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Interdit aux moins de 16 ans

Ardente plénitude

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi 
Statut : Terminée

« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi 

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"Est-ce que vous allez bien ?" demanda-t-il avec inquiétude.

Elle serra les dents.

"Oui... Je vais bien... très bien," répondit-elle doucement. "William devrait se réveiller d'un instant à l'autre."

"Ah... Donc, c'est le bébé qui occupe la chambre dans laquelle Madame Green a dit que je logerai," remarqua Adrian.

"Vous n'êtes pas entré ?!" s'exclama Michaela sans pouvoir s'en empêcher.

Il fronça les sourcils.

"Non, bien sûr que non... Je ne voulais pas le réveiller..."

Michaela avala sa salive.

"C'est parfois difficile de l'endormir," ajouta-t-elle comme excuse pour sa réaction étrange.

"Ah... Les petits... souvent imprévisibles, n'est-ce pas ?" répondit-il. "Même si je dois admettre que j'ai très peu d'expérience dans ce domaine..."

Michaela hocha la tête et, changeant la conversation, dit doucement : "Je me demande ce qui est arrivé à Madame Green... elle devait m'apporter du thé..."

"Hum... Ça me semble bien," répondit-il. "J'ai besoin de me désaltérer moi aussi... J'avais espéré faire ce voyage fatigant en deux jours seulement, mais j'ai découvert que c'était difficilement possible... Et je dois dire que les longs voyages en train ne sont pas ce que je préfère..."

"Et pourtant, vous avez fait le voyage..."

"Eh bien oui... Miriam est ma soeur... On doit faire des efforts pour sa famille, n'est-ce pas ?"

"Combien de temps restez-vous ?" demanda Michaela.

Il haussa les épaules.

"Je n'ai pas encore vraiment décidé... Bien sûr, je ne peux pas m'absenter du Château bien longtemps..." ajouta-t-il.

"Est-ce que vous allez rester ici longtemps, Michaela ?"

"Euh... Nous n'avons pas encore décidé combien de temps nous resterons à San Francisco... Nous avons quelques petites choses à faire, des gens à voir... vous savez ce que c'est... Mais nous ne logeons pas ici... Nous sommes bien trop nombreux pour infliger cela à la pauvre Miriam..." répondit-elle en voyant le visage d'Adrian prendre une expression de stupéfaction.

Il inspira profondément.

"Vous ne restez pas 'ici' ?" demanda-t-il, les mâchoires serrées.

Michaela exultait presque de joie à l'intérieur.

Enfin, elle avait été capable de faire vaciller l'équilibre dérangeant et doté d'ubiquité de cet homme.

"Euh, non... Nous logeons dans un hôtel, dans le centre-ville."

"Mais ce n'est sûrement pas très pratique ?"

"En fait, ça l'est énormément... Nous pouvons aller là où nous le souhaitons... Ils ont d'excellentes installations pour les enfants et, bien sûr, c'est relativement près des personnes que nous désirons voir."

Adrian hocha la tête, vraiment malheureux du tour que prenaient les événements. 


okapi  (29.11.2011 à 14:05)

Il avait été convaincu que Michaela, et malheureusement sa famille, logeraient chez Miriam, mais il semblait que Miriam n'était pas le seul but de ce voyage.

Soudain extrêmement curieux de cet 'E' inconnu du télégramme, il demanda : "Ah, vous avez des amis ici alors ?"

"Oh, quelques-uns," répondit vaguement Michaela, déterminée à garder pour elle certaines informations sur ses affaires et ses déplacements.

Réalisant que Michaela n'allait pas en dire davantage, Adrian se câla au fond de son siège, son regard brun, imprévisible, posé sur elle.

Il songea finalement : "Je suis souvent émerveillé devant le lien que nous – vous et moi – semblons avoir, Michaela ? N'avez-vous pas remarqué ? Le destin ne cesse de nous rapprocher."

Alarmée par le côté soudain personnel de la conversation, elle répondit, le souffle légèrement coupé : "Je ne suis pas sûre de savoir ce que vous voulez dire, Adrian..."

A l'intérieur d'elle, cela lui paraissait étrange de nier la notion d'un lien entre deux personnes.

Après tout, elle et Sully partageaient un lien qu'elle reconnaissait tout à fait et qui lui était précieux.

C'était un lien particulier, rare selon Nuage-Dansant.

Elle s'avança dans sa chaise. "Je devrais peut-être aller voir William..."

Il dressa une oreille, comme s'il écoutait.

"Pas un bruit... Je suis sûr que je l'éntendrais d'ici s'il était réveillé..." la rassura-t-il.

Après un instant de silence, il continua: "Oui, j'y ai souvent pensé... Le destin agit de façons mystérieuses, vous savez... Le fait que vous deveniez amies avec Miriam au collège, nos amis communs à Philadelphie, et puis ce terrible accident... si je n'avais pas été là..."

Sa voix mourut et il fronça les sourcils comme s'il souffrait.

Après un instant, il se reconcentra et contina à divaguer : "Et puis bien sûr, l'annonce de cette place au Château... Il semble que le destin ait encore travaillé en notre faveur."

Michaela se tendit.

"Je ne crois pas que ce soit le destin, Adrian," dit-elle tout bas.

"Ah... Mais ça doit l'être... Sinon, pourquoi aurais-je recherché un nouveau poste juste au moment où le Château avait besoin d'un nouveau directeur ? Et le fait que vous viviez à Colorado Springs... exerçant la médecine avec tant de succès."

Réalisant que c'était peut-être une opportunité rare d'en apprendre plus sur ce qui avait motivé cet homme, Michaela demanda d'un ton un peu las : "Donc, vous ne saviez pas que je vivais à Colorado Springs quand vous avez postulé pour ce poste ?"

Il eut l'air penaud l'espace d'un instant.

"Eh bien... Je me rappelais vaguement que Miriam avait mentionné dans l'une de ses lettres que vous étiez partie dans l'Ouest..."

Elle hocha la tête, assez en tout cas pour lui montrer qu'il avait confirmé ses soupçons.

"Vous saviez que je vivais là-bas, Adrian... Vous saviez aussi probablement que j'étais mariée..."

Elle s'avança encore sur le bord de sa chaise. "Je suis mariée, vous savez... Et cela me comble de bonheur... D'un grand bonheur."

Il grimaça chaque fois qu'elle insista sur les mots et cela l'incita à continuer : "En fait, c'est peut-être une opportunité idéale de vous parler... Surtout au sujet des roses..."


okapi  (30.11.2011 à 13:28)

Il fit soudain un grand sourire, comme s'il n'avait pas entendu ou comme s'il avait déjà oublié ce qu'elle venait de dire ou bien la lettre qu'elle lui avait envoyée.

"Oui ?" demanda-t-il avec hâte.

Elle inspira profondément.

"Je ne les ai pas appréciées, Adrian... Elles n'étaient pas appropriées... Je suis une femme mariée... et j'ai une place importante et unique dans Colorado Springs..." expliqua-t-elle avec solennité.

Il fit presque la moue.

"Personne ne savait qui vous les offrait... J'ai été très discret..."

"Mais moi je savais," insista-t-elle. "Et ce n'était pas correct... Et comme vous venez de reconnaître que c'était vous qui me les donniez, j'aimerais savoir comment vous rentriez et sortiez de la clinique..."

Il feignit d'être surpris.

"Par la porte d'entrée et la porte de derrière, bien sûr... Cela dépendait de la direction de laquelle je venais..."

"Mais la clinique est toujours fermée," répondit-elle, les yeux soudain brûlants de colère.

Il secoua la tête.

"Pas quand j'y allais," mentit-il.

Sa respiration s'accéléra devant ce mensonge flagrant.

Cependant, il était évident qu'elle n'allait pas aller bien loin en continuant de l'interroger comme cela.

Assise sur le bord de son siège, les mains croisées avec tension, elle se força à le regarder dans les yeux pour lui ordonner avec sévérité : "Je veux votre parole qu'il n'y aura plus d'autres fleurs... plus aucun cadeau d'aucune sorte... Et j'apprécierais que vous ne surveilliez pas chacun de mes mouvements lorsque je suis en ville... Ça me rend vraiment très mal à l'aise."

Il sourit et, sûr de lui, se prélassa davantage au fond de sa chaise.

"C'est un pays libre, Michaela... Un homme, surtout un homme célibataire, a tous les droits de regarder une belle femme... Je doute que quelqu'un puisse nier cela... En ce qui concerne les cadeaux, c'est ma façon de vous dire que j'apprécie votre beauté et une façon de vous remercier d'être vous... Maintenant, si cela vous rend mal à l'aise..."

"Oui, en effet," affirma-t-elle avec force, le visage commençant à devenir rouge.

"Eh bien, j'en suis désolé, Michaela... Mais comme je l'ai dit, je crois qu'il y a un lien entre nous... Je l'ai ressenti le premier jour où je vous ai rencontrée... que vous vouliez le reconnaître ou non... et je crois fermement qu'un jour, vous le reconnaîtrez et j'ai l'intention d'être là quand cela arrivera."

Michaela, frustrée, se câla soudain au fond de son siège.

Essayer de parler avec cet homme était comme essayer de raisonner un mur de briques.

Il était inconscient de sa colère, de son indignation et de son agitation.

Enfin, elle inspira profondément et dit d'un ton blasé, mais avec toute la sincérité qu'elle put rassembler : "J'aime Sully, Adrian... de tout mon coeur... Si j'ai un lien particulier avec quelqu'un, c'est avec lui... Je suis désolée de ne pas vous retourner les sentiments – quels qu'ils soient – que vous avez pour moi..."

Elle se raidit lorsqu'elle observa une vague de colère lui parcourir la peau et elle vit ses poings se serrer sur ses genoux.

"Je ne vous crois pas, Michaela," dit-il d'un ton menaçant.

 

Madame Green, traversant le hall avec le plateau du thé, lança un juron lorsque quelqu'un frappa soudain à la porte d'entrée.

Elle posa le plateau sur une petite table, lissa son tablier et se prépara à accueillir un autre invité.

Depuis que les invités de Madame Burnett étaient arrivés, ses tâches semblaient avoir doublées !

Elle ouvrit la porte et sourit avec sincérité. 


okapi  (01.12.2011 à 13:16)

Elle aimait le mari du docteur et les enfants !

"Ah, Monsieur Sully," dit-elle cordialement. "Entrez... Votre femme est rentrée il y a un petit moment... J'allais justement lui apporter du thé..."

Tandis que Sully, Brian et Katie entraient, elle ajouta : "Elle est dans le parloir, elle parle avec Monsieur Tilson..."

Le regard de Sully se dirigea vers le visage de l'intendante.

"Monsieur Tilson ?" demanda-t-il sur ses gardes. "Vous voulez dire Dr Burnett..."

"Non, le frère de madame... Monsieur Tilson... Il est arrivé par le train cet après-midi," expliqua-t-elle patiemment. "Nous ne savions pas qu'il venait... Madame sera si contente..."

Le coeur de Sully battait la chamade et ses yeux se dirigèrent vers la porte à peine ouverte du parloir.

Posant la main sur l'épaule de Brian, il lui parla tout bas : "Tu peux emmener Katie dans la cuisine ? Peut-être que Madame Green pourrait vous donner du lait et des cookies..."

Il serra l'épaule de son fils. "Et ça serait bien si vous restiez là-bas jusqu'à ce que moi ou ta mère vienne vous chercher..."

Brian regarda son père avec étonnement.

Il l'avait déjà entendu utiliser ce ton auparavant. Il voulait habituellement dire qu'il y avait quelques soucis. Il attrapa la main de sa petite soeur et lorsque Sully lui fit un signe de tête, il l'emmena vers le fond de la maison, sans dire un mot.

Alors que Madame Green s'apprêtait à reprendre le plateau du thé, on lui enleva soudain des mains. "Je vais prendre ça pour vous," offrit doucement Sully. "J'espère que ça ne vous dérange pas que les enfants restent un peu dans la cuisine avec vous ?"

Elle fit un grand sourire. "Bien sûr que non, monsieur... Ce sont des amours, tous les deux... Vous devez être vraiment fier... Je vais aller leur donner un peu de lait..."

Elle sourit à nouveau, puis tourna les talons et se dirigea vers la cuisine.

Sully inspira profondément et se tourna vers la porte du parloir.

Il semblait que tous leurs plans et tout ce qu'ils avaient voulu cacher n'avaient servi à rien, Tilson les avait quand même retrouvés.

Il se demanda un instant comment il avait pu s'y prendre ; après tout, les enfants, Dorothy ou Nuage-Dansant n'auraient jamais trahi leur confiance.

Il s'avança un peu de façon à se tenir juste derrière la porte.

Il pouvait les entendre parler tous les deux...

Michaela disait quelque chose à propos d'amour et du fait qu'elle ne retournait pas ses sentiments, puis Tilson dit qu'il y avait un lien entre lui et Michaela et qu'il était temps qu'elle le reconnaisse.

Sully serra les mains de colère sur le plateau de thé.

Il n'aimait pas le ton de cet homme, mais pas du tout !

Il poussa la porte avec sa botte, l'ouvrit et s'avança rapidement vers Michaela.

"Hé, mon amour," dit-il avec un sourire en ignorant complètement la présence de Tilson.

"Comment s'est passée la visite de l'hôpital ?"

Il posa le plateau puis l'embrassa rapidement sur la bouche avant de se tourner pour s'asseoir sur le bras du fauteuil, à côté d'elle.

Ce fut alors qu'il parut se rendre compte de la présence de quelqu'un d'autre dans la pièce.

Il feignit de lever les sourcils de surprise et il s'exclama : "Monsieur Tilson ? Je ne m'attendais pas à vous voir si loin de chez vous !"

