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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi
Cette fanfic compte déjà 342 paragraphes
Chapitre 29 :
"Alors, Myra... Assurez-vous de garder Samantha au chaud... Evitez-lui de courir dehors pendant les jours qui viennent," recommanda Andrew en ouvrant la porte de la clinique pour laisser passer la jeune femme et sa fille.
"Merci, Dr Cook, d'avoir reçu Samantha dans des délais aussi courts... Hier, je pensais que ce n'était pas grand chose."
Elle poussa sa petite fille à l'extérieur de la clinique, sous les rayons du soleil.
"Ce n'est pas grave, c'est juste un rhume," répondit Andrew d'un ton rassurant. "Souvenez-vous juste de ce que je vous ai dit."
"Je m'en souviendrai, Dr Cook, et merci," répéta-t-elle. "Je vous reverrai..." Elle prit la main de sa fille et elles descendirent du porche, en direction du magasin.
Andrew les observa pendant une minute, se tourna pour rentrer et ferma la porte.
Un cri soudain venant de la rue le fit s'arrêter, ainsi que Myra.
Hank traversait la rue en titubant depuis la Pépite d'Or, faisant de son mieux pour éviter l'agitation du matin ; il portait dans les bras une jeune femme apparemment mal en point.
Andrew se précipita et aida le propriétaire du saloon à la soutenir jusqu'à la clinique, avant de refermer la porte derrière eux.
Myra plissa les yeux.
Cette scène était trop familière et trop douloureuse.
Elle hésita, ne voulant pas vraiment que Samantha soit exposée aux activités miteuses du saloon, mais elle avait besoin de savoir si la jeune fille allait s'en sortir.
Elle se rappelait très bien les fois où elle avait, elle aussi, traversé la rue en sortant du saloon, blessée ou malade, et sans personne qui s'inquiétait pour elle, sauf Horace.
Elle était déchirée.
S'il y avait quelque chose qu'elle pouvait faire pour cette femme, elle était obligée de le faire.
Même si elles ne s'étaient jamais rencontrées, elle et cette femme étaient liées d'un lien aussi fort que celui qu'elle avait avec Hank ou Horace.
Elle appela Samantha et lui fit signe de s'asseoir gentiment sur le banc à l'extérieur de la clinique.
Elles allaient attendre un moment pour voir ce qu'il se passait tout en faisant semblant de se reposer.
Andrew se pencha sur Sophie et toucha doucement le gonflement qui menaçait de recouvrir entièrement son oeil droit.
Il avait seulement mis une seconde avant de réaliser que c'était la fille dont Michaela lui avait parlé juste avant qu'elle ne parte.
Elle avait peur que Sophie ne se fasse à nouveau battre et elle avait eu raison.
"Dites-moi si je vous fais trop mal," dit-il tout bas à la jeune femme. "Je dois être sûr des dégâts occasionnés sur votre oeil..."
Il palpa à nouveau sa peau enflée, sans couleur et presque transparente, autour de son oeil, ce qui fit gémir Sophie.
"Je suis désolé," dit-il avec tristesse. "Etes-vous blessée ailleurs ? Il ne vous a pas...?"
Sophie avala sa salive et tourna la tête avec embarras, loin de son regard plein de bonté.
"Il n'y a pas eu de viol... Mais c'est son bras, docteur... Il est sûrement cassé," dit Hank qui observait la scène de derrière l'épaule d'Andrew. "Et vous devriez examiner ses bleus."
Andrew se redressa et se tourna pour lancer un regard noir à Hank.
"Vous savez qui a fait ça, n'est-ce pas ?" l'accusa-t-il. "Michaela m'a dit que c'était déjà arrivé..."
"Elle n'avait aucun droit !" protesta Hank, immédiatement sur la défensive.
"Elle avait tous les droits... En tant que médecin, elle devait me donner toutes les informations possibles sur chacun de ses patients avant de partir," répondit Andrew avec autorité. "Alors, qu'allez-vous faire ?" demanda-t-il.
Hank avala sa salive et dit avec résignation : "Je lui parlerai."
"Vous pouvez certainement faire mieux que ça !" s'exclama Andrew, en colère. "Cette fille était gravement blessée !"
"J'ai dit que je lui parlerai," répondit Hank, lui aussi en colère. "C'est 'mon' saloon' et Sophie travaille pour 'moi'... Je m'en occuperai !"
