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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 07.04.2015 à 11h34
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Steve et Kelly nageaient en plein bonheur mais voilà que l’annonce de la grossesse de Catherine et de la future paternité de Steve remettait tout en question... (J'écris seule) » mesange
Cette fanfic compte déjà 48 paragraphes
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Inès gagna sa chambre, soulagée en lisant la réponse de Tim mais eut du mal à trouver le sommeil, tournant sans cesse dans son lit. Elle avait tout de même fini par s'endormir aux petites heures mais s’éveilla d’un coup avec la sensation d’étouffer. Les yeux alors grands ouverts, elle vit avec horreur un homme penché sur elle, maintenant fermement sur sa bouche un linge humide. Elle essaya de se débattre, en vain, et perdit bien vite connaissance. Et quand elle revint enfin à elle, elle constata avec effroi qu’elle n’était plus dans son lit mais attachée à une chaise. Prise de panique, elle tira sur ses liens pour essayer de se libérer mais sans succès. C’est alors qu’elle entendit un ricanement derrière elle :
« Comme ça, vous comptiez partir ? »
Inès essaya de tourner la tête mais l’homme restait hors de sa vue.
« .... Rassurez-vous, si vous êtes coopérative, vous serez à temps pour votre vol... »
C’est alors qu’elle reconnut la voix de l’homme : « Vous ? Mais... qu’est-ce que vous voulez ? » lui demanda-t-elle d’une voix tremblant de peur.
« Vous n’en avez aucune idée ? »
« N... Non. Je... je vous ai tout dit... »
« Vous n’avez pas dû être très convaincante alors... »
« Qui êtes-vous ? »
« Un ami de Ricky... »
« Vous mentez ! »
« Non. D’ailleurs, c’est moi qu’il est venu voir quand il allait mal... »
« Alors, vous en savez plus à son sujet que moi ! Je vous l’ai dit, je ne l’ai plus revu depuis notre séparation. »
« Jamais eu de contact depuis ? »
« NON ! »
« J’ai du mal à vous croire... »
« Pourquoi je vous mentirais ? Ca changerait quoi ? Il est mort ! »
« Oui, il est mort et vous savez qui l’a tué. »
« Et alors ? »
« Daniel Williams est un vieux pote à moi aussi mais il m’a trahi et tué Ricky. Il doit payer et il va payer... »
« Qu’est-ce que j’ai à voir dans tout ça ? »
« A vous de me le dire. »
« Je comprends rien à tout ça !
« Vraiment ? »
« Qu’est-ce que vous attendez de moi, bordel ? »
« Ricky était sur une affaire de la plus haute importance et tout porte à croire qu’il nous a trahis. Je veux juste m’assurer que ce n’est pas le cas...»
« Co...Comment ? Qu’est-ce que vous allez me faire ? » demanda-t-elle, effrayée.
Peterson fit un signe de tête à son acolyte qui s’approcha alors d’Inès, une seringue à la main.
« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle d’une voix blanche avant de grimacer de douleur quand l’aiguille s’enfonça dans son bras. Elle sentit alors une douce chaleur envahir son corps et dut lutter pour garder les yeux ouverts. Après quelques minutes, l’homme regarda ses pupilles et fit un signe de tête à Peterson qui vint s’asseoir en face de la jeune femme. Il ne voulait plus traîner et alla droit au but :
« Vous avez reparlé à Ricky depuis votre séparation, n’est-ce pas ? »
« Non » répondit Inès.
« Vous n’avez jamais cherché à le revoir ? »
« Non. »
« Et lui ? »
« Non... »
« Jamais eu de ses nouvelles ? »
« N... Non » répondit-elle en essayant tant bien que mal de rester lucide.
« Vous mentez, Inès... »
« Non » répondit-elle. « Je vous jure que... je sais rien. »
« Alors pourquoi j’ai le sentiment que vous me dites pas tout ? Vous savez, ce serait dommage d’abîmer un si joli visage... »
Inès redressa la tête tant bien que mal et le regarda, effrayée tandis que Peterson poursuivait :
« Vous êtes sûre de n’avoir rien à me dire ? »
Et comme Inès gardait le silence, il répéta la question.
« Non » répondit-elle en espérant l’avoir convaincu.
Elle le vit faire un signe de tête à son complice et sentit qu’on la piquait à nouveau mais cette fois, elle eut du mal à rester consciente. Tout s’était mis à tourner autour d’elle. Elle comprenait qu’on lui parlait et elle s’entendait répondre mais aurait été incapable de dire ce qu’on lui demandait...
Peterson lui reposait évidemment les mêmes questions et il apprit cette fois qu’elle avait reçu une lettre de Ricky. Apparemment, il n’avait rien dit à propos de son contrat mais avait cité deux noms : le sien et celui de Kelly Grainger.
« Kelly Grainger ? » demanda-t-il ? « Pourquoi elle ? »
« J’en sais rien... Je... Je la connais pas. »
« Pourquoi avoir parlé d’elle alors ? »
« Il... Il a dit que Danny comprendrait... »
Il lui posa alors une dernière question :
« Tim est venu vous voir. Vous lui avez parlé de Peterson et de la fille ? »
« Non. »
Peterson réfléchit à ce qu’il venait d’apprendre et soupira. Matheson n’était donc au courant de rien et Danny ne l’avait pas contactée. Mais que savait cette fille exactement ? De toute évidence, elle était au courant de quelque chose et il se demandait si c’était la raison pour laquelle Danny n’avait pas cherché à contacter lui-même Inès. Mais dans ce cas, pourquoi laisser Tim effectuer des recherches de son côté ? Inès n’était plus un problème mais restait cette fille. Un petit tour à Hawaii s’imposait donc...
Il donna alors ses ordres et s’en alla par derrière la maison...
Peu de temps après, Tim arriva chez son amie. Cette histoire le taraudait et une fois éveillé, il n’avait pas traîné mais au moment où il sonnait à la porte, une déflagration se produisit et il fut projeté trois bons mètres en arrière. Il se releva, un peu sonné et sans hésiter, entra dans la maison à la recherche d’Inès qu’il trouva inconsciente sur son lit dont les draps commençaient à prendre feu. Il la prit sur son épaule et sortit tant bien que mal de la maison. Il la posa à terre et prit son pouls mais ne le trouva pas. Il lui fit alors du bouche à bouche et commença la réanimation cardiaque en attendant l'arrivée des secours...
42
Steve s’éveilla, comme à son habitude, vers cinq heures du matin. Il avait eu du mal à s’endormir, s’en voulant des décisions qu’il avait prises, décisions qui avaient poussé Kelly à boire et il se demandait si c’était juste un accident de parcours ou le début d’une lente descente aux enfers... Il sentit la jeune femme remuer légèrement : elle s’était blottie tout contre lui, la tête dans le creux de son épaule, une jambe repliée au-dessus des siennes et le bras posé sur son ventre, comme elle avait pris l’habitude de le faire. Il se tourna légèrement vers elle pour mieux la serrer contre lui, posa ses lèvres sur ses cheveux et referma les yeux, n’ayant aucune envie de mettre fin à ce moment d’intimité. Ils restèrent blottis ainsi, l’un contre l’autre, encore un bon quart d’heure avant que Steve, à contrecœur, ne s’extirpe doucement du lit : s’il voulait lui parler avant qu’elle ne parte pour l’école, si du moins, elle était en état d’y aller, il ne devait plus perdre de temps. Il passa en vitesse sous la douche, s’habilla et s’assit à côté d’elle. Elle n’avait pas bougé et dormait toujours aussi profondément. Il lui remit une mèche de cheveux derrière l’oreille, lui caressa tendrement la joue avant de se pencher pour l’embrasser sur le front, ce qui la fit soupirer d’aise. Elle ouvrit alors les yeux avant de les refermer en gémissant. Il se leva et revint peu après avec un grand verre d’eau.
« Tiens » dit-il en lui tendant le verre. « Ca te fera du bien. »
Elle ouvrit à nouveau les yeux, surprise de le voir là. Elle essaya de rassembler ses souvenirs et elle se rappela alors du bourbon. Elle lança un regard gêné à Steve et prit sur elle pour essayer de paraître moins mal qu’elle ne l’était en réalité. Elle se redressa un peu avant de prendre le verre et l’eau lui fit effectivement du bien.
« Comment te sens-tu ? » lui demanda-t-il d’une voix douce.
« Comme quelqu’un qu’on réveille avant l’heure » bougonna-t-elle sans trop oser le regarder.
« Une bonne douche te fera le plus grand bien. » Mais au lieu de se lever, elle se laissa à nouveau glisser sous les draps.
« Allez, debout ! » l’exhorta-t-il gentiment tout en tirant sur le drap, dévoilant son corps presque nu, ce qui lui attira aussitôt un regard noir de Kelly dont il ne tint pas compte : « Je vais préparer du café et le petit-déjeuner. »
« J’ai pas faim » rétorqua-t-elle de mauvaise humeur.
« Moi si ! » Et il sortit de la chambre, la laissant seule, en proie à toutes sortes d’émotions. Elle frissonna et voulut remonter le drap sur elle et se recoucher mais elle savait qu’il remonterait et elle n’était pas d’humeur à l’affronter mais surtout, elle n’en avait pas la force. Elle s’obligea donc à se lever et se rendit dans la salle de bain : le reflet que lui renvoya le miroir était loin d’être à son avantage. C’est alors qu’elle remarqua qu’il avait pris une douche, ce qui voulait dire qu’il avait passé la nuit chez elle. Avec elle ? Dans le même lit ? se demanda-t-elle. Elle se glissa alors sous le jet d’eau et maudit Steve d’avoir utilisé toute la réserve d’eau chaude mais elle dut reconnaître que l’eau froide lui faisait le plus grand bien. Elle essaya à nouveau de rassembler tous ses souvenirs mais le mal de tête lancinant ne l’y aida pas et elle préféra se laisser porter par le moment présent. Presqu’une demi-heure plus tard, elle rejoignit Steve dans la cuisine où l’odeur de café lui donna un peu la nausée.
« Dis donc, c’est le désert dans ton frigo ! » lança-t-il en la voyant entrer.
« C’est pas la peine de crier, je suis pas sourde ! » répliqua-t-elle, la mine maussade.
« J’aurais bien fait une omelette mais y avait pas d’œufs, pas de pain non plus. Par contre, il restait une boîte de corn-flakes. » Il en versa une certaine quantité dans un bol, ajouta le lait et le fit glisser jusqu’à Kelly qui dit :
« J’ai pas encore eu l’occasion d’aller faire des courses. J’irai après l’école. »
« Pas trop froide, la douche ? » demanda-t-il alors, un sourire aux lèvres. « Rien de tel en tout cas pour retrouver la pêche ! » ajouta-t-il.
« Pourquoi tu es resté ? » demanda-t-elle.
Il lui tendit une tasse de café, qu’elle prit et porta à ses lèvres, tout en ne le quittant pas des yeux, attendant sa réponse. Il s’assit à table et but, lui aussi, une gorgée de café avant de répondre :
« Ca me semble évident. »
« Ca ne l’est pas pour moi » répondit-elle tout en le fixant des yeux et il ne put déchiffrer ce qu’elle pensait à ce moment précis. Il soupira :
« La situation a dérapé hier et j’en suis le premier responsable. »
« C’est sûr que je ne serais pas allée chez toi mais au moins, maintenant, je sais ce que tu penses de moi. »
« Comment ça ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Je te protégerai, toi et le bébé, c’est bien ce que tu as dit, non ? » répondit-elle d’une voix amère. Il fit la moue tandis qu’elle poursuivait : « Mais je vous rassure, je serai plus un problème pour vous bien longtemps, je m’en vais dès la fin de l’année scolaire. »
« Kelly… » soupira-t-il en se grattant le front du pouce.
« A moins bien sûr que mon départ ne lui suffise pas et que c’est la raison de ta présence ici… »
« Si je suis venu, c’est pour te parler, j’aurais dû le faire avant mais… »
« C’est trop tard et de toute façon, ça n’a plus aucune importance. »
« Ca en a pour moi ! »
« Ah oui et pourquoi ? Tu t’en veux pour ce que t’as dit ou c’est le fait que je t’aie entendu qui te gêne ? »
« Tu es blessée et… »
« Blessée ? » le coupa-t-elle. « Je sais pas si ce seul mot peut résumer ce que je ressens vraiment. »
Il vit ses yeux se remplir de larmes et soupira : « Je voulais pas te faire de mal… »
« Eh bien, c’est raté : tu pouvais pas me faire plus mal ! » l’accusa-t-elle. « Je sais que j’ai réagi sans réfléchir mais de là, à croire que c’était volontaire de ma part… » Elle ne put continuer, réprimant difficilement un sanglot et il s’approcha d’elle, hésitant à la prendre dans ses bras. Elle le regarda, les yeux remplis de larmes et lui demanda : « Comment t’as pu penser ça de moi ? Comment ? »
43
« J’ai jamais pensé ça un seul instant… » dit-il d’une voix douce en essuyant une larme de la main.
