HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Le bureau

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 24.02.2010 à 16h13
Auteur : okapi 
Statut : Terminée

« "Le bureau" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "The desk" » okapi 

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« Bien sûr, Annie peut très bien s’occuper seule du restaurant pendant quelques minutes encore.» répondit-elle en s’asseyant en face de Michaela qui ouvrit la bouche pour prendre la parole mais n’eut pas le temps de placer un mot. 

« Lorsque je vous ai fait remarquer que vous aviez de la chance, toute à l’heure, ce n’était pas uniquement à propos de Katie. Je voulais parler de votre famille. C’est ce qui est le plus important, Dr Mike. » Lui expliqua Grace avec sincérité. 

« Moi et Robert E… nous nous avons l’un l’autre » elle baissa les yeux et fronça les sourcils pendant un court instant, en se remémorant les moments difficiles qu’ils avaient eu il y a très peu de temps et qui avaient mis leur union en péril. 

« Mais c’est tout ce que nous avons. Vous, vous avez votre famille à Boston, les enfants… Sully et la petite Katie. » 

Elle jeta un regard d’envie sur Katie qui jouait avec ses jouets dans un coin de la clinique : « Tout cela est tellement merveilleux. Et vous voir recevoir ce bureau, qui a fait tout ce chemin depuis Boston et votre joie en le découvrant… c’était également si merveilleux. » 

Michaela acquiesça de la tête pour signifier à Grace qu’elle était d’accord avec elle à propos de toutes ses observations. 

« C’est exactement ce que je me dis depuis quelques jours Grace. Recevoir ces cadeaux de la part de ma mère a fait resurgir en moi tant de souvenirs si chers à mon cœur. Vous voyez, c’était l’anniversaire de la mort de mon père il y a quelques jours et je réalise maintenant que j’étais focalisée uniquement sur le mauvais côté des choses et de mes souvenirs. Ce n’est pas de sa mort que je dois me rappeler… mais de sa vie ! J’ai de si merveilleux souvenirs de cet homme tellement particulier. » Dit-elle, religieusement, comme si elle arrivait enfin à mettre des mots sur une pensée qui germait dans son esprit depuis quelques temps. 

Elle baissa également la tête, effrayée à l’idée que Grace puisse voir les larmes qui perlaient dans ses yeux. 

Mais Grace avait compris. Elle se leva et fit le tour du bureau pour venir enrouler ses bras autour des épaules de Michaela. « Tout va bien Docteur Mike… Je sais exactement ce que vous ressentez. » Dit-elle avec douceur. 

Michaela, embarrassée, la regarda avec consternation. « Je suis désolée Grace, c’est tellement insensible de ma part d’évoquer la douleur qu’à représenté pour moi la perte de mon père, il y a déjà de nombreuses année de cela, alors que vous avez perdu Anthony si récemment. » 

« Maintenant, cessez de penser de la sorte Docteur Mike. Robert E, ainsi que plusieurs des membres de votre famille m’ont aidée à réaliser qu’il ne faut pas essayer d’oublier, ni ressasser tout cela. Ce qui est arrivé et arrivé. J’ai tellement de merveilleux souvenirs d’Anthony moi aussi, auxquels me raccrocher. Nous l’avons eu très peu de temps à nos côtés, mais il y a tant de choses à se rappeler. Comme vous avec votre papa… et Marjorie. » Dit-elle un peu hésitante. 

Elle ne savait pas qu’elle avait été la réaction de Michaela à la mort de sa sœur. 

Elle imaginait que quelque soit la douleur qu’elle avait ressentie alors, Michaela avait certainement vécu son deuil de manière très secrète et elle se demanda même si son amie, laissant libre cours à son chagrin, s’était autorisée à pleurer. 

« Je pense que c’est la raison pour laquelle l’anniversaire de la mort de mon père m’a tant bouleversé cette année. » remarqua Michaela dans un sanglot.


okapi  (05.04.2010 à 14:35)

« Marjorie et moi nous nous sommes ignorées la majeure partie de notre existence, et c’était la dernière chance que nous avions d’être proches… d’être sœurs… et je l’ai perdue. Je me demande pourquoi Dieu a agi ainsi ? Pourquoi l’a-t-il rappelée à lui alors que nous étions enfin parvenues à devenir amies ? » 

Grace serra son amie un peu plus fortement. 

« Les voies du Seigneur sont impénétrables Docteur Mike… nous ne comprenons pas ses agissements, mais nous devons les accepter… il y a une raison à chacun de ses actes… Je me dis qu’il nous a donné Anthony pour que nous puissions l’aimer et faire que sa courte existence sur la terre soit un peu meilleure et plus heureuse. Je le pleure toujours, mais quand je ferme les yeux, je repense à tous les moments de bonheur et de joie que nous avons partagés avec lui, et à tout l’amour qu’il nous a donné, à moi et à Robert E. Vous devez faire la même chose en repensant à votre papa et à votre sœur. » 

Michaela saisit la main de Grace dans la sienne. 

« J’ai mis beaucoup plus de temps que vous pour comprendre tout cela, Grace. J’envie votre sagesse. Ces derniers jours mon offert la chance de pouvoir réfléchir à de nombreuses choses, de revivre de vieux souvenirs et oui, de me rendre également compte à quel point je suis chanceuse. » 

Grace donna encore une rapide petite accolade à son amie et retourna s’asseoir en face de Michaela. 

Il y eu un moment de silence qu’elle utilisa immédiatement à propos pour plonger sa main dans le sac de friandises et en retirer un gros morceau de réglisse douce qu’elle déposa dans sa bouche avec délice. 

Observant le regard de surprise sur le visage de son amie, elle tendit le sac à Michaela qui refusa poliment son offre en secouant la tête. 

« Il est un peu tôt pour les sucreries en ce qui me concerne, Grace. N’êtes-vous pas soucieuse du fait que cela va vous gâcher l’appétit ? » 

« A la vérité, je n’ai pas beaucoup d’appétit depuis quelques temps… excepté pour les bonbons évidemment. C’est drôle… tous les plats que je cuisine pour les clients depuis des années, me retourne l’estomac. Même mon pain de viande ! J’ai même demandé à Annie de servir les clients qui en commandent tellement j’ai peur d’avoir l’air dégoûtée devant eux, ou pire encore. » Grimaça-t-elle tristement. 

Michaela sourit devant l’embarras de Grace et lui demanda avec une inquiétude à peine voilée : « Y a t-il quelque chose qui vous inquiète en particulier ces derniers temps, Grace ? Qu’en est-il de votre sommeil ? » 

Grace éclata de rire : « Je dors très bien Docteur Mike. En fait, quelque fois lorsque je quitte le restaurant, je suis si fatiguée que je n’ai même plus la force de défaire les lacets de mes bottines. Il est arrivé à Robert E de rentrer à la maison et de me trouver endormie, et bien sûr, aucune trace de souper sur la table. Le pauvre homme… il se demande sans doute où est passé la femme qu’il a épousée ! Mais je suppose que le fait de manger des bonbons au lieu des repas que je prépare n’a aucun rapport avec cela. » 

Tout en parlant, elle jeta un œil sur la pendule de la clinique. 

« Oh, seigneur… vous avez vu l’heure… je dois retourner travailler pour être prête quand les premiers clients vont arriver pour déjeuner. »


okapi  (06.04.2010 à 14:00)

Elle attrapa son sac de bonbons et son panier et se dirigea en direction de la porte. 

« C’était agréable d’avoir pu bavarder avec vous, Dr Mike » dit-elle encore rapidement avant d’ouvrir la porte et de se précipiter à grand pas vers le restaurant. 

Michaela ne put contenir son rire. 

Puis elle ferma les yeux et leva son visage vers le ciel, lui adressant une fervente prière pour que les symptômes étranges de son amies soient effectivement bien du à ce qu’elle suspectait. 

Chapitre 9

Plus tard dans la soirée, Sully frappa à la porte de la clinique et entra pour découvrir Michaela à son bureau, plongée dans la lecture du journal de son père. 

Elle le regarda avec surprise « Sully ? C’est déjà l’heure ? » Demanda-t-elle avec émoi. 

«J’ai oublié de surveiller la pendule et je n’ai pas fini de rédiger mes dossiers. » Expliqua-t-elle en lui indiquant une petite pile de papiers posée sur le coin du bureau. 

« Mumm… je vois. Et que lis-tu ? » Demanda-t-il dans un sourire alors qu’il avait parfaitement reconnu le journal du Docteur Quinn. 

Elle rougit, tel un jeune enfant que l’on aurait surpris la main dans le sac. 

« J’ai commencé à lire ceci et j’ai perdu la notion du temps. » dit-elle en s’excusant et en levant le journal pour que Sully puisse distinguer clairement l’écriture manuscrite de son père. 

Elle releva le sourire indulgent de Sully et rougit de plus belle. 

« Je suis heureuse que Mère m’ait envoyé celui-ci, Sully. Je crois deviner pourquoi elle l’a fait, mais je dois avouer que cela me surprend un peu… encore. » Sa voix se brisa sur ses derniers mots. 

Sully fronça un sourcil interrogateur, encourageant Michaela à continuer. 

« Je te dirai pourquoi plus tard… quand nous serons à la maison. » dit-elle mystérieusement avant de changer de sujet. 

« A part ça, il y a de nombreuses autres choses intéressantes dans ce carnet. Comme… comme… et bien, j’ai découvert que Père était préoccupé depuis longtemps par Marjorie et Everett. Ils étaient mariés depuis très peu de temps et pourtant père semblait déjà soucieux de l’attitude d’Everett envers Marjorie et de la longévité de leur mariage. Il a même écrit qu’il était consterné de voir qu’Everett ne prenait pas ce mariage au sérieux et qu’il était toujours … euh… euh… " 

« Coureur de jupons ? » termina Sully 

« Euh… oui. Et il écrit encore que Marjorie était tellement occupée par les fêtes et les soirées mondaines qu’elle n’a rien remarqué. » 

« C’est probablement ce qui c’est passé. Tu as de la chance qu’il n’y ait pas ce genre de chose ici, ainsi tu peux garder constamment un œil sur moi » se moqua Sully.


okapi  (07.04.2010 à 13:33)

« Oh, Sully, ne soit pas bête… Tu as autant de point commun avec Everett… que...  que… qu’une montagne avec un Marshmallow. » Conclua-t-elle dans un fou rire. 

« Rappelle-toi juste que pour moi, tu es la *seule* femme. » reprit-il d’un ton grave mais avec une étincelle dans les yeux. 

«Chaque jour !», murmura-t-elle avec sincérité. 

Elle baissa de nouveau les yeux sur le bureau et sur le journal de son père. 

« Oh… et je suis également tombée sur une note très intéressante au sujet d’un de ses patients. Ecoute et dis-moi à qui cela te fait penser, Sully. » 

Elle tourna quelques pages afin de retrouver le passage dont elle venait de lui parler et commença à lui en faire la lecture à haute voix : 

« Un cas étrange aujourd’hui. Thomas m’a demandé d’examiner son petit fils. » 

Elle s’arrêta un instant pour lui donner quelques explications : « Thomas était notre jardinier, il était esclave en Géorgie, il a réussit à fuir de la propriété où il était esclave et à échapper aux autorités de Géorgie pour venir se réfugier dans le Nord, dans les années cinquante. Il a travaillé pour nous pendant de nombreuses années et il est décédé très peu de temps après mon père. » 

Elle reprit sa lecture là où elle l’avait laissée. 

« Thomas a du porter Samuel jusqu’ici, car ce dernier est trop faible pour marcher.

Il a une forte fièvre et les articulations de ses jambes sont enflées et très douloureuses.

Ses symptômes sont passagers et se manifestent à intervalles irréguliers et à des degrés plus ou moins importants.

Au cours de l’examen, j’ai relevé que sa rate était largement dilatée et que la faible tonicité de ses bras et de ses jambes était réellement préoccupante.

Je lui ai administré du Laudanum contre la douleur mais en dehors de cela je n’ai pas été capable de faire grand chose d’autre.

Il est bien entendu impossible de le faire admettre à l’hôpital.

Thomas reviendra avec lui demain.

Je n’ai encore jamais vu une telle combinaison de symptômes auparavant.

Je vais en parler avec mes collègues demain, si possible avant de revoir Samuel. » 

Michaela relevant la tête, regarda Sully en attendant son verdict. 

Il fronça de nouveau les sourcils, perplexe, cherchant en vain pour établir un rapport avec un des patients de Michaela et pourtant certain, au fond de lui, de connaître la réponse. 

La lumière jaillit soudain dans son esprit. « Anthony ! » s’exclama-t-il. « Tu as du lui enlever la rate, la fièvre, les douleurs dans les articulations et sa faiblesse générale. C’est ça n’est-ce pas ? » 

« Cela m’en a tout l’air. J’ai continué à feuilleter le journal en espérant que mon père en mentionnerait un peu plus au sujet de Samuel, mais il n’y a rien de plus, dans ce carnet en tout cas. Je vais vérifier dans les autres dès que nous les recevrons. » 

Elle était de nouveau sur le qui vive, son instinct de médecin en éveil, emportée par sa passion pour son travail et la recherche médicale, et ses yeux brillaient comme si elle était sur le point d'effectuer une grande découverte.


okapi  (08.04.2010 à 13:34)

«Ne t’emporte pas trop Michaela. Si tous les médecins que tu as consultés au sujet d’Anthony pendant qu’il était malade, n’ont pas pu te donner de réponse, je doute que tu la trouves dans les carnets de ton père. D’autant que cela fait déjà pas mal d’années qu’il les a rédigés ! » 

Le visage de Michaela s’assombrit un instant, mais elle sourit en constatant sa sagesse une fois de plus. 

« Je suppose que tu as raison, mais au moins je sais maintenant qu’Anthony n’était pas un cas isolé. Peut-être que dans le futur nous en saurons plus sur cette maladie étrange et que nous découvrirons un moyen efficace de la traiter. » 

Sully sourit fièrement devant tant de détermination. 

« Je ne serais pas surpris si c’est toi qui y parvenais. » dit-il en saisissant sa main et en la tirant à lui pour l’obliger à se lever. 

« Mais maintenant, il est l’heure de rentrer à la maison. Où sont Brian et Katie ? » 

Sully fut un peu surpris de constater que Michaela n’émettait pas la moindre contestation au fait d’être tirée de son travail et détournée de la pile de ses dossiers inachevés qui l’attendaient sur son bureau. 

En fait, c’est presque avec impatience qu’elle referma le journal de son père, empila correctement les fiches de ses patients et se dirigea vers la porte pour y prendre sa veste suspendue au portemanteau avant de lui répondre. 

« Ils sont avec Grace. Nous n’avons qu’à passer les prendre en chemin. » 

Elle se pencha pour saisir sa trousse médicale et y ranger le journal de son père, après quoi elle sortit la clef de la clinique de la poche de sa jupe et poussa presque Sully dehors. 

****************************************************************

Le vent glacial qui avait soufflé toute la matinée était totalement tombé à présent, et même si l’air était encore un peu frais, le voyage de retour jusqu’à la maison fut fort agréable. 

Le soleil brillait et les oiseaux qui commençaient à se rassembler et à se percher pour la nuit, se disputaient dans les arbres aux branches couvertes de bourgeons naissants. 

Katie les fit rire tout le long du chemin en essayant d’imiter Grace qui lui avait chantée des chansons durant tout l’après-midi. 

Les airs qu’elle fredonnait étaient impossibles à reconnaître et son père, sa mère et son frère passèrent une bonne partie du trajet à se moquer d’elle, mais cela ne sembla pas la troubler outre mesure. 

Elle ne se soucia de leurs taquineries que lorsque le volume sonore de leurs rires joyeux menaça de dépasser celui qu’elle parvenait à produire. 

Elle exigea alors d’eux qu’ils stoppent immédiatement, et lorsqu’elle n’obtint en réponse de leur part que d’avantage de rires, elle prit un petit air indigné. 

Néanmoins, quelques chatouilles, administrées au bon endroit par son père, lui rendirent rapidement sa bonne humeur. 

Une fois arrivés à la maison, et alors qu’il déposait quelques paquets sur la table de la salle à manger, Sully fut étonné d’entendre Michaela demander à leur fils : « Brian, voudrais-tu, s’il te plait, surveiller Katie un instant ?… j’aimerais parler à Sully… nous ne serons pas très longs, juste une petite promenade. »


okapi  (09.04.2010 à 13:39)

Brian accepta de bon cœur : « Bien sûr, Man. Je voulais terminer mes devoirs. Je peux faire ça au bureau pendant que Katie joue avec ses jouets. D’accord ? » 

Michaela lui donna une rapide accolade en l’embrassant sur le sommet de la tête tout en réalisant soudain qu’il devenait tellement grand qu’elle ne serait bientôt plus en mesure de pouvoir le faire. 

Elle attrapa la couverture placée sur le rocking-chair situé dans le coin de la salle de séjour et répéta une fois encore : « Nous ne serons pas longs… » 

Sully suivit cet échange avec intérêt et observa Michaela emporter la couverture avec une certaine surprise. 

Qu’est-ce qu’il lui prenait donc tout à coup ? 

Sans même lui demander de l’accompagner, elle le saisit par la main et le tira jusqu’à la porte d’entrée. 

Comme ils passaient devant la table de la salle à manger, elle y reprit sa trousse médicale. 

« Allez, viens… ce ne sera pas long. Le soleil va bientôt se coucher et nous avons encore besoin d’un peu de lumière. » Lui dit-elle mystérieusement.

Sully jeta un dernier regard à Brian qui, amusé par cette situation, se contenta de froncer les sourcils et de hausser les épaules. 

Ne voulant pas manquer la moindre occasion de passer du temps seul avec sa femme, Sully se contenta donc de la suivre placidement. 

Une fois dehors, tenant toujours fermement la main de Sully dans la sienne, elle descendit les escaliers et tourna sur sa gauche. 

Pendant ce temps, bien qu’amusé, Sully se sentait quelque peu dépassé. 

Il en avait tant appris sur sa femme depuis quelques jours ! 

Quelques mètres plus loin, elle tourna de nouveau à gauche et l’entraîna sur la pente raide et herbeuse qui s’étendait derrière leur maison. 

Ils atteignirent rapidement le sommet de la colline, et pendant qu’ils reprenaient leur souffle, Sully intrigué, observant son épouse lui demanda avec douceur « Michaela ? » 

Elle le regarda avec un sourire qui lui fit fondre le cœur puis balaya des yeux le magnifique paysage qui s’étendait devant eux : les montagnes, les forêts, les prairies et le toit de leur maison. 

« N’est-ce pas magnifique, Sully ?… plus qu’aucun autre endroit sur la terre. » murmura-t-elle solennellement. 

Elle se retourna pour le regarder une fois de plus, et tout en caressant doucement la paume de sa main, elle l’attira à elle pour pouvoir se serrer étroitement contre lui. 

« Tu veux bien que l’on s’assoie ici quelques instants ? » murmura-t-elle à son oreille, tout en connaissant d’avance sa réponse.


okapi  (10.04.2010 à 17:45)

Elle s’écarta un peu de lui afin de dérouler et d’étendre la couverture indienne colorée sur le sol. Puis, agrippant de nouveau sa main, elle l’invita à s’y asseoir à ses côtés. 

Ils saisirent chacun une extrémité de la couverture et en recouvrirent leurs épaules de manière à se protéger de l’air froid du crépuscule. 

Ils se mirent à contempler le monde qui s’étendait à leur pied et qui représentait tant de chose à leurs yeux : 

La montagne de Pike’s Peak à quelques kilomètres de là où ils avaient été confrontés, à de nombreuses occasions, à des aventures plus ou moins heureuses et malheureuses. 

La forêt où ils avaient survécu plus d’une fois, ensemble et séparément, à des accidents qui auraient pu leur coûter la vie, où ils s’étaient aimés et où ils avaient appris à se connaître au-delà de toute attente. 

Les prairies où ils avaient fait voler un cerf-volant, joué au base-ball avec les enfants, galopé avec leurs chevaux et, plus à l’Est, la petite ville de Colorado Springs où ils s’étaient rencontrés, avaient tissé leur premier lien d’amitié, s’étaient fait des amis sincères et avaient gagné l’estime et le respect de bon nombre d’habitants. 

Les derniers rayons du soleil couchant faisaient miroiter le clocher de l’église, des colonnes de fumées grises s’élevaient, bien droites dans le ciel sans vent, depuis les cheminées des habitations où les gens de la ville se préparaient à affronter une nuit plutôt froide. 

Occasionnellement, le son d’une cloche ou les claquements des sabots de chevaux se propageaient jusqu’à eux, dans l’air cristallin du crépuscule. 

« C’est ici qu’est notre maison, Sully » murmura Michaela « Là où tu es, là où nous avons fondé notre famille et là où ceux que nous aimions et qui ont disparu vivent encore dans notre esprit. » 

Elle regarda le toit de leur maison puis de nouveau en direction de la ville, avant de se retourner légèrement pour lui faire face et le regarder dans les yeux. 

« Peu importe où nous sommes, ou ce que nous faisons, ce sera toujours notre maison, le lieu où nous nous sommes rencontrés, où nous avons tout partagé et où nous nous sommes aimés » ajouta-t-elle de tout son cœur. 

Elle se pencha pour attraper sa trousse médicale, d’où elle sortit le dernier volume du journal de son père. 

« Je voulais que nous le lisions ensemble, à cet endroit précis. » murmura-t-elle doucement.


okapi  (11.04.2010 à 19:04)

Chapitre 10

« Tout à l’heure, à la clinique, je t’ai dis que je pensais savoir pourquoi ma mère m’a envoyé ce carnet en particulier. Je veux que tu le saches aussi. Je vais te lire ce passage pour commencer. » 

Elle commença à lire doucement, hésitant à troubler le calme et la paix qui régnaient en ces lieus. 

« Il est minuit et tout est extrêmement calme.

Demain matin, Mike commencera à exercer la médecine avec moi dans mon cabinet.

C’est avec un certain soulagement que j’accueille sa présence à mes côtés car je commence à me demander si je ne deviens pas trop vieux pour faire face à toute cette charge de travail et à cette paperasserie.

Mike était si belle et si fière lors de la remise de son diplôme la semaine dernière.

J’avais espéré qu’à l’instar de Rébecca, ses autres sœurs feraient un effort pour y assister. Je sais qu’elles ont très mal vécu l’obstination de Mike à vouloir faire de la médecine, mais j’ai été très déçu quand elles ont refusé de faire ce voyage.

Elisabeth, Rebecca et moi étions assis à contempler ces vingt jeunes filles délicates recevoir leur diplôme.

Mike n’a pas semblé étonnée de voir Elisabeth assise à mes côtés, une de ses mains agrippée à la mienne et l’autre essuyant discrètement les larmes aux coins de ses yeux.

Je sais qu’elle éprouve encore de sérieuse réserve à voir Mike pratiquer la médecine et la plupart d’entre elles sont certainement justifiées.

Je suis moi-même inquiet de voir comment mes patients vont réagir et s’ils accepteront de croire en la capacité d’une femme à devenir médecin.

Même ceux que je suis depuis de nombreuses années et qui connaissent très bien Mike, ayant déjà eu affaire à elle en tant qu‘assistante, n’accepteront peut être pas qu’elle devienne * leur * docteur.

Mais il n’y a pas que cela.

Je craints la réaction de la plupart de mes confrères lorsqu’elle rejoindra leur rang.

De toutes manières, il est trop tard pour reculer.

J’espère simplement que Mike aura assez de force pour affronter tout cela. »  

Elle marqua une pause, leva les yeux du journal et d’un regard flou fixa vaguement la ville dans le lointain. 

« ça a été vraiment très dur » dit-elle songeuse. « La plupart des patients de mon père ont continué à me considérer comme son assistante, remettant en cause mon diagnostique. Lorsqu’ils acceptaient, à contrecœur, que je les examine, ils demandaient systématiquement à mon père un deuxième examen pour obtenir son avis médical. Et même lorsque ce dernier était identique au mien, ils s’en remettaient toujours à lui pour la suite à donner à leur visite. C’était la même chose en ce qui concerne mon travail à l’hôpital ! » 

Elle s’arrêta de nouveau en se remémorant le douloureux rejet qu’elle avait subi. 

« Père faisait de son mieux pour m’aider à surmonter tout cela. » admit-elle calmement. « Je réalise maintenant que cela a du le blesser autant que moi car je peux imaginer sans peine qu’elle serait ma réaction si les gens traitaient Colleen, Brian ou Katie aussi durement que je l’ai été ! »


okapi  (12.04.2010 à 13:59)

Sully saisit ses mains et les serra fortement dans les siennes en lui disant : « Michaela, j’ai vu la manière dont ces médecins t’ont traitée à Boston et j’ai vu la défiance avec laquelle les gens d’ici te regardaient à tes débuts, uniquement parce que tu étais une femme. A chaque fois que je surprenais un de leur regard de mépris à ton égard, c’était comme si je recevais un coup de poing dans l’estomac. Je sais exactement ce que ton père a pu ressentir, quoiqu’ils aient pu te faire. A de nombreuses reprises, j’ai du me contenter de serrer les poings, de fermer les yeux et de demander aux Esprits qu’ils m’aident à me contenir pour m’éviter de faire quelque chose que j’aurais pu regretter plus tard et que tu n’aurais certainement pas apprécié. » 

Michaela sourit devant tant de véhémence. 

Elle pouvait lire, juste pour elle, l’amour qui brillait dans ses yeux. 

« Je le sais, Sully. C’est pour cette raison que je tenais à ce que tu viennes avec moi jusqu’ici… pour partager tout cela avec toi. » Dit–elle doucement tout en lui donnant un léger baiser. 

Elle reprit le journal et en tourna rapidement quelques pages, pour retrouver le passage suivant qui l’intéressait. 

« Sully, je voudrais que tu lises ceci… s’il te plaît ! » 

Sully lui prit le journal des mains avec air interrogateur, puis il se concentra sur les mots écrits par son beau-père, de nombreuses années auparavant. 

Il lu silencieusement pendant un court moment puis déclara avec un sourire taquin : « J’ai l’impression que cette fois-ci, ton père ne s’est pas contenté d’écrire simplement quelques notes ; cela ressemble plutôt à un essai ! » 

« Tu vas voir pourquoi ! » dit Michaela en répondant à son sourire. « Maintenant lis… s’il te plaît. » 

Il commença alors : 

« Désormais, je ne me dis plus que je vieillis, je sais que je suis vieux.

Mike est assise en face de moi, occupée à remplir laborieusement une énorme pile de dossiers.

Je me demande si j’accomplissais cette besogne avec le même enthousiasme qu’elle lorsque j’avais son âge.

Elle travaille avec moi depuis seulement quatre semaines et j’ai parfois du mal à suivre son rythme.

Elle aborde chaque problème et chaque tâche avec le même sérieux et la même application, et malgré le fait que son début de carrière soit aussi difficile que moi et Elisabeth l’avions prévu, elle se montre toujours aussi décidée à poursuivre dans cette voie.

Je suis certain que les remarques cyniques et l’attitude de rejet d'un grand nombre de mes patients et de nos soi-disant collègues la blessent profondément et je ne peux qu’admirer son équilibre et sa force de caractère. 

Pour l'instant, je suis heureux que David ait décidé de travailler à New York.» 

Sur cette dernière phrase, Sully marqua une pause et se retourna pour regarder Michaela. 

Les sourcils froncés, il attendit sa réaction. 

Elle lui dit simplement : « Tout va bien… s’il te plaît… continue ! »


okapi  (13.04.2010 à 13:56)

Son cœur se mit à battre un peu plus fort alors qu’il reprenait sa lecture comme elle le lui avait demandé. 

« Mike ne s’est pas montrée très claire sur les raisons d’une telle décision, ni sur la durée de celle-ci, néanmoins, je pense que pour le moment il est opportun qu’elle fasse ses débuts dans le monde et dans sa carrière médicale seule, et reste une femme indépendante. Elisabeth est, bien entendu, en totale opposition avec ma théorie. 

Elle est persuadée que le fait d’épouser David ferait aussitôt oublier ses ambitions à Mike et la dissuaderait de continuer dans la médecine.  

La relation qui unit Mike et David m’inquiète depuis quelques temps.  

C’est un jeune homme à la forte personnalité, qui vient d’une excellente famille de Boston et un excellent médecin mais je me demande malgré tout s’il correspond vraiment à Mike.  

Je ne sais pas pourquoi j’émets de telles réserves ; nous appellerons cela l’instinct du père. Son dévouement pour Mike et son engagement pour diverses * causes * sont admirables.

La plupart du temps, il désire que Mike y prenne part et bien entendu elle n’a nul besoin d’encouragement lorsqu'il s'agit de s’impliquer dans un combat qui lui semble juste.

C'est peut-être là où reposent mes doutes.  

Ce sont *ses engagements* et *ses choix de vie* pour lesquels il s'attend à ce que Mike le suive inconditionnellement et qu’elle se tienne à ses côtés pour lui apporter son soutient. Pour la plupart des couples, cela va de soi, mais dans le cas de Mike, je ne pense pas que cela soit approprié.  

J’ai vu David rejeter son point de vue en faveur du sien et je l’ai vu ignorer les ambitions de Mike pour favoriser sa propre carrière où l’une de ses * causes *.  

Peut-être suis-je dans l’erreur en analysant mal la situation, mais je me dis qu’une telle attitude ne peut que brimer son esprit d’indépendance et sa forte personnalité et ruiner la confiance qu’elle a en elle et en ses capacités. 

Je l’observe à présent, courbée sur ses papiers, et je me surprends à souhaiter qu’elle ait été l’aînée de nos enfants.  

J’aurais eu quinze années de plus pour travailler avec elle et pour la soutenir dans ses efforts à se faire accepter dans le milieu médical.  

Puis, bien sûr, je réalise qu’il y a quinze années de cela, il y aurait eu très peu de chance pour qu’elle soit admise dans une faculté de médecine ; la faculté féminine de Médecine de Pennsylvanie n’existant pas à l’époque et les autres établissant n’acceptant pas d’étudiante dans leurs rangs.  

Ainsi vont les choses, elle est un médecin diplômé et j’espère avoir encore quelques années à partager avec elle. » 

Michaela soupira, glissa son bras autour du bras de Sully, crochetant son coude autour du sien, et mis sa tête sur son épaule. 

Il déposa le journal quelques instants sur la couverture pour pouvoir repousser quelques mèches de ses cheveux qui étaient retombées et ondulaient sur son visage et porta sa main jusqu’à ses lèvres avant de lui donner un baiser réconfortant.


okapi  (14.04.2010 à 13:21)

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Vendredi 5 juin à 21:10
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Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

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Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

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Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

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Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

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