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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 31.07.2011 à 21h12
Auteur : Flash
Statut : Terminée
« Sully amnésique écrit son journal intime » Flash
Cette fanfic compte déjà 85 paragraphes
«A pied et le cœur léger, je prends pour la large route.
Saine, libre, le monde devant moi,
Le long chemin devant moi me menant là où je le souhaite.
Désormais je ne demande plus de bonne fortune, je suis moi-même de bonne fortune,
Désormais je ne pleure plus, ne repousse plus, n’ai besoin de rien.
Faite avec des plaintes de l'intérieur, des bibliothèques, des critiques querelleuses,
Forte et satisfait, je voyage sur la large route. . . . "
«Camarade, je te tends ma main!
Je te donne mon amour plus précieux que l'argent,
Je me donne à toi avant la prédication ou la loi;
Veux-tu te donner à moi? Viendras-tu voyager avec moi?
Allons-nous rester ensemble tant que nous vivrons? "
C’était silencieux autour de nous. Puis, Dr Mike dit doucement, presque comme si elle se parlait à elle-même :
« Pensez-vous que Whitman avait quelqu’un de précis à l’esprit quand il a écrit ça ? »
« Certainement, quelqu’un dont il était proche, ou bien qui avait une grande importance pour lui. »
« Avez-vous déjà eu un ‘camerado’, un compagnon, Sully ? » Elle demanda alors que je ne m’y attendais pas.
Je fixai ses yeux, j’y vis une expression mélancolique. Peut-être avait-elle été déçue en amour ? je pensai soudainement ? Peut-être aimait-elle quelqu’un qui l’avait quittée, pour je-ne-sais quelle raison. Je ne pouvais pas imaginer un homme abandonnant volontairement une femme comme elle mais c’est sans compter la stupidité de certains hommes.
« J’avais un meilleur ami. Son nom est Daniel. Nous sommes partis dans l’Ouest ensemble. Mais je ne pense pas que c’est de cela dont Whitman veut parler. » je répondis avec un petit sourire.
« Non, non, c’est vrai » elle répondit avec son air mélancolique.
« La seule personne dans ma vie qui aurait pu être décrite de cette façon est ma femme. » J’ajoutai pour répondre complètement à sa question.
« Oh, oui, oui, bien sûr. » Elle dit rapidement puis baissa les yeux.
« Voulez-vous qu’on s’arrête de lire ? » Effrayé de l’avoir offensée.
Elle se retourna vers moi et avec un sourire répondit :
« non, s’il vous plaît, j’aime beaucoup le timbre de votre voix »
« Vous êtes sûre ? »
Elle acquiesça, je feuilletai les pages et demandai :
« Celui-là ? » puis je commençai à lire.
“’I sing the body electric,
The armies of those I love engirth me and I engirth them,
They will not let me off till I go with them, respond to them,
And discorrupt them, and charge them full with the charge of
the soul. . . .’”
Ma voix devenait de plus en plus assurée, mon coeur se réchauffait à ces mots:
“’O I say these are not the parts and poems of the body only, but
of the soul,
O I say now these are the soul!’”
«Je chante le corps électrique,
Les armées de ceux que j'aime m’enlacent et je les enlace,
Ils ne vont pas me laisser aller jusqu'à ce que j’aille avec eux, que j’y réponde,
Et que je les soulage, et que je leur donne entièrement le don de l’âme… »
“Oh, je dis que ce ne sont pas les parties et les poèmes du corps uniquement, mais aussi de l’âme,
Oh, je dis maintenant, c’est l’âme ! »
Complètement perdu par le pouvoir de ce poème, j’étais inconscient de la réaction du Dr Mike jusqu’à ce que j’entende un petit bruit, comme une respiration difficile, coincée dans la gorge. Je levai les yeux vers elle ; elle avait ses yeux remplis de larmes.
« Je suis désolé » je dis rapidement, honteux de l’avoir blessée. « Peut-être était-ce inconvenant, je m’excuse si je vous ai embarrassée. »
Elle essuya ses larmes :
« Non, ça va » Elle assura. “c’est juste, …, ça me rappelle… » sa voix se brisa.
« cet ami dont vous parliez tout à l’heure ? » Je tentai.
« oui » elle admit après un moment mais ne donna pas d’information supplémentaire.
« Puis-je vous demander ?... » je commençai en hésitant. « c’est un homme ou une femme ? »
« C’… c’était un homme » elle répondit après un instant, son regard sur ses genoux.
« Que lui ai-t-il arrivé ? » Je demandai, observant sa réaction.
« Il… est parti » elle dit doucement, son visage vide de toute émotion.
Je restai un moment silencieux, mais pour une raison inconnue, il fallait que je sache. J’avalai.
« pour toujours ? »
Nos regards se croisèrent. « Je ne sais pas » Ses yeux trahissant une infinie tristesse.
Encore une fois, je restai silencieux me demandant qui était cet ‘ami’. Cet homme à qui elle tenait tant, l’avait blessée. Inexplicablement, je me sentais en colère contre lui-même si je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle il était ‘parti’. Et ce n’était pas tout. J’étais jaloux- de cet homme qui avait su attirer son regard. Comment avait-il pu oser l’abandonner ?!!!
Je rassemblai mon courage : « Puis-je vous demander encore une chose ? »
« Bien sûr »
Je fixai mon regard dans le sien :
« Avez-vous déjà été amoureuse ? »
« C’est une question… très personnelle, Sully. » Elle répondit évasivement.
“Je sais et peut-être, je n’ai pas le droit de vous la poser” Je lui dit courageusement. « Mais vous semblez si triste, je ne peux pas m’empêcher de penser…De plus, vous savez tellement de choses à mon sujet, je me sens à mon désavantage » Je me défendais comme je pouvais. « Je ne voulais pas être indiscret » Je me forçai à ajouter.
« Ce n’est pas de l’indiscrétion. Vous êtes curieux et c’est bien normal, Sully, et pas seulement à mon sujet, j’en suis sûre, mais à propos de tout. Après tout, vous avez perdu une bonne partie de vos souvenirs. Et cela semble un peu injuste que je sache tant sur vous mais que vous sachiez si peu sur moi. C’est simplement vos souvenirs, ou plutôt le manque de souvenirs_ qui posent problème. En tant que votre médecin, c’est sur là-dessus qu’il a fallu se concentrer.
Son explication avait, certes du sens, mais elle évitait la question et comme je suis têtu, je ne pouvais pas la laisser sans réponse.
« Etes-vous en train de dire que vous préférez ne pas me répondre ? »
« Chaque question mérite une réponse » Elle accorda après un moment. « très bien puisque vous tenez à le savoir. J’ai été fiancée quand je vivais encore à Boston. Il s’appelait David Lewis. Il était médecin. »
Automatiquement, mes yeux se posèrent sur sa main gauche mais elle ne portait pas de bague.
Elle remarqua mon regard sur sa main et anticipa ma prochaine question :
« Il s’est engagé dans l’armée » Son timbre était dénué de toute émotion. « Plus tard, nous avons appris qu’il avait été tué dans une bataille. »
Immédiatement, je regrettai ma curiosité :
« Je suis désolé, je n’avais pas réalisé… »
« Merci, mais vous n’avez pas à vous excuser. En fait, il n’était pas mort mais grièvement blessé. Il est venu, ici à Colorado Springs, sept ans après notre dernière rencontre. »
Je ne m’attendais pas à un tel événement. Mon expression trahissait ma surprise.
« Au début, je ne l’avais pas reconnu. Son apparence avait changé suite à ses blessures. Même sa voix avait changé. Il s’est pris un autre nom et un autre métier et il n’avait pas voulu venir me retrouver avant de peur que je sois trop choquée. Cependant, quelque chose… ses manières, des choses qu’il a dites m’ont fait comprendre qui il était vraiment.
« Mais, vous avez tout de même dû être choquée !!! »
« Oui, énormément. Mais j’étais soulagée qu’il ait survécu… »
« Mais, n’avez-vous pas été heureux de vous retrouver ? Je veux dire, vous auriez pu reprendre les choses là où vous les avez laissées. »
« Ce… n’était pas si facile…. Les choses étaient… compliquées » Dr Mike ajouta en hésitant.
« Il y avait quelqu’un d’autre ? avec lui…. Ou bien avec vous ? »
Elle me jeta un regard, son visage pâlit, et je vis que j’avais touché un point sensible. Mon problème était que je ne savais pas laquelle de mes hypothèses était la bonne : s’il avait trouvé une autre femme ou bien si elle avait des sentiments pour un autre homme.
Son expression me dit qu’elle allait me le dire :
« On va dire que ça n’a pas marché et nous nous sommes quittés en amis. » Elle dit brièvement.
“Vous ne voulez pas en parler ?”
« Je ne préfère pas. » Après une pause elle demanda : « Continuons-nous la poésie ? »
Elle était polie et je savais que la conversation que nous avons eue était bel et bien finie.
« Peut être une autre fois. » Je répondis. Elle acquiesça, se leva, prit les tasses vides et les nettoya. Je me levai, aussi, pour ranger le livre mais il m’échappa des mains et tomba : une feuille de papier glissa sous la table.
« Désolé ! » je dis rapidement alors qu’elle avait réagi au bruit. « Je suis très gauche aujourd’hui. » Elle sourit et continua la vaisselle. Elle n’avait pas remarqué le papier, and d’un geste rapide, je m’en emparai et le glissai dans ma poche avant qu’elle puisse le voir.
Je rangeai le livre sur l’étagère et demandai :
« Ca vous dérange si je vais dehors prendre l’air ? »
Elle se tourna vers moi.
“Bien sûr que non ! Je vous rejoins dans un instant.”
« Ca me va ! » Je dis en sortant. Sous le porche, avec les deux loups comme compagnie, je pris le papier. Je me sentais comme un voleur, mais je l’ouvris quand même.
D’un regard rapide, je vis que c’était un télégramme, envoyé de Denver le 12 février. Je n’avais pas le temps d’en lire le contenu, mais mes yeux ont cherché le destinataire : « Chère Michaela » et la signature : « Avec tout mon amour, S »
Il y *avait* bien un autre homme.
Quelques instants après, elle me rejoint sous le porche. Lorsque j’entendis la porte, je glissai hâtivement le télégramme dans ma poche. Notre journée ensemble touchait à sa fin.
J’offris de marcher jusqu’en ville pour lui éviter d’avoir à me conduire. En vérité, j’étais pressé de partir. Je ne pensais pas que je pouvais cacher trop longtemps d’avoir pris le télégramme et que d’une façon ou d’une autre, elle s’apercevrait de la vérité. Mais elle ne voulait pas me laisser rentrer à pied. Je préférai ne pas m’opposer et surtout ne pas attirer son attention sur mon malaise.
Le chemin du retour fut encore plus calme que l’aller.
Pendant tout le trajet, mon esprit restait bloqué sur le papier volé, ma culpabilité me rongeait comme la rouille sur un vieux fer. Même si j’avais honte, je souhaitais pouvoir le lire entièrement à la première occasion. C’était un moyen pour moi d’en savoir plus sur elle, mais c’était qu’une excuse et un mensonge. La vérité dérangeante était la jalousie que j’éprouvais quand elle parlait de son « ami ». J’étais certain que ce télégramme était de lui ; il fallait que je sache qui c’était !
Occupé par mes pensées, je n’avais pas remarqué que le Dr Mike était très calme (trop calme) aussi. Peut-être son esprit était comme le mien préoccupé par ce mystérieux étranger qui est soudainement devenu un obstacle large et invisible entre nous. Quelle que soient ses pensées, elle avait l’air soulagé que je n’essaie pas de faire la conversation.
Nous sommes enfin arrivés à la clinique. Je lui dis :
« Merci de m’avoir raccompagné, et pour le déjeuner aussi, c’était très bien. »
« Je vous en prie » répondit-elle poliment. « Mais je n’allais pas encore partir, j’ai besoin de vous examiner afin d’être sûre que tout va bien après cette première sortie »
« Ce n’est pas nécessaire, Dr Mike » je lui dis inconfortablement. « L’air frais m’a fait du bien. Et le temps que j’ai passé avec vous était très agréable. Je vais bien. Allez-y, je vous verrai demain matin. »
“Si vous en êtes sûr…”
« Allez-y ! »
« Très bien » Elle dit en soupirant ? « Reposez-vous bien cette nuit, je viendrai vous voir demain à la première heure ! » Elle attrapa les guides alors que je me dirigeai vers la porte d’entrée, ma main sur la poignée…Je ne pouvais pas…Autant je voulais lire cette missive, mais je ne supportais plus d’avoir agi de la sorte, de l’avoir trompée.
Le cheval commença à partir, et rapidement, je l’interpellai :
« Dr Mike !!! Attendez ! »
Elle stoppa le chariot net, la croupe du cheval s’abaissant fortement sous sa masse. Se retournant vivement, elle me regarda, concernée :
« Qu’y a-t-il Sully ? Etes-vous souffrant ?
“Non, rien de tout cela.” Je répondis en la regardant et en m’approchant du chariot. Les gens postés devant le saloon nous regardaient avec grand intérêt.
Je lui dis d’une voix plus basse :
« Il y a quelque chose qu’il faut que je vous dise, mais pas devant tant de spectateurs » dis-je en dirigeant mon regard vers le saloon. Elle comprit. Elle descendit, mes mains encerclant sa taille pour l’aider. Quelques instants, nous sommes restés comme cela puis réalisant ce que je faisais, je l’entraînai dans la clinique. Je ne pouvais pas croire que j’avais de telles pensées : profiter de ce temps pour être seul avec elle même si je me sentais coupable de l’avoir déçue.
« Qu’y a-t-il Sully ? Quelque chose vous trouble ? »
Je m’éclaircis la gorge :
« Oui » je dis difficilement. “C’est exactement ça, quelque chose me trouble.”
Doucement, je sortis de ma poche le télégramme.
« Tout à l’heure, à la maison… quand j’ai fait tomber le livre…ceci est tombé…je l’..je l’ai pris. » J’admis en lui tendant le papier.
Elle me regarda, étonnée. Puis lorsqu’elle ouvrit le télégramme et regarda brièvement son contenu, toute trace de douceur s’effaça de son visage. Brutalement, ses traits exprimèrent la trahison et la rancœur.
“Vous l’avez pris ? Pourquoi ?” Sa voix montrait qu’elle était en colère.
J’avalai :
« Je ne suis pas sûr » Je dis honnêtement. « Je suppose… je devais savoir… »
« Savoir quoi ? » Elle me coupa brutalement. “à propos de mes affaires personnelles ? C’est privé, Sully. Vous n’aviez pas le droit !! »
“Je sais… Je suis désolé.” J’essayai de dire mais elle ne m’écoutait pas.
« Vous êtes satisfait ? » Elle était en furie maintenant. Et quelque chose d’autre d’ailleurs. Etait-ce… pouvait-il être… de la peur ?. Elle continuait :
« Votre curiosité est finalement apaisée ? Ou peut-être avez-vous d’autres questions que vous aimeriez poser !! » Elle nota avec sarcasme.
« Je suis désolé » Je répétai. « Je n’aurai pas dû faire ça, je sais. C’est pourquoi, il fallait que je vous le dise, c’est pourquoi, je vous le rends. » J’hésitai : « Je ne l’ai pas lu. »
« Oh, allez » elle dit froidement. « après toute la peine que vous avez pris pour me le prendre sans que je le sache ? »
« Je mérite cela. Mais je vous dis la vérité. J’ai vu que ça vous était adressé et j’ai vu la signature. Mais je vous jure que je n’ai pas lu le reste. »
« Parce que vous n’en avez pas eu le temps ! »
« C’est en partie vrai. Mais surtout parce que je savais que c’était mal et que je ne pouvais pas vous mentir plus longtemps. »
Elle demeura silencieuse, fixant le télégramme. Puis, elle releva les yeux vers moi avec une expression glaciale et perdue.
« Pourquoi ? » elle demanda encore. « Pourquoi m’avez-vous blesser de la sorte ? »
« Non ! »Je m’exclamai. « Jamais, je vous blesserai en connaissance de cause, Dr Mike. C’est juste…quelque chose m’a fait le prendre. Soudainement, il fallait que je le lise…Il fallait que je sache… »
« Que vous sachiez quoi ?!!! » Elle répéta. “Vous dites toujours cela, qu’il fallait que vous sachiez, Sully, pourquoi ne pourriez-vous pas simