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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 04.01.2016 à 14h07
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« Une importante alliance est sur le point de se conclure à Oahu entre différents parrains de la Côte Est et le 5-0 est toujours à la recherche d’indices... » mesange
Cette fanfic compte déjà 47 paragraphes
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Kono regarda avec appréhension Liko revenir dans la pièce.
« Que vous a dit Lisa ? » revint-il à la charge.
« Je vous l’ai dit, je sais pas de quoi vous parlez » répondit bravement la jeune flic en le fixant des yeux.
« Tu veux vraiment qu’on passe à la vitesse supérieure ? »
« Je vous jure que je ne connais pas votre Lisa ! »
Liko soupira et se leva.
« C’est la vérité ! »
« Dommage… » soupira-t-il.
Il siffla et deux hommes entrèrent dans la pièce. Ils soulevèrent sans peine la chaise sur laquelle Kono était attachée et l’amenèrent dans la pièce d’à côté, près d’une baignoire remplie d’eau à ras-bord.
« Qu’est-ce que Lisa vous a appris ? » redemanda-t-il en s’asseyant sur le bord de la baignoire tout en regardant ses jambes fuselées.
Et comme elle se taisait, il l’attrapa violemment par les cheveux et plongea sa tête dans l’eau en l’y maintenant une dizaine de secondes puis la redressa. Kono cracha l’eau, toussa, aspira de grandes bouffées d’air et reprit peu à peu contenance.
« Alors ? »
«... »
Et il recommença une fois, deux fois, trois fois...
« C’est pas ce que je voulais, ma jolie, mais tu me laisses pas le choix. Ca pourrait se passer autrement pourtant... » dit-il en regardant avec envie sa poitrine se soulever.
« Je... vous... l’ai dit » répondit péniblement Kono. « Je...Je connais pas... de… de Lisa. »
« Joue pas avec moi, ça commence vraiment à m’énerver ! »
Et il la replongea quelques secondes dans la baignoire.
« Je sais... rien, je... sais rien... du tout » hoqueta-t-elle quand il la redressa.
« T’es sûre ? »
Il la laissa se ravoir mais en voyant qu’elle gardait toujours le silence, il l’attrapa à nouveau par les cheveux mais cette fois, Kono lâcha :
« On a appris qu’un tueur à gages était sur l’île en enquêtant sur un meurtre et tous les indices nous ont menés à vous mais je connais pas Lisa ! »
« Pourquoi elle vous a épargnés alors ? »
« C’est ce qu’on cherche à savoir aussi ! » lança-t-elle.
Liko fronça les sourcils, perplexe et lui demanda alors :
« Et la fille ? Qu’est-ce qu’elle vous a dit ? »
« La fille ? Quelle fille ? »
Il la saisit sans crier gare et approcha son visage de l’eau : « Se noyer, il paraît que c’est vraiment terrible... Tu sais, quand on abandonne et que l’eau envahit les poumons... »
« Elle est dans le coma. »
« Pas elle, l’autre ! » dit-il en la redressant. « La copine de McGarrett... »
« Kelly ? » dit alors Kono, abasourdie !
« Qu’est-ce qu’elle a vous a dit ? »
« Vous êtes sérieux ? Kelly n’a rien à voir dans tout ça. Elle… »
Et il la plongea à nouveau dans l’eau et la laissa cette fois renversée dans la baignoire, le temps d’aller brancher un sèche-cheveux. Il revint ensuite la redresser et la questionna à nouveau :
« Qu’est-ce que Moreno lui a dit ? »
« Je sais pas de quoi vous parlez. »
Elle le vit approcher le sèche-cheveux de l’eau et le regarda, horrifiée.
« J’ai rien contre toi mais… »
Il lui caressa la joue et elle put sentir ses yeux descendre le long de son corps. Il déposa le sèche-cheveux mais sortit un couteau. Kono le regarda, le cœur battant à tout rompre, couper les bretelles de sa nuisette, dénudant ainsi sa poitrine. Elle baissa la tête, ferma les yeux et serra les dents.
