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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi
Cette fanfic compte déjà 342 paragraphes
Un coup frappé à la porte de la clinique fit soupirer Michaela.
Elle jeta un coup d'oeil à l'horloge.
Elle avait espéré finir tôt.
Elle se leva, lissa sa jupe et se dirigea vers la porte pour accueillir son prochain patient.
Elle fut surprise de voir qui se tenait sur le seuil.
"Teresa," s'exclama-t-elle doucement. "Entrez."
La femme du maire hocha la tête et précéda Michaela à l'intérieur.
Une fois la porte fermée, elle se tourna et s'adressa au médecin : "Je suis désolée, Dr Quinn... Michaela... J'espère que ce n'est pas trop tard... Les enfants déjeunent, c'est la seule opportunité que j'ai..."
"Bien sûr que non, ce n'est pas trop tard," répondit immédiatement Michaela. "Je vous en prie, asseyez-vous... Dites-moi pourquoi vous êtes venue..."
La jeune femme réservée s'assit en face de Michaela et baissa le regard vers ses mains qui tordaient nerveusement un mouchoir.
Enfin, Michaela demanda : "Teresa ?"
Elle entendit la jeune femme prendre une profonde inspiration et elle leva doucement les yeux.
"Je crois que Jacob vous a déjà parlé..." dit-elle avec dignité.
Michaela leva les sourcils pour la faire continuer.
"A propos de mon inquiétude... de ne pas encore avoir d'enfant..."
Michaela hocha la tête. "Il en a brièvement parlé," admit-elle, ne voulant pas cacher la vérité.
Teresa secoua la tête. "Je m'en doutais bien... Il se fait du souci pour moi..."
"Il vous aime," répondit Michaela avec sincérité.
"Et je l'aime," dit la jeune femme à voix basse.
"Il se faisait du souci car vous refusiez d'en parler," dit Michaela en entrant au coeur du problème.
"C'est ma faute... Jacob ne devrait pas s'inquiéter pour ça," défendit Teresa.
"Vous ne pouvez pas l'en empêcher, Teresa... Et Jake veut partager cela avec vous... Un couple marié doit partager s'il veut vivre dans la joie... et en harmonie."
La jeune femme mexicaine hocha la tête.
"Je sais maintenant que c'est vrai... Nous avons beaucoup parlé ces dernières semaines... Jacob a essayé de me dire que c'était aussi son problème..." admit-elle.
Elle rencontra le regard de Michaela.
"Je ne voulais pas être examinée avant... Je ne voulais pas savoir si je pouvais enfanter ou non... Je voulais espérer... Mais je crois qu'il est temps..."
Michaela se leva et sourit.
"Bien sûr. Je vais vous examiner... Est-ce que cela va être la première fois ?" demanda-t-elle.
Teresa hocha nerveusement la tête et Michaela lui fit un sourire rassurant.
"Ça ne fera pas mal... Même si ce n'est pas toujours très agréable."
Elle fit le tour du bureau et emmena Teresa vers la table d'examen.
"Venez... Faisons-le maintenant... Et nous verrons s'il y a un problème..."
Quinze minutes plus tard, Michaela se tenait debout et se lavait les mains dans un bassin de porcelaine tandis que Teresa boutonnait le dos de sa jupe.
Elle ne cessait de lancer des regards anxieux au docteur et dès que Michaela se tourna vers elle, elle demanda d'un ton tendu : "Alors ?"
Michaela s'avança immédiatement vers elle et posa la main sur l'épaule de la jeune femme.
"Je n'ai rien trouvé d'anormal, Teresa... D'après ce que vous m'avez dit, et grâce à l'examen, il n'y a aucune raison que vous ne puissiez pas avoir d'enfant."
La jeune femme baissa les épaules de soulagement, mais elle se redressa et demanda d'un ton un peu impérieux : "Alors, pourquoi n'est-ce pas encore arrivé ? Cela va faire plus de quatorze mois..."
Michaela lui fit signe qu'elle pouvait à nouveau s'asseoir au bureau.
Une fois assises face à face, elle commença à expliquer : "La science de la médecine a encore beaucoup de chemin à parcourir dans ce domaine, Teresa... Mon examen, aussi limité soit-il, me dit qu'il n'y a rien qui cloche... Cependant, il peut y avoir d'autres choses qui affectent votre capacité à concevoir... Quelque chose de génétique... Votre cycle..."
Elle baissa le regard.
"Cela peut même venir de Jake," marmonna-t-elle, toujours un peu embarassée de parler de ces choses-là.
"Ça ne peut pas être Jacob," affirma tout de suite Teresa. "Donc, il n'y a rien que vous puissiez faire... ou dire ?" demanda-t-elle.
"Juste que chaque femme est différente... Certaines femmes tombent enceinte très facilement, trop facilement... D'autres, comme Grace, peuvent attendre des années... Mais ça finit par arriver..."
Elle rencontra le regard inquiet de Teresa.
"Grace a attendu plus de cinq ans... Personne ne savait quel était le problème... Mais maintenant, ils ont Michael..."
Les yeux de Tersa se remplirent soudain de larmes.
"Je rêve d'avoir des enfants depuis si longtemps," dit-elle. "Etre élevée dans un orphelinat m'a donné le désir d'avoir des enfants... de leur donner tout l'amour dont une mère est capable... Si ça n'arrive pas..." Sa voix traîna et elle prit son mouchoir.
Michaela, remplie de compassion, observa la jeune femme être aux prises avec ses émotions.
Elle se pencha en avant et dit d'un ton doux : "Je comprends ce que vous ressentez... Mais vous devez croire que cela va arriver... Ne perdez pas espoir, je vous en prie... Si vous voulez, je peux vous recommander au Dr Bernard, à Denver... Il est médecin spécialiste des femmes... Et il a les connaissances les plus récentes."
Teresa secoua la tête et fit un timide sourire à Michaela.
"Dans quelques jours, l'école sera finie pour l'été... J'aurai le temps de réfléchir à tout ça... En attendant, je vais suivre votre conseil... Je vais continuer à espérer. Au moins, nous savons qu'il n'y a rien d'évident qui cause le problème."
Elle leva les sourcils avec espoir et fixa Michaela.
"C'est une bonne chose, non ?"
Michaela hocha la tête.
"Oui... Une très bonne chose... Peut-être que quand vous serez plus détendue durant l'été... quelque chose se produira," suggéra-t-elle.
"Oh... et de récentes découvertes montrent que le meilleur moment pour concevoir est au milieu de votre cycle... Donc, vous pourriez peut-être relever tout ça..."
La jeune femme hocha la tête.
"Je vais le faire et prier Dieu pour que ça marche..."
Elle se leva et tendit la main à Michaela.
"Merci Michaela... Pour moi et aussi pour Jacob."
"De rien, Teresa... Je vais aussi prier pour vous..."
Elle accompagna la Mexicaine jusqu'à la porte.
Teresa se retourna.
"Vous viendrez pour la remise des diplômes de Brian, vendredi, n'est-ce pas ?"
Michaela hocha la tête et soupira.
"Je n'arrive pas à croire qu'il a terminé l'école... On dirait qu'il y a seulement très peu de temps, une nouvelle école était construite et Brian était tout excité à l'idée d'y aller..."
Teresa sourit.
"C'est un garçon très intelligent avec une vive imagination et beaucoup de compassion pour les gens... Il ira loin..."
Michaela avala sa salive.
"J'espère que vous voulez dire cela dans un sens imagé, Teresa... Je ne veux pas le perdre si tôt..."
La maîtresse d'école secoua la tête.
"Vous n'allez pas le perdre... jamais... Même s'il décide de partir pour aller à l'université... Il aime sa mère... et sa famille..."
"J'espère que vous avez raison," répondit Michaela. "Avec Colleen qui va probablement partir à Philadelphie en septembre, si Brian s'en va..." Sa voix mourut.
Teresa sourit et prit la main du docteur.
"Les temps changent, Michaela... Mais les gens restent les mêmes... Souvenez-vous-en."
Michaela hocha la tête avec détermination et regarda d'un air pensif Teresa traverser la rue à grandes enjambées avant d'arriver au pré pour se rendre à l'école.
"Tu es prête à partir ?" demanda Sully en retrouvant Michaela à la porte de la clinique environ vingt minutes plus tard.
Elle hocha la tête d'un air fatigué tout en enfilant son manteau en daim par-dessus sa jupe et son chemisier bleu ciel.
"Ça va ?" demanda-t-il avec inquiétude.
"Oui... Ça a juste été une matinée très chargée," répondit-elle sans vraiment entrer dans les détails.
"Tu veux en parler ?" demanda-t-il en la regardant fermer la porte à clef.
"Pas vraiment... Je veux juste rentrer à la maison," répondit-elle en lui tendant William pour qu'elle puisse monter dans le chariot.
Avant de partir, Sully jeta un coup d'oeil à Tilson, qui se tenait nonchalamment sous le porche du saloon, de l'autre côté de la rue ; il regardait.
Michaela avait raison.
C'était effectivement déconcertant d'être épié, même lorsqu'on savait qu'on n'était pas le véritable objet de cette attention.
Il se retourna et vit que Michaela avait aussi les yeux fixés de l'autre côté de la rue.
"Ignore-le Michaela," lui conseilla-t-il tout bas.
Elle soupira. "C'est difficile," dit-elle, découragée.
"Je sais... Mais ne lui donne pas la satisfaction de recevoir ton attention... C'est probablement ce qu'il veut..." répondit Sully en posant le bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui.
Il regarda rapidement vers le saloon.
Tilson regardait toujours.
Avec une pointe de provocation, il serra Michaela contre lui et l'embrassa doucement sur les lèvres.
"Partons d'ici," dit-il avant de faire claquer les rênes.
Lorsqu'ils partirent, il ne put s'empêcher de lancer un autre regard à Tilson, dont les yeux étincelaient de colère.
Lorsqu'il remarqua que Sully le regardait, il se tourna furieusement et entra dans le saloon.
Sully ne put résister à laisser échapper un sourire de triomphe.
Tilson savait désormais qu'il allait devoir compter sur Sully si jamais il pensait s'approcher de Michaela.
Tandis qu'ils dépassaient les dernières maisons de la ville, en direction de leur maison, il fit accélérer le cheval et passa un bras autour de sa femme, pour la protéger.
Chapitre 27 :
Michaela resta très silencieuse pendant le trajet de retour.
Trop silencieuse !
Avec le mouvement régulier du chariot, elle se détendit progressivement sur son siège et s'appuya contre l'épaule de Sully.
De temps en temps, elle tendait la main et la passait sur la cuisse de Sully pour la caresser.
Même si c'était une sensation agréable pour lui, ce n'était pas habituel de la part de Michaela.
A seulement une centaine de mètres de la maison, il arrêta le chariot sans prévenir et se tourna vers elle.
"Tu n'es pas toi-même," dit-il gentiment. "Pourquoi ?"
Elle fronça les sourcils et dit : "Je suis fatiguée."
"Je ne crois pas que ce soit ça," répondit-il "mais si c'est vraiment la raison, alors il n'y a qu'une solution."
"Laquelle ?" demanda-t-elle, surprise.
"Tu es repartie travailler trop tôt... Tu as besoin de te reposer un peu... pour reprendre des forces" répondit Sully, sachant parfaitement quelle réaction elle allait avoir.
"Je ne peux pas faire ça !" s'exclama-t-elle "et c'est ma décision, pas la tienne," ajouta-t-elle avec une pointe de colère.
Il rit.
"C'est mieux... Le feu est revenu dans tes yeux," dit-il fièrement.
Elle rougit, fronça les sourcils et s'appuya contre le dos du siège de bois.
Il l'attira immédiatement contre lui en passant le bras autour d'elle avant de lui embrasser la tempe.
"C'était vraiment une mauvaise matinée, n'est-ce pas ?" lui murmura-t-il à l'oreille.
Elle soupira. "Oui..." répondit-elle tout bas.
"J'ai quelque chose pour toi," dit-il avec amour. "Quelque chose qui va te remonter le moral."
Il fouilla quelque chose à l'arrière et en sortit un petit bouquet de fleurs sauvages qu'il lui tendit.
Il fut déconcerté lorsque ses yeux se remplirent de larmes.
"Michaela ?" demanda-t-il avec inquiétude, "c'est juste des fleurs... Je pensais que tu les aimerais..."
Elle lui prit la main et dit d'un ton tendre : "Oh, Sully... Je les aime, vraiment... C'est juste que..." Elle s'arrêta, ne sachant pas comment s'expliquer.
"Juste quoi ?" demanda-t-il doucement.
Elle inspira profondément. "Je... Je suis allée chez Hank voir Sophie ce matin..."
"Elle va bien, n'est-ce pas ?" la coupa soudain Sully. "Cet homme n'est pas revenu ?"
Elle soupira.
"Il est revenu... Il ne l'a pas battue, il lui a même donné des fleurs pour se faire excuser..."
Sully sourit avec regrets.
"Je comprends maintenant," dit-il en regardant son petit bouquet. "Je vais les remettre à l'arrière."
Il tendit la main vers les fleurs.
"Non, non !" s'exclama Michaela en les serrant. "Ce n'est pas ce que je voulais dire..."
Elle souleva les fleurs jusqu'à son nez et respira leur bonne odeur.
"C'est juste que ces fleurs... euh... font un tel contraste..."
"Comment ça ?"
"Elle était si fière d'elles..." murmura Michaela.
Elle leva les yeux vers lui, les yeux brillants. "Mais pour de mauvaises raisons, Sully..." dit-elle avec tristesse.
"Comment un tel cadeau peut avoir autant de sens différents ? Ce sont toutes des fleurs... que ce soient des marguerites, des fleurs sauvages, des roses..."
Elle s'arrêta, avala sa salive et ajouta : "Tu m'as donné celles-là avec tant d'amour... Mais les autres n'avaient rien à voir avec ça..."
Sully fronça les sourcils.
Quelque chose d'autre était en train de se passer, et il n'arrivait pas à le comprendre.
Elle continua : "Les fleurs de Sophie étaient un témoignage... quelque chose pour dire 'désolé, j'ai abusé de vous'... Comment pouvait-il croire que ça allait changer quelque chose ?"
Sully lui caressa doucement la main.
"Mais ça a changé quelque chose," dit-il. "Pour elle, du moins."
Michaela secoua la tête. "Je ne comprends pas comment une femme peut pardonner à un homme de l'avoir battue... qu'il lui apporte des fleurs ou non..."
"Sophie vient d'un autre monde et vit dans un monde différent du tien, Michaela," la raisonna-t-il gentiment.
"C'est ce qu'elle a dit," répondit-t-elle.
"En tant que docteur, je pensais avoir tout vu, au fil des années... Sophie n'est pas la première femme battue que je soigne... Mais aujourd'hui... Sa situation a semblé me toucher plus que d'habitude. Je veux qu'elle soit en sécurité... et je veux qu'elle soit heureuse, comme je le suis avec toi..."
Sully l'attira encore davantage contre son torse.
"Sophie va devoir s'occuper de sa propre vie, Michaela," lui murmura-t-il dans les cheveux. "Tu ne peux pas le faire à sa place..."
"Je sais," dit-elle tout bas. "C'est pour ça que c'est si frustrant."
Elle se blottit contre lui, réchauffée par ses bras et par les rayons de soleil du printemps.
"Et ensuite, Teresa est passée assez tard... Ma dernière patiente de la journée..." ajouta-t-elle.
"Une autre situation à laquelle je ne peux rien faire, mais je voudrais tellement la voir heureuse..."
"Elle est finalement venue te voir ?" demanda Sully, incrédule. "On dirait qu'eux deux ont fait des progrès..."
Michaela sourit malgré sa mélancolie.
"Oui... C'est évident," acquiesça-t-elle. "Mais Teresa veut désespérément un enfant..."
"Tu sais ce que c'est, n'est-ce pas ?" dit Sully.
Elle hocha la tête.
"C'est parfois dur de voir le monde dans toutes ses perpectives quand sa vie ressemble exactement au rêve que l'on faisait..."
Elle le regarda dans les yeux.
"Ça semble stupide... même mélodramatique, non ?" dit-elle, "mais deux fois ce matin, je me suis sentie si impliquée pour mes patients..."
"Et te connaissant, je sais que tu te sens un peu coupable," dit Sully.
Elle hocha à nouveau la tête et baissa le regard.
"J'ai un mari qui ne poserait jamais la main sur moi, pas plus qu'il ne porterait un fusil... et j'ai cinq merveilleux enfants," murmura-t-elle.
"Tu ne peux pas porter tous les problèmes du monde sur tes épaules, Michaela," lui conseilla gentiment Sully.
Michaela le regarda et sourit, l'incitant à ajouter rapidement : "Je sais, je sais... J'ai aussi fait ça dans le passé..."
"Nous formons une bonne paire, n'est-ce pas ?" dit-elle doucement.
Puis, elle ajouta: "Mais ce matin, pour une raison inconnue, j'ai eu envie de rentrer à la maison pour me cacher..."
Sully fronça les sourcils et réfléchit.
Venait-elle juste de lui offrit la parfaite excuse ?
"En fait... Je pensais, Michaela..." commença-t-il doucement, "qu'est-ce que tu dirais si on partait un peu tous les deux ?"
Elle le regarda d'un air interrogateur.
"Tu veux pour quelques jours ? A Denver... ou dans les bois ?" demanda-t-elle.
"Non... Peut-être quelque chose de plus grand et de mieux que ça," proposa-t-il, "tu veux aller à San Francisco depuis des années..."
"Mais ça prendrait des semaines !" s'exclama-t-elle.
"Nous ne pouvons pas faire ça... Je viens juste de reprendre à la clinique... tu travailles avec Matthew pour sa maison... Et puis, le mariage aura lieu dans quelques semaines..."
Elle s'arrêta avant d'ajouter : "C'est impossible !"
"J'y ai réfléchi... et je ne pense pas que ça soit impossible," répondit Sully en la serrant contre lui.
"Mais les enfants... le mariage... la maison de Matthew," protesta-t-elle timidement.
"Nous emmènerions Katie et William, bien sûr... Et Brian a toujours voulu rendre visite à son père," dit Sully d'un ton convaincant.
"Le mariage n'est que dans deux mois..."
"Six semaines en réalité," le coupa Michaela.
Il rit.
"Six semaines alors... C'est beaucoup de temps," continua-t-il.
"La maison de Matthew avance vraiment très vite maintenant que Hank nous aide... Il y a encore seulement quelques semaines de travail... Et il y a beaucoup de choses que Matthew et Kathleen veulent faire eux-mêmes..."
Il s'arrêta et la regarda avec espoir.
"Colleen pense que c'est une bonne idée," annonça-t-il.
Michaela fronça les sourcils.
"Tu en as parlé à Colleen ?" demanda-t-elle, décontenancée.
Il admit d'un air penaud : "En fait... C'est elle qui l'a suggéré... Elle est inquiète, comme moi, elle pense que tu te fatigues trop..."
"Ah, vraiment ?" chuchota Michaela.
"Je crois qu'elle pense que lorsque septembre sera là, nous n'aurons plus l'occasion de faire quelque chose comme ça... Elle et Andrew seront partis à Philadelphie... et tu travailleras à la clinique toute seule... Nous ne pourrons plus partir nulle part..." expliqua-t-il rapidement.
Elle hocha la tête, reconnaissant qu'il disait vrai.
"Mais j'aurais quand même l'impression de manquer à mes devoirs, Sully," gémit-elle. "Même si c'est tentant de partir... Découvrir de nouvelles choses... avec toi... et les enfants."
Elle rit. "Oui... et les enfants," acquiesça-t-elle.
"Nous pourrions faire quelque chose de spécial pour Brian.
Il finit l'école vendredi," ajouta Sully. "Tu sais qu'il a toujours eu une relation particulière avec son père... et c'est une très bonne excuse de voir de nouvelles choses..."
Elle le regarda dans les yeux.
"Il y a toujours la possibilité qu'il soit déçu à nouveau... par Ethan," dit-elle avec inquiétude.
"Qu'il le voie maintenant ou dans les années suivantes, Ethan ne va pas changer... et depuis que Brian a fait ce voyage dans le Nord avec les Cheyennes, on doit admettre qu'il a beaucoup grandi... Il saura voir la vérité... quelle qu'elle soit."
Elle tourna le regard vers la maison.
"Je sais qu'il adorerait ce voyage," songea-t-elle. "Et il est encore en train de réfléchir à ce qu'il veut faire, en termes d'études... S'éloigner pourrait l'aider à faire son choix..."
Elle commença à lui caresser inconsciemment le dos de la main avec le pouce. "Mais il reste toujours le mariage..." remarqua-t-elle tout bas.
Il rit.
"Je suppose que Kathleen et Colleen peuvent s'occuper de ça pour la majeure partie... Elles aiment toutes les deux faire ça... Et nous serons de retour des semaines avant, de toute façon..."
Elle releva la tête, fronça les sourcils et le regarda.
"Tu comptais partir quand ?" demanda-t-elle d'un ton mordant.
"Il faut organiser certaines choses."
Il haussa les épaules.
"En fait, je pensais partir en début de semaine prochaine," admit-il tout bas.
" Aussi vite !" s'exclama-t-elle. "Nous ne serons jamais prêts !"
"Bien sûr que si."
Il la serra à nouveau contre lui avec amour.
"Alors... Nous y allons ?" demanda-t-il avec un grand sourire.
Elle jeta un coup d'oeil à leur minuscule fils qui commençait à remuer dans son panier, posé à leurs pieds, et elle inspira profondément.
"Tu penses que nous pouvons ?" demanda-t-elle d'une voix voilée, soit à cause de l'excitation ou à cause d'un autre sentiment qui la submergeait ; il était difficile de le dire.
"Bien sûr que nous pouvons... Tu oublies que la plupart de nos enfants sont des adultes maintenant, Michaela... Et je sais qu'ils nous aideront..."
Il se tourna vers l'avant du chariot et prit les rênes qui étaient posées sur ses genoux.
"Je réserverai les billets demain matin... Et tu peux commencer à réfléchir à ce que tu vas mettre dans tes bagages."
Il fit claquer les rênes et ils repartirent.
Michaela secoua la tête avec regrets lorsqu'elle pensa à toutes les choses qu'il allait falloir faire avant de pouvoir partir, mais à l'intérieur, son coeur battait d'excitation et d'anticipation.
C'était peut-être ce dont elle avait le plus besoin – un peu de temps au loin, avec son mari et ses plus jeunes enfants, voir de nouvelles choses, rencontrer des gens.
Elle passa le bras sous celui de Sully et posa la tête sur son épaule, mais cette fois, ce geste n'avait rien à voir avec de la fatigue ou de la mélancolie.
Sully traversa le corral et s'arrêta à la porte de la grange, attendant que ses yeux s'habituent à l'obscurité qui régnait à l'intérieur.
Petit à petit, il repéra son fils qui brossait son cheval, Caramel, après une chevauchée.
"Hé, Brian," dit-il en s'approchant, avant de s'appuyer contre la barrière de la stalle pour le regarder.
"Hé, papa," répondit Brian en continant à brosser l'animal.
"C'était une bonne chevauchée ?" demanda Sully.
Brian haussa les épaules. "Je n'ai pas vraiment pu aller loin aujourd'hui, papa... Il y avait quelques choses que j'avais à finir en ville."
Sully sourit.
"Après vendredi, tu auras tout le temps que tu veux, n'est-ce pas ?" répondit-il.
Il s'arrêta de brosser son cheval pendant une fraction de seconde avant de reprendre aussitôt. "Je suppose," reconnut Brian sans grand enthousiasme.
Sully plissa les yeux.
Tu n'es pas excité à l'idée d'avoir terminé l'école ?" demanda-t-il, attendant sa réaction avec attention.
Brian haussa à nouveau les épaules.
"Ça fait une impression bizarre... On dirait que ça ne fait pas longtemps que j'ai commencé..."
Sully rit.
"C'est ce que dit ta mère..." Ajouta-t-il.
Brian arrêta le pansage et se tourna vers Sully.
"J'ai beaucoup d'amis ici... Ils vont me manquer," dit-il calmement.
"Colorado Springs n'est pas très grand... Et tu vas les revoir de temps en temps..."
"Je sais... mais ça ne sera pas pareil..." murmura Brian avec tristesse. "Sarah, Steven... et Marianne... Ils ont tous encore un an à faire... Et si je vais au collège..."
Il s'arrêta et prit un air songeur.
"S'ils sont de bons amis, ce n'est pas grave si tu n'es pas tout le temps avec eux," répondit Sully.
Brian se retourna vers Caramel et recommença à le brosser.
"Je suppose... Ça fait quand même bizarre..." dit-il. "Je crois que ça vient du fait que je n'arrive pas à me décider où aller au collège... ou si je 'dois' aller au collège... Ça sera affreusement cher..."
Sully se redressa.
"Comme nous l'avons dit à Colleen, tu ne dois pas t'inquiéter pour ça... Si tu veux aller au collège, nous te soutiendrons..." dit-il immédiatement.
Brian hocha la tête mais n'eut pas l'air convaincu.
"Je ne veux pas que vous ayez les mêmes ennuis qu'avec Colleen lorsqu'elle est partie... et que Mr Lodge a essayé de prendre la maison," dit-il tout bas, incapable de soutenir le regard de son père.
Sully s'avança rapidement vers lui et posa la main sur l'épaule de Brian pour le rassurer.
"Ça n'arrivera plus, Brian... la maison est toute à nous maintenant... Je l'ai payée à Daniel... Et j'ai toujours du travail de temps en temps grâce à Welland Smith..."
"Mais maman aime quand tu es près d'elle... Et, si je vais au collège, qui va prendre soin de tout ça ? D'elle et des enfants ?" demanda-t-il, le poids des responsabilités pesant lourd sur ses jeunes épaules.
"Ça ne te concerne pas, Brian," répondit Sully, s'efforçant de garder un ton neutre.
Le regardant tendrement, il ajouta :"Tu sais que je ne les quitterais jamais sans demander à quelqu'un de s'occuper d'eux, n'est-ce pas ?"
Brian hocha la tête et Sully serra la main sur l'épaule du garçon.
"Bien... Donc, maintenant tu comprends que si tu veux aller au collège, tu dois le faire."
Brian hocha à nouveau la tête et se redressa.
"J'ai compris, papa," dit-il tout bas.
Il alla accrocher la brosse à un clou à côté de la stalle et se tourna vers lui. "Merci," ajouta-t-il.
Sully haussa les épaules sans s'en apercevoir.
"Je voulais juste être sûr que tu avais compris," répondit-il.
"Alors... Tu as des plans pour cet été ?"
Pour la première fois, les yeux de Brian brillèrent.
"Rien de bien spécial... Mais moi et Steven avons pensé qu'on pourrait aller camper un peu... Et je veux passer du temps avec Sarah..."
"Cela me paraît bien," répliqua Sully.
"Ta mère et moi avons discuté..."