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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 04.01.2016 à 14h07
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Une importante alliance est sur le point de se conclure à Oahu entre différents parrains de la Côte Est et le 5-0 est toujours à la recherche d’indices... » mesange
Cette fanfic compte déjà 47 paragraphes
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Steve s’assit sur le bord du lit et se tourna légèrement vers elle : « Je t’avais promis qu’après le procès… »
« Tu pouvais pas prévoir » le coupa-t-elle tout en se redressant et en posant sa tête contre son épaule.
« C’est à moi qu’elle devrait en vouloir, pas à toi, pas comme ça en tout cas. »
« Arrête de culpabiliser pour elle, tu n’y es pour rien, Steve. »
« Elle était à deux doigts de perdre non seulement son boulot mais bien plus et tu lui as permis de s’en tirer à bon compte. »
« Je l’ai fait pour toi. »
« Oui mais elle... »
« Il faudrait encore que la directrice la croie ! Et si elle a tout de même des doutes, elle me demandera peut-être de fournir un certificat attestant de ma bonne santé mentale et ça, je pourrais l’obtenir de ma psy en attendant de me soumettre à un nouveau test. »
« T’es incroyable, toi. C’est moi qui devrais te remonter le moral et c’est toi qui… »
« Je sais que tu t’en veux mais c’est comme ça et se plaindre n’y changera rien. Alors on peut encore en discuter des heures » dit-elle en haussant les épaules. « Ou... »
Il la regarda repousser les draps, sauter du lit et après en avoir fait le tour, lui lancer avec un entrain qu’elle était pourtant loin de ressentir :
« Le dernier à la douche va dresser la table pour le petit-déjeuner ! »
Mais le temps de terminer sa phrase, elle était déjà à la porte de la salle de bain.
« Hey, tu triches ! » s’exclama-t-il en s’élançant à sa poursuite et il l’attrapa par la taille juste au moment où elle entrait dans la cabine douche.
« C’est pas juste, j’étais la première » s’indigna-t-elle.
« Depuis quand tu prends une douche avec une nuisette ? » riposta-t-il en la déposant juste devant la cabine avant de s’y engouffrer lui-même et de sourire de plus belle en voyant la moue qu’elle faisait.
« Tu peux parler ! » répondit-elle. « Tu... »
« Tu peux toujours la prendre avec moi... » proposa-t-il alors en l’enlaçant.
Mais son portable se mit à sonner et c’est sous le regard amusé de sa fiancée qu’il alla décrocher :
« Je me disais bien que je te trouverais déjà éveillé. »
« Danny ! Alors quelles sont les nouvelles ? »
« Inès s’est réveillée et c’est bien Peterson qui est venu l’interroger. »
« Donc, il est bien des leurs. »
« Ouais et c’est sûrement pour ça que Ricky a laissé traîner cette photo, pour nous mettre sur sa piste. Inès a également parlé d’une fille mais n’a cité aucun nom. On pense qu’il pourrait s’agir de celle qui a essayé de la tuer à l’hôpital... »
« Ou alors celle qui l’a empoisonnée. Rien de neuf à son sujet ? »
« Non. »
« Je suppose que vous allez maintenant rendre visite à Peterson » demanda alors Steve en se grattant le front du pouce, anxieux à cette idée.
« Oui » répondit brièvement Danny.
« Soyez très prudents. Leur deal est pour aujourd’hui et on peut être sûrs qu’ils sont sur des charbons ardents. »
« C’est surtout à Hawaii que ça va se jouer. Vous avez du nouveau ? »
« Salvo a réservé deux chambres au Hilton mais il n’apparaît sur aucune vidéosurveillance et Lisa est hors jeu. »
« Rien ne dit que c’est là que tout va se jouer alors. »
« Ils ont dû prévoir un plan B. »
« Que comptes-tu faire ? »
« Eplucher encore tout ce qu’on peut et si on ne trouve rien, on se dévoilera. Ca devrait les faire bouger... »
« Tu te sens assez bien pour ça ? »
« Ouais, t’en fais pas. »
« Tu peux demander à Kelly d’embrasser Grace pour moi et de lui dire que je pense bien à elle et que je l’aime très fort » demanda-t-il alors en essayant de garder une voix naturelle.
« Quand comptes-tu revenir ? »
« Rien ni personne ne m’empêchera d’être présent à l’anniversaire de ma fille ! »
« On se voit demain alors, je viendrai te chercher. En attendant, soyez prudents et si c’est trop dangereux, appelez du renfort. »
« D’habitude, c’est moi le renfort ! »
« Uniquement quand t’es avec moi ! »
« J’te tiens au courant » répondit simplement Danny qui raccrocha aussitôt, s’en voulant de ne pas se montrer honnête... C’est alors qu’une voiture, qui venait de sa droite, le percuta de plein fouet...