« C’est pas ce que tu as dit à l’hôpital. »
« Catherine menaçait de demander une ordonnance d’éloignement à ton encontre. Je cherchais juste à calmer le jeu, à te protéger, pas à te blesser ! »
« Me protéger ? En allant dans son sens ? »
Il soupira :
« Que veux-tu que je te dise ? Tu crois que c'est facile pour moi ? Je me retrouve coincé entre deux femmes, une avec laquelle j’ai envie d’être et une autre qui porte mon enfant et qui me connaît pratiquement par cœur. Quand j’ai voulu savoir ce qui s’était passé, j’apprends que tu l’as poussée. Je me doute que Catherine n’y est pas allée de main morte et je t’ai défendue mais ça n’a fait qu’envenimer les choses » se défendit-il avant de soupirer : « J’essayais juste de la calmer quand t’es entrée pour éviter qu’elle… »
« Qu’elle quoi ? Qu’elle n’aille plus loin, c’est ça que tu veux dire ? Elle a pas l’intention d’en rester là ? C’est pour ça que t’es venu ? Pour m’apprendre... »
« Non ! Mais qu’est-ce que tu vas t’imaginer ? »
« Je sais plus quoi penser ! Tout me tombe dessus d’un coup : ce bébé, notre rupture, Catherine qui réemménage chez toi, notre altercation qui aurait pu très mal se terminer, ses accusations à mon sujet, toi qui la crois... »
Elle s’arrêta, perdue et il la serra dans ses bras. Elle ne résista pas mais elle ne s’abandonna pas non plus.
« Je voulais pas te quitter » lui rappela-t-il avant d’ajouter d’une voix pleine de reproches : « Et tu vois où ça nous a menés ! »
« On a pas le choix ! » dit-elle en pleurant.
« Bien sûr que si mais c’est toi qui veux pas ! »
« C’est pas que je veux pas, c’est juste que... »
« C’est juste que tu crois savoir mieux que moi ce que je veux ! »
Elle le regarda, ne sachant quoi répondre.
« Je te demande pas de te sacrifier pour moi, je te demande juste d’être à mes côtés pour m’épauler quand le bébé sera là... »
Il la regarda intensément avant d’ajouter : « C’est toi que j’aime. Je veux pas te perdre, Kelly. »
« C’est pas moi qui porte ton enfant... »
Il soupira et repensa alors à la proposition de Danny : « On veut tous les deux le bien de cet enfant, non ? »
Elle fit oui de la tête.
« Alors avant de prendre une décision définitive, on pourrait aller prendre l’avis d’un spécialiste de l’enfance, qu’en dis-tu ? »
« Je sais pas... »
« J’essaie de trouver une solution mais tu m’aides pas beaucoup ! » se plaignit-il.
« Ecoute, j’ai besoin de réfléchir à tout ça mais là, ma tête va exploser et... »
Il soupira : « Promets-moi de penser à tout ce que je t’ai dit, d’accord ? »
Elle fit oui de la tête et comme il ne bougeait pas, elle lui dit : « Je dois m’apprêter pour aller à l’école si je veux pas arriver en retard. »
« Je t’appelle plus tard, d’accord ? »
« De toute façon, tu n’en feras qu’à ta tête » répondit-elle bougonne.
Il fit la moue et se dirigea vers la porte d’entrée mais au moment de franchir le seuil, il se retourna et lui dit, mal à l’aise : « Si ça va pas, tu sais que t’es pas toute seule... »
Elle comprit à quoi il faisait allusion et répondit : « J’ai été stupide mais je recommencerai pas. »
Il l’observa un instant avant de venir l’embrasser sur la joue en lui soufflant :
« Tant mieux parce que je te laisserai pas faire... »
Ils se regardèrent et il s’en alla...
Laura n’avait pratiquement pas dormi de la nuit, tourmentée par l’altercation entre Kelly et Catherine. Manifestement, celle-ci ne se contentait pas d’avoir récupéré Steve, elle cherchait à atteindre Kelly en la discréditant aux yeux de celui-ci et de ses amis. Elle essayait également de la déstabiliser après avoir semé le doute dans l’esprit de la jeune femme quant à une possible personnalité multiple. Était-ce juste des propos d’une femme blessée ? Probablement, se dit-elle mais pourtant, elle n’avait pas hésité à risquer sa carrière en piratant le dossier de Kelly et elle se demandait jusqu’où elle serait capable d’aller... C’est en pensant à tout ça qu’elle se rendit chez Kelly mais en voyant encore le pick-up de Steve garé le long du trottoir, elle préféra les laisser seuls. Elle l’appellerait plus tard et passerait de toute façon la voir après sa journée. Elle prit la direction de son bureau en se promettant d’appeler la psy qui devait suivre Catherine selon son injonction...
Après avoir quitté Kelly, Steve se rendit à l’hôtel où avait logé Danny. Il passa d’abord voir Kono dans le van qui lui assura que tout allait bien.
« Ca va ? » demanda-t-il en la voyant un peu mal à l’aise.
« Oui » répondit-elle, un peu trop rapidement toutefois sans trop oser le regarder, ce qui n’était pas dans ses habitudes.
Il l’observa quelques instants et elle lui demanda alors avant qu’il ne pose une autre question :
« T’as vu Catherine ? Vous avez parlé ? »
« Non » répondit-il, un peu gêné devant Kono pour ne pas avoir pris de ses nouvelles et c’est lui qui coupa court à toute autre question en disant qu’il allait rejoindre Danny.
Il frappa à la porte et son ami vint lui ouvrir :
« T’aurais pu prendre des malasadas quand même ! » se plaignit-il aussitôt, ce qui eut pour effet bénéfique de le sortir de ses pensées moroses.
« Pourquoi ? Quelqu’un qui s’habille en Prada a bien les moyens de se payer un petit-déjeuner dans sa suite. »
Il chercha alors le portefeuille de Coltrane, le trouva et dit en lui montrant une liasse de billets :
« Tu vois, qu’est-ce que je disais ! »
« C’est du vol, tu sais ça ? »
« Il aurait mangé aussi, non ? Mais bon, si tu veux payer, c’est toi qui vois. » Et il ajouta : « Je prendrais bien des toasts grillés. »
« Et pourquoi c’est pas toi qui paierais ? »
« C’est ta chambre, non ? »
Danny leva les yeux au ciel en soufflant tandis que Steve, un léger sourire aux lèvres, lui tendait le combiné du téléphone pour passer commande et un quart d’heure plus tard, un garçon d’étage frappa à la porte.
« Merci » dit Danny, qui n’ayant pas de monnaie pour donner un pourboire au garçon qui attendait, se rappela qu’il y en avait dans la poche d’une veste de Coltrane et c’est sous le regard goguenard de Steve qu’il tendit quelques pièces au serveur. Les deux hommes se mirent à table et Danny demanda aussitôt :
« Alors, vous avez fini par vous réconcilier sur l’oreiller ? »
« Je te l’ai dit, Danny, c’est pas aussi simple » répondit Steve, retrouvant la mine grave qu’il avait à son arrivée.
