, fais attention…» 
Alors elle était au téléphone avec Joe, bien que cet homme soit un ami de longue date de ma famille et que le considère presque comme un deuxième père, j’ai encore du mal à me faire à leur relation. Je sais que c’est stupide, mes parents ne sont plus ensemble depuis vingt ans, mais je ne peux m’empêcher d’être en colère contre elle car tout est de sa faute. Elle s’approche de moi et me fait la bise, puis elle m’observe un instant :
« Tu as l’air soucieux. Tout va bien ? »
Non !! Rien ne va, et c’est en parti de ta faute. Rien ne va dans ma vie depuis que tu es revenue ici. Je prends une profonde inspiration et j’essaye de retrouver mon calme. Je secoue la tête et rentre directement dans le vif du sujet :
« Tu es au courant ?
- Au courant pour quoi ? Pour Wo Fat qui s’est échappé ? Oui ; je suis au courant. Tu te doutes bien, Joe m’a appelée à la minute où il a appris la nouvelle. »
Un léger sourire effleure mes lèvres, ça ressemble bien à mon ancien commandant.
« Ecoutes Maman, il vaudrait peut être mieux que tu…
- Si tu oses me dire de me planquer et de partir… »
Je savais que cette discussion ne serait pas facile et j’ai pas mal d’arguments tout prêts sous le coude :
« Tu es en danger si tu restes ici. Wo Fat est sûrement déjà à ta recherche, et ce n’est pas dur de te trouver ici. »
Elle me regarde, et je peux voir la colère dans ses yeux. Elle crache alors :
« Je n’ai pas peur de lui…
- C’est pour ça que tu es partie il y a vingt ans ? »
Je sais que c’est un coup bas, mais je ne lui ai pas encore pardonné. Et je ne suis pas sûr de le faire un jour. Elle crie en réponse :
« Je l’ai fait pour vous protéger !!
- Et tu crois qu’on n’est pas en danger si tu restes ici ? Et tu crois que ça a protégé Papa ? Il est mort à cause de toi !! »
Ma voix augmente à chaque mot, pour finalement n’être plus qu’un cri.
« Tu ne crois pas que je ne le sais pas, que je regrette ?? J’ai fait ce que je pensais être le mieux pour vous protéger !!
- C’est pour ça que tu as caché la micro fiche ici ? »
Elle ne dit rien pendant un instant avant de me répondre :
« Je l’ai fait pour vous protéger…
- Alors tu as tout fait pour nous protéger, mais Papa est mort, Marie a été enlevée et j’ai été torturé à cause de toi. Alors bravo Doris. Tu as très bien réussi. »
Elle me dévisage un instant avant de rentrer prendre son sac à main et partir en claquant la porte.
Qu’est-ce que j’ai fait ?
J’ai besoin de me vider la tête. Je vais donc mettre un maillot de bain avant de partir nager plusieurs kilomètres. Je rentre épuisé chez moi, et je vais me coucher espérant m’endormir tout de suite.

3 ans plus tôt

Il fait beau et chaud à Halawa aujourd’hui… Je suis seul sur la cour de promenade… Je suis un détenu classé à haut risque : pas d’échange avec les autres prisonniers, pas de temps de collectivité, rien que des gardiens qui me dévisagent à distance d’un air méfiant, sur leurs gardes… Le soleil cogne dur dans l’espace clôturé, et ma vue met un moment à s’accoutumer à la luminosité… Je me dis que j’ai déjà vécu cette scène : je connais ces lieux et je sais pourquoi je m’y trouve : je suis accusé du meurtre de Patt Jameson, Gouverneur de Hawaii… J’en ai presque le tournis : mon unité dissoute, l’opprobre sur mes ami, mon pire ennemi qui m’a piégé et reste dans la nature, prêt à nuire… Qui est derrière tout ça ? Comment est ce que je vais faire pour m’en sortir ? Est ce que je vais réussir à faire triompher la vérité ?? Quelque part, une petite voix me souffle que oui, oui : si je fais ce qu’il faut, tout va bien se passer… Le soleil cogne si fort, j’ai si chaud dans ma combinaison orange… Mais un peu d’exercice me fera le plus grand bien : j’en ai ma claque de faire des pompes dans ma cellule, et mes muscles sont crispés par une tension sourde… Je m’apprête à faire le tour de mon enclos au petit trot quand la porte grince derrière moi : j’ai à peine le temps de voir un gardien à la mine contrite fermer une porte sur un autre détenu… Et mon sang ne fait qu’un tour : Victor Hesse ! Tout d’un coup je me retrouve tétanisé : à la fois sous le choc et sur mes gardes, je le regarde s’avancer vers moi d’un pas vif… Cet homme, l’homme qui a tué mon père, l’homme qui est à la solde de Wo Fat, l’homme qui est partiellement responsable de tous mes ennuis… Et voilà que nous nous retrouvons dans un espace clos, sans aucun témoin !! La même petite voix me souffle que non, ce n’est pas un cauchemar, que tout ça se produit dans la réalité, que quelque part, un jour, tout ça est vraiment arrivé… Cette lumière, cette chaleur, je les ressens de façon si réelle, et cet homme qui s’avance vers moi, les yeux pleins de hargne… L’adrénaline envahit mes veines et par réflexe, tous mes muscles se contractent : au moment où Hesse se jette sur moi je suis prêt comme jamais ! Tout se passe comme au ralenti : je vois venir chacun de ses gestes, je peux anticiper chaque attaque et la parer avec efficacité… Tout me paraît si facile ! Les quelques coups que j’encaisse ne me mettent pas plus à mal que ça, comme si quelqu’un d’autre les prenait à ma place… La colère décuple mes forces : je me sens invincible, rapide, fort d’une cause juste ! Et puis tout d’un coup le temps semble se suspendre : sans que je puisse réagir, Hesse se jette sur moi alors que je suis en déséquilibre et nous roulons ensemble dans la poussière ! Avec un grognement, je sens mon dos heurter le sol et je tente de me dégager du poids de mon adversaire quand son regard me tétanise : les pupilles de ses yeux bleus sont hyper dilatées, lui donnant un air à moitié fou, et quelque part, je la devine avant même de la ressentir… La douleur fulgurante, intense, puissante… Je ne suis même pas surpris quand elle me cloue au sol, comme une vieille connaissance, une vieille amie qui me rendrait visite à l’improviste en me coupant le souffle ! J’ai pourtant vu venir le tournevis, l’éclat lumineux du métal sous le soleil…C’est tellement intense que je sens de vraies larmes couler le long de mes joues, et l’incompréhension me coupe le souffle comme la première fois…
« Pour ton père McGarrett… » Ce salopard a l’art de retourner le couteau dans la plaie ! La colère et l’impuissance me rendent fou, mais la douleur me cloue sur place comme il continue à chuchoter à mon oreille : « Je ne vais pas vraiment te faire de mal, nous n’avons que quelques secondes ! Wo Fat aura ma peau si tu ne fais pas le nécessaire : tu vas sortir de cette prison alors à toi de jouer pour le mettre hors d’état de nuire et tous nous sauver ! » La douleur est tellement forte que je ne suis même pas sûr de ce que j’entends : les mains plaquées sur mon ventre, j’ai envie de vomir et de hurler, mais pourtant je n’arrive pas à le lâcher du regard ! Des cris retentissent dans la petite cour, mais chaque bruit me parvient de façon étouffée : je ne sens que la douleur et le regard brûlant de Hesse sur moi, un regard à moitié fou qui ne me lâche pas comme deux gardiens viennent l’empoigner pour le tirer en arrière !! « Ce n’était pas ce que tu crois !! Hurle Hesse. Tu comprendras ! Un jour, tu comprendras… Mais il faut d’abord arrêter Wo Fat ! » J’entends d’autres paroles, mais tout se bouscule dans mon esprit : les gardiens qui hurlent, la sirène de la prison qui se met en marche, et la douleur, la douleur comme je l’ai rarement ressentie, et pourtant je m’accroche aux paroles de mon agresseur : il n’a pas voulu me faire de mal ??? On me transporte en urgence et je sens que je suis en train de partir malgré le bras de fer que j’ai engagé avec mon corps : sous la douleur, mon cerveau est prêt à tout court-circuiter, je le sens ! Mais alors que la brume m’envahit, tout d’un coup le regard brulant de Hesse me fait sursauter, et…


