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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 21.05.2016 à 11h42
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« A l'approche du dénouement final, tout s'enchaîne pour le 5-0... » mesange
Cette fanfic compte déjà 78 paragraphes
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Catherine soupira et finit par lâcher : « Je l’ai quitté une fois mais bien vite, je me suis rendue compte que c’était lui que j’aimais et au bout d’un an, j’ai rompu avec Billy. »
« Pourquoi l’avoir quitté ? »
« Est-ce vraiment nécessaire de revenir sur cet épisode de ma vie ? » rétorqua Catherine. « Billy n’a été qu’une parenthèse d’un an... »
« Oui, mais vos sentiments à son égard vous ont pourtant amenée à rompre avec le Commandant McGarrett. »
« Je vous l’ai dit : j’ai fait une erreur » se braqua Catherine.
« Que vous apportait « Billy » que ne vous apportait pas ou plus votre ex ? » insista tout de même sa psy.
Cath soupira une nouvelle fois : « Steve est compliqué. Il faut deviner ses sentiments alors qu’avec Billy, c’est tout le contraire. C’est quelqu’un de prévenant, facile à vivre, toujours à l’écoute, qui vous fait sentir que vous êtes la plus importante à ses yeux... »
« Ce n’était plus le cas avec le Commandant McGarrett ? »
« Steve m’aime... à sa façon. Il n’est pas vraiment démonstratif. En fait, il l’est pas du tout. J’ai parfois eu le sentiment d’être une bonne amie, celle avec laquelle on préfère déjeuner dans un drive-in plutôt que l’emmener dans un resto romantique. Mais ne vous méprenez pas quant à ce que je viens de dire. Son passé explique tout cela pour une bonne part. Avec lui, il faut se montrer patient. »
« Si je vous suis bien, vous fermiez donc les yeux sur ce qui vous contrariait en espérant un avenir plus satisfaisant... »
« Oui » souffla-t-elle d’une petite voix.
« Lui faisiez-vous part de vos attentes quant à votre relation ? »
« Evidemment ! Mais si j’insistais, ça tournait en dispute. Pour lui, c’était un peu « à prendre ou à laisser » ».
« Vous voulez dire qu’il campait sur ses positions ? »
« Il disait que je faisais tout un plat pour pas grand-chose. Il... Il ne comprenait pas que je veuille un geste fort de sa part. Pour lui, ça n’avait pas de sens. Nous étions ensemble et ça lui suffisait... »
Catherine se tut et Jessy vit ses traits se durcir avant de lâcher :
« Jusqu’à ce qu’elle débarque dans son bureau et qu’elle lui mette le grappin dessus. A partir de là, il n’y a plus eu qu’elle qui comptait…»
Elle regarda tristement sa psy…
L’avion ramenant à Fort Shafter le Commandant Billy Harrington venait de se poser sur la piste et c’est le cœur serré que son père et Wade le virent en sortir, entouré de deux policiers militaires. Arrivé à hauteur du Commandant Gutches, Billy le salua.
« Repos, Commandant » lui dit ce dernier avant que son père ne le serre dans ses bras.
« On va te sortir de là, Billy. EJ m’a envoyé son meilleur avocat. Il ne devrait plus tarder maintenant et… »
« Papa, je te suis reconnaissant de tout ce que tu fais pour moi mais j’ai failli à mon devoir et j’en assumerai les conséquences. »
« Il est encore un peu tôt pour plaider coupable » intervint Wade.
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« Commandant, je devais sauter et j’ai refusé d’obéir aux ordres. Il n’y a rien à ajouter. »
« Mais tu avais de bonnes raisons pour ça » rétorqua son père.
« Ils ont parlé d’un épais brouillard » ajouta son Commandant.
« On ne voyait rien, même avec les lunettes. S’ils nous attendaient en bas, ils nous auraient vite repérés et on n’aurait rien vu venir. S’il n’y avait eu que moi mais… »
« Tu as pensé à tes hommes » lui dit son père. « C’est aussi ce qu’on attend d’un leader. »
« Papa, on a été formés pour intervenir n’importe où, n’importe quand. Mes hommes savent aussi bien que moi à quoi ils s’exposent quand ils partent et tu le sais aussi. Nous devions sauter et sauver ces deux hommes. En refusant, j’ai signé leur arrêt de mort… »
« Rien ne dit qu’ils n’étaient pas déjà morts » riposta Wade.
« Absolument ! » renchérit son père. « Alors, le mieux que tu aies à faire pour l’instant, c’est de te taire et ne rien dire que tu pourrais regretter. »
Billy regarda tour à tour les deux hommes.
