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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 14.06.2010 à 13h41
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Désirs et regrets" est une traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "LONGINGS". » okapi
Cette fanfic compte déjà 328 paragraphes
''Tout le monde est différent, Grace... et le supporte différemment. Je crois que pour Myra, ça a duré presque trente heures, pour moi dix-sept... Mais vous ne pouvez pas savoir comment ça va se passer à l'avance. J'avais connu tellement de naissances que je me les suis toutes repassées en tête au début. Mais après, c'est entre vous et la personne qui vous aide à accoucher. Et le résultat change tout car c'est merveilleux.''
''J'ai toujours peur, Docteur Mike... Je sais que les femmes ont des bébés depuis la nuit des temps... Mais je n'en ai jamais eu...'' dit-elle d'une voix trainante.
''Je serai avec vous du début à la fin, Grace... je vous le promets. Ce bébé est très spécial et nous allons nous assurer que tout se passe comme il devrait. D'accord ?''
Grace hocha la tête et écarta les bras.
Michaela s'avança et enlaça son amie qui avait vraiment besoin d'être rassurée par quelqu'un qu'elle connaissait.
Michaela descendit les escaliers, vêtue d'une robe de nuit et d'un peignoir et découvrit Sully, assis à la table de la salle à manger, travaillant sur son rapport pour le Ministère de l'Intérieur.
Elle le regarda s'asseoir plus profondément dans sa chaise, le crayon entre les dents, les sourcils froncés.
La lumière des bougies se reflétait sur les mèches dorées de ses cheveux et faisait briller sa peau, comme du bronze.
Elle ne put résister à l'envie de s'approcher derrière lui et elle se pencha pour lui envelopper les épaules de ses bras.
''Les enfants dorment,'' dit-elle tout bas, contre son oreille.
Il lui prit les mains et les serra gentiment. ''C'est bien... Tu ne devrais pas dormir aussi ?'' demanda-t-il.
''J'étais seule,'' dit-elle d'un air coquin. ''Est-ce que tu as presque fini pour cette nuit ? Je me fais du souci : tu travailles à la construction de la clinique toute la journée et tu essayes de finir ce rapport la nuit.''
''Tu n'as pas besoin de t'inquiéter, Michaela... Mais j'aimerais assez finir ce que je suis en train de faire,'' répondit-il doucement.
Il se tourna pour la regarder. ''Puis, je ne serai pas capable d'en faire plus avant d'avoir fait plus d'observations sur le terrain.''
Il observa son visage attentivement pour jauger sa réaction.
Il y eut une pause durant laquelle elle s'efforça de garder ses sentiments à l'intérieur d'elle, puis elle dit : ''Combien de temps seras-tu parti ?''
''Eh bien, je suppose que ça m'avancerait beaucoup de rester là-bas environ deux nuits et puis, je reviendrais avant de repartir à nouveau.''
Elle sourit d'un air résigné. ''Bien... tant que tu ne te plais pas trop dans les bois au point d'en oublier de revenir... J'ai même pensé envoyer Brian avec toi pour m'assurer que tu te rappelles de rentrer à la maison une fois que tu aurais fini.''
Il se souleva pour se rapprocher de son visage. ''Ça sera l'observation la plus rapide du monde,'' dit-il en l'embrassant.
Elle se pencha vers lui, serrant ses épaules. ''Je sais... Je plaisantais, Sully... Je ne peux m'empêcher de ressentir ce manque quand tu es loin.''
''Tu me manques aussi... plus que tu ne pourras jamais le savoir.'' Il la tira vers lui pour qu'elle s'asseye sur ses genoux. ''Alors, comment se passe l'organisation avec Andrew,'' demanda-t-il. ''Vous vous entendez toujours bien ?''
''Humm... très bien. Il a un bon caractère. La semaine prochaine, je travaillerai tous les matins à la clinique, plus l'après-midi du lundi. Andrew y sera tous les après-midis et il dirigera aussi la clinique du Château chaque lundi, mercredi et vendredi matin. Comment est-ce que ça te semble ?''
''Ca me semble être un bon plan,'' sourit Sully. ''Je suis heureux que ça ne va pas être aussi dur pour toi que lorsque tu attendais Katie. Tu étais très fatiguée et tu devais travailler de longues heures. J'étais inquiet pour toi... Si Andrew avait été là à l'époque...''
''Oui... Je n'étais pas très impressionnée quand Mère est venue ici avec Andrew, fraichement sorti du collège de médecine de Boston, même si c'était Harvard.'' Elle sourit avec ironie. ''Mais je crois que son arrivée s'est révélée être une bonne chose... Surtout pour un membre de cette famille.''
Tous les deux pensèrent à Colleen et à son nouveau mari puis Sully dit sur un ton méditatif : ''Tu crois qu'ils seront aussi heureux que nous ? Ils sont très jeunes. Je crois que l'une des raisons pour lesquelles je t'aime tant est que nous avons attendu très longtemps avant d'être ensemble... On se connaissait par coeur bien avant de se marier. Enfin... presque par coeur.'' Il sourit et l'embrassa sur la joue.
Elle rougit, sachant immédiatement à quoi il faisait allusion.
''Je pensais à ça l'autre jour...'' dit-elle calmement. ''Je ne suis pas sûre que j'aurais été plus préparée à certains aspects du mariage si nous avions attendu plus longtemps ou si nous nous étions mariés plus tôt.'' Elle baissa les yeux et ajouta : ''Mais t'épouser est la meilleure chose que j'ai faite.''
Elle caressa ses longs cheveux sans y penser et revint soudain à leur sujet de conversation. ''Ils sont jeunes et ils sont... différents de nous... Ils semblent très heureux pour l'instant...''
''Oui, je suis content... Surtout qu'ils vont être près de nous pendant un moment. Je ne sais pas comment nous aurions fait avec le nouveau bébé sans un autre médecin avec nous. En parlant de médecin, j'ai vu Grace entrer à la clinique aujourd'hui... Est-ce qu'elle va bien ?''
"Elle va bien, Sully... C'est difficile à croire qu'ils ne leur restent que quelques semaines à attendre.''
Elle s'arrêta un moment en se rappelant le besoin d'être rassuré de Grace cet après-midi.
''Tu penses à quoi, Michaela ?'' demanda Sully, conscient que quelque chose l'avait troublée.
''Tu te rappelles quand j'en étais au stade de Grace avec Katie, et que je commençais à rêver de l'accouchement... si j'allais en être capable ou pas ?'' demanda-t-elle d'une voix songeuse.
''Oui, bien sûr. Mais nous y sommes arrivés, n'est-ce pas ? Toi et moi, Michaela,'' affirma-t-il doucement.
''Oui, toi et moi, ensemble, Sully,'' réitéra Michaela avant de l'embrasser.
''Humm... Je pense qu'il est temps d'aller au lit après tout,'' murmura Sully entre deux baisers.
Respirant l'odeur de sa peau, Michaela lui dit : ''Et ton rapport ?''
''Oh... le rapport peut attendre... Et l'observation sur le terrain aussi.'' Il la remit doucement debout " Tu sais parfaitement qu'il te suffit de faire ça, n'est-ce pas?" lui murmura-t-il à l'oreille en se levant pour souffler sur les bougies.
"Quoi donc?" souffla-t-elle ses mains s'insinuant déjà sous sa chemise pour caresser sa peau.
"Me regarder de cette façon… juste comme ça…" et il l'emmena vers les escaliers, avec un regard si sensuel qu'elle l'aurait suivi n'importe où.
Michaela se réveilla avec de petits yeux quand Sully sauta du lit pour aller voir Katie qui pleurait pour qu'on s'occupe d'elle.
Réalisant que le soleil était encore bas dans le ciel et qu'il lui restait donc du temps avant de se lever, elle se tourna et replongea dans le sommeil.
Sully revint dans leur chambre quelques minutes plus tard avec Katie qui pleurait dans les bras, agrippant son petit lapin dans la main.
''Tu vois ? Ta maman dort encore,'' lui dit-il dans un murmure. ''C'est encore très tôt, alors tu ne crois pas que tu pourrais essayer de dormir encore un peu ?''
La petite fille regarda son père, incrédule, secoua la tête avec véhémence et cacha son visage dans son épaule.
Comprenant qu'il n'allait pas arriver à ses fins, Sully capitula. ''Bien... Si je te laisse ici, tu devras être très sage, d'accord ?''
La petite fille hocha docilement la tête et lui sourit.
Sully marcha jusqu'à son côté du lit, s'assit et déposa doucement sa fille entre lui et Michaela.
''Maintenant, shut....'' lui murmura-t-il. ''Ta maman a besoin de dormir.''
Katie se tourna pour regarder les traits endormis de sa mère. Elle se tourna ensuite vers Sully et en l'imitant, elle lui dit : '' Shut... Maman dormir.''
''C'est vrai, Katie, maman dort.''