Soudain, je me réveille dans mon lit, en sueur et le souffle court !! Mais qu’est ce que c’est que ce rêve à la con ?? Je prends un instant pour retrouver mes esprits et réfléchir posément : ce rêve ressemble de façon troublante au souvenir que j’ai gardé de ma dernière rencontre avec Victor Hesse, mais pourtant, il me laisse une sensation, bizarre, un goût amer que je n’arrive pas à expliquer… Je suis presque certain que les choses se sont passées comme ça, que ce sont les mots qu’il a prononcés et que j’entends presque comme si c’était hier. Je secoue la tête et me force à me lever pour aller boire un peu d’eau fraiche à la cuisine : ma dispute avec Doris m’a beaucoup contrarié et ce n’est pas étonnant que je fasse des cauchemars… Mais une rude journée m’attend et je ferais mieux de me recoucher : je m’apprête à remonter dans ma chambre en espérant pouvoir dormir, mais tout d’un coup, la sonnerie de mon téléphone me fait sursauter !!  


bellefond  (11.03.2015 à 13:03)


POV DANNY WILLIAMS 

Après avoir mis ma petite puce au lit, je me suis tranquillement installé dans mon canapé devant un bon match avec une bière : je suis à la fois frustré d’être obligé de coucher Grace si tôt car demain elle a école et j’aimerais pouvoir passer le plus de temps possible avec elle, mais en même temps je ne suis pas pressé qu’elle grandisse pour se coucher plus tard car je me doute bien qu’alors je ne serai plus du tout sa priorité ! Déjà que son Danno a fort à faire pour rivaliser avec ses copines, sans parler des garçons… J’en suis là de mes réflexions quand on frappe à ma porte : juste au moment où les White Socks allaient encore encaisser ! Et comme les coups se font insistants, je pousse un juron et me lève précipitamment… Mais quelle n’est pas ma surprise de trouver la mère de Steve sur mon paillasson ! 
« Heu Doris… » 
« Bonsoir Danny… Je ne vous dérange pas ? » 
« Ben heu… » Je n’ai pas le temps de développer qu’elle entre sans façon et pose un sac dans l’entrée. Je la dévisage, perplexe : 
« Heu… Vous ne devriez pas être chez vous avec Steve ?? Surtout en ce moment, vous savez que… » 
« Que Wo Fat s’est évadé ! Je suis au courant oui ! » Rétorque-t-elle d’un ton exaspéré, et je sors mon téléphone pour revenir mon équipier mais elle me retient : 
« S’il vous plait Danny, rendez moi service ! Comme je fronce les sourcils elle insiste : Je… Je me suis disputée avec Steve, et Joe est en déplacement… Si vous aviez la gentillesse de m’héberger juste pour la nuit, le temps que mon fils se calme et veuille bien entendre raison, je vous en serai très reconnaissante ! » J’hésite : Steve va me tuer ! Et en même temps je le connais : s’il est furieux elle a raison, il vaut mieux le laisser se calmer… Et puis Doris sera toujours plus en sécurité chez moi qu’à l’hôtel, c’est certain… Je me passe une main dans les cheveux : 
« Bon… OK : c’est d’accord si vous me promettez de vous expliquer avec lui dès demain ! » 
« Promis ! » Elle me grimace un sourire qui ne me dit rien qui vaille et je soupire : 
« Ma fille dort, ne faites pas de bruit ! Je vais vous laisser ma chambre si vous voulez… » 
« Je peux dormir sur le canapé ! Proteste-t-elle. Je ne veux pas vous déranger… » Je me force à sourire : 
« Je préfère : comme ça je peux regarder la fin de mon match et vous vous pouvez aller vous reposer ! » Cette fois elle me sourit franchement : 
« Un vrai gentleman ! Merci beaucoup… Bonne nuit Danny. » 
« Bonne nuit Doris… » Je soupire une fois la porte de ma chambre refermée et retourne me vautrer dans le canapé, mais je n’arrive plus à me concentre sur le match… Doris a toujours eu un don pour mettre le bazar dans nos vie depuis que Steve l’a ramenée du Japon, mais déjà bien avant de la retrouver, la quête de Shellburne avait beaucoup ressemblé à un cauchemar… 

Deux ans plus tôt 

Je rentre chez moi épuisé et m’écroule dans le canapé sans même le courage d’aller jusqu’au frigo pour me chercher une bière : je crois que je n’ai jamais passé une journée aussi pourrie de toute ma vie !! Ca a commencé dès ce matin, quand un coursier est venu me remettre en main propre un plis du tribunal m’annonçant que Rachel faisait une requête pour modifier le droit de garde… Et pas n’importe quoi : partir s’installer à Las Vegas avec ma petite fille pour suivre cet enfoiré de Stan !! Je n’ai même pas eu le temps d’y penser sérieusement avant ce soir : entre le meurtre de Fryer, Max qui s’est fait tirer dessus, l’explosion du HPD et notre traque d’une suspecte folle à lier qui semait des cadavres derrière elle… A peine trois minutes pour avertir mon avocat entre deux fusillades, c’est pourquoi ce soir j’ai tout planté là pour récupérer ma fille à l’école : avant de la ramener chez sa mère je l’ai emmenée sur une crête qui domine l’océan… J’avais vraiment besoin de passer un moment seul avec elle, au calme, devant ce paysage magnifique et c’est là que j’ai pris ma décision : je vais me battre ! Mais ce soir c’est le repos du guerrier… Enfin c’est ce que je croyais ! Mon téléphone se met à sonner et je tends le bras avec lassitude : un message sur mon répondeur et je me rends compte que Steve a essayé de m’appeler quand j’étais avec Grace… Qu’est ce qu’il me veut encore ??? Mais en écoutant son message je fais un bond dans mon canapé : bon sang j’y crois pas !! J’aurais dû m’en douter : ça m’a paru louche quand Joe est arrivé avec Steve sur la scène de crime ce matin, mais sur le coup on a été tellement débordés que j’ai oublié de me demander ce que ce vieux renard fichait là ! Je réécoute le message de Steve qui m’annonce que Joe l’emmène au Japon pour rencontrer Shellburne : maintenant que Wo Fat est derrière les barreaux, cette mystérieuse personne ne court plus aucun danger et cette fichue quête va enfin pouvoir prendre fin ! Un peu perplexe, je me laisse retomber dans le canapé : ça fait maintenant plus d’un an que Steve traque Shellburne, depuis qu’il a découvert son existence grâce à la vidéo trouvée dans le bureau de Jameson. Un an de casse-tête, de recherches, de culs de sac… J’ai vu mon partenaire s’empêtrer dans les indices foireux, suivre des pistes qui ne menaient nulle part et se creuser toujours plus la tête pour comprendre ce qu’était Shellburne : en un an Steve a beaucoup changé. Il est devenu plus taciturne, moins patient, il a grossi et ses tempes commencent à grisonner… Même s’il ne veut pas en parler, je sais à quel point ce mystère le ronge : il veut des réponses à tout prix et ne lâchera jamais ! Et c’est pour ça que j’en veux autant à Joe White : le mentor, le père de substitution, le frère d’arme… Un homme à qui Steve a accordé toute sa confiance alors qu’il ne la mérite pas ! Il a été le premier à mener Steve en bateau et à brouiller les cartes pour l’empêcher de mener son enquête à bien, et aujourd’hui, voilà qu’il lui livre ce fameux Shellburne sur un plateau ?? Je reste sceptique, mais en même temps j’aimerais tellement croire que le calvaire de mon meilleur ami va prendre fin : je n’en peux plus de le voir s’en rendre malade et de ne rien pouvoir faire pour l’aider ! 

Tout d’un coup, je suis tiré de mes vieux souvenirs par un bruit au fond de l’appartement alors que je somnolais dans le canapé : je me lève doucement et vais vérifier que tout va bien… Je n’ai pas du tout envie que Doris réveille ma fille !! En fait je regrette même d’avoir accepté de l’héberger alors que je garde Grace ce soir mais sur le coup je n’ai pas eu trop le choix… Je fronce les sourcils en découvrant la fenêtre de la salle de bain ouverte : est ce que c’est Doris qui a oublié de la refermer ?? Je verrouille la fenêtre, mais au moment où je sors de la pièce, la porte me revient en plein visage !! Je pousse un cri comme la douleur irradie mon crâne et me précipite dans le couloir pour voir une silhouette vêtue et cagoulée de noir : le sang ruisselle de mon nez sur ma chemise mais je m’en fiche et me précipite sur l’inconnu, seulement il se retourne brusquement, une arme au poing et fait feu !! J’ai à peine le temps de battre en retraite en me jetant dans la salle de bain et je sens la panique m’envahir : Grace !! Et mon arme est restée dans le salon !! Je me maudis mais ne perds pas une seconde de plus et me rue à nouveau dans le couloir : la porte de ma chambre est ouverte mais je m’en fiche éperdument et me précipite dans la chambre de ma fille !! 
« Grace !? » Je fais le tour de la chambre des yeux, hors de moi mais elle n’est nulle part ! 
« Danno ! » Souffle une voix sous le lit et je me précipite pour l’y rejoindre et la serrer dans mes bras : 
« Je suis là mon P’tit Chat !! » 
« Danno t’es blessé ? Souffle ma fille d’un ton angoissé. Tu saignes !! » Je m’essuie à nouveau le nez et l’entraine avec moi vers la fenêtre aussi vite et silencieusement que possible : 
« T’inquiètes ma puce, c’est rien ! Viens vite !! » J’ouvre rapidement le panneau et remercie le ciel que nous soyons au rez-de-chaussée : j’aide ma princesse en pyjama à passer le rebord et lui fait signe de s’accroupir dans les buissons : « Reste là, je reviens te chercher ! » J’essaye de ne pas m’attarder à son regard suppliant et me glisse rapidement dans sa chambre quand deux autres coups de feu me clouent sur place derrière la porte ! J’entends une cavalcade et me précipite vers ma chambre avant de piler net, le canon d’un flingue pointé vers ma poitrine !! 
« Bon sang Danny vous m’avez fait peur ! » Me reproche Doris en baissant son arme et je lutte pour ne pas exploser de colère : 
« Pardon ?? Vous vous foutez de moi !?! » 
« Alors que Wo Fat sort d’ici ?? Déclare-t-elle d’un ton beaucoup trop calme. Pas vraiment non… » 


lyne358  (13.03.2015 à 13:07)

POV KONO KALAKAUA

La nuit a vraiment été courte et la première chose que je fais en arrivant au QG c’est de préparer du café car on va bien en avoir besoin pour affronter cette journée !! Nous sommes tous debout depuis plusieurs heures, depuis que Danny nous a appelés en catastrophe pour nous prévenir que Wo Fat était venu attaquer Doris chez lui… Comment a-t-il su qu’elle était là bas et comment a-t-elle fait pour ne pas se faire tuer, ça reste un mystère ! Un mystère qui vient s’ajouter à la longue liste que la mère de Steve traine déjà derrière elle, et je ne peux m’empêcher de jeter un œil dans le bureau du Boss : il est dans son fauteuil, plongé dans ses pensées, la mine sombre et il se ronge distraitement un ongle, chose que je ne l’ai jamais vu faire !! Je me rends compte à quel point la situation est vraiment angoissante pour lui, et dès que le café est prêt je vais lui en amener une tasse :
« Hey Steve… Tiens… » Il sursaute et prend la tasse d’un air reconnaissant :
« Merci, je risque d’en avoir bien besoin : j’ai quasiment pas dormi ! »
« C’est ce que je me suis dit… Dis-je en souriant. Mais au fait j’ai pas compris ce que ta mère faisait chez Danny ? Tu pensais qu’elle serait plus en sécurité chez lui ? »
« Mais bien sûr que non ! Peste Steve en se levant pour marcher de long en large. Surtout avec Grace chez lui en plus, tu penses bien que jamais je ne l’aurais laissée faire si j’avais su !! » Je fronce les sourcils :
« Je ne comprends pas… » Il se laisse retomber dans son fauteuil avec un soupir :
« On s’est disputés et elle est partie en claquant la porte… Mon dieu Danny va vouloir me tuer : à cause de Doris Grace a couru un grave danger et… »
« C’est pas ta faute ! Je le coupe. C’est la faute de ta mère !! Où est-elle maintenant ? » Il secoue la tête d’un air las :
« Pas la moindre idée et je crois qu’il vaut mieux que je ne sache pas : j’ai prévenu Joe, je sais qu’il fera le nécessaire… Mais maintenant que Wo Fat est revenu… » A ce moment là, Chin vient frapper à la porte du bureau :
« Hey Cousine ! Mauvaise nouvelle ! » Rien qu’à voir son air anormalement soucieux, je m’en serais douté :
« Qu’est ce qui se passe encore ?? »
« « La fusillade d’hier, explique-t-il, elle a fait plus de dégâts que prévu… » Aussitôt l’image d’une civière qui embarque un uniforme du HPD de toute urgence me revient :
« Merde ! Et Kenny ?? »
« Il est suspendu : ils pensent qu’il est responsable de la balle perdue qui a frappé le Sergent Mualua… » Je me prends la tête dans les mains, bien consciente que, tout comme moi mon cousin doit voir se profiler le spectre des Affaires Internes…
« Je suis vraiment désolé… » Déclare Steve avec une grimace sincère quand une voix dans notre dos nous fait sursauter :
« Désolé pour quoi ?? Pour avoir laissé ta mère partir sans protection ? Pour Wo Fat qui s’est introduit chez moi pour y refaire la déco ? Ou pour ma fille qui va faire des cauchemars jusqu’à la fin de ses jours ??? » Danny arrive au pas de charge, l’air furieux, et Steve lève les mains en signe d’apaisement :
« Crois-moi, si j’avais su… »
« Mais t’es juste dingue ou carrément inconscient ?? Ma fille aurait pu se faire tuer !!! » Mon cousin retient Danny qui a visiblement envie d’en coller une à Steve et je prends sa défense :
« Il ne pouvait pas deviner que Wo Fat viendrait la chercher jusque chez toi !! C’est Doris la fautive !! »
« Elle a raison ! Insiste Chin. Personne ne pouvait prévoir que Wo Fat était déjà sur l’île ! Et quelle idée d’avoir accepté de l’héberger aussi… »
« Ca n’excuse rien !!! Hurle le blond. Grace a eu la peur de sa vie et moi aussi !!! »
« Et je ne me le serais jamais pardonné s’il lui était arrivé quelque chose !! S’exclame Steve en haussant le ton. Tu sais à quel point je tiens à elle alors frappe moi si ça peut te calmer, mais je te jure que je m’en veux déjà suffisamment comme ça… » . Pas besoin de bien connaître McGarrett pour voir à sa tête qu’il est sincère, et il ajoute : « Je suis vraiment désolé… Je te présente mes excuses… » L’autre le toise un instant avant de tourner les talons pour se diriger vers son bureau en lançant :
« Je prends note de tes excuses : leur acceptation est en suspend… » Un peu calmé, il va se laisser tomber dans son fauteuil et je vais lui chercher une tasse de café pour le mettre de meilleur humeur… Quelques instants plus tard nous nous retrouvons autour de la table tactile :
« Je veux que toute l’île soit en alerte ! Ordonne McGarrett d’un ton nerveux. Je ne sais pas comment Wo Fat a fait pour arriver à Hawaii sans se faire repérer mais il n’en repartira pas ! » Je lance aussitôt le programme de reconnaissance faciale ainsi qu’un avis de recherche, et Chin fait remarquer :
« Nous avons aussi notre affaire de faussaires : le gars n’a toujours pas parlé… Si on ne fait pas tomber le responsable du réseau on pourra repartir à zéro dans quelques mois ! »
« Et je peux peut être vous aider ! » Fait une voix qui me colle le frisson et je me retourne brusquement pour voir l’homme qui entre dans nos locaux d’un pas décidé :
« Adam… » Je murmure et il me salue d’un signe de tête sans me lâcher du regard :
« Kono… Tu as l’air en forme… » J’ai l’impression que le temps s’est suspendu et qu’il n’y a plus que nous deux mais un toussotement de Danny me ramène bien vite sur terre :
« Salut Adam ! Qu’est ce qui nous vaut le plaisir ?? » Les yeux de mon ex compagnon arrivent enfin à me quitter et il explique posément :
« J’ai eu des soucis avec ces faussaires moi aussi, et j’ai lancé mes hommes à leurs recherche… » Steve croise les bras sur son torse en fronçant les sourcils, l’air de plus en plus tendu :
« Tu as pu découvrir quelque chose ? »
« Ca serait un comble, je remarque froidement, ça fait des semaines qu’on enquête dessus ! » Adam me jette un regard bizarre et sourit d’un air gêné :
« J’ai des moyens que vous n’avez pas… Et nous n’avons pas les mêmes informateurs ! »
« Je crois que je ne préfère pas savoir ! » Remarque Chin en souriant lui aussi, ce qui m’agace profondément mais au moment où je m’apprête à lui dire le fond de ma pensée Adam retrouve un air grave pour déclarer :
« Vous ne devinerez jamais la rumeur qui est parvenue jusqu’à moi : c’est Wo Fat qui serait derrière tout ça !! » Et il se retourne vers moi, l’air sincèrement inquiet car il sait à quel point cet homme en veut à toute notre équipe et sera prêt à tout pour se venger… Tout ce que nous avons vécu me revient alors brusquement en tête.

