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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 14.06.2010 à 13h41
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Désirs et regrets" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "LONGINGS". » okapi
Cette fanfic compte déjà 328 paragraphes
" Bon, je crois que je ferais mieux de descendre en bas ", dit-il en gloussant.
" Très bien, très bien. Je serai sage, " concéda-t-elle.
Elle blottit à nouveau sa tête dans ce creux si familier entre son cou et son épaule et suggéra " Bien. Dis-moi comment ça s'est passé à St Louis. "
" Eh bien, s'il y a quelque chose qui peut t'endormir, c'est bien ça, " dit Sully ironiquement.
" Dis-moi ", chuchota Michaela.
" C'est la même chose qu'avec les Indiens, Michaela. Des tas d'hommes qui n'ont jamais été à l'ouest de St Louis, bien assis et prenant des décisions sur ce qui va se passer sur les terres... Beaucoup de bavardage et pas beaucoup d'action ! " répondit-il, une pointe de cynisme dans la voix.
" Est-ce que tu vas devoir y retourner... Bientôt ? " demanda Michaela, hésitante, retenant son souffle inconsciemment, attendant sa réponse.
Il remarqua la tension dans son corps et resserra son étreinte. " Pas pendant quelques mois. Je dois préparer un rapport détaillé pour la fin octobre. Je vais probablement devoir y retourner quelques jours, mais c'est tout. "
Michaela expulsa un long soupir de soulagement et elle se remit, sans s'en rendre compte, à caresser la peau de Sully.
" Je suis contente, " dit-elle doucement. " Tu m'as tellement manqué quand tu étais parti. Mais je suis désolé que ton voyage n'ait pas été fructueux. "
" Si, j'ai obtenu quelque chose, " dit Sully fièrement. " L'assistant et le conseiller du sénateur Greenwood a accepté de venir ici pour voir le Colorado de ses propres yeux. Il arrive en novembre. J'aurai juste une semaine pour le convaincre que cette terre n'est pas comme les autres. "
" Je t'aiderai… " offrit Michaela.
" Je sais. J'ai pensé qu'il pourrait rester ici avec nous, si ça ne te dérange pas ? "
" Bien sûr que non. Dis-moi ce que tu as fait d'autre. Est-ce que tu as rencontré des gens intéressants ? "
" Tu me connais, Michaela. Je ne suis pas très sociable. Je faisais ce que j'avais à faire et je rentrais seul à ma chambre d'hôtel. "
Il y eut un long silence ; Sully commença à penser que Michaela s'était endormie, puis dans le calme, elle dit tout bas : " En parlant des chambres d'hôtel... "
Elle s'arrêta, puis continua, pas très sûre d'elle. " Sully, puis-je te demander quelque chose ? "
" Tout ce que tu veux, tu le sais, Michaela. "
" C'est un peu... personnel, " continua-t-elle, d'une voix très faible et mal assurée.
" Vas-y, ne t'inquiète pas. Nous n'avons pas de secrets l'un pour l'autre. "
Mais Sully fut tout de même surpris quand elle demanda soudain : " Sully... est-ce que tu rêves ? "
Ses yeux se tournèrent vers les siens, interrogateurs.
" Rêver ? Comme des projets pour l'avenir ? "
" Non... des rêves... la nuit, pendant que tu dors. "
" Bien sûr. Comme tout le monde, " répondit-il perplexe, les sourcils froncés.
" Est-ce que tu rêves de... de moi... de nous... comme ça ? "
Sully cacha sa bouche dans les cheveux de Michaela pour masquer le grand sourire qui était apparu sur son visage.
