HypnoFanfics

Un nouveau départ : l'épilogue

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 25.10.2019 à 11h31
Auteur : mesange 
Statut : Terminée

« Epilogue notamment inspiré des différents commentaires que j'ai pu avoir :) J'écris seule. » mesange 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 31 paragraphes

Afficher la fanfic

11

 

    Will alla chercher l’écran géant qu’ils avaient caché dans les cuisines.

    –   Je vais t’aider, proposa sa femme qui tendit Clara à sa filleule.

    –   Je vais prévenir oncle Jerry pour qu’il se tienne prêt, dit Ben.

   Une fois le matériel mis en place, Keoni réclama le silence.

    –   Papa, maman, si vous voulez bien approcher, leur demanda-t-il tandis que son cadet faisait un petit signe de tête à Jerry.

    Retentirent alors les premières notes bien connues de la marche nuptiale.

    Steve et Kelly échangèrent un regard surpris puis se plièrent, amusés, à leur demande.

    Keoni pria également les invités à se regrouper autour d’eux et Jerry lança une première vidéo : celle qui retraçait en photos la vie de Steve et Kelly jusqu’à leur mariage. Celles-ci défilaient sur la musique du générique d’Amicalement Vôtre, série que leur grand-mère maternelle appréciait particulièrement. une attention qui toucha leur maman.

    Laura prit alors la parole :

    –   Ce soir, nous sommes tous très heureux de pouvoir célébrer à vos côtés votre vingtième anniversaire de mariage…Un mariage heureux…

   A l’écran, précédée de ses demoiselles d’honneur, Kelly, radieuse au bras de Joe, descendait l’allée menant à la plage où Steve l’attendait au centre d’un cœur tracé de leis comme Grace l’avait souhaité.

   –   Waouh, Tata, ta robe ! s’exclama Maya Noshimuri sous le charme.

   –   T’étais trop belle, renchérit sa jumelle Kimi.

   –    Merci mes chéries, sourit leur tante.

   –   C’est vrai qu’elle t’allait à ravir, approuva Caroline.

   –   Et dire que tu ne voulais pas l’essayer, se rappela Kono.

   –  Heureusement que j’ai insisté ! lança Mary.

   –   Et tu as bien fait car ça a été un véritable coup de cœur !

   –   Tu étais magnifique, maman, acquiesça Keoni.

   –   T’étais pas mal non plus, papa, dit Maélia.

   –    Merci ma puce de le faire remarquer.

   –    On sait tous à quoi ressemble un uniforme de parade, l’alluma Danny.

   –    Oui mais reconnais que c’est plus original qu’un costume de pingouin, rétorqua Tani, c’est bien plus classe, ajouta-t-elle en regardant tendrement son mari qui avait également porté l’uniforme lors de leurs noces.

   –     Et terriblement sexy, renchérit Renée à la plus grande stupéfaction de son mari dont la moue des plus expressives provoqua l’hilarité de tous.

   –     J’vois pas ce qu’un uniforme de la Navy a de plus qu’un uniforme de la police, bougonna-t-il.

   –     Je t’expliquerai, mon chéri, répondit-elle, en tapotant légèrement sa cuisse.

   –     C’est vrai que t’étais terriblement sexy, souffla Kelly à son mari qui l’attira à lui et l’embrassa tendrement sur le front tandis que Jerry lançait l’extrait suivant :

   –   Monsieur Steven McGarrett, consentez-vous à prendre pour épouse, Mademoiselle Kelly Grainger ?

   –     Oui, je le veux, répondit Steve, solennel.

   –     Mademoiselle Kelly Grainger, consentez-vous à prendre pour époux, Monsieur Steven McGarrett ?

   –     Oui… Oui, je le veux, affirma-t-elle avec une telle ferveur qu’elle fit rire toute l’assemblée présente.

   Et ce fut encore le cas ce soir.

   A l’écran, le prêtre les déclarait maintenant unis par les liens sacrés du mariage. Grace, vêtue, tout comme les autres demoiselles d’honneur, d’une robe blanche brodée qui s’évasait légèrement à partir de la taille, s’avançait avec les alliances.

   –     Waouh, t’étais magnifique, lui dit Will et Clara, qu’il portait dans ses bras, se mit à frapper dans les mains en disant « maman, maman » comme si elle approuvait.

   –   Le choix n’a pas été facile, il y en avait tellement qui nous plaisait, se souvint la jeune maman qui avait eu le privilège de choisir leur tenue.

   –   Je crois que tu les as essayées toutes, non ? sourit Kono.

   –   Non quand même pas !... Mais beaucoup, rit sa nièce qui avait fini par flasher sur cette robe agrémentée de quelques fleurs et feuilles dans des tons pastel sur le devant; le bustier, lui s’habillait de deux lisérés d’organza qui donnait à la robe tout son cachet, choix entièrement approuvé par ses tantes.

   –   Vous auriez dû la voir pendant les essayages, elle avait les yeux remplis d’étoiles, c’était touchant, se souvint avec tendresse sa tante Kelly.

   –   Il n’y avait pas qu’elle, la taquina Laura.

   –   C’est vrai, nous étions toutes les deux sur notre nuage…


mesange  (21.01.2020 à 10:28)

12

 

   Jerry se racla la gorge et le silence revenu, relança la vidéo sur Steve qui passait l’alliance au doigt de sa femme.

   –   Moi, Steve, je te reçois, Kelly, comme épouse. Je te promets de te rester fidèle dans le bonheur et les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour t’aimer tous les jours de ma vie.

   –   Moi, Kelly, je te reçois, Steve, comme époux et je te promets de te rester fidèle dans le bonheur et les épreuves, dans la santé et la maladie, pour t’aimer tous les jours de ma vie.

   –   Vous pouvez embrasser la mariée.

   Défila ensuite un diaporama de photos reprenant les moments clés de la cérémonie : le baiser, le rituel du sable, le lancer du bouquet que Pénélope avait attrapé,…

   Quand il toucha à sa fin, Maélia prit la parole :

   –   Aujourd’hui, vingt ans plus tard, papa, maman, vous êtes là toujours aussi unis, aussi amoureux l’un de l’autre.

   –   Vous êtes un modèle pour nous, enchaîna Keoni, et la preuve vivante que les mariages qui durent existent encore, en lançant un coup d’œil en biez à son parrain qui se contenta de lever son verre sous les regards amusés des autres convives.

   –   On tenait à vous remercier en rendant cette journée spéciale, ajouta Ben.

   –   Vous avez réussi, affirma leur père, touché.

   –   Vous la rendez au moins aussi parfaite, si pas plus, que celle de notre mariage, renchérit leur maman d’une voix chargée d’émotion.

   –   Et vous n’avez pas encore tout vu, s’exclama Grace, un sourire mutin aux lèvres.

   –   Mais avant de poursuivre, dit Keoni et il se tourna vers leurs hôtes, mon frère, ma sœur et moi, tenons à tous vous remercier d’être là. Sans vous, cette fête n’aurait pas été pareille… Merci Oncle Kamekona de nous avoir permis de l’organiser ici…

   Celui-ci hocha simplement la tête, un sourire aux lèvres.

   –   Merci Parrain de t’être chargé du repas de ce soir.

   –   C’est toi qui as cuisiné ? demanda aussitôt Steve.

   –   Je l’ai fait pour Kelly, pas pour toi.

   –   Je vois que c’est toujours l’amour fou entre vous, se mit à rire Kono tandis que le SEAL faisait la moue.

   –   Je dois bien avouer que ça me manque, reconnut Chin.

   –   On peut vous les envoyer de temps en temps, proposa Tani en adressant son plus beau sourire à ses amis mais néanmoins supérieurs avant de se tourner vers Keoni. Celui-ci conclut alors son discours en remerciant également leur Oncle Jerry et Will d’avoir monté tout le matériel nécessaire pour égayer la soirée.

   –   Merci, merci à tous, et félicitations pour vos noces de porcelaine.

   –   Longue vie encore aux mariés ! cria Lou tandis que les McGarrett étreignaient leurs enfants.

   –   Tout le monde n’a pas pu venir malheureusement mais ils ont tous tenu à vous laisser un message, dit Ben.

   Jerry appuya sur un bouton et apparurent à l’écran Max, Sabrina et leur fils adoptif, Tunde :

   –     Nous aurions été très heureux de pouvoir être là pour vous dire combien nous admirons votre couple. Nous vous souhaitons de vivre encore de nombreuses autres années ensemble et surtout, être présents pour vos noces d’or ! Joyeux anniversaire de mariage.

   –   Nous sommes heureux de vous voir encore aujourd'hui aussi liés l'un à l'autre, sachant toujours aller de l'avant. Vous êtes un modèle de couple pour nous tous. Joyeux anniversaire, leur souhaitèrent Pénélope, Derek et Spencer, qui n’avaient pu se libérer cette fois.

   –   Toujours unis, toujours amoureux, longue vie aux McGarrett, disait Sang Min.

   –   Le parcours de la vie commune est bien connu pour être semé d’embûches mais rien ne vous résiste. Longue vie à vous deux ! disait Odell.

   –   Joyeux anniversaire de mariage à nos amoureux préférés. Surtout ne changez rien ! les salua Harry Langford.

   –   Nous sommes très heureux pour vous et vous souhaitons naturellement de continuer ce beau chemin. Très bon anniversaire de mariage ! déclarèrent Tim et sa femme, Tamara.

   –   Par les temps qui courent, la réussite de votre mariage est une bénédiction. Continuez de vous aimer, de respirer le bonheur comme vous le faites. Joe était fier de l’homme que tu es devenu, Steve, du mari et du père, concluait Wade Gutches.

   La perte de Joe était un souvenir qui restait douloureux pour Steve et à son évocation, Kelly lui serra la main.

   D’autres manquaient aussi à l’appel : Doris, ou plutôt « Shelburn », tuée un an plus tard, sous les yeux impuissants de son fils, lors d’une mission sous couverture, tante Deb et Franck Bama décédés des suites d’un cancer, Nicky Demarco d’un arrêt cardiaque. Annabelle Collins, qui était allée vivre à Lanai auprès de l’une de ses amies, n’avait pas survécu à une embolie pulmonaire.

   –   J’en ai connu des couples dans ma vie, Steve, intervint Mamo, qui se portait encore pas mal pour un homme de son âge, et je vous félicite très sincèrement tous les deux. Vous avez su entretenir la flamme de votre amour et avez élevé au sein d'une famille unie de beaux enfants dont vous pouvez être fiers. Eux, ajouta-t-il en montrant du doigt le ciel, étaient fiers de vous…

   –   Merci Mamo, dit Steve, touché, tandis que Kelly allait embrasser le vieil homme.

   –   Oui, vous pouvez être fiers, reprit Laura, également émue, fiers d’un mariage solide qui vous a permis de surmonter, sans avoir jamais cessé de vous épauler, les épreuves que la vie a mises sur votre chemin, et il y en a eu…

   Elle n’eut pas besoin d’en dire plus, tous se souvenaient entre autres de l’enfer que leur avait fait vivre Wo Fat, de l’arrestation de Steve et de la dissolution du 5-0 suite au meurtre de la Gouverneur Jameson, de son évasion d’Halawa alors qu’il se rendait à l’hôpital après la blessure que lui avait infligée Victor Hesse, de sa greffe du foie, de son empoisonnement radio-actif qui, heureusement jusqu’à présent, restait latent, de la vengeance de Greer mais aussi celle de la veuve de Wo Fat et des conséquences terribles qui en avaient découlé pour les McGarrett, de l’évasion de Carter lors d’un transfert à l’hôpital pour problèmes de santé, et bien sûr, la possible paternité de Steve qui avait failli remettre en question leur mariage…

    

     Vingt ans plus tôt…

 


mesange  (31.01.2020 à 10:10)

13

 

   –   Le devoir t’appelle ? demanda Kelly qui revenait auprès de son mari, deux bouteilles de bière à la main.

   –   C’était Billy. Les… Les résultats du test sont tombés.

   –   Il te les a donnés ? l’interrogea-t-elle d’une voix tremblante.

   –   Non, non, il m’a juste prévenu et demandé de le retrouver d’ici une demi-heure au cabinet du médecin qui suit Catherine. C’est elle qui nous les communiquera.

   Elle savait depuis la veille que ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’ils ne soient fixés mais maintenant que l’heure était venue, elle stressait de plus belle.

   –    Eh, dit-il en lui relevant doucement le menton, tu m’as promis que ça ne changerait rien pour nous. Tu… Tu n’as pas changé d’avis depuis lors, n’est-ce pas ?

   –   Je t’ai fait une promesse et je la tiendrai.

   –   Mais ? demanda-t-il anxieusement.

   –   J’ai peur, avoua-t-elle en haussant les épaules.

   –   Je t’aime.

   –   Je le sais, là n’est pas le problème. C’est juste que ni toi ni moi ne sommes parents et on se berce peut-être d’illusions en pensant que...

   –   Tu extrapoles déjà alors qu’on ignore encore si c’est moi le père, la coupa-t-il.

   –   Tu as raison, je vais un peu vite...

   –   Allez, viens-là, et elle alla se blottir dans ses bras. Ils restèrent un moment serrés l’un contre l’autre puis elle le repoussa gentiment et l’exhorta à y aller en le priant de ne pas la laisser languir plus qu’il ne fallait.

  –   Promis…

 

   Une fois leurs ébats terminés, Youri se tourna sur le côté et s’endormit. Catherine, elle, avait la larme à l’œil. D’habitude, elle parvenait à se maîtriser mais aujourd’hui, c’était la date anniversaire du mariage de Steve, Steve qu’elle n’avait jamais su vraiment oublier, Steve qu’elle n’avait pu retenir…

 

 

   A Hawaii, succédaient aux photos de leur mariage celles de leur voyage de noces dont la destination en avait surpris plus d’un...

   –   Eh oui, ils ont préféré le froid et la neige de la Laponie, à Paris ou aux Cyclades grecques, déclara avec amusement Kono, et devant les mines étonnées de certains, elle leur expliqua qu’en guise de cadeau de mariage, ils s’étaient tous cotisés pour leur offrir une lune de miel digne de ce nom.

  –     Sinon mon frère aurait été capable de se contenter de quelques jours à Maui, déclara Mary.

   –     OK mais la Laponie !? s’étonna Tani. En plus, en hiver, il devait faire caillant ! ajouta-t-elle en faisant semblant de frissonner.

   –     Au départ, on avait inséré cette proposition juste pour le fun, répondit Mary, mais…

   –     J’aurais aimé voir votre tête, rit Junior.

   –     C’était la destination la plus originale et comme décembre est la meilleure période pour y aller, on a préféré attendre et pour ma part, je ne l’ai pas regretté, affirma Kelly en regardant tendrement son mari qui acquiesça lui aussi. En plus, c’était la bonne saison pour voir les aurores boréales.

   –   Franchement, c’est un voyage à faire au moins une fois dans sa vie, approuva Steve qui avait particulièrement aimé le safari en motoneige au travers des forêts enneigées qu’ils avaient fait au clair de lune sous le ciel étoilé à la recherche de ce phénomène naturel.

     –   Nous y avons passé des moments inoubliables, déclara Kelly avec nostalgie.

     Et pour confirmer ses dires, une série de photos montrait le couple, bien emmitouflé sous des peaux de rennes, lors d’une promenade en calèche, lors d’une balade avec les chiens de traîneaux ou encore pour une randonnée en raquettes.

   –     Les paysages étaient grandioses et il régnait un silence presque parfait, commenta Steve.

   –   Cette balade avec des chiens de traîneaux a vraiment été une expérience unique. Ils étaient magnifiques et si affectueux, ajoutait sa femme.

   –   C’est vrai qu’ils sont superbes, les admira Ryan, lui qui adorait les chiens.

   –   Ce sont des rennes sauvages ? demanda Noelani en voyant ensuite Steve posé près de l’un de ces animaux au bord d’une route.

   –   Ceux-là oui.

   –   Et ils se laissent approcher d’aussi près ? s’étonna Charlie.

   –   Ils se sont habitués à la présence des hommes mais impossible quand même de les caresser.

     –     Et là, nous sommes dans un hôtel de neige, dit Kelly. Tout l’intérieur est sculpté en glace, et ils virent une photo de Steve assis au bar, une bière à la main.

   –   Ne m’dis pas qu’on dort sur un lit de glace ? grimaça Nell.

   –   Si mais bien emmitouflés dans une combinaison spéciale.

   –   Nous pouvions tenter l’expérience mais ma femme n’était pas des plus emballée, la taquina Steve.

   –   T’étais pas partant non plus !

   –   Il y a mieux pour une lune de miel, souligna Chin alors que passait maintenant une photo de ses amis, une flûte de champagne à la main, dans un jacuzzi en plein air et ce, à la nuit tombée.

   –   Voilà une expérience autrement plus agréable et plus adaptée, sourit Abby.

   –   Oui, un autre moment mémorable mais j’vous dis pas la course pour rejoindre le jacuzzi quand il fait – dix degrés avec pour seul vêtement un peignoir de bain, rit Kelly.

   –   Le pire, ça doit être quand on sort de l’eau, releva Grace.

   –   T’as pas intérêt à traîner, confirma son oncle.

   –   Est-ce qu’il y a pas des loups en Laponie ? demanda Sarah en voyant derrière eux les bois. Vous n’aviez pas peur ? ajouta-t-elle comme son oncle acquiesçait de la tête.

   –   Le loup mangeur d’hommes est une légende, rétorqua Charlie.

   –   Mais c’est vrai que c’est impressionnant quand on les entend hurler et qu’on les devine pas loin, reconnut Kelly.

    Défilaient maintenant des photos du village du Père Noël, de son traîneau, de sa maison…

    –   Papa Nowel ! s’exclama Clara en le montrant du doigt. Papa Nowel ! répéta-t-elle, les yeux émerveillés, sous les regards attendris de tous.

    –   Oui, ma puce, c’est le Père Noël, confirma son papa en l’embrassant sur les cheveux.

    –   Tu lui as demandé quoi comme cadeau,Tata ? demanda Maya.

     Et tous comprirent au regard tendre qu’elle adressa à son fils aîné.

     –   Mais bien sûr, rien de tel que le froid polaire pour…

     –   Lou ! le coupa Renée avant qu’il ne termine sa phrase.

     –   Je ne fais qu’énoncer une évidence, rétorqua-t-il en haussant les épaules et il prit, l’air pincé, une autre bouchée tandis que Jerry enchaînait, comme les enfants l’avaient souhaité, avec la vidéo de la première échographie que leur maman avait passée.

   –   Le têtard qu’on voit bouger là, c’est moi, dit fièrement Keoni.


mesange  (07.02.2020 à 10:00)

14     

 

   Dix-huit ans plus tôt…

   Steve, retenu par une prise d’otages, ne put garantir d’arriver à temps pour assister à la toute première échographie que passait sa femme et quand sa gynécologue l’appela, c’est déçue et triste de ne pouvoir partager ce moment magique avec lui que Kelly entra dans le cabinet. A sa mine déconvenue, le médecin lui proposa de la voir le lendemain soir comme elle avait une annulation.

   –   Ca ne vous dérange pas ?

   –   Vous êtes mon dernier rendez-vous de la journée, je vais pouvoir rentrer plus tôt pour une fois.

   Kelly la remercia chaleureusement et, alors qu’elle rejoignait le hall d’entrée de l’hôpital, croisa Malia qui assurait cette nuit-là le service de garde. Les deux jeunes femmes discutaient encore ensemble quand Steve se pointa malgré tout, essoufflé par la course qu’il venait de faire.

     –   J’arrive trop tard ?

   –   Le rendez-vous a été reporté à demain soir, le rassura-t-elle avant de lui demander si tout s’était bien terminé.

   –   Plus de peur que de mal.

   –   Le service est calme, ça vous dirait d’avoir un avant-goût ? proposa gentiment Malia.

   –   Ca ne t’ennuie pas ? Vraiment ? demanda Kelly qui savait qu’elle cherchait à être enceinte sans succès jusqu’à présent.

   Mais la jeune médecin, malgré un pincement au cœur bien compréhensible, prit plaisir à vivre ce moment si riche en émotions avec ses amis, Steve debout à côté de sa femme dont il tenait tendrement la main.

   –   On dirait un têtard, lâcha la future maman en découvrant pour la première fois, les larmes aux yeux, le petit être qui grandissait en elle.

   –   C’est une comparaison qui revient souvent dans la bouche des futurs parents, sourit Malia.

   Steve, lui, gardait le silence, comme hypnotisé par cette petite crevette qu’il voyait gigoter à l’écran. Seuls ses yeux humides trahissaient ses émotions.

   –   Il est bien accroché ? demanda Kelly qui redoutait, comme beaucoup de futures mamans, une fausse couche.

   –   Oui, la rassura son amie qui leur apprit, après avoir rentré toutes les données, que la naissance était prévue le cinq septembre. Tu vas pouvoir terminer l’année scolaire.

   –   Je t’assure que ce n’était pas calculé.

   C’était lors de leur voyage de noces, après avoir fait l’amour devant le feu ouvert, que Steve avait parlé d’avoir un bébé. Elle s’était redressée, surprise, ne s’attendant pas du tout à cette demande et intriguée, l’avait écouté lui rappeler savoir qu’elle souhaitait attendre avant de tomber enceinte.

   C’était effectivement ce qu’elle lui avait dit lorsqu’ils avaient abordé le sujet. Ayant vécu recluse pendant tant d’années, elle voulait d’abord profiter de sa nouvelle liberté et c’est ce qu’ils avaient fait : ils étaient partis camper près de jolies criques d’eau dans lesquelles ils s’étaient baignés, avaient fait de la plongée sous-marine afin qu’elle surmonte son appréhension et y prenne plaisir, découvert l’archipel d’Hawaii en hélicoptère. Ils avaient à nouveau sauté en parachute au grand dam de Danny, fait de belles randonnées en quad, assisté à un lever du soleil au sommet du Haleakala à plus de trois mille mètres d’altitude et encore bien d’autres balades.

   Mais surtout, elle ne voulait plus vivre dans la peur, ne plus être cette personne anxieuse à l’idée de quitter son espace de sécurité et c’était pour regagner cette autonomie qu’elle avait tant tenu à tenter une thérapie sous hypnose qui donnait des résultats bien plus rapides que sous thérapie traditionnelle.

   Aujourd’hui, elle avait retrouvé une qualité de vie qui lui permettait d’envisager avec sérénité une maternité même si une part en elle craignait encore d’étouffer son enfant avec des peurs irraisonnées mais elle devait reconnaître que l’envie d’être maman, elle aussi, la taraudait de plus en plus depuis quelques temps…  

   –   C’est vrai, je n’étais pas prête pour toutes les raisons que tu sais.

   –    Tu emploies le passé, ça veut dire que…? avait-il prudemment avancé.

   –   Qu’aujourd’hui, ce n’est plus le cas et que oui… Oui, j’ai envie d’avoir un bébé ! avait-elle ajouté avec ferveur.

   Tout heureux, il s’était vivement redressé tandis qu’elle lui disait que lui donner un enfant serait le plus beau cadeau qu’elle pourrait lui faire.

   –   Nous faire… Mais es-tu sûr que c’est ce que tu veux vraiment ? N’est-ce pas trop tôt ? avait-elle voulu s’assurer, connaissant son caractère impulsif.

   –   Nous avons affronté tant de choses ensemble, et pas des moindres, et nous sommes toujours là, tous les deux. Je prends ça comme un heureux présage.

   A ce souvenir, elle serra un peu plus fort la main de son mari qu’elle regarda amoureusement avant de reporter son attention sur l’écran puis sur Malia qui avait changé de sonde pour prendre un appareil qui permettait, lui, d’entendre les battements cardiaques du fœtus comme elle le leur expliqua.

   –   C’est souvent à ce moment-là qu’on se rend qu’il y a une vie qui grandit en soi, souligna-t-elle en appliquant le doppler fœtal sur le ventre de Kelly.

   Et effectivement, entendre pour la toute première fois battre le cœur de leur bébé fut une expérience des plus intenses pour le jeune couple.

   –   On croirait entendre le galop d’un cheval, constata une nouvelle fois Steve.

   –   Il ne bat pas trop vite ? demanda anxieusement Kelly.

   –   Le cœur d’un bébé bat bien plus vite que celui d’un adulte, répondit son mari qui s’était fait la même réflexion qu’elle lors de la toute première échographie que Catherine avait passée en son temps, ce que confirma leur amie.

   –   Je peux filmer ? demanda-t-il soudainement .

   Et c’est ainsi que les convives purent découvrir ce moment magique

   –   Un peu moins de neuf mois plus tard, tu pointais le bout de ton nez, sourit Kelly en regardant tendrement son fils aîné.

   –   Je crois bien que je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie, confia Steve en attirant sa femme contre lui.

   –   Et moi donc !


mesange  (14.02.2020 à 10:44)

15

 

   Youri dormait à poings fermés quand la sonnerie de son portable se fit entendre. Il quitta toutefois la chambre en prenant bien soin de fermer la porte derrière lui avant de décrocher.

   –   Youri ? l’interrogea-t-elle d’une voix faussement ensommeillée en le voyant revenir et enfiler à la hâte ses vêtements.

   –   Je ne serai pas long, dit-il et il partit sans plus de cérémonie.

   Catherine en profita pour aller retirer le micro qu’elle avait soigneusement caché sous un meuble puis transmis les informations qu’elle avait récoltées à son agent de liaison. Elle retourna ensuite au lit mais ne trouva pas le sommeil, à nouveau tourmentée par les souvenirs : convoquée par sa gynécologue à son cabinet, elle avait eu la surprise d’y trouver Billy qui lui avait appris le rôle de son père dans le traitement plus rapide du test de paternité et sa requête auprès de Laura pour que le résultat ne soit divulgué qu’en présence de tous les protagonistes.

   –   Je sais ce que tu penses, la coupa-t-il alors qu’elle protestait contre sa démarche, mais ça ne m’empêche pas de m’inquiéter pour toi !

   Ces paroles la touchèrent mais l’identité du père ne faisant aucun doute pour elle, assister à la divulgation des résultats ne ferait que retourner le couteau dans la plaie et elle lui expliqua qu’elle ne souhaitait pas lui infliger ça.

   –   Je suis grand assez pour savoir ce que je peux encaisser ou pas, répliqua-t-il en la défiant du regard.

   Cette fois, elle ne broncha pas et préféra changer de sujet en lui demandant s’il savait quand débuterait son procès.

   –   Les recherches sur le Général Keaton ne sont pas passées inaperçues et certaines voix ont commencé à poser des questions au Secrétaire d’Etat qui ne souhaite plus me traduire en Cour Martiale mais me faire passer devant le Conseil de Discipline. Il n’ira peut-être même pas jusque là d’après mon avocat.

   –   Enfin une bonne nouvelle ! 

   Ils ne purent poursuivre comme la gynécologue entrait à son tour, suivie de Steve.

   Après de brèves salutations, le médecin leur apprit qu’elle avait une dame en travail et qu’on pouvait l’appeler à tout moment.

   –   Je ne vais pas faire durer plus longtemps le suspens, et elle décacheta, sous un silence de plomb, l’enveloppe qu’elle tenait en main . Elle en déplia le protocole, découvrit l'identité du père, jeta un regard à Catherine qui semblait sereine, au contraire des deux hommes plutôt nerveux.  

   –   Monsieur McGarrett...


mesange  (21.02.2020 à 10:48)

16

 

   –   Pour ceux et celles qui l’ignoreraient encore, intervint Danny, mon filleul est venu au monde dans un trou perdu du Japon.

   –   C’est bien plus original que de naître dans une maternité, non ? rétorqua ce dernier.

   –   Crois-moi que si j’avais eu le choix ! s’exclama sa mère. J’avais beau me dire que des millions de femmes avaient accouché bien avant moi, seules sans médecin ou sage-femme, que la nature était bien faite, je n’ai été rassurée que quand tu as poussé ton premier cri et que je t’ai tenu dans mes bras et encore !

   –   Comment tu t’es retrouvée là-bas ? demanda Tani.

   Steve expliqua succinctement qu’à peine Kelly enceinte, il avait découvert que sa mère n’était pas morte lors d’un accident de voiture comme il l’avait toujours cru mais qu’elle avait été tuée –– du moins c’est ce qu’il pensait à ce moment-là –– et que c’était la raison pour laquelle son père les avait, lui et sa sœur, éloignés d’Oahu. Il cherchait seulement à les protéger. Il n’avait eu de cesse alors de retrouver le coupable, ce qui l’avait mené sur la piste de Wo Fat qu’il était parvenu à envoyer derrière les barreaux après moult péripéties. Mais au cours d’un transfert de prison, celui-ci avait pu s’échapper pendant que certains de ses hommes kidnappaient Kelly proche du terme de sa grossesse. C’est ainsi qu’elle s’était retrouvée au Japon à la merci de cet homme assoiffé de vengeance qui l’aurait tuée après lui avoir enlevé le bébé une fois né. Mais sa mère, grâce à ses contacts avec la CIA, avait pu déjouer ses plans et la cacher en lieu sûr en attendant que Steve vienne la chercher, ce qu’il avait fait en compagnie de Joe, Joe dont il ignorait encore à ce moment-là son implication exacte avec « Shelburn ».

 

   Kelly, bien qu’impatiente de retrouver son mari, ne pouvait s’empêcher d’être soucieuse à l’idée du choc qui l’attendait en découvrant que sa mère n’était pas morte comme il le pensait depuis toutes ces années. En jetant un œil à Doris, elle vit que celle-ci n’en menait pas large à quelques minutes du moment de vérité.

   –   Et dire que Joe savait qui se cachait derrière « Shelburn », se dit-elle, mais depuis combien de temps ? Question que Doris avait éludée et elle n’avait pas insisté : Steve la lui poserait de toute façon. Elle ne s’était pas montrée plus loquace face aux autres questions, bien légitimes, qu’elle lui avait posées.

   –   Vous croyez que je suis partie de gaieté de cœur ? Abandonner mon mari et mes enfants a été la décision la plus difficile que j’ai eue à prendre de toute ma vie, j’en étais malade ! mais je n’avais pas le choix, lui avait-elle répété, c’était la seule option que j’avais pour protéger ma famille.

   –   Il devait bien y avoir une autre solution !

   –   Croyez-moi, il n’y en avait pas ! Et elle avait coupé court à toute discussion en sortant de la maison.

   Kelly ne s’était plus aventurée sur ce terrain miné et en était restée à des banalités mais avec le sentiment que Doris en savait bien plus qu’elle ne voulait le montrer : par Joe ?

 

  

   –   Monsieur McGarrett... –– Steve retint son souffle, l’estomac noué tandis que Catherine ébauchait un sourire –– Ce n’est pas vous le père biologique du bébé…

   Il ferma les yeux, soulagé, tandis que Billy, sur le moment même, ne savait dire s’il était heureux ou déçu du résultat.

   Le médecin félicita ce dernier avant de se tourner vers sa patiente qui semblait seulement prendre conscience de ce qu’elle venait de dire.

   –   Je peux ? demanda-t-elle en arrachant de ses mains le protocole qu’elle lut avec fébrilité.

   –   Je vous l’ai dit : les résultats sont fiables à cent pour cent, déclara celle-ci avec empathie.

   –   Il y a peut-être eu un problème d’étiquetage ?insista Catherine.

   –   Le laboratoire n’a pas reçu les deux échantillons en même temps.

   –   Tu m’as dit que ton père avait demandé pour accélérer la procédure au lieu de la laisser suivre son cours, accusa-t-elle alors Billy.

   –   Le résultat aurait été le même, leur assura le médecin, c’est la procédure administrative qui s’ensuit qui a surtout été accélérée afin que vous ayez le résultat plus vite, précisa-t-elle en retirant de l’enveloppe deux autres copies qu’elle remit à Billy et Steve.

   Ce dernier, après avoir pris connaissance des résultats, félicita Billy qui le remercia.

   Un bip sonore se fit alors entendre brisant le lourd silence qui s’était installé : c’était le quartier accouchement qui réclamait sa présence.

   –   Allez-y, la rassura Billy en la voyant hésiter et elle quitta le cabinet, heureuse de voir que Jessy Lawson patientait déjà dans le couloir, comme convenu entre elles et la procureur.

   –   Je suis contente de vous voir, et la psy comprit que le résultat n’était pas celui escompté par sa patiente.

   A l’intérieur, Steve s’était tourné, mal à l’aise, vers Catherine littéralement assommée par cette nouvelle.

   –   Catherine ? l’appela-t-il doucement, la tirant de sa torpeur.

Elle leva les yeux vers lui, son sang ne fit alors qu’un tour :

   –   Va t’en, sors d’ici, lâcha-t-elle d’une voix qu’elle maîtrisait difficilement.

   –   Ecoute, je…

   –   T’es sourd ou quoi ? Va t’en ! explosa-t-elle. Va t’en ! Va la retrouver ! Va lui annoncer la bonne nouvelle, t’en meurs d’envie !

   En entendant sa patiente s’emporter, Jessy entra dans le cabinet et conseilla à Steve de s’en aller.

   –   Une conversation s’imposera entre vous mais pas maintenant, ajouta-t-elle en le voyant hésiter, et il était parti.

Jessy avait ensuite fait la même demande à Billy.

   -     Accordez-lui un peu de temps, elle en a besoin.

   Il avait jeté un regard à Cath mais comme celle-ci gardait la tête baissée, il avait soupiré puis quitté le cabinet non sans avoir demandé à Jessy de l’appeler si elle le jugeait nécessaire, ce qu’elle lui avait promis de faire.

   –    Je l’ai perdu, se lamenta sa patiente une fois seules. Ce bébé, c’était tout ce qui… Elle respira profondément, se retenant de pleurer.

   –   Laissez vous aller, ne vous retenez pas, glissa de sa voix douce la psy et Catherine craqua.

   Une fois les larmes taries, elle déversa tout ce qu’elle avait sur le cœur.

   Billy, lui, était allé retrouver son père pour lui annoncer la nouvelle, lui confiant alors son désarroi. Celui-ci l’avait écouté sans mot dire.

   –    J’ai toujours rêvé d’être père un jour mais jamais je n’aurais imaginé que ce serait dans ces circonstances…………… J’aime Catherine, je n’ai jamais cessé de l’aimer, mais elle… Elle, c’est Steve qu’elle aime………... C’est comme ça, ajouta-t-il en haussant tristement les épaules.

   –   Ta mère disait toujours de laisser le temps au temps et tu sais qu’elle avait toujours raison…

   Billy hocha la tête...

 


mesange  (28.02.2020 à 11:17)

17   

 

   En entendant arriver le pick-up de Steve, Kelly, le cœur battant à tout rompre, s’était précipitée à sa rencontre, Khéops sur les talons. Retenant sa respiration, elle l’avait imploré du regard. Il avait souri et elle s’était précipitée dans ses bras.      

   –    Tu pleures ? demanda-t-il un tendre sourire aux lèvres en constatant ses yeux humides.

    -    De soulagement.

   Et il l’avait à nouveau serrée contre lui, soulagé lui aussi, mais ne pouvant s’empêcher malgré tout de penser à Catherine.

  • Comment a-t-elle réagi ? demanda Kelly, curieuse.
  • Pas très bien mais la psy qui la suit est avec elle.

   Kelly avait acquiescé en silence. Il avait passé un bras autour de ses épaules et ils étaient rentrés. Elle lui avait proposé de lui apporter une bière bien fraîche sur la plage et il l’avait attendue, assis sur une des deux chaises, à regarder distraitement Khéops s’approcher des vagues sans toutefois oser s’aventurer dans l’eau. Mais c’était Danny qui était venu le rejoindre. En effet, devinant les sentiments mitigés qu’il devait ressentir, elle avait appelé son meilleur ami mieux placé qu’elle pour parler de Catherine.

 

 

   Une nouvelle crampe la tira de ses pensées : ce n’était pas la première qu’elle ressentait. Elle en avait d’ailleurs parlé à sa gynécologue qui l’avait rassurée : son col, malgré cette activité utérine, restait bien fermé. Et cette fois encore, son ventre s’était bien vite relâché.

   –   Je t’avoue que je ne serais pas mécontente de rentrer à la maison, soupira-t-elle malgré tout en caressant son ventre bien rond. Toi aussi, pas vrai ? sourit-elle avant d’apercevoir une lumière danser sur les flots obscurs. Prudente, elle attendit toutefois qu’ils accostent et quand elle reconnut son mari, se leva tant bien que mal.

   –   Les voilà ! Et soutenant son ventre d’une main, elle alla à sa rencontre tandis que Doris restait en retrait.

   –   Steve ! cria-t-elle.

   –   Kelly !

   Et il courut jusqu’à elle, la serra dans ses bras.

   –   Ca va ? Tu n’as rien ? demanda-t-il, fou d’inquiétude, en tenant son visage entre ses mains.

   –   Non, je vais bien.

   –   T’es sûre ?

   –   J’ai juste eu très peur mais ça va et encore mieux maintenant que tu es là.

   –   Et le bébé ?

   –   Il va bien, je le sens bouger.

   Il l’étreignit… l’embrassa… la serra à nouveau contre lui.

   –   J’ai cru devenir fou quand j’ai vu que t’avais disparu.

   –   C’est notre enfant qu’il voulait, si tu savais à quel point j’ai eu peur d’accoucher avant que tu n’arrives.

   –   Je n’avais aucune idée de l’endroit où ils t’avaient emmenée et sans Joe...

   Celui-ci, arrivé à leur hauteur, lui sourit, heureux qu’elle soit saine et sauve ainsi que le bébé.

   –   Je n’ai pas fait grand-chose à vrai dire. C’est la personne qui se trouve à l’intérieur qu’il faut remercier, dit-il simplement en montrant du doigt la maison………………… Tu voulais des réponses, fiston, tu n’as qu’à entrer, ajouta-t-il comme Steve l’interrogeait du regard.

     Sa femme le prit alors par la main et remonta avec lui le sentier mais arrivés sous le porche, elle s’arrêta, déclarant qu’il valait mieux qu’il y aille seul…………. Vas-y, l’exhorta-t-elle d’un sourire comme il ne bougeait pas.

   Intrigué par leur attitude, il s’était approché de la porte, leur avait jeté un dernier regard puis avait frappé trois petits coups secs avant d’entrer…

   Kelly se tourna alors vers Joe qui se contenta de hocher la tête, l’air grave, avant de lui conseiller de prendre place sur le petit banc comme ils en auraient sûrement pour un moment. Une fois installée, il s’était éloigné avant qu’elle ne puisse lui poser la moindre question mais même si elle brûlait de le faire, là, elle ne pensait plus qu’à son mari… à ce qu’il devait éprouver en ce moment même. Elle soupira et porta les yeux sur le reflet de la lune qui dansait sur les flots mais bien vite, elle ressentit un nouveau tiraillement dans le bas ventre.

   –   On dirait que je ne suis pas la seule à m’en faire, sourit-elle et elle se força à respirer lentement tout en caressant son ventre qui se relâcha peu à peu avant de se durcir à nouveau avec cette fois, la sensation d’un léger inconfort dans le bas du dos, ce qui était nouveau pour elle. Le banc n’étant pas des plus confortables, elle changea de position et la gêne disparut.

   –   Probablement une fausse alerte due au stress, se dit-elle pour se rassurer mais une demi-heure plus tard, les contractions reprirent, se faisant petit à petit plus régulières et même gênantes, et là, elle commença à paniquer. Pas maintenant, bébé, pas ici, pas dans ce trou perdu, le supplia-t-elle d’une voix tendue tout en se relevant difficilement pour aller prévenir Steve.

   Quand il la vit entrer, se tenant le ventre à deux mains, le visage crispé, il prit peur lui aussi.

   –   Le bébé ? demanda-t-il d’une voix blanche en se précipitant près d’elle.

   Elle acquiesça de la tête alors que survenait un autre spasme.

   –   Il y a un médecin tout près d’ici ? interrogea-t-il sa mère tout en soulevant sa femme dans ses bras.

   –   Ce n’est qu’un petit village de pêcheurs et la ville la plus proche se situe à plus de trois heures de route, la majeure partie sur des chemins rocailleux...

   –   Et en logeant la côte ?

    –   Ce ne sont que des petits hameaux disséminés tout du long. Pour trouver un médecin, il faut entrer dans les terres.

    Mari et femme se regardèrent, partageant la même inquiétude.

    –   Je n’ai aucune envie d’accoucher ici, dit Kelly, mais j’ai encore moins envie d’accoucher au milieu de nulle part.

 

   A Hawaii, au même moment, Chin s’était retrouvé face à un terrible et cruel dilemme : sauver sa femme ou sa cousine, toutes deux à la merci de Franck Delano, ce même Delano qui avait aidé Wo Fat à s’évader de prison. Ne pouvant contacter le 5-0, il s’était tourné vers Adam Noshimuri pour sauver Kono tandis qu’il se précipitait à la rescousse de Malia. Si sa cousine avait pu être sauvée de justesse, Malia, elle, avait malheureusement succombé à ses blessures…


mesange  (06.03.2020 à 10:41)

18

 

   J’aurais paniqué si j’avais été à ta place, compatit Caroline.

  • J’étais morte de trouille, reconnut Kelly, mais une fois le travail déclenché, tu évites de penser au pire, sinon…
  •  
  • Tu as assuré, l’embrassa Steve en se remémorant la nuit bien éprouvante qu’ils avaient vécue.

 

    Ne supportant plus la position assise, sa femme avait d’abord déambulé de long en large, soufflant quand elle sentait une poussée, Steve, impuissant, la regardant sans mot dire. Puis elle avait eu du mal à rester debout et s’était allongée sur le côté. Était arrivé le moment où elle avait perdu les eaux et les contractions s’étaient peu à peu faites plus douloureuses, plus longues.

   –   Soufflez, lui disait maintenant Doris, à chaque nouvelle contraction.

   –   Ca va ? lui demandait Steve qui n’avait jamais été aussi désemparé de sa vie.

   Mais Kelly était dans sa bulle, entièrement focalisée sur ce qu’elle vivait et il se contenta de lui masser le dos, de l’éponger, de l’encourager tandis que sa mère surveillait la dilatation du col.

   Et c’est après plus de neuf heures de travail que Kelly ressentit enfin cette irrésistible envie de pousser.

  –   Non, ne poussez pas maintenant, lui intima Doris, seulement au moment des contractions, et devant l’expression de son fils, ajouta qu’elle avait mis au monde deux enfants sans péridurale et que c’était des moments qu’une mère n’oubliait pas.

  Kelly s’efforça de faire ce qu’elle attendait d’elle et effectivement quelques minutes plus tard, sentit son ventre comme se « vider ».

  –   Je vois la tête. Steve, viens voir !

  Celui-ci hésita à lâcher la main de sa femme qui lui fit un petit signe de tête avant de pousser une dernière fois.

  –   C’est moi, sourit fièrement Keoni en voyant la première photo que Joe avait faite de lui.

  –   C’est dans mes mains que tu es venu au monde, se rappela avec émotion son père.

  –   J’aurais aimé voir ta tête quand t’as vu que c’était un garçon et pas une fille, sourit Danny.

  –   C’est vrai, t’étais persuadé d’avoir une fille, se souvint Mary.

   –   Et tu n’avais qu’une hâte, c’était d’en avoir la confirmation, renchérit Kono.

   –   Mais rien à faire, tu étais à chaque échographie dans une position qui ne permettait pas de savoir, sourit Kelly.

   –   Oui, tu nous auras fait attendre jusqu’au bout, soupira son père qui se rappela de ce moment magique qu’est la naissance d’un enfant...

   –   C’est un garçon, découvrit-il, ému, en tenant avec précaution son fils. On a un garçon.

   –   Un petit costaud, ajouta sa mère.

   –   Il va bien ? demanda aussitôt la jeune maman inquiète de ne pas l’entendre crier mais à peine la question posée, il les rassura en poussant son premier cri.  

   –   Félicitations, déclara Doris, émue de voir son fils tenir son propre fils.

   –   Tu l’as fait, sourit le jeune papa à sa femme, les yeux remplis de larmes, tu l’as fait, répéta-t-il en le posant délicatement sur le ventre de la jeune maman qui, elle, pleurait de joie.

   –   Bonjour bébé, murmura-t-elle en le caressant tendrement tandis que Doris le couvrait d’un linge propre. Tu as vu son petit nez, sa petite bouche… et ses pieds ! Ils sont minuscules.

  –   On a bien travaillé tous les deux, répondit avec fierté le papa. Il est juste parfait.

   –   Pas déçu que ce ne soit pas une fille ? le taquina Kelly qui essuyait doucement sa tête et son petit visage.

   –   C’est juste que j’en avais rêvé et que je me disais que c’était peut-être prémonitoire, rétorqua-t-il en ne quittant pas des yeux son fils.

     Elle sourit avant de reporter son attention sur le petit-être posé sur elle, de l’embrasser tendrement, de caresser sa joue…

   Doris proposa à son fils de couper lui-même le cordon : un autre moment intense…

  –   Regarde, il a les yeux bleus, nota peu après Kelly, son fils maintenant blotti dans ses bras.

   Doris, les larmes aux yeux elle aussi, les laissa seuls à s’extasier sur leur bébé et alla retrouver Joe qui attendait anxieusement dehors.

   –   C’est un garçon, lui apprit-elle, et la maman comme le bébé se portent à merveille.

   Son vieil ami soupira de soulagement avant de la féliciter et de la prendre dans ses bras.

   –   Toi aussi, tu penses à lui, murmura-t-elle comme il restait silencieux.

   –   Il aurait été si heureux et si fier d’être grand-père, soupira-t-il tristement.

   Son amie acquiesça lentement de la tête.

   –   Tu n’avais pas d’autre option, compatit-il.

   –   J’espère que Stevie le comprendra lui aussi.

   –   Laisse-lui le temps…

   –   Son père est mort par ma faute et il aurait pu perdre sa femme et ne jamais connaître son fils…

   –   Mais tu les as sauvés et tu fais à nouveau partie de sa vie.

   Ils n’avaient pas été plus loin, Doris était retournée auprès de sa belle-fille pour la délivrance. Le placenta expulsé, elle avait ensuite donné le premier bain à son petit-fils laissant la maman récupérer un peu avant de le lui rendre.

   –   On dirait qu’il a faim, dit Steve en voyant son fils chercher le sein.

   Mal à l’aise devant sa belle-mère, Kelly ne découvrit de sa poitrine que le strict minimum.

   –   Il avait faim, confirma son père en le voyant téter goulument après quelques tâtonnements au début.

   –   On sait de qui il tient, le taquina sa femme.

   –   Absolument ! confirma Doris. Une fois au sein, tu ne voulais plus le lâcher.

   Steve leva les yeux sur sa mère qui le regardait, les yeux brillants, mais il garda le silence, encore mal à l’aise face à elle.

   –   Ca promet, dit Kelly qui, toute absorbée par son fils, n’avait pas remarqué cette tension sous-jacente entre eux.

   –     J’en connais un qui doit s’impatienter dehors, dit alors Doris pour mettre fin au malaise qui s’était installé et quelques minutes plus tard, Joe entrait dans la chambre. 

  –   Des félicitations s’imposent, sourit-il en découvrant le nouveau-né.

  –   Joe, je te présente notre fils…Daniel McGarrett, déclara avec fierté Steve.


mesange  (17.03.2020 à 08:39)

19

 

   –   Steve, intervint Kelly un peu mal à l’aise, je sais la promesse que tu as faite à Danny et j’étais d’accord mais…

   –   Tu as changé d’avis ? s’enquit-il étonné.

   –   Avant que tu ne m’en parles, j’avais déjà regardé les prénoms hawaiiens et j’avais flashé sur Keoni mais en voyant sa traduction, je l’avais écarté.

   –   John en hawaiien, murmura Doris.

   Kelly acquiesça de la tête en guettant anxieusement la réaction de son mari.

   –   A la lumière des derniers événements, je me dis que… peut-être…, avança-t-elle d’une voix hésitante avant d’ajouter, comme il se taisait, qu’ils pouvaient d’abord en parler à Danny avant de décider.

   –   Et c’est comme ça qu’au lieu de t’appeler Daniel, tu t’es appelé Keoni, déclara son père.

   –   Je tiens à préciser que je n’ai jamais demandé à ce que tu portes mon prénom, je tenais juste à être ton parrain.

   –   C’est pas c’que t’as dit.

   –   Si, c’est ce que j’ai dit.

   –   T’as parlé de Daniel et même de Daniela si c’était une fille.

   –   Au cas où je ne m’en sortais pas ! Tu vois quand je dis que…

   –   Ca vous manque toujours ? le coupa Tani en s’adressant à Chin qui, à vrai dire, avait perdu le fil de la discussion.

   Kono, qui se tenait à côté de lui, s’aperçut de son trouble et lui serra la main tandis que Kelly expliquait le choix de Benjamin pour leur second enfant.

   –   Comme tu portes le prénom de ton grand-père paternel, papa a tenu à ce que toi, Ben, tu portes le prénom de mon père : Benjamin.

   Et quand ils apprirent qu’ils attendaient une fille, ils avaient demandé à Chin s’il serait d’accord qu’elle s’appelle Maélia, une façon de rendre hommage à leur amie défunte avec un prénom qui la rappelait.

   –   Une attention qui m’a beaucoup touché et qui a dû faire plaisir à Malia là où elle est, commenta Chin, ému. Cette fois, c’est Abby qui lui serra tendrement la main tandis que Sarah l’embrassait sur la joue.

   –   Malia était une femme formidable, toujours à l’écoute des autres, toujours de bon conseil. Elle était bien plus qu’une amie pour moi…

   Steve, conscient des liens très forts qui les avaient unies, passa un bras réconfortant autour de ses épaules.

   Pour mettre fin à ce moment d’émotion, Jerry enchaîna avec de nouvelles photos  du bambin : celles de son baptême entouré de Mary et Danny, respectivement sa marraine et son parrain, celles de son premier Noël, celles de son premier anniversaire, de ses premiers pas, et tout naturellement, ils en vinrent à la naissance de Ben. Wo Fat étant derrière les barreaux dans une prison de haute sécurité, ils avaient voulu donner une petite sœur ou un petit frère à Keoni.

   –   Toi aussi, tu nous as fait peur, sourit Kelly alors qu’on pouvait voir leur aîné, sur le lit de ses parents, tenant fièrement dans ses bras son petit frère à peine sorti de l’hôpital et ce, sous l’œil attentif de leur maman.

   –   Et pour une fois, ton père n’y était pour rien, sourit Kono en lançant un regard amusé à son ancien boss.

   Enceinte d’un peu plus de sept mois, Kelly avait porté secours à un vieux monsieur qui s’était écroulé devant elle près du camion crevette de Kamekona. Penchée sur lui, il avait été pris d’une quinte de toux et elle avait appris par le médecin qui l’avait pris en charge qu’il souffrait de tuberculose qui, plus est, d’une forme résistante aux antibiotiques traditionnels. Malheureusement, elle avait été contaminée et pour éviter toute propagation transplacentaire vers le fœtus, sa gynécologue n’avait eu d’autre choix que de provoquer prématurément l’accouchement.

   Pesant à peine un kilo huit cent grammes pour vingt-neuf centimètres, Ben avait passé ses premières semaines de vie dans le centre de néonatalogie du King Hôpital tandis que sa mère était confinée en quarantaine. Loin de son mari, de Keoni alors agé de deux ans et de Ben qui aurait eu tant besoin d’elle, cette période avait été très difficile à vivre.

   Danny avait repris la tête du 5-0 en l’absence de Steve qui passait la plupart de ses journées à l’hôpital à essayer de remonter le moral de son épouse en lui montrant, à travers une vitre, des photos de Ben ainsi que quelques courtes vidéos et quand il n’était pas près d’elle, il assurait  le « peau à peau », technique naturelle plébiscitée pour les prématurés. Heureusement Ben n’avait pas été infecté et s’était développé sans problèmes particuliers. Kelly avait répondu positivement au traitement qu’il avait toutefois fallu adapter et huit semaines plus tard, ils avaient pu quitter ensemble l’hôpital.

   –   Et regarde le beau jeune homme que tu es devenu, lui dit Laura. Ben, les cheveux en brosse, blonds comme sa mère, avait toutefois hérité de la carrure massive de son père, au contraire de Keoni, cheveux bruns et courts, mais de silhouette plus fine.

   –  Merci grand-mère, répondit-il en passant un bras autour de ses épaules et en l’embrassant affectueusement.

   C’est Keoni qui, un jour, avait appelé Laura grand-mère, tout comme il appelait Joe grand-père. Surprise, elle avait regardé Kelly qui lui avait avoué que ce n’était pas la première fois qu’il l’appelait ainsi en parlant d’elle et que pour elle et Steve, ce serait un honneur si elle voulait bien accepter ce rôle. Laura, qui n’avait jamais fondé de famille, qui avait aimé John, avait fondu en larmes, extrêmement touchée, tout comme l’avait été Joe avant elle. Doris, elle, avait été loin d’être enchantée, les deux femmes ne s’étant jamais vraiment appréciées. Les relations s’étaient d’ailleurs encore dégradées quand Laura avait découvert, elle aussi, la vérité.

   –   Comment as-tu pu faire ça à ton meilleur ami ? fulmina-t-elle en s’adressant à Joe. Le regarder dans les yeux et te taire ? COMMENT ?

 


mesange  (23.03.2020 à 13:08)

20

 

   –   La situation était complexe, soupira-t-il d’une voix lasse.

   –   Joe a compris que c’était la seule solution. Ce qu’il a fait, il l’a fait avant tout pour John et nos enfants, le défendit Doris.

   –   Tu as laissé Steve et Mary lui en vouloir toutes ces années, tu leur…

   –   C’était sa décision, la coupa Joe. Malheureusement la seule qui pouvait les protéger.

   –   Tu pouvais aussi lui avouer la vérité !

   –   Ca n’aurait rien changé, ça n’aurait pas arrêté mon mari, rétorqua la mère de Steve.

   –   Mais au moins vous auriez été honnête avec lui ! Vous auriez déjà dû l’être avant de vous marier mais c’était trop vous demander, n’est-ce pas ? cracha-t-elle dégoûtée.

   –   Vous pensez que connaître mon passé l’aurait dissuadé de m’épouser ? John m’aimait et JE l’aimais.

   –   Pas suffisamment de toute évidence que pour lui révéler qui vous étiez vraiment.

   –   Je n’attends pas que vous me compreniez, répliqua froidement Doris.

   –   Parfait parce que je n’y arrive pas ! J’arrive pas à comprendre comment vous pouvez dire que vous l’aimiez en le laissant sans broncher mener sa propre enquête au risque de sa vie non pas quelques mois mais quinze ans ! Quinze longues années de souffrance à cause de vous, à cause de… de votre lâcheté !

   –   Lâcheté ? Abandonner mon mari et mes enfants a été la décision la plus pénible de toute ma vie, j’en étais malade mais me sacrifier était la seule façon de les protéger !

   –   Vous avez détruit toute une famille, votre famille ! Steve et Mary se sont sentis rejetés par leur père alors qu’ils venaient de vous perdre ! Deux enfants qui ne comprenaient pas ce qui leur arrivait ! Et John ? John n’a plus été que l’ombre de lui-même quand il s’est retrouvé seul. Voilà ce que vous avez fait !

   –   Laura…, tenta de la tempérer Joe en faisant un pas vers elle.

   –   Toi, ne m’approche pas ! siffla-t-elle entre ses dents. A partir du moment où John a su qu’il ne s’agissait pas d’un accident, tu avais l’opportunité de lui avouer la vérité, t’aurais dû la lui avouer, il serait peut-être encore vivant… Mais tu as gardé le silence et ça, jamais, tu m’entends, JAMAIS, je ne te le pardonnerai !

    Et, bouleversée, elle quitta précipitamment la maison en claquant la porte derrière elle.

    Leurs relations étaient restées tendues entre eux mais bien vite, Doris s’était à nouveau volatilisée dans la nature et ce, au grand dam de Steve qui aurait tant voulu retrouver sa mère, celle qui l’avait élevé jusqu’à ses quinze ans, la voir profiter de ses petits-enfants. Mais en réalité celle-ci était « morte » dans l’explosion de sa voiture et trop d’années s’étaient écoulées entre cette mise en scène et leurs retrouvailles, elle ne pouvait leur donner, à lui et Mary, ce qu’ils attendaient vraiment d’elle. Elle avait alors réintégré l’Agence – la seule chose qu’elle savait faire selon ses dires – et les rares fois où elle avait revu son fils, c’était parce qu’il était venu la sortir du pétrin dans lequel elle s’était fourrée. Puis il y avait eu ce jour funeste où rien ne s’était déroulé comme prévu. Consciente que la CIA chercherait des réponses quant au meurtre de son partenaire, elle n’avait toutefois pas prévu qu’elle chargerait son fils de la ramener du Mexique et bien sûr, il était venu ! Elle lui avait pourtant demandé de s’en aller : il avait refusé. Pour lui échapper et poursuivre sa mission – démanteler le puissant cartel de Carmen Lucia dont elle était devenue par stratégie la compagne - elle l’avait même frappé par surprise mais il avait fallu qu’il revienne, qu’il détruise tout ce qu’elle avait si patiemment construit. Frustrée, elle avait alors braqué son arme sur lui… Oui, sur son propre fils…

   –   Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-il, incrédule en fixant l’arme………. C’est donc comme ça que ça finit ? Tu vas me tuer maintenant ?...................... Pourquoi t’y vas pas ? Vas-y, appuie sur la détente, confirme mon instinct…

   –   Ton instinct ? C’est quoi ton instinct, Steve ? Vas-y, dis-moi. Non, laisse-moi deviner, laisse-moi deviner. J’ai changé ? Hein, c’est ça ?

   –   Je te connais, Doris.

   –   Oh alors c’est Doris maintenant ?

   –   Je suis probablement la seule personne qui…

   –   Pourquoi es-tu si arrogant ? le coupa-t-elle avec hargne.

   Il garda le silence.

   – Tu sais ce que tu viens de faire ? Tu viens de ruiner ma seule chance de rompre avec cette vie, je n’avais besoin que de ce paiement.

   –   Alors c’est vrai ? Tu as tué ton partenaire pour un salaire ? demanda-t-il la mort dans l’âme.


mesange  (31.03.2020 à 18:37)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E201
Lundi 8 juin à 20:40
2.12m / 11.3% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E201
Lundi 8 juin à 19:15
2.04m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Ici tout commence, S06E201
Lundi 8 juin à 18:35
1.83m / 17.5% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins

Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins
Scooby-Doo montre enfin le bout de sa truffe ! Netflix a dévoilé la première image du célèbre chien...

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

HypnoRooms

choup37, 06.06.2026 à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, 07.06.2026 à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, 07.06.2026 à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages