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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 14.06.2010 à 13h41
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Désirs et regrets" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "LONGINGS". » okapi
Cette fanfic compte déjà 328 paragraphes
Les yeux de Thomas se rivèrent sur Matthew. ''Pourquoi ? Parce qu'elle est ma soeur, parce que je suis responsable d'elle. Parce que... Parce que je le dis.''
''Thomas, je suis une adulte maintenant, et je peux être utile ici, on a besoin de moi... pour quelques jours seulement ou bien quelques semaines... J'apprécie de savoir qu'on a besoin de moi... donc, je reste,'' dit Kathleen avec détermination.
Thomas regarda Brian puis Matthew, cherchant un allié mais n'en trouvant aucun. ''Kathleen, je dois insister...''
Soudain, les yeux bleus de Kathleen devinrent gris métal. ''Thomas, je ne retourne pas avec toi à Charleston. Je t'écrirai pour t'informer sur l'état de Sully et combien de temps je resterai ici. Alors, maintenant, si tu ne te dépêches pas, tu vas rater ton train.''
''Mais... mais...'' Thomas la regardait avec consternement, mais remarquant son expression inflexible, il haussa les épaules en signe de défaite. ''Tu prendras soin de toi ?'' demanda-t-il avec découragement. ''Je ne sais pas ce que je ferais s'il t'arrivait quelque chose... La vie ici n'est pas facile, tu sais.''
''Je vais me débrouiller très bien,'' répondit Kathleen en souriant. ''Je le pense vraiment quand je dis que je sers à quelque chose ici. Sois heureux pour moi. Je t'écrirai aussi vite que possible.''
Thomas regarda encore sa sœur avec intensité et s'apprêta à prendre ses bagages, mais Matthew les avait déjà en main.
''Nous prendrons soin d'elle, Thomas,'' le rassura-t-il tandis qu'ils passaient la porte et se dirigeaient vers le chariot.
Bien que se sentant inexplicablement fatiguée, Michaela inspira profondément, sourit et entra dans la chambre de repos.
''Tu te sens mieux ?'' demanda-t-elle à Sully en venant près de lui.
Il était désormais assis, son bras gauche attaché contre son torse avec une écharpe en mousseline, tenant son épaule en place. Il portait aussi une chemine de nuit.
Oubliant son épaule fragile, Sully haussa les épaules avant de gémir de douleur.
Michaela tendit la main et lui caressa les cheveux de compassion.
Elle murmura : ''Ça aurait pu être bien pire, Sully... Juste quelques semaines et tu seras bien...''
Sully marmonna : ''Je n'aime pas dépendre de quelqu'un.''
''Je sais, je sais. Moi non plus. Mais le temps va vite passer.'' Elle se pencha et l'embrassa. ''Grace, Robert E et Dorothy aimeraient te voir... Si tu es d'accord.''
Sully lui fit un sourire forcé, hocha la tête avec résignation et s'assit un peu plus droit tandis que Michaela fit signe de la main aux visiteurs.
Elle se leva du lit et descendit les escaliers.
Elle voulait voir ce qui s'était passé dans la clinique depuis la veille.
Michaela traversa la salle d'opération et quand elle s'assit à son bureau, on frappa à la porte.
Matthew, Brian et Kathleen, tenant Katie dans les bras, entrèrent.
Repérant sa mère, la petite fille cria avec excitation : ''Maman !'' Et elle tendit les bras vers elle.
Michaela sourit, se leva rapidement et prit sa petite fille aux anges dans les bras.
Matthew et Brian la regardaient avec anxiété.
"Maman ?'' murmura Brian. ''Est-ce qu'il va s'en sortir ?''
Michaela tendit un bras pour qu'il vienne lui aussi l'étreindre, ce qu'il fit avec enjouement.
Elle lui ébouriffa les cheveux gentiment.
''Il va aller bien, Brian. Il a une légère contusion et une épaule très douloureuse, mais à part ça, il va assez bien.''
Elle entendit Brian et Matthew soupirer de soulagement.
Elle tendit la main et donna une tape sur l'épaule de son plus grand fils pour le rassurer.
''Je suis si contente qu'il aille mieux, Michaela,'' dit Kathleen doucement. ''Nous étions tous si inquiets.''
''Merci Kathleen,'' répondit Michaela. ''Surtout pour avoir pris soin de Katie et de Brian comme vous l'avez fait. Je savais que je n'avais pas de soucis à me faire car ils étaient entre de bonnes mains...''