Michaela glissa la main sur le genou de son mari et il la lui serra pour la rassurer.

Adrian pouvait à peine contenir sa colère et sa déception. 


okapi  (02.12.2011 à 13:33)

Le grossier mari de Michaela était la dernière personne qu'il souhaitait voir, malgré le fait qu'il s'était attendu à le voir débarquer d'un moment à l'autre.

"Vous êtes aussi loin de chez vous, Monsieur Sully," dit-il d'un ton posé.

Sully haussa les épaules nonchalamment. "J'ai pensé qu'il était temps de s'éloigner un peu," répondit-il. "Et vous ?"

Adrian avala sa salive. "J'ai décidé de rendre visite à ma soeur."

"Elle ne nous a pas dit que vous veniez," remarqua Sully.

"Ah... C'était une décision de dernière minute."

"Oui... Je sais ce que c'est... Parfois, on a vraiment envie de partir..." acquiesça Sully.

Il se tourna vers Michaela. "Je crois que j'ai entendu William en entrant... Tu veux aller voir s'il est réveillé ?"

Michaela le regarda dans les yeux, essayant de percer à jour l'état d'esprit de son mari.

Elle savait qu'il préparait quelque chose car elle sentait son pouls rapide dans sa main.

Elle hocha la tête et lui dit calmement : "J'aurais peut-être besoin de ton aide..."

Elle fut surprise lorsqu'il se leva immédiatement et répondit : "Bien sûr."

Il se tourna vers Adrian qui avait l'air perdu.

"A bientôt, Monsieur Tilson," dit-il aimablement.

"Vous... Vous ne restez pas pour le dîner ?" demanda Adrian en fronçant les sourcils.

Sully sourit.

"Non... Nous dînons à l'extérieur ce soir... Nous devons y aller pour être prêts à temps..."

Il tira Michaela hors de sa chaise en ajoutant : "En espérant que vous apprécierez votre séjour..."

Il se dirigea vers la porte en tenant fermement la main de Michaela dans la sienne.

"Viens Michaela... Il se fait tard."

Michaela précéda Sully dans la petite pièce dans laquelle William dormait et elle s'appuya contre le mur, en prenant de calmes inspirations tandis qu'il refermait la porte derrière eux.

"Ca va ?" murmura-t-il en s'avançant rapidement vers elle avant de poser la main sur son visage.

Les yeux brillants de larmes, elle hocha la tête et dit d'un air plaintif : "Il est juste entré dans la pièce et a prétendu qu'il ne savait pas que j'étais là... Comment a-t-il su que nous étions à San Francisco, Sully ? Qui lui a dit ?"

"Chut... Tout va bien," chuchota-t-il en la serrant contre lui.

"Non, tout ne va pas bien... Tu ne vois pas ? Il a fait tout ce chemin après nous, après moi... et quand j'ai tenté de lui parler, c'était comme s'il n'écoutait pas ce que je disais..." répondit-elle, furieuse. "Qui pense-t-il être ?" Elle prit une nouvelle bouffée d'air et murmura : "Il me fait peur, Sully..."

Il la serra davantage contre lui.

"Je sais," répondit-il. "Mais tu ne l'as pas montré... Tu veux que je lui parle ?" 

Il attira sa tête contre son épaule et passa les bras autour d'elle pour la calmer.

Elle inspira profondément et secoua la tête.

"Nous sommes chez Miriam," répondit-elle. "Je ne veux pas la blesser..."

"J'ai pensé pareil... C'est pour ça que je n'ai rien dit tout à l'heure... Il peut remercier sa bonne étoile que j'ai été poli..."

Elle se recula un peu pour le regarder et fit un timide sourire.

"Merci," chuchota-t-elle. "Je savais que tu voulais le faire... Tu es un très bon acteur."

Il l'embrassa sur le front.

"Quand il le faut, oui..." 


okapi  (03.12.2011 à 12:02)

Il jeta un coup d'oeil à leur fils. 

"Tu vas le nourrir ici ou tu veux retourner à l'hôtel ?"

"Il va se réveiller bientôt," songea-t-elle "mais je préfèrerais qu'on parte d'ici... Je ne supporte pas d'être dans la même maison que cet homme... et il m'a dit que c'était la chambre dans laquelle il allait dormir..."

"Si William se réveille, il peut pleurer un peu," décida Sully. "Ce n'est pas grave... et nous sommes seulement à dix minutes de l'hôtel."

Michaela le fixa soudain, stupéfaite.

"Brian et Katie ? Où sont-ils ?" s'exclama-t-elle.

Il lui caressa gentiment le dos.

"Ils sont dans la cuisine avec Madame Green. J'irai les chercher dès que tu seras prête."

Elle hocha la tête et, se rappelant d'autre chose, lui saisit le bras.

"J'ai dit à Adrian que nous logions dans un hôtel du centre-ville," dit-elle en murmurant.

Il sourit.

"Bien vu... Donc, il ne savait pas où nous logions, n'est-ce pas ?"

Elle secoua la tête.

"Il a supposé qu'on restait ici, avec Miriam..." répondit-elle avant de brusquement frissonner.

"Je ne m'imagine même pas dormir dans la même maison que lui..."

Sully serra les poings lorsqu'il vit la peur et l'horreur sur le visage de Michaela.

"Eh bien, ce n'est pas le cas," répondit-il d'un ton intransigeant. "Nous ne resterons pas une minute de plus."

"Mais Miriam ?" s'exclama Michaela. "Elle va trouver ça étrange que nous partions avant qu'elle rentre chez elle..."

"Pas si étrange," dit-il. "Souviens-toi qu'elle sait que nous allons dîner avec Monsieur Beauchamp..."

"Elle va peut-être le dire à Adrian..."

Il rit.

"Je ne crois pas que ça serait grave si elle le lui disait... Il ne passera sûrement pas la porte si nous prévenons Yi... Viens... Sortons avant que j'oublie d'être poli et que je retourne provoquer quelques dégâts..."

Michaela le serra dans ses bras avec amour et commença à rassembler les affaires du bébé.


okapi  (04.12.2011 à 12:17)

"Alors, Katie... Tu t'asseois là, à côté de moi... avec ta maman à côté," dit Monsieur Beauchamp tandis qu'il amenait la famille dans la grande salle à manger élégante de sa maison.

"Brian et Monsieur Sully, de mon côté, je vous prie..."

La famille et leur hôte s'installèrent devant l'impressionnante table en noyer sur laquelle était disposée la plus douce des nappes ainsi qu'une argenterie, de la porcelaine et un cristal luxueux.

Les flammes dansantes des nombreuses bougies allumées étincelaient sur la vaisselle et dans les yeux et les cheveux des convives.

Michaela observa sa petite fille avec quelque appréhension.

Même si elle était actuellement fièrement assise à côté de Monsieur Beauchamp dans la chaise haute que Yi avait apportée, elle perdait très vite tout intérêt dans les conversations des adultes et se mettait vite à faire des bêtises.

Michaela n'appréciait pas tellement l'idée du genre de bêtises qui pouvaient être faites avec de la porcelaine fine et du cristal.

Monsieur Beauchamp, comme s'il lisait dans ses pensées, la rassura : "Ne vous inquiétez pas pour la petite, Dr Quinn... tout ira bien."

Il ébouriffa les cheveux couleur de miel de Katie. "N'est-ce pas petite Katie ?" demanda-t-il avec tendresse.

Malgré son appréhension, Michaela sourit et dit ensuite : "Monsieur Beauchamp, appelez-moi Michaela... Dr Quinn est bien trop formel..."

"Et appelez-moi Sully," offrit son mari à l'autre bout de la table. "C'est comme ça que mes amis m'appellent."

Le vieil homme hocha la tête de satisfaction.

"Michaela et Sully, alors," répondit-il.

Durant l'heure qui suivit, le délicieux repas préparé par Ming, la femme de Yi, fut servi et bien apprécié et des conversations divertissantes et insouciantes remplirent la salle à manger, semblant réchauffer l'atmosphère de froideur que dégageait la maison.

Finalement, tout le monde se câla au fond de son siège après avoir savouré la délicieuse glace au chocolat, un dessert qui provoqua un peu d'amusement parmi la famille qui dût rapidement en expliquer la raison à leur hôte.

"Donc, vous voyez," conclut Michaela. "Chaque fois que nous mangeons de la glace, tout le monde se souvient du désir presque obsédant que j'avais quand j'étais enceinte de William... Je n'ai réalisé l'ampleur que ça prenait seulement lorsqu'ils m'en ont parlé..."

Il y eut quelques rires autour de la table et elle rougit à nouveau d'embarras.

"Ah... Mais vous aimez toujours ça, Michaela," répondit Monsieur Beauchamp avec un grand sourire.

Il balaya du regard la table et les assiettes vides. "Comme nous tous... Donc, il ne faut pas se sentir embarassé par ça." Dit-il.

Il plia sa serviette et la posa délicatement à côté de son assiette.

"Maintenant... Nous allons nous retirer dans le parloir pour le café et..." Il ébouriffa à nouveau les cheveux de Katie "et les chocolats !" annonça-t-il avant de rire lorsque les yeux de la petite fille s'ouvrirent tout grand de délice.

