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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 07.04.2015 à 11h34
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Steve et Kelly nageaient en plein bonheur mais voilà que l’annonce de la grossesse de Catherine et de la future paternité de Steve remettait tout en question... (J'écris seule) » mesange
Cette fanfic compte déjà 48 paragraphes
11
Après le départ de Steve, Malia demanda à Kono si elle savait quand devait accoucher Catherine.
« Euh… J’en sais rien. La grossesse remonte à plus de trois mois, donc si on ajoute six mois, ça nous amène à … » et elle compta tout bas avant de déclarer : « Fin septembre. »
« C’est très précis comme date » se moqua gentiment Charlie en regardant malicieusement Malia qui expliqua :
« On parle toujours de neuf mois de grossesse mais en fait, il s’agit de quarante semaines d’aménorrhée. »
« De quoi ? » demanda Kono.
« D’absence de règles » expliqua Malia.
« On compte pas à partir de la conception ? » demanda Kono, étonnée.
« Non, ça n’a rien à voir. »
« Mais alors… comment on peut savoir… quand… »
« Quand le bébé a été conçu ? On ajoute plus ou moins quinze jours » répondit Malia.
« Ca va, cousine ? T’es bien pâle d’un coup » demanda Chin.
Elle se mordit la lèvre, mal à l’aise : « Oui, ça va…… C’est fou ce qu’on en apprend tous les jours » répondit-elle en grimaçant un sourire et en buvant une gorgée de bière pour reprendre contenance sous l’œil impénétrable de son cousin…
Arrivé devant la chambre de Catherine, Steve respira un bon coup avant de frapper et d’entrer. Celle-ci l’accueillit avec un petit sourire et la voir si pâle, reliée à deux perfusions, lui serra le cœur.
« Ca va ? » lui demanda-t-il d’une voix douce en s’asseyant dans le fauteuil près du lit.
« Je suis contente que tu sois venu. Je… Je me sens si… si seule. »
Il se mordit la lèvre inférieure avant de demander en montrant les perfusions :
« C’est quoi ? »
« C’est pour couper les nausées et les vomissement et du glucose, je suppose. »
« Du glucose ? Pourquoi ? »
« Je garde rien sur l’estomac » avant d’ajouter : « Je savais pour les nausées mais je savais pas qu’on pouvait être mal à ce point. »
« Tu es si malade que ça alors ? »
« C’est pas une situation facile. Tout s’accumule... »
« Cath… »
« Je sais que tu veux pas renoncer à elle, t’as été très clair mais… » Il vit ses yeux devenir humides. « Merci d’être… quand même venu. Tu sais pas à quel point ça…»
Elle ferma les yeux, essayant de contrôler le flux de ses émotions. Il mit alors sa main sur la sienne, la serra et elle craqua. Touché, il la prit dans ses bras et la berça. Ils restèrent un long moment ainsi et quand elle finit par relever la tête vers lui, elle vit qu’il avait lui aussi les yeux humides. Elle résista à l’envie de l’embrasser et reposa simplement sa tête sur sa poitrine… ll finit par s’écarter d’elle et lui dit d’une voix douce :
« Tu sais que je serai toujours là pour toi et le bébé. »
« Je suppose que toutes les mères célibataires n’ont pas cette chance » rétorqua-t-elle d’une voix amère.
Il soupira :
« Tu sais, t’es pas la seule à souffrir. Cette situation est compliquée et... »
« Compliquée ? Ce bébé est le fruit de notre amour et non pas d’une passade de quelques semaines ! S’il comptait un tant soit peu pour toi, tu...»
Il fit la moue mais garda le silence tandis que Cath ajoutait :
« Je suis désolée. Je t’ai pas fait venir pour te faire des reproches. »
« Tu avais quelque chose à me dire » dit-il alors.
Elle soupira.
« Oui » et elle lui raconta ce que le médecin lui avait dit à propos du résultat de la prise de sang.
« Je veux pas perdre ce bébé. Il représente tout pour moi et je l’aimerai même si... Je l’aime déjà ! J’ai pas l’intention de faire ce test. »
« Quoi ? Comment ça, tu veux pas faire le test ? »
« Je te l’ai dit, je veux pas le perdre ! »
« Le médecin a dit que le risque était minime... »
« Mais il existe ! »
« Ca veut pas dire que le pire va arriver ! »
« T’en sais rien, personne peut le garantir ! »
Steve se gratta le front du pouce :
« Tu veux pas savoir si… »
« Je veux pas lui faire courir le moindre risque ! Et puis, ça changerait rien ! »
« Tu plaisantes ? »
« Non, cet enfant aurait autant le droit de vivre qu’un autre si jamais il était… » Mais elle ne put dire le mot.
« Est-ce que tu te rends compte de ce que ça implique ? »
« Je te demande rien ! »
« Mais j’ai mon mot à dire, il s’agit de mon enfant aussi ! » s’énerva-t-il alors.
« Oui mais je suis pas aveugle. Je sais que sans ce bébé, tu… Alors si je devais le perdre, ça t’arrangerait plutôt bien ! »
Ils s’affrontèrent du regard et Steve, le premier, baissa les yeux. Un silence s’installa, silence qu’il finit par rompre :
« Je comprends que tu tiennes déjà à lui mais là où je te suis plus, c’est que t’es prête à mettre au monde un enfant anormal juste pour garder un lien avec moi. C’est vrai, ce bébé change pas mal de choses dans ma vie mais je suis prêt à faire ce qu’il y a de mieux pour lui mais toi, tu ne penses qu’à toi ! »
Elle baissa alors les yeux, blessée par son regard froid et dégoûté et comme elle ne disait rien, il s’en alla, furieux. Catherine, elle, craqua à nouveau mais cette fois, il n’était plus là pour la réconforter…
Kelly resta interdite en voyant son visiteur qui finit par lui demander s’il pouvait entrer. Elle le laissa passer, non sans une certaine appréhension, puis referma la porte et se tourna vers lui. Il la regardait, mal à l’aise, lui aussi. L’effet de surprise passé, elle se reprit et siffla :
« Il fut un temps où tu n’osais même plus me regarder en face. »
Andrew baissa la tête, cherchant visiblement ses mots.
« J’étais en colère. C’est vrai, quelque part, je t’en voulais d’être rentrée chez toi ce soir-là. Je… Je ne pouvais m’empêcher de me dire que si… »
« Il savait tout de moi ! Si ç’avait pas été ce soir-là, ce serait arrivé un autre jour ! Il… Il attendait le moment… Tu savais tout ça, je te l’ai dit ! » riposta Kelly d’une voix qu’elle essayait de maîtriser tant bien que mal.
Il soupira.
« Pourquoi es-tu venu ? Comment t’as su où j’habitais ? » demanda-t-elle.
« Le procès. J’ai appris ta nouvelle identité et… »
« Eh bien maintenant que tu m’as vue, tu peux t’en aller » et elle ouvrit la porte, le cœur battant à tout rompre, en espérant qu’il s’en aille.
« Cory, je savais que tu m’en voulais mais je pensais pas que c’était à ce point. C’est sûr que ça n’a pas dû être facile, même… »
« En effet, ça n’a pas été facile et la dernière chose que j’ai envie en ce moment, c’est me replonger dans tout ça, alors si tu veux bien… » lui dit-elle d’une voix froide.
« Je suis pas venu pour remuer… » la coupa-t-il.
« T’aurais même pas dû venir ! »
12
« C’est vrai que j’ai très mal géré ce qui nous arrivait mais tu m’as pas non plus accordé beaucoup de temps pour… »
« T’osais même plus me regarder ! T’écoutais même pas ce que je disais ! C’est tout juste si tu me prenais pas pour une folle ! »
« C’est faux ! J’essayais de te comprendre mais c’était pas facile, tu… »
« T’as pas insisté non plus de trop. »
« T’étais pas la seule à souffrir, je souffrais également bien plus que tu ne l’imagines. »
« Eh bien, t’en avais pas l’air ! T’as rien changé à ton petit train-train habituel. J’avais beau te dire qu’il reviendrait, t’en avais rien à foutre ! Tu partais le matin pour ne rentrer que le soir et je restais là à t’attendre, terrifiée en entendant le moindre bruit… J’étais déjà seule ! »
« Cory, je… »
« Ecoute, j’ai pas envie de me replonger dans tout ça. Alors, s’il te plaît, laisse-moi tranquille et va-t-en. »
Il se dirigea vers le seuil mais arrivé à sa hauteur, il ne put s’empêcher de tendre la main vers son visage mais il ne put la toucher quand il vit combien ce simple geste l’effrayait. Il laissa retomber le bras, avança de deux pas, hésita avant de se tourner à nouveau vers elle :
« Tu m’as demandé pourquoi je suis venu : parce que malgré les années, je n’ai jamais su t’oublier et je… »
« Sors d’ici ! Tout de suite ! » cria alors Kelly.
« Cory, je voulais juste… » dit-il, surpris par sa véhémence.
« DEHORS ! » et elle le poussa sans ménagement sur le seuil et verrouilla aussitôt la porte derrière elle, laissant libre cours au flot de larmes qui la submergeait, l’entendant encore et encore dire : « Je n’ai jamais su t’oublier… Je n’ai jamais su t’oublier… » Et pour la première fois depuis la fin du procès, elle prit peur. Elle vérifia par la fenêtre qu’il était bien parti, prit ses clés de voiture et grimpa dans sa voiture...
Une fois rentrés chez Kono, Charlie remarqua :
« Tu as été bien silencieuse. »
Kono soupira :
« Toute cette histoire me touche beaucoup et... »
Il s’approcha d’elle et la serra contre lui, tout en caressant son joli visage :
« Je vois ça. »
Elle lui sourit tendrement.
« Je t’ai pas fait venir pour... »
« Kono » la coupa-t-il. « Si tu peux pas compter sur moi quand ça va pas, alors... »
Elle lui sourit :
« C’est pas que je veux pas t’en parler mais c’est compliqué et surtout je veux être sûre que ... »
Il fronça les sourcils : elle s’était refermée sur elle après les explications de Malia et visiblement, elle n’était pas prête à lui en dire plus. Il lui répondit en souriant :
« Fais comme tu le sens. Je veux juste que tu saches que tu peux compter sur moi. »
« Je sais, oui » murmura-t-elle en passant une main dans les cheveux de son compagnon avant d’approcher ses lèvres des siennes mais le cœur n’y était pas et Charlie la prit simplement par la main pour monter dans la chambre. Après une rapide douche, ils se retrouvèrent blottis l’un contre l’autre sur le lit, Kono, une jambe repliée au-dessus de celles de son partenaire qui lui caressait tendrement le dos et c’est perdus dans leurs pensées respectives qu’ils finirent par s’endormir...
Le soleil se levait à peine sur New York quand Tim s’extirpa du lit le plus silencieusement possible afin de ne pas réveiller sa femme mais alors qu’il était sur le point de quitter la chambre, elle lui dit :
« Même pas un bisou avant de t’en aller ? »
Il sourit et revint vers le lit, se pencha et l’embrassa tendrement.
« Je ne dois pas compter sur toi pour dîner ou… »
« Je te préviendrai si je rentre tôt. »
« J’espère que oui, tu me manques tellement ces derniers temps. »
« Je sais mais on s’est bien rattrapés hier soir, non ? »
« Pas suffisamment à mon goût » répondit-elle en grimaçant, ce qui le fit sourire. « On pourrait prendre le petit-déj ensemble avant que tu ne partes, qu’en dis-tu ? »
« Tu sais que je ne peux pas résister à tes pancakes. »
« Qu’à mes pancakes ? » demanda-t-elle coquine.
« Au sirop d’érable aussi » répondit-il, tout sourire.
« Eh bien, tu te contenteras d’un toast grillé et d'un peu de confiture ! » répliqua-t-elle, la mine faussement pincée avant qu’il ne la prenne dans ses bras pour l’embrasser dans le cou.
« Mmmm, tu sens bon… » et comme elle se tournait vers lui, il lui dit, soudain sérieux : « Je t’aime, Tamara. »
Ils s’embrassèrent avant qu’elle ne s’écarte de lui en le houspillant :
« Allez, si tu veux des pancakes… »
« Message reçu cinq sur cinq ! J’vais prendre une douche. »
Et elle le regarda sortir de la chambre, un pincement au cœur. Depuis qu’il avait accepté ce job à la cellule anti-terroriste de New York, il y avait des périodes où elle ne le voyait plus beaucoup comme en ce moment et c’est la peur au ventre qu’elle le voyait repartir…
Danny allait se mettre au lit quand il entendit tambouriner à sa porte et il n’y avait qu’une seule personne qu’il connaissait pour se montrer aussi impatiente.
« C’est bon, j’arrive ! » cria-t-il et sans surprise, il vit Steve débouler dans son salon.
« Je la comprends plus !!! »
« De qui tu parles ? » demanda Danny, surpris.
« De Catherine ! De qui veux-tu que je parle ? » Mais avant qu’il réponde, il enchaîna : « Tu connais la dernière ? » Et c’est en marchant de long en large qu’il lui raconta leur entrevue.
« Si je comprends bien, il est pas dit que le bébé ait un problème mais que pour en avoir le cœur net, il n’y a que cet examen… »
« Mais elle refuse de le faire ! »
« Tu sais si elle a commencé à voir un psy ? »
« J’en sais rien du tout ! »
« A mon avis, elle en a bien besoin ou alors, c’est dans les gènes des femmes de faire passer leur intérêt avant celui de leur enfant… » marmonna-t-il.
Ils se regardèrent et Steve se laissa tomber dans le divan en se prenant la tête entre les mains :
« Je sais plus où j’en suis… Je… »
Celui-ci s’assit à ses côtés en soupirant, le laissant parler :
« Quand elle m’a dit que je serais soulagé si elle venait à perdre le bébé, je… J’ai pas pu la contredire…. Je l’ai accusée de ne penser qu’à elle mais je vaux pas mieux… Dis-moi quel genre de père en est presque à souhaiter que… » et il leva des yeux humides vers son ami qui mit une main sur son épaule :
« Le genre de père qui devait se marier à une femme dont il est follement amoureux mais à laquelle il doit renoncer suite à une grossesse non désirée avec son ex… »
Ils se regardèrent sans dire un mot et après un petit moment, Danny lui demanda :
« Une bière ? »
Steve fit oui de la tête et son ami revint peu après avec deux bouteilles.
« Que vas-tu faire si elle refuse le test ? »
« Que veux-tu que je fasse ? Je peux pas l’obliger… »
« Et si ce bébé était vraiment… ? »
« Ce serait quand même mon fils ou ma fille… »
Danny sourit et devant le regard surpris de son ami, lui dit :
« Un papa n’aurait pas répondu autrement… »
Steve sourit lui aussi et but une nouvelle gorgée de bière…
13
Alors qu’elle était sur le point de démarrer, Kelly se ravisa et tenta de se raisonner : Andrew n’était pas Carter et elle, elle avait fait du chemin depuis cette nuit-là. Il était peut-être temps qu’elle se le prouve à elle-même aussi en cessant d’agir impulsivement. Elle regarda sa maison avec appréhension mais finit par sortir de la voiture. Elle rentra chez elle, verrouilla bien la porte mais ne put toutefois s’empêcher d’aller vérifier celle de derrière. Elle s’appuya contre le chambranle en fermant les yeux : la visite d’Andrew avait réveillé en elle de vieux démons, pas encore tout à fait enfouis et elle n’avait vraiment pas besoin de ça en ce moment. Si Steve avait été là, il l’aurait réconfortée, elle se serait sentie en sécurité dans ses bras mais c’était fini. Elle pouvait appeler Danny ou Laura mais elle devait se prendre en charge toute seule. Sa réaction était normale après tout, elle était encore sous le choc de cette surprise, de cette mauvaise surprise. Ca allait passer, demain, elle irait mieux. Elle essuya ses larmes, respira une bonne fois et se força à monter les quelques marches qui la séparaient de sa chambre mais la vue du lit lui donna la nausée et elle se réfugia en bas dans le fauteuil, alluma la télé et se recroquevilla sous un plaid et pleura. Elle passa la nuit sans arriver à trouver le sommeil, sursautant au moindre bruit…
Steve finit par rentrer chez lui : la maison était plongée dans le noir, Mary devait déjà dormir comme il ne voyait aucun rai de lumière sous la porte de sa chambre. Il se déshabilla, prit rapidement une douche mais il n’eut pas le cœur de se coucher dans son grand lit vide et il descendit s’installer dans le fauteuil où il resta encore de longues heures à veiller avant de sombrer dans un sommeil agité…
Le lendemain matin, Danny passa chez Steve et Mary lui apprit que son frère était parti nager. Il l’attendit sur la plage et l’apostropha dès qu’il sortit hors de l’eau.
« Ca fait des heures qu’on essaie de te joindre ! »
« Faux ! Y a même pas une heure que je suis parti » répliqua son ami en regardant l’heure sur son portable et les appels en absence :
« Laura m’a appelé ? »
« On a reçu les résultats de l’ADN… »
« Et ? »
« On peut ajouter viol sur sa carte de visite. Laura nous attend pour l’interroger. »
Ils arrivèrent au HPD où, effectivement, Laura les attendait déjà. Elle remarqua tout de suite les traits tirés de Steve mais ne fit pas de commentaires et entra directement dans le vif du sujet comme à son habitude :
« Je veux qu’il écope du maximum. »
« Avec deux meurtres dont un aggravé de viol, je vois pas comment il pourrait... » commenta Danny.
« Si on peut prouver que c’est un récidiviste, la peine sera bien plus lourde et il ne sera pas près d’être relâché dans la nature » le coupa Laura. « Allons-y ! »
Les deux hommes se regardèrent et la suivirent en silence jusqu’à la cellule de Svensson qu’ils trouvèrent en compagnie de son avocat qui proposa aussitôt :
« Mon client est prêt à plaider coupable en échange d’une réduction de peine. »
« Que proposez-vous ? » demanda Laura, impassible.
