HypnoFanfics

La vie n'est pas un long fleuve tranquille

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 01.08.2012 à 13h26
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« La vie n'est pas un long fleuve tranquille ! » katido 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 101 paragraphes

Afficher la fanfic

Blair vit Chuck sortir comme un flèche de la bibliothèque où ils étaient enfermés tous les trois depuis près d’une heure. Elle était sur des charbons ardents depuis l’arrivée d’Elisabeth. Elle esquissa un pas vers lui mais sa sœur accourue derrière lui et le rattrapa par le bras.

- Il faut qu’on parle, lui dit-elle en l’entrainant dans la pièce contigüe, comme si elle était chez elle.

Ils se retrouvèrent dans le bureau principal d’Eléanor. Elle referma la porte latérale et se tourna vers lui.

Sa fiancée pénétra dans le bureau attenant qui était en l’occurrence le sien à présent. Une porte communicante séparait les deux espaces de travail.

- Qu’est-ce que j’ai fait ? questionna sa jeune sœur. Je ne comprends pas pourquoi tu me fuis. Tu m’as dit de m’asseoir et d’observer et c’est ce que j’ai fait. Alors pourquoi tu ne veux plus me parler ?

Son frère la dévisagea un instant, il était encore sous le coup de la réunion de famille qu’il venait de subir. Il inspira profondément pour reprendre ses esprits tout en observant sa sœur, plantée devant lui.

Elle n’était pas en colère contre lui, elle ne l’insultait pas de tous les noms à cause de ce qu’il avait fait. Sans doute parce qu’elle ne croyait pas un mot de ce que Giovanni Bianchi avait raconté.

- Tu n’as rien fait de mal, au contraire, tu as respecté mes consignes à la lettre, dit-il sur un ton bien plus doux que celui qu’il avait utilisé pour s’adresser à Elisabeth.

- Alors pourquoi tu m’évites depuis notre escapade à Rome ?

- Parce que je pensais que tu me haïrais après avoir entendu tout ça, avoua-t-il.

Il ne savait pas ce qui le poussait à être honnête avec elle. Peut-être parce qu’elle était sa petite sœur et que Matt lui avait expliqué à quel point ils étaient proches tous les deux. Peut-être qu’il voulait avoir ça avec elle, lui-aussi. Comme si ça pouvait palier un peu à son absence à ses côtés pendant toutes ces années. Il ne savait pas trop ce que c’était, mais il se sentait le devoir de lui dire la vérité quand leurs parents leur avaient mentis toute leur vie.

- Cette rumeur, dont le vieil Italien a parlée. Celle que colporte ce journaliste Américain …

- Daniel Humphrey, précisa Chuck. Ce n’est pas du tout un journaliste, c’est juste un petit scribouillard minable qui pense qu’il va réussir à obtenir le prix Pulitzer en déballant des saloperies sur moi et veut les vendre au plus offrant. Et je peux t’assurer que tous les journaux new-yorkais vont se les arracher et s’en donner à cœur joie. Mon père pourra se féliciter de m’avoir jeté avant que je n’entraine BI avec moi.

- Alors, tout ça, c’est vrai ? Mon père et toi, vous utilisez des filles pour …

- Non, ça n’a rien avoir avec un quelconque trafic, ou la manière dont les choses ont été présentées par Giovanni. C’est quelque chose qui est arrivé entre nous, et Blair, ajouta-t-il.

Le cœur de cette dernière s’arrêta un instant, avant de se mettre à cogner si fort dans sa poitrine qu’elle crut que son fiancé allait se rendre compte de sa présence derrière la porte entre-ouverte.

- Il a couché avec elle ? grimaça Vic.

Son frère répondit par l’affirmative d’un geste de la tête.

- Mais, ce n’est pas aussi simple. C’était un pari, entre lui et moi. Ta mère…

La jeune fille se mordit la langue pour ne pas lui faire remarquer que c’était aussi la sienne.

- Elle a aidé Jack à me prendre l’Empire. C’est l’hôtel que j’ai acheté en cédant mes parts de BI, mon premier hôtel et … Blair et moi, on était enfin parvenus à un équilibre tous les deux. Elle croyait en moi et je ne voulais pas la décevoir comme je l’’avais déjà fait si souvent. Je voulais qu’elle, au moins, puisse être fière de moi. Je me refusais à perdre ce qui représentait notre avenir à mes yeux, mon avenir, je tenais à l’Empire plus qu’à n’importe quoi, j’y tiens encore énormément aujourd’hui. Et je pensais aussi que notre amour était plus fort que tout, qu’il pourrait tout surmonter, mais j’avais tort.

Blair sentit les larmes chatouiller ses cils.

- Laisse-moi devinez, mon père t’a proposé de tester l’amour de la femme qui disait t’aimer et que tu aimais aveuglément, exactement comme l’a fait Bart avec lui.

Chuck acquiesça à nouveau.

- Il a proposé de me rendre l’hôtel en échange d’une nuit avec elle. Et je l’ai laissé tenter sa chance. Je ne savais pas ce que je préférais. Jusqu’à ce que je constate qu’elle était partie le rejoindre.

- Elle a passé la nuit avec lui ! s’offusqua la jeune brunette avec une grimace de dégoût.

- Non, ça c’était déjà fait depuis bien longtemps à ce moment-là, grimaça-t-il à son tour. Ce soir-là, il a renoncé à prendre son dû. Pourtant, il m’a rendu la propriété de l’Empire. Le simple fait qu’elle y soit allée lui suffisait. Il m’a dit qu’il avait gagné de toute façon. Parce que, quel que soit le résultat, j’avais déjà perdu d’avance.

- Parce que tu perdais, soit le symbole sur lequel reposait ton avenir professionnel, soit la femme que tu aimais, conclut sa sœur. Même si elle avait couchée avec lui pour que tu puisses récupérer l’hôtel, tu n’aurais jamais pu te pardonner ce que tu lui avais fait. 

- Je ne me le pardonne pas. Et je ne m’attends pas à ce que tu le fasses, ou même à ce que tu comprennes mes motivations, dit-il sans oser la regarder.

- C’est là où tu te trompes justement, dit-elle à mi-voix. Je sais exactement pourquoi l’Empire est si important pour toi. Et je n’ai rien à te pardonner. Le seul qui puisse soulager le poids de ta conscience, c’est toi. Mon père n’a jamais pu le faire lui, et notre mère non plus.

Il leva son visage vers elle. Elle ne le jugeait pas et oui, elle savait ce qu’il avait ressenti. Et ce qu’il ressentait encore aujourd’hui, face à son père qui ne le prenait pas au sérieux et le rabaissait sans cesse.

- J’ai déjà dû me passer de toi pendant presque dix-huit ans, sourit-elle doucement. Je n’ai pas envie que ça continue. J’ai droit à deux frères et je compte bien t’enquiquiner encore longtemps pour que tu m’apprennes tout ce que tu sais du monde des affaires.

Elle couvrit tendrement sa main de la sienne avant de déposer un baiser sur sa joue, puis de disparaître par la porte latérale d’où ils étaient venus.

- Tu n’es pas le seul fautif dans cette histoire, intervint Blair en poussant le battant à présent qu’il restait seul dans la pièce.

Chuck avala sa salive. Depuis combien de temps était-elle là ?

Elle s’avança devant lui et il fixa le sol.

- Je tai pardonné depuis longtemps déjà, dit-elle doucement. J’ai aussi ma part de responsabilités dans cette affaire. Si je n’avais pas accepté le jeu de Jack, si j’étais venue t’en parler, tout ça aurait pu être évité.

- Blair…

- Non, il y a une chose que tu dois savoir. Une chose dont on n’a jamais parlée.

- Ça ne changera pas le passé, j’ai fait ce que j’ai fait, dit-il avec des remords au fond des yeux.

- Moi aussi, j’ai fait ce que j’ai fait. C’est moi qui ai commencé tout ça. Jack n’aurait jamais proposé ce pari s’il n’avait pas été certain de ma réaction. Parce que ce n’était pas la seule fois.

Le jeune homme la dévisagea, un nœud se formant dans son ventre...

- De … de quoi tu parles ? bégaya-t-il.

- Tu te souviens de ce blast de GG qui annonçait que j’avais couché avec ton oncle à la nouvelle année, quand tu avais disparu de la circulation, après l’enterrement de Bart ?

Bien sûr qu’il s’en souvenait, comment aurait-il pu l’oublier ? Ses intestins se détendirent un peu, si c’était à ça qu’elle faisait référence ….

- Je l’ai fait en monnaie d’échange.

Cette fois le nœud se resserra si fort qu’il en eut des crampes.

- Jack ne voulait pas partir à ta recherche, il se fichait bien de ce qui pouvait t’arriver. Mais pas moi.

Elle planta ses prunelles dans les siennes.

- Il m’a demandé à quel point je tenais à toi et ce que j’étais disposée à lui offrir pour qu’il te ramène à Manhattan. Et je t’aimais déjà si fort. J’étais prête à faire n’importe quoi pour que tu me reviennes. Pour être certaine que tu allais bien, ou le mieux possible dans ces circonstances. Je voulais être celle qui t’aiderais à panser tes plaies, celle qui t’aiderait à reprendre pied et à avancer, avec moi à tes côtés. Parce que je me mourrais de l’intérieur sans toi. Alors je l’ai fait, j’ai accepté son marché. Et il a tenu sa parole, il t’a ramené de Thaïlande, où tu serais surement mort s’il t’y avait laissé croupir.

Chuck avait du mal à respirer, le nœud était remonté jusqu’à sa glotte à présent, l’asphyxiant presque.

- Tu n’as pas fait ça, articula-t-il non sans mal.

- Je l’ai fait et tu ne m’y as pas poussé, ni toi, ni personne, c’était ma décision. Jack le savait, c’est pour ça qu’il était si certain de gagner. Il savait pertinemment de quoi j’étais capable pour obtenir ce que je voulais. 

Le jeune homme ferma les paupières lorsque Blair encadra son visage de ses mains légères.

- Je t’aime, tu comprends ? Je t’aime tellement. C’est pour ça que je me suis enfuie le plus loin possible de toi après l’histoire de l’Empire. Parce que je t’aime tant que ça me terrifiait.

Elle le serra dans ses bras de toutes ses forces, elle avait besoin de savoir qu’il l’aimait quand même, malgré ce qu’elle avait fait, malgré la noirceur qui couvait tout au fond d’elle-même.

- Je suis désolée, souffla-t-elle. Tout ça, c’est ma faute. J’ai promis de rester avec toi à travers n’importe quoi, j’ai promis de supporter tes idées les plus sombres, mais la vérité, c’est que les miennes le sont tout autant, si ce n’est plus.

Il l’enlaça plus fort. Ce qu’elle avait fait n’était rien d’autre qu’un sacrifice à ses yeux. Pour lui, par amour pour lui. Il n’avait jamais imaginé qu’elle pourrait l’aimer à ce point-là. Il n’imaginait pas que quiconque puisse jamais l’aimer à ce point-là.

- Je t’aime, chuchota-t-il. Tu es la partie la plus lumineuse de ma vie, celle qui me rend heureux et m’offre le bonheur à portée de main. Je te suivrai n’importe où, à travers n’importe quoi, y compris tes idées les plus sombres.

Elle lui fit un faible sourire en se dégageant de son étreinte pour essuyer ses larmes.

- Pourquoi tu ne m’a rien dit ? Pour le projet à Doubaï ? Pour Dan ?

- Qu’est-ce que ça aurait bien pu changer de toute façon ?