Quelques mois plus tôt…

Adam conduit très vite, essayant désespérément de semer les Yakuzas qui nous poursuivent en voiture. Je ne sais pas encore très bien comment notre position a été compromise mais ce n’est pas ma préoccupation principale en ce moment : s’ils nous mettent la main dessus, je ne sais pas ce que vont nous faire les hommes de mains de Mickael.
Finalement nous réussissons à prendre un peu d’avance et Adam tourne dans une ruelle avant d’éteindre les feux. Pour le moment nous sommes en sécurité, je soupire de soulagement. Mais cela est de courte durée quand je vois une autre voiture s’engager derrière nous. Adam me regarde et je sais immédiatement qu’il a une idée derrière la tête et que je ne vais pas l’aimer. Il s’apprête à sortir de la voiture, je l’arrête alors et lui fait promettre de rester en sécurité. Il me sourit avant de partir. Je le regarde s’éloigner, et des hommes sortent alors de l’autre véhicule et embarquent l’homme que j’aime. Je sens les larmes monter. Je sais qu’il a fait cela pour me protéger mais je le déteste pour cet acte. J’ai l’impression que tous les hommes, qui sont actuellement dans ma vie, passent leur temps à essayer de me protéger.
Chin depuis toujours a joué le rôle de grand frère avec moi. Steve et Danny sont aussi extrêmement protecteurs, pas de la même manière. Je trouve ça adorable, mais parfois je me demande réellement quoi faire pour leur faire comprendre que je suis une grande fille et que je peux me débrouiller toute seule.
Ils me l’ont aussi montré le jour où nous sommes revenus à Hawaii et que j’ai retrouvé ma famille, mon O’hana chez Steve. Je dois avouer que j’ai été assez surprise de trouver Grover en train de cuisiner, mais ce moment a été un des meilleurs de ma vie, et je me suis sentie en sécurité pour la première fois depuis longtemps.
Mais cela n’a malheureusement pas duré. Les choses se sont gâtées avec Adam, jusqu’à la dernière fois où nous nous sommes vus :
Nous sommes à Hawaii chez lui. Je suis assise sur le canapé, l’attendant alors qu’il répond à un coup de téléphone. Je recommence à avoir des doutes sur ses activités, de nombreuses choses étranges se passent et tout désigne un unique suspect : lui. Plusieurs de nos enquêtes ne mènent à rien, des personnes, ennemis des Yakuzas ont disparu. J’ai essayé de lui en parler mais il nie à chaque fois. Je le sens aussi s’éloigner de plus en plus de moi, et en même temps j’ai l’impression qu’il se sert de mon amour pour lui. Nous savons très bien que les policiers fouineraient plus ici, si nous n’étions pas ensemble. Je le vois s’approcher de moi avec un sourire, et je lui réponds même si mon cœur n'y est pas. Il se penche vers moi et me murmure à l’oreille « Je t’aime… » avant de s’agenouiller devant moi et d’ouvrir un écrin dans lequel se trouve une magnifique bague :
« Mademoiselle Kalakahua, voulez vous m’épouser ? »
Je le regarde un instant, alors que des émotions contraires m’envahissent brusquement. Je reste figée une minute avant de me lever, les larmes aux yeux et de répondre :
« Je suis désolée ! »
Avant de partir en courant. 


bellefond  (15.03.2015 à 13:30)


POV STEVE MCGARRETT 

Je reste un instant sous le choc de la révélation d’Adam et puis d’un coup toutes les pièces du puzzle se mettent en place dans mon esprit ! Je me pince l’arête du nez et commence à marcher de long en large d’un pas nerveux : 
« Mais bien sûr !! C’est pas la première fois que Wo Fat trempe dans la fausse monnaie, on est bien placés pour le savoir !! Je veux qu’on mette tout le monde sur le coup : je veux que le HPD nous fasse remonter toutes leurs infos, je veux qu’on voit qui à Halawa pourrait nous donner des tuyaux, je veux qu’on fasse parler le salopard qu’on a choppé, et surtout je veux que toute l’île soit à la recherche de Wo Fat !! » Involontairement, j’ai dû communiquer mon stress à mes équipiers car ils s’égaillent aussitôt comme une volée de moineaux pour se mettre au boulot et je prends quelques instant pour m’isoler dans mon bureau et me calmer : il faut que je me ressaisisse et que je reste maître de mes émotions… Ce n’est vraiment pas le moment de perdre le contrôle et je me force à respirer calmement avant de descendre en salle d’interrogatoire pour m’occuper personnellement du gars que nous avons arrêté : ne pas franchir la ligne, rester mesuré, mais le faire parler ! Mais comme je pose la main sur la poignée de la porte, une tornade brune s’engouffre dans les locaux au pas de charge et hurle : 
« DANIEL !!!! » Rachel est rouge de colère et je vois mon équipier se tasser sur son siège dans la pièce voisine : je crois que s’il pouvait disparaître sous son bureau il le ferait, le pauvre ! 
« Attend, Rachel, je vais t’expliquer, écoute… » Tente-t-il d’un ton apaisant mais totalement vain en venant à sa rencontre : 
« Ecouter quoi encore ??? Peste son ex-femme. Des excuses, encore des excuses ! Non mais est ce que tu te rends compte ?? » 
« Mais oui qu’est ce que tu crois !! Rétorque le blond en haussant le ton à son tour. J’ai eu la peur de ma vie et… » 
« Et j’en ai rien à faire !! Grace a été terrorisée !! » 
« Je le sais ! » Soudain Danny s’aperçoit que nous les observons, Chin, Kono et moi, et il attrape la jeune femme pour aller s’enfermer avec elle dans son bureau : nous échangeons un regard embarrassé avec les cousins tandis que des éclats de voix font presque vibrer les vitres des locaux, et faisons mine de retourner à nos tâches respectives pour faire preuve de discrétion, mais au bout de quelques instants, la porte du bureau de Danny s’ouvre à la volée et Rachel sort en pointant un index menaçant : 
« J’espère que tu m’as bien comprise Daniel : cette fois c’est allé trop loin et je ne cèderai pas ! » 
« Rachel, je t’en prie… » Tente le blond d’un ton suppliant mais elle repousse violement la main qu’il tend vers elle et repart aussi vite qu’elle est arrivée sans même nous accorder le moindre regard !! Malgré l’urgence de l’affaire qui nous occupe, mon cœur se serre quand je comprends que cette fois c’est vraiment grave : je le vois à la mine fermée de Danny… On dirait qu’il est comme assommé : les yeux dans le vide, la bouche entrouverte, les sourcils un peu haussés… Son expression est tellement douloureuse que j’en ai mal pour lui et je viens poser une main sur son épaule, le faisant sursauter : 
« Hey vieux… » 
« Oh Steve… J’allais appeler Halawa… » Je lui secoue fermement l’épaule : 
« Danny, qu’est ce qui se passe ? » Il se passe plusieurs fois la langue sur les lèvres avant de me lancer son regard de cocker malheureux : 
« Et bien… C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase à l’évidence… » 
« Rachel est furieuse ça peut se comprendre, je tente d’un ton rassurant, laisse lui le temps de se calmer… » 
« Non Steve, t’as pas compris… Coupe mon ami les dents serrées. Rachel vient de me poser un ultimatum… » Je reste un instant perplexe : 
« Un quoi ?? Mais de quel genre ?? » Danny prend une grande inspiration pour débiter d’un ton précipité : 
« Si je ne veux pas perdre définitivement mon droit de garde… Si… Si je ne veux pas qu’elle m’empêche définitivement de voir ma fille… » 
« Elle ne peut pas faire ça Danny ! » Je proteste mais il m’interrompt d’un geste avec un regard noir : 
« Si. Depuis hier soir elle le peut : j’ai mis la vie de ma fille en danger ! – Je cherche désespérément quelque chose à dire mais il poursuit, la mâchoire serrée – Et si je ne veux pas tout perdre, Rachel exige que… Que… Que j’arrête. » L’information met du temps à arriver jusqu’à mon cerveau, et pourtant je ne comprends pas : 
« Arrêter… Arrêter quoi ?? » 
« Le Five-0… Lâche mon équipier dans un souffle. Si j’accepte de changer de job, de prendre un poste moins dangereux, au HPD par exemple, alors elle accepte de me donner une dernière chance… » 
« Quoi ??? » Je reste stupéfait : je n’en reviens pas mais Danny ne me laisse pas le temps de digérer cette information et se lève en titubant presque : 
« Je… Faut que je réfléchisse… Mais en attendant je crois qu’on a du boulot… » Mais j’ai du mal à le suivre tant je suis bouleversé par ce que cette nouvelle implique pour lui, pour moi, pour nous tous… Les choses ont toujours été compliquées entre Danny et Rachel, je l’ai rapidement compris : le divorce compliqué, les nombreuses disputes par téléphone, les batailles pour la garde de Grace ; mais je m’en suis réellement rendu compte la première fois que j’ai rencontré l’ex-femme de mon meilleur ami. 