Dans le parloir, un petit feu brûlait dans la cheminée malgré le fait que l'été avait déjà commencé.

Il ne dégageait pas beaucoup de chaleur, mais il repoussait la froideur apparente de cette immense pièce mal éclairée.

Lorsque tout le monde fut assis, Monsieur Beauchamp les observa tous, inspira profondément et dit doucement : "Je vous connais depuis seulement deux jours... Mais dans mon coeur, j'ai l'impression de vous connaître depuis des années... Lillian m'a tellement parlé de vous, surtout des trois enfants d'Ethan. Cela ne m'a pas pris longtemps pour réaliser que vous étiez des gens fiers et honorables... une description que j'ai rarement pu faire de mes connaissances... Je vous ai invité ce soir car je voulais vous faire une proposition... Une proposition à laquelle j'ai longtemps réfléchi depuis que vous êtes arrivés hier... Une proposition pour l'avenir de vos enfants... J'espère que vous allez m'écouter et bien prendre en considération ce que j'ai à vous dire avant d'émettre des objections..."

Michaela, Sully et Brian regardèrent le vieil homme avant qu'il commence à parler...


okapi  (05.12.2011 à 13:24)

Chapitre 33 :

Patric Beauchamp se câla à nouveau au fond de sa confortable chaise tandis que Yi, son serviteur, servait du café et un assortiment de chocolats aux invités.

Il y eut bon nombre de petits rires lorsque Katie repéra cette sélection délicieuse et même Brian, qui avait toujours été sensible aux sucreries, égalisait presque l'envie de sa petite soeur.

Le vieil homme se pencha en avant pour prendre une boîte en bois, sculptée et décorée, posée sur la table.

Il l'ouvrit et révéla des cigares qu'il proposa à Sully qui refusa immédiatement.

Reconnaissant son refus avec un hochement de tête, il en prit un, le fit rouler entre ses doigts et respira son arôme pénétrant avant de le placer entre ses lèvres, toujours éteint.

Lorsque Yi quitta la pièce, Monsieur Beauchamp s'avança un peu dans sa chaise et reprit la conversation là où il l'avait laissée.

"Peut-être que 'proposition' n'est pas le mot le plus approprié," dit-il en regardant les membres de la famille, dont les yeux étaient à nouveau tous fixés sur lui avec curiosité.

"Peut-être que 'demande' serait plus correct..." continua-t-il. "Vous vous souvenez que ma fortune devait être placée en fidéicommis pour mes petits-enfants... Ce n'est malheureusement plus une possibilité. Lillian était mon unique enfant. Et sa mère est décédée lorsqu'elle avait seulement deux ans. Je me suis souvent lamenté du fait d'avoir peu de famille... J'ai cependant un neveu, dans l'Est, pour qui j'ai peu de temps... et un cousin qui est plus âgé que moi... D'où mon dilemme quant au futur de ma fortune considérable. Bien sûr, cette ville, que je suis fier d'appeler ma 'maison,' va grandement bénéficier de ma mort... Et vous serez heureuse de savoir, Michaela, que l'hôpital St. Luke et le General Hospital de San Francisco recevront des sommes importantes... Et, alors que je ressens de la fierté à être capable de faire de tels dons, je regrette le fait de ne laisser aucun héritage, aucun enfant pour contribuer à l'avenir de cette terre..."

Il s'arrêta et inspira profondément, mais lorsque Michaela parut sur le point de le couper, il leva la main vers elle et continua : "Et donc, je veux vous demander, Michaela et Sully, si vous me permettriez, à une petite échelle, de contribuer à l'avenir de 'vos' enfants..."

"Mais Monsieur Beauchamp !" s'exclama immédiatement Michaela.

Il leva à nouveau la main.

"Non, s'il vous plaît... Ecoutez-moi..." demanda-t-il. "Vous rencontrer, vous et vos enfants, hier et ce soir, m'a fait réaliser que dans mes décisions concernant la distribution de ma fortune, j'ai négligé un domaine important : l'éducation de nos jeunes... Apprendre que les enfants d'Ethan espérent tous continuer leur éducation au-delà du strict nécessaire pour devenir des personnes importantes dans notre société est à la fois plaisant et révélateur. C'est sûrement là que le futur de ce pays repose..."

Il avait les yeux brillants lorsqu'il s'avança encore davantage. "J'ai contacté mes avocats pour que mon testament soit modifié afin de laisser des legs généreux à plusieurs institutions, comme l'Evening School et la nouvelle Université de Californie. Mon ami, le docteur Hugh Toland a été celui qui a permis la fusion de son école, le Toland Medical College, avec l'université, Dr Quinn, et je crois que le docteur Richard Cole, un habitant bien connu et franc de San Francisco, a décidé d'accepter la position administrative de cette nouvelle institution."

