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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 14.06.2010 à 13h41
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Désirs et regrets" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "LONGINGS". » okapi
Cette fanfic compte déjà 328 paragraphes
Comprenant l'insécurité de la jeune femme, Michaela la rassura rapidement : ''Comme je l'ai dit, nous adorons vous avoir ici et vous êtes la bienvenue aussi longtemps que vous le souhaitez, mais vous ne pouvez pas repousser votre départ sans parler de vos sentiments profonds à votre frère.''
Kathleen hocha la tête et elle baissa les yeux au sol. ''Je sais,'' répondit-elle avec découragement.
Après un moment, elle se redressa et se tourna vers Michaela. ''Si cela vous va, je lui enverrai un télégramme demain pour lui dire que je souhaite rester jusqu'à Thanksgiving... Puis, je lui écrirai en lui disant ce que je ressens et pourquoi j'aime tellement être à Colorado Springs et faire partie de la vie ici.''
Michaela serra le bras de la jeune femme. ''Comme dirait Sully... Ça me semble être un bon plan,'' dit-elle en souriant. ''Maintenant, il est temps d'aller au lit... Nous devons aller à l'église demain.''
Les deux femmes se levèrent et marchèrent bras dessus bras dessous vers les escaliers.
''Et donc, je vous dis à tous : Allez en Paix,'' conclut le Révérend, le matin suivant, devant l'assemblée de fidèles.
Il y eut alors un brouhaha habituel tandis que les gens s'apprêtaient à partir, les papiers qu'on pliait, les bottes sur le sol, mais le Révérend reprit la parole. ''Même si, bien sûr, il reste encore une chose à faire,'' affirma-t-il d'une voix autoritaire mais avec un sourire. Petit à petit, l'église redevint calme.
Michaela, qui était en train de ramasser tout ce que Katie avait échappé pendant le service, s'arrêta et leva la tête, étonnée.
Le Révérend continua : ''Comme la plupart d'entre vous le savent, on a beaucoup parlé de la façon de célébrer Thanksgiving cette année. Ça a été le sujet de conversation favori chez Grace's ces dernières semaines. Les souvenirs des êtres chers que l'on a perdus nous font voir Thanksgiving différemment cette année. Le sentiment général, c'est que nous voulons faire quelque chose ensemble, en tant que ville, et qu'un projet commun serait plus approprié, plutôt qu'une célébration habituelle.''
Il se tourna dans la direction de Sully et Michaela.
''Michaela, Sully... C'est là que vous entrez en jeu.''
Michaela jeta un coup d'œil à ses amis proches et reposa le regard sur le Révérend, tandis que Sully semblait aussi abasourdi qu'elle.
Le Révérend Johnson reprit. ''Beaucoup d'entre nous ont réfléchi au vrai sens de Thanksgiving, surtout ce que cela signifiait cette année... Et nous avons pensé que sans médecin, les effets de la maladie de l'an passé auraient pu être bien plus dramatiques... et que, tous autant que nous sommes, nous devons en être reconnaissants.''
Michaela rougit d'embarras et baissa les yeux au sol.
''Et Sully... Nous savons que vous travaillez à agrandir la clinique pour que le docteur Cook et Colleen puissent vivre dans ces locaux, afin qu'il y ait toujours une assistance médicale si nécessaire. Mais il y a quelques semaines, un petit oiseau nous a dit que vous étiez déçu de ne pas pouvoir finir ces locaux à temps à cause de votre épaule cassée.''
Sully haussa les épaules d'un air penaud et se cala au fond du banc d'église, il se sentait toujours mal à l'aise lorsqu'il était le centre d'attention.
''Et donc, avec votre permission, les habitants de cette ville aimeraient vous aider à finir la clinique pour Thanksgiving, quelque chose que nous pouvons tous faire ensemble. Qu'est-ce que vous en dites ? Loren a fait en sorte que le matériel soit livré à temps et prêt à être utilisé.''
Il y eut un moment de silence durant lequel Sully et Michaela restèrent assis sans bouger, se tenant la main fermement.
Le Révérend parla à nouveau.
''Oh, et Sully... Au cas où vous seriez inquiet... Nous savons tous à quel point vous êtes fier de vos talents d'artisan... alors chaque homme a accepté de travailler sous votre supervision, pour que vous soyez content du résultat final.''
Il y eut quelques rires parmi les fidèles et Sully parla doucement : ''Nous en serions honorés, Révérend.''
Il balaya l'église du regard et vit beaucoup de visages souriants. ''Merci de notre part,'' ajouta-t-il.
''Bien. Nous avons seulement cinq jours, donc je vous propose d'aller pique-niquer dans le pré et ensuite, bien que ce soit le Jour du Seigneur, je suis sûr que le Seigneur n'y verrait pas d'inconvénient si nous nous dirigions vers la clinique pour commencer à travailler... ou au moins, voir où commencer,'' dit le Révérend.
Puis, il ajouta avec un sourire ironique : ''Ou voir ce que certains d'entre nous à qui il serait dangereux de prêter un marteau peuvent faire.''
Les habitants se mirent soudain à éclater de rire et parlèrent entre eux tandis que tout le monde se levait et faisait la queue pour sortir de l'église et commencer leur projet de Thanksgiving.
Chapitre 28
Michaela se cala contre le dossier de sa chaise, soupira de bonheur et caressa son gros ventre de sa main. ''Hum... C'était délicieux,'' dit-elle avec délectation.
''Oui... mais tu as un peu de sauce sur le menton,'' sourit Sully en se penchant pour l'essuyer avec sa serviette. ''Tu en as eu assez ?''
''Assez ?'' s'exclama Michaela. ''Si jamais je mange davantage, j'explose !''
Ils étaient tous les deux assis, entourés par la famille et leurs amis, au restaurant de Grace, appréciant leur dîner de Thanksgiving.
Les derniers jours avaient été très mouvementés, un peu tendus, mais si satisfaisants...
Michaela regarda Colleen et Andrew, assis en face d'eux.
Elle n'oublierait jamais le visage de sa fille aînée lorsque la dernière caisse contenant leurs affaires avait été déplacée dans leurs nouveaux quartiers à la clinique, ce matin même.
Elle connaissait ce sentiment !
Enfin un endroit que l'on pouvait appeler 'chez soi'.
Elle avait ressenti cela à propos de son ancienne maison.
Aussi délabrée et petite qu'elle était, elle s'était sentie chez elle au moment où elle avait accepté de la louer.
Et maintenant, elle voyait le même éclat dans les yeux de sa fille.
Cela ne dérangeait pas Colleen qu'elle et Andrew allaient y vivre pendant environ un an jusqu'à ce qu'elle parte à Philadelphie.
Ces nouvelles pièces étaient leur maison.
Colleen avait joué un rôle dans leur conception et avait travaillé dur au côté des villageois, durant ces cinq derniers jours, pour finir sa maison aujourd'hui... pour Thanksgiving.
De son côté, le regard de Sully errait parmi les visages familiers autour de lui.
Ces quelques derniers jours avaient été une révélation pour lui : voir la ville entière se donner du mal pour finir les ajouts à la clinique.
En vérité, il avait aimé travailler aux côtés de Hank qui, il l'avait appris plus tard, avait été le petit oiseau qui avait dit à toute la ville son inquiétude de ne pas finir la clinique à temps.
Il avait aimé travailler avec Jake et Teresa (qui avait mis de côté ses doutes sur les compétences de médecin de Michaela), Aidan et Rachel Darcy (qui avait passé des heures à distribuer à boire aux travailleurs en clopinant avec sa canne), Loren (qui avait voulu montrer qu'il n'était pas trop vieux pour travailler aussi bien que les autres et qui avait terminé épuisé), Horace (qui avait aidé les autres sans broncher) et beaucoup d'autres habitants, tous avaient participé au projet avec enthousiasme, voulant effacer d'anciens souvenirs douloureux par une bonne action.
Il se cala également au fond de sa chaise et soupira de plaisir.
Si quelqu'un lui avait dit, il y a dix ou même cinq ans de cela, qu'il se sentirait fier de sa famille et de sa ville, il se serait certainement moqué de lui.
Il tourna les yeux vers sa magnifique femme enceinte à côté de lui.
Comme elle avait changé sa façon de voir le monde !
Il sourit et dût s'empêcher de la toucher, de la serrer contre lui.
Quelqu'un qui lui tirait la manche attira son attention : c'était sa petite fille aux cheveux blonds, fatiguée, qui voulait qu'on la porte.
Il la prit dans les bras, son cœur débordant d'amour pour cette petite poupée.
Il la serra contre lui.
''Tu sembles heureux,'' murmura Michaela dans son oreille.
''Oui... Je pense que je le suis,'' lui chuchota Sully en retour, s'empêchant à nouveau de se pencher vers elle pour l'embrasser.
''Je t'aime aussi...'' lui dit-elle tout bas.
''Regardez-les ! Un couple marié depuis plus de trois ans, qui a un enfant et un autre en route, n'a pas le droit de se regarder comme ça,'' plaisanta Grace, faussement gênée.
Michaela rougit et même Sully resta penaud jusqu'à ce que Grace ajoute : ''Je vous taquine.'' Elle se pencha et ajouta sur un ton de conspiration : ''Je ne crois pas que vous changerez un jour... Enfin j'espère que non !''
Michaela posa sa tête sur l'épaule de Sully un instant et tendit la main pour écarter une mèche de cheveux sur le front de Katie.
La petite fille était maintenant endormie dans les bras de son père, les événements des derniers jours avaient finalement eu raison d'elle.
Michaela releva la tête et elle remarqua une scène intéressante.
Elle murmura : ''En parlant de regards...'' Elle indiqua d'un signe de tête le jeune couple assis à la même longue table qu'eux.
Matthew et Kathleen étaient en plein milieu d'une conversation animée, ne se préoccupant pas des personnes autour d'eux.
Entre deux phrases, ils éclataient de rire ou bien ils se souriaient simplement, et de temps en temps, Matthew posait sa main sur la manche de Kathleen.
Quelque chose que dit Matthew lui fit lever ses yeux bleus, puis elle les baissa timidement vers la nappe, une légère teinte rouge sur les joues.
Tandis qu'ils observaient ce petit échange intime, Michaela serra la main de Sully et lorsqu'il se tourna vers elle, elle sourit et il sut, comme si elle l'avait dit tout haut, ce qu'elle espérait. ''Donne-leur du temps, Michaela,'' lui conseilla-t-il calmement.
''Je sais... Mais ça fait longtemps que je n'ai pas vu Matthew aussi heureux... Et si Kathleen se sent obligée de retourner à Charleston, il va se retrouver à nouveau seul,'' soupira-t-elle.
''Oh, je ne sais pas... Tu es retournée à Boston,'' murmura Sully. ''Ça dépend à quel point tu aimes quelqu'un... La distance ne doit pas mettre un frein aux choses. Je pense que Kathleen aimerait rester à Colorado Springs de toute façon.''
''Oh, je suis sûre de ça... Elle me l'a dit. Mais Thomas insiste de plus en plus pour qu'elle revienne... Et maintenant que Thanksgiving est terminé...'' songea Michaela.
''On doit leur laisser régler les choses entre eux, Michaela... Matthew a la tête sur les épaules et on ne doit pas intervenir.''
''Je sais... Mais je n'aimerais pas le revoir malheureux à cause de l'amour... Il mérite quelqu'un qui l'aime pour lui... Et Kathleen aussi,'' répondit Michaela.
''Eh bien, on va attendre et voir ce qui se passe. Au fait, il serait temps de ramener cette petite fille fatiguée chez elle,'' murmura Sully en se penchant pour déposer un baiser sur le front de Katie.
Quand il releva la tête, il vit Michaela qui baillait. ''Il serait aussi temps de ramener cette grande dame épuisée à la maison aussi,'' rit-il.
''Oui... Ça m'a pris d'un coup... Ça a été une semaine très agitée, tu sais... Je n'ai jamais autant traité de patients pour des ampoules, des pouces écrasés par un marteau, des courbatures ou des échardes.''
Elle rigola et s'arrêta, scrutant de ses yeux fatigués le groupe autour d'elle. ''Mais je crois que ça valait bien le coup,'' murmura-t-elle de satisfaction.
''Je pense que tu as raison,'' acquiesça Sully en souriant. ''Allez viens... Commençons à dire au revoir à tout le monde...''
Tard dans la matinée, la semaine suivant Thanksgiving, Michaela était assise à son bureau et complétait le dossier d'un patient, comptant presque les minutes jusqu'à ce qu'Andrew vienne la remplacer.
Elle était arrivée tôt, espérant rattraper son retard dans les papiers, mais avait dû faire face à un flot régulier de malades, souffrant tous du froid intense qui touchait la région depuis dimanche.
Sully avait dit que le temps sentait la neige mais avait fini par avoir des doutes : il était encore bien tôt pour voir de la neige.
Heureusement, le flot de patients s'était petit à petit amenuisé et elle avait enfin pu se remettre au travail.
Elle venait de finir un fichier, le mit de côté et prit le prochain.
Ah... Mr Finney... Son arthrite lui joue toujours des tours quand le mauvais temps revient.
Elle commença à écrire, puis s'arrêta : elle ne pouvait pas se rappeler si elle avait vu Mr Finney ce matin.
Elle soupira de frustration, mais sourit malgré tout.
Elle avait lu que certaines femmes aux derniers stades de la grossesse avaient des trous de mémoire.
Dieu fasse en sorte que cela ne se répète pas !
Beaucoup de ses patients étaient très compréhensifs par rapport à sa grossesse, mais un mauvais diagnostic ou l'administration d'un mauvais remède pouvait nuire à sa crédibilité, enceinte ou non.
Elle inspira profondément, ferma les yeux, se concentra et les détails lui revinrent en mémoire.
Cette fois-ci, elle soupira de soulagement.
Finalement, elle parcourut les dossiers ''I'' et ''T'' et les rassembla tous dans son placard à côté de son bureau.
Elle jeta un coup d'œil à l'horloge : plus que quinze minutes avant que Sully n'arrive pour l'emmener chez Grace's.
Elle caressa distraitement son ventre et sourit.
Elle fut brutalement ramenée à la réalité par un coup à la porte.
Elle fronça les sourcils et ronchonna avec résignation.
Elle pourrait bien affronter un patient de plus avant le déjeuner.
Elle se leva et marcha jusqu'à la porte avant de l'ouvrir, révélant Horace Bing sur le seuil.
''Ah... Docteur Mike,'' dit-il avec hésitation. ''Je sais qu'il est tard, mais je me demandais si je pouvais vous parler un moment.''
''Bien sûr Horace,'' dit-elle pour le rassurer. ''Entrez... Etes-vous malade ?''
''Non... Je... Je voulais juste vous parler de quelque chose... Si vous avez le temps...''
Michaela avait toujours apprécié Horace.
Dans ses moments les plus difficiles, il l'avait toujours soutenue et s'était montré gentil et tolérant, ce qui n'était pas le cas de tous les habitants.
Elle lui fit signe de s'asseoir sur une chaise en face du bureau.
''Bien sûr que j'ai le temps. Asseyez-vous et dites-moi ce qui vous inquiète.''
Il était évident qu' Horace était très préoccupé à propos de quelque chose.
Sa peau était pâle, son front plissé d'anxiété et Michaela remarqua que ses mains tremblaient.
Il s'installa dans la chaise en bois et baissa les yeux au sol.
Elle attendit patiemment qu'il commence et quand, après quelques secondes, il ne le fit pas, elle dit doucement : ''Horace ?''
Le regard d'Horace se leva lentement du sol et quand il rencontra les yeux de Michaela, elle fut très surprise d'y voir des larmes.
Elle dit à nouveau son nom, plus gentiment : ''Horace ?''
''Docteur Mike... Je ne sais pas par où commencer... Peut-être que vous devriez lire ça...''
Il sortit d'une poche de son manteau un bout de papier froissé et lui tendit.
Michaela l'observa, très étonnée, et prit le papier de sa main avec rapidité pour en découvrir le contenu.
Après l'avoir rapidement lu, elle recommença à nouveau, réfléchissant à chaque phrase, le coeur gros et les yeux embués de larmes.
Enfin, elle leva la tête vers l'homme grand et maigre en face d'elle.
''Oh... Horace,'' dit-elle doucement. ''Je suis si désolée...''
Horace se mordait la lèvre et des larmes lui coulaient sur les joues.
Michaela ne savait pas quoi dire, ni quoi faire.
Elle lui rendit finalement le bout de papier et lui demanda : ''Quand l'avez-vous reçu ?''
Horace prit quelques profondes inspirations et dit : ''Hier... J'ai passé tellement de temps à réfléchir à ce que je pourrais faire depuis... Je ne sais toujours pas... Je n'arrive pas à y croire...'' Il baissa à nouveau les yeux vers le sol.
Michaela se sentait impuissante.
En tant que docteur, elle avait souvent dû faire face à de telles situations, mais elle en était toujours bouleversée.
''Horace... S'il y a quelque chose que nous pouvons faire...'' offrit-elle avec hésitation, sachant qu'il n'y avait rien à faire.
A sa grande surprise, les yeux de Horace se posèrent sur elle, soutenant son regard et se tordant les mains avant qu'il arrive finalement à dire : ''Docteur Mike... Je me souviens... Il y a longtemps... Après que vous et Sully soyez revenus de Boston... Il m'a dit pour votre mère... Il m'a dit que vous étiez allée là-bas car ils disaient qu'elle mourait... Qu'elle avait un cancer, je crois que c'est ce qu'il a dit... et puis vous avez découvert que ce n'était pas ça, que c'était quelque chose d'autre, n'est-ce pas ?''
''Eh bien, oui...'' répondit-elle doucement, ne sachant pas où allait mener cette discussion.
''Pensez-vous que ce pourrait être le cas ici ?'' demanda-t-il avec espoir.
Elle remarqua qu'il retenait sa respiration, attendant avec anxiété ses prochains mots, et elle ne sut vraiment pas quoi dire.
Elle affirma finalement : ''Horace, il y a toujours une chance... pour chaque cas... qu'un état de santé soit mal diagnostiqué, que les symptômes soient trompeurs... ou indiquent une maladie dont ils ne souffrent pas... Cependant, dans la majeure partie des cas, les connaissances du médecin vont le mener dans la bonne direction. Y-a-t-il une raison de ne pas se fier à ce diagnostic ? Savez-vous quelque chose que vous ne m'avez pas dit, ou qui n'est pas écrit dans cette lettre ?''
Horace baissa les épaules et essuya les larmes sur son visage.
''Non... Je ne sais rien de plus que vous, Docteur Mike... Je pense que j'ai toujours l'espoir que les médecins peuvent se tromper, avoir fait une erreur.''
En quelques secondes, l'esprit de Michaela s'envola pour Boston – vers sa mère qui avait été très malade, mais pas mourante, comme les docteurs le lui avaient dit, vers cette femme qu'elle et William avait traité et qui avait en réalité une pneumonie. Elle ferma les yeux et respira profondément avant d'essayer de rassurer le pauvre homme assis devant elle.
''Il y a beaucoup de bons médecins à St. Louis, Horace... C'est une grande ville avec de bons équipements médicaux.''
''Je suppose que vous avez raison, Docteur Mike... Mais je ne les connais pas... Et Myra n'aurait pas pu appeler plus d'un docteur... sans compter le meilleur.''
Horace lâcha un sanglot et baissa la tête.
''Alors, qu'allez-vous faire, Horace ? Avez-vous décidé d'aller à St. Louis ?'' demanda Michaela, voulant savoir ce qui se passait dans l'esprit du pauvre homme.
Horace se passa la main dans ses cheveux indisciplinés et se massa le front. ''J'allais sauter dans le train de ce matin... J'avais mon sac de prêt et tout... Et puis, je me suis demandé ce quelle utilité j'allais bien être... A part m'asseoir à ses côtés à la regarder mourir... Je ne sais pas si je pourrais faire ça, Docteur Mike, vous comprenez ?''
''Je comprends, Horace... Je comprends vraiment. Mais elle a besoin de vous maintenant. Vous devriez être auprès d'elle...'' lui murmura Michaela.
Horace hocha la tête, reconnaissant que son amie disait vrai, puis la regarda dans les yeux avec gravité.
Il inspira et dit doucement, peu sûr de lui : ''Docteur Mike... Pourriez-vous aller la voir ?... Pour voir si ce que dit la lettre est vrai ?''
Alors que les yeux de Michaela s'écarquillèrent face à cette requête, il parla avec plus de fermeté.
''Je n'aime pas vous le demander... surtout avec le bébé qui arrive et tout... Mais, vous la connaissez... et je vous connais. Si vous dîtes que ce qu'affirme le médecin à St. Louis est vrai, je le croirai. C'est important que j'y aille, comme vous l'avez dit... Mais je ne peux pas l'aider comme vous le pouvez.''
Sa voix mourut, il était presque abasourdi d'avoir réussi à mettre des mots sur ce à quoi il pensait depuis ce matin.
Il y eut un long silence pendant lequel Michaela réfléchit aux conséquences de sa requête.
Elle s'adossa contre sa chaise et joua inconsciemment avec des mèches de cheveux autour de son visage pensif.
Pouvait-elle, devait-elle aller jusqu'à St. Louis juste parce que l'un de ses patients, un ami, le lui avait demandé, même s'il y avait peu de chances pour qu'elle soit capable de faire plus que le médecin déjà là-bas ?
Horace l'interrompit soudain dans ses pensées.
''Je vous paierai tous les frais, bien sûr... Je ne m'attendais pas à ce que vous le fassiez gratuitement... Vous êtes un docteur... Et je vous demande d'y aller comme tel.''
Michaela soupira et demanda : ''Quand est le prochain train pour St. Louis ?''
''Demain matin,'' répondit-il en vitesse, commençant à croire qu'elle allait vraiment venir. ''Il y a un changement à Denver... Vous seriez à St. Louis le soir du jour suivant.''
Michaela posa les yeux sur Horace. ''Vous viendrez avec moi...'' dit-elle dans l'attente.
''Non, je peux seulement payer un ticket... et je pense que vous seriez plus utile que moi,'' répondit-il calmement.
Michaela secoua la tête, confuse et indécise.
Quitter sa famille, voyager dans sa condition... Il y avait tant de choses auxquelles penser.
Finalement, elle dit : ''Horace, Sully va venir me chercher pour aller déjeuner chez Grace's dans quelques minutes. Je dois d'abord lui en parler... Je vous promets de vous le faire savoir tard dans l'après-midi. Est-ce que cela vous va ?''
Horace lui sourit avec reconnaissance. ''Bien sûr, Docteur Mike. Je sais que je ne devrais pas vous demander ça... Mais après être resté éveillé toute la nuit, j'ai réalisé que je ne me le pardonnerais jamais si je ne vous l'avez pas au moins demandé. Et je vous promets de comprendre si vous décidez de ne pas y aller.''
Il se leva et lui tendit la main. ''Merci, Docteur Mike,'' dit-il. ''Pour au moins y réfléchir.''
Il lui serra chaleureusement la main et marcha vers la porte avant de sortir, laissant Michaela seule avec ses méditations.
Lorsque Sully arriva quelques minutes plus tard, il trouva sa femme penchée, lisant avec soin un bout de papier sur son bureau. Elle ne l'entendit même pas entrer.
''Hé,'' dit-il doucement. ''Tu sembles perdue dans tes pensées.''
Lorsqu'elle leva vers lui des yeux mouillés de larmes, il en resta bouche bée et son cœur s'emballa.
''Michaela ?'' demanda-il avec inquiétude en s'avançant rapidement vers elle pour placer ses mains sur ses épaules.
Elle tendit le bout de papier vers lui et il pensa immédiatement que quelque chose était arrivée à un membre de sa famille à Boston.
Il fut presque soulagé de voir la marque de la poste de St. Louis et l'adresse d'Horace.
Il lut rapidement la missive et s'assit d'un coup sur le bord du bureau.
''Mon Dieu, pauvre Horace...'' dit-il avec pitié. ''Est-ce qu'il part à St. Louis ?''
Michaela haussa les épaules et dit : ''Peut-être.''
''Peut-être !''
''Il veut que j'y aille à sa place,'' dit-elle tout bas, avant de lever un visage angoissé dans sa direction.
Sully était sidéré. ''Aller jusqu'à St. Louis ! Pourquoi ?''
''Parce qu'il veut être sûr que ce que dit le médecin est vrai... Qu'il n'y a rien à faire... Parce qu'il me fait confiance...''
Elle s'arrêta, réalisant que les arguments d'Horace n'étaient pas très convaincants.
Sully lui demanda : ''Et qu'est-ce que 'tu' veux faire ?''
Michaela haussa les épaules. ''Myra est une amie très chère... Si elle était ici, je ferais tout ce que je peux pour la sauver. Je peux peut-être l'aider... Peut-être que non... Et peut-être que j'aimerais essayer.''
Elle le regarda timidement, attendant sa réaction.
Mais Sully n'avait pas fini de l'interroger. ''Et voyager jusque là-bas... ça serait possible avec le bébé ?''
''Eh bien, si on enlève le fait que je vais devoir rester assise tout le temps... Je me reposerais plus que je ne peux le faire ici... Et à St. Louis, je ne travaillerais que pour une patiente.''
Elle parlait avec plus de résolution maintenant.
''Et les enfants ?''
''Bien, je crois que cela ne dérangera pas Kathleen de rester plus longtemps... Et je sais que Brian et Matthew seraient prêts à l'aider avec Katie... Et puis, tu pourrais...''
''Je viens avec toi,'' dit Sully avec véhémence. ''Tu ne voyageras pas jusqu'à Saint Louis toute seule dans ton état !''
Michaela observa le visage de son mari, s'attardant sur ses beaux yeux bleus et essayant de découvrir sa véritable opinion de toute cette affaire.
Soudain, il lui sourit avec amour et dit : ''On dirait qu'on est parti pour Saint Louis...''
Michaela se leva de sa chaise, se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa légèrement sur la bouche avant de le suivre vers la porte.
Chapitre 29 :
C'était un groupe bien triste qui s'était rassemblé le lendemain matin à la gare pour voir Michaela et Sully partir pour St. Louis.
La nouvelle de la maladie de Myra et le désarroi d'Horace s'étaient répandus comme un feu de broussailles dans la petite ville et ceux qui avaient connu le couple dans ses moments heureux avaient été choqués et attristés.
Michaela se sentait un peu submergée.
Bien que l'aube vienne à peine de percer, elle sentait déjà une fatigue dans ses muscles et elle avait mal à la tête.
Tellement de choses s'étaient produites ces dernières heures, entre la demande de Horace pour son aide et leur arrivée ici, à la gare.
Comme elle l'avait espéré, Kathleen avait été plus que ravie de rester à Colorado Springs pour s'occuper de Katie, même si Michaela avait remarqué que la jeune femme était toujours inquiète à propos de la réaction de son frère.
Andrew et Colleen avaient été très conciliants et avaient accepté de diriger la clinique durant son absence.
Il y avait eu les tickets à acheter, les bagages à faire, les vêtements à trier et à ranger et, au fond de son esprit, deux pensées faisaient leur chemin.
La première était qu'elle quittait sa famille, dont Katie, pour une période de temps indéfinie, et cela lui rendait le cœur gros et la mettait au bord des larmes.
La seconde était que toutes ses connaissances médicales allaient être mises à l'épreuve à St. Louis, en imaginant qu'il ne soit pas trop tard lorsqu'ils arriveraient.
Une boule se forma dans sa gorge lorsqu'elle y pensa.
Tandis que Sully et les garçons déchargeaient les bagages du chariot, Michaela s'avança vers le quai de la gare où attendait le groupe pour lui dire au revoir.
Alors qu'elle approchait, Grace vint vers elle et prit les mains gantées de son amie dans les siennes.
"Vous ne devez pas vous inquiéter pour votre famille ici...'' dit-elle pour la rassurer. ''Il y a toute la ville pour veiller sur eux.''
Elle s'approcha plus près de son amie et dit sincèrement, des larmes dans les yeux : ''Vous faites quelque chose de bien... pas seulement pour Horace ou Myra... Nous prierons pour que le voyage se passe bien et pour que vous puissiez faire quelque chose pour aider Myra. S'il vous plait... Dites-lui... que je pense souvent à elle.''
Michaela hocha la tête et serra les mains de Grace, privée de mots, pour une fois.
Puis, Grace lui tendit un panier d'osier carré. ''Je ne pouvais pas vous laisser prendre le train sans vous donner de mon poulet rôti,'' dit-elle en souriant avant de le donner à Michaela qui lui fit un signe de tête pour la remercier.
Puis, Dorothy s'avança et tendit à Michaela une petite roue d'araignée indienne.
''Michaela,'' dit-elle avec émotion. ''Je veux que vous preniez ça... Nuage-Dansant l'a faite pour moi... pour chasser les esprits maléfiques au loin... S'il vous plait, prenez-la avec vous...et quand vous serez là-bas, donnez-la à Myra... Peut-être que ça l'aidera... Je ne crois pas que cela dérangerait Nuage-Dansant.''
Michaela observa le visage inquiet de Dorothy. ''Je ne crois pas que ça le dérangerait du tout,'' dit-elle doucement, glissant la roue dans son sac à instruments.
''Et prenez soin de vous... C'est un long voyage à entreprendre...'' ajouta Dorothy en prenant son amie dans les bras.
''Tout ira bien, Dorothy... J'espère seulement pouvoir faire quelque chose une fois là-bas... J'ai l'impression qu' Horace compte sur moi...'' murmura Michaela avec inquiétude. ''Je ne veux pas le laisser tomber.''
''Horace comprendra quoi qu'il arrive... Le simple fait que vous partiez signifie beaucoup pour eux deux, plus que vous ne pouvez l'imaginer.''
Elle étreignit une nouvelle fois son amie et lui chuchota à l'oreille. ''Dieu vous garde, Michaela.''
Dorothy se recula lorsque les enfants vinrent se placer autour de leur mère et Kathleen lui tendit Katie.
Michaela prit la petite fille, qui n'avait pas encore compris ce qui se passait, dans les bras.
Puis, elle sentit quelqu'un lui passait un bras autour de la taille et posait sa tête sur son épaule.
Brian murmura : ''Ne t'en fais pas pour nous, maman... Tout se passera bien. Prends juste soin de Myra... et dis-lui que nous prions pour elle.''
''Je lui dirai, Brian,'' dit Michaela en étreignant son fils.
Soudain, Horace apparut dans son champ de vision, habillé avec son plus beau vêtement du dimanche. ''Ah... Nous ferions mieux de monter, Docteur Mike,'' dit-il. ''Est-ce que je peux porter quelque chose pour vous ?''
''Eh bien !'' s'exclama Michaela. ''Vous venez ?''
''Oui, Jake a arrangé ça,'' répondit Horace en prenant le panier de Grace des mains de Michaela.
''J'ai envoyé un télégramme à Denver et j'ai trouvé quelqu'un pour me remplacer durant notre absence. Et... certains habitants m'ont aidé pour payer le billet. Je ne sais pas comment je les rembourserai.''
''Nous ne voulons pas que tu nous rembourses,'' le coupa Jake, qui se tenait au loin, attentif. ''On a juste pensé que tu devais être là-bas... et Samantha a besoin de toi aussi.''
Horace hocha la tête avec reconnaissance, se dirigea vers Jake pour lui serrer la main avant de revenir vers le train.
Pendant ce temps, Sully, qui se frayait un chemin jusqu'à Michaela, fut intercepté par Hank.
Le propriétaire du saloon saisit le bras de Sully et l'emmena à l'écart du groupe.
''Euh... Sully,'' commença-t-il, hésitant. ''Je sais que nous avons eu quelques différends dans le passé... mais... je me demandais si tu pouvais me rendre un service.''
Sully opina, remarquant sa soudaine gêne.
''Je me demandais... si tu pouvais m'envoyer un télégramme pour me dire comment va Myra... quel est son véritable état de santé... peut-être un de ces jours. Je sais que c'est beaucoup te demander...''
Sa voix s'évanouit, il était très embarrassé, puis il ajouta rapidement. ''Bien sûr, Horace n'a pas besoin de le savoir.''
''Ça va, Hank... Ça ne me dérange pas... je comprends que tu veuilles être au courant,'' répondit Sully.
''Oui... elle... elle est la personne la plus proche de moi après ma grand-mère,'' murmura Hank.
''J'ai dit que je comprenais... Je te tiendrai au courant,'' le rassura Sully. ''Dès que je sais quelque chose.''
''Merci, j'apprécie beaucoup.''
Tandis qu'il disait ces dernières paroles, Hank pressa subrepticement une liasse de billets dans la main de Sully.
''Ça pourrait être utile,'' dit-il tout bas. ''Si Myra a besoin de quelque chose... Et... toi et Michaela devez loger quelque part.''
Alors que Sully ouvrait la bouche pour protester, Hank reprit la parole. ''Prends le, Sully, s'il te plait...''
Sully plissa ses yeux fiers, mais en observant le visage anxieux de Hank, il comprit soudain.
Il rangea discrètement les billets dans sa poche et accepta d'un signe de tête.
Il commença à marcher vers le train, mais se retourna vers Hank lorsqu'une pensée l'envahit. ''C'est toi qui a payé le voyage d'Horace, pas Jake.''
Hank haussa les épaules et sourit avec ironie. ''Il n'a pas besoin de savoir ça non plus,'' dit-il en montant les marches de la gare pour aller s'adosser avec nonchalance contre un poteau
Après quelques minutes d'adieux larmoyants, Sully et Michaela rejoignirent enfin Horace, déjà assis dans un compartiment du wagon et le train commença à avancer doucement.
La main de Michaela tenait fermement celle de Sully et elle fut incapable de retenir ses larmes.
Kathleen tenait Katie et Michaela lui envoya des baisers par la vitre tandis que la gare de Colorado Springs s'éloignait petit à petit.
''Tiens,'' murmura Sully en lui donnant un mouchoir. ''Ça va aller.''
''Je sais... j'ai simplement horreur de la quitter. Peut-être qu'elle va finir par préférer Kathleen à moi... Kathleen a été plus présente que moi ces derniers temps,'' hoqueta Michaela.
''Ça n'arrivera pas... Elle sait que tu l'aimes... que nous l'aimons tous les deux. Elle ne va pas oublier ça...'' la rassura Sully.
Michaela leva vers lui ses yeux remplis de larmes. ''Peut-être que nous aurions dû l'emmener avec nous,'' murmura-t-elle.
''Nous en avons parlé hier soir... La chambre d'un malade n'est pas un endroit pour un bambin. Nous sommes tombés d'accord là-dessus.''
''Je sais... Mais on va lui manquer... et elle va nous manquer.''
''Oui, sûrement, mais ces choses-là arrivent. Ton père était souvent parti quand tu étais petite.''
Michaela hocha la tête. ''Je sais,'' dit-elle doucement. ''Mais ma mère était toujours là...'' Elle posa sa tête sur l'épaule de Sully.
Décidant qu'il était mieux de laisser tomber ce sujet épineux, Sully lui caressa la joue avec ses doigts et Michaela plaça doucement son visage dans sa paume.
Quelque temps plus tard, Sully se pencha et posa la main sur l'épaule d'Horace. ''Ça va, Horace ?'' demanda-t-il, inquiet.
Horace, assis en face d'eux, se tourna et dit avec un petit sourire. ''Oui, je vais bien, Sully. On a un long chemin qui nous attend. Est-ce que le docteur Mike va bien ?''
''Je vais bien, Horace... On va s'en sortir ensemble,'' répondit Michaela, qui avait finalement retrouvé son calme.
Horace hocha la tête, soupira et regarda à nouveau par la fenêtre.
Michaela se pencha pour prendre son sac à instruments et en retira le bout de papier venant de St. Louis.
Comme elle l'avait fait si souvent ces dernières vingt-quatre heures, elle le déplia et le lut. Quelques lignes en particulier :
''Je suis désolé de te dire ça, Horace...
Le docteur dis que Myra es très malade.
Il dit qu'elle a une tumeur et qu'elle vat mourir. Je ne sais pas quoi faire.
Elle est allongée au lit et ne peux pas bouger. Samantha es très inquiète pour sa maman.
Je crois que tu ferais mieux de venir. Adèle.''
Michaela soupira, ferma les yeux et s'adossa au siège en cuir.
Une tumeur ?
Où ça ?
Comment a-t-elle été diagnostiquée ?
Serait-elle capable d'aider Myra lorsqu'ils arriveraient ?
Ou, est-ce qu'on ne pourrait plus rien faire pour elle ?
Myra !
Son esprit se remplit d'images de cette jeune femme énergique qui avait capturé le coeur d'Horace et l'admiration de Michaela.
Myra, malgré sa peur du vide, escaladant la falaise lisse du rocher pour venir l'aider lorsqu'elle était tombée pendant leur expédition à Pike's Peak...
Myra, se tenant fièrement devant Hank, affirmant qu'elle n'était plus sous contrat et s'en allant, la tête haute...
Myra, offrant avec hésitation son aide lors de l'épidémie d'influenza, même si elle savait que sa présence n'allait pas plaire à bon nombre d'habitants...
Sully aperçut la lettre chiffonnée lorsqu'elle tomba sur les genoux de Michaela et relut à nouveau ces mots fatals.
Il lui était difficile d'imaginer que la Myra dont il se souvenait luttait maintenant pour la vie.
Il la revit soudain se tenant pour lui devant un groupe de soldats ou protégeant Michaela lorsqu'elle l'avait reconnue déguisée en homme pour participer à la course sur Eclair...
Malgré le sérieux de la situation, il sourit et il envoya un message du plus profond de son coeur aux Esprits pour que Michaela puisse faire quelque chose à son amie une fois arrivée à St. Louis.
Tard dans l'après-midi suivant, Michaela, qui était très fatiguée, Sully et Horace arrivèrent dans la ville trépidante de St. Louis.
Le voyage avait été relativement calme, sauf à un moment où Michaela avait dû se précipiter aux toilettes (l'un des effets les moins désirables de la grossesse) à la gare St Joseph et avait failli rater le train.
Sully était sur le point de prendre leurs bagages et de sauter avant qu'il ne la vit apparaître en courant tandis que le train redémarrait.
Elle avait saisi sa main et il l'avait tiré à bord, dans ses bras.
Désormais arrivés à destination, et comme Sully et Horace étaient déjà venus à St. Louis, Michaela fut heureuse de ne pas avoir à s'inquiéter sur la façon de se rendre jusque chez Myra.
Elle se sentait si lasse que la seule chose à laquelle elle pensait, c'était de ne pas s'endormir.
Ses chevilles et ses pieds étaient gonflés et douloureux après avoir été assise si longtemps, et son dos lui faisait mal à cause du bébé.