32
Kono et Charlie dormaient encore à poings fermés quand le portable de ce dernier se mit à sonner et en voyant sa mine contrite, elle comprit qu’il devait s’en aller. Il prit rapidement une douche et une fois prêt à partir, Kono se leva et referma la porte derrière lui, non sans avoir échangé un tendre baiser avant. Elle remontait à peine pour prendre à son tour une douche qu’on sonnait à la porte d’entrée et s’attendant à voir Charlie, elle descendit lui ouvrir en petite nuisette :
« Tu peux plus te passer de m... » commença-t-elle en riant mais son sourire se figea en voyant deux hommes cagoulés. Profitant de sa stupeur, un des hommes la tasa et elle s’écroula dans les bras de l’autre qui la porta jusqu’à sa voiture avant de l’enfermer dans le coffre…
De son côté, Joe buvait tranquillement un café en regardant les informations sur la chaîne CNN quand son attention fut attirée par l’annonce de l’exécution des deux membres de l’OTAN retenus en otage par des rebelles. Ainsi, Billy n’avait pu mener sa mission à bien… Inquiet, il appela aussitôt son ami Wade qui le mit au courant des derniers événements. Joe soupira tout en se passant une main sur le bas de son visage.
« Il sera de retour dans la journée » lui apprit encore son ami. « On en saura plus à ce moment-là. »
« Il devait avoir de bonnes raisons pour ne pas obéir. »
« Tout ce que je sais, c’est qu’il y avait beaucoup de brouillard. »
« C’est pas la première fois qu’ils sautent dans de telles conditions » soupira Joe.
« On ne peut qu’attendre ses explications et espérer que... »
« Tu sais, comme moi, qu’avec l’OTAN, il est quasi-assuré de la Cour Martiale » le coupa Joe qui entendit son ami soupirer.
« Des bruits courent déjà comme quoi son père aurait demandé le meilleur avocat du JAG pour le défendre. »
« Il va en avoir besoin » répondit, sombrement, Joe avant de raccrocher.
Après l’appel téléphonique de Danny, Steve gagna la salle de bain au moment où Kelly sortait de la douche.
« C’était Danny ? Il va bien ? »
« Il rentrera demain, j’irai le chercher à l’aéroport » lui apprit-il.
« Ca, c’est une bonne nouvelle ! » s’exclama la jeune femme, soulagée. « Je peux le dire à Grace ou on attend d’être sûrs ? Quoique comme tu es loin de lui, c’est pas vraiment nécessaire de le lui cacher plus longtemps... » le taquina-t-elle, un léger sourire aux lèvres.
« Qu’est-ce que je dois comprendre ? » demanda-t-il en se penchant légèrement vers elle.
« A l’écouter, tu es comme un nuage noir au-dessus de sa tête » lâcha-t-elle, malicieuse.
« Danny aime fabuler » affirma-t-il d’un ton péremptoire et en voyant son sourire s’élargir, il ajouta : « Je voulais t’essuyer le dos mais puisque c’est comme ça... » et il passa devant elle et entra dans la cabine de douche.
« N’oublie pas de retirer ton short » lança-t-elle, moqueuse, avant de quitter la salle de bain en le voyant prêt à ouvrir le robinet.
Un quart d’heure plus tard, il venait la retrouver dans la cuisine.
« Mmm, rien de tel qu’une bonne omelette au bacon » dit-il en venant l’enlacer. « Tu veux un café ? »
« Non, merci, un jus d’orange suffira. »
Mary vint les rejoindre quelques minutes plus tard et Steve en profita pour lui demander de dresser la table mais le ton qu’il prit ressemblant plus à un ordre, sa sœur s’exclama en grimaçant :
« A vos ordres, Commandant ! » tout en faisant le salut militaire.
« Tu mets mal ta main » releva-t-il et les deux jeunes femmes échangèrent un sourire en le voyant corriger son salut.
« Quoi ? » demanda-t-il en remarquant le large sourire de Kelly.
« Danny fabule encore quand il parle de la caserne McGarrett ? » demanda-t-elle innocemment et en voyant la moue qu’il fit, alla l’embrasser sur la joue sous le regard narquois de Mary.
« Tu veux un café ? » demanda-t-il à sa sœur pour changer de sujet.
« C’est pas de refus » répondit une voix derrière lui et il vit Chin et Malia entrer à leur tour dans la cuisine. « Mmm, ça sent bon » ajouta cette dernière. « Tu veux un coup de main ? »
Et tandis que les femmes s’occupaient dans la cuisine, Steve mit Chin au courant de l’appel de Danny.
« Ricky l’aurait introduit dans le clan Salvo ? » demanda ce dernier.
« En tout cas, rien ne le reliait à Salvo avant son arrestation. »
« Il n’est sorti de prison que depuis quelques mois. C’est drôlement rapide comme ascension au sein du clan, tu trouves pas ? »
« Le fait que ce soit lui qui ait été interroger Inès n’est peut-être pas un hasard après tout. S’il savait que Salvo ne faisait pas entièrement confiance à Moreno, il devait lui prouver sa loyauté. »
« Et il a visiblement visé juste avec Inès... »
« A table » cria alors Mary.
33
C’est à ce moment qu’ils apprirent à la radio l’exécution des deux otages de l’OTAN.
« C’est pas le genre de missions pour les seals, ça ? » demanda Mary à son frère.
« Ca peut l’être » répondit ce dernier.
« Tu as déjà dû effectuer ce genre de mission, toi ? » demanda alors Kelly.
