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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 24.08.2015 à 14h33
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Tout devait bien se passer mais voilà, le 5-0 n’en est pas moins en fâcheuse position. Vont-ils s’en sortir ? Sans séquelles ? J'écris seule et remercie Lyne pour tout. » mesange
Cette fanfic compte déjà 36 paragraphes
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« Catherine, qu’est-ce qui se passe ? » demanda Billy en la retenant par le bras.
Elle le regarda, perdue, incapable du moindre mot, et il la serra contre lui.
« Allez, viens, allons-nous en. »
Elle le suivit comme une automate, se demandant comment il prendrait ce qu’elle avait à lui annoncer…
Dans la chambre d’à côté, le silence régnait depuis le départ de Malia. Kono s’était postée devant la fenêtre, restant obstinément silencieuse jusqu’au moment où elle aperçut Catherine rejoindre sa voiture en compagnie de Billy. Elle vit celui-ci ouvrir la portière côté passager à la jeune femme avant de prendre place au volant et démarrer.
Elle se tourna vers les deux hommes :
« Catherine vient de partir. C’est à mon tour de lui… »
« ll vaudrait peut-être mieux que j’aille prendre la température avant » proposa Danny.
« Non, c’est à moi de l’affronter et le plus tôt sera le mieux. »
Elle sortit de la chambre sous les regards anxieux de son cousin et de son ami.
« Kono a raison : il vaut mieux crever l’abcès tout de suite » dit sagement Chin.
A New York, Peterson frappa à la porte de son patron.
« Entre, Rick » l’accueillit Franck Salvo. « J’espère que vous avez de bonnes nouvelles pour moi. »
Peterson le mit au courant des derniers événements.
« Le 5-0 est donc hors jeu. Bien, bien, bien... » commenta le boss.
« Et nous nous occupons d’Irina. »
« Il est donc temps de passer à la phase trois... »
« Il reste toutefois une inconnue... »
Salvo regarda Rick, attendant qu’il développe.
« On sait que Moreno a parlé de l’autre fille à son ex mais on ignore ce qu’elle sait exactement. »
« Elle aurait déjà parlé si elle savait quelque chose, vous ne croyez pas ? »
« J’ai bien réfléchi à la question et j’en suis venu à la conclusion qu’elle n’est peut-être pas consciente de détenir l’une ou l’autre information ... »
« La question est donc de savoir si nous pouvons nous permettre de prendre le risque de la voir s’en souvenir... »
« Avec le 5-0 à terre, c’est l’occasion ou jamais de nous assurer de ce qu’elle sait exactement » répondit Rick.
« Vous avez déjà pensé à tout, je me trompe ? »
« Laissez-moi partir avant vous à Hawaii » répondit simplement Peterson.
A dix heures, Kelly attendit que tous ses élèves soient sortis de la classe pour appeler Laura, impatiente de la mettre dans le secret, elle aussi.
« Je ne te dérange pas ? » demanda-t-elle.
« Pas du tout » répondit celle-ci, intriguée par son appel à cette heure de la journée et inquiète. « Steve va mieux ? » demanda-t-elle.
« Oui, oui, il bouge et parle maintenant. Il peine encore à tenir debout mais ça va venir » la rassura Kelly qui enchaîna tout de suite : « Si je t’appelle, c’est pour te dire que... » Et elle se mit à lui raconter la nuit qu’elle avait passée à l’hôpital et la discussion qu’elle avait eue avec Steve.
« C’était ça les petits regards entre Mary et toi » sourit Laura.
« On peut vraiment rien te cacher ! » répondit en riant Kelly. « Mais attends, tu sais pas encore le meilleur : Steve et moi sommes à nouveau ensemble ! » ajouta-t-elle, toute excitée avant de lui confier : « Seulement personne ne doit encore le savoir. »
« Ah vous deux, vous allez me faire tourner en bourrique » s’exclama Laura en riant, heureuse pour sa jeune amie et le fils de John.
« Oui, je reconnais qu’on est assez doués mais avant de le dire à tout le monde, je tiens à passer le test qui prouvera que je ne suis pas atteinte d’une personnalité multiple. Juste au cas où... »
« Je pense que c’est effectivement une sage précaution » lui dit Laura, soulagée de voir qu'elle y avait pensé d’elle-même.
« Mais ça me fait quand même un peu peur » avoua cette dernière.
« Tu n’as aucune raison d’avoir peur, tu ne souffres pas de ce trouble ! »
Elle entendit la jeune femme soupirer...
« N’oublie pas non plus l’injonction dont elle fait l’objet. J’ai d’ailleurs parlé avec la psy qu’elle a choisie et j’ai bien insisté sur le fait qu’elle semble avoir besoin d’un suivi plus conséquent qu’une simple visite. »
« J’espère qu’après tout ça, elle nous laissera tranquilles. Enfin, dans la mesure du possible puisqu’avec un bébé en commun, je m’attends à tout de sa part... »
Arrivée devant la chambre de son patron, Kono respira un bon coup avant de frapper à la porte et d'entrer. Le regard glacial qu’il lui adressa en la reconnaissant la mit encore plus mal à l’aise qu’elle ne l’était...
22
« Steve... » commença-t-elle.
« Comment t’as pu me faire ça ? » lui reprocha-t-il aussitôt d’une voix dure.
« Ce n’est que récemment que j’ai appris qu’il pouvait y avoir un doute et j’en ai parlé tout de suite à Catherine. »
« J’avais le droit de savoir ! »
« Je sais mais comprends-moi, c’était d’abord à elle d’être honnête avec toi. »
« Elle se fiche bien mal de la vérité, tout ce qui l'intéresse, c'est moi ! »
« Elle t’a d’ailleurs demandé de garder le silence en attendant le résultat du test » dit alors Mary. « Ca veut tout dire... »
« Je l’aurais pas fait ! » s’insurgea Kono.
« Vraiment ? » demanda Steve d’une voix ironique. « Je te croyais mon amie mais de toute évidence, je me trompais... »
Kono le regarda, blessée par ses dernières paroles.
« Tu pouvais mettre un terme à cette mascarade mais tu l’as pas fait ! » l’accusa à son tour Mary.
« J’ai fait ce que je croyais être le mieux » dit d’une petite voix Kono.
« C’était pas à toi ni à Catherine de décider pour moi ! » s’énerva Steve en la foudroyant du regard.
« Mais j’ai jamais voulu décider pour toi ! »
« A cause de ton silence, Kelly et moi, nous nous sommes séparés. Tu l’as vue souffrir, pourtant t’as rien dit et tu oses dire que t’es notre amie ? »
Kono le regarda, les larmes aux yeux et allait répondre quand un médecin entra dans la chambre :
« Commandant, je vois que vous avez retrouvé l’usage de la parole ainsi que vos facultés motrices. »
« En effet » répondit ce dernier tandis que Kono essuyait furtivement une larme.
« Pouvez-vous marcher ? »
« J’ai fait quelques pas, oui. »
« Après une atteinte botulique, il faut du temps pour récupérer et beaucoup de repos. Je vous autorise donc à rentrer chez vous, comme votre équipier, mais pas question de vouloir en faire trop, trop vite. De toute façon, votre corps ne suivrait pas. »
« Il se reposera, Docteur » dit alors Mary en regardant son frère qui fit la moue.
« Je peux rentrer maintenant ? »
« Le temps de signer vos papiers de sortie... »
Le médecin s’en alla et Kono reprit la parole :
« Steve... »
« Il vaut mieux que tu t’en ailles » et alors qu’il se levait, Danny et Chin entrèrent à leur tour dans la chambre et le visage dur de leur ami et défait de Kono ne leur échappa pas mais comme Reynolds les suivait, ils ne firent pas de commentaires.
« Vous allez enfin nous dire ce qui se passe ? » dit alors Steve en le reconnaissant...
« Je ne parlerai qu’aux membres du 5-0 » déclara Reynolds en constatant la présence de Mary.
« Mary, si tu veux bien... » demanda alors son frère.
« Ca va, j’ai compris. Je vais voir si tes papiers de sortie sont prêts » et elle sortit de la chambre.
Reynolds entra alors directement dans le vif du sujet :
« Tout a commencé avec la loi interdisant les jeux d’argent. Seule Atlantic City en a le monopole. C’est pour cette raison que Salvo… »
« Attendez ! Salvo ? Franck Salvo ? » questionna Danny et Reynolds acquiesça de la tête.
« Tu le connais ? » demanda alors Steve.
« Franck Salvo est à la tête de la famille mafieuse dans le New Jersey » répondit Danny. « Son business : prostitution, prêts sur gages, trafic de drogues, la totale quoi. Le seul racket qu’ils n’ont pas, c’est celui des paris illégaux. »
« C’est pour cette raison qu’il veut s’établir ici » répondit Reynolds.
« Ca paraît logique, Honolulu vient d’interdire les jeux d’argent légaux » dit Chin.
« Et s’il met la main sur les jeux illégaux, il fera tout ce qu’il voudra » renchérit Reynolds.
« Il se propagera alors comme un virus et comme la mafia du New Jersey n’aime pas s’associer, ils feront le maximum pour évincer les Samoans » répliqua Danny.
« Créant un bain de sang dans les rues d’Oahu » commenta Kono.
« Alors, il faut éliminer ce virus » décréta Steve.
« C’est ce que nous tentons de faire » dit Reynolds. « Mais ce n’est pas aussi simple que ça. »
« Qu’est-ce que vous savez au juste ? » demanda le seal.
« Ce qui intéresse Sapulu, c’est d’évincer les Triades d’ Oahu. En concluant une alliance avec Salvo, il avait les armes et Salvo la main sur les paris illégaux. Mais à partir du moment où Honolulu a interdit les jeux légaux, Sapulu s’est montré réticent et de plus en plus gourmand. »
« Laissez-moi deviner la suite » s’écria Danny en levant la main. « Ca n’a pas plu à Salvo qui a décidé de s’en débarrasser ! »
« Et vous l’avez laissé faire » dit Kono.
« C’était le seul moyen d’attirer Salvo ici. »
« Pour voir en personne si Tweeny pourrait gérer ses casinos » conclut Chin.
« Vous auriez dû nous mettre au courant plutôt que de la jouer seuls ! Je vous rappelle qu’ici, c’est le 5-0 qui… » dit alors le seal.
« Nous ne pouvions prendre aucun risque… » le coupa Reynolds.
« On aurait pu y rester » répliqua Steve durement.
« Tout a été mis en œuvre pour que ça n’arrive pas » répliqua tranquillement Reynolds.
« En attendant, j’ai été enterré vivant ! Vous savez ce que ça fait ? » s’énerva Danny.
« Se retrouver paralysés, incapables de parler n’est pas non plus une expérience amusante » renchérit Chin.
« Je suis désolé pour tout mais nous n’avions pas d’autre choix pour rester crédibles. Vous nous avez pris de court et on a dû agir dans l’urgence. D’ailleurs, je serais curieux de savoir comment vous avez su… »
« C’est pas à vous d’arrêter Salvo sur notre sol ! » poursuivit Steve, d’une voix dure.
« Salvo n’est qu’un hors d’œuvre. »
« Comment ça ? » demanda Chin en haussant un sourcil.
23
« Le but ultime de Salvo est de mettre la main sur Atlantic City mais il sait que seul, il n’arrivera pas à évincer un gars comme Peroni sans créer une guerre des clans qui sera sanglante. Il a donc créé une alliance avec Jimmy Cannon mais comme il est loin d’être idiot, il a mis sur pied une sorte de triumvirat en incluant Peroni. »
« Un quoi ? » demanda Danny.
« Un pouvoir à trois, si tu veux » répondit Steve.
« Nous ignorons encore à l’heure actuelle les termes de cette alliance et surtout comment Salvo et Cannon vont s’y prendre pour éjecter le vieux Peroni. »
« Comme je le disais, Salvo n’aime pas s’associer... » dit Danny.
« Il cherchera aussi à évincer Cannon mais celui-ci n’est pas dupe non plus » répliqua Reynolds.
« Mais cette histoire ne nous concernera plus... » dit Kono.
« Je n’en suis pas aussi sûr » répondit Reynolds. « On sait que Salvo voudra vérifier en personne si Tweeny est capable de protéger son investissement. De plus, le fils de Cannon vit ici... »
« On peut donc supposer que Jimmy sera également de la partie... » en déduisit Danny.
« Oui mais Peroni ? » demanda Steve. « C’est bien les trois que vous voulez, non ? Ce serait un sacré coup de filet. »
« Je veux bien le croire : faire tomber trois parrains de la mafia d’un coup... » siffla Danny.
« C’est là que devait intervenir Moreno. C’est lui qui était sensé nous en apprendre plus à ce sujet. »
« Il aurait pu se confier à moi. J’aurais compris et on aurait pu... » commença Danny.
« Vous devez savoir que Salvo ne lui faisait pas encore entièrement confiance, tout comme nous d’ailleurs, et il ne pouvait dès lors se permettre de… »
« Comment l’avez-vous amené à travailler pour vous ? » le coupa Steve.
« Un jour, il est venu nous voir. Ce qu’il était devenu le rongeait et pour soulager sa conscience, il s’est livré à nous. Il nous a balancé toute son histoire et fourni des noms. Vu sa position dans le clan Salvo, on lui a garanti l’immunité pour son passé criminel s’il devenait une taupe pour nous. C’est ce qu’il a fait. »
« Vous voulez dire qu’il… qu’il a quand même été... ? » demanda d’une voix blanche Danny.
« Moreno est tombé très bas et comme vous le savez, c’est un profil que les mercenaires recherchent.. »
« Il a donc vraiment exécuté des… des contrats ? » demanda encore Danny.
« Oui...... C’est comme ça qu’il a atterri chez Salvo. »
Steve et les cousins regardèrent tristement leur ami se passer une main nerveuse dans les cheveux.
« Mais Carter ? » demanda Kono.
« Carter l’a recruté via le Darknet et quand Salvo a su qu’il devait se rendre à Hawaii, il a dû penser que, non seulement, c’était la couverture idéale mais également un nouveau moyen de prouver sa loyauté au clan étant donné la teneur de la mission qui lui était confiée. »
« Me tuer... » lâcha Danny.
« Mais il n’a pas pu, ce qui aurait pu avoir des conséquences très lourdes pour la suite… »
« Donc, j’ai fait le jeu de Salvo en le tuant... »
« En quelque sorte… » lâcha Reynolds.
« Espèce de salopard ! » s’exclama alors Danny, écœuré. « On aurait pu trouver un arrangement sans en arriver… »
« Moreno a toujours su à quoi il s’exposait et a été très clair : si l’un d’entre vous devait mourir, c’était lui, pas vous et je le répète : perdre Moreno a été un énorme coup dur pour nous. »
« Vous aviez seulement perdu votre taupe… » dit Danny, dégoûté avant d’ajouter, bouleversé : « Moi, j’ai descendu un de mes meilleurs amis… »
Kono posa une main réconfortante sur son bras sous les regards compatissants de ses amis.
« Il était sur le point de nous divulguer une information capitale mais nous ne saurons jamais laquelle. »
« Pourquoi nous avoir dit que Lisa Kendall faisait partie d’un programme de protection des témoins ? » demanda alors Steve, cherchant à changer de sujet en voyant son ami aussi bouleversé.
« C’était pas prévu mais Moreno refusait de coopérer si nous n’intervenions pas pour vous mettre sur la piste au cas où il devrait suivre réellement les instructions de Carter. Avec une histoire de témoin à charge, ça rendait plus compliquées d’éventuelles recherches de votre part... »
« Pourquoi ne pas nous avoir dit où était Kelly ? » demanda alors Steve d’une voix accusatrice. « Elle aurait pu y rester si... »
« Parce que nous l’ignorions. »
« Ricky vous a jamais parlé de la grotte sous-marine ? » demanda Danny, suspicieux.
« Non...... Je vous l’ai dit : on ne lui faisait pas entière confiance et lui, non plus. On veillait seulement à ce qu’il... »
« Fasse le boulot pour lequel vous l’aviez engagé » termina à sa place Steve, dégoûté.
Reynolds soupira : « Vous savez, peut-être mieux que quiconque, Commandant, que dans des missions de ce genre, il y a toujours des pertes acceptables même si on préférerait qu’il n’y en ait pas... »
« Et Kelly en était une » dit ce dernier, les mâchoires serrées, le visage dur.
« Moreno vous a quand même laissé une chance de la retrouver » répondit Reynolds.
« En nous mettant sur sa piste, c’est ça ? » dit alors Danny.
« Oui. »
« Mais elle aurait pu y rester ! » dit Steve. « Il s’en est d’ailleurs fallu de peu ! »
« Que voulez-vous que je vous dise ? Moreno n’a manifestement pas suivi les instructions à la lettre et j’en ignore la raison. »
Les membres du 5-0 se regardèrent mais aucun ne mentionna le fait que Ricky s’était épris de Kelly.
« Vous n’avez pas cherché à nous empêcher de l’arrêter. Pourquoi ? » demanda Steve.
« A un moment ou un autre, on aurait dû vous mettre au courant... »
« Pourquoi ne pas vous être manifestés après sa mort... » releva Chin.
« Parce que ce n’était plus nécessaire à ce moment-là. »
« Donc, si nous n’avions pas intercepté Coltrane, vous ne vous seriez pas encore dévoilés, c’est ça ? » demanda Steve.
« Oui, mais ce n’était plus qu’une question de temps. »
« Une question de temps ! » ironisa Danny.
Steve soupira avant de demander : « Quel est le rôle de Kendall ? »
24
« Lisa travaille pour la brigade anti-gang. On l’a infiltrée sous couverture pour essayer d’identifier les principaux dirigeants et réunir assez de preuves pour que les Fédéraux les arrêtent. Elle a gravi les échelons auprès de Tweeny et ils commencent à lui faire confiance. »
« Tout repose donc maintenant sur elle » commenta Steve.
« Moreno avait des entrées que Lisa n’a pas. On poursuit le plan comme prévu en espérant découvrir ce que Moreno voulait nous apprendre... »
« Et dans le cas contraire ? » demanda Chin.
« Nous nous contenterons de Salvo et peut-être de Cannon. »
« Comment comptez-vous vous y prendre ? » demanda Kono.
« Lisa nous préviendra de l’arrivée de Salvo et du lieu de l’entrevue. »
« Qu’attendez-vous de nous ? » demanda Steve.
« Que vous jouiez le jeu encore un petit moment. »
« Il n’en est pas question ! » répliqua le seal fermement.
C’est alors qu’un portable se mit à sonner.
« C’est le vôtre » dit alors Reynolds en le tendant à Danny. « Je l’ai repris avant que Coltrane ne mette la main dessus et je n’y pensais plus. »
Danny prit son téléphone et décrocha :
« Tim ! »
« Enfin ! Je commençais à désespérer » s’exclama son ami.
« On a eu une journée infernale hier et là, on... »
« OK, rappelle-moi quand tu peux mais il faut que tu saches que... » Et il lui résuma alors rapidement ce qui était arrivé à Inès.
« Quoi ? Elle va s’en sortir ? » demanda-t-il, en se passant une main dans les cheveux tandis que Steve fronçait les sourcils et que les cousins le regardaient.
« Moi aussi, j’ai des choses à t’apprendre mais je peux pas là. J’te rappelle dès que je peux. » Il raccrocha et fit part de la nouvelle à ses équipiers...
« Ca ne peut signifier qu’une seule chose » commença Reynolds.
« Que Salvo est sur ses gardes et qu’il élimine tout ce qui peut être gênant » continua pour lui, Danny.
« Et vous savoir hors jeu ne peut que l’inciter à agir rapidement maintenant » ajouta Reynolds.
« Il n’est pas question de nous mettre à l’écart » déclara Steve d’une voix sans appel.
« J’ai bien compris, Commandant » le coupa Reynolds « mais vous n’avez pas encore totalement récupéré et ce serait de l’inconscience que de vous lancer maintenant dans une opération d’une telle envergure. »
« On peut pas lui donner tort » dit Chin en regardant Steve qui demanda en soupirant :
« Quel est votre plan ? »
« On fait courir le bruit que ni vous ni le lieutenant Kelly n’avez récupéré de votre exposition au botulisme et que vous êtes toujours incapables de parler. »
« On va pas rester à Triplers pour vous faire plaisir » râla Steve.
« Avec le botulisme, il n’est pas nécessaire de vous garder à l’hôpital comme la récupération peut être longue. L’idéal serait de rester ensemble chez l’un ou chez l’autre. La présence de Kono à vos côtés se justifierait pleinement tout en lui permettant de rechercher votre équipier. »
« On peut mettre Duke au parfum et lancer un avis de recherche pour Danny » suggéra Chin.
« Ca devrait laisser du temps à Lisa pour essayer de découvrir où se tiendra leur entrevue » dit l’agent du FBI.
« Et comme moi, je dois jouer le mort, ce serait peut-être le moment de me rendre à New York pour essayer de découvrir avec Tim quel danger représente Inès ? » suggéra Danny.
« Il est probable que votre ami soit aussi sous surveillance et si Salvo découvre que vous êtes vivant... » commença Reynolds.
« De toute façon, il le découvrira bien à un moment ou un autre » trancha Steve. « Au stade où nous en sommes, toute information sera la bienvenue. »
Danny lui adressa un petit signe de tête reconnaissant.
« Lisa a besoin de temps pour mener à bien sa mission. »
« Ce n’est plus qu’une question de temps avant que sa couverture ne tombe, vous le savez aussi bien que nous » rétorqua Steve. « Il est temps qu’elle assure ses arrières et place des mouchards où elle peut avant de quitter la scène. »
Reynolds soupira : « OK mais essayez de rester discret le plus longtemps possible. »
« Une dernière chose » dit Steve. « Si vous la jouez encore... »
« Il est désormais de notre intérêt à tous de jouer la carte de la transparence » répondit Reynolds.
Ils mirent encore au point certains détails dont le départ de Steve et de Chin de l’hôpital. Les deux équipiers s’étaient mis d’accord pour rester chez le seal tandis que Danny revêtait à nouveau ses accessoires pour quitter Triplers.
« Sois prudent, mon frère » dit Steve à Danny en lui faisant une brève accolade, imité par Chin et Kono.
« Vous aussi » répondit Danny.
« Et si tu as besoin de moi... »
« Je sais » répondit son ami en lui souriant avant de lui demander : « Tu peux demander à Kelly d’expliquer en gros à Grace que je ne peux pas l’appeler pour l’instant mais que je pense très fort à elle et que je l’aime ? »
« C’est comme si c’était déjà fait » rétorqua Steve qui regarda, avec appréhension, son ami quitter la chambre, suivi de l’agent du FBI. Mary entra alors et son frère la prévint qu’ils rentraient tous à la maison de la plage et lui demanda de prévenir Malia du changement de programme.
« Je préviens Kelly aussi. » Et elle ajouta, un grand sourire aux lèvres : « J’aimerais voir la tête qu’elle fera quand elle saura que vous n’aurez plus à vous cacher. »
« Ne plus vous cacher ? » demanda alors Chin, surpris, tout comme Kono.
Steve les mit alors au courant.
« En voilà une bonne nouvelle » s’exclama Chin, un large sourire aux lèvres.
« Je suis heureuse pour vous deux » dit alors Kono en regardant timidement Steve qui la fixa froidement du regard mais s’abstint de tout commentaire.
La jeune femme regarda son cousin qui lui fit un clin d’œil encourageant.
« Je vais aller voir Duke pour le mettre au courant avant de vous rejoindre » dit alors la jeune flic en soupirant tristement et elle quitta la chambre sous le regard compatissant de son cousin mais froid de Steve.
« Elle a fait ce qu’elle croyait être le mieux » se risqua Chin mais devant le visage fermé du seal, il n’ajouta rien, se disant que seul le temps ferait son œuvre...
25
Billy arriva au domicile de Catherine. Durant tout le trajet, ils avaient, tous deux, gardé le silence. Il coupa le moteur et se tourna vers la jeune femme qui essuyait discrètement une larme. Elle n’osa pas le regarder et l’entendit soupirer quand elle ouvrit la portière. Il la suivit et une fois à l’intérieur, alla droit au but :
« Tu n’es plus la même, Catherine. Tu oses à peine me regarder. Pourquoi ? »
Il la vit lever des yeux pleins de larmes vers lui et son malaise ne fit que s’accroître.
Au pied du mur, la jeune femme respira profondément avant de lui révéler la vérité :
« Je suis allée voir ma gynécologue hier soir pour... pour qu’elle m’éclaire sur... sur une question que... je me posais » balbutia-t-elle.
« Quelle question ? » demanda-t-il d’une voix qu’il tentait de maîtriser.
« La date de conception » lui avoua-t-elle d’une petite voix.
« Ce bébé... C’est le mien ? » demanda-t-il aussitôt en ne la quittant pas des yeux.
« J’en sais rien... Vous pouvez l’être tous les deux. »
Il la regarda, sous le choc, incapable du moindre mot.
« En apprenant que t' étais enceinte, je me suis tout de suite demandé si... si je pouvais... Mais tu étais si sûre de toi » finit-il par lâcher d’une voix bouleversée.
« Je pensais vraiment que c’était Steve le père. »
« Mais c’est pas le cas apparemment ! Comment as-tu pu te tromper sur... ? »
« J’ignorais qu’il fallait rajouter quinze jours pour connaître la date de conception du bébé. Alors, quand mon médecin a daté ma grossesse au vingt janvier, c’était impossible que tu le sois ! »
Billy la regarda, ne sachant plus trop quoi penser.
« Tu dis que tu l’as su hier soir mais après ta chute, je t’ai proposé de venir te voir et tu as refusé. Tu t’en doutais déjà, c’est ça ? » déclara-t-il d’une voix plus dure cette fois.
« Je venais juste de l’apprendre et... j’étais sous le choc, tu comprends ? J’avais du mal à le croire et je... je devais être sûre avant de... »
« Et t’en as eu la confirmation hier soir... »
Elle acquiesça de la tête.
« T’en as donc parlé à McGarrett ce matin... »
Elle le regarda, hésitante et il fronça les sourcils.
« Catherine ? »
« Non » finit-elle par avouer.
« Non ? Tu as pourtant quitté sa chambre en pleurs et... »
« C’est sa sœur qui l’a mis au courant. »
« Sa sœur ? T'en avais parlé à sa sœur ? » demanda-t-il, stupéfait.
« Non, bien sûr que non ! Elle m’a seulement entendue en parler à... » Elle s’arrêta net en se rendant compte qu’elle venait d'en dire de trop.
« A qui en parlais-tu ? » demanda-t-il d’une voix qui exigeait une réponse.
Elle le regarda, penaude et avoua du bout des lèvres :
« A Kono. »
« Kono ? » répéta-t-il. « Tu en as parlé à elle avant même de m’en parler à moi ? J’ai dû mal à te comprendre, là. Tu te plaignais que tu ne pouvais compter sur aucun d’entre eux et tu te confies à elle ? »
« Elle savait pour toi et moi. Je m’en voulais tellement après que... je me suis confiée à elle. »
Billy l’écoutait, ébahi par ce qu’il apprenait.
Elle le regarda, ne sachant plus quoi dire et elle se mit à pleurer. Billy, quant à lui, la regarda, ne sachant plus très bien quoi penser. Il finit par lui demander d’une voix blanche :
« Tu me l’aurais dit, n’est-ce pas si... ? »
Elle le regarda, horrifiée à l’idée qu’il puisse penser qu’elle lui aurait caché la vérité !
« Evidemment, pour qui tu me prends ? » s’offusqua-t-elle alors.
« Je sais plus quoi penser » avoua-t-il. « Tu en parles à Kono alors que... »
« Je devais lui en parler mais ensuite, j’avais l’intention de venir tout te dire. Crois-moi, Billy, c’est la vérité ! »
« Tu devais ?» demanda-t-il aussitôt. « Pourquoi était-ce plus important de lui parler à elle avant de m’en parler à moi ? Pourquoi, Cath ? »
Mais avant qu’elle ne réponde, il en devina la raison :
« Elle menaçait de tout lui dire, c’est ça... »
Et comme elle baissait la tête, il poursuivit :
« En fait, tu n’avais aucune intention d’en parler à McGarrett. Tu voulais juste t’assurer qu’elle garderait encore le silence en attendant de savoir si j’étais bel et bien le père... »
« Steve ne m’aurait pas pardonnée cette fois. »
Et devant son regard dur, elle essaya de se justifier :
« Je ne pense qu’au bébé et à ce qu’il y a de mieux pour lui ! »
« Et tu crois que vivre auprès d’un père qui reste avec sa mère par obligation et non par amour est ce qu’il y a de mieux pour lui ? Tu penses vraiment que c’est...»
« Il m’aime encore » le coupa-t-elle, blessée.
« Mais quand accepteras-tu de voir la réalité en face, bon sang ! Tu es prête à vivre aux côtés d’un homme qui ne t’aime plus ? Tu es prête à descendre aussi bas pour lui ? »
« Je t’interdis de dire ça ! Il est revenu vers moi... »
« Uniquement à cause du bébé et tu le sais parfaitement ! »
« Elle lui a tourné la tête et... »
« Il l’a demandée en mariage et ils sont fiancés. »
« Il tient encore à moi, je le sais ! »
Il la regarda, triste pour elle, cette fois.
« Tu fonces droit dans le mur, Cath, si tu persistes à nier la réalité. »
« Je n’attends pas que tu me comprennes. »
« Tant mieux parce que j’y arrive pas ! »
Il soupira et devant son silence, demanda : « Je suppose qu’il a très mal pris la vérité. »
« Il est en colère mais je le connais, il va se calmer et puis, si le bébé est le sien, il... »
« Je tiens également à faire le test » lui dit-il alors.
« Ce n’est plus nécessaire puisque... »
« Dis-moi où je dois me rendre » rétorqua-t-il sans tenir compte de ses dernières paroles.
Elle préféra l’avertir :
« Le test a un certain coût mais il peut être gratuit si je le fais en même temps que l’amniocentèse. »
« L’argent n’est pas un problème pour moi et j’aimerais être fixé au plus vite. McGarrett aussi, je pense » répondit-il d’une voix sans appel.
« Billy, je sais que tu es blessé... »
« Je ne sais pas si je suis en colère, déçu ou triste. »
« Je tiens énormément à toi, tu le sais. »
« Mais c’est lui que tu aimes et tu n’es pas prête à le perdre même s’il n’est pas le père du bébé » répondit-il tristement. « Mais je te préviens, si le bébé est de moi, je compte bien faire valoir mes droits. »
Elle le regarda mais ne put dire un mot et c’est lui qui rompit le silence en lui demandant :
« Où dois-je aller pour faire le test ? »
Et après avoir eu le renseignement, il la quitta sans un regard. Une fois seule, elle s’écroula, en pleurs, dans un fauteuil.
26
Tandis que Danny gagnait l’aéroport sous une autre identité, Steve et Chin quittaient l’hôpital en ambulance, escortés par Joe qui venait d’être mis au courant et Mary qui écrasait une fausse larme. Laura avait également averti son amie Pat Jameson qui s’était rendue, la mine grave, à Triplers avant leur départ. Tout avait donc été soigneusement organisé afin de ne pas éveiller les soupçons des Samoans, voire leurs associés... La maison de la plage était ainsi devenue le nouveau QG du 5-0 en attendant le rétablissement de deux de ses membres.
« Espérons que Danny puisse trouver quelque chose » dit alors Chin, une fois tous installés chez Steve.
« Je me demande ce que Moreno avait bien pu découvrir. »
« Quelque chose de drôlement important pour qu’on s’en prenne à son ex » répondit Chin.
« On n’a rien retrouvé à son hôtel. »
« Et si on demandait à Duke de nous amener ce qui a été retrouvé. On sait jamais qu’on soit passé à côté de quelque chose. »
« C’est une excellente idée » approuva alors Joe qui se demandait combien de temps son « fils » pourrait rester les bras croisés.
« J’appelle Kono pour voir où elle en est » dit alors Chin.
« Et toi, tu ferais bien d’appeler Kelly. Si elle se rend à Triplers pour te voir... » dit alors Mary et comme il ne pouvait utiliser son portable, elle lui tendit le sien tandis que Joe passait le sien à Chin.
Comme ses élèves étaient au cours d’informatique, Kelly corrigeait leur dictée du jour. Elle en avait presque terminé quand elle entendit son portable vibrer.
« Steve va bien ? » demanda-t-elle aussitôt, pensant que c'était Mary qui l'appelait et fut soulagée en entendant Steve qui s’étonnait à nouveau de voir à quel point le seul son de sa voix pouvait l’apaiser. Il lui apprit alors qu’il était rentré.
« C’est génial » répondit-elle.
« T’as pas l’air plus emballée que ça » la taquina-t-il en sentant dans sa voix comme une note de regret.
« Bien sûr que si ! C’est juste que... »
« Que dirais-tu de passer chez moi après ta journée ? » lui proposa-t-il, un sourire aux lèvres.
« Ce serait avec plaisir mais tu sais, comme moi, que c’est... »
« Catherine ne sera pas là » la coupa-t-il, ne pouvant s’empêcher de prendre un ton plus dur en pensant à elle.
« Ah... Tu es sûr que je ne... »
« Sûr et certain. »
« Dans ce cas » répondit-elle, déjà impatiente d’aller le retrouver.
« J’ai un petit service à te demander avant. »
« Dis-moi. »
Il lui expliqua en gros le départ de Danny et le fait qu’il ne pouvait appeler sa fille.
« Je lui parlerai après les cours. »
« Merci. Encore autre chose : tu pourrais avoir l’air soucieux en quittant l’école et en venant me voir ? C’est important. Je t’expliquerai pourquoi quand tu seras là. »
« Euh... Oui » répondit-elle, surprise.
« A tout à l’heure. »
« Steve, n’oublie pas que tu es en convalescence, tu dois te reposer. »
« A vos ordres, Moussaillon. »
« Moussaillon ? » s’indigna-t-elle.
Et il raccrocha en riant.
« Où est Catherine ? » demanda alors Joe qui vit les traits de Steve se crisper à cette évocation.
« Tu veux que je lui dise ? » proposa alors Mary et comme son frère ne répondait pas, elle balança toute l’histoire et conclut :
« J’aimerais tellement voir la tête de Kelly quand elle comprendra que vous pourrez à nouveau vivre ensemble ! »
« Et si ce bébé est le tien ? » demanda tout de même Joe.
« Ca ne changera rien » répondit Steve et Joe hocha la tête en signe d’acquiescement.
« Alors ? » demanda Tweeny à Liko venu le rejoindre dans son bureau.
« C’était bien joué de la part de Kendall : McGarrett et Kelly sont hors jeu. Leurs jours ne sont pas en danger et ils ont quitté l’hôpital mais d’après Marvin, ce sont des légumes. »
« Williams ? »
« Un avis de recherche a été lancé mais ordre a été de ne pas l’ébruiter. »
« Bien. »
« Et la fille ? »
« Elle s’est rendue à l’école.... Seule. »
« Donc, ils ne se doutent de rien » conclut Tweeny qui s’empara de son iPhone.
Sur le continent, un bip se fit entendre et Salvo, en découvrant le message, sourit en murmurant pour lui-même :
« Bien » et il avala une nouvelle gorgée de son whisky préféré avant d’appeler Jimmy Cannon...
Rick Peterson, quant à lui, se trouvait déjà au-dessus de l’océan Pacifique et dans moins d’une heure, il serait à Honolulu mais il arrivait trop tard. Tous ses plans pour se venger de la trahison de son ex-équipier venaient de tomber à l’eau après l’exécution pure et simple de ce dernier et il serra les poings de frustration. Il avait pourtant échafaudé le plan parfait pour le faire souffrir, comme il avait souffert, lui, après sa condamnation. Il respira profondément : s’il était là aujourd’hui, c’était pour veiller à ce que rien ne vienne troubler les plans de son patron. Le moment était donc venu de savoir ce que cette fille savait exactement...
27
Kelly venait de rendre à chacun son cahier de lettres quand la cloche annonçant la fin des cours retentit. Elle sourit en voyant les garçons fourrer leur cahier à la hâte dans leur cartable tandis que les filles, elles, prenaient le temps de regarder leur note avant.
« N’oubliez pas de faire signer votre dictée pour demain » leur rappela-t-elle au moment où les premiers quittaient la classe.
« Non, Mademoiselle » répondirent-ils en chœur.
« Grace, veux-tu bien effacer le tableau avant de partir ? » demanda son institutrice et une fois seules, elle l’appela près d’elle :
« Ton papa m’a demandé de te dire qu’ils étaient sur une enquête, lui et Oncle Steve et ils ne peuvent, malheureusement, pas faire ce qu’ils souhaiteraient. Tu sais à quel point Danno aime t’appeler ou que tu l’appelles mais là, ça va pas être possible un petit moment. »
« C’est dangereux ? » demanda Grace, anxieuse.
« Ce n’est sûrement pas la première fois qu’il ne peut pas t’appeler, si ? »
Elle fit non de la tête.
« Dès qu’il pourra, tu seras la première à qui il téléphonera » répondit-elle, en lui souriant tendrement, avant d’ajouter : « Mais il m’a dit de te dire qu’il t’aimait très fort et qu’il te faisait plein de bisous. »
Grace sourit et Kelly lui dit : « Allez, ta maman doit se demander pourquoi tu traînes autant. »
« A demain, Tata » la salua Grace en se blottissant contre elle. Kelly l’entoura de ses bras et l’embrassa sur les cheveux.
« A demain, ma puce » répondit-elle avant de la regarder quitter la classe, le cœur serré, ne pouvant s’empêcher d’être inquiète, elle aussi, quant à cette enquête...
Pendant ce temps, Danny venait de boucler sa ceinture en attendant de décoller pour New York. Il regarda par le hublot l’avion gagner la piste tout en se remémorant les années passées aux côtés de Tim et de Ricky à l’Académie de Police. Années inoubliables à faire les quatre cents coups et à l’heure actuelle, il se demandait encore comment ils avaient pu décrocher leur diplôme ! Enfin, lui et Ricky, car Tim était le plus sérieux des trois, le rabat-joie de service comme l’appelait gentiment ce dernier, mais heureusement qu’il était là pour les rappeler à l’ordre. Il pensa alors à Steve qui devait être aussi sérieux que Tim, si pas plus, sur les bancs de l’Académie militaire et à ses derniers mots avant son départ. C’était tout lui de se proposer pour venir l’aider alors qu’il tenait à peine sur ses jambes. Il sourit à cette évocation avant de se demander, un peu anxieux, ce qu’il allait découvrir à New York. Que savait exactement Inès pour qu’on veuille l’éliminer ? Inès, l’ex de Ricky qu’il ne connaissait même pas. Ils s’étaient pourtant jurés de rester en contact mais leur job et leur vie respectifs les avaient inexorablement éloignés les uns des autres au fil du temps. Il n’avait d’ailleurs jamais su pour ce dramatique accident qui avait détruit son ami.
« Un café, Monsieur ? Ou un soda ? » le tira alors de ses pensées une hôtesse de l’air.
« Un café, merci » répondit-il en répondant à son sourire.
Et ses pensées le menèrent à Kelly. Elle n’était pas du tout le genre de fille dont Ricky s’amourachait et pourtant, il était tombé sous son charme. Il revit alors le moment où il avait tiré sur lui, moment flou mais il voyait encore son regard avant de mourir. Était-ce de voir que son meilleur ami l’avait descendu ou s’inquiétait-il pour Kelly, seule au fond de cette grotte et qui n’avait aucune chance de s’en sortir sans aide ? Et maintenant qu’il connaissait la vérité à son sujet, il se demandait si Ricky comptait réellement aller la rechercher comme il le lui avait dit ? Et s’il l’avait fait, qu’aurait-il fait d’elle ? L’aurait-il séquestrée en attendant la fin de son enquête ? Lui aurait-il avoué sa couverture pour qu’elle patiente ? Avait-il l’espoir qu’elle tombe amoureuse de lui ? Il soupira. Toutes ces questions sans réponse l’épuisaient et il ferma les yeux. Sa dernière pensée avant de s’endormir fut pour Grace : il aurait tellement voulu l’entendre lui raconter sa journée, lui dire bonne nuit comme il le faisait tous les soirs...
Après le départ de Grace, Kelly ne s’attarda pas plus longtemps et gagna sa voiture, impatiente d’aller retrouver Steve. Elle n’avait aucune idée du temps qu’elle pourrait passer auprès de lui et elle ne voulait pas en perdre plus. Elle quitta l’école, la mine grave, comme il le lui avait demandé mais elle n’eut aucun effort à faire car elle ne pouvait s’empêcher d’être nerveuse. Le départ de Danny l’inquiétait et la demande de Steve n’était pas faite pour la rassurer.
Arrivée à destination, Mary vint lui ouvrir la porte avant même qu’elle ne frappe.
« Entre » lui dit la sœur de Steve qui s’effaça pour la laisser passer.
Kelly fronça les sourcils en voyant son air soucieux mais en apercevant Chin et Joe, elle ne posa pas de questions et alla les saluer.
« Mon frère est dans sa chambre, il t’attend » lui dit alors Mary et une fois Kelly passée devant elle, elle retrouva le sourire et regarda les autres en leur faisant un clin d’œil malicieux.
Kelly entra dans la chambre au moment où Steve sortait de la salle de bains, une simple serviette autour des hanches. Il sourit en la voyant et s’avança aussitôt vers elle.
« Ca fait du bien de prendre une bonne douche » dit-il en l’enlaçant et en posant ses lèvres sur les siennes. « Je suis pas encore tout à fait essuyé. Alors si l’envie de prendre toi aussi une... » ajouta-t-il, tout contre sa bouche.
« Tu viendrais me frotter le dos, c’est ça ? » demanda-t-elle, taquine, oubliant tout ce qui la préoccupait, une fois dans ses bras.
« Entre autres... » dit-il, un sourire aux lèvres.
« Tu m’as l’air d’humeur bien badine » dit-elle en se reculant légèrement, un tendre sourire aux lèvres, elle aussi : « Seraient-ce les effets de... ? »
C’est alors qu’elle remarqua derrière lui le cadre avec les photos de leurs fiançailles.
« Tu as changé de cadre et remis les photos de... » commença-t-elle, surprise mais touchée.
« Ma sœur m’a tout raconté » lui révéla-t-il alors. « Et c’est elle qui est allée en acheter un nouveau. »
« Mais... Catherine ? » demanda alors Kelly, un peu perdue.
« C’est terminé. »
« Steve, on s’était mis d’accord pour attendre que je... » s’écria-t-elle.
« C’est plus nécessaire. »
« Bien sûr que si ! »
« Pas après ce que j’ai appris ce matin. »
Elle le regarda, les sourcils froncés.
« C’est peut-être pas moi le père du bébé » lui apprit-il.
« Quoi ?.... Steve, tu me fais marcher là ? » demanda-t-elle, ayant du mal à le croire.
« Non, c’est la vérité. »
« Comment est-ce possible ? » demanda-t-elle tout en remettant sa mèche de cheveux derrière l’oreille. « Je veux dire, elle... elle t’a trompé mais... ça colle vraiment pas avec tout ce qu’elle a fait. »
Steve soupira : « Je sais, pourtant c’est le cas. »
« Comment l’as-tu su ? C’est elle qui... ? »
« C’est ma sœur... »
« Mary ? »
« Elle a entendu une conversation entre Catherine et Kono et en apprenant ce qu’elles cachaient, elle m’a mit au courant. »
« Kono ? Catherine en parlait à Kono ? »
Steve soupira à nouveau tout en se grattant le front du pouce :
« Kono savait tout depuis le début » lui annonça-t-il en ne la quittant pas des yeux.
28
« Quoi ? » demanda-t-elle, allant de surprise en surprise. « Tu n’es quand même pas en train de me dire qu’elle savait que... qu’il se pouvait que... »
« Si » répondit Steve dont l’expression de son visage s’était durcie.
Devenue blême, elle s’assit sur le lit : « Et elle n’a rien dit ! J’arrive pas à le croire... » lâcha la jeune femme qui tombait des nues.
Steve, en voyant combien cette découverte l’affectait, serra les mâchoires. Il s’assit à ses côtés et passa un bras autour de ses épaules en l’attirant à lui.
« Tu lui as parlé ? » demanda alors Kelly.
« Un peu ce matin. »
« Et elle t’a dit pourquoi elle... »
« Selon elle, c’était à Catherine de le dire. »
« Elle a pas tort » glissa doucement Kelly.
« Tu reprends pour elle ? » demanda-t-il, étonné.
« Je sais pas, j’essaie de comprendre. »
« Kono aurait dû tout me dire à partir du moment où ce bébé a remis en question notre mariage. Si on l’avait su, on se serait jamais quittés ! Comment a-t-elle pu laisser faire ça ? Comment Catherine a-t-elle pu la convaincre de garder le silence ? Ca me dépasse ! »
« Tu lui as posé la question ? »
« On n’a pas vraiment eu l’occasion d’en parler » reconnut-il en faisant la moue.
« Alors, en attendant d’en savoir plus, on pourrait lui laisser le bénéfice du doute, tu crois pas ? »
« T’es incroyable, toi. Tu as toutes les raisons de lui en vouloir et pourtant, tu... » dit-il d’une voix radoucie.
« Tout est allé de travers à partir du moment où on a appris cette grossesse » le coupa-t-elle. « Et on a tous pris des décisions en pensant qu’on faisait ce qui était le mieux et quand on voit le résultat de tout ça... Mais ne te méprends pas, quand je dis tous, je parle évidemment pour toi, Kono et moi. Catherine, elle, si je l’avais devant moi, je l’étranglerais sur place ! » L’expression qu’elle affichait alors sur son visage fit sourire Steve qui déclara pour la taquiner :
« Ce ne sont pas des choses à dire devant un policier, tu sais bien que je pourrais t’arrêter pour ça... »
« Disons que cette fois, c’est pas moi qui quitterais la maison en pleurs, c’est mieux comme ça ? »
Il lui sourit et revint la prendre dans ses bras :
« Plus ou moins... »
« Mais tout ça est derrière nous » ajouta-t-elle en lui caressant tendrement la joue.
« Tu as raison ! » s’exclama-t-il en ayant retrouvé, lui aussi, le sourire.
Elle le vit alors ouvrir le tiroir de sa table de nuit, puis l’écrin qui s’y trouvait pour prendre sa bague de fiançailles entre ses doigts. Il leva les yeux vers elle, un peu hésitant :
« Tu es sûr que ce n’est pas prématuré ? » lui demanda-t-elle.
« Ne me dis pas que tu penses qu’elle pourrait encore croire que je... ? »
« J’en sais rien. Va savoir ce qui lui passe par la tête ! Peut-être qu’elle se dit qu’avec le bébé... »
Elle le vit soupirer et il lui avoua alors : « Tu sais, c’est pas la première fois qu’elle me trompe avec lui. »
Elle le regarda, surprise, mais le laissa poursuivre :
« J’étais encore seal. Elle m’avait quitté pour Billy mais ça n’a pas duré. A force de se croiser, on a fini par se remettre ensemble mais ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, ça a même pris beaucoup de temps avant que je ne lui pardonne mais à l’époque, j’étais libre et c’est plus le cas aujourd’hui. »
« Tu vas même te marier... » ajouta Kelly, malicieuse.
« Si la femme que j’aime accepte de mettre cette bague au doigt et cesse de discuter » répondit-il sur le même ton avant de prendre un air sérieux.
Ils se regardèrent alors et comme elle ne bronchait pas, il lui prit la main et elle baissa les yeux pour le voir, émue, lui passer à nouveau la bague au doigt.
« Maintenant, on peut reprendre là où nous en étions » dit-il, tout sourire. Elle admira à nouveau sa bague et quand elle leva vers lui des yeux humides, il se pencha, ému lui aussi, pour s’emparer de ses lèvres. Elle passa alors les bras autour de son cou et elle répondit à son tendre baiser qui se transforma vite en un baiser fougueux. Il la repoussa alors sur le lit, tout en continuant à l’embrasser et Kelly sentit la serviette, qu’il avait toujours autour des hanches, se dénouer. Il s’écarta d’elle, sourit de plus belle mais quand il voulut retirer le t-shirt de sa fiancée, elle lui dit :
« C’est peut-être pas le moment... »
« Au contraire » répliqua-t-il en renouvelant sa tentative.
« Steve » réussit-elle à dire et il s’arrêta pour la regarder.
« Je crois que ta sœur et les autres nous attendent... »
« Qu’ils attendent ! »
Il s’empara à nouveau de sa bouche mais elle le repoussa gentiment.
« Ca se fait pas... »
Il soupira en faisant la moue mais alors qu’il se relevait, elle l’attira à nouveau à elle en marmonnant : « Oh et puis après tout... »
Mais après avoir fait l’amour, Steve fut pris d’un malaise et dut s’allonger.
« Ca va ? » demanda, inquiète, Kelly.
« Oui, c’est juste un vertige, ça va passer. »
Elle se leva et lui amena un verre d’eau.
« Ca va déjà mieux » dit-il en lui souriant.
« Tu vois, je savais qu’on aurait dû descendre » le taquina-t-elle.
« Je regrette pas ! »
« Moi non plus » répondit-elle en l’embrassant sur la bouche. « Au fait, tu m’as pas encore dit pourquoi je devais faire une tête d’enterrement en venant. Qu’est-ce qui se passe ? »
Steve soupira et lui en expliqua, dans les grandes lignes, la raison.
« Vous êtes en danger ? » demanda-t-elle, anxieuse.
« Non, je pense pas, juste surveillés. »
« Et Danny ? »
« New York est sûrement le dernier endroit où on s’attend à le voir. C’est Hawaii qui est dans le collimateur de ces truands. »
« T’as pas répondu. »
« Si on le reconnaît, oui, mais Danny est un flic et puis, il est pas seul, il va retrouver son ami, flic lui aussi. »
« J’ai fait le message à Grace mais c’est pas facile de la voir anxieuse et ne pas pouvoir la rassurer... »
« Je suis passé par là aussi avec mon père et malgré les paroles rassurantes de ma mère, je n’étais apaisé que lorsqu’il rentrait à la maison. »
Kelly posa une main sur la sienne.
« Tu sais que t'es la première à qui je confie ce genre de choses » lui apprit-il et le voir, les yeux humides, la toucha.
« Eh bien, il va falloir t’y habituer maintenant que je ne vais plus te quitter » lui dit-elle tendrement en lui montrant sa bague, ce qui le fit sourire.
« Allez, je crois qu’on les a fait assez patienter » dit-il alors pour éviter que la conversation ne revienne sur Danny.
Et ils descendirent rejoindre Mary, Chin et Joe...
30
Les larmes s’étaient taries mais Catherine n’avait pas bougé du fauteuil. Elle restait là, prostrée, le regard dans le vide. C’est la sonnerie de son téléphone qui la sortit de sa torpeur. Elle se précipita dessus, espérant un appel de Steve mais ce n’était pas le cas. Elle décrocha néanmoins :
« Lieutenant Rollins ? »
« Oui ? »
« Docteur Lawson. Je vous appelle suite à l’annulation de votre rendez-vous. J’ai bien pris note du changement intervenu dans votre vie privée mais Madame la Procureur tient malgré tout à ce que vous respectiez l’injonction dont vous êtes l’objet... »
Catherine ferma les yeux et écouta le médecin poursuivre :
« Etant donné que vous êtes en arrêt de travail et que j’ai un créneau qui se libère dans une heure, je propose que l’on se voit aujourd’hui à mon cabinet. Est-ce possible pour vous ? »
« Euh... C’est que je ne suis pas bien pour l’instant et... »
« Lieutenant Rollins, vous devez savoir que vous ne pourrez pas vous soustraire indéfiniment à une injonction judiciaire » répondit le médecin d’une voix ferme mais douce. « Vous risquez des poursuites pénales et ce n’est pas le but. »
Le médecin l’entendit soupirer mais fut soulagée en l’entendant répondre :
« Je serai là. »
Et effectivement, une heure plus tard, elle frappait à sa porte.
« Entrez, Lieutenant » entendit-elle crier et elle entra dans le cabinet du Docteur Lawson qui était au téléphone.
« Asseyez-vous » lui souffla-t-elle et le franc sourire qu’elle lui adressa la rassura un peu. Elle s’assit dans un confortable fauteuil et jeta un œil autour d’elle en patientant. Elle remarqua un casque posé sur un petit meuble où trônait une photo d’une femme blonde, cheveux courts, élancée, tout sourire, sans aucun doute le Docteur Lawson, posant sur une grosse moto turquoise, son casque à la main. « Une Hayabusa, elle a du goût » se dit Catherine « et elle aime la musique » en voyant un piano. Le médecin raccrocha alors et s’avança vers sa nouvelle patiente.
« Désolée pour ce petit contretemps. Je suis le Docteur Jessy Lawson » dit-elle alors en lui tendant la main, remarquant aussitôt les traits tirés de la jeune femme et sa mine triste.
« Docteur » dit Catherine en lui serrant la main et tandis qu’elle s’asseyait, le médecin prit place dans le fauteuil qui lui faisait face. La psy amorça aussitôt la conversation :
« Si vous êtes ici, Lieutenant, c’est parce qu’on vous l’a imposé mais sachez que tout ce qui se dira dans ce cabinet restera strictement entre vous et moi. Un rapport sera bien entendu adressé à la Procureur, Madame Prescott... »
« Mais vous venez de dire que tout ce que je dirai restera confidentiel… » la coupa Catherine.
« Absolument. Le rapport ne reprendra pas ce que vous me confierez mais vous avez commis un acte punissable par la loi et… »
« J’avais une bonne raison » la coupa à nouveau Catherine.
« Aucune raison ne justifie ce que vous avez fait » rétorqua Jessy Lawson d’une voix ferme. « Vous avez piraté un dossier confidentiel dans le seul but d’y trouver un élément qui porterait préjudice à la nouvelle compagne de votre ex et ce, dans l’espoir de le voir revenir vers vous, sans vous soucier des conséquences d’un tel acte. »
Catherine baissa la tête.
« Vous êtes venue contre votre volonté mais ne prenez pas ces séances comme une punition mais comme un moyen de vous retrouver, de vous reconstruire car c’est bien de cela qu’il s’agit dans votre cas » poursuivit la psy sur le même ton. « Que vous soyez déprimée est tout à fait normal. ‘L’esprit amoureux’ ne raisonne pas, il cogite en boucle et torture inlassablement vos nuits blanches, sans relâche, en épuisant toute votre énergie vitale. Une telle déprime ne doit pas vous alarmer, c’est un passage obligé pour vous sentir mieux mais chez vous, elle vous a poussée à franchir certaines limites que vous n’auriez jamais franchies en temps normal. »
Constatant qu’elle avait suscité l’intérêt de la jeune femme, elle poursuivit :
« Une rupture est un échec et il faut le digérer. C’est dès lors tout un processus qu’il convient de mettre en place et c’est ce que nous allons faire, vous et moi, pour vous permettre de vous sentir mieux et la première étape indispensable à toute reconstruction est de comprendre la rupture. Je vais vous choquer en vous disant qu’une séparation amoureuse est la meilleure décision qui pouvait vous arriver. »
Jessy Lawson sourit en voyant la réaction de Catherine, elle en avait l’habitude...
« Oui, car sans le savoir, vous n’étiez pas réellement heureuse dans votre histoire. Je ne dis pas que votre ex n’est pas la bonne personne pour vous mais que la relation dans laquelle vous étiez n’était pas la plus épanouissante. Et pour quelle raison ? Tout simplement parce que la rupture est intervenue et que cela est révélateur d’un mal être. »
« Oui mais j’attends un bébé maintenant. »
« Nous y viendrons mais pour avancer, vous devez d’abord comprendre la raison de cet échec. »
« Je veux sauver mon couple, pas faire une croix dessus ! » s’exclama Catherine qui poursuivit, en colère cette fois : « Et si le but de Prescott en m’imposant ces séances est de faire en sorte que je renonce à Steve, vous pourrez lui dire qu’elle perd son temps et vous le vôtre car ça n’arrivera pas ! »
« Si votre ex a pris cette décision, c’est qu’il n’était plus épanoui dans votre histoire et forcément, c’était un peu la même chose pour vous » répliqua la psy. « En amour, on ne peut avoir une personne malheureuse et l’autre extrêmement positive. Une rupture ne fait que mettre en évidence un mal être qui existait déjà entre vous. Peut-être ne vouliez-vous pas le voir ou peut-être que vous vous en contentiez. »
« Notre relation n’était peut-être pas parfaite mais nous étions heureux ensemble. Il a fallu qu’elle débarque et... » Catherine ne put poursuivre. La psy la vit respirer profondément avant de s’essuyer les yeux.
« Parlez-moi du Commandant McGarrett, de votre rencontre, de votre relation... » demanda alors le Docteur Lawson de sa voix douce.
Catherine soupira mais répondit à la demande du médecin :
« Notre rencontre remonte à près de quinze ans maintenant... »
« Félicitations » s’écria Mary en voyant Kelly montrer fièrement sa bague de fiançailles tandis que Steve passait un bras autour des épaules de sa fiancée, l’attirant à lui, tout sourire. Elle alla aussitôt les embrasser et attaqua : « J’ai plein d’idées pour votre mariage. Tu vas voir ce que j’ai ramené de Los Angeles, je suis sûre que ça va te plaire ! »
« Tout est bien qui finit bien » dit alors Chin en faisant une accolade à son ami avant d’embrasser Kelly.
« Ne comptez pas sur moi pour vous aider. Organiser un mariage, c’est vraiment pas mon truc » dit alors en riant Joe qui serra dans ses bras la jeune femme avant de féliciter celui qu’il considérait comme son fils. Steve le regarda, ému, lui faire un petit signe de tête en signe d’approbation.
C’est sur ces entrefaites qu’entra Kono.
30
« Tu arrives au bon moment. Steve et Kelly sont à nouveau fiancés » lui apprit son cousin. Elle s’avança vers eux, hésitante, sous le regard impassible de son supérieur et un peu mal à l’aise de Kelly.
« J’en suis vraiment très heureuse » dit-elle alors, un timide sourire aux lèvres avant d’ajouter : « Je suis sincère... »
« Merci » répondit simplement Steve.
« C’est gentil » répondit Kelly, ne sachant pas trop comment se comporter.
Mary, pour dissiper le malaise qui s’était installé, proposa de fêter cette nouvelle autour d’une pizza.
« Et pourquoi on ne demanderait pas à Kamekona de nous livrer des crevettes ? » suggéra alors Joe.
« Il pourrait manger avec nous » proposa Kelly. « Laura aussi pourrait venir... sauf si tu juges que leur présence pourrait poser problème... »
« Non » dit en souriant Steve avant d’ajouter : « Toi, t’as hâte d’annoncer la nouvelle à Laura. »
« Elle sait déjà, enfin... pas encore tout mais... » lui apprit Kelly, les yeux pétillants.
« Vous êtes devenues très proches toutes les deux. »
Sa fiancée acquiesça de la tête : « C’est vrai, je tiens beaucoup à elle. »
« Et c’est réciproque » dit alors Joe, un sourire aux lèvres. « Pour moi, ce sera une Jambalaya. »
« Joe, vous allez finir par avoir un ulcère à l’estomac à manger aussi épicé » s’exclama Steve en faisant une grimace dégoûtée, tandis que Mary prenait note de la commande.
Rick Peterson venait d’arriver à son hôtel. Après avoir déposé sa valise, il ouvrit le bar et s’installa sur le balcon, une bière à la main.
« A la tienne, Danny » dit-il en levant sa bouteille vers le ciel avant de soupirer à nouveau de frustration. Toutes ces années à échafauder un plan infaillible et voilà qu’après l’avoir privé de sa liberté, il le privait maintenant de ce doux plaisir qu’est la vengeance. Il se replongea dix ans plus tôt en avalant une nouvelle gorgée de bière.
New York, 3 avril 2000.
Il était assis sur le banc des accusés et retenait son souffle en voyant son équipier, l’officier Danny Williams, venir à la barre. Il le vit prêter serment et répondre aux premières questions du procureur et puis, arriva le moment où il retint sa respiration :
« Officier Williams, est-ce la première fois que vous voyiez le sergent Peterson voler des pièces à conviction sur une scène de crime ? »
Il pouvait voir à nouveau son équipier bouger sur sa chaise, mal à l’aise.
« Vous témoignez sous serment, officier Williams » lui rappelait le procureur.
« Non, c’est pas la première fois. »
Il avait fermé les yeux : il l’avait trahi...
« Quel genre d’indices avez-vous déjà vu le sergent Peterson prendre ? »
« De la drogue... Des armes... De l’argent » avait répondu Williams.
Pire, il l’avait enfoncé...
Il avait été condamné à dix ans de réclusion à Rikers Island et il avait perdu ce qui lui était le plus cher au monde : sa femme, partie avec un autre après cinq ans, et son fils qui ne voulait plus entendre parler de lui...
Il se rendit compte alors qu’il serrait les mâchoires et les poings. Il termina sa bière et rentra dans la chambre : ces prochains jours allaient être chargés et il devait préparer le terrain. Mieux valait être frais et dispo...
Kono s’approcha alors de Steve et Kelly.
« On peut s’isoler un moment ? » leur demanda-t-elle, mal à l’aise.
« J'’ai aucune envie d’aborder ce sujet maintenant » répondit Steve froidement.
« Il y a un malaise entre nous et... »
« T’aurais dû y penser avant » rétorqua le seal.
« Steve » le rabroua Kelly. « Kono a raison, il y a un malaise entre nous et si on peut le dissiper… »
Les deux jeunes femmes le virent se mordre la lèvre inférieure.
« Viens » dit alors Kelly à Kono et elle se dirigea vers la rampe d’escaliers. Kono lui emboîta le pas mais Steve ne bougea pas. Kelly se retourna et lui lança un regard sans équivoque, sans parler de ses amis et de sa sœur et il monta les rejoindre. Il entrait dans la chambre alors que Kelly avouait à Kono :
« Je ne te cache pas que savoir que tu étais au courant et que tu n’as rien dit, peut-être pas à moi mais au moins à Steve, m’a surprise. Je ne m’attendais pas du tout à ça de ta part… »
« Tu sais, quand j’ai appris la nouvelle au QG, je… je suis tombée des nues. Sur le moment même, j’ai pas su comment réagir et finalement, je me suis retrouvée piégée entre vous et elle » et en regardant Steve : « Oui, à ce moment-là, je savais qu’elle t’avait trompé et j’ai tout de suite pensé à Billy mais... »
« Mais tu m’as rien dit » dit Steve d’une voix désabusée.
« Je ne voulais pas te donner un faux espoir au cas où. J’ai préféré aller la trouver pour être sûre que... »
« En sachant tout ce qu’elle avait déjà fait pour le récupérer, tu pensais vraiment qu’elle t’aurait dit qu’elle avait un doute ? Franchement ? » demanda Kelly, surprise.
« Elle savait très bien ce qui allait arriver ! » asséna le seal avant que Kono ne puisse répondre. « C’était pas la première fois qu’elle me trompait avec lui et tu le savais aussi, ça !........ Comment t’as pu entrer dans son jeu, Kono ? Comment ? » demanda-t-il, blessé.
« Je… J’ai pensé au bébé. S’il était de toi… »
« Et alors ? Tu crois pas que ça aurait été à moi de décider dans ce cas ? »
Kono le regarda, les larmes aux yeux et lâcha un timide : « Essaie de me comprendre, c’était pas à moi de te le dire… »
« Tu n’avais pas à juger à ma place de ce qui était le mieux ou pas pour « mon » enfant ! » rétorqua-t-il, se maîtrisant visiblement.
« Jamais, je ne l’aurais laissée… »
« T’avais le pouvoir de mettre fin à cette mascarade... »
« Je te l’ai dit : c’était pas à moi de… »
« C’était pas non plus à ma sœur de venir tout me dire si tu vas par là mais elle, elle l’a fait ! »
Kelly regarda Kono baisser la tête.
« Bon sang, tu nous voyais souffrir et t’as rien fait ! Comment t’as pu te montrer aussi insensible ? COMMENT KONO ? » s’énerva Steve.
« Parce que tu crois que moi, je souffrais pas ? Tu crois que ça me plaisait d’être au milieu d’une histoire qui me regardait pas ? » se rebiffa-t-elle.
« Tu n’avais qu’un mot à dire ! » riposta le seal d’une voix dure.
« Tu réagis comme si j’avais gardé ce secret pendant des mois alors qu’il ne s’est passé que quelques jours. Tu me juges sans même me laisser le bénéfice du doute ! »
« Tu dois aussi nous comprendre » intervint Kelly avant que Steve ne parle. « Catherine ne s’est jamais montrée honnête et pourtant, c’est envers elle que tu t’es montrée loyale et ça fait mal, surtout venant de toi. »
« Je sais et je m’en veux tellement pour tout mais je ne suis pas restée à vous regarder souffrir, comme tu dis » répondit-elle en regardant Steve cette fois « sans rien faire. J’ai essayé de la convaincre de… »
Et elle leur apprit ses diverses entrevues avec Catherine.