Il s'assit soudain au fond de son siège et songea : "Pourquoi je n'ai pas réfléchi à Hugh et à ses efforts est un mystère pour moi... Lorsque j'ai su que Colleen allait aller dans un collège de médecine, cela m'a fait réaliser..."

Il regarda Michaela. "Alors, que pensez-vous de mes plans ?"

Elle sourit. "Je trouve qu'ils sont merveilleux, monsieur... Donner à plus d'étudiants l'opportunité d'accomplir leurs ambitions est aussi une de mes passions... Lorsque je réalise que j'aurais pu être incapable d'aller dans une université de médecine parce que les rares qui existaient n'acceptaient pas les femmes..."

Elle secoua tristement la tête.

Monsieur Beauchamp hocha la tête de satisfaction.

"Bien... Je suis heureux que vous soyez contente... Et maintenant, j'aimerais vous parler de vos enfants en particulier..." 


okapi  (06.12.2011 à 14:01)

Michalea leva les sourcils d'étonnement et il sourit.

"J'espère que vous allez me permettre d'assister vos enfants dans leurs études... dans un sens financier, bien sûr..."

Cette fois, ce fut Sully qui le coupa.

"Nous pouvons parfaitement subvenir à nos enfants, Monsieur Beauchamp," dit-il d'un ton qui n'incitait pas la contradiction.

Le vieil homme leva la main, concédant : "Je n'en doute pas, Sully... Je ne veux absolument pas dire que ce n'est pas le cas... J'ai seulement à regarder ces trois-là pour voir qu'ils sont entre les meilleures des mains... comme Lillian me l'avait dit..."

Il inspira profondément.

"Cependant, je suis sûr que vous ne pouvez nier que donner à vos enfants les meilleures opportunités possibles sera difficile et cher... étant donné votre domicile isolé à Colorado Springs..."

Sully plissa les yeux en se demandant où cet homme sympathique et apparemment ouvert voulait en venir.

"Nous y sommes arrivés avec Colleen lorsqu'elle étudiait à Denver..." dit-il.

Monsieur Beauchamp hocha la tête.

"Oui, bien sûr... Et je suppose que vous y parviendrez lorsque Colleen ira à l'école en Pennsylvanie... Même si le fait qu'elle soit désormais mariée doit aider un peu... Mais s'il vous plaît, soyez honnêtes... Ce sera difficile, n'est-ce pas ? Surtout avec Brian qui part au collège..."

"Oui, ce ne sera pas évident... Mais nous y arriverons, comme nous l'avons toujours fait," répéta Sully.

"Mais ce serait bien plus simple avec un peu d'aide," suggéra le vieil homme avec persuasion. "Je ne veux pas m'immiscer dans votre vie de famille, Sully... juste apporter une contribution... savoir que j'ai aidé, à ma manière, à améliorer l'avenir de quelques jeunes gens."

"Vous ferez ça avec l'argent que vous donnerez à ces collèges et ces universités..."

Monsieur Beauchamp rit avec dérision.

"Après être mort et enterré," dit-il avec ironie. "Cela me ravirait de savoir que j'ai aidé vos enfants... tout en étant encore en vie..."

"Donc, vous voulez qu'ils étudient ici, à San Francisco ?" demanda Sully, prudent.

Le vieil homme écarquilla les yeux.

"Non !" s'exclama-t-il rapidement.

"Cette aide vous serait donnée sans aucune condition... sauf peut-être quelques lettres de temps à autre pour me dire comment cela se passe... D'après ce que dit Brian, Colleen a choisi Philadelphie et la même institution à laquelle Michaela est allée... donc, c'est là qu'elle doit aller... Je ne veux, en aucune manière, rabaisser les ambitions de vos enfants..."

Il se câla à nouveau dans sa chaise.

"Ce que je suggère, c'est qu'avant votre départ, j'organise une traite bancaire dans l'une des banques de Denver à laquelle vous pouvez puiser des fonds pour l'éducation de chaque enfant... une somme égale pour vos cinq enfants."

"Cinq !" s'exclama Michaela.

"Bien sûr," répondit le vieil homme.

Il fit un signe de tête vers la petite Katie de trois ans, qui était blottie, endormie, dans les bras de son père.

"Ma conscience ne me permettrait pas de faire un traitement de faveur à vos trois aînés..."