« Si jamais tu réponds, t’as intérêt à ce que Danny ne l’apprenne jamais » se mit à rire Chin.
« C’est sûr que j'en entendrais parler jusqu’à mon dernier souffle » approuva Steve qui répondit néanmoins à sa fiancée : « Donc, je dis pas non mais je dis pas oui non plus. »
« Donc, c’est oui » en conclut la jeune femme et Steve sourit simplement.
Après avoir débarrassé la table, elle monta se préparer, tout comme Malia qui alla la trouver peu après.
« Comment vas-tu ? » demanda celle-ci avec sollicitude.
« Je gère » répondit Kelly. « Et même mieux que je ne pensais à vrai dire. »
« C’est l’effet « Steve » » sourit son amie.
« Je refuse d’être un poids pour lui, ça aide à relativiser tout le reste et puis, il y a toujours la proposition de Laura. Qui sait, perdre cet emploi est peut-être un signe du destin après tout ? Mais on n’en est pas encore là, n'est-ce pas ! »
« Steve est au courant pour... ? »
« Il se posait trop de questions et je n’ai pas eu d’autre choix que de lui dire. »
« Tu as bien fait. Il devait le savoir. »
Kelly hocha la tête avant de déclarer en voyant l’heure :
« Je ferais bien de me dépêcher si je veux arriver à l’école avant les premiers enfants et puis, cette attente a assez duré, j’ai hâte de savoir à quoi m’en tenir maintenant. »
« Je comprends. Allez, courage et n’oublie pas aussi que la directrice t’a toujours soutenue. »
Kelly la remercia et après une brève étreinte, descendit retrouver son fiancé mais au moment de partir, celui-ci la retint :
« Tu me tiens au courant dès que tu sais quoi, d’accord ? »
« Oui, ne t’inquiète pas. »
« Bien sûr que je m’inquiète ! » répondit-il, la mine grave.
« Je peux savoir ce qui se passe ? » demanda alors Mary en constatant les regards anxieux de Chin et Malia sans parler de celui de son frère.
« Je t’expliquerai » lui souffla Malia tandis que Kelly répondait :
« Je sais » et pour détendre l’atmosphère, elle ajouta d’un ton léger : « Au pire, je ne serai pas de cette excursion mais comme tu as dit que demain, je souffrirai le martyr, c’est peut-être pas une mauvaise chose en soi. »
Elle le vit soupirer et elle essaya : « J’ai vécu pire, non ? Je surmonterai ça aussi si ça devait être le cas. »
« J’espère que ça n’arrivera pas. »
Elle lui sourit et s’approcha de lui : « Je t’appelle dès que je sais quoi, promis. »
Et elle l’embrassa avant de s’en aller...
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Steve appela alors Reynolds qui lui apprit que Jimmy Cannon était venu manger la veille, assez tard et dans un des salons privés mais seul son fils l’accompagnait.
« L’homme de confiance de Tweeny, Liko, est arrivé tôt ce matin au Hilton. Il s’est rendu dans la suite nuptiale et sur le toit de l’immeuble avant de repartir » ajouta l’agent du FBI.
« Salvo ? » demanda Steve.
« Une femme de chambre a tiré les tentures dans les deux suites réservées mais ni lui ni sa femme n’ont été aperçus au Hilton. Les lumières ont cependant été éteintes plus tard dans la soirée et rien n’a changé depuis. Soit, ils se montrent très discrets intentionnellement, soit, c’est pas ici que leur deal aura lieu et je penche de plus en plus pour cette hypothèse d’autant plus qu’ils savent que Williams est vivant » soupira-t-il avant de demander : « Il en est où de son côté ? »
Steve le mit au courant des derniers événements à New York.
« Peterson n’est qu’un pion » leur répéta-t-il. « Salvo a toujours eu un faible pour s’entourer de jolies filles et je miserais plus sur la fille que sur Peterson. Toujours aucun indice ? »
« L’enquête suit son cours. »
« OK. Donc, jusqu’à nouvel ordre de ma part ou de la vôtre, on s’en tient au plan comme prévu. Aux dernières nouvelles, Peroni ne se douterait de rien mais on ne peut le certifier et comme il sort rarement, difficile de savoir s’il est à Atlantic City ou non… »
Ils raccrochèrent et les deux hommes reprirent leurs recherches.
« A propos, où est passée Kono ? » demanda Steve en voyant l’heure.
« Elle va sûrement pas tarder » répondit son cousin.
« C’est pas le moment de batifoler, on a du pain sur la planche ! » rétorqua sèchement son ami.
« Je peux peut-être encore vous aider ? » proposa alors sa sœur qui l’avait entendu.
Son frère hésita avant de finalement lui demander de téléphoner aux hôtels pour voir si Salvo avait effectué une réservation ailleurs qu’au Hilton au nom de Brennan.
« Tous les hôtels ? Il y en a un paquet ici. »
« Commence d’abord par les hôtels de luxe et si ça donne rien... »
« Compris ! »
L’antipathie que ressentait Kelly à l’égard de Catherine ne fit que s’accroître tout au long du trajet qui la menait à l’école et quand elle actionna la fermeture automatique des portières, elle soupira :
« Pourvu que Steve ne soit pas le père, jamais je supporterais cette femme... »
C’est alors qu’elle entendit klaxonner et en se tournant, elle reconnut la voiture de la maman de Grace qui se gara juste à côté de la sienne. Et dire qu’elle voulait arriver tôt pour ne croiser aucun de ses élèves, c’était raté...
« Bonjour, Mademoiselle Grainger, je suis contente de vous voir. J’aurais un petit service à vous demander… »
« Je vous écoute » répondit poliment Kelly tout en se penchant pour embrasser sa nièce.
« Je suis conviée ce soir à une soirée de gala à Maui, soirée à laquelle mon mari ne peut se soustraire. Comme vous le savez le papa de Grace est absent, aussi je me demandais si… si Grace pourrait retourner avec vous et passer la nuit chez vous. Je sais que je vous prends au dépourvu mais mon mari ne m’a prévenue qu’en rentrant tard hier soir et... »
« Grace est la bienvenue » lui assura alors Kelly avant d’ajouter en faisant un clin d’œil à sa nièce : « Si tu le souhaites, bien sûr. »
« Oh ouiiii ! » s’exclama la petite fille tout sourire.
« Merci beaucoup » déclara, soulagée, sa maman. « Je passerai la reprendre demain un peu avant midi si ça va pour vous bien sûr. »
« Pas de problème » répondit Kelly qui se demandait maintenant ce qu’elle dirait à sa nièce si elle ne pouvait les accompagner au volcan Kilauea.
Rachel sortit de sa voiture le petit sac qu’elle avait préparé pour sa fille et la remercia à nouveau. Kelly s’excusa alors et entrait à peine dans le couloir qu’elle croisait la directrice qui s’adressa aussitôt à elle :
« Ah Kelly, vous tombez bien, je voulais vous parler. »
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Mais en voyant blêmir la jeune femme, elle lui demanda, anxieuse :
« Vous allez bien ? »
« Oui... Oui, je vais bien » l’assura Kelly avant de demander, le cœur battant la chamade : « Vous me voulez me parler ? »
« Oui, de certains changements mais venez, on va en discuter dans mon bureau. »
« On y est... » se dit Kelly, plus pâle que jamais, et elle suivit Madame Moana qui lui redemanda, une fois entrée, si elle se sentait bien mais elle éluda la question :
« Vous avez parlé de changements ? »
« Un nouvel élève devrait intégrer votre classe à la rentrée mais rien n’est encore décidé. Sa tante est simplement venue poser quelques questions hier après les cours et si je tenais à vous parler ce matin, c’est parce que si cette inscription devenait effective, elle poserait alors un problème administratif. Comme vous le savez, c’est le nombre d’élèves qui détermine le nombre d’enseignants. Je serai alors obligée d’en engager un nouveau et je n’aurai d’autre choix que de scinder une classe en deux.... » poursuivit la directrice mais Kelly ne l’écoutait plus : à quoi rimait cette histoire de neveu ? Etait-elle réelle ou pure invention ?
« Kelly, vous êtes sûre que vous allez bien ? » redemanda sa directrice en la voyant ailleurs.
« Euh... »
Perplexe devant l’attitude inhabituelle de la jeune femme, cette dernière reprit néanmoins patiemment :
« Que penseriez-vous si c’était votre classe que je scindais en deux ? Etant donné qu’Eric vous a remplacée et connaît bien le programme et qu’il reprendra d’ailleurs votre année en septembre, je pense que ce serait la meilleure solution. Mais avant de prendre la moindre décision, je voulais avoir votre avis comme vous êtes la première concernée. »
« Eric a fait du très bon boulot. De plus, les enfants le connaissent bien et l’apprécient » répondit Kelly machinalement.
« Je vois que nous sommes d’accord » approuva la directrice. « Nous reparlerons de tout ça à la rentrée bien sûr. En attendant, passez une bonne journée. L’endroit vaut vraiment le détour, vous verrez » et elle la regarda sortir, dubitative.
Kelly, une fois dans le couloir, se hâta de gagner sa classe où elle se laissa choir sur son siège : toute cette tension lui avait littéralement coupé les jambes et elle avait besoin de se reprendre. A quoi jouait Catherine ? se demanda-t-elle alors. Se pourrait-il qu’elle ait une sœur ? Dans ce cas, que celle-ci vienne la soutenir pouvait se comprendre mais changer un enfant d’école en cours d’année et le voir en plus intégrer sa classe, elle avait du mal à croire à une simple coïncidence. Steve savait, lui, et elle l’appela pour le mettre au courant. Il devait attendre son appel car il décrocha à la première sonnerie. Elle le rassura tout de suite, l’entendit soupirer de soulagement et ne fut pas étonnée de l’entendre lui demander :
« Tu sais ce qu’elle est venue faire ? »
Elle lui relata alors l’entrevue avec Madame Moana.