« C’est mieux comme ça » déclara-t-il, un sourire satisfait aux lèvres tandis que Kono relevait la tête pour le foudroyer du regard.
« Espèce d’enfoiré » persiffla-t-elle.
« J’aime quand tu te rebelles, t’es encore plus sexy. »
Il la vit essayer de se maîtriser et sourit de plus belle.
« C’est maintenant ou jamais » finit-il par dire après de longues minutes de silence pendant lesquelles il s’était rincé l’œil.
« Si Kelly sait quelque chose, elle ne nous a rien dit. »
« Ils couchent ensemble et elle lui aurait rien dit ? Tu me prends vraiment pour un con ! »
« C’est la vérité ! Je sais pas ce qui vous fait penser ça mais... »
« Tu mens ! »
« Non ! »
« Tout ce que t’as à faire, c’est parler. Sinon, tu vas mourir... »
« De toute façon, je mourrais ! »
« Je pourrais abréger tes souffrances… » répondit-il en laissant traîner une main sur sa peau douce.
Liko soupira :
« C’est ta dernière chance » et il reprit en main le sèche-cheveux…
42
Pendant ce temps, à New York, Danny pestait contre lui-même d’avoir perdu non seulement son portefeuille mais également son portable. Ils avaient dû glisser de sa poche quand il s’était extirpé de la voiture. Il lui avait bien montré sa plaque mais le flic avait prétendu qu’il l’avait volée ! Il lui avait demandé, même exhorté, de taper son nom dans la base de données mais ce dernier n’avait rien voulu entendre et l’avait bouclé sans plus de cérémonies.
« Vous commettez une grave erreur, vous savez ça ? Obstruction à une enquête en cours, on rigole pas avec ça. Vous allez drôlement morfler quand… »
Mais le flic avait déjà refermé la porte qui séparait les bureaux du NYPD des cellules d’isolement.
« J’ai droit à un coup de fil » avait-il crié.
« Assieds-toi, mon pote » dit alors un des autres détenus de la cellule. « Ils ont tout leur temps ici… »
Et effectivement, il avait dû encore patienter un bon moment avant de voir revenir un autre flic amenant une épave humaine et il en profita pour réitérer sa demande.
« Chacun son tour » répondit simplement ce dernier mais deux minutes plus tard, entrait un autre flic qui cita son nom.
« Par ici. »
Danny se laissa menotter mais une fois hors de portée de ses « copains » de cellule, il signala à nouveau qu’il était flic et qu’ils n’avaient qu’un coup de fil à donner pour en avoir la preuve mais le flic resta de marbre.
« Entrez au moins mon nom dans votre base de données et vous… » s'énerva-t-il.
« Pas de bol, le système informatique a planté » répondit celui-ci, d’un ton peu amène avant de s’impatienter : « Alors, vous le passez votre appel, j’ai pas que ça à faire ! »
« C’est que… je le connais pas cœur » dit alors Danny, ennuyé. « Si vous pouviez me trouver le numéro de la cellule antiterroriste, je… »
« Dès que le système aura redémarré » ricana le flic qui le saisissait déjà par le bras pour le ramener en cellule.
« Hey, attendez ! » et comme il ne pouvait appeler Steve, ne connaissant pas non plus son nouveau numéro par cœur, il appela Kono et jura en tombant sur sa messagerie mais il lui laissa tout de même un message avant d’insister à nouveau auprès de l’agent.
« Appelez Tim Matheson de la cellule antiterroriste, vous verrez que je vous mens pas ! Ou la procureur Laura Prescott à Hawaii si vous voulez mais appelez-les. Je dois absolument sortir d’ici ! »
Mais le flic l’avait ramené en cellule sans ajouter un mot et depuis, il ne cessait de tourner en rond comme un lion en cage, ruminant son infortune.
« Hey, nabot, où tu t’assieds tranquillement sur ce banc ou je vais t’y clouer. T’as pigé ? » lui balança un molosse au regard noir.
Danny serra les poings et se mordit la lèvre inférieure mais entra à ce moment un des deux flics qui les avaient sauvé la veille, suivi, à son plus grand soulagement de Tim. Mais celui-ci avait le visage des mauvais jours.
