HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Le bureau

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 24.02.2010 à 16h13
Auteur : okapi 
Statut : Terminée

« "Le bureau" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "The desk" » okapi 

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Cette fanfic compte déjà 53 paragraphes

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okapi  (24.02.2010 à 16:14)

Certains paragraphes sont déconseillés au moins de seize ans car ils contiennent des scènes à caractère sexuel entre deux adultes mariés et cela pourrait peut être choquer ces jeunes lecteurs.


okapi  (24.02.2010 à 16:15)

Chapitre 1

Sully, sortant de la grange froide et obscure, porta la main à ses yeux pour les protéger de la lumière du soleil, puis respirant à pleins poumons, il savoura l’air vif et printanier de cette fin de journée. 

Cela avait été une de ces journées magiques qu’il aimait tant. Le fond de l’air était encore frais alors que les rayons du soleil commençaient graduellement à devenir plus chauds ; et aussi loin que son regard pouvait porter, le ciel était d’un bleu d’azure, lumineux et limpide, sans un nuage à l’horizon.

C’était la période de l’année qu’il préférait, celle où, dans le jardin de Michaela, les premières fleurs à bulbe pointaient le bout de leur nez, d’abord timidement, puis audacieusement, défiant le froid et   la terre endurcie. Les arbres se couvraient peu à peu de jeunes pousses et de bourgeons d’un vert tendre. Les animaux sauvages, qui avaient survécus à l’hiver rigoureux, se risquaient de nouveau en dehors de leurs gîtes et de leurs tanières, à la recherche d’un soleil bienfaisant. 

Cela lui fit penser qu’il devrait bien, un de ces prochains jours, emmener Brian et Katie explorer les fourrés sur les collines, pas loin de la maison. Les biches et leurs faons n’allaient pas tarder à y faire de nouvelles apparitions. 

Cette année, en particulier, il avait toutes les raisons du monde de se montrer heureux de vivre. 

Il avait encore du mal à réaliser qu’il était enfin redevenu un homme libre. Libre d’aller et venir à sa guise autour de chez lui et dans la forêt. Libre d’accompagner sa famille en ville, à la clinique, à l’épicerie, au restaurant de Grace et même à l’église, comme il venait de le faire ce matin, sans être inquiété par l’armée et sans craindre la justice. 

Il respira de nouveau profondément, soulagé et heureux. 

Alors qu’il savourait l’instant présent, clignant des yeux sous la lumière orangée de cette fin d’après-midi, il aperçu Michaela qui franchissait le seuil de la maison. 

Un livre relié de cuire à la main, elle erra quelque temps au hasard dans la cour avant de rejoindre le banc situé sous le grand chêne.  

Elle s’assit sous ses branches qui ne donnaient encore qu’une ombre clairsemée, ouvrit son livre et le posa sur ses genoux mais garda son regard fixé dans le vide. 

Sully fronça les sourcils de consternation. 

Depuis plusieurs jours, il avait remarqué que Michaela ne semblait pas partager son bonheur quotidien, il en était bien embarrassé et se demandait qu’elle en était la raison. 

Depuis Noël dernier, époque où il avait enfin put rentrer à la maison en homme libre, ils avaient du s’ouvrir de nouveau l’un à l’autre, réapprendre à se connaître, affronter et combattre les non-dits, les sentiments refoulés et toutes les frustrations qu’ils avaient éprouvés pendant les mois de leur séparation. 

Sully pensait qu’ils y étaient parvenus avec succès. 

Juste au moment où les choses commençaient à s’arranger, un fou qui cherchait à se venger des médecins avait tiré sur Michaela, les obligeant de nouveau à affronter de vieux démons.


okapi  (24.02.2010 à 16:22)

Une fois de plus, la vie avait repris ses droits et son cours normal, mais cependant, Michaela semblait sombrer dans la dépression, ou dans un état d’écrit par d’autres comme de la *mélancolie*. C’était tellement surprenant et inhabituel de la voir ainsi. 

Depuis toutes ces années, même pendant les périodes les plus sombres qu’ils avaient partagées, elle avait toujours su garder un fond d’optimisme, lui remontant même le moral quelques fois. 

Il laissa son esprit vagabonder dans ses souvenirs, remontant jusqu'à l’année de leur mariage, à la recherche d’un indice, d’une raison quelconque pouvant expliquer son état présent. 

Peut de temps après leur union, elle s’était déjà montrée déprimée ainsi, alors qu’elle craignait être trop âgée pour procréer. Mais, une des réponses à son angoisse avait été de prouver à tous que même si elle était trop vieille pour porter un enfant, elle ne l’était pas pour escalader le sommet de Pikes Peak. De plus, le diagnostique s’était montré incorrect et elle avait découvert très peu de temps après qu’elle était enceinte de leur chère petite Katie. 

Il sourit en se remémorant cet instant de bonheur intense. 

Ses pensèrent regagnèrent le moment présent, et, alors qu’il la regardait, assise ainsi dans la lumière orangée du couché du soleil, il réalisa soudain qu’elle n’avait pas tournée une seule page de son livre depuis l’instant où elle s’était assise sous le chêne. 

Quelque chose la tourmentait réellement. 

Il détestait la voir ainsi. Cela lui donnait une sensation étrange au creux de l’estomac. 

Il se sentait comme coupé d’elle, se demandant bien quand et si elle sortirait de cette étrange état, et si elle lui donnerait, au moins, quelques indications sur ce qui l’inquiétait ainsi. 

Il désirait désespérément la rejoindre et la serrer dans ses bras, pour la rassurer et lui dire que, quelques soient ses soucis, ils passeraient bien vite et que tout irait bien. Mais, il hésitait à le faire directement, car quelques soient la manière dont il avait abordé le sujet ces dernier jours, elle avait toujours refusé d'en parler, détournant la conversation gentiment mais rapidement. 

Ne la quittant pas des yeux, il déambula le long de la barrière et à travers la cour, pour aller s’assoir sur les marches de la véranda et s’appuya contre la rampe des escaliers. 

Ses pensées firent un nouveau bond en arrière jusqu’à l’époque qui avait précédé de peu la naissance de Katie; en fait c’était à peu près à la même période de l’année, au début du printemps. 

A ce moment là, il avait imputé son état de déprime au stress lié aux dernières semaines de sa grossesse qui s’était cumulé à celui d’un surcroît de travail à la clinique. 

Il plissa les yeux et fronça les sourcils de frustration en se creusant la tête pour essayer de trouver quoi d’autre aurait pu également l’affecter à ce moment là. 

Poursuivant son enquête, il examina de plus près leur seconde année de mariage. 

Tout le monde disait que la première année était la plus dure, mais il était absolument et résolument en désaccord avec ce vieil adage.


okapi  (25.02.2010 à 14:06)

Bien sûr, la plupart de leurs ennuis de l’année dernière étaient dus à des causes extérieures et ils les avaient affrontées et traversées le plus souvent ensemble. 

Il secoua la tête en réalisant qu’ils avaient été séparés l’un de l’autre plus souvent qu’à leur compte et il se sentit de nouveaux honteux de son égoïsme qui avait été la cause de cette situation. 

Il essaya en vain de se souvenir de ce qui s’était passé cette année là, à la même époque. En février, il y avait eu l’incident avec son ami Daniel, lorsqu’il avait séjourné à la maison. 

A l’évocation de ce mauvais souvenir, son cœur se mit à battre un peu plus fort. 

A plusieurs reprises, il avait également eu des maux avec Matthew et les problèmes à la réserve avaient graduellement commencé à se faire plus fréquents et plus graves. 

En y réfléchissant mieux, il se souvînt qu’effectivement, Michaela avait semblé se replier sur elle-même pendant quelques temps. 

De nouveau, il avait cru que cela était du à tous leurs soucis de l’époque, mais à présent, il commençait à se demander s’il n’y avait pas autre chose, comme une autre cause récurrente à son état. 

Et qu’en était-il des années qui avaient précédées leur mariage ? 

Le printemps de leur année de fiançailles ? 

Il y avait eu la bataille juridique avec Ethan Cooper au sujet de l’adoption des enfants, puis le massacre des Cheyennes à Washita. 

Il baissa la tête et sentit aussitôt les larmes lui venir aux yeux. Il ne pourrait jamais pardonner et encore moins comprendre le pourquoi de cette tragédie imputable aux exactions de ce Custer et il savait que cela affectait Michaela tout autant que lui. Elle en rêvait encore parfois et faisait des cauchemars terrifiants. 

Mais qu’en était-il des semaines qui avaient précédé ce jour abominable ? 

Comme aujourd’hui, elle s’était montrée un peu absente et préoccupée et cela même après leur victoire sur Ethan qui avait finalement décidé de laisser les enfants vivre auprès d’eux au lieu de les emmener avec lui à San Francisco. 

Il remonta encore une année en arrière. 

La nouvelle institutrice venait d’arriver à Colorado Springs et cela ne se passait pas aussi bien que les habitants l’avaient espéré. 

Il avait été vraiment désolé pour Michaela et les enfants lorsqu’il s’était avéré que l’enseignante avait frappé plusieurs de ses élèves et avait même blessé Brian, encore très jeune et très impressionnable. 

Peu de temps après cet incident, il avait bien senti que Michaela désirait se rapprocher de lui, mais sa timidité maladive et ses inhibitions l’emportaient alors sur les élans de son cœur, l’obligeant à toujours garder une certaine réserve et une certaine distance avec lui, comme cela avait été souvent le cas à l’époque où il lui avait officiellement fait la cour.  

Et à présent, alors que le soleil orangé déclinait à l’horizon, Michaela, appuyée, sur le tronc noueux du chêne, n’essayant même pas de faire semblant de lire, fixait un point vague à l’horizon, le regard suspendu dans le vide.


okapi  (26.02.2010 à 14:33)

Elle ne s’était probablement pas aperçue qu’il était en train de l’observer amoureusement en silence. 

Ce matin, après l’office, il avait été pris au dépourvu lorsqu’elle leur avait demandé si cela ne les gênait pas de ne pas participer au traditionnel pique-nique dominical, car elle préférait rentrer à la maison. 

Cela n’avait pas semblé inquiéter Brian qui avait déjà le projet d’aller rejoindre des amis à la rivière pour une partie de pêche et Katie était encore bien trop petite pour réaliser qu’elle manquait quelque chose. 

Ils étaient donc rentrés, et après avoir dîné rapidement d’un simple repas froid, lui et Michaela avaient vaqué à diverses besognes et travaux en retard, elle dans la maison et lui dans la grange. 

Katie devait encore à l’évidence faire la sieste car il ne l’avait pas entendue depuis plus d’une heure. 

Il se leva, étira ses muscles endoloris et, lentement mais résolument, marcha jusqu’à Michaela. 

Peut-être avait-elle juste besoin de son soutien, d’un peu de tendresse et d’attention. 

Sully n’était à peine qu'à un mètre d’elle quand elle s’aperçut enfin de sa présence. Elle se tourna dans sa direction et lui sourit. 

« Tu as terminé tout ce que tu avais à faire ? » demanda-telle en se décalant au bout du banc pour lui faire une petite place à ses côtés. 

« Oui, il n’y avait pas grand chose à faire… nous n’avons pas l’habitude de rentrer si tôt à la maison le dimanche ! » répondit-il en passant un bras protecteur autour de ses épaules. 

Elle s’appuya contre lui, laissant sa tête reposer dans le creux de son épaule. 

Elle soupira et recommença à fixer la prairie et les montagnes qui peu à peu changeaient de couleur tandis que le soleil descendait à l’horizon. 

Il lui prit doucement la main et lui demanda d’une voix préoccupée : « Quelque chose te tracasse Michaela ? Tu as été si calme et si silencieuse toute la journée ! » 

« Je vais bien, Sully ! La chaleur m’a juste rendue un peu nonchalante, c’est tout. Nous ferions bien de nous soucier de Katie. Je pense qu’elle ne va pas tarder à se réveiller, étant donné qu’elle a déjà dormi durant le trajet de retour depuis l’église. » 

Sully savait bien que Michaela tentait juste de changer de sujet de conversation en mentionnant Katie et il essaya encore une fois.

« Tu me le dirais si quelque chose n’allait pas, n’est-ce pas Michaela ? Nous ne devons pas avoir de secret l’un pour l’autre ! » Il se mordit la lèvre et ajouta pour finir « Nous savons tous les deux que cela ne cause que des problèmes. » 

Michaela plongea son regard dans le sien.


okapi  (27.02.2010 à 13:39)

« Tout va bien, Sully. Je ne me sens pas d’humeur très sociable en ce moment, c’est tout. » Répondit-elle, ses beaux yeux cherchant à recevoir son approbation d’une manière inhabituelle. Puis, elle ajouta avec un faible sourire : « Que dirais-tu d’une partie d’échec après le souper ? » 

Comprenant bien que le sujet était définitivement clos, Sully accepta sa proposition. Ils se levèrent donc, et marchèrent main dans la main jusqu’au seuil de la maison. 

Chapitre 2

Tôt le lendemain matin, alors que Sully stoppait le chariot devant la clinique, la famille fut bientôt rejointe par Matthew qui s’approchant de Michaela, souleva aussitôt sa petite sœur des bras de sa mère. 

« Hé ! Bonjour Sully, Dr Mike, Brian et toi petite Katie » dit-il à la petite fille qui se trémoussait déjà en riant perché sur sa hanche. 

Sully et Brian sautèrent en bas du chariot, l’impact de leurs bottes soulevant de fins nuages de poussière dans les airs. Puis, Sully faisant le tour de la voiture offrit galamment sa main à Michaela pour l’aider à descendre à son tour. 

« Dr Mike, Horace vous cherchait il y a un instant, il a dit que vous deviez aller à la gare dès votre arrivée pour réceptionner des colis qui sont arrivés par le premier train de ce matin » dit Matthew distraitement, focalisant son attention sur Katie qui, riant aux éclats, essayait de lui retirer son grand chapeau.

« Des colis ? » s’exclama Michaela avec étonnement. « Je n’attends aucune fourniture médicale. En fait, j’ai passé une bonne partie de la journée de samedi à faire un inventaire pour pouvoir justement rédiger une nouvelle commande cette semaine ! » 

« Et bien, emmène Katie à l’intérieur et je vais aller jusqu’à la gare pour voir ce qu’il en est » déclara Sully d’un ton décidé. Il sourit à sa femme, fit un signe de tête à Brian et à Matthew, donna un rapide baiser à Katie que Matthew rendit à sa mère et commença à remonter la rue, d’un pas rapide et volontaire, en direction de la gare. 

Michaela le regarda s’éloigner en fronçant les sourcils. 

Elle savait qu’il se faisait du souci pour elle en ce moment et elle aurait bien voulu dissiper ses inquiétudes, mais cela lui était difficile de le faire d’autant qu’elle ne savait pas vraiment ce qui la tourmentait elle-même. 

A plusieurs reprises ces derniers temps, elle s’était surprise à fixer le vide, perdue dans ses pensées, et cela même lorsqu’elle était assise à son bureau, à la clinique, lieu où elle était habituellement capable d’une extrême concentration, allant même jusqu’à oublier tout ce qui pouvait la distraire autour d’elle. 

Elle ressentait une nervosité inhabituelle qui la laissait déprimée, inquiète et mal à l’aise. 

L’arrivée du printemps lui faisait toujours un peu cet effet là. 

Elle se secoua pour sortir de sa rêverie, fit un signe de la main à Brian qui partait pour l’école et arpenta la galerie couverte de la clinique en direction de la porte. 

Une quinzaine de minutes plus tard, alors qu’elle était occupée à consulter la fiche de renseignements d’un de ses  patients, elle fut surprise lorsque Sully frappa et entra dans la clinique… les mains vides.


okapi  (28.02.2010 à 14:43)

Elle le regarda sans comprendre, les sourcils froncés en signe d’interrogation. 

« Euh… Michaela… Je pense qu’il serait préférable que tu viennes avec moi jusqu’à la gare… voir par toi-même » dit Sully mystérieusement, le sourire aux lèvres. 

Michaela lui jeta un regard angoissé. « Qu’est-ce que c’est Sully ? Est-ce que quelque chose ne va pas ? » 

Il répéta : « Je pense qu’il vaut mieux que tu vois ça par toi-même ». Ce faisant, il décrocha son châle de laine suspendu au porte-manteau derrière la porte et lui tendit sans lui en dire plus long. 

Avec un léger soupir d’exaspération, Michaela le laissa lui passer le châle autour des épaules et ils sortirent de la clinique. 

En arrivant à la gare, Michaela fut aussitôt frappée d’entendre le bourdonnement d’excitation qui provenait d’une petite foule de curieux rassemblés là. L’objet de leurs conversations était une grande caisse en bois qui se trouvaient sur le sol à seulement quelques mètres de la voie ferrée. 

Plusieurs personnes, dont Matthew et Grace, étaient occupées à tourner autour de la caisse pour lire les étiquettes qui y étaient attachées. Grace l’apercevant de loin, la héla avec excitation : « Docteur Mike… Docteur Mike ! C’est pour vous… ça vient de Boston ! » 

Sur ce, Horace Bing, sortant du bureau du télégraphe, tendit une enveloppe à Michaela. « C’est arrivé avec les caisses, Docteur Mike. » expliqua-t-il d’un ton sérieux, montrant la grande caisse et une autre plus petite située à peu de distance de la première. 

Incapable de retourner dans son bureau tant que sa curiosité ne serait pas satisfaite, il resta à roder distraitement derrière la famille pendant que Michaela contemplait l’enveloppe et les caisses avec un peu d’appréhension. 

Connaissant le penchant de sa mère pour lui envoyer les cadeaux les plus inappropriés (pour l’aider, comme elle lui avait déclaré à maintes reprises, à apporter un peu de civilisation dans cette contrée sauvage et reculée jusqu’aux frontières du Colorado.), elle était un peu inquiète de ce qu’elle allait découvrir. 

Comme s’il lisait dans ses pensées, Sully lui souffla à l’oreille : « Tu ne sauras jamais si tu ne l’ouvres pas ! » 

Elle lui lança un regard angoissé et acquiesça avec résignation. 

Ressentant soudain un léger pincement au cœur, elle s’aperçut que sous l’excitation du moment, il s’était mis à battre un peu plus vite dans sa poitrine. 

Elle gravit les quelques marches pour atteindre le quai de bois de la station, suivie de près de sa famille et de la petite foule de curieux, puis, s’asseyant sur un banc, elle attendit que Sully et Matthew viennent s’installer à ses côtés avant de déchirer le bord de l’enveloppe. 

Parcourant rapidement son contenu des yeux, elle dit calmement « Cela vient de ma mère » confirmant ainsi ce que chacun avait déjà deviné. Puis, elle se mit à lire la lettre à voix basse de manière à ce que seuls ceux qui étaient assis à ses côtés puissent entendre ses paroles.


okapi  (01.03.2010 à 21:33)

24 avril 1873 

Ma chère Michaela, 

J’espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé, toi et toute ta famille, spécialement après les moments éprouvants de ces derniers mois durant lesquels je n’ai cessé de penser à vous. 

Michaela marqua une pause pour regarder Sully, et se rapprocha un peu de lui, de manière à s’assurer inconsciemment de sa présence à ses côtés. Puis, elle reprit sa lecture. 

Comme tu le sais, chaque année à la même époque, j’ai l’habitude de me replier un peu sur moi-même et de réfléchir à l’éventualité de ma mort prochaine.  

Plus les années avancent et plus mes pensées se tournent vers vous, mes chers enfants et petits enfants, à propos de votre avenir et non plus du mien, qui, comme nous le savons tous et devons l’accepter, est désormais bien limité. 

Tandis que Michaela continuait sa lecture, Sully fût soudainement frappé par la similitude étrange qui existait entre la teneur de la lettre d’Elisabeth Quinn et la façon de se comporter de Michaela depuis ces derniers jours. 

Il réalisa alors que cette lettre pourrait bien lui fournir les réponses qu’il cherchait. Il sortit à temps de ses réflexions silencieuses pour entendre Michaela lire la suite de la lettre.

Au terme de ces six années passées, j’ai enfin réalisé que ta vie est désormais établie à Colorado Springs et que tu ne considéreras plus jamais Boston comme ton foyer. 

Cette distance qui nous sépare m’a fait peu à peu prendre conscience que la plus jeune de mes filles ne recevrait peut-être jamais ce que son père et moi-même aurions voulu lui léguer.  

Par conséquent, cette année, j’ai pris quelques dispositions pour m’assurer que tu recevrais ce qui te revient de droit.  

Deux caisses accompagnent cette lettre.  

Je pense qu’après en avoir découvert le contenu tu comprendras mieux pourquoi j’ai choisi de te les envoyer.  

Elles renferment un certain nombre de choses qui, je l’espère, te seront aussi chères et précieuses qu’elles l’ont été à mes yeux.  

Je souhaite que tout ceci revienne aux membres de ta famille.  

En agissant de la sorte, je formule le vœu que tes enfants puissent connaître un peu mieux l’histoire de leurs grands-parents et de cette famille dont tu es issue.

Recevez tout mon amour.

Mère

« Oh, mère ! » murmura Michaela dans un sanglot.

                                                                                                        


okapi  (02.03.2010 à 13:56)

Ses mains tremblantes froissaient nerveusement la lettre posée sur ses genoux. 

Sully se pencha légèrement et lui prit délicatement la lettre des mains avant de la replier soigneusement puis, il glissa doucement sa main dans la sienne. 

« Docteur Mike, allez-vous ouvrir les caisses ici ? » demanda Matthew doucement. Il était l’un du petit nombre de ceux qui avaient entendu le contenu entier de la lettre. 

Elle le regarda à travers ses larmes puis jeta un autre regard à Sully. Ses yeux bleus étaient remplis d’un million de questions, mais elle savait qu’il n’en formulerait aucune tant qu’ils seraient en présence de tous ces gens. 

Se retournant vers Matthew, elle répondit brièvement : « Je pense qu’il vaudrait mieux que je les ouvre à la maison. Mais je ne sais pas comment nous allons faire pour les transporter là-bas. Elles ont l’air affreusement lourdes ! » 

« Pour sûr ! Elles le sont, Dr Mike ! » Intervînt Horace avec son empressement habituel. « C’est pour cela qu’elles se trouvent à côté des rails. Le conducteur du train et moi-même n’avons pas pu les déplacer plus loin… en particulier la plus grosse !» 

Michaela regarda Sully avec un regard anxieux. « Sully ? » 

« On va bien trouver un moyen pour les mettre sur le chariot ! » dit-il rassurant, tout en se demandant silencieusement comment il allait bien pouvoir s’y prendre. 

« Je vais vous aider » offrit aussitôt Matthew. 

« Et Robert E peut vous donner un coup de main un peu plus tard dans l’après-midi. » suggéra Grace qui mourait d’envie de savoir ce que contenaient les caisses. « Mais vous allez également avoir besoin d’aide chez vous. Il ne suffit pas de les mettre dans le chariot… il va falloir aussi les décharger là-bas ! » 

Michaela sourit, sachant pertinemment que son amie était tout aussi curieuse qu’elle à propos de ces mystérieux colis en provenance de Boston. 

Avant qu’elle n’ait pu prendre la parole, Sully proposa gentiment à Grace : « Et bien, vous et Robert E n’avez qu’à venir à la maison cet après-midi et vous resterez pour le souper ! » 

Michaela le regarda avec surprise. Elle allait justement proposer la même chose à Grace. 

Elle appuya les paroles de Sully par un signe de tête approbateur, signifiant ainsi à Grace qu’elle était en parfait accord avec lui sur ce point. 

Grace, rayonnante de joie, s’exclama aussitôt : « Ce sera avec joie Sully, Dr Mike ! J’apporterai une tarte pour le dessert ! » 

« Affaire conclue ! Vous savez combien j’apprécie vos tartes, Grace ! » Reprit Sully d’une voix décidée. « Maintenant, nous avons tous de nombreuses choses à faire avant de pouvoir satisfaire notre curiosité ». 

Sur ce, il se pencha pour embrasser sa femme, puis, offrit son bras à Grace en lui proposant de la raccompagner jusqu’au restaurant. Elle rougit devant tant d’attention, mais prit son bras et ils se mirent tous deux en route.


okapi  (03.03.2010 à 13:47)

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