La petite fille se glissa sous les couvertures, le visage tourné vers celui de sa mère et elle tendit doucement la main pour toucher la bouche de Michaela. Elle se tourna vers Sully pour voir s'il était toujours éveillé et, à son grand étonnement, elle commença à entonner ce qui était supposé être une berceuse, même si elle ne ressemblait guère à l'originale. Doucement, son chant se fit plus bas jusqu'à ce qu'elle s'endorme.
Michaela se réveilla lorsqu'une petite main caressa la forme de ses yeux puis sa joue.
Elle ouvrit un oeil et découvrit Katie, à quelques centimètres d'elle.
Elle ne put s'empêcher de sourire lorsque la petite fille rayonna en réalisant que sa mère était enfin réveillée. ''Bonjour mon coeur,'' murmura-t-elle.
Katie jeta aussitôt ses bras autour du cou de Michaela et elle s'installa pour avoir un câlin.
Réveillé par les jambes de Katie qui se tortillait (elle était maintenant couchée sur sa mère) Sully rit face à la situation critique de Michaela.
''Ah... Katie... Pourquoi ne pas laisser ta mère s'asseoir pour qu'elle puisse respirer ?'' Il se redressa et prit la petite fille par la taille avant de l'installer sur ses épaules.
Les petits cris excités de Katie faillirent devenir de véritables hurlements, mais Michaela se redressa aussi.
Elle gémit doucement. ''J'aimerais me réveiller aussi pleine de vie tous les matins,'' remarqua-t-elle, envieuse. Elle se pencha pour prendre Katie et la mit sur ses genoux.
Chevauchant les jambes de sa mère pour être en face d'elle, Katie commença à jouer avec les boutons de la robe de nuit de Michaela, ce qui était devenu une habitude depuis qu'elle était bébé. Et c'est alors qu'elle fit une intéressante découverte. Elle se pencha et posa la main contre sa mère avant de lever la tête, les yeux interrogateurs, vers Sully.
''Maman grosse,'' dit-elle sur un ton accusateur.
Michaela rougit un peu et regarda Sully, cherchant du soutien.
Il fit un grand sourire et s'approcha d'elle en posant sa main sur le ventre de Michaela. ''Non, pas grosse, Katie...'' dit-il calmement.
Il prit la main de sa fille et la mit sous la sienne. ''C'est un bébé, mon coeur. Ta maman va avoir un bébé.''
Katie les regarda tous les deux. ''Bébé ?'' demanda-t-elle tout bas.
''Oui... Il y a un bébé qui grandit dans le ventre de ta maman... Un petit frère ou une petite soeur,'' expliqua Sully.
''Je voir...'' affirma Katie.
''Tu ne peux pas encore le voir,'' dit Michaela, la voix hésitante. ''Pas avant un long moment.''
''Je voir...'' dit-elle plus fort.
''Il n'y a rien à voir, Katie,'' dit doucement Sully.
Le visage de la petite fille commença à se froisser. ''Je voir...'' gémit-elle.
Connaissant la tendance de sa fille (héritée de sa mère) à être butée, mais conscient aussi de l'embarassement de Michaela, Sully sourit pour la rassurer tandis qu'il se penchait pour défaire les boutons de la robe de Michaela.
Ayant défait le dernier, il écarta le tissu, laissant les seins couverts mais le ventre à nu.
''Regarde, mon coeur... Tu ne peux rien voir pour le moment... Mais si tu écoutes de très près, tu pourrais entendre quelque chose,'' expliqua-t-il à la petite fille.
Katie se pencha immédiatement pour poser son oreille contre le ventre de Michaela.
''Est-ce que tu entends quelque chose ?'' demanda Sully avec un sourire.
La petit fille se rassit et haussa les épaules, incertaine. ''Bébé sortir ?'' demanda-t-elle avant de rajouter, plus déterminée : ''Enlevez bébé.''
''Désolé, je ne peux pas faire ça... Il faudra attendre, nous allons tous attendre,'' rit Sully.
La petite fille se pencha à nouveau et colla son oreille contre la peau de sa mère. ''Bébé dort,'' dit-elle comme une confidence. Puis, elle sauta du coq à l'âne : ''Katie faim.''
''Alors c'est qu'il doit être l'heure du petit-déjeuner,'' rit Sully en prenant sa fille dans les bras avant de se lever pour descendre au rez-de-chaussé. Il se tourna vers Michaela. ''Prends ton temps pour te lever. Brian et moi pouvons nous occuper du petit-déjeuner,'' dit-il en quittant la pièce.
Michaela s'assit dans le lit, la robe de nuit défaite jusqu'à la taille, se sentant un peu perplexe.
Elle se caressa le ventre et soupira avant de poser les jambes par terre, prête pour une nouvelle journée de travail.
Chapitre 15 :
''Hé, papa... qu'est-ce que tu fais ?'' demanda Brian en entrant dans l'obscurité de la grange.
Ne l'ayant pas entendu arriver, Sully releva la tête d'un coup.
''Ah... Je vérifiais juste mon équipement d'observation... sauf que j'ai été distrait.''
Avec un sourire ironique, il montra le berceau de bébé à ses pieds. ''Tu te souviens ? C'était dans le grenier... J'ai pensé qu'il était temps que je vérifie dans quel état il était.''
Brian s'approcha et se baissa pour caresser le bois des doigts. ''Ça fait un moment qu'il n'a pas été utilisé maintenant... Je me rappelle quand tu l'as fait... Maman était vraiment contente…'' dit-il d'un air contemplatif.
''Oui. Je pensais la même chose. Je voulais en faire un autre pour le nouveau bébé. Mais je sais ce que ta mère aurait dit...'' Il regarda Brian, les sourcils levés.
''Oui, elle dirait que celui-là est parfait et que le temps et l'argent pourraient être dépensés autrement, n'est-ce pas ?'' dit Brian dans une excellente imitation de Michaela.
Sully rit et ébourriffa les cheveux de son fils. ''C'est ce que j'ai pensé. Alors je vais peut-être juste le poncer et passer une autre couche de teinture... Qu'est-ce que tu en penses ?''
''Ca me paraît bien... Je t'aiderai si tu veux.''
''Ca me paraît bien aussi.''
''Papa... tu as dit que tu vérifiais ton matériel d'observation... Tu vas partir bientôt ?'' demanda Brian en jetant un coup d'oeil à la pile d'objets que Sully avait rassemblés.
''Peut-être dans quelques jours... Il faut que je prenne de nouvelles mesures pour mon rapport... Mais je n'ai pas décidé quand exactement,'' dit Sully.
''Tu crois que je pourrais venir aussi ?'' demanda Brian à toute vitesse.
''Eh bien... J'aimerais dire oui... Mais je ne pense pas que ta mère te laissera manquer l'école. Et puis, j'aime savoir que tu fais attention à elle quand je ne suis pas là. Ca sera pour seulement deux nuits.''
De la déception put se lire sur le visage de Brian, mais il sourit d'un air résigné. ''Bien sûr, papa. Je crois que maman a besoin de quelqu'un ici... quelqu'un d'autre que Katie.''
''Merci, fiston. Je sais que c'est dur parfois... le fait que tu doives veiller sur ta mère... Nous apprécions tous les deux ton aide.''
''Ca va, papa... Ca ne me dérange pas, vraiment. Mais j'aimerais partir sur le terrain avec toi un jour.'' Il leva les yeux vers Sully avec espoir.
''Bien sûr... Et j'aimerais que tu viennes. Alors, à propos de ce berceau... Quelle couleur ?''
Brian se leva et sourit à Sully. ''Cette couleur est bien. Est-ce que tu es excité à propos du nouveau bébé ? Ca ne me paraît pas longtemps depuis que Katie est née. Et il y en a déjà un autre qui arrive !''
Sully leva la tête en écoutant le ton pensif de Brian. ''Ca ne te dérange pas, n'est-ce pas ? Je sais qu'avoir deux petits bouts avec nous ne va pas être facile... Mais nous pouvons quand même faire pleins de choses ensemble, tu sais.''
''Non, ça ne me dérange pas. C'est plutôt excitant. Tu te rappelles quand maman était prête à accoucher de Katie et que grand-mère, tante Rebecca, tante Marjorie et Andrew sont arrivés de Boston et Andrew devait l'accoucher ?... Sauf que ça s'est fini dans les bois, rien que vous deux.'' Dit-il en riant ''Toute la ville était surprise.''
Il tendit la main pour saisir la bride de son cheval Caramel sur le mur de la grange. ''Je suppose que tu es content qu'Andrew soit là pour accoucher le nouveau bébé, hein Sully ?''
Sur ce, il sortit de la grange et se dirigea vers Caramel, attaché à la clôture du jardin.
Sully le regarda partir, le front plissé de contemplation. Les choses allaient être différentes cette fois…
Aux alentours de midi, Sully alla faire un tour chez le maréchal ferrant, son équipement d'observation sous le bras.
''Hé, Sully,'' dit Robert E, en levant rapidement la tête pour accueillir son ami avec un sourire, avant de continuer à travailler le cuir.
''Robert E, je me demandais si tu pouvais réparer ça pour moi... L'une des pattes est tordue... je dois l'avoir esquintée...'' Il lui tendit l'objet en question. ''Il faudra sûrement un peu de chaleur pour la redresser.''
''Bien sûr, Sully... La forge est assez chaude... Donne-moi ça,'' dit Robert E, très serviable.
Sully se cala contre un des plans de travail de Robert E et regarda son ami chauffer lentement le bout métallique de la patte. ''Comment ça va, Robert E ?'' demanda-t-il. ''Et Grace ?''
''Nous allons bien, Sully... Evidemment, Grace a du mal à dormir, ce qui veut dire que moi aussi et si elle se lève une fois, c'est parti pour cinq fois dans la nuit ! Mais bon... encore quelques semaines à tenir.''
''Tu penses que c'est dur maintenant, Robert E... Attends que le bébé soit là et tu sauras vraiment ce que veut dire être en manque de sommeil !'' répondit Sully en connaissance de cause et les deux hommes rirent.
''Ton tour viendra peu de temps après le mien,'' remarqua Robert E avec délectation. ''Alors, nous serons tous les deux dans le même bateau.''
Sully hocha la tête. ''Tu as raison. Mais en regardant Katie... eh bien, ça vaut le coup,'' songea-t-il.
''Seulement quatre semaines pour Grace, n'est-ce pas ?''
''Oui. Le temps passe si vite. Je commence à penser à l'accouchement... Enfin, Grace... Elle est assez nerveuse... je ne peux pas lui en vouloir.''
''Oui. Michaela a vécu la même chose avec Katie... elle a même fait des cauchemars. Tu dois simplement être là pour elle, Robert E, la rassurer. C'est une épreuve importante pour une femme.''
''Enfin, tu saurais faire je pense... Tu as accouché Katie, dans les bois, n'est-ce pas ? Tu te souviens quand Myra accouchait de Samantha ? Nous attendions tous à la porte de la clinique, sur le porche. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi nerveux qu'Horace.''
Sully sourit à son ami.
''Oui, je me souviens... J'ai dû l'empêcher de cogner à la porte.... avec Myra qui criait si fort et lui qui se demandait si elle allait bien.''
''J'ai entendu parler d'hommes qui traversaient la rue pour aller au saloon, se saouler, pendant que leurs femmes étaient en train d'accoucher à la clinique... Ce n'est peut-être pas une si mauvaise idée,'' songea Robert E.
Voyant l'expression choquée de Sully, il ajouta : ''Non, bien sûr que je n'agirais pas comme ça... Grace ne me le pardonnerait jamais. Et je veux être sobre lorsque je vais prendre mon fils ou ma fille dans mes bras pour la première fois.''
''C'est une expérience que vous n'allez jamais oublier, Robert E... Katie était toute mouillée et glissante et j'ai dû faire attention pour ne pas qu'elle m'échappe....'' dit Sully en traînant, perdu dans ses souvenirs.
''Eh bien, cette fois... Tu seras comme nous tous... Tu attendras à la porte de la clinique jusqu'à ce qu'on écoute les premiers cris,'' rit Robert E.
Il tendit le résultat de son travail.
''Tiens, c'est fini. Ça me semble droit... Tu en penses quoi ?'' Il montra l'objet à Sully qui regardait dans le vide. ''Sully ?...''
L'attention de Sully revint jusque dans le présent. ''Merci Robert E. Ca me paraît bien, combien je te dois ?''
''Peut-être un de ces faux cigares que vend Loren pour quand le bébé naîtra,'' sourit Robert E en se tournant vers la selle sur laquelle il travaillait lorsque Sully était arrivé.
Sully resta immobile pendant un instant, se rappelant l'émerveillement qu'il avait connu lorsqu'il avait tenu Michaela qui tenait elle-même dans les bras leur bébé, Katie. Son coeur battait plus vite qu'à l'accoutumée. Il se secoua et se dirigea vers la clinique où il avait promis à Andrew de le voir pour parler d'un changement de disposition du salon qu'ils ajoutaient au bâtiment principal.
Sully était en train d'étudier soigneusement les plans et dessins des ajouts à la clinique quand Andrew arriva et regarda par-dessus son épaule.
''Ils sont très bien, Sully,'' dit-il doucement, faisant sursauter son beau-père qui était en train de décider s'il fallait une ou deux fenêtres au mur du fond.
Sully se tourna et fit face au jeune docteur. ''J'ai fait ces quelques changements que tu voulais, mais je ne suis pas sûr au sujet d'une plus grande étagère au-desus de la cheminée... Quelqu'un pourrait rentrer dedans sans faire attention et se blesser.''