« Catherine n’a pas de sœur ! » lui apprit-il, surpris, avant de s’énerver : « Mais qu’est-ce que c’est encore que cette histoire ? »
« Ca sert à rien de t’énerver, tu as d’autres choses bien plus importantes qui t’attendent … »
Elle l’entendit souffler et préféra alors changer de sujet : elle lui parla de la demande de Rachel : « Je sais que ça va poser problème pour dormir mais s’il faut, je retournerais chez Malia passer la nuit avec Grace. »
« Pas question ! » rétorqua son fiancé fermement. « D’ailleurs, il se peut que je ne sois pas là à votre retour et il y a même beaucoup de chances que je rentre tard. »
« Ca va aller ? » demanda-t-elle, inquiète à l’idée de le voir reprendre du service si vite.
« Oui et toi ? » demanda-t-il, soucieux.
« Je vais bien » le rassura-t-elle. « Cette excursion ne pouvait pas mieux tomber… »
Elle l’entendit soupirer et déclara, sérieuse :
« Sois prudent, Steve. »
« Toujours » répondit-il avant de prendre un ton plus léger pour la détendre : « Passe une bonne journée. Tu vas voir de magnifiques paysages dignes de cartes postales, tu verras, tu vas adorer. »
Kelly raccrocha, ne pouvant s’empêcher d’être inquiète malgré tout mais Steve était dans son élément et elle ne pouvait que lui faire confiance. Elle se demandait toutefois si elle avait bien fait de lui parler de l’entrevue de Catherine avec sa directrice. Cette histoire l’avait énervé et il n’avait pas besoin de ça. Elle prêta alors attention à l’heure et se leva aussitôt pour aller rejoindre son collègue et ses élèves. Une demi-heure plus tard, ils prenaient, dans un joyeux brouhaha, la route pour le parc national des volcans et elle oublia Catherine…
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« Qu’est-ce qu'il se passe encore ? » demanda Mary. « Et pourquoi t’as dit que Catherine n’avait pas de sœur ? »
Il leur raconta alors ce que Kelly lui avait appris.
« Mais qu’est-ce qu’il lui prend ? » s’écria Mary. « Elle en a pas marre ? »
« J’en sais rien mais ce qui est sûr, c’est que je vais pas la laisser continuer à... »
« Je pense pas que tu sois la personne la mieux placée pour la ramener à la raison » le coupa Chin. « Catherine sait que tu auras toujours des sentiments pour elle et… »
« C'est pas une raison pour la laisser s’en prendre continuellement à Kelly et si elle veut pas comprendre... »
« D’après Malia, elle a dépassé ce stade » le coupa à nouveau Chin de sa voix posée.
« Pourquoi elle pense ça ? » demanda Mary, étonnée.
« Elle a failli tout perdre, elle est enceinte et pourtant, ça l’arrête pas... »
« C’est parce qu’elle compte sur mon frère pour la défendre » rétorqua la jeune femme en haussant les épaules.
« Je sais que c’est pas facile pour toi » déclara Chin en s’adressant à Steve « mais s’il y a une personne qui en est bien consciente aussi, c’est Laura, et si elle peut préserver Catherine, tout en protégeant Kelly, elle le fera sauf si elle se retrouve devant le fait accompli. C’est d’ailleurs pour cette raison que Malia compte passer la voir ce matin » poursuivit Chin en scrutant la réaction de son ami. « Catherine est devenue trop imprévisible et il devient urgent de la protéger d’elle-même » argumenta-t-il encore.
« En faisant quoi ? » demanda Mary. « Si sa psy n’a déjà aucune emprise sur elle... »
« En la mettant au pied du mur » répondit Chin.
« C’est vrai que Laura peut lui faire peur » dit Mary en regardant son frère qui gardait le silence, réfléchissant à ces derniers échanges.
« Une psychothérapie prend du temps et qui sait ce qui peut encore lui passer par la tête ? Mieux vaut en effet prévenir que guérir » finit-il par lâcher en soupirant.
Chin hocha la tête en signe d’assentiment tandis que Steve frappait dans ses mains :
« Bon, c'est pas tout, on doit avancer et trouver quelque chose ! »
Mais une bonne demi-heure plus tard, ils furent à nouveau interrompus par la sonnerie du portable de Steve.
« Oui, Duke ? » répondit le seal en voyant le nom du vieux policier s’afficher sur son écran.
...
« QUOI ? » s’écria-t-il alors d’une voix blanche. « Comment va-t-elle ? »
…
« On arrive ! »
« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Chin, inquiet en voyant la réaction de son ami.
« Je t’expliquerai dans la voiture ! Mary, tu diras à Kono quand elle daignera arriver de continuer les recherches. »
« Oui mais tu peux me dire ce qui se passe ? »
Mais son frère ne l’entendait déjà plus...
A des milliers de kilomètres de là, Danny reprenait doucement ses esprits quand il entendit un premier coup de feu retentir et il eut juste le temps de se baisser que le pare-brise volait en mille éclats. Il s’empara aussitôt de son arme avant d’essayer de s’extirper tant bien que mal de la voiture mais un homme masqué se trouvait déjà devant lui...
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L’homme allait tirer quand, contre toute attente, il s’écroula, mortellement blessé. Commencèrent alors des échanges de coups de feu et Danny profita du chaos momentané pour essayer de se tirer de ce mauvais pas. Comme un 4 x 4 lui était également rentré dedans, il se glissa sous celui-ci et essaya de voir qui l’avait sauvé : la police ou... ? Mais il n’avait entendu aucune sirène, personne ne l’avait appelé et dans le doute, il valait mieux ne prendre aucun risque. Il remarqua alors une petite allée toute proche. Il ne se posa pas plus de questions et rampa jusqu’à celle-ci tout en regardant derrière lui, prêt à tirer. Il venait à peine de se relever quand il entendit crier :
« Il s’enfuit ! Par là ! »
Il courut alors aussi vite que possible, renversant sur son passage poubelles et cartons pour essayer de ralentir ses poursuivants et il tournait à l’angle de la rue quand une balle ricocha sur une poubelle juste derrière lui. Il aperçut à quelques mètres une bouche de métro et n’hésita pas : il dévala les escaliers et s’engouffra dans le long tunnel menant aux lignes tout en jetant de nombreux coups d’œil derrière lui.
« Hey, vous pourriez faire attention » s’insurgea une femme qu’il venait de bousculer mais la peur au ventre, il continuait à avancer en priant pour ne pas se retrouver sur le quai à attendre le prochain métro mais la chance était avec lui. Il monta dans le premier wagon et regarda anxieusement ses poursuivants se rapprocher, beaucoup trop vite à son goût.
« Démarre, démarre, démarre » répétait-il inlassablement mais un des deux hommes réussit tout de même à monter de justesse dans le wagon alors que les portes se refermaient. Danny se fraya un passage pour gagner le wagon suivant et l’homme se mit à ses trousses. La chance était toutefois encore de son côté comme le métro s’arrêtait alors qu’il atteignait le dernier wagon. Il sortit aussitôt et se mêla à la foule, l’homme malgré tout sur ses talons mais le quai fort fréquenté à cette heure de la journée forçait celui-ci à simplement le suivre.
Une fois dehors, le seul endroit encore assez fréquenté était un long piétonnier qui surplombait une voix ferrée. Il pressa à nouveau le pas tout en s’exhortant à garder son calme. C’est alors qu’il remarqua au travers de la balustrade un rebord assez large qui lui permettrait de sauter quelques mètres plus bas et d’éventuellement semer son poursuivant mais pour cela, il devait gagner un peu de temps. Il ralentit dès lors un peu l’allure, faisant mine d’être gêné par quelques piétons et sentant l’homme dans son dos, il fit un pas de côté, virevolta et donna un coup de genou dans le ventre de l’homme, le précipitant au sol sous les regards ébahis des gens qui circulaient. Tout en sautant par-dessus la rambarde, il les entendit crier « Il est parti par là » mais il avait sous-estimé la hauteur et ne put sauter tout de suite. Il se dépêcha alors d’avancer aussi prudemment que possible, espérant avoir tout de même gagné de précieuses secondes. Arrivé enfin à une hauteur raisonnable, il sauta et roula sur le sol. Il se précipita alors vers les voies ferrées, zigzagua entre les différents wagons à l’arrêt et gagna la gare toute proche. Il allait en sortir quand il se retrouva face à deux hommes armés. Il leva alors les bras en signe de reddition...
Kono, bâillonnée et ligotée sur une chaise, reprit lentement connaissance et son cœur se mit à battre plus fort quand elle prit conscience de la situation dans laquelle elle se trouvait. Elle tira sur ses liens mais ne réussit qu’à s’entailler un peu les poignets. Elle regarda autour d’elle : elle devait se trouver dans une chambre d’hôtel, minable en voyant l’état des lieux.
C’est alors qu’entra Liko qu’elle reconnut tout de suite. Il s’approcha d’elle en lorgnant son décolleté, un sourire malsain aux lèvres et en voyant la poitrine de la jeune flic se soulever, il ne put résister à l’envie de la toucher. Il fit tomber l’une après l’autre les deux fines bretelles de sa nuisette sur ses bras et caressa le haut de sa poitrine sous le regard meurtrier de la jeune femme.
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Liko lui retira alors son bâillon.
« Vous croyiez vraiment nous avoir comme ça ? » ricana-t-il alors.
« Je sais pas de quoi vous parlez » répondit Kono en levant les yeux vers lui.
« Lisa Kendall... » commença-t-il.
« ... »
« Elle a épargné Williams. Pourquoi elle a fait ça ? »
« C’est à elle qu’il faut poser la question. »
« Elle a disparu... mais ça doit pas t’étonner, n’est-ce pas ? »
« ... »
« Elle était de mèche avec le 5-0... »
« Je sais pas de quoi vous parler » répéta-t-elle à nouveau.
« Me prendre pour un idiot va pas t’aider, ma jolie » lui susurra-t-il à l’oreille en laissant courir deux doigts le long de son cou. Kono garda le silence. Il retira alors sa veste, pris son arme mais sortit de la chambre, la laissant seule. Elle tira à nouveau sur ses liens mais ne fit que se blesser un peu plus. Elle chercha alors des yeux un moyen de se sortir de ce pétrin tout en se demandant l’heure qu’il pouvait bien être.
« Chin devrait commencer à s’inquiéter. Il contacterait alors Charlie et il comprendrait que... » se disait-elle mentalement quand elle entendit de l’eau couler dans la pièce d’à côté...
Une fois au volant de son pick-up, Steve mit aussitôt Chin au courant.
« Un cambriolage à la boutique de la pompe d’essence d’Ala Wai a mal tourné. Il y a deux victimes et l’une d’elle est Rachel. Elle est vivante mais le caissier est mort. »
« C’est pas vrai ! On prévient Danny ? » demanda Chin, touché par la nouvelle.
« Attendons d’en savoir plus » répondit Steve, le visage fermé.
Ils arrivèrent, peu après, à la pompe d’essence.
« Commandant, Lieutenant » les salua Duke en s’approchant des deux hommes.
« Comment va Rachel ? » demanda aussitôt Steve.
« Elle a été touchée à l’abdomen et vient d’être emmenée à l’hôpital. J’en sais pas plus, désolé. »
« Il y a des témoins ? » demanda Chin en regardant autour de lui.
« Oui, cet homme là-bas et cette jeune fille. Ils ont vu deux hommes cagoulés entrer et l’un d’eux leur a ordonné de se mettre à plat ventre au sol. Pour montrer qu’il ne plaisantait pas, il a tiré une rafale de balles tandis que l’autre criait au caissier de lui remettre l’argent de la caisse avant de tirer à nouveau. Ils se sont enfouis en leur ordonnant encore de ne pas relever la tête. Ils ont ensuite trouvé le caissier mort et Madame Edwards qui gémissait et ont appelé les secours. »
Steve regarda les douilles qui jonchaient le sol. Il s’agenouilla pour en prendre une en mains :
« Du neuf millimètres. »
Un des hommes du HPD appela alors Duke.
« Par ici » dit alors le vieux policier à Steve et Chin. « Les bandes vidéos sont prêtes à être visionnées. »
Les deux hommes le suivirent et regardèrent le film des événements. Ils virent Rachel entrer dans la boutique, se diriger vers un des rayons. Elle en ressortait et se dirigeait vers la caisse au moment où les deux hommes entraient à leur tour dans la boutique, menaçant aussitôt le caissier et les clients présents. Ils virent Rachel lâcher ce qu’elle tenait en mains, porter la main à l’abdomen quelques secondes après que les premiers coups de feu aient retenti et s’écrouler au sol.
« Des armes automatiques pour un simple cambriolage... » remarqua Steve.
« Elle n’a même pas eu le temps de se coucher » commenta Chin tristement.
« Il devait y avoir combien dans la caisse ? Deux-trois cents dollars à tout casser, peut-être moins » déclara Steve, perplexe.
Duke hocha la tête tristement, ne comprenant pas non plus.
« Il y a une caméra extérieure ici » releva Chin.
« Voici... » dit le plus jeune policier qui revenait avec le film.
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Ils virent alors Rachel s’arrêter à une pompe et y rester quelques minutes à remplir le réservoir de sa voiture.
« Vu le nombre de litre affichés sur la pompe, elle faisait le plein » leur apprit Duke.
Ils la virent ensuite se diriger vers la boutique et deux-trois minutes plus tard, s’arrêter une voiture noire de laquelle sortirent aussitôt deux hommes cagoulés.
« Ils ont gardé leur cagoule du début à la fin et la tête baissée » lâcha Chin.
« Mais on peut voir le numéro de plaque » dit Steve et Duke, après une rapide recherche, déclara : « Une plainte a été déposée ce matin pour le vol de cette voiture... »
Steve se grattait le front du pouce quand arriva Max :
« Bonjour Commandant, Lieutenant » les salua-t-il. « Ravi de vous revoir sur le terrain. »
« Merci » répondirent les deux hommes en chœur tandis qu’il allait s’agenouiller près du corps sans vie du caissier.
« La cause de la mort ne fait aucun doute » déclara Max en voyant les impacts de balles.
« Ils ne lui ont laissé aucune chance de s’en sortir » renchérit Chin.
La scientifique suivit peu après et Steve soupira à Chin :
« On n'a plus rien à faire ici. Allons à l’hôpital... »
Intriguée par l’appel de Malia, Laura l’attendait maintenant avec impatience et alla ouvrir dès qu’elle entendit la voiture.
« Merci, Laura, de me recevoir si tôt » dit le médecin en l’embrassant. « J’espère que je ne chamboule pas trop votre emploi du temps ? »
« Vous ne m’auriez pas appelée si ce n’était pas important » répondit la procureur qui l’invita à entrer et à s’installer dans son salon. « Voulez-vous un thé ou un café ? » proposa-t-elle.
« Non, merci, c’est gentil, je suis attendue à l’hôpital mais je tenais absolument à vous parler avant. »
« C’est Kelly ? » demanda Laura, inquiète, et Malia hocha la tête en signe d’assentiment.
