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Un nouveau départ VIII

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 04.01.2016 à 14h07
Auteur : mesange 
Statut : Terminée

« Une importante alliance est sur le point de se conclure à Oahu entre différents parrains de la Côte Est et le 5-0 est toujours à la recherche d’indices...  » mesange 

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21

 

« Kelly ? » l’appela-t-elle et elle vit la jeune femme s’essuyer discrètement les yeux avant de se tourner vers elle.

« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda alors Malia en venant s’asseoir à ses côtés.

« Ca doit pas être ma journée mais ça va aller » répondit bravement Kelly. « Rien de tel qu’une bonne douche et une bonne nuit de sommeil pour se remettre d’aplomb, non ? »

« Et la présence de nos hommes ! » ajouta Malia en lui faisant un clin d’œil mais le sourire triste de son amie ne lui échappa pas.

« Kelly, qu’est-ce qui ne va pas ? Tu étais si heureuse ce matin et depuis que tu as parlé à ton ex... »

Kelly soupira : « Tu promets de rien dire à Steve ? Je lui en parlerai mais là, c’est juste que c’est pas le moment... »

« Tu me fais un peu peur... »

Kelly lui confia alors la visite de Catherine à l’école.

« C’est pas vrai ! » s’exclama Malia, indignée.

« J’ignore ce qui s’est dit là-bas mais si mes craintes se confirment, je ne la laisserai pas s’en tirer à si bon compte cette fois, du moins, c’est ce que je me disais mais maintenant, je... je sais plus. »

« Comment ça ? »

« Si je porte plainte, elle risque à nouveau de tout perdre et c’est peut-être là-dessus qu’elle joue pour récupérer Steve. Il m’en voudra peut-être et... »

« Mais pourquoi t’en voudrait-il ? C’est pas toi qui cherches l’affrontement ! »

« En fait, je sais pas ce qui m’arrive. Je commence à douter de tout. On était si heureux à Maui, j’étais confiante en l’avenir et là, j’en viens même à avoir peur de cette bague. » Elle baissa la tête, les larmes aux yeux.

« Catherine va beaucoup trop loin et Steve doit le savoir ! »

« Ils ont failli y rester dans cette enquête, c’est pas le moment d’en rajouter. »

Malia soupira avant de déclarer :

« Tu en as parlé à Laura ? Elle aussi devrait être mise au courant. »

« Non, je préfère pas l’inquiéter. »

« Elle pourrait mettre Catherine en garde... »

« Catherine n’écoute plus personne. »

« Si elle ne veut écouter personne, c’est son problème et si elle s’attire de nouveaux ennuis, c’est elle qui les aura cherchés ! Toi, tu dois penser à toi ! »

« Et si elle avait raison ? »

« De quoi tu parles ? »

« Du test. »

« Ne me dis pas qu’elle a semé le doute en toi maintenant ! »

« Non, pas vraiment, mais je me surprends des fois à me remémorer ma journée pour voir s’il n’y a pas un trou... » avoua tristement Kelly.

Malia soupira, furieuse contre Catherine : « Ce ne sont que des allégations d’une femme jalouse, prête à tout pour récupérer l’homme qu’elle aime. Tu ne dois pas porter crédit à ce qu’elle peut dire, personne ne le fait d’ailleurs. »

« Je sais tout ça et j’ai beau me raisonner, il y a des moments où... Ca doit être l’accumulation de tout... » Elle s’interrompit un bref instant.

« C’est évident » essaya de la rassurer son amie. « Ca fait beaucoup en peu de temps quand même. »

« Ca va aller » dit alors Kelly. « J’ai juste besoin de me poser un peu pour y voir plus clair. »

Malia posa une main réconfortante sur celle de son amie :

« Tu sais que tu peux compter sur moi et même sur chacun d’entre nous. »

« J’apprécie ce que tu fais pour moi... »

« Et fais confiance à Steve, il t’aime, ça crève les yeux. »

Kelly acquiesça de la tête et dit, un petit sourire aux lèvres : « Je sais. »

Malia quitta alors la chambre et Kelly se rendit dans la salle de bain prendre une douche. Ensuite, elle appliqua sa crème de nuit et c’est en rangeant le tube qu’elle aperçut alors le petit flacon de comprimés que son médecin lui avait prescrit pour affronter son procès. Après un bref moment d’hésitation, elle ouvrit le pot et en avala un. Elle se brossa encore les cheveux et alla se coucher mais ne trouva pas le sommeil pour autant...


mesange  (15.02.2016 à 13:59)

22

 

« QUOI ? » dit alors Rick Peterson en apprenant la nouvelle de la bouche de son patron.

« Et si Williams est vivant, on peut être sûr que le 5-0 est sur le pied de guerre et n’attend qu’une chose ! A voir maintenant ce qu’ils savent exactement ! Où en es-tu avec la fille ? »

« Je ne m’en suis pas encore occupé pour ne pas éveiller trop tôt les soupçons mais demain, son compte sera réglé. »

« Tu as carte blanche. Surtout ne me déçois pas... »

« Non, Monsieur » dit Peterson en raccrochant, un grand sourire aux lèvres. Ainsi donc, Danny était vivant ! Et il allait pouvoir se venger. Cette idée le fit sourire. L’excursion prévue le lendemain était du pain béni pour lui : il pourrait ainsi faire d’une pierre deux coups mais il en voulait plus, bien plus... Il prit alors son téléphone et appela Tweeny mais comme celui-ci hésitait, il déclara :

« Je vous rappelle que vous n’avez pas vraiment le choix : si vous ne vous étiez pas laissé avoir comme un bleu par votre taupe, on n’en serait pas là... »

« Dites-moi combien d’hommes il vous faut... »

 

 

 

« Ils ne prennent pas la direction du Hilton » fit remarquer Chin en regardant Steve.