''Je n'avais pas vraiment réfléchi à ça, Sully... Je me rappelle juste que Colleen avait dit qu'elle voulait plus de place pour exposer sa collection de photographies et d'autres choses. Je suppose que vous avez raison... Connaissant ma maladresse, je serais sûrement celui qui ferait des dégâts. Vous feriez bien de remettre comme c'était avant... Je l'expliquerai à Colleen.''
Sully hocha la tête en accord avec la sage décision d'Andrew, puis il entreprit de montrer fièrement au jeune homme ce qu'il avait déjà fait avant de lui expliquer ce qu'allait être les prochaines étapes.
''Après mon retour de mon travail d'observation la semaine prochaine, j'espère me remettre très vite dedans. Vous devriez pouvoir emménager dans à peu près quatre à cinq semaines,'' finit-il.
''Colleen et moi attendons avec impatience d'avoir une maison qu'on puisse considérer comme la nôtre,'' commenta Andrew avec regrets. ''Les quelques pièces que nous avons au Château sont petites, surtout lorsque le temps est mauvais et que nous ne pouvons pas sortir dehors. Et je sais que Colleen ne se sent pas bien là-bas... Elle pense qu'elle pourra participer plus, au niveau mùédical, ici qu'elle ne peut le faire au Château. Elle a même décidé de ne pas venir avec moi lorsque j'ouvrirai la clinique du Château trois matins par semaines.'' Il sourit et ajouta. ''Pour être tout à fait honnête... je crois qu'elle veut garder un oeil sur Michaela pour être sûre qu'elle ne travaille pas trop ici alors qu'elle est enceinte !''
''Oui... Eh bien, Colleen a gardé un oeil sur sa mère la dernière fois qu'elle était enceinte. Elle s'inquiète pour elle plus comme une mère que comme une fille.'' Sully rit. Il s'arrêta et dit avec hésitation : ''Andrew... tu as accouché de nombreux bébés, n'est-ce pas ?''
''Eh bien, je ne suis pas sûr de pouvoir dire de 'nombreux'. Il y en a eu quelques uns durant mes études... mais la clinique du Château n'est pas vraiment le genre d'établissement où vient ce genre de clientèle... On a plutôt des arthrites aux hanches et de l'obésité, j'en ai peur.'' Il remarqua le regard rêveur de Sully. ''Bien sûr, j'ai assisté Michaela dans quelques accouchements... Mais Sully, je peux vous assurer que je...''
''Je ne suis pas inquiet à propos de ça,'' dit Sully en secouant la tête. ''Michaela dit que tu es un bon médecin et ça me suffit. Je sais que tu feras tout ce que tu peux pour elle et je sais que tu as beaucoup de connaissances médicales. Mais je me disais... c'était juste une idée... Quand tu accouches ces bébés... est-ce que c'est toujours toi et la mère... ?''
Andrew le regarda avec un grand étonnement. ''Sully ?''
''Je veux dire... Est-ce qu'il y avait quelqu'un avec toi ?''
''Eh bien, Colleen était là avec Michaela et moi quand Madame Byrdy a eu son bébé... C'est ce que vous voulez dire ?''
''Pas exactement. Je sais qu'il y avait des infirmières ou des sage-femmes là où tu étudiais... C'est juste que... Est-ce qu'il y a déjà eu un membre de la famille avec toi ?'' finit-il avec précipitation.
Andrew fronça d'abord les sourcils en réfléchissant. ''J'ai déjà eu à accoucher un bébé d'une jeune fille qui était très jeune, seulement quinze ans, très belle et très apeurée. Elle a insisté pour que sa mère reste avec elle... Bien sûr, dans ce cas, il n'y avait pas de père qui faisait les cent pas derrière la porte. Est-ce que c'est ce que vous voulez dire ?''
''Eh bien, non... Je me demandais si tu avais déjà eu des 'pères' qui voulaient rester avec leurs femmes.''
Andrew le regarda, choqué et amusé. ''Non,'' rit-il. ''Je ne sais pas trop ce que j'aurais dit si on me l'avait demandé... C'est très inhabituel, en fait, je n'en ai jamais eu vent. J'avais un professeur dans un des hôpitaux de l'Est qui disait que le 'mâle n'avait pas de rôle dans le processus de la naissance sauf celui de ramener la mère et l'enfant à la maison.' Mais je ne peux pas dire que j'adhère à cette philosophie. Je voudrais être avec ma femme et mon nouveau bébé aussi vite que possible après l'accouchement.''
Il regarda Sully droit dans les yeux. ''Pourquoi demandez-vous cela ?''