Elle l’écouta alors attentivement lui raconter les derniers événements, son visage se fermant au fur et à mesure de son récit et quand Malia se tut, elle s’écria, furieuse :
« Je l’avais pourtant prévenue et je pensais avoir été très claire mais de toute évidence, pas assez ! »
« Je ne connais pas Catherine, du moins très peu mais tous ceux qui la connaissent bien sont d’accord pour dire qu’elle a un comportement qui ne lui ressemble pas du tout. Je sais qu’elle est enceinte et que les changements hormonaux peuvent influencer son humeur. Je sais aussi qu’il faut du temps avant qu’une thérapie ne porte ses fruits mais j’ai peur qu’elle n’aille trop loin. »
Ces craintes faisaient écho à celles du Docteur Lawson et curieuse d’avoir l’avis d’un autre médecin, Laura lui demanda :
« Vous pensez qu’une injonction ne suffit plus ? »
« Elle a visiblement dépassé un certain stade. Elle ne se soucie même pas ou plus des conséquences que peuvent avoir ses actes pour elle et son bébé... »
« Et à partir de là, on peut tout imaginer » poursuivit à sa place Laura, la mine sombre. « Et je suppose que si Kelly ne m’en a pas parlé, c’est qu’elle redoute la réaction de Steve si nous allions plus loin. »
« Il est au courant » lui apprit Malia et s'expliqua devant son air étonné :
« Elle ne voulait rien dire à personne. Steve a dû insister pour qu’elle se confie à lui, c’est ce qu’elle m’a dit ce matin et je suis contente qu’elle l’ait fait. Vous auriez dû la voir hier en rentrant, elle était épuisée et... perdue. »
Laura soupira tristement avant de lâcher :
« Mais elle ne m’a pas appelée ce matin. J’en déduis donc qu’elle ne veut pas bouger. »
« Elle m’a dit qu’elle gérait. »
« Ouais, jusqu’au moment où elle craquera pour de bon mais ça n’arrivera pas ! » dit-elle alors d’une voix ferme.
« Kelly ignore tout de ma visite. Elle m’a fait confiance en se livrant à moi et j’ai conscience de la trahir un peu mais je m’inquiète pour elle. Nous savons toutes les deux qu’elle reste fragile malgré tout. »
« Je suis contente que vous soyez venue m’avertir » répondit Laura. « Je suis désolée pour Catherine Rollins mais je refuse de voir tous les efforts de Kelly anéantis par une femme qui ne peut accepter une rupture sentimentale. Je lui ai donné une chance, elle ne l’a pas saisie. »
« Vous comptez la poursuivre pour harcèlement ? » demanda alors Malia d’une voix blanche.
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« J’espérais qu’une prise en charge psychologique en milieu spécialisé serait suffisante, dans un premier temps du moins. Ca lui éviterait des ennuis avec la justice et internée, elle ne pourrait plus s’en prendre à Kelly » poursuivit Malia.
« Je ne peux malheureusement pas contraindre une personne à se faire interner contre sa volonté, il y a toute une procédure à suivre... »
« Cela implique-t-il une plainte de la part de Kelly ? »
« Pas encore à ce stade. »
Laura vit Malia soupirer de soulagement et ajouta, compatissante : « Je suis bien consciente de la complexité de cette situation, croyez-moi, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour la régler au mieux mais Kelly reste ma priorité. »
Malia acquiesça de la tête.
« Je vais faire part de ces nouveaux éléments à la psy qui la suit et ensuite, je prendrai une décision. »
« Je sais que vous ferez pour un mieux. »
Ce fut au tour de Laura de hocher la tête et Malia prit alors congé du procureur qui la regarda partir, dubitative...
Catherine, quant à elle, s’éveillait à peine. Elle se retourna et soupira en voyant l’heure qu’il était déjà. Elle ne devait plus traîner si elle ne voulait pas arriver en retard à son rendez-vous avec le Docteur Lawson. Pourtant, elle n’arrivait pas à sortir du lit. La veille au soir, elle avait attendu, à tout le moins, un appel de Steve, comme il était encore en convalescence, mais il n’était jamais venu. Elle n’avait alors cessé de se poser mille questions, ne trouvant le sommeil que bien tard dans la nuit et encore, un sommeil tourmenté. Elle se leva tout de même et gagna la salle de bain. Une fois sous la douche, elle laissa couler l’eau chaude sur son corps nu mais ne put s’empêcher une nouvelle fois de se demander si elle avait eu raison de se rendre à l’école de Kelly. Elle savait que ça n’aurait pas plu à Steve mais elle lui aurait expliqué ou tenté de lui expliquer que c’était un mal nécessaire. Elle s’était ensuite remémoré la scène où il avait appris pour Billy, ses yeux flamboyant de colère et ensuite, son regard glacial. Et comme si c’était pas déjà assez, elle avait encore réussi à le rendre furieux ce matin en lui apprenant qu’elle refusait de faire le test. Mais bon sang, à quoi pensait-elle en agissant de la sorte ? Tout ce qu’elle avait réussi à faire, c’était le servir sur un plateau d’argent à sa rivale qui n’en demandait certainement pas autant. Mais quelle idiote, elle avait été ! Elle essuya une larme tout en baissant la tête vers son ventre et constata, émue, qu’il commençait un peu à s’arrondir. Elle se mit alors à le caresser en imaginant le petit être qui grandissait en elle et lui murmura :
« Si une personne peut encore nous aider à former une vraie famille avec ton papa, c’est bien le Docteur Lawson et j’ai intérêt à plus traîner si je ne veux pas rater mon rendez-vous. »
Elle sortit alors de la cabine douche et se dépêcha de s’habiller…