- Rien, mais j’aurais aimé le savoir. Je déteste quand tu me caches des choses, même pour me protéger. Je suis Blair Waldorf ! Pas une frêle petite chose. Je veux être là pour toi, pas seulement quand tout va bien, mais aussi quand les choses se dégradent. Moi aussi, j’ai besoin que tu ais besoin de moi. Surtout quand c’est par ma faute que tu as des problèmes. Dan est en colère à cause de moi et c’est toi qu’il prend pour cible afin d’assouvir sa vengeance.

- Pas seulement moi, je ne serai pas le seul à avoir des ennuis si cette histoire sort dans la presse.

- Les conséquences pour WD seraient désastreuses, réfléchit-elle à haute voix.

- Tu n’as pas à t’inquiéter pour ça, je vais trouver un moyen de contrer Humphrey.  

- NOUS allons trouver un moyen, rectifia-t-elle.

Après tout, elle était mouillée autant que lui sur ce coup là. Et rien n’était meilleur que de faire équipe avec lui.

- On va le réduire en bouillie, le pulvériser et il va regretter d’être venu se frotter à nous, décida-t-elle, un petit sourire machiavélique apparaissant au coin de ses lèvres.

Une étincelle de malice brilla dans les prunelles de son fiancé et il l’embrassa passionnément.


katido  (21.09.2012 à 22:15)

Blair était aux prises avec une nouvelle stagiaire dans l’atelier de confection quand elle aperçut son fiancé qui l’observait depuis le seuil, un petit sourire en coin peint sur ses traits anguleux.

Elle termina rapidement ses remontrances acerbes, avant de congédier Natacha en l’expédiant refaire tous les ourlets bâclés qu’elle avait effectués sur les créations Waldorf. Il était intolérable qu’une telle chose ait pu se produire et il valait mieux pour la jeune salariée qu’elle ne renouvelle pas pareille erreur ni attitude. Malgré tout, la brunette était disposée à passer l’éponge. Pour cette fois.

En grande partie à cause du beau brun qui la dévorait des yeux depuis l’embrasure de la porte. Blair était heureuse qu’il soit passé la voir avant de se rendre au Grand Véfour où il avait rendez-vous avec Vic et Matt pour diner.

Après le carnage de la fin de soirée chez les Waldorf-Rose, Elisabeth avait quitté l’appartement suivie de près par son fils et sa fille. Aucun d’eux n’étant d’humeur à prendre un dessert qui leur serait resté sur l’estomac.

Chuck n’avait aucunement l’intention d’accorder du crédit à sa mère biologique malgré l’histoire touchante qu’elle leur avait contée. Mais l’échange de confidences avec sa sœur lui permettait de croire que tout n’était pas perdu entre eux pour autant.

Car même si Matt était bien plus magnanime avec celle qui l’avait élevé que son frère et sa sœur, il n’en restait pas moins qu’il voulait construire et conserver une relation avec son jumeau retrouvé.

Quand à Vic, elle n’aspirait qu’à intensifier leur complicité. Le secret romain qui les liait était pour elle la preuve qu’elle pouvait avoir autant confiance en lui qu’en Matt. Sans oublier que le fait qu’ils partagent la même inclinaison pour les affaires, ne le rendait que bien plus attrayant et réciproque à elle-même.

Elle était remplie d’une admiration sans borne pour ce frère qui avait réussi à gérer l’empire Bass du haut de ses, à peine 18 ans. Il était un mentor à ses yeux. Et le mieux de tout, c’était que, contrairement à son père qui l’avait toujours tenue à distance de ce milieu, il était disposé à lui apprendre les ficèles du métier.

Les enfants Bass avaient donc convenus d’un commun accord de conserver et de développer ce lien qui les unissait à présent et que nul ne pourrait plus briser ou malmener à l’avenir.

Vic, Matt et Shaori avaient décidé de prolonger leur périple en France et demander l’extension de leur visa de l’Europe aux USA auprès du service consulaire de l’ambassade d’Australie à Paris afin d’y accompagner leur frère lorsqu’il rentrerait dans son pays.

Son jumeau voulait, en dépit de ce qu’il avait appris au sujet de son paternel, le confronter aux révélations de leur mère. Il avait besoin de le voir face à lui au moins une fois dans sa vie.

Pour sa jeune sœur, la motivation était tout autre, elle voulait découvrir New-York et le siège de Bass Industrie. Elle espérait aussi secrètement aider de son mieux son frère à reconquérir sa place et à récupérer les biens que Bart s’était attribués sans aucune prérogative concrète tout en en retirant un maximum d’expérience professionnelle.

Blair se désespérait de ne pouvoir profiter de son fiancé plus longtemps. Elle redoutait déjà le moment de son départ. Elle écourterait leur séparation au maximum, selon ses possibilités professionnelles.

Elle devait accompagner sa mère à Madrid, Londres et Milan pour les prochains défilés concurrents. Sa mère la présenterait personnellement à toutes les personnes influentes en tant que codirectrice officielle de Waldorf Design.

Elle quitterait Paris aussi rapidement qu’elle le pourrait pour se concentrer sur le prochain défilé de septembre à Manhattan, Eléanor lui confiant la tâche de s’acquitter des derniers préparatifs de la fashion week.

C’était une grande responsabilité que sa mère faisait peser sur ses épaules mais Blair se sentait à la hauteur de la tâche. La fashion week était une institution dans laquelle elle baignait depuis toute petite et elle avait toujours mit la main à la pâte depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvenait.

La styliste ne serait pas très loin de toute manière. La brunette n’imaginait pas une seule seconde qu’Eléanor Waldorf soit capable de s’empêcher d’être présente à ses côtés sur le podium, ni de venir s’assurer que tout était parfaitement en place pour le grand jour.

D’autres parts, cela lui donnerait l’occasion de rentrer à New-York et de retrouver les bras et les draps du beau brun ténébreux qui faisait battre son cœur.

Depuis leur petite discussion de la semaine précédente, elle se sentait plus proche que jamais de son fiancé. Ils n’avaient pas encore vraiment arrêté de stratégie bien définie contre ce rat de Dan Humphrey mais ils avaient jeté quelques idées.

Blair avait proposé d’aller le voir et de régler ça avec lui face à face mais Chuck s’y était opposé, argumentant que cela ne ferait qu’attiser encore plus la colère de ce cancrelat et qu’ils avaient besoin de quelque chose de solide à lui proposer en échange de son silence sur cette affaire.

La brune avait convenu que son fiancé avait raison et que c’était sans doute plus sage mais sa main la démangeait et elle aurait volontiers réitéré son geste d’adieu lors de leur dernière entrevue dans la capitale italienne.

Elle n’en revenait pas que ce cloporte utilise ses propres confidences contre elle et contre Chuck. Elle se réprimandait durement d’avoir trop fait confiance à un pauvre ersatz de Brooklyn. Aujourd’hui, ils étaient quasiment à sa merci par sa faute.

Chuck s’avança dans l’atelier de coupe, maintenant déserté par les membres du personnel qui avaient regagnés leurs pénates depuis près d’une heure à l’exception de Natacha qui passerait probablement la moitié de la nuit le nez sur sa machine à coudre dans la pièce contigüe. Il attrapa sa future femme par la taille et l’attira entre ses bras pour l’embrasser passionnément.

Elle colla sa bouche à la sienne et prolongea le délice jusqu’à ce que ses poumons demandent grâce. Reprenant son souffle, elle glissa sa main dans la sienne pour l’emmener dans le fond de la réserve, à l’intérieur d’un espace réservé aux modèles pour se changer. Elle tira le verrou derrière eux avant de le suivre sur le sofa et de s’affaler sur son corps ardent.

Ils passèrent deux heures isolés du monde avant de revenir parmi les vivants.

- Je vais être en retard, soupira le brun, un bras sous sa tête et un autre autour des hanches de la jolie brunette.

- Reste encore un peu, plaida-t-elle avec une petite moue qui le faisait fondre.

Elle dessina des formes imaginaires sur son torse du bout de son ongle.

- L’Europe va être horrible sans toi, se plaignit-elle.

- Je t’appellerai tous les soirs sans exception, promit-il en l’embrassant sur le bout du nez. Et puis je ne suis pas encore parti.

- Je sais, mais tu me manques déjà, bouda-t-elle encore.

- Toi aussi tu vas me manquer, mais nos retrouvailles seront grandioses.

- Serre-moi encore, mendia-t-elle, en se pelotonnant au plus près de lui qu’elle le pouvait.

Il la garda au creux de lui un long moment avant de se résigner à la quitter pour la soirée.

Elle le laissa partir à regret et retourna à son travail, sachant parfaitement qu’elle devait occuper son esprit en se concentrant sur quelque chose de concret. Mais il ne cessait de dériver vers ses bras qui l’enserraient, ses mains qui la caressaient et ses lèvres qui lui donnaient la fièvre.

Elle soupira et finit par décrocher son téléphone, elle avait besoin de distraction et d’un autre genre que celle sur laquelle son cerveau restait bloqué.

Elle appela la seule personne capable de réussir ce tour de force.

Sa meilleure amie répondit à la quatrième sonnerie et l’invita à sortir avec elle et Nate. Elle lui concocta une soirée spéciale, dont seule Serena Van Der Woodsen avait le secret.


katido  (22.09.2012 à 09:13)

Chuck arriva au Grand Vefour avec une bonne heure de retard et fut immédiatement conduit à la table où sa sœur savourait une langouste grillée au beurre d’agrume.

- Désolé pour l’heure tardive, s’excusa-t-il.

- Je suppose qu’une petite brunette au visage d’ange et au tempérament de feu t’a retenu plus longtemps que prévu, le charria Vic en pointant une boutonnière de sa chemise qui béait un peu.

Son frère la rattacha d’un geste anodin.

- Où est Matt ? demanda-t-il l’air de rien, en évitant de répondre, mais sans pouvoir réprimer le petit sourire qui apparut au coin de ses lèvres.

Sa sœur montra le fond du restaurant d’un geste de la main.

- Il est parti aux… Oh merde ! s’exclama-t-elle en ouvrant de grands yeux et en se levant d’un bond pour se ruer vers l’endroit qu’elle venait d’indiquer.

Chuck la suivit du regard avant de percuter ce qui avait fait réagir sa sœur au quart de tour et de se lancer à sa suite.

Son jumeau se tenait debout, tremblant d’une indignation à peine contenue, à côté d’une table partagée par son oncle et leur mère, les pupilles dilatées et incandescentes sous le coup de la colère. Il était plus que furieux de les surprendre là, dinant en tête à tête quand ils avaient mis leur famille à feu et à sang.

- Toi, hurla-t-il à Jack en essayant de l'attraper par le col de sa veste.

Le cadet de Bart s’éjecta de sa chaise et recula d’un bon mètre au moins pour éviter la prise enragée de son beau-fils.

Vic tenta de l’empêcher en s’agrippant au coude droit de son frère de toutes ses forces pendant qu’Elisabeth tendait les bras pour arrêter le geste de son fils.

- Espèce de salopard, rugit encore Matt en fonçant droit sur sa cible après s’être dégagé de l’entrave de sa petite sœur.

Chuck le saisit par les épaules et le neutralisa en passant ses mains derrière la nuque de Matt pour le retenir d’étriper son beau-père sur place. Le surfeur était plus costaud que son jumeau mais la prise de ce dernier l’immobilisait complètement.  

- Ca suffit Matt, arrête ! cria l’ainé à l’oreille de son cadet, renforçant la position de ses bras, qui emprisonnaient ceux de son frère, sans relâche, jusqu’à ce qu’il sente la fureur et les forces du plus jeune s’amenuiser.

Finalement les jumeaux cessèrent de lutter. Ils prirent conscience que tout le monde les regardaient et que Jack avait fait le tour de la table pour rejoindre Elisabeth et se mettre à l’abri de l’impétuosité du jeune Australien.