« Ouais mais comme t’as passé la nuit avec elle, j’en déduis donc que ça s’est finalement plutôt bien passé... »
« Disons que ce qui s’est passé m’a fait prendre conscience que... »
Danny le regarda intrigué.
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« Que je suis pas sûr de... de vouloir reconstruire quelque chose avec Catherine... » dit-il en appréhendant la réaction de son ami. « En fait, je crois pas que je pourrais encore... »
« Comment ça ? »
« J’ai fait une erreur en lui demandant de revenir. »
Danny acquiesça de la tête tandis que Steve soupirait : « Je savais au fond de moi que c’était une erreur... Une erreur qui a failli lui coûter cher à elle et au bébé. Fort heureusement, ils vont bien mais c’est pas le cas de Kelly. »
« C’est sûr qu’elle doit s’en vouloir... » dit Danny en soupirant tristement avant de lui demander : « Elle t’a dit ce qui s’est passé ? »
« Non, elle a rien dit... mais j’ai vu qu’elle avait un bleu sur le bras » lui apprit Steve.
« Tu vois ! Je le savais ! Je savais que Catherine n’était pas sans reproches ! Elle a dû la pousser à bout et... »
« En arrivant chez Kelly, j’ai croisé Laura » le coupa Steve. « Elle m’a dit que Catherine avait laissé sous-entendre certaines choses à Kelly qui s’est évidemment mise à se poser des questions et elle a dû lui avouer que... »
« Catherine va beaucoup trop loin, Steve. »
« Je sais et c’est ma faute » le coupa celui-ci. « Kelly est en train de payer parce que Catherine a peur d’elle et je ne vois qu’un seul moyen de mettre un terme à tout ça. »
« Lequel ? » demanda Danny, intrigué.
Steve le regarda, appréhendant la réaction de son ami alors qu’il déclarait :
« Qu’on se remette ensemble... »
« Que... Waouah ! On peut dire que, toi, t’es le champion des virages à cent quatre-vingts degrés : tu romps un jour avec Kelly, tu demandes le lendemain à Catherine de revenir et le jour suivant, tu... »
Steve fit la moue tandis que le blond se passait nerveusement une main dans les cheveux avant d’ajouter : « Ecoute, je sais ce que tu ressens : tu aimes profondément Kelly, ça crève les yeux et je comprends tout à fait que tu n’aies plus envie de retourner auprès de Catherine après ce qu’elle lui a fait mais tu crois pas qu’au vu de ce qui vient de se passer, tu devrais rester prudent ? »
Steve fronça les sourcils et Danny s’expliqua : « Catherine ne semble reculer devant rien et... j’ai peur de ce qu’elle pourrait encore lui faire... »
« Et voilà, tu recommences ! Catherine a peur, je suis d’accord mais de là à voir en elle une menace pour Kelly, c’est... »
« Steve, elle est obsédée par toi ! Et je me demande jusqu’où elle pourrait aller si elle venait à te perdre... »
Steve souffla en levant les yeux au plafond et Danny poursuivit : « Quand Laura nous a informés qu’elle avait piraté son dossier, elle a dit qu’avec ces soupçons, elle pourrait demander une expertise psychiatrique et que si Kelly refusait, ça pourrait aller jusqu’à devoir l’enfermer contre son gré pour l’obliger à s’y soumettre... »
« Mais même sa psy a dit que... »
« Oui mais si Laura a parlé de ça, c’est que c’est possible et elle est mieux placée que nous pour le savoir. »
« Tu veux que je ferme les yeux et que je continue cette mascarade, c’est ça ? » le coupa Steve, indigné.
« Non. Enfin, oui...En fait, c’est à Kelly que je pense avant tout ! Apprendre qu’elle souffre peut-être d’un tel trouble a déjà dû la secouer... »
Steve préféra garder pour lui le fait qu’elle était ivre quand il avait été la retrouver et écouta la suite.
« ... Alors, t’imagine un peu les dégâts si jamais Catherine obtenait cette expertise ? »
Le seal lui lança alors un regard inquiet.
« Crois-moi, le mieux, c’est de ne pas précipiter les choses entre vous. » Et il ajouta en observant attentivement son ami : « Du moins si c’est encore possible... »
Steve se mordit la lèvre inférieure : « Je lui ai dit que c’était sa décision à elle de rompre, pas la mienne et je lui ai suggéré d’aller prendre l’avis d’un spécialiste de l’enfance avant de prendre une décision définitive. »
« Elle est d’accord ? »
« Elle a pas dit non en tout cas... »
Danny soupira : « Finalement, c’est pas plus mal qu’elle parte un peu chez Caroline, ça vous laissera un peu de temps pour y voir plus clair... »
« Mais elle compte quitter l’île à la fin de l’année scolaire » lui apprit Steve.
Danny soupira : « Elle est sous le choc, elle changera peut-être d’avis d’ici là mais pour l’instant, le plus urgent est de parler à Laura et de voir comment la protéger au mieux. » Et comme Steve ne disait rien, il ajouta : « Mieux vaut prévenir que guérir, non ? »
Le seal soupira : « Tu as peut-être raison... »
« Eh bien, pour une fois, j’espère avoir tort ! Au fait, t’as eu des nouvelles de Catherine ? »
« Non, j’étais tellement furieux contre elle hier soir que j’ai préféré ne pas l’appeler. J’étais pas sûr de pouvoir me maîtriser. »
« Tu ferais peut-être bien de l’appeler avant qu’elle ne se pose des questions. »
Steve acquiesça de la tête...
A l’hôpital, Coltrane avait repris conscience depuis un moment déjà. Sanglé aux montants du lit, il attendait seulement l’occasion qui l’aiderait à s’échapper. La chance fut avec lui quand une infirmière entra dans sa chambre en poussant un chariot sur lequel étaient disposés divers instruments et qui se trouvait maintenant à portée de sa main. Elle vérifia ses constantes et tandis qu’elle les notait sur son dossier, il put attraper un instrument tranchant. L’infirmière changea son pansement sans se rendre compte de rien et sortit de la chambre. Le tueur se mit aussitôt à taillader un premier lien et avec une main libre, il put retirer l’autre sangle bien plus rapidement. Comme il avait remarqué qu’un flic venait de temps à autre jeter un œil, il préféra se recoucher et attendre une prochaine occasion...
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De son côté, Kelly arriva tout juste à l’école et se dirigea directement vers sa classe, heureuse de ne croiser aucun de ses collègues dans les couloirs. Elle déposait sa mallette quand elle vit entrer Grace qui regarda derrière elle avant de dire :
« Bonjour, Tata » et d’aller se blottir contre elle.
Kelly la serra dans ses bras, touchée par cet élan.
« Ca va ? » demanda la petite fille en l’observant.
Elle aurait aimé la rassurer mais elle préféra se montrer honnête et lui dit en grimaçant un sourire.
« C’est dur mais ça va aller, ne t’inquiète pas. »
La sonnerie se fit entendre et Grace gagna alors son banc alors que les autres enfants entraient à leur tour en chahutant. Quand le silence fut revenu, leur institutrice leur demanda de prendre leur livre de lecture et tous se regardèrent, étonnés de ne pas commencer la journée par un tour de classe avec les tables de multiplication et Jimmy s’exclama :
« Vous oubliez les tables de multiplication, Mademoiselle ! »
« C’est bien la première fois que vous les réclamez » répondit celle-ci mais au lieu d’interroger toute la classe, elle se contenta de quelques tables faciles avant de leur demander à nouveau de prendre leur livre de lecture et de l’ouvrir à la page cinquante-deux. Elle attendit qu’ils soient prêts et demanda à Céline de lire le premier paragraphe, puis ce fut au tour de Kevin, de Grace, de Leila et de quelques autres mais quand elle cita Keanu, tous se regardèrent à nouveau : l’histoire était finie et le gamin lui demanda, étonné :
« Je dois recommencer ? »
Kelly le regarda, surprise par sa question mais elle se reprit en voyant que tous l’observaient curieusement.
« Non, juste les questions qui suivent » se rattrapa-t-elle. « Après, vous y répondrez dans votre cahier de lettres. »
Arrivée au Mount Sinai Hôpital, Tamara entrait dans le service des urgences et demandait à voir son mari quand elle le vit se diriger vers elle. Elle se précipita aussitôt vers lui et regarda les bandages qu’il avait aux bras.
« Je vais bien » lui dit-il en lui adressant un sourire rassurant. « Ce sont juste des brûlures superficielles. »
« Tu m’as fait une de ces peurs ! » dit sa femme, soulagée de le voir plus ou moins sain et sauf. « Qu’est-ce qui s’est passé ? »
« J’en sais rien » répondit-il. « Je suis arrivé chez Inès et il y a eu cette explosion. J’ai juste eu le temps de la sortir de là. »
« Comment va-t-elle ? »
« Je n’ai pas encore de ses nouvelles... »
De son côté, Steve appela Catherine qui répondit à la première sonnerie mais au ton de sa voix, il comprit qu’elle lui en voulait aussi :
« C’est gentil de prendre de mes nouvelles. » Et elle ajouta, ironique : « Mieux vaut tard que jamais... »
« Tu sais que je suis sur une enquête » se justifia-t-il en essayant de maîtriser sa voix sous le regard curieux de Danny.
« Et tu n’as bien sûr pas eu deux minutes à toi pour voir comment nous allions, moi et le bébé » rétorqua-t-elle d’une voix courroucée.
« Le médecin a dit que tout allait bien... »
« Je souffre quand même d’une commotion, j’te rappelle ! »
« Tu n’es pas seule à la maison. En cas de problème, ma sœur m’aurait prévenu » riposta-t-il.
« T’es pas rentré ? » demanda-t-elle, comprenant alors qu’il ignorait l’altercation qu’elle avait eue avec Mary et le fait qu’elle n’était pas chez lui.
« Non et je ne sais pas quand je vais pouvoir rentrer d’ailleurs. Je t’appellerai dès que je pourrai. »
« Steve... »
« Je dois te laisser, Cath. A plus tard. » Et il raccrocha, soulagé d’être débarrassé de ce coup de fil, laissant Catherine songeuse.
A onze heures trente-sept, Chin et Kono entrèrent au Roy’s Waikiki Beach et s’installèrent à une table pas très éloignée de celle de Danny tandis que Steve suivait le déroulement de la rencontre depuis le van garé derrière le restaurant. Il s’assura toutefois auprès du policier en faction devant la chambre de Coltrane que celui-ci était toujours hors jeu :
« Rien de changé, Commandant. Il a pas bougé un muscle. Il est toujours inconscient. »
Il relaya l’information aux autres et répéta à Danny les informations qu’il devait soutirer.
« Ca va, je suis pas débile » marmonna celui-ci avant d’ajouter : « Toi, fais juste ton boulot, c’est tout ce que j’te demande. »
« Tout va bien se passer, Danny, on est là » dit alors Kono de sa voix chaude.
A onze heures quarante-cinq précises, un homme s’approcha de l’aquarium et Chin prévint Steve tandis que Kono prenait discrètement une photo de l’homme en faisant mine de photographier son compagnon.
Danny l’ignora quelques minutes et l’homme commença à montrer des signes d’impatience. Il posa alors ses couverts, but une gorgée de vin blanc et reposa son verre avant de se tourner vers l’aquarium. L’homme le remarqua aussitôt et après un bref moment d’hésitation, s’avança vers la table de Danny qui lui fit signe de s’asseoir :
« Pourquoi m’avoir fait attendre si longtemps ? » demanda l’inconnu.
« Je n’aime pas manger froid » répondit Danny avant de demander : « Où est votre patron ? »
« Il a horreur d’intervenir directement. » Il sortit une enveloppe de sa veste : « Dix mille dollars maintenant, le reste quand le travail sera fait. »
« Il me faut plus de détails » répondit Danny.
« Tout est écrit là-dedans » dit l’inconnu en montrant de la tête l’enveloppe qu’il venait de lui remettre.
Danny l’ouvrit et vit le nom de l’homme que devait tuer Coltrane :
« Ce type est le chef des Samoans... »
« Sapulu » murmura Chin.
« .... Je veux cinquante mille dollars et tout avant. »
« Mon patron va pas sauter de joie. »
« Je veux traiter avec lui personnellement et pas avec son garçon livreur. »
« Je reviens » dit l’homme qui vint effectivement rejoindre Danny quelques minutes plus tard.
« Mon patron accepte de vous voir. »
« Où et quand ? »
« Maintenant. »
« Où ? »
« Vous voulez le voir, oui ou non ? » répondit l’homme de main.
« Allons-y. »
Et il jeta un regard qui en disait long à ses équipiers en passant à côté de leur table. Chin alla aussitôt rejoindre Steve dans le van alors que Kono montait dans sa voiture. Ils suivirent à distance le véhicule qui filait tout droit vers le port, loin de se douter qu’à l’hôpital, Coltrane n’avait pas eu à attendre bien longtemps. En effet, un médecin, cette fois, vint l’examiner et alors qu’il se penchait vers lui, un stéthoscope aux oreilles, celui-ci l’attrapa par son collet : en deux-trois mouvements, le médecin se retrouva une sangle autour du cou que Coltrane serrait de plus en plus jusqu’à ce que toute résistance cesse. Tout s’enchaîna alors très vite : il enfila ses vêtements, retira la blouse blanche du cadavre qu’il revêtit à sa place et disposa le corps sur le lit. Il chercha après son portable et jura en ne le trouvant pas. Il sortit de la chambre et quitta l’étage comme si de rien n’était mais il lui fallait encore trouver un téléphone et il vit alors un homme en glisser un dans sa poche. Il le percuta tout en s’excusant et sortit rapidement de l’hôpital. Il composa alors le numéro de son contact tout en se félicitant d’avoir cette mémoire des chiffres.
« Allô » répondit un homme, surpris en reconnaissant la voix du tueur à gages. Il l’informa du lieu de l’entrevue mais dès qu’il eut raccroché, il composa aussitôt un autre numéro :
« On a un gros souci... »
46
Pendant ce temps, Kelly ne désirait qu’une chose : que cette journée se termine au plus vite ! Elle avait pris deux aspirines pour combattre son mal de tête qui restait, malgré tout, tenace. Et quand, à la récréation, Eric lui demanda si ça ne la dérangerait pas d’intervertir leur demi-journée de congé exceptionnellement cette semaine, elle accepta avec plaisir et put ainsi quitter l’école à midi. Elle s’arrêta au supermarché faire quelques courses et alors qu’elle remplissait son caddy, elle remarqua que deux femmes la dévisageaient. Elle put entendre l’une d’elles dire à l’autre :
« Je te dis que c’est elle. »
« Oui, maintenant que tu le dis, c’est vrai que... »
Kelly se hâta de changer d’allée et n’entendit pas la suite mais chaque regard qui se posait sur elle la mettait de plus en plus mal à l’aise et elle se limita au strict minimum, impatiente de quitter le magasin et de rentrer chez elle...
Catherine avait raccroché mais même si elle comprenait maintenant pourquoi il n’était pas venu chez elle, elle lui en voulait toujours de ne pas avoir pris la peine de prendre de ses nouvelles. Elle avait quand même dû être brièvement hospitalisée et jalouse, elle ne put s’empêcher de se demander s’il l’avait appelée, elle… Elle soupira : s’ils voulaient reformer un couple, il allait devoir faire bien plus d’efforts qu’il n’en faisait ! C’est alors qu’elle reçut un appel de Billy qui, en apprenant ce qui lui était arrivé, lui avait aussitôt dit qu’il venait la rejoindre et son cœur se serra en se disant que Steve, lui, n’avait même pas pris la peine de trouver une minute pour l’appeler alors qu’il savait. Mais la conversation qu’elle avait eue avec Kono lui revint en mémoire et elle se demanda comment elle pourrait regarder Billy en face sans se dire que peut-être… ? Elle avait dès lors réussi à le dissuader de venir, prétextant une excuse bidon. Mais depuis, sa conscience ne la laissait pas tranquille et même si elle restait persuadée que Steve était bel et bien le père de son enfant, elle se demandait si elle arriverait à le regarder en face aussi sans se poser de questions ? Elle maudit alors Kono de s’occuper de ce qui ne la regardait pas ! Ce stress provoqua de nouveaux vertiges et elle alla s’allonger en essayant de faire le vide. Elle se força à respirer calmement mais elle éclata en sanglots, se sentant plus seule que jamais…
Arrivés de toute évidence à destination, Steve gara le van un peu plus loin sur le quai, à l’abri des regards tandis que Kono restait un peu en retrait. Le seal alla retrouver Chin et lui demanda :
« T’as les plans des lieux ? »
Chin les afficha sur l’écran et Steve, après les avoir examinés, dit à Kono via leur oreillette :
« Kono, il y a une sortie arrière... »
« OK, j’y vais. »
« Trois personnes pour l’instant à l’intérieur en dehors de Danny et de notre inconnu » leur apprit Chin.
« On sait qui est notre homme ? » leur demanda Kono tandis qu’elle gagnait l’arrière du bâtiment.
« Liko Kapono. Il fait partie du gang des Samoans dont Mana Sapulu est à la tête » répondit Chin.
« Pourquoi un Samoan voudrait descendre son chef ? Ca n’a pas de sens ! » dit Kono.
« A moins qu’il n’y ait une conspiration interne » dit Chin.
« Qui succéderait à Sapulu dans ce cas ? » demanda Steve.
« Son second, Tweeny... »
Mais ils s’interrompirent en entendant une voix inconnue accueillir Danny :
« Monsieur Coltrane » dit alors un Polynésien en le détaillant de la tête aux pieds. « Je ne vous voyais pas comme ça... »
« L’habit fait pas le moine, c’est bien connu » répondit Danny.
« Asseyez-vous. »
« Vous avez décidé de payer le prix ? » demanda Danny sans détour, ignorant l’invitation.
« Je suis heureux de constater que vous comprenez que ce contrat demande un professionnalisme évident. Vous pourriez avoir à agir dans des endroits plus ou moins publics. »
« Donnez-moi votre accord et on enchaîne. »
« Doucement... Je suis pas arrivé où j’en suis en brusquant les choses... »
Suite à l’appel de Coltrane, il n’avait pas traîné pour se rendre lui aussi à l’endroit de l’entrevue et fut soulagé en constatant qu’il était arrivé avant lui. Il s’éloigna de l’entrepôt pour ne pas attirer l’attention. Il enfila une combinaison et revint rapidement sur ses pas, à pied cette fois. Il savait que Kono Kalakaua se trouvait à l’arrière du bâtiment et il se glissa le plus silencieusement possible à travers les divers caissons jusqu’au moment où il l’aperçut. Il la mit en joue et attendit alors le signal...
De son côté, sa complice avait repéré le van dans lequel se trouvaient Steve et Chin et se tenait, elle aussi, prête à agir. Elle rabattit son masque sur le visage et vit alors Coltrane arriver. Il sortit de son véhicule et se dirigea vers l’entrée de l’entrepôt. Il disparut de son champ de vision mais elle savait qu’il serait rapidement repéré par les sbires de son patron.
Au même moment, Chin avertit Steve et Kono qu’il y avait du mouvement : deux silhouettes thermiques sortaient du bureau pour venir à l’encontre d’une autre personne qui venait d’arriver.
« Tenez-vous prêts, on ne sait jamais » dit Steve en s’emparant de son fusil mitrailleur et c’est prêts à intervenir qu’ils entendirent une sonnerie de portable.
Danny regarda l’homme de main décrocher mais au regard qu’il lui lança, il sut qu’il se passait quelque chose. Il essaya toutefois de rester impassible en le voyant parler à voix basse à son patron. On frappa alors à la porte et c’est avec stupeur qu’il vit entrer Coltrane. Le Polynésien dit alors, cyniquement :
« Monsieur Coltrane, je vous présente... Monsieur Coltrane. »
« Quoi ? Qu’est-ce que c’est que c’est que cette histoire ? » demanda Danny en feignant l’incompréhension totale.
« A vous de nous le dire » répondit le « patron ».
« Ils ont découvert qui j’étais et en essayant de leur échapper... » commença alors Coltrane.
« Ben voyons » le coupa Danny. « Il va vous dire maintenant que je suis flic aussi. »
« Il l’est ! »
« On y va » ordonna alors Steve mais au moment où il ouvrit la porte du van, un gaz fut propulsé sur lui et il se mit à suffoquer. Chin, surpris lui aussi, se couvrit aussitôt la bouche mais ce ne fut pas suffisant et il s’écroula aux côtés de son ami, cherchant lui aussi sa respiration et ils se retrouvèrent coincés dans le van.
Au signal donné par Steve, Kono se dirigea vers la porte arrière de l’entrepôt mais elle ressentit alors une douleur dans le cou. Elle voulut porter la main à l’endroit douloureux mais s’écroula avant, inconsciente...
47
« Cette plaisanterie a assez duré ! » s’énerva alors Danny s’adressant aussi bien à ceux qui se trouvaient dans la pièce qu’à l’intention de ses équipiers qu’il attendait avec impatience. « Si vous voulez m’identifier, voici mon passeport et mes cartes de crédit » poursuivit-il, de plus en plus inquiet quant à l’issue de cette entrevue.
« C’est lui qui me les as volés ! Je vous assure que je suis Coltrane. »
Entra alors une femme qui en voyant Danny dit aussitôt :
« Qu’est-ce qu’il fait là ? »
« Tu le connais ? » demanda le Polynésien, surpris.
« Il fait partie du 5-0 » lui apprit-elle.
Danny, qui l’avait reconnue, ne sut quoi dire, stupéfait de la voir là, tandis que l’homme de main braquait son arme sur lui.
« Je le descends, patron ? » demanda-t-il.
« Pas ici » répondit le Polynésien. « Avant, je veux savoir comment le 5-0 est remonté jusqu’à nous. »
« Ils ne poseront plus de problèmes, je m’en suis occupée personnellement » lui apprit la femme.
« Co... Comment ça ? Qu’est-ce... qu’est-ce que vous leur avez fait ? » demanda Danny, fou d’inquiétude, comprenant maintenant la raison de leur absence.
« Liko, débarrasse-toi des corps » dit alors le Polynésien.
« Ils sont dans un van, un peu plus loin mais pas sans combinaison de protection » déclara la femme alors que Danny se liquéfiait littéralement sur place.
« Une combi…. Une combinaison de…. ? » répéta Danny d’une voix blanche en se passant une main nerveuse dans les cheveux.
« Excellente diversion » approuva alors le Polynésien.
« Merci, Monsieur. Je m’occupe de lui » répondit-elle en montrant le policier, sonné par ce qu’il venait d’apprendre.
« Laissez-le moi » dit alors Coltrane.
« Vous avez un contrat à remplir et vous avez déjà perdu assez de temps ! » rétorqua le patron avant de donner son aval :
« Liko, accompagne-la. »
Elle lança une paire de menottes à Liko qui s’empara, sans ménagement, du bras de Danny qui essayait de réfléchir à toute vitesse mais face à cinq hommes et une femme armés, il n’avait aucune chance. Il préférait toutefois mourir en se battant mais s’il y avait encore une petite chance pour que Steve et les autres soient vivants, il devait la saisir et garder son sang-froid. Il passa alors devant la femme, traversa le grand hall, espérant encore voir surgir ses amis mais il n’entendit que le bruit de leurs pas résonner sur le sol. Il se tourna vers la femme et lui demanda ce qu’elle avait fait à ses amis.
« Avancez » répondit-elle.
« Qu’est-ce que vous leur avez fait ? Hein ? Vous allez répondre ! » insista-t-il, bouleversé.
« Taisez-vous sinon… »
« Quoi ? Vous allez me descendre ? » se mit-il à rire nerveusement. « Maintenant ou plus... »
Elle s’approcha de lui, menaçante, et lui murmura à l’oreille quelques mots avant de le défier du regard.
« Pourquoi on le mettrait pas avec les autres dans le van ? Qu’il crève comme un chien lui aussi ! » demanda alors Liko.
« On a encore du boulot dans le coin, c’est prendre des risques inutiles » répondit-elle avant de s’adresser à Danny : « Allez, avance ! »
Mais au lieu d’avancer, il se rua sur elle et reçut aussitôt un coup de crosse sur la tête. Il perdit connaissance mais comme Liko s’apprêtait à appuyer sur la gâchette, elle l’en empêcha :
« Le boss a dit pas ici. »
Il souffla tout en s’emparant de lui pour le jeter sans ménagement dans le coffre du véhicule avant de se mettre au volant et de quitter les quais, la femme assise à côté de lui...
A ce moment, Kelly rentrait chez elle. Elle rangea les quelques courses qu’elle avait faites et repensa à la crise d’angoisse qui l’avait prise au magasin. C’est vrai qu’elle n’avait plus à avoir peur des visages masculins inconnus mais elle avait oublié qu’on pouvait maintenant la reconnaître et se voir dévisager comme elle l’avait été l’avait perturbée. Elle appela alors Kiana et fut soulagée de l’entendre lui dire qu’elle pouvait venir tout de suite. Elle s’allongea un peu dans le divan en l’attendant mais appeler Kiana avait réveillé en elle certains souvenirs : quand elle avait fait sa connaissance, elle nageait alors en plein bonheur. Elle essuya une larme et essaya de faire le vide mais elle en revenait toujours à Steve, aux moments merveilleux qu’ils avaient passés ensemble et elle se rappela ses derniers propos. Il avait peut-être raison après tout : ils souffraient chacun de leur côté alors que ce n’était peut-être pas nécessaire. Mais avant d’entreprendre quoi que ce soit, elle devait prouver à tous qu’elle ne souffrait pas d’une personnalité multiple. C’est vrai qu’elle ne se reconnaissait pas dans les exemples donnés par Malia mais ce n’était pas pour autant qu’elle ne redoutait pas de passer ce test. Elle en était là dans ses pensées quand on frappa à sa porte.
« Merci d’être venue si vite » dit alors Kelly. « J’espère que je n’ai pas perturbé votre... »
« Non, pas du tout » lui assura la jeune fille.
