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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 04.01.2016 à 14h07
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Une importante alliance est sur le point de se conclure à Oahu entre différents parrains de la Côte Est et le 5-0 est toujours à la recherche d’indices... » mesange
Cette fanfic compte déjà 47 paragraphes
11
A la fin des cours, Grace attendit d’être seule avec Kelly pour enfin aller la trouver, comme sur le temps de midi, son institutrice et Eric avaient réglé les derniers détails de l’excursion du lendemain.
« Oncle Steve et toi, vous allez vous marier, c’est sûr maintenant ? » demanda Grace en insistant sur les trois derniers mots.
« Oui, c’est sûr » lui répondit Kelly, tout sourire, elle aussi en voyant à quel point sa nièce était heureuse pour eux.
« Je vais demander à maman pour changer de week-end, comme ça, je pourrai venir avec toi choisir ta robe de mariée samedi. Elle pourra pas te dire non à toi » s’exclama Grace, excitée à cette idée.
« C’est pas samedi qu’est organisé ton goûter d’anniversaire chez maman ? »
« Si mais ce n’est que l’après-midi. On pourrait aller le matin et tu me ramèneras après chez maman. »
Kelly sourit : « J’ai aussi hâte que toi d’aller choisir ma robe mais ce serait pas pareil sans Kono et je suis pas sûre que l’enquête sera résolue samedi. Il faut aussi que Malia et Laura s’organisent pour pouvoir nous accompagner et puis, c’est quand même mieux de pouvoir prendre son temps, tu crois pas ? »
Sa nièce fit oui de la tête.
« Et on a une fête à organiser chez Oncle Steve aussi, t’as pas oublié quand même ? » ajouta Kelly en lui faisant un clin d’œil.
« J’ai dit à Danno que je ne voulais pas faire de fête chez Oncle Steve... »
« Mais pourquoi ? » demanda Kelly, surprise.
« Parce que tu serais pas venue mais maintenant, je veux bien » ajouta-t-elle avec empressement avant de demander d’une voix pleine d’espoir : « Tu crois que Danno sera revenu ? »
« Je suis sûre qu’il ne voudra rater ton anniversaire pour rien au monde et nous ne sommes que jeudi. Allez, ta maman doit se demander pourquoi tu traînes autant. »
« Elle commence à avoir l’habitude » répondit Grace en riant, ce qui fit sourire Kelly qui, après avoir pris son sac, ferma la classe derrière elles. Elles allaient quitter l’école quand elles croisèrent Catherine qui s’arrêta pour embrasser Grace tout en lui demandant :
« Ah Grace, tu tombes bien. Tu peux me dire où se trouve le bureau de la Directrice ? »
Kelly, à ces mots, pâlit.
« Par là » répondit seulement Grace en montrant du doigt un couloir avant de regarder Kelly d’un air interrogateur.
« Merci, ma chérie » répondit Catherine qui passa devant sa rivale, un sourire aux lèvres.
Celle-ci voulut la retenir mais devant le regard de sa nièce et ses collègues tout proches, elle ne put que la regarder s’éloigner.
« Pourquoi elle veut voir Madame Moana ? »
« J’en sais rien » répondit son institutrice en essayant de rester naturelle.
« Grace » entendirent-elles alors et sa nièce l’embrassa avant d’aller rejoindre sa maman.
Kelly regarda à nouveau vers le couloir, indécise : devait-elle essayer d’empêcher Catherine d’aller parler à la directrice ou... ? Cette simple pensée la mit en rage et c’est d’un pas décidé qu’elle se rendit, elle aussi, devant le bureau de Madame Moana mais au moment où elle y arrivait, la porte se refermait sur Catherine. Elle fut tentée d’appeler Steve mais que pourrait-il faire ? Elle s’appuya alors contre le mur et ferma les yeux, frustrée : Catherine l’avait quand même devancée... Elle quitta l’école et une fois au volant de sa voiture, essaya de reprendre contenance et de se rassurer comme elle put : quel crédit la directrice pourrait-elle accorder aux allégations de Catherine qu’elle ne connaissait même pas ? De plus, elle l’avait toujours soutenue alors qu’elle aurait pu lui en vouloir d’avoir gardé pour elle son terrible passé. Mais si Catherine se montrait assez persuasive, quelle serait la sanction ? Avec un peu de chance, elle devrait simplement lui prouver que ce n’était que pure spéculation de sa part avant la rentrée mais la directrice la laisserait-elle prendre part à l’excursion prévue le lendemain ? Elle essuya une larme de rage.
« Si je tombe, je tomberai pas seule, ça, je te le garantis » laissa-t-elle échapper avant de démarrer. Elle décida de passer d’abord à son domicile pour reprendre tout ce qui était périssable et nettoyer le frigo avant de le couper : ça l’aiderait à se calmer avant de rentrer.
Laura écouta la suite du récit de Joe qui se replongea en 2005 :
Je venais de passer près d’une demi-heure à batailler ferme pour obtenir de mon supérieur l’autorisation d’aller rechercher Steve mais celui-ci restait inflexible. Il me comprenait mais la mission avait été remplie et malheureusement pour Steve, Anton n’était plus là. Je n’eus dès lors d’autre choix que de lui remettre ma démission qu’il refusa dans un premier temps mais je restai inflexible : Steve était un fils pour moi et rien ni personne ne m’empêcherait d’aller le rechercher !
Quand je sortis du bureau, ils étaient tous là, du moins ceux qui étaient rentrés sains et saufs, à m’attendre, prêts à repartir pour aller les sauver. C’est le cœur serré que je leur appris qu’il n’y aurait pas de mission de sauvetage mais ils me connaissaient suffisamment pour savoir que jamais je n’abandonnerais Steve.
« Commandant White, vous n’avez qu’un mot à dire et nous vous suivrons ! » » dit alors Franck.
Les autres acquiescèrent.
Je posai une main sur son épaule :
« Je sais » répondis-je, reconnaissant. « Mais je ne peux vous demander un tel sacrifice. »
Je leur appris alors ma démission et c’est dans un silence de mort que je quittai les lieux mais un quart d’heure plus tard, au moment de monter dans l’hélicoptère de mon ami, j’entendis crier derrière moi :
« Hey, vous ne comptiez quand même pas partir sans moi ? » dit Sam Hannah.
« Sam... »
« Quoi ? Si j’ai envie de passer ma perm avec vous, ça me regarde, non ? » et au regard de défi qu’il me lança, je sus qu’il ne servirait à rien de discuter.
C’est alors que nous vîmes débouler une moto et quelle ne fut pas ma surprise en voyant Ryan Graison retirer son casque. C’était le nouveau arrivé dans l’unité de Steve, un élément prometteur dont le côté un peu « jeune chien fou » avait séduit son commandant qui l’avait pris sous son aile.
« Ryan, vous n’avez rien à faire ici ! » dis-je alors d’une voix ferme.
« Vous n’êtes plus mon supérieur » répondit celui-ci en me défiant du regard. Je cherchai tout de même à le dissuader mais Sam intervint :
« Il a obtenu son Trident lui aussi » dit-il en me lançant un regard de côté.
« Vous savez ce que vous risquez ? »
« Le Commandant McGarrett le ferait aussi pour moi » répondit celui-ci avec conviction et je vis Sam hocher la tête en signe d’assentiment.
12
Je soupirai et laissai monter le jeune Seal dans l’hélico et c’est un peu avant quatre heures du matin que mon vieil ami nous déposa à un kilomètre du signal de Freddy. Arrivés près du campement, je repérai celui-ci assez rapidement et sifflai pour m’annoncer.
« Joe ! » murmura Freddy, soulagé de me voir avant de remarquer que je n’étais pas venu seul. « Ryan, Sam » dit-il alors surpris, en découvrant que non seulement, le jeune Ryan était venu mais également Sam Hannah qui était visiblement rentré de mission.
« Alors ? » demandai-je, impatient.
« Il est là mais ils montent la garde, impossible de tenter quoi que ce soit sans se faire repérer. »
Il nous raconta alors ce qu’il s’était passé et termina en nous apprenant :
« C’est Anton qui a appelé et qui a empêché ces hommes de... »
« Avoir capturé Steve est une aubaine pour lui. On peut être sûrs qu’il va revenir » dit Sam.
« Si nous sommes là, c’est pour ramener Steve et vu son état, il ne faut pas traîner » dis-je alors d’une voix sans appel.
Je les vis tous acquiescer et chacun sut ce qu’il avait à faire. Nous nous approchâmes prudemment de l’endroit où était détenu Steve. Sam et Ryan contournèrent l’abri et prirent à revers deux gardiens qui faisaient leur ronde. Je n’avais pas besoin de les voir pour savoir qu’ils leur avaient brisé la nuque et caché leur corps. De mon côté, Freddy avait lancé un caillou, puis un deuxième et alors que le garde s’avançait pour jeter un œil, je lui assénai un coup de crosse sur la tête avant de lui briser à mon tour la nuque afin de ne prendre aucun risque. Je m’emparai de son trousseau de clés et j’entrai dans la pièce le cœur battant à tout rompre en adressant une prière muette pour que Steve soit encore vivant. Freddy me suivait, traînant derrière lui le corps du garde et nous le vîmes allongé à terre, les poignets et les chevilles entravés par des chaînes. Son extrême pâleur et sa respiration difficile m’alertèrent aussitôt, sans parler de sa peau moite et froide.
« Steve » l’appelai-je doucement. « Tu m’entends ?... Fiston... »
Celui-ci ouvrit des yeux hagards et dit difficilement : « S...soif. »
« Je sais, fiston, mais tu es blessé. On va te sortir de là mais tu dois t’accrocher. Tu m’entends ? »
« J...Joe... »
« Oui, c’est moi. Je suis là. Freddy, Ryan et Sam aussi. On va te sortir de là » répétai-je, la peur au ventre en voyant dans quel état il était déjà. J’essayai toutes les clés du trousseau pour lui retirer les chaînes mais sans succès. Je crochetai alors les serrures les unes après les autres tandis que Freddy s’occupait de sa blessure : il retira doucement la main de son ami et je le vis grimacer en voyant la peau bleutée. Il mit un autre morceau de tissu qu’il plaqua contre la plaie après l’avoir imbibé d’alcool, ce qui fit gémir Steve.
« Tiens-bon, mon frère » dit-il d’une voix qu’il voulait rassurante.
Ils entendirent alors Sam souffler :
« Faut pas traîner... »
Je finis d’enlever les chaînes et avec l’aide de Freddy, nous le soulevâmes. Steve gémit à nouveau tout en gardant les yeux fermés.
« Serre les dents, fiston. »
Nous sortîmes de l’abri et nous dirigeâmes vers les sous-bois. Nous ne progressions pas aussi vite que je l’aurais souhaité, chaque secousse le faisant gémir de plus belle. Nous étions à trois cents mètres de l’hélicoptère quand nous entendîmes une cloche retentir derrière nous. Nous pressâmes le pas et Steve perdit connaissance. Sam me relaya mais Freddy ne voulut pas lâcher son ami et Ryan et moi assurâmes nos arrières.
Nous eûmes juste le temps de le hisser à bord que les premiers coups de feu retentissaient. Mes trois hommes ripostèrent aussitôt tandis que l’hélicoptère prenait de l’altitude. Sam cria à ce moment :
« Là, c’est Hesse ! »
Mais en voyant l’état de Steve, je criai à mon ami pilote de déguerpir : si nous étions touchés, Steve mourait. Je glissai une couverture que j’avais roulée en boule sous ses mollets pour les surélever un peu tout en prenant soin de maintenir sa tête vers le bas. Freddy me passa alors une autre couverture pour le couvrir.
« Plus vite » criai-je alors avant de m’adresser, les larmes aux yeux mais je m’en fichais, à mon fils : « Reste avec moi, Steve, reste avec moi..... Ca va aller, fiston. »
Freddy avait posé une main sur l’épaule de son ami et ce qu’il lui dit me fit sourire :
« Hey, si tu crois que tu vas t’en sortir aussi facilement, buddy, c’est raté. Il est hors de question que t’échappes à la prochaine note de resto, tu m’entends ! J’te lâcherai pas cette fois, ça non... »
Je le vis serrer les dents pour ne pas pleurer et Sam mit une main compatissante sur son épaule tandis que Ryan disait :
« J’ai jamais vu notre Commandant ne pas tenir ses promesses. Alors s’il l’a promis, il le fera » dit-il avec conviction.
Le trajet me parut une éternité mais arrivés enfin à la base, les secours nous attendaient et Steve fut aussitôt pris en charge. Nous le regardâmes partir sur une civière, la peur au ventre et nous restâmes, là, à attendre de longues heures avant qu’un médecin ne vienne nous donner de ses nouvelles.
Laura posa alors une main réconfortante sur celle de son ami qui avait les larmes aux yeux en se souvenant :
« La balle avait touché la vésicule biliaire. Steve est resté entre la vie et la mort toute une semaine. Freddy et moi, ainsi que John qui était arrivé entretemps, nous nous sommes relayés à son chevet, parfois nous restions même tous les trois... »
« Et aujourd’hui, tu t’inquiètes pour Billy. »
« Billy est un brave garçon. Bien sûr, c’est pas Steve mais je l’apprécie énormément. Mais bon sang, qu’est-ce que Catherine a dans la tête ! » s’emporta-t-il alors.
Ils furent à nouveau interrompus par la sonnerie du téléphone. Cette fois, Laura accepta de prendre l’appel et alors qu’elle se retournait vers Joe, elle vit qu’il avait quitté son bureau...
13
Danny et Tim étaient en route pour le domicile de Peterson quand ce dernier reçut un appel :
« Quoi ? Mais comment est-ce que ça a pu arriver ?......... OK, j’arrive. »
Et il fit aussitôt demi-tour sous le regard interrogateur de son ami qu’il mit alors au courant de la nouvelle :
« Celle qui a tenté de tuer Inès à l’hôpital, elle est morte. »
« Comment ça, elle est morte ? »
« Elle est morte, elle a passé l’arme à gauche, elle... »
« Je sais ce que ça veut dire, merci » s’énerva Danny en gesticulant, ce qui fit sourire Tim qui lâcha :
« T’as pas changé, toi. » Et pour toute réponse, il entendit son ami grommeler entre ses dents.
Une fois arrivés au NYPD, un policier les mena à la cellule où le médecin légiste s’occupait déjà du cadavre :
« A priori, je dirais mort par empoisonnement » leur apprit-il. « Regardez sa main... »
« Qui a eu des contacts avec elle ? » demanda Tim au policier qui les avait accompagnés.
« Seulement l’officier qui l’a amenée ici puis, son avocate. »
« Son avocate ? Et pourquoi on m’a pas prévenu ? J’avais exigé qu’on me tienne au courant ! » s’exclama Tim, furieux de voir qu’ils n’avaient pas obéi à ses consignes.
« Elle n’a passé aucun coup de fil, ça, je peux vous le garantir. »
« Si elle n’a appelé personne, comment son avocate a-t-elle su alors qu’elle avait été arrêtée ? » demanda Danny en regardant son ami.
« C’est quoi son nom ? » demanda Tim sèchement.
Le policier sortit de la cellule et revint avec l’information demandée :
« Maître Isabella Lodrini. »
« On peut visionner les vidéos des visites ? » demanda Danny.
« Oui, venez. »
Ils suivirent le policier qui chargea les vidéos des trente dernières minutes :
« C’est elle » dit-il alors en montrant une jeune femme blonde, cheveux courts, portant des lunettes dans un tailleur strict.
Ils la regardèrent entrer dans la cellule, discuter avec l’inculpée avant de lui serrer la main et quitter la cellule. Moins de deux minutes après, ils virent la détenue regarder sa main avant de s’écrouler sur le sol de la cellule.
« Vous pouvez revenir en arrière ? » demanda Danny.
« Elle portait des gants » releva Tim. « Et ce n’est qu’à la fin de leur entrevue qu’elle lui serre la main. »
« Attends, t’en connais beaucoup, toi, des avocats qui viennent voir leurs clients en cellule pour les tuer ? »
« J’en connais au moins une... » répondit Tim en regardant son ami de manière éloquente.
« Isabella Lodrini et j’te parie qu’on trouvera aucun avocat de ce nom-là. »
Tim pianota sur son iPhone :
« Eh bien, t’as tort ! »
« Sérieux ? »
« Isabella Lodrini, avocate, 123 Magnolia St ABC Compagny, Hempstead NY 115550 » lut alors Tim. « Ca te dit d’aller faire plus ample connaissance ? »
Ils quittaient le NYPD quand un des flics présents dans les locaux composa un numéro de téléphone...
Arrivée chez elle, Kelly ouvrit la porte d’entrée et la première chose qu’elle vit, c’est la bouteille de bourbon qui trônait sur la table du salon. Elle n’avait plus aucun souvenir de la quantité qu’elle avait avalée mais en constatant ce qui y restait, elle se dit qu’elle y avait été fort quand même. Et dire que Steve l’avait vue dans cet état… Heureusement, il n’en avait parlé à personne. Elle se laissa choir dans le fauteuil et ferma les yeux en se demandant combien de coups elle devrait encore encaisser. Elle se rappela alors des paroles de son père quand elle avait perdu le match décisif lors de la finale du tournoi de tennis qui rassemblait les meilleurs athlètes de tous les collèges de l’Etat.
« Aujourd’hui, tu as perdu contre plus forte que toi mais n’oublie jamais qu’une défaite n’en devient vraiment une que lorsqu’on n’en tire aucune leçon et qu’on baisse les bras. Tu t’es battue jusqu’au bout et tu peux être fière de toi. Moi, je le suis. »
Elle s’essuya les yeux et sourit alors en se remémorant le match suivant contre la même adversaire. Cette fois, oui, elle avait gagné mais c’était pas ce titre-là qui lui tenait le plus à cœur pourtant, c’était l’autre...
Mais aujourd’hui ? La réponse s’imposa d’elle-même : aujourd’hui, ce qu’elle désirait le plus, c’était d’être auprès de Steve, l’aimer et construire avec lui un avenir heureux en essayant de gommer, ensemble, les tourments de leur passé respectif. Leurs fiançailles étaient déjà une victoire en soi et la preuve que leurs sentiments étaient suffisamment forts que pour leur avoir permis de surmonter les obstacles qui n’avaient pas manqué jusqu’alors. Ce n’est pas la perte de son emploi qui changerait ça même si elle savait qu’elle aurait du mal à l’accepter.
C’est un peu revigorée qu’elle rangea la bouteille dans l’armoire et envoya un sms à son fiancé pour le prévenir qu’elle rentrerait plus tard, qu’elle mettait d’abord un peu d’ordre chez Malia. Elle monta ensuite dans la chambre et fit le lit. Elle passa dans la salle de bain où elle rangea les serviettes avant de s’attaquer à la cuisine tout en consultant fréquemment son portable, ne pouvant, malgré tout, s’empêcher de redouter un appel ou un message de Madame Moana. Elle terminait de nettoyer le frigo quand on sonna à la porte. Elle se redressa, le cœur battant la chamade, et après s’être rapidement essuyé les mains, alla regarder par la fenêtre et vit Andrew.
« Décidément, il me lâchera pas » pesta-t-elle intérieurement, n’ayant aucune envie de discuter avec lui, surtout en ce moment où elle avait déjà du mal à rester calme. Mais ne pas lui ouvrir ne ferait que reporter ce moment difficile et si elle voulait en finir une bonne fois pour toute avec son passé, elle devait l’affronter, alors autant en terminer tout de suite. Pourtant, elle ne bougea pas.
« Cory, je sais que tu es là, j’ai vu bouger les rideaux » cria-t-il alors.
Et elle finit par lui ouvrir la porte et lui demanda d’une voix lasse :
« Pourquoi tu peux pas t’en aller tout simplement ? Pourquoi est-ce que tu tiens tellement à remuer le passé ? Et ne me dis pas que… »
« Je n’ai pas été à la hauteur et je comprends que tu m’en veuilles mais… Est-ce que je peux rentrer ou tu préfères qu’on discute sur le seuil ? »
Elle s’effaça pour le laisser passer mais le prévint :
« J’ai pas beaucoup de temps. »
« Ce sera pas long » et il la vit soupirer.
14
Franck Salvo sirotait un cocktail tranquillement quand il reçut un appel téléphonique de New York.
« Vous en êtes absolument certains ? »
« ………… »
« Non, c’est trop tôt. Essayez d’abord de voir ce qu’ils ont pu découvrir, ensuite vous aurez carte blanche. »
Il raccrocha et composa aussitôt un autre numéro :
« Monsieur Salvo » répondit Tweeny.
« Comment se fait-il que je viens à peine de débarquer à Hawaii et que ce sont mes hommes qui découvrent que Williams est en vie ? Vous m’aviez pourtant assuré qu’il était mort ! »
« Comment ça ? »
« Vous avez intérêt à mettre la main sur votre taupe et vérifier que le 5-0 est toujours hors jeu et le plus tôt sera le mieux. Sans cela, vous pouvez dire adieu à notre marché. »
« Ce sera fait » répondit Tweeny qui raccrocha, furieux lui aussi de s’être fait rouler par un des siens.
« Williams est vivant » apprit-il alors à Liko qui était près de lui. « Je pensais que Lisa l’avait tué et tu m’as dit avoir vérifié toi-même que… »
« Nous l’avons enterrés tous les deux… »
« T’as vérifié son pouls ? »
« Non » répondit Liko, la tête baissée.
« Amène-la-moi » lui ordonna Tweeny qui regarda sortir son homme de main. Une part en lui souhaitait se tromper car il aimait bien Lisa mais si elle l’avait roulé, elle allait le payer cher…
L’appel du Docteur Lawson avait intrigué Laura qui se demandait ce qui pouvait justifier un tel empressement à la rencontrer. Comme elle ne plaidait pas pour le moment, elle lui avait proposé de passer la voir dans l’après-midi, ce qu’avait aussitôt accepté la psy.
« Docteur Lawson, entrez » dit-elle quand sa secrétaire introduisit le médecin.
« Madame le Procureur » répondit celle-ci en lui serrant la main.
« Que puis-je faire pour vous ? » demanda Laura en se calant dans le fond de son siège.
« Je ne vous apprends rien en vous disant que sa rupture d’avec le Commandant McGarrett a considérablement fragilisé le lieutenant Rollins… »
Laura hocha la tête en signe d’acquiescement.
« Et qu’un état dépressif, par ailleurs tout à fait normal, peut expliquer ce qu’elle a fait. »
« D’où cette injonction » dit la procureur, se demandant où la psy voulait en venir.
« Mais amener une personne qui est dans un déni total de la réalité à se « réveiller » est un processus lent. »
« Tout ce que j’ai imposé, c’est une thérapie. Peu m’importe la longueur de celle-ci. »
« C’est là le problème. »
Et devant le regard interrogateur de Laura, elle s’expliqua :
« Vous avez ordonné cette injonction pour lui éviter de graves ennuis mais tout ce qu’elle y voit, pour l’instant du moins, c’est un moyen de retrouver l’homme qu’elle aime. »
« C’est votre rôle de l’amener à... »
« Absolument » la coupa Jessy. « Et pour y parvenir, j’ai besoin de construire avec elle une relation de confiance. »
« Où est le problème ? »
« Pour le moment, il n’y en a pas mais le temps pourrait le devenir. »
« Comment ça ? »
« Une telle relation ne se construit pas du jour au lendemain, d’autant plus quand une thérapie est imposée. J’ai besoin de temps pour la rassurer, l’amener doucement à se remettre en question et retrouver un équilibre. »
« Où voulez-vous en venir ? » demanda Laura, un peu perdue.
« Nous ne sommes pas devant une traditionnelle histoire de rupture où l’on voit les deux protagonistes se déchirer entre eux et trouver comment blesser l’autre. Que l’on s’en prenne à la personne jugée responsable de la séparation est courant mais ce qui me gêne ici, c’est le passé de Mademoiselle Grainger, c’est du pain béni pour Catherine Rollins. »
« Je me suis montrée très claire avec elle quant aux risques qu’elle encourrait si elle transgressait à nouveau la loi. »
« Vous avez parlé à une femme émotionnellement instable qui détient des informations confidentielles. »
« Etes-vous en train de me dire que cette injonction n’est pas suffisante ? »
« Si je pensais un seul instant qu’elle pourrait menacer la vie d’autrui ou la sienne, je n’hésiterais pas à vous demander qu’elle soit internée et soignée pour dépression sévère mais ce n’est pas le cas. Toutefois, je ne peux garantir le fait qu’elle ne se serve pas de ce qu’elle a trouvé pour nuire à Mademoiselle Grainger. »
« Pas question de prendre ce risque ! » asséna la procureur. « Elle a assez souffert et si pour la protéger, je dois demander une évaluation de la santé mentale de Catherine Rollins en milieu psychiatrique, je n’hésiterai pas. »
« Mais si nous pouvions faire en sorte que ça n’arrive pas ? Nous protégerions aussi bien Mademoiselle Grainger que ma patiente. »
« Ca dépend plus de vous que de moi » répondit Laura.
« Je pense que vous pourriez avoir une belle carte à jouer, vous aussi. »
« Moi ? »
« Comme je vous l’ai dit, il est très important que le lieutenant Rollins me fasse pleinement confiance. Mais dès que je mentionne sa rivale, elle se braque, ce qui montre qu’elle n’est tout simplement pas prête pour cette étape. Je dois donc y aller progressivement avec elle mais en même temps, nous devons protéger Kelly Grainger sans parler de ma patiente elle-même et c’est là que vous pourriez intervenir, en attendant que j’avance dans la thérapie. »
« Comment ça ? » demanda Laura en haussant un sourcil.
15
« Vous avez mis sur pied une association venant en aide aux femmes victimes de crimes sexuels. »
« En effet mais... »
« Je ne suis pas sûre qu’à l’heure actuelle, Catherine Rollins soit consciente des dégâts qu’elle pourrait provoquer chez une personne avec un passé comme celui de Mademoiselle Grainger ou alors, ne s’en préoccupe pas vu son animosité envers elle. Mais peut-être qu’assister à vos séances et côtoyer des victimes l’aiderait à comprendre leur cheminement et le combat qu’elles mènent tous les jours. »
« Vous pensez vraiment que ça la retiendrait de... »
« Je l’ignore mais ça vaudrait la peine d’essayer, non ? Ce sera peut-être une perte de temps mais peut-être pas ? »
Mais Laura ne semblait pas convaincue pour autant.
« Et si assister à ces séances lui donnait au contraire matière à faire encore plus de mal à Kelly ? » demanda-t-elle, soucieuse.
Jessy soupira : « C’est possible en effet mais j’en doute. Si elle a piraté son dossier, c’est qu’elle se posait des questions et puis, le fait que ce soit vous en personne qui l’accompagniez pourrait la dissuader de commettre un nouveau délit. »
Devant le silence de Laura, la psy lâcha :
« C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour les protéger toutes les deux... »
Elle vit la procureur hocher dubitativement la tête.
« Je veux bien tenter l’expérience » finit-elle par dire. « Mais que les choses soient claires : si elle transgresse malgré tout la loi, elle devra répondre de ses actes et je ne lui ferai aucun cadeau ! »
Jessy acquiesça et se leva mais Laura déclara :
« Une dernière chose : j’ignore si Catherine Rollins vous en a fait part mais je viens d’apprendre qu’elle refusait de faire le test de paternité. »
« Je l’ignorais mais ça ne m’étonne pas : c’est un comportement qui cadre tout à fait avec son état d’esprit actuel. »
Elle vit la procureur soupirer et prit congé. Mais c’est un sourire satisfait aux lèvres qu’elle referma la porte derrière elle. Laura Prescott était réputée pour être très protectrice envers les victimes de viol, ce qu’elle pouvait comprendre, mais l’attachement qu’elle avait déjà ressenti lors de leurs différents entretiens téléphoniques à l’égard de Kelly Grainger s’était confirmé. Bien sûr, Prescott s’était montrée très professionnelle tout au long de leur entrevue mais elle lâcha tout de même un « Kelly » et non « Kelly Grainger ou Mademoiselle Grainger » et le ton tranchant et sans appel qu’elle avait pris pour clore le sujet en employant la première personne montrait clairement de quel « côté » elle était. Elle se félicita donc : utiliser les sentiments de la procureur pour arriver à ses fins n’était peut-être pas très « éthique » mais en tant que psy, elle se devait de tout faire pour protéger sa patiente tout en épargnant Kelly Grainger dont le parcours l’impressionnait. C’est qu’il fallait un caractère bien trempé pour surmonter un tel calvaire et elle était bien placée pour savoir que c’était l’accumulation de « coups » qui pouvait réduire à néant tous les efforts fournis. Elle comprenait tout à fait l’inquiétude de Prescott mais s’il y avait moyen de protéger les deux, il fallait essayer. Il ne restait plus qu’à espérer que sa stratégie porte ses fruits…
Andrew se tourna vers Kelly dont le visage était fermé. Il respira une bonne fois avant de se lancer :
« Je sais que tu attendais bien plus de moi que ce que j’ai pu te donner à ce moment-là… »
Comme elle ne bronchait pas, il poursuivit :
« Mais je savais pas quoi faire… quoi dire. »
« Pourquoi tu es là ? » demanda-t-elle à nouveau d’une voix lasse. « Tout ça, c’est derrière nous. Tu as refait ta vie et j’ai poursuivi la mienne... »
« Tu es partie sans même laisser un mot... »
« Je t’ai demandé, non, je t’ai même supplié, d’aller refaire notre vie ailleurs, là où il pourrait pas me retrouver mais... »
« J’allais quand même pas tout plaquer parce que t’avais peur ! » s’écria-t-il un peu trop vivement avant de reprendre un ton en dessous : « Et puis, c’est pas comme si nous vivions dans un immeuble non protégé, personne ne pouvait accéder à notre étage sans pass et sans passer par la sécurité ! »
« C’était pas qu’une question d’appartement ! Je t’ai répété, je ne sais combien de fois, qu’il savait tout de moi et que ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne revienne. Le problème, c’est que tu m’as jamais crue. Pour toi, j’étais devenue paranoïaque. »
Elle ne remarqua pas son trouble à ces mots et poursuivit : « Et surtout, tu voulais rien changer à ton petit train-train habituel ! J’avais besoin de toi, Andrew, plus que jamais ! Mais à part me ramener chez toi alors que t’aurais pu prendre tes jambes à ton cou, c’est tout ce que t’as fait pour moi. Tu ne rentrais même plus le soir, j’étais seule... toute seule ! » lui reprocha-t-elle. « Tu m'aurais quittée que ça aurait été pareil ! »
« Je reconnais que j’ai pas su gérer ce qui nous arrivait mais tu prenais tout mal, toutes nos conversations tournaient systématiquement en disputes. Tu restais des heures enfermée dans la chambre... Je t’entendais pleurer, couler l’eau de la douche je ne sais combien de fois par jour et par nuit. Tu crois que c’était facile pour moi ? »
« Et pour moi alors ? » s’indigna-t-elle.
« Désolé, je me suis mal exprimé. Ce que je voulais dire, c’est que voir la personne qu’on aime souffrir autant, ça fait mal aussi... Très mal. »
« C’était plus facile de m’éviter et de rester loin de moi ! »
« Cory... »
« Tu m’as dit à l’hôpital que ça allait aller, que tu serais là, près de moi, que tu m’abandonnerais pas mais... »
« Je le pensais ! Je n’ai jamais eu l’intention de te quitter, crois-moi ! Je t’aimais, Cory... »
« T’étais jamais là ! Tu ne rentrais même plus dormir et quand c’était le cas, c’est comme si j’étais devenue invisible à tes yeux. Tu me regardais à peine... »
Il soupira et se passa une main nerveuse dans les cheveux :
« C’est vrai... Tu as raison mais ça n’avait rien à voir avec les sentiments que j’éprouvais pour toi. Je t’aimais toujours mais rien qu’à l’idée d’imaginer ce... ce que t’avais enduré, je... je devenais fou... »
« J’avais besoin de sentir que tu tenais encore à moi malgré ce qu’il m’avait fait, de savoir que nos sentiments seraient assez forts pour qu’on s’en sorte même si plus rien n’aurait été pareil, avoir un espoir auquel me raccrocher mais... » dit-elle en luttant pour retenir ses larmes.
« C’est pour ça que tu es partie sans un mot ? Tu m’en voulais et... ? »
« T’as toujours rien compris... » soupira-t-elle.
16
Il se mordit la lèvre tandis qu’elle poursuivait : « Je devais partir ! C’était ça ou devenir folle. Je supportais pas l’idée qu’il puisse être dans la même ville que moi, à m’épier encore, à attendre une nouvelle occasion pour... »
Elle s’interrompit pour reprendre contenance et ajouta alors : « Comme tu voulais rien entendre, j’ai tout planifié et le seul moyen d’être sûre qu’il ne puisse pas me retrouver, c’était de ne rien dire à personne... »
« Et tu es partie... En pensant que tu ne me manquerais pas... »
Elle le défia du regard et il lui confia :
« Malgré ce que tu penses, je tenais énormément à toi, Cory, et le fait de n’avoir pas pu te le montrer m’a littéralement rongé de l’intérieur toutes ces années durant. Tu sais, à l’époque, j’avais appelé tous les hôpitaux, je leur avais donné ton signalement au cas où. Je me suis disputé avec Caroline car je pensais qu’elle me mentait en me disant ignorer où tu étais. Je l’ai même fait suivre par un détective privé ! »
Il s’interrompit avant de lever vers elle des yeux humides et elle baissa la tête, gênée.
« Les jours ont passé et toujours aucune nouvelle. J’ignorais si tu étais vivante ou s’il t’avait retrouvée et... Tous les jours, j’épluchais la rubrique nécrologique et les faits divers. »
Il finit par lâcher d’une voix lasse :
« J’ai cru devenir fou. Plus rien ne comptait à part te retrouver et j’ai remué ciel et terre pour ça mais les recherches entreprises par le détective privé n’ont rien donné. C’est ce... »
« Il m’a retrouvée, lui, et toi, t’as jamais réussi ? Avec tous les moyens dont disposait ta famille ? Tu crois vraiment que je vais gober ça ? » se rebiffa-t-elle.
« C’est ce qu’il m’a fait croire » lui apprit-il alors. « Et je n’avais aucune raison de mettre sa parole en doute. »
Elle le regarda, étonnée et il lui révéla que sa mère l’avait payé pour qu’il se taise.
« Ca m’étonne pas » lâcha-t-elle, amère au souvenir de la mère de son fiancé qui l’avait vite rejetée après le drame, tout comme son mari.
Il soupira : « C’est pas tout. Au vu de ce que j’ai appris de par le procès, je pense que ce sont ces recherches qui l’ont mis sur ta piste. »
Elle le regarda, redoutant la suite.
« C’est à Denver qu’il t’a retrouvée et c’est là qu’a eu lieu le premier meurtre quelques semaines plus tard... »
Kelly blêmit : « Tout ça, c’est donc ta faute ? C’est à cause de toi qu’il... »
« Je n’ai jamais imaginé que... »
« C’est toi qui l’a mené à moi ! Comment t’as pu prendre ce risque ? Après tout ce que je t’ai dit ? COMMENT ? s’emporta-t-elle.
« Je t’aimais et je ne voulais pas te perdre... Si j’avais su... »
« SI T’AVAIS SU ? J’ai jamais cessé de te le répéter ! »
« Ca paraissait tellement improbable ! Je me disais que... »
« Toutes ces femmes qui sont mortes, ça serait peut-être jamais arrivé si... »
« Je suis pas le seul fautif ! Si tu m’avais laissé un mot, peut-être que... » l’accusa-t-il alors.
« J’ai jamais pensé que tu me rechercherais ! Rien dans ton attitude ne le laissait supposer en tout cas ! Et si je l’avais découvert, je... »
« Et Caroline, tu as pensé à elle ? » la coupa-t-il.
Kelly accusa le coup et baissa la tête.
« Non, mais qu’est-ce que tu croyais ? » s’énerva-t-il. « Qu’on allait accepter ta disparition comme ça sans broncher ? Sans chercher à savoir si tu... »
Elle le regarda les yeux remplis de larmes et il se radoucit et tout en se passant une main sur ses joues, déclara :
« Ecoute, tout ça, c’est du passé et on peut pas le changer malheureusement. Si je suis venu, c’est parce qu’il était important pour moi que tu saches la vérité, que tu saches aussi à quel point je tenais à toi. Il le fallait pour que je puisse tourner la page moi aussi... »
« Tu l'avais déjà tournée ! Tu t’es marié et... » répliqua-t-elle.
« Ca ne signifie pas pour autant que je t’avais oubliée, ça n’a jamais été le cas. Je m’en voulais tellement de pas t’avoir écoutée. Par ma faute, tu étais peut-être morte dans... Bref, quand je t’ai reconnue dans les médias, j’étais tellement heureux et soulagé. Personne n’aurait pu m’empêcher de venir à Hawaii. J’ai juste attendu la fin du procès comme on te disait avec ce policier. »
« Comment as-tu su pour ta mère ? »
« J’ai surpris une conversation par hasard et au pied du mur, elle a dû s’expliquer. Si elle n’était pas intervenue, on serait peut-être ensemble aujourd’hui... »
Il la regarda, attendant un commentaire de sa part qui ne vint pas. En fait, elle savait pas quoi dire, tout se bousculait en elle, la rancoeur à son égard prenant toujours le dessus. Il dut remarquer son trouble et n’insista pas. Il allait s’en aller quand il s’exclama soudain : « J’allais oublier, j’ai quelque chose pour toi. »
Elle le vit sortir et revenir deux minutes plus tard un carton dans les mains. Comme elle le regardait, surprise, il lui dit : « Ce sont tous les albums photo que tu avais repris de chez tes parents. Je les ai toujours gardés. Je pense que tu seras contente de les avoir. »
Elle le regarda, touchée, et il se pencha pour l’embrasser sur la joue mais quand il voulut s’en aller, elle le retint :
« Je croyais vraiment que tu serais soulagé de ne plus m’avoir sur les bras. Je suis désolée pour tout. Je... Je n’ai pensé qu’à moi en.. »
Il sourit tristement : « J’ai rien fait pour te prouver le contraire non plus. Tu te battais pour t’en sortir et moi, je m’apitoyais sur mon sort au lieu de te soutenir. »
Ils se regardèrent et c’est lui qui brisa le silence le premier : « Je t’ai même pas demandé comment tu allais. Tu as laissé tomber le barreau... »
« Oui. »
« Tu es heureuse avec lui ? » demanda-t-il alors, tout en ne la quittant pas des yeux.
Elle le regarda, surprise avant de se rappeler l’état dans lequel elle était la première fois qu’il l’avait revue sans parler d’aujourd’hui.
« Oui » répondit-elle simplement et la flamme qui s’était allumée dans ses yeux en pensant à Steve ne lui échappa pas.
« J’espère qu’il se rend compte de la chance qu’il a... » lâcha-t-il.
« On va se marier » lui apprit-elle.
Il hocha la tête et lui souffla : « Je te souhaite tous mes vœux de bonheur. Tu le mérites. »
Et il s’en alla sans se retourner...
Elle le regarda monter dans sa voiture et démarrer. Elle le vit alors lui faire un bref signe de la main et elle rentra chez Malia. Elle se laissa choir sur un fauteuil, la tête entre les mains, en proie à différents sentiments et quand son regard se porta sur la caisse en cartons, elle s’en approcha et la main tremblante, prit le premier album de la pile. Elle commença à tourner les pages et en revoyant des photos d’elle, jeune fille, elle pensa aux autres victimes de Carter. Andrew n’avait pas tort : si elle avait au moins laissé un mot d’explication, peut-être que ces filles seraient toujours vivantes et elle fondit en larmes…
17
Catherine était rentrée chez elle, après être passée à l’hôpital prendre sa tension comme le lui avait recommandé sa gynécologue : elle était un peu haute mais rien d’alarmant. Elle prit alors une feuille de papier et traça deux colonnes. Elle remplit facilement la colonne de droite qui reprenait ce qu’elle aimait chez Steve mais à part « il faut deviner ses sentiments », c’est tout ce qu’elle trouva pour la colonne de gauche. Elle venait tout de même d’ajouter « parfois lourd » quand on sonna à la porte. « Steve » pensa-t-elle, toute heureuse d’aller lui ouvrir mais ce n’était pas lui qui se tenait devant elle, c’était son ancien commandant.
« Bonjour Catherine » dit celui-ci d’une voix tendue qui n’échappa pas à la jeune femme.
« Joe ? »
« Je peux entrer ? »
« C’est Steve qui vous a envoyé ? » demanda-t-elle, ennuyée.
« Steve ignore tout de ma visite » répondit-il en passant devant elle. Catherine le vit alors poser son regard sur la feuille qu’elle saisit aussitôt pour la glisser dans un tiroir. Elle se tourna alors vers Joe qui déclara :
« Tu sais que Billy est parti en mission. »
« Oui, je l’ai croisé ce matin. »
« Il me l’a dit mais ce qu’il m’a appris d’autre m’a carrément surpris venant de toi… » dit-il en ne la quittant pas des yeux et Catherine sut à quoi il faisait allusion. Comme elle gardait le silence, il poursuivit :
« Pourquoi leur fais-tu ça à tous les deux ? Je comprendrais que tu t’en prennes à Steve mais Billy ? »
« Avec tout le respect que je vous dois, je n’ai aucun compte à vous rendre, Joe. »
« Pourquoi ne pas faire le test puisque tu es sûre que cet enfant est celui de Steve ? Ca aurait au moins le mérite de mettre tout le monde d’accord. »
« Je n’ai pas besoin de le faire. Une femme sent ces choses-là mais vous êtes un homme et je ne m’attends pas à ce que vous compreniez. »
« J’ai un homme sur le terrain qui se pose des questions. »
« J’ai dit à Billy qu’il n’était pas le père, il n’a donc plus à se préoccuper de… »
« Non mais est-ce que tu t’entends ? Tu crois vraiment qu’il suffit que tu leur dises ce que toi, et toi seule penses pour qu’ils te croient sur parole ? »
Elle soupira et il poursuivit, le regard dur cette fois :
« Tu es une marine, Catherine et tu sais, mieux que personne, à quel point il est important de partir en mission l’esprit léger. La moindre erreur, le moindre faux pas peut se payer très cher. Mais bon sang, tu as aimé cet homme et lui t’aime encore ! Ca ne t’inquiète pas de le savoir… »
« Billy s’est toujours montré très professionnel et une fois sur place, il ne pensera plus qu’à remplir au mieux sa mission, vous le savez aussi bien que moi, si pas mieux » le coupa-t-elle.
« Tu as la mémoire courte, on dirait » rétorqua alors Joe qui avait du mal à croire ce qu’il entendait.
Catherine le regarda, surprise.
« J’ai assisté au briefing ce matin et l’attitude de Billy m’a rappelé celle de Steve il y a plusieurs années. Tu sais, quand tu l’avais quitté... »
« Ce qui est arrivé à Steve aurait pu lui arriver à n’importe quel autre moment et vous le savez très bien. Et puis, ce n’était pas la première fois qu’il rentrait, blessé, de mission. »
« Il serait rentré sain et sauf s’il n’avait pas oublié de ramener un gars sous couverture et je le connais suffisamment pour savoir qu’il n’aurait jamais oublié un tel détail s’il avait été dans son état normal. Il a été à deux doigts de se faire exécuter. Freddy a risqué sa vie lui aussi dans cette histoire sans parler de celle de ceux qui sont allés le rechercher. »
« Vous êtes en train de dire que c’était ma faute ? » demanda-t-elle, stupéfaite.
« Ce que je suis en train de dire, c’est que sous-estimer la portée de nos actes peut se révéler fatal et je m’inquiète pour Billy. Il ne mérite pas ça, lui non plus. »
Catherine soupira et lâcha :
« Vous croyez pas que vous en faites un peu trop, là ? »
Joe s’avança alors vers elle, le regard dur et intimidée, elle recula de deux pas tandis qu’il répondait :
« J’ai ramené Steve vivant. J’ai veillé sur lui, nuit et jour, pendant toute une semaine. Je l’ai vu souffrir, je l’ai entendu délirer, t’appeler. J’ai vu un père anéanti arriver au chevet de son fils qui oscillait entre la vie et la mort et pour rien au monde, je ne voudrais qu’un autre père vive cette même épreuve. »
« Donc, vous me rendez responsable. »
Joe soupira en se passant la main sur le bas de son visage :
« J’essaie juste de te faire comprendre ce que ton attitude égoïste et puérile pourrait avoir comme conséquences. »
« Egoïste et puérile ? » s’écria Cath, indignée.
« Absolument ! Tu es tellement obnubilée par le fait de vouloir récupérer Steve que tu en perds toute décence ! »
« J’en ai assez entendu. Sortez d’ici ! »
« Pas question, cette comédie a assez duré ! Tu as d’abord piraté un dossier confidentiel et aujourd’hui, tu te fiches bien mal de ce qui pourrait arriver à Billy ou ses hommes ! »
« C’est faux ! »
« Alors fais ce test, bon sang ! Prouve-lui que tu avais raison au lieu de le laisser se torturer en se posant sans cesse la question. »
Il soupira tandis que Catherine baissait la tête :
« Qu’est-ce qui se passe, Catherine ? Je ne te reconnais plus… »
« Allez vous en prendre à Kelly, c’est elle la responsable de ce désastre ; moi, je ne suis qu’une victime ! » se lamenta-t-elle alors.
Il la regarda, stupéfait tandis qu’elle ajoutait :
« Elle n’a que faire de Steve. Tout ce qu’elle voit en lui, c’est qu’il veut bien d’elle et elle le lâchera pas mais je le sortirai de ses griffes. Je sais pas comment ni quand mais je lui ouvrirai les yeux et il me reviendra ! »
« Elle l’a quitté pour lui permettre d’élever son enfant… »
« C’était une ruse, elle savait très bien ce qu’elle faisait ! Croyez-moi, elle sait très bien se faire passer pour une victime ! Et elle se fiche bien mal que je porte son enfant… »
« S’il y a une personne qui joue avec Steve, ce n’est pas elle, c’est toi ! Et non seulement, tu joues avec lui mais également avec Billy. »
« Elle vous a embobiné vous aussi » lâcha-t-elle, un sourire désabusé aux lèvres.
«Il est temps que tu reviennes à la raison et le plus tôt sera le mieux pour tout le monde mais surtout pour toi car si tu persistes dans cette direction, Catherine, tu vas droit dans le mur. »
« Vous verrez, un jour, vous me remercierez tous de ne pas vous avoir écoutés. Et si vous aimez Steve autant que vous le dites, ouvrez-lui les yeux ! »
« C’est inutile, il l’a déjà fait. A toi maintenant… »
Et il s’en alla, plus perplexe que jamais…
18
De leur côté, Danny et Tim arrivaient au domicile de l’avocate. La maison était plongée dans le noir et ils eurent beau sonner à la porte, personne ne vint leur ouvrir. Tim tourna la poignée au cas où mais la porte était fermée. Ils firent le tour de la maison et Danny montra à son ami qu’on avait découpé un morceau de la vitre de la porte-fenêtre. Le reste n’avait donc été qu’un jeu d’enfant pour entrer à l’intérieur. Ils ouvrirent la porte et avancèrent prudemment mais n’eurent pas à aller bien loin avant de découvrir une femme inconsciente sur le sol. Danny s’accroupit pour prendre son pouls :
« Elle est morte » chuchota-t-il avant de se redresser et suivre Tim qui se dirigeait vers la pièce suivante, arme en mains. C’est alors qu’ils entendirent un léger bruit, comme un grattement venant d’une porte sur le côté. Tim s’approcha et tourna lentement la poignée. C’est alors qu’une petite masse noire bondit dehors, faisant sursauter les deux amis
« Saleté de bestiole » pesta Danny en reprenant contenance.
« T’adores toujours autant les chats à ce que je vois » ricana alors son ami.
« C’est ça, marre-toi… »
Malgré le raffut, ils firent tout de même le tour de la maison et après avoir vérifié qu’ils étaient bien seuls, Danny revint dans la cuisine où il alluma la lumière tandis que Tim retournait le corps de l’avocate.
« Même coupe de cheveux, même couleur, même taille… » commenta Danny.
« Regarde » dit alors Tim en lui montrant la main droite où il manquait un doigt.
« Apparemment, rien n’a été laissé au hasard. »
« Pas de trace de coups, pas de trace de strangulation, pas de balle… »
« J’te parie qu’elle est morte par empoisonnement » dit Danny.
« J’appelle la scientifique » dit le New Yorkais en soupirant tandis que Danny résumait :
« Donc, ils sont su que leur Bruce Lee en jupette avait raté son coup et pour être sûrs qu’elle ne dise rien, ils l’ont tuée. »
« On sait aussi qu’aucun coup de fil n’a été passé, donc ce n’est pas elle qui a appelé un avocat… »
« Elle savait qu’elle n’aurait pas à le faire » suggéra Danny. « Ca doit sûrement être la consigne quand on bosse pour un parrain… »
« C’est sûr que Salvo sait nettoyer derrière lui mais si on peut trouver qui a appelé cette avocate, peut-être que… »
« J’ai pas vu de portable » dit alors Danny.
« On risque les caméras de surveillance ? » demanda Tim, sceptique.
« Demande les vidéos des rues adjacentes, on gagnera du temps » soupira Danny qui rageait de ne rien trouver.
« On va finir par tomber sur quelque chose » essaya de le réconforter son ami en le voyant aussi tendu.
« Allons voir Peterson. C’est notre seule piste… »
Ils attendirent tout de même l’arrivée de la scientifique pour quitter les lieux et alors qu’ils prenaient la direction ouest, le portable de Tim sonna.
« Agent Matheson ? » demanda une voix qu’il ne connaissait pas.
« Lui-même » répondit celui-ci en regardant Danny.
« Je suis le Docteur Welby. Vous m’avez demandé de vous prévenir en cas de changement… »
« Oui, Docteur. Que se passe-t-il ? » le coupa-t-il, inquiet.
« Votre amie reprend tout doucement conscience. »
Tim ferma les yeux une fraction de seconde, soulagé, tout comme Danny, et répondit :
« Merci de m’avoir prévenu. J’arrive de suite » et il raccrocha avant de faire demi-tour en lâchant :
« Peterson attendra... »
Danny soupira et appela Steve pour le mettre au courant des derniers événements :
« Du nouveau ? » demanda aussitôt celui-ci en le mettant sur haut-parleur.
« Inès sort doucement du coma mais son état reste précaire. On retourne la voir en espérant pouvoir l’interroger. »
« C’est quand même une bonne nouvelle » dit Chin.
« Ouais. Autre chose : la fille qui a voulu la tuer à l’hôpital, elle est morte dans sa cellule. » Et il les mit au courant de ce qu’ils avaient découvert.
« lls nettoient derrière eux » commenta Chin.
« Et vous, de votre côté ? » demanda Danny.
« Rien de neuf. Salvo est ici mais aucune trace de Peroni » répondit Steve.
« Avec tout ça, on a pas pu aller voir Peterson » dit Danny et ses amis purent sentir à quel point il en était frustré.
« Peterson gravite autour de Salvo mais ça veut pas dire non plus qu’il est lié à cette enquête » dit Chin.
« Mais s’il apprend que Danny est vivant, il risque vite de devenir gênant » dit Steve.
« Si ça se trouve, il est déjà au courant et s’il peut se venger… » dit Kono en regardant ses amis.
« Il le fera, vous pouvez me croire sur parole ! C’est pour ça qu’il faut le mettre hors jeu et le plus tôt sera le mieux » renchérit Danny. « Il ignore que j’suis au courant qu’il est sorti de taule et il s’attend sûrement pas à ce que je me pointe chez lui. »
« Que tu ailles chez lui ? » releva Tim en appuyant sur le « tu ». « Ne me dis pas que t’as l’intention d’y aller sans moi ? » Mais devant son expression, il ajouta aussitôt : « Pas question ! »
Danny soufflait tandis qu’intervenait à son tour Steve :
« Danny, c’est la dernière chose à faire ! »
« Arrêtez de me couver, je suis flic et je peux assurer mes arrières » s’indigna ce dernier.
Les cousins regardèrent leur boss qui se grattait le front du pouce avant de répondre :
« Ils vous attendent au tournant et vous ne pourrez pas toujours compter sur la chance pour vous sauver la mise. »
« Ils voulaient savoir comment on avait su pour le duplex de Ricky » dit Tim. « Inès, elle-même, l’ignorait… »
« Donc, ils se demandent ce que Ricky a pu leur cacher d’autres » dit Steve.
« C’est pour ça qu’il devient urgent de savoir ce qu’il a confié à Inès. En attendant, ils auront toujours une longueur d’avance sur nous » déclara Tim.
« Et si elle tarde à parler ? » demanda Danny, pas convaincu. « On est peut-être en train de bousiller un temps précieux. Moi, je dis qu’il faut mettre la main sur Peterson ! »
« Et alors ? Il préférera crever plutôt que te dire quoi que ce soit » rétorqua Tim.
« Il a pas tort » dit Steve.
« Y a toujours moyen de faire parler quelqu’un, c’est juste une question de temps et au moins, on avancerait sur deux tableaux à la fois ! »
« Je te rappelle que si t’es à New York, c’est avant tout pour avoir des réponses à tes questions concernant Moreno. Coincer Peroni n’est pas notre priorité et sans nouveaux éléments, nous nous en tiendrons au plan comme convenu » dit alors Steve d’un ton impérieux. « Vous avez jusque demain soir mais en attendant, pas question de vous exposer plus que nécessaire et c’est pas une recommandation mais un ordre ! »
Tim regarda Danny qui ne bronchait pas.
« Danny ? » appela Steve.
« C’est bon, j’ai compris » marmonna celui-ci.
« Je te promets qu’après, on coincera Peterson. Je monterai même à New York s’il le faut mais en attendant, tu fais profil bas. »
« On arrive à l’hôpital et on a encore pas mal de choses à visionner » dit alors Tim.
« OK, tenez-moi au courant, qu’importe l’heure. »
Et ils raccrochèrent.
19
« Alors ? » demanda Tweeny en voyant revenir Liko seul. « Elle est où ? »
« Envolée » répondit ce dernier, la mine sombre.
Tweeny respira profondément et finit par lâcher : « Williams est vivant. Qui nous dit que le
5-0 est à terre ? »
« Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont été exposés au botulisme. »
« Oui mais jusqu’à quel point ? »
« Vous croyez qu’ils vont mieux que ce qu’on veut nous faire croire ? »
« Ce qui est sûr, c’est que Lisa nous a balancés mais pour l’instant, ils ignorent qu’on est au courant. Le mieux est donc de continuer comme prévu et surtout ne pas leur mettre la puce à l’oreille. »
« Qu’est-ce qu’on fait pour Lisa ? On... »
« Je doute qu’on mette la main dessus mais fais passer le mot sur l’île, on ne sait jamais. »
« Et Salvo ? »
« On doit d’abord s’assurer de ce qu’il en est exactement. »
« Vous voulez qu’on débarque chez McGarrett ? »
« Qu’est-ce que je viens de dire ? On doit surtout pas les alerter ! » s’énerva le chef des Samoans.
Liko baissa la tête tandis que Tweeny soupirait : c’est là qu’il regrettait Lisa. Liko avait les muscles mais question neurones, il était plutôt limité mais au moins, il pouvait compter sur lui. « McGarrett et Kelly sont intouchables mais c’est pas le cas de tout le monde... »
Liko eut un sourire malsain...
« Tu as carte blanche pour la faire parler. Ensuite, tu l’élimines. »
Tweeny le regarda s’en aller, l’air songeur : il risquait gros dans cette histoire et il savait qu’on ne lui ferait pas le moindre cadeau s’il venait à échouer...
Pleurer lui avait finalement permis d’évacuer un peu de cette tension en elle. S’apitoyer sur ce qu’elle avait perdu ou culpabiliser pour ce qu’elle avait fait ne l’aidait pas; elle ne pouvait de toute façon rien y changer, juste assumer les bons et les mauvais choix qu’elle avait faits pour se reconstruire un avenir. Ses yeux se posèrent alors sur sa bague de fiançailles et elle se demanda si elle pourrait vraiment un jour vivre en paix avec son terrible passé et elle n’eut plus qu’une seule envie : aller retrouver Steve et se blottir contre lui. Elle se releva, passa dans la salle de bain s’asperger le visage et se brosser les cheveux avant de terminer à la hâte ce qu’elle avait commencé. Moins d’une heure plus tard, elle se garait dans l’allée qui menait au garage. Elle se regarda dans le rétroviseur et plus ou moins satisfaite de son reflet, alla rejoindre son fiancé et ses amis qu’elle trouva la mine sombre. Steve, en l’entendant, releva la tête et lui sourit en allant à sa rencontre.
« Ca va ? » lui demanda-t-elle, anxieuse.
« Oui. »
« Vous en faites une tête… »
« C’est juste cette enquête, on avance pas beaucoup » lui expliqua-t-il avant de froncer les sourcils en voyant sa triste mine.
« Ca va, toi ? »
« On dirait que t’as pleuré » dit alors Mary.
Kelly les vit alors tous la dévisager et elle baissa la tête mais Steve lui releva le menton et l’interrogea du regard.
« Serre-moi » dit-elle alors simplement et il la prit dans ses bras, en se demandant ce qu’il lui arrivait : était-ce Catherine ? Qu’est-ce qu’elle avait encore bien pu faire cette fois ?
« C’est encore Catherine, c’est ça ? » demanda-t-il d’une voix lasse.
« C’est un tout, je crois, mais c’est rien, ça va passer » répondit-elle, un sourire vaillant aux lèvres avant de demander, comme il ne la quittait pas des yeux. « Vous n’avez pas faim ? »
« J’attendais que tu rentres justement » dit Mary.
« Tu t’en sortiras pas aussi facilement » dit alors Steve. « Qu’est-ce qui se passe ? »
Kelly soupira et leur parla de la visite d’Andrew et de ce qu’il lui avait appris concernant Carter.
« Je pensais avoir tout planifié soigneusement mais c’était pas le cas. Si j’avais laissé un mot, peut-être que... » dit-elle alors, à nouveau au bord des larmes.
« Tu n’es pas responsable des actes de Carter. Il s’est peut-être servi de ces recherches pour te retrouver mais rien ne dit qu’il ne t’aurait pas retrouvée sans cela » lui dit Steve d’une voix douce.
« C’est peut-être une simple coïncidence » renchérit Chin.
« C’était un prédateur sexuel. Même sans être à ta recherche, il aurait fait d’autres victimes » dit Kono pour la réconforter.
« C’est ce que je me répète aussi mais... » Elle ne finit pas sa phrase mais soupira avant de déclarer, un timide sourire aux lèvres : « Ca va aller, c’est juste que ça fait beaucoup en ce moment avec ce qu’on vient de traverser, ce test à passer, Danny qui n’est pas là... » Elle omit sciemment de parler de la visite de Catherine à l’école pour ne pas en rajouter et dit simplement : « J’ai juste besoin que tu me serres contre toi. »
Ce qu’il fit sous les regards compatissants de ses amis et de sa sœur. Elle s’écarta peu après de lui et lui demanda, les sourcils froncés :
« Tu t’es reposé au moins ? »
« Oui, Mdame » répondit-il en souriant.
« J’ai dû insister » dit Mary.
« Ca m'étonne pas » sourit Kelly tandis que son fiancé faisait la moue.
« Tu as des nouvelles de Danny ? » demanda-t-elle encore.
« Oui, il va bien » essaya-t-il de la rassurer mais le ton de sa voix ne la trompa pas. Toutefois, elle garda le silence.
« Je sais pas vous mais moi, je commence à avoir vraiment faim » dit Mary.
Malia rentra peu de temps après et une heure plus tard, ils passaient tous à table, Charlie ayant accepté de rester au plus grand plaisir de Kono...
20
A New York, Danny et Tim entraient dans la chambre d’Inès et trouvèrent le médecin à ses côtés.
« Elle est sortie du coma dans lequel on l’avait plongée mais elle est très faible et s’est rendormie. Il vous faudra patienter encore un peu avant de pouvoir lui parler. »
Tim vit Danny soupirer.
« Faites-moi biper quand elle se réveillera » ajouta le médecin avant de sortir.
« J’ai rien avalé de la journée et j’ai vu que c’était ouvert en bas. Tu veux quelque chose ? » demanda Tim.
« J’ai pas faim » répondit Danny qui alluma l’ordinateur portable.
Tim revint dix minutes plus tard avec deux raviers de pâtes.
« Je sais pas ce qu’elles valent mais ça sentait drôlement bon » dit-il en tendant un ravier à son ami.
« T’as vu quelque chose ? »
« Non » répondit Danny, le visage fermé.
« Ecoute, je sais que... »
« Ricky posait à côté de Peterson, c’est pas un hasard ! C’est peut-être qu’un pion mais il sait des choses et il s’est juste assuré qu’elle n’en savait pas trop » déclara Danny en regardant la jeune femme.
« Je suis d’accord avec toi : ils se méfient de Ricky et de ce qu’il a pu dire et au vu de ce qui lui est arrivé... »
« On lui a injecté un sérum de vérité, on peut donc supposer qu’elle leur a dit ce qu’elle savait, non ? Donc, ce qu’elle nous dira leur laissera toujours une longueur d’avance sur nous » poursuivait Danny en le regardant. « On est en train de perdre un temps précieux alors qu’eux, ils assurent leurs arrières » ajouta-t-il en se passant une main nerveuse dans les cheveux.
« S’ils étaient aussi sûrs d’eux, ils nous auraient descendus tout de suite sans poser de questions. C’est pour cette raison qu’on doit absolument savoir ce qu’Inès sait et ce qui les gêne. »
Tim venait de marquer un point. Il demanda en montrant l’écran de l’ordinateur :
« C’est le domicile de Peterson ? »
« Ouais. »
Inès se mit alors à gémir. Tim s’approcha aussitôt tandis que Danny gardait ses distances.
« Hey » dit-il en la voyant ouvrir les yeux. Elle sembla le reconnaître car elle esquissa un début de sourire et voulut parler mais aucun mot ne sortit.
« Tout va bien » lui dit-il alors en lui caressant les cheveux dans un geste de réconfort.
« T... Tim… »
« Je suis là » dit-il d’une voix apaisante. « Tu as mal ? »
Elle bougea un peu la tête de gauche à droite pour dire non.
« Tu te souviens de ce qui s’est passé ? » demanda-t-il alors.
Mais la jeune femme sombra à nouveau dans le sommeil.
Tim tourna la tête vers Danny qui continua à faire défiler les images des différentes vidéos qu’ils avaient réclamées et proposa à Tim de dormir un peu.
« Si tu as l’intention de… »
« Non » lui assura le blond. « Autant en finir avec tout ça et on n’a pas besoin d’être à deux dessus. »
Tim s’installa alors confortablement dans le fauteuil à côté du lit…
Après avoir mangé, les membres du 5-0 reprirent leurs recherches tandis que les filles s’étaient mises à faire la vaisselle.
« C’est bizarre mais j’ai beau regarder les vidéos du Hilton, aucune trace de Salvo ni de sa femme » dit Kono.
« Ils auraient déjà dû arriver » dit Chin en regardant Steve.
« Ils ne sont peut-être pas entrés par l’entrée principale ? » suggéra Charlie.
« On peut suivre leur trajet depuis l’aéroport ? » demanda Steve.
Tandis que Chin chargeait les différentes vidéos, Mary sortait dans le jardin répondre à une amie qui l’appelait sur son portable. Kelly vint alors trouver son fiancé :
« J’en peux plus, je monte me coucher. Ne veille pas trop tard, tu dois encore te ménager. »
« Ca va ? » demanda-t-il, soucieux, en voyant sa petite mine.
« Oui, ça va » répondit-elle en l’embrassant sur la bouche, un petit sourire aux lèvres, avant de déclarer aux autres :
« A demain. »
Steve la regarda s’en aller, dubitatif : était-ce la discussion avec son ex qui la travaillait autant ou était-ce un tout comme elle le lui avait dit ? Il se remit au travail en soupirant.
Malia avait également remarqué le silence anormal de la jeune femme et après avoir recommandé à son mari et à Steve de ne pas trop tarder à aller se coucher, était montée voir son amie qu’elle trouva assise sur le lit à contempler tristement sa bague de fiançailles.