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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 31.07.2011 à 21h12
Auteur : Flash
Statut : Terminée
« Sully amnésique écrit son journal intime » Flash
Cette fanfic compte déjà 85 paragraphes
Elle me coupa net :
« Mais j’étais là, et vous aussi et Nuage Dansant. Nous sommes arrivés trop tard pour pouvoir stopper… Nous sommes arrivés après, nous les –nous les avons trouvés, Sully »
Elle poursuivit :
« J’ai découvert les corps de Bison Noir et de sa femme » Elle n’a pas dit comment ils étaient morts, je ne pense pas qu’elle croyait que je le supporterais. « Et vous, vous avez trouvé Oiseau Blanc »
Je levai mes yeux vers elle, son visage était comme le mien : rempli de larmes.
« Oiseau Blanc était toujours en vie quand nous l’avons trouvé, elle a juste dit comment Custer était arrivé, que personne n’avait pu s’enfuir »
« A-t-elle dit autre chose ? » j’ai murmuré
« Oui, comme Nuage Dansant la serrait dans ses bras, elle a soupiré : comment feras-tu sans moi ? »
Je me couvris le visage de mes mains. Après un moment, je sentis la main du Dr Mike sur mon épaule et nous avons pleuré là tous les deux.
Puis j’ai demandé comment allait Nuage Dansant.
Dr Mike soupira longuement : « Il est dévasté, il ne pouvait pas se pardonner de ne pas être parti avec eux à Fort Cobb. »
« Mais il va mieux maintenant, lui et moi, nous sentions tellement coupables. Nous sommes partis tous les deux et il a fini de m’enseigner la médecine comme les Esprits lui avait dit.
Je ne sentais pas bien d’un coup.
« Vous allez bien » elle me demanda
“Non” j’admis difficilement “j’ai besoin de temps”
« Bien sûr, je vous laisse pour l’instant. Promettez moi seulement de m’appeler si vous avez besoin de quoi que ce soit ou si vous voulez juste parler. »
« Oui, merci » pas trop enclin à formuler une réponse mais essayant d’être poli.
Elle me regarda comme si elle voulait me réconforter mais sagement comprit que je voulais être seul.
Je m’allongeai sur le lit, commençant le deuil de ma famille.
MON JOURNAL
25 Mars 1870
Elle frappa à ma porte. J’étais dans le noir. Comme je ne répondais pas, il entra doucement croyant certainement que je dormais. C’est pourquoi elle sursauta quand je dis :
« C’est bon, je ne dors pas ! »
“Sully ? Vous allez bien ? Vous avez une autre migraine ?”
« Non ! »
« Alors pourquoi êtes-vous dans le noir ? »
« Pourquoi pas ? »
Sa voix était attentionnée.
« Puis-je ouvrir un peu les rideaux afin de vous voir ? »
« Allez-y »
Je vis alors qu’elle portait une robe des plus habillées et cela m’a pris quelques instants avant de réaliser qu’on était dimanche.
« Vous êtes allée à l’église ?
« Oui, et je voulais vous proposer de manger avec nous »
« j’ai pas faim » j’avais d’un ours de mauvaise humeur.
« Vous devez manger, et rester assis là n’est pas bon pour vous »
« C’est tout ce que je suis apte à faire »
« Qu’est ce que vous racontez ? »
« Nuage Dansant se cache, les Cheyennes sont morts, et je ne m’en souviens même pas ! Tout ce que je peux faire c’est rester là complètement inutile ! » Je m’emportai.
Je poursuivi :
« Je me sens comme si j’étais mort moi aussi »
Elle s’approcha de mon lit :
« Sully, écoutez-moi. Je sais que vous profondément triste, votre mélancolie est naturelle mais vous irez mieux, je vous le promets, avec du temps. »
« Du temps ?!! » Je répétais. “Le temps n’a aucune signification pour moi, Dr Mike. Je vis hors du temps. J’ai perdu une partie de mon passé et je n’ai pas de future ! »
“Sully, cela ne vous ressemble pas de vous morfondre de la sorte !” Elle commença.
Je la coupai :
« Non ? Alors qu’est qui me ressemble, hein ? Vous avez l’air de tout savoir, d’avoir toutes les réponses ! »
« Sully, je n’ai jamais eu la prétention de tout connaître »
Je la coupai encore une fois :
« Eh bien, vous en savez bien plus que moi ! Mais bien sûr, ça n’a rien d’étonnant ! Tout le monde en sait plus que moi ! Et maintenant dites-moi : qu’est-ce que je fais ?!! »
« Vous voulez dire : qu’est-ce que vous allez devenir ? » Elle demanda calmement, refusant de s’offenser par mon intonation de voix.
« Quelque chose comme ça, oui ! »
« Eh bien, bien entendu, cela reste votre décision, Sully mais vous avez des options. Les choses ne sont pas aussi désespérées que vous semblez le croire. C’est vrai : vous avez perdu une partie de votre passé, mais il peut vous revenir. Je vous assure que n’êtes pas ce que vous prétendez : vous n’êtes pas un homme sans futur ! »
« Ca ce n’est pas moi qui pourrait le prouver ! » Je m’entêtais « Toute ma famille, mes amis ne sont plus de ce monde. Je n’ai nulle part où aller. De plus, si vous me suggérez que je m’installe en ville, alors ce serait bien mal me connaître ! Ce genre de vie ne me convient pas du tout ! »
« Je n’allais pas vous suggérer cela » dit-elle avec douceur.
« Alors quoi ?! » la défiais-je. « Je travaillais dans les mines d’argent mais jamais plus je ne referai cela. Je suppose que je pourrais retourner vivre seul dans les bois comme j’ai fait quand ma femme est morte mais je ne pourrais pas me réconforter avec Mère Nature, pas après ce qui est arrivé aux Cheyennes. »
« Je n’ai pas de travail, pas de talents. Je connais seulement le territoire, la chasse et un peu la menuiserie. » ajoutai-je
« pas qu’un peu » dit-elle.
« C’est gentil à vous de dire cela, mais vous n’êtes pas une experte en menuiserie, l’êtes-vous ? Pensant que venant d’elle, ce ne serait même pas étonnant. On aurait dit qu’il n’y avait pas de fin aux innombrables compétences de cette femme hors du commun.
Mais elle a seulement ri doucement : « Non, j’ai bien peur que ce don ne m’a pas été attribué. Mais je peux reconnaître quelque chose de magnifique. J’ai vu votre travail, Sully, des extraordinaires créations, je dois dire. »
« Donc, vous dites que je devrais devenir menuisier ? »
« Seulement si vous le souhaitez. »
« Eh bien ,je ne le souhaite pas ! » répliquai-je brusquement. « La façon dont je vois les choses Dr Mike est qu’il faudrait mieux que je parte. Plus rien ne me retiens ici. Plus maintenant. »
Un bruit se fit entendre dans les escaliers. Dr Mike sortit puis revint quelques minutes plus tard. Les enfants mangeaient apparemment avec leurs amis (ou fiancée)
Ce fut Dr Mike qui reprit la parole :
« Vous savez Sully, vous avez un travail ici ! Et il y a des gens qui ont besoin de vous et qui dépendent de vous. »
« Je ne peux pas me souvenir de quoi vous parlez et il n’y a personne en ville qui a besoin de moi » Ma voix était très dure mais je ne pouvais rien y faire.
« Et les enfants Sully ? Vous êtes le mentor de Matthew, l’ami de Colleen, le modèle de Brian. »
« Je les aime beaucoup » j’admis me sentant envahir par la honte. « mais je ne peux pas construire ma vie autour de l’amitié ! »
« Je vous comprends, Sully. Mais les enfants ne sont pas les seuls qui ont besoin de vous. »
“Qui ?” demandai-je déboussolé
Elle s’éclaircit la gorge: “Euh, c’est…une longue histoire.”
« Nous avons beaucoup de temps puisque les enfants sont partis.
Elle se leva, se regarda dans le miroir. Portant ses mains à son chapeau, elle l’enleva. Puis, elle retira les pinces qui maintenaient sa coiffure en place. Sa longue chevelure dégringola le long de son dos.
Je ne pouvais regard ailleurs que sur la vue magnifique de cette chevelure, qui brillait dans le peu de lumière qu’on avait. Toutes les fois où je l’avais vue, ses cheveux étaient attachés, tressés. C’était la première fois que je les voyais libres. Je me sentais comme si ma respiration avait été bloquée par la force et par la beauté de ces cheveux, et de sa beauté à elle.
« C’est mieux » dit-elle satisfaite. Elle se rassit sur la chaise, se mettant à l’aise. « Où en étions-nous ? »
Je devais la fixer puisqu’elle se pencha et dit :
« Sully, tout va bien ? »
Je sursautai :
« Oui » je répondis un moment après, quand j’ai été capable de reprendre une respiration normale. « Je, euh, je rêvaissais.
Je m’éclairci la gorge, en essayant de me reprendre. Finalement, j’ai été capable de la regarder sans avoir l’air d’être un espèce de prétendant nerveux.
« Donc, vous …vous avez dit que j’avais un travail ? »
Je suppose que j’avais l’air normal car elle se détendit et répondit :
« oui, un travail important. Du moins, je pense qu’il est important. »
J’attendis
« Vous êtes un agent indien, Sully. »
« Je vous demande pardon ? » pesant que j’avais mal entendu.
« Vous êtes un agent indien, Sully par nomination spéciale du Président Grant ! »
Je commençais à rire doucement tellement c’était absurde. « C’est ça, et qui se joint à nous pour le souper ? La Reine Victoria ?!! »
« C’est vraiment drôle » Dr Mike répondit sèchement.
Je la regardai avec un regard rempli d’excuses. « Désolé, je ne voulais pas vous offenser. En fait, vous m’avez fait marcher ! Malgré tout le respect que je vous dois, jamais, je ne travaillerais pour l’armée. »
« Vraiment, n’est-ce pas ce que vous avez fait quand vous étiez sniper en Géorgie ? »
Mon sang se glaça et d’un ton agressif je demandai :
« Comment êtes-vous au courant de ça ? »
Son visage exprima immédiatement plein de remords :
« Je m’excuse Sully, c’était cruel. Je souhaitais seulement vous montrer que je ne « vous racontais pas d’histoires » comme vous disiez. »
« Je n’avais jamais raconté à quiconque ça, sauf Nuage Dansant. » Je dis froidement.
« Mais vous me l’avez dit, vous n’aviez pas vraiment le choix, j’avais besoin de savoir la vérité afin de vous aider à sortir de prison –arrêté pour désertion. »
Pendant au moins une demie heure, j’écoutais Dr Mike raconter l’époque où nous étions allés à Washington : le Général Parker, la conférence sur les Indiens, la Maison Blanche.
Je me sentais toujours comme un lâche qui avait fait une terrible erreur dans sa vie et qui n’avait même pas le courage de l’avouer. Je n’ai pas vraiment envie de revenir sur ce souvenir douloureux dont je me souviens que trop bien.
Passons ;
Je n’avais toujours pas de souvenirs de mon amitié avec le Dr Mike, mais découvrir qu’elle connaissait mon péché me gênait, au plus profond de moi d’une manière que je ne saurai décrire. Penser qu’un jour, j’avais son respect et je l’avais probablement perdu me laissa une drôle sensation de vide.
Ce n’est pas la première fois que je me pose des questions sur nous deux : comment sommes-nous devenus amis et pourquoi je sentais comme si nous avions chacun une part importante dans la vie de l’autre ?
Un moment après, alors que nous étions toujours perdus dans nos pensées et qu’elle ne remarquait pas que je la regardai, je captai une expression différente dans ses yeux : une regard profondément morne.
Je fixais de longues minutes ses yeux superbes, puis je suivi la courbe gracieuse de ses lèvres, la longue et délicate ligne de son cou. Mon cœur s’accéléra alors que mes yeux continuaient leur voyage, descendant toute la longueur de sa chevelure, s’arrêtant un instant sur la vallée formée par sa poitrine.
Soudainement, j’eus envie de la prendre dans mes bras, de l’embrasser –sachant instinctivement quel goût auront ses lèvres sur les miennes : douces, chaudes, et incroyablement fermes. Je savais que se peau serait douce et sucrée, que ses cheveux auraient le parfum enivrant du lilas. Je voulais coller mon corps au sien, ma tête noyée dans ses cheveux, parcourant de mes doigts son dos sensuellement. Je voulais… Oh, je voulais…
« Je crois que nous avons suffisamment parlé du passé, Sully » Dr Mike remarqua après un temps, me faisant abandonner mes tendres pensées.
Je me sentis rougir, mais cette fois ce n’était pas de honte de mon passé.
J’acquiesçai silencieusement, temporairement incapable de parler. Inconfortablement, je me rongeais les ongles comme si j’essayais d’effacer le résultat physique de mes pensées pour elle. Je pouvais seulement imaginer comment elle aurait été horrifiée de voir la manifestation évidente de mes pensées secrètes. C’est pourquoi, je me rapprochais du coin du lit afin qu’elle ne puisse pas voir.
Finalement, quand j’ai été capable de reparler normalement, je l’ai remerciée pour le temps qu’elle m’accordait, me racontant la vérité sur mon passé et m’aidant à l’accepter.
« Je suis contente de vous aider, Sully. » Elle dit sincèrement. « Je ne peux imaginer ce qu’on peut ressentir lorsqu’on perd une partie de sa vie. Cela demande un certain courage. Je vous admire, plus que vous ne pouvez l’imaginer. »
“J’espère que je continuerai à gagner votre admiration” ajoutai-je timidement. « mieux que je ne l’ai fait auparavant. J’espère ne jamais encore vous décevoir. »
“Vous ne m’avez jamais déçue” elle dit doucement.
Vous nous regardions, nos yeux bloqués dans ceux de l’autre et l’espace d’un instant, tout était devenu clair, mais lorsqu’elle a baissé ses yeux, cette sensation disparut.
« Avez-vous changé d’avis : venez-vous dîner avec nous ? » Elle demanda d’une manière persuasive.
Les coins de ma bouche ont formé un léger sourire :
« Très bien, je pense que j’aimerais venir en fin de comptes. »
« Bien » Elle ajouta.
MON JOURNAL
16 mars 1870
Il était 3h du matin mais mon esprit était toujours connecté aux pensées de sa soirée avec Dr Mike: je n’arrivais pas à dormir.
Cela me faisait un drôle d’effet de revenir dans cette maison. Je ne me souviens pas y être revenu depuis la mort d’Abagail. Mais selon Dr Mike et les enfants, j’y venais très souvent. Je lui loue pour un dollar par mois.
Je ne me sentais pas très bien de revoir cette maison, elle me rappelait trop ma vie avec Abagail… Dr Mike le savait sans que je ne dise rien. Je ne sais pas comment elle fait ça ! Elle m’avait demandé si ça allait alors que nous quittions la clinique :
« Si ça peut aider, Sully, la maison a beaucoup changé : vos affaires personnelles ont été mises dans la grange, et les enfants et moi avons ajouté notre note personnelle… L’année dernière, vous l’avez agrandi afin que nous ayons plus de place. J’espère que ces changements vous rendront la tâche plus facile. »
« C’est gentil à vous » Je répondis après un moment. Elle allait monter dans le chariot et sans réfléchir, je mis ma main sous son bras pour l’aider. Elle me regarda rapidement, les joues rosies : « Merci » Elle ajouta rapidement.
Elle attrapa les guides mais je posai ma main sur la sienne :
« Je conduis, après tout, je connais le chemin ! »
« Oh oui, bien sûr » répondit-elle un peu gênée en souriant faiblement. Elle glissa sur l’autre bord du siège et me hissai moi-même à côté d’elle, sentant son corps tout près du mien…
Le cheval se mit au trot, je me sentais bizarre dehors. Soudainement, nous n’étions plus « docteur et patient », nous étions quelque chose d’autre … Quelque chose que je ne pouvais pas nommer.
Il fallait que je trouve un sujet de conversation rapidement afin d’éviter des pensées étranges au sujet du Dr Mike.
« Comment les enfants vont-ils rentrer à la maison ? » J’étais incapable de trouver mieux.
« Ils marcheront, c’est ce qu’ils font habituellement après l’office lorsqu’il fait beau. Il fait plus doux maintenant, après ce froid inhabituel. » Son timbre de voix était étrange et je me demandais pourquoi un hiver rude la troublait tant. On dirait que je vois un sens caché à tout ce qu’elle dit.
« Y avait-il un blizzard ? Des gens ont-ils été blessés ? » Je demandai curieusement.
“Oh, non, rien de tout cela, c’est juste – euh, vous ne vous en souvenez pas et nous ne vous l’avons pas dit mais vous avez été exposé à un sérieuse pneumonie quand vous étiez dans les montagnes avec Nuage Dansant. L’infection était particulièrement sévère. Heureusement vous étiez encore inconscient, la fièvre est partie et l’infection s’est réduite quelques jours avant que vous vous réveillez. »
« Vous m’avez soigné remarquablement, je vous en suis reconnaissant Dr Mike »
« Mes compétences ont très peu à voir avec ça. Heureusement, vous êtes jeune avec une forte constitution et également une forte volonté de vivre. C’est ça qui vous a fait guérir rapidement. »
« Peut être mais vous êtes tout de même un très bon médecin » dis-je en le regardant droit dans les yeux.
Lorsque nos yeux se sont rencontrés, une étrange énergie est passée entre nous. Mes sens étaient en alerte. J’étais certain qu’elle sentait la même chose. Nous avons rompu ce contact visuel en même temps comme si aucun de nous n’était prêt à conclure ce moment… quelle que soit cette conclusion d’ailleurs.