Quatre ans plus tôt 

Nous travaillons sur notre première grosse affaire de braqueurs et avons repéré nos suspects mais difficile de les approcher sans éveiller leur méfiance. Quand nous arrivons enfin à déterminer l’adresse de leur planque, dans un quartier huppé de Honolulu, Danny me dit qu’il connait quelqu’un et je me demande bien de qui il parle. Lorsqu’il sonne à la porte de la luxueuse résidence en face de la maison que nous voulons surveiller, je vois apparaître une belle femme brune à la porte. Danny n’est peut-être pas seul en ce moment, mais la dispute qui commence aussitôt me dit le contraire. Dire que je suis surpris lorsque mon meilleur ami me présente Rachel serait un euphémisme, car après tout ce qu’il m’a dit sur elle, je l’imaginais plutôt comme une sorcière !! Mais nous avons absolument besoin de sa maison pour pouvoir nous mener l’enquête et chaque seconde compte. Nous ne tournons pas autour du pot et Danny lui explique directement ce que nous faisons là : elle commence par refuser de nous aider, ce que je peux parfaitement comprendre, mais finalement je réussis à la convaincre en utilisant la corde sensible de tous les parents : son enfant. 
Ils ont failli recommencer à se disputer quelques secondes plus tard, mais j’arrive encore une fois à éviter le pire. Une fois à l’étage, pendant que je prépare l’équipement de surveillance, Danny commence à critiquer la taille du lit, le nombre de cousins ou Dieu sait quoi encore : intérieurement je ris et mon meilleur ami le remarque rapidement et s’énerve contre moi gentiment. Puis Rachel arrive, et c’est reparti pour un tour. Malgré ça je trouve l’ex-femme de Danny relativement sympathique : en tout cas avec moi elle est charmante, et je ne peux qu’excuser son exaspération en constatant la façon particulièrement puérile dont mon partenaire se comporte en sa présence !! 
Avec le temps, les choses ont fini par se calmer entre Rachel et Danny, surtout après que j’ai fait appel à Jamieson pour aider à empêcher Rachel et son nouveau mari d’emmener Grace à l’autre bout du monde : ils ont réussi à trouver un terrain d’entente en privilégiant le bien être de leur fille, ce qui a été bénéfique pour tout le monde, et puis l’air de rien ils avaient toujours des sentiments forts l’un pour l’autre… Ils ont même fini ensemble à nouveau, et ça aurait presque marché entre eux mais malheureusement les choses se sont passées autrement.

Malgré cette épreuve difficile pour Danny, les tensions ne sont pas réapparues. Et je ne pensais pas qu’un jour la tempête fasse à nouveau rage à ce point, mais visiblement je me suis trompé. 


lyne358  (17.03.2015 à 11:06)

POV CHIN HO KELLY

Dans la ruelle déserte, je repère rapidement l’homme que je cherche : pour aller plus vite nous nous sommes séparés… Kono a filé au HPD voir avec Duke Lukela s’ils pouvaient faire des recoupements avec d’autres affaires, Danny est à Halawa pour tenter de faire parler les faussaires déjà incarcérés et Steve est au QG en train de lancer le branle bas de combat de toutes les unités opérationnelles de l’île : même après un interrogatoire musclé, le gars que nous avons arrêté était toujours incapable de nous donner des infos intéressantes et du coup de mon coté, je me suis rabattu sur nos vieux indics… Après être passé chez Kamékona qui m’a promis de se renseigner et qui m’a indiqué où je pouvais le trouver, je suis parti à la recherche de Sang Min : cette vieille crapule est en train de fumer une cigarette à l’arrière d’une salle de jeu clandestine et il sursaute quand il me voit arriver mais je ne lui laisse pas le temps de réagir et dégaine mon arme :
« J’ai pas le temps de jouer au chat et à la souris avec toi ce matin alors si tu fais mine de te sauver je te colle une balle dans le genou !! »
« Bon sang vous passez trop de temps avec McGarrett vous tous ! » Peste-t-il en s’approchant de moi d’une démarche nonchalante : soudain il me saute dessus et me prend à bras le corps pour me plaquer contre le mur !! « Colle moi une beigne et fais mine de m’arrêter sinon je vais avoir des emmerdes ! » D’abord surpris je ne me fais pas prier, et Sang Min se retrouve rapidement menotté à l’arrière de ma voiture :
« Bon maintenant qu’on est tranquilles tous les deux et que les apparences sont sauves j’ai besoin de savoir où quelqu’un pourrait planquer un atelier d’imprimerie clandestin… » Sang Min fait la moue :
« Bon… Je me doute que c’est pas de la contrefaçon de livre pour enfant qui t’intéresse ! Tu cherches un gars en particulier ?? » je marque un temps d’hésitation avant de lâcher :
« Wo Fat ! » Les yeux du malfrat s’agrandissent et je peux y lire de la peur :
« Quoi ? Encore lui ? Mais je croyais que… »
« Il est revenu, je coupe, et si tu ne veux pas qu’il te fasse payer très cher les services que tu nous as rendus par le passé tu peux nous aider à lui mettre la main dessus… » Il s’appuie contre le dossier du siège et je le laisse prendre un instant de réflexion sans le bousculer, jusqu’à ce qu’enfin il se retourne vers moi :
« OK… Evidemment c’est pas moi qui vous ai refilé le tuyau mais j’ai entendu dire qu’il y avait pas mal de mouvement du coté de Kaula… »
« Kaula ? Je fronce les sourcils. Mais y’a rien sur cette île ! »
« Si tout le monde le croit, note l’autre avec un sourire rusé, c’est que c’est une bonne planque alors ! » J’acquiesce et lui ôte les menottes :
« Si jamais tu entends quelque chose d’autre tu me tiens au courant ? » Il grimace et finit par acquiescer :
« OK… Mais vous avez intérêt à le coincer , sinon faudra vous trouver une autre balance ! » Il descend de la voiture et je me penche par la fenêtre :
« Hey ! Comment tu vas expliquer que tu es déjà dans la nature ? » Il me lance un regard narquois :
« Bah je dirai que je t’ai échappé : tu passes pour un crétin, je passe pour un warrior et tout le monde y trouve son compte ! » Et il s’éloigne de sa démarche inimitable… Grace à ces infos, nous allons pouvoir partir en chasse ! Alors je me souviens de notre dernière traque…

Un an plus tôt

Sans parler des difficultés d’un enquête complexe, nous avions cette fichue équipe de journalistes du Savannah Walker Show pendue à nos basques du matin au soir, et il a fallu que ça tombe au moment où Wo Fat refaisait surface !! Mais c’est aussi grâce à cette fouineuse et son art de mettre les pieds dans le plat que nous avions repéré notre vieil ennemi sur la scène de crime : Wo Fat s’était déguisé en policier pour venir examiner le corps inidentifiable d’un homme horriblement mutilé, et de fil en aiguille nous avions découvert qu’il était à la recherche de contrefaçons de planches à billets de cent dollars ! Notre victime les avait volées et les avaient planquées dans la Koholahu Valley, mais il avait auparavant dissimulé une sorte de carte au trésor dans le tatouage d’une déesse hawaiienne sur son bras, tatouage que l’assassin avait découpé sans se douter qu’un criminel international le recherchait également, ce qui lui a valu la mort :
« Les plaques ont disparu… » Note Danny tandis que nous forçons les journalistes à s’éloigner.
« Le corps est encore chaud ! Wo Fat ne doit pas être bien loin !» Remarque Steve en s’éloignant du cadavre de Percy, les yeux rivés au sol, et nous remontons la piste à sa suite, les journalistes sur nos talons.
« Là ! Une empreinte toute fraiche ! » La trace de semelle taille 42 est bien imprimée dans la boue mais soudain notre attention est attirée par le vrombissement d’un rotor :
« Un hélico !! »
« Là !! C’est Wo Fat !! » Je m’écrie.
« On ne le laisse pas s’échapper !! » Ordonne Steve. Le visage du malfrat est clairement identifiable à travers la verrière de l’appareil et nous levons tous nos armes pour faire feu !! L’appareil fait aussitôt une embardée et nous nous élançons dans la direction qu’il prend à travers les broussailles alors que le crash retentit : en quelques secondes à peine, nous rejoignons l’épave fumantes de l’hélico :
« Il n’est plus là… » Annonce Kono en faisant prudemment le tour du cockpit.
« Il y a du sang ! Je remarque. Il n’a pas pu aller bien loin ! »
« Il faut boucler le périmètre et… » Mais Steve est interrompu par une brusque rafale de balles et je ne peux retenir un hurlement quand je suis frappé de plein fouet !!
« A terre ! A terre ! » Hurle Danny en bousculant les journalistes.
« Chin !! » Hurle Kono en se précipitant vers moi pour me tirer à couvert. La douleur m’a coupé le souffle, mais dieu merci, j’ai pris les balles en pleine poitrine ! J’en serai quitte pour quelques côtes cassées au pire et le temps de reprendre mes esprits je souffle d’un ton qui se veut rassurant :
« C’est mon gilet qui a pris… Ca va aller ! » Pendant ce temps la fusillade fait rage, et même le caméraman a fini par se mettre à couvert quand son matériel a été mis en pièces ! Je fais un effort pour me relever malgré la douleur dans ma poitrine et remets mon arme en joue pour épauler Steve et Danny, aussitôt suivi par Kono, mais le combat prend rapidement fin quand nous entendons un râle à nous donner la chair de poule !! Nous échangeons un regard et, toujours sur le qui vive, nous nous approchons à pas lents : la scène qui nous attend est tout bonnement atroce, et je ne sais pas ce qui me soulève le plus le cœur, les abominables brulures de Wo Fat ou cette odeur de chair humaine grillée ! Le malfrat horriblement défiguré baigne dans son sang et se tord de douleur en gémissant, et je vois ma cousine se détourner avec un haut le cœur tandis que Steve s’approche à un mètre à peine, son fusil pointé vers Wo Fat.
« Achève moi ! Ordonne-t-il avec une respiration rauque, mais Steve ne bouge pas d’un pouce. Tire ! » Hurle-t-il, et c’est comme si le temps s’arrêtait : nous sommes tous suspendus à la décision de notre Commandant, et à ce moment précis, je souhaiterais qu’il le fasse… Non pas pour abréger les souffrances de ce salopard mais pour se venger, pour venger toutes les innocentes victimes qu’il a semées derrière lui pendant tant d’années, pour venger son père, pour venger ma femme… Mais finalement, Steve a baissé son arme et a dévisagé Wo Fat un dernier instant avant de se détourner pour s’éloigner, laissant l’autre pousser un râle écœurant…

Mais à ce moment là, la sonnerie de mon téléphone me tire de mes vieux souvenirs et je sursaute avant de décrocher :
« Kono ! Tu tombes bien j’ai de bonnes nouvelles ! »
« Pas moi ! Me coupe ma cousine d’une voix tendue. Chin il faut que tu rentres tout de suite : nous sommes convoqués par les Affaires Internes ! » 


bellefond  (19.03.2015 à 21:09)