« Et s’ils avaient repéré Lisa et lui avaient donné de fausses informations ? » dit alors Kono.

« Ca voudrait dire que nous ignorons tout du lieu de leur réunion » répondit son cousin.

« Et c’est probablement cette information que détenait Ricky. Je crains que tout ne repose sur Danny maintenant » conclut Steve avant d’ajouter : « Je préviens Reynolds. »

Mais après l’avoir appelé, il commença à ressentir une certaine fatigue. Il appela toutefois encore Danny :

« Vous avez trouvé quelque chose ? » demanda aussitôt celui-ci et Steve lui fit part de leurs soupçons.

« Donc, si je comprends bien, tout repose sur moi. »

« Ce qui veut dire que vous êtes, plus que jamais, dans leur collimateur » répondit son ami et Danny put sentir, au son de sa voix, toute son inquiétude.

« Si Inès pouvait parler » soupira-t-il en regardant la jeune femme endormie sur son lit d’hôpital.

« Vous feriez bien de vous reposer un peu quand même » dit Chin.

« On t’a pas attendu, mon pote. Bon, on se tient au courant. »

« Je crois qu’on en a assez fait aussi pour aujourd’hui » dit alors Steve après avoir raccroché. « Il vaut mieux qu’on ait tous une bonne nuit de sommeil ou du moins quelques heures, on ne sait jamais que Danny trouverait quelque chose. Kono, c’est inutile de rester, tu seras mieux chez toi. »

« Je te raccompagne » dit alors Charlie.

« Bon, eh bien, à demain » répondit-elle en regardant Steve mais celui-ci l’ignora. Elle soupira tristement et s’en alla avec son compagnon.

Chin coupa la vidéo qu’il était en train de visionner, ne prêtant pas attention à l’homme qui apparaissait alors et monta rejoindre sa femme qu’il trouva encore éveillée.

« Tu ne dors pas ? » demanda-t-il en commençant à retirer ses vêtements.

« J’ai du mal à trouver le sommeil. »

« Tu m’attendais, avoue-le. »

« On peut rien te cacher » répondit-elle en souriant.

« Je me dépêche » et il gagna la salle de bain.

« T’es moins rapide que Steve, il est monté après toi et je n’entends déjà plus l’eau couler. »

« Il a du mal à perdre ses bonnes vieilles habitudes de la Navy » rit Chin et moins de cinq minutes plus tard, il s’allongea auprès de sa femme qui vint se blottir tout contre lui.

« Allez, dis-moi, ce qui te travaille » lui demanda-t-il alors en posant ses lèvres sur ses cheveux. Il l’entendit soupirer et fronça les sourcils en l’entendant répondre :

« Kelly m’inquiète. »

« J’imagine que revoir son ex et se replonger dans son passé n’a pas été facile pour elle. »

« Il y a plus que cela. »

Chin pencha la tête vers elle, l’air interrogateur...

 


mesange  (17.02.2016 à 15:00)

23

 

« Tu sais ce que Catherine a fait aujourd’hui ? » et elle lui raconta ce qu’elle avait appris.

Chin soupira : « Kelly ne mérite vraiment pas ça. »

« Elle est là à attendre un hypothétique coup de fil de sa directrice qui ne viendra peut-être pas sans parler qu’elle se rendra demain à l’école en ne sachant pas si… Non mais est-ce que cette femme est consciente de ce qu’elle fait ? »

« Elle cherche vraiment les ennuis. Pourtant, ce comportement ne lui ressemble pas » dit Chin. « Sa rupture l’a complètement déboussolée. »

« Il est évident que sa thérapie est loin d’être superflue mais en attendant que celle-ci porte ses fruits, elle s’acharne encore sur Kelly et j’ai peur qu’elle ne craque. »

« Je plains Steve... »

« Il n’est pas au courant. »

« Mais... »

« Vous êtes déjà assez inquiets comme ça avec l’enquête et elle refuse d’en rajouter. »

« C’est juste qu’on avance à la vitesse d’un escargot et rester cloîtrés n’arrange rien. Je peux comprendre qu’elle veuille l’épargner mais Steve doit savoir ce qui se passe. »

« Elle m’a dit qu’elle le lui dirait mais c’est juste pas le moment. »

« Qu’en pense Laura ? »

« Elle n’est pas au courant non plus » et devant l’air surpris de son mari, expliqua :

« Elle ne veut pas l’inquiéter. Je te l’ai dit, elle est perdue... »

Chin soupira tristement : « Qu’est-ce qu’on peut faire ? »

« La soutenir et... la protéger. »

« Comment puisqu’elle préfère ne rien dire aux seules personnes qui pourraient avoir une influence sur Catherine ? »

« Je crois malheureusement que Catherine a dépassé ce stade. »

« Comment ça ? »

« Je ne suis pas psy et je sais que le fait d’être enceinte ne l’aide pas mais je pense sincèrement qu’elle devrait subir une évaluation psychologique en milieu hospitalier et j’ai bien l’intention d’aller en parler à Laura demain. »

« On peut pas laisser Steve à l’écart de tout ça, Malia. »

Celle-ci soupira : « Kelly me fait confiance et c’est très important qu’elle puisse se confier à quelqu’un. Ne dis rien à Steve, s’il te plaît, pas encore. Je vais essayer de la convaincre. »

« J’aime pas ça» soupira son mari...

 

 

De son côté, Kono arrivait chez elle et Charlie la raccompagna jusqu’au pas de sa porte.

« Tu rentres pas ? » demanda-t-elle, étonnée, en voyant qu’il ne la suivait pas.

« Tu as les traits tirés, il vaut mieux que je ne reste pas. »

« Tu me fais marcher là ? » demanda-t-elle, pas très sûre devant son expression sérieuse.

« Bien sûr que je te fais marcher » répondit Charlie, un grand sourire aux lèvres, heureux de voir combien sa présence comptait pour elle.

« Allez, viens » sourit alors celle-ci et une fois à l’intérieur, se tourna vers lui et passa les bras autour du cou et tandis qu’il l’enlaçait, elle lui souffla :

« Merci de m’avoir écoutée l’autre soir, j’avais vraiment besoin de parler. Je savais que Steve n’allait pas être content mais je m’attendais pas à une telle réaction de sa part. »

« Il n’a plus l’air de trop t’en vouloir. »

« Il se contente juste de rester professionnel » répondit Kono avant d’ajouter tristement : « C’est à peine s’il m’a regardée en partant. Je l’ai vraiment déçu, crois-moi. »

« Laisse-lui le temps de digérer tout ça. Kelly t’a pardonnée, il en fera de même. »

« Je l’espère » répondit-elle, un petit sourire aux lèvres et il se pencha pour l’embrasser. Il la souleva alors et l’emmena dans sa chambre. Elle le vit aller dans la salle de bains et en ressortir, un flacon d’huile pour le corps à la main.

« T’as besoin de te détendre et ça devrait faire l’affaire » dit-il en lui souriant.

Kono ne se fit pas prier : elle retira une partie de ses vêtements, s’allongea sur le lit, ferma les yeux et apprécia la séance de massage :

« Surtout ne t’arrête pas » dit-elle en gémissant de plaisir mais après un bon quart d’heure, il lui souffla dans le creux de l’oreille : « Et si on continuait sous la douche ? »

« Avec plaisir, Monsieur Fong… »


mesange  (19.02.2016 à 09:57)

24

 

Salvo et sa femme, quant à eux, sirotaient tranquillement un cocktail dans leur salon privé quand le portable du parrain vibra :

« Ils n’ont plus bougé de l’hôpital » lui apprit son interlocuteur. « Et d’après notre contact, la fille serait toujours dans le coma. »

« Vous savez donc ce qu’ils vous restent à faire. »

« Oui, Monsieur. »

Il raccrocha et but une gorgée de son cocktail : ils avaient toujours une longueur d’avance, voire deux, mais pas question de prendre le moindre risque. C’est alors qu’il remarqua le regard courroucé de sa femme.

« Quoi ? » demanda-t-il exaspéré.

« Tu sais à quand remonte notre dernier voyage ensemble ? »

« Tu vas me le dire. »

« A plus de trois ans ! »

« Je suis un homme fort occupé. »

« Tu m’as promis que ce voyage serait inoubliable. C’est sûr que déjà rien que le vol, je suis pas prête de l’oublier. J’ai des courbatures partout à avoir dû rester des heures… »

Salvo soupira, se demandant à nouveau ce qu’il lui avait pris de lui demander de l’accompagner.

« Tu m’écoutes ? » le rappela-t-elle à l’ordre.

« Mais oui, chérie » répondit-il machinalement et elle reprit de plus belle ses jérémiades…

 

 

Steve était, lui aussi, monté se coucher et après avoir pris rapidement une douche, se glissa sous les draps. Kelly, qui ne dormait pas encore, vint se blottir dans le creux de son épaule. Il posa ses lèvres sur ses cheveux et murmura :

« Je t’ai trouvée bien silencieuse depuis ton retour. Tu t’en veux encore pour ce que tu as appris ? »

« Il m’aurait retrouvée tôt ou tard, Spencer a été formel au procès. Maintenant, c’est vrai que si j’avais agi autrement, peut-être que ça l’aurait retardé. Aurait-il fait moins de victimes ? Personne ne peut le dire, je pense. Mais en partant sans laisser de mot, j’ai fait souffrir des personnes qui tenaient à moi et qui ne méritaient pas ça » ajouta-t-elle, d’une voix triste. 

« La peur avait pris le pas sur tout le reste… »

« Oui, ça et sans doute l’image que j’avais de moi à cette époque. »

« Après ta thérapie, t’as jamais voulu reprendre contact avec lui ou avec Caroline ? » demanda-t-il tout en caressant ses cheveux d’une main.

« Avec Caroline, oui, plein de fois et si j’avais su qu’avec une carte prépayée… » ajouta-t-elle, ce qui le fit sourire. « Tu peux pas imaginer le nombre de lettres qui a fini dans la poubelle mais à la simple idée qu’il pourrait me retrouver, je… je pouvais pas, c’était plus fort que moi. Quant à Andrew, non, je n’avais aucune envie de le revoir » répondit-elle sincère. « Je dis pas que je ne pensais pas à lui mais le ressentiment que j’éprouvais à son égard a toujours pris le dessus. »

« Et aujourd’hui ? »

Kelly leva des yeux interrogateurs vers son fiancé.

« Tu sais maintenant qu’il tenait à toi bien plus que tu ne le pensais… »

Kelly acquiesça de la tête : « Oui mais c’est un peu tard, non ? C’est à ce moment-là que j’avais besoin de lui, plus que jamais, et au final, il a juste passé quelques heures près de moi quand j’étais hospitalisée et une fois installée chez lui, je l’ai quasiment plus vu. J’ai dû passer plus de temps avec Caroline qu’avec lui, c’est dire ! Il reconnaît d’ailleurs ne pas avoir été à la hauteur. Il savait pas comment s’y prendre et j’ai ressenti ça comme un abandon. »

Il la serra un peu plus fort contre lui et elle poursuivit :

« A sa décharge, j’ai pas été facile, loin de là, et même si je voyais bien qu’il souffrait, je me disais que sa souffrance n’était rien comparée à la mienne. Il partait travailler, sa vie continuait alors que pour moi, plus rien n’était pareil. J’en voulais à la terre entière, je voulais voir personne, je voulais parler à personne. J’ai fait le vide autour de moi et quand je suis partie, j’étais vraiment persuadée que mon départ le soulagerait ainsi que Caroline. En fait, je leur ai fait vivre un enfer à eux aussi et j’en suis pas fière. »

« C’est donc ça qui te chiffonne ? »

« Je peux pas revenir sur ce que j’ai fait. Je me suis expliquée avec Caroline et aujourd’hui avec Andrew. »

« Mais il n’a pas compris ? »

« Si, enfin je pense. Mais pourquoi toutes ces questions ? » demanda-t-elle en se redressant, les sourcils froncés.

« J’essaie juste de comprendre ce qui te perturbe. »

« Et tu crois que c’est Andrew ? »


mesange  (21.02.2016 à 09:19)

25

 

Steve haussa les épaules et elle lui expliqua :

« Il voulait juste avoir la discussion qu’on n’a jamais eue, me dire en effet qu’il tenait à moi malgré ce que j’en pensais. Tu sais, depuis cette nuit-là, je ne l’ai plus entendu me dire qu’il m’aimait. Il n’osait même plus me regarder en face quand il me parlait et le peu qu’on parlait d’ailleurs, ça tournait systématiquement en disputes. Pourtant, j’avais besoin de lui. J’avais besoin qu’il me tienne tête et qu’il me montre à quel point il tenait à moi, même après... surtout après ! Mais il l’a pas fait... Il attendait juste que... que ça passe tout en poursuivant sa vie. Il ne rentrait même pas certains soirs, il… il était débordé de travail soi-disant. Je suis partie mais même sans la menace Carter, je l’aurais quitté. »

Kelly soupira profondément avant de conclure : « Finalement je suis contente d’avoir pu parler avec lui. Ca me permet de tourner cette page de ma vie. »

« Tu devrais donc être soulagée et pourtant, c’est pas l’impression que tu donnes. »

« Je te l’ai dit, c’est un tout, un coup de moins bien, mais ça va passer. Ca va d’ailleurs déjà beaucoup mieux depuis que t’es près de moi. »

Elle le vit se mordre la lèvre inférieure et elle se blottit à nouveau contre lui, espérant qu’il se contenterait de ce qu’elle venait de lui dire.

Il lui releva tendrement le menton :

« On s’est promis de plus rien se cacher… »

« Non, c’est toi qui as dû me promettre de… »

« Tu veux vraiment jouer à ce petit jeu-là ? » la coupa-t-il, le visage grave, tout en ne la quittant pas des yeux.

« ..... Non » finit-elle par lâcher d'une voix à peine audible.

« Alors explique-moi au lieu de me laisser me poser mille questions, y a rien de plus frustrant ! »

Il la vit baisser la tête mais elle ne dit rien.

« Comme tu veux... » dit-il, déçu. Il attendit tout de même encore un petit moment puis soupira. Il tendit alors le bras pour éteindre la lumière et c’est le cœur serré qu’elle le vit lui tourner le dos : elle l’avait manifestement blessé. Elle ferma les yeux, ne sachant plus quoi faire : se taire ou tout lui dire ?

« C’est Catherine » lui avoua-t-elle alors.

Il se retourna vers elle et lui demanda, surpris :

« C’est le fait qu’elle refuse de faire le test qui te met dans un état pareil ? Ce matin, tu... »

« Non, c’est pas ça » le coupa-t-elle.

Il ralluma la lumière et la regarda d’un air interrogateur :

« Elle s’est présentée à l’école et a eu une entrevue avec la Directrice. Ne me demande pas ce qu’elle lui a dit, j’en sais rien... »

« C’est facile à deviner ! Mais pourquoi tu m’as pas appelé ? »

« J’y ai songé mais que pouvais-tu faire ? C’était trop tard... »

« Mais bon sang, qu’est-ce qui lui passe par la tête ? Elle refuse de faire le test et elle s’en prend encore à toi ! »

« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda Kelly en le voyant se relever et attraper sa chemise. « Steve, reste ici. »

« Je l’avais prévenue ! »

« C’est justement pour cette raison que je voulais pas t’en parler et j’aurais mieux fait ! » dit-elle en se relevant également. « Ton enquête t’oblige à rester ici. Tu vas quand même pas la foutre en l’air pour elle ? Steve, sois raisonnable » ajouta-t-elle, anxieusement, en le prenant par le bras pour l’empêcher de mettre son pantalon. « S’il te plaît. »

« Je me suis montré patient jusqu’à présent mais c’est terminé ! » lâcha-t-il, les mâchoires serrées.

« Parce que tu crois qu’elle va t’écouter ? » demanda Kelly en se passant une main sur le front. « Steve, j’ai pas arrêté de penser à tout ça et tant que tu te mets entre elle et moi, elle n’arrêtera pas. »

Il la regarda les sourcils froncés et elle poursuivit :

« Elle sait parfaitement ce qu’elle fait et pourtant, ça l’empêche pas de le faire, quitte à tout perdre. Pourquoi à ton avis ? »

Il garda le silence.

« Tu dois bien en avoir une petite idée, non ? »

Elle vit alors à son regard qu’il avait compris.

« Tu vois cette bague » dit-il alors en prenant sa main. « Elle devrait suffire pour te montrer de quel côté je suis. »

« Tu dis ça maintenant mais tu seras toujours entre nous deux et elle le sait parfaitement et elle joue là-dessus, sans parler du bébé. »

« S’il est de moi ! »

« Elle doit croire que je n’oserai pas m’en prendre à elle parce que je finirai par te perdre et tu sais, le pire dans tout ça, c’est qu’elle a sûrement raison ! » s’exclama-t-elle, les larmes aux yeux.

« Non, elle a tort ! » rétorqua-t-il avec conviction. « Qu’elle m’en veuille est une chose, qu’elle s’acharne sur toi en est une toute autre et je la laisserai pas faire, crois-moi ! »

« Tu vas faire quoi ? Essayer de la raisonner ? » demanda la jeune femme en le regardant attacher son pantalon.

« Tout ça est ma faute et il est temps que quelqu’un l’arrête » dit-il fermement.

 


mesange  (23.02.2016 à 10:05)

26

 

« Justement, elle sait que tu vas intervenir et elle n’attend que ça. N’entre pas dans son jeu, s’il te plaît, Steve, ne fais pas ça. C’est moi qu’elle attaque, c’est à moi de me défendre ! »

« Pour que ça se termine comme la dernière fois ? Sûrement pas ! »

« Mais je vais pas aller la voir ! »

Et devant son regard sceptique, elle lâcha :

« J'ai bien l'intention de porter plainte cette fois si elle a utilisé mon dossier... »

« Et si c’est pas le cas, tu vas attendre sa prochaine trouvaille ? Pas moi ! Ou elle arrête les frais et pense un peu au bébé qu’elle porte ou elle en paiera les conséquences et si tu dois l’attaquer, dans ce cas, ce sera avec mon accord ! »

Et comme elle restait sans voix, il ajouta en prenant son visage entre les mains : « Je laisserai personne réduire à néant tous les efforts que t’as fait et que tu fais encore pour retrouver une vie normale. Je tiens trop à toi et j’ai hâte d’en finir une bonne fois pour toutes avec tout ça. J’espère qu’elle finira par comprendre et si c’est pas le cas, j’aurais au moins fait ce que je pouvais. »

Elle lui sourit timidement et il posa ses lèvres sur les siennes pour un tendre baiser.

« Et si on essayait de dormir maintenant ? » suggéra-t-il alors.

« Tu veux plus aller… ? » demanda-t-elle, surprise.

« Tu as peut-être raison et puis, t’as eu ta dose pour la journée et tu as besoin de te reposer. Tu sais, ça grimpe pas mal pour arriver aux pétroglyphes et j’te parie que samedi, tu pourras même plus marcher. »

« C’est ça, moque-toi. »

« Quand l’enquête sera terminée, tu viendras courir avec moi. »

« Tu crois que je vais me lever à cinq heures du matin ? Tu rêves ! »

« Tu m’as dit que tu t’entraînais avant le début des cours… »

« Oui mais il y a plus de dix ans. »

« Et alors ? Plus rien t’empêche de reprendre. »

« On verra » et au grand sourire qu’il afficha, elle sut qu’il la lâcherait pas. Elle le regarda se déshabiller et une fois au lit, elle se blottit tout contre lui en lui soufflant :

« Je t’aime. »

« Moi aussi et bien plus que tu ne le penses. »

Kelly ferma les yeux et ils restèrent ainsi, enlacés, chacun perdu dans ses pensées mais la fatigue eut bientôt raison d’eux…

 

 

 

 Pendant ce temps à New York, Tim avait relevé Danny qui s’était, à son tour, assoupi sans demander son reste. Il dormait depuis plus d’une bonne heure quand des chuchotements l’éveillèrent. Il vit alors son ami assis à côté d’Inès, une main posée sur celle de la jeune femme.

« Ils étaient plusieurs ? » écouta-t-il Tim demander, avant de le voir se tourner vers lui en entendant le fauteuil grincer.

Elle fit oui de la tête.

« Tu les avais déjà vus avant ? »

Elle acquiesça à nouveau tandis que Danny restait à l’écart.

« Rick Peterson, ce nom te dit quelque chose ?.... Oui » dit-il alors en la voyant se troubler.

« Danny, la photo » dit alors Tim et Inès regarda derrière lui. Danny s’approcha mais devant le regard de la jeune femme, se sentit mal à l’aise. Tim le présenta :

« Inès, voici Danny Williams » et en voyant la manière dont elle le fixait, ajouta : « Il ne peut pas croire, tout comme moi, ce qu’était devenu Ricky. Il est donc là pour faire toute la lumière sur toute cette histoire. »

« Vous... vous l’a...vez... tué » l’accusa-t-elle, les larmes aux yeux.

« Il n’a pas eu le choix, Inès, et si Ricky s’était confié à lui, peut-être qu’il serait encore vivant aujourd’hui. »

« Pas un jour ne passe sans que je ne regrette mon geste » dit alors Danny, ému. « Ricky était un de mes meilleurs amis mais... » Il déglutit péniblement avant d’ajouter : « J’ai encore du mal à croire que... »

« Il... vous... fais.ait..conf...iance. »

Danny baissait la tête tandis qu’entrait à ce moment une infirmière qui, en voyant Inès éveillée, s’en alla avertir le Docteur Welby.

 


mesange  (25.02.2016 à 14:42)

27

 

Les deux amis se regardèrent et Tim ne perdit plus de temps :

« Inès, on sait que Ricky travaillait sous couverture. On sait aussi qu’il t’a confié certaines choses et c’est important pour nous de savoir lesquelles. »

Il constata qu’elle ne quittait pas Danny du regard et elle reprit :

« Il... m’a...dit que... je pou..vais...vous...par...ler. »

« La photo » répéta Tim et Danny sortit le cliché où Ricky était aux côtés de Peterson. A la vue de cet homme, elle commença à s’agiter et son pouls s’accéléra.

« C’est lui qui est venu vous interroger, n’est-ce pas ? » demanda Danny.

Le médecin, qui venait d’entrer, intervint alors :

« Ca suffit ! » et il relança aussitôt le goutte à goutte mais avant qu’Inès ne sombre de nouveau, elle lâcha tout de même d’une voix à peine audible : « La... fille... »

« Son nom, Inès, son nom ! » insista, malgré tout, Tim mais Inès s’était rendormie.

Le médecin les avertit : « Son état est stable mais ses jours sont toujours en danger et tout stress peut lui être fatal vu la gravité de ses blessures. Est-ce que c’est trop vous demander d’y aller doucement ? »

« Nous ne voulions pas la brusquer, juste lui poser quelques questions » dit Tim.

« C’est encore un peu tôt » répliqua vertement le Docteur Welby en quittant la chambre, visiblement courroucé.

« De quelle fille elle parlait ? » demanda alors Danny. «  De notre Bruce Lee en jupons ? Ca signifierait qu’elle était consciente quand elle a essayé de la tuer... »

« Je suis arrivé peu après et elle était plongée dans un coma artificiel. Ca paraît donc peu plausible. »

« Elle a peut-être voulu dire que c’était la complice de Peterson ? » suggéra encore Danny.

« Qu’elle l’interrogeait peut-être avec lui ? »

« Elle ou alors celle qui s’est faite passer pour son avocate. »

« On ignore qui elle est mais ce qu’on sait, c’est que Peterson était là. »

Les deux amis se regardèrent et Danny déclara en montrant la photo à son ami : « Je suis de plus en plus sûr que cette photo n’était pas là par hasard. »

« C'est vrai qu'on en revient toujours à Peterson » approuva Tim.

« C’est notre seule piste puisque la fille est morte et qu’on ne connaît pas l’identité de l’autre » dit-il en fixant son ami qui n’aima pas l’expression qu’il y lut.

« Ecoute, le temps joue contre nous. Toi, tu restes ici au cas où elle se réveillerait et moi, je... »

« Danny, non. Il est pas question que j’te laisse aller seul chez Peterson ! »

« J’ai passé l’âge d’avoir une nounou et j’te rappelle que j’ai obtenu mon diplôme en même temps que toi. D’accord, avec de moins bonnes notes mais... »

« Ca va, j’ai compris mais je viens avec toi ! »

« Non, Inès sait des choses et il faut savoir lesquelles ! »

Tim passa une main sur ses joues rugueuses, pas convaincu. C’est alors que l’infirmière rentra à nouveau dans la chambre.

« Le Docteur Welby a accéléré le débit du goutte à goutte. Vous pouvez me dire combien de temps elle risque de dormir ? » demanda-t-il aussitôt.

L’infirmière vérifia la perfusion et après avoir lu les consignes, répondit : « Le Docteur Welby n’a rien précisé quant à un retour à des doses plus légères du narcotique. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’elle ne va pas s’éveiller tout de suite. »

« Merci » répondit Tim avant de se tourner vers Danny : « Alors, tu comptes encore traîner longtemps ou... ? » et ce dernier lui emboîta aussitôt le pas...


mesange  (27.02.2016 à 12:35)

28

 

A cette heure matinale, New York s’éveillait doucement et Danny regardait, avec nostalgie, ces grands immeubles.

« Me dis pas que ça te manquait » dit Tim en lui jetant un coup d’œil.

« Tu peux pas savoir à quel point » soupira son ami.

« Attends que l’hiver revienne » répondit celui-ci en souriant.

« C’est sûr que vivre à Hawaii a certains avantages » dut admettre Danny.

« Tu reviendrais si t’en avais l’occasion ? »

Son silence fut éloquent.

« Tu sembles plus attaché à l’île que tu veux bien le dire » en conclut son ami.

« Je dirais que j’y ai rencontré des gens supers et qu’ils me manqueraient. »

« Comme Steve ? »

« Lui ? Oh non ! » s’exclama-t-il aussitôt en riant mais Tim ne fut pas dupe et Danny lâcha alors :

« Si je partais, il serait capable de se faire descendre. »

« Au fait, comment t’as atterri au 5-0 ? »

Et tandis qu’ils s’éloignaient du centre de New York, Danny lui parla de sa rencontre avec Steve et surtout de ses méthodes peu orthodoxes.

« Ouais mais ça fonctionnait, non ? » commenta en souriant Tim.

« Quoi ? Ne me dis pas que tu… » s’écria Danny en se tournant vers lui, les yeux plissés.

« Je dis simplement que parfois, il faut employer les grands moyens. Depuis que je suis à la cellule antiterroriste, il m’est arrivé aussi de ne pas y aller par quatre chemins mais toi, c’est vrai, t’as toujours préféré le dialogue » ajouta-t-il, un sourire moqueur aux lèvres.

Danny allait répondre quand Tamara appela son mari qui freina d’un coup sec :

« QUOI ? »

« ... »

« Vous n’avez rien ? » demanda-t-il alors d’une voix blanche.

« ... »

« OK, surtout vous approchez pas des fenêtres. J’arrive ! »

Il fit aussitôt demi-tour et partit sur les chapeaux de roue rejoindre sa femme. Tout en appelant le NYPD, il mit Danny au courant :

« La façade de notre maison a été criblée de balles. Heureusement, personne n’est blessé mais… »

Danny poussa un énorme soupir de soulagement avant de s’excuser :

« Tout ça est ma faute. Si j’avais su, je… »

« On en a déjà parlé » le coupa son ami, les mâchoires serrées et le pied au plancher.

Danny dut s’accrocher à la poignée comme son ami se frayait un passage dans la circulation qui devenait peu à peu plus dense et le reste du trajet se passa dans un silence tendu.

Arrivés chez lui, les deux gamins se précipitèrent dans les bras de leur père.

« Papa ! » dirent-ils en chœur.

« Ca va ?.... Vous êtes sûrs ? » demanda celui-ci en s’agenouillant pour les serrer contre lui, tout en lançant un regard anxieux à sa femme.

« Je croyais que c’était un voleur qui entrait par la fenêtre » expliqua alors Mick, le plus âgé des deux.

« J’ai eu très peur » dit le plus petit qui se blottit à nouveau dans les bras de son père qui vit, le cœur serré, ses yeux rouges.

Tamara déclara alors : « Je me demandais ce qui arrivait » dit celle-ci, essayant de faire bonne figure malgré tout devant ses deux fils.

« Ca va aller maintenant, je suis là » essaya-t-il de les rassurer.

« T’es qui, toi ? » demanda le plus jeune tandis que Tim prenait sa femme dans ses bras.

« Moi, c’est Danny. Tu étais encore un bébé quand je t’ai vu la dernière fois. Tu dois être Kevin, c’est ça ? »

Le gamin fit oui de la tête.

« Et toi, c’est Mickaël. »

« Va faire une valise, je vous emmène à la cellule. Vous y serez en sécurité » dit alors Tim à sa femme.

« On va où, papa ? » demanda Kevin.

« Tu resteras avec nous ? » demanda à son tour Mick.

Et tandis que Tim leur répondait, Danny s’adressa à Tamara :

« Je suis désolé. Si j’avais... »

« Tu pouvais pas prévoir tout ça » le coupa-t-elle « Et puis, tu sais, les femmes de policiers sont une race à part aussi. »

Les premiers policiers arrivèrent et prirent la déposition de Tamara tandis que Tim et Danny allaient examiner les impacts de balles.

« La scientifique va pas tarder » soupira Tim en voyant les dégâts avant d’ajouter : « C’est manifestement un avertissement. »

Son portable émit alors un bip et il fronça les sourcils en lisant le message qu’il venait de recevoir : « Laissez tomber si vous tenez à la vie... »


mesange  (29.02.2016 à 14:40)

29

 

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Danny en voyant l’expression de son ami.

« Ecoute, tes gosses sont sous le choc et même si Tamara fait bonne figure, elle n’en mène pas large. Va les mettre à l’abri et reste près d’eux. Ils ont besoin de toi, Tim » dit Danny après avoir lu le message.

« Mais toi ? »

« J’ai une fille moi aussi et elle a besoin de moi. Je vais appeler Reynolds. Après tout, c’est son enquête et Ricky mérite pas qu’on sacrifie notre vie pour lui. »

Tim, pas encore convaincu, demanda :

« Et Peterson ? »

« Le témoignage d’Inès va l’envoyer en prison pour un bon bout de temps. »

« Je veux papa. Lâche-moi, maman » geignit alors Kevin et Tamara regarda son mari, l’air désemparée, alors que le plus jeune de leurs fils courait vers lui.

« Vous pouvez m’amener à l’aéroport ? » demanda alors Danny à l’un des policiers du NYPD qui accepta.

« T’es sûr que... ? »

« On a plus besoin de moi à Hawaii qu’ici.

Tim proposa alors qu’il prenne sa voiture :

« Non, t’en as déjà assez fait pour moi et au moins, je serai escorté » dit-il en souriant avant d’ajouter, ému : « Merci pour tout, vieux... »

Les deux hommes s’étreignirent.

« J’espérais une autre tournure » soupira Tim.

« Tamara, je suis content de t’avoir revue même si... »

La jeune femme le serra alors dans ses bras : « J’espère que la prochaine fois, ce sera dans de meilleures circonstances… »

Il sourit tristement et l’embrassa sur la joue avant d’ébouriffer les cheveux des deux gamins.

« Si un jour, l’envie vous prend de venir à Hawaii… »

Tamara regarda Tim qui déclara : « On en a justement parlé récemment. »

« Rien ne me ferait plus plaisir. »

« Je te tiens au courant pour Inès. »

« Au fait, voilà le numéro de Steve au cas où t’aurais du nouveau. Là-haut, tu pourras pas me joindre. »

Il grimpa ensuite à l’arrière du véhicule de la police et son ami le regarda partir, le cœur serré.

« Je sais que t’aurais aimé… » commença sa femme.

« C’est vous, ma priorité » répondit-il en l’embrassant brièvement sur la bouche. « Allez, on s’en va. »

 

 

Une bonne demi-heure plus tard, Danny entrait dans le hall de l’aéroport mais au lieu de se diriger vers le comptoir des réservations, il se dirigea vers celui des véhicules à louer et pesta en voyant déjà la file. En attendant son tour, il se remémora les menaces de Peterson :

« T’aurais pas dû faire ça, Danny… » Et alors qu’on l’emmenait, il s’était retourné et avait lâché : « Profite bien de ta famille… »

« Monsieur ? » demanda alors une voix féminine, le tirant de ses pensées.

« Euh… Deux jours » et après avoir rempli les formalités d’usage, il alla réserver son billet pour le vol du lendemain soir. Clé et billet en poche, c’est plus déterminé que jamais qu’il gagna ensuite la voiture de location. Il entra aussitôt l’adresse de Peterson sur le GPS et démarra…

 

 

Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là, Billy regardait pour la énième fois par le hublot de l’avion pour voir si le brouillard, à couper au couteau, se dissipait un peu mais ce n’était pas le cas. Il arrêta de tergiverser et appela le Haut Commandement pour leur faire part des conditions météorologiques exécrables qui régnaient sur la région mais il avait beau défendre son point de vue, celui-ci restait inflexible :

« C’est pour ce genre de missions que vous avez été formés, Commandant » lui répondit un haut-gradé, mettant ainsi un terme à leur conversation.

Billy soupira et regarda tour à tour ses hommes : eux aussi avaient la mine grave, préoccupés par ce que pouvait impliquer un tel brouillard, mais il savait qu’il pourrait compter sur chacun d’eux quand il donnerait l’ordre de sauter.

« Prêts, Commandant ? » cria alors le pilote.


mesange  (02.03.2016 à 14:17)

30

 

Billy s’avança en premier et regarda une nouvelle fois le ciel. Il ajusta alors ses lunettes de vision nocturne mais en constatant qu’il ne pouvait même pas distinguer le clair de lune, il prit alors la lourde décision de ne pas sauter.

« Nous rentrons » cria-t-il au pilote sous les regards stupéfaits de ses hommes.

Et il alla se rasseoir et baissa la tête : pour la première fois de sa carrière, il venait de désobéir à un ordre officiel, signant ainsi très probablement l’arrêt de mort des deux otages qu’ils avaient ordre de ramener avant qu’ils ne soient exécutés.

« Tu as fait ce que t’as pensé être juste » lui dit alors son ami en posant une main compatissante sur son épaule.

« Avec un peu de chance, ils ne les tueront pas. C’est pas tous les jours qu’ils mettent la main sur des membres de l’OTAN en mission d’observation » essaya-t-il de se rassurer.

« Dès que ce putain de brouillard se lèvera, ne serait-ce qu’un peu, on ira les chercher et on les ramènera ! » renchérit son ami.

Il redressa la tête et fut touché en entendant ses hommes lâcher : « Hooyah. »

Le trajet du retour se passa ensuite dans le plus grand silence, chacun étant conscient des problèmes qui attendaient leur commandant qui, dès son arrivée, fut convoqué, ainsi que son second, auprès de ses supérieurs.

Ils le laissèrent s’expliquer mais le Secrétaire d’Etat à la Défense, avec qui ils étaient en visioconférence, donna malgré tout l’ordre de retourner chercher les otages.

« Lieutenant Kendrickx, en l’attente des conclusions de l’enquête que va mener le JAG concernant le bien-fondé ou non du refus d’obéissance du Commandant Harrington, je vous nomme à la tête de son unité et vous donne l’ordre de ramener les deux otages. »

« Bien, Monsieur » répondit celui-ci, tout en jetant un coup d’oeil à son ami qui ne broncha pas.

« Alors qu’est-ce que vous faites encore là ? Vous devriez déjà être dans l’avion ! »

Billy le regarda partir au pas de course.

« Je vous préviens, Commandant » dit alors un des hauts dignitaires de l’OTAN. « S’ils les ont exécutés, je vous accuserai d’homicide involontaire par négligence ! »

« Je comprends, Monsieur » répondit simplement Billy.

Son supérieur direct l’autorisa toutefois à suivre les opérations depuis le centre de contrôle une fois ses hommes déployés et c’est le cœur battant la chamade que Billy les voyait progresser et fouiller chaque pièce du bâtiment.

« RAS » cria l’un d’entre eux, bientôt imité par les autres.

« RAS. »

« RAS. »

« Lieutenant, par ici » entendit-il alors et le spectacle qu’il vit lui donna la nausée.

« C’est bien eux » dit le second de Billy, conscient de ce qu’allait impliquer la mort de ces deux hommes pour son ami.

« Commandant Harrington, vous êtes en état d’arrestation et vous aurez beaucoup de chance si vous évitez la Cour Martiale ! » dit alors le Secrétaire d’Etat qui avait tenu à suivre également les opérations. Furieux, il termina la visioconférence…

 

 

Steve était réveillé depuis un petit moment déjà mais n’osait pas bouger de peur d’éveiller Kelly qui avait eu une nuit assez agitée mais celle-ci ne tarda plus trop à ouvrir les yeux.

« Déjà éveillé ? » demanda-t-elle d’une voix encore ensommeillée en voyant qu’il la regardait.

« Je reprends mes bonnes vieilles habitudes, c’est plutôt bon signe, non ? » répondit-il, un tendre sourire aux lèvres tout en remettant alors une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

« Tu es moins marqué, c’est vrai » reconnut-elle « mais tu sais ce que le médecin a dit… »

« Oui, Mdame » répondit-il en se penchant vers elle pour l’embrasser brièvement sur la bouche avant de se lever tandis qu’elle s’étirait paresseusement.

« Il faut vraiment se lever ? » soupira-t-elle.

« A moins que tu n’aies une meilleure proposition ? » répondit-il, un large sourire aux lèvres.

« On pourrait retourner à Maui… » suggéra-t-elle. « On était si bien à paresser toute la journée au lit, coupés du reste du monde », avant d’ajouter d’une petite voix triste : « J’ai l’impression que c’était à des années lumière… »


mesange  (04.03.2016 à 09:26)

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