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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 21.05.2016 à 11h42
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« A l'approche du dénouement final, tout s'enchaîne pour le 5-0... » mesange
Cette fanfic compte déjà 78 paragraphes
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Par chance, les vitres du véhicule se révélèrent à l’épreuve des balles et elle regarda, comme hypnotisée, les balles s’impacter tandis que Grace, paniquée, réclamait son père en criant.
Les tirs s’arrêtèrent et un des hommes commença à descendre le ravin; la pente de plus en plus abrupte l’obligea toutefois à rebrousser chemin mais leur soulagement ne fut que de courte durée car il revint, rattaché à une corde, qu’un de ses acolytes déroulait au fur et à mesure qu’il redescendait.
« S’il parvient jusqu’à nous, c’est fini » se dit Joe qui se pencha alors vers le côté passager mais la voiture se mit à nouveau à tanguer.
« Joe ! » s’écria Kelly, apeurée.
Il s’immobilisa mais une fois la voiture stabilisée, il actionna l’ouverture automatique de la vitre, pointa le canon de son arme à travers la fente et se mit à tirer. La riposte ne se fit pas attendre et il dut la refermer mais en le voyant s’approcher, il n’eut plus le choix et profitant d’une courte accalmie, tira à nouveau, réussissant à le blesser. Il profita du moment de flottement pour ouvrir plus fort la vitre et cette fois, put viser correctement le Samoan qu’il tua d’une balle en pleine tête.
« Ca va les retarder » lâcha-t-il à ses passagères tout en refermant la fenêtre.
Et effectivement, les deux autres sortirent de leur champ de vision quelques minutes mais quand ils réapparurent, ils virent que l’un des deux tenait une sorte de torche artisanale à laquelle il mit le feu et c’est avec horreur qu’ils le virent lever le bras...
« Ces vacances commencent enfin à me plaire » s’exclama l’épouse de Salvo en jetant des regards appréciateurs autour d’elle alors qu’on les menait à leur suite VIP du Crystal Harmony.
« Je savais que ça te plairait » répondit distraitement son mari alors qu’ils croisaient un Noir en chaise roulante.
« Monsieur et Madame Harper, je vous souhaite un excellent séjour parmi nous » déclara peu après le garçon de service en ouvrant la porte de leur suite avant de s’effacer pour les laisser entrer.
« Merci » répondit Salvo en lui remettant un généreux pourboire après qu’il eut déposé les valises sur le lit.
« Franck, c’est magnifique ! » s’enthousiasma sa femme alors qu’il refermait à peine la porte et c’est d’une voix exaspérée qu’il martela en se retournant vers elle :
« Dean ! Combien de fois devrais-je te le rappeler ? Ici, je suis Dean Harper et toi, Vanessa ! »
« Oh, pas la peine de monter sur tes grands chevaux » râla sa femme.
« C’est quand même pas difficile de retenir un prénom ! »
« T’arrête pas d’en changer ! Comment veux-tu que je m’y retrouve ? Une fois c’est Janet, une fois, c’est… »
« Vanessa, Vanessa » répéta-t-il en articulant chaque syllabe. « C’est tout ce que tu dois retenir ici » mais sa femme ne l’écoutait déjà plus, penchée sur sa valise à la recherche d’un bikini.
« Tu préfères lequel ? » demanda-t-elle en lui en montrant deux.
« De toute façon, tu n’en feras qu’à ta tête… »
Elle gagna la salle de bain en soupirant et il se servit un whisky qu’il sirotait encore quand elle quitta la suite :
« Au cas où cela t’intéresserait, je vais parfaire mon bronzage. »
« C’est ça, va lézarder au soleil… » soupira Salvo, se demandant à nouveau pourquoi il l’avait emmenée avec lui…
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Malgré sa position sur les hauteurs, Peterson ne pouvait observer ce qui se passait dans le ravin, seul le bruit des rafales de tir parvenait jusqu’à lui. Il pensait alors le travail terminé en voyant revenir les hommes de Tweeny à leur véhicule mais au lieu de s’en aller, l’un d’entre eux prit dans le coffre une corde qu’il noua autour de la taille. Peu après, il entendit un nouveau coup de feu suivi d’échanges de tirs et quand réapparurent seulement deux Samoans, il appela pour savoir ce qu’il se passait exactement. Il ne vit dès lors plus qu’un moyen pour arriver à ses fins : si cela n’arrêterait pas McGarrett, ça le ralentirait et tout gain de temps ne pouvait jouer qu’en sa faveur. En dernier recours, il pourrait tuer la fille une fois dans son champ de vision et qui sait, peut-être même Grace. C’est donc un sourire aux lèvres qu’il observa le truand mettre le feu à un bout de tissu fourré dans un fond de bouteille et lever le bras…
« Voilà Steve » déclara Joe en reconnaissant le bruit typique des pales d’un rotor. Grace se redressa aussitôt et tous regardèrent l’hélicoptère s’élever au-dessus d’eux. Ils assistèrent ensuite à un bref échange de tirs avant de perdre l’appareil de vue. Anxieuses, Kelly et Grace regardaient maintenant le haut du ravin, impatientes de voir surgir Steve sain et sauf mais tout ce qu’elles virent, c’était la végétation s’enflammer.
« Gardez votre sang-froid » leur dit Joe qui craignait que tout nouveau mouvement ne leur soit fatal.
Steve, quant à lui, avait immédiatement jaugé la situation précaire dans laquelle ses proches se trouvaient sans toutefois se rendre compte s’ils étaient blessés et une fois les Samoans en ligne de mire, il ne leur avait laissé aucune chance de s’en sortir vivants. Il avait alors mortellement touché celui qui s’apprêtait à lancer la torche. L’autre truand avait bien riposté mais à découvert, il n’avait été qu’une proie facile pour le SEAL. Malheureusement, la torche enflammée avait roulé vers le ravin, mettant ainsi le feu aux broussailles qui bordaient la route. Steve sauta de l’hélicoptère avant même que celui-ci ne touche le sol et se précipita vers la voiture à la recherche d’un extincteur, envoyant valser, au passage, le fusil mitrailleur d’un des Samoans. Il gagna ensuite le bord du ravin et s’employa à éteindre le feu qui, malgré l’absence de vent, avait déjà commencé à prendre une certaine ampleur et à former un écran de fumée.
De son côté, Jessy observait sa patiente en se demandant si elle avait effectivement fait tout ce cheminement toute seule ou si elle simulait suite aux menaces de Prescott. Elle choisit dès lors de poursuivre la séance comme elle l’avait initialement prévu.
« Au lieu de me rapprocher de lui, je n’ai fait que l’éloigner de moi » se lamentait Catherine.
« Quelle a été sa réaction devant vos accusations ? »
« Il n’y croit pas mais je peux vous assurer que j’ai eu en face de moi deux femmes bien différentes, l’une très sûre d’elle-même et l’autre, instable psychologiquement. »
« Et vous en avez déduit qu’elle est atteinte de ce trouble... »
« Ca colle en tout cas parfaitement à ce que j’ai pu voir lors de nos confrontations. »
« Parlez-moi un peu de celles-ci. »
Catherine soupira mais se plia à sa demande.
« Vous voyez maintenant pourquoi je dis qu’elle l’est » conclut-elle.
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« Vous êtes-vous renseignée sur ce trouble ? »
« Tout le monde sait de quoi il s’agit » riposta Cath, surprise de la voir lui poser la question.
« On peut effectivement s’en faire une idée en parcourant le net mais tout ce qu’on peut y lire n’est pas parole d’évangile. On sait ainsi qu’il est caractérisé par la présence de deux ou plusieurs identités distinctes qui prennent tour à tour le contrôle du comportement du sujet mais on ignore souvent que ces passages de l’une à l’autre ne sont pas soumis au contrôle de la volonté. On ignore également que ce trouble s’accompagne d’une incapacité à évoquer des souvenirs personnels et ce n’est pas à cause d’une mauvaise mémoire. C’est tout simplement parce que toutes les personnalités sont amnésiques pour les événements vécus par les autres, ce qui rend la vie du sujet très compliquée et angoissante. »
Elle étaya alors ses propos en lui faisant part de quelques exemples dont celui que Malia avait donné à Kelly.
« Comme vous le voyez, ce sont des situations très perturbantes qui amènent les personnes qui en souffrent à se poser sans cesse des questions. Souvent, elles s’isolent, se referment sur elles-mêmes, quittent leur emploi ou se font renvoyer… »
« Elle s’est isolée pendant plus de dix ans » lâcha Catherine d’une voix toutefois moins assurée que ne manqua pas de constater le Docteur Lawson, tout comme le fait qu’elle ne prenait en compte que l’argument qui l’arrangeait.
« Parce qu’elle avait peur d’être retrouvée et au vu de ce qui est arrivé, ses craintes étaient malheureusement bel et bien fondées. »
« Où voulez-vous en venir ? »
« Au fait que vous avez peut-être porté un jugement trop hâtif sur elle en lisant son dossier » se risqua alors Jessy en la sentant plus ou moins prête à franchir une nouvelle étape. De plus, l’heure qui avançait ne lui laissait pas vraiment le loisir de prendre son temps.
« Vous êtes de son côté, c’est ça ? » lui demanda alors Catherine, suspicieuse.
« Non, pas du tout » répliqua Jessy qui s’attendait à cette réaction.
« Ah oui vraiment ? Pourtant tout ce que je vous ai raconté à son sujet devrait vous... »
« Là où vous voyez deux visages » la coupa sa psy, d’une voix douce mais ferme, « je ne vois qu’une femme fragilisée qui a réagi excessivement à des attaques et ce côté irrationnel s’explique de par ce qu’elle a traversé. »
« Alors vous pensez aussi que je fabule ? » s’indigna aussitôt Catherine.
« Je n’ai rien dit de tel mais ma formation et mon expérience professionnelle me rendent plus apte à juger d’un cas comme celui de Mademoiselle Grainger que vous et pour moi, elle n’en a pas le profil » riposta Jessy fermement.
« Mais sa propre psy s’est elle-même posée la question ! »
« Et elle a conclu que ce n’était pas le cas. »
« Je sais ce que j’ai vu » s’obstina Cath.
« Dois-je en conclure que vos affirmations sont plus crédibles que l’avis d’un psychiatre renommé ? »
« Ses conclusions datent déjà de quelques années » argumenta-t-elle encore.
« Auriez-vous eu les mêmes soupçons à son égard si vous n’aviez pas lu son rapport ? Ou si elle n’avait pas changé d’identité ? »
Catherine, cette fois, garda le silence.
« Vous avez lu le dossier » reprit sa psy, « mais vous n’avez gardé que ce qui vous arrangeait en faisant des liens sans vous préoccuper d’être dans le vrai ou non. »
« Peut-être qu’elle ne l’était pas » admit sa patiente au grand soulagement de sa psy qui déchanta vite en l’entendant ajouter : « enfin, pas à ce moment-là mais qu’ensuite... ? »
« Si tel était le cas, son entourage proche aurait déjà remarqué des incohérences. »
« Ou alors ne veut pas les voir ! »
« Vous restez donc persuadée d’être dans le vrai ? » soupira Jessy.
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« Tout le monde va bien ? » cria Steve comme il ne pouvait plus rien distinguer en contrebas.
« Oui mais on ne peut pas sortir, ça pourrait déraciner l’arbre » cria Joe.
Sur ces entrefaites, le pilote de l’hélicoptère arriva pour lui prêter main forte et Steve lui demanda s’il y avait bien un treuil à bord.
« Oui mais... »
« Combien de mètres fait-il ? » le coupa le Commandant du Five-0.
« Quarante mais il n’est pas fait pour retenir un tel poids. Pourquoi ne pas plutôt descendre en rappel de l’hélicoptère ? »
« Ce serait trop risqué, je ne pourrais en remonter qu’un à la fois et rien ne garantit que l’arbre ne cédera pas avant qu’ils ne soient tous sortis de là. »
« J’appelle les secours... »
« Ils n’arriveront jamais à temps ! » s’énerva Steve. « Ils sont à plus ou moins vingt mètres de nous et la pente ne devient plus abrupte que dans les derniers mètres. Leur seule chance est que je descende accrocher le treuil au châssis de la voiture avant de les faire sortir. »
« Je déplace l’hélico pour le mettre dans l’axe » mais avant, il lui tendit son extincteur : « Vous en aurez sûrement besoin. »
Ce fut effectivement le cas et une fois venu à bout des flammes, il se tourna vers le pilote qui préparait déjà le treuil.
« Vous avez des cordes ? » demanda-t-il alors.
« Seulement une. »
Steve fut obligé de remonter le corps du Samoan que Joe avait tué un peu plus tôt. Il dénoua la corde puis revint à l’hélico où le pilote lui remit un baudrier qu’il enfila.
« J’aurais besoin que vous tiriez la corde pendant la remontée » dit-il encore en attachant les deux cordes autour du patin de l’hélicoptère avant de vérifier les mousquetons. Puis, il entama la descente sous les regards anxieux du policier et de ses proches.
« Oncle Steve est blessé à la tête ? » demanda Grace, exprimant à voix haute ce que se demandaient également Kelly et Joe en voyant son bandage.
« Ca ne doit pas être grand-chose » répondit ce dernier en le voyant en pleine possession de ses moyens, une main sur l’auto-bloquant pour le faire coulisser et l’autre sur la partie aval de la corde pour contrôler la descente.
Arrivé à leur hauteur, Steve fit un clin d’œil à Grace et Kelly et les assura que tout allait bien se passer. Il tendit alors la seconde corde à Joe sans avoir besoin de dire quoi que ce soit : celui-ci avait compris que le câble ne pourrait retenir bien longtemps la voiture si l’arbre venait à céder et que leur seule chance à tous de s’en sortir était qu’il s’occupe de Grace.