« Vingt ans au lieu de trente. »
« Trente ans pour deux meurtres ? Vous plaisantez ? »
« Vous savez aussi bien que moi qu’il a agi en état de légitime défense face à Victor Logan. Vous n’obtiendrez jamais une peine supérieure à trente ans ! »
« Je ne serais pas aussi catégorique à votre place. »
« C’est la première fois que mon client sera jugé pour meurtre... »
« Pour meurtre et violences sexuelles » le reprit Laura d’une voix que ne connaissaient que trop bien Steve et Danny.
« T’as vraiment pas de bol » dit alors ce dernier au détenu qui le regarda sous sourciller. Danny s’adressa alors à son avocat : « Vous l’avez pas mis au parfum ? »
Svensson jeta un œil à son avocat mais avant que celui-ci ne dise un mot, Danny ajouta :
« Eh bien, j’aimerais pas être à ta place, mon pote. Quand elle en aura terminé avec toi, t’auras plus aucune chance de revoir un jour la lumière en étant encore capable de t’en prendre à une femme. »
Ils virent une lueur d’inquiétude passer dans le regard du détenu qu’ils laissèrent avec son avocat.
Une fois hors du bâtiment, Danny demanda :
« Vous semblez certaine qu’il n’en est pas à son premier viol mais de là à le prouver... »
« Lieutenant Williams, relire mon CV ne pourra que vous faire du bien » répondit Laura en lui faisant un clin d’œil sous le regard moqueur de Steve. Une fois la procureur partie, Danny dit :
« Tu vas aller voir Catherine, je suppose ? »
« Ouais. »
« Essaie de pas t’énerver, ok ? »
Steve soupira et monta dans son pick-up. Danny le regarda, soulagé qu’il ne lui ait pas demandé ce qu’il comptait faire...
Après avoir revu Cory, Andrew était rentré à son hôtel, le Moana Surfrider. Il avait gagné le bar où il avait commandé un whisky qu’il avait avalé presque d’une traite avant d’en commander un deuxième. Il était là, remarquant à peine les regards appréciateurs de certaines femmes qui le dévisageaient ouvertement, à ne penser qu’à Cory. Quand il l’avait revue à la télévision lors du procès, elle était revenue le hanter. Il ne l’avait jamais oubliée mais sous la pression de ses parents, il avait refait sa vie : il s’était marié, avait deux enfants mais son mariage n’avait pas tenu plus de six ans. Il avait alors collectionné les aventures au plus grand désespoir de sa mère mais quand il avait appris la nouvelle identité de son ex-fiancée, rien ni personne n’aurait pu l’empêcher d’aller la retrouver, pas même le fait de la savoir maintenant en couple avec le Commandant de l’Unité Spéciale du Gouverneur. Il savait qu’il n’avait pas été à la hauteur quand elle avait eu le plus besoin de lui. Il ne l’avait pas prise au sérieux quand elle lui répétait qu’il reviendrait. A quoi s’attendait-il donc ? Pas qu’elle l’accueille à bras ouverts mais pas non plus à la réaction qu’elle avait eue. Il revit alors la peur sur son visage quand il avait voulu lui caresser la joue avant de partir et son cœur se serra. Il était venu pour avoir la discussion qu’ils n’avaient pas eue dix ans plus tôt et il comptait bien l’avoir mais il ne devait surtout pas la brusquer, elle était de toute évidence encore fragile. Il avala d’une traite le reste de son verre, se leva et gagna sa suite…
14
Steve entrait dans le couloir menant à la chambre de Catherine quand il croisa le Docteur Millard.
« Commandant McGarrett, je suis contente de vous voir et de pouvoir vous parler seule à seul. »
« Que se passe-t-il ? Il y a... » demanda aussitôt le seal.
« Allons parler là-bas » proposa la gynécologue en lui montrant la salle d’attente du service, déserte à cette heure et il la suivit, mal à l’aise.
« Les nausées ont bien répondu au traitement mis en place et elle a gardé son petit-déjeuner. Elle va pouvoir quitter l’hôpital aujourd’hui. »
« Ce sont de bonnes nouvelles alors » répondit Steve, soulagé.
« Oui. Par contre, sa tension est un peu trop élevée à mon goût et c’est un paramètre qui sera à surveiller. »
« C’est probablement à cause du test, elle ne veut pas le faire pour ne pas risquer de perdre le bébé et ça doit l’angoisser. »
« Elle refuse effectivement de faire ce test mais elle semble être en paix avec sa décision. A noter que les nausées constantes entraînent également un stress supplémentaire mais comme elle répond bien au traitement et si elle le suit bien à la lettre, ce sera vite un mauvais souvenir. »
« Je doute qu’elle prenne le moindre risque pour le bébé » déclara Steve.
« Elle doit absolument se détendre et rester au calme, c’est primordial pour la suite de sa grossesse. »
Steve hocha la tête tandis que le médecin poursuivait :
« J’aimerais la revoir dans deux jours pour faire à nouveau le point. D’ici là, prenez bien soin d’elle et veillez à ce qu’elle se repose beaucoup et n’en fasse pas encore de trop. »
Steve se mordit la lèvre inférieure.
« C’est que... » commença-t-il mal à l’aise.
« Oui ? »
« Nous ne vivons pas ensemble. »
Le médecin se souvint alors avoir été étonnée de le voir à l’échographie étant donné qu’on le présentait partout dans les médias comme le compagnon de la victime de ce procès.
« Je vois » répondit-elle simplement.
« C’est... C’est compliqué. »
« L’idéal serait évidemment qu’elle soit entourée et qu’elle puisse se reposer mais je comprends votre situation pour le moins délicate. »
Son bip retentit alors et en voyant le code affiché, elle le pria de l’excuser.
Kelly, qui avait fini par trouver le sommeil, sursauta. Désorientée, elle se demanda un bref instant où elle était et si on avait réellement sonné à la porte ou si elle avait rêvé. Elle se redressa et prit peur en voyant une silhouette extérieure regarder par la fenêtre. C’est alors qu’elle reconnut la voix de Danny qui l’appelait et en titubant légèrement, elle alla lui ouvrir.
« Tu dormais encore ? » demanda-t-il, le cœur serré en la voyant si pâle, les yeux cernés et toujours en peignoir. L’espace d’un instant, il crut voir Catherine.
« Ca va ? » demanda-t-il, inquiet, et Kelly lui répondit assez sèchement, ce qui ne lui ressemblait pas :
« Pourquoi ça n’irait pas ? » avant de s’excuser.
Il entra et elle referma la porte derrière lui non sans avoir jeté un œil inquiet dehors, ce qui ne lui échappa pas. Il la regarda aller éteindre la télévision, plier le plaid et tapoter nerveusement les coussins. Elle se tourna vers lui et lui demanda :
« Tu veux un café ? »
« C’est plutôt l’heure de l’apéro. T’aurais pas une bière ? »
« Non, désolée, j’ai pas pu encore aller faire les courses. De l’eau ? »
« Un café, ça ira. »
Et il la suivit dans la cuisine et la regarder verser, d’une main tremblante, de l’eau dans le percolateur. Quelques minutes après, elle ouvrit l’armoire pour prendre du sucre.
« Je prends le lait » dit-il en ouvrant le frigo qu’il trouva vide à l’exception d’une bouteille d’eau.
« Y en a pas, enfin pas dans le frigo mais il doit en rester dans... » dit Kelly qui ne put achever sa phrase : le chat de la voisine venait de sauter sur l’appui-de-fenêtre, la faisant sursauter et renverser du coup la tasse de café sur elle.
« Tu t’es brûlée ? » demanda aussitôt Danny en voulant regarder sa main mais Kelly recula instinctivement avant de se reprendre.
« C’est rien, c’est mon peignoir qui a tout pris. Je...Je vais me changer » et elle quitta précipitamment la pièce.
Danny essuya le plan de travail, les sourcils froncés. Même s’il se doutait qu’elle souffrait, il ne s’attendait pas à la voir aussi à cran, le regard fuyant. Il entendit l’eau couler à l’étage et il retourna l’attendre dans le living, franchement inquiet. Quand elle redescendit, elle lui adressa un timide sourire.
« Je suis désolée. Je... »
« Bah, ça arrive à tout le monde » puis en se frottant les mains : « Je meurs de faim. Une pizza, ça te tente ? »
« J’ai pas très faim, tu sais... »
« Ca te fera du bien de sortir un peu. »
« Danny, j’apprécie ce que tu fais, crois-moi mais... »
« En plus t’as rien au frigo, allez, juste une pizza et on rentre » insista-t-il. « A moins que tu voudrais autre chose ? Je suis ouvert à tout sauf aux crevettes ! » ajouta-t-il en lui faisant un clin d’œil.
« J’ai pas très faim »répéta-t-elle « Et il y a des restes au surgélateur. »
« Viens ! » ordonna-t-il en la prenant par la main. Elle soupira et devant son air de chien battu, le suivit mais au moment de franchir le seuil, elle s’écria :
« Attends » et elle se tourna pour regarder la pièce avant de verrouiller la porte...
Charlie proposa à Kono d’aller faire un tour en voilier mais ils n’en eurent pas l’occasion comme on le rappelait au labo. Il laissa sa compagne, un peu réticent à l’idée de la laisser seule alors qu’il sentait que quelque chose la préoccupait. Elle le rassura :
« Je vais en profiter pour aller voir comment va Catherine et je passerai ensuite voir Kelly. Tu me préviens quand t’as fini ? »
Elle le regarda partir, pas mécontente finalement de se retrouver seule, pour réfléchir à ce qu’elle avait appris la veille. Elle saisit son portable, cliqua sur l’icône du calendrier et compta quinze jours à partir du vingt janvier : c’est bien ce qu’elle pensait ! Evidemment, c’était pas précis mais au moins, le doute était maintenant permis. Elle se demanda si Catherine avait fait la même erreur qu’elle ou si au contraire… Elle décida de l’appeler en espérant qu’elle réponde étant donné la manière dont s’était terminée leur dernière entrevue mais celle-ci ne décrocha pas. Elle décida alors de se rendre chez elle…
15
Malia avait été rappelée, elle aussi et Chin en profita pour aller pêcher. Ca faisait déjà un bon moment qu’il ne trouvait plus le temps et ces moments de tranquillité lui manquaient. Il chargea la voiture avec tout son matériel et sur la route le menant à son petit coin préféré, il repensa à la réaction de Kono la veille et se demanda ce qu’elle pouvait bien cacher. Il s’installa au bord de l’eau et n’eut pas à attendre bien longtemps avant d’avoir sa première prise, bientôt suivie d’une autre et d’encore une autre… C’est fier d’avoir pêché autant de poissons qu’il reprit le chemin du retour en faisant toutefois un petit détour pour se rendre chez Kelly en se disant que peut-être ça lui ferait plaisir d’avoir du poisson frais pour manger. Il s’approchait alors de la maison quand il remarqua un homme qu’il ne connaissait pas regarder par la fenêtre à l’intérieur de la maison. Il se gara et s’approcha en demandant :
« Je peux vous aider ? »
L’homme se tourna, un peu mal à l’aise et dit :
« Je venais voir Mademoiselle Ma… Grainger mais elle ne semble pas être là. »
Chin vit que sa voiture était pourtant garée le long du trottoir d’en face. Il lui demanda :
« Vous êtes ? »
« Et vous ? » répliqua l’inconnu du tac au tac.
« Lieutenant Kelly du Five-O » répondit-il, regrettant de ne pas avoir pris sa plaque.
« Andrew Foster » répondit l’homme.
Chin fronça les sourcils, se souvenant avoir déjà entendu ce nom quelque part quand tout s’éclaira et il se dit que si Kelly ne répondait pas, c’est qu’elle ne le souhaitait peut-être pas.
« Elle ne doit pas être là » lui dit-il alors tandis qu’Andrew semblait sceptique mais répondait néanmoins :
« Si vous la voyez, dites-lui que je ne partirai pas sans avoir pu lui parler » et Chin le regarda s’en aller, traverser la rue pour monter dans une Ferrari. Il attendit qu’il ait démarré pour frapper mais personne ne vint ouvrir. Il composa son numéro de téléphone et fut soulagé de l’entendre lui dire qu’elle était avec Danny qui l’invita à se joindre à eux mais il déclina l’offre. Il monta dans sa voiture, soucieux. Il ne pouvait évidemment pas lui cacher cette visite mais quelle serait sa réaction en l’apprenant ? Et comment réagirait Steve ? Il démarra en soupirant…
Arrivés au restaurant, Danny choisit une table un peu à l’écart, sachant que Kelly n’était pas encore à l’aise en public. Il lui proposa un apéritif qu’elle refusa avant de changer d’avis. Kelly consulta la carte et le vit lever les yeux au ciel quand elle lui fit part de son choix :
« Quoi ? » demanda-t-elle, étonnée.
« Une pizza, c’est juste de la sauce tomate et de la mozarella, pas du crabe et certainement pas des ananas ! »
« Pas d’accord ! La sauce tomate et la mozarella, c’est juste la base. Après, on y met ce qu’on veut. »
« Mais c’est dénaturer la pizza ! A la rigueur, des pepperonis mais c’est tout ! »
« C’est dénaturer la pizza ? » dit-elle, alors amusée.
« Exactement ! Et je pensais que tu le savais comme t’es de Pittsburgh ! »
« Tu sais, j’aime beaucoup aussi celle au jambon, champignons… »
« Stop, n’en dis pas plus ! »
Elle se mit à rire et il sourit, heureux de la voir enfin un peu se détendre. Ils parlèrent alors de tout et de rien, en évitant soigneusement de mentionner Steve mais à la fin du repas, elle ne put s’empêcher de lui demander de ses nouvelles :
Il répondit en soupirant : « Pas bien. »
Elle baissa les yeux tandis qu’il ajoutait :
« Il t’aime, tu sais et il... »
« Je l’aime aussi, Danny, si tu savais à quel point ! »
Il hocha la tête tandis qu’elle ajoutait : « Si j’écoutais mon coeur, je courrais le retrouver, là, tout de suite mais... » Elle ne put continuer et son cœur se serra en la voyant au bord des larmes. Elle reprit d’une voix triste :
« Mais je peux pas lui faire ça… Je peux pas le priver de son enfant... »
« Il y a encore peu de temps, j’aurais été d’accord avec toi... »
« Tu... Tu penses que j’ai tort ? Que je fais fausse route, c’est ça ? » le coupa-t-elle, les yeux pleins d’espoir.
« En fait, je sais pas ou je sais plus ce qui serait le mieux. Même si c’est dur d’être seul, et j’en sais quelque chose aussi, je pense que rester auprès d’une personne qu’on n’aime plus, juste par devoir, doit être encore pire... »
Kelly soupira : « Oui mais quand le bébé sera là, ça changera peut-être beaucoup de choses. Sinon... »
« Sinon quoi ? » demanda-t-il. « Tu es prête à l’attendre ? C’est ça que tu veux dire ? »
« Tout ce que je sais, c’est que s’il a une chance d’être heureux en élevant son fils ou sa fille, il doit la saisir. »
« T’as pas répondu... »
« J’en sais rien, Danny » répondit-elle d’une voix lasse. « C’est vrai qu’une part en moi, une grosse part même, espère encore que ça n’arrivera pas… »
Il apprécia sa franchise tandis qu’elle poursuivait : « Mais si ça se devait se passer comme ça, au moins, ce serait pas ma faute, enfin pas directement. »
Danny soupira en se demandant s’il devait lui suggérer d’aller prendre l’avis d’un spécialiste de l’enfance ou s’il devait laisser Steve s’en charger mais en la voyant si triste, il se lança :
« Et que dirais-tu de prendre conseil auprès d’un spécialiste ? »
« Qu’est-ce que ça changerait ? » répondit-elle. « Il pourrait rien affirmer, juste se fier aux statistiques... »
C’est vrai qu’il avait pas pensé à ça...
Après avoir réfléchi à la conversation qu’il venait d’avoir avec le médecin, Steve entra dans la chambre de Catherine et quand elle tourna son visage vers lui, il vit qu’elle avait pleuré.
« Salut » dit-il.
« Salut » répondit-elle d’une voix enrouée.
Il soupira :
« Je viens de parler avec ton médecin… »
Elle le regarda…
« Elle m’a dit que t'allais bien mieux et que tu pourrais sortir aujourd’hui. »
« Oui. »
« C’est bien. »
Un blanc s’installa qu’il finit par rompre :
« Au sujet du test… »
« J’ai pas changé d’avis » répondit-elle en le défiant du regard.
« Je sais, elle me l’a dit » Il se gratta le front du pouce, cherchant visiblement ses mots : « Je suis conscient, crois-moi, de ce que représente cet enfant pour toi… J’admets que pour moi, c’est différent et je sais que quoi que je puisse dire, tu penseras que si tu venais à le perdre, je serais soulagé… »
Elle le regardait en se demandant où il voulait en venir…
« C’est vrai, je peux pas dire que ce bébé arrive au meilleur moment… »
Elle baissa la tête, au bord des larmes.
« Mais il est là et je l’assumerai. Tu sais que tu peux compter sur moi ! Ce sont pas des paroles en l’air » dit-il en la regardant dans les yeux.
« Il doit y avoir un « mais » quelque part » répondit-elle sur ses gardes.
16
« Je pense au bébé et je me demande quel genre de vie il aurait si jamais il… »
« Il y a des structures qui encadrent très bien ces enfants. »
« Je dis pas le contraire mais es-tu sûre qu’il ne souffrira pas, lui, en se voyant différent des autres ? »
« Il ne manquera pas d’amour… » répondit Cath d’une voix toutefois moins assurée.
« Bien sûr qu’il n’en manquera pas, ce sera notre enfant ! Mais est-ce que ce sera suffisant ? » » demanda-t-il d’une voix douce.
« S’il grandit dans un foyer heureux, entouré de ses parents, oui, ça suffira. »
Il soupira : « Est-ce qu’on pourrait arrêter de faire passer nos intérêts avant les siens ? »
Catherine le regarda, les yeux remplis de larmes :
« Je t’aime, Steve… J’ai jamais cessé de t’aimer… »
Il baissa la tête tandis qu’elle poursuivait :
« Tu t’es pas demandé pourquoi un bébé maintenant ? Alors qu’on est séparés ! Il y a forcément une raison s’il est là et j’en vois qu’une… »
Il leva les yeux vers elle, attendant la suite…
« Le destin ! …….. Steve, nous sommes faits l’un pour l’autre et ce bébé en est la preuve vivante ! Il est là pour nous remettre sur la bonne voie. »
Steve fit la moue. Elle poursuivit :
« Je sais que tu penses que je me sers de lui pour te récupérer mais je vois ça différemment. Je… Je me suis battue pour sauver notre couple, j’ai même risqué de tout perdre pour … » dit-elle en réprimant un sanglot. « Et j’avais fini par abandonner tout espoir. Je… J’avais plus la force de me battre seule contre toi, contre tous… Cette lutte m’épuisait mais là, cette grossesse change tout ! Je suis prête à faire tous les efforts nécessaires pour offrir un foyer heureux à notre enfant… »
Steve se leva et se posta devant la fenêtre, le regard dans le vide…
« Tout ce que je demande, c’est que tu m’accordes, que tu nous accordes une autre chance, une seule, pour voir… pour être sûrs de n’avoir aucun regret si… si ça fonctionnait pas. »
Il lui tournait toujours le dos. Elle le vit baisser la tête. Elle essuya les larmes qui coulaient maintenant sur ses joues avant de lui demander d’une petite voix :
« Est-ce que tu veux bien essayer ? Pour notre bébé ? »
« Cath… » finit-il par dire en se retournant.
« T’as demandé si on était capables de faire passer le bien de notre enfant avant le nôtre ? La réponse est oui. Oui, si tu acceptes d’essayer, je… j’accepte de faire le test. »
Il la regarda mais avant qu’il ne dise quoi que ce soit, elle ajouta d’une voix ferme :
« Quel que soit le résultat, cet enfant, je le garderai……. C’est juste que si tu veux plus de moi, si tu veux pas de nous, ne me demande pas de prendre le risque de le perdre lui aussi. Après toi, ce serait… Ce serait trop dur… » Et elle ne retint plus ses larmes…
A New York, c’est avec soulagement que Tim assista à l’arrestation du chef d’une cellule terroriste et de ses acolytes. Deux mois de dur labeur enfin récompensés. Il allait pouvoir retrouver une vie de famille normale avec des horaires plus réguliers, du moins un certain temps car ce n’était pas les groupuscules terroristes qui manquaient et c’était un combat de tous les instants mais il aimait ça... Il pensa alors à Ricky et chercha l’adresse d’Inès mais curieusement, elle n’apparaissait sur aucun fichier. Il se passa une main sous le menton tout en réfléchissant. Son permis de conduire ne lui apprit rien de plus. Peut-être une boîte restante ? Et après quelques minutes, il en trouva une à son nom ! Plutôt étonnant, se dit-il, mais concordant avec ce que lui avait raconté Tamara. Il soupira et se demanda tout haut :
« Qu’est-ce qui se passe, Inès ? »
C’est alors qu’il se souvint qu’elle était, à l’époque, bénévole dans une association qui venait en aide aux chiens errants mais il n’arrivait plus à mettre le nom dessus. Il appela sa femme et dix minutes plus tard, il entrait l’adresse qu’on lui avait renseignée sur son GPS.
Kelly avait voulu aborder la visite d’Andrew mais en voyant les efforts que faisaient Danny pour essayer de la détendre, elle avait finit par ne plus y penser, du moins sur le moment même. Sur le chemin du retour, elle lui proposa de prendre une tasse de café, ce qu’il accepta volontiers. Il aimait sa compagnie et avait passé un agréable moment avec elle en parlant notamment du New Jersey, ce qu’il faisait rarement avec Steve, Chin ou Kono, peut-être le fait qu’elle venait elle aussi d’une grande ville proche de là... Ils buvaient tranquillement leur tasse, en silence, quand elle lui fit part de la visite d’Andrew.
« Je m’attendais pas du tout à le voir et ça a remué plein de souvenirs. »
Sa main tremblait quand elle posa la tasse sur la table.
« Pourquoi tu m’as pas appelé ? T’es plus toute seule maintenant, je croyais que... » Il se passa nerveusement une main dans les cheveux tandis qu’elle répondait, surprise par le ton de sa voix.
« Ne sois pas fâché, s’il te plaît. Quand Andrew est parti, la première chose que j’ai faite, c’est prendre mes clés et monter dans ma voiture. Je... Je voulais... »
Elle se méprit sur ce qu’il pensait en le voyant écarquiller les yeux et s’écria, indignée :
« Non, j’allais pas me jeter du haut d’une falaise si c’est à ça que tu penses ! Je ferais jamais ça à Steve ! Je pensais ce que je lui ai dit sur le toit ! »
« Hey ! Calme-toi, je pensais pas à ça, d’accord ? »
Elle le regarda, toujours sceptique.
« C’est vrai que j’ai eu très peur l’autre soir quand je t’ai pas trouvée chez Steve, mais en allant trouver Laura, t’as prouvé que t’avais fait du chemin... »
Soulagée de voir qu’il la croyait, elle reprit son récit :
« Je voulais me rendre chez Steve, je... j’avais besoin de lui, je... je voulais qu’il me rassure mais je pouvais pas faire ça, je pouvais pas courir chez lui alors que... » Il vit des larmes perler à ses cils. « Je suis pas partie, je suis rentrée. J’ai fait du chemin comme tu dis mais j’avais besoin de me le prouver à moi aussi, tu comprends ? »
Il fit oui de la tête.
« Seulement, j’imaginais pas que sa visite provoquerait autant de dégâts. J’avais peur du moindre bruit, j’avais beau essayer de me raisonner mais... J’ai voulu t’appeler, tu sais... »
« T’aurais dû le faire ! »
« Oui, mais je vais pas vous appeler à la moindre contrariété quand même. »
« Kelly, tu viens de passer par de sales moments et ce qui se passe avec Steve n’arrange rien... Tu sais que tu peux compter sur nous, sur nous tous, non ? »
« Je sais mais je me disais que ma réaction était normale après tout, que c’était le contrecoup et je me dis que finalement, c’est pas plus mal qu’il soit venu. »
« Comment ça ? » demanda-t-il.
Elle soupira : « J’ai fui sans le prévenir, personne d’ailleurs. J’étais sûre que c’était mieux ainsi mais je me rends compte que j’ai fait beaucoup de mal autour de moi et... »
« Tu souffrais. »
« Oui mais lui aussi et je le voyais pas ça. J’ai pensé qu’à moi... »
« Je te trouve dure avec toi-même. Attention, j’ai pas dit qu’il souffrait pas mais comparé à ce que toi, tu endurais... »
Elle baissa la tête :
« Le pire, c’est qu’au final, ça n’a quand même pas empêché ce malade de me retrouver. »
« Justement ! Et si lui, il t’a retrouvée, pourquoi pas Andrew ? C’est un peu facile de ne se manifester que maintenant, non ? » ne put s’empêcher de dire Danny qui devait s’avouer que voir revenir cet Andrew dans la vie de Kelly au moment où elle était le plus vulnérable ne l’enchantait guère...
17
Steve, touché par le chagrin de Catherine, l’avait finalement prise dans ses bras et tout en la serrant contre lui, se dit que Kelly avait dit à peu près la même chose : essayer pour ne pas risquer de le regretter par après. Mais comment renoncer à la femme qu’on aime et reconstruire quelque chose de suffisamment solide pour le bien de son enfant avec une femme qu’on n’aime plus ou en tout cas plus comme avant. En était-il capable ? Il soupira en se disant que de toute façon, il n’y avait qu’un moyen de le savoir ! Et au moins comme ça, ni Kelly ni Catherine ne pourraient lui reprocher de ne pas avoir essayé. Il prit alors sa décision.
« OK » dit-il en se grattant le front du pouce. « Je veux bien essayer…pour le bébé. »
Catherine s’écarta de lui et le regarda, surprise : « Tu... Tu veux bien ? » demanda-t-elle, des larmes plein les yeux.
« Oui » dit-il d’une voix triste qui n’échappa pas à la jeune femme qui ferma un bref instant les yeux avant de sourire :
« Tu viens de faire le plus beau cadeau à notre fils ou notre fille » lui dit-elle, émue.