« Vous avez pris ce qu’il fallait ? »
« Oui mais... »
« Parfait ! »
« Vous êtes vraiment sûre de vouloir... ? » demanda encore Kiana d’une voix hésitante.
« Oui » répondit fermement Kelly.
« On pourrait peut-être trouver un compromis ? » se risqua encore la jeune Polynésienne.
Elle vit Kelly soupirer et ajouta : « Ecoutez, laissez-moi faire et ensuite, vous verrez si ça vous convient ou pas. Si c’est pas le cas, je ferai ce que vous souhaitez. D’accord ? »
Kelly ne broncha pas et elle se mit au travail...
48
Dans le van, Steve et Chin gisaient sur le sol, conscients mais éprouvant tous deux de plus en plus de difficultés à respirer. Leur vision était devenue trouble et ils commençaient également à avoir du mal à déglutir. Steve voulut parler mais aucun mot ne put sortir et il constata qu’il en allait de même pour Chin. Il essaya de se relever mais toutes ses forces semblaient l’avoir abandonné et ses bras commençaient à ne plus répondre. Ces symptômes, on les lui avait enseignés à l’armée et il savait que leur temps était désormais compté. Chin semblait toutefois un peu moins mal en point que lui, n’ayant pas inhalé directement les toxines mais ce n’était qu’une question de minutes avant que lui aussi, ne ressente cette paralysie progressive. Il l’avait toutefois pu empêcher d’ouvrir la porte du van et Chin avait alors compris qu’ils n’avaient pas été exposés à un simple gaz paralysant. Steve pensa à Danny et Kono et il rassembla alors ses dernières forces pour attraper son portable mais sans succès. Chin, qui commençait à avoir des fourmillements dans les bras, s’en empara à sa place. Il pensa aussitôt à Joe White et commença à rédiger un sms mais ses doigts ne répondirent bientôt plus non plus et il préféra appuyer sur « envoyer » en se disant que Joe, en découvrant ce message incomplet, comprendrait l’urgence. Les deux hommes échangèrent alors un regard qui en disait long...
Pendant ce temps, à New York, Tim regardait pour la énième fois sa montre : voilà des heures qu’Inès était en chirurgie et personne ne pouvait lui donner des nouvelles de son amie. Il avait également essayé de joindre Danny pour le prévenir mais sans succès. Il l’appela une nouvelle fois et tomba à nouveau sur sa messagerie et il raccrocha sans lui laisser de message cette fois.
« Ca sert à rien de t’énerver » lui dit sa femme en entendant son mari pester. « Danny te rappellera quand il pourra. »
Il la regarda et comme elle tapotait le siège à côté d’elle, il alla s’asseoir tout en soupirant. Tamara mit alors une main sur sa cuisse.
« Ca doit être plutôt bon signe si ça dure autant, tu crois pas ? »
« Je sentais bien que quelque chose n’était pas normal. Si j’avais suivi mon instinct, peut-être que… »
« Pourquoi toujours penser au pire ? C’est peut-être un accident après tout ! »
« Non, j’ai vu dans son regard qu’il y avait quelque chose et j’aurais dû insister ! »
Le cœur de Tamara se serra en voyant son mari autant culpabiliser.
« Moi, ce que je vois, c’est que tu lui as peut-être sauvé la vie. Si tu étais parti après le petit-déjeuner, elle serait probablement morte. »
Un médecin en blouse bleue vint alors à leur rencontre :
« C’est vous qui étiez sur place quand l’explosion a eu lieu ? » demanda celui-ci.
« Oui, c’est moi. Je suis policier et Inès est une de mes amies. Comment va-t-elle, Docteur ? »
« Nous avons réussi à la stabiliser mais elle a été gravement brûlée et sur une grande surface. » Tamara serra alors la main de son mari dans la sienne tandis que le médecin continuait : « Je ne peux malheureusement me prononcer quant à son pronostic vital. Je suis désolé. »
« On peut la voir ? » demanda Tim.
« Etant donné l’étendue des brûlures, nous l’avons placée dans un coma artificiel et nous la gardons aux soins intensifs. Les visites sont strictes mais je vais demander à ce que vous puissiez la voir un court moment. Je reviens… »
« Merci, Docteur. »
Tim serra sa femme dans ses bras et dit d’une voix qu’il voulait rassurante : « C’est une battante. »
Mettre hors jeu le 5-0 avait été un jeu d’enfant, se dit l’homme en s’approchant de Kono, inconsciente. Il la menotta avant de la soulever et de l’emmener jusqu’à sa voiture. Il enleva sa combinaison avant de prendre le volant et partit rejoindre sa collègue pour terminer le boulot...
Presqu’une demi-heure plus tard, Liko s’arrêta dans un coin désert et tandis qu’il restait au volant, la femme sortit et alla ouvrir le coffre où Danny avait repris connaissance.
« Sortez » dit-elle à son intention en l’aidant à se redresser et une fois debout, lui ordonna d’avancer sous le regard de son collègue qui était sorti du véhicule et qui regardait la scène.
Mais comme Danny ne bougeait pas, elle lui dit : « Ou vous marchez ou je vous descends tout de suite. »
Danny évalua la situation et finit par obéir en marchant droit devant lui mais quand ils furent un peu éloignés, il la prit par surprise en se ruant sur elle. Elle lâcha son arme mais elle fut plus rapide que lui, toujours menotté, et il reçut un coup dans le dos qui le fit tomber à genoux. Il la regarda et lui demanda :
« Qui êtes-vous vraiment ? »
« Relevez-vous » lui ordonna-t-elle, pointant de nouveau son arme sur lui.
« C’est quoi ce bordel ? » s’énerva-t-il tout en se relevant.
« Avancez et taisez-vous ! »
Il ferma les yeux et tout en pensant à sa fille, il maudit Steve pour ce nouveau plan foireux. « Tout allait bien se passer » qu’il avait dit et...
« Stop ! »
Elle lui intima l’ordre de ne pas bouger comme il se tournait vers elle.
« Oh non, ce serait trop facile, vous allez devoir me regarder dans les yeux » répondit-il, les larmes aux yeux.
« A genoux » dit-elle en le défiant du regard mais comme il n’obéissait pas, ajouta : « Comme vous voulez. » Elle pointa son arme sur lui tout en marmonnant quelques mots. Il la regarda, perdu, et elle tira. Touché à la tête, il s’écroula sous le regard satisfait de Liko. La femme le fit rouler dans un fossé et entendit alors les pas de son compère venant la rejoindre. Elle le regarda et vit qu’il tenait deux pelles :
« Enterrons-le ! Qu’on ne le retrouve pas trop vite. » Il lui tendit une pelle et ils recouvrirent de terre le corps de Danny avant de s’en aller...
FIN DU SIXIEME CHAPITRE