HypnoFanfics

Alive !

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 01.03.2015 à 16h50
Auteur : lyne358 
Statut : Terminée

« Alors que toute l’équipe se mobilise pour affronter leur vieil ennemi, chacun doit faire face aux démons de son passé… Un passé qui reprend vie ! ( co-écrit par Bellefond et Lyne358 ) » lyne358 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 25 paragraphes

Afficher la fanfic

11 

POV DANNY WILLIAMS

Bon je dois bien avouer que quand Chin est revenu avec cette info j’ai dû regarder sur une carte pour repérer Kaula, ce caillou paumé, le plus à l’Ouest de l’archipel, et tandis que les cousins ont dû filer pour répondre à la convocation des Affaires Internes, nous nous sommes rapidement préparés avec Steve avant de foncer vers la plage : une fois n’est pas coutume, Kamékona a gracieusement mis son petit hélico à notre disposition, et même si l’habitacle sent un peu la crevette, c’est tout de même bien pratique… Comme Steve a pris les commandes, je remarque :
« C’est une habitude dans le coin, de donner un nom au moindre tas de cailloux ? »
« Ce tas de cailloux fait plusieurs kilomètres carrés et ferait une planque parfaite !! »
« Tu crois vraiment que Wo Fat y a établi son quartier général et que depuis tout ce temps il était sous notre nez ?? »
« Je ne sais pas ! Rétorque mon partenaire avec agacement. Catherine m’a envoyé les premières images satellite mais la forêt est tellement dense qu’on ne peut rien voir à travers ! »
« Ca vaudrait peut être le coup d’attendre Chin et Kono ? Je demande avec une grimace. Ca serait plus prudent… »
« On n’a pas le temps ! Ronchonne Steve. Et puis on ne va faire qu’une reconnaissance : si jamais on trouve quelque chose on appellera les renforts ! » Je me rencogne dans mon siège en maugréant :
« Evidemment, c’est bien connu que c’est ton grand truc d’attendre les renforts ! » Il fait mine de ne pas m’avoir entendu et la fin du trajet s’effectue en silence jusqu’à ce qu’enfin nous apercevions l’île : en se basant sur les images envoyées par Cath, Steve a décidé de se poser sur la pointe septentrionale et de l’explorer ainsi du Nord vers le Sud… Avec un peu de chance, notre hélico n’aura pas été repéré !
La chance semble en effet de notre coté puisque nous trouvons même une petite langue de sable où nous poser sans encombre, et une fois armés de nos fusils d’assaut et équipés de radios, nous nous dirigeons vers la jungle : prudemment, je reste derrière mon partenaire qui repère plus facilement les voies praticables dans la végétation dense, et j’essaye de tenir le rythme derrière lui… Ici Steve a l’air aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau, et même si j’ai troqué mes mocassins pour des chaussures plus confortables, je suis loin de pouvoir en dire autant !! Mais ma fierté m’empêche de me plaindre, d’autant que je sais qu’il n’est pas d’humeur à supporter mes jérémiades : la mâchoires serrée, le regard concentré, je vois bien que Steve est extrêmement tendu et impatient de mettre la main sur notre ennemi ! Nos avançons donc en silence, sur nos gardes, en tentant de repérer la moindre trace de civilisation, sans grand succès : ici pas âme qui vive ! Puis au bout de ce qui me paraît une éternité, nous faisons une pause pour boire : j’essaye de ne pas paraître trop essoufflé, et ce que je craignais finit par arriver !
« On perd trop de temps comme ça ! » Grogne Steve en regardant sa montre avant de se tourner vers moi :
« Non, s’il te plait… Je souffle avec un regard suppliant. C’est vraiment pas une bonne idée ! »
« Mais si ! On ira beaucoup plus vite !! »
« Je maintiens qu’on ne devrait pas se séparer ! » Je proteste mais il ne cède pas :
« On reste en contact radio : le premier qui trouve quelque chose avertit l’autre, sinon on se rejoint à la pointe sud de l’île… »
« Le Sud… - Je jette un regard circulaire en tentant de garder mon calme. Le Sud donc… » Steve lève les yeux au ciel et me tend sa boussole :
« Tiens… Tu tournes la flèche noire vers le S ! »
« Mais et toi ? T’en as pas besoin ? » Je déteste son regard condescendant de Super Seal quand il rétorque :
« Moi j’ai le soleil ! Je vais partir vers l’Ouest, tu n’as qu’à partir vers l’Est : tu marches dix minutes dans cette direction et après tu repiques au Sud… »
« Et si je me perds ? » Je demande d’une petite voix en rougissant de honte. Mon partenaire ne peut réprimer un sourire et me colle une claque sur l’épaule :
« Bah tu marches tout droit, tu trouves la côte et après tu fais le tour de l’île jusqu’à l’hélico…. » Je le déteste ! Bon dieu comme je le déteste ! J’adore ce gars, c’est mon équipier, mon frère, mais après quatre ans il arrive encore à me mettre hors de moi !! Je le regarde s’éloigner d’un pas souple en ravalant une remarque désagréable puis je soupire en partant de mon coté : je déteste la jungle !! En essayant de ne pas me prendre les pieds dans les racines et de marcher à peu près en ligne droite, je me rappelle la dernière fois que je me suis retrouvé comme ça, seul paumé dans la nature hostile des îles Hawaiiennes… C’était une fois de plus la faute de Steve !

Un an et demi plus tôt

Je me prends les pieds dans une racine et pousse un juron : mais bon sang, pourquoi est ce qu’il faut qu’un truc aussi simple et innocent qu’un camp scout se transforme en traque de psychopathe dans la jungle ??? Pourquoi ? Je vous le donne en mille : parce que Steve était de la partie bien sûr !! Bon j’exagère peut être un peu : si un gars furieux et armé n’avait pas pris en otage la petite Lucy Steve n’aurait rien fait de pire que de traumatiser toutes les copines de Grace avec ces histoires de Super Seal tuant un sanglier à mains nues autour du feu de camp… Pourtant tout avait bien commencé : mon équipier était super fier de m’accompagner au camp des Aloha Girls dans la Ka’a’awa Valley et Grace n’avait parlé que de ça pendant dix jours… Mais dès qu’il a sorti son couteau j’ai senti que ça allait pas se passer comme je le voulais : Madeline, la cheftaine, m’a rabroué car elle pensait que Steve était un expert en techniques de survie, pas un psychopathe ! J’avais failli lui rétorquer qu’on pouvait être les deux… Je vous passe la suite : le gars armé qui débarque et menace tout le monde, moi qui prends une balle, comme par hasard à cause de Steve qui a un peu trop chatouillé ce Ron, comme par hasard dans le bras gauche, mais je commence à avoir l’habitude ! Ron nous avait tous enfermés, à l’exception de Steve et Lucy qu’il a embarqué avec lui, dans la cabane mais ma fille m’a impressionné en nous sortant de là de façon très courageuse après que nous ayons creusé un tunnel sous le plancher, et une de ses copines a réussi à bricoler nos téléphones cassés pour que je puisse contacter Chin ! Pour le coup, j’aurais adoré qu’il vienne nous chercher en hélico et qu’on parte ensemble à la recherche de Steve et Lucy, mais c’était prendre le risque que Ron panique et s’en prenne à eux… Donc quand les gardes forestiers sont arrivés pour porter secours aux filles il ne me restait plus qu’à prendre une arme, un sac à dos et partir seul dans la jungle pour les retrouver… Seul ? Non pas tout à fait : cette chère Madeline, infirmière urgentiste et fille de chasseur de son état, m’a vite prouvé que tout seul j’étais vraiment mal barré ! Est ce que je sais trouver de l’eau potable, faire du feu sans briquet et affronter un ours ?? Bah non… Les ours, dans le New Jersey c’est dans les zoos ! Et tandis que nous suivions les traces du bâton sur lequel Ron s’appuyait pour soulager sa jambe blessée, j’ai eu la surprise d’apprendre par Madeline que si ma fille avait voulu rentrer chez les scouts, c’était pour devenir aussi courageuse que moi !! Ca m’a touché, et en même temps je me suis senti un peu piteux… Pas seulement à cause de ma ‘’danse de l’araignée’’ mais parce que le jour où ma petite fille se rendra compte que je ne suis pas Superman… Mais même si je hais la jungle et que je donnerais tout pour être ailleurs, je lui ai promis de faire tout mon possible pour retrouver sa copine Lucy, promesse que j’ai bien l’intention de tenir !! Mais là j’avoue que seul dans cette forêt broussailleuse je n’en mène pas large : Kono m’a appelé pour m’informer que Ron, Ron Albert de son vrai nom, était un petit truand qui convoyait des diamants dans un avion qui s’est crashé à quelques kilomètres, et qu’il avait un complice, Wilson Iles, qui lui par contre était un malfrat dangereux et sans scrupules !! C’est pour ça que je n’ai pas hésité à partir seul quand nous avons trouvé le randonneur blessé : il les avait croisé une heure plus tôt, et Ron lui avait tiré dessus mais juste avant Steve avait parlé de se rendre aux chutes de Hapi, et Madeline est restée attendre les secours avec lui après m’avoir indiqué la direction… Le Nord… Ils sont rigolos tient !! Le Nord… Je me sens d’autant plus frustré que je sais qu’il n’y a pas de temps à perdre : une fois que les malfrats auront retrouvé leurs diamants ils de débarrasseront de Steve et de la petite Lucy !! J’accélère encore le pas sur le sentier en évitant les racines et les pierres : c’est vraiment pas le moment de me casser une cheville !! J’essaye de ne pas penser à toutes les bestioles venimeuses qui doivent se balader dans le coin, ni aux ours de Madeline, ni aux sangliers de Steve… Lui il serait comme un poisson dans l’eau, là, à lire dans la terre comme moi sur une carte routière, alors que moi… Et soudain un bruit me fait sursauter !! Immédiatement je dégaine mon arme et avance prudemment en la tenant en joue : aussi silencieusement que possible je progresse avant d’écarter le feuillage et découvrir :
« Chin ! »
« Danny ! » Mon camarade est en train d’examiner le corps encore chaud de Ron et nous échangeons un regard préoccupé :
« C’est Iles ? »
« Probablement… Et il ne doit pas avoir beaucoup d’avance !! » Nous nous redressons ensemble pour partir à sa recherche et j’essaye de dissimuler mon soulagement : maintenant au moins je ne suis plus seul dans cette jungle…




bellefond  (23.03.2015 à 21:29)