Du bruit provenant du coffre se fit alors entendre et devant l’air interrogateur de Steve, Joe lui apprit qu’il s’agissait du type qui avait enlevé Grace et Kelly.
Le truand n’étant pas sa priorité, Steve l’ignora, fixa le crochet à une prise qu’il venait de repérer puis cria au pilote de tendre un peu le câble. Ensuite, il retourna auprès de Grace et Kelly :
« Grace, je vais ouvrir doucement la portière et quand je te le dirai, tu viendras dans mes bras, d’accord ? »
La gamine fit oui de la tête.
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Il leur exposa ensuite ce qu’il attendait d’eux : « Joe ouvrira aussi la portière avant et vous sortirez tous les deux en même temps. Ensuite, il te prendra, tu t’accrocheras bien à lui et vous remonterez tous les deux. »
« Je veux rester avec toi » le supplia sa nièce.
« Je sais mais c’est pas possible. » Et comme elle le regardait, apeurée, il essaya de la rassurer : « Je serai juste derrière toi avec Kelly. Il va rien t’arriver, je te le promets, ma puce. OK, Grace ? »
Et il sourit en la voyant bravement hocher la tête.
« OK » répéta-t-il avant de s’adresser à Kelly : « Il y a beaucoup de chance que l’arbre cède quand Joe sortira mais le câble retiendra la voiture, tu ne tomberas pas dans le ravin, je te le garantis. Il faudra juste pas traîner. »
Pour la détendre un peu, il plaisanta en lui rappelant qu’elle aimait les sensations fortes.
« Uniquement quand elles sont sans danger. »
« Fais-moi confiance... » Il sourit en la voyant hocher la tête.
« Steve... » le rappela à l’ordre Joe.
« Vous êtes prêtes ? » demanda alors le jeune SEAL à sa nièce et sa fiancée qui acquiescèrent. « A trois, Joe » annonça-t-il alors avant de rappeler à Grace ses instructions et il se mit à compter.
L’ouverture des portières fit tanguer la voiture et tous retinrent leur souffle en espérant ne pas voir céder l’arbre. Une fois stabilisée, Steve tendit le bras vers sa nièce et regarda une nouvelle fois Kelly qui lui fit un petit signe de tête. Il donna ensuite le signal et Joe sortit de la voiture tandis que Grace passait les bras autour de son cou mais comme prévu, l’arbre ne résista pas et la voiture se retourna, retenue in extremis par le câble. Kelly, paniquée, cria et Steve tenta de la rassurer :
« Tout va bien, Kelly, reste calme. Tu vas pas mourir, tu m’entends ? Je vais te sortir de là » et il appela Joe, tout en ne quittant pas des yeux le câble.
« Ca va, tu peux me passer Grace » répondit celui-ci, maintenant bien en appui sur la pente.
« J’ai peur, Oncle Steve » dit la gamine.
« Evite seulement de regarder en bas et tout va bien se passer » lui répondit son oncle d’une voix pressante.
Mais Grace ne le lâchait pas et il dut se montrer plus ferme pour qu’elle lui obéisse.
« Allez Grace » l’encouragea Joe en lui tendant à son tour un bras. Steve se pencha alors pour qu’elle puisse s’accrocher à lui.
« Tu vas devoir me tenir bien fort car je vais avoir besoin de mes deux bras pour nous remonter » expliqua Joe à la gamine. « Il ne t’arrivera rien et si tu sens que tu glisses ou quoi que ce soit, tu me le dis et je m’arrête, OK ? »
« Oui » répondit la petite fille, serrant bien fort ses bras autour du cou de Joe.
« Vous pouvez y aller » cria alors Steve au pilote qui surveillait l’opération de sauvetage depuis le haut du ravin. Puis, il se tourna vers la voiture et se trouva face à un dilemme : grimper dessus pour aider Kelly à s’en extirper ou la laisser se hisser d’elle-même sur le rebord pour ne pas risquer de voir le câble céder sous son poids ?
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Steve n’eut pas à trancher car Kelly ne l’avait pas attendu : ne sachant pas de combien de temps elle disposait, son instinct de survie avait pris le pas sur la peur qu’elle ressentait. Elle avait ainsi posé un pied sur le siège passager avant et s’était tirée en s’aidant de la poignée, stimulée par les craquements sinistres qu’elle entendait.
« Dépêche-toi » lui cria Steve en voyant alors sa main s’agripper au rebord du véhicule.
« Je fais ce que je peux » l’entendit-il lui répondre et les quelques secondes qui s’écoulèrent avant de la voir accroupie à côté de la portière lui parurent une éternité.