- Lâche-moi, grogna ce dernier à son jumeau.

Celui-ci desserra son emprise.

- Matt… entama son beau-père, en passant une main dans ses cheveux.

- Ta gueule ! aboya-t-il en retournant à sa table.

Il saisit sa veste sur le dossier de la chaise et se dirigea vers la sortie.

Vic courut à sa suite sans même prendre son sac.

- Merci, dit Jack avec un signe de tête à son neveu.

Chuck pivota sur lui-même sans un mot et récupéra les affaires de sa sœur.

- Charles…

Sa mère biologique posa une main sur son épaule.

Il se dégagea d’un mouvement brusque comme si elle tentait de le marquer au fer rouge.

- Merci, dit-elle à son tour, si tu n’avais pas été là…

- Ce n’est pas pour toi que je l’ai fait, ni pour ce bâtard, cracha-t-il à l’adresse de son oncle.

Il tourna les talons et disparut par la porte du restaurant à son tour.

Il retrouva son frère et sa sœur sur le trottoir, devant l’enseigne. Vic tenait les mains de Matt, qui était toujours sous le coup de l’émotion. Ce dernier lui jeta un regard assassin.

- J’espère que tu as une bonne raison pour m’avoir empêché de le massacrer, gronda son jumeau. Comment peux-tu être du côté de ce connard ?

- Je ne suis pas de son côté, rectifia Chuck. Mais il ne vaut pas la peine que tu te salisses les mains. On trouvera un autre moyen, je t’assure.

Leur sœur passa un bras dans le dos de Matt.

- Si on allait ailleurs ? Histoire que tu m’expliques pourquoi tu tiens tant à lui refaire le portrait, proposa Chuck. Je connais un bar sympa où on sera au calme.

Son jumeau acquiesça et ils montèrent tous dans le prochain taxi qui se présenta.

Le jeune New-Yorkais les emmena au Café Chic. Ils y trouvèrent une quiétude toute relative, la place étant bondée, en s’installant dans l’un des lounges privés à l’étage.

- C’est ça ton idée de la tranquillité ? râla Matt.

Le jeune homme en voulait à son frère de s’être interposé entre lui et son beau-père.

Chuck ne prit pas la peine de répondre et commanda un scotch au serveur.

- Tu n’as encore rien mangé, tu n’as pas  faim ? s’étonna sa sœur.

- Les amoureux ça vit d’amour et d’eau fraiche ! Ou de whisky, ça marche aussi, se moqua Matt.

Vic jeta un regard en biais à son nouveau frère. Ce dernier lui fit un petit signe de tête pour lui signifier qu’ils étaient sur la même longueur d’ondes.

- Si tu m’expliquais plutôt ce qui vient de se passer ? demanda-t-il. Je sais que tu n’aimes pas Jack mais de là à vouloir l’égorger de tes propres mains.

Son jumeau jeta un coup d’œil à leur sœur et c’est celle-ci qui répondit à sa place.

- Mon père a foutu le bordel dans sa vie, voilà ce qui s’est passé, commenta-t-elle. Ils ont des comptes à régler et Matt n’avait pas encore vraiment eu l’occasion de se retrouver face à face avec lui, mon paternel a bien pris soin de l’éviter depuis.

Chuck se souvint que son jumeau lui avait confié avoir pratiquement perdu son fils et sa compagne par la faute de Jack.

Après avoir siroté son whisky en silence pendant près d’une minute, Matt s’expliqua.

- Quand Shaori est tombée enceinte, on avait à peine 17 ans et je venais de sortir du centre de désintox où elle faisait du bénévolat. Jack était absent quand on l’a découvert. Ils venaient de se séparer avec maman et il avait pris la tangente. Mais quand il est rentré à Sydney, il a tenté de la persuader d’avorter par tous les moyens. Dans mon dos, bien sûr. Je suppose que c’était sa vengeance, il m’a toujours tenu pour responsable des problèmes entre eux. Maintenant je comprends mieux pourquoi mais ça n’excuse pas pour autant ce qu’il a fait. Comme ça ne marchait pas, il l’a menacée pour qu’elle quitte la ville. Il s’en est fallu de peu que je ne la perdre pour de bon, effectivement et qu’elle ne disparaisse avec Hugo.

Chuck avala une gorgée de son scotch. Décidemment, son oncle avait le chic pour cultiver les relations familiales. Il n’était pas le seul à avoir subi ses manigances perverses. Il comprenait à présent parfaitement pourquoi Matt le détestait avec autant de virulence et pourquoi il ne supportait pas l’idée que lui et sa … Elisabeth, soient ensembles.

- Et où est donc ta petite famille ce soir ? questionna-t-il.

- On a emmené Hugo à Disneyland aujourd’hui, il était vanné. Et nous aussi ! Il s’est endormi à peine la tête sur l’oreiller. Shaori en profite pour se faire une soirée bain moussant et tout le tralala, sourit-il finalement.

- Elle en profite pour faire de truc de filles, renchérit Vic.

Elle passa ses jambes par-dessus le bras de son fauteuil pour manifester sa présence.

- Et toi ? Où est ta sulfureuse fiancée ? interrogea Matt, son sang reprenant une course plus normale dans ses veines.

- Elle est sortie avec Nate et Serena.

- Je me demande bien comment tu réussis à réfréner son tempérament infernal, commenta Matt avec une incrédulité mêlée d’un soupçon admiration.

- C’est tout un art, indiqua Chuck, un petit air suffisant sur ses traits anguleux.

- Ok c’est bon, on arrête là. Pas besoin de détails. Et puis on ne va pas passer la soirée à parler de vos copines, ronchonna Vic, qui se sentait un peu mise à l’écart. Vous n’avez pas d’autres choses un peu plus captivantes à raconter ?

- Comme quoi ? persiffla Matt. Les dernières valeurs de Bass Industrie ou de Bass Océanie ? Non merci, je préfère encore de loin parler de l’organisation de son futur mariage. Je suis certain que ça, ça t’intéressera le plus sérieusement du monde.

- En parlant de ça, dit Chuck, saisissant la perche que son jumeau lui tendait involontairement. Je me demandais si tu accepterais d’être un de mes garçons d’honneur ?

L’autre brun ténébreux en avala son scotch de travers et manqua de s’étouffer, ce qui fit naître un sourire amusé sur le visage de son double.

- Bien sûr que je veux et plutôt deux fois qu’une, réussi-t-il à articuler quand il eut terminé de tousser.

- Tu réalises que tu devras porter autre chose qu’un jeans et des baskets ? le charria Chuck avec un petit sourire narquois.

- Pour quelques heures, je devrais réussir à survivre, répondit Matt avec le même rictus sur le visage, maintenant plus détendu, la rencontre fortuite avec Jack s’estompant quelque peu dans son cerveau.

La demande de son jumeau le prenait un peu au dépourvu et faisait naître en lui des émotions inattendues. Ce n’était pas une chose anodine, par ce geste, son frère lui signifiait qu’il voulait vraiment qu’il fasse partie intégrante de sa vie et lui témoignait une marque de confiance et de respect.  

- Bon, alors au moins une chose de régler, conclu Chuck

- Ca veut dire que vous avez fixé la date ? s’excita leur jeune sœur.

- Ce sera le 25 mai, confirma le futur marié.

- Si vous avez besoin d’aide pour tout préparer… proposa-t-elle.

- Blair a planifié l’organisation de son mariage depuis qu’elle a six ans, je t’assure que tout sera fait dans les temps et qu’elle maîtrisera tout parfaitement de A à Z. J’ai proposé d’attendre l’été, mais elle ne veut rien entendre. Elle tient à ce que ce soit cette date et pas une autre.

Sa sœur se rembrunit quelque peu.

- Et qu’est-ce qu’elle a de particulier cette date ? s’enquit Matt.

- C’est ce jour-là que je lui ai dit que je l’aimais pour la première fois, confia Chuck un peu ému lui aussi par la tournure que prenait la conversation. C’est la date où tout a vraiment pu changer entre nous. Elle prétend que c’est un signe du destin car ce sera justement un samedi l’année prochaine. Elle argumente que c’est une chance pour nous de recommencer. On vivait vraiment sur un petit nuage tous les deux, avant que Jack et Elisabeth ne viennent semer le trouble.

- Je croyais que Blair avait déjà été mariée, s’exclama soudain Vic, de plus en plus mal à l’aise de la tension manifeste qui régnait entre ses frères et son père.

- Son mariage avec Louis a été purement et simplement annulé.

- Quoi ? Comme s’il n’avait jamais eu lieu ?

- Légalement en tout cas, grommela Chuck, qui ne pourrait jamais oublié ce jour atroce où il avait vu la femme qui faisait battre son cœur se donner à un autre et lui promettre de l’aimer et d’être sienne pour le reste de sa vie.

Il reprit une bonne rasade du liquide ambré pour dissiper le nœud qui encombrait sa trachée à ce souvenir.


katido  (23.09.2012 à 10:25)

Blair Waldorf était assise dans la salle d’attente de la clinique parisienne, livrée à elle-même jusqu’au pronostic du médecin.

Eléanor était de l’autre côté du couloir. Elle avait été amenée ici il y a trois heures, suite à une chute dans les escaliers de l’atelier Waldorf Design. Les bras chargés d’étoffes, elle avait dérapée et avait redescendu les marches qu’elle venait de gravir, sur le ventre.

Se plaignant de douleurs dans l’épaule droite, sa fille avait insisté pour l’emmener aux urgences rapidement.

Blair laissa son regard errer sur les gens qui l’entouraient.

Une femme d’une quarantaine d’année avec une arcade sourcilière qui laissait couler un mince filet de sang lorsqu’elle ôtait le chiffon qui comprimait la plaie.

Un homme chauve et ventripotent qui dormait quasiment sur sa chaise, à côté d’une femme sans âge, qui s’appliquait à lire un article dans un magazine qui datait d’au moins un an.

Une famille avec un enfant qui ne cessait de pleurnicher dans les bras de son père et dont la mère tentait vainement de lui faire ingérer le contenu d’un biberon au liquide brunâtre.

Un homme en blouse blanche, infirmier de son état, vint chercher une jeune fille dont la cheville avait quasiment triplé de volume et l’aida à s’installer dans une chaise roulante.

Elle se remémora sa proche chute dans les escaliers taillés à même la roche, sur la plage. Cela remontait à plus d’un mois maintenant et grâce aux soins et aux conseils de Matt et de sa pommade miracle, elle n’avait eu à souffrir des conséquences que quelques jours à peine.

Blair avait dit au revoir au petit groupe le matin même, à l’aéroport Charles de Gaules, juste avant de se rendre chez Waldorf Design et de trouver sa mère qui tenait son bras replié sur sa poitrine en hurlant des ordres à la pauvre Stéphanie, qui ne savait pas comment affronter la colère de sa patronne. Elle faisait de son mieux pour la raisonner afin qu’elle accepte de se rendre chez un médecin.

Eléanor, elle, vociférait à propos des réservations du vol pour Londres qu’elles étaient censées prendre dans l’après-midi même et des rendez-vous qui devraient être reportés de quelques jours s’ils étaient annulés. Leur agenda étaient parfaitement minuté et elle n’avait pas de temps à perdre, encore moins pour s’absenter une matinée entière.

La brunette frissonna, elle pouvait presqu’encore sentir les bras de Chuck autour d’elle et la douceur de ses baisers. Elle avait dû se faire violence pour s’arracher à son étreinte et ne pas le supplier de rester avec elle.

Elle savait que c’était vraiment idiot et puéril. Ils ne seraient pas séparé plus de deux semaines, trois au maximum suivant les recommandations médicales à venir éventuellement. Pourtant elle avait l’impression qu’elle y survivrait à peine.

Elle redoutait au fond d’elle ce que Bart allait bien pouvoir faire et dire pendant ce laps de temps et qui risquait plus que certainement de blesser profondément son fiancé, voire de le plonger à nouveau dans un marasme d’idées sombres. Son père avait cette faculté à le briser en un seul claquement de doigts, ou de langue acérée.

Elle avait demandé à leurs meilleurs amis de veiller sur lui. Mais qui pouvait réellement être de taille à lutter contre Bartholomew Bass quand il semblait qu’il éprouvait un malin plaisir à faire souffrir ce fils qu’il avait tant tenu à garder auprès de lui et en qui il voyait soi-disant un héritier si précieux d’après Elisabeth ?

Qui pouvait vraiment protéger Chuck de cet horrible croque-mitaine ? A part peut-être elle-même. Quelles motivations pouvaient bien être celles d’un père pour oser pareilles monstruosités ? Pourquoi passait-il son temps à torturer et dévaster l’âme de son propre fils ?

Elle sentit une main sur son épaule et releva les yeux, pour rencontrer les siens, compatissants et inquiets. Son cœur fit un bond dans sa poitrine en même temps que ses jambes.

- Comment va ta mère ? demanda son fiancé.

- Elle est toujours avec le docteur, répondit-elle d’une traite, le souffle court.

Il passa un bras autour de ses épaules et l’attira à lui. La chaleur de son corps et l’arôme de son parfum l’emmitoufla et elle se laissa aller contre lui, blottissant son visage dans le creux de son épaule. Elle ne comprenait pas comment, mais il était là. Et c’est tout ce qui comptait en cet instant.

Il déposa un baiser sur sa chevelure et frotta doucement son dos de bas en haut.

- Je suis certain que ta mère ira bien, la rassura-t-il.

- Comment est….

- Dorotha m’a appelé. On était aux portes d’embarquement, alors j’ai fait demi-tour. Je prendrai le prochain vol, jeudi après-midi. Les autres sont partis. Nate installera Matt et Shaori dans une suite familiale de l’Empire avec Hugo et Victoria dans une autre.

Il replaça une mèche, échappée des boucles brunes de sa fiancée, derrière son oreille et caressa son menton.

- Merci, murmura-t-elle tout bas avant de poser ses lèvres sur les siennes, si douces et si chaudes.

Ils attendirent encore une bonne demi-heure dans la salle, la tête de Blair posée sur l’épaule du jeune homme pour qui son cœur fondait plus que jamais, leurs doigts entrelacés.

La pièce lui semblait tout à coup totalement différente.

Jusqu’à ce qu’elle entende sa mère vociférer à nouveau, contre le médecin cette fois.

Cette dernière sortit comme une furie par les portes qui donnaient accès aux salles d’auscultation.

- Cet espèce d’idiot veut me plâtrer, pour six semaines ! expliqua-t-elle, roulant des yeux, en arrivant à hauteur de sa fille.

- Madame Waldorf, soyez raisonnable ! tenta l’orthopédiste. Vous avez l’épaule luxée et il faut immobilier votre bras pour qu’elle puisse guérir correctement.

- Correctement ? Et qui fera mes croquis correctement pendant que je me baladerai avec le bras en écharpe. Vous espérez vraiment me faire porter cet ignoble bout de chiffon ? s’indigna-t-elle en désignant l’immobiliseur d’épaule que le spécialiste avait dans la main.

- Voyons ma douce, dit Cyrus qui avait suivi sa femme et le médecin, tu dois prendre le temps de te soigner, au risque de ne plus pouvoir dessiner à nouveau.

Eléanor grimaça d’effroi à cette hypothèse.

- Ca ne pourrait pas réellement arriver, n’est-ce pas ? s’inquiéta-t-elle en s’adressant à l’orthopédiste.

- Et bien, si l’épaule ne se remet pas parfaitement en place, vous aurez des séquelles définitives qui, à termes, pourraient avoir de fâcheuses conséquences, surtout dans votre métier.

La consternation se peignit sur les traits de la styliste de renommée mondiale. Elle chercha du réconfort dans les yeux de sa fille et de son mari, qui notèrent doucement de la tête. Elle poussa un soupir de résignation et suivit le spécialiste derrières les portes à nouveaux.

Un gros quart d’heure plus tard, les quatre protagonistes quittèrent la clinique, avec une Eléanor d’humeur massacrante.

Chuck pressa discrètement sa paume dans celle de Blair, assise à ses côtés dans la limousine.

- Qu’est-ce que tu fais là ? demanda tout à coup la mère de la jeune femme. Je croyais que tu décollais ce matin pour JFK.

- J’ai reporté, je prendrai le prochain vol, indiqua évasivement le beau brun.

- Pas à cause de moi, j’espère, grimaça la mère de sa fiancée.

- J’ai une opportunité potentielle de dernière minute qui se doit d’être prise en considération, mentit-il avec diplomatie.

Sa future belle-mère le considéra avec suspicion mais n’osa pas le contredire.

Blair noua un peu plus ses phalanges aux siennes pour lui manifester sa gratitude.

Non seulement pour son attitude et son habileté à ménager l’orgueil de la styliste, mais aussi et surtout pour avoir tout laissé tomber sans la moindre seconde d’hésitation quand elle avait besoin de sa présence.

Ce soir, elle pourrait s’endormir encore dans ses bras et se lover tout contre lui.


katido  (24.09.2012 à 18:39)

Serena dézippa ses bagages dans son ancienne chambre. Ça faisait une éternité qu’elle n’avait pas séjourné dans l’appartement des Rhodes.

Sa mère l’avait accueillie à bras ouvert, avec un sourire resplendissant, à son arrivée et l’avait serrée dans ses bras. La blonde devait s’avouer que ça lui faisait chaud au cœur, même si c’était un peu étrange de revenir ici.

C’était comme si elle revenait au point de départ. Comme si tous ces mois n’avaient pas existés. Elle était à nouveau avec Nate, un sourire naquit sur ces lèvres, et sa mère était encore mariée à Bartholomew Bass, il fana en moins de deux secondes.

Les années étaient pourtant bien passées, elle s’était habituée à ce que Chuck soit son frère. Ils étaient même devenus proches, comme de vrais frères et sœurs. Pas aussi proche qu’avec Eric, quoique, depuis que ce dernier était à l’université, les choses s’étaient quelque peu distendues entre elle et son cadet. Le jeune blondinet n’était plus si jeune et innocent, mais toujours aussi blond par contre.

Il passa la tête par l’entrebâillement de la porte.

- Il me semblait bien avoir entendu quelqu’un dans cette maison, commenta-t-il.

- Eric, s’exclama Serena avec joie.

Elle l’enlaça fortement avant de faire un pas en arrière.

- Laisse-moi un peu te regarder, ça fait une éternité que je ne t’ai pas vu.

- Ce n’est pas moi qui ai quitté New-York comme un voleur, les cours à peine terminés. Enfin, c’est vrai que toi tu n’as plus de cours.

- Raconte-moi tout, je veux tout savoir en détail. Comment va ton dernier petit ami en date ? Comment il s’appelle déjà ?

- Craig, il va bien et il devrait même venir passer les quinze prochains jours ici.

- Quoi, tu rigoles !

- Pas du tout, non. Il arrivera samedi, il fera escale ici, avant de rejoindre ses parents à Boston.

- Et Bart est d’accord avec ça ?

- Bart ?

- Tu es au courant qu’il n’est pas mort, n’est-ce pas ?

- Je ne vois pas comment je pourrais l’ignorer ! Mais si tu fais allusion au mariage de maman, sache qu’il n’est plus d’actualité.

- Quoi ?

La blonde en bondit presque d’allégresse.

- Elle s’est remise avec Rufus ? s’inquiéta-t-elle soudain.

Si c’était le cas, elle allait devoir côtoyer Dan et elle n’avait plus aucune envie de le revoir à présent.

- Non plus. Elle a décidé de rester célibataire pour le moment.

Serena pinça les lèvres.

« Pour le moment » Ca signifiait combien de temps exactement ?

Avant que sa mère ne se jette à la tête d’un nouvel homme. Elle n’avait jamais été capable de supporter la solitude plus de cinq mois d’affilé, grand maximum.

- Je sais ce que tu te dis mais les choses ont l’air différentes cette fois. Je la trouve différente, indiqua Eric.

- Peut-être que d’avoir réalisé qu’elle était polyandre l’a vaccinée contre le mariage ? hasarda Serena en haussant les épaules sans vraiment y croire.

- Je n’en espère pas autant mais au moins elle semble plus posée et plus équilibrée que lors de ses dernières ruptures.

- C’est déjà ça.

- Et toi ? Raconte. La Côte d’Azur ! Quels genres d’aventures et de zizanies as-tu menées sur les bords de la Méditerranée cette fois ?

Serena, se laissa choir sur son lit et prit une grande inspiration avant de narrer à son jeune frère ses récentes tribulations et découvertes.

Eric en resta baba.

*****

Blair l’embrassa à nouveau passionnément, encore une fois, juste une, la dernière.

Chuck lui rendit son baiser, plongeant sa langue au fond de sa gorge, prolongeant cet instant autant qu’il le pouvait.

« Les passagers à destination de New-York sont priés de se présenter à la porte d’embarquement numéro 24 » annonça une voix dans le haut-parleur de l’aéroport pour la troisième fois.

- Il faut absolument que j’y aille cette fois, marmonna-t-il les lèvres toujours collées aux siennes.

- Je sais. Je t’aime, souffla-t-elle en désespoir de cause.

- Je t’aime aussi. Je t’appelle dès que j’aurai atterri à JFK, promis.

Elle laissa leurs doigts se désentrelacer et le suivit des yeux jusqu’à ce qu’il ait disparu derrière les douaniers en uniforme.

Il emportait le cœur de la belle brune avec lui même s’il n’avait rien à déclarer.

Son BlackBerry résonna dans son sac et elle consulta l’écran.

« Je t’aime, tu me manques déjà »

Elle sourit et sentit l’eau lui monter aux bords des yeux.

« A ce soir. Je t’aime, tu me manques aussi »

Il sourit, malgré le vide qu’il ressentait dans sa poitrine. Son cœur restait ici avec elle.

Il embarqua dans la carlingue et s’installa à la place qui lui était réservée en première classe. Il se pensait un peu idiot d’être si émotif. Ils seraient ensemble dans quelques semaines à peine et pourtant il savait qu’elles lui sembleraient interminables.

Parce qu’il avait déjà connu la traversée du désert. Il savait ce que c’était, à quel point ça faisait mal, d’être loin de la femme qu’il aimait par-dessus tout.

Ils s’étaient retrouvés, envers et contre le sort, après toutes les tourmentes qu’ils avaient essuyées et il craignait que tout ne s’évanouisse en fumée.

Tant qu’il pouvait la tenir dans ses bras, il était en sécurité. Mais à l’autre bout du monde, bon pas tout à fait le bout du monde, disons, de l’autre côté de l’océan, il devrait vivre sans elle, sans son amour, sans son sourire, sans son regard qui le rendait plus fort.

Ce soir, il ne s’endormirait pas auprès de son corps parfait, il ne pourrait pas enfuir son nez dans ses cheveux. Il doutait pouvoir s’endormir tout court. Parce qu’il ne se réveillerait pas le matin suivant, ni les prochains, avec elle lovée au creux de lui, bien à l’abri, dans leur cocon.

Et si elle changeait d’avis à nouveau ? Loin de lui.

Si elle se rendait compte qu’elle s’était trompée, encore ? Elle avait si souvent fait demi-tour.

Lui aussi d’ailleurs.

Si la vie s’amusait à nouveau à les séparer, à leur infliger des embûches, comme elle l’avait fait jusqu’ici ?

Cette fois, il en mourrait de chagrin. Son âme ne supporterait plus la torture de la voir dans les bras d’un autre. Pas une seule fois de plus. Ce serait bien trop douloureux, il avait été au bout de ses capacités.

Il y a plusieurs mois, il avait accepté de la voir heureuse, sans lui, avec un autre.

Mais, maintenant qu’il l’avait à nouveau tenue tout contre lui, qu’il avait à nouveau dormi blotti tout contre elle, leur deux corps enlacés pour n’en former qu’un seul. Maintenant qu’il avait à nouveau goûté à sa peau, s’était enivré de son parfum, jusqu’à en perdre tous ses sens. Maintenant qu’il avait frissonné sous ses caresses et que ses blessures avaient été apaisées par sa tendresse, il ne trouverait plus la force de renoncer à elle, même par amour pour elle.

Elle était bien plus forte que lui. Elle était capable de tout par amour pour lui, de se sacrifier pour lui. Elle l’avait fait, avec Jack, avec Louis. Et c’est ce qui lui faisait le plus peur.

Il ferma les yeux et revit la flamme éternelle qu’il avait vu brûler dans ceux de la femme de sa vie à Rome.

Ça n’arriverait pas cette fois.

Elle ne rencontrerait pas de Lord Anglais en Toscane, ni de Prince Européen au Musée du Louvre. Elle ne se persuaderait pas qu’elle était tombée amoureuse d’Humphrey, le preux chevalier, qui n’était qu’à quelques centaines de kilomètres d’elle quand lui serait à des milliers. Elle ne cèderait pas au chantage de son oncle pour le protéger.

Parce qu’elle savait pertinemment que ça le tuerait, aussi surement que si elle lui plantait un couteau en plein le cœur de ses propres mains.

Le signal lumineux de décollage s’éteignit, indiquant qu’on pouvait rallumer les appareils électroniques. Il poussa sur le bouton « on » de son BlackBerry et hésita un instant. Il venait de décoller, elle allait le prendre pour un fou s’il lui envoyait un autre texto.

« Je pense à toi, n’oublie pas que je t’aime » s’afficha sur son écran.

Il sourit, le cœur en joie et lui renvoya un texto quasiment similaire.

Ils allaient certainement battre tous les records et crever le plafond des dépenses en factures chez leur opérateur durant les semaines à venir.


katido  (25.09.2012 à 20:11)

Nathaniel Archibald traversa le hall de l’Empire tout dégoulinant de sueur. Cela faisait trop longtemps qu’il n’avait pas couru et la reprise était difficile. Surtout quand Matt était bien plus sportif que son jumeau.

Avec Chuck, il était toujours le meilleur, l’athlète accompli et reconnu. Mais à côté de l’Australien, ancien champion de surf, il tirait quasiment une langue jusque par terre pour réussir à reprendre son souffle. Il ne pouvait que constater, avec dépit, qu’il n’était plus aussi en forme qu’autrefois.

Il passa devant Oscar, le concierge, qui lui fit un petit signe de reconnaissance. Il prit une autre gorgée de sa boisson énergisante avant d’atteindre les cages d’ascenseurs.

Le surfeur l’attendait, appuyé nonchalamment contre la paroi, un petit air supérieur et narquois, qu’il partageait si bien avec son jumeau, peint sur ses traits anguleux.

- Parcours difficile Archibald ? ironisa Matt.

Cela ne faisait que trois matins qu’ils s’entrainaient dans le plus renommé des parcs de la grosse pomme et l’Australien connaissait déjà le parcours comme sa poche. Seul le premier jour, il était resté à hauteur de Nate, qui le lui avait fait découvrir.

- On pourrait peut-être essayer un autre sport, proposa le brun ténébreux en appuyant sur le bouton de fermeture des portes.

Le jeune homme aux yeux clairs haussa les épaules en vidant sa bouteille. Il refusait de s’avouer vaincu. Il n’était pas des plus orgueilleux, mais là, il avait du mal à encaisser la défaite. Le sport, c’était son terrain. Là où il brillait et où il était mis en valeur, jamais il n’avait été à la traîne dans aucune catégorie.

- Qu’est-ce que tu as en tête au juste ?

-  Il paraît que les rouleaux sont plus ou moins respectables si on choisit la bonne plage. Rien à voir avec chez moi, bien entendu, mais …

- Ok ! Là, je t’arrête tout de suite. Pas question de me ridiculiser plus que je ne le suis déjà en essayant de me tenir debout sur une planche au milieu de l’océan. Au cas où tu n’aurais pas compris, on est sur la côte est ici.

- J’ai bien noté, mais il paraît que Cap May n’est pas trop minable. Je ne peux quand même pas venir là où je n’ai encore jamais prit la température de l’eau et ne pas me mouiller les orteils ! commenta-t-il avec évidence.

Les portes s’ouvrirent et ils s’engagèrent dans le couloir qui menait à leurs suites.

Nate percuta Matt, qu’il suivait de près, quand ce dernier stoppa sa progression.

Bart se tenait devant eux, droit comme un I, le visage fermé, ses yeux bleus aussi froids qu’à l’ordinaire.

Matt et Chuck s’étaient mis d’accord pour que le premier attendent l’arrivée du second avant d’aller voir leur paternel.

- Tu t’es mis au sport ? s’étonna-t-il devant son fils.

Ce dernier portait un short rouge et un T-shirt marine sans manche. Un bandeau en tissu éponge de la même couleur retenait la sueur à la racine de ses cheveux.

Il n’avait pas eu l’occasion de voir Chuck dans pareil accoutrement depuis bien longtemps. Cela remontait à l’époque où ils jouaient au squash ensemble, quand ils étaient plus jeunes.

Chuck avait uniquement pratiqué ce sport pour passer plus de temps et partager quelque chose avec lui, il le savait parfaitement, mais c’était un moyen comme un autre pour éviter qu’il ne s’abrutisse devant l’écran de la télévision ou de son ordinateur.

Lili lui avait dit qu’il avait beaucoup changé depuis sa fausse mort mais il ne s’attendait pas à ça de sa part.

Le jeune homme en face de lui carra la mâchoire et son regard devint noir comme du charbon.

Visiblement, il lui en voulait toujours pour l’avoir mis sur la touche sans le prévenir lors de cette conférence de presse. Selon la rumeur qui lui avait été rapportée, son héritier n’avait pas l’intention de se laisser évincer aussi facilement et fomentait  représailles avec Jack.

Il n’en n’attendait pas moins de Chuck. Un peu de fil à retordre ne ferait qu’exacerber son ambition et sa combativité, ça ne pouvait qu’être bon pour BI et donc pour son fils. Il devait apprendre que tout ne tombait pas tout cuit dans la bouche. S’il voulait reprendre sa place au sein du conseil, il devrait lui prouver sa valeur.

Il nota que Nathaniel Archibald avait l’air encore plus effarouché qu’à son habitude. Ce gamin l’insupportait, il ne comprenait pas comment Chuck pouvait partager sa suite avec un tel idiot. A part le sport, il n’avait aucune compétence. Sans parler de son père qui avait réussi à se faire attraper pour ses agissements malveillants.

Heureusement que les Vanderbilt étaient là pour lui assurer un avenir. Si son grand-père ne lui avait pas acheté le Spectator, le jeune homme aurait été obligé de se tourner vers la politique comme son cousin. Quelle bande de crétins !  S’il avait eu un cœur, ils lui auraient certainement fait pitié.

Heureusement ce n’était pas le cas. Les sentiments n’étaient que faiblesse et plus tôt son fils le comprendrait, mieux ce serait. Il n’avait aucunement l’intention de les imiter et de le laisser paresser en attendant de recevoir son héritage sur un plateau. Lui-même avait dû travailler d’arrachepied pour ériger Bass Industrie et en faire un empire financier.

- Tu as décidé de ne plus me parler ou tu as perdu ta langue ? se moqua-t-il, en focalisant à nouveau son attention sur son fils, qui restait muet.

Ça non plus, ce n’était pas dans ses habitudes. Chuck avait toujours de la répartie, preuve qu’il était intelligent et qu’il avait l’esprit vif, quand il se donnait la peine de s’en servir et qu’il ne se laissait pas dévoyer par ses sentiments.

- Je crois que tu te trompes de fils, dit enfin Matt, avec un accent australien qui ne pouvait pas passé inaperçu.

Le visage de Bart se serait figer encore plus qu’il ne l’était déjà normalement, si ça avait été possible. Il mit plusieurs secondes avant de réaliser ce qui se passait.

- Tu as perdu ta langue où tu vas refuser de me parler ? se moqua Matt à son tour, les yeux incendiaires comme de la lave en fusion.

C’était si déroutant, de le voir là, devant lui, pour de vrai et non pas sur des clichés.

- Matthew ? questionna enfin Bart.

- Matt Fischer, rectifia fièrement le jeune homme sans baisser le regard un seul instant.

Bart sentit un frisson lui parcourir l’échine. Si Matthew était là… avec Nathaniel Archibald… alors Chuck devait savoir.

Cherchant une réponse improbable, il posa les yeux sur le meilleur ami de son fils, qui dansait d’un pied sur l’autre, derrière celui qu’il avait renoncé à connaitre et à reconnaitre, fixant avec toute l’attention du monde, une tache quelconque sur le mur de l’autre côté du couloir.

- Où est Chuck ? demanda Bart.

- Il sera là dans quelques jours. Une affaire urgente l’a retenu ailleurs. Pourquoi, tu as l’intention de lui rendre ce qui lui appartient ? questionna Matt avec sarcasme.

- Je ne sais pas ce qu’il t’a raconté, mais, Bass Indus…

- Inutile d’avoir peur de moi, je me contrefous de ton précieux héritage. Jack et toi, vous pouvez vous étouffer avec vos milliards. Si je suis ici, c’est pour mon frère et parce que j’avais besoin de voir en vrai à quoi tu ressemblais. Les articles des journaux ne te rendent pas justice et ma mère non plus. Tu es encore bien plus monstrueux en chair et en os.  Je comprends enfin réellement pourquoi tout le monde me dit que c’est une chance pour moi d’avoir grandi loin de toi. Maintenant, je la crois quand elle dit qu’elle a fait ça pour me protéger.

- Elisabeth est ici avec toi ?

- Elle roucoule dans les bras de ce cher tonton Jack quelque part dans un petit nid douillet, bien loin d’ici. Il semblerait que tu ais perdu la guerre finalement. Et tu vas en perdre une autre d’ici peu, sois en certain.

Matt se remit en mouvement et le bouscula pratiquement en passant devant lui.

- Nathaniel ! tonna Bart qui commençait à perdre son sang-froid. Où est mon fils ?

- Et en quoi ça peut bien t’intéresser ? répondit le double de Chuck à la place du jeune Archibald, qui tremblait dans ses baskets.

- C’est mon fils ! indiqua Bass Senior.

Il commençait seulement à entrevoir l’étendue du désastre.

- Je ne suis pas certain que ça ait encore la moindre importance à présent.

- Je peux lui expliquer.

- Inutile, ma mère s’en est déjà chargée et ça m’étonnerait qu’il voie ça de la même manière que toi, étant donné la manière dont tu t’es comporté avec lui pendant toute sa vie.

Nate se dépêcha de rejoindre Matt, pendant que Bart fouillait dans sa poche, à la recherche de son BlackBerry. Il devait joindre son fils au plus vite pour limiter les dégâts.