10 
POV JOE WHITE 

Je descends de l’avion qui m’a amené à Hawaii. Hier Doris m’a appelé en me demandant si je pouvais venir sur l’île. Elle n’a rien voulu me dire, mais je sais que c’était important, autrement elle ne m’aurait jamais téléphoné. 
En arrivant sur le parking, je repère rapidement la voiture de Doris. Lorsque je pénètre dans le véhicule, je comprends immédiatement que quelque chose de grave s’est passé. Je commence à la questionner après que nous ayons échangé un baiser : 
« Que se passe-t-il Doris ? 
- Il est de retour, il est venu me chercher jusque chez Danny. » 
Cela ne m’étonne pas. Wo Fat essaye de mettre la main sur Shelburne depuis des années déjà. Maintenant qu’il connaît son identité et qu’elle est plus vulnérable, je ne suis pas étonné qu’il ait remis ça. J’avais conseillé à Doris de repartir et de se cacher à nouveau, mais elle n’en a fait qu’à sa tête. Elle me regarde avant de continuer : 
« C’est bon, je sais. Tu m’avais prévenue. » 
Je regarde à travers la vitre quelques secondes avant de me tourner à nouveau vers elle : 
« Ce n’est pas à cause de ça que tu m’as appelé. Dis-moi la vraie raison. 
- Wo Fat m’a révélé quelque chose hier, quelque chose que je redoutais. J’avais entendu des échos ces dernières années, mais je pensais que c’étaient des mensonges. Enfin j’espérais que ça en soit.» 
Je la regarde plus attentivement cette fois-ci, attendant qu’elle continue. 
« Avant que je te dise de quoi il en retourne, tu dois me promettre de ne rien à dire à Steve. » 
Je secoue la tête, je refuse de recommencer ce jeu. La dernière fois, cela a failli lui coûter la vie. Et je me rappelle encore très bien de la culpabilité que j’ai ressentie il y a quelques années, lorsque j’ai appris que Doris était encore en vie, mais que je devais cacher la vérité à son fils. 
« Non ! » 
Elle se tourne légèrement vers moi, me regardant d’un air interrogateur : 
« Non ? 
- En effet, j’ai dit non. Je refuse de recommencer. Je refuse de devoir à nouveau cacher tes secrets. Je refuse d’être à nouveau coupable en me disant que si je ne t’avais pas écoutée, mon meilleur ami serait peut-être encore en vie. Et surtout je refuse d’à nouveau mentir à Steve. » 
Doris serre la mâchoire, et je sais qu’elle est en colère. Cela se confirme lorsqu’elle me répond : 
« Tu crois que ça a été simple pour moi de laisser John et les enfants ? Tu penses réellement que si j’avais pu, je ne t’aurais pas permis de tout dévoiler à mon mari et à mon fils. Mais je n’avais pas le choix Joe. Je n’avais juste pas le choix. » 
Je sens que sa colère a été remplacée par de la tristesse. Mais je lui réponds, en espérant qu’elle cède : 
« On a toujours le choix. 
- Ça te va bien de dire ça. 
- Ca veut dire quoi ça ? 
- Que si tu l’avais vraiment voulu, tu aurais pu tout leur dire. » 
Je la regard, étonné : 
« Maintenant tu es en colère car je t’ai été fidèle, j’avais confiance en ton jugement. 
-« Avais » donc ce n’est plus le cas maintenant ? » 
Je regarde par la fenêtre pendant quelques secondes, avant de décider d’être honnête : 
« Tu as changé dernièrement Doris, je ne te reconnais pas. Et je pense qu’en ce moment tu ne prends pas les meilleures décisions. » 
Le silence se fait dans l’habitacle et le souvenir de la première fois que j’ai menti à Steve me submerge. 

Il y a quelques années : 

Je suis de retour de ma permission au Japon et je n’arrive toujours pas à en revenir. Doris McGarrett, la femme de mon meilleur ami, la mère de l’homme que je considère comme un fils, est toujours en vie. Elle m’a tout expliqué, son passé, la volonté de vengeance d’un enfant ayant perdu son père, sa peur pour sa famille, tout ce qui a conduit à sa prétendue mort. Mais avant elle m’a fait promettre de ne rien dire ni à John, ni à Steve. 
Je ne sais pas encore comment je vais pouvoir leur faire face, leur mentir. Je sais à quel point la perte de Doris a affecté sa famille. Mon meilleur ami ne cherche plus que deux choses, trouver le coupable et se venger. Steve a changé, le gamin bavard et plaisantin s’est renfermé sur lui-même. L’abandon de son père a été le coup fatal lors de sa descente aux enfers. Et je n’imagine même pas ce qu’il aurait pu se passer si je n’étais pas intervenu auprès de cet adolescent en colère contre le monde entier. Je sais que Mary a beaucoup changé aussi d’après les dires de son frère, mais leur Tante Deb veillait au grain de son coté… 
Je rentre dans notre campement et je vois Steve entouré des autres membres de notre équipe. Ils sont en grande conversation. Je m’arrête et l’observe pendant un instant. Son entrée dans les Seals a été la meilleure chose qu’il puisse arriver pour le fils de John : il a une nouvelle famille ici. Steve doit sentir mon regard car il lève les yeux vers moi, et me sourit. Je lui réponds avant de me détourner et de rentrer dans ma tente. Quelques minutes plus tard, j’entends des bruits de pas et je sais que c’est Steve. Je prends une profonde inspiration et je mets mon masque en place. Je suis un Seal bon sang, je sais garder des secrets. 
Mes soupçons s’avèrent exactes quand quelques secondes plus tard, Steve rentre dans ma tente après que je lui en ai donné l’autorisation. 
« Bonjour Monsieur. 
- Lieutenant. » 
Je lui fais signe de s’asseoir alors que j’en fais de même. 
« Comment s’est passé votre permission Monsieur ? 
- Bien, assez surprenant mais bien. » 
Il m’observe quelques secondes et je le sens préoccupé : 
« Tout va bien fils ? Il s’est passé quelque chose pendant mon absence ? 
- Non monsieur, il ne s’est rien passé. » 
Un silence inconfortable retombe pendant plusieurs minutes avant que Steve décide de se lever. Avant de quitter la tente, il se retourne vers moi : 
« Vous êtes sûr que tout va bien Monsieur ? » 
Je connais Steve par cœur, mais le problème est qu’il me connaît aussi. Les années ont passé et cela a été difficile parfois de cacher la vérité à Steve et John. Notamment pendant les périodes de l’année comme Noël ou la date d’anniversaire de Doris, où son fantôme revenait hanter les rêves les deux hommes. 

Finalement Doris m’a dit ce qu’elle me cachait et je refuse de tenir encore une fois Steve à l’écart de cela. Je le lui ai clairement dit et je sais qu’elle m’en veut de ne pas garder son secret, mais son fils doit savoir, il a le droit de connaître la vérité. Nous nous disputons et je me retrouve à prendre un taxi qui me mène chez Steve. 
Une fois devant la maison près de l’eau, je frappe à la porte et aucune réponse. Cela n’est pas étonnant en soi. Au vu de l’heure, il doit être en train de travailler. Je l’appelle sur son portable mais je tombe directement sur sa messagerie. Il n’a surement plus de batterie. J’essaye alors de contacter Danny, ces deux-là sont toujours ensemble, mais j’arrive au même résultat. Finalement je me dirige vers le QG du 5-0, espérant rencontrer Steve, ou au pire un des membres de l’équipe qui saura où il est. Une fois sur place, je monte les escaliers deux à deux et finalement je débarque dans les locaux du 5-0. 


lyne358  (21.03.2015 à 09:58)

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