« C’est juste parce que le 5-0 compte sur toi. Sinon, je t’aurais laissé mijoter une bonne semaine ! » déclara-t-il, furieux.
« Vous pouvez sortir » dit alors le flic qui l’accompagnait.
« C’est pas trop tôt » soupira Danny qui, après avoir récupéré son arme, sortit avec son ami qui n’avait plus lâché un seul mot. Il monta en silence dans sa voiture et lui jeta un œil de côté mais Tim démarra sans broncher.
« Je suis désolé. Je voulais pas t’impliquer plus et… » commença-t-il alors en se passant une main nerveuse dans les cheveux, un air de chien battu sur le visage.
« Tu m’as menti. »
« C’était le seul moyen de te protéger, toi et les tiens. »
« Tu pouvais appeler Reynolds mais t’as préféré la jouer en solo. »
« Peterson ne les intéresse pas, tu l’as entendu aussi bien que moi. »
« Tu oublies Inès. »
Danny soupira : « Je peux pas prendre le risque d’attendre. Qu’il s’en prenne à moi est une chose mais qu’il touche à un cheveu de ma fille… » Il s’interrompit et passa à nouveau une main dans les cheveux avant d’ajouter :
« Tu peux comprendre ça quand même… »
Tim soupira.
« Ouais. »
Il brancha alors son GPS et cliqua sur l’adresse de Peterson qu’il avait déjà encodée plus tôt.
« T’es pas obligé de faire ça, tu sais. C’est entre Rick et moi… »
« Raconte-moi comment t’as réussi à te retrouver dans une cage à poules ? »
43
Steve et Chin arrivèrent à l’hôpital et se dirigèrent aussitôt vers le service des urgences où ils apprirent que Rachel était en chirurgie.
« Elle va s’en sortir ? » demanda Steve, inquiet.
« Je ne peux malheureusement pas vous répondre. Ce n’est pas moi qui me suis chargée de son admission. »
Malia arriva sur ces entrefaites et Chin lui expliqua la raison de leur présence aux urgences. Elle leur promit alors de se renseigner au plus vite.
Tandis que Chin la regardait partir, Steve s’était assis, la tête entre les mains.
« Il y a autre chose là-dessous qu’un simple vol à mains armées qui a mal tourné, j’en mettrais ma main au feu ! » dit-il alors en redressant la tête.
Devant l’air interrogateur de Chin, il s’expliqua :
« Les caisses sont loin d’être remplies à une heure aussi matinale… »
Chin acquiesça de la tête.
« Ils étaient pourtant bien armés... »
« C’est sûr qu’on trouve pas ce genre d’armes à tous les coins de rue » soupira Chin.
« Tu as remarqué que le gars a tiré de droite à gauche et non de gauche à droite ? »
« Et alors ? » demanda, surpris, Chin qui n’avait pas noté ce détail.
« C’est plus facile de tirer de gauche à droite. »
« Il est peut-être gaucher ? » suggéra-t-il.
« Ca n’a rien à voir avec le fait d’être droitier ou gaucher. Si on tire de gauche à droite, c’est tout simplement parce que c’est notre sens de lecture et d’écriture. »
Chin ne voyait toujours pas où voulait en venir son ami qui poursuivit son raisonnement :
« Seule une personne avec un entraînement intensif pourrait aussi bien tirer dans les deux sens. »
« Autrement dit, c’est pas donné à tout le monde, c’est là que tu veux en venir ? »
Steve hocha la tête en signe d’acquiescement avant d’ajouter : « Je vois plus un mercenaire ou un tueur à gages que des petites frappes qui veulent se faire de l’argent de poche. »
« Quelqu’un qui savait qui il trouverait dans la boutique. »
« Mais ils n’ont abattu que le caissier et blessé Rachel, c’est ça que je comprends pas. »
« Ils ont peut-être voulu faire passer un message à quelqu’un d’autre ? » suggéra Chin. « Tu te souviens du car-jacking dont Rachel et Grace avaient été victimes ? »
« C’était Stan qui était visé. »
« Il aurait encore quelque chose à voir dans cette histoire ? »
« Tu crois qu’il aurait été assez bête pour pas retenir la leçon ? » demanda Steve avant de hocher la tête tout en déclarant : « Danny dirait que oui. »
« Va savoir avec quels types de gars il traite ! On trouve de tout dans ce milieu dont des milliardaires pour qui engager un tueur à gages ne pose aucun problème si de grosses sommes d’argent sont en jeu. »
Steve soupira tandis que Chin ajoutait : « En parlant de Stan, on ferait bien de le prévenir. On pourra toujours lui poser la question. J’appelle Kono pour qu’elle nous refile son numéro. »
« Qu’elle voie également ce qu’elle peut trouver sur le caissier et les deux autres témoins, on sait jamais » ajouta Steve, toujours dubitatif.
