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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 24.02.2010 à 16h13
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Le bureau" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "The desk" » okapi
Cette fanfic compte déjà 53 paragraphes
« La nuit dernière, j’ai réalisé que j’avais le même âge qu’avait mon Père l’année où je suis née, et ma mère avait déjà eu quatre autres enfants. Te rencontrer et avoir Katie sont décidément les deux meilleures choses qui me soient arrivées dans ma vie, même si j’ai dû attendre longtemps pour cela… peut-être trop longtemps. »
Elle prit une profonde inspiration avant de continuer d’une voix hésitante : « Est-ce que cela t’ennuie que je sois un peu plus âgée que toi… et que de ce fait nos chances d’avoir d’autres enfants sont peut-être passés ?»
Sully la serra un peu plus fort dans ses bras et lui répondit : « Michaela, avant ta venue ici, je pensais que je n’avais plus aucune chance de pouvoir fonder une famille.
Après avoir perdu mes parents, puis Abigail et Hanna, j’en étais arrivé à me dire que mon destin était de vivre seul.
Et même après t’avoir rencontrée, je le pensais encore.
Ce n’est que lorsque tu es retournée à Boston que j’ai enfin compris que je ne pouvais pas imaginer ma vie sans toi et les enfants et que j’ai su que nous étions faits pour vivre ensemble.
T’avoir toi et les enfants auraient suffi à mon bonheur.
Soudain, après toutes ces années de solitude, j’ai eu enfin une famille.
Avoir Katie est un cadeau du ciel, un miracle pour lequel je remercie les Esprits chaque jour. Et quant à savoir si nous aurons la chance où non d’avoir un autre enfant je m’en remets à eux… car je ne peux rien demander de plus. »
Il saisit délicatement son visage dans ses mains et le tourna vers le sien.
Il vit que les larmes dans ses yeux menaçaient de déborder et il lui murmura encore : « Parfois, je n’en reviens toujours pas et j’ai du mal à croire que toi et Katie, Matthew, Colleen et Brian vous êtes * ma famille *. C’est comme si je vivais un rêve et j’ai peur de me réveiller un jour.»
Les yeux de Sully trahissaient toutes ses émotions y compris sa peur viscérale de perdre encore ceux qu’ils aimaient, justifiée par toutes les épreuves qu’ils avaient déjà du traverser dans sa vie.
Michaela en fut plus que bouleversée.
Soutenant son regard, elle lui dit avec une infinie douceur : « Oh Sully, nous ne te laisserons jamais et il ne nous arrivera rien, ni à moi, ni à Katie pas plus qu’à Matthew, Colleen ou Brian.
Toi et moi, nous avons attendu si longtemps, beaucoup plus longtemps que d’autres couples, pour pouvoir être ensemble et avoir un bébé à nous.
Nos quatre enfants vont grandir et partir pour vivre leur vie, mais nous serons toujours une famille.
Je pense que c’est ce que ma mère a enfin compris après toutes ces années. Je suis toujours sa fille et je l’aime avec tendresse…
J’ai juste choisi de suivre un chemin différent de celui qu’elle avait choisi pour moi. »
Sully lui sourit avec reconnaissance, puis, l’embrassant tendrement sur la joue, il resserra un peu plus l’étreinte de ses bras autour de sa femme et de sa fille.
Chapitre 7
Katie s’agita soudain dans les bras de Michaela et tous les deux eurent un sourire complice lorsque son petit pouce erra quelques instants avant de trouver le chemin de sa bouche.
Sully serra les deux femmes de sa vie un peu plus contre lui et observa songeur : « J’ai réfléchi à ce que nous venons de lire, avant que tu ne montes chercher Katie, à propos de ta mère qui ne voulait pas que tu deviennes médecin.
Je pense que cela à vraiment du être très dur pour elle, parce qu’elle savait parfaitement que ce serait un chemin long et difficile pour toi. »
Michaela se tourna de nouveau vers lui pour le regarder dans les yeux.
Il continua sur sa lancée : « Je me suis également demandé comment nous allons réagir lorsque Katie décidera de ce qu’elle voudra faire plus tard. Que diras-tu, par exemple, si elle nous annonce qu’elle aussi veut devenir médecin ? »
« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l’y aider, bien sûr, comme je l’ai fait avec Colleen. Je sais que ce sera difficile pour elle, comme cela l’est actuellement pour Colleen et comme cela l’a été pour moi, mais je serai vraiment très heureuse et fière si c’est cela qu’elle veut faire… Et toi, comment réagirais-tu ? » Lui demanda-t-elle à son tour avec intérêt.
« Et bien, en considérant que j’en sais beaucoup plus sur les femmes médecins que la plupart des autres hommes, je suppose que je serai également en mesure de l’aider » lui répondit-il un peu moqueur. « Mais, Michaela, si Katie décide de faire quelque chose de vraiment très différent… comme… comme… de suivre mon exemple… de porter des vêtements en peau de daim, de travailler pour la survie des Indiens et la protection des espaces naturels, ou quelque chose dans ce goût là… comment le prendrais-tu ? »
Les yeux de Michaela se posèrent tour à tour sur les siens puis sur Katie toujours pelotonnée dans ses bras, avant de le fixer de nouveau. « Oh, Sully » s’exclama-t-elle en riant.
Elle observa son regard emprunt de gravité et sut immédiatement que ses propos étaient sérieux.
« Cela ne se peut pas, Sully… tu croix qu’elle pourrait ? » murmura-t-elle songeuse.
« C’est exactement ce que toi tu as fais, Michaela… peut-être pas en portant des vêtements en peau de daim… ».
Il laissa échapper un petit rire en imaginant Michaela vêtue de la sorte ou portant des vêtements d’hommes, avant de reprendre sa démonstration. « Mais tu as décidé de suivre les traces de ton père, plutôt que celles de quelqu’un d’autre de la famille ou même celle d’une amie… cela a vraiment du être un choc pour ta mère. »
Michaela le regarda de nouveau dans les yeux, il était évidant que ses pensées étaient en ébullition, vagabondant sans cesse entre le passé et l’avenir.
« J’imagine qu’on ne peut pas prendre conscience de toutes ces choses avant de devenir parents à ton tour » dit-elle amusée.
« Promets-moi, si cela s’avère nécessaire, et quand le moment sera venu, de me rappeler que nous avons eu cette conversation, Sully, s’il te plaît… » L’implora-t-elle dans un sourire.
Elle s’appuya un peu plus fortement contre lui pour le remercier silencieusement et pour son incroyable capacité à la comprendre mieux que quiconque.
« Katie commence à se faire lourde » dit-elle en la déplaçant légèrement dans ses bras. « Il me semble pourtant que c’était hier seulement qu’elle était si minuscule que tu m’avais fabriqué cette écharpe pour la porter… et voilà qu’elle marche et qu’elle parle… le temps passe à une vitesse folle ! »
« Mumm… à ce propos, il ne doit pas être loin de minuit. Il est temps d’aller au lit » répondit Sully avec un sourire entendu, avant de desserrer son étreinte et de se relever. « Donne-moi Katie, je vais aller la coucher pendant que tu montes te mettre au lit » proposa-t-il.
***************************************************************
En ouvrant la porte de leur chambre un peu plus tard, Sully fut étonné de constater que Michaela avait éteint toutes les lampes à l’exception de celle qui était posée sur la table de nuit de son côté du lit.
Elle était déjà couchée, les couvertures remontées jusque sur le menton.
Elle ne réagit pas lorsqu’il entra et referma la porte et un vague sentiment de déception lui oppressa le cœur.
Il était si fébrile en repensant à la promesse qu’elle lui avait faite avant le souper, et voilà qu’elle était déjà endormie.
Il laissa échapper un profond soupir.
C’était dans ces moments là qu’il aurait souhaité la voir en faire un peu moins, qu’elle se ménage pour être moins fatiguée et pouvoir ainsi garder de l'énergie pour des *séances de câlins* un peu plus fréquentes.
Il se déshabilla sans joie et grimpa dans le lit en faisant attention de ne pas la déranger, avant de s’allonger à ses côtés.
Il s’étendit sur le dos, à la lumière de la lampe, pour écouter sa respiration, et se remémorer tout ce qu’il avait appris au sujet de sa femme au cours de ces derniers jours.
Il le pensait vraiment lorsqu’il lui avait dit vouloir en savoir plus sur elle, et partager ses souvenirs pour mieux la connaître et mieux la comprendre.
Il soupira de nouveau et roula sur le côté afin d’éteindre la lampe posées sur sa table de chevet.
Mais avant qu’il ne puisse y parvenir, Michaela se pencha vers lui et effleura sa hanche du bout de ses doigts, puis elle les laissa glisser et taquiner doucement son ventre lorsqu’il roula de nouveau sur le dos, ils remontèrent bientôt jusqu’à sa poitrine, puis s’enroulèrent dans ses longs cheveux blonds et soyeux pour lui dispenser de délicates caresses.
« Que signifiait donc ce soupir ? » demanda-t-elle pendant que ses mains poursuivaient leur exploration amoureuse.
Excité par le doux va et viens de ses mains sur sa peau, il parvint à marmonner : « J’ai cru que tu t’étais endormie. »
«Je t’ai fais une promesse… tu te rappelles… et j’essaye de toujours tenir mes promesses.» chuchota-t-elle avec provocation.
Avec un sourire ravi, Sully roula sur le côté pour se rapprocher d’elle et la dévorer des yeux.
Elle avait un visage épanouit et le sourire aux lèvres.
La lumière tamisée de la lampe à pétrole faisait ressortir la rougeur de ses joues et jetait des reflets dans ses longs cheveux cuivrés.
Il saisit son beau visage entre ses mains et fit glisser tendrement ses pouces sur ses pommettes.
Elle tourna légèrement la tête pour embrasser délicatement la paume de ses mains, aux caresses si douces.
Tout en plongeant ses yeux bleus dans son regard, il passa ses mains autour de sa taille pour l’attirer contre lui.
C’est à cet instant qu’il fit une surprenante découverte, émoustillante et délicieuse.
Aucune chemise de nuit, aucun tissu de coton ne l’empêchait de caresser sa peau.
Il souleva un peu les couvertures pour admirer le corps splendide de sa femme étendue à ses côtés, entièrement nue sous la lumière.
Les yeux de Michaela croisèrent les siens l’espace d’un instant et elle rougit aussitôt en détournant son regard, inquiète de ce qu’il pouvait bien penser de son geste audacieux et peut-être présomptueux.
Sully lui répondit en prononçant amoureusement son nom : « Michaela ! » murmura-t-il simplement dans un long soupir.
Il l’attira contre lui et commença à parcourir sa peau douce du bout de ses doigts, effleurant délicatement son dos et ses fesses, tout en plaçant lentement de doux et tendres baisers sur la peau nue de ses épaules, de son cou, de son menton, pour enfin atteindre sa bouche.
Elle gémit délicieusement, alors que son corps et son esprit réagissaient sans retenue à la moindre de ses caresses et à sa manière si douce de lui montrer son amour.
Lorsque leurs bouches affamées s’unirent enfin et que leurs baisers s’intensifièrent se faisant plus profonds et langoureux, ils se fondirent l’un dans l’autre, se donnant du plaisir mutuellement, et ni l’un ni l’autre ne fut plus en mesure de contrôler ses murmures et ses soupirs.
C’était comme si le désir qu’ils avaient l’un de l’autre était resté en éveil depuis les premiers baisers et les premières caresses qu’ils avaient échangées sur le bureau en fin d’après-midi.
Une passion fiévreuse s’empara rapidement de leurs deux corps, enflammant leurs sens et ils firent l’amour fougueusement, avec ardeur et impatience.
Après quoi, épuisés mais pleinement comblés et heureux, ils restèrent étendus dans les bras l’un de l’autre, continuant à se dispenser de douces caresses et de tendres baisers, pendant que le rythme de leurs cœurs et de leurs respirations revenaient lentement à la normal. Ils finirent par s’endormir tous les deux, toujours serrés l’un contre l’autre.
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Michaela se réveilla dans un sursaut et se redressa légèrement pour tendre l’oreille.
Pourtant, hormis la respiration profonde et régulière de Sully, elle ne perçut aucun autre bruit.
Soudain, le cri d’une chouette retentit dans la nuit à proximité de la maison.
Elle réalisa que c’était sans doute ce qui venait de la réveiller et que l’animal se trouvait peut-être bien perché sur le toit de la galerie couverte.
Elle sourit en entendant Wolf grogner faiblement.
Le loup qui montait la garde devant la porte d’entrée, n’appréciait visiblement pas l’impertinence de cet oiseau de nuit qui osait venir troubler son sommeil.
Un petit vent frais pénétra soudain par la fenêtre entre ouverte, faisant frissonner sa peau nue et lui donnant la chair de poule.
Elle comprit que Sully, en se retournant sur le dos, avait tiré à lui la couverture qui enserrait sa taille, la découvrant alors partiellement.
Elle la tira un peu et se souleva sur le coude pour observer, sous la clarté de la lune, son mari qui dormait paisiblement.
Il était étendu sur le dos, son bras reposant contre sa hanche.
Elle ne put résister à l’envie de se rapprocher de lui et de laisser courir ses doigts sur sa poitrine, les faisant aussi légers que des ailes de papillons.
Elle avait du mal à croire qu’ils étaient déjà mariés depuis trois ans.
Quelquefois, elle se sentait encore aussi timide qu’une jeune épouse, effarouchée par le côté intime mais si merveilleux du mariage. Alors qu’à d’autres moments, elle n’en revenait pas de sa propre audace, comme ce soir où elle avait cédé avec délice à son envie de le surprendre.
Sully lui avait prouvé qu’il l’aimait à maintes reprises et ce soir, il avait apparemment apprécié sa manière à elle de lui prouver son amour réciproque.
Malgré cela, il était toujours difficile pour elle de concilier les enseignements de la vie avec les convenances restrictives qu’on lui avait inculquées.
Elle sourit en sentant la peau nue de Sully trembler inconsciemment sous ses caresses.
Ils avaient passés tant de moments difficiles et d’autres vraiment merveilleux depuis qu’ils s’étaient rencontrés.
Elle ne cessait de s’émerveiller du fait qu’ils soient si proches l’un de l’autre ; de la manière dont ils savaient d’instinct ce que l’autre pensait, ce qu’il ressentait et plus merveilleux encore, de la capacité qu’ils avaient à accepter les défauts de l’autre et à lui pardonner ses erreurs.
Les images de ces dernières jours défilèrent devant ses yeux : elle et Sully assis sous le chêne dimanche dernier, il était si inquiet à son sujet ; l’arrivée du bureau de son père et le soudain intérêt de Sully pour sa famille ; Sully à cheval tenant Katie à califourchon devant lui ; leur conversation de ce soir devant le feu où ils avaient échangé leurs réflexions, leurs doutes et leurs sentiments.
L’image de son père s’imposa soudainement à elle, comme si elle l’avait vu hier pour la dernière fois.
Qu’aurait-il pensé de Sully ?
Seraient-ils devenus amis ?
Ils étaient tellement différents.
Mais l’étaient-ils vraiment ?
Son père n’avait jamais réellement apprécié David.
Il aurait certainement fait de son mieux pour accueillir le jeune homme au sein de la famille Quinn, mais elle avait toujours sentit chez lui une certaine réserve, sans savoir vraiment qu’elle en était la cause.
En aurait-il été de même avec Sully ?
Peut-être cela aurait-il été pire ?
De son côté, Sully aurait-il su percevoir le vrai visage de son père derrière le masque qu’il portait en présence des prétendants de ses filles.
Aurait-il compris le lien si fort qui les unissait tous les deux ?
Elle se souvint du jour où Sully lui avait expliqué l’amour qu’il ressentait pour elle, quelque part au milieu des bois, il y a plusieurs années de cela.
Elle ressentait exactement la même chose que lui.
C’était comme s’ils avaient toujours été destinés à vivre ensemble, que tous les événements de leurs vies, bons ou mauvais, n’étaient survenus que dans le but de les amener à se rencontrer et que ce liens si puissant qui les unissaient était capable de résister à tous les obstacles qu’ils pourraient rencontrer sur leur chemin.
Un tendre sourire illumina alors son visage.
Oui, son père aurait aimé Sully et Sully aurait aimé son père, elle en était certaine à présent.
Son père aurait sans doute été un peu surpris au premier abord (comme elle l’avait été elle-même) mais lui et Sully se seraient très bien entendus, car tous les deux la connaissait parfaitement, la comprenait et l’aimait comme nulle autre personne.
Elle laissa échapper un profond soupir de contentement, puis écartant doucement le bras de Sully elle le plaça légèrement de biais, de manière à pouvoir passer par dessus et à se rapprocher de lui.
Elle posa sa tête sur son épaule cherchant sa chaleur et sa protection, puis, enroulant ses bras autour de sa poitrine, elle y déposa un doux baiser avant de fermer ses yeux aux paupières lourdes et ensommeillées.
Alors qu’elle commençait à s’endormir, elle sentit vaguement les bras de Sully se refermer sur elle et la serrer tendrement, pendant qu’il déposait un tendre baiser sur le haut de sa tête.
Ils s’endormirent de nouveau tous les deux, leurs visages détendus reflétant leur sentiment de bonheur et de plénitude.
Chapitre 8
Les bras chargés de bûches, Sully poussa du pied la porte d’entrée, puis traversa le séjour en direction de la cheminée afin de remplir la caisse à bois.
Le vent qui venait des montagnes semblait avoir oublié qu’on était au printemps, il soufflait en rafales et charriait un air glacial comme en plein hiver.
Il déchargea le bois dans la caisse et frotta vivement ses mains engourdies l’une contre l’autre pour y faire circuler le sang et les réchauffer un peu.
Il jeta un coup d’œil autour de lui ; la maison était calme et silencieuse.
Michaela était déjà partie avec Katie pour la clinique où il devait la retrouver tantôt.
Il avait promis à Robert E de passer l’aider à réparer la roue d’un chariot aujourd’hui.
Ses yeux se posèrent sur le bureau dans le coin de la pièce.
Sa famille n’avait jamais possédé de meubles aussi luxueux et imposants, mais ces derniers jours, le fait d’écouter Michaela évoquer sa jeunesse avait fait resurgir à sa mémoire de vagues souvenirs de son enfance.
En explorant les recoins les plus profonds de sa mémoire, il parvenait à se souvenir de sa mère, de son frère et de sa sœur.
Ils n’avaient eu en tout et pour tout que dix petites années à partager ensemble en famille.
Ils avaient déménagé si fréquemment qu’il n’avait guère de souvenirs de leurs maisons successives, des meubles, des pièces, des jouets et de toutes ces choses matérielles.
Mais il pouvait voir sa mère : ses épais cheveux roux relevés en chignon sur sa tête, sa manière étrange de prononcer certains mots, son amour pour les livres, sa façon de le consoler lorsqu’il se faisait mal et de lui assurer que tout allait s’arranger.
Il fronça les sourcils et durant un bref instant une douleur aiguë lui coupa le souffle et ses yeux se remplirent de larmes.
Tout cela était si flou et si lointain déjà !
A présent, il en arrivait à se demander si les images de son frère et de sa mère qu’il avait réussi à extraire de sa mémoire étaient bien réelles où si il les avait tout simplement inventées.
Avait-elle vraiment ce sourire qui illuminait son visage ?
Et pourquoi l’odeur des géraniums lui faisait-elle immédiatement penser à elle ?
Alors, rien de tout cela ne s’était-il produit ?
Il espérait que non.
Il était profondément heureux qu’en commun accord avec Michaela ils aient décidé de donner le nom de sa mère à Katie de manière à perpétuer un peu sa mémoire.
Son cœur se réchauffa et s’emballa un peu en pensant elles.
Il tourna le dos à la cheminée et fit quelques pas en direction de la porte lorsque son pied heurta quelque chose sur le plancher, l’envoyant promener sous le fauteuil.
C’était un des livres de contes de Katie.
Alors qu’il se penchait pour le ramasser, une image très nette de sa mère lui revint en mémoire.
Il était assis à ses pieds pendant qu’elle se balançait dans un vieux Rocking-chair rafistolé.
Elle était occupée à lui lire une histoire d’une voix douce et rythmée, lui faisant découvrir des mondes merveilleux qu’il ne connaissait que dans ses rêves.
Il sourit, ferma les yeux et s’accrocha à ce souvenir l’espace d’un bref instant.
Il passa doucement sa main sur la couverture du livre de Katie.
C’était un conte de fée qui parlait d’un dragon et d’une princesse.
Lui et Michaela lui avait déjà lu un nombre incalculable de fois car c’était une de ses histoires préférées.
Elle était désormais capable d’identifier les personnages et les objets et de les montrer du doigt sur les illustrations tout en essayant de prononcer leurs noms.
Il espérait qu’elle garderait toujours intacte cet amour pour les livres et les histoires et il attendait avec impatience le temps venu où elle serait assez grande pour pouvoir lui raconter toutes les légendes indiennes que lui avait apprises Nuage Dansant.
Il souhaitait qu’à son tour elle découvre et apprenne à connaître les Cheyennes et leurs coutumes et qu’elle soit en mesure de comprendre l’histoire de ce peuple comme Brian l’avait fait avant elle.
Il déposa le livre sur la table de la salle à manger, enfila ses gants épais et sortit pour se rendre en ville.
Michaela stoppa le cheval juste devant la clinique et sauta en bas du chariot sur la route boueuse, tremblant de froid sous le vent glacial qui descendait directement des montagnes aux sommets encore enneigés.
Elle souleva dans ses bras Katie chaudement couverte, avant de la déposer sur le sol, tout en la surveillant attentivement pour ne pas qu’elle se précipite sur la route sous les sabots d’un cheval ou sous les roues d’un chariot.
En fait, la petite fille fila droit à la porte de la clinique et attendit que Michaela vienne lui ouvrir.
Michaela, s’approchant de l’arrière du chariot, attrapa la pile de dossiers de ses patients sur lesquels elle avait travaillé la veille au soir et le troisième volume du journal de son père qu’elle avait emporté au dernier moment dans geste impulsif.
Katie, pressée de rentrer pour se mettre à l’abri du vent, trépignait d’impatience.
« J’arrive mon cœur, je viens ouvrir tout de suite » lui dit Michaela.
Katie lui adressa aussitôt un sourire radieux, encore inconsciente du fait qu’un seul de ses sourires était capable, comme à chaque fois, de faire fondre le cœur de sa mère.
Juste au moment où elle tournait la clef dans la serrure, elle fut abordée par Grace toute joyeuse en route pour l’épicerie.
« Bonjour Dr Mike, et toi Katie chérie » s’exclama-t-elle en venant à leur rencontre.
Elle déposa son panier sous le porche de la clinique et se hâta de faire sauter sa filleule dans ses bras.
Les bras de Katie s’enrouèrent immédiatement autour du coup de sa marraine et elle déposa un gros baiser humide sur sa joue.
« Mumm…. Tu es chaude comme du pain frais » murmura Grace à son oreille en la serrant contre elle un peu plus fort.
Michaela suivait cet échange avec fierté.
Elle était ravie de constater que le lien d’affection qui unissait sa fille et sa marraine s’était peu à peu renforcé.
C’est Sully qui le premier lui avait fait prendre conscience que la présence de Katie avait joué en rôle important auprès de Grace, l’aidant à accepter la mort récente de son fils Anthony et lui permettant en partie de faire son deuil.
Les yeux de Grace rencontrèrent ceux de Michaela, ils brillaient d’une lumière que Michaela n’avait plus remarquée dans son regard depuis bien longtemps.
« J’espère que vous réalisez à quel point vous avez de la chance Dr Mike » dit-elle doucement, tout en reposant Katie sur le plancher de l’auvent.
« C’est exactement ce que Sully et moi nous nous disions hier soir Grace… et oui... nous en sommes parfaitement conscients tous les deux » répondit-elle. « Vous allez rendre visite à Loren ? » demanda-t-elle en remarquant le panier encore à ses pieds.
« Oui, de ce pas… Je vais chercher des bonbons… je n’en mangeais pas souvent auparavant… mais depuis quelque temps… » Elle haussa les épaules plus amusée qu’embarrassée.
« Est-ce que vous voulez que je vous rapporte quelque chose pendant que j’y suis Docteur Mike ? »
« Euh… euh… et bien, si cela ne vous dérange pas, j’aurai besoin d’une bobine de fil bleu foncé pour des travaux de couture que je dois faire et nous avons besoin de pois et d’oignons pour le souper de ce soir » répondit-elle aussitôt.
« Certainement Docteur Mike, je vous apporte ça tout de suite en revenant. »
Michaela observa Grace s’éloigner d’un pas assuré jusqu’au magasin de Loren.
C’était une Grace entièrement différente de celle pour qui ils s’étaient fait tellement de soucis à peine quelques semaines auparavant.
Quelqu’un tira soudain sur le bas de son manteau lui rappelant ainsi que mère et fille étaient toujours à l’extérieur et en plein vent.
« Très bien, Katie » ria-t-elle en ouvrant la porte pour voir Katie s’engouffrer dans la clinique.
On frappa à la porte à peine quelques minutes plus tard et Michaela ouvrit à Grace déjà de retour.
« J’ai trouvé tout ce que vous vouliez Docteur Mike. » dit elle d’une voix étouffée, la bouche pleine de sucreries qu’elle mâchait avec bonheur.
Elle tenait à la main un grand sac de papier marron rempli d’un assortiment de bonbons divers et variés.
Michaela tentait désespérément de cacher son envie de rire à son amie qui mâchait joyeusement et de temps à autre pourléchait ses lèvres collantes.
La voir ainsi lui rappelait le temps ou un jeune garçon nommé Brian était grand amateur de sucrerie.
« Voilà le fil, les pois et les oignons… comme vous me l’avez demandé. » dit-elle en les extirpant du fond de son panier.
Elle releva la tête assez tôt pour percevoir le sourire amusé sur le visage de Michaela mais en fit heureusement une mauvaise interprétation.
« Vous avez l’air beaucoup plus gaie qu’il y a quelques jours, Docteur Mike. » lui fit-elle remarquer.
« En fait, quelques uns d’entre nous se faisaient un peu de soucis à votre sujet et votre sourire nous manquait. On dirait que les cadeaux de votre mère ont arrangé les choses. »
Michaela retrouva son sérieux en écoutant les paroles affectueuses de Grace et fut émue de savoir que son amie s’était inquiétée pour elle.
« Vous avez raison Grace, ils ont changé énormément de choses. Voulez-vous vous asseoir, pour bavarder quelques instants avec moi, si vous en avez le temps ? » Lui offrit-elle.