''Je parlais juste avec Robert E plus tôt et puis, j'y ai pensé... ça m'a semblé étrange.'' Il surprit encore le regard étonné d'Andrew. ''Mais ce n'est rien, oublie que j'en ai parlé...'' dit-il rapidement. ''Alors, on ferait mieux de se remettre au travail... Je dois aller passer une commande chez Loren avant qu'il ne ferme.''
Les deux hommes tournèrent immédiatement la tête vers les papiers étalés sur la table devant eux.
Sully se tenait devant l'évier de la cuisine, dans le vague, finissant de nettoyer les plats pendant que Michaela mettait Katie au lit.
Des bouts des conversations qu'il avait eues avec Brian, Robert E et Andrew ne cessaient de lui tourner dans la tête.
Etait-il content qu'Andrew soit là pour aider Michaela à accoucher ?
Pouvait-il rester derrière la porte de la clinique en sachant ce que Michaela endurait, tout comme les autres pères ?
Qu'est-ce que Michaela, Andrew et toute la ville penseraient s'il voulait être avec elle ?
Une paire de bras aimants lui entourèrent soudain la taille par derrière. ''Katie est endormie,'' dit Michaela tout bas.
Sully attrapa ses mains et les serra contre lui.
''Hé ! Tes mains sont mouillées et pleines de savon !'' s'exclama-t-elle, mais n'enleva pas ses mains.
Elle posa sa joue contre son large dos. ''Tu as été très silencieux ce soir, Sully... Depuis que nous sommes rentrés à la maison en fait. Est-ce qu'il y a quelque chose qui t'inquiète ?'' demanda-t-elle avec anxiété.
Sully continua de s'occuper des plats et répondit nonchalamment. ''Non, il n'y a rien... Enfin, pas encore en tout cas... Je réfléchis, c'est tout.''
''Rien dont tu aimerais me parler ? Je suis une bonne oreille.''
''Je le sais bien... et non... C'est juste quelque chose à quoi il faut que je m'habitue... ou que je fasse quelque chose pour le changer...'' Il s'arrêta un instant, un petit sourire aux lèvres. Il se tourna, l'encercla de ses bras, se pencha pour l'embrasser et lui dit : ''Prête pour aller au lit ?''
Elle passa ses bras sur ses épaules et se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser à son tour, un peu plus passionnément. ''Oui, oui...'' dit-elle en prenant sa main avant de le conduire doucement vers les escaliers.
Chapitre 16 :
Sully incita son cheval à avancer vers la maison tandis que des nuages noirs se formaient derrière lui.
Le temps variable d'octobre avait encore frappé.
Ces deux derniers jours, il s'était réchauffé au faible soleil d'automne tout en notant les différentes choses à faire pour la prochaine section de son rapport.
Même ce matin, en rangeant son équipement et ses affaires pour rentrer à la maison, le soleil brillait, malgré une légère brise fraîche qui l'avait fait frissonner. Et maintenant, alors que l'après-midi venait de débuter, le ciel s'assombrissait, comme si le soir allait s'installer, et le vent était assez fort et froid pour traverser ses vêtements en peau de daim.
Bien sûr, il y avait d'autres raisons pour lesquelles il faisait avancer son cheval plus vite !
Il n'arrivait pas à croire à quel point Michaela et les enfants lui avaient manqués.
La dernière fois qu'il était rentré à la maison, Michaela avait admis avoir eu des rêves à son sujet...
Ce souvenir le fit sourire.
La timidité et l'embarras de Michaela face à ces sujets la rendaient encore plus chère à ses yeux – même si elle l'avait toujours été.
A cette époque, il avait seulement vaguement mentionné qu'il avait tendance à rêver d'elle aussi, mais là, elle avait constamment rempli ses rêves. C'était peut-être à cause de sa situation – il s'inquiétait toujours lorsqu'elle voulait en faire trop.
C'était peut-être aussi à cause de cette nuit, en avril, passée dans une cabane isolée où ils avaient parlé et où ils s'étaient aimés toute la nuit.
Il lui semblait qu'ils n'avaient jamais été plus heureux.
Il avait toujours cru qu'ils étaient capables de communiquer sans parler, même lorsqu'ils étaient séparés.
Tout ce qu'il savait, c'était qu'elle ne quittait jamais ses pensées.
Il désirait tant retrouver le confort de sa maison : un repas chaud, s'asseoir près du feu avec sa famille, un bain...
Pendant des années, il avait vécu comme un sauvage, s'appropriant les coutumes des Cheyennes.Un rapide plongeon dans un ruisseau gelé, un coup de rasoir chaque fois qu'il en trouvait un, étaient ses habitudes à cette époque. Mais maintenant ?
Il devenait peut-être délicat mais il avait vraiment envie de se raser, de se prélasser dans un bain chaud avec une exquise odeur de savon et de laurier et peut-être que, s'il était chanceux, Michaela serait là pour lui laver le dos... et son coeur fit un bond.
Levant les yeux au ciel pour chercher la position du soleil derrière l'épais nuage sombre, il fit un rapide calcul. Il devait être deux heures. Avec les nouveaux horaires de la clinique, elle serait sûrement à la maison. Sauf, comme cela arrivait souvent, si quelque chose l'avait retardée en ville... son coeur s'emballa.
Il envoya un message aux Esprits pour qu'ils lui permettent d'arriver avant que le mauvais temps ne s'aggrave et que Michaela soit là lorsqu'il arriverait.
Une autre rafale de vent glacé le subermergea, lui et sa monture. Il tira le devant de son manteau et releva son col pour protéger son cou contre les éléments.
Il poussa un grand soupir quand il vit apparaître la maison, posée là, sur la pente, comme toujours.
De la fumée sortait de la cheminée mais elle était rabattue par le vent fort.
Il fit ralentir son cheval quand il approcha de la cour et fut surpris de voir un autre cheval attaché à la barrière du corral, une bête qu'il ne connaissait pas.
Son coeur fit à nouveau un bond.
Un visiteur... alors qu'il désirait tellement être seul avec Michaela et les enfants, s'ils étaient à la maison ?
Après avoir franchi le portail, il glissa de sa jument en sueur et l'attacha à un pilier.
Une fois dans la grange, il l'essuya rapidement et la couvrit d'une couverture et déposa ses affaires dans un coin.
En sortant du bâtiment, il espéra que la personne qui était là était partie ou était sur le point de partir, mais la porte de la maison était fermée et le cheval était toujours là.
Eh bien, il n'y avait qu'une seule chose à faire.
Il fit parcourir ses doigts parmi ses cheveux indisciplinés et battus par le vent et se prépara à être sociable, même si avoir une petite discussion était la dernière chose dont il avait envie en ce moment.
Il monta les marches du porche, ouvrit la porte en grand et s'arrêta net.
Là, devant ses yeux, se tenait la dernière personne au monde à qui il se serait attendu et elle était assise près de Michaela, buvant le café sur la table de la salle à manger.
Les premières secondes, un poignard d'une incontrôlable jalousie lui transperça le corps, lui coupant le souffle, puis, il fut consterné par sa propre réaction en réalisant qu'il ne devait nullement être jaloux de voir Michaela et cet homme ensemble.
Pendant ce temps, Michaela combattait l'envie pressante de sauter de sa chaise pour enlacer Sully.
Comment pouvait-il lui manquer tant en l'espace de seulement trois jours ?
Ses yeux s'étaient illuminés et son visage rayonnait.
Sully sourit avec amour dans sa direction et s'avança vers leur visiteur, la main tendu : ''Comment vas-tu, Hank ?'' dit-il amicalement. ''Qu'est-ce qui t'amène ici ?''
Il se leva et prit la main que Sully lui proposait. ''Hé, Sully. Je venais par ici, alors je me suis arrêté... pour voir si Michaela avait besoin de quelque chose,'' répondit-il presque en s'excusant et un peu embarassé.
Sully s'approcha de la table vers Michaela, se pencha pour l'embrasser sur la joue et se mit derrière elle, les mains sur ses épaules.
''C'est gentil de ta part, Hank... merci de t'être dérangé,'' dit Sully, très étonné par le geste de Hank et un peu inquiet.
''Ce n'est rien... Comme je l'ai dit, je passais juste par ici.'' Hank se leva de sa chaise. ''Et maintenant que tu es ici... Je ferais mieux de repartir en ville. Le saloon doit être en train de se remplir maintenant.''
Il adressa un sourire au couple en face de lui, chacun d'eux ayant refusé de fréquenter son établissement.
Il marcha vers la porte. ''Je vous reverrai... Michaela, Sully.'' Il jeta un dernier regard vers Michaela et ajouta : ''Merci pour le café.''
Sully, se rappelant soudain les bonnes manières, s'avança rapidement vers la porte et l'ouvrit. ''Oui, nous nous reverrons en ville, Hank,'' dit-il poliment.
Hank jeta un coup d'oeil au ciel sombre et au paysage balayé par le vent. ''Je vais me dépêcher de rentrer... On dirait que quelque chose de mauvais se prépare,'' dit le propriétaire du saloon. Il se tourna, leur sourit, toucha le bord de son chapeau et traversa la cour en grandes enjambées avant de prendre sa monture et de partir au galop.