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L'ultime aventure du Dr Quinn

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 27.03.2011 à 01h57
Auteur : seb1109 
Statut : Terminée

« La dernière aventure du Dr Quinn, de son époux et de leurs enfants. » seb1109 

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D’autres soirs, les souvenirs douloureux refont surface.

Michaela : Regardez la vue merveilleuse que nous avons ce soir. Nous sommes sur une hauteur, le soleil couchant se reflète dans l’eau et le paysage semble si paisible.

Au bout de deux semaines de voyage, les quatre femmes venaient enfin d’arriver dans le Dakota du Sud. Et le paysage était effectivement magnifique. L’eau d’un ruisseau, à peut être vingt mètres en dessous d’elles, ruisselait et s’écrasait contre de petits rochers. Les couleurs d’une fin de soirée se laissaient apercevoir dans cette eau agitée. Le bleu/noir d’un ciel bientôt éteint. Le jaune/orange d’un soleil destiné à disparaitre avant de revenir dès le lendemain matin. Le vert de quelques rares sapins semblant majestueux au milieu de tous ces arbres devenus complètement nus après le vent automnal de ces derniers jours. Michaela y vu là l’occasion d’honorer certaines mémoires.

-          Les filles, j’ai lu, un jour, un roman dont le personnage était sur une butte, et lâchait une fleur dans le vide à chaque fois qu’il honorait la mémoire de quelqu’un. J’aimerais que nous en fassions autant, c’est pourquoi j’avais prit avec moi ce bouquet de fleurs séchées.

Après avoir acceptées, nos amies rendirent un dernier hommage aux défunts qui les avaient marquées.

Michaela : Je lâche cette fleur en souvenir de mon défunt mari. Pas pour signifier que je l’oubli. Pour lui rappelez que je le rejoindrais un jour, et que nous pourrons reprendre notre histoire. Tu m’as sauvée à de multiples reprises, et tu as été ma vie, ma force. Je t’aime tellement.

Dorothy : Je lâche cette fleur pour Loren. J’aurais pu en faire de même pour mon ex-époux, mais avec le temps j’ai compris que les coups n’étaient pas une forme d’amour. Je veux que tu saches Loren, que je ne t’ai pas oublié. Cinq années ont passé, et tu restes dans mon cœur. Nous aurions pu nous marier à plusieurs occasions. Lorsque nous étions jeunes, et plus tard, lors de nos vieux jours. Mais nous aurions alors peut être éteint cette amitié, cet amour qui nous habitaient même si nous ne cessions jamais de nous chamailler. Loren Bray, je te remercie pour toutes les belles choses que j’ai pu entreprendre grâce à toi. Tu ne me quitteras jamais…

Grace : Bien que je trouve cette idée étrange, je ne sais pas pourquoi, maintenant que j’ai saisi cette fleur, j’ai tant de mal à la voir s’envoler. Elle est pour toi Anthony. Mon petit Anthony. Maman pense à toi tous les jours. Tu serais tellement fier de ton petit frère. Il m’arrive souvent de me demander comment vous vous seriez entendu, comment tu aurais grandit, ce que tu serais devenus. Mais quand j’y pense, je ne peux m’empêcher de verser quelques larmes. Mais des larmes de reconnaissance à notre Seigneur, de t’avoir mit sur notre route. Tu me manques, mon fils…

Myra : Je n’ai pas perdu de proches, du moins pas suffisamment proches pour que je leur en destine une. Mais j’avais des amis. Je dédie cette fleur lâchée dans le vide à Mme Bing, qui a eu du mal à m’accepter avant de me tolérer. Horace l’aimait tellement. Je la dédie aussi à Preston. Le pauvre. Il s’est tiré une balle lors d’un crash boursier. Les gens pensent ce qu’ils veulent, je sais que vous étiez bon. Vous m’avez offert un emploi, et cela nous donnait l’opportunité de discuter. Je vous dédie cette fleur…

Michaela : Je reprends une dernière fleur. Pour ma mère. Ma petite mère avec qui j’ai eu tant de désaccord. Mais tant d’amour. Je n’oublie pas Marjorie. Tu as su tellement changée… Et en positif ! Je suis admirative de ton courage et de ta détermination ! Je la dédie également à Charlotte, femme forte et indépendante et à Oiseau Blanc, l’une de mes meilleures amies. Sans oublier Sam, sans qui, il y a de cela des années, nous n’aurions par entreprit une expédition toutes les quatre ! Et bien sûr, je dédie cette fleur à mon petit papa… Vous êtes toujours dans mon cœur, père…


seb1109  (27.03.2011 à 19:31)

Episode 4

Nos héroïnes arrivent enfin à Sioux Falls, la capitale de l’état du Dakota du Sud. Elles se dirigent vers l’hôtel « Le Bleu du Ciel » et y réservent deux chambres. Dorothy et Mike sont logées au numéro 111 tandis que Grace et Myra seront au numéro 112.

Avant de regagner leur chambre, elles s’installent toutes quatre au restaurant de l’hôtel. Un serveur s’approche.

-          Mesdames, vous désirez ?

La carte est riche. Grace, en tant que bonne restauratrice, découvre, mais retiens certains plats pour son propre établissement.

Michaela : Hé bien, je vais prendre des escargots, des pommes de terre et une assiette de salade verte.

Grace : Je veux ces petites assiettes de poivrons épicés, votre plat du jour et une assiette de fromages divers.

Dorothy : Du lapin en sauce ! Tellement d’années que je n’en ai pas mangé ! Des haricots rouges aussi. Oh, et puis une carafe d’eau, naturellement.

Myra : Je veux une salade composée.

Michaela : Faites-vous plaisir, Myra, c’est moi qui vous invite.

Myra : Merci Dr Mike, mais je suis au régime complet. J’ai prit trois kilos cet été ! Excusez-moi, garçon, j’aimerais un Coca-Cola avec ça, merci.

Le serveur : C’est noté mesdames, à tout de suite.

Dorothy : Myra, comment pouvez-vous boire cette boisson si désagréable ?

Grace : Les petites bulles et la caféine me donnent des ballonnements.

Myra : J’aime tellement cette boisson ! Je me demande comment je faisais avant qu’elle ne soit commercialisée !

Michaela : Je n’ai jamais goutté à cela. Il est hors de question que je déguste cette boisson chimique.

Myra : Horace l’aime tellement également.

Michaela : Qui aurait parié que vous vous seriez remis ensemble tous les deux !?

Grace : J’ai toujours su qu’ils se remettraient ensemble !

Myra : C’est délicat comme situation. Vous savez Horace a changé ma vie. Il m’a donné l’amour. Pas de l’amour comme celui de Hank. Celui d’Horace était beau. Il était pur. Durant dix ans, j’ai essayé de vivre loin de lui, en tentant de fuir ses idées toutes faites sur le mariage, le rôle de la femme au foyer, et j’en passe. Mais les qualités qu’il possède sont plus importantes que tous ses défauts. Et puis, l’amour est plus fort que tout.

Michaela : C’est comme Matthew et Emma. Leur amour les a réunit, et ils ont maintenant deux enfants, bientôt trois. Elle aussi à réussit à sortir de la prostitution. Et à devenir l’une des couturières les plus reconnues !


seb1109  (28.03.2011 à 23:12)

Le soir venu, Dorothy et Mike arrivent dans leur chambre.

-          Je suis tellement contente de passer du temps avec vous toutes. (Dit Michaela).

-          Je ressens la même chose. Les années nous ont un peu éloignés. (Répondit Dorothy).

-          Faites-moi la promesse que nous resterons toujours amies.

-          Oh Michaela, vu nos âges, je crois bien que cette promesse est inévitable !

-          Vous avez raison je suppose.

-          Michaela, demain, faisons les boutiques !

-          Je ne sais pas si nous avons le temps…

-          Michaela ! Nous allons être durant plusieurs semaines à l’intérieur d’une réserve indienne, à soigner les blessures, panser les plaies, tenter de ramener un peu de dignité au peuple indien de la réserve. Je pense que nous pouvons  nous accorder une matinée de détente !

Le lendemain matin, à 8h15, les quatre femmes se décident et commencent à déambuler à travers la longue rue de boutiques. Au total, douze boutiques seront visitées : huit de vêtements et quatre d’objets en tout genre, souvenirs, bibelots.

Dans la dernière, Dorothy désire acheter un cadeau à Nuage Dansant : un magnifique couteau et son rangement en daim perlé.

-          On n’en a plus ma p’tite dame !

-          Oh, c’est très embêtant. Pourtant votre prospectus annonce que vous en avez.

-          Si vous voulez, j’peux vous avoir ça pour la s’maine prochaine !

-          Très bien, faisons comme ça.

-          Votre nom, jolie demoiselle ?

-          Quel Flatteur ! Dorothy Jennings.

A ces mots, un couple de jeunes mariés s’approche.

-          Oh mon dieu je n’arrive pas à y croire, (lance la femme), vous êtes la vraie Dorothy Jennings ? Celle de Colorado Springs ?

-          Oui c’est moi…

-          Oh mon dieu ! Nous sommes vos plus grands admirateurs ! Mon mari et moi, nous nous sommes mêmes rencontrés dans une bibliothèque, nous cherchions le même livre. Un livre de vous !

-          C’est si charmant. Et quel livre avez-vous cherché ce jour-là ?

-          « Notre amour au delà des peuples et des coutumes, hommage aux Cheyennes ». Ce livre est si vrai. Si intense. On dirait que, comme le personnage principal, vous aussi avez été éperdument amoureuse d’un Indien. C’est fou.

-          C’est peut-être que ce n’est pas si loin de la vérité…

-          Ah bon ! Et…

-          Chérie ! Laisse Mme Jennings souffler un peu. Nous sommes ravis de vous avoir rencontré madame, et nous attendons votre prochain livre !

Sur le départ, en direction de la réserve qui devrait être atteinte d’ici à deux jours, Dorothy ne pouvait s’empêcher d’avoir un sourire béat. Elle était enfin une romancière reconnue.


seb1109  (28.03.2011 à 23:41)

Episode 5

-          Nous voilâmes enfin arrivés !

Cette exclamation que laissait échapper Michaela  rappelle le long voyage épuisant qu’elles ont du parcourir.

Devant elles, à perte de vue, s’étendait la Grande Réserve Sioux de cet état du Dakota Du Sud. Des tipis et des cabanes en quantité inimaginable. Cette réserve, c’est la réserve Pine Ridge.

Nous sommes le 22 novembre 1890.

Deux gardes armés arrivent à leur rencontre. Les femmes s’expliquent et son emmenés au devant d’un général.

-          Mesdames, bonjour. Je suis le général Nelson Miles, commandant du 5ème régiment d’infanterie des Etats-Unis d’Amérique. J’aimerais savoir ce que vous cherchez ici.

Michaela : Nous sommes venus en tant que bénévoles afin d’aider les populations indiennes.

Miles : Aider, vous dites ?

Michaela : C’est bien ça.

Miles : Ecoutez, ma p’tite dame, vous vous pensez être la main de dieu ? Nous avons déjà l’église protestante qui travaille avec nous. C’est suffisant je pense.

Michaela : Parce que vos prêtres, pasteurs, révérends ou femmes de Dieu sont médecins ?

Miles : Parce que vous l’êtes-vous,  peut-être !

Dorothy : Parfaitement ! Et nous sommes ses amies. Nous avons parcourus à peine 20 mètres de cette réserve pour arriver jusqu’à votre bureau. Laissez-moi vous dire que c’est misérable de loger les Indiens dans ces habitations miteuses ! Je suis journaliste, moi, Monsieur Miles. Et si vous tenez à votre réputation, je doute que vous nous empêcherez d’agir…


seb1109  (29.03.2011 à 19:31)

Miles : Très bien, mais n’empêchez pas les bonnes initiatives de notre armée. C’est la seule condition.

Michaela : Mais la guerre est finie…

Miles : Mais madame,  occupez-vous de ce qui vous regarde, et allez jouer au docteur avec qui bon vous semble.

Michaela : Je ne voulais pas vous offusquer général. Mais les Guerres Indiennes sont terminées.

Miles : Les guerres sont terminées pour la simple et bonne raison que l’ensemble des Indiens, quels qu’ils soient, Sioux, Cheyennes, Arapahos, Kiowas ou encore Comanches sont enfermés dans ces réserves. Mais il faut les contrôler en permanence, ces gens ne sont que des sauvages !

Michaela : Je vous demande pardon !? Comment osez-vous parler ainsi d’êtres humains ? Vous êtes général, c’est votre mission d’encadrer vos hommes et de menez à bien le quotidien de ces « sauvages » comme vous dites ! L’époque du général Custer est révolue, il faut vous mettre ça dans la tête !

Miles : Madame !!!! Je ne tolérerais aucune insulte au grand homme qu’était le général Georges Armstrong Custer ! Nous lui devons tous le respect, et pas seulement ses hommes, ceux du 7ème Régiment de Cavalerie des Etats-Unis, mais nous tous !

Michaela : Qu’il aille au diable ! J’ai vu de mes yeux ses méthodes de travail. L’une de mes meilleures amies est morte dans les bras de son époux à Washita. Des dizaines de femmes, d’enfants, de vieillards, sont morts à Washita. C’est une honte, comment pouvez-vous glorifier cet homme ?


seb1109  (29.03.2011 à 19:45)

Miles : Je préfère que nous arrêtions de suite d’en parler. Il est mort de toutes façon, me trompes-je ? Dans ce cas, laissez les morts là où ils sont.

Michaela : Comme quoi, il y a une justice !

Miles : Vous parlez de justice ? Mais docteur, cet homme a été la victime des Indiens, sa mort n’a rien à voir avec la justice !

Michaela : Je vous demande pardon !?? VICTIME des Indiens ??? Vous allez trop loin ! Beaucoup trop loin. Les Indiens ont en aucun cas attaqué les hommes de Custer, ce sont les hommes de Custer qui ont attaqués, pour ne pas changer. Monsieur Custer avait des visées politiques, et quoi de mieux pour faire parler de lui qu’une victoire sur les forces indiennes rebelles ? Il a attaqué ce jour-là, le 25 juin 1876, le plus gros rassemblement de villages Indiens, de mémoire d’homme. Peut-être 2 000 guerriers alors qu’un village habituel n’en comptait qu’une centaine. Huit mille femmes et enfants étaient présents. Monsieur Custer avait CONNAISSANCE du nombre important de braves prêts à se battre, alors ne venez pas me dire qu’il est une victime ! Et grâce à cette bataille, les Indiens ont remporté leur plus belle victoire !

Enervé, le colonel sort de son bureau.


seb1109  (29.03.2011 à 20:00)

Un officier posté devant la porte rentre à son tour.

-          Docteur, vous lui avez cloué le bec !

-          Si seulement cela était nécessaire !

-          Il ne changera plus à son âge. Vous savez, il est engagé dans l’armée depuis 1861, il a combattu lors de la Guerre de Sécession, et depuis qu’elle s’est terminée, il dirige l’ensemble des expéditions militaires contre les Indiens. Enfin « dirigeait » puisque les guerres sont terminées. Il n’a pas compris cela, apparemment.

-          Si tous les soldats pouvaient être comme vous !

-          Mon père était un idéaliste pro-indien. Je me suis engagé pour tenter de les aider, mais visiblement, rien n’est possible. Même le Président des Etats-Unis, Benjamin Harrison, semble les oublier, comme tous les présidents avant lui. Personne ne se soucie d’eux. C’est terminé, ils vont s’éteindre peu à peu, malheureusement.


seb1109  (29.03.2011 à 20:01)

Michaela : C’est pour cela que nous désirons les aider !

L’officier : Oui, je comprends. Vous voulez une tasse de café ?

Michaela : Je suppose que vous n’avez pas de thé ! Un café ira très bien jeune homme.

L’officier : Malheureusement, nous n’avons pas de sucre. Avec la grève des travailleurs noirs qui sévit dans les plantations de cannes à sucre dans le Sud, les approvisionnements sont irréguliers.

Grace : A qui le dites-vous ! Bien que je les soutienne, il est vrai que le sucre est une denrée irremplaçable !

Michaela : Au fait, comment vous appelez-vous ?

L’officier  : Harvey, madame, officier Harvey !

Michaela : Et votre prénom?

Officier Harvey : Jérémy.

Michaela : Très bien. Vous me rappelez mon fils, Brian. Grand et fin, comme vous.

Jérémy : Vous sembliez vraiment énervée lorsque vous parliez de la Bataille de Little Big Horn, du 25 juin 1876.

Michaela : Je n’aime pas en parler. Mais si je me suis emportée si violemment, c’est parce que… C’est parce que… Mon époux est mort suite à cette bataille…


seb1109  (29.03.2011 à 20:13)

Episode 6

Au lendemain de leur arrivée, nos femmes s’habillent et sortent à travers la réserve.

Michaela se dirige à la clinique du camp et se présente au médecin principal.

Michaela : Oh, mon dieu ! Docteur Burke ! Docteur William Burke !

William : C’est incroyable ! Michaela ! Michaela Quinn !

Les deux anciens “amis” s’assoient et prennent le temps de discuter.

Michaela : Mais que faites-vous là ?

William : Je suis arrivé ici en 1884. Je devais aider ces gens.

-          Tant de considération m’épate. Je suis fière de vous.

-          J’avais le sentiment de me rapprocher de vous.

-          William !

-          C’est vrai !

-          Après tant d’années ! William…

-          Michaela, ne vous méprenez pas. Mes sentiments sont passés. Mais votre combat m’a toujours passionné.

-          William…

-          Je crois que vous n’avez jamais autant prononcé mon nom ! J’ai suivi votre vie grâce à vos sœurs. Toutes mes condoléances pour la mort de Sully.

-          Merci, William. Et vous, vous êtes… Enfin vous avez été…

-          Si j’ai été marié ? Oui, je suis marié. Mon épouse travaille avec moi à la réserve. Nous avons eu six enfants.

-          Six ! Félicitations !

Peu après, William se lève et explique à Michaela son travail quotidien. Pour se faire, il entre dans un petit dortoir, peu éclairé.

-          Je vous présente Œil de Faucon. Il a quatre-vingt six ans. Il souffre de pneumonie.

L’Indien prend la parole.

-          Je suis né dans un tipi, au bord de la rivière Laporte. Ma mère était une Shoshones, mais mon père un Sioux. Qui aurait pu croire que mon dernier souffle, je le pousserai dans le lit d’un homme blanc, dans une infirmerie situé au cœur d’une réserve où mon peuple se meurt à petits à feux.

Ils laissent échapper quelques larmes. Michaela lui prend la main et la lui serre très fort. Un petit geste anodin mais tellement nécessaire.

-          William, il y a très peu de souffrant apparemment ! Je ne vois que dix personnes…

-          Parce que nous avons dix lits ! Pas un de plus. Le nombre de malade est tellement plus nombreux. Non seulement je n’ai pas l’équipement adéquat, mais le gouvernement ne finance presque rien, et le peu investit se retrouve dans les poches des dirigeants. Les médicaments qu’on nous envoie sont périmés, et font plus de mal que de bien.

-          C’est affreux…

Michaela se rends alors compte que sa mission est limitée. Ces hommes que l’on enferme ici sont démunis de tout, et notamment de premiers soins…

Mais l’esprit du docteur était aussi occupé à la vue de William Burke. L’homme à qui elle avait refusé sa main se retrouve être son supérieur. Avait-il  encore des sentiments ?


seb1109  (30.03.2011 à 01:25)

Durant ce temps, les trois autres filles circulent dans les allées boueuses. Soudain, Grace intervient pour aider une jeune femme, devant le local des provisions.

-          Que se passe t-il ici ?

Un soldat vient en effet de mettre un coup de manche de revolver à une Indienne de peut-être vingt ans.

-          Qu’a-t-elle bien pu faire pour mériter cela ?

-          Elle le méritait madame !

-          Je vous écoute ?

-          Elle essayait de voler un sachet de viande !

-          Et vous la frappez pour ça ? Vous êtes une honte, monsieur.

Grace aide la femme à se relever, et l’emmène un peu plus loin.

-          Vous parlez ma langue ?

-          Oui.

-          Pourquoi avez-vous tenté de voler ce sachet ? Vous savez comment sont les soldats !

-          Je préfère être battue plutôt que de voir mes enfants mourir de faim.

-          Ils ont quel âge ?

-          Mon fils a deux ans, et ma fille dix mois.

-          Vous ne pouvez pas demander un peu de viande à vos amis, votre famille ?

-          Personne n’a rien. Nous n’avons pas le droit de sortir de la réserve, les limites sont surveillées et beaucoup de barbelés sont installés. Nos hommes ne peuvent donc pas ramener de la viande de la chasse.

-          Et des légumes, des fruits ?

-          La réserve en est dépourvue. Vous me prenez peut-être pour une voleuse, mais savez vous comment cela se passe ici ?

-          Je dois avouer que non.

-          Je vais vous le dire. Nous avons des coupons mensuels. Chaque coupon nous donne le droit à tant de nourriture. Mais cela n’est pas suffisant. La plupart des aliments reçus sont donnés aux soldats ou bien sert à nourrir leurs chiens. Nous, nous avons ce qu’il reste. C'est-à-dire pas grand-chose. Ma petite fille de quatre ans est morte il y a six mois. Morte de faim.

-          C’est tellement injuste que vous ayez à subir cela.

-          Moi ? S’il n’y avait que moi ! Ma sœur a fait une fausse couche. Elle ne se nourrissait pas assez. La famille qui vit près de chez moi, la pauvre femme a perdu son père il y a quatre jours : il ne mangeait pas pour que ses petits-enfants mangent plus. Nos cadavres envahissent cette terre de honte. Nous n’avions besoin de personne auparavant. Les blancs sont arrivés, et tout a changé…


seb1109  (30.03.2011 à 01:41)

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