12 
POV DE L’HOMME 

Aujourd’hui est un jour comme un autre, mais le combientième je ne saurais dire : au début j’en tenais le compte précis, persuadé que ça ne pouvait durer éternellement… Mais au cinq-centième jour, après presque dix-huit mois j’ai abandonné en comprenant que c’était vain : je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle on me garde ici, pourquoi depuis tout ce temps je n’ai pas été libéré ou tué tout simplement… Mais connaissant mon ravisseur rien ne peut être simple malheureusement !! 
Les premiers temps, je vivais dans l’angoisse, m’attendant à être exécuté sommairement à tout moment : après tout c’était le sort qui m‘était promis !! Et puis les semaines ont succédé aux jours, les années aux mois… Au début j’étais retenu dans une cellule entièrement fermée, mais le temps passant, mes conditions de détention se sont assouplies et j’ai pu découvrir l’extérieur : j’ai bien pris garde de me comporter de façon exemplaire et de faire tout ce qu’on attendait de moi, avec l’idée que si je me montrais assez patient mes geôliers baisseraient la garde et que je finirais bien par trouver une occasion de m’évader… En vain ! Sorti de ma cellule, j’ai découvert une sorte de cour clôturée et j’ai soigneusement étudié les lieux : la plus grande partie des bâtiments, y compris ma cellule, sont enterrés sous terre, et l’espace est cerné par une végétation dense… Une deuxième clôture de barbelés électrifiés entoure cette sorte de camp, et seule une piste en terre semble y accéder à travers la jungle : il y a régulièrement des camions bâchés qui vont et viennent, et la bande armée qui se relaye pour me surveiller travaille régulièrement à leur chargement et déchargement… J’ai essayé de découvrir discrètement de quel genre de marchandise il s’agit, mais je n’ai pu voir que des paquets soigneusement emballés, et connaissant mon ravisseur, j’ai peur qu’il puisse s’agir de n’importe quoi… N’importe quoi d’illégal !! J’ai aussi essayé de deviner où je me trouve, vainement : je sais que nous sommes encore dans la région d’Hawaii, mais c’est ma seule certitude ! Je reconnais le climat, les odeurs, le gout de la nourriture… Mais où sommes-nous exactement ?? L’archipel est constitué de quatre îles principales mais aussi d’une centaine d’îlots ! Pour ne pas devenir fou j’essaye de m’accrocher à tous ces détails : en apprendre le plus possible sur chaque homme employé ici, essayer de noter leurs habitudes, leurs qualités et leurs défauts… Mémoriser le tracé des deux clôtures, le nombre de piquets, l’emplacement exact de la guérite… Au fur et à mesure, j’ai compris la routine de l’emploi du temps, repéré les entrées et les sorties des bâtiments souterrains… Est-ce que tout cela me sera utile un jour ?? Est-ce que je dois garder l’espoir d’être libéré ou vivre dans la peur d’être tué ? Avec le temps j’ai cessé de me poser cette question. J’ai attendu la moindre occasion qui pouvait se présenter, mais à aucun moment je n’ai trouvé la faille qui me permettrait de m’évader ! Alors je me contente de profiter de chaque seconde de ma liberté surveillée, résigné : on ne me laisse prendre l’air qu’une heure le matin, une autre l’après-midi… Alors je respire à pleins poumons l’air frai et les odeurs de la forêt et je m’emplie les yeux du bleu de ce petit carré de ciel au-dessus de ma tête, en me disant que peut être c’est la dernière fois, que peut être demain… Et je repense à tous les gens que j’aime… Savent-ils seulement que je suis toujours vivant ? Est-ce que quelqu’un me cherche encore après toutes ces années ? Au début j’espérais, je m’accrochais à l’idée que quelqu’un savait forcément, qu’on ne pouvait pas m’avoir abandonné… Et puis avec le temps, je ai perdu toute espérance pour ne plus souhaiter qu’une chose : que tout ça se termine ! Qu’on mette enfin un terme à cette absurdité qu’est devenue ma vie, puisque tout ça n’a pas de sens pour moi ! Et ces derniers temps, c’est l’idée d’en finir qui est venue me hanter… Une idée qui me fait horreur pourtant, mais qui s’insinue de façon sournoise dans mes pensées, et alors je me raccroche à la seule chose qui me permet encore de tenir : ma famille, mes amis… 
Dans les pires moments, la seule chose qui m’empêche d’abandonner est le souvenir de ma famille. 

Il y a plusieurs dizaines d’années. 

Jamais un jour j’aurais cru être ici, devant l’autel attendant la femme de ma vie. Je regarde un instant l’assemblée voyant ma sœur, mon meilleur ami, mes frères d’armes présents pour moi aujourd’hui. Je n’ai jamais cru au coup de foudre mais lorsque j’ai rencontré cette jeune femme, perdue sur cette île, j’ai tout de suite su que c’était elle, qu’elle serait la mère de mes enfants, et que nous finirions nos jours ici, à Hawaii ensemble. Les premières notes de musique remplissent l’air tandis qu’elle apparaît, magnifique dans sa longue robe blanche. Nous échangeons les paroles d’usages avant d’être déclarés mari et femme. 
Les mois passent mais ne se ressemblent pas, pour une fois je connais autre chose que mon travail. Et un soir elle rentre chez nous, en souriant. Et quelques secondes plus tard lorsqu’elle prend ma main pour la poser sur son ventre, une immense joie m’envahit. Je vais devenir père. 
Le temps passe à nouveau rapidement et sans m’en rendre compte, huit mois de grossesse sont écoulés. Je suis à mon bureau, dans la paperasse que je déteste au plus haut point lorsque mon téléphone sonne. Je décroche alors : 
« Oui ? 
- Il faut que tu rentres immédiatement à la maison, je crois que le bébé arrive. » 
Je sens alors la panique monter en moi : 
« Quoi ? Mais il est trop tôt… 
- Je sais, dépêche-toi. » 
La peur dans sa voix me fait réagir et en moins d’une minute je me retrouve derrière le volant, conduisant rapidement vers la maison. Les heures passent ensuite comme dans un rêve, l’arrivée à l’hôpital, les longues heures de travail, et enfin le premier cri de mon bébé. Lorsque je le vois, je le trouve tout simplement magnifique avec ses grands yeux bleus. Et lorsque je le prends dans mes bras, je me promets de toujours protéger cet enfant, et que rien au monde ne pourra nous séparer. 
Quatre ans passent durant lesquels j’observe et j’aide mon petit garçon à grandir. Tout le monde dit qu’il me ressemble et à chaque fois cela me rend fier. Finalement un nouvel enfant va venir à nouveau bouleverser la vie de la maison pour notre plus grand bonheur. Les choses sont plus calmes cette fois-ci, enfin si on peut parler de plus calme lorsqu’un enfant de quatre ans ne cesse de demander quand arrivera sa petite sœur, mais au moins elle décide de pointer le bout de son nez le jour du terme. 
Malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin, et quelques années plus tard ma femme a quitté ce monde, brisant notre famille. 


lyne358  (25.03.2015 à 10:18)

13

POV STEVE MCGARRETT

J’ai eu quelques scrupules à laisser ce pauvre Danny partir seul de son coté, mais nous n’avons pas le choix ! Je sais qu’il déteste la jungle, mais il est assez débrouillard pour ne pas se perdre… Enfin je l’espère ! Et rester ensemble nous ferait perdre un temps précieux : avec Chin et Kono qui ont été retenus par les Affaires Internes, notre enquête est au point mort et pour l’instant cette île est notre seule piste pour mettre la main sur Wo Fat !! Je m’arrête un instant pour boire et lève les yeux vers le ciel : ça fait presque dix minutes que je marche vers, l’Ouest, il est temps de changer de cap ! Je m’oriente rapidement et reprends ma course dans la jungle en essayant de rester concentré sur mon objectif : progresser rapidement, sans faire de bruit, tout en essayant de repérer cette fameuse base d’opérations clandestine dont Sang Min nous a suggéré l’existence : en fait ça paraît même très logique ! Pendant tout ce temps, Wo Fat était censé avoir disparu, probablement au Japon, mais nous savions qu’il poursuivait ses activités sur Hawaii et qu’il nous surveillait de loin… J’aurais dû me douter qu’il avait gardé un point de chute !! Je m’en veux même de ne pas avoir deviné plus tôt qu’il avait un quartier général, et en plus si proche de O’Ahu, presque sous notre nez ! En me faufilant dans la végétation dense, j’essaye de ne pas me laisser envahir par la colère et l’envie de vengeance : jusqu’à aujourd’hui j’ai toujours réussi à me maitriser en présence de Wo Fat, mais mon instinct me souffle qu’un jour ça sera plus fort que moi, un jour je ne pourrai penser à rien d’autre que lui mettre une balle entre les deux yeux !! J’en suis là de mes réflexions quand en sortant d’un fourré je me retrouve sur une piste en terre battue ; je vérifie rapidement que personne n’est en vue et étudie le terrain : de nombreuses traces m’indiquent que des véhicules de fort tonnage y circulent régulièrement, très régulièrement même étant donné le nombre et la fraicheur des empreintes de pneus que je peux observer !! J’hésite à prévenir Danny mais préfère d’abord opérer un premier repérage : je replonge dans les fourrés pour suivre cette piste et arrive finalement à une clôture fermée par un grand portail flanqué d’une guérite où un homme monte la garde : mauvaise idée de passer par là ! Je commence à longer les barbelés avant de repérer un endroit où je peux passer sans me faire remarquer : un léger crépitement m’indique que le tout est électrifié, et à l’aide d’une grosse branche, je soulève le fil le plus bas et je me faufile dessous avant de faire un nouveau point, caché dans les hautes herbes : l’enceinte est surveillée par quelques gardes, mais ils n’ont pas l’air trop méfiant et j’examine les lieux. Le camp n’est pas très grand, et je repère rapidement quelques soupentes abritant des portes : je comprends immédiatement que la majorité des infrastructures doivent être enterrées… Malin pour éviter d’être repéré par les nombreux hélicos qui baladent les touristes au-dessus de l’archipel !! Il semble y avoir plusieurs entrées, ainsi que des accès pour des camions, avec des rampes de chargement, et à l’autre bout je remarque un petit héliport avec un appareil prêt à décoller. Mais quelque chose d’autre attire rapidement mon attention : accolé à un tout petit bâtiment, une deuxième ligne de barbelés clôt un espace assez restreint, complètement vide… J’ai beau réfléchir, je ne vois pas du tout à quoi ça peut bien servir, mais ça me semble être le plus accessible depuis ma position, et après avoir vérifié que les quelques gardes sont occupés ailleurs, je me glisse vers cet enclos : je suis couvert de boue d’avoir rampé sur le sol, mais ça m’assure un certain camouflage, et c’est sans encombre que j’atteins la porte du bâtiment. Sur mes gardes, je fais basculer mon fusil mitrailleur dans mon dos pour dégainer mon petit Sig Sauer : quoi qu’il y ait là-dedans, ça mérite une double sécurité donc ça doit être important ! Important et bien gardé… Prudemment, je pousse la porte qui n’est pas verrouillée et tend l’oreille : pas un bruit. A pas de loup, je m’avance en rasant le mur dans un couloir mal éclairé qui tourne à angle droit : en retenant mon souffle je jette un rapide coup d’œil pour voir deux gars qui fument tranquillement une cigarette devant une porte fermée… Si le moindre coup de feu est tiré, l’alerte sera donnée et je sais que je n’aurai pas de deuxième chance ! C’est maintenant trop tard pour prévenir Danny, je dois me débrouiller seul… Je rengaine mon arme pour sortir mon couteau de combat et prend deux secondes pour calmer ma respiration et me concentrer… Puis d’un coup je bondis !! Le premier garde lève son arme vers moi mais je la dévie d’un coup de pied et le jette au sol d’un coup de poing en pleine tempe avant de saisir le canon de l’autre à pleines mains pour le lui projeter en plein visage ! Comme l’autre se relève, je lui envoie un coup de poing dans l’estomac et saisit l’autre à la gorge… Sa nuque émet un craquement sinistre et j’ai juste le temps de me retourner pour plonger ma lame dans la gorge de son acolyte… Ca n’a duré que quelques secondes et je suis presque certain d’être resté silencieux, mais il ne faut pas perdre de temps ! A la ceinture du premier garde j’attrape un trousseau de clés et repère tout de suite celle qui a la bonne taille et la bonne forme : quoi qu’il y ait derrière cette porte ça vaut le coup d’y accorder deux gardes, et je veux à tout prix savoir de quoi il s’agit !! Avant de glisser la clé dans la serrure, je tends l’oreille, mais rien… Alors je ressors mon Sig Sauer et le mets en joue avant de déverrouiller la porte : comme toujours rien ne se produit, je pousse le battant et lève mon arme en entrant dans la pièce avant de stopper net, le souffle coupé : non... Non ce n’est pas possible !!

