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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 10.03.2015 à 08h52
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Le jour J est enfin arrivé ! Voilà le 5-0 officiellement en vacances pour quelques jours mais seront-elles pour autant de tout repos ? » mesange
Cette fanfic compte déjà 12 paragraphes
1
« Mais que fait encore Danny ? » soupira Steve. « Je lui avais bien dit d’être là à huit heures ! »
« Il n’est que huit heures sept » sourit Chin.
« Hey Boss, relax, on est en vacances, non ? » dit alors Kono. « On n’est pas sur une minute près. »
« Il a peut-être eu du mal à s’éveiller… » déclara alors Adam quand ils l’entendirent arriver, s’arrêter dans l’allée et en descendre avec… Grace.
« Désolé mais je vais pas pouvoir venir. Ma chère ex-femme avait décidé d’accompagner son cher et tendre époux à Las Vegas et m’a déposé Grace comme convenu… sauf que j’avais oublié qu’ils partaient…aujourd’hui. »
« T’as oublié ? » demanda Steve incrédule.
« Ouais, j’ai oublié !... Que veux-tu que je te dise ? Si t’avais une ex qui râle pour tout et pour rien, tu finirais par plus l’écouter, toi aussi. J’ai juste pas prêté attention aux dates qu’elle me disait. »
Steve leva les yeux au ciel : « Dis plutôt que t’as aucune envie de te balader en pleine forêt tropicale sur les versants d’un ancien volcan. »
« C’est pas faux. Y a quand même mieux pour des vacances : un hôtel à Maui à siroter un cocktail les pieds en éventail, à patauger dans la piscine,… »
« T’aimes pas l’eau ! » le coupa Steve.
« Ouais, ben, j’aime encore moins la montagne et les efforts qui vont avec ! »
« Ca va être chouette, tu verras. Rien que le lever du soleil sur le Haleakala vaut le détour ! »
« Et pourquoi Grace ne viendrait-elle pas avec nous ? » suggéra Chin.
« C’est une petite fille, vous croyez qu’elle va marcher des heures et des heures ? »
« On va pas marcher des heures sans s’arrêter non plus ! Tu suivrais pas le rythme d’ailleurs » dit Steve, narquois. « Ca te dirait, ma puce, de venir avec nous ? Tu pourras te baigner dans un coin superbe, pêcher et même te promener au milieu d’un cratère d’un volcan éteint ! »
« Oh ouiii ! Dis oui, Danno, s’il te plaît ! »
Danny soupira :
« OK mais s’il te faut te porter, c’est Oncle Steve qui s’en chargera ! »
« Pas de problème, poucinette » sourit Steve. « J’ai porté bien plus lourd ! » ajouta-t-il en lui faisant un clin d’œil avant de décréter « Vous avez éteint vos portables ? Je déclare donc le 5-0 officiellement en vacances ! »
Et c’est dans la bonne humeur qu’ils gagnèrent à bord de la Silverado le parc national des volcans après être repassés chez Danny prendre des affaires pour Grace.
« Alors, vous trouvez pas ça magnifique ? » demanda Steve en admirant la vue qui s’offrait à eux.
« De loin, ça a son charme… » répondit Danny, pas encore convaincu par ce type de vacances.
Steve sourit en le regardant et après s’être emparé de leur sac à dos, ils entamèrent leur progression en suivant tout d’abord le sentier qui s’enfonçait de plus en plus dans la forêt, le seal menant la marche, suivi de Chin, Danny, Grace et les amoureux, main dans la main. Ils s’arrêtèrent quelques fois pour permettre à chacun de souffler et Steve regarda le paysage grandiose qu’il avait devant lui, les yeux brillants :
« La dernière fois que je suis venu ici remonte à une vingtaine d’années et pourtant, rien n’a changé. Enfin si, plein de choses ont changé mais pas ça… »
« Tu venais souvent ? » demanda Kono.
« Non, deux-trois fois l’année et la dernière fois d’ailleurs, Joe nous accompagnait, mon père et moi. »
« Et vous ? » demanda Danny à l’intention de Chin et Kono.
« Je suis venu pêcher quelques fois avec mon oncle » répondit Chin. « Ca mordait très bien. »
« Moi, jamais ! Je ne vivais que pour le surf, donc vagues, vagues, vagues…» dit en riant Kono.
« Ah, tu vois ! Un hôtel à Maui aurait… » commença Danny.
« Par contre, en excursion avec l’école » le coupa Kono « nous étions montés une fois au sommet de ce volcan éteint. C’était impressionnant et je me réjouis d’y retourner. »
« Ecoute ce calme, Danny » dit Steve en buvant une gorgée d’eau. « Regarde, Grace, un néné : c’est une oie hawaiienne. »
Ils reprirent ensuite leur ascension, serpentant entre les champs de canne à sucre et les plantations d’ananas pour parvenir sur un versant rocheux où ils purent découvrir les pétroglyphes dont Steve leur avait parlés.
« On dirait une tortue, Oncle Steve. »
« C’en est une et ça, tu sais ce que ça représente ? »
Elle fit non de la tête et il répondit : « Un homme qui chasse. »
« Ils sont marrants. »
« Attention, Kono, t’approche pas trop près du bord, on sait jamais. J’ai pas envie d’aller te rechercher là en bas. »
Et Adam retira en arrière sa petite amie qui s’exclama : « Quelle vue magnifique ! »
« Tu comptes dresser le campement ici ? » demanda Danny.
« Non, dans une heure de marche plus ou moins, on arrivera à un point d’eau. Je suis sûr que vous aimerez. »
2
Et ils repartirent, en traversant encore et toujours des champs d’ananas, pour arriver à une magnifique clairière : au pied d’une petite cascade, une belle étendue d’eau s’offrait à eux.
« Waouah ! » s’exclama Kono. « Cet endroit est très…romantique » et Adam la serra tout contre lui :
« Dommage que nous ne soyons pas que nous deux… » lui souffla-t-il dans le creux de l’oreille avant de l’embrasser sur la tempe.
« Un bain de minuit pourrait s’envisager » répondit Kono coquine.
« J’ai entendu ! » rétorqua Danny tout sourire.
« Oncle Steve, on peut aller dans l’eau ? » demanda Grace impatiente d’aller patauger pour se rafraîchir.
« Bien sûr ! »
« Tu sais quoi, Grace ? Je t’accompagne, c’est trop tentant » rit Kono.
« Pendant ce temps, on va dresser le campement avant de vous rejoindre » dit Chin.
« Où tu vas ? » demanda alors Danny à Steve qui s’éloignait.
« Faire un tour pour voir où monter les tentes. Tu viens avec moi ? »
« Pourquoi, c’est pas bien ici ? »
« Non, c’est trop fermé. Chin, Adam, si vous nous rameniez des ananas pendant que les filles s’amusent ? »
« Je déteste les ananas ! »
« T’as tort, ils sont délicieux » répondit Chin en souriant. « On pourra peut-être aussi trouver des goyaves sauvages. »
« Une pizza tomate-mozzarella peut-être ? »
Steve leva les yeux au ciel tandis que les autres souriaient et il partit explorer les environs, suivi de son ami.
« Ici, ce sera parfait. »
« C’était mieux près de l’eau. »
« Il faut toujours minimiser les risques sur le terrain, Danny et c’est le seul emplacement défensif d’où l’on peut surveiller le sentier » expliqua Steve.
« Je vais pas contredire un seal… On appelle les autres ? » demanda Danny en regardant les alentours.
« On va déjà monter nos propres tentes » mais quand il jeta un œil à son ami et au contenu de son sac, il s’exclama :
« Ne me dis pas que t’as pris ton gilet pare-balles ! »
« Tu crois quand même pas que j’allais partir avec toi sans prendre mes précautions ? »
« T’as ton arme aussi ? »
« Ouais, dans le fond de mon sac, mon pote ! Tu dois bien avoir une grenade avec toi, non ? »
« Non, j’ai pas de grenade avec moi. Je te rappelle que je suis en vacances, Danny… »
« Parce que c’est sensé te protéger des ennuis ? »
« Très drôle. »
« T’as pas pris ton arme, toi ? » demanda suspicieux Danny.
« Si mais… »
« Ah tu vois ! »
« Mais moi, j’ai pas pris de gillet pare-balles. »
« Un tort quand on sait que t’attires les ennuis comme les fleurs attirent les abeilles… »
Steve soupira :
« Aide-moi au lieu de dire n’importe quoi… »
Ils étaient alors en train de monter leur tente quand Chin et Adam les retrouvèrent, ramenant avec eux ananas et goyaves et une heure après, ils allèrent rejoindre les filles qui s’amusaient encore dans l’eau :
« Elle est fraîche au début mais après, c’est un délice » leur cria Kono et tous plongèrent et s’amusèrent à se couler les uns les autres avant que Danny n’en sorte pour revenir quelques minutes plus tard avec le ballon gonflable que Grace avait pensé à prendre avec elle et ils disputèrent joyeusement un semblant de partie de water-polo : Kono, Chin et Adam contre Steve, Danny et Grace.