"Mais les deux petits n'ont rien à voir avec vous !" protesta Sully.


okapi  (07.12.2011 à 10:39)

"Monsieur Sully," expliqua patiemment Monsieur Beauchamp. "Cette immense maison était supposée être remplie de rires d'enfants... les miens et ensuite ceux de mes petits-enfants... Au lieu de cela, j'ai seulement eu Lillian pendant très peu de temps... Avoir votre petite fille ici et vos deux fils me l'a bien fait comprendre... Ce n'est pas que je regrette votre venue, pas du tout... Quand vous serez partis et qu'Ethan reviendra, je pourrais me consoler en me disant qu'il y a des enfants, quelque part, avec qui j'ai un lien ténu... des enfants dont l'avenir est certain... Pouvez-vous m'en vouloir pour cela ?"

Sully inspira profondément et toute tension s'enfuit soudain de son corps.

"Je pense toujours qu'il n'y a aucune raison de faire une chose pareille," dit-il. "Vous pourriez dépenser votre argent autrement."

Monsieur Beauchamp sourit.

"Vous n'avez probablement peu ou aucune idée de ma richesse, Sully... En plus de posséder l'une des plus grosses entreprises maritimes de San Francisco, j'ai des terres à ne plus savoir qu'en faire dans l'Oregon... Ma proposition pour l'éducation de vos enfants est seulement une goutte d'eau... Mais pour moi, elle est bien plus importante..."

Il se radossa contre sa chaise et il y eut un long silence durant lequel il observa Sully, Michaela puis Brian, tous perdus dans leurs pensées.

Enfin, à la grande surprise de Michaela, Sully se tourna vers Brian : "Qu'est-ce que tu en penses, fiston ?" demanda-t-il.

Brian avala sa salive et se tourna vers Monsieur Beauchamp.

"Monsieur... je... Je ne veux pas que vous le fassiez à cause de mon père," dit-il doucement. "Vous ne nous devez rien du tout..."

"Je ne le fais pas pour Ethan, Brian," répondit calmement Monsieur Beauchamp. "Je le fais pour moi et surtout pour Lillian... Elle vous aimait et elle regrettait l'attitude de votre père... Elle aurait aimé vous avoir ici..."

"Mais papa n'était pas intéressé par nous," finit Brian avec résignation.

Le vieil homme hocha la tête. "Je suis désolé... Je sais comme c'est triste pour vous de l'apprendre."

Le garçon haussa les épaules.

"Je m'y suis habitué depuis," marmonna-t-il.

Il leva les yeux vers le regard posé de Monsieur Beauchamp.

Il lui répondit avec honnêteté : "Je sais que maman et papa ne veulent probablement pas accepter votre offre... C'est parfois dur d'accepter l'aide de quelqu'un... Je sais que Matthew a trouvé ça difficile quand on a été vivre avec maman, mais..."

Il se tourna pour regarder ses parents qui l'observaient attentivement. "Mais je ne veux pas qu'ils se serrent la ceinture pour moi et Colleen à cause de l'école... et je sais que Matthew peine à payer ses livres de droit."

Il demanda soudain à ses parents : "Ce n'est pas mal de dire oui cette fois, n'est-ce pas ? Monsieur Beauchamp veut le faire... et ça vous aiderait beaucoup."

Michaela, les yeux brillants, se tourna et s'en déféra à Sully qui trouvait apparemment la situation compliquée.

"C'est à toi de voir... Mais je suis d'accord..." dit-elle.

Sully sourit timidement et se tourna vers le vieil homme.

"Vous avez raison, monsieur... Je suis un homme fier... Michaela vous dira que parfois, ma fierté est un défaut... Je ne suis pas sûr d'aimer l'idée de quelqu'un qui pourvient aux besoins de mes enfants, mais d'un autre côté... sachant que les enfants auront la chance de faire ce qu'ils désireront... cela veut dire beaucoup..."

Il passa nerveusement les mains dans ses cheveux.

Monsieur Beauchamp sourit.

"Ecoutez, Sully... Vous n'avez pas à prendre une décision maintenant... Vous restez encore une semaine à San Francisco, vous avez le temps."

Sully eut soudain l'air un peu penaud.

"En vérité, Monsieur Beauchamp," dit-il doucement. "Nous pensions rentrer chez nous un peu plus tôt."

Le vieil homme écarquilla les yeux de surprise.

"Vraiment ? Pourquoi ? Je pensais que vous aimiez votre séjour ici... J'avais espéré que vous m'honoreriez de votre compagnie encore un peu..." dit-il, visiblement déçu.

Sully était déchiré.

Il ne trouvait aucune excuse valable pour leur départ avancé, à part la vérité, et il n'était pas sûr que Michaela voudrait en parler.

Il se tourna et interrogea sa femme des yeux.




okapi  (08.12.2011 à 13:56)

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