« Saute » la pressa-t-il alors, bien calé sur ses appuis, en lui tendant un bras mais elle hésita.
« Saute, bon sang ! » s’énerva-t-il, le cœur battant à tout rompre, ce qu’elle fit en entendant un nouveau craquement. Ils se retrouvèrent ainsi plaqués contre la paroi : lui, un bras passé autour de sa taille, la maintenant fermement contre lui et elle, s’agrippant à lui, cherchant des pieds ses propres appuis.
« Là, j’ai mon compte de sensations fortes pour un bon bout de temps ! » marmonna-t-elle, une fois bien calée, ce qui le fit sourire et tout heureux de la voir saine et sauve dans ses bras, il resserra encore un peu plus son étreinte. Elle leva les yeux vers lui et le temps sembla s’arrêter pour tous les deux : aucun mot n’était nécessaire, seuls leurs regards suffisaient à exprimer l’amour qu’ils ressentaient l’un pour l’autre. Un claquement sec se fit alors entendre et tous deux tournèrent la tête pour voir la voiture plonger dans le vide et se fracasser au fond du ravin quelques secondes plus tard.
« C’était lui ou toi » dit alors Steve en devinant qu’elle pensait, comme lui, au faux policier enfermé dans le coffre et il l’embrassa sur les cheveux avant de murmurer :
« En parlant de sensations fortes, il nous faut encore remonter… »
« Oui mais ça, je sais faire ! » le surprit-elle.
Devant son regard sceptique, elle lui expliqua qu’elle avait eu des cours d’escalade au collège.
« On n’est pas sur un mur contreplaqué avec des prises un peu partout » se moqua-t-il gentiment avant d’ajouter : « Et je voudrais pas dire mais ça fait quand même un bon moment que… »
« Mon père disait toujours que c’était comme rouler à vélo : une fois qu’on avait appris, on n’oubliait pas. On va voir s’il avait raison » le coupa-t-elle, une lueur triste dans le regard.
Joe, une fois en sécurité avec Grace, les prévint alors qu’il leur lançait la corde. Steve l’attrapa et la tendit à Kelly qui, tout en étant soutenue, réussit à faire un nœud autour de sa taille avant de tester la résistance de la corde en tirant légèrement dessus. Mais Steve tint à vérifier lui-même le nœud.
« Tu n’as pas confiance ? » demanda-t-elle, faussement indignée.
« Je tiens trop à toi pour prendre le moins risque. »
Touchée par ces paroles, elle aurait voulu lui caresser le visage, poser ses lèvres sur les siennes mais le moment ne s’y prêtant pas, elle se contenta de lui sourire tendrement.
« Prête ? » demanda-t-il alors.
Elle hocha la tête et regarda vers le haut du ravin.
« Vous pouvez nous remonter » cria-t-il alors et se tenant derrière elle, il constata effectivement qu’elle savait se débrouiller et moins d’une minute plus tard, ils se retrouvaient sur la partie beaucoup moins abrupte du ravin où les attendaient Joe, Grace et le pilote.
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Steve ne l’aurait admis pour rien au monde mais ces efforts, combinés au stress, commençaient à se faire ressentir et c’est soulagé qu’il s’assit à côté de Grace qui vint aussitôt se blottir contre lui.
« Tu vois, je t’avais dit que tout se passerait bien » lui souffla-t-il avant de l’embrasser sur ses cheveux sous le regard attendri de sa fiancée qui ajouta : « Et moi qu’Oncle Steve ne laisserait jamais rien nous arriver. »
Et alors que Grace répondait à sa tante, Joe se mit à tousser pour attirer l’attention de son fils qui alla le rejoindre. Joe lui glissa alors à voix basse que le pneu n’avait pas éclaté tout seul et lui montra d’un signe de tête les hauteurs.
« Il vaut mieux ne pas traîner ici ni les exposer » conseilla Joe.
Steve, maintenant conscient du danger qu’ils couraient, donna aussitôt l’ordre au pilote de venir se positionner juste à côté d’eux, pour ne pas devenir des cibles une fois sur la route.
« Le HPD ne va pas tarder ainsi que la scientifique et le médecin légiste » lui apprit celui-ci tout en gagnant l’hélicoptère.
« Il pouvait me descendre mais il l’a pas fait » dit alors Steve qui retirait son baudrier. « Donc, si c’est pas moi qu’il veut, c’est... c’est Grace. »
« C’est aussi mon avis » répondit Joe.
« Et si c’est Grace qu’il veut, c’est forcément Peterson qui est là haut ! » s’exclama-t-il, une lueur familière dans les yeux que reconnut tout de suite Joe :
« Sans l’hélico, tu n’as aucune chance… »
Joe avait raison : des dizaines de sentiers sillonnaient cette région et Peterson pouvait être tapi n’importe où sous cette végétation dense. De plus, s’il avait appelé des renforts, tenter de le retrouver en laissant derrière lui ses proches ne ferait que les exposer à un nouveau danger. Il n’avait effectivement pas le choix mais repartir en sachant l’ennemi juré de son ami, là, quelque part…
« Je sais ce que tu ressens, fiston, mais tu n’as pas vraiment le choix » essaya de le réconforter Joe en le voyant soupirer de frustration mais devant son regard déterminé, il ajouta pour l’en dissuader : « Tu crois que je n’ai rien remarqué ? »
Steve le regarda, surpris, mais n’essaya pas de nier : Joe le connaissait mieux que personne. Mais il argumenta tout de même :
« Partir, c’est lui laisser une nouvelle chance d’assouvir sa vengeance et si jamais… »
« J’en suis conscient, crois-moi, mais la dernière chose que Danny voudrait, c’est que tu prennes une balle en pleine tête alors que vous aurez encore l’occasion de croiser son chemin et de le coincer. »
En entendant les pales du rotor commencer à tourner, Joe mit sa main sur son épaule :
« Ce n’est que partie remise. »
Steve soupira et scruta à nouveau les hauteurs.
« Allez viens » lui dit Joe avant d’appeler Grace et de lui tendre la main pour aller rejoindre l’hélicoptère qui venait de se placer à leur hauteur. Kelly, qui essayait de donner un sens à tous ces événements, profita alors de se retrouver seule avec Steve.
« Je ne voulais pas effrayer Grace plus qu’elle ne l’est déjà mais qu’est-ce qui se passe ? » lui demanda-t-elle. « Pourquoi a-t-on essayé de… ? »
« Je sais que tu te poses pas mal de questions mais là, c’est vraiment pas le moment » la coupa-t-il.
« Mais Steve... »
« Je t’expliquerai tout mais pas maintenant » et avant qu’elle ne puisse renchérir, il la prit par la main et l’aida à monter à bord. Il s’assit ensuite à ses côtés et scruta une dernière fois la végétation dense qui couvrait le volcan Kilaua.
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Steve sortit son portable de sa poche mais le remit comme ils étaient encore dans une zone sans réseau.
Kelly posa alors sa main sur son bras et lui demanda pourquoi il portait un bandage autour de la tête.
« Oh ça, c’est rien de bien méchant, juste une entaille qui a nécessité quelques points de suture » répondit-il en faisant un clin d’œil à sa nièce avant de lui demander comment elles avaient été enlevées. Kelly le mit ainsi au courant.
« Attends, tu as été arrêtée hier et tu ne m’as rien dit ? » demanda-t-il, surpris.
« Je t’en aurais sûrement parlé mais j’avais d’autres préoccupations en tête et je n’y ai plus pensé. Il m’a dit qu’il te devait un service, je l’ai cru. »
« Et tu lui as donc fait confiance quand il est venu chercher Grace. »
« Il m’a dit que tu avais essayé de me joindre pour me prévenir. J’ai essayé de te rappeler mais il n’y avait pas de réseau. Je lui ai demandé de t’appeler via leur radio mais il m’a dit que c’était pareil et que je ne pourrais le faire qu’une fois plus loin. »
« Il t’a menti. »
« Je me suis bien posée la question mais il n’avait a priori aucune raison de me mentir. »
« Et tu es montée dans sa voiture... »
« Non, enfin oui. En fait, j’ai eu peur et quand il a vu que j’hésitais, il a sorti une arme en disant qu’il ferait un carnage si je n’obéissais pas........ J’ai pas eu le choix, il pointait son arme sur... »
« Tu as fait ce qu’il fallait » la rassura-t-il en voyant à quel point elle était affectée.
« Si au moins, je t’avais parlé de lui....... Rien de tout ça ne serait peut-être arrivé… » lâcha-t-elle, les yeux humides.
« Ce qui est fait est fait et puis, il n’est pas dit non plus que j’aurais vérifié. Vous êtes saines et sauves toutes les deux et c’est ça le plus important » conclut-t-il en serrant sa main dans la sienne.
Grace lui demanda alors quand elle pourrait voir sa maman.
« Pas tout de suite, ma puce, mais bientôt » lui répondit-il et pour lui changer les idées devant sa petite mine, il lui apprit alors que son père allait bientôt être là et qu’il revenait en jet.
« T’es sérieux ? » demanda Kelly, surprise, et comme il acquiesçait, elle s’écria en regardant sa nièce : « Waouh, il en a de la chance, Danno. J’adorerais ça ! »
« Je croyais que t’en avais fini avec les sensations fortes, toi ? » releva Steve en haussant un sourcil narquois.
« En parlant de sensations fortes, il a dû en avoir s’ils se sont ravitaillés en plein Pacifique » nota Joe, un sourire aux lèvres.
« Sur un porte-avion » précisa Steve à Kelly et Grace qui n’avaient pas compris l’allusion. « Mach5 au décollage » ajouta-t-il.
« C’est quoi mach5 ? » demanda la gamine et Joe le leur expliqua.
« Ca te plairait toujours autant ? » lança alors Steve en regardant Kelly.
« Je crois que oui. En tout cas, ça ne m’empêcherait d’y aller si j’en avais l’occasion. Tu pioterais pas des F15 par hasard ? » ajouta-t-elle, malicieuse.
« Non, désolé » répondit-il en souriant.
« Moi qui croyais que les SEALs savaient tout faire... » soupira-t-elle, faussement désappointée.
« Mais je peux piloter des hélicos et même certains avions ! »
« Mais pas un jet… » le taquina-t-elle et en le voyant faire la moue, se pencha pour l’embrasser sur la joue.
« Au fait, Joe, je suis impressionné. J’avoue que je n’aurais pas pensé à prendre une voiture aux vitres à l’épreuve des balles… »
« Je n’ai aucun mérite, fiston. Ma voiture n’a pas voulu démarrer et le père de Billy m’a alors proposé de prendre son véhicule. Sans cela… »
Il n’eut pas besoin d’en dire plus : tous avaient compris.
Le portable de Steve émit alors un bip et il put prendre connaissance de ses messages. Impatient d’avoir des nouvelles de Kono, il commença par celui de Chin…
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« J’espère que les nouvelles sont bonnes… »
« Pas tout à fait, Monsieur. Ils n’ont pu se débarrasser de Grainger... »
Le Parrain l’écouta alors attentivement lui raconter en détails ce qu’il s’était passé.
« La question est de savoir ce que McGarrett va apprendre... »
« Quoi que ce soit, Monsieur, nous avons toujours une longueur d’avance et je pense que le mieux maintenant est de simplement les observer et agir au moment adéquat. »
« Ils ne se doutent de rien ? »
« Pas à ma connaissance, Monsieur. »
Un lourd silence s’installa entre eux, silence durant lequel le Parrain réfléchissait.
« Faites en sorte que ça continue alors » finit par lâcher ce dernier avant de raccrocher, toujours dubitatif...
Catherine hésita avant de répondre que Kelly n’avait rien d’une femme traumatisée alors qu’elle a été torturée et violée toute une nuit.
« Expliquez-moi comment c’est possible ! » enchaîna-t-elle. « Pour moi, Kelly a dû prendre le pas sur la victime et la domine la majeure partie du temps mais quand je l’ai bousculée, c’est une autre qui a réagi… »
« Et pour vous, c’est Cory qui est apparue ? »
« Qui d’autre ? »
« On tourne en rond » se dit Jessy.
« Vous la défendez tous mais si j’avais raison ? » poursuivit Catherine.
« Je vous le répète : c’est une femme qui reste marquée par son passé et qui peut réagir de façon extrême quand elle sort de sa zone de confort mais c’est une réaction tout à fait normale qui montre qu’elle n’est pas la personne tout en contrôle que vous décrivez. »
« C’est votre avis mais qui dit qu’un autre psy le partagerait ? » dit alors Catherine en la défiant du regard.
« Ne serait-ce qu’au vu du déroulement du procès avec son tortionnaire qui l’a interrogée, je défie n’importe quel psychiatre de conclure à un diagnostic de dissociation de la personnalité » répondit Jessy d’une voix intransigeante avant d’ajouter d’une voix plus douce cette fois : « Vous acharner sur elle, en jouant sur sa fragilité, ne vous rendra pas votre compagnon, ça ne fera que vous éloigner de lui. »
« Pas si j’ai raison » répliqua aussitôt Catherine.
« Si elle a pu s’immiscer dans votre couple, c’est qu’il y avait une brèche qu’elle n’a fait que mettre en évidence. Kelly Grainger n’est pas la cause de votre rupture, elle n’en est que le catalyseur. »
Catherine se rappela alors de ce que Steve lui avait dit : « Kelly n’est pas responsable de notre rupture. » Elle murmura d’ailleurs pour elle-même : « Elle n’a fait que mettre en évidence ce que j’ignorais encore à ce moment-là… » Elle l’entendit encore lui dire qu’il avait compris que tout était fini entre eux…Qu’ils étaient arrivés au bout de leur relation, que ce n’était plus de l’amour mais une profonde affection qui le liait encore à elle.
« Il se trompe, il se trompe ! » explosa soudain sa patiente. « Notre histoire n’est pas finie, non,… »
« C’est ce qu’il vous a dit ? » la coupa Jessy mais Catherine ne l’écoutait pas.
« Ce n’est pas fini ! C’est impossible, je porte son enfant ! » poursuivait-elle, bouleversée. Elle se mit alors à caresser tendrement son ventre, les yeux gonflés de larmes. « Non, ton papa ne nous abandonnera pas. Quand il te verra, qu’il te prendra dans ses bras, il... il reviendra vers nous, c’est obligé. Il sait ce que c’est que de grandir loin de son père, il en a énormément souffert et il en souffre encore ! Alors, non, il ne pourra pas faire ça à son propre enfant, il pourra pas… . »
40
« Vous m’avez dit avoir pris conscience d’avoir fait une erreur. Que vouliez-vous dire par là ? »
« Je n’ai jamais eu à me battre pour lui jusqu’à ce qu’il la rencontre. Ca peut paraître étonnant vu son physique d’Apollon mais c’est la vérité, les autres femmes ne l’intéressaient pas. C’est quelqu’un de fidèle » répondit-elle avant d’ajouter d’une voix aigrie : « Du moins il l’était jusqu’à ce qu’elle débarque dans sa vie. Là, tout a basculé… » Elle soupira. « Je ne reconnaissais plus l’homme que j’aimais. Vous auriez dû le voir quand elle a été admise à l’hôpital après s’être jetée dans la gueule du loup, il m’en voulait tellement………… Et à partir de là… »
Elle lui raconta alors sa trahison avec Billy.
Après avoir été avertie de l’arrivée imminente de son mari et de sa cousine aux urgences, Malia s’était rendue à l’accueil, prête à les accueillir, et discutait distraitement avec un confrère quand les portes s’ouvrirent enfin sur Kono, soutenue par Chin. Elle désigna aussitôt les chaises roulantes qui se trouvaient à l’entrée du service et arrivée à leur hauteur, nota, surprise, le ton agressif que prenait la jeune femme à l’encontre de son cousin.
« J’ai passé l’âge d’être maternée » lui disait-elle.
« Je m’inquiète pour toi » rétorquait celui-ci.
« D’habitude, c’est Steve et Danny qui se chamaillent » plaisanta alors Malia pour détendre l’atmosphère plus que tendue entre les deux cousins.
« J’ai beau lui dire que je vais bien, il ne me croit pas mais peut-être que si toi, tu... » poursuivit Kono qui luttait pour ne pas se mettre à pleurer.
« C’est pas que je te crois pas... »
« Chin... » le coupa doucement Malia qui avait remarqué le trouble de Kono, sans parler de sa tenue pour le moins insolite.
Il leva des yeux désemparés vers sa femme et celle-ci, tout en posant une main compatissante sur son bras, lui dit de les attendre là.
Il hocha la tête et les regarda s’en aller avant de se laisser choir sur une des chaises roulantes, tête baissée. Le trajet jusqu’à l’hôpital s’était déroulé quasi dans le silence le plus complet, Kono résolument tournée vers la vitre et lui, ne parvenant pas à chasser l’image des menottes accrochées au lit. Il avait voulu appeler Charlie mais elle avait catégoriquement refusé.
« Je l’appellerai moi-même, laisse-moi juste un peu de temps » lui avait-elle juste dit mais elle ne l’avait pas fait. Il prit son portable en soupirant mais hésita encore à composer le numéro du jeune homme. C’est alors qu’il vit que ce dernier avait essayé de le joindre et il l’appela.
« J’arrive ! » dit aussitôt Charlie.
« Non, c’est pas la peine de venir ici... »
« Mais... »
« Malia est avec elle et tu ne pourrais qu’attendre comme moi. Rejoins-nous plutôt à Fort Shafter, c’est là qu’elle aura besoin de toi. Vous en avez terminé sur les docks ? » enchaîna-t-il pour l’empêcher d’argumenter.
« Presque » soupira le scientifique et bien que Chin lui ait dit qu’elle allait bien, il ne put s’empêcher de le lui demander à nouveau.
« Elle a été secouée mais elle va bien » essaya de le rassurer le policier. « A propos, tu pourrais passer chez elle lui prendre des vêtements propres ? Je te préviendrai quand on quittera l’hôpital. »
« Bien sûr » soupira Charlie qui aurait aimé lui poser d’autres questions mais il avait bien perçu une certaine retenue chez Chin et il n’insista pas. Inquiet, il rangea rapidement son matériel et laissa les membres de son équipe terminer le travail, pressé d’aller retrouver la femme qu’il aimait...