Quelques années plus tôt

Je ne peux pas croire que mon meilleur ami vient de mourir pour sauver ma vie. Je me hais, mais je ressens un certain soulagement, tout est enfin fini. Anton Hesse est avec moi, je suis certain que son frère sera arrêté sous peu. Une voix me sort de mes pensées, et je lève la tête pour regarder le prisonnier :
« Ca c’est marrant… »
Je le regarde étonné.
« T’as pas l’air d’un Hawaïen… »
J’ai entendu cela durant toute mon enfance, mais Hawaii est mon foyer. Je secoue la tête légèrement, il commence sérieusement à me taper sur les nerfs. Et je ne suis pas d’humeur : je ne vais pas le laisser gagner à ce jeu-là.
« - Tu vas nous dire tout ce que tu sais…
- Et pourtant tu es né sur l’île et tu y as grandi…
- … Le nom de chaque fournisseur qui vous vendait des armes, de chaque groupuscule terroriste à qui ton frère et toi vous les fourguiez, de chaque associé et de chaque client de votre trafic.
- Dis-moi, tu en as jamais eu marre de nous chercher partout depuis cinq ans, Victor et moi, comme un clébard qui a perdu son os ? Et tu t’es jamais dit qu’on s’occupait de toi, nous aussi ? »
Cette phrase attire particulièrement mon attention. Ces deux-là ne sont pas des rigolos, et ils sont capables du pire. Mon téléphone sonne et je suis surpris de voir le nom de l’interlocuteur.
« Tu ne décroches pas ? Tu ne parles pas à ton père si souvent que ça… »
Là je sens réellement la panique m’envahir, ça ne sent pas bon. Je décroche et j’amène l’appareil à mon oreille
« Papa ?
- Salut champion ! »
Champion ? Je n’ai pas le souvenir que mon père m’ait déjà appelé comme ça. Je regarde Anton, et je peux clairement voir que tout est lié. Je demande à mon père :
« Tout va bien ?
- Tu connais ces minables, Steve ? »
Non ce n’est pas possible. J’aurais dû me douter que Victor ferait ça. Ca fait cinq ans que je traque ces fumiers, je sais comment ils agissent. J’entends la voix du frère ainé :
« Maintenant je sais à qui tu ressembles. Ton père est une vraie tête de mule. Toi et moi, on a beaucoup à perdre là-dedans. Alors écoute bien ce que je vais te dire. Je t’offre un marché, ton petit papa contre mon petit frère. En fait, je trouve que c’est une offre très généreuse, pas toi ? »
Par écrit, je demande rapidement à mes hommes d’envoyer une équipe du HPD à la maison, en espérant que je puisse éviter le pire. Mais je sais une chose, il y aura au moins un mort d’ici quelques minutes. Espérons simplement que ce ne soit pas mon père car je n’ai pas le choix, je ne peux simplement pas relâcher Anton.
« T’es pas idiot au point de croire que je vais marcher.
- Je te remercie du compliment et je te le retourne, toi non plus t’es pas idiot. »
- Laisse tomber Victor, tu sais comment ça marche : on ne négocie pas avec les terroristes.
- C’est une exception !
- Pas question de négocier dans ces conditions.
- Bon, on est en train de négocier. »
Je sens la colère monter en moi : Freddie est mort à cause d’eux et j’ai du mal à me contrôler.
« Tu descends mon père et tu perds toutes tes chances.»
Un long silence s’en suit et j’ai peur d’aller trop loin :
« Écoute-moi champion…
- Papa, je vais te sortir de là, t’en fais pas. Ca ne sera plus très long. »
- Je te demande pardon de t’avoir menti.
- Quoi ? De m’avoir menti sur quoi ? De quoi est-ce que tu parles ?! »
- Je t’aime plus que tout Steve. J’aurais du te le dire plus souvent. Quoique ces gens attendent de toi, ne leur donne surtout pas. Ne leur donne surtout pas ! »
J’entends alors un coup violent, et j’ai peur qu’il soit déjà trop tard !!
« Papa, Papa !»
Mais je ne reçois aucune réponse. Papa, je ne peux pas supporter de le perdre.
« Stop, on ne joue plus. »
Pour moi ça n’a jamais été un jeu. Je ne le ferai jamais avec la vie de quelqu’un, et surtout quelqu’un de ma famille. Je ne peux m’empêcher d’exploser :
« Je te jure que je te retrouverai et je t’abattrai comme un chien !! »
Il ne me répond rien, par contre Anton me regarde avec un grand sourire et dit :
« Boom. »
Les prochaines minutes se passent rapidement, dans le chaos le plus complet, et avant que je m’en rende compte Anton est mort sous mes balles. Et je comprends alors que mon père est condamné et que tout cela est de ma faute.


Je sens mon cœur s’arrêter : ce n’est pas possible, ce n’est juste pas possible !! Ma bouche reste ouverte sur un cri muet et j’essaye de respirer mais c’est comme si mon corps avait disjoncté face à cette information inconcevable ! Enfin, j’arrive à prendre une grande inspiration et parviens à faire un pas en tendant la main, mais avant qu’un mot puisse passer la barrière de mes lèvres, j’entends des cris dans le couloir !!  


bellefond  (27.03.2015 à 19:59)

14 
POV JOHN MCGARRETT 

J’entends quelqu’un tourner la clé dans la serrure, mais je reste à distance, ayant appris depuis longtemps ce qui arrive si je ne le fais pas. Je suis étonné lorsque la porte s’ouvre tout doucement et qu’un homme armé entre dans ma cellule. Je sens ma gorge se serrer lorsque je rencontre ses yeux. 
« Papa ? » 
Non je ne peux pas le croire, ce n’est pas possible !! Ce ne peut pas être mon fils debout devant moi, paraissant aussi surpris que je le suis. Je n’ai pas le temps de réfléchir plus longtemps alors que des pas se font entendre dans le couloir. Steve se tourne, et se met entre moi et nos agresseurs. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que ça devrait être moi, ça devrait être moi qui le protège et pas l’inverse. Son chuchotement remplit la pièce : 
« Ils vont rapidement trouver les corps, il faut que nous sortions d’ici. » 
Quelques secondes passent durant lesquelles j’essaye encore de comprendre comment Steve peut-être ici, et finalement ses paroles atteignent enfin mon cerveau et je comprends alors que toutes les informations que j’ai pu récupérer serviront finalement à quelque chose. Je reprends le contrôle des émotions, et je fais signe à Steve de me suivre. Néanmoins, une fois arrivé devant la porte, je ne peux m’empêcher de bloquer. C’est la première fois depuis des années que je vais traverser ce seuil, libre, sans être sous la menace d’une arme à feu. Steve me sort de mes pensées : 
« Papa ? » 
Je me retourne vers lui, et lui adresse un léger sourire avant de prendre une inspiration et d’avancer à nouveau. Une fois dans le couloir je mène Steve jusqu’à une porte, en essayant d’être le plus discret possible. Mais malheureusement nous entendons des cris nous informant que les corps ont été retrouvés ! Je commence à courir avec mon fils sur les talons et je suis rapidement à bout de souffle. A quelques mètres de la porte je trébuche mais je sens Steve me rattraper avant que je ne touche le sol. Il m’aide à me relever alors que nous apercevons les gardes arriver droit sur nous. Nous atteignons finalement la porte sous des rafales de balles et alors que j’ouvre j’entends un léger gémissement sortir de la bouche de mon fils. Je le regarde un instant et je vois du sang couler le long de son bras. 
« Je vais bien Papa, allons-y !" 
Nous sortons en courant : apercevant un hélicoptère un peu plus loin, je comprends alors que c’est seul espoir ! Je retrouve un second souffle, et nous parcourons les quelques mètres nous séparant de notre abri. Je ne sais pas comment mais quelques secondes plus tard, nous sommes dans les airs en sécurité. Je sens un certain soulagement et je regarde alors mon fils, l’observant. Les souvenirs de la dernière fois que nous nous sommes parlés me reviennent en mémoire : 

Il y a quelques années 

Je suis assis sur une chaise, lié depuis plusieurs heures. Deux hommes me sont tombés dessus lorsque je suis rentré chez moi après une enquête difficile. Je ne les connais pas, et je ne sais pas ce qu’ils me veulent. Un des deux hommes, qui semble être le chef, prend mon téléphone portable et commence à fouiller. Je suis surpris lorsqu’il me pose l’appareil sur l’oreille : 
« Papa ? » 
Alors c’est Steve qu’ils ont contacté ! Je comprends soudain que c’est peut-être la dernière fois que je lui parle et donc la dernière occasion que j’ai pour lui parler de mon enquête. 
« Salut champion ! » 
J’espère qu’il comprendra. 
« Tout va bien ? 
- Tu connais ces minables, Steve ? » 
Plus les minutes passent et plus je sens que ma fin est proche. Je me décide alors à dire à mon fils tout ce que j’aurais dû lui dire plutôt : 
« Je te demande pardon de t’avoir menti. 
- Quoi ? De m’avoir menti sur quoi ? De quoi est-ce que tu parles ?! 
- Je t’aime plus que tout Steve. J’aurais dû te le dire plus souvent. Quoique ces gens attendent de toi… Ne leur donne surtout pas. Ne leur donne surtout pas ! » 
J’espère qu’il m’écoutera, ma vie ne vaut rien comparé à toutes les vies que Steve sauvera en arrêtant ces hommes qui m’ont l’air plus que redoutables. Finalement mon agresseur raccroche et je suis surpris d’être encore en vie. Mais quelques minutes plus tard, je suis certain que ma mort est imminente. J’entends la colère dans les paroles de l’homme, et je comprends que son petit frère est mort. Quelques secondes plus tard une arme est pointée sur ma tête. Je ferme alors les yeux, me préparant à l’inévitable. J’entends un coup de feu mais ne ressent aucune douleur. Lorsque je m’apprête à ouvrir les paupières, je sens une aiguille s’enfoncer dans mon bras et l’obscurité m’emporte quelques secondes plus tard… 
Lorsque je me réveille à nouveau, j’aperçois vaguement un inconnu penché au-dessus de moi. Je cligne plusieurs fois des yeux, avant que ma vision ne redevienne claire. J’entends plusieurs voix, puis un homme japonais arrive devant moi : 
« Heureux d’enfin vous rencontrer Monsieur McGarrett. » 
J’ai appris quelques heures plus tard que c’était Wo Fat, l’homme qui avait tué ma femme. Enfin c’est ce que je croyais, j’ai découvert alors toute vérité sur Shelburne et les nombreux mensonges de Doris. Wo Fat prit un malin plaisir à me faire souffrir avant de me laisser dans une cellule qui serait ma demeure pendant plusieurs années. 

Un bruit sourd, suivi d’un sifflement, me sort de mes pensées. Nos regards se croisent un instant : nous avons tous les deux parfaitement reconnu le bruit d’un lance-rocket, et nos craintes sont confirmés quand l’appareil fait une brusque embardée sous le choc !! Toutes les alarmes se déclenchent, une fumée noire envahit l’habitacle et nous perdons de l’altitude rapidement. Nous allons nous crasher dans l’océan c’est certain, mais je suis heureux, car même si dans l’urgence je n’ai même pas eu le temps de le serrer dans mes bras j’ai pu voir mon fils une dernière fois. 


lyne358  (29.03.2015 à 11:42)

15 

POV DANNY WILLIAMS
Je suis encore en train de m’empêtrer dans un tas de lianes et je me demande si je ne me suis pas perdu : avant de me rétamer tête la première, j’agrippe une branche et me laisse tomber sur un tronc pour souffler deux minutes… Fichue jungle !!! Bon sang ce que je déteste ça… La jungle urbaine oui, la jungle tropicale non merci !! J’en profite pour boire un peu et jeter un œil à la boussole de Steve : on peut dire ce qu’on veut, mon passage éclair chez les scouts n’aura pas été totalement inutile !! Je m’apprête à repartir dans la bonne direction, quand tout d’un coup j’entends des coups de feu : ça vient de plus loin sur ma droite !!
« Bon sang de bonsoir je le savais !! » Je grommelle en fonçant vers le bruit de la fusillade : j’en ai marre d’avoir toujours raison !! Pourquoi Steve ne veut jamais m’écouter ?? Depuis le temps on le sait qu’il est un aimant à ennuis : dès qu’il faut que ça dégénère c’est sur lui que ça tombe et après c’est à moi de ramasser les pots cassés et si possible de sauver sa veille peau de phoque !! Sauf que là je n’ai pas la moindre idée du pétrin dans lequel il est allé se fourrer : si seulement on était restés ensemble au lieu de se séparer ça ne serait jamais arrivé !! Mais c’est tout lui ça : à aucun moment je n’ai le moindre doute sur le fait que cette fusillade il y est mêlé car je le sens… Mon équipier est en danger !! En lâchant une bordée de malédictions contre Super Seal et son inconscience, je me précipite en essayant de ne pas me fouler une cheville, mais je tombe rapidement sur une clôture en barbelés : qu’est-ce que c’est que ce bazar ?? J’entends des coups de feu plus proches, ainsi que des cris d’alerte, et je m’avance prudemment pour découvrir une sorte de camp !! Ca court et ça crie dans tous les sens là-dedans et j’essaye de repérer mon camarade quand soudain le bruit des rotos d’un hélicoptère couvre le reste : j’aperçois un petit appareil qui décolle rapidement, avec deux silhouettes dans le cockpit, mais je suis trop loin pour identifier qui que ce soit ! Je commence à lancer une bordée de jurons contre mon équipier qui, si c’est lui, est en train de se faire la malle sans moi, quand un bruit sourd, suivi d’un sifflement familier me fait sursauter : un lance-rocket !! Je n’ai pas le temps de prier pour qu’il rate sa cible que la détonation me cloue sur place, et je repère tout de suite un panache de fumée noire dans le ciel bleu… Oh non pas ça !! Là je suis au bord de la panique : je n’ai qu’un seul chargeur de munitions et les gars d’en face ont l’air d’être nombreux en plus d’être lourdement armés !! Mon seul avantage, c’est que pour l’instant ils n’ont pas repéré ma présence, mais je ne peux pas rester là à rien faire !! J’essaye de réfléchir à toute vitesse, mais aucun éclaire de géni ne me vient : qu’est-ce que je peux bien tenter, là tout seul, paumé sur cette île de malheur !?! Il me faut de l’aide, mais Chin et Kono sont coincés avec les Affaires Internes, et le temps que le HPD monte une opération… Et alors, en m’élançant vers la côte et la colonne de fumée, je pense à la personne sur laquelle notre équipe a toujours pu compter chaque fois que Steve se met dans une situation vraiment impossible…

3 ans auparavant

A l’heure qu’il est, je devrais être aux obsèques du Gouverneur Jameson, mais j’ai laissé Chin y aller seul : je ne comprends pas sa réaction !! Comment peut-il simplement abandonner Steve, accepter la dissolution de l’équipe et reprendre son poste au HPD ? Moi je ne peux tout simplement pas… C’est pour cette raison que ce matin je suis sur le tarmac de l’aéroport pour observer l’atterrissage d’un énorme avion militaire, probablement un Hercule machin chose, qui transporte un passager particulier, et comme le pont arrière s’abaisse, je découvre une silhouette en treillis qui s’avance : grand, musclé, le crâne rasé, il vient vers moi d’un pas vif en tendant la main avec un sourire. Je ne m’attendais pas exactement à ça !! Je l’imaginais moins sympathique, moins cordial… Plus sévère, peut-être plus impressionnant ? Après tout c’est cet homme qui a formé Steve chez les Seals et qui a fait de lui cette machine de guerre ! Peut-être que je m’attendais à un genre de Terminator, brutal et insensible, mais l’homme qui me serre la main me paraît au contraire très humain… Cet homme que j’ai devant moi, c’est le Commandant Joe White. Nous échangeons des banalités et partons tout de suite pour Halawa, et si le trajet se passe dans le calme, néanmoins une petite voix au fond de moi me souffle de me méfier de ce large sourire et de ce regard bleu pétillant… Si je l’ai appelé c’est que je ne savais vraiment pas quoi faire : hors de question de retourner au HPD où de toute façon un Haolé comme moi n’aurait aucun soutien, et impossible de compter sur les cousins… Du coup je me suis souvenu de lui : si Steve peut avoir confiance en quelqu’un d’autre que moi, c’est bien lui !! La preuve en est : dès que je l’ai appelé, il a sauté dans le premier avion pour regagner Hawaii… Mais Joe White n’est pas très bavard sur le trajet, et il esquive habilement toutes mes questions, si bien que je suis finalement soulagé d’arriver à Halawa. Au bout de ce qui me paraît une éternité, Steve nous rejoint au parloir et j’essaye de cacher combien je suis heureux de le revoir tandis qu’il a un petit sourire narquois :
« J’ai quelque chose de risible ? » Il est mal rasé, les yeux cernés, mais il sourit en me désignant :
« Tu portes pas de cravate, ça change… » Je secoue la tête, surpris :
« Non je porte pas de cravate : y’a pas de code vestimentaire pour un flic au chômage… » Rapidement il retrouve son sérieux pour demander :
« T’as du nouveau pour Wo Fat… » J’aurais bien aimé…
« Heu non pas encore… » Nous échangeons quelques nouvelles sur ma charmante ex-femme, dont je ne savais pas encore qu’elle portait l’enfant de Stan et pas le mien, puis je rentre dans le vif du sujet : « Ecoutes, je sais que tu déteste recevoir de la visite, mais ce type-là tu peux pas lui dire non de toute façon ! » La tête de Steve quand il découvre son ancien instructeur : ça me fait un peu mal au cœur et je dois bien l’admettre je ressens une pointe de jalousie. Joe examine rapidement son ancien protégé en s’asseyant :
« Laisse-moi deviner : le Gouverneur l’avait vu venir ? »
« Fallait pas vous déplacer jusqu’ici Monsieur… » Déclare respectueusement Steve, mais je vois bien qu’il est touché et ému…
« Ca va Fiston ? » Demande posément Joe et l’autre acquiesce :
« Je vais bien : il en faut beaucoup plus pour m’abattre… »


Ce jour-là, j’avais été heureux de pouvoir compter sur le vieux Commandant : c’était la première d’une longue série ! Sans lui, Steve serait probablement mort en Corée, sans lui, Steve n’aurait peut-être jamais retrouvé sa mère… Mais est ce que sans lui on se serait aussi autant pris la tête ??? Joe est quelqu’un de bien, dans le fond j’en suis persuadé, mais son plus gros problème, c’est qu’il essaye constamment de jouer sur tous les tableaux, et généralement c’est au détriment de Steve !! S’il n’avait pas fait autant de mystères autour de Shelburne, s’il n’avait pas mis son nez dans nos affaires, dans celles de Steve, est ce que les choses n’auraient pas pu être plus simples ?? C’est ça le problème avec Joe : on sait qu’il va se décarcasser, mais que d’un autre côté, il y aura un prix à payer ! Mais je sais qu’une fois encore, c’est sur lui que je vais pouvoir compter et après un dernier instant d’hésitation, je compose son numéro de téléphone.  


bellefond  (31.03.2015 à 06:47)

16 
POV STEVE MCGARRETT 

Les alarmes de l’hélicoptère s’allument lorsque l’appareil est touché. Une épaisse fumée noire apparaît tandis que je perds peu à peu le contrôle de l’appareil. Je regarde un instant mon père, et je sais à son regard qu’il a lui aussi compris. Je ne peux rien faire pour nous empêcher de nous écraser dans l’eau. L’océan se rapproche de plus en plus de nous, à une vitesse fulgurante. Puis tout à coup je sens une profonde douleur envahir mon corps tout entier, et je perds connaissance. 
Je sens quelqu’un me taper doucement le visage alors que je suis ballotté doucement de droite à gauche. Je ne sais pas où je suis, mais je me sens bien. Je sens l’inconscience me rappeler, lorsque j’entends une voix tout droit sortie de mon passé : 
« Allez Steve, réveille-toi mon garçon ! Ne fais pas ça je t’en prie. » 
J’essaye de comprendre comment mon père peut-être là avec moi, quand les souvenirs des dernières heures m’envahissent : l’enquête, le lien vers Wo Fat, cette île isolée, la planque, la cellule, mon père, puis la course-poursuite et enfin le lance rocket. Mais en même temps que mes souvenirs réapparaissent, une douleur cuisante au niveau de mon épaule me fait prendre conscience d’une blessure. Je sens aussi des bras m’entourer m’aidant à tenir à flot, accroché à un morceau de l’hélico. J’entrouvre brièvement les yeux pour être aveuglé par la lumière du soleil. J’entends mon père soupirer de soulagement : 
« Tu m’entends Steve ? 
- Oui… » 
Ma voix est rauque, et je me rends compte alors à quel point j’ai soif. Mais je sais que nous n’avons pas d’eau, même si ironiquement nous sommes accrochés à un morceau d’épave dans l’océan. Je me sens tellement fatigué, je ferme brièvement les yeux… 
« Ne t’endors pas fils. 
- ‘tigué 
- Je sais Stevie… » 
Je le sens légèrement manœuvrer derrière moi, pour me permettre de m’appuyer complètement contre lui. Je sais inconsciemment que ça devrait être l’inverse, je suis le Seal, je suis celui qui l’a délivré, c’est moi qui devrais le sauver. J’entends alors mon père parler, m’empêchant à nouveau de m’endormir 
« Tu sais ta sœur et toi êtes les choses les plus importantes au monde pour moi, et même si tu étais jeune, j’espérais que tu finirais par comprendre les raisons qui m’ont poussé à vous éloigner de moi. Ta mère venait de mourir Steve, et j’ai rapidement su que c’était un assassinat. Je ne savais pas qui lui voulait du mal, si c’était ma faute, ou non. Je voulais seulement vous protéger tous les deux. » 
Je ferme les yeux un instant : j’ai mis longtemps à comprendre. En fait j’ai réellement compris après sa mort. J’étais tellement jeune, et je ne voyais qu’une seule chose : que mon Papa voulait se débarrasser de nous : 

Quelques années plus tôt, Hawaii 

Je ne peux pas croire que Papa nous fasse ça ! Après notre dispute je suis monté dans ma chambre préparer mes affaires car j’ai compris que je ne pouvais rien faire pour que mon père change d’avis. Quelques minutes plus tard j’entends des pas dans les escaliers, et ma sœur débarque dans ma chambre en pleurant : 
« Steve je ne veux pas partir…. Je ne veux pas qu’on soit séparés. Je ne veux pas aller chez Tante Deb. 
- Chut petite sœur, tout ira bien. » 
Ces paroles sont autant pour la rassurer elle, que pour me rassurer moi. 
Elle passe la nuit dans ma chambre, et nous restons ensemble toute la matinée, espérant que l’heure du départ n’arrive jamais. Mon père s’enferme dans le garage durant tout ce temps, et n’en sort qu’au moment de partir. Le silence est lourd et pesant dans la voiture. Mary s’est remise à pleurer doucement. Les minutes me semblent interminables et j’ai l’impression que le voyage a duré des heures. 
Nous nous dirigeons lentement à l’intérieur de l’aéroport, et je sens une boule dans mon estomac. Je comprends que c’est fini, que ma vie à Hawaii va bientôt être terminée. Je ne veux pas partir. Lorsque nous arrivons devant ma porte d’embarquement, je sers longuement ma sœur dans mes bras avant qu’une main s’abatte sur mon épaule : 
« Il est temps d’y aller fils. » 
Et sans un regard pour mon père, je pars. 

Je me suis longtemps demandé si ça allait être la dernière fois que je voyais mon père. Je suis heureux que ce ne fut pas le cas, je suis retourné plusieurs fois à Hawaii durant mes années dans la NAVY, généralement accompagné de Joe White. Nos relations sont devenues de moins en moins tendues au cours du temps. Je sens à nouveau la fatigue m’envahir, et pour éviter de me laisser aller, j’engage la conversation avec mon père : 
« Papa qu’est-ce qu’il s’est passé ? 
- C’est une longue histoire. 
- Je crois qu’on a tout notre temps Papa… » 
Il m’explique alors les événements qui se sont passés après notre conversation au téléphone. Je ne peux pas croire que Wo Fat ait fait ça ! Et tout à coup une question me vient à l'esprit : 
« Papa, est ce que tu es au courant pour Maman ? » 
Mais avant qu'il ne puisse me répondre, le bruit d'un hélicoptère se rapprochant de notre position se fait entendre. Et la question la plus importante à ce moment-là est : Ami ou ennemi ? 


lyne358  (02.04.2015 à 08:06)

17 

POV JOE WHITE

Fort Shafter

Je suis assis à une table, attendant Wade Gutches, perdu dans mes pensées. Je n'ai pas réussi à joindre Steve, mais Kono et Chin m'ont dit qu'ils me préviendraient dès que le jeune homme sera de retour. Il faut absolument que je lui parle, que je lui dise le lourd secret que cache encore une fois Doris : John McGarrett est en vie.
L'arrivée de Wade à ma table me sort quelques instants de mes pensées, nous nous serrons la main rapidement avant qu'il ne s’asseye. Nous commandons deux bières. Je vois l'ami me regarder avec un froncement de sourcil :
"Que se passe-t-il Joe ? Le gamin a encore des soucis ?
- Pas que je sache."
Je ne veux rien lui dire pour le moment. Je pense que Steve mérite de le savoir en premier, ensuite j'en parlerai surement à Wade, qui, je l'espère, nous aidera à retrouver John. Nous discutons pendant quelques minutes avant que mon téléphone ne sonne.
"Joe White ?
- Joe c'est Danny. Je crois qu'on a un problème."
Je ferme un bref instant les yeux, et ces mots me ramènent il y a quelques années :

Deux ans auparavant

Je suis en train de construire une cabane pour la chasse avec Wade. Je le taquine sur la taille des planches lorsque j'entends quelqu'un parler fort. Je vois alors Danny arriver :
"Eh Joe c'est trop vous demander de rester à portée de téléphone ? "
Je le regarde étonné de le voir dans ce coin paumé :
"Qu'est-ce-que tu fais là Danny ?"
Il a l'air plutôt inquiet, et au bout du rouleau :
"Ecoutez, je suis venu jusqu'ici pour entendre tout ce que vous pourrez me dire sur ce que l'armée appelle l'opération Switchback."
Je jette un coup d'œil à Wade, avant que ce dernier ne prenne la parole :
"Même en admettant qu'on soit au courant, on pourrait rien en dire."
Je ne suis pas tout à fait d'accord, je sens bien qu'il y a un problème. Et si je peux les aider....
"C'est quoi le problème exactement ?
- J'en sais trop rien, mais une femme y a laissé la vie et une personne avec qui on travaillait est peut-être impliquée dans les suites de cette histoire"
Je le regarde étonné, avant de lui répondre :
"Alors c'est à elle qu'il faut en parler.
- Je voudrais bien mais euh c'est impossible parce qu'elle est partie avec Steve en Corée du Nord…
- Quoi ??"
Je le regarde incrédule. Je ne peux pas croire que Steve ait été assez stupide pour partir seul en Corée du Nord avec une civile. D'un autre côté cela ressemble bien au fils de mon meilleur ami, porter secours à tout le monde et surtout être fidèle à ses amis. Danny me regarde, désespéré :
"Je crois qu'on a un gros problème"



C'était un euphémisme et je crains que cette fois-ci les choses ne soient pareilles. Mon visage doit se décomposer, car je vois Wade froncer les sourcils pendant que Danny m'explique les derniers événements. Je ne peux pas croire qu'ils aient été assez stupides pour ne pas avoir attendu les renforts. Enfin je me doute bien que c'est plutôt Steve qui est en cause.
Lorsque je raccroche, le commandant Gutches me demande immédiatement :
"Des problèmes ?"
Je commence à le briefer alors que nous sortons du bar :
"Le 5-0 est sur une enquête qui les a menés à une petite île se trouvant près d'Hawaii, Kaula. Ils semblent penser que Wo Fat s'y cacherait peut-être et ont décidé d'y aller. Mais une fois n'est pas coutume, Steve et Danny y sont allés seuls sans renforts et se sont séparés. C'était Danny au téléphone, il vient de voir un hélicoptère se faire descendre par un lance-rocket et il craint que Steve soit le pilote."
Et j'espère que ce n'est pas le cas. Le silence se fait pendant quelques secondes avant que Wade me demande :
"Que comptes-tu faire maintenant ?
- Prendre un hélico et ramener Steve"
Ou son corps.
"Je vais t'aider. Cherche un hélico, je te rejoins dans quelques minutes"
Il part dans le sens inverse tandis que je marche rapidement vers un hangar dans lequel je sais que la Navy abrite ses apppareils. Je ne suis pas étonné que Wade m'offre, ou plutôt m'impose son aide, mais j'en suis heureux. Si Steve a survécu au crash, il peut être gravement blessé et une paire de mains en plus ne sera pas de trop. Dès que je pénètre dans le lieu, je repère un Apache AH64D et interpelle un mécano :
"Préparez cet Apache immédiatement !
- Excusez moi monsieur mais vous êtes ?
- Commandant Joe White."
Quelques minutes plus tard, je suis dehors avec un hélicoptère prêt à partir : être un ancien commandant d'une équipe de Seal a parfois de bons côtés ! Je regarde ma montre : ça fait déjà 20 minutes que Danny m'a appelé, et je ne peux m'empêcher de penser à Steve, se trouvant certainement au milieu de l'océan, blessé. Il est entrainé pour survivre, mais il reste un homme et son corps a des limites. Mes sombres pensées sont interrompues par l'arrivée d'une voiture. Je vois alors descendre Wade Gutches suivi par trois Seals :
"Allons chercher le gamin."  


bellefond  (04.04.2015 à 13:11)

18 
POV DANNY WILLIAMS 

Bon dieu de bon dieu de merde !! J’ai l’impression que ça fait des heures que cette rocket est partie, des heures que j’ai contacté Joe White, des heures que je suis seul coincé ici à ne pas savoir quoi faire !! J’ai prévenu Joe que j’allais rejoindre la côte la plus proche du lieu du crash et il m’a dit qu’il ferait le nécessaire pour me récupérer : je préfère ne pas penser à ce que ces paroles peuvent signifier dans la bouche d’un ancien Seal et me concentre pour ne pas me perdre. Je ressors la boussole pour vérifier que je vais toujours dans la bonne direction : je ne pense pas me tromper en évaluant le lieu du crash, mais mon principal problème est de contourner ce camp sans me faire repérer. Tout seul face à une bande lourdement armée, je n’ai aucune chance, je le sais, et je ne serai d’aucune utilité pour mon partenaire… Et à ce sujet, tout en progressant prudemment dans cette fichue jungle, ma tête bourdonne de questions : je suis persuadé d’avoir vu quelqu’un avec Steve à bord de cet hélico, mais de qui peut-il s’agir ?? J’avais bon espoir qu’il ait réussi à capturer Wo Fat, mais en y réfléchissant ça n’a pas de sens !! Si mon équipier était à bord avec le chef de la bande, les gars n’auraient jamais tiré dessus au risque de blesser leur patron, alors qui ça peut bien être ?? Je n’ai pas fini de me creuser la tête que j’arrive enfin à la lisière de la forêt, et seulement une bande de rochers me sépare de l’océan : je mets ma main en visière, cherchant des yeux une épave ou des débris, mais ils doivent être plus loin au large car je ne vois rien… Je me retourne, dans l’espoir d’apercevoir l’hélico de Joe, sachant que je vais me trouver sur son passage, mais pour l’instant toujours rien : je me doute que les Seals ont un temps de réaction record, mais monter une opération de ce genre au pied levé ne doit pas se faire non plus en un claquement de doigts… Et malgré tout, j’ai du mal à maitriser mon impatience : mon équipier, mon ami, mon frère est là, quelque part au milieu de l'océan, il s’est écrasé dans un hélicoptère et je ne sais même pas s’il a survécu !! Est ce qu’il a pu sauter avant le crash ? Est ce qu’il est blessé ? Est ce que… Cette incertitude est insoutenable, et pourtant, c’est pour moi un sentiment bien familier… 

Trois ans plus tôt / Corée du Nord 

Tout avait commencé par une banale enquête sur la mort d’une journaliste, et les derniers mots prononcés par mon équipier sur un ton narquois ne cessaient de résonner dans ma tête : 
« T’inquiètes pas maman, j’ai déjà fait ça plein de fois ! » Mais mon inquiétude n’avait cessé de s’accentuer depuis que nous avions découvert que Jenna Kaye, avec qui il venait de partir pour la Corée du Nord, nous avait menti, et nos informations nous avaient mené à une mystérieuse Opération Switchback. De plus en plus inquiet, j’étais allé trouver Joe White, qui montait une cabane de chasse dans les marais avec Wade Gutches, et il s’était lui aussi montré très préoccupé ! Puis tout s’était accéléré : le refus du Gouverneur de s’impliquer, les infos alarmantes de Joe qui concordaient avec notre enquête sur le meurtre de la journaliste, et enfin un appel paniqué de Jenna, un appel au secours quand elle avait compris qu’elle et Steve s’étaient fait piéger par Wo Fat !! Il ne nous avait fallu que quelques heures pour monter une opération humanitaire bidon et tous nous envoler pour Séoul avec ce seul mot d’ordre de Joe : 
« On revient avec Steve ou on ne revient pas ! » Mais personne n’avait reculé, même pas quand son vieux pote Franck avait accepté de nous filer un coup de main, avec des Kalachnikov d’avant guerre et un hélico qui n’avait pas volé depuis 1978 ! Même moi j’ai foncé tête baissée jusque dans ce bunker au fin fond de la jungle, jusqu’au cadavre encore chaud de Jenna : 
« C’est tout récent ! » Analysa froidement Joe avant de repartir au pas de course, mais je restai tétanisé devant le corps sans vie de l’amie qui nous avait trahis : où était Steve, était il lui aussi… ? J’avais presque du mal à respirer mais on ne m’a pas laissé le temps de souffler : il fallait repartir !! Kono avait repéré un convoi de camions à 1 kilomètre au Nord Ouest de notre position, et Lorie Weston avait fait sauter un pont pour les forcer à faire demi tour… Il n’avait pas fallu longtemps à nos Seals pour monter une embuscade mais je me sentais tellement vide, j’avais tellement peur !! Quand la fusillade a éclaté et que nous avons attaqué les camions je ne pensais qu’à une chose : Steve… Dites moi que Steve est en vie… 
« Avancez ! Avancez !! » Hurla Joe et j’avais presque peur de soulever les bâches des camions : le premier était vide et j’avais l’impression que j’allais étouffer tant l’angoisse me serrait la gorge !! Mais dans le deuxième véhicule, j’identifiai aussitôt la silhouette familière recroquevillée sur le plancher et le visage ensanglanté qui clignait des yeux d’un air incrédule : je crois que je n’ai jamais été aussi soulagé de toute ma vie… 

Je suis tiré de mes pensées par le bruit d’un moteur d’hélico et lève les yeux pour apercevoir un appareil de l’armée qui approche : aussitôt je m’avance dans les rochers en faisant de grands gestes, mais sans crier pour éviter de me faire repérer par nos ennemis ! Le pilote a dû m’apercevoir car il commence à effectuer des cercles concentriques en descendant vers moi et je me demande où il va bien pouvoir se poser quand je vois la porte latérale s’ouvrir pour laisser descendre un harnais au bout d’un filin… Ils sont sérieux ?? Je lève un regard ahuri pour apercevoir Joe White, penché par l’ouverture : ce vieux renard a une mine sombre et me fait un signe de tête explicite comme le harnais se pose à quelques mètres de moi… Je comprends que je ne vais pas avoir le choix et que ce n’est pas le moment de discuter ! Avec une boule au fond de l’estomac, je m’approche et examine les lanières en nylon renforcé pour comprendre comment elles doivent se positionner… Pas de doute que Super Seal n’aurait pas perdu un temps si précieux, lui ! Lui il s’y serait accroché, confiant en la force de ses biceps, mais ce n’est pas le genre de chose que je peux me permettre ! Je finis par enfiler mes jambes un peu au hasard et par boucler les sangles avant de me cramponner au filin : en levant le pouce, je leur donne le feu vert avant de fermer les yeux : mes pieds décollent du sol et je sens le treuille qui me remonte dans la vibration de la corde métallique mais impossible pour moi de profiter de la vue tant je suis tétanisé !! Le vent me ballote dans tous les sens et je fais involontairement quelques prières pendant ce qui me paraît une éternité quand je sens enfin une main se poser sur mon épaule : 
« Ca va Danny ?? » Hurle Joe en me tirant dans l’habitacle, et je me rends seulement compte alors que j’avais arrêté de respirer : je m’éloigne le plus vite possible de la porte et essaye de retrouver une respiration normale avant de souffler : 
« Ouais… Là ça va mieux… » Autour de moi il y a trois gars que je ne connais pas, mais comme Joe repasse sur le siège du copilote, je reconnais Wade Gutches aux commandes et il me salue : 
« Salut Williams !! Belle remontée… Bon alors, il est où notre petit gars ?? » Je repère la boussole sur la tableau de bord et essaye de m’orienter rapidement : 
« Par là… » Je tends le bras dans la bonne direction et l’appareil s’incline pour changer de cap : penché entre les deux vieux briscards, je scrute l’océan par la verrière, et au bout de quelques secondes mon cœur fait un bond dans ma poitrine !! « Là ! Y’a un truc dans l’eau ! » 
« Ce truc, c’est un morceau de carlingue… » Précise aussitôt Joe et je retiens mon souffle en fouillant les vagues autour : il doit être là, c’est obligé, il ne peut pas être loin !! Gutches commence à faire des cercles de plus en plus larges à partir des débris, et cette attente est un nouveau supplice quand la main de Joe serre mon bras avec une force surprenante : 
« Là !! Là j’aperçois une silhouette ! » Je l’aperçois aussi et reprends espoir : ça ressemble bien à quelqu’un accroché à un débris de l’appareil, quelqu’un qui nous fait signe de la main !! Sauf que… » 
« Mais… Mais il est pas tout seul !! » Je m’exclame et Joe fait une drôle de tête comme un des gars lance à nouveau le harnais par la porte latérale et je me précipite aussi près du bord que je peux : mon soulagement est inexprimable quand je reconnais Steve !! Je distingue mal l’homme qui l’accompagne et qui l’aide à enfiler le harnais car bien sur cet animal a trouvé le moyen de se blesser ! Mais il est en vie, mon partenaire est en vie, c’est tout ce qui compte !! J’ai l’impression que le filin met des heures à remonter et à peine j’aperçois le haut de son crane que je me jette sur lui pour l’aider à remonter : « Bon dieu mon vieux !! » Il est trempé, faible, amoché, mais je n’ai jamais été aussi heureux de le serrer dans mes bras !! 
« Danno… » Murmure-t-il d’une voix rauque et je me contente de lui sourire pendant qu’on remonte l’autre gars, et Joe s’avance pour poser une main affectueuse sur l’épaule de son ancien élève, mais Steve le regarde fixement : 
« Vous saviez ?? » Je ne comprends pas et les observe s’affronter du regard, perplexe, quand le gars à coté aide l’inconnu à monter dans l’hélico, et là je n’en crois pas mes yeux : j’ai l’impression de nager en plein délire car cet homme qu’on vient de repêcher est mort depuis plusieurs années, cet homme c’est John McGarrett ! Mais Wade Gutches ne nous laisse pas le temps de réagir et hurle : 
« Un hélico droit devant !! » 


lyne358  (06.04.2015 à 10:44)

 

19
POV WO FAT

Je pousse encore un peu les moteurs de l’hélicoptère : comment est ce que ça a pu arriver ?? J’étais sur la Grande Ile pour rencontrer un fournisseur en toute discrétion dans le parc naturel de Hawaii quand un de mes lieutenants m’a appelé depuis Kaula pour m’avertir que le camp avait été attaqué ! Je rumine les nouvelles qu’il m’a annoncées en essayant de garder mon calme : d’abord le fait que mon QG ait été repéré sur cette île paumée… Je ne comprends même pas comment c’est possible et si quelqu’un n’a pas su tenir sa langue il le paiera cher ! Et puis bien plus grave : l’évasion de mon prisonnier… J’ai pris des précautions extrêmes pour dissimuler que John McGarrett était toujours en vie : ce sont des années d’efforts réduites à rien ! Et enfin le plus grave : le fait qu’a priori ce soit le fils de McGarrett qui soit derrière tout ça !! Il me faut un effort pour maitriser ma colère : en temps normal, je suis quelqu’un de calme et de mesuré s’il l’on peut dire. Je mets un point d’honneur à ne jamais m’impliquer émotionnellement dans quoi que ce soit, tout particulièrement mes affaires : rester objectif et pragmatique en toute circonstance m’a permis de devenir ce que je suis, à savoir l’un des hommes d’affaires les plus redoutés du Pacifique… A une exception près !! Au départ, Steve McGarrett n’était qu’un pion adverse sur mon échiquier personnel, tout comme son père : John était un flic coriace et j’avais compris qu’il ne lâcherait rien tant qu’il n’aurait pas élucidé le meurtre de sa femme, et le fils semblait bien être fait du même bois d’après Victor Hesse… C’est pour cette raison que, quand j’en ai eu l’opportunité quelques années plus tôt, j’ai kidnappé et séquestré le père avec dans l’idée de m’en servir contre le fils ! Mais très vite les choses se sont compliquées avec Steve : j’ai rapidement compris que j’avais là un adversaire à ma mesure ! Steven McGarrett est le seul homme que je connaisse qui soit capable de m’atteindre, et il ne s’en est jamais privé ! Pourquoi je n’ai jamais utilisé John ? Peut être parce que j’ai toujours trouvé d’autres solutions pour me sortir des situations dans lesquelles nos confrontations nous menaient… Peut être parce que je voulais me prouver à moi même que j’étais à la hauteur pour affronter l’ancien Seal sans y avoir recours… Et c’est une erreur que je risque de payer cher aujourd’hui !! Soudain ma radio grésille :
« Patron ? »
« Quoi ?? »
« On a réussi à abattre l’hélico dans lequel ils se sont enfuis : est ce que vous voulez qu’on lance un opération de récupération ? »
« Non !! Vous en avez assez fait comme ça : je suis en vue de Kaula, je m’occupe de tout ! » Je coupe la radio avec colère : tuer McGarrett est mon privilège et je ne laisserai à personne d’autre ce soin !! Tel que je le connais, il est tout à fait capable de se sortir de cette situation, mais cette fois je ne le raterai pas !! J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer au chat et à la souris avec quelqu’un de taille à m’affronter, mais cette fois ça n’a que trop duré et je ne peux plus me permettre cette fantaisie qui porte préjudice à mes affaires !! Je commence à contourner l’île en scrutant les vagues quand tout d’un coup, mon copilote me désigne quelque chose dans le ciel : un Apache ! Je comprends immédiatement que l’ancien Seal a mis la Navy à contribution et fait signe à l’autre de s’occuper des commandes pour prendre le contrôle de la mitraillette quatre lignes de 23 mm : la dernière fois que je me suis trouvé dans un hélico avec McGarrett m’a laissé quelques cicatrices, je m’en souviens encore, mais cette fois c’est lui qui le regrettera :

Deux ans plus tôt

Le commandant McGarrett est tombé dans mon piège : je sais pertinemment que les Yakuzas sont à mes trousses, et je serai beaucoup plus en sécurité sous la protection de la NAVY que de mes hommes. Puis je trouverai bien un moyen pour sortir le moment venu. Le commandant regarde sa montre pour la énième fois, lorsque des bruits bizarres se font entendre. Je comprends rapidement que les roues de l'avion sortent, nous allons atterrir. McGarrett va voir ce qu'il se passe, mais moi je suis sûr que c'est un coup des Yakuzas qui veulent ma peau ! De ma place je ne vois rien, mais entends mon ennemi élever la voix, avant d'entendre deux coups de feu : le pilote a pris une balle perdue, et nous perdons rapidement de l'altitude !! Je profite de l'occasion pour essayer de me libérer. Je sens que l'avion se redresse légèrement avant d'être balloté de droite à gauche et de perdre connaissance.
Lorsque j'entrouvre les yeux, je regarde autour de moi. Tout le monde est mort ou inconscient et j'en profite pour sortir rapidement de l'avion. Nous sommes au milieu d'une jungle et je me demande bien comment je vais pouvoir sortir d'ici. Mais je n'ai pas le temps d'y réfléchir car j'entends du bruit derrière moi. Je vois alors McGarrett descendre de l'avion, arme à la main. Je l'attaque et arrive rapidement à le désarmer. Nous échangeons de nombreux coups, et je dois admettre qu'il est doué ! Finalement j'arrive à mettre l'ancien Seal à terre, il ne reste plus qu'à porter le coup de grâce, mais soudain je me retrouve au sol. Je sens alors un coup s'abattre sur ma tête, avant de perdre à nouveau connaissance.
Lorsque je me réveille à nouveau, je suis attaché encore une fois au siège à l'intérieur de l'avion. J'entends du bruit à l'extérieur, et McGarrett débarque comme un fou, prend des armes, détache l'une de mes mains et donne rapidement une traction sur ma menotte pour me forcer à me lever, en me disant :
"Lève toi, lève-toi.! Ils viennent te chercher pas vrai ? Beh ils reviendront sans toi !"
S'il savait comme il se trompe ! Il me presse de sortir et d'avancer dans la jungle. Nous marchons, liés ensemble par la paire de menottes, pendant plusieurs minutes dans les bois en silence. Finalement McGarrett le brise :
"Je t'ai connu plus bavard. On t'endentait un peu plus quand tu parlais de Shelburne.
- Forcément il a tué mon père.
- Ah, toi t'as fait exécuter mon père alors je sais exactement ce que tu ressens Wo Fat !"
Je m'arrête alors car je sais la haine qu'il éprouve pour moi :
"Pourquoi ne pas me tuer ? "
Il ne me répond pas tout de suite, avant de dire :
"Il faut pas moisir ici. Allez avance!"
L'hélicoptère passe juste au dessus de nous, alors McGarrett me presse :
"Bouge, bouge, bouge !"
Nous nous planquons derrière une voiture pendant que les Yakuzas descendent de l'hélico. McGarrett me jette un coup d’œil, et je n'aime pas ce regard. Il se met derrière moi, se servant de moi comme bouclier :
"On va leur dire bonjour."
Il élève alors la voix :
"Baissez vos flingues ou je le descends !"
Et comme je m'en doutais, les Yakuzas commencent alors à nous tirer dessus ! Nous nous retranchons derrière le véhicule. Il me demande alors :
" C’est quoi ça?"
- C'est une bande de Yakuza, ils viennent pas me sauver. Ils veulent me tuer.
- T'aurais pu me dire plutôt que t'avais un contrat sur la tête !
- Tu m'aurais jamais cru…
- Beh maintenant je te crois. T'as fait quoi pour énerver ces Yakuzas ?
- J'ai tué Hiro Noshimuri.
- Ouais c'est une bonne raison !"
Encore un fils qui veut venger la mort de son père, et nous sommes tous les deux bien placés pour comprendre que les fils d'Hiro ne s'arrêteront pas tout de suite. Les tirs fusent, et je tente alors ma chance :
"Ils sont sept et on est deux. Si je garde ça c'est du sept contre un !"
En montrant mes menottes. Je sais alors que j'ai gagné quand McGarrett sort les clés et me libère. Il ne me reste plus qu'à prendre une arme et je suis à nouveau libre. Je vois l'ancien Seal sortir une grenade, qu'il lance sur les Yakuzas avant de commencer à tirer sur tout ce qui bouge. Je le suis, et essaye de récupérer une arme, mais le commandant m'en empêche. Il m'entraîne vers l'hélico. Et une fois attaché à l'intérieur, je me rends compte alors que Steve McGarrett vient de me sauver la vie…


Ce souvenir reste cuisant et je compte bien le remplacer, et immédiatement !! Je fait pivoter le canon de l’arme et ajuste ma visée : par la verrière je vois un seul pilote dans l’hélico, mais il y a du mouvement à l’arrière et… Et c’est lui !! Mc Garrett vient prendre place aux commandes et je jurerais qu’il me lance un signe de tête ! Furieux, je ne perds pas une seconde de plus et ouvre le feu : l’Apache fait une brusque embardée et vire de bord pour passer au dessous de nous, et je hurle dans mon casque :
« On ne le laisse pas s’échapper !! On revient à portée de tir !! » Mon gars est un bon pilote et il a tout de suite compris ce que j’attends de lui : je m’accroche au manche et me concentre comme l’hélico opère un brusque plongeons et je scrute le ciel…
« A sept heures ! » Annonce la voix dans mon casque et nous pivotons vers l’arrière pour ouvrir le feu à nouveau ! L’Apache fait un piquer avant de pivoter pour revenir vers nous, et je comprends qu’il va nous mettre en joue !!
« On fonce !! » Mon pilote obéit immédiatement et fait plonger notre appareil vers l’océan : j’entends les rafales siffler, puis plus rien que le bruits des rotors, mais je sais que ce n’est pas fini !! Rapidement je repère l’autre appareil et ajuste ma visée pour faire feu à nouveau : l’Apache commence à louvoyer avec l’objectif évident de se rapprocher de nous et je fais mon possible pour le maintenir à distance raisonnable ! A ce moment là je me rends compte qu’il est difficile de déterminer qui est la proie et qui est le chasseur, mais je refuse de laisser tomber : cette fois c’est allé trop loin !! « Il faut qu’on se rapproche !» J’ordonne dans ma radio et mon copilote pousse les gaz à fond, mais notre vieil appareil russe peine à suivre l’Apache et je pousse un juron avant de faire de nouveau feu : cette fois ce n’est pas passé loin et McGarrett a du le sentir car il opère une brusque manœuvre pour faire demi tour et revenir vers nous !! Même si nous réagissons immédiatement en ripostant avant de changer de trajectoire, il est trop tard pour éviter la rafale et les balles de 30 mm viennent mordre la carlingue de notre appareil !!
« On est touché ! »
« Eux aussi ! » J’en suis persuadé mais les voyants commencent à clignoter sur le tableau de bord et mon copilote secoue la tête :
« Il faut qu’on se pose !! On peut peut être aller jusqu’à Moloka’i… » Je prends une grande inspiration pour tenter de me maitriser et garder mon calme : l’Apache est reparti vers O’Ahu et je sais que je n’ai pas le choix… Et puis ça vaut peut être mieux : je veux pouvoir regarder Steve McGarrett dans les yeux quand je le tuerai de ma propre main… Résigné, j’acquiesce et nous changeons de cap pour piquer vers Moloka’i.  


bellefond  (08.04.2015 à 21:26)

20 
POV CHIN HO KELLY 

A peine sorti du bureau des Affaires Internes, Kono sur mes talons, je ressors mon téléphone : nous venons de passer trois heures très pénibles à défendre notre cousin face à ces charognards, jusqu’à ce qu’un coup de fil de Charlie Fong vienne y mettre fin ! L’étude balistique du lieu de la fusillade a permis d’innocenter Kenny, Dieu merci, et nous sommes aussi soulagés l’un que l’autre, au moins à ce sujet… En effet, je m’aperçois que j’ai plusieurs appels manqués et Kono a aussi un certain nombre de messages sur son répondeur : 
« C’est Danny… Pour nous prévenir qu’ils partent pour Kaula avec Steve, mais ça fait déjà plusieurs heures ! » J’acquiesce en sélectionnant tout de suite le dernier message laissé par notre camarade et lève la main pour intimer le silence à ma cousine : elle ne cache pas son impatience en me voyant froncer les sourcils… 
« Bon sang ! » Je grommelle et elle insiste : 
« Alors ?? Qu’est ce qui se passe ?? » 
« Je n’ai pas compris la moitié du dernier message de Danny ! J’explique en lui faisant signe de monter en voiture avec moi pour démarrer aussitôt. Visiblement il a retrouvé Steve, mais la communication est très mauvaise ! J’ai cru comprendre qu’ils avaient eu un accident d’hélicoptère mais en même temps j’aurais juré entendre un bruit de moteur… » 
« Filons à l’aéroport ! » Suggère Kono et j’approuve en enfonçant l’accélérateur : dans quoi est-ce-que Steve est allé se fourrer ?? Est ce qu’ils ont trouvé Wo Fat ?? A coté de moi Kono se ronge distraitement un ongle et je vois bien qu’elle aussi s’inquiète pour nos amis !! Tout d’un coup elle désigne un point dans le ciel : « Là haut ! Regarde !! » J’aperçois un appareil de l’armée qui traine un panache de fumée grise : 
« C’est pas vrai !! Pourvu qu’ils ne s’écrasent pas !! » Je fonce aussi vite que possible sur le tarmac et nous descendons précipitamment de la voiture pour observer l’hélico, dont la trajectoire un peu incertaine laisse deviner qu’il a subi de sérieux dégâts !! 
« C’est Steve qui est aux commandes ! » S’écrie ma cousine en plissant les yeux : bonne nouvelle, car ça signifie qu’au moins il est en un seul morceau… Pour le moment ! Car je devine que notre Commandant a les plus grandes difficultés à garder le contrôle de l’appareil qui s’approche beaucoup trop vite du sol ! Impuissants, nous retenons notre souffle et Kono broie ma main dans la sienne. Enfin, à quelques mètres du tarmac, Steve parvient à redresser au dernier moment pour limiter le choc et l’Apache ne rebondit que légèrement avant de s’immobiliser enfin !! Tandis que les pales balayent la fumée qui s’échappe d’un des moteurs, nous nous précipitons vers le cockpit : « Steve ! » Kono lui laisse à peine le temps de descendre et se jette dans ses bras, provoquant une grimace de douleur ! 
« Tu es blessé ? J’interroge d’un ton anxieux en remarquant le visage bouleversé de notre ami. Tu veux que je t’emmène à l’hôpital ?? » Il secoue la tête et Kono s’inquiète : 
« C’est Wo Fat ?? Vous l’avez retrouvé ? » 
« Ouaip ! Lance Danny en descendant à son tour. Et pas que lui d’ailleurs !! » Nous nous tournons tous vers la porte coulissante pour voir Joe White aider un homme à descendre, et je n’en crois pas mes yeux… 

Quelques années plus tôt 

Nous sommes dans la voiture de patrouille et je me concentre sur ma conduite : pour la première fois, John, mon équipier et mon mentor, m’a laissé le volant, et je me sens bêtement intimidé ! Sentant ma nervosité, il se renverse dans son siège d’un air décontracté : 
« Allons Chin, on n’est plus à l’auto-école, t’as le droit de passer la quatrième !! » Il éclate d’un rire contagieux et je sens mes muscles se relâcher : je sais que j’ai beaucoup de chance qu’on m’ait affecté John McGarrett comme équipier ! Non seulement c’est l’un des meilleurs flics du HPD, mais c’est aussi un homme bon, généreux, avide de transmettre sa passion pour son métier et son savoir… Avec un bleu comme moi, il est patient et compréhensif, toujours prêt à me faire profiter de son expérience et des petits trucs qui permettent de faire la différence entre un bon flic et un flic exceptionnel… Et puis, plus qu’un collègue c’est très vite devenu un ami : il a été là pour notre famille quand mon père est mort, il m’a soutenu dans cette épreuve en me faisant comprendre que, quoi qu’il arrive, je pourrai toujours compter sur lui… Je fais de mon mieux pour qu’il soit fier de son élève, et j’espère qu’un jour, lui aussi pourra compter sur moi s’il en a besoin… 
« Au fait John vous avez des nouvelles de vos enfants ? » Je vois bien un voile de tristesse passer dans son regard et j’aimerais pouvoir le réconforter : je sais que parler de Steve et Mary lui donne toujours le sourire et une fois encore ça ne rate pas : 
« Oh Mary fait tourner cette pauvre Deb en bourrique, elle est en pleine crise d’adolescence ! Quant à Steve ses résultats sont excellents, comme toujours… » 
« Vous devez être fier de lui… » Je remarque en souriant et il acquiesce : 
« Très ! C’est vraiment dommage qu’il ait dû partir, vous vous seriez très bien entendus tous les deux… » 
« Je n’en doute pas ! » Nous poursuivons tranquillement notre patrouille et je songe que, si Steven McGarrett a bien de la chance d’avoir un père comme John, le plus chanceux des deux, actuellement, c’est moi ! 

Je n’en crois pas mes yeux quand je vois Steve se précipiter pour soutenir l’homme qui descend de l’hélico : même quand cet homme me lance ce sourire si chaleureux qui n’a pas changé, je n’arrive toujours pas à réaliser : 
« Chin Ho ! Qu’est ce que tu fais là mon garçon ?? Et la petite Kono est là aussi !! » Emu aux larmes, j’échange une grande étreinte avec mon ancien mentor : 
« John… Vous… Vous êtes vivant ?? Bon sang j’y crois pas !! » 
« Ouais, renchérit Danny avec un sourire crispé, nous aussi on a eu du mal à y croire : il semblerait que Wo Fat le gardait au chaud pendant tout ce temps !! » 
« Mais et Wo Fat alors ?? S’étonne Kono. Où il est passé ? C’est lui qui vous a tiré dessus ? » 
« Quand j’aurai la peau du salopard qui a fait des trous dans mon hélico ! » Commence à jurer Wade Gutches et Joe White vient poser une main apaisante sur son épaule : 
« Du calme ! Lui aussi a été touché, et de façon bien plus conséquente que nous ! » Steve acquiesce d’un air sombre : 
« Vue sa trajectoire, il a dû aller se poser en catastrophe sur Moloka’i… » 
« Alors il faut y aller Fiston ! » Coupe John avec assurance mais son fils proteste : 
« Papa c’est hors de question que… » 
« Que je vienne avec vous ? Et puis quoi encore !! C’était mon enquête ! J’ai passé des mois à traquer ce fumier, et après des années, à rester coincé dans ce fichu camp en guettant la moindre occasion ! Pas question que je te laisse y aller seul Steve : tu es blessé et… » 
« C’est rien Papa, rétorque l’ancien Seal, juste une égratignure… » 
« Que tu vas aller faire soigner avant que je te botte les fesses ! » Ordonne son père et nous ne pouvons nous empêcher d’échanger un sourire avec Kono et Danny en voyant la mine mortifiée de notre ami ! 
« Si je peux me permettre, intervient Joe, ça serait injuste de priver ton père de participer à l’arrestation de Wo Fat… » Steve pousse un soupir et finit par céder : 
« OK… Mais rien que pour cette fois ! » 


lyne358  (10.04.2015 à 13:54)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E201
Lundi 8 juin à 20:40
2.12m / 11.3% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E201
Lundi 8 juin à 19:15
2.04m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Ici tout commence, S06E201
Lundi 8 juin à 18:35
1.83m / 17.5% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins

Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins
Scooby-Doo montre enfin le bout de sa truffe ! Netflix a dévoilé la première image du célèbre chien...

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

HypnoRooms

choup37, 06.06.2026 à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, 07.06.2026 à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, 07.06.2026 à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages