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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 14.06.2010 à 13h41
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Désirs et regrets" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "LONGINGS". » okapi
Cette fanfic compte déjà 328 paragraphes
''Est-ce que c'est le bébé, Michaela ? Tu ne te sens pas bien ?''
''Non, je vais bien... vraiment. J'aimerais juste partir...''
Une étrange lueur d'acier apparut dans ses yeux.
Sully haussa les épaules en signe de défaite et se leva de sa chaise.
''Je vais aller dire au serveur que nous partons et qu'il ne s'inquiète pas pour notre dessert,'' dit-il avant de traverser la salle.
Michaela le regarda s'éloigner et vit que l'objet de ses préoccupations se leva immédiatement de son siège avant de venir dans sa direction, se cognant dans quelques tables et quelques chaises sur son passage.
L'homme au visage presque rouge s'arrêta à sa table, approcha son visage à quelques centimètres du sien, posa sa grosse main en sueur sur son épaule et siffla : ''Ça fait un moment que je vous regarde, p'tite dame... J'ai traversé la pièce... quelle belle petite chose vous êtes...''
L'odeur d'alcool dans son souffle donna envie de tousser à Michaela et elle eut un haut-le-coeur.
Il continua : ''S'il vous plait, faisons connaissance... Silas Jensen, pour vous servir.''
Sa main s'agrippa à son épaule et son pouce appuya sur son cou.
Lorsque Michaela ne répondit pas, il lança : ''Il n'y a pas de raison d'être impoli... Je me suis présenté... Alors c'est à vous de faire la même chose...''
Sully se détourna du serveur et vit Michaela qui reculait le plus possible tandis que ce gros homme ivre posait sa main sur son épaule.
Il était même en train de lui murmurer des choses à l'oreille.
Sully s'empressa de traverser la pièce avec, sans le savoir, Hank à ses talons.
Lorsqu'il s'approcha de la table, il entendit l'homme ivre murmurer : ''Quelques verres avec moi délieraient votre langue, p'tite dame... Peut-être un peu plus tard dans le salon ?''
Sully inspira profondément pour essayer de se calmer et dit assez fort pour que tout le monde entende : ''Monsieur, j'apprécierais si vous enleviez la main de l'épaule de ma femme.''
L'homme se retourna et le regarda droit dans les yeux en perdant presque son équilibre. ''Je m'amusais juste un peu,'' répondit-il. ''La p'tite dame le sait, n'est-ce pas ?''
Michaela palit lorsque l'odeur de l'homme atteint ses narines.
Elle saisit sa serviette et la pressa contre sa bouche et son nez.
Sully répéta ce qu'il venait de dire, un peu plus fort cette fois : ''Enlevez la main de ma femme, s'il vous plaît.''
L'homme se redressa pour faire face à Sully, mais garda la main sur Michaela.
Il regarda Sully avec un air de défi. ''Quel est votre problème ?'' grinça-t-il.
Il chancela soudain un peu et appuya un peu de son poids sur Michaela.
Sully en avait assez.
Il s'avança et attrapa le bras de l'homme.
Avec une voix d'acier, il insista : ''Enlevez votre main et partez... Ou je vous ferai partir de force !''
L'homme, dont le courage était décuplé par l'alcool qu'il avait bu, rit avec dérision et passa la main sous le bras de Michaela.
Sully l'attrapa par le col et le souleva de quelques centimètres de manière à ce que seulement ses orteils touchent le sol.
''Vous allez partir de votre plein gré... ou je vous force à le faire ?'' menaça-t-il, le visage rouge et les veines de son cou gonflées.
Le rire de l'homme était désormais plus nerveux que confiant. ''Y'a pas de raison de s'énerver,'' marmonna-t-il. ''J'avais juste envie de m'amuser un peu.''
Sully serra un peu plus les mains autour du cou de l'homme.
''Sully, s'il te plaît... on te regarde,'' murmura Michaela en lui tapotant la manche.
''Nous allons partir...''
''Il mérite d'être jeté dehors, Michaela,'' dit Sully.
''Je sais, mais ne fais rien, s'il te plaît... Il est saoûl.''
L'homme cracha soudain : ''Saoûl ? Mais non... Je n'ai jamais été saoûl de ma vie !''
A ce moment, conscient de la situation critique de Michaela, Hank intervint.
''Laisse-moi m'en occuper, Sully,'' dit-il avec autorité. ''J'ai regardé ce type toute la soirée... Il n'a cessé de reluquer Michaela derrière ton dos. Lorsque les yeux de Sully se plissèrent de colère, il continua en vitesse : ''Je reviens bientôt... Une nuit en prison pour le rendre sobre est tout ce dont il a besoin...''
Sully le regarda d'un air dubitatif.
''J'en vois des comme lui tous les jours, Sully... Il ne se rappellera certainement pas ce qu'il a fait quand il se réveillera demain matin. Ramène ta femme à la maison..'' insista Hank. ''Elle a plus besoin de ton attention que cette vieille chèvre...''
''Vieille chèvre ?'' lâcha Mr Jenson. ''Je n'ai jamais...''
Lorsque Hank le saisit par derrière son manteau et l'emmena à l'écart, il lui dit : ''Tu n'as jamais fait grand chose, hein ? Tu n'as jamais passé de nuit en prison ? Mon oeil !''
Tandis que la paire quittait la salle à manger, Sully se tourna vers Michaela qui s'était levée et qui mettait son châle autour de ses épaules.
''Tu veux toujours aller dans notre chambre ?'' demanda-t-il.
Michaela hocha la tête, alors il tendit un bras pour l'aider et ils sortirent, regardés par tous les yeux curieux des clients.
Ils marchèrent jusqu'à leur chambre en silence.
Une fois à l'intérieur, Sully ralluma le feu qui s'était éteint et dont il ne restait que quelques braises rougeoyantes.
Michaela s'assit sur le bord d'une grande chaise de brocart et regarda les flammes qui naissaient.
Lorsque Sully se tourna pour la regarder, il remarqua instantanément que ses yeux s'étaient remplis de larmes.
Il s'agenouilla près d'elle. ''Michaela ?'' demanda-t-il tout bas. ''Est-ce qu'il t'a blessée ?''
Elle secoua la tête, mais des larmes coulèrent silencieusement sur ses joues.
Sully tendit la main et les essuya.
Elle lui prit la main et la tint contre son visage. ''Je suis désolée, Sully,'' murmura-t-elle.
''Désolée ?''
''Je ne voulais pas que ça arrive.''
''Je le sais... Il était saoûl...'' la consola Sully. ''Tu ne pouvais rien y faire... Sauf peut-être paraître moins belle...''
Malgré ses larmes qui coulaient toujours, Michaela sourit et tourna légèrement la tête pour l'embrasser dans la paume de sa main.
''J'aurais dû te dire ce qu'il faisait derrière ton dos...'' murmura-t-elle.
''Encore à cause de ma fierté... j'ai pensé que je pourrais me débrouiller en l'ignorant.''
''Des idiots comme lui, il n'y a aucun moyen de prévoir ce qu'ils vont faire... Hank et toi aviez raison... Ça n'aurait servi à rien de faire une scène... J'étais juste tellement en colère de le voir te toucher... Aucun homme n'est autorisé à le faire... Sauf moi et peut-être Matthew et Brian...''
Sully se pencha un peu plus près et l'embrassa.
''Mais il a quand même gâché un peu les choses... Je suis désolé... Ce soir devait être un soir spécial...''
''Il est spécial, Sully... Je t'aime tellement et j'ai aimé te voir me protéger... Et c'était une très bonne idée de m'emmener ici... Ils nous restent encore ce soir et demain,'' murmura Michaela.
Et avec un regard plein de promesse elle ajouta ''Seuls.''
''Hum... Oui, c'est vrai,'' répondit Sully.
Cette fois son baiser fut un peu plus long et passionné.
Il se leva ensuite et l'aida à se mettre debout pour qu'il puisse la serrer contre lui et sentir son gros ventre.
Michaela soupira. ''Tu me donnes l'impression d'être si chérie,'' dit-elle doucement.
Après un autre long baiser, une pensée lui revint à l'esprit. ''Tu te rappelles... Nous ne pouvons pas...''
Sa main vint lui caresser les lèvres. ''Je me rappelle…'' dit-il avec amour. ''Tu en es au dernier mois... Comme je te l'ai dit cet après-midi... j'aime aussi te tenir simplement contre moi.''
Il se recula un peu et un sourire enfantin apparut sur son visage.
''Et si tu te préparais pour aller au lit ? Je reviens dans une minute.''
Il se dirigea vers la porte.
''Je ferme derrière moi... Nous ne voulons pas de visiteurs imprévus...''
''Sully ?'' s'enquit Michaela, surprise.
Il ouvrit la porte, lui fit une grimace et la ferma en sortant.
Michaela l'entendit tourner la clef dans la serrure.
Quelques minutes plus tard, elle entendit à nouveau la clef tourner et Sully entra avec un bol recouvert d'un linge dans les mains.
Elle avait simplement mis sa robe de chambre en coton et l'avait bien faite descendre jusqu'au sol, ce qui accentuait sa grossesse.
Sully sourit de délice en la voyant. ''Si je devais faire une peinture de toi... C'est comme ça que tu serais,'' dit-il.
Michaela rougit et se tourna pour monter dans le lit.
Elle s'assit dos aux oreillers et regarda son mari encore habillé au pied du lit.
''Qu'est-ce qu'il y a dans ce bol ?'' demanda-t-elle avec intérêt.
"Quelque chose que tu vas aimer,'' répondit-il.
Il posa le bol sur la table de chevet, se débarassa rapidement de son costume et grimpa dans le lit à côté d'elle en reprenant le bol.
Il enleva le linge d'un grand geste qui révéla une grosse portion de glace à la vanille et au chocolat.
''Je ne voulais pas que tu manques ça, simplement à cause de l'autre idiot,'' dit-il.
Les yeux de Michaela s'éclairèrent.
Il lui tendit le bol et se pencha vers la veste de son costume d'où il sortit deux cuillères et deux serviettes.
''Ça devrait faire l'affaire,'' dit-il fièrement.
''Tu as pensé à tout, Sully,'' s'exclama-t-elle.
''Oui...''
Il trempa la cuillère dans la glace et la porta aux lèvres de Michaela.
Tandis qu'elle mangeait lentement, son regard sensuel posé sur lui, il murmura : ''Peut-être que ce type nous a fait une faveur... Manger de la glace de cette façon pourrait être amusant.''
Les quelques minutes qui suivirent furent occupées à se donner des cuillères de glace, interrompues par de nombreux baisers sucrés.
Lorsqu'ils eurent enfin fini, après avoir mangé les moindres traces de glace dans le bol avec leurs doigts, ils se regardèrent et trouvèrent cette situation si inhabituelle qu'ils éclatèrent de rire.
Ils avaient tous les deux une moustache en chocolat et des restes de glace à la vanille sur le menton et les doigts.
''Si seulement les enfants, surtout Katie, pouvaient nous voir maintenant,'' rit Sully en s'approchant pour lécher la moustache de Michaela.
Michaela rit elle aussi. ''Les enfants ! Pourquoi pas nos amis ? Ou ma mère ? Ils ne le croiraient jamais.''
Elle se pencha et lui lécha un peu de glace sur le menton.
''C'est quelque chose que j'aime chez toi, Sully... la vie est toujours imprévisible.''
Elle s'arrêta et rit encore.
''Je n'arrive pas à croire que j'ai dit cela !'' s'exclama-t-elle. ''Il y a des années, je me rappelle que je disais à Dorothy que j'aimais faire des plans... que je n'aimais pas que les choses arrivent sans que je le sache.''
''Eh bien... Ça montre juste que j'ai une bonne influence sur toi, Michaela,'' chuchota Sully.
''Oui, on dirait,'' répondit Michaela. ''Et c'est tellement mieux comme ça.''
''Toi et Dorothy avez parlé ?'' demanda calmement Sully en s'asseyant près de Nuage-Dansant devant un feu rugissant, au beau milieu de la clairière de Palmer Creek, désormais familière.
Le ciel d'hiver était chargé, le vent était froid et leur souffle sortait de leur bouche en formant de petits nuages de fumée.
Ils regardaient Dorothy accompagnée de Katie à qui une jeune femme indienne montrait les subtilités du travail du cuir à la façon des Cheyennes.
''Nous avons parlé,'' répondit l'Indien dont le regard était fixé sur la grande femme rousse qui comptait tant pour lui.
N'étant pas habitué à être indiscret, Sully ne posa pas d'autres questions, espérant que Nuage-Dansant s'explique de lui-même.
''Elle est venue ici chaque jour depuis,'' commenta l'homme-médecine. ''Je dois une grande dette à Faucon-Volant.''
Etonné par l'attitude de son ami, Sully demanda : ''Pourquoi ça ?''
''S'il n'avait pas emmené son peuple ici, je n'aurais peut-être jamais su que Dorothy éprouvait des doutes au sujet de notre relation, ou à propos d'elle...'' expliqua Nuage-Dansant.
''Si Dorothy vient ici tous les jours, cela veut sûrement dire qu'elle ne doute plus maintenant, n'est-ce pas ?'' demanda Sully en souriant.
''Et toi ?''
''Moi aussi, je me sens plus sûr de moi maintenant.''
''Tu l'aimes ?''
Nuage-Dansant tourna la tête pour regarder son ami dans les yeux et sourit. ''Nous venons de mondes différents, mais nous partageons le même coeur,'' dit-il avec sincérité.
Sully tendit la main et serra le bras de Nuage-Dansant.
''Je suis content que tu aies retrouvé la joie avec une femme. Tu sais ce que le fait de partager ma vie avec Michaela m'a apporté.''
Lorsque l'homme-médecine hocha la tête de compréhension, Sully demanda avec hésitation : ''Et maintenant ?''
''Nous devons avancer pas à pas... Il n'y a pas de réponse simple aux problèmes que Dorothy et moi affrontons,'' répondit Nuage-Dansant d'un ton grave.
''Comment réagit Faucon-Volant au fait qu'elle vienne ici pour être avec toi ?''
''Il m'a prévenu des risques... et pourtant, son peuple l'accepte lorsqu'elle est là.''
''Je doute que tu aies la même réaction en ville avec des gens comme Jake et Hank,'' suggéra Sully avec regrets.
''J'ai déjà subi leurs préjugés... plus d'une fois... Et je sais que Dorothy en a également souffert,'' admit Nuage-Dansant.
''Cela fait beaucoup de choses à penser, hein ?''
''Oui, mon frère... Il y a beaucoup de choses à penser,'' répéta Nuage-Dansant.
Il sourit et une petite étincelle brillait dans son regard.
''Il ne va pas mieux, n'est-ce-pas, maman ?'' demanda Brian avec anxiété, le regard concentré sur Michaela tandis qu'elle examinait Petit-Oiseau-Noir.
Ils étaient assis sur la terre froide, le garçon indien inconscient sur sa paillasse devant eux.
Un silence tendu les entourait tandis que Michaela continuait de l'ausculter, écouter son coeur, prendre sa température, examiner avec minutie sa blessure à la jambe, vérifier son pouls.
Après que chaque geste soit accompli, son froncement de sourcils se faisait plus inquiétant.
Enfin, elle s'assit en arrière et soupira.
''Il ne va pas mieux, maman ?'' murmura Brian, connaissant déjà la réponse.
Mais il avait besoin d'entendre les mots prononcés à voix haute.
Michaela tourna un regard rempli de tristesse vers son plus jeune fils. ''J'ai bien peur que non, Brian,'' admit-elle gravement.
Les yeux de Brian s'écarquillèrent et sa bouche resta fermée avec force, les nerfs de ses joues se contractant.
Il secoua la tête comme s'il refusait les mots, même s'il les avait pressentis.
''Tu as dit qu'il allait s'en remettre !'' l'accusa-t-il froidement. ''Tu as dit qu'il allait mieux !''
Michaela lutta pour refouler les larmes qui lui montaient aux yeux et pourtant elle savait à quel point cela devait être difficile pour son fils en ce moment.
Elle s'expliqua aussi calmement que possible : ''Je suis désolée, Brian... Son état s'améliorait vraiment... Mais j'ai été inquiète à son sujet dès le départ... sa couleur, l'infection...''
''Mais il doit y avoir quelque chose que tu puisses faire ! Nous pourrions l'emporter à la clinique, avec nous... ou à la maison... C'est plus propre là-bas... Tu pourrais faire plus de choses, l'aider plus,'' le supplia Brian.
Michaela tendit le bras et posa doucement la main sur son épaule.
''Je ne suis pas sûre que ce soit une très bonne idée... Je veux parler avec Nuage-Dansant de ce que nous allons faire...''
Lorsque le visage de Brian prit une teinte rouge de colère et de confusion, elle ajouta : ''Je crains que l'emmener à la maison avec nous ne change pas grand chose... Il est vraiment mal... le long voyage en chariot pourrait être très difficile pour lui.''
Elle lui serra l'épaule et fut surprise lorsqu'il repoussa sa main. ''Brian ?'' murmura-t-elle avec inquiétude.
Le garçon, presque un jeune homme maintenant, se leva soudain pour pouvoir lui parler de haut.
Il regarda le petit garçon inconscient à côté d'elle et Michaela le vit prendre de longues inspirations, essayant de contrôler les sentiments tumultueux qui l'envahissaient.
Il lui lança un regard triste. ''Il ne mérite pas de mourir, maman... C'est encore un enfant.''
Des larmes remplirent ses yeux et il fit de son mieux pour les retenir.
Lorsqu'il comprit que c'était peine perdue, il se tourna et courut à toute vitesse en direction de la forêt.
Michaela le regarda partir, le coeur serré pour lui.
Il lui semblait que Brian, dans ses quelques quinze ans de vie, avait connu beaucoup trop de choses pénibles.
Ses pensées la ramenèrent peu de temps après Noël, lorsqu'elle et Sully s'étaient disputés et lorsqu'elle lui avait avoué être partagée quant au retour des Cheyennes.
Elle l'avait averti que le fait de s'impliquer à nouveau avec les Indiens apporterait encore son lot de malheurs et elle avait eu raison.
Puis, elle se sentit soudain coupable.
Sully n'avait rien à voir avec leur retour et bien sûr, Brian les avait rencontrés bien avant que Sully et elle ne le sachent.
Elle tendit la main pour caresser le front bouillant de Petit-Oiseau-Noir.
Brian avait raison.
Le garçon était trop jeune, sans défense.... Il ne méritait pas de mourir.
Elle se mordit la lèvre et respira profondément.
Elle avait vu des enfants perdre leur bataille contre la maladie avant, de nombreuses fois même, mais on ne s'habituait jamais à ce genre de choses.
Instinctivement, elle porta la main à son ventre pour protéger le petit être à l'intérieur.
Elle ferma les yeux et dit quelques prières en silence pour Petit-Oiseau-Noir, Brian et les Cheyennes.
''Ça va, Michaela ?'' demanda Sully, inquiet.
Il s'était approché d'elle lorsqu'elle s'était assise près du garçon inconscient et avait été surpris de son immobilité.
Elle leva les yeux vers lui et lui fit un petit sourire. ''Je vais bien, Sully, mais Brian non... Il est terriblement bouleversé au sujet de Petit-Oiseau-Noir...''
Quand elle vit Sully qui regardait immédiatement autour de lui à la recherche de leur fils, elle expliqua : ''Il est parti dans les bois... par là.''
Elle lui tendit la main pour qu'il puisse l'aider à se remettre debout et elle gémit lorsqu'elle fut sur pieds.
''Il était en colère après moi,'' dit-elle. ''Je suppose qu'il devait être en colère après quelqu'un ou quelque chose...''
La main douce et rassurante de Sully se posa immédiatement sur sa nuque où il lui caressa du bout des doigts la peau très sensible juste au-dessous de ses cheveux de cuivre.
Elle s'appuya contre lui.
Ses yeux rencontrèrent le regard plein de compréhension de leur ami Indien.
''Je ne sais pas quoi faire,'' murmura-t-elle.
Nuage-Dansant hocha la tête et lui posa la main sur son bras.
''Il va avoir besoin de temps, mes amis. Vous devriez penser à partir... La nuit va tomber et vous en serez seulement à la moitié du chemin.''
Il tourna les yeux vers la partie de la forêt où Brian était entré et les broussailles s'agitèrent.
Brian s'avança avec hésitation vers la clairière et combla lentement la distance entre lui et sa famille.
Sully tendit le bras et posa la main sur l'épaule de son fils, mais Brian la repoussa brusquement.
''Vous rentrez à la maison bientôt ?'' demanda-t-il.
Sully jeta un coup d'oeil au ciel qui s'assombrissait très vite et hocha la tête.
''Nous emmenons Petit-Oiseau-Noir avec nous ?''
Michaela se tourna vers Nuage-Dansant qui répondit : ''Le petit ne devrait pas être éloigné de son peuple en ce moment, Brian... Il devrait rester ici...''
Brian fronça les sourcils de frustration puis il redressa les épaules avec résolution. ''Alors je reste aussi... Il ne mourra pas ici sans savoir que je tiens à lui...''
''Il le sait, Brian,'' dit Michaela tout bas.
''Oui... Eh bien, je dois rester.''
''Et l'école ?'' demanda Sully.
''Tu veux dire que l'école est plus importante que le fait de rester ici avec Petit-Oiseau-Noir ?'' demanda Brian.
Sans laisser aucune chance à Sully de répondre, il se tourna vers Michaela. ''Combien de temps lui reste-t-il ?''
''Je ne sais pas, Brian... Il se peut qu'il meure avant demain matin... Mais il peut tenir quelques jours...'' répondit Michaela.
''Eh bien, je reste là le temps que ça prendra,'' insista Brian, défiant ses parents de le contredire.
Lorsqu'ils ne s'y opposèrent pas, il demanda à nouveau à Michaela : ''Est-ce qu'il souffre beaucoup ?''
''Pas pour le moment... Il est inconscient.''
''Est-ce qu'il va se réveiller ?''
''Peut-être.''
Brian soupira avec exaspération. ''Tu n'en sais vraiment rien, n'est-ce pas, maman ? Je parie que tu n'es même pas sûre de ce qui est en train de le tuer...''
Il secoua la tête de colère.
''Quelle est l'utilité de toutes ces années d'études et d'université... et de tous ces journaux médicaux que tu lis... si tu ne peux même pas sauver un enfant malade ?''
Il s'agenouilla près du garçon. ''Je rentrerai à la maison après...''
Le bras réconfortant de Sully vint entourer les épaules de Michaela tandis qu'elle regardait, pleine de désespoir, son fils qui semblait l'accuser d'être responsable de l'état du garçon Indien.
Des larmes coulèrent en silence le long de ses joues et tombèrent sur les mains de Sully.
Il lui murmura à l'oreille : ''Il n'est pas en colère après 'toi', Michaela...''
Elle hocha la tête, incapable de parler.
Nuage-Dansant posa la main sur le bras de Sully et le prit à l'écart.
''Je veillerai sur Brian,'' le rassura-t-il.
''Si tu essayes de le forcer de venir avec vous, ça nourrira davantage sa haine. Il doit l'affronter seul.... Ça fait partie du processus pour devenir un homme.''
Il se retourna et observa les deux garçons.
Brian avait pris la main de Petit-Oiseau-Noir et lui parlait tout bas, comme s'il pouvait l'écouter.
L'homme-médecine demanda doucement : ''Il n'y a rien de plus que vous puissiez faire, Michaela ?''
Elle secoua tristement la tête. ''Il y a une infection ou une maladie dans son sang ou dans son foie... ou les deux... que je ne peux soigner... Il est trop malade pour que la médecine ait un quelconque effet sur lui, Nuage-Dansant, votre médecine ou la mienne...'' murmura-t-elle avec regrets.
L'homme-médecine hocha la tête, les yeux tristes et troublés. ''Il a eu une vie difficile,'' remarqua-t-il, presque pour lui-même.
''Perdre sa mère à la naissance, perdre son père dans l'embuscade près de Rawlins... Et maintenant, il va les rejoindre dans le monde des Esprits... Ils seront à nouveau ensemble.''
Sully resserra les bras autour de Michaela et sa main vint se placer sur la sienne qui était posée sur son gros ventre.
Il pouvait sentir que son corps était tendu et secoué occasionnellement par un léger sanglot.
''Chut...'' murmura-t-il. ''Ça va aller.''
''Bwian, maman, papa !'' interrompit une voix excitée de petite fille. Katie, main dans la main avec Dorothy, s'approchait d'eux en agitant un petit sac en cuir.
Lorsqu'elle les atteignit, elle le donna à Michaela. ''Regade maman... à moi.''
Dorothy sourit comme pour s'excuser. ''Nous l'avons fait toutes les deux... Oiseau-de-Pluie nous a expliqué comment faire... Il n'est pas très joli...''
Michaela s'exclama devant la nouvelle possession de sa fille et la tendit à Sully.
Comme les petits enfants le font souvent, Katie perdit vite tout intérêt à montrer son nouveau sac et remarqua que son frère était assis à côté de leur ami.
Elle couvrit rapidement les pas qui les séparaient et s'assit sur les genoux de Brian qui l'entoura immédiatement d'un bras.
Elle se blottit contre lui et commença à lui raconter son après-midi rempli d'activités.
Lorsqu'elle n'obtint aucune réponse de son frère, qui d'habitude s'intéressait beaucoup à ce qu'elle faisait, elle se tourna pour le regarder.
''Bwian ?'' demanda-t-elle, surprise.
Conscient du désarroi de son fils, Sully s'avança et prit Katie dans les bras. ''Il est temps que l'on rentre à la maison, Katie,'' dit-il tendrement en la soulevant au-dessus de sa tête, ce qui la fit rire aux éclats.
''Enco-e papa !'' insista-t-elle.
Son rire tranchait évidemment avec l'ambiance morose du petit groupe.
Dorothy regardait Michaela avec inquiétude.
Elle avait l'air pâle, épuisée et même triste.
Elle entoura les épaules du docteur avec son bras et lui demanda : ''Vous allez bien, Michaela ?''
Michaela hocha la tête, mais ne répondit pas, n'étant pas prête à parler.
Son regard passa de Brian à Petit-Oiseau-Noir.
Les sourcils de Dorothy se froncèrent lorsqu'elle comprit. ''Il n'y a rien que vous puissiez faire ?'' demanda-t-elle.
''Non,'' murmura Michaela. ''Brian refuse de venir avec nous à la maison... Il veut rester ici jusqu'à la fin.''
Ses yeux brillèrent à nouveau de larmes. ''J'ai le sentiment que nous devrions rester aussi.''
Dorothy serra Michaela contre elle. ''Vous savez que ce n'est pas pratique, pas dans votre état... Vous avez besoin d'un lit chaud et d'une bonne nuit de sommeil...''
Lorsque son amie secoua la tête, elle continua : ''Je sais, je sais... Vous n'allez probablement pas dormir de toute façon... Mais ça n'est pas bon de rester dehors dans le froid...''
Elle s'arrêta car elle réfléchissait à quelque chose puis elle proposa : ''Ecoutez, Michaela... Je vais venir ici demain... je vais venir le matin, et pas l'après-midi... Je viendrai vous chercher si l'on a besoin de vous... Cela vous convient ?''
''Mais la Gazette ?'' objecta Michaela.
''Ça va... L'édition de cette semaine est terminée... Je n'ai pas besoin de travailler le matin... Et je peux toujours m'y mettre le soir et la nuit si j'y suis obligée... En plus... vous ne devez pas être la clinique du Château demain matin ?''
Michaela hocha la tête. ''Mais j'ai l'impression que je devrais être là avec Brian... Même s'il semble rejeter ma présence en ce moment.''
Ce dernier commentaire fit écarquiller les yeux de Dorothy. ''Michaela ?'' demanda-t-elle, étonnée.
''Brian semble m'accuser que Petit-Oiseau-Noir ne se rétablit pas... Je sais qu'il n'est pas capable d'être rationnel en ce moment... Mais ça me fait quand même mal...''
''Oh, Michaela... Je suis désolé,'' la consola Dorothy. ''Je suis sûre qu'il reviendra vous parler... C'est un bon garçon et il aime sa mère... Il a juste du mal à faire face à ce qui se passe... Nuage-Dansant et moi allons nous assurer qu'il va bien, je vous le promets.''
Michaela hocha la tête en silence tandis que Sully, portant Katie sur lui, s'approcha et suggéra qu'ils rentrent chez eux.
Sully sauta du chariot dans la cour du Château et se dirigea vers la porte d'entrée. Il se demandait comment irait Michaela ce matin. Le trajet du retour de Palmer Creek hier soir s'était fait dans le silence, au grand désarroi de Katie.
Elle s'était finalement endormie, bien câlée entre lui et Michaela.
Quant à eux, ils n'avaient pas réussi à s'endormir, même dans leur lit.
Michaela avait gigoté, s'était tournée, ce qui avait empiré ses douleurs dans le dos.
Et malgré toutes les attentions de Sully, cela n'avait rien changé.
Et puis ce matin, malgré le souci qu'elle se faisait pour Brian et Petit-Oiseau-Noir, elle avait dû venir ici pour diriger la clinique.
Si tout se passait comme il le souhaitait, il allait s'assurer qu'ils rentreraient directement chez eux où il lui préparerait un bon déjeuner avant qu'elle aille se mettre au lit.
Il gravit les marches du porche du Château deux par deux et entra dans le hall, s'attendant à voir Michaela qui l'attendait mais elle n'était nulle part.
Bailey, l'employé à la réception, l'appela. ''Ah, Mr Sully ! Le Docteur Quinn est dans la clinique... Il y a eu une urgence ce matin... Un de nos invités a fait un malaise. Elle est avec lui en ce moment.''
Sully hocha la tête pour le remercier et se tourna vers la porte de la clinique.
Il frappa doucement et l'ouvrit.
Devant lui se tenait Michaela qui brandissait un scalpel, debout devant un gros homme couché, prostré sur la table d'examen.
Elle disait d'une voix stridente : ''Monsieur... Ces derniers jours n'ont pas été évidents pour moi... et votre attitude ne fait guère de choses pour améliorer la situation.''
Sully s'avança dans la pièce et s'approcha furtivement de sa femme à bout de nerfs.