« Ton père a raison » approuva Wade. « Harmon Rabb est un as du barreau. Je l’ai déjà vu plus d’une fois à l’œuvre et… »
« Rabb ? C’est lui qui va me défendre ? »
« Tu le connais ? » demanda son père.
« C’est lui qui avait tiré à la mitraillette lors d’un procès, non ? On ne parlait que de ça à l’époque. »
« En effet » répondit Wade, un sourire aux lèvres.
« Il ne se laissera pas impressionner par l’armada que ne manquera pas d’envoyer le Secrétaire d’Etat à la Défense » ajouta le père du jeune seal. « Alors, je t’en conjure, ne dis plus un mot avant son arrivée. »
« Papa… » commença alors son fils, « je suis désolé de t’infliger tout ça. Je… »
Son père ne le laissa pas terminer et le serra à nouveau dans ses bras et c’est, ému, qu’il l’entendit lui dire qu’il avait fait ce qu’il croyait juste.
Le regard qu’ils échangèrent ensuite se passait de mots…
Rick Peterson, quant à lui, avait observé la scène à l’aide de jumelles tout en se demandant qui était cet homme qui venait ruiner ses plans mais quand il l’avait vu sortir du véhicule, sa tenue militaire lui avait immédiatement fait penser à McGarrett.
« Comment avait-il su ? » se demanda-t-il.
Mais ce n’était pas ça le plus important. Non, ce qui l’était maintenant, c’était d’éviter que la fille ne leur échappe car Salvo le prendrait mal, très mal… Il avait aussitôt appelé ses complices qui s’étaient mis à leur poursuite mais auraient-ils le temps de les rattraper avant que McGarrett ne se pointe ? Pas sûr... Et comme il ne pouvait plus se permettre le moindre faux pas, il leur avait ordonné de les tuer tous. Evidemment, si la fille était réduite au silence, ils ne sauraient pas ce qu’elle savait mais le 5-0 non plus et Salvo aurait ainsi le temps de mener à bien son alliance mais fallait-il encore qu’ils les rattrapent...
Il sortit alors son fusil à lunette et attendit, le doigt sur la gâchette, le bon moment pour tirer. Ca les ralentirait à coup sûr et permettrait aux Samoans de terminer le boulot.
« Danny, Danny, Danny » dit-il alors. « C’est pas ce que j’avais prévu mais je n’ai plus vraiment le choix... »
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Le moment venu, il visa le pneu avant de la voiture qu’il regarda, un sourire satisfait aux lèvres, foncer contre la barrière de sécurité qui céda sous le choc.
Joe, en effet, n’avait pu en reprendre le contrôle à temps et la voiture fut projetée latéralement contre un tronc d’arbre qui, heureusement, stoppa sa course, leur sauvant probablement la vie.
« Ca va ? » demanda-t-il.
« Oui » répondit Grace dont la ceinture de sécurité l’avait bien protégée alors que Kelly avait, elle, cogné la tête contre la vitre mais à part un hématome au front, elle n’avait rien.
« Joe, vous saignez » déclara-t-elle alors en voyant le visage en sang du vieux seal.
« J’en ai vu d’autres, crois-moi » répondit celui-ci tout en essayant de retirer sa ceinture de sécurité mais elle s’était bloquée. Il prit alors son couteau et la sectionna avant de s’emparer de son arme sous les regards affolés de Grace et Kelly qui regardaient maintenant anxieusement derrière elles.
« Il ne faut pas rester ici » dit-il mais au moment où il ouvrit la portière, un sinistre craquement se fit entendre et la voiture tangua légèrement. Il reprit place sur le siège conducteur en se demandant comment ils allaient pouvoir se sortir de là, sains et saufs…
Suite à l’appel de son mari, Malia ne put s’empêcher d’être inquiète mais retourna néanmoins au service des urgences, là où elle ne courait à priori aucun risque en attendant qu’il puisse venir la chercher. C’est alors qu’elle vit le Docteur Leung sortir de son cabinet et elle en profita pour lui demander s’il avait un moment à lui accorder et une fois installée dans son bureau, elle lui fit part de sa requête qu’il écouta attentivement.
« Vous me demandez de tester sous hypnose une jeune femme meurtrie pour mettre fin aux allégations d’une femme jalouse ? » demanda alors le médecin, surpris.
« Cette femme a malheureusement réussi à semer le doute en elle. Elle m’a avoué se surprendre à se remémorer ses journées à la recherche d’un éventuel « trou ». Ce n’est donc plus seulement un moyen de se protéger mais également un moyen de se rassurer sur sa santé mentale. »
« Je comprends » soupira le médecin, « mais si c’est une chose de reparler du calvaire qu’elle a vécu, c’en est une toute autre de le revivre et je vais être franc avec vous : recourir à l’hypnose n’est jamais sans risque. »
« Je vous avoue que moi-même, je suis plutôt récalcitrante à la voir passer ce test, non pas que je nourrisse des doutes à son sujet. D’ailleurs, personne de son entourage ne la croit atteinte d’un tel trouble… »
« En dehors de ces allégations, a-t-elle des raisons de croire qu’elle pourrait être atteinte de ce trouble ? » la coupa le médecin. « Est-elle confrontée à des situations qu’elle ne s’explique pas et qui la perturbent ? »
« Non mais vous savez ce que c’est quand le doute s’installe… »
Le Docteur Leung soupira : « Il n’y a pas que l’hypnose pour mettre en évidence un tel trouble de personnalité… »
« Elle a déjà suivi une psychothérapie qui a conclu qu’elle n’en était pas atteinte. Mais si elle était amenée à porter plainte contre cette femme, un autre avis pourrait être exigé par la défense et la Procureur pense qu’un test sous hypnose récent permettrait d’éviter toutes ces expertises d’autant plus si la demande venait d’elle-même. »
« Je comprends sa démarche et je ne lui donne pas tort mais comme je vous l’ai dit, elle n’est pas sans risques. Cette jeune femme a mis au point un système d’autoprotection qu’il faut aussi pouvoir respecter. »
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« Comment faire alors pour la rassurer ? »
« J’aimerais lui parler avant de prendre une décision. »
« Pensez-vous pouvoir lui éviter de subir ce test ? » demanda Malia, pleine d’espoir.
« Cette femme a dû appuyer sur un point sensible et j’aimerais savoir lequel pour l’avoir amenée à douter. Je vous proposerais de la recevoir ce lundi à dix heures si ça lui convient bien sûr. »
« Elle sera là. »
« Bien » répondit le médecin et Malia quitta le bureau, non sans avoir remercié son confrère.
« S’il pouvait lui épargner cette épreuve… » se mit-elle alors à espérer tout en gagnant les urgences.
A New York, Tim était, quant à lui, retourné auprès d’Inès, toujours inconsciente. Une infirmière entra alors vérifier ses paramètres et il en profita pour lui demander si elle était toujours sous sédatifs.
« Non, la perfusion a été arrêtée depuis plus de trois heures maintenant » lui apprit-elle.
« Elle devrait alors bientôt se réveiller ? »
« Elle est déjà revenue à elle mais elle reste encore très faible et a besoin de beaucoup de sommeil pour récupérer. »
Une fois seuls, il dut patienter encore une bonne heure avant que son amie ne s’éveille à nouveau.
« Hey » dit-il en la voyant ouvrir les yeux. « Comment te sens-tu ? »
« Vidée » répondit-elle.
« Tu as déjà une voix plus tonique quand même » releva-t-il en lui souriant. Il la vit alors regarder dans la chambre.
« Si c’est Danny que tu cherches, il est rentré à Hawaii » l’informa-t-il.
« Oh… » lâcha-t-elle, visiblement déçue, ce qui le surprit.
« Inès » commença-t-il, le visage grave cette fois. « J’ai besoin de te poser encore quelques questions, je n’insisterais pas si ce n’était pas aussi important. »
Il la vit soupirer et il ajouta :
« Je sais que ce n’est pas facile pour toi de parler de Ricky mais ceux qui t’ont fait ça sont prêts à tout pour ne pas qu’on découvre ce qu’il savait. Tu n’es peut-être pas au courant mais il travaillait sous couverture, sur un très gros coup… »
« C’est donc de ça qu’il parlait… » dit-elle alors.
« C'est-à-dire ? » demanda Tim, intéressé.
« Il m’a dit de ne pas croire tout ce qu’on dirait à son sujet, qu’il était en train de se racheter. »
Ses yeux se remplirent de larmes et c’est bouleversée qu’elle confia : « J’ai lu tout ce qu’il avait fait après m’avoir quittée… Je… J’arrivais pas à le croire. C’est pas le Ricky que j’ai aimé. Comment, Tim ? Comment a-t-il pu descendre aussi bas ? »
« Il faut parfois toucher le fond pour rebondir » répondit Tim tristement.
Inès ferma les yeux et Tim en vint à ce qu’elle leur avait confié à Danny et lui-même :
« Tu as parlé d’une fille mais tu ne nous as pas dit son nom… »
Elle rouvrit les yeux et lâcha d’une voix lasse :
« Kelly Grainger. »
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« Kelly Grainger ? T’es sûre ? » demanda Tim, stupéfait, en entendant le nom de la fiancée de McGarrett.
« Oui. »
Danny lui avait bien dit qu’il en était épris mais ce n’était pas réciproque, alors pourquoi avait-il cité son nom ?
« Il a dit quelque chose à son sujet ? » demanda-t-il, intrigué.
« Non. Rick Peterson et Kelly Grainger, c’est tout ce que je devais dire à Danny » répondit son amie, « et rien qu’à lui, s’il venait me trouver toutefois. Je ne devais faire confiance à personne d’autres. »
Elle s’interrompit, ferma un instant les yeux, puis reprit : « Il n’a pas parlé de toi et quand tu es venu, je… j’ai voulu tout te dire mais… » Ses yeux se remplirent de larmes.
« Ne t’en fais pas pour ça, je comprends » répondit-il.
« J’aurais dû suivre mon instinct et te parler. Je… Je ne serais peut-être pas… »
« Tu es vivante et tu vas te rétablir, c’est ça le principal. Et puis, tu sais que tu pourras toujours compter sur Tamara et moi. »
Elle lui sourit et Tim lui serra la main dans un geste de réconfort mais comme elle commençait à somnoler, il lui demanda encore ce qu’il avait écrit d’autres dans sa lettre.
« Juste ce qu’il était devenu avant de se racheter. »
« A-t-il mentionné d’autres noms ? »
« Non, seulement… »
« Rick et Kelly » termina-t-il à sa place, se demandant à nouveau ce que venait faire dans cette histoire la jeune femme.
« Cette fille, tu l’avais déjà vue avant ? »
« Non, juste à la télé quand on a parlé du procès » répondit-elle, peinant à garder les yeux ouverts.
« Tu avais encore eu des nouvelles de Ricky avant cette lettre ? »
Mais il n’obtint pas de réponse comme elle s’était à nouveau endormie.
Il prit son portable et composa le numéro de Steve pour lui rapporter ce qu’Inès lui avait appris mais il tomba sur sa messagerie et pour cause, Steve, maintenant aux commandes de l’hélicoptère, se trouvait dans une zone sans réseau. Il hésita mais finalement, lui laissa le message...
Kono, couverte d’un drap de lit, gagna péniblement la salle de bain. Bien plus que la douleur causée par les brûlures qu’il lui avait infligées, c’était le souvenir de ses mains et de sa bouche parcourant son corps qui la consumait littéralement. Elle enjamba tant bien que mal le rebord de la baignoire, les effets de la drogue ne s’étant pas encore tout à fait dissipés et c’est fébrile, qu’elle s’empara du pommeau de douche. Le contact de l’eau sur sa peau meurtrie la fit grimacer mais elle n’en avait cure et se savonna d’autant plus énergiquement que grandissait sa rage. L’arrivée toute proche de son cousin et de Steve l’exhorta toutefois à ne pas s’attarder plus longtemps. Elle sortit de la baignoire, commença à s’essuyer mais en voyant son reflet dans le miroir lui faisant face, elle craqua et c’est en sanglotant qu’elle finit par aller se recroqueviller sur le lit. C’est alors qu’elle pensa à Kelly qui n’avait pas eu sa chance, qui n’avait pu échapper au pire et ses larmes se tarirent peu à peu. Mais le fait de penser à son amie lui rappela aussi les questions de son tortionnaire la concernant et le métier reprit peu à peu le dessus.
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Chin, pied au plancher, les mâchoires serrées et les mains crispées sur le volant, parvint au motel Hakali une vingtaine de minutes plus tard. Le SWAT assurant ses arrières aussi discrètement que possible, il gagna, sur ses gardes, la chambre cinquante-trois. Comme les stores étaient baissés, il ne put jeter un œil à l’intérieur et donna un grand coup de pied dans la porte, faisant du coup sursauter sa cousine.
« Je suis seule» dit-elle aussitôt.
« Ca va ? Tu es blessée ?» demanda-t-il, anxieusement tout en s’approchant du lit.
« Ca va » déclara-t-elle bravement, n’osant toutefois pas trop le regarder en face de peur de craquer. C’est alors qu’il remarqua, en plus de ses yeux rougis et gonflés, une tâche rouge et boursouflée à la base du cou. Il serra les mâchoires, bouleversé en imaginant ce qu’elle avait dû endurer mais alors qu’il tendait le bras, le Capitaine du SWAT entra dans la chambre et demanda simplement s’il devait appeler les secours.
« Non, ce n'est pas nécessaire » répondit Kono d’une voix qu’elle voulait assurée mais qui ne trompa personne.
« Kono, ce serait… » commença Chin.
« Ca va, j’te dis ! » le coupa-t-elle, agressivement, et désireuse de ne pas prolonger ce moment de malaise, ajouta : « Chambre dix-neuf, c’est là qu’ils me retenaient. » Mais elle se souvint alors des menottes qui devaient encore être attachées aux montants du lit et imagina aisément ce qu’ils en déduiraient, d’autant plus après avoir vu qu’elle n’était couverte que d’un drap. Le Capitaine quitta aussitôt la chambre mais Chin, qui avait remarqué son trouble, ne bougea pas.
« Kono ? » murmura-t-il doucement mais pour couper court à toute nouvelle question, elle demanda où était Steve.
Il soupira mais répondit néanmoins. Sa cousine, en l’entendant mentionner Kelly, lui apprit ce que Liko lui avait demandé.
« Kelly ? Mais qu’est-ce qu’elle a à voir là-dedans ? » s’exclama-t-il, stupéfait.
« J’en sais rien, j’ai été aussi surprise que toi. Tout ce que je sais, c’est qu’il voulait savoir ce que Ricky lui avait dit… Il devait penser qu’elle nous avait parlé. »
« Ce n’est donc pas un hasard si elle a été enlevée en même temps que Grace » en déduisit Chin qui prit aussitôt son portable pour joindre Steve mais il tomba sur sa messagerie et lui laissa un message tout en le rassurant sur le sort de Kono. Puis, il se retourna vers sa cousine et lâcha d’une voix où l’on devinait sans peine son soulagement.
« J’ai cru devenir fou quand j’ai su que... » Il dut s’interrompre mais reprit, un petit sourire aux lèvres cette fois : « Pourtant, si quelqu’un peut se défendre, c’est bien toi. Tu viens encore de le prouver… »
« Pas cette fois, non » répondit-elle tristement et en le voyant froncer les sourcils, elle précisa : « C’est Lisa qui est intervenue. Je sais pas comment elle a su mais... »
« Lisa Kendall ? » demanda Chin, surpris, tandis que Kono acquiesçait.
« Elle m’a amenée dans cette chambre en me disant que j’y serais en sécurité et elle m’a laissé un téléphone avant de partir. »
« Mais pourquoi elle ne nous a pas prévenus elle-même ? »
« J’en sais rien. Elle n’a rien dit de plus et j’ai pas pu lui demander. J’arrivais à peine à bouger et à parler. »
« Ils t’ont droguée ? »
Mais comme Kono gardait le silence, il n’insista pas et soupira seulement :
« Je suppose que Reynolds nous en apprendra plus. En attendant, je t’emmène à l’hôpital. »
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« Non ! » s’écria Kono. « Ca va aller. J’ai juste besoin de… de vêtements et d’un peu de temps pour récupérer. »
« Tu as besoin de soins aussi. »
« C’est trois fois rien, juste un peu douloureux. »
« Tu n’es pas médecin. »
« C’est pas ça qui va m’empêcher de bosser ! »
« Mais ça pourrait s’infecter. De toute façon, c’est pas la peine de discuter, je suis ton supérieur » répondit-il d’une voix sans appel avant d’ajouter, d’une voix radoucie :
« Allez, viens, je vais t’aider à aller jusqu’à la voiture. »
« Je vais pas sortir comme ça… »
Il la regarda puis jeta un œil dans la pièce mais aucun vêtement ne traînait.
« Je reviens » dit-il alors et il venait de sortir quand il croisa le capitaine : « La chambre est vide et la scientifique ne devrait plus tarder » lui apprit-il mais devant son air un peu gêné, Chin, intrigué, lui demanda de rester devant la chambre cinquante-trois, le temps pour lui d’aller jeter un œil dans l’autre chambre. En entrant, il comprit alors ce qui l’avait mis mal à l’aise en voyant les menottes pendre aux montants du lit et la nuisette, bretelles sectionnées, à terre dans la salle de bains.
Il ferma les yeux tout en serrant les poings et remonta précipitamment auprès de sa cousine qui comprit à son regard qu’il avait deviné.
« Kono, est-ce que tu… ? Tu as été… ? »
« Non, Lisa est arrivée avant » le rassura-t-elle.
Chin poussa un énorme soupir de soulagement, la serra très fort tout contre lui et il n’en fallut pas plus à Kono pour craquer de nouveau.
« Ca va aller » lui soufflait son cousin tout en lui caressant les cheveux. « Ca va aller... »
Ils restèrent ainsi un long moment mais en entendant tousser le capitaine du SWAT, ils virent qu’il avait dans les mains un uniforme de rechange.
« Ca sera peut-être un peu grand mais… »
« Merci » apprécia Chin et quelques minutes plus tard, ils quittaient le motel pour se rendre à l’hôpital auprès de Malia.
Pendant ce temps, au-dessus du Pacifique, le Capitaine Rabb amorçait en douceur la descente vers le porte-avions qui devait les ravitailler en carburant avant de rejoindre la base de Fort Shafter.
« Prêt pour votre premier appontage, Lieutenant ? » demanda-t-il alors à son passager.
« Il faut vraiment apponter ? On pourrait pas plutôt être ravitaillé en vol ? » suggéra Danny qui redoutait plus que tout cette manœuvre et qui commençait déjà à suer rien que d’y penser.
« Ce n’est pas prévu au programme, désolé » sourit Harm qui appela le chef contrôleur du Carl Vinson et celui-ci lui donna le feu vert en l’avertissant toutefois des vents assez forts.
« Vous êtes vraiment sûr qu’on peut pas être ravitaillé en plein vol ? » insista Danny dont l’anxiété n’échappa pas à l’avocat-pilote.
« Détendez-vous, Lieutenant. »
« Me détendre ? Comment voulez-vous que je me détende... ? » C’est alors qu’il aperçut le porte-avions et blêmit en le voyant tanguer.
« Vous avez vu les vagues ? » déclara-t-il d’une voix blanche.
« Ca pourrait être pire. »
« Non, non, ça, c’est un mot que je veux pas entendre... »
« Alors, si vous êtes croyant, c’est le moment de prier » lui répondit Harm, les yeux maintenant rivés sur le miroir d’appontage.
« QUOI ? Je suis pas croyant mais je sais qu’on n’a que quelques secondes pour s’éjecter et moi, je sais même pas où se trouve la poignée et... »
C’est alors qu’il entendit le contrôleur signaler qu’ils arrivaient beaucoup trop vite.
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« On va se crasher, c’est ça ?» demanda Danny d’une voix blanche. « J’ai une fille et... »
« Vous arrêtez jamais de parler ? »
« Je veux pas mourir maintenant et je veux encore moins servir de déjeuner aux... » mais projeté en avant, il ne put terminer sa phrase : le F15 venait en effet de toucher le pont mais au lieu de ralentir, il s’élevait de nouveau dans le ciel.
« Hey, mais vous faites quoi là ? » s’écria-t-il, incrédule. « C’est Steve qui vous a payé pour... ? »
« J’ai raté les brins d’arrêt. »
« Me dites pas qu’on va recommencer ? »
« A moins que vous ne désiriez gagner Hawaii à la nage quand on tombera à court de carburant ? » proposa, moqueur, Harm avant de prévenir les contrôleurs qu’il était prêt pour une nouvelle tentative.
« On a droit à combien d’essais ? » soupira-t-il en tournant la tête à la recherche du porte-avions.
« Faites-moi confiance, j’ai jamais raté un second appontage. »
« Vous faire confiance, vous faire confiance, est-ce que j’ai le choix ? » marmonna alors Danny entre ses dents.
« Accrochez-vous, ça va secouer » le prévint Harm qui, cette fois, réussit à poser le F15 qui passa de deux cent cinquante km/h à zéro en seulement quatre-vingts mètres.
« Désolé, je suis un peu rouillé » s’excusa-t-il, un peu mortifié d’avoir apponter presque comme un débutant.
« Et c’est rien de le dire ! » râla Danny. « Mais au moins, on est vivant. »
« Vous voulez vous dégourdir un peu les jambes pendant le ravitaillement ? » proposa Rabb.
« C’est possible de passer un appel ? »
« Venez. »
Danny le suivit et tenta d’appeler Steve mais il tomba sur sa messagerie. Il donna alors le numéro de Chin et fut soulagé de l’entendre décrocher :
« Chin, vous avez retrouvé Kono ? Elle va bien ? »
« Elle en a bavé mais tu la connais. »
« Tu l’embrasses pour moi, tu veux ? Ecoute, j’ai pas beaucoup de temps. J’ai aussi essayé de joindre Steve mais je suis tombé sur sa messagerie, tu peux me le passer ? »
« Il n’est pas avec moi. Il est allé retrouver Grace et Kelly qui sont avec Joe » répondit prudemment Chin.
« Si tu savais à quel point tu viens de m’enlever un poids, mon pote ! » s’exclama Danny, soulagé de savoir enfin sa fille en sécurité, avant de demander des nouvelles de Rachel.
« Je suppose qu’elle va aussi bien que possible. Malia m’aurait prévenu sinon... »
« Lieutenant, on doit y aller » l’avertit alors Harm.
« Je viens » lui répondit-il avant d’informer Chin qu’il serait là dans moins d’une heure maintenant et qu’il rejoindrait Steve à l’hôpital.
« Bon vol » se contenta de répondre Chin, préférant ne pas alarmer son ami qui, de toute façon, n’aurait rien pu faire et d’ici son arrivée, ils seraient sûrement rentrés tous sains et sauf à Fort Shafter...
Danny rejoignit alors Harm qui l’attendait déjà, installé dans le cockpit, et peu après, le F15 gagna la piste de décollage où les officiers du pont s’affairèrent à fixer la catapulte sous l’avion de chasse.
« Prêt, Lieutenant ? »
« Ouais, qu’on en finisse. »
« Si j’étais vous, je garderais mon sachet à portée » le prévint Harm.
« Je vous signale que je n’ai pas été malade. »
« Il s’en est fallu de peu » répondit en souriant Harm. « Et sur un porte-avions, on passe de 0 à 280 km/h en à peine cinquante mètres, soit une accélération de 5G. Rien de comparable avec les précédents décollages, croyez-moi. »
Danny n’eut pas l’occasion de faire un commentaire : l’officier sur le pont avait baissé son drapeau vert et sous l’effet de l’accélération, il fut brutalement plaqué contre le siège. Il crut même qu’il allait suffoquer, ressentant une pression énorme sur la poitrine l’empêchant pratiquement de respirer et quand le F15 atteignit peu à peu sa vitesse de croisière, il vomit.
« Si vous dites un mot à McGarrett... » lâcha-t-il alors.
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Pendant tout ce temps, le docteur Lawson avait poursuivi sa séance avec le lieutenant Rollins.
«Vous savez » lui dit-elle alors, « avant que je ne reparte en mission, je suis allée lui dire au revoir. Je lui ai dit que je l’aimais et que j’espérais qu’il ne retiendrait que les bons moments que nous avions eus ensemble mais alors que je m’en allais, il m’a retenue...... »
Elle regarda Jessy et sourit : « Il m’a embrassée…. Il m’a prise dans ses bras et m’a amenée jusqu’à sa chambre et là... Là, il a voulu me faire l’amour… »
Elle baissa alors la tête et du bout des lèvres, confia qu’elle l’avait repoussé.
« Mais je n’ai pas pu… J’ai pas pu » répéta-t-elle en essuyant une larme.
« Comment l’a-t-il pris ? » choisit alors de demander judicieusement Jessy, ne désirant pas interrompre ce qu’elle sentait venir en l’engageant sur une autre voie…
« Il m’a dit qu’il tenait à moi bien plus que je ne le pensais et je l’ai cru » répondit-elle d’une voix désabusée. « Je suis partie confiante en me disant que nos sentiments seraient plus forts que tout, qu’elle l’attirait, oui, mais qu’il se reprendrait…… Comment ai-je pu être aussi naïve ? » se lamentait-elle maintenant. « Je l’ai laissé alors qu’il n’avait jamais été aussi vulnérable ! Il était perdu, je l’ai bien vu quand il m’a rattrapée, et moi, qu’est-ce que j’ai fait ? Je suis partie........... Je suis partie en lui faisant confiance… »
Ses traits se durcirent et c’est d’une voix pleine de ressentiment qu’elle confia que lui, il n’avait pas même pas eu la décence d’attendre son retour avant de coucher avec elle.
« Elle était là, disponible, et bien sûr, elle en a profité. »
« S’est-il justifié ? » demanda Jessy, préférant ne pas encore amorcer la conversation sur sa rivale.
« Il ne pouvait pas me joindre… comme si ça excusait ce qu’il avait fait ! » répondit-elle en écrasant rageusement une larme.
« C’était vrai ? »
« Oui, j’étais partie pour quelques semaines mais là n’est pas la question. Je suis déjà partie plus longtemps que ça et ce n’est pour autant qu’il allait voir ailleurs. »
« Vous a-t-il expliqué les raisons de son choix ? »
« C’est elle qu’il voulait. Il n’était plus heureux avec moi et il croyait que je ne l’étais plus non plus avec lui, que c’était pour ça qu’on se disputait sans cesse....En fait, il n’a jamais compris que j’attendais plus de sa part ou alors, il le savait mais.............................................. »
« Mais ? » répéta doucement Jessy.
« A vrai dire, je sais plus quoi penser. Il m’a dit tenir à moi mais c’est elle qu’il a demandée en mariage et il la connaît à peine… Et elle ? Comment peut-elle se donner à un homme qu’elle vient de rencontrer après le calvaire qu’elle a vécu ? Elle devrait être traumatisée à vie mais non... »
« Vous avez lu son dossier : vous savez donc par quoi elle est passée et les efforts qu’elle a dû fournir pour retrouver une vie décente. »
« Je ne dis pas qu’au début… »
« Dix ans se sont écoulés depuis le drame » rappela Jessy.
« A la rigueur, je pourrais comprendre s’ils avaient mis du temps à franchir cette étape mais c’est pas le cas et de toute évidence, ça doit bien se passer pour qu’il la demande même en mariage » rétorqua sa patiente d’une voix acerbe.
« J’ai donc vu juste » se dit la psy, plus que jamais persuadée de la nécessité d’une visite à l’association de Laura.
« C’est pour cette raison que vous avez piraté son dossier ? » demanda-t-elle de sa voix douce.
Catherine hocha la tête.
« Je voulais comprendre... »
« Mais vous vous êtes servie de ce que vous avez découvert… »
« Seulement pour protéger Steve » rétorqua Catherine sur la défensive. « Lui ouvrir les yeux mais j’ai fait une erreur, je m’en suis rendu compte et je venais d’ailleurs vous trouver pour voir comment je pourrais réparer ce que j’ai fait… »
30
Steve, quant à lui, n’avait pas dû attendre bien longtemps avant de voir apparaître l’hélicoptère de la police. Alors qu’il mourait d’envie d’en prendre les commandes, il choisit toutefois de prendre place à côté du pilote pour pouvoir intervenir efficacement si le besoin s’en faisait sentir. Il donna alors ses directives, vérifia son fusil d’assaut et exhorta le pilote à ne pas traîner.
Dans la voiture, plus personne n’osait trop bouger de peur de voir l’arbre céder. Il y en avait bien quelques-uns derrière mais ils paraissaient bien frêles pour pouvoir les empêcher de basculer dans le vide…
« Qu’est-ce qu’on va faire ? » demanda Kelly, effrayée par la tournure que prenaient les événements.
« Tenir bon en attendant Steve » répondit laconiquement Joe en scrutant le haut du ravin.
« Comment ? On peut pas sortir et ils... »
« Reste calme » la coupa Joe d’une voix ferme.
« Je veux Danno » réclama Grace, tremblante.
Kelly se reprit et tenta alors de rassurer sa nièce : « Ca va aller, ma puce. Tu connais ton oncle, il ne laissera jamais rien nous arriver. Tu le sais, n’est-ce pas ? »
Grace hocha la tête et sa tante la serra alors contre elle. Elle lui caressa les cheveux tout en regardant, en silence, Joe charger différentes armes qu’il déposait à côté de lui avant de se tourner vers elle avec l’arme qu’elle avait tenue un peu plus tôt.
« Tu sais comment l’armer. Je vais te montrer comment la charger et la décharger » lui dit-il alors qu’elle le regardait, les yeux écarquillés de peur.
« C’est juste une mesure de précaution au cas où ça s’avérerait vraiment nécessaire » précisa-t-il pour la rassurer mais elle ne fut pas dupe : bloqués dans cette voiture, elle savait qu’ils étaient à la merci de leurs poursuivants et que si Steve n’arrivait pas bien vite, ils...
« Kelly ! » la rappela à l’ordre Joe et elle essaya de se concentrer sur la manœuvre qu’il lui apprenait. Il la répéta avant de lui tendre l’arme qu’elle prit d’une main tremblante. « Vas-y, essaie. »
Mais elle tremblait tellement qu’elle dut s’y reprendre à deux fois.
« Maintenant, vous allez vous coucher et je ne veux pas vous voir relever la tête, à aucun moment, c’est compris ? »
Grace se coucha aussitôt tandis que Kelly fixait son arme.
« Kelly… »
Elle leva les yeux et aperçut à ce moment trois hommes lourdement armés qui, sans sommation, se mirent à les arroser de rafales de balles.
« Couche-toi ! » hurla Joe, qui les avait également vus, mais la jeune femme restait pétrifiée.