« C’est l’équipe qui perd qui s’occupe de faire prendre le feu pendant que les autres iront pêcher » décida Kono…
3
Et alors que les deux cousins et Adam partirent pêcher, accompagnés toutefois de Grace, Steve et Danny s’occupèrent du feu…
« T’aurais quand même pu prendre un petit réchaud de camping » se plaignit Danny.
« Passe-moi ces brindilles au lieu de râler » lui répondit Steve.
« Une pierre de silex peut-être aussi ? »
« Si tu m’en trouves une… »
« Je sais même pas à quoi ça ressemble... » Puis après un nouveau quart d’heure à attendre : « Tu crois que tu vas y arriver ? Heureusement que Grace est partie pêcher avec les autres, il y en a au moins quatre qui s’amusent…»
« J’ai fait ça plein de fois. »
« Avec ton père ? »
« Avec lui mais pas seulement, un seal doit pouvoir s’adapter à tout milieu. »
« Ca t’a servi pour Strawberry fields machin ? »
« Tu sais très bien que je ne te dirai rien à ce sujet. »
« Toute façon, ça m’intéresse pas. Enfin, si ça m’intéresse mais… »
« Va me chercher des petites branches sèches au lieu de parler. Les autres vont bientôt revenir. »
« Déjà ? La pêche est miraculeuse par ici ou quoi ? »
« Les poissons mordent facilement, oui, du moins dans le silence le plus complet ! »
« Il t’en faut beaucoup ? » demanda en soupirant Danny.
« Suffisamment pour pas laisser le feu s’éteindre… Hey, te perds pas ! »
Danny était maintenant parti depuis plusieurs minutes quand le seal l’entendit pousser un cri. Il fronça les sourcils s’attendant à l’entendre râler mais comme ce n’était pas le cas, il prit son arme et se précipita aussitôt dans la direction d’où était venu le cri :
« Danny ? Danny ? »
« Steve ! Par ici. »
« Danny ? Qu’est-ce qui s… ? »
Mais quand il le trouva debout au fond d’une fosse à l’attendre sans bobo apparent, il demanda un sourire aux lèvres :
« T’es pas croyable, je peux pas te laisser deux minutes tout seul que t’as déjà besoin de moi ! »
« C’est toi qui me portes la poisse… même en vacances ! »
« Parce que c’est ma faute peut-être ? J’en peux rien, moi, si tu regardes pas où tu mets les pieds ! »
« T’es un gros nuage… Un gros nuage noir qui stagne au-dessus de ma tête. »
« Tu veux rester là, hein ? Tu veux rester là ?... Allez, attrape ma main. »
Mais comme Danny ne put l’atteindre, il lui dit :
« Tu peux pas grimper sur quelque chose ? »
« Tu vois une échelle peut-être ? »
« Regarde, il y a des pierres dans le coin. »
« J’ai passé l’âge de jouer aux legos. Tu peux pas juste aller chercher une corde ? »
« Fais ce que je te dis… »
Danny amassa les pierres sur lesquelles il monta et put ainsi attraper la main de son ami qui, en grimaçant, finit par le hisser :
« Tu devrais arrêter les donuts ! »
« C’est toi qui te ramollis ! » riposta Danny qui regarda autour de lui :
« C’est quoi ce trou ? Un piège ? »
« On dirait bien… » répondit Steve l’air songeur en regardant aux alentours.
« C’était recouvert de branchages, impossible à voir. »
Steve le regarda moqueur.
« C’est ça, marre-toi ! » râla son ami qui se releva et grimaça un rictus de douleur en posant son pied à terre.
« Ca va ? »
« Ah, c’est gentil de me le demander ! Et non, ça va pas ! Je me suis tordu la cheville. »
« Ca aurait pu être pire. Tu vois, t’arrives déjà à marcher en ne boitillant presque plus. »
« Tout ça est ta faute ! »
« Et en quoi je suis responsable ? »
« Eh ben, ça fait quatre ans que t’es venu frapper à ma porte et que tu m’as dit que ma seule option, c’était de bosser avec toi et depuis, tout ce qui m’arrive de craignos, c’est ta faute. »
« Tu veux me faire plaisir ? En rentrant, va te faire un lavage de cerveau parce que là-dedans, y a de gros dégâts. »
« OK, je me casse » rétorqua Danny en passant devant son ami.
« Vous avez pas bientôt fini de vous chamailler » lança alors Chin derrière eux.
« On se chamaille pas, on discute » répondit Steve.
« C’est ça, ouais » sourit leur ami qui ajouta : « On a fait notre part du boulot, nous… Pas comme vous. »
« C’est pas ma faute si Danny regarde pas où il va ! »
« Tu me fatigues… » répondit Danny sous le regard amusé de Chin.
« Le feu s’est éteint ? » demanda Steve.
Chin fit oui de la tête.
« Génial ! » râla encore leur coéquipier.
« Ca aussi, c’est de ma faute peut-être ? Je te rappelle que si t’avais regardé où tu mettais les pieds… Tu sais quoi ? La prochaine fois, je te laisserai mijoter dans ton trou » rétorqua Steve.
4
Une fois de retour au campement, le seal fit reprendre le feu, aida Chin à vider les poissons tandis qu’Adam les empalait sur des pics et les faisait tourner au-dessus du feu.
Ils mangèrent ce repas frugal avant d’aller se coucher, fatigués par leur longue journée de marche. Peu après minuit, Steve s’éveilla en entendant un léger bruit provenant de la tente d’à côté et sourit en reconnaissant la voix de Kono qui demandait à Adam :
« Passe-moi ta lampe de poche. »
Et ils quittèrent le campement en essayant de faire le moins de bruit possible pour se rendre, main dans la main, à l’étendue d’eau dans laquelle ils prirent un bain de minuit…
Le lendemain matin, Danny sortit de la tente et fut surpris de voir déjà Steve en train de boire une tasse de café fumant, assis à côté du feu.
« Bien dormi ? » demanda le seal.
« J’en suis le premier étonné mais oui, j’ai bien dormi. »
« Comment va ta cheville ? »
« Plus de peur que de mal. »
Et son ami lui tendit une tasse de café alors que Chin venait les retrouver :
« A mon avis, on ne risque pas de voir les amoureux se lever avant midi » dit-il en souriant.
« C’est plus un bain de minuit qu’ils ont pris » répondit Steve en riant. « Pas très discrète leur escapade… »
« C’est le moins qu’on puisse dire » répondit Chin en riant.
« J’ai rien entendu du tout ! » s’exclama Danny. « Alors comme ça, ils sont allés se baigner… » commença-t-il mais ne put poursuivre comme Grace sortait de la tente et une fois tous éveillés, ils replièrent leur matériel et poursuivirent leur périple qui devait les mener le lendemain jusqu’au sommet du mont Haleakala qui se situait à 3055 m d’altitude. Les pentes devenaient plus abruptes et malgré les pauses, Grace n’en pouvait plus. Steve la prit alors sur son dos.
« T’es bien là ? » demanda-t-il. « Allez, accroche-toi » et ils reprirent leur marche s’arrêtant pour admirer les plantations luxuriantes de canne à sucre, certaines fleurs et oiseaux exotiques et au sommet d’une crête, ils purent même apercevoir l’océan et le Spouting Horn. Chin leur expliqua :
« C’est un phénomène naturel. La houle est éjectée verticalement par un trou dans le rocher en faisant un drôle de bruit qu’on ne peut entendre d’ici. »
« C’est amusant à voir » dit Grace.
Au fur et à mesure de leur périple, la végétation se fit plus rare et Steve donna alors le signal pour monter le campement mais cette journée fut si éprouvante qu’après avoir mangé, ils parlèrent un peu avant d’aller vite se coucher comme le lever, le lendemain, était prévu à trois heures du matin.
Encore fatigués mais impatients de contempler le lever du soleil, ils s’habillèrent chaudement car à une telle altitude, l’air était assez frais d’autant plus à cette heure matinale et c’est à l’aide de lampes torches qu’ils rejoignirent la route qui menait au sommet du volcan mais pour éviter à Grace une trop longue marche, ils prirent une des nombreuses navettes qui faisaient l’aller retour. Une fois au sommet, ils s’installèrent près du Visitor Center et attendirent les premières lueurs orangées qui finirent par poindre à l’horizon éclairant un pan du volcan :
« C’est magnifique » s’exclama Kono blottie tout contre Adam tandis que Grace s’exclamait :
« C’est trop cool. »
« Alors pourquoi t’es scotchée à ton portable ? Tu m’expliques ? » demanda son père.
« Je poste des photos sur internet pour que mes copines me suivent. »
« Qu’est-ce qu’elle dit ? » demanda-t-il aux autres.
« Elle dit que. Laisse tomber ! Viens ma puce, donne-moi ça, je vais faire une photo de toi. »
« Merci Oncle Steve. »
« Mais de rien… Prête ?.... Ouais, géniale… Magnifique » s’exclama son oncle en photographiant sa nièce qui prenait différentes poses sous les regards amusés des autres.
« Et tu peux me dire ce qu’elles font déjà sur internet à cette heure si matinale, tes copines ? » demanda encore Danny.
« Mais non, c’est pour quand elles se connecteront » répondit sa fille.
« Ah, tu me rassures. »
5
Une fois le soleil levé, ils partirent se promener à l’intérieur du cratère.
« On se croirait sur la lune » dit Adam.
« Regardez ! Des sabres d’argent » dit alors Steve qui leur expliqua : « Il leur faut cinquante ans pour fleurir et le moment venu, ils projettent une tige contenant des centaines de fleurs brunes semblables aux tournesols avant de mourir. »
« Tu peux encore me prendre en photo, Oncle Steve ? »
« Bien sûr ! »
« Voulez-vous que je vous prenne tous en photo ? » proposa alors un touriste et tous se regroupèrent pour une photo souvenir. Kono lâcha :
« Nos premières vacances tous ensemble. Il faudra encadrer cette photo et lui trouver un endroit digne de ce moment au QG ! »
Ils se promenèrent encore un bon moment puis allèrent manger un bout au Visitor Center avant de redescendre avec la navette. Ils reprirent leur randonnée à travers ces paysages désertiques recouverts de lave qui firent place à une végétation devenant plus dense au fur et à mesure de leur progression vers un autre point d’eau :
« Waouah, cet endroit est encore plus beau que l’autre » s’exclama Kono en découvrant la jolie cascade d’eau.
« On peut monter les tentes ici cette fois ? » demanda Danny.
« Kono et Adam préféreraient peut-être qu’on s’éloigne un peu » dit malicieusement Chin et les deux amoureux se regardèrent gênés, eux qui pensaient avoir été discrets…
Ils dressèrent quand même leur campement un peu à l’écart et allèrent tous pêcher dans la rivière qu’ils avaient longée un peu plus tôt et furent surpris de trouver un piège à poissons.
« On dirait que nous ne sommes pas les seuls à fréquenter le coin » dit Chin en regardant Steve.
« C’est un piège archaïque. »
« On doit s’inquiéter ? » demanda Adam.
« Pas forcément mais mieux vaut rester sur nos gardes » répondit Steve en jetant un œil aux alentours.
La pêche fut bonne et c’est en remontant au campement qu’ils ramassèrent du bois sec pour le feu.
« T’éloigne pas, Grace » dit alors Danny.
« Et regarde où tu mets les pieds, pas comme ton père » se moqua Steve sous les regards amusés des deux cousins et d’Adam.
Mais cette histoire de pièges le taraudait un peu et après le repas, il partit se dégourdir les jambes. Il avait fait à peine dix mètres que Danny le rejoignait déjà et ne put s’empêcher de sourire en voyant qu’il avait pris soin de prendre son arme.
« T’as pas mis ton gilet pare-balles ? » se moqua-t-il.
« Quelque chose me dit que j’aurais dû ! » rétorqua son ami.
Ils explorèrent les environs à la recherche d’un indice quand, soudain, Steve se sentit observé.
6
Il remarqua quelques feuilles de fougères cassées.
« C’est récent » et il fit signe à Danny de se taire. Il lui montra du menton un endroit plus touffu et Danny sortit son arme, ce qui fit fuir leur inconnu. Steve cria :
« Attendez ! » mais il ne s’arrêta pas et ils se mirent aussitôt à sa poursuite. Le fuyard traversa alors un petit cours d’eau avant de se rediriger vers la végétation plus dense, Steve sur ses talons mais quand il traversa lui aussi le cours d’eau, il poussa un cri : il n’avait pas vu le piège au fond de l’eau et les mâchoires en acier s’étaient refermées sur le dessus de sa chaussure, provoquant une douleur fulgurante.
Danny arriva aussitôt près de lui :
« Attends, bouge pas. »
« Où veux-tu que j’aille ? » grimaça Steve d’une voix rauque. « Essaie de le rattraper. »
« Pas question, je te laisse pas comme ça ! »
Il regarda le piège :
« Je vais essayer d’écarter les mâchoires et tu retires ton pied dès que tu peux. Ca ira ? »
Danny grimaça lui aussi sous l’effort mais réussit à écarter suffisamment les mâchoires pour permettre à son ami de se libérer. Il vit alors l’eau prendre une teinte rougeâtre.
« Laisse-moi voir. T’as eu de la chance, les mâchoires se sont plantées dans ta chaussure. Sans ça, t’aurais pu avoir le tibia fracturé mais c’est quand même pas beau à voir. T’es protégé contre le tétanos au moins » demanda-t-il en constatant dans quel état était le piège.
« Il faut retrouver cet enfoiré qui pose ces pièges, Danny. »
« Euh… Je suis d’accord » répondit son ami en déchirant son t-shirt pour lui faire un garrot « mais avant, il faut te ramener au campement, désinfecter tout ça, te faire un pansement digne de ce nom et appeler les secours. »
Il l’aida à se relever mais Steve grimaça de douleur en posant son pied à terre :
« Je vais pas pouvoir marcher tout de suite. »
« Tu vas t’appuyer sur moi ».
Ils rebroussèrent chemin tant bien que mal et arrivés près du campement, Danny cria :
« Steve est blessé ! Venez m’aider. »
« Que s’est-il passé ? » demanda Chin inquiet en venant soutenir Steve lui aussi.
Danny leur raconta leur mésaventure tandis que Kono retirait le pansement de fortune fait par son ami en faisant une grimace.
« C’est pas beau à voir ! Il faudrait de l’alcool pour désinfecter les plaies. »
« J’ai une bouteille de saké » dit Adam qui alla aussitôt la chercher tandis que Danny retirait la chaussure de son ami ainsi que sa chaussette et relevait son pantalon.
« Je suppose que ça fera l’affaire pour le moment » répondit la jeune femme et à l’intention de son chef « Inutile de te dire que ça va faire mal, patron… »
« J’en ai vu d’autres » répondit celui-ci et Kono versa l’alcool sur les différentes entailles tandis que Steve serrait les dents.
« Danno, j’ai peur » dit Grace en voyant le visage blême de son oncle qui grimaçait de douleur.
« Tout va bien, mon petit chat. Oncle Steve est un dur à cuire, c’est rien du tout, ça, pour lui, juste un mauvais moment à passer. »
7
« Il faut t’emmener voir un médecin au plus vite avant que ça ne s’infecte » dit Chin. « Je vais essayer de trouver un endroit où il y a du réseau et appeler les secours. »
« Il faut d’abord retrouver celui qu’on poursuivait. Il doit pas être loin s’il pose des pièges par ici » dit alors Steve.
« C’est toi la priorité » répliqua Chin.
« Chin a raison : il part devant pour appeler à l’aide et nous, on le suit comme on peut pour t’amener dans un endroit découvert » dit Danny.
« S’il prend peur, il partira et posera ces pièges ailleurs. Non, il faut le retrouver maintenant avant que quelqu’un d’autre ne se blesse ! » rétorqua Steve et il se leva.
« Oh, hey, tu fais quoi là ? » demanda Danny.
« Vous aurez besoin de moi pour le retrouver. »
« Tu peux même pas marcher ! »
« Il y a bien une branche qui pourrait... »
« Steve, c’est pas raisonnable » dit Chin. « Je sais que t’es résistant à la douleur mais quand même…»
« OK, Rambo, tu restes ici avec Kono et Grace pendant qu’on va jeter un œil aux environs » trancha Danny « Ca te va ? »
« Non, je viens avec vous » dit Kono.
« Un adulte doit rester avec lui » répliqua Danny. « On sait même pas combien ils sont dans cette jungle ! Et puis, sans te vexer Adam, si quelqu’un doit défendre Grace, je préférerais que ce soit Kono » et à l’intention de Steve : « Tiens, ton arme, toi. »
« Je comprends » répondit Adam.
Et malgré les réticences du seal, les trois hommes partirent à la recherche de l’inconnu tandis que lui et les deux filles allèrent se cacher derrière des fougères denses, se soustrayant à la vue d’un potentiel ennemi.
Après une petite heure, ils virent un jeune garçon d’origine asiatique qui devait avoir dans les sept à huit ans, s’approcher prudemment du campement. Il s’empara des poissons qu’ils avaient péchés un peu plus tôt et s’apprêtait à repartir quand sa curiosité fut la plus forte : après avoir regardé autour de lui, il entra prudemment dans une des tentes. Aussitôt, Kono sortit de sa cache et aussi silencieusement que possible, s’en approcha et tomba nez à nez avec le jeune garçon qui, en la voyant, se recula au fond de la tente, le ballon de Grace dans les mains. Elle lui parla doucement mais il ne semblait pas la comprendre et, apeuré, cherchait du regard comment s’échapper. Steve arriva alors tant bien que mal, Grace sur ses talons. Kono lui dit :
« J’ai pas l’impression qu’il comprend. »
Steve lui parla alors en chinois :
« Comment t’appelles-tu ? » demanda-t-il doucement mais le gamin garda le silence.
« Tu aimes les ballons ? » continua-t-il en voyant le ballon gonflable dans ses mains et il vit alors que le gamin le comprenait.
« Moi, c’est Steve et elle, c’est Kono et la petite fille derrière moi, c’est Grace. On ne te veut aucun mal. »
« C’est un chinois » dit alors le seal.
« Qu’est-ce qu’un gamin de cet âge fait dans ces montagnes ? Il doit avoir de la famille avec lui » dit Kono.
« Où sont tes parents ? » demanda alors Steve. « Grace, t’aurais pas un biscuit à lui donner ? »
Et sa nièce tendit à son oncle une pochette de biscuits qu’elle avait dans sa poche.
« Tiens, n’aie pas peur. »
Le gamin, méfiant, prit malgré tout les biscuits mais hésitait à les manger.
« Vas-y. Ils sont délicieux. »
Il finit par mordre dans un avant de tous les manger avec un plaisir évident et pour la première fois, un léger sourire s’afficha sur son visage.
« Il a l’air d’être gentil et il semble avoir faim » dit Grace.
8
De leur côté, les trois hommes avaient rejoint le petit cours d’eau. Ayant repéré des traces de pas, ils les suivirent en avançant toutefois prudemment, regardant où ils mettaient les pieds quand ils découvrirent ce qu’il restait d’un avion de tourisme qui s’était de toute évidence crashé et que la végétation dense commençait déjà à engloutir. Ils s’en approchèrent et virent un feu éteint près duquel il y avait quelques ustensiles de fortune ainsi que des caisses dont certaines étaient cassées :
« De l’alcool et des cigarettes » dit Adam.
« De la contrebande ? » demanda Danny.
Chin entra alors dans l’avion et vit des couvertures sur les sièges qui avaient plus ou moins résisté au crash de l’appareil. En sortant, il vit l’inconnu qui les épiait discrètement derrière un amas de fougères :
« Vous retournez pas, il est là à nous épier et il m’a l’air bien jeune » souffla Chin aux autres.
« On fait comment pour l’attraper ? » demanda Danny.
« Venez voir » cria alors Adam qui s’était un peu éloigné. « La terre a été récemment retournée. »
« Vous pensez à la même chose que moi ? » demanda Danny.
« Oui » répondit sombrement Chin. « C’est peut-être le seul survivant du crash… »
« Au vu de leur campement, on dirait qu’ils sont deux : deux assiettes, deux gobelets » leur fit remarquer Adam.
« Il nous épie toujours » dit Danny. « On fait quoi maintenant ? »
« On l’appelle et on verra » répondit Chin qui cria à l’intention de l’inconnu :
« On sait que tu es là et on ne te veut aucun mal. Montre-toi… » mais l’inconnu ne bougea pas.
Chin s’avança alors vers lui mais ce ne fut pas une bonne idée car l’individu prit peur et partit à nouveau en courant.
« Retournons au campement. Il nous suivra peut-être… » suggéra-t-il alors et c’est effectivement ce qu’il fit.
Pratiquement arrivés près des tentes, quelle ne fut pas leur surprise de voir un gamin parler à Steve mais quand il les entendit, il prit peur et ce dernier tenta de le rassurer :
« Non, non, ce sont mes amis, ils sont gentils. »
« Danno » s’écria Grace. « Voici Huan. »
« Vous avez trouvé son frère ? » demanda alors Steve.
« C’est son frère alors l’autre ? » demanda Danny.
« C’est pourquoi il est si jeune » dit Adam.
« Il nous a suivis et il doit être en train de nous épier » dit Chin.
Steve jeta un oeil aux alentours mais ne remarqua rien. Il appela : « Chang, on sait que tu es là. Montre-toi, on ne te veut aucun mal. »
A ces mots, Huan regarda autour de lui pour voir où était son frère qui sortit alors de sa cachette mais au lieu d’avancer, il ordonna à son petit frère de revenir près de lui. Le gamin se leva et regarda Steve, hésitant entre l’envie de retrouver Chang et manifestement de rester avec eux. Steve laissa Huan le rejoindre et les deux enfants parlèrent entre eux mais quand Chang voulut repartir, Huan se mit à pleurer...
9
Chang lui dit :
« On les connaît pas. On peut pas leur faire confiance. »
« Je veux pas rester ici. »
« Je sais mais au moins, on est tous les deux et on se débrouille bien, non ? »
« J’ai peur. »
« Huan, on n’a pas le choix. On connaît personne ici, on parle pas leur langue… »
« Lui, il parle comme nous. »
« Mais il peut rien faire et on va nous mettre en prison. »
Steve intervint alors :
« Ici, on n’envoie pas les enfants en prison et Huan a raison, vous ne pouvez pas rester ici. Que ferez-vous si l’un de vous tombe malade ou se blesse ? Tu vois ton petit frère se débrouiller tout seul dans cette jungle ? » et il vit qu’il avait touché un point sensible…
Huan regarda son frère et comme celui-ci ne répondait pas, Steve poursuivit :
« Je connais une communauté chinoise qui pourra vous accueillir à moins que vous n’ayez de la famille à Hawaii ? Je pourrai alors vous aider à la retrouver. »
« On a une tante » commença Huan.
« Mais on sait pas où la trouver, Huan » dit Chang.
« Je pourrais vous aider à la retrouver mais si vous m’expliquiez déjà comment vous êtes arrivés ici… » demanda Steve.
Huan regarda son frère avec des yeux suppliants et celui-ci finit par raconter leur histoire :
« Nous sommes partis en pleine nuit de Chine, nos parents, notre sœur et nous avec deux inconnus auquel notre père a donné de l’argent mais l’avion a eu des problèmes. » Huan se mit alors à pleurer et son frère le serra contre lui tout en poursuivant, les larmes aux yeux : « On s’est écrasés dans la montagne. » Il se tut un moment, ravalant ses larmes avant de continuer d’une voix tremblante : « Huan et moi allions bien mais… nos parents et notre sœur, ils… » L’adolescent renifla et poursuivit en redressant la tête, trop fier pour laisser couler des larmes.
« Et les deux hommes qui étaient avec vous ? » demanda doucement Steve, touché par l’histoire tragique de ces deux gosses et lui tendant en même temps un mouchoir que Huan vint prendre.
« Celui qui pilotait l’avion est mort et l’autre l’a enterré puis est parti. »
« Et il est pas encore revenu » dit Huan.
« Il reviendra pas, Huan » dit Chang en serrant son frère contre lui.
Steve serra les mâchoires, se demandant comment un homme avait pu abandonner à leur triste sort deux enfants dans cette forêt et résuma à ses compagnons leur histoire.
« Des clandestins » dit alors Danny.
10
« Ils ont peut-être déjà de la famille ici ? » demanda Kono.
Steve leur posa la question et Chang répondit :
« On devait retrouver Guan-Yin, notre tante, qui est partie avant nous. »
« Ils ont une tante ici » leur dit Steve.
« Ca va pas être facile de la retrouver… » dit alors Danny.
« Peut-être que Monsieur Chi pourra nous aider » dit Steve qui dit aux gamins :
« Il y a longtemps que vous êtes ici ? »
Et Chang lui dit qu’il faisait une entaille dans un tronc d’arbre pour compter les jours et c’était le quarante-deuxième.
« Vous allez venir avec nous et je vous promets de tout faire pour retrouver votre tante. »
Huan sourit et Chang demanda, pas encore tout à fait rassuré :
« Et si vous la retrouvez pas ? Vous allez nous renvoyer chez nous… en Chine ? »
« Non mais si votre tante est ici, nous la trouverons. Je vous le garantis. »
« Huan, je sais pas si… »
« Je veux plus rester ici. J’ai peur, Chang. Il est gentil. »
« Je sais bien que t’as peur et moi aussi mais j’ai encore plus peur qu’on nous sépare. Au moins, on est ensemble ici. »
Huan regarda alors Steve, inquiet :
« Je ne laisserai personne vous séparer. »
Huan se tourna à nouveau vers Chang, le regard implorant.
« Vous pourrez retrouver notre tante ? Vous dites pas ça pour qu’on vous suive ? » demanda l’adolescent se mettant à espérer lui aussi…
« Je ferai tout ce que je peux en tout cas » et Steve traduit en quelques mots les échanges qu’ils venaient d’avoir à l’intention de ses amis.
« Steve… » commença Danny. « Tu es conscient que… »
« Evidemment ! Mais on peut pas laisser ces gamins ici… »
« J’ai pas dit ça non plus mais si on retrouve pas leur tante, tu crois qu’il y aura une famille qui prendra soin d’un adolescent et d’un gamin de cet âge alors qu’elle doit déjà se trouver en situation précaire ? »
« Les clandestins se serrent les coudes et on peut compter sur Monsieur Chi pour nous aider. En attendant de trouver une solution, ils pourront toujours loger chez moi. »
C’est ce qu’il dit aux deux frères et Huan se jeta dans les bras du seal qui, touché par cet élan d’affection, le serra contre lui tandis que Chang les regardait, encore indécis mais rester dans cette jungle n’avait rien de réjouissant et il tendit la main au seal, comme un homme. Steve la serra, un sourire aux lèvres avant de ressentir un vertige.
« On a perdu assez de temps ainsi, il est temps d’y aller » dit aussitôt Chin mais Chang dit :
« Je reviens, je dois… »
« On reviendra » dit alors Steve « Et tu pourras prendre tout ce à quoi tu tiens à ce moment-là. »