Mais Kono ne décrocha pas.
Steve, excédé, appela alors sa sœur.
« Je croyais qu’elle était avec vous ! » répondit celle-ci, surprise.
Les deux hommes se regardèrent...
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Chin appela aussitôt Charlie sous le regard, cette fois inquiet, de Steve.
« Kono ? Non, elle n’est pas avec moi. J’ai été rappelé tôt ce matin mais quand je l’ai laissée, elle allait… »
« Il était quelle heure ? » le coupa Chin d’une voix pressante.
« Il devait être un peu avant huit heures, pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Charlie, inquiet lui aussi.
« T’as rien remarqué d’anormal quand tu es parti ? »
« Non, rien du tout. Chin, qu’est-ce qui se passe ? »
« J’en sais rien, peut-être rien. Je te tiens au courant » et il raccrocha en regardant Steve qui déclara alors :
« Préviens Malia qu’on doit y aller... »
« Inutile, je suis là » répondit la jeune femme qui revenait près d’eux. « Rachel est hors de danger, la balle n’a touché aucun organe vital » leur apprit-elle alors.
Elle vit les deux hommes soupirer de soulagement mais ils restaient soucieux.
« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle, soudain inquiète.
« On doit y aller » lui répondit simplement son mari tandis que Steve quittait déjà le service.
« Je t’appelle plus tard » lui cria Chin qui pressa le pas aussi…
Au lieu d’appeler le Docteur Lawson, Laura avait préféré se rendre directement à son cabinet, quitte à patienter un moment entre deux rendez-vous, pour ne pas lui laisser l’opportunité de la recevoir à sa meilleure convenance. Par chance, elle n’eut pas besoin d’attendre bien longtemps après que la jeune secrétaire ait appelé la psychiatre pour l’avertir de sa présence.
« Dites-lui bien que c’est urgent » lui avait-elle soufflé.
« Laissez-la venir » avait répondu Jessy, se demandant si cette visite inopinée était de bon ou de mauvais augure.
Laura frappa donc peu après à sa porte et après l’avoir saluée, s’excusa de se présenter ainsi à l’improviste.
« Je n’ai pas beaucoup de temps à vous accorder… » commença Jessy.
« Je suis moi-même attendue au tribunal, je vais donc aller droit au but. Le lieutenant Rollins a une nouvelle fois dépassé les bornes... » Et elle lui rapporta les propos de Malia.
« C’est bien ce que je craignais » soupira alors tristement la psy.
« Malgré mes mises en garde, elle n’en fait qu’à sa tête. Je pensais pourtant avoir été très claire. »
« Vous savez qu’elle est déconnectée de la réalité... »
« Ce qui rend maintenant cette injonction tout à fait inopportune puisqu’elle ne l’empêche pas de transgresser à nouveau la loi. »
« Etes-vous en train de me dire que vous mettez un terme à cette injonction ? » demanda Jessy, d’une voix blanche et devant l’expression de Laura qui ne laissait guère de place au doute, ajouta vivement : « Vous savez, la poursuivre est loin d’être la solution, ce serait même catastrophique pour elle, sans parler du bébé ! »
« Je suis consciente de ce que cela pourrait impliquer... »
« Permettez-moi d’en douter » rétorqua Jessy en la défiant du regard. « Un déni peut être la conséquence d’un choc traumatisant. C’est un mécanisme de défense qui permet de protéger la santé mentale du sujet. »
« Et que faites-vous de la santé mentale de Mademoiselle Grainger ? Ce qu’elle a subi est autrement plus traumatisant qu’une rupture sentimentale ! » la coupa aussitôt Laura. « Combien de coups croyez-vous qu’elle sera encore capable d’encaisser avant de craquer ? »
« Je comprends votre inquiétude et je la partage » rétorqua Jessy.
« Je n’en suis pas si sûre » répliqua Laura. « J’ai même plutôt le sentiment que vous défendez votre patiente aux dépens de sa victime, ce qui est contraire à l’esprit d’une injonction judiciaire, dois-je vous le rappeler ? » ajouta-t-elle en observant attentivement la psy.
« Pourquoi suis-je venue vous voir, croyez-vous ? Je m’inquiète aussi bien pour Mademoiselle Grainger que pour le lieutenant Rollins. »
Laura soupira, pas convaincue et Jessy poursuivit : « Je veux juste vous prévenir que ne pas tenir compte des conséquences d’une telle mesure pour le lieutenant Rollins serait une grave erreur. Elle pourrait être privée de la garde de son enfant et... »
« Vous ne m’apprenez rien quant aux conséquences juridiques et si j’ai pris la peine de me déplacer jusqu’ici, c’est justement pour essayer de trouver avec vous la solution la plus appropriée pour l’une comme pour l’autre » riposta Laura du tac au tac. « Et pour ma part, je ne vois plus qu’une seule alternative pour éviter un tel scénario. »
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« L’interner dans un milieu spécialisé où vous pourriez évidemment toujours la suivre » déclara Laura.
« Vous êtes sérieuse ? » s’exclama Jessy, stupéfaite.
« J’ai l’air de plaisanter ? Cette solution aurait l’avantage de préserver Mademoiselle Grainger tout en vous permettant de disposer du temps nécessaire pour la guérir » rétorqua Laura.
Et devant l’air contrarié de la psy, elle ajouta d’une voix plus douce : « Ecoutez, je ne tiens pas, pas plus que vous, à la voir poursuivie en justice mais reconnaissez qu’elle ne fait rien pour l’éviter. »
« Elle le sera si vous demandez son internement » répliqua Jessy d’une voix sombre.
« Pas si elle en fait elle-même la demande... » lâcha alors Laura.
« Vous croyez vraiment qu’elle est à même de prendre cette décision ? » s’exclama la psy, incrédule.
« Non, mais nous pourrions l’y amener. »
Le Docteur Lawson secoua légèrement la tête tandis que Laura argumentait : « Ca lui permettrait de sortir une fois qu’elle irait mieux, ce qui ne serait évidemment pas le cas si elle devait être internée suite à des poursuites judiciaires. »
« Et si je tentais une autre approche ? » demanda alors le Docteur Lawson, jouant le tout pour le tout.
Laura haussa un sourcil interrogateur mais l’écouta néanmoins.
« Catherine Rollins est mon prochain rendez-vous et elle ne devrait plus tarder. Vous pourriez lui exposer ce que vous avez appris et casser l’injonction, ce qui la mettrait au pied du mur. Je vous demanderai alors de jouer le jeu et de me laisser lui éviter un internement. La confiance qui s’établit entre elle et moi ne serait ainsi pas rompue et me permettrait de… »
« Vous essayez à nouveau de gagner du temps et ce, aux dépens de Mademoiselle Grainger. »
« C’est vrai, je vous l’accorde » reconnut la psy, « mais c’est également dans son intérêt d’éviter à Catherine Rollins d’être enfermée. »
« Tout son entourage se rend bien compte des problèmes qu’elle a et même avec la meilleure volonté du monde, il arrive un moment où des décisions difficiles sont à prendre » rétorqua Laura, montrant par là qu’elle n’était pas dupe sur la manière de procéder de la psy.
« Comprendre une décision ne vous empêche pas de culpabiliser. De plus, dans ce cas précis, la vie d’un bébé est également en jeu et c’est peut-être celui du Commandant McGarrett... » contre-attaqua Jessy.
« Je suis loin d’occulter ce fait mais ce n’est pas pour autant que je vais la laisser continuer à harceler Kelly Grainger. Il faut l’arrêter et il faut l’arrêter maintenant ! » martela-t-elle d’une voix intransigeante.
« Je comprends votre inquiétude et je la partage, croyez-moi, mais laissez-moi tenter cette dernière approche... »
Et voyant Laura hésiter, elle poursuivit : « Je vais annuler tous mes rendez-vous pour me consacrer pleinement au lieutenant Rollins et ensuite, je vous appellerai pour vous faire part de mon sentiment. Vous prendrez alors votre décision... »
Laura soupira mais garda le silence et Jessy termina : « Qu’avez-vous à perdre ? Mademoiselle Grainger ne risque rien pendant ce temps... »
La sonnerie du téléphone se mit alors à retentir : le lieutenant Rollins était arrivée.
« C'est sa dernière chance ! » déclara alors la procureur.
Jessy acquiesça, soulagée, bien que la partie était loin d’être gagnée pour autant…
Une fois dans le pick-up, Chin essaya à nouveau de joindre Kono, sans succès et il n’aimait pas ça du tout. Steve, inquiet lui aussi, appuya encore un peu plus sur le champignon et jura en voyant combien la circulation était dense.
« Et impossible de tracer son portable » maugréa Chin, de plus en plus anxieux.
« Ils nous ont tendu un piège ! » lâcha alors Steve au bout de quelques minutes.
Et devant le regard interrogateur de son équipier, il s’expliqua : « Tout se tient. Leur alliance est pour ce soir mais leur grand point d’interrogation, c’est nous. Il leur fallait donc un appât pour nous faire sortir sans qu’on pense forcément à eux. »
« Rachel… » renchérit Chin.
« Ils savent maintenant qu’on est opérationnels mais ils doivent encore ignorer ce qu’on sait au juste. »
« Et si Kono ne répond pas… » poursuivit Chin d’une voix blanche.
« C’est qu’elle est entre leurs mains » termina à sa place le seal, les mâchoires serrées.
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Commença alors un slalom entre les voitures : un coup de volant à droite, un coup à gauche, des coups de freins, des coups de klaxon... Et malgré la sirène et leur gyrophare, ils faillirent se faire emboutir par un poids lourd qui avait eu du mal à freiner à temps à un carrefour. Heureusement, il toucha à peine la Silverado mais suffisamment que pour la déséquilibrer et Steve, grâce à sa maîtrise du volant, put la redresser juste avant qu’ils ne percutent une borne d’incendie qui se trouvait sur le trottoir d’en face. Il fit aussitôt marche arrière et reprit sa course, plus concentré que jamais, sous les regards ébahis des autres usagers de la route qui s’étaient entretemps arrêtés. Moins de dix minutes plus tard, ils arrivaient près du domicile de Kono.
« Tu crois qu’ils nous attendent ? » demanda Chin.
« Mieux vaut rester prudents » et il se gara dans la rue adjacente. Ils enfilèrent en vitesse leur gilet pare-balles et passèrent par les jardins.
« Rentrez chez vous » souffla Chin en montrant sa plaque à un voisin qui jardinait tranquillement et ce dernier ne se fit pas prier en voyant leurs armes.
« Couvre-moi » murmura Steve qui s’avança en rampant sous la fenêtre de derrière. Il jeta prudemment un œil à l’intérieur mais ne vit personne. Chin s’approcha à son tour et ne vit rien non plus de son côté. Steve donna alors un grand coup de pied dans la porte arrière et ils s’engouffrèrent à l’intérieur.
« RAS » dit-il après avoir fait le tour du rez-de-chaussée.
« RAS » confirma Chin qui était monté à l’étage.
« La porte d’entrée n’est pas fermée » lui apprit Steve comme il redescendait, la plaque et l’arme de Kono en mains.
« Elle peut être n’importe où » déclara Chin, blême, tandis que Steve se grattait le front du pouce…
Kono regarda Liko brancher la prise du sèche-cheveux et le tenir au-dessus de la baignoire.
« Qu’est-ce que le 5-0 sait ? » demanda-t-il une nouvelle fois.
« Je vous ai dit ce qu’on savait » répéta-t-elle bravement en ne quittant pas le sèche-cheveux des yeux.
« Tu m’as dit ce que tu voulais bien dire… » soupira-t-il et il pressa le bouton de mise en marche de l’appareil sous le regard horrifié de la jeune flic qu’il saisit par les cheveux.
« Tu es sûre que tu n’as rien d’autres à me dire ? » demanda-t-il en la tirant encore un peu plus en arrière.
« On ignorait qui devait mourir et c’est pour ça que Danny a été infiltré. »
« Comment vous avez découvert Coltrane ? Par Lisa ? »
« Non, c’est en enquêtant sur le meurtre de Lindsay Logan qu’on est arrivés jusqu’à vous. »
« Tu mens ! » asséna-t-il d’une voix dure.
« Non, c’est la vérité ! » s’exclama-t-elle.
Il approcha alors de sa joue le sèche-cheveux et la vit s’en éloigner autant que ses liens le lui permettaient.
« C’est chaud, n’est-ce pas ? » se moqua-t-il, un sourire sadique aux lèvres, et il allongea un peu le bras en la voyant grimacer de douleur. « Tu veux vraiment continuer à ce petit jeu ou... » demanda-t-il en éloignant la source de chaleur.
« Je sais rien de plus, combien de fois devrais-je vous le répéter ! » martela-t-elle bravement. « Vous pouvez me torturer, je ne peux pas vous dire ce que je ne sais pas » ajouta-t-elle d’une voix lasse.
« On tourne en rond » soupira-t-il.
« Je vous mens pas ! » et elle lui raconta comment ils en étaient arrivés aux Samoans avant de se faire prendre.
« C’est bien beau tout ça mais ça me dit toujours pas pourquoi Lisa vous a sauvé la vie ? » dit-il alors quand elle eut fini son récit.
« Je vous l’ai dit, on n’en sait rien non plus ! » répéta-t-elle mais en le voyant lorgner son corps nu, elle baissa la tête et ferma les yeux, priant pour que Chin et Steve ne tardent plus trop mais savaient-ils seulement où elle se trouvait !
La sonnerie d’un portable se fit alors entendre dans la pièce voisine mais Liko, avant de sortir de la salle de bain, prit soin de renverser la chaise par-dessus la baignoire, laissant la jeune femme lutter pour ne pas se noyer.
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« Où en es-tu avec elle ? Elle a parlé ? » demanda Tweeny tandis que son homme de main gardait un œil vers la pièce d’à côté.
« Non, pas encore mais ça ne saurait tarder. »
« Je sais que je peux compter sur toi. Dès qu’elle aura parlé, tue-la et reviens ici » ordonna son patron avant de raccrocher.
Liko retourna auprès de la jeune femme et redressa la chaise. Il s’empara ensuite d’une serviette pendant que Kono essayait de se ravoir et commença à l’essuyer en s’attardant sur le haut de son buste.
« Mais que je suis bête » dit-il alors. « Je connais un moyen bien plus rapide pour ça. »
Kono frissonna en suivant son regard éloquent vers le sèche-cheveux.
« Ce serait dommage d’abîmer un si joli corps » murmura-t-il en se délectant du spectacle. « Alors, c’est maintenant ou jamais… »
Il garda le silence un moment avant de lui murmurer à l’oreille : « Tu sais, on pourrait passer notre temps bien plus agréablement tous les deux » et il l’embrassa dans le cou.
« Vous êtes un homme mort ! » persiffla-t-elle alors, les dents serrées.
« Raison de plus pour prendre du bon temps avant » répondit-il en riant avant de soupirer et de demander : « Dis-moi, comment vont McGarrett et ton cousin ? » Et comme Kono gardait le silence, il approcha l’appareil.
« Ils ont été exposés au botulisme mais vous le savez, ça ! » rétorqua la jeune femme.