Le médecin entra alors dans la chambre. Elle reprit sa tension qui était encore un peu élevée et lui remit une ordonnance pour le traitement à prendre.
« Vous pouvez rentrer chez vous » dit-elle en lui souriant. « Mais on se revoit dans deux jours. »
Après son départ, Catherine déclara :
« Je suis pas mécontente de quitter cette chambre ! »
Il se racla la gorge avant de déclarer : « Le médecin m’a dit que ce serait préférable que tu restes pas seule. Tu... Tu pourrais venir à la maison si... tu veux ? »
Elle le regarda, à nouveau surprise, n’en espérant pas autant en si peu de temps. Elle demanda toutefois d’une voix hésitante :
« Mais... Kelly ? »
Il avoua du bout des lèvres en faisant la moue : « On s’est séparés. »
Catherine s’abstint de tout commentaire à ce sujet et répondit simplement :
« Je pense que c’est mieux pour essayer de... de reconstruire quelque chose. » Son cœur se serra toutefois en ne le voyant pas plus emballé que ça et elle ne put s’empêcher de lui dire, blessée :
« Ecoute, si tu fais ça par obligation et non par envie, ça marchera pas. »
« Tu peux pas me demander d’oublier Kelly aussi vite » rétorqua-t-il d’une voix amère.
« Je sais que ça va prendre du temps mais ce que je veux savoir maintenant, c’est si tu es prêt à faire tout ce qu’il faut pour que ça marche parce que...»
« Je t’ai dit que j’allais essayer » et avant qu’elle ne réplique, lui dit : « On se retrouve plus tard à la maison » et il sortit de la chambre, regrettant déjà sa décision mais avait-il le choix ? Il décida de passer chez Kelly pour la mettre au moins au courant...
Laura consultait ses mails et son attention fut attirée par celui de Catherine avec pour objet « injonction ». Elle cliqua dessus et lut le message : « Rendez-vous pris à la consultation du Docteur Lawson à Fort Shafter. » Elle passait au mail suivant quand elle reçut un appel téléphonique : c’était l’avocat de Svensson qui l’informait que son client détenait une information capitale qu’il ne dévoilerait qu’en échange d’une réduction de peine.
« Votre client n’est pas en position de marchander » répondit-elle fermement mais elle finit malgré tout par capituler devant l’insistance de son confrère. C’est en marmonnant un « Il a intérêt à ce que je ne me déplace pas pour rien » qu’elle prit la direction d’Halawa alors qu’elle avait l’intention de passer chez Kelly...
C’est vrai qu’elle ne s’était jamais posée la question, se dit alors Kelly qui répondit à Danny :
« J’étais persuadée que mon départ le soulageait en fait et j’ai jamais pensé qu’il voudrait me revoir et c’est sans doute ce qui s’est passé puisque si ce malade a su me retrouver, sa famille était assez puissante que pour y arriver aussi... » dit-elle en haussant les épaules.
Et en voyant Danny froncer les sourcils, elle s’expliqua : « Foster, ça te dit quelque chose ? »
« Attends, Foster comme... Foster et Thillman ? » demanda-t-il, stupéfait.
Elle fit oui de la tête.
« Je suppose qu’après t’avoir licenciée, ils allaient pas... »
« Non, non, je travaillais pas pour eux. Foster et Thillman sont spécialisés dans le droit des affaires ; moi, c’était le droit criminel qui m’intéressait. »
« Alors comme ça, t’étais de l’autre côté ? Celui des méchants. J’aurais jamais cru que... »
« J’étais curieuse de savoir comment on pouvait défendre des criminels, se décarcasser pour prouver leur innocence tout en les sachant coupables et vivre ensuite avec la conscience tranquille. »
« C’est simple, faut pas avoir de conscience ! »
Elle sourit avant de poursuivre : « J’étais fascinée par le célèbre Norman Trudy. C’était un modèle pour moi, l’avocat par excellence. J’ai d’ailleurs assisté à plusieurs de ses procès. Alors, quand j’ai reçu une convocation d’un cabinet privé renommé pour effectuer mes stages après avoir décroché mon diplôme, j’ai pas pu refuser. La méthode d’approche est différente de celle de l’accusation qui se repose, elle, essentiellement sur les preuves et je trouvais que cette expérience serait un atout non négligeable une fois que je me tournerais vers le ministère public. »
« Ah, tu me rassures » dit-il en souriant.
Elle sourit à son tour avant de retrouver un visage grave.
« Tout ça est tombé à l’eau et… tu connais la suite... »
Un silence s’installa avant que Danny ne le brise :
« T’as déjà repensé à la proposition de Laura ? »
La jeune femme soupira :
« Je dois dire que pour l’instant, je préfère rester éloignée de toute salle de tribunal et puis, côtoyer Steve ne m’aiderait pas à… l’oublier » répondit-elle tristement. « A ce propos, je sais pas si venir à l’anniversaire de Grace est une bonne idée… »
« Grace compte sur toi ! »
« Je sais mais… »
Et elle ne put continuer en entendant le téléphone de Danny sonner.
« Oui ?........ OK, je me mets en route.... Euh... Non, je suis pas chez moi.... On se retrouve devant le QG. »
Il raccrocha : « Je dois y aller mais on en reparlera ! »
Elle fit oui de la tête et le regarda partir…
18
Mary, qui tenait à soutenir son frère, épluchait les offres d’emploi quand on frappa à la porte et quelle ne fut pas sa surprise en voyant Catherine.
« Si tu cherches mon frère... » commença-t-elle d’une voix à peine aimable.
« Je viens de le quitter » répondit celle-ci sur le même ton.
« C’est quoi ça ? » demanda alors Mary en la voyant avec un sac de la Navy.
« Steve m’a demandé de venir vivre avec lui. »
Mary en resta bouchée bée.
« T’as qu’à l’appeler si tu me crois pas. »
Mary prit effectivement son téléphone et Catherine leva les yeux au ciel avant de se diriger vers la chambre de Steve sous le regard peu amène de Mary. Mais quand elle entendit celle-ci lui demander ce qu’il lui avait pris et comment il pouvait faire ça à Kelly, son cœur se serra et elle maudit sa rivale… Mary, alors furieuse contre son frère, décida d’aller se calmer sur sa planche de surf…
Kelly avait vu le visage de Steve s’afficher sur l’écran du portable et après le départ de Danny, se dit que c’était peut-être le bon moment pour aller récupérer ses affaires chez lui. Elle soupira tristement, hésita encore un peu mais finit par sortir en se disant qu’elle devrait de toute façon le faire et au moins, là, elle savait qu’elle ne tomberait pas sur lui…
Ils roulaient pour Halawa quand Mary appela. Danny, en l’écoutant, se tourna aussitôt vers son ami, bouche ouverte et dès qu’il raccrocha, s’écria, indigné :
« T’as fait QUOI ? Non mais dis-moi que je rêve ! »
Steve lui jeta un œil ennuyé mais garda le silence.
« MAIS QU'EST-CE QUI T'A PRIS, BON SANG ? COMMENT T'AS PU FAIRE CA A KELLY ? Elle vient à peine de te quitter et toi, tu demandes déjà à Catherine d’emménager chez toi ? Non, mais qu’est-ce qui va pas chez toi ? Elle t’a drogué ? Elle t’a…hypnotisé ? »
« Parce que j’avais le choix à ton avis ? » rétorqua alors le seal.
« Bien sûr que t’avais le choix ! » rétorqua Danny, furieux.
« Ah oui, tu crois vraiment ? » demanda Steve en lui jetant un regard noir.
« Oui, tu pouvais aller prendre l’avis d’un psy avant et je croyais que c’était ce que t’allais faire d’ailleurs ! Mais non, toi, tu fonces tête baissée comme d’habitude !» s’exclama Danny en faisant de grands gestes. « T’évolueras jamais ! »
Steve fit la moue et lui raconta alors la conversation qu’il avait eue avec Cath.
« Ca s’appelle du chantage. Tu le sais, ça ? » dit alors Danny en plissant les yeux.
« J’suis pas idiot quand même ! » s’offusqua Steve.
« Permets-moi d’en douter ! »
« Le médecin jugeait préférable qu’elle ne reste pas seule. »
« Tu comptes aussi engager une baby-sitter ? » ironisa Danny tandis que son ami le foudroyait du regard.
« Si je fais ça, c’est pas pour Catherine ! »
« Ben voyons… »
Steve s’énerva à son tour :
« Faudrait savoir ! T’es le premier à dire qu’un enfant doit être notre priorité et quand j’agis au mieux pour le mien, tu trouves encore à redire ! Et puis je te rappelle que c’est ce que Kelly voulait, elle aussi ! Que j’essaie ! Et c’est ce que je fais ! »
« Tu lui en veux encore, c’est ça ? » demanda Danny en se tournant à nouveau vers Steve.
Celui-ci soupira :
« Je t’ai dit pourquoi je l’ai fait… »
« Tu pouvais quand même attendre un peu avant de demander à Cath de revenir vivre avec toi… »
« Si ça marche pas, autant qu’on s’en rende compte rapidement... »
Danny haussa les sourcils en hochant la tête avant de lâcher :
« Ouais, rapidement est le mot parce que l’ex de Kelly est revenu la voir. »
« Quoi ? Quand ? » demanda-t-il, ne s’attendant pas du tout à cette nouvelle.
« Hier soir. »
« Comment tu sais ça ? »
« Parce qu’elle me l’a dit. »
« Elle t’a parlé de lui ? Elle t’a dit quoi ? » demanda-t-il, une pointe de jalousie dans la voix, ce qui fit sourire Danny qui répondit seulement pour le titiller :
« Ca lui a rappelé certains souvenirs. »
Steve tiqua mais ne dit rien et son ami ajouta :
« Et détail qui peut avoir son importance, il est libre, lui… »
Le seal lui jeta un regard anxieux avant de lui demander :
« A quoi tu joues, là ? Tu sais très bien que…»
« Je joue pas...... Je sais à quel point t’aimes Kelly… J’ai juste pas envie que tu la perdes, c'est tout… » Et il se tourna vers la fenêtre, déçu et triste...
Mary sauta sur sa planche et brassa énergiquement l’eau pour s’éloigner rapidement du rivage avant de se laisser bercer par les vagues. Elle pensa à la décision qu’avait prise son frère : si elle savait qu’il ne rejetterait pas Catherine et le bébé, elle ne s’attendait tout de même pas à ce qu’il lui demande d’emménager avec lui aussi vite ! Elle aurait plutôt pensé qu’ils se donneraient du temps, évidemment pas des mois, mais passeraient petit à petit plus de temps ensemble pour laisser renaître, peut-être, leurs sentiments mais certainement pas qu’ils vivraient sous le même toit le lendemain de sa rupture ! D’ailleurs, comment pouvait-il même envisager de reconstruire quelque chose de suffisamment stable alors qu’il était toujours amoureux de Kelly ? Et comment Catherine pouvait-elle accepter ça ? Il y avait le bébé mais quand même, vivre auprès d’un homme alors qu’on sait qu’il aime une autre femme... C’était à se demander ce qu’on leur enseignait à la Navy ! Et Kelly dans tout ça ? Elle l’avait appelée la veille au soir mais elle n’avait pas répondu. Elle lui avait laissé un message comme de quoi elle passerait plus tard dans la journée et elle se demandait maintenant comment elle prendrait le fait de se voir aussi vite remplacée et si son frère l’avait prévenue au moins ? Elle se laissa encore bercer, n’ayant aucune envie de rentrer et de tenir compagnie à Catherine à qui elle en voulait pour tout ce bazar, même si elle devait reconnaître qu’elle n’était pas la seule à blâmer pour cette grossesse... La cohabitation n’allait pas être des plus faciles et elle se dit que rester à Oahu n’était peut-être pas une bonne idée...
Kono, quant à elle, arriva chez Catherine mais, soit elle n’était pas chez elle, soit elle ne voulait pas la voir... Elle l’appela sur son portable et fut soulagée de l’entendre lui répondre. Au son de sa voix, elle semblait aller bien et elle en comprit la raison quand elle apprit où elle était. Elle raccrocha en la prévenant qu’elle allait passer et s’appuya sur le capot de sa voiture : ça, pour une surprise, c’en était une et de taille !
19
Malia rentra assez tôt de l’hôpital cette fois et en voyant son mari vider les poissons, lui dit en venant se coller à son dos :
« La pêche a été bonne, on dirait. »
« Excellente même ! »
« Plus besoin de se creuser la tête pour savoir ce qu’on va manger ce soir » dit-elle en souriant. « Je vais vite me doucher et je viens t’aider. »
Elle redescendit un quart d’heure plus tard et vit que Chin avait terminé.
« Tu les mets sous vide ? »
« Juste ceux-là » et il expliqua qu’il était passé chez Kelly pour lui en donner quelques-uns mais qu’elle n’était pas là.
« Très bonne idée. »
Il la mit aussi au courant de sa rencontre avec son ex.
« Elle n’en a jamais parlé » dit Malia. « En tout cas, pas avec moi. »
« Je me demande si elle sait qu’il est là. »
« Sa venue ne pouvait pas tomber à un plus mauvais moment. Ca va réveiller en elle des souvenirs déplaisants et… »
« C’est vrai qu’elle a pas de besoin de ça en plus » reconnut Chin. « Mais peut-être que ça lui fera du bien après tout. »
Malia le regarda, étonnée :
« Tu crois qu’elle pourrait à nouveau éprouver des sentiments pour lui ? »
« J’en sais rien. Je dis simplement que c’est possible, oui. »
« Vous êtes pas croyables, vous, les hommes ! Vous croyez qu’il suffit qu’un ex revienne dans nos vies pour qu’on soit à nouveau amoureuses ? Tu crois que c’est aussi simple que ça ? »
« C’est bien ce qui s’est passé pour nous, non ? »
« Oui mais nous, c’était différent ! »
« Ils allaient quand même se marier et si Kelly est partie, c’est uniquement à cause de Carter. »
« C'est vrai que s’il est revenu, c’est qu’il doit encore éprouver quelque chose pour elle malgré tout. »
« En tout cas, il vaut mieux l’avertir, on ne sait jamais. On passera tout à l’heure lui apporter les poissons. »
« Le bébé et maintenant lui, on dirait que tout se ligue contre eux deux… » soupira tristement Malia.
A Halawa, Steve et Danny retrouvèrent Laura qui les attendait et elle avait sa tête des mauvais jours.
« C’était quoi son info capitale ? » demanda alors Danny.
« Il aurait surpris un homme de l’équipage du bateau où il est employé fournir une mallette à un homme. »
« Une arme ? » demanda Steve.
« Equipée d’un silencieux, lunette et bipied selon ses dires... »
« Si ça, ça ressemble pas au matériel d’un tueur à gages... » siffla Danny en se tournant vers Steve.
« Et c’est tout ce qu’il a dit ? » demanda celui-ci.
« Il refuse de dire quoi que ce soit d’autres sans certitude de bénéficier d’une réduction de peine. »
« Vous lui avez pas dit que c’est pas comme ça que ça marche » demanda Danny qui se fit aussitôt fusiller du regard par la procureur. « Il est peut-être dur d’oreille ? » mais devant le nouveau regard noir de Laura, il préféra s’abstenir, cette fois, de tout commentaire.
C’est à ce moment que l’avocat du détenu sortit de la cellule où se trouvait son client.
« Quelle est votre décision, Madame ? » demanda-t-il à Laura.
« Si vous croyez que je vais me contenter de ça, vous me connaissez très mal, maître » répondit-elle.
« Il refuse d’en dire plus sans… »
« Certitude de bénéficier… Ca va, on connaît la musique » répondit Danny.
Steve entra alors dans la cellule :
« Alors tu crois vraiment que t’es en position de négocier ? »
Svensson le toisa tandis que le seal poursuivait :
« Qui nous dit que cet homme qui a fourni la mallette, c’est pas toi ? »
« C’est pas moi » répondit tranquillement le Suédois sans ciller.
« Et pourquoi on devrait te croire sur parole ? » riposta Danny qui avait suivi. « Si ce que tu as dit est exact, la liste des charges contre toi ne va faire que s’allonger... »
Svensson regarda son avocat qui dit :
« Mon client est prêt à plaider coupable pour homicide involontaire et homicide en état de légitime défense en échange d’autres informations. »
« Pas question ! » rétorqua aussitôt Laura.
« C’est à prendre ou à laisser… » dit alors le détenu.
« Eh bien, on laisse… » répondit Danny. « Mais merci pour l’info. »
« Qu’on va faire circuler dans le milieu en mentionnant évidemment qu’elle vient de toi... » répliqua Steve qui s’apprêtait à sortir de la cellule à la suite de Laura et de son ami.
Svensson s’exclama :
« Si je vous dis ce que je sais, qu’aurais-je en échange ? »
« La satisfaction personnelle d’avoir agi comme il fallait au moins une fois dans ta vie » répliqua le lieutenant déjà hors de la cellule.
« Attendez ! Et si je plaide coupable pour le meurtre de la femme ? »
Les deux policiers regardèrent Laura qui se retourna :
« Je pourrais accepter la thèse de la légitime défense pour Victor Logan. »
Svensson consulta du regard son avocat qui déclara :
« Ce qui équivaudrait à une réduction de peine pouvant aller jusqu’à dix ans... »
« Evidemment, il va de soi que la réduction à laquelle je consentirai sera fonction de l’importance de vos révélations » tempéra toutefois Laura.
« Acceptez » dit alors son avocat.
Catherine entra dans la chambre de Steve et son cœur se serra en voyant le lit, théâtre, il n’y avait pas encore si longtemps, de leurs retrouvailles passionnées. Elle sourit à ces souvenirs avant de laisser sa rancœur reprendre le dessus. Elle déposa son sac et furieuse, retira les draps de lit qui sentaient encore le parfum de sa rivale. Elle en eut des hauts le cœur mais elle se força à se calmer en respirant lentement : Kelly et lui avaient rompu. Il n’avait pas été très loquace à ce sujet, il n’avait même rien dit de plus mais ça n’avait pas d’importance. Elle le connaissait suffisamment que pour savoir que quand il avait pris une décision, il s’y tenait. C’est alors qu’elle remarqua un cadre dans lequel trônaient plusieurs photos de lui et Kelly, tout sourire : main dans la main, Kelly posant sa tête sur son épaule, une avec Joe et Laura, une avec Grace, une autre photo de groupe, notamment avec des gens qu’elles ne connaissaient pas. Son cœur se serra en le voyant si heureux et en regardant Kelly, elle se demanda à nouveau ce qu’elle avait qu’elle n’avait pas, elle. Elle décrocha le cadre et voulut le ranger dans le tiroir de la commode mais quand elle ouvrit celui-ci, elle vit une petite boîte. Intriguée, elle l’ouvrit et reconnut non seulement la bague que portait Kelly sur les photos mais également la perle que Steve lui avait déjà montrée. Elle connaissait son histoire et la valeur qu’elle avait à ses yeux… Comment avait-il pu lui faire ça ? Comment avait-il pu donner cette perle à cette…cette… et de rage, elle referma le tiroir et jeta le cadre dans la poubelle, le verre se brisant sous la violence du geste. Elle ouvrit alors l’armoire qui contenait toujours les vêtements de Kelly. Elle reconnut la robe et toujours sous l’emprise de la colère, elle prit un sac et y fourra pêle-mêle toutes ses affaires. Les nausées reprirent vigueur et elle se força à nouveau à respirer calmement. Elle s’assit sur le lit et repensa à la bague. Elle ouvrit à nouveau le tiroir et resta un moment à contempler l’écrin. Elle allait le refermer mais l’envie de la porter, juste pour voir quel effet ça faisait, fut la plus forte. Elle la passa à son doigt et la contemplait quand elle entendit quelqu’un monter les escaliers…
20
Pensant qu’il s’agissait de Mary, quelle ne fut pas sa surprise de voir... Kelly qui fut tout aussi surprise qu’elle.
« Que faites-vous ici ? » demanda celle-ci sous le choc.
« Steve vous a rien dit ?....... Apparemment non... » répondit Cath, un léger sourire aux lèvres.
Kelly remarqua le sac et la brune, suivant son regard, poursuivit :
« Il m'a demandé de revenir vivre avec lui. » Elle se tut un bref instant, savourant l’effet de ces mots sur sa rivale avant d’ajouter : « Vous tombez à pic, j’avais besoin de place dans l’armoire et je me suis permise de rassembler vos affaires dans ce sac. C’est ce que vous êtes venue rechercher, non ? »
Kelly vit en effet un deuxième sac et constata que ses vêtements y avaient été fourrés les uns sur les autres.
« Vous pouvez vérifier si vous voulez... »
« Pourquoi, vous avez peur que je revienne ? Rassurez-vous, je suis pas du genre à courir après un homme, j’ai bien plus de fierté que ça, moi... » répondit Kelly, l’effet de surprise passé. Elle vit la brune grimacer sous l’affront et satisfaite de l’effet de sa réplique, entra dans la chambre où elle saisit le sac pour se diriger vers la salle de bain comme elle ne doutait pas un instant que Catherine avait vidé l’armoire de toutes ses affaires. Ce faisant, son regard se posa sur la poubelle; elle s’arrêta un bref instant en se demandant, le cœur serré, si c’était Steve qui l’avait jeté. Elle se reprit, sentant le regard de l’autre dans son dos et entra, la tête haute, dans la salle de bain, prit sa brosse à cheveux, sa brosse à dents, son peignoir et sa nuisette qu’elle fourra dans le sac. Avant de sortir, elle se regarda dans le miroir avant de fermer les yeux un bref instant : la dernière chose qu’elle voulait, c’était de donner satisfaction à cette femme ! C’est en ayant retrouvé, du moins en apparence, le contrôle d’elle-même qu’elle ressortit en évitant toutefois de regarder Catherine qui l’observait. Arrivée à sa hauteur, elle vit celle-ci poser une main sur son ventre et c’est alors qu’elle remarqua la bague qu’elle portait au doigt, sa bague. Cette fois, elle accusa le coup, refoulant tant bien que mal les larmes qui menaçaient de s’échapper mais quand elle vit le sourire satisfait de Catherine, elle se reprit et s’exclama, d’une voix ironique :
« Voilà à quoi vous en êtes réduite… » et avant que Catherine ne puisse répondre, elle ajouta, écœurée : « Vous êtes pathétique ! »
La réaction de celle-ci ne se fit pas attendre et elle gifla Kelly qui se tint la joue tandis que Catherine sifflait :
« Comment osez-vous ? »
« Regardez-vous, je suis sûre que vous comprendrez ! Quoique j’en suis pas aussi sûre que ça après tout… » persiffla Kelly et elle tourna les talons mais Catherine l’attrapa par le bras :
« Tout ça est de votre faute ! »
« Lâchez-moi ! » s’exclama Kelly en la fusillant du regard mais Catherine n’en tint pas compte :
« J’ignore ce que vous faites aux hommes mais il est évident que vous leur tournez la tête et après, vous venez jouer à la pauvre victime qui ne mérite pas ce qui lui arrive ! »
« C’est pas moi qui m’accroche à un homme qui veut plus de moi ! »
« Oh non, vous, vous les attirez seulement ! Mais vous vous êtes brûlée avec Carter… »
« Vous savez rien de moi ! » la coupa Kelly d’une voix qu’elle s’efforçait de maîtriser.
« Tout ce que je sais, c’est que ça en aurait détruit plus d’une mais pas vous ! Oh non, pas vous ! Après tout ce qu’il vous a… »
« Ca suffit ! Je ne vous … » s’emporta Kelly qui essaya de se dégager de l’emprise de Catherine mais celle-ci lui fit alors une clé de bras et Kelly, coincée, grimaça de douleur. Elle se força à respirer calmement tandis que Catherine poursuivait :
« Vous êtes moins fière d’un coup » avant de la relâcher. Elle la regarda se redresser en se tenant le bras mais quand elle vit ses yeux humides, ne put s’empêcher de dire :
« Oh, regardez qui voilà ! Cory… Je me demande ce que penserait votre psy si elle vous voyait en ce moment, je suis sûre qu’elle reverrait son verdict… » Kelly la regarda en se demandant ce qu’elle entendait par là tandis que Catherine ajoutait : « C’est dommage que Steve et Laura ne soient pas là, eux aussi, ils verraient que j’avais raison... »
« Vous êtes malade » dit alors Kelly, déroutée par les propos de Catherine.
« Oh non, pas moi. D’ailleurs, si j’étais vous, je reverrais ma psy… »
« Vous me semblez en avoir bien plus besoin que moi » riposta Kelly.
« Une fois que vous serez sortie de notre vie, ça ira beaucoup mieux. Par contre, vous, vous feriez bien de vous faire soigner... Enfin, si je dis ça, c’est avant tout pour vous... »
« C’est trop aimable de vous préoccuper de moi » répondit ironiquement Kelly. « Mais si j’étais à votre place, je me préoccuperais d’abord de mon couple. Vous savez ce qu’on dit : un bébé peut aussi bien rapprocher que séparer et vu l’état de votre relation, il ne faudrait pas grand-chose pour... quoique vous semblez vous satisfaire des restes... »
« C’est vous qui me l’avez volé, espèce de sale garce ! » cria alors Catherine, furibonde. « Aucune femme avec un passé comme le vôtre ne voudrait plus jamais se laisser toucher par un homme de sa vie... »
« Qui vous donne le... » la coupa Kelly, les yeux flamboyant de colère.
« ...Mais pas vous ! Pas vous ! Je parierais même que Carter ne mentait pas quand il disait que vous en redemandiez. »
Cette fois, c’est Kelly qui leva la main pour la gifler. Catherine bloqua son geste mais avant qu’elle ne puisse la neutraliser à nouveau, Kelly la repoussa alors violemment avant de descendre précipitamment les marches d’escaliers et de sortir. Elle ne vit pas Catherine perdre l’équilibre et tomber à la renverse, se cognant la tête contre l’arête d’un petit meuble.
Mary venait de sortir de l’eau et se dirigeait vers la maison quand elle entendit Catherine crier. Elle se hâta d’entrer et vit alors Kelly sortir de la maison. Elle appela Catherine tout en montant les escaliers et vit la jeune femme étendue à terre, apparemment inconsciente :
« Catherine ! Catherine ! » l’appela-t-elle commençant à paniquer en ne la voyant pas réagir. En prenant sa tête entre les mains, elle sentit alors un liquide chaud et poisseux sur ses doigts. Elle alla aussitôt chercher son téléphone et appela les secours...