Andrew secoua la tête.
"Eh bien, Sophie ne travaillera plus pour vous pendant un bon moment maintenant," marmonna-t-il avec détermination. "Je veux qu'elle reste ici au moins pendant deux jours pour que Colleen et moi puissions garder un oeil sur elle... Et puis, elle devra se reposer pendant minimum une semaine..."
Hank haussa les épaules.
"Ça se tient," railla-t-il. "Vous les docteurs, vous êtes tous pareils... Vous ne comprenez pas comment le vrai monde fonctionne..."
Andrew se tourna vers lui.
"Si c'est le vrai monde, Hank, alors je suis heureux de ne pas en faire partie ! Maintenant, si je dois examiner Sophie pour d'autres blessures, il serait mieux que vous partiez... Je vous ferai savoir plus tard..."
Hank regarda le jeune docteur avec colère pendant un moment et haussa les épaules.
"Comme vous voudrez," répondit-il. "Je serai soit dehors, soit à la Pépite."
Lorsque la seule réponse qu'il reçut fut le dos tourné d'Andrew, qui s'était penché sur Sophie, il se dirigea vers la porte en martelant des pieds, l'ouvrit, sortit et la referma un peu plus violemment que nécessaire.
Myra leva les yeux lorsque la porte de la clinique s'ouvrit à la volée et se leva quand elle vit Hank.
Il avait les yeux plissés de colère lorsqu'il la regarda.
"Elle va bien, Hank ?" demanda rapidement Myra.
Il inspira profondément. "Elle ira bien," répondit-il.
"Qu'est-ce qui lui est arrivé ?" demanda Myra, se doutant déjà de la réponse.
"T'as besoin de le demander ?" demanda Hank avec ironie avant de repousser avec nervosité ses longs cheveux bouclés derrière ses épaules.
"Elle a été battue, n'est-ce pas ?" demanda doucement Myra. "J'ai vu des filles ressembler à ça avant... Mon Dieu... J'ai même été dans cet état-là une ou deux fois..."
"Alors pourquoi tu demandes ?" railla Hank, déconcerté par sa candeur et sa curiosité.
"Parce que j'espérais que tu ne laisserais plus des choses comme ça se produire, Hank... Je pensais que la Pépite d'Or était plus respectable... et je croyais que tu faisais plus attention à tes filles maintenant... et que plus jamais tu ne laisserais ces choses arriver... Cet homme devrait être arrêté, mais je suppose que rien ne sera intenté contre lui..."
Hank ne pouvait pas croiser son regard.
"Tu ne sais pas ce qui se passe, Myra," dit-il. "Les choses ne sont pas aussi simples que ça..."
"Je pense qu'elles le sont..."
"Eh bien tu as tort !" répondit-il avec colère. "Ce n'est pas parce que tu as un travail respectable que ça veut dire que les choses peuvent changer... Il y a toutes sortes de complications..."
"Comme quoi ?" demanda-t-elle sèchement.
Qu'est-ce qu'il n'aurait pas donné pour pouvoir lui dire !
Au lieu de cela, il répondit, sur la défensive : "Je n'ai pas à te répondre, Myra... Laisse-moi m'occuper de mes propres affaires et occupe-toi des tiennes..."
Il fit un signe de tête vers Samantha, toujours assise, bien sage, sur le banc en bois. "Il me semble que tu as des choses plus importantes à faire plutôt que t'inquiéter pour quelqu'un que tu ne connais pas..."
Myra se tourna avec culpabilité et regarda sa fille.
"Peut-être que tu as raison, Hank," dit-elle doucement. "Mais je te connais depuis bien assez longtemps pour savoir qu'il y a un coeur enfoui sous toutes ces protestations... et je suis surprise que tu laisses cet homme – qui que ce soit – s'en tirer alors qu'il a frappé une femme..."
Elle se dirigea vers sa fille et lui prit la main.
Tandis que Samantha se mettait sur pieds, elle ajouta : "J'ai vu un nouveau Hank récemment, mais peut-être que cet Hank n'était qu'une façade, juste pour moi..."
Sur ce, elle tourna les talons et s'en alla en marchant rapidement, faisant presque courir sa fille derrière elle.
Hank serra les mâchoires.
Il aimerait tordre le cou de Tilson !
Personne ne suspectait ce gentleman raffiné venu de l'Est !
Il aurait bien aimé s'occuper de son cas... Mais il y avait plus en jeu que seulement la réparation de ce qui avait été fait à Sophie.
Il était convaincu que s'il faisait quelque chose contre cet homme, alors Myra, puisqu'elle était son amie, perdrait son travail au Château, et cela voudrait dire qu'elle rentrerait à Saint Louis.
Il n'était simplement pas préparé à la perdre à nouveau.
Il repoussa à nouveau ses cheveux en arrière, glissa ses pouces dans la ceinture de son pantalon et repartit à grands pas vers la Pépite.
Katie écarquilla les yeux d'étonnement devant cet étrange wagon qui avançait vers eux en cliquetant, au milieu de la large rue.
Il était extrêmement bruyant, mais le plus bizarre, c'était qu'il n'y avait aucun cheval qui le faisait avancer !
Le wagon s'arrêta doucement et elle l'examina, pleine d'émerveillement.
Plusieurs personnes en descendirent et s'en allèrent avec précipitation pendant que d'autres montaient à bord et s'asseyaient sur des sièges en bois.
Elle regarda son père dont le regard était également fixé sur cet étrange objet.
Elle lui tira la manche. "Papa... papa," demanda-t-elle d'un ton strident. "Où est le geval ?"
Sully se retourna et la prit dans les bras. "Il n'y en a pas, Katie," répondit-il. "Je suppose que ça marche comme un train... sauf qu'il n'y a pas de locomotive devant non plus..."
Brian se tourna vers sa famille avec excitation. "J'ai lu quelque chose là-dessus à l'hôtel... Il y a un article de journal encadré sur le mur dans le hall... Un homme appelé Hallidie l'a inventé.... C'est un téléphérique."
"Téléréphique ?" demanda Katie.
Il hocha la tête et fit un signe de tête vers leurs enfants dont les yeux regardaient dans toutes les directions.
"Ça ne les inquiète pas," remarqua-t-il avec un sourire.
Elle lui sourit timidement en retour, mais ne lui lâcha pas la main.
Il suggéra : "Qu'est-ce que tu dirais d'aller chez Miriam cet après-midi ? On peut regarder à l'hôtel comment s'y rendre."
Son visage s'éclaira. "Elle va être si surprise !" s'exclama-t-elle.
Sully essaya de tempérer un peu son enthousiasme.
"Tu dois te rappeler que nous ne lui avons même pas dit que nous venions... alors elle ne sera peut-être pas chez elle," l'avertit-il.
"Je sais... Mais j'ai le sentiment qu'elle y sera," répondit-elle avant de froncer les sourcils. "On ferait peut-être mieux de voir ce que Brian veut faire à propos d'Ethan," chuchota-t-elle. "Il va peut-être vouloir faire ça en premier... Il a attendu cette opportunité bien longtemps."
Sully hocha la tête.
"Nous lui demanderons au déjeuner... S'il veut aller directement là-bas, alors c'est ce que nous ferons, d'accord ? Nous pouvons voir Miriam demain."
Michaela sourit et frissonna d'excitation.
"J'aime tellement ça, Sully," dit-elle. "Cela faisait longtemps que nous n'étions pas partis à l'aventure."
"Ça vaut le coup rien que pour voir les enfants s'émerveiller, n'est-ce pas ?" rit Sully. "Katie saute presque de joie !"
Le reste de la matinée fut passé à explorer la ville, surtout les quais où plusieurs grands navires étaient chargés pour de longs voyages au travers de l'Océan Pacifique.
Brian et Katie, sans mentionner leurs parents, furent fascinés par cette activité – la baie balayée par le vent, les personnages hauts en couleurs, les navires de marchandises, les accents et leurs odeurs étrangers.
A midi, il devint évident que Katie était épuisée.
Sully dut la porter dans ses bras et de temps en temps, elle posait sa tête fatiguée sur son épaule.
Donc, d'un commun accord, ils retournèrent à leur hôtel où William pourrait être nourri.
Ils pourraient aussi manger et faire des plans au sujet de l'après-midi et des jours suivants.
C'était une haute maison élégante et étroite, installée au sommet d'une des nombreuses collines abruptes de San Francisco.
Il y avait une haute barrière en fer forgé sur le devant et un court chemin en pierre menait jusqu'à la porte. Michaela avait l'impression qu'elle allait éclater d'impatience.
Cela faisait plusieurs années qu'elle n'avait pas vu Miriam, en fait, la dernière fois, elle était enceinte jusqu'au cou de Katie, donc cela faisait un peu plus de trois ans.
Bien sûr, elle et son amie s'échangeaient régulièrement des lettres, mais ce n'était pas la même chose que de se parler en tête à tête.
A côté d'elle se tenait Sully, tenant dans les bras leur minuscule fils.
Il la regardait avec indulgence.
Son excitation était presque palpable.
Il lui prit la main et dit doucement. "Eh bien, vas-y... Surprends-la !"
Michaela inspira profondément, défit le loquet du portail en fer forgé et l'ouvrit.
"La maison est plutôt chic, n'est-ce pas maman ?" dit Brian en la suivant puis, il se tourna vers la rue. "Je parie qu'on peut voir presque tout San Francisco d'ici."
"Veut voir, Bwian... Si te plaît..." la supplia Katie à côté de lui.
Il la prit immédiatement dans les bras.
"Oh... Zoli," s'exclama-t-elle en contemplant la vue d'immeubles aux formes bizarres et de jardins colorés qui descendaient aux pieds de la baie.
Après une longue réflexion au déjeuner, Brian avait décidé qu'il irait plutôt voir son père le matin suivant et, au grand désarroi de Michaela et Sully, il irait seul.
Ils avaient finalement accepté, même s'ils étaient assez réticents.
Et ensuite, ils avaient écouté les instructions du concierge de l'hôtel pour se rendre ici, à Nob Hill, et voir Miriam et sa famille.
Michaela s'avança et frappa le heurtoir en cuivre plusieurs fois contre la solide porte en bois.
Il y eut des bruits de pas étouffés derrière la porte avant que celle-ci ne s'ouvre et laisse place à une femme d'environ quarante ans, assez ronde, qui portait un grand tablier blanc par-dessus sa robe grise.
"Oui ?" demanda-t-elle en étudiant l'étrange assortiment de gens à sa porte.
"Bonjour... Je suis Michaela Quinn, une amie de Miriam... Est-elle à la maison ?" demanda Michaela avec une pointe de nervosité.
"Madame est ici," répondit la femme. "Je suis Madame Green, l'intendante... entrez, je vous en prie..."
Elle se recula, laissant la famille entrer dans la maison.
"Si vous voulez bien attendre ici, madame, monsieur... Je vais chercher Madame Burnett pour vous..."
Elle se dirigea vers le fond du grand hall et disparut.
Quelques minutes plus tard, on entendit une porte s'ouvrir et Miriam apparut dans le hall à toute vitesse.
"Michaela !" s'exclama-t-elle en enlaçant son amie. "D'où viens-tu ? Pourquoi tu ne m'as pas fait savoir que tu venais ? Je croyais que Madame Green avait perdu l'esprit quand elle m'a dit que tu étais ici... Oh mon Dieu !"s'extasia-t-elle.
Prenant un instant pour reprendre son souffle, elle se recula et balaya des yeux toute la famille.
"C'est tellement bon de tous vous voir," dit-elle avec un grand sourire.
"Sully, Brian... et ces deux petits doivent être Katie et William..."
Elle tendit les bras vers Katie qui enfouit immédiatement la tête dans le creux de l'épaule de Brian.
Miriam rit et se pencha ensuite vers William qui dormait.
"Oh, il est magnifique, Michaela," chuchota-t-elle avant de se rappeler soudain les bonnes manières.
"Venez, vous devez être épuisés... Nous allons aller nous asseoir dans le parloir... Madame Green, apportez-nous du thé !"
Elle ouvrit une porte donnant sur une pièce élégante mais un peu farfelue et les fit tous entrer.
"Où sont vos bagages ? Billy va les apporter..." les informa-t-elle.
"Euh... Miriam... Nous logeons dans un hôtel du centre ville," répondit Michaela.
"Nous ne voulions pas vous encombrer avec toute la famille," répondit Sully en s'asseyant dans l'une des grandes chaises à bascule luxueuses.
"Mais vous devez rester avec moi, avec nous !" s'exclama Miriam. "Laissez-moi vous retourner l'hospitalité que vous m'avez accordée à Colorado Springs."
"Nous ne pouvions pas te faire ça, Miriam," expliqua Michaela d'un ton conciliant. "Nous sommes trop nombreux... et William se réveille toujours la nuit... Nous avons jugé que ce serait mieux de rester à l'hôtel. J'espère que tu comprends..."
"Je comprends," concéda Miriam avec un sourire. "Mais je suis un peu déçue... Nous avons de la place ici... et les enfants auraient adoré avoir des invités..."
Elle s'assit dans l'un des grands fauteuils et demanda : "Alors, dites-moi ce que vous faites ici, si loin de chez vous..."
Pendant que Madame Green s'affairait à servir le thé dans de délicates tasses en porcelaine et à distribuer à tout le monde des élégantes assiettes de petits sandwiches, Michaela et Sully racontèrent leur voyage et leurs plans pour le reste de leur séjour dont ils espéraient qu'il durerait encore dix jours de plus.
Tandis qu'elle reprenait davantage de confiance, et pendant que les adultes discutaient, Katie glissa des genoux de Brian et commença à explorer la luxieuse pièce dans laquelle ils se trouvaient : elle examina d'abord les photographies dans des cadres argentés, passa les mains sur le velours et le brocart du mobilier tout en se rapprochant progressivement de cette femme qui avait un joli sourire et qui semblait être une bonne amie de sa mère et de son père.
Quelques minutes plus tard, elle vint s'appuyer contre les genoux de cette femme avant que celle-ci la prenne dans ses bras et lui fasse un câlin, quelque chose qu'elle appréciait toujours.
L'après-midi passa rapidement, de vieilles histoires furent racontées et des souvenirs furent rappelés.
Il y eut aussi pas mal d'agitation entre les deux plus jeunes enfants.
Bien sûr, William se réveilla pour être nourri et pour jouer un peu, et Katie, ne voulant pas être mise de côté, les avait régalés avec ses petites histoires parfois incompréhensibles.
Elle fut ravie lorsque les enfants de Miriam, Rachel, sept ans, et Robert Junior, treize ans, revinrent de la maison d'un ami où ils avaient été jouer et prirent Brian et elle sous leurs ailes.
Puis, aux alentours de six heures, le mari de Miriam, un chirurgien plutôt guindé, rentra chez lui et de courtes présentations furent faites.
Finalement, tandis que le soleil entamait sa lente descente dans le ciel de l'occident, Sully indiqua qu'ils feraient mieux de rentrer à leur hôtel après cette grosse journée.
"Oh, Michaela... Je ne peux pas te dire ce que ça veut dire pour moi de t'avoir ici, à San Francisco," s'enthousiasma Miriam alors qu'ils se tenaient sur le seuil de sa maison.
"Souviens-toi bien que vous venez dîner ici, demain soir... Et plus tard dans la semaine, je vous montrerai mes endroits favoris..."
Michaela hocha la tête avec reconnaissance.
"Nous ne voulons pas t'ennuyer, Miriam... Nous savons que nous sommes arrivés sans prévenir, alors si tu as d'autres choses de prévues..."
"Elles sont annulées," répondit immédiatement Miriam. "Je veux passer du temps avec vous tous et vous faire visiter la ville... Ça va être merveilleux... Et je sais que Robert était sérieux lorsqu'il disait qu'il te montrerait l'Hôpital St. Luke..."
Les yeux de Michaela brillèrent. "J'adorerais ça," dit-elle avec ferveur. "Mais tu es sûre qu'il peut se le permettre avec son emploi du temps surchargé ?"
"Absolument," répondit Miriam. "Je lui ai tellement parlé de ta pratique de la médecine... Il voudra certainement autant d'informations de toi que tu en veux de lui..."
Elle commença à les conduire vers la rue.
"Billy va vous ramener à votre hôtel en sécurité... et il reviendra vous chercher demain à six heures," dit-elle.
Elle enlaça à nouveau son amie.
"Ça va être une semaine merveilleuse, Michaela, Sully..." dit-elle, le regard enjoué. "Je vous dis à demain... Et Brian, bonne chance avec ton père..."
Le jeune homme hocha la tête et souleva sa petite soeur dans le buggy.
"Merci Dr Tilson... Je veux dire, Madame Burnett," répondit-il en rougissant un peu.
Miriam lui sourit avec fantaisie en réponse à son erreur et agita la main pour leur dire au revoir tandis qu'ils repartaient à leur hôtel, dans le centre de la ville.
Adrian lut une nouvelle fois le télégramme froissé qu'il tenait dans les mains. "Arrivés sains et saufs. Tout le monde va bien. Rendrons visite à M & E bientôt. Sully."
Il secoua la tête.
C'était presque comme si Michaela et sa famille essayaient de garder leur destination secrète.
Mais c'était absurde !
Il n'y avait absolument aucune raison pour qu'ils fassent cela.
Cependant, si c'était bien ce qu'ils essayaient de faire, ils avaient oublié que tout télégramme porte le nom de la ville d'où il est envoyé.
Hier après-midi, il s'était posté devant le bureau du télégraphe, se sentant vraiment mal en point, lorsqu'il avait entendu Horace dire à Freddy qu'un télégramme était en train d'arriver de la part de Sully.
Cela avait été facile par la suite d'attendre jusqu'à ce que les deux hommes soient occupés pour s'emparer rapidement du télégramme, posé sur le banc où il attendrait d'être relevé, et il l'avait rangé dans sa poche de veste.
Personne ne soupçonnerait le directeur du Château d'avoir fait une telle chose.
Il était retourné dans son bureau avec précipitation et avait lu le télégramme avec soin de nombreuses fois.
San Francisco !
Il s'était demandé ce qu'ils pouvaient bien faire là-bas, et en même temps, il avait décidé de prendre les devants.
Donc, voilà où il se trouvait : fatigué et affamé dans un train en partance pour Salt Lake City.
Il avait décidé de faire ce voyage en seulement deux jours, mais cela avait des effets préjudiciables sur lui, à la fois physiquement et mentalement.
Pourquoi Michaela était-elle si imprévisible ?
Juste au moment où il pensait savoir ce qu'elle faisait et au moment où il avait décidé de la prochaine étape à franchir, elle avait à nouveau disparu, comme elle l'avait fait après la remise des diplômes il y avait tant d'années.
Il lit à nouveau le télégramme.
Il supposait que le 'M' était pour Miriam.
Elle et Michaela avait été de bonnes amies à l'université.
En fait, c'était pour cela qu'il avait rencontré Michaela et qu'il était tombé amoureux d'elle.
Il se demandait toujours qui pouvait bien être ce 'E.'
Il haussa les épaules.
Cela n'avait pas d'importance, en réalité.
Michaela était son principal objectif.
Cette fois, il allait lui parler, seul à seul.
Il ne savait pas encore comment il allait organiser tout ça, mais il était déterminé que, cette fois, cela arriverait enfin.
Il plia le télégramme, le replaça dans sa poche et pria pour que le train arrive bientôt à destination.
Il avait déséspérément besoin d'un verre, d'un bain chaud, et peut-être, de compagnie.
Chapitre 30 :
"Je suis tellement fatiguée que je pourrais dormir pendant une semaine," murmura Michaela, en se retournant avec lassitude, après avoir jeté un coup d'oeil à William, installé dans le berceau fourni par l'hôtel, au pied de leur lit.
Sully rejeta les couvertures de son côté et elle se glissa à côté de lui avant de se blottir contre son torse.
Il l'attira contre lui et replaça les couvertures sur eux deux.
"Donc, tu as passé une bonne journée ?" demanda-t-il.
"Oui... merveilleuse," répondit-elle avec un soupir, passant un bras sur son torse.
"Miriam était surprise... comme tu l'espérais..."
"Oui, c'est sûr," acquiesça Michaela d'un air endormi. "Elle a à peine changé, n'est-ce pas ?"
"Oui, c'est toujours la même," dit Sully.
"Je suppose que vous pourriez toutes les deux parler pendant des semaines sans manquer de sujets de conversation," ajouta-t-il avec un sourire.
Michaela rit.
"Tu as probablement raison..."
Elle s'arrêta et Sully pensa qu'elle s'était peut-être endormie, mais elle dit doucement : "Tu as remarqué qu'elle n'a pas mentionné Adrian ? Elle doit savoir qu'il vit à Colorado Springs, non ?"
Sully lui caressa gentiment le bras et répondit : "Soit ils ne s'écrivent pas, soit elle a une idée de ce qui s'est passé il y a des années... et elle pense que tu ne veux pas en parler..."
"Tu crois ?" demanda Michaela.
"Elle n'avait jamais fait savoir qu'elle savait quelque chose... Si elle avait su, j'aurais aimé qu'elle lui parle, mais elle ne m'a jamais rien dit..."
"Miriam est une femme intelligente... et je pense qu'elle avait remarqué ces choses... Ça a du être dur pour elle, du fait qu'il soit son frère..."
"Je sais... C'est pour cela que je n'ai jamais vraiment dit ce qui se passait... Elle est mon amie et je l'apprécie beaucoup..."
"Tu es une bonne amie, Michaela, mais parfois, tu ne peux pas tout le temps protéger les gens... même si tu aimerais le faire..."
Il l'embrassa avec amour sur le front.
Elle soupira, ce qui le fit ajouter : "Nous ne devions pas parler de lui durant ce voyage..."
"Oui... Ça fait du bien d'être si loin de lui, de ses yeux curieux," remarqua-t-elle en luttant contre le sommeil.
Il la serra contre lui pour la rassurer et approcha à nouveau son visage pour l'embrasser sur le front.
"Loin, Michaela... alors, aucune raison de penser à lui," murmura-t-il doucement. "Il y a trop de choses à faire et à voir ici pour s'inquiéter au sujet de quelqu'un qui n'a pas d'importance."
Elle se redressa et l'embrassa avant de s'installer à nouveau contre lui.
"Tu as raison," dit-elle. "Demain, Brian va voir Ethan..."
"Je me demande toujours si nous faisons une bonne chose en le laissant y aller tout seul," s'inquiéta Sully.
"Nous serons près de lui," répondit Michaela. "Tu dis souvent qu'il est un homme maintenant... et c'est peut-être ce qu'un homme doit faire..."
Elle put sentir les muscles de Sully se tendre lorsqu'il dit : "Nous savons tous les deux le genre d'homme qu'est Ethan, Michaela... Je ne voudrais pas voir Brian blessé..."
"Je ne veux pas que ça arrive non plus, Sully... Mais il ne sera jamais satisfait tant qu'il n'aura pas l'opportunité de rencontrer son père sur un terrain d'égalité... Il n'est plus un petit garçon maintenant... un petit garçon qui peut se faire duper par un beau parleur..."
Cette fois, Sully soupira.
"Tu as raison," répondit-il. "Mais si je pouvais empêcher Ethan de le blesser..."
"Brian nous a nous, Sully, il le sait... si jamais Ethan le déçoit encore."
"Nous sommes là pour le retenir de tomber, c'est ça ?"
"Oui..."
Sully s'enfonça dans le lit et murmura contre son oreille : "Vous êtes une femme très sage, Michaela Quinn..."
Elle lui embrassa le menton et répondit : "C'est parce que j'ai un mari très sage..."
Elle le regarda dans les yeux en lui demandant un baiser qu'il lui donna avec plaisir.
Lorsqu'ils se séparèrent, Sully demanda d'un air coquin : "Tu es toujours fatiguée ?"
"Oui…" répondit-elle en souriant. "Mais pas trop fatiguée..." Elle baissa modestement les yeux, sachant bien l'effet que cela aurait sur son mari.
Il émit un grognement du fond de sa gorge et l'entraîna soudain sur lui.
Leurs regards se figèrent.
Ils n'allaient pas dormir… pas encore.
Brian attacha les boutons de sa plus belle veste, passa les doigts dans ses cheveux et demanda nerveusement : "De quoi j'ai l'air, maman ?"
Michaela leva les yeux de la couverture de pique-nique sur laquelle elle et le reste de la famille étaient assis et dit sincèrement, pour le rassurer : "Tu es très beau, Brian... Tu as l'air adulte."
Il hocha la tête, avala sa salive et tourna le visage vers la destination qui l'effrayait.
De l'autre côté de la rue étroite et isolée se tenait la maison Beauchamp.
Si l'on pouvait dire que la maison de Miriam était élégante, alors la maison Beauchamp devait être qualifiée de majestueuse.
Elle se tenait à cinquante yards en retrait de la rue et la maison ainsi que les jardins étaient entourés par une très haute barrière en fer forgé.
Encerclée de jardins très soignés, la maison de pierre semblait être isolée et donnait un sentiment de solitude, ce qui ne faisait rien pour calmer les nerfs de Brian.
Lorsqu'ils avaient découvert que la maison dans laquelle Ethan Cooper habitait donnait sur la côte, à environ trois miles du centre de San Francisco, ils avaient décidé de louer un buggy pour la matinée et de venir ici, ensemble, même si Brian voulait toujours y aller seul.
Ils avaient eu de la chance de trouver un petit parc presque en face, de l'autre côté de la rue.
Par conséquent, la famille avait installé une couverture de pique-nique et essayait de passer une matinée détendue pendant que Brian s'apprêtait à rencontrer son père.
Il inspira profondément et traversa la rue.
Michaela et Sully le regardèrent ouvrir le petit portail situé sur le côté, puis il entra à l'intérieur de la propriété et se tourna pour refermer le portail.
Il leur fit un petit signe nerveux de la main avant de commencer à remonter le chemin de gravier jusqu'à la porte d'entrée de l'imposante demeure.
Il resta immobile pendant un long moment, sur le seuil, avant que la porte ne s'ouvre soudain, même s'il ne fut pas immédiatement invité à entrer.
La porte se referma et Brian attendit là où il se trouvait.
Elle se rouvrit enfin et il entra avant que quelqu'un referme à nouveau la porte, bloquant ainsi la vue sur ce qui allait se passer à Michaela et Sully.
Ils ne se dirent pas grand chose en attendant, avec appréhension, que Brian réapparaisse.
Ils n'avaient vraiment aucune idée sur ce qui pourrait l'attendre à l'intérieur de la maison.
Ils firent quelques remarques sur le fait qu'Ethan avait certainement une bonne situation ou bien ils parlèrent de la différence entre cette maison et celles qu'ils pouvaient trouver à Colorado Springs, ou dans le coeur de San Francisco.
Katie, très enjouée, les amusa en jouant sous le soleil de printemps, demandant de temps en temps à ce que Sully joue au cheval avec elle ou bien suppliant ses parents de venir jouer à cache-cache.
Malgré leur fille très joyeuse, ils ne purent s'empêcher d'avoir l'estomac noué.
Seulement vingt minutes après que Brian soit entré dans l'imposante maison, Sully remarqua un mouvement à la porte et fut surpris de le voir sortir avant de remonter le chemin jusqu'à eux.
Il donna un coup de coude à Michaela qui fronça les sourcils lorsqu'elle repéra, elle aussi, la silhouette solitaire de son fils.
Tandis qu'il s'approchait, ils s'aperçurent qu'il était amèrement déçu.
Aucun d'eux ne posa de question, espérant que Brian s'exprime de lui-même.
Il dit enfin, calmement : "Papa n'est pas là... J'ai parlé à Monsieur Beauchamp, le père de Lillian... Il a dit que papa était parti."
"Je suis vraiment désolée, Brian," dit Michaela.
Le jeune homme haussa les épaules.
"Je crois que je n'avais pas envisagé la possibilité qu'il ne soit pas là... J'aurais dû, mais je ne l'ai pas fait..."
Il se laissa tomber sur la couverture, luttant très fort pour contrôler les larmes de déception qui menaçaient de couler.
"Tu as vu Lillian ?" demanda Michaela.
"Ou bien, est-elle avec Ethan ?" demanda Sully
Brian haussa les épaules.
"Il n'a rien dit, donc je ne sais pas... Mais elle n'est pas venue pour me voir..."
Il regarda vers la grande maison.
"C'est vraiment très grand, et très froid, à l'intérieur," dit-il. "C'est dur d'imaginer papa vivant ici."
"Oui, oui... C'est vrai," acquiesça Michaela en observant elle aussi la magnifique maison, luxueuse en tout point.
Se resaississant, Brian se redressa et annonça : "Quand je lui ai dit que vous étiez là, dehors, Monsieur Beauchamp a dit qu'il aimerait vous rencontrer... Il a dit qu'il m'en dirait plus sur papa si vous veniez aussi..."
Il sourit tristement.
C'était bien la peine d'essayer d'être grand et indépendant !
"Il veut nous voir maintenant ?" s'exclama Michaela.
"Oui, oui..."
"Mais nous avons les enfants avec nous," répondit-elle avec anxiété.
Sully posa doucement la main sur la sienne.
"Pas la peine de t'inquiéter pour eux, Michaela... Il devra nous accepter comme nous sommes... sans chichis."
Il se tourna vers Brian.
"Je crois que tu aimerais en savoir plus sur ton père, n'est-ce pas ?"
Brian hocha la tête.
"Oui... même s'il n'est pas là... Au moins, j'en apprendrai plus que dans les lettres..."
Sully se leva immédiatement et tendit la main à Michaela.
"Très bien... Allons rencontrer Monsieur Beauchamp..." dit-il en l'aidant à se lever.