Les deux jeunes hommes le laissèrent planter là, au milieu du couloir, la sonnerie résonnant dans le vide.


katido  (26.09.2012 à 14:55)

La musique funèbre qu’il avait cyniquement attribuée à son père tinta lugubrement, remplaçant la petite mélodie légère et romantique, réservée à la jolie brunette qui était devenue sa fiancée.

Chuck soupira et hésita avant de pousser sur la touche pour décrocher.

Son père ne l’avait pas appelé depuis son départ, presque deux mois plus tôt. Il ne l’appelait jamais. Il était même étonné qu’il ait enregistré son numéro dans son répertoire, ou même qu’il en ait connaissance tout simplement. Il devait l’avoir demandé à Cynthia, la secrétaire de direction de BI.

Il décida d’éviter de répondre. Il ne voyait pas ce qu’il aurait bien pu dire à Bart au vu de la tournure qu’avait pris les événements. Il fut un peu perturbé par cette soudaine prise de conscience qu’il n’avait aucune envie de communiquer avec son père.

Il avait passé toute sa vie à mendier et à grappiller des minutes du temps du grand manitou et tout à coup, il n’avait plus aucune envie de le voir, ni même d’entendre sa voix. Avait-il seulement encore véritablement envie de reprendre sa place au conseil, ce qui impliquerait de travailler avec lui en étroite collaboration au quotidien ?

Il avait si souvent rêvé de ce moment, où son père, serait fier de lui. Où il reconnaîtrait enfin ses capacités et son mérite. Où ils travailleraient ensemble, main dans la main, pour faire prospérer BI encore et encore.

C’était son conte de fée à lui. Quand tous les petits garçons n’aspiraient qu’à être le prince charmant, lui, n’avait jamais même osé envisager ce rôle. Il ne voulait pas détrôner le maître des lieux. Il se bornerait et se contenterait d’être le fidèle écuyer, celui dont la fidélité était si évidente et si banale qu’on ne la voyait même pas. Celui qui jouait dans l’ombre et permettait au roi de gagner. Et qui serait, un jour, récompenser par l’appréciation et la réalisation de son implication et de son labeur.

Il avait juste voulu que son père le voit, qu’il sache qu’il pouvait compter sur lui, avec lui, pour continuer l’œuvre de toute sa vie, la chose la plus importante aux yeux de Bartholomew Bass. Qu’il lui fasse assez confiance pour lui apprendre à être quelqu’un d’assez bien, d’assez bon, pour pouvoir reprendre le flambeau quand il se sentirait trop fatigué.

Il n’avait jamais voulu Bass Industrie pour lui-même, pour l’argent ou la gloire qui allait avec. Ce qu’il souhaitait réellement, c’était partager quelque chose avec son père, quelque chose d’important, pour qu’il puisse devenir quelque chose d’important à ses yeux, par extension, lui aussi.

S’il avait mis tant de cœur et d’ardeurs à vouloir diriger le conseil, c’était par ce qu’il continuait d’espérer, du plus profond de son cœur d’enfant, que, de là où il était, Bartholomew Bass pourrait peut-être être fier de lui. Qu’il voyait combien son fils se battait pour défendre son héritage et mener à bien ce qui avait compté le plus pour lui dans sa vie terrestre.

Mais il était plus qu’évident que ce jour ne viendrait jamais. Son père avait été on ne peut plus clair à ce sujet. Il n’avait pas le moindre soupçon de fierté, aucune reconnaissance pour le travail que Chuck avait accompli pendant ces deux années d’absence.

Et il n’était plus certain de vouloir continuer le combat. C’était une guerre perdue d’avance, il ne serait jamais, jamais, à la hauteur pour Bart. Il serait toujours un parvenu, qui avait tout bonnement profité de ce qu’autrui avait bâti avant lui.

Il ne voulait plus se sentir comme le dernier des derniers. Il ne voulait plus voir la déception dans le regard de son père, ni entendre ses sempiternels reproches à propos du fait qu’il était un incapable, juste un bon à rien, qui lui compliquait la tâche.

Son jumeau lui avait fait entrevoir un autre monde, où les choses pouvaient être plus simples et plus claires. Ce n’était pas une défaite ou un abandon. Non, c’était juste à lui de décider ce qu’il voulait faire de sa vie. Nul n’était obligé de se conformer aux attentes et aux exigences d’autrui.

Il s’était coulé dans le moule, sans jamais se poser de question sur ce que lui voulait réellement devenir. Il avait passé tant de temps à être ou à ne pas être, ce que son père avait décidé, à jouer le rôle auquel il était supposément destiné.

Mais il ne voulait plus être le fils de Bart Bass, il ne voulait plus être ce petit garçon triste et mal aimé, condamné à la solitude éternelle. Il ne voulait pas faire passer l’entreprise avant tout pour ressembler à celui qui était son mentor. Il n’était pas prêt à renoncer à Blair pour obtenir BI, pour obtenir l’aval et l’absolution de son paternel pour ce qu’il était à l’intérieur de lui-même.

Ce qu’il voulait, encore plus que l’amour et l’approbation de son père, c’était une famille. C’était ce qu’il avait toujours voulu. C’était pour ça qu’il voulait l’épater depuis aussi longtemps qu’il pouvait s’en souvenir. Pour qu’ils puissent un jour avoir cette complicité et ce lien qui unissait chaque père et son fils, dans les films pour enfant.

Mais il pouvait avoir ça, avec ses propres enfants, sans devoir renoncer à l’amour de sa vie. Avec sa future femme, avec ses frères et sœurs, naturels ou adoptifs. Il pouvait choisir qui serait Chuck Bass et il décidait qu’il serait un homme heureux, avec une famille unie.

Il pouvait aisément se passer de celui qui ne cessait de le rabrouer et de le dénigrer, qui pensait que ses rêves et ses espoirs étaient vains et stupides. Peu importe ce que le grand Bartholomew Bass pensait. Ou bien même encore les raisons pour lesquelles Elisabeth Fischer avait choisi de l’abandonner.

Il y avait d’autres personnes qui s’inquiétaient pour lui et qui croyaient en lui. Lili le lui avait dit. Elle l’aimait comme un fils, d’une manière inconditionnelle, et c’était bien plus qu’il n’avait jamais osé espérer de ses géniteurs.

Il appuya sur la touche pour décrocher son téléphone, bien qu’il ne sonne plus depuis un bail. Le numéro se composa automatiquement et on décrocha à la deuxième sonnerie.

- Bonjour Charles.

- Bonjour Lili.

- Comment vas-tu ? demanda-t-elle, avec un ton sérieusement concerné.

Serena lui avait certainement raconté ce qui s’était passé en France, la partie qui le concernait du moins.

- Je vais bien, la rassura-t-il. Je serai à New-York d’ici quelques heures et j’aurai voulu passer te voir. Demain si ça va pour toi ?

- Bien sûr, répondit-elle, prise au dépourvu.

Elle ne s’attendait pas à ce que son fils l’appelle et on aurait dit qu’il lui demandait un rendez-vous professionnel. Mais elle en profiterait pour lui parler justement.

- Est-ce que tu es libre pour diner ? Je pourrais réserver au Lion.

- Et bien en fait, ça tombe mal, nous avons un invité un peu spécial demain soir. Mais à midi je serai libre comme l’air, pourquoi ne viendrais-tu pas plutôt à la maison ? Je demanderai à DeLucie de nous livrer un petit lunch à domicile.

Chuck resta silencieux quelques instants.

- Aucun risque que tu croises ton père, précisa-t-elle.

- D’accord, on fait comme ça, accepta-t-il finalement. Bon après-midi, à demain.

- Il est un peu plus de 23hrs à Manhattan, l’informa-t-elle. Mais bonsoir à toi aussi, bien que je ne sache pas l’heure qu’il est là où tu te trouves.

- Je ne sais pas vraiment non plus, avoua-t-il.

- Chuck ? le rappela sa mère adoptive, avant qu’il ne raccroche.

- Oui ?

- Je suis contente que tu m’aies appelée.

- Moi aussi, souffla-t-il avant de couper la communication.


katido  (27.09.2012 à 18:24)

Victoria Fischer attendait son frère à la sortie du terminal JFK.

Les voyageurs étaient les mêmes que partout ailleurs. Elle avait pris l’avion plus souvent qu’à son tour depuis sa naissance, elle connaissait les aéroports nationaux et internationaux, ils se ressemblaient tous. Sauf que cette fois, elle était à New-York. Le rythme de la ville n’était pas vraiment autre que celui de Sydney, mais la situation en elle-même changeait toute la donne.

Elle avait gagné un grand frère et le temps écoulé depuis ce dernier mois était bizarrement passé encore plus rapidement. Chuck était entré dans sa vie sans qu’elle y soit préparée le moins du monde.

Qui pourrait être préparé à ça ?

Tout son univers en avait été bouleversé et son avenir aussi. Elle se sentait comme une pile électrique, ici, au cœur de la grosse pomme, siège de nombreuses entreprises internationales. Il lui tardait de pouvoir retrousser ses manches et montrer à son nouveau mentor de quoi elle était capable.     

Et puis, elle était rasséréné de ne pas être la seule à avoir quelques soucis relationnels avec sa mère. Elisabeth et Matt avait toujours été fusionnels et elle avait tenté de contre balancer ça par une relation équivalente avec Jack, sans y parvenir. Mais sa relation maternelle était un paradis sans nuage à côté de celle de Chuck.

Elle avait un peu de mal à se situer dans tout ça. Leurs parents leur avaient menti, mais les conséquences étaient bien moindres pour elle.

Elle avait grandi comme la plus part de ses camarades de classe. Livrés à eux-mêmes pendant que les adultes vaquaient à leurs occupations. Elle le regrettait parfois mais n’avait jamais eu réellement l’impression d’être mal aimée. Car Matt avait joué ce rôle de confident et de protecteur qui leur était dévolu à l’origine et un lien particulièrement fort existait entre eux deux.

Pourtant, malgré tout ce qui s’était passé, Jack restait son père. Elle avait toujours recherché son approbation et même si elle était consciente de la manière horrible dont il s’était comporté avec les jumeaux chacun à leur tour, elle ne pouvait pas effacer ça d’un revers de main.

Quand à Chuck, il était un peu la combinaison des deux en un seul. Il avait commis des erreurs identiques à celles de Jack, mais il en tirait les leçons. Et il avait cette ressemblance avec Matt, pas seulement physique, mais aussi fraternelle et protectrice à son égard.

Sans oublié qu’il y avait cette ambition et ce goût des affaires qu’ils partageaient dans cette même recherche de reconnaissance paternelle qui était si difficilement explicable.

C’était certainement toutes les raisons pour lesquelles elle l’adorait et avait adopté son nouveau frère à la seconde où elle l’avait vu, peut-être même avant. En réalité, elle le vénérait un peu. Il représentait son idéal masculin, le tout en un.

Son plus gros problème était qu’il était difficilement conciliable de les réunir tous dans une même pièce ou autour d’une table pour un repas dominicale en famille.

Elle ne pouvait s’empêcher d’être sensible à l’histoire d’amour de ses parents. Elle avait toujours vécu dans ce climat de « je t’aime, moi non plus » et elle en comprenait à présent la raison. Bien entendu cela n’excusait pas tout, mais ils étaient son père et sa mère et elle voyait d’un autre œil le destin tortueux qui les unissait.

Elle tenait néanmoins à ce que ses frères sachent qu’elle ne pardonnait pas leurs actes répréhensibles. Car ce qu’elle voulait sauver à tout prix, c’était ses relations fraternelles. Elle avait bien plus confiance en eux qu’en n’importe qui d’autre et elle ne voulait pas que les garçons la considèrent comme une traitresse qui pactisait avec l’ennemi.

