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Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 07.03.2017 à 11h11
Auteur : mesange
Statut : Terminée
« La chasse aux indices laissés par Moreno continue pour le 5-0 mais le temps presse et les obstacles dressés sur leur route ne manquent pas... J'écris seule » mesange
Cette fanfic compte déjà 83 paragraphes
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Après le départ du 5-0 et de leurs proches, Laura était, elle, encore restée un petit moment en compagnie de Joe qui lui avait notamment rapporté la tentative de corruption de Peroni. C’est ainsi qu’elle croisa en partant Billy Harrington. Celui-ci la salua mais alors qu’il se dirigeait vers l’aile ouest, se ravisa et revint sur ses pas.
« Maître Prescott » cria-t-il comme celle-ci gagnait déjà la sortie.
« Oui ? »
« Je me demandais si vous étiez au courant que Catherine a fait le test de paternité » dit-il une fois près d’elle.
« Elle l’a fait ? » s’étonna la Procureur. « En voilà une bonne nouvelle. »
« Oui mais elle reste persuadée que c’est Steve le père... »
« Elle vient de franchir un pas important, le reste suivra… » mais comme il gardait le silence, elle lui demanda ce qui le chiffonnait.
Il lui avoua qu’il n’aimait pas trop l’idée de la savoir seule au moment où elle découvrirait les résultats, surtout s’ils n’étaient pas ceux qu’elle attendait.
« Le Docteur Lawson a certainement dû aborder cette éventualité avec elle… »
« Elle semble si sûre d’elle pourtant… »
Laura soupira et lui demanda quand ils les recevraient.
« D’ici deux à trois jours. »
« Je dois contacter le Docteur Lawson demain. Je lui ferai part de la nouvelle, si ce n’est déjà fait, et si elle partage vos inquiétudes, nous pourrons toujours changer la procédure et demander par exemple à ce que les résultats vous soient divulgués en votre présence à tous les trois et non individuellement. »
« Je me sentirais plus rassuré si ça pouvait se passer de cette façon, approuva-t-il. J’ai laissé un message à Steve pour voir ce qu’il en pense lui aussi mais il ne m’a pas encore rappelé. »
« Il était en intervention jusqu’il y a peu et son portable est HS mais je le vois demain matin et lui en toucherai un mot. »
Billy la remercia de sa diligence.
« Je vous rappelle dans la journée. »
« Je préfère vous rappeler moi-même si ça ne vous ennuie pas. Mon procès est imminent et… Vous savez comment ça va. »
Laura acquiesça de la tête.
N’ayant rien d’autre à ajouter, il la remercia à nouveau avant de la saluer et elle le regarda partir, songeuse.
Catherine était rentrée chez elle épuisée par cette éprouvante journée et n’avait pas tardé à sombrer dans un profond sommeil, son portable à portée de main.
Un incendie s’étant déclaré à la suite d’une explosion dans un building de la périphérie, Malia était restée à l’hôpital pour aider ses collègues, débordés par l’arrivée des nombreuses victimes. Chin avait, lui, regagné leur domicile mais ne trouvant pas le sommeil, il s’était installé sur la terrasse, une bière à la main.
Quant à Kono, la fatigue et les émotions de la journée, conjuguées à l’effet des antibiotiques, avaient rapidement eu raison de ses dernières forces.
Grace, effrayée à l’idée de se retrouver seule dans sa chambre, avait tenu à ce que son père reste à ses côtés jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Elle s’était blottie dans ses bras et ils avaient parlé de son goûter d’anniversaire. Une fois assoupie, Danny ne l’avait pas quittée.
Steve, quant à lui, n’avait pas demandé son reste : il avait avalé en vitesse un en-cas que sa fiancée lui avait préparé, pris une douche et il ronflait maintenant comme un loir. Kelly s’était allongée peu après à ses côtés et était vite tombée, elle aussi, dans les bras de Morphée mais pas pour longtemps.
Harmon Rabb, quant à lui, travaillait sur sa plaidoirie quand il reçut un appel de Mac lui faisant part d’une nouvelle pour le moins inattendue.
– Si je m’attendais à ça ! s'exclama-t-il.
– Comme quoi… Je t’appelle dès que j’en sais plus.
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Vers trois heures du matin, Grace, en proie à un horrible cauchemar, se redressa brutalement sur son lit.
– Danno, Danno, cria-t-elle, les yeux agrandis de terreur.
– Tout va bien, mon chaton, n’aie pas peur, Danno est là et il alluma la lampe de chevet. Tout va bien, répéta-t-il en la serrant dans ses bras et en la berçant maintenant doucement. Tu as fait un cauchemar, un vilain cauchemar, ajouta-t-il tandis qu’elle s’accrochait à lui, ne voulant plus le lâcher. Tout va bien, je suis là… Et il la garda tout contre lui, l’embrassant sur les cheveux, jusqu’à ce qu’elle finisse par se calmer.
Pratiquement à la même heure, c’était Kelly qui s’éveillait en sursaut, le souffle court.
– Kelly ? l’interrogea Steve d’une voix ensommeillée en la sentant se redresser brusquement.
– Chut, rendors-toi.
– Ca va ?
– Oui, oui, j’ai juste soif, je descends boire un verre d’eau et je remonte, voulut-elle le rassurer et elle gagna la cuisine.
Une fois seule, elle s’appuya sur le plan de travail, respira profondément avant de se tourner vers le frigo. C’est alors qu’elle s’aperçut qu’il l’avait suivie et l’observait en silence.
– Ca va mieux ? demanda-t-il avec compassion.
– Rien ne t’échappe...
– En même temps, ça n’a rien de surprenant, rétorqua-t-il, tout en venant l’enlacer.
– Les psys ont beau les considérer comme une sorte de thérapie naturelle, ils n’en restent pas moins pénibles, soupira-t-elle.
– Tu veux m’en parler ? proposa-t-il de sa voix chaude.
– C’est un peu confus. Tu étais là, près de moi, dans la grotte, et d’un coup, ce n’était plus toi mais Moreno, enfin il me semble que c’était lui. Il y avait aussi des requins qui tournaient en rond dans l’eau et des crabes qui se rapprochaient de plus en plus de moi. Il me regardait en ricanant. Puis, je me vois coincée dans la voiture, des crabes venant de partout, leurs pinces résonnant sur la carrosserie.
– D’où te vient cette phobie ? l’interrogea-t-il, un sourire indulgent aux lèvres.
– Ce n’est pas vraiment une phobie, c’est juste que j’ai vu un film dans lequel ils s’étaient attaqués à une femme retenue prisonnière d’une caverne le long d’une plage et ça m’est revenu en tête quand j’en ai vu un, puis un autre et...
Cette simple évocation la fit frissonner et il la serra un peu plus fort contre lui.
– C’est fini, tout va bien maintenant, murmura-t-il en lui remettant une de ses mèches rebelles derrière l’oreille.
– Tu sais, tu n’avais pas à te relever, j’ai appris à gérer ces cauchemars.
– Oui mais tu n’es plus seule aujourd’hui.
Elle hocha la tête, touchée, et après un bref silence, lui suggéra d’aller se recoucher, la journée ayant été rude pour lui aussi. Mais comme il ne bougeait pas d’un iota, elle lui promit de le suivre dès qu'elle aurait dressé une liste de tout ce dont elle aurait besoin pour rendre le goûter d’anniversaire de Grace mémorable et lui faire ainsi oublier ce qu’elle aussi avait traversé, elle qui n’était qu’une enfant. Mais alors qu’elle s’attendait à ce qu’il obtempère, il la saisit par la main et l’entraîna hors de la cuisine.
– Steve, qu’est-ce que tu fais ?
– Chut, tu vas réveiller Mary.
– Je t’ai dit que…
– Chuttt !
Elle se tut et le suivit dans la chambre où elle le vit retirer son short pour enfiler un pantalon, lui enjoignant d’en faire de même.
– Tu sais l’heure qu’il est ? chuchota-t-elle tout en retirant sa nuisette.
– Justement, faut pas traîner, riposta-t-il avant de passer un t-shirt.
Elle n’insista plus et une fois vêtue d’un pantalon et d’un chemisier, un gilet sous le bras comme il le lui avait recommandé, elle le suivit docilement, se demandant ce qu’il avait en tête.
– Fais-moi confiance, tu vas aimer, lui assura-t-il, en ouvrant la portière de son pick-up...
Les paroles rassurantes de son père avaient fini par apaiser Grace qui dormait maintenant paisiblement mais Danny, lui, n’avait pu retrouver le sommeil, tourmenté par un cocktail fait d’impuissance, de colère, de culpabilité, cocktail qui le rongeait littéralement de l’intérieur, et il finit par se relever. C’est alors qu’il prit conscience qu’il avait laissé Tim sans nouvelles et l’appela.
– C’est bon d’avoir un Navy-SEAL dans ses rangs, commenta son ami, admiratif, une fois au courant de toute l’histoire.
– Il a beau me rendre fou à longueur de journée, je ne voudrais pas d’un autre partenaire, avoua Danny. Mais lui répète jamais ce que je viens de dire !
Tim sourit : rien à qu’à la manière dont il lui avait parlé de lui lors de son passage à New York, il avait compris les liens très forts qui les unissaient.
– Et dire que Moreno aurait pu éviter tout ça, on aurait protégé sa couverture s’il m’avait parlé ! Au lieu de ça…
– Ricky a joué avec le feu et il s’est brûlé. Si encore il n’avait entraîné que lui mais… Il se tut en pensant également à Inès dont la dépouille reposait toujours à la morgue.
– Peut-être qu’il attendait qu’on découvre sa couverture et qu’on l’interroge ? insista malgré tout Danny. Il pouvait pas prévoir que je le descende avant…
– Va pas sur ce terrain-là, mon vieux, Ricky était conscient de ce qu’il faisait. Non, ce qui importe maintenant, c’est ta fille et seulement ta fille…..
Un lourd silence s’installa.
– J’ai pas su la protéger, Tim, soupira, bouleversé, Danno.
– Qu’est-ce que tu racontes ! Tu as tout de suite senti le danger et c’est ce qui lui a sauvé la vie.
– Oui, mais pas assez tôt que pour la préserver. Tu ne l’as pas entendue crier, elle était terrifiée…. Pour la première fois de ma vie, je me suis senti impuissant, c’était affreux.
– Il lui faudra du temps mais elle sait qu’elle a un père qui l’aime et qui fait tout ce qu’il peut pour la protéger, c’est tout ce dont elle a besoin maintenant, crois-moi…
Danny hocha la tête en silence puis le remercia pour sa précieuse collaboration.
– T’aurais fait la même chose pour moi.
– A charge de revanche alors.
– Tu crois quand même pas que tu vas t’en tirer aussi facilement que ça, Williams ? lança-t-il joyeusement. Tous ces services rendus valent au minimum un resto et pas n’importe lequel !
– C’est le moins que je puisse faire, se montra beau joueur Danny. Je t’appelle quand je rentre au pays.
– T’auras pas à le faire, Tamara et moi allons fêter dans quelques jours nos onze ans de mariage et je me suis dit que ce serait l’occasion de venir découvrir ton rocher.
– C’est vrai ? Alors là, tu pouvais pas me faire plus plaisir, mon pote, se réjouit Danny à l’idée de les revoir dans des circonstances plus festives, lui et sa femme.
– Te réjouis pas trop vite, la note risque d’être salée, j’te préviens tout de suite.
– Si mes souvenirs sont bons, t’étais le plus sage de la bande.
– De l’eau a coulé sous les ponts depuis, se mit à rire Tim. Au fait, t’aurais pas un bel hôtel à un prix raisonnable à me recommander ?
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– Où sommes-nous ? demanda Kelly comme Steve coupait le moteur.
– A Kahala Bay.
– Tu m’emmènes à la plage ? s’étonna-t-elle.
– On peut dire ça, oui, répondit-il tout en s’emparant du sac à dos qu’il avait pris avec lui.
– A quatre heures du matin ?
– On est un peu tôt, concéda-t-il tout en sortant du véhicule.
Intriguée, elle descendit à son tour du pick-up et jeta un œil pas très rassuré aux alentours toujours plongés dans l’obscurité.
– Allez viens, l’exhorta-t-il en prenant la direction du sous-bois tout proche et elle se hâta de le rejoindre.
– Prends garde aux racines qui jonchent le sol, l’avertit-il en dirigeant le faisceau de la lampe de poche sur l’une d’entre elles.
– Je crois que j’ai deviné, lâcha-t-elle une bonne vingtaine de mètres plus loin.
– Vraiment ? rétorqua-t-il en lui jetant un bref coup d’œil amusé.
– Le « un peu tôt » t’a trahi.
– Pas déçue ?
– Déçue ? Au contraire, je trouve ça très romantique !
– J’t’avais dit que ça te plairait, répondit-il, heureux du succès de sa « surprise ».
– D’autant plus que je n’ai jamais assisté à un lever du soleil sur une plage.
– Tu verras, c’est un moment magique et on a de la chance, les conditions sont idéales : ciel dégagé avec juste ce qu’il faut de nuages, releva son fiancé avant de reprendre sa progression parmi la végétation pour arriver peu après à une plage parsemée ici et là de cocotiers. Si on s’écarte un peu, la vue n’en sera que plus belle, et il prit la direction opposée aux lumières qui scintillaient à leur gauche.
Ils longèrent ainsi le bord de l’océan quelques minutes avant d’arriver à une barrière rocheuse qu’ils franchirent aisément pour se retrouver dans une petite crique.
– Là-bas, ça devrait être pas mal, déclara-t-il et elle le suivit jusqu’à l’obstacle suivant constitué cette fois d’un ensemble de plantes tropicales, d’arbustes et de cocotiers.
– Tu vois la grosse tache noire dans le fond ? lui montra-t-il du doigt. C’est le cratère de Diamond Head. C’est là que le soleil se lèvera, lui apprit-il tout en sortant de son sac à dos une natte de plage qu’il étendit à quelques mètres du bord de l’eau.
– Et les lumières devant nous ?
– Elles viennent du Kahala Hôtel, l’un des plus beaux d’Oahu, des plus chers aussi.
– J’imagine, répondit-elle en prenant place sur le tapis tandis qu’il restait debout face à l’océan.
– Tu entends ? lui demanda-t-il soudainement.
– Quoi ?
– Le silence, enfin presque, comme une vague venait s’écraser sur le sable fin. C’est ce que je recherchais après une journée particulièrement difficile.
– Ce qui ne doit pas manquer quand on est un SEAL, releva-t-elle pendant qu’il s’installait à son tour.
– La seule journée facile, c’était celle d’hier, récita-t-il en l’enveloppant de ses bras.
– Hooyah, lança-t-elle d’un ton solennel qui le fit rire. C’est bien ce que vous dites, non ?
– Affirmatif, répondit-il en souriant.
– Ca ne te manque pas… ou pas trop ? se risqua-t-elle à lui demander, se remémorant les retrouvailles avec son ancienne unité et le regard qu’il leur avait lancé quand ils étaient partis pour être briefés.
– La Navy ?
Elle acquiesça de la tête.
– Je mentirais si je disais non mais je suis heureux au 5-0 si c’est ça qui t’inquiète, la rassura-t-il en la serrant un peu plus fort contre lui, humant son doux parfum.
– Tout à l’heure, j’ai parlé avec l’avocat qui défend Billy.
– Il est revenu à la charge pour un tour en F22 ? s’enquit-il en faisant la moue.
– Tu es jaloux ?
– Bien sûr que non !
– Si, tu l’es, et je trouve ça mignon, sourit-elle en l’embrassant sur la joue. Et oui, il m’a réitéré sa proposition… - Steve hocha la tête de côté – mais ce n’est pas de ça dont nous avons parlé, c’est de sa carrière. Elle lui raconta ainsi le crash de son avion, ses problèmes de vision nocturne qui l’avaient mené au JAG, l’opportunité de subir une intervention oculaire qu’il avait saisie et qui lui avait permis de redevenir pilote avant de finalement retourner au droit.
– Tu n’as toujours pas pris de décision quant à la proposition de Laura, c’est ça ? murmura-t-il doucement.
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– Une part en moi veut foncer, une autre se demande si je serais capable d’assumer émotionnellement et quand je vois à quel point un simple regard appuyé, une attitude ambiguë me déstabilisent encore, il est clair que je ne suis pas prête. C’est pourquoi j’ai décidé de suivre à nouveau une thérapie, le surprit-elle tout en se tournant vers lui, mais une thérapie sous hypnose cette fois, spécifia-t-elle. Devant son étonnement, elle s’expliqua :
– Le Docteur Leung m’a dit qu’ils obtenaient de bons résultats plus rapidement que sous thérapie traditionnelle et j’ai vraiment envie d’essayer. Tu comprends, même si j’ai fait énormément de progrès à tes côtés et fait tomber des barrières, et pas des moindres, ajouta-t-elle en pensant à leurs ébats sexuels, il en reste encore.
– Je trouve que tu te débrouilles déjà pas mal.
– Tu m’as pas vue la dernière fois que je suis allée au supermarché ! Il a suffi que deux femmes me reconnaissent pour que je tourne les talons. C’est d’ailleurs depuis ce jour que j’ai changé de coupe de cheveux et de couleur. Mais j’y pense, tu ne m’as jamais dit si ça te plaisait !
– Pour ma défense, j’te rappelle que j’étais allongé sur un lit d’hôpital incapable de parler ! Mais puisque tu veux tout savoir, j’aime beaucoup. Ca te donne un air plus espiègle, moins petite fille sage, et la couleur va bien avec tes taches de rousseur, la taquina-t-il, avant de lui dire, plus sérieusement, que les gens finiront par oublier le procès et son visage, que ce n’était qu’une question de temps.
– Si ce n’était que ça mais il y a toujours en moi cette peur du monde extérieur, un monde devenu plein de dangers que j’ai soigneusement évités pendant des années. Jamais de balades, d’après-midi shopping… J’ai même appris à me couper les cheveux – ce n’est pas si difficile quand ils sont longs – sourit-elle, tandis qu’il l’écoutait attentivement. La psy qui me suivait m’avait bien mise en garde contre ces conduites d’évitement. Elle disait que si elles me rassuraient à court terme, elles finiraient par poser problème à long terme mais je n’en avais cure. J’avais su créer mon « espace de sécurité » et c’était tout ce qui m’importait et puis, j’avais tellement peur qu’il me retrouve que m’aventurer dehors était hors de question à part pour aller travailler bien sûr…
Il hocha la tête, compréhensif.
– Mais elle avait raison, soupira-t-elle, c’est la peur qui, depuis des années, conditionne ma vie et si je m’en accommodais auparavant, ce n’est plus le cas aujourd’hui.
– Et tu penses qu’une thérapie sous hypnose est ce qu’il te faut ? Tu n’as pas peur de raviver tes traumatismes ?
– Si c’est le prix à payer pour retrouver ma liberté, elle en vaudra la peine. En tout cas, je suis prête à prendre le risque et puis, j’ai affronté tant de choses ces derniers temps sans m’écrouler pour autant grâce à vous tous et surtout toi, je pense que je devrais pouvoir tenir le choc, affirma-t-elle, déterminée.
– Tu m’étonneras toujours.
Heureuse, elle soupira d’aise tout en se laissant aller contre lui et il la serra plus étroitement entre ses bras.
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Quand Malia rentra, Chin n’avait pratiquement pas fermé l’œil de la nuit, tourmenté sans cesse par les mêmes images. Il avait fini par se lever et c’est devant l’ordinateur qu’elle le trouva.
– Encore debout ? s’étonna-t-elle.
– Je n’arrêtais pas de me retourner, j’ai préféré me relever, répondit-il tandis qu’elle venait l’embrasser.
– Je suis passée voir Kono avant de rentrer et elle dormait à poings fermés. Sa température était normale, lui dit-elle tout en jetant un œil à l’écran, comprenant à ce moment ce qui le perturbait autant. Il est très difficile de voir quelqu’un que l’on aime souffrir, déclara-t-elle ainsi de sa voix douce en posant une main compatissante sur son épaule.
– Je crois que pour la première fois de ma vie je me sens démuni, lui avoua-t-il couvrant sa main de la sienne. Je sais que ça fait partie des risques du métier mais quand ça arrive à une personne qu’on aime... soupira-t-il tristement..................... Je cherchais comment l’aider mais à part lui assurer mon soutien et rester à son écoute, il n’y a pas grand-chose que je puisse faire.
– C’est tout ce dont elle a besoin pour le moment, lui assura sa femme, du temps pour digérer et savoir qu’elle peut compter sur ses proches, mais comme il gardait le silence, elle l’exhorta à lui faire confiance. Ta cousine est une battante, elle se relèvera.
Il hocha pensivement la tête.
– Et si on allait dormir un peu ? Du moins essayer..., suggéra-t-elle, en essayant de réprimer un bâillement.
– A propos d’hypnose, reprit Steve tandis que Kelly observait le ciel s’éclaircir lentement, tu m’avais demandé d’être à tes côtés quand tu passerais le test et…
– Tu devais y aller et d’ailleurs, t’as bien fait de suivre ton instinct, le rassura-t-elle. Sans cela, vous ne seriez sûrement pas arrivés à temps sur le paquebot et puis, je peux t’dire que de te savoir coincé dans le fin fond de l’océan entouré de requins m’a vite fait oublier tout le reste !
– Ca ne devait pas se passer comme ça.
– Tu vas bien, c’est tout ce qui compte, et elle l’embrassa.
– Le moment ne s’y prêtait pas pour en parler quand je suis revenu de la grotte, enchaîna-t-il lentement, mais tu as certainement passé le test pour prouver à Catherine qu’elle se trompait à ton sujet…
– C’est vrai, je n’ai plus pensé à te le dire !
– Je t’ai vue sereine, j’en ai déduit que ça s’était bien passé.
– Je peux t’annoncer officiellement que je ne suis pas folle et que je ne souffre d’aucun trouble de la personnalité, déclara-t-elle joyeusement.
– Mais j’n’en ai jamais douté, répondit-il avec foi. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas comment tu as pu te laisser déstabiliser ainsi par elle.
– C’est drôle, le Docteur Leung m’a posé exactement la même question.
Elle lui raconta alors ses recherches sur le net et les doutes qui s’étaient installés après avoir découvert qu’elle avait fait l’expérience d’une dissociation.
– Il avait donc vu juste...
– Qui ça ? demanda-t-elle, surprise.
– Le Docteur Nawana. Il m’a dit que ça pouvait expliquer ta perte de mémoire.
– Il n’a jamais abordé ce sujet avec moi. Toi non plus d’ailleurs…
– Ce n’était qu’une hypothèse de sa part et comme ta perte de mémoire n’a été que passagère, à vrai dire, je n’y ai plus pensé. Si j’avais su que ça t’aurait autant perturbé de l’apprendre...
– C’est juste que j’ai mal interprété ce que j’ai lu sur le net étant profane en la matière mais il m’a bien expliqué de quoi il s’agissait et rassurée. Laura recevra son attestation dans le courant de la semaine prochaine. J’espère maintenant que ton ex en restera là, soupira-t-elle, mais n’ayant aucune envie de plomber l’ambiance en l’évoquant, elle lui apprit que son ancienne unité leur avait tenu compagnie pendant leur absence.
– Aie, je crains le pire, commenta-t-il en faisant la moue.
– Une chose est sûre, c’est qu’ils sont bien plus bavards que toi, l’asticota-t-elle.
– Quoi qu’ils aient dit, c’est faux !
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– Si, ça c’est vrai, admit-il en hochant la tête de côté et comme elle attendait visiblement qu’il développe, il lui raconta les circonstances qui avaient mené au pari : avant chaque intervention, nous discutions tactique, lui apprit-il ainsi, et parfois seul l’entraînement dans des conditions aussi réalistes que possible nous permettait de trancher quant à la meilleure. Cette fois-là, Freddy et moi avions deux points de vue différents. Tu devines la suite…
– Tu as relevé le défi mais tu as perdu, sourit-elle avec compassion.
– Le parcours se passait bien jusqu’à ce que Logan se réceptionne mal suite à un saut et se foule la cheville, ce qui nous a retardés.
– Et faussé la donne, souligna-t-elle, perplexe.
– On se contente rarement d’un essai, sourit-il avec indulgence devant son manque de connaissance en la matière.
– Mais au final, ça n’a rien changé puisque tu t’es fait tatouer.
– Mon approche s’est révélée plus rapide mais aussi un peu plus risquée et comme la différence de temps n’était pas des plus flagrantes, on a joué la sécurité.
– C’est pour ça qu’ils ont dit que tu t’étais montré beau joueur.
– Non seulement j’ai accepté mais j’ai également laissé Freddy choisir le modèle. Comme ça, quoi qu’il arrive, tu m’auras toujours dans la peau, m’a-t-il dit en riant. Il tourna la tête vers son épaule gauche et se tut.
– Il n’a pas dû choisir ce modèle par hasard, glissa doucement Kelly, le chakra du cœur et le lotus qui est réputé pour apporter équilibre et paix intérieure…
– Il me connaissait par cœur.
– Mais tu ne t’es pas contenté d’un seul tatouage, enchaîna-t-elle d’une voix enjouée pour détendre l’atmosphère qui s’était chargée d’émotion.
– Vu la taille de celui qu’il avait choisi, je trouvais qu’un autre s’imposait, question de symétrie, sourit-il.
– Et celui-là, c’est ton choix, n’est-ce pas ?
– Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
– Il est plus noir… et il y a ces lunettes, une protection en quelque sorte…
– Tu t’es pas trompée de vocation, toi ? la taquina-t-il.
– C’est une matière qui ne m’a jamais attirée. La preuve, j’ai tout interprété de travers ! ajouta-t-elle en riant avant de remarquer que le soleil était apparu derrière l’horizon.
Et c’est en silence, blottis l’un contre l’autre, qu’ils observèrent le ciel s’imprégner peu à peu des couleurs jaune orange et le paysage se teindre d’une superbe lumière mais la fatigue les rattrapa bien vite et ils regagnèrent main dans la main le pick-up.
– Tu avais raison, dit-elle, quand il démarra, c’est ce qu’il me fallait.
– Il n’y a rien de tel pour se sentir en paix, confirma-t-il...
Vers six heures, Kono sentit une présence dans la chambre et se releva brusquement, visiblement désorientée.
– Je ne voulais pas vous effrayer, s’excusa l’infirmière venue prendre ses paramètres.
Elle se souvint alors qu’elle était à l’hôpital et se laissa retomber sur l’oreiller.
– Comment vous sentez-vous ?
– Fatiguée, répondit Kono d’une voix pâteuse.
– Pas de douleurs ? l’interrogea-t-elle tout en prenant sa température.
– Non, ça va, c’est supportable.
– Trente-six cinq, c’est parfait, et elle prit sa tension qui se révéla un peu basse mais rien d’alarmant. Elle encoda ces données, la prévint qu’on viendrait lui faire une prise de sang dans une petite heure puis quitta la chambre.
Une fois seule, Kono se rendit à la salle de bain en traînant avec elle sa perf et essaya tant bien que mal de faire sa toilette mais son reflet dans le miroir lui rappela aussitôt ce que Liko lui avait fait endurer. Comment ai-je pu me montrer aussi stupide ? s’en voulut-elle, honteuse de s’être laissée avoir comme une bleue. Regarde le résultat ! Elle se rappela alors des propos qu’avaient tenus leur instructeur quand elle était encore à l’Académie de Police :
– Si un jour vous étiez victime d’un traumatisme, ne sous-estimez jamais ce que vous ressentez, ça vous reviendrait comme un boomerang, avait-il dit plus ou moins dans ces termes. Il leur avait ensuite parlé des structures spécifiques mises en place par la police pour leur venir en aide et insisté sur le fait que parler était libérateur.
– Mettre des mots sur ce qu’on a vécu et ressenti n’est pas facile mais c’est une étape cruciale, lui avait effectivement dit Kelly à Fort Shafter.
C’est vrai qu’elle n’avait aucune envie d’en parler mais elle n’en ressentait pas non plus le besoin. Ce qu’elle voulait, c’était juste reprendre le cours normal de sa vie, avancer, pas ressasser ces souvenirs pénibles et humiliants… Et puis ce que Kelly avait subi était autrement plus dramatique que ce que cet abruti lui avait fait…
– Acceptez de vous donner du temps pour laisser les blessures se cicatriser, leur avait encore dit leur instructeur.
– J’ai surtout besoin de reprendre le boulot, soupira-t-elle, et plus vite je serai sur le terrain, mieux je me porterai, ajouta-t-elle en ouvrant le robinet du lavabo. Il ne restait plus qu’à croiser les doigts pour qu’elle ne déclare pas de septicémie mais le fait de se sentir bien était des plus encourageants.
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Quand Danny ouvrit les yeux, il était près de sept heures du matin. Il aurait bien paressé encore un peu au côté de sa fille mais aujourd’hui, son bébé avait onze ans et il voulait marquer le coup en lui préparant un petit-déjeuner spécial qu’il lui apporterait au lit. Il s’extirpa doucement des draps et après avoir fait un rapide tour à la salle de bain, gagna la cuisine. Kelly lui avait parlé un jour des fameuses crêpes qu’elle préférait même aux traditionnels pancakes, c’est dire ! Il en chercha la recette sur son portable et dut s’avouer que ce n’était pas mauvais du tout. Elle lui avait dit qu’on pouvait les accommoder avec du sucre, du chocolat à tartiner, de la confiture, de la cassonade et il disposa chacun de ces ingrédients, sauf le dernier qu’il n’avait pas, sur le plateau. Il pressa ensuite une orange, prépara un bol de chocolat chaud et retourna auprès de Grace qui dormait toujours à poings fermés. Il déposa avec précaution le plateau sur la table de nuit, alla tirer les tentures avant de s’asseoir à côté d’elle et de lui caresser les cheveux pour la réveiller en douceur.
– Joyeux anniversaire, mon chaton, murmura-t-il quand elle entrouvrit les yeux.
– Merci Danno, répondit-elle d’une voix encore ensommeillée avant de s’étirer.
– Hier encore un bébé et aujourd’hui, déjà dix ans, murmura-t-il en se trompant volontairement d’âge.
– Onze ans ! J’ai onze ans ! s'indigna-t-elle aussitôt.
– Onze ans ? T’es sûre ? Et il compta sur ses doigts les années depuis sa naissance. Ah ben oui, t’as raison, confirma-t-il en lui faisant un clin d’œil amusé.
– Tu le savais !
– Si ce n’était que moi, je t’interdirais de grandir, rétorqua-t-il en la prenant dans ses bras et en l’embrassant.
– Tu m’as amené mon petit-déjeuner au lit ? demanda-t-elle en voyant le plateau. Comme dans les films ?
– Ca te plaît ça, hein ? sourit-il en redressant son oreiller.
Elle acquiesça vivement de la tête et s’installa confortablement.
– C’est quoi ? en montrant une sorte de pancake rond et tout plat.
– Une crêpe. C’est ce qu’on mange en France et Tata Kelly ne mentait pas quand elle disait que c’était délicieux.
– Waouh, j’parie que mes copines n’en n’ont jamais mangées, lâcha-t-elle, ravie, et lui demanda s’il pouvait prendre quelques photos.
– Mais ça va être froid…
– S’il te plaît, s’il te plaît, Danno, juste deux ou trois, le supplia-t-elle en prenant la pose. Il en fit près d’une dizaine, se prêtant au jeu, et finit par aller réchauffer la crêpe.
– Alors ? s’enquit-il après qu’elle eût enfin goûté.
– Y en a qu’une ?
– J’en déduis que ça te plaît, dit-il en souriant.
– C’est encore meilleur que les pancakes !
Et il se leva en riant pour aller lui en chercher une autre qu’elle mangea tout aussi goulument.
– Et toi, tu ne manges pas ?
– J’en ai mangé deux pendant que tu dormais encore et il la regarda, attendri, terminer son petit-déjeuner.
– Merci Danno, c’était très bon, déclara-t-elle après avoir bu la dernière gorgée du chocolat chaud.
– Que ne ferais-je pas pour ma petite princesse et en parlant de princesse… Il lui tendit alors une boîte joliment emballée en lui souhaitant à nouveau un joyeux anniversaire.
– C’est exactement celui que je voulais ! s’écria-t-elle en découvrant un bracelet fait de pierres semi-précieuses de jade blanc et turquoise et elle sauta dans ses bras pour le remercier.
– Hey, pas si fort, tu vas m’étouffer, se mit-il à rire en la serrant tendrement, heureux de l’avoir près de lui en ce jour spécial, ce qui n’était plus arrivé depuis… depuis son divorce en fait… Et dire qu’il le devait à Peterson…
– Danno ? l’interrogea Grace d’une voix hésitante en le voyant se crisper.
– Tu grandis si vite, ma puce, souffla-t-il en chassant de son esprit son ex mentor.
– Maman dit pareil, sourit sa fille avant de se rappeler qu’elle n’avait plus son portable et que sa mère ne pouvait dès lors pas la joindre pour lui souhaiter son anniversaire.
– Elle aurait sonné sur le mien, la rassura-t-il, et si elle ne l’a pas fait, c’est qu’elle doit encore dormir.
La gamine opina tristement de la tête mais son visage s’illumina quand il lui proposa de passer à l’hôpital la voir avant de la déposer chez son oncle.
– Allez, faut pas traîner alors !
Une demi-heure plus tard, ils quittaient la maison…
79
– Tu as entendu ? demanda Steve qui venait de s’éveiller.
– On dirait un jappement, répondit Kelly en se redressant, elle aussi intriguée.
Le SEAL enfila short et t-shirt et sortit de la chambre alors qu’un nouveau jappement venait à nouveau troubler le silence.
– Chut, tu vas éveiller les autres, disait sa sœur en s’adressant à un chiot.
– C’est quoi ça ? demanda-t-il en descendant les escaliers.
– Un chien.
– Je vois bien que c’est un chien, rétorqua-t-il alors que Kelly le découvrait à son tour. Ce que je veux savoir, c’est ce qu’il fait ici.
Et elle leur raconta comment elle l’avait trouvé : partie courir de bon matin, elle avait vu un homme descendre rapidement d’une voiture en portant quelque chose, disparaître dans les sous-bois puis revenir les mains libres et redémarrer sur les chapeaux de roue. Elle n’avait pu relever le numéro de plaque et curieuse, avait cherché ce qu’il avait pu jeter. C’est ainsi qu’elle avait découvert un sac dans lequel se trouvait le chiot, pattes avant et arrières liées, un chiffon dans la gueule.
– Comment peut-on faire une chose pareille ! s’indigna Kelly en câlinant d’autant plus le chiot.
– Il réagissait à peine quand je l’ai secouru. Je suis passée à la clinique vétérinaire où on l’a examiné. Il va bien quoiqu’un peu maigre et comme il n’est ni pucé, ni tatoué et que l’abandon ne faisait aucun doute, j’ai demandé si je pouvais le garder. Elle m’a donné de quoi faire les biberons puisqu’il est encore un peu jeune pour être sevré et voilà, déclara-t-elle tout sourire.
– Un chien, ça s’éduque, et t’arrives déjà tout juste à te gérer.
– Tu sais que t’es horrible comme frère, grimaça-t-elle.
– Juste réaliste.
– Il vient d’être abandonné dans d’atroces conditions et tu voudrais qu’il se retrouve dans une cage ? Tout seul ? Si jeune ?
– Les chiots sont très vite adoptés.
– T’es vraiment sans cœur ! rétorqua-t-elle avant de supplier du regard sa future belle-sœur pour qu’elle lui vienne en aide.
– Regarde-le, il est à croquer, intervint cette dernière, elle aussi, sous le charme du jeune chien, et si affectueux alors qu’il aurait toutes les raisons maintenant de craindre l’Homme.
– D’après la vétérinaire, c’est un berger allemand ou croisé berger allemand et ce sont d’excellents chiens de garde, juste ce qu’il te faut quand mon frère doit s’absenter de la nuit.
– Ou rentrer tard…
– Il y a une alarme, mentionna Steve, inflexible.
– Mais au moins avec lui, je saurai que c’est toi qui rentres et pas un intrus, insista sa fiancée.
– Elle marque un point…
– Allez, s’il te plaît, dis oui, l’implora Kelly.
Il soupira puis baissa les yeux sur le chiot qui leva la tête vers lui tout en restant immobile comme s’il savait que son sort était en train de se jouer et il capitula.
– Je vous préviens, il a pas intérêt à faire pipi partout ou à démolir les meubles !
– Merci, souffla sa fiancée en se jetant dans ses bras tandis que Mary étreignait le chiot, lui souhaitant la bienvenue dans la famille.
– Il te faut un nom maintenant.
– C’est un mâle ou une femelle ? demanda sa future belle-sœur.
– Un mec.
– Et si on l’appelait « Mec » tout simplement ? proposa Steve.
– Au vu de ce qui lui est arrivé, que dites-vous de « Lucky » ? suggéra Kelly.
– Dans un parc à LA, j’ai entendu un jour un homme appeler son chien Khéops et j’ai trouvé ça pas mal.
– C’est original, reconnut Kelly, et ça irait bien à un berger allemand. Qu’en dis-tu ? demanda-t-elle à Steve qui approuva, tout comme le chiot qui poussa une ébauche d’aboiement alors que la porte d’entrée s’ouvrait sur Danny et Grace.
80
– Tu parles d’un chien de garde, grogna le SEAL.
– Ce n’est encore qu’un bébé, le défendit sa fiancée.
– Oh qu’il est mignon, s’écria la gamine qui s’empressa de le caresser.
– Me dis pas que c’est votre cadeau d’anniversaire ?! chuchota Danny à l’oreille de Steve.
– On n’a pas eu le temps de lui mettre un nœud, répondit son ami pince sans rire.
– Je vois qu’il t’a déjà adoptée, sourit Kelly.
– Tu me fais marcher, c’est ça ? insista son équipier qui poussa un grand soupir de soulagement en entendant Mary leur présenter Khéops, le nouveau membre de la famille McGarrett.
– Je l’ai trouvé ce matin abandonné et je l’ai ramené.
– Et il a bien voulu le garder ou il a pas eu le choix ? railla Danny, se doutant bien de la réponse.
– T’as déjà essayé de raisonner deux femmes à la fois ? marmonna le SEAL entre ses dents tandis que Grace demandait son âge.
– Mission impossible, compatit son équipier alors que Mary répondit qu’il ne devait pas avoir plus de cinq semaines.
– Tu joues au gros dur mais tu as craqué comme nous, sourit Kelly, en le voyant approuver de la tête.
– Attends qu’il s’en prenne à tes tongs ou retourne la poubelle, enchaîna le blondinet.
– Il ne fera rien de tout ça, nous allons l’éduquer, affirma Mary en faisant un clin d’œil à sa nièce.
– T’es pas dans la mouise, mon pote, continuait à se marrer son équipier tandis que le SEAL gardait le silence, regrettant presque d’avoir cédé.
– Mauvaise langue, le reprit Kelly avec bienveillance.
– Il lui faut des jouets avec lesquels il pourra s’amuser et je me disais qu’on pourrait aller voir à l’animalerie du Centre Ala Moana comme on doit y aller de toute façon. Qu’en dis-tu, Grace ? demanda Mary.
– Génial ! s’écria celle-ci.
– Prenez-lui une grosse corde, les chiens adorent ça et c’est bon pour leurs dents, conseilla Kelly avant de se rendre compte qu’ils n’avaient pas encore souhaité un joyeux anniversaire à leur nièce, ce qu’ils firent aussitôt.
– Tu portes un bien joli bracelet, remarqua-t-elle alors.
– C’est Danno qui me l’a offert, répondit la gamine en le montrant fièrement à tous.
– Il est magnifique ! confirma Mary. J’adore ces couleurs.
– Tu comptes aller à la conférence de presse dans cette tenue ? demanda Danny alors que les filles discutaient maintenant pierres semi-précieuses.
– Quelle heure il est ?
– Un peu plus de neuf heures…
– J’ai préparé du café, dit Mary en voyant son frère monter à l’étage. Si vous en voulez…
– Je t’en sers un ? proposa Kelly à Danny qui la suivit dans la cuisine. Comme ils étaient seuls, elle en profita pour prendre des nouvelles de la petite.
– Elle a fait un cauchemar mais heureusement, elle s’est vite rendormie et depuis son réveil, elle ne parle que de son goûter d’anniversaire.
– On peut dire qu’il tombe à pic pour l’aider à se changer les idées, sourit-elle en remplissant deux tasses de café.
– On est passés voir Rachel ce matin avant de venir, lui apprit-il tout en ouvrant le frigo à la recherche du lait.
– Comment va-t-elle ?
– Plutôt bien. Elle ne m’a pas agressé et s’est même montrée gentille, railla-t-il, mais je n’ose imaginer le moment où je lui raconterai tout, soupira-t-il, soucieux.
– Encore un dur moment en perspective…, compatit-elle.
– Mais chaque chose en son temps, se reprit-il. Aujourd’hui, mon bébé a onze ans et c’est la fête.