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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 07.03.2017 à 11h11
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« La chasse aux indices laissés par Moreno continue pour le 5-0 mais le temps presse et les obstacles dressés sur leur route ne manquent pas... J'écris seule » mesange
Cette fanfic compte déjà 83 paragraphes
11
« Ils sont sur un navire » comprit aussitôt Steve avant de regarder sa montre tout comme ses équipiers à l’exception de Chin qui pianotait sur sa tablette :
« Plus exactement sur un paquebot de croisière » leur apprit-il alors.
« Il nous faut sa position exacte. »
« Je m’en occupe » dit Joe qui sortit de la pièce pour se rendre dans une autre partie de la base.
« Brennan, c’est le nom qu’on avait relevé dans le listing des passagers atterrissant à Oahu » enchaîna Kono. « Harper doit être son nouveau pseudo... »
« Tu peux vérifier la liste des passagers ? » demanda Steve à Chin avant de se tourner vers Danny pour lui demander s’il savait qui était Turner.
« Aucune idée » soupira ce dernier.
« William Turner est un célèbre peintre anglais » glissa Mary qui, en voyant leur expression, ajouta, penaude : « Ca n’a sûrement rien à voir... »
Chin leur apprit qu’il y avait quatre William Turner répertoriés à New York.
« Ca te dit quelque chose ? » interrogea-t-elle en montrant leur fiche à Danny qui secoua la tête négativement.
« Aucun n’a de casier » ajouta-t-il.
« Il y a effectivement un couple enregistré au nom de Dean et Vanessa Harper sur le Crystal Harmony » leur confirma, quant à elle, Kono.
« Tu peux trouver le programme de la croisière ? » demanda Steve.
« C’est justement ce que je recherche » répondit-elle et moins d’une minute plus tard, elle leur apprenait que le paquebot devait se trouver au large des côtes de Big Island.
« Apparemment, un arrêt est prévu à Molokai demain. »
« C’est l’endroit idéal pour s’éclipser en douce... » fit remarquer Chin en regardant tour à tour ses équipiers.
« Nous les arrêterons avant » affirma Steve d’un ton impérieux avant de lui demander de dénicher les plans du navire.
« J’appelle Tim » dit Danny. « Qui sait, peut-être qu’Inès connaît ce Turner ou en a déjà entendu parler ? » Mais il tomba sur sa boîte vocale et ne put que lui laisser un message.
C’est à ce moment que Joe revint avec les coordonnées GPS du Crystal Harmony.
« Il se trouve à une vingtaine de miles au sud des côtes de Ka Lae. »
« Ca nous laisse à peine une heure » déclara Steve en jetant un œil à sa montre.
« Quel est ton plan ? » lui demanda Chin.
« Il faut compter une vingtaine de minutes pour atteindre Ka Lae en hélico et plus ou moins autant avec un zodiac pour gagner le paquebot. »
« Pourquoi pas y aller en hélico ? » questionna Danny. « On serait sûrs d’arriver à temps. »
« Oui mais on serait bien trop vite repérés. De plus, on ne peut pas se permettre de perdre du temps pour gagner la salle des machines qui se trouve tout en bas. »
« Ils ont dû poster aussi des gars à tous les points d’accès du bateau » insista néanmoins Danny.
« C’est plus que probable » acquiesça Chin.
« C’est un paquebot de croisière, ils n’ont pas intérêt à attirer l’attention sur eux » leur rappela leur chef.
« Oui mais dix-neuf heures trente, c’est également l’heure du dîner » lui fit remarquer Kono. « Les ponts ne devraient pas être très fréquentés. »
« Je doute qu’ils soient si nombreux que ça à bord et même à Hawaii. Un rien pourrait éveiller les soupçons de Peroni et c’est la dernière chose qu’ils souhaitent. »
« T’as déjà dû faire ça plein de fois, pas vrai ? » lui dit Danny. « Prendre d’assaut un navire avec plein de méchants à bord… »
Steve ne prit pas la peine de répondre mais son large sourire parlait pour lui.
12
Il appela alors Reynolds pour le mettre au courant de leurs dernières découvertes.
« On se rejoint à la Marina d’ici trente bonnes minutes » répondit l’agent du FBI avant de raccrocher.
« Tu lui as pas parlé de l’énigmeTurner… » releva Danny.
« Il sait tout ce qu’il doit savoir » rétorqua son ami qui se tourna vers Joe : « On va avoir besoin de matériel... »
« Venez » sourit ce dernier.
« On vous attend sur la piste » suggéra Charlie pour ne pas les gêner.
Steve lui fit un petit signe de tête avant de passer devant lui mais quand Kono voulut les suivre, il l’arrêta :
« Désolé Kono, mais toi, tu restes ici. »
« Steve... »
« Je refuse de te faire courir le moindre risque en sachant que tu es encore loin d’avoir récupéré » la coupa-t-il fermement.
« Tu es sûr que c’est la seule raison ? » le défia-t-elle alors, jetant un froid autour d’eux.
Kelly regarda Steve avec appréhension tandis que Danny, mal à l’aise tout comme leurs amis, glissa que le moment était peut-être mal choisi pour avoir cette conversation.
Steve soupira mais reconnut néanmoins qu’il avait laissé ses sentiments altérer son jugement professionnel. « Mais ici, ma décision n’a rien de personnel » ajouta-t-il. « Tu souffres d’une côte cassée… »
En l’entendant prononcer ces mots, Kono baissa la tête : c’est en effet ce qu’elle leur avait laissé croire...
« … et je ne peux pas te laisser venir dans ces conditions, ce serait de l’inconscience de ma part. Tu serais une proie bien trop facile si les choses tournaient mal. »
« Il a raison : tu es blessée et la moindre faiblesse pourrait te coûter la vie » appuya Chin, fataliste.
« De plus, on ignore encore ce que Moreno a voulu dire en parlant de Turner. Si ça se trouve, on aura besoin de toi ici » ajouta Danny, désolé lui aussi.
« Allons-y ! » ordonna leur patron et elle les regarda partir, impuissante. Charlie prit sa main qu’il serra dans la sienne mais quand elle leva les yeux vers lui, elle se sentit encore plus mal à l’aise et quitta vivement la pièce. Les autres lui emboîtèrent le pas dans un silence de mort…
« Tu ne manges pas ? » s’étonna l’épouse de Salvo en voyant son mari chipoter dans son assiette.
« J’ai l’estomac un peu barbouillé » répondit celui-ci.
« J’ai ce qu’il faut dans la cabine… »
« J’ai surtout besoin de prendre l’air. Tu ne m’en veux pas de te laisser seule ? »
« J’ai l’habitude, chéri » répliqua-t-elle en reprenant une bouchée de saumon avant de reporter son attention sur le pianiste qui jouait à la perfection la Grande Polonaise de Chopin.
Franck quitta la salle de dîner et monta sur le pont. Il venait de s’appuyer sur le bastingage quand un passager passa à côté de lui :
« Tweeny ne devrait plus tarder » lui souffla celui-ci avant de poursuivre nonchalamment son chemin.
Salvo huma encore quelques instants l’air marin avant de rejoindre le sixième étage. Il frappa alors trois petits coups à la porte et c’est un homme noir en chaise roulante qui vint lui ouvrir. Il entra en silence avant de se tourner vers Jimmy Cannon.
« Un whisky ? » proposa-t-il en se levant de sa chaise et en se dirigeant vers le mini-bar.
« Non, merci » répondit nerveusement Salvo qui alla droit au but : « Tweeny arrive. Et de votre côté ? »
« Il attend notre signal comme convenu. »
« Bien… Aucune nouvelle de Peroni ? »
« Non » soupira Jimmy. « La seule information que mes hommes m’ont fournie, c’est que plusieurs médecins se sont présentés à son domicile. »
« C’est ce que j’ai appris aussi » répondit Salvo. Il se fait vieux… »
« C’est pas un type qu’on peut traiter à la légère » le prévint Jimmy.
« Si on se serre les coudes, si on reste fermes, on aura le beau rôle » répondit Salvo. « D’autant plus s’il est malade… »
« Nous n’avons pas intérêt à nous louper, sinon... »
« J’avoue que j’ai hâte que tout ça soit derrière nous » admit le Parrain du New Jersey.
13
Après avoir quitté le cabinet du Docteur Lawson, Catherine avait traîné à Fort Shafter espérant croiser à nouveau Steve. Aussi quand elle aperçut sa rivale et ses amis dans un des couloirs, elle les suivit, étonnée de les voir gagner les pistes où un hélicoptère semblait prêt à décoller. Elle se maintint en retrait, hors de vue et s’interrogeait sur la raison de leur présence quand Steve, suivi de Joe, Danny et Chin vinrent les rejoindre et à leurs tenues noires à tous, devina qu’ils partaient pour une intervention. Elle observa alors son ex s’approcher de sa fiancée, déposer à terre le sac qu’il tenait à la main.
« Sois prudent » murmura Kelly.
« Tout va bien se… »
« Chuttt » le coupa-t-elle en posant un doigt sur sa bouche.
« Toi, t’écoutes trop Danny » la taquina-t-il.
« Peut-être bien, oui, mais pas question pour autant de tenter le diable » admit-elle en lui souriant tendrement.
Le cœur de Catherine se serra en le voyant la serrer tout contre lui avant d’unir ses lèvres aux siennes.
Les pales du rotor se mirent en route et c’est à regret qu’elle s’écarta de lui. Il reprit son sac tandis que Chin embrassait brièvement sa femme et que Danny serrait sa fille dans ses bras.
« Reviens vite » lui dit Grace, le visage triste.
« Promis chaton » répondit son père en posant ses lèvres sur ses cheveux avant de suivre ses amis.
« Soyez prudents » leur cria à son tour Kono quand ils passèrent devant elle. Steve s’arrêta, mal à l’aise, mais alors qu’il était sur le point de lui parler, Laura vint l’avertir qu’elle avait pu joindre la police locale de Ka Lae qui coopérerait avec eux dès leur arrivée sur place.
« Ils sont déjà en train d’affréter deux Zodiacs. »
« Merci Laura » répondit Steve qui se tourna à nouveau vers Kono mais celle-ci s’était éloignée. Il soupira mais ne perdit pas plus de temps. Il rejoignit ainsi ses équipiers et son mentor à bord de l’hélicoptère. Moins d’une minute plus tard, ils s’envolaient pour Big Island sous les regards inquiets de leurs proches.
« Il ne reste plus qu’à attendre » soupira Mary.
« Ce sont les meilleurs » essaya de les rassurer Laura.
« C’est ce que Grace répète toujours à ses camarades » déclara Kelly en prenant la main de sa nièce dont le sourire triste et la pâleur faisaient peine à voir. Elle eut alors une idée pour la distraire mais pour cela, elle avait besoin du numéro de son collègue, que Kono lui trouva sans difficulté.
« Kelly ! » s’exclama aussitôt Eric, visiblement soulagé d’entendre sa voix. « Je n’osais pas t’appeler mais... »
« Je suis désolée de te contacter si tard » le coupa-t-elle, « mais il s’est passé tellement de choses. Pour faire bref, le policier n’en était pas un en réalité. Tout ce qu’il voulait, c’était nous enlever… »
« Vous avez été enlevées ? » la coupa l’instituteur d’une voix blanche.
« Oui mais on n’a rien, juste un peu secouées. »
« Et Madame Edwards ? »
« Elle a bien été hospitalisée mais ses jours ne sont pas en danger. »
« J’arrive pas à le croire... »
N’ayant aucune envie de s’appesantir sur le sujet d’autant plus que sa nièce l’écoutait attentivement, elle lui demanda s’il pouvait lui rendre un service : lui envoyer la liste de ses élèves avec leurs coordonnées.
« C’est pour les rassurer. Nous avons dû jeter nos portables et je ne suis pas chez moi. »
« Je fais ça de suite. »
« Merci Eric. »
Ils échangèrent encore brièvement quelques mots avant de raccrocher. Mary proposa alors son téléphone pour ne pas monopoliser celui de Kono au cas où Tim l’appellerait.
« Ils devaient venir demain à la maison pour mon goûter d’anniversaire » leur rappela Grace.
« C’est juste » se dit Kelly qui n’y pensait plus.
« Ils n’ont qu’à venir chez nous à la place » proposa Mary en regardant sa future belle-sœur.
« Etre entourée de ses amis ne pourrait que lui faire du bien » se disait celle-ci mais n’était-il pas trop tôt que pour les inviter ? Ne valait-il pas mieux attendre leur retour ?
« Il y a la plage et l’océan et les enfants adorent ça » ajouta Mary en la voyant hésiter.
« Moi, je veux bien » approuva la gamine, enchantée par l’idée.
« Pourquoi pas ? » déclara alors Kelly devant son grand sourire.
« Eh bien, c’est réglé ! » déclara la sœur de Steve qui demanda à Grace qui elle devait appeler.
« Je ne sais pas vous mais moi, je meurs de soif » dit alors Malia. « Je vous ramène une bouteille d’eau ? »
« Je vous accompagne » déclara Laura tandis que le portable de Charlie sonnait.
14
« C’est le labo » souffla Charlie à Kono et il s’éloigna de quelques mètres pour répondre à l’appel.
Kelly, quant à elle, gardait le silence, ne pouvant s’empêcher de penser que Mary s’était peut-être avancée trop vite… « Mais arrête de tout voir en noir ! » se morigéna-t-elle. « Ce sont les meilleurs et puis Steve est un Navy SEAL, il a l’habitude de… »
« Ca fait du bien de la voir sourire » la tira alors de ses pensées Kono en observant la fille de son équipier.
« Ce n’était pas un vrai policier » disait cette dernière. « Il a menti et………………………. »
« Je me demandais comment elle gérerait tout ce qui est arrivé, si elle pourrait en parler ou au contraire, éprouverait des difficultés à extérioriser ses sentiments. C’était sous-estimer l’insouciance des enfants » commenta Kelly tandis que Charlie revenait près d’elles, l’air ennuyé :
« Ils sont débordés au labo et m’ont demandé d’y aller mais... »
« Vas-y » le coupa Kono qui ajouta en le voyant indécis qu’il n’y avait plus de danger puisque tout se jouait là-bas, espérant ainsi le convaincre, elle, qui redoutait tant le moment où ils se retrouveraient seuls.
« Je préfèrerais rester avec toi. »
« Ce n’est pas vraiment nécessaire » répliqua-t-elle un peu trop vivement toutefois, ce qui interpella Kelly.
« Tu es sûre ? »
« Allez, vas-y » l’exhorta-t-elle à nouveau en lui souriant.
Il l’observa un instant mais n’insista pas à son plus grand soulagement.
« Je t’appellerai pour te tenir au courant » la prévint-il.
Elle hocha la tête et il l’embrassa brièvement sur la bouche avant de s’en aller, le cœur lourd. Il avait évidemment remarqué son attitude distante, son regard fuyant et son empressement à le voir retourner au labo.
« Elle a dû en baver bien plus qu’elle ne veut le dire » soupira-t-il tristement en pressant le pas, n’aimant pas trop l’idée de la laisser seule alors qu’elle avait manifestement besoin de soutien même si elle ne le montrait pas…
« Avec tout ça, je n’ai pas encore eu l’occasion de te dire à quel point je suis soulagée que tu t’en sois sortie » déclara Kelly après le départ de Charlie.
« Je peux te dire la même chose » lui retourna Kono. « Vous l’avez échappé belle toutes les deux… »
Kelly hocha la tête, la mine grave, avant d’ajouter que même si la journée avait été dure, elles n’étaient pas les plus à plaindre.
Kono, sentant son regard peser sur elle, essaya alors de détourner la conversation :
« J’espère que Tim pourra résoudre cette nouvelle énigme. »
« Kono... »
« Je devrais peut-être l’appeler et voir s’il a écouté le message que lui a laissé Danny... »
Mais Kelly l’en empêcha en posant une main sur la sienne : « Je sais ce que tu vas dire mais laisse-moi parler, s’il te plaît » dit-elle, visiblement mal à l’aise.
« Je vais bien si c’est… »
« Non, c’est faux et tu le sais très bien. »
Kono soupira, attendant avec appréhension ce qu'elle s’apprêtait à lui dire.
15
« Nos deux cas sont différents bien sûr... » finit par lâcher Kelly.
A ces paroles, Kono baissa la tête : si elle savait...
« ... Mais affirmer que tout va bien juste pour être tranquille, changer de sujet pour éviter tout ce qui est sensible, je l’ai fait aussi… parce que c’était plus facile... »
Elle se tut un instant, tout cela n’étant pas évident pour elle non plus.
« Ca m’évitait surtout de devoir mettre des mots sur ce que j’avais vécu et ressenti alors que tout ce que je voulais, c’était oublier. »
Kono leva brièvement les yeux sur elle mais Kelly ne le remarqua pas, cherchant visiblement les bons mots.
« C’est pourtant une étape cruciale mais ce cheminement prend du temps et l’entourage ne le comprend pas toujours » reprit-elle. « Et si je te dis tout ça, c'est simplement pour que tu saches que quand tu ressentiras le besoin de parler, je serai là aussi pour toi... quel que soit le moment... »
Kono, touchée, la regarda, les yeux humides. Kelly la prit alors dans ses bras en veillant à ne pas la serrer trop fort.
« Kelly est sans aucun doute la plus à même de comprendre ce que je traverse » pensa Kono, « mais comment lui dire sans lui rappeler les terribles moments par lesquels elle est passée ? Je m’en veux déjà suffisamment d’avoir gardé le secret de Catherine et puis, j’ai juste besoin de temps... »
« Tu sais, je n’ai pas encore pu me poser et digérer tout ça mais merci pour ton soutien » finit-elle par dire. Leur attention fut à ce moment attirée par Mary qui revenait les avertir que Grace avait pu joindre tous ses copains.
« Keanu a dit que c’était encore mieux » déclara la gamine à Kelly qui sourit en comprenant l’allusion.
« On peut savoir ? » demanda Mary.
« Keanu est amoureux de Tata » souffla Grace dans le creux de son oreille, assez fort toutefois pour que Kelly et Kono l’entendent.
« C’est surtout un petit plaisantin » rétorqua Kelly qui proposa alors d’aller retrouver Malia et Laura à l’intérieur.
En route vers Ka Lae, Steve examinait soigneusement les plans du paquebot que lui avait dénichés Chin.
« Là, à l’arrière du bateau, se trouve la salle des machines » leur montra-t-il en pointant le doigt sur l’écran. D’abord la salle de contrôle, puis la salle des moteurs et là, le fond de cale. »
« Ca doit grouiller de mécanos là-dedans » releva Danny.
« Non, au contraire, c’est un lieu dangereux où seuls quelques-uns surveillent la bonne marche du paquebot » expliqua-t-il. « Toutes les zones du navire sont surveillées en permanence par un chef mécanicien depuis la salle de contrôle. »
« Autrement dit, ils nous verront arriver » lâcha Danny, pas très enthousiaste à cette idée.
« C’est pour cette raison qu’une fois à bord, il faudra gagner très vite nos positions. C’est primordial de les neutraliser au plus vite. »
« Tu comptes la jouer comment ? » s’enquit Chin.
« Pendant qu’un groupe gagnera la salle de contrôle et un autre les cales, un troisième mettra en place avec le Commandant de bord un périmètre de sécurité pour épargner autant que possible les passagers. Les hommes de Reynolds n’auront qu’à s’en charger. »
« Je suppose que nous, nous nous chargerons de la salle de contrôle » crut deviner Danny.
« Non » les surprit Steve. « Le bruit dans une salle des moteurs est infernal. Par contre, c’est plus calme dans les fonds de cale. Je ne vois donc que cet endroit pour conclure leur alliance à l’abri des regards. »
Son mentor hocha la tête en signe d’approbation.
« Joe restera à bord du zodiac et nous préviendra de tout bateau qui approcherait » poursuivit-il avant de leur indiquer ensuite par où ils grimperaient à bord.
« Je me demande ce que cache la dernière énigme » soupira ensuite Danny.
« Reste plus qu’à espérer que ton ami trouve la réponse avant qu’on ne soit mis devant le fait accompli » rétorqua Chin.
Steve hocha la tête en silence...
16
A New York, Tim faisait les cent pas dans le couloir de l’hôpital, se remémorant le moment où Inès s’était soudainement sentie mal. Il avait aussitôt appelé l’infirmière à qui il avait expliqué, une fois à son chevet, qu’ils parlaient tranquillement quand elle avait grimacé de douleur.
« Elle a mis la main sur sa poitrine... »
L’infirmière avait regardé les paramètres de la jeune femme et constaté un pouls bien trop rapide. De plus, Inès s’était mise à éprouver des difficultés respiratoires. Le médecin, qui était arrivé peu de temps après, n’avait pas hésité une seconde en voyant le tableau clinique :
« On l’emmène au bloc ! » avait-il ainsi ordonné.
Depuis, il était sans nouvelles de son amie. Il pensa appeler sa femme pour la mettre au courant mais il ne ferait que l’inquiéter encore plus qu’elle ne l’était déjà. Il finit par s’asseoir sur une des chaises pliables et se surprit à se remémorer les bons moments qu’ils avaient passés tous les quatre, Ricky, Inès, Tamara et lui avant le drame qui avait coûté la vie à ce petit garçon. Il se rappelait notamment d’une sortie en boîte quand il vit le médecin venir à lui. Il se leva aussitôt et retint sa respiration en remarquant la mine grave qu’arborait ce dernier.
« Je suis désolé. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir mais... »
Tim le regarda, ayant du mal à assimiler ce qu’il venait d’entendre.
« Elle...... Elle est.... ? »
Le médecin hocha tristement la tête.
« Nous avons essayé de la ranimer mais... »
« Que s’est-il passé ? » demanda-t-il d’une voix blanche.
« Une embolie pulmonaire............ Je suis désolé » répéta le médecin, mal à l’aise.
« Je peux la voir ? »
« Suivez-moi. »
Tim fut ainsi introduit dans une pièce où reposait le corps d’Inès, des infirmières s’affairant autour d’elle.
« Toutes mes condoléances » lui dit celle qui avait l’habitude de s’occuper d’elle en passant devant lui.
Tim s’approcha de son amie, n’arrivant pas encore à croire qu’elle était morte. Son visage semblait si serein. Il posa sa main sur la sienne et resta là, prostré, un bon moment. Il savait qu’elle n’était pas encore tirée d’affaire mais elle semblait sur la bonne voie. Il leva ensuite des yeux humides vers le plafond et respira un bon coup. Il se rendit compte alors qu’il n’était plus seul et tourna la tête vers une infirmière qui ne semblait pas plus à l’aise que le médecin quand il lui avait annoncé la terrible nouvelle.
« Voici l’acte de décès rédigé par le Docteur Welby » dit-elle en lui tendant le document avant de lui demander s’il savait si elle avait de la famille.
« Ses parents vivent au Mexique, c’est tout ce que je sais. »
« Le corps de Mademoiselle Gonzales restera à la morgue, le temps que la famille puisse organiser les funérailles. »
Tim hocha la tête. Elle lui demanda également de passer à l’accueil signer d'autres documents avant de le laisser à nouveau seul.
Cette fois, quand il se tourna vers Inès, c’est une bouffée de rage qui monta en lui :
« Tu peux être fier de toi, Ricky ! Mais à quoi tu pensais ? Hein, à quoi tu pensais ? Tu l’aimais bon sang et aujourd’hui, elle… »
Il ne put continuer, trop bouleversé, et respira à nouveau un bon coup avant de se pencher pour embrasser une dernière fois son amie sur la joue.
« Repose en paix » lui souffla-t-il et il sortit de la pièce, n’ayant plus qu’une envie : retrouver les siens à la cellule anti-terroriste. Il alla remplir les quelques formalités qui restaient puis quitta l’hôpital.
17
Pendant ce temps, le lieutenant Bud Roberts communiquait à Harm les informations qu’il avait obtenues du premier maître Burton.
« Les corps des deux membres de l’OTAN étaient froids et raides quand il les a pris en charge. »
« Combien de temps après leur découverte par le commando ? »
« Quarante-trois minutes. »
« Ont-ils été torturés ? »
« Tout ce qu’il a pu me dire, c’est que les cordes les avaient brûlés autour du cou. Pour le reste, difficile à dire car il n’a pu regarder leur corps dans leur totalité à cause de leur rigidité. J’ai donc appelé le chef de service de pathologie de l’hôpital, le Docteur McLeland, pour voir s’il pourrait, malgré les circonstances, nous donner une estimation de l’heure de leur mort mais comme aucune autopsie n’a été pratiquée, il peut juste nous indiquer une plage de temps plausible. »
« Qui est ? » demanda avec empressement Harm.
« Un corps déjà froid et rigide indique que la mort s’est produite au moins huit à trente-six heures plus tôt mais dans des conditions climatiques sévères comme c’était le cas ce jour-là, la rigidité cadavérique aurait pu survenir après une heure trente... au minimum. Toutefois, pour lui, les exécutions ont eu lieu bien avant l’expiration de l’ultimatum, peut-être même 24H plus tôt. »
« Mais ce ne sont que des supputations… »
« Ce sont des estimations, oui, mais très plausibles à mon avis dans le cas présent, Capitaine. »
« C’est du bon boulot, Bud, du très bon boulot » le félicita alors son supérieur.
« Merci, Capitaine. »
Après avoir raccroché, Harm fit part à Billy et son père de ce qu’il venait d’apprendre. Il fouilla ensuite dans le dossier et trouva rapidement ce qu’il cherchait :
« Vos hommes ont trouvé les cadavres trente-huit minutes après l’expiration de l’ultimatum et le premier maître déclare que les corps étaient froids et rigides quarante-trois minutes plus tard, ce qui nous fait un total de…………. d’une heure et vingt et une minutes. Le médecin a parlé d’une heure trente minimum. C’est donc impossible qu’ils aient été tués après la fin de l’ultimatum » en conclut Harm en regardant Billy.
« Mon fils ne peut donc pas être accusé d’homicide involontaire » lâcha avec soulagement Monsieur Harrington senior.
« Il sera difficile pour l’accusation de prouver le contraire » acquiesça Harm, « d’autant plus que le chef de pathologie à qui s’est adressé Bud est un expert dans son domaine, très souvent appelé à témoigner. »
« Vous avez déclaré aussi qu’il estimait leur mort à plus ou moins vingt-quatre heures » renchérit le père de Billy.
« Mais ça ne change rien au fait que j’ai désobéi aux ordres » lâcha sombrement Billy.
« Oui mais en refusant, vous avez probablement sauvé la vie de vos hommes » rétorqua Harm.
« J’espère que le jury verra également les choses de cette façon… » soupira le père du SEAL.
18
Arrêté à un feu rouge, Tim remarqua l’appel en absence de Danny qu’il rappela alors qu’ils venaient tout juste de se poser sur le tarmac d’un des parkings quasi-vide de la marina.
« Attends une seconde » lui dit ce dernier en s’éloignant de l’hélicoptère tandis que ses amis déchargeaient leur matériel.
« Tu as essayé de me joindre ? » s’enquit Tim d’une voix lasse.
« Ca va, toi ? »
Il le mit alors au courant du décès d’Inès.
« C’est pas vrai » soupira Danny en se passant une main dans les cheveux. « Je sais que tu l’appréciais et... »
« C’était une chouette fille, un peu fofolle mais le cœur sur la main... » Il soupira lui aussi avant de changer de sujet : « Au fait, tu m’appelais pour quoi ? »
Son ami lui fit part du message crypté qu’ils avaient découvert dans la grotte sous-marine.
« William Turner ? » répéta alors Tim quand il lui fit part de la dernière ligne.
« Ca te dit quelque chose ? »
« Vaguement oui » répondit-il tout en réfléchissant.
« Tu confondrais pas avec le peintre par hasard ? » avança Danny, sarcastique.
« Mais bien sûr » se dit Tim qui pianota aussitôt William Turner sur le clavier de son portable.
« Tim, t’es toujours là ? » s’enquit Danny tandis que celui-ci faisait maintenant défiler les œuvres de cet artiste sur son écran jusqu’à ce que le tableau qu’il espérait voir apparaisse.
« Je pense avoir trouvé la clé de ton énigme » lâcha-t-il quand il le reconnut.
« Tu peux m’éclairer ? »
« Il y avait une toile dans la chambre de Peterson. »
« Et ? »
« Et je viens de vérifier que c’est bien une œuvre de Turner. »
« Il te faut combien de temps pour y retourner ? »
« Quinze minutes, peut-être moins et vous, pour arriver au paquebot ? »
« A peine un peu plus... »
« Je fais au plus vite » lâcha-t-il en regardant dans son rétroviseur.
« Kono est restée à la base. Je t’envoie son numéro, on ne sait jamais... »
« Ca roule » répondit son ami avant de couper la communication.
« Prévenir Tamara devra attendre encore un peu » soupira-t-il en démarrant en trombe pour se rendre à nouveau au domicile de Rick Peterson. Danny, quant à lui, alla retrouver ses équipiers qui avaient maintenant rejoint le policier contacté un peu plus tôt par Laura.
Au large des côtes de Big Island, voguait paisiblement le Crystal Harmony. A l’heure du dîner, les ponts étaient quasi-déserts et l’arrivée de Tweeny, de son homme de main et de Peterson, se fit dès lors dans la plus grande discrétion. Celui qui les avait laissés monter à bord invita les Samoans à le suivre mais quand Peterson voulut leur emboîter le pas, il l’arrêta :
« Tu prends le relais. Personne ne doit monter sur ce paquebot » lui intima-t-il.
Rick les regarda ainsi s’éloigner avant de scruter, à son tour, les flots au cas où...
Les Samoans suivirent l’homme de main du Parrain : ils gagnèrent aussi discrètement que possible la salle des machines, traversèrent une zone particulièrement assourdissante qui les obligea à se boucher les oreilles avant de s’arrêter, une centaine de mètres plus loin, devant une porte gardée par un autre homme armé. Celui-ci frappa alors deux coups secs avant de l’ouvrir et d’inviter de la tête le chef des Samoans à entrer. Tweeny jeta toutefois au préalable un regard circulaire mais la seule présence de Cannon et Salvo dans la pièce le rassura.
« Bienvenue à bord » lança ce dernier en allant à sa rencontre.
« Monsieur Salvo » le salua-t-il alors avant d’en faire de même avec Jimmy Cannon.
Son second voulut le suivre mais l’homme lui barra l’entrée.
« Aucun témoin » précisa Franck.
Tweeny fit alors un signe de la tête à son second qui resta dehors.
19
Une fois seuls, le Samoan, dont la nervosité n’échappa pas aux deux parrains, suggéra d’en finir au plus vite.
« Détendez-vous » sourit Franck. « Mon ami Jimmy se pose encore quelques questions... »
Tweeny regarda Cannon avant de reporter son attention sur Salvo.
« ... notamment si vous allez réellement faire tout ce que vous avez dit que vous ferez. »
« On peut et on le fera » affirma le chef des Samoans. « On est plus motivés que jamais pour éliminer les Triades. »
« C’est bien ce que je craignais » lâcha alors Cannon. « Si on vous fait parvenir toutes ces armes et cet argent, ce n’est certainement pas pour financer une guerre de gang interminable. »
« Il a raison » intervint Franck. « Le deal consiste à évincer les Triades du business des jeux d’argent pour que nous puissions poursuivre tranquillement notre action, c’est tout. »
« Alors vous ne dépenserez pas votre argent pour rien. Nos salles de jeux sont pleines à craquer. »
« J’ai besoin de m’assurer que vous et vos hommes, vous allez protéger mon investissement quand je serai sur le Continent » reprit Jimmy.
« Et pour cela, nous ne voyons qu’un moyen... » enchaîna Franck.
« C'est-à-dire ? » demanda Tweeny, perplexe.
Salvo alla alors ouvrir la porte…
A Fort Shafter, Malia glissait une pièce dans la fente du distributeur de boisson.
« Je suis contente de pouvoir vous parler seule à seule » déclara alors Laura en la regardant faire.
« Je vous l’avais bien dit que le Docteur Leung était quelqu’un de très compétent » sourit Malia en lui tendant une bouteille d’eau.
« Je vous avoue que je ne m’attendais pas à ce qu’un simple entretien puisse convaincre aussi facilement Kelly » acquiesça Laura. « Je me demande d’ailleurs toujours ce qui a bien pu la déstabiliser à ce point » ajouta-t-elle, songeuse.
« Quoi que ce soit, il a su trouver les mots justes et la voilà libérée d’un fameux poids. »
« Oui et son sourire faisait vraiment plaisir à voir » renchérit Laura, heureuse pour sa jeune protégée. « Mais si je souhaitais vous voir seule, c’était aussi pour vous remercier à nouveau de m’avoir mise au courant des agissements de Catherine. Celle-ci avait manifestement besoin d’une piqûre de rappel et sans vous, qui sait ce qu’elle aurait encore fait. »
« J’en déduis que vous avez pu lui éviter l’internement… »
« A vrai dire, je n’ai pas encore pris de décision même si je serais encline à laisser le Docteur Lawson poursuivre la thérapie. Un internement n’est jamais facile d’autant plus qu’elle est enceinte mais ce qui me retient encore, c’est qu’elle est aussi imprévisible et Kelly encore bien fragile. »
« C’est vrai que leur dernière confrontation aurait pu se terminer par un drame » acquiesça Malia qui se souvenait, elle aussi, de la chute de Catherine. « Vous redoutez qu’en lui accordant une nouvelle chance, vous ne veniez à le regretter ? »
Laura hocha la tête en signe d’acquiescement.
« Mais je n’aime pas non plus l’idée de prendre une pareille décision sans l’avoir consultée au préalable. Si elle n’a rien voulu me dire, c’est probablement pour ne pas en arriver là. »
« C’est vrai qu’elle est avocate, j’ai tendance à l’oublier. »
« Je sais aussi qu’elle vous fait confiance et qu’en venant me parler, vous... »
« Mon seul souci, c’est Kelly » la coupa Malia, « et je pense comme vous qu’elle a son mot à dire étant la première concernée » la rassura-t-elle.
« Je suis contente de vous l’entendre dire » sourit Laura. « Mais après la journée qu’elle vient de vivre et qui n’est pas encore terminée, il vaut mieux ne pas encore en rajouter d’autant que je pense que, pour Catherine, la perspective de perdre la garde de son bébé a peut-être été l’électrochoc dont elle avait besoin » poursuivit celle-ci. « Vous l’auriez vue quand je le lui ai dit. De toute évidence, elle ne l’avait même pas envisagé. »
« C’est le propre du déni : se comporter comme si cette réalité n'existait tout simplement pas. »
Laura acquiesça de la tête :
« De toute façon, je n’ai pas à me décider avant demain soir et puis, je n’ai pas vraiment la tête à ça » lâcha-t-elle d’une voix tendue en regardant sa montre.
« Ils doivent être arrivés à Ka Lae maintenant » soupira Malia avant de respirer un bon coup, la peur reprenant le dessus après ce petit intermède.
« Allons retrouver les autres » dit simplement Laura, ce qu’elles firent après avoir pris une bouteille d’eau pour chacun. Elles les trouvèrent alors en compagnie des SEALs qui avaient été à la rescousse de leur ancien chef.
« Jon nous a proposé d’aller manger un bout avec eux au mess des officiers et on vous attendait » lança alors Mary, ravie de la proposition, non pas qu’elle avait faim mais passer un moment avec le jeune Ryan Graison n’était pas pour lui déplaire…
20
Après le départ de Steve, Catherine n’avait pu se résoudre à quitter la piste, ne pouvant s’empêcher d’observer sa rivale mais la voir peu après serrer Kono contre elle raviva sa rancœur à son égard. Non seulement Kelly lui avait volé Steve mais elle s’était également appropriée son amie. Elle avait pourtant eu beau essayer de leur ouvrir les yeux, rien n’y avait fait, Steve était même sur le point de l’épouser alors que c’était elle qui portait son enfant !
« Comment avons-nous pu en arriver là ? » se désola-t-elle.
Leur conversation, juste avant son départ en mission, lui revint ainsi en mémoire :
« Je ne veux pas te perdre, Steve » lui avait-elle dit et comme il gardait le silence, elle lui avait demandé s’il n’était pas déjà trop tard.
« Je n’en sais rien » avait-il répondu avant d’ajouter, avant qu’elle ne s’en aille, qu’il tenait à elle plus qu’elle ne le pensait.
« Mais ça ne t’a pas empêché de la choisir, elle, pendant mon absence » murmura-t-elle tristement.
« J’ai fait mon choix… » lui avait-il annoncé.
« Non… Non ! Ne me dis pas que c’est elle que t’as choisie ! »
« Si… »
« J’arrive pas à le croire… Mon absence a bien dû t’arranger, hein ? Tu avais le champ libre pour… »
« Quand tu es partie, Kelly aussi a quitté Hawaii peu après et c’est là que j’ai su… »
« Tu as su quoi ? Que tu voulais t’amuser ? Voir si l’herbe est plus verte ailleurs ? »
« Je ne suis pas ce genre d’hommes. »
« Oh ? Non, toi, tu mets un terme à une histoire d’amour de quinze ans pour une femme que tu connais à peine ! Bien sûr, cette femme n’est pas n’importe quelle femme ! Non, elle, elle est fragile et t’aimes ça, t’aimes jouer les protecteurs ! Et tu appelles ça de l’amour ? Non, ce n’est pas de l’amour, c’est de la… de la…pitié ! Cette femme a su t’émouvoir et toi, tu…tu… sacrifies notre histoire pour elle !! Comment as-tu pu me faire ça ? COMMENT ? » s’était-elle alors emportée avant de le supplier peu après de ne pas la quitter mais il était resté inflexible.
« Je suis désolé, je peux pas. Je peux pas rester avec toi alors que j’ai envie d’être avec elle. Ca marcherait pas. On finirait par se détester……………. On a eu notre chance et… »
« NE DIS PAS CA ! C’EST MAINTENANT QUE TU PEUX NOUS DONNER UNE SECONDE CHANCE ! POURQUOI ? POURQUOI TU VEUX PAS ? »
« PARCE QUE J’AIME KELLY ! » s’était-il alors exclamé.
Le rappel de ces mots, qu'il ne lui avait jamais dit à elle, ce cri du coeur, lui transperça une nouvelle fois le coeur.
« Tu l’aimes peut-être mais tu tiens encore à moi, je l’ai bien vu quand tu m’as croisée en compagnie de Billy… Oui, tu tiens à moi malgré tout ce que j’ai pu faire, malgré l’image peu flatteuse que je t’ai donnée de moi… » murmura-t-elle en essuyant une larme qui coulait sur sa joue.
Ce sont les propos de sa psy qui lui revinrent alors en mémoire :
« Il est indispensable de rétablir un dialogue sans tensions pour ne pas commettre les mêmes erreurs mais les corriger. »
« Oui mais comment ? » se demanda-t-elle en se souvenant de son attitude froide dans le couloir.
Elle se posait encore la question quand Kelly et les autres passèrent près d’elle et se renfonça dès lors un peu plus pour ne pas être vue.
Après s’être présenté, le sergent Morrison du HPD de Big Island les avertit que deux zodiacs étaient à leur disposition conformément à la demande de Madame Prescott.
« Le SWAT se tient évidemment à votre disposition si vous avez besoin de renforts… »
« Ca se pourrait bien » dit alors Danny qui rappela qu’ils ignoraient encore ce que cachait la dernière énigme. « Sans parler que nous ignorons si Peroni se mêlera aux festivités ou pas… » ajouta-t-il en regardant son ami qui jeta un œil à Chin qui semblait du même avis.
Il convint alors avec le sergent que le SWAT se tiendrait à une bonne distance du navire, prêt à intervenir à leur signal. Il regarda ensuite Danny qui approuva de la tête.