« Mais leur état s’améliore, non ? »
« Pas aussi vite qu’on le voudrait » répondit-elle, prudente.
« Mauvaise réponse » dit-il, comme son patron lui avait appris leur venue sur le lieu du cambriolage, et sans crier gare, il la plongea à nouveau dans l’eau, une, deux, trois, quatre, cinq, six fois d’affilée, à chaque fois, plus longtemps.
« Tu veux t’amuser, eh bien, tu vas t’amuser, ça t’apprendra de me prendre pour un con. »
Kono, tremblante et les larmes aux yeux, le vit s’emparer du sèche-cheveux mais cette fois, il posa l’embout bouillant sur son épaule nue en l’y maintenant et la douleur étant tellement intense, elle ne put se retenir de crier.
« Tu vois ce que tu m’obliges à faire ? Te marquer comme un vulgaire bétail » dit-il d’une voix faussement compatissante. « Pourtant, ça pourrait se passer autrement. »
Et tandis qu’elle essayait de reprendre contenance, il quitta la pièce. Elle l’entendit allumer le poste de télévision, mettre le son à fond et, la peur au ventre, le vit revenir près d’elle.
« Tu vas parler, crois-moi ! Ce n’est plus qu’une question de temps maintenant… »
Elle le regarda, les yeux remplis de larmes, mais garda néanmoins le silence.
Tweeny, en personne, prévint Peterson du succès de leur opération avant de conclure qu’ils étaient prêts pour la suite et qu’il attendait maintenant ses instructions. Rick, bien que satisfait de la réussite de son plan, ne pouvait toutefois s’empêcher d’être soucieux. Effectivement, ce n’était plus qu’une question de temps avant que Kalakaua ne parle mais savait-elle quelque chose qu’ils ne savaient déjà ? Si le 5-0 avait eu connaissance du contenu de la lettre de Moreno, Kelly Grainger ne circulerait pas librement comme elle le faisait. Par ailleurs, qui l’assurait que cet imbécile de Liko ne lui avait pas parlé de cette fille en l’interrogeant ? Et si le 5-0 la retrouvait avant qu’elle ne parle, il les aurait sur le dos plus vite que prévu. Salvo ne lui pardonnerait aucun faux pas et si le sort d’Inès n’était plus entre ses mains, ce n’était pas le cas de celui de Kalakaua. Persuadé qu’elle ne leur apprendrait rien de significatif, il n’hésita plus et appela Salvo pour le mettre au courant des derniers événements. Celui-ci l’écouta attentivement et après réflexion, abonda dans son sens.
« Vous savez ce qu’il vous reste à faire, Rick... »
« Oui, Monsieur » répondit celui-ci mais au moment où il allait raccrocher, Salvo ajouta : « Une dernière chose, Rick, je sais combien vous venger de Williams vous tient à cœur. Je ne suis pas dupe quant au choix de Rachel ce matin mais veillez à ne pas perdre de vue pourquoi vous êtes là, sinon vous le regretteriez... Me suis-je bien faire comprendre ? »
« Oui, Monsieur » répondit Rick.
« Je l’espère pour vous... » rétorqua Salvo avant de raccrocher.
Rick appela alors ensuite Tweeny pour lui ordonner de tuer Kalakaua.
« Mais... »
« Je ne suis pas là pour discuter, je ne fais que suivre les ordres de Monsieur Salvo », ce qui eut pour effet de calmer le chef des Samoans qu’il entendit soupirer avant de déclarer : « C’est comme si c’était déjà fait. »
Il raccrocha et vit un panneau indicateur pour le parc national des volcans. Il s’engouffra dans la bretelle de sortie en pensant alors à Danny. Ah, qu’est-ce qu’il aurait aimé voir sa tête en apprenant la nouvelle pour son ex-femme ! S’il savait ce qu’il avait prévu pour sa fille... Il sourit et jeta un œil à son GPS : encore dix-minutes avant d’arriver à destination. Il devrait bien sûr s’occuper de cette fille avant mais ensuite... Il espérait juste que McGarrett n’avait pas cherché à savoir qui avait arrêté sa copine...
FIN DU CHAPITRE VIII