Il dit lentement " Tu veux dire...couchés tous les deux, dans les bras l'un de l'autre ? "
" Et bien... oui... et plus. "
" Plus ? "
" Tu sais, nous… ensemble ? "
Il décida de la sortir de l'embarras. " Tu veux dire, en nous aimant ? Bien sûr, j'en fais ! Parfois, quand je suis loin, je rêve de toi et je veux prendre le premier train pour rentrer à la maison et oublier ce que j'étais parti faire. Mais tu emplis mes rêves depuis longtemps déjà. L'année où nous commencions à nous fréquenter a été la plus longue de ma vie. "
Les yeux de Michaela se dirigèrent vers les siens. " Mais, nous... nous n'avions jamais... "
" Je sais... c'était le problème. Heureusement que je vivais dans les bois, personne ne me voyait me réveiller en sueur... je voulais tellement te serrer dans mes bras que ça me faisait mal. "
Elle rougit et resserra son étreinte, réalisant qu'à cette époque, elle n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être d'aimer un homme comme cela, d'être ensemble. Lui, bien sûr, le savait.
Avec un petit sourire, il lui demanda "Est-ce que tu rêves de nous comme ça ?"
Elle rougit davantage et baissa son menton vers sa poitrine et répliqua timidement " Hum, hum. Surtout ces derniers temps... pendant que tu étais au loin. Les rêves étaient si vivants que j'avais du mal à comprendre que ce n'était que des rêves quand je me réveillais. Le fait que tu sois ici, ce n'est pas un rêve, n'est-ce pas Sully ? Tu seras là quand je me réveillerai ? "
" Tu ne rêves pas, Michaela. Je suis là et je serai toujours là plus tard... quand tu te réveilleras. Je te le promets. "
Même s'il savait qu'elle devait se reposer, Sully ne put résister et pencha sa tête vers la sienne pour l'embrasser, pour sceller sa promesse.
La bouche de Michaela s'ouvrit instinctivement et elle se lova avec enthousiasme contre lui, passant sa jambe sur la sienne et se relevant un peu pour augmenter leur baiser.
Ils s'embrassèrent plus fort, leurs cœurs palpitaient, leurs souffles étaient irréguliers et leurs corps traversés par un liquide brûlant.
Ils voulaient tous les deux que cela dure à jamais.
Ils continuèrent aussi longtemps que possible leurs caresses, leurs baisers mais, inévitablement, leur amour s'intensifia et ils roulèrent l'un sur l'autre.
Après avoir consommé leur amour, Sully se coucha derrière le dos de Michaela, sa main effleurant son bras. " Nous n'aurions pas dû faire ça, " dit-il l'air contrit. " Tu étais supposée te reposer. "
" Je me sens plus reposée maintenant que durant ces derniers jours... alors, ne dis pas que cela n'aurait pas dû avoir lieu. "
" Et ton ventre ? " demanda-t-il, inquiet.
" Je n'y pense même plus. " Elle saisit sa main pour la tirer et la poser sur sa poitrine." Nous deux étendus là, c'est comme dans mes rêves, sauf que nous étions dans les bois, qu'il pleuvait et… et que nous n'étions pas encore mariés. "
" Ah... quand nous étions partis rechercher ce qui polluait la rivière. Je rêve souvent de ça moi aussi. "
" Vraiment ? Dans mon rêve, tu me tiens comme ça, je prends ta main et je l'embrasse comme ça... et je peux sentir ta chaleur contre mon dos et je sais que tu es à moi pour la vie. "
La voix de Michaela se fit plus basse et plus lente. Alors que le sommeil commençait à s'emparer d'elle, elle murmura " Dorothy m'a dit que mes rêves lui rappelaient Myra quand elle faisait du somnambulisme. Tu te souviens de cela, Sully ? "
Sully gloussa et répondit : " Oui. Je me souviens... Mais c'était parce qu'elle était... "
Il s'arrêta : une pensée soudaine venait de frapper son esprit. Il fronça les sourcils et se releva sur son coude afin de regarder le visage de Michaela, mais elle était maintenant profondément endormie.
Il reposa sa tête sur l'oreiller des idées lui traversant l'esprit et des souvenirs lui revenant en mémoire.
Des nausées ?
Elle n'en avait pas eues pour Katie mais il savait très bien que beaucoup de femmes en avaient.
Les rêves ?
Il n'en avait jamais entendu parler, mais à l'époque, Michaela ne savait pas que le somnambulisme était un symptôme avant que cela arrive à Myra.
La fatigue et l'hypersensibilité ?
Elle en avait été victime pour Katie.
Il repensa à ce matin et au sourire indulgent de Dorothy quand elle leur avait tendu la tarte aux pommes et lui avait dit que Michaela ne devait pas perdre ses forces.
Tout correspondait !
Son cœur sembla gonfler et il prit une profonde inspiration.
Il pouvait se tromper mais il pariait qu'il avait raison !
Il se leva encore une fois sur son coude et contempla le visage pâle de sa femme.
Il balaya quelques mèches cuivrées tombées sur ses yeux et sur sa bouche, et il souleva ses lourdes nattes pour l'embrasser tout doucement dans le cou.
Il murmura dans son oreille : " Je t'aime, Michaela Quinn ! "
Michaela remua légèrement et soupira alors qu'il l'embrassait dans le cou et lui murmurait des mots doux.
Elle serra sa main et l'amena vers ses lèvres avant de la poser sous son menton et de tomber dans un sommeil profond et réparateur.
Chapitre 5 :
Michaela se réveilla d'un sommeil sans interruption, consciente que quelque chose était différent ou inhabituel, mais à sa surprise, elle était incapable de comprendre quoi.
Elle s'étira, puis se raidit quand elle réalisa qu'elle avait encore rêvé. C'était comme si Sully avait été là avec elle, comme elle l'espérait depuis des jours.
Elle ouvrit les yeux et regarda les fenêtres obstruées par les rideaux de dentelle dans la chambre.
Quelque chose à propos de la lumière était étrange, le soleil ne brillait pas comme il aurait dû briller tôt le matin. En fait, la lumière extérieure était teintée de jaune, ce qui était plus la couleur du soir.
Et puis, elle se rappela.
Sully était à la maison.
Elle trembla de plaisir en revivant momentanément leur après-midi d'amour.
Elle se retourna instinctivement vers la gauche, mais tout ce qu'elle trouva, c'étaient des draps froissés.
Son cœur chavira : c'était peut-être encore un de ses rêves qui avait envahi son sommeil et ses jours ces derniers temps...
Ses pensées prirent fin quand la poignée de la porte bougea et qu'elle s'ouvrit.
Sully pénétra doucement à l'intérieur et lui sourit avec amour quand il vit qu'elle était réveillée et qu'elle le regardait, les yeux grands ouverts.
" Hé, " dit-il doucement. Il s'accroupit et retira les cheveux de son visage. " Tu es enfin réveillée. Tu as dormi longtemps. "
Elle respira fort et ferma les yeux.
" Comment te sens-tu? " demanda-t-il, se penchant pour l'embrasser délicatement.
" Hum... je me sens bien. Tu es à la maison. J'avais commencé à croire que j'avais encore rêvé, " répondit-elle, encore un peu endormie et en lui rendant son baiser.
" Tu ne te sens pas malade ? "
" Je... je ne crois pas, " répliqua-t-elle, incertaine.
Sully passa une main sous les couvertures et caressa gentiment ses courbes douces.
" Je pense que tu devrais me suivre en bas pour le souper. Les enfants, surtout Brian et Matthew, s'inquiètent pour toi. "
Elle couvrit la main de son mari, posée sur son ventre, avec la sienne, en emboîtant leurs doigts et en les tenant contre elle. De son autre main, elle attira la tête de Sully vers elle pour un long et agréable baiser.
Comme le baiser se finissait, Sully ferma les yeux, sourit et murmura : " Hum... Je devrais partir plus souvent si tu m'accueilles à la maison comme ça. "
Elle se raidit un instant, sachant qu'il plaisantait, mais déjà consciente du fait qu'il allait devoir partir à nouveau à un moment ou à un autre.
Elle mit sa main sur son visage et laissa courir son pouce sur sa joue.
Il reprit les douces caresses sur sa peau sous les draps.
" C'est bon, " dit-il. " Je ne partirai pas avant longtemps. J'estime que tu as besoin d'attention et d'amour… Bien ! Est-ce que tu te sens assez forte pour descendre en bas ? "
" Si tu continues à faire ça, il se peut que je ne sorte jamais du lit, " chuchota-t-elle timidement, couvrant sa main avec la sienne. Mais, elle hocha la tête et prit la main qu'il lui tendait pour la mettre lentement en position assise.
" Doucement, " la prévint-il. " Brian a dit que tu avais eu mal quand tu t'étais redressée ce matin. "
Sully la regarda attentivement quand elle sortit ses jambes du lit et se mit timidement debout.
Elle eut la chair de poule quand l'air frais du soir effleura sa peau chaude et nue.
Sully prit sa robe de nuit et sa robe de chambre et l'aida à les mettre.
Michaela retint son souffle quand elle se releva, commença à marcher et pâlit au moment où, comme ce matin, elle sentit une douleur dans son ventre. Mais celle-ci disparut immédiatement. Elle sourit pour rassurer Sully dont les sourcils s'étaient froncés d'inquiétude.
" Je ne suis pas encore très en forme, mais je pense que je suis sur la bonne voie. Je ferais mieux de faire attention à ce que je mange pour le souper, " dit-elle aussitôt.
" Eh bien, j'ai fait de la soupe, j'ai pensé que tu en aurais envie... mais il y a la tarte que Dorothy nous a donné pour le dessert. Tu penses que tu vas pouvoir manger ? "
Elle hocha la tête et le laissa la mener en bas.
Trois paires d'yeux anxieux la regardaient manger lentement la soupe aux légumes et au poulet de Sully, puis, un petit bout de tarte.
Katie, qui ne comprenait pas l'inquiétude pour sa maman, était assise dans sa chaise, attirant avec exubérance l'attention en parlant dans son propre langage, dont un mot sur quatre était compréhensible.
Sully, Matthew et Brian se détendirent petit à petit car la nourriture ne semblait avoir aucun effet négatif sur Michaela et, progressivement, la conversation devint plus animée quand les garçons poussèrent Sully à leur donner des détails et des anecdotes sur son voyage à Saint Louis.
Un peu plus tard, assise près du feu, une tasse de thé à la camomille bien chaud dans la main, Michaela écoutait les traditionnelles taquineries entre les garçons qui faisaient la vaisselle dans la cuisine.
On lui avait ordonné d'aller dans le salon, sans lui laisser le temps de protester.
Elle sourit quand Brian, victime de coups de torchons mouillés de Sully et Matthew, se mit à rire et à crier.
Elle sentit soudain que tout était redevenu normal depuis que Sully était rentré à la maison.
Elle dut poser rapidement sa tasse de thé sur la table près de sa chaise quand Katie, qui jouait à ses pieds, commença à escalader ses jambes pour venir se blottir contre sa mère, signe certain que l'heure du coucher n'était pas loin.
Quand Sully vint enfin dans le salon, après que la vaisselle fut finie et que les garçons soient partis dans la chambre de Brian pour jouer aux dames, il y découvrit une maman et une petite fille endormies, toutes deux avachies dans la confortable chaise à bascule.
Michaela avait cessé de lire et caressait le front de sa fille avec le bout des doigts.
Sully fut déconcerté quand Michaela le regarda avec des yeux remplis de larmes.
" Michaela ? " murmura-t-il.
Elle se mordit la lèvre et son regard se dirigea à nouveau vers sa petite fille blonde. " N'est-elle pas magnifique, Sully ? " murmura-t-elle. " Elle grandit si vite. Ce n'est plus un bébé. Je me demande combien de temps elle va me laisser la tenir comme ça ? "
Une larme solitaire roula sur sa joue et retomba sur l'épaule de Katie.
Luttant contre la terrible envie de lui dire pour la rassurer que Katie aimera être dans les bras de sa mère pendant des années encore et plus que jamais convaincu que ce qu'il pensait à propos de l'état de santé de Michaela était effectivement vrai, Sully dit seulement doucement : " Là ! Laisse-moi l'amener en haut et la mettre dans son lit. Je n'ai pas pu le faire pendant trois semaines. Toi, tu restes là et tu te reposes... Je serai là dès qu'elle dormira bien. "
Michaela laissa, à contre cœur, Sully prendre leur fille et le regarda alors qu'il tenait gentiment Katie contre lui.
La vue de son mari serrant leur bébé si tendrement fit grossir et chavirer son cœur et des larmes coulèrent de façon inexpliquée.
Alors que Sully passait devant elle pour rejoindre l'escalier, il avança sa main et lui serra l'épaule, réfléchissant à la manière dont il allait aborder le sujet dont il avait vraiment envie de parler avec elle.
Quand il revint, elle était assise comme lorsqu'il l'avait quittée, bien que ses paupières furent décidément plus lourdes.
" Hé… " dit-il, hésitant à la déranger.
Elle le regarda et lui sourit "J'ai dormi presque tout cet après-midi, mais je me sens encore fatiguée. J'ai l'impression que je vais encore dormir toute la nuit " murmura-t-elle dans le vague, en étirant ses bras devant elle et en bâillant.
" Est-ce qu'il y a de la place pour moi dans cette chaise ? " demanda Sully, lui prenant les mains.
" Hum... absolument, " sourit-elle en se serrant contre un bord du fauteuil.
" J'ai une meilleure idée, " dit-il avec espièglerie, la tirant pour qu'elle se mette debout, s'asseyant dans le fauteuil et l'amenant vers lui pour qu'elle s'assoit sur ses genoux.
Elle sourit alors que ses bras s'entourèrent autour du cou de Sully et qu'elle laissa tomber sa tête sur son épaule, se blottissant contre lui.
" Hum... C'est encore mieux qu'en rêve... " dit-elle d'une petite voix, en l'embrassant sur la joue.
La serrant tendrement et caressant son dos, Sully décida que c'était maintenant ou jamais. Michaela ? " dit-il, un peu hésitant.
" Hum... " Répondit-elle, si détendue dans ses bras qu'elle était sur le point de s'endormir.
" A propos de tes rêves... "
" Hum... "
" Tu ne trouves pas cela étrange que Dorothy ait pensé à Myra quand elle était somnambule ? "
" Non... pas vraiment. En fait, il s'est avéré qu'elle faisait ça car... tu te souviens... elle était... "
Elle s'assit soudain très droite et se tourna pour regarder les yeux bleus de Sully qui brillaient d'un mélange d'anxiété et d'espoir.
Sa peau se réchauffa et ses yeux se fermèrent légèrement quand elle repensa aux implications que Sully venait d'insinuer.
" Tu ne penses pas que Dorothy croyait que j'étais... non... c'est impossible... après tout... "
Elle arrêta de parler et réalisa qu'elle avait certainement donné à Dorothy quelques indices ces jours-ci et, néanmoins, elle n'avait même pas envisagé la possibilité elle-même.
Sully lui sourit avec indulgence quand il vit que des souvenirs, des idées, des doutes et des espoirs passaient sur le visage de Michaela, comme si elle les prononçait tout haut. Il semblait avoir retenu son souffle pendant tout ce temps et sentit qu'il allait expirer, alors il dit enfin : " Eh bien ? "
Elle respira fort et dit doucement, malgré les battements excités de son cœur : " Eh bien... Je suppose que c'est possible... je n'arrive pas à croire que je n'y ait pas pensé plus tôt. J'avais tellement envie que tu rentres à la maison... et les rêves... "
Elle rougit quand des tas d'images traversèrent son esprit. Tout à coup, ses yeux se remplirent de larmes de joie.
" Oh, Sully, si c'était cela... c'est ce que nous voulons tous les deux... tu crois que... ? "
Essayant en vain de cacher son large sourire qui menaçait à chaque instant d'apparaître, Sully suggéra : " Ce que je crois, c'est qu'une visite chez Andrew serait nécessaire... "
Il y eut un moment de silence, puis soudain, la rougeur de bonheur disparut du visage de Michaela et elle fronça les sourcils en disant, résolument : " Non ! "
" Non ? "
" Non. En tout cas, pas encore ", concéda-t-elle.
" Michaela ? "
Elle secoua la tête et dit : " Je veux attendre... en savoir un peu plus... Je suis médecin. Je veux être plus sûre avant d'aller voir Andrew. "
Conscient qu'il se passait quelque chose qu'il ne comprenait pas encore, Sully dit tranquillement : " Mais tu es sûre que tu ne veux pas le voir ? "
" Je veux attendre... et le garder pour nous pendant un moment... notre secret. Tu comprends ? " implora-t-elle. ''Je veux simplement attendre jusqu'à ce que je sois certaine qu'il y ait vraiment un bébé et que tout ira bien. "
" J'aime l'idée d'être les seuls à savoir Michaela, mais je voudrais aussi savoir si tu vas bien. "
Michaela prit une profonde inspiration, prit la décision d'être totalement honnête avec lui et lui déclara tout bas " Sully, la dernière fois... quand tu étais parti et que j'ai découvert que j'étais enceinte... " Ses yeux se remplirent de larmes, mais elle continua. " Tout le monde le savait... Tout le monde était au courant. Et... et je l'ai perdu. Je ne veux pas vivre cela à nouveau... "
Elle le regarda de ses yeux mouillés, faisant penser à un enfant qui avait peur d'être mal compris, et posa sa tête dans son cou, revivant le cauchemar, apeurée du futur.
Sully comprit soudain : la joie de la découverte, la douleur de la perte, la compassion bien intentionnée de ses amis et de sa famille. Il le comprenait si bien.
" Shut... Tout va bien. Nous garderons le secret pour nous, Michaela, du moment que tu vas bien et qu'il n'y a aucun problème, " dit-il pour l'apaiser, les yeux brillants de larmes. " Cependant, si quelque chose arrive ou s'il semble y avoir une complication, nous irons voir Andrew rapidement, d'accord ? "
Michaela hocha la tête de gratitude et d'amour et, chassant les nuages sombres au loin, elle ricana et dit : " Je n'arrive pas à croire que je l'ai fait encore, Sully. S'il te plait, ne dis à personne que toi et peut-être Dorothy avez deviné mon état avant moi. Je serais ridicule. Un médecin incapable de diagnostiquer sa propre grossesse ! "
" Michaela, nous ne devrions peut-être pas nous réjouir si vite. Nous ne sommes pas encore sûrs, n'est-ce pas ? "
Cette pensée la fit un peu réfléchir. " Non... Je ne crois pas que nous en soyons encore tout à fait sûrs, mais quand je mets tous les symptômes ensemble, au lieu de les considérer séparément ou de ne pas les considérer du tout comme je le faisais pendant que tu étais parti, ils indiquent bien la réponse que nous souhaitons. Nous allons attendre quelques semaines, et nous verrons. D'accord ?"
Même si ses yeux brillaient de plaisir, Sully dit d'un ton sérieux : " Oui, je sais que c'est difficile de ne pas être trop excités... Mais nous allons rester calmes jusqu'à ce que nous sachions vraiment. "
Malgré leurs arguments raisonnés, il était évident, à regarder leur visage, qu'il y avait plus que de l'espoir qui les reliait entre eux.
Ils savaient tous les deux dans leur cœur qu'un nouveau frère ou une nouvelle sœur pour Katie était en route et aucun d'eux n'aurait pu être plus heureux ou excité.
" Bien. Je crois qu'il est temps de monter. Je veux être sûr que tu te reposes bien, " dit Sully avec un large sourire sur le visage. Il commença à glisser sur le devant de la chaise, pour se relever, quand une soudaine pensée le frappa
" Qu'allons-nous dire aux enfants ? " demanda-t-il doucement.
" Ils ne le sauront pas sauf si nous décidons de leur dire, n'est-ce pas ? " demanda-t-elle, perplexe.
" Michaela, cette grossesse ne sera pas la même que pour Katie. Et si les les nausées te reprennent encore le matin, par exemple ? Les enfants vont être très inquiets en voyant leur maman malade, sans avoir de réponse à cela. Et pour Colleen ? Elle le devinera, c'est sûr. "
" Sully, nous ne savons pas si j'ai eu des nausées à cause d'une grossesse ou non. Peut-être était-ce quelque chose que j'avais mangé. Nous y réfléchirons plus en détails si nous en avons vraiment besoin. Pour Colleen ? Je dois admettre que c'est l'une des raisons pour lesquelles je préférais ne pas voir Andrew. "
Elle sourit quand il hocha la tête. Puis, elle ajouta : " Pendant ce temps, je désirerais savourer ce bonheur avec toi et toi seul. "
Sully la fit se lever gentiment, se mit debout et la prit dans ses bras." Je suis d'accord avec toi, " murmura-t-il.
Il l'embrassa, et ils commencèrent à marcher, en se tenant la main, vers l'escalier. Il dit avec spéculation : " Je ne sais pas à propos de Dorothy cependant... Mais je suis presque sûr qu'elle a déjà deviné. "
Chapitre 6 :
Sully tendit les bras pour faire descendre Michaela du chariot et comprit avec désarroi qu'ils allaient avoir des problèmes avec ce trajet à faire deux fois par jour, si Michaela s'avérait être vraiment enceinte et si ses nausées continuaient.
La peau semblait grise et ses yeux avaient perdu leur éclat.
Elle prit de profondes inspirations, se pencha vers Sully et celui-ci la déposa sur le sol.
" Michaela ? " demanda-t-il, inquiet et regardant autour de lui pour vérifier que personne ne les regardait.
" Ça va aller, " dit-elle doucement, s'agrippant à sa main alors qu'une nouvelle crise de nausée se déclarait. " S'il te plait, ouvre la porte de la clinique pour que nous puissions entrer. "
Une fois à l'intérieur, elle s'assit dans la chaise à son bureau et respira calmement.
Elle était fière d'elle après s'être levée ce matin et bien que souffrant de nausées douloureuses, elle avait réussit à accomplir les tâches nécessaires avec seulement quelques échecs.
Elle avait vu que Brian l'avait regardée avec insistance à certains moments et il lui avait même demandé avec hésitation si elle était encore malade. Elle lui avait répondu qu'elle se sentait beaucoup mieux, même si elle n'était pas encore parfaitement rétablie. Il l'avait bien pris et avait été d'une aide précieuse, surtout avec Katie, en déchargeant sa mère d'un peu de travail.
D'un autre côté, Sully l'avait regardé d'un œil perçant et s'était activé jusqu'à ce qu'elle lui réponde sèchement d'aller dehors et de préparer le chariot pour qu'elle puisse travailler en paix. Il avait semblé un peu blessé sur le moment mais il lui avait souri juste après et avait fait ce qu'elle lui avait demandé.
Le voyage jusqu'en ville avait été très déplaisant pour elle, même si le temps était clair, ensoleillé, un temps d'été.
Cependant, au fond d'elle elle était contente d'avoir encore des nausées ce matin. Après tout, si cela avait juste été un mal de ventre, elle se serait sentie mieux aujourd'hui et l'un des symptômes les plus évidents d'une possible grossesse serait parti.
N'étant jamais capable de se fier à ses règles irrégulières, la nausée était le symptôme le plus démonstrateur qu'elle avait.
Elle soupira.
Si elle était vraiment enceinte, elle espérait que ces douleurs, cette sensation de mal-être seraient juste une phase.
Elle avait eu quelques patientes qui avaient enduré cela durant les neufs mois !
Sa gorge se serra et elle se demanda comment elle allait affronter tout cela et elle n'était pas sûre que Sully puisse y survivre non plus !
Sully s'affairait maintenant à allumer le feu pour pouvoir faire chauffer la bouilloire.
Quand il l'avait réveillée ce matin, il lui avait apporté une tasse de thé à la camomille et elle avait découvert grâce à cette action fortuite que le thé avait vraiment un effet apaisant sur son estomac et sur ses nerfs et elle avait vraiment besoin de quelque chose d'apaisant !
Un peu plus tard, elle était toujours assise à son bureau, une tassé de thé bien chaude dans la main, quand Dorothy frappa et entra.
A travers les fenêtres de la Gazette, elle avait regardé la famille arriver à la clinique dans le chariot et avait été anxieuse de savoir comment allait Michaela.
Un simple regard vers son amie suffit pour montrer qu'elle n'était pas encore remise. " Michaela, " dit-elle avec inquiétude. " Vous n'allez pas encore très bien, n'est-ce pas ? "
Michaela ne put que secouer la tête et prendre une autre gorgée de thé.
Son ventre lui faisait mal et, comme la veille, elle se sentait épuisée. " Ca va, Dorothy... Ce n'est pas aussi douloureux qu'hier, " réussit-elle à dire avant qu'une nouvelle vague de douleur la submerge.
Dorothy plissa ses yeux bleus avec compassion pour son amie puis elle balaya la pièce du regard. " Où sont Sully et Katie ? " demanda-t-elle, certaine de les avoir vus arrivés avec Michaela.
" Sully était constamment dans mon dos et Katie était agitée, alors je les ai envoyés chercher le courrier à la gare, " répondit Michaela avec un sourire ironique.
" Hier encore, vous vous languissiez de lui et maintenant, vous l'envoyez ballader, " dit Dorothy en riant.
Michaela rougit et dit : " Je sais. C'est merveilleux de l'avoir à la maison mais il est inquiet à mon sujet, et il veut tout faire à ma place. "
" Eh bien, beaucoup de femmes feraient n'importe quoi pour avoir un mari comme lui ! " s'exclama Dorothy.
Ces paroles apportèrent un sourire au visage blême de Michaela. " Je sais que j'ai de la chance... Je ne me sens tout simplement pas assez bien pour l'apprécier en ce moment, " admit-elle alors qu'elle prenait une autre gorgée de thé.
" Que buvez-vous, Michaela ? " demanda Dorothy.
" C'est de la camomille... J'ai découvert que c'était l'une des rares choses qui semblait calmer mon estomac pour l'instant. "
Dorothy sourit à son amie. Elle était maintenant certaine de la cause des nausées. " Michaela... " commença-t-elle.
Sentant ce qu'elle allait dire, Michaela l'interrompit avec la première chose qui lui traversa l'esprit : " Ah, Dorothy, est-ce que Brian va vous aider à la Gazette cet après-midi ? "
Dorothy regarda son amie avec étonnement, puis, acceptant le fait que Michaela ne voulait pas parler de son état, du moins, pour l'instant, elle prit la perche que lui tendait son amie.
" Euh... oui... Il va m'aider pour l'article concernant la réunion du conseil municipal ce soir... si vous n'y voyez pas d'inconvénients. "
Michaela parut horrifiée par cette référence à quelque chose qui lui était complètement sorti de la tête. " J'avais totalement oublié la réunion du conseil municipal, " dit-elle, désespérée.
La perspective d'un long, long jour s'étirant devant elle n'améliora pas son moral. Elle haussa les épaules et soupira.
Soudain, quelqu'un frappa à la porte de la clinique et Dorothy se leva immédiatement, prête à partir.
Alors qu'elle accompagnait Michaela à la porte, elle lui conseilla gentiment : " Michaela, vous feriez mieux d'essayer de vous reposer un peu cet après-midi... Fermez la clinique un peu tôt si vous le devez. Mais, vous ne pourrez pas continuer bien longtemps comme cela... en étant malade, en travaillant toute la journée... et en ne mangeant pas convenablement... Et en plus, avec le conseil de ce soir... " Elle prit la main de son amie dans la sienne et serra légèrement pour la rassurer. " D'accord ? " dit-elle alors qu'elle sortait de la pièce.