Chuck franchit les portes de l’aire de débarquement et elle se rua sur lui, sautant à son cou pour l’embrasser. Il lui rendit son étreinte avec chaleur.

- Je ne savais pas que j’aurai droit à un accueil personnalisé à l’aéroport, la taquina-t-il.

- J’étais trop impatiente que tu arrives. J’ai visité la ville de fond en comble avec Nate et les autres pour voir tout ce qu’il y avait à voir d’un point de vue touristique pendant ces trois derniers jours, mais j’ai hâte que tu me la montre à notre manière, sautilla-t-elle quasiment sur place.

- Ecoute, à propos de ça …

- Tu n’as pas changé d’avis ? s’inquiéta-t-elle. Tu vas me laisser embarquer avec toi dans l’aventure, n’est-ce pas ? J’ai demandé à Tyler de m’envoyer la copie de mon projet par mail. Tu verras c’est bien plus explicite avec les représentations graphiques.

Il sourit avec bienveillance devant les yeux de sa petite sœur qui s’illuminaient au fur et à mesure de ses paroles et passa son bras autour des épaules pour l’emmener vers la limousine qui les attendait.

- On verra ça ce soir, promit-il. Mais pour l’instant, je vais commencer par prendre une bonne douche, avant de me rendre à un déjeuner.

- C’est un déjeuner d’affaires ? questionna Vic.

- Non, mais c’est quelqu’un de très important pour moi.

- Plus important que moi ? bouda-t-elle.

Elle lui faisait penser à Blair quand elle faisait cette petite moue de princesse outragée.

- C’est ma mère… adoptive, ajouta-t-il en voyant la consternation se peindre sur les trait de Vic.

Il vit une remarque pointer sur le bout de la langue de la jeune fille, mais elle la retint au dernier moment et se contenta de monter dans le véhicule en silence, sans plus rien demander.

En chemin jusqu’à L’Empire, il lui indiqua ici et là les sièges des plus grandes multinationales, que Nathaniel Archibald n’avait certainement pas jugé utiles de communiquer lors de leur petite visite touristique et sa sœur sembla apprécier le geste. Elle retrouva son sourire et ses yeux se mirent à pétiller comme ceux d’une petite fille dans un magasin de bonbons.

Après des retrouvailles avec la famille de son jumeau qui l’attendait dans la suite en compagnie de son meilleur ami et une douche express, il se rendit chez Lili, comme convenu pendant son vol.

Elle avait toujours été de bons conseils et il avait besoin d’un avis extérieur sur ce nouvel aspect familial qui s’offrait à lui.

Il entra dans l’ascenseur et constata qu’un jeune homme blond, de haute stature, avait déjà appuyé sur le bouton qui menait à l’appartement. Il était bien habillé, même s’il portait une tenue décontractée. Après tout, c’était l’été et même Chuck avait décidé de laisser le nœud papillon au placard aujourd’hui.

Il était fourbu par le voyage et si ce n’avait été pour Lili, il se serait volontiers laissé aller à une petite sieste.

Les deux jeunes hommes pénétrèrent en même temps dans l’entrée où attendait Eric.

Chuck ne l’avait pas revu depuis une éternité. Il savait que le jeune homme ne lui pardonnait pas son comportement vis-à-vis de Jenny Humphrey. Il avait choisi son camp, il y a longtemps déjà.

Le brun fut quelque peu surpris qu’il lui adresse un signe de tête en guise de reconnaissance, il s’attendait à ce qu’il l’ignore, ou l’insulte à la rigueur.

Mais Eric était bien trop heureux d’accueillir son invité pour laisser sa rancœur envers lui gâcher l’arrivée de son petit-ami.

- Craig, s’exclama le premier blondinet sans cacher sa joie.

Le second l’enlaça, tout aussi content d’être là.

- Je pensais que tu ne serais là qu’en fin d’après-midi, commenta Eric.

- J’ai eu un vol plus tôt, il me tardait d’être ici.

Chuck dansa d’un pied sur l’autre, mal à l’aise.

- Oh! Craig, Chuck Bass. Chuck, Craig Waterly, les présenta Eric.

- Lili n’est pas là ? questionna le brun après avoir salué l’autre et inversement.

- Je n’en n’ai aucune idée, je suis arrivé il y a à peine dix minutes et je ne l’ai pas vue. Peut-être à l’étage ? supposa Eric, donnant ainsi une occasion à l’intrus de s’éclipser du tableau.

Chuck nota et grimpa les escaliers, saisissant l’opportunité avec soulagement.

Il toqua à la porte de la chambre de Lili, puis fit un tour par l’ancien bureau de son père qui était devenu une sorte de petite bibliothèque.

Son BlackBerry vibra et un message s’afficha

« Excuse-moi, la voiture est coincé dans les embouteillages suite à un accident. Je serai en retard. J’arrive dès que possible, surtout ne m’attend pas pour te régaler des petits plats qui devraient arriver sous peu »

Chuck étouffa un grognement, il n’avait aucune envie de partager le déjeuner avec Eric et son soupirant. La situation était bien assez incongrue comme ça. Au lieu de redescendre, il entreprit de jeter un œil autour de lui et de feuilleté les livres au hasard pour faire passer le temps.

Le traiteur n’avait pas encore livré les mets qu’il dégringolait les marches quatre à quatre pour regagner la sortie.

Eric le vit passer, tel un coup de vent et appela son prénom depuis le canapé où ils étaient installé avec Craig, mais celui qu’il avait un temps considéré comme un grand frère ne dévia pas de sa trajectoire et disparu derrière les portes métalliques coulissantes.


katido  (28.09.2012 à 18:21)

Nate embrassa une nouvelle fois sa petite amie, enlacés sur le sable de Cap May, ils paressaient par cette chaude après-midi de fin juillet. Le corps à moitié nu de la belle bonde aux longues jambes à côté du sien l’invitant à poursuivre son inactivité sportive.

Initialement, il devait surfer avec Matt, qui avait réussi à le convaincre, dans un moment de faiblesse, de tenter ce nouveau sport. Mais puisque Vic s’était proposée, elle aussi, d’accompagner la petite famille à la plage, il laissait le frère et la sœur s’adonner à leur passion commune pour se concentrer sur la sienne, pendant que Shaori sautait au-dessus de l’écume avec Hugo.

Il grogna en signe de désapprobation quand le téléphone de Serena chantonna et qu’elle délaissa ses lèvres pour répondre.

- C’est ma mère, indiqua-t-elle en portant le combiné à l’oreille.

- Serena, dit la voix de Lili depuis l’autre côté de la ligne. Est-ce que tu as vu Chuck ?

- Pas depuis qu’il est arrivé en fin de matinée, pourquoi ?

- Et bien, on devait déjeuner ensemble, mais j’ai eu un contretemps et il était reparti avant même que je sois là. Je n’arrive pas à le joindre depuis que je suis rentrée.

- Il a surement tout un tas de choses à faire, ou il pique un petit roupillon pour récupérer du décalage horaire.

- Sans doute, mais ce qui m’inquiète, c’est qu’Eric a dit qu’il avait l’air bouleversé en partant.

- Avec tout ce qui se passe en ce moment, il a plus que son compte de bouleversement.

- Justement. J’espère que Bart n’a pas encore fait des siennes. Il est passé hier pour savoir si je savais quelque chose et si j’avais parlé à son fils. Il était furieux.

- Chuck ne veut pas le voir, ni lui parler, en ce moment, d’après ce qu’il nous a dit en débarquant.

- Ce n’est pas ça qui arrêtera Bart, soupira Lili.

- Ecoute, je vais essayer de savoir ce qui se passe et je te tiens au courant.

La blonde termina la communication, un air soucieux accroché à son visage.

- Qu’est-ce qui se passe ? C’est à propos de Chuck ? interrogea son petit ami.

Serena acquiesça.

- Apparemment, il s’est passé quelque chose entre le moment où il nous a laissé à l’Empire et celui où il a quitté l’appartement de ma mère.

Nate attrapa son portable.

- Hey man, c’est moi, je me demandais si tu étais partant pour une petite virée ce soir ? Rappelle-moi dès que tu auras ce message.

*****

Le BlackBerry de Chuck sonna pour la septième fois de l’après-midi. Il s’apprêtait à rejeter l’appel encore une fois, mais ce n’était pas Lili, c’était Nate, alors il laissa la messagerie vocale s’enclencher.

Le barman déposa une nouvelle bouteille de scotch, remplie, sur le comptoir et débarrassa l’autre, qui était vide.

La mélodie associée au numéro de Blair résonna, à peine couverte par la musique qui émanait de la scène. Il pesa le pour et le contre quelques secondes puis décrocha.

- Bonsoir Chuck.

La voix de sa fiancée n’était pas aussi doucereuse que les autres fois. Il déchiffra lentement l’heure indiquée au bas de l’écran.

« 4:48 pm »

Ce qui signifiait qu’il était … quelle heure déjà à Paris ?

Il n’était plus assez sobre pour le calculer rapidement, mais il n’était pas encore assez ivre pour que son cerveau cesse de fonctionner complètement.

Blair entendit la musique en fond sonore et s’alarma. Il n’avait pas appelé à 22h30, heure de la capitale française, comme ils l’avaient convenu. Après un quart d’heure, elle avait rendu les armes, avant de décider de passer elle-même à l’offensive.

- Chuck ?  questionna-t-elle, la peur au ventre tout à coup.

- Je suis là, répondit-il d’une voix pâteuse. Je suis désolé, je n’avais pas vu l’heure.

- Tu as bu ?

Le signal passa de l’orange au rouge dans la tête de la belle brune et dans son estomac.

- Tu me manques. Pardonne-moi de ne pas avoir appelé, s’excusa-t-il.

Le cœur de la jeune fille se serra de douleur en entendant la détresse de son fiancé qui émanait depuis l’autre côté de la ligne téléphonique.

- Chuck, qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle le plus calmement possible.

- Je … J’aurais dû rester avec toi, marmonna-t-il.

Blair s’efforça de ne pas fondre en larmes.

- Dis-moi ce qui s’est passé, l’implora-t-elle.

- Tu as promis que tu serais toujours ma famille, articula-t-il maladroitement.

- Et c’est ce que je suis. Toujours, répliqua-t-elle.

Il était complètement incohérent, elle devait réussir à donner un sens à ses paroles par elle-même.

- Même quand tous les autres ne veulent pas de moi ?

- Je voudrai toujours de toi Chuck, tu es celui à qui je veux unir ma vie, celui de qui dépend mon bonheur, lui rappela-t-elle.

Il se rappela, au milieu du brouillard, la flamme qui dansait dans ses yeux, l’amour éternel. Elle ne lui mentait pas, elle.

- Chuck, dit-moi où tu es s’il te plait, le supplia-t-elle carrément cette fois.

Elle était totalement impuissante de là-bas mais si elle pouvait prévenir Nate ou Serena...

- Je vais rentrer, j’avais juste besoin d’entendre ta voix. Je t’aime, comme je n’ai jamais aimé personne. Tu me manques.

- Tu me manques aussi. Mais s’il te plait dis-moi où tu es, je vais demander à Nate ou Serena de venir te chercher. Où es-tu ?

- Serena ? Inutile de les déranger, je vais bien, je t’assure, j’ai seulement besoin de retrouver la limo … Et d’un peu d’air. Pardonne-moi pour ce soir. Je t’appelle demain, sans faute. Je t’aime.

Il raccrocha et laissa aller sa tête sur ses avant-bras posés sur le comptoir.

Il avait besoin d’une minute ou deux pour réussir à se laisser glisser du tabouret et mettre un pied devant l’autre jusqu’à la porte. Mais la musique était trop forte, elle l’empêchait de réfléchir et de se concentrer.

*****

Serena Van Der Woodsen répondit avec appréhension en découvrant le numéro de sa meilleure amie sur l’écran d’affichage.

Aucun d’eux n’avaient la moindre idée d’où était passé son frère adoptif depuis l’heure du déjeuner, soit approximativement deux heures après son atterrissage sur le sol américain.

Et elle n’avait pas envie d’être celle qui l’annoncerait à la brune incendiaire. Ils avaient promis de veiller sur lui et ils l’avaient perdu à peine arrivé.

- Je croyais que vous deviez prendre soin de Chuck ! hurla Blair dans le combiné.

Bon, elle le savait déjà, inutile de le lui annoncer !

- B …

- Comment vous avez pu le laisser se mettre dans un état pareil alors qu’il n’est sous votre garde que depuis quelques heures ?

- Sous notre garde ? Blair, il n’a pas cinq ans, tenta Serena.

- L’âge n’a aucune importance ! Tu sais à quel point il est vulnérable quand il s’agit de Bart.

Matt saisit l’appareil des mains de la blonde.

- Blair, dit-il sur un ton qui ne souffrait pas d’être interrompu. Si tu sais quoi que ce soit, tu ferais mieux de nous le dire, au lieu d’engueuler Serena. C’est pas ça qui va nous aider à le retrouver.

Il entendit la brune glapir depuis Paris.

Elle rageait d’être impuissante depuis l’autre côté de l’Atlantique et ça, il pouvait parfaitement le comprendre mais ce n’était pas le plus urgent dans l’immédiat.

- Je ne sais pas où il est, déclara-t-elle d’une voix défaitiste qu’il n’imaginait pas possible d’entendre de sa part. Il est dans un bar, soul comme un cochon, c’est tout ce que j’ai comme informations.

-  Oui, ça Nate s’en doutait, on est sur le chemin du retour….

- Sur le chemin du retour, mais d’où ? questionna-t-elle sans plus rien comprendre.

- De la plage, on est ….

- Vous l’avez laissé seul en ville, le jour de son arrivée ?!  Mais vous êtes complètement inconscients où quoi ?? s’éberlua-t-elle.

- Du calme, s’énerva-t-il à son tour, le poids de la culpabilité pesant sur ses épaules.

C’est lui qui avait eu cette idée brillante de venir surfer sur la côte aujourd’hui.

- J’arrive pas à croire que vous ayez été assez stupides pour le laisser seul aux prises avec Bart à peine débarqué, tempêta-t-elle encore.

- Il devait passer l’après-midi avec Lili, on n’avait aucune raison de le chaperonner ! dit-il en guise d’excuse. On va écumer tous les endroits qu’il a l’habitude de fréquenter et on va bien finir par lui mettre la main dessus.

- Alors tu peux te préparer à ne pas dormir de la nuit parce qu’il ...

- Peu importe le temps que ça prendra, la coupa Matt. On te donne des nouvelles dès qu’on l’a récupéré.

Il referma le smartphone de Serena, sans laisser l’occasion à la brune de placer un mot supplémentaire.

Elle observa l’écran de son appareil avec incrédulité.

Matt avait osé lui raccrocher au nez !!


katido  (29.09.2012 à 10:28)

Matt et Nate ressortirent du bar suivant, sans plus de succès. Ils firent un signe de dénégation à Vic et Serena qui les attendaient devant, appuyées contre la limousine.

La blonde raccrocha et soupira elle aussi.

Shaori venait de l’informer que Chuck n’avait toujours pas regagné sa suite. Cette dernière était rentrée avec Hugo et faisait le pied de grue à l’Empire pendant que les quatre autres fouillaient la ville de fond en comble.

- On devrait peut-être tout de même essayer Bart, reprit Nate après une courte réflexion.

- Il ne veut pas le voir, répondit Matt.

- Je sais, c’est ce qu’il a dit, mais il y a peut-être un élément…

- Blair a dit qu’il était dans un bar et déjà bien imbibé, il ne se présentera pas devant Bart dans cet état, raisonna la blonde.

- Ce n’est pas possible, s’exclama la plus jeune. Il ne peut pas avoir disparu.

- As-tu seulement une idée du nombre de possibilités ? grommela Nate. Il possède plus de la moitié de cette ville !

- J’en ai une vague idée, oui, depuis quelques semaines ! Et au cas où tu n’aurais pas tout suivi, il ne possède plus rien, Bart lui à tout repris !

- Stop ! cria Serena en levant les deux mains dans les airs pour que chacun reprenne son sang-froid.

Le silence s’établit entre les jeunes quelques instants, rythmé seulement par le passage de la circulation sur l’avenue.

- Le Victrola ! s’exclamèrent soudain, au diapason, les deux New-Yorkais.

- Vic, tu es un petit génie, dit Nate en ouvrant la porte du véhicule pour qu’ils s’y entassent tous.

La blonde donna les instructions aux chauffeurs.

- C’est quoi le Vic machin-chose ? questionna Matt.

- Le cabaret de Chuck, dit sa sœur, avec un petit air supérieur. La seule chose qui n’est pas dans les actifs de BI. Il l’a acheté avec son argent, avant d’avoir hérité.

- Il a un cabaret ? Comme dans le film « Moulin Rouge » ? s’ébahit son jumeau. Non, j’y crois pas.

- Tu verras par toi-même, dit Nate.

Lorsqu’ils arrivèrent à l’endroit, Vince, le barman, leur assura qu’il était bien là. Mais il avait titubé jusqu’à la porte du fond, il y a déjà plusieurs heures.

- Alors, tu viens ? questionna sa sœur à l’adresse de Matt.

Le jeune homme était planté, bouche bée, devant le spectacle sur la scène, au lieu de suivre les autres. Finalement, il se décida à bouger au rappel de la petite brunette.

- Il est surement là-haut, indiqua Nate en arrivant au pied d’un escalier, il a une passion pour les toits.

Les quatre mousquetaires grimpèrent les marches jusqu’à la porte qui donnait sur l’étage ultime du bâtiment.

Quand ils s’aventurèrent sur la terrasse, ils le trouvèrent là, assis par terre contre le muret d’enceinte de l’espace ouvert, les yeux clos.

- Chuck, souffla son meilleur ami en le secouant doucement.

- Nate, marmonna-t-il entre ses dents, somnolant. J’avais juste besoin de respirer un peu.

- Oui, je sais. Allez, debout mon pote, c’est l’heure de rentrer à la maison.

- Donne-moi juste encore une minute, dit son meilleur ami, sa tête dodelinant d’un côté à l’autre.

Les deux jeunes hommes l’empoignèrent chacun par un bras et passèrent le leur sous ses épaules. Ils le transportèrent dans les escaliers, puis à travers la salle, jusqu’à la limo.

La marche forcée le dégrisa un peu mais pas complètement et il s’effondra à moitié sur la banquette.

Vic se remémora une autre nuit, de l’autre côté de la mappemonde, où son autre frère avait été embarqué dans une ambulance, dans un état carrément comateux. Elle n’avait pas treize ans et ça l’avait dissuadé à jamais de s’enivrer ou de tenter toutes expériences de produits réputés planants. Il n’y avait rien d’amusant à littéralement planer jusqu’à rencontrer la surface du sol quand personne n’était là pour vous rattraper.

- Il va aller bien, n’est-ce pas ? demanda-t-elle à la blonde, pendant que les garçons, s’installaient sur le siège en cuir à côté de Chuck.

- Oui, ne t’inquiète pas, il a fait bien pire que ça, c’est Chuck Bass, répondit-t-elle pour rassurer la jeune fille tout juste majeure.

- Au moins cette fois, il n’est pas monté sur le surplomb, sourit Nate, se voulant encourageant lui aussi.

Mais ça n’eut pas vraiment l’effet escompté.

Serena lui jeta un regard noir.

- Quand est-ce qu’il a fait ça ? voulut savoir Vic.

L’héritier Archibald consulta sa petite amie en silence mais maintenant qu’il avait ouvert la brèche autant répondre à ses questions.

- Après que Jack l’ai ramené de Bangkok, où il s’était enfui, après l’enterrement de Bart.

- Il est vraiment passé par une sale période, commenta Serena, son BlackBerry à la main. Si B n’avez pas été là pour l’empêcher de sombrer…..

L’appareil composa le numéro de sa meilleure amie, il devait être aux alentours de 4h30 du matin à Paris mais elle décrocha à la première sonnerie.

- Il va bien, dit S sans attendre.

Elle entendit la jeune femme pousser un soupir de soulagement

La jeune Australienne repoussa une mèche de cheveux tombée sur le front de son frère, avachi contre la vitre.

- Blair, marmonna-t-il en ouvrant à demi les yeux.

- Ce n’est que moi, sourit doucement Vic.

- Tiens, dit la blonde en mettant son BlackBerry dans la main de son frère adoptif.

- Chuck ? demanda sa fiancée.

- Je vais bien, lui assura-t-il. Je t’avais dit de ne pas t’inquiéter.

- Je sais, mais je n’ai pas pu pas me raisonner. Je voudrais être là-bas, avec toi. Tu me manques.

- Tu me manques aussi, dit-il. Je te rappelle demain.

- D’accord, on parlera de ça plus tard, comprit-elle. Je t’aime.

- Moi aussi.

Elle reposa l’appareil et s’enfonça à nouveau sous sa couette, cette fois, elle tomba dans les bras de Morphée sans plus attendre, rassurée de le savoir en sécurité avec ses amis et sa famille.

Serena récupéra son téléphone et composa le numéro de sa mère. Elle lui avait promis de la prévenir pour la tenir au courant de la situation. Elle avait raté le diner de présentation de Craig. Elle espéra qu’Eric ne lui en tiendrait pas rigueur vu l’urgence de la situation.

 -Maman, dit la blonde lorsque Lili porta le combiné à son oreille.

Chuck tressaillit et tenta de focaliser son regard sur les lumières de la ville. Mais c’était difficilement supportable pour son estomac. Aussi plissa-t-il fortement les paupières, appuyant son front contre la vitre froide.

- Oui, il est là avec nous, on rentre à l’Empire, l’informa sa fille.

- …

- Je lui dirai, dit S avant de clore la conversation.

Elle rangea son téléphone dans son sac et posa une main sur l’avant-bras de son frère adoptif qui semblait émerger lentement.

- Maman aussi s’inquiétait. Quand elle est rentrée, tu avais disparu. Elle voudrait remettre votre déjeuner d’aujourd’hui à demain.

- Inutile, j’ai déjà signé les documents, elle peut être tranquille, grommela-t-il en se renversant sur le siège vers l’arrière.

Il posa le dos de ses mains, croisées, devant ses yeux, les bras largement écartés.

- Quels documents ? l’interrogea S.

- Je suis certain qu’elle se fera une joie de t’expliquer tout ça en détails quand tu rentreras, bougonna-t-il derrières ses doigts entrelacés.


katido  (30.09.2012 à 10:14)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E201
Lundi 8 juin à 20:40
2.12m / 11.3% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E201
Lundi 8 juin à 19:15
2.04m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Ici tout commence, S06E201
Lundi 8 juin à 18:35
1.83m / 17.5% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Jem et les Hologrammes bientôt de retour sur les écrans dans une série live action

Jem et les Hologrammes bientôt de retour sur les écrans dans une série live action
La série animée des années 80, Jem et les Hologrammes, s'apprête à faire son retour. En effet, une...

Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins

Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins
Scooby-Doo montre enfin le bout de sa truffe ! Netflix a dévoilé la première image du célèbre chien...

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

HypnoRooms

choup37, 06.06.2026 à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, 07.06.2026 à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, 07.06.2026 à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages