HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Le bureau

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 24.02.2010 à 16h13
Auteur : okapi 
Statut : Terminée

« "Le bureau" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "The desk" » okapi 

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Elle lui demanda alors avec un peu d’anxiété dans la voix : « Et toi, tu trouves aussi que je suis étrange parce que je pense et que j’agis comme je le fais ? » 

« Bien sûr que non ! » répondit-il sans hésitation « Je ne t’aurais pas épousée si c’était le cas. Je t’aime parce que tu es ainsi… exactement comme tu es. » 

Il lui donna un rapide baiser avant d’ajouter en riant : « Je crois que les biscuits sont à point ! » 

Michaela poussa un petit cri et bondit de sa chaise pour sauver leur petit déjeuner. 

Il rit encore plus fort en la voyant courir à travers la salle de séjour en rouspétant, se jeter sur la porte du four et en ressortir les biscuits carbonisés. 

Katie, perplexe et les yeux grands ouverts, observa le visage rayonnant de son père, puis, battant des mains, se mit à rire à son tour. 

Pendant qu’ils déjeunaient, Sully suggéra tranquillement « J’ai pensé que je pourrais emmener Katie faire un petit tour ce matin… voir s’il y a des biches dans le secteur. Et je la ramènerai en ville un petit peu plus tard. » 

Il observa la réaction de Michaela face à cette proposition et tous les sentiments contradictoire qui l’assaillaient et passaient l’un après l’autre sur son visage. 

« Je pense qu’elle aimerait ça » répondit-elle en fin de compte, « mais le chemin est bien trop long pour la porter et pour qu’elle marche seule.» 

« Nous irons à cheval. Je la mettrai devant moi » dit-il en la regardant attentivement pour juger de sa réaction devant cette nouvelle proposition. 

Elle marqua une nouvelle pause avant de lui répondre « Si tu penses que c’est possible et sans danger pour tous les deux.» 

Elle refoula ses craintes et ajouta : « Quand vous reviendrez en ville, nous irons prendre un café chez Grace. Je veux tout savoir au sujet de ces biches.» 

  

Michaela tendit Katie à Sully qui l’installa en toute sécurité devant lui, juste derrière le pommeau de la selle. 

Michaela fit un pas en arrière, avec une furieuse envie de débiter à Sully tout ce que sa propre mère avait du dire un million de fois : « Sois prudent, fais attention à notre bébé, ne la fatigue pas trop ! », et bien d’autres choses encore. 

Au lieu de cela, elle regagna la galerie couverte en haut des escaliers et leur fit un signe de la main lorsqu’ils se mirent en route. 

Au plus profond d’elle-même, elle savait bien qu’elle n’avait aucune raison de s’inquiéter. Sully ne ferait jamais rien qui pourrait blesser Katie ou la mettre en danger, elle était l’amour de leurs vies et il ferait toujours ce qui était en son pouvoir pour la protéger. Cependant, il lui avait été vraiment difficile de tenir sa langue. 

Elle resta un moment sur le seuil de la porte à regarder le père et la fille s’éloigner doucement. 

Elle soupira alors et fit quelque pas pour pénétrer à l’intérieur de la maison.


okapi  (16.03.2010 à 14:05)

Ces yeux se posèrent aussitôt sur le bureau. 

Les rayons du soleil couchant filtraient à travers les lourds rideaux de dentelle française, éclairant encore les papiers, les dossiers et les livres étalés sur le bureau avant de venir mourir sur l’épais tapis de la bibliothèque. Il était penché sur un dossier ouvert devant lui, les sourcils froncés à force de concentration.  

Une petite fille était assise sur ses genoux, vêtue d’un tablier un peu trop grand pour elle, ses deux jolies nattes cuivrées retombant le long de son dos.  

Elle dessinait avec acharnement, la poudre de sa craie volant dans l’air et se déposant sur le travail que son père tentait de terminer.  

De temps en temps, il balayait doucement, du revers de la main, la poussière de craie répandue sur ses papiers et repoussait l’ardoise un peu plus loin de son ouvrage.  

Elle n’était absolument pas consciente de la gêne qu’elle lui occasionnait, s’extasiant devant ses dessins et attirant sans cesse son attention pour qu’il contemple ses chefs d’œuvre.  

Il se retournait pour les admirer et lui exprimer sa joie devant de telles prouesses avant de se remettre discrètement à son travail. 

Le cœur battant légèrement plus vite que d’accoutumer, Michaela retint son souffle et ferma les yeux pour maîtriser les émotions qui la submergeaient en même temps que ses souvenirs. 

Elle les rouvrit et se retourna pour fermer la porte juste à temps pour voir Sully faire faire demi-tour à son cheval et permettre ainsi à Katie de faire un dernier signe de la main à sa maman. 

Elle observa Sully se pencher en avant et murmurer quelque chose à l’oreille de la petite fille. 

Elle avait l’air si minuscule mais tellement heureuse d’être assise ainsi devant son père qu’elle applaudissait autant qu’elle lui faisait au revoir de la main. 

Sully lui fit signe à son tour avant de faire de nouveau pivoter son cheval pour repartir en direction des bois. 

Elle se détourna de la route, ferma la porte et se retrouva dans la maison vide et silencieuse, confronté de nouveau à ses souvenirs si intenses, engendrés par la présence du bureau au fond de la pièce. 

Son père était assis, le Boston Globe ouvert devant lui, ses lorgnions qui reposaient sur le bout de son nez jetant des reflets argentés sur sa moustache.  

La petite fille perchée sur le coin du bureau l’écoutait attentivement lui lire et lui expliquer un article et son illustration décrivant les actions d’un sénateur local.  

Elle était penchée sur le journal, presque couchée sur le bureau, ses longs cheveux soyeux maintenus par un ruban couleur lilas, et ses bottines noires cirées pendant de part et d’autre de l’accoudoir du fauteuil.  

Elle pointait du doigt divers articles du journal, lui demandant forces explications et de nombreux détails sur ce qu’elle voyait.  

Parfois, il se penchait un peu pour la tapoter gentiment dans le dos ou sur l’épaule, lorsqu’elle lui montrait qu’elle avait compris telle ou telle explication, ou lorsqu’elle se montrait critique à l’égard d’un texte qui soulevait en elle d’autres questions.   

Michaela soupira et sortit de sa rêverie. Aujourd’hui était une journée ordinaire de travail comme tant d’autre et elle était attendue à la clinique pour une première consultation dans moins d’une demi-heure.


okapi  (17.03.2010 à 14:09)

Chapitre 5

Un pâle soleil éclairait le ciel ; un vent froid s’était levé et Sully aspirait à retrouver la douce chaleur du foyer. Il poussa la porte d’entrée, cherchant aussitôt des yeux Michaela et les enfants. 

Elle était occupée à cirer méthodiquement le bureau d’acajou et le fauteuil présidentiel qui l’accompagnait. Ses cheveux retombaient le long de son visage et ses mains s’agitaient sur le plan de travail, passant dans la moindre fente et dans le moindre recoin, pour éliminer la poussière et la saleté déposées là au cours de son transport ferroviaire.

Elle leva son regard sur lui et lui adressa un sourire rayonnant, lorsqu’il ferma la porte, avant de reprendre le lustrage méticuleux du meuble. 

« Brian est rentré ? » demanda-t-il. 

« Mumm, il est en haut en train de faire ses devoirs. » 

« Où est Katie ? » questionna-t-il encore en se rapprochant d’elle. 

« Elle s’est endormie dès que nous sommes rentrés de la clinique. La balade de ce matin avec toi l’a vraiment épuisée. » Répondit Michaela, sans aucun reproche dans le ton de sa voix. 

Sully s’assit sur l’accoudoir du fauteuil le plus proche et l’observa faire pénétrer vigoureusement la cire d’abeille dans le bois foncé. 

« Elle était si drôle ce matin » raconta-t-il en riant « Je n’ai pas pu lui faire comprendre qu’elle devait rester tranquille. Si bien qu’à chaque fois qu’une biche sortait des fourrés, elle poussait des cris et battait des mains, la faisant fuir aussitôt. Bien sûr, elle se mettait alors à crier pour la voir de nouveau et pour finir j’ai du abandonner. » 

« Elle est encore trop petite Sully. Elle comprendra bien assez vite » répondit Michaela dans un sourire. 

« Je sais bien, mais c’était vraiment très drôle de la voir agir comme ça. » 

Il se leva et se rapprocha du bureau, et comme Michaela l’avait fait la veille, il laissa courir sa main sur la surface lisse, et désormais étincelante, du bois. 

Au cours de son exploration, ses doigts rencontrèrent une légère anfractuosité sur laquelle il s’attarda. C’était une éraflure dans le bois, d’environ un centimètre et demi de long, difficile à remarquer après de nombreuses années de polissage à la cire.  

Michaela, qui continuait son ouvrage, leva les yeux et surpris son geste. 

Elle s’arrêta aussitôt, transféra son chiffon dans son autre main, et caressa à son tour la petite éraflure. 

Elle déclara d’un ton songeur

« C’est moi qui ai fait ça.J’ai cru que mon père serait très en colère.Je devais avoir huit ans. Mon père avait l’habitude de me faire asseoir sur le coin du bureau lorsqu’il lisait le journal et qu’il me parlait des sujets qu’il pensait que j’étais en âge de comprendre.

Un soir, j’étais tellement enthousiaste à propos d’un de ces articles, que je me suis couchée sur le bureau et la boucle de ma chaussure a glissé le long du bois en y laissant cette entaille.

Je m’en suis aperçu aussitôt, mais mon père ne l’avait pas remarquée.

Je me suis redressée pour recouvrir l’éraflure avec ma jupe en me demandant comment j’allais bien pouvoir faire pour continuer à lui cacher cet incident.

Pour finir, mon père a du réaliser que quelque chose n’allait pas car je trouvais toujours un nouveau sujet de conversation pour retarder le moment d’aller souper.

Quand il a découvert l’entaille, il a simplement dit : « Oh, Mike ! » et puis, il ma expliqué que je devrais travailler avec Martha, pour cirer le bureau et la faire disparaître. Pendant des mois, j’ai ennuyé Martha avec cette histoire, insistant pour que nous retournions cirer le bureau encore et encore, en pensant qu’elle finirait par disparaître. »

Elle passa de nouveau ses doigts sur la petite éraflure. « Mais tu vois, elle est toujours là » conclua-t-elle dans un rire.


okapi  (18.03.2010 à 15:15)

Imaginer Michaela en jeune et curieuse petite fille n’était pas une chose bien difficile pour Sully. 

Sa vulnérabilité si enfantine et la persistance qu’elle avait à croire en la bonté de l’être humain étaient deux de ses qualités qui la rendaient si attachante à ses yeux. 

Il sentit soudain son cœur déborder d’amour pour elle et fut pris d’une irrésistible envie de le lui prouver. 

Il la fit sursauter en la saisissant par la taille et la souleva pour l’asseoir sur le coin du bureau, à l’endroit même où se trouvait la petite marque, portant ainsi son regard à hauteur du sien. 

Plongeant ses yeux dans les siens, il lui dit d’un ton espiègle : « Tu n’as plus de mal à la cacher maintenant, tu es un petit peu plus grande qu’à cette époque. » 

Relevant l’étincelle de désir qui scintillait dans son regard, elle rougit légèrement et écarta les genoux pour que Sully s’avance entre ses cuisses. 

« Beaucoup plus grande ! » dit-elle dans un souffle, hypnotisée par ses yeux bleus, pendant que Sully approchait doucement son visage, qu’elle saisit aussitôt entre ses mains. 

« Beaucoup, beaucoup plus grande » murmura-t-elle de nouveau en inclinant légèrement la tête pour qu’il puisse poser ses lèvres sur les siennes. 

Elle ferma les yeux et Sully commença à déposer de nombreux et délicieux petits baisers au coin de ses lèvres, avant de les recouvrir tout à fait et de pénétrer doucement dans sa bouche. 

Elle céda aussitôt à sa demande et d’une manière familière et harmonieuse le mouvement leur baiser s’intensifia pour se faire plus profond et langoureux. 

Les mains de Sully commencèrent à glisser le long de ses cuisses et à caresser ses hanches pour remonter jusqu’à sa poitrine et à ses seins. 

Michaela répondit à ses affectueuses attentions par un faible gémissement, savourant chacun de ses gestes. 

Les battements de leurs cœurs et leur respiration commencèrent à s’emballer, et la fièvre de leur désir menaçait de les submerger. 

Chacun pouvait sentir le corps de l’autre réagir et répondre sous ses caresses. 

Ils firent une faible tentative pour se séparer, mais il leur était tout simplement impossible de résister à l’envie qu’ils avaient l’un de l’autre. 

Alors que leurs bouches continuaient de se chercher et de s’unirent passionnément, les mains de Michaela se déplacèrent amoureusement le long du dos et des épaules de Sully avant d’atteindre sa nuque, où elles commencèrent à lui dispenser un massage des plus sensuel, avant de se glisser dans ses longs cheveux blonds.

Il frissonna légèrement sous ses caresses et se serra d’avantage contre elle de manière à ne lui laisser aucun doute sur l’effet qu’elle lui produisait et l’envie qu’il avait d’elle.

Il l’attira alors contre lui pour sentir son corps entier reposer contre le sien.

Elle répondit de manière similaire en enroulant ses jambes autour de sa taille, croisant ses chevilles à l’arrière de ses genoux. 

Leurs caressent et leurs baisers reprirent de plus belle, semblant ne jamais vouloir prendre fin.


okapi  (19.03.2010 à 14:46)

Les mains de Michaela commençaient à déboutonner le bas de sa chemise et Sully était sur le point de suggérer qu’ils feraient bien de regagner le premier étage lorsqu'un raclement de gorge embarrassé se fit entendre depuis le haut des escaliers. 

Ils détournèrent la tête ensemble pour apercevoir le visage cramoisi de Brian qui essayait désespérément d’attirer leur attention. « Hum… hum… Man… Pa… Katie est réveillée et elle vous appelle » bredouilla-t-il, détournant les yeux pour éviter de croiser leurs regards. 

Michaela, elle non plus, ne savait pas trop où regarder, elle dénoua rapidement ses jambes enroulées autour de celles de Sully, le visage aussi rouge que celui de Brian. 

Sully de son côté répondit en riant « Merci Brian, nous allons monter la voir dans une minute. » 

Brian acquiesça et se retournant avec soulagement remonta les escaliers quatre à quatre.  

Il eut un long silence durant lequel ils essayèrent tous les deux de revenir sur terre et de se calmer en respirant profondément, pour finalement laisser échapper quelques soupirs de frustration. 

Sully plongea de nouveau son regard dans les si beaux yeux de Michaela, encore brillants de désir, et passa tendrement son pouce sur ses lèvres d’un rouge éclatant. 

Elle baissa son regard en direction du plancher « Qu’est-ce qu’il va penser de nous, Sully ? » demanda-t-elle dans un murmure embarrassé, remarquant que ni l’un ni l’autre n’avaient été capable de suivre Brian en haut des escaliers. 

En fait, elle était soulagée d’être encore assise là, quoique installée dans un équilibre précaire sur le bord du bureau.  

Sully lui sourit amoureusement et lui dit avec humour : « Nous nous sommes laissés un peu emporter, mais il s’en remettra. Au moins, maintenant, il n’a plus aucun doute sur le fait que son père et sa mère s’aiment. » 

Malgré la rougeur qui inondait sa peau, elle répondit doucement : « Et bien, je dois avouer que je suis d’accord sur ce point. » 

Elle passa nerveusement sa langue sur le haut de sa lèvre en suggérant : « On ferait mieux d’aller voir s’ils vont bien tout les deux, d’accord » et elle ajouta en lui adressant un large sourire taquin : « Tu es prêt ? » 

« Donne moi juste une minute et ça va aller » murmura-t-il, en souriant pour essayer de gagner du temps. 

Il fit un pas en arrière et Michaela se laissa glisser en bas du bureau. 

Alors qu’elle le contournait, ses lèvres frôlèrent son oreille et elle lui chuchota : « Ce soir ! », puis elle détala avant qu’il ne puisse répondre. 

Abasourdi, il la regarda disparaître en haut des escaliers. 

Etait-ce bien sa timide et parfaite petite épouse Bostonienne, qui venait de parler ainsi ? 

Cette promesse à demi-mot ne l’aida pas vraiment à retrouver son sang froid et cela lui pris encore un moment avant de pouvoir la rejoindre dans la chambre de Katie.


okapi  (20.03.2010 à 14:15)

Durant le souper, tous trois surmontèrent leur embarras et parlèrent aisément de divers sujets de conversation, dont le dernier exposé de Brian à l’école et son prochain article qui allait paraître dans * la gazette *. 

De surcroît, le babillage incessant de Katie, exubérante et pleine de vie après sa longue sieste, ne permit aucun moment d’un silence qui aurait pu être gênant. Elle était bien partie pour leur casser les oreilles ainsi pendant encore deux bonnes heures.

Après le souper et après que Katie fût de nouveau couchée, Michaela s’assit à son bureau, à la lumière d’une lampe à pétrole, et essaya de se plonger dans un des nombreux dossiers de ses patients qu’elle avait rapportés à la maison. 

Sully assis confortablement devant le feu en compagnie de Brian, écoutait ce dernier lui lire la dernière de ses nouvelles. 

Au lieu de se concentrer sur son dossier, Michaela ne put s’empêcher de tendre l’oreille pour écouter ce qu’ils se disaient. 

Brian se montrait de plus en plus attiré et enthousiasmé par l’écriture, et elle le voyait bien devenir écrivain ou journaliste. 

A son âge, Colleen avait déjà décidé qu’elle deviendrait médecin, mais Brian, lui, ne savait pas encore vraiment ce qu’il voulait faire. 

C’était un garçon si gentil et si sensible que Michaela était parfois soucieuse de le voir s’inquiété plus des autres que de son propre sort et de l’influence que c’est attitude pourrait avoir sur son avenir. 

Aurait-il la force de caractère qu’il faut pour prendre une décision à propos de ses études ou d’un choix de carrière si cela impliquait qu’il devait s’éloigner de la maison et de sa famille. 

Son cœur se serra à la pensée que lui aussi allait devoir un jour les quitter.

Elle sursauta soudain et revint à l’instant présent en entendant Sully rire de bon cœur à la lecture d’un des passages de la nouvelle de Brian. 

Elle l’écouta le féliciter pour son imagination et son style et elle ne put s’empêcher de sourire en constatant la complicité qui régnait entre eux. 

« Bien, je crois qu’il est l’heure d’aller me coucher » dit Brian en bayant au bout d’un moment. 

Il réunit tous les feuillets éparpillés de son histoire et commença à se diriger vers les escaliers. « Bonne nuit Man, bonne nuit Pa ! »

« Brian, attends ! » l’appela Michaela, « Viens par ici, une minute ! »

Brian, changeant de direction et les sourcils levés en signe d’interrogation, s’approcha de sa mère toujours assise à son bureau.


okapi  (21.03.2010 à 14:23)

« Brian, en t’écoutant lire ton histoire ce soir, je me suis souvenue de tout le temps que j’ai passé assise à ce bureau en compagnie de mon père. En fait, j’y passais tellement de temps à lire, à écrire et à dessiner, qu’il m’avait laissé le tiroir du haut pour que je puisse y ranger toutes mes affaires et mes productions. » Lui expliqua-t-elle doucement. 

Sa voix avait de nouveau repris ce ton nostalgique que Sully lui connaissait depuis quelques jours.

« Je pense que toi aussi tu aimerais sans doute t’installer à ce bureau pour faire tes devoirs en rentrant de l’école ou pour écrire une de tes histoire » continua-t-elle, « alors nous pourrions t’allouer ce même tiroir. Tu pourras y mettre tes livres, tes cahiers et tes crayons, et personne ne sera autorisé à l’utiliser à part toi. Qu’en penses-tu ? »

Brian lui sourit, rayonnant de joie : « Ce serait vraiment bien Man, surtout que c’était le même tiroir que tu utilisais quand tu étais petite… mais que va-t-il se passer avec Katie quand elle sera un peu plus grande ? » 

A cette dernière remarque de Brian, Sully retint sa respiration, et resta suspendu aux lèvres de Michaela. 

Il savait que la réponse qu’elle allait lui faire était primordiale pour ce garçon qui, depuis la naissance de Katie, ne savait plus très bien où était sa place au sein de leur famille. 

Les yeux de Michaela se firent d’une douceur infinie : « Et bien, plus tard, lorsqu’elle voudra dessiner et écrire, elle pourra également utiliser le bureau et avoir un tiroir à elle. Pourquoi pas celui qui se trouve de l’autre côté du bureau, juste en face du tien ? Mais j’aimerais que tu utilises celui-là, si cela te convient.» proposa-t-elle pleine d’espoir. 

« Bien sûr que je vais l’utiliser ! »Répondit Brian tout heureux, « Et je vais veiller à toujours y mettre suffisamment de papier et de crayons bien taillés pour pouvoir écrire à chaque fois que j’en aurai envie. Merci man ! » 

Et il se jeta dans ses bras pour la remercier. « Un de ces jours, j’écrirai peut-être une histoire qui parlera de toi et de papa. » déclara-t-il encore avant de se diriger de nouveau vers les escaliers. 

Chapitre 6

A l’insu de Michaela qui s’était remise à travailler sur les dossiers de ses patients, Sully suivit tranquillement Brian au premier étage et redescendit quelques minutes plus tard les bras chargés de leur couvre-lit et du petit carnet en cuir contenant le journal du Docteur Quinn. 

Sans déranger Michaela, il s’approcha de la cheminée et déplaça silencieusement les fauteuils afin de pouvoir étendre le couvre-lit devant l’âtre. 

Il attisa le feu et le rechargea afin qu’il puisse brûler pendant un bon moment, puis, il fit le tour de la pièce pour éteindre les lampes, en commençant par celles qui étaient le plus éloignées du bureau. 

Pour finir, il ne resta bientôt plus que deux lampes allumées : celle qui se trouvait sur la petite table placée entre les deux fauteuils et celle qui était accrochée au mur au-dessus du bureau.


okapi  (22.03.2010 à 20:14)

Lorsqu’il s’approcha et fit mine d’éteindre cette dernière lampe, Michaela, soudain déconcentrée, s’exclama vivement : «Sully ! Je n’ai pas encore terminé ! » 

Elle regarda autour d’elle et se trouva légèrement déconcerté en s’apercevant tout à coup que le reste de la pièce était déjà plongée dans l’obscurité. 

« C’est le moment de la journée qu’on appelle la nuit, Michaela. Tu ne peux pas travailler tout le temps ! » Dit-il doucement mais fermement. « Tu sais ce qu’on a dit… De toute façon, tu m’as promis quelque chose avant le souper ! » 

Il lui sourit et en découvrant ses yeux brillants, Michaela rougissante, réalisa soudain à quoi il voulait faire allusion. 

Elle se pencha de nouveau brièvement sur le dossier qui était ouvert sur le bureau et, avec un sourire radieux, le ferma résolument avant de se lever et d’aller se blottir dans les bras de son mari. 

Souriant avec délice, il la serra contre lui, puis, saisissant sa main, il l’entraîna jusqu’à la cheminée. 

Michaela eut un hoquet de surprise en découvrant le couvre-lit étendu devant l’âtre et ses yeux s’illuminèrent en voyant le journal de son père, placé stratégiquement sur la table basse à la lumière de la dernière lampe qui brillait encore. 

Elle tourna vers lui un regard empli de surprise. 

« J’ai pensé que tu aimerais peut-être en découvrir un peu plus ce soir et me le faire partager.» expliqua-t-il doucement en réponse à son interrogation silencieuse. 

Elle serra sa main un peu plus forte et plongea son regard dans le sien : « Tu es bien sûr que cela ne te dérange pas ? Tu n’as jamais rencontré mon père. » S’étonna-t-elle. 

« En t’écoutant, je n’apprends pas seulement des choses sur lui » expliqua-t-il un peu hésitant, «mais aussi sur toi. Tout ce que tu me racontes sur toi-même m’aide à mieux te connaître, à mieux te comprendre et à t’aimer d’avantage. J’aime la Michaela que je connais aujourd’hui, mais il y a la Michaela d’autrefois que je ne connais pas encore. » 

Sa voix s’était faite si douce, qu’à cet instant, il ressemblait à un petit garçon cherchant à se faire comprendre. 

Pour toute réponse, Michaela se blottit d’avantage dans ses bras en soupirant de contentement. 

« C’est pour ce genre de chose que je t’aime tellement » le rassura-t-elle « Je ressens la même chose pour toi. Tout ce que tu me dévoiles de toi me fait t’aimer d’avantage encore. » 

Tout en parlant, elle l’entraîna à s’asseoir avec elle sur le couvre-lit, devant l’âtre flamboyant, sous la lumière tamisée de la lampe à pétrole. 

Sully s’installa derrière elle et la fit asseoir entre ses genoux, face aux flammes bondissantes. 

Elle appuya aussitôt son dos contre sa large poitrine et saisissant ses mains elle s’enroula dans ses bras qui se refermèrent sur elle comme un cocon protecteur. 

Ils restèrent assis silencieusement pendant un petit moment à contempler le feu, tout simplement heureux de partager cet instant de tendresse et profitant d’être ainsi blottis dans les bras l’un de l’autre.


okapi  (23.03.2010 à 14:30)

Sully se penchant un peu, saisit alors le journal sur la table basse et le plaça sur les genoux de Michaela. « J’ai regardé les dates… ce carnet vient juste après celui que nous avons consulté hier soir. » dit-il doucement. 

Michaela l’ouvrit et parcouru quelques pages avant de répondre tranquillement : « La plupart de ses notes parlent de l’époque où ayant terminé mes études secondaires j’essayais d’intégrer une faculté de médecine. » 

Elle continua à lire silencieusement, pendant que Sully lisait par-dessus son épaule et elle s’exclama soudain : « Ecoute ça, Sully ! » 

Un autre refus d’intégration de Mike dans une faculté de Médecine est arrivé aujourd’hui. C’est le quatrième.

 La tristesse de son regard quand elle a compris que son rêve ne pourrait peut-être jamais se réaliser, ne cesse de m’obséder.

Je suis heureux qu’elle n’ait pas vu l’expression d’Elizabeth lorsqu’elle a ouvert la lettre. Elizabeth continue de croire que les rêves de Mike sont stériles, qu’aucune faculté sur la terre ne l’acceptera et que même si c’était le cas elle ne pourrait jamais exercer la médecine. Il m’arrive parfois, bien à contrecœur, d’être de son avis.

Je sais qu’Elizabeth est soucieuse de son bonheur, mais cela l’empêche de comprendre les ambitions de notre fille.

Je suis face à un dilemme, dois-je agir et passer à l’étape suivante ?

Si je prends ce risque, Elisabeth sera furieuse mais d’un autre côté, je ne peux pas rester impassible à regarder les rêves de Mike s’écrouler.

C’est décidé, demain j’écrirai à John à Philadelphie.

Il y a quelques années, on parlait là-bas d’établir une faculté de médecine pour les filles. 

« Je ne savais pas que j’avais semé la discorde dans le mariage de mes parents. 

Père à bien écrit à ce * John *, qui était en fait le Dr Barton et il a réussit à me faire inscrire à la faculté féminine de médecine de Pennsylvanie.  

Peut-être est-ce la raison pour laquelle Mère s’est montrée si froide et distante avec moi par la suite. 

En vieillissant, Père s’est renfermé d’avantage, se jetant à corps perdu dans son travail au lieu de ralentir son activité. 

Oh Sully, je déteste l’idée d’avoir été la cause de tous ces problèmes » se lamenta-t-elle. 

« Hé… hé…, les choses se produisent toujours pour une bonne raison, Michaela » dit-il en essayant de la consoler. « Tout cela devait arriver. Sinon tu ne te serais jamais retrouvée ici, et nous ne nous serions… » 

Son discours fut interrompu par des pleures et des cris de détresses provenant du premier étage. 

« C’est Katie, j’y vais ! » dit aussitôt Michaela qui se leva rapidement pour se précipiter dans les escaliers. 

Sully la regarda disparaître et se remit à contempler les flammes qui dansaient dans la cheminée, en réfléchissant à ce qu’ils venaient de lire. 

Etrangement, il s’aperçut qu’il arrivait à comprendre la Mère de Michaela. 

Elisabeth Quinn avait évolué dans le milieu médical durant de nombreuses années et elle savait bien qu’il serait très difficile à une femme de réussir en tant que médecin. 

Elle, mieux que personne, avait pris conscience de la détermination et de l’entêtement de Michaela.


okapi  (24.03.2010 à 13:48)

Il concéda que cela avait du être très difficile pour elle, en tant que parent, de savoir que sa fille se préparait à des années de peines et de déceptions. 

Elle connaissait assez Boston pour savoir que Michaela avait peut de chance d’y être un jour acceptée en tant que médecin, même parmi sa propre famille, que dire alors de la bonne société. 

Il souhaita réellement avoir l’opportunité de pouvoir un jour discuter plus longuement avec Elisabeth Quinn au sujet de la décision prise par sa fille de partir pour l’Ouest et de ses chances plus qu’improbables de pouvoir s’établir dans une petite ville comme Colorado Springs. 

Il se retourna en entendant Michaela qui redescendait les escaliers. 

Katie était blottie contre son épaule, enveloppée dans la couverture chaude et douillette de son berceau. 

Ses petits bras enroulés étroitement autour du cou de sa mère, hoquetant encore en raison de ses pleures récents. 

Ses larmes, en séchant avaient laissé deux petits sillons salés sur ses joues rougies. 

« Je pense qu'elle a du faire un mauvais rêve… » Murmura Michaela avec tendresse, en déposant un doux baiser sur la joue de sa fille et en lui frictionnant délicatement le dos. 

Sully se leva pour aider Michaela à s‘asseoir de nouveau sur le sol entre ses jambes. 

Cette fois ci, ses bras encerclèrent à la fois sa femme et sa fille. 

Katie releva un instant sa tête qui reposait sur l’épaule de sa mère, lorsqu’elle se rendit compte que le visage de son père était à quelques centimètres du sien. 

Sa petite main quitta le cou de Michaela et elle tendit les doigts pour toucher le menton de Sully recouvert d’une barbe naissante. 

Il l’observa se calmer et se détendre dans les bras de Michaela pendant que ses paupières se fermaient peu à peu. 

Il l’embrassa doucement sur la joue, puis, imitant les gestes de Michaela, il posa sa main à côté de la sienne et la passa délicatement sur le dos et les épaules de leur bébé pour lui dispenser de concert un massage apaisant. 

Michaela, la sentant glisser peu à peu dans un profond sommeil, déplaça doucement Katie contre sa poitrine, en formant un berceau de ses bras. 

Sully ne put résister à l’envie de passer ses doigts dans ses cheveux de bébés, si fins et si blonds et d’envelopper sa petite tête dans sa main. 

« Est-ce que tu t’es déjà demandé pourquoi nous avons autant de chance Michaela ? » Lui murmura-t-il doucement à l’oreille. 

« Mumm… très souvent » répondit-elle dans un soupir.


okapi  (25.03.2010 à 19:48)

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