Kathleen rougit et baissa les yeux au sol.
''Où est Thomas ?'' demanda Michaela tout d'un coup, réalisa avec surprise l'heure et le jour.
''Vous deviez retourner à Charleston ce matin, Kathleen... Je suis si désolée... Je me sens vraiment égoïste. Où est Thomas ? Est-il très en colère ?''
''Thomas est parti par le train de ce matin, Michaela, il ne pouvait pas attendre. J'espère que cela ne vous dérange pas... Je l'ai persuadé d'accepter que je reste ici un moment... Au moins jusqu'à ce que vous n'ayez plus besoin de moi pour Katie...''
La voix de Kathleen traîna, incertaine de la réaction du médecin.
Les sourcils de Michaela se levèrent de surprise. ''Vous restez,'' dit-elle le souffle coupé. ''Etes-vous sûre ?... Je veux dire...''
Chapitre 24 :
''Je réalise que le fait que je reste puisse vous ennuyer, Michaela, et si c'est le cas, je partirai par le train de demain matin,'' promit Kathleen sincèrement.
''J'ai juste pensé que je ne pouvais pas partir avant de savoir si Sully allait s'en sortir... que je pouvais me rendre utile en m'occupant de Katie...''
Michaela regardait la jeune femme avec un mélange de joie et de chagrin.
''Kathleen... Bien sûr que je suis heureuse que vous vouliez m'aider... Mais je me suis sûrement mise entre vous et votre frère...''
''Oh non... Il a peiné à accepter, mais au fond, je suis sûre que Thomas a compris que c'était important pour moi de rester ici. Il devait retourner travailler, pas moi. Il n'y avait aucune raison pour que mon départ soit précipité,'' expliqua Kathleen d'une traite.
''Mais je veux que vous sachiez que je ne m'attends pas à être traitée comme une invitée. Je veux participer. J'ai bien peur que mes talents culinaires soient presque inexistants, mais je suis prête à tout faire pour vous aider et j'adore m'occuper de cette petite.'' Elle tendit la main et caressa le menton de Katie.
Michaela sourit. ''Vous me faîtes penser à moi de bien des façons, surtout concernant la cuisine... Merci d'avoir pensé à nous comme vous l'avez fait.''
Elle balaya ses enfants du regard. ''Je suis sûre que nous sommes tous contents de vous avoir.''
Elle sourit à nouveau. ''Peut-être pour des raisons différentes.''
Matthew avait observé cet échange entre sa mère et Katie avec joie et rougit lorsque Michaela le regarda dans les yeux.
Brian souriait lui aussi de bonheur; aujourd'hui n'allait pas être un si mauvais jour après tout.
''Maman... Est-ce qu'on peut monter et voir papa ? On ne le dérangera pas ?'' demanda-t-il avec anxiété, voulant voir de ses propres yeux que Sully allait se remettre.
''Bien sûr que vous pouvez... Du moment que vous êtes calmes et pas trop bruyants. Il a une affreuse migraine et son épaule le fait beaucoup souffrir,'' répondit Michaela.
Alors que Grace, Robert E et Dorothy sortaient de la chambre de Sully, sa famille entra sur la pointe des pieds.
Katie regarda son père, assis dans le lit, le bras en écharpe, et gémit doucement : 'Papa...''
Sully sourit à sa petite fille et tendit un bras vers elle.
Michaela chuchota : ''Tu dois être très gentille Katie, d'accord ? Assieds-toi bien sage.''
La petite fille hocha tranquillement la tête, Michaela la posa sur les genoux de son père et elle se blottit contre son corps.
Il l'étreignit tendrement de son bras valide et la berça calmement.
Michaela, Colleen, Matthew, Kathleen et les enfants étaient assis à une table au restaurant de Grace et prenaient un déjeuner de bonne heure.
Autour d'eux, les tables étaient vite occupées.
Grace était assise sur son banc habituel, supervisant le service de ses clients.
Elle tenait Michael dans ses bras.
De temps à autre, elle appelait l'une de ses assistantes et lui expliquait quelque chose ou lui montrait un client qui avait besoin d'attention.
Tandis que Kathleen et les enfants bavardaient autour d'elle, Michaela regardait son amie avec intensité.
Grace avait les yeux fatigués et elle baissait souvent ses épaules en respirant profondément.
Michaela le vit tout de suite.
Elle se dit qu'elle irait s'assurer de l'état de Grace et du bébé dans l'après-midi ou le lendemain matin.
Elle avait besoin de savoir comment son amie s'en sortait dans son rôle de maman.
Mais, en ce moment, tout ce dont Michaela avait envie, c'était de se blottir quelque part et de dormir, peut-être pendant des jours.
Le bébé était inhabituellement agité, réagissant certainement au changement de ses habitudes de vie durant ces deux derniers jours et au fait qu'elle ait été inquiète et stressée.
En fait, elle se sentait un peu mal à l'aise et ses membres étaient lourds et fatigués ; lorsqu'elle vit la nourriture devant elle, elle réalisa qu'elle n'avait pas faim du tout.
Colleen regardait sa mère avec inquiétude.
Quelque chose n'allait pas.
Sa peau était d'une couleur étrange – pâle et empourprée à la fois, sa respiration était rapide et elle avait apparemment du mal à se concentrer.
''Maman ?'' demanda-t-elle. Vous vous sentez bien ?''
''Bien sûr, Colleen, pourquoi ça n'irait pas ? J'ai toute ma famille avec moi et je sais que Sully va aller bien. Je suis juste un peu fatiguée, c'est tout,'' répondit Michaela en souriant.
Elle tendit la main et prit celle de Colleen. ''Merci pour m'avoir aidé avec Sully la nuit dernière et ce matin. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi et Andrew.''
''Vous vous seriez sortie, comme toujours... Mais je suis contente d'avoir été capable de t'aider,'' répondit Colleen en souriant.
Elle nota à nouveau le teint rouge de sa mère et décida de le mentionner à Andrew dès qu'elle retournerait à la clinique.
Sully était adossé contre la tête du lit, les yeux fermés, essayant d'ignorer la douleur lancinante dans son épaule et le mal de tête qui le faisait grimacer de temps en temps.
Il était presque content que Michaela ait emmené les enfants à manger chez Grace.
Même s'il les aimait de tout son cœur, leur bavardage l'avait fatigué de beaucoup de façons.
Depuis que Michaela lui avait expliqué l'étendue de ses blessures et lui avait dit que plusieurs semaines de repos allaient être nécessaires, il se sentait découragé.
Il avait l'impression que dès que la vie reprenait un rythme normal, quelque chose d'autre arrivait pour tout perturber.
Il remua un peu et un élancement dans son épaule le frappa.
Il fut très tenté de jurer.
''Ah... Sully... Tu es réveillé ?'' dit une voix grave et hésitante d'homme depuis la porte.
Sully ouvrit un peu les paupières et parvint à distinguer Hank qui hésitait à entrer dans la chambre.
''Je suis réveillé, Hank... Entre...'' dit Sully, essayant de cacher sa surprise face à cette visite inattendue.
''J'ai pensé que tu aurais peut-être besoin de compagnie,'' marmonna Hank, avançant sans se presser vers le lit. ''J'ai vu Michaela et les enfants partir au café.''
''Oui... Je pense qu'elle a réalisé que discuter n'arrangeait pas mon mal de tête,'' sourit Sully.
Hank recula de quelques pas. ''Si tu préfères être seul...''
''Non... Tu n'es pas un homme qui aime bavarder... Michaela m'a dit que tu l'avais aidée quand elle m'a trouvé derrière,'' dit Sully.
Hank s'assit sur une chaise près du lit, regarda son bandage à la main et dit : ''Oui, j'étais avec elle à la clinique... Je me suis coupé la main avec du verre cassé. Elle avait juste fini de mettre le pansement... Elle a fait du bon travail.''
''Oui... Eh bien, elle a beaucoup de pratique... C'est un bon docteur, tu sais,'' dit Sully en souriant.
''Je n'ai jamais dit le contraire,'' rétorqua Hank sur la défensive. ''Combien de temps vas-tu rester couché ?''
Sully grogna avec dérision. ''Elle a dit quelques semaines... Elle ne réalise pas qu'un homme a des choses à faire...''
''Oui, mais Michaela a souvent raison lorsqu'il s'agit de choses médicales... Elle sait que si tu recommences à travailler trop tôt, tu risques de faire des dégâts,'' conseilla Hank avec intérêt.
Sully observa le propriétaire du saloon avec étonnement.
A combien d'autres surprises devait-il s'attendre ?
Hank continua : ''Si tu t'inquiètes, ça ne me dérange pas d'aller à la ferme quelques fois par semaine... pour voir s'ils ont besoin de quelque chose... Je sais que Matthew est là-bas mais il est assez occupé.''
Sully étudiait encore son ancien rival avec émerveillement. ''Hum... Merci pour ton offre, Hank... J'espère juste ne pas être hors circuit trop longtemps... Je ne voudrais pas t'empêcher de faire ton travail.''
''Y'a pas de problèmes, je te l'ai dit... Je ne voudrais pas que Michaela ou les enfants manquent de quelque chose parce que tu es blessé,'' répondit Hank, penaud.
Sully sourit et décida de lui faire partager un problème qui l'inquiétait vraiment.
''En fait, Hank, je ne suis pas si inquiet au sujet de la maison... Matthew est là-bas, comme tu l'as dit. Mais je suis assez déçu de ne pas pouvoir finir le nouvel ajout à la clinique à temps... J'avais promis à Colleen et à Andrew qu'ils pourraient emménager pour Thanksgiving.''
Hank passa une longue mèche de ses cheveux bouclés derrière son épaule et sourit pour le rassurer.
''Ils ne vont pas être en colère après toi pour ça. Les connaissant bien, je peux te dire qu'ils sont très contents que tu ailles bien.''
''C'est ce qu'ils ont dit... Mais je n'arrête pas de penser que je vais briser ma promesse.''
''Il y a une différence entre les promesses qu'on ne tient pas et les promesses qu'on ne peut pas tenir... Et ils connaissent la différence,'' lui dit Hank avec sincérité.
Sully opina avec résignation. ''Je suppose que tu as raison... Mais bon, ça ne me met pas trop à l'aise. Je n'aime pas laisser tomber les gens.''
Hank hocha la tête avec compassion et ajouta : ''Tu as besoin de quelque chose avant que je ne parte ?''
''Non, merci Hank, Andrew est en bas et Michaela sera là dans une minute.''
Tandis que Hank se levait de sa chaise, des bruits de voix se firent entendre dans le couloir. Les deux hommes regardèrent vers la porte juste à temps pour voir Michaela et Andrew s'arrêter.
Michaela était au milieu d'une longue tirade : ''Je vais bien, Andrew... Combien de fois dois-je vous le répéter ? Je vais juste m'asseoir près de Sully un moment.''
Hank se tourna vers Sully et lui sourit. ''Je pense que je vais y aller,'' dit-il. Il secoua la tête. ''Les femmes à forte personnalité...'' marmonna-t-il avant de sortir de la pièce en s'excusant.
Remarquant l'inquiétude sur le visage d'Andrew, les yeux de Sully se posèrent sur Michaela.
''Quelque chose ne va pas ?'' demanda-t-il.
''Je disais juste à Michaela que je crois que les événements des derniers jours l'ont rattrapée et qu'elle a besoin de se reposer, mais elle ne veut pas m'écouter,'' expliqua Andrew avec exaspération.
Les yeux de Sully se posèrent sur les traits fatigués de Michaela.
L'une de ses mains soutenait avec protection son ventre gonflé, elle avait des cernes sous les yeux, sa peau était pâle, trop pâle, et ses yeux magnifiques n'avaient pas leur éclat naturel.
''Tu devrais peut-être écouter Andrew, Michaela,'' suggéra-t-il avec hésitation.
Un reflet familier de ténacité apparut dans ses yeux. ''Je lui ai dit que je voulais m'asseoir ici avec toi, et c'est ce que je vais faire,'' marmonna Michaela sur un ton de défi.
Sully soupira. Il n'y avait aucun moyen de faire plier Michaela lorsqu'elle était dans cette humeur.
Avec un éclair d'inspiration, il suggéra : ''Alors, pourquoi ne pas t'allonger ici avec moi, au lieu de t'asseoir ? Et tu nous rendrais tous les deux heureux.''
Michaela rougit et elle écarquilla les yeux. ''Je ne peux pas faire ça !'' s'exclama-t-elle. ''Ce ne serait pas raisonnable... et si quelqu'un venait te voir ?''
Reconnaissant la stratégie de Sully, Andrew interjecta : ''Je dirai à tous ceux qui viennent que vous vous reposez. Je pense que l'idée de Sully est excellente, alors je vous laisse tous les deux... Je ferai en sorte que vous ne soyez pas dérangés.''
Il se tourna et, sans plus de discussion, sortit en fermant la porte derrière lui.
Michaela rougit à nouveau mais s'empêcha de protester.
De son bras valide, Sully rejeta les couvertures du côté libre du lit et l'invita : ''Viens... Pose ta robe et ta blouse et viens me rejoindre. Andrew a raison, tu sais... Tu as besoin de repos.''
Michaela le fusilla presque du regard puis baissa les yeux vers le sol.
Elle commença à déboutonner sa blouse en silence avant de la poser sur une chaise. Puis, elle entreprit de défaire les boutons de sa robe.
Sully commenta : ''J'aurais aimé t'aider à le faire...''
Pour la première fois, Michaela lui sourit légèrement.
''Tu penses que tu pourrais m'aider à me recoucher sur le dos avant de grimper dans le lit ?'' demanda Sully.
''Bien sûr,'' répondit Michaela en marchant à grands pas vers lui.
Sully gémit lorsque même Michaela, avec tout son savoir-faire, l'aida à se coucher.
Elle se pencha vers lui et l'embrassa sur son front en sueur avant de faire le tour du lit et de se coucher à ses côtés.
Elle se blottit immédiatement contre lui et il glissa son bras sous son épaule en la tirant plus près de lui.
Elle frissonna.
''Tu as froid ?'' demanda-t-il, inquiet car le soleil de l'après-midi avait réchauffé la pièce.
''Hum... un peu,'' répondit-elle.
Il la serra encore plus contre lui et lui frotta gentiment le dos.
Il sentit le bébé bouger contre sa hanche et il sourit. ''Le bébé est agité,'' dit-il calmement.
''Oui... il l'a été toute la journée. Ca me met mal à l'aise,'' marmonna-t-elle en se détendant progressivement contre lui.
''Eh bien, peut-être qu'il va dormir maintenant...si on reste très calmes,'' suggéra Sully en peignant avec ses doigts les longs cheveux roux de sa femme.
''Hum...ça fait du bien,'' chuchota-t-elle d'une voix déjà endormie.
''C'est le moins que je puisse faire après que tu sois restée assise toute la nuit à mes côtés.''
''Mais je me suis endormie... J'aurais dû rester éveillée, mais je n'ai pas pu,'' murmura Michaela avec regrets.
Caressant doucement son bras puis son ventre, Sully fit des remontrances au bébé : ''Hé, peut-être que ce petit bout a à voir là-dedans... Tu ne peux pas tout faire, Michaela.''
''Mais si tu avais eu besoin de moi ?'' demanda-t-elle la gorge serrée.
''Tu l'aurais su... Comme toujours... Comme tu l'as toujours su...'' la rassura Sully.
Michaela leva des yeux embués de larmes vers lui et dit : ''J'ai beaucoup pensé la nuit dernière... Je me suis rappelée, il y a des années, lorsque tu étais inconscient à l'ancienne maison... après que Nuage-Dansant t'ait amené à moi...''
Sa voix traîna puis, à la grande surprise de Sully, elle commença à fouiller sous les couvertures, attrapant le bord de sa chemise de nuit, le levant pour pouvoir passer une main dessous.
Elle caressa la peau nue de sa cuisse, de son ventre et de son torse. ''Beaucoup de choses ont changé entre temps,'' dit-elle doucement. ''J'avais peur de te toucher à l'époque.''
''Ah bon ? Pourquoi ? Tu étais mon docteur...''
''C'est pour ça. Je n'ai jamais été 'que' ton docteur... Et nous le savions tous les deux,'' murmura Michaela en se relevant un peu pour l'embrasser tendrement avant de se recoucher.
Sully sourit.
Michaela parlait si rarement de ses sentiments, surtout de l'incertitude qu'elle avait connu dans le passé.
''Heureusement que tu n'es pas que mon docteur aujourd'hui,'' murmura-t-il, observant son visage aux traits tirés et réalisant qu'elle s'était endormie.
Il resserra son étreinte et posa sa joue sur sa tête.
Peut-être qu'une bonne nuit de sommeil rendrait un peu de couleurs à ses joues et balayerait ses cernes sous les yeux.
Chapitre 25 :
Elle sentit l'échelle bouger sous elle.
Son rythme cardiaque s'accéléra à cause de la peur et elle tendit la main pour s'accrocher à quelque chose de solide, tout ce qui aurait pu l'empêcher de tomber, mais elle n'emprisonna que de l'air dans sa main.
Elle haletait de terreur et des perles de transpiration apparaissaient sur son front.
Elle cria son nom : ''Sully !'' et elle sentit qu'elle perdait l'équilibre.
Soudain, la main de Sully saisit la sienne et ils sautèrent par-dessus le bord de la falaise, vers l'eau qui coulait en bas.
Son coeur sembla s'arrêter d'anticipation, en pensant à la froideur de l'eau.
Ils continuèrent de chuter le long de la paroi rocailleuse, le vent qui tournait en spirale autour d'eux à cause de la vitesse les empêchait de respirer correctement.
Elle eut le souffle coupé lorsque de l'air sec rentra dans sa gorge.
Soudain, ils plongèrent dans l'eau sombre. La force du choc leur enleva tout l'air qu'ils avaient dans les poumons.
Au lieu de la froideur à laquelle elle s'était attendue, l'eau était chaude, trop chaude.
Elle s'agita pour remonter à la surface, émergeant finalement, crachotant et toussant.
L'eau lui dégoulinait sur le visage tandis qu'elle regardait autour d'elle. ''Sully !''
''Hé, hé...'' Sa voix douce pénétra sa conscience.
''Tout va bien, tout va bien, ce n'est qu'un rêve...''
Michaela le regarda, désorientée.
Elle avait la tête lourde, les idées mélangées et elle avait chaud.
Elle essuya son front et ses joues qui étaient baignés de sueur puis, elle retira ses couvertures.
Sully l'observait avec inquiétude.
''J'ai chaud, Sully,'' murmura-t-elle. ''Pas toi ?''
Elle fut soudain prise d'une grosse quinte de toux qui lui rendit le visage rouge.
Son corps entier semblait humide.
Tendant maladroitement son bras valide, Sully posa sa main sur son front moite. ''Tu as de la fièvre, Michaela...'' murmura-t-il avec anxiété.
''Je sais... J'ai chaud et froid en même temps,'' dit Michaela avant que sa voix ne se brise et qu'elle tousse à nouveau.
''J'ai soif aussi... C'est probablement un petit rhume... C'était bien le moment,'' soupira-t-elle avec exaspération.
''Bon, je vais appeler Andrew pour qu'il t'examine. Je ne veux pas que ça devienne sérieux,'' lui assura Sully avec détermination.
''Ça ne presse pas, Sully... Il n'y a pas grand chose qu'il puisse faire...''
Elle s'arrêta pour tousser. ''Peut-être que du thé à l'écorce de saule pour faire baisser un peu la fièvre,'' marmonna-t-elle avant de tousser.
Sully rejeta les couvertures de son côté et posa les pieds par terre.
Il se leva et une vague de vertiges le submergea.
Alors que cela passait, il se tourna vers Michaela et sourit : ''Nous formons une belle paire... toi et moi, Michaela. Moi avec un mal de tête et une épaule démise et toi avec de la fièvre.''
N'obtenant guère de réaction de la part de sa femme, à part un léger sourire, il marcha maladroitement jusqu'à la porte, l'ouvrit et appela Andrew.
''Vous avez sûrement raison, Michaela... C'est juste un rhume, même s'il est assez sérieux. Vos bronches sont enflammées, d'où la toux. J'aimerais suivre votre état pendant vingt-quatre heures avant d'en être certain.''
Andrew se leva, enleva le stéthoscope de ses oreilles et étudia avec compassion sa collègue qui avait le visage rouge et qui avait des difficultés à respirer normalement entre deux toux.
''Je suggère que nous vous déplacions dans la chambre d'à côté, pour votre confort et celui de Sully.''
Alors que Sully s'apprêtait à protester : ''Comme nous ne sommes pas sûrs si c'est quelque chose de contagieux, il serait sage de limiter les visiteurs à moi et à Colleen... Juste pour un petit moment.''
Michaela hocha la tête au moment où une pensée soudaine lui traversa l'esprit. ''Andrew, ne laissez-pas Colleen me voir... J'aimerais vraiment qu'elle vérifie l'état de santé de Grace et du bébé... Voir comment ils vont, s'ils ont besoin d'aide... Je m'inquiète pour elle, mais je ne me sentirais pas bien s'il y avait une chance que Colleen leur transmette quelque chose.''
''Je suis d'accord, Michaela. Juste moi alors,'' reconnut Andrew.
''Je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas être avec elle... Nous avons dormi l'un à côté de l'autre ces dernières heures,'' objecta Sully. ''On s'est même embrassés avant de dormir...''
Un commentaire qui fit encore plus rougir Michaela. ''Il me semble que si c'est contagieux, les probabilités font que je vais l'attraper.''
''Vous pourriez bien avoir raison, Sully,'' sourit Andrew avec compréhension.
''Néanmoins, on essayera d'éviter cela en vous séparant un moment. En plus, les enfants voudront vous voir dans les jours qui viennent... et en ce moment, vous semblez être le choix le plus logique... même si j'éviterais tout contact physique.''
Lorsqu'ils réalisèrent qu'ils ne pourraient plus tenir Katie dans leurs bras, les visages de Sully et Michaela s'assombrirent.
Le remarquant, Andrew s'approcha de la porte.
''Je vais aller dire à Colleen de faire le lit dans la pièce d'à côté, Michaela, et je viendrai vous chercher quand tout sera prêt. Pendant ce temps, reposez-vous.''
Tandis qu'Andrew fermait la porte, Michaela marmonna avec découragement : ''Tu as raison, Sully, nous formons une belle paire...''
''Papa... Maman va aller bien, n'est-ce pas ?'' demanda Brian avec anxiété en s'asseyant sur une chaise à quelques centimètres du lit où Sully était assis.
A côté de lui se tenait Kathleen qui tenait dans ses bras Katie qui se tortillait et gémissait car elle ne pouvait pas comprendre pourquoi elle n'avait pas le droit de faire un câlin à son papa.
''Bien sûr qu'elle va aller bien, Brian,'' dit Sully sur un ton rassurant.
''Andrew pense que c'est juste une infection comme toi et Katie pouvez en avoir... Elle doit simplement reprendre des forces. Andrew s'occupe d'elle.''
Brian hocha la tête et demanda : ''Est-ce qu'Andrew a dit quand tu pourrais rentrer à la maison ?''
''Eh bien, ça va encore prendre quelques jours... pour être sûr que je ne cours plus aucun risque.''
Il les balaya tous les quatre du regard : Brian, Kathleen, Katie et Matthew.
''Je suis désolé pour tout ça... Ca doit être plutôt dur pour vous là-bas… avec Katie et tout... On devra vous le rendre quand on rentrera à la maison, faire quelque chose ensemble, comme une famille réunie.''
''Nous ne nous inquiétons pas pour ça,'' le rassura Matthew. ''Nous voulons juste savoir si vous allez bien. C'est tout. On se débrouille bien à la maison... Surtout avec Kathleen qui s'occupe de Katie.''
Il la regarda avec admiration ce qui la fit rougir.
Sully sourit légèrement, remarquant l'échange silencieux entre eux deux.
''Je sais que vous vous en sortirez bien,'' dit-il calmement. ''Et merci.''
Sully remua à nouveau quand une nouvelle quinte de toux lui vint à traverser le mur en bois.
Son cœur s'emballa.
Parfois, aimer quelqu'un est vraiment difficile, surtout quand vous écoutez la personne que vous aimez souffrir et que vous ne pouvez rien y faire.
Il ne savait même plus combien de fois il s'était réveillé en écoutant ce bruit angoissant.
Il jeta un coup d'oeil vers la fenêtre entourée d'un rideau de dentelle et réalisa que l'aube n'allait pas tarder à apparaître.
Michaela toussa encore.
Elle n'avait sûrement pas réussi à dormir à cause de cela.
Et comment allait le bébé ?
Peut-être qu'une maladie comme celle-là pour avoir des conséquences sur leur enfant et le manque de sommeil de Michaela n'arrangeait pas les choses.
Il avait combattu l'envie d'aller la rejoindre toute la nuit.
Attentif aux inquiétudes d'Andrew sur le fait que la maladie puisse être contagieuse, il avait réussi à résister à la tentation jusque là, mais il ne pouvait pas rester allongé dans le lit à l'écouter souffrir.
Soudain, sa résolution s'évanouit et il se leva doucement, en faisant attention à son épaule, saisit un linge sur le pichet d'eau de sa table de nuit et sortit de sa chambre à petits pas.
Michaela ne l'entendit pas approcher du lit car elle était encore prise d'une quinte de toux, une toux qui semblait prendre son origine dans tout son corps, des pieds à la tête.
''Hé,'' dit Sully doucement en s'asseyant sur le lit.
La chambre était éclairée par une seule lampe sur la table de chevet et c'était assez pour voir que Michaela était à bout.
Elle se tourna vers lui, les yeux remplis de larmes. ''Sully !'' s'exclama-t-elle, la voix rauque. ''Tu n'es pas sensé être là... Tu te rappelles de ce qu'Andrew a dit ?''
''Je sais, je sais... mais je ne pouvais pas rester allongé à t'écouter plus longtemps... Je devais être avec toi,'' murmura Sully avec amour, écartant ses cheveux humides de son front.
Il versa de l'eau fraîche dans le bassin, y trempa un linge propre et le passa sur son visage. ''Ça va, mon amour...'' la rassura-t-il.
Ses yeux se remplirent encore de larmes. ''Je me sens si mal, Sully,'' murmura-t-elle, découragée. ''Je n'arrête pas de tousser, j'ai chaud, j'ai mal partout...''
''Shut... Tout va bien se passer, je suis là maintenant,'' susurra-t-il.
''Où as-tu mal ?''
''A cause de la toux... Tous mes muscles de mon dos et de ma poitrine... Et je ne peux pas m'allonger parce que je recommence à tousser sinon, mais je ne peux pas dormir assise.''
Sully hocha la tête et remit le linge dans l'eau pour le rincer. ''Voyons si nous pouvons faire quelque chose pour t'aider...'' dit-il calmement.
Il se leva et déplaça doucement les linges, le pichet, le bassin et le verre sur le côté droit du lit puis, à l'aide de son bras valide, il l'aida à s'asseoir et se faufila dans le lit.
Il s'assit derrière elle, le dos contre la tête du lit, ses jambes de chaque côté d'elle puis, il fit lentement descendre son dos contre son torse.
''Maintenant, si tu arrives à te sentir bien, tu peux dormir, je te tiens,'' murmura-t-il dans son oreille.
Il tendit le bras pour prendre un linge imbibé d'eau et après avoir défait les boutons de sa robe de nuit, il commença à lui passer le linge sur sa peau fiévreuse, sur son cou, sa poitrine et son ventre.
Michaela soupira de satisfaction sous ses caresses et se détendit peu à peu contre lui.
''Voilà, c'est ça,'' chuchota-t-il. ''Tu avais juste besoin qu'on te soutienne... Dors mon amour, je prends soin de toi.''
Pendant les quelques heures qui suivirent, Sully épongea sa peau chaude et massa gentiment ses muscles du dos fatigués, tout en murmurant des mots doux pour la réconforter.
Progressivement, sa toux diminua et sa peau se rafraichit jusqu'au moment où Sully remit les couvertures sur elle en la serrant contre lui.
Elle s'endormit enfin.
Andrew ouvrit la porte de la chambre de repos et recula d'étonnement devant la scène devant lui.
Michaela dormait assise, reposant contre un Sully somnolant qui la tenait avec protection contre son torse, sa joue posée contre le dessus de sa tête.
Il sourit et secoua la tête.
Plusieurs fois durant la nuit, il s'était levé et avait posé des linges froids sur le front de Michaela, lui avait fait infuser du thé à l'écorce de saule, même si ça n'avait pas beaucoup aidé, et il avait commencé à penser que sa maladie était plus grave qu'ils ne l'avaient pensé.
Sa toux très sèche, qui s'était développée très rapidement, était particulièrement inquiétante et elle était apparue angoissée à chaque fois qu'il était venu lui rendre visite.
Et voilà où elle était, dormant en paix, et s'il ne se trompait pas, sa fièvre avait baissé. Il secoua la tête.
La nuit dernière, il avait tenu Colleen dans ses bras pendant qu'ils avaient observé Michaela qui veillait sur Sully.
Il se souvenait que Colleen lui avait dit qu'il y avait quelque chose de spécial, d'extraordinaire entre eux, quelque chose qu'on ne pouvait pas expliquer avec des mots, qui n'avait pas besoin de mots.
Est-ce que Colleen avait raison ?
Y avait-il un lien intangible entre eux qui pouvait surmonter tout ce qui se présentait sur leur passage ?
Il se souvint que Michaela lui avait dit un jour que l'amour pouvait guérir.
Et maintenant, il commençait à croire à cet adage.
Il sourit à nouveau, et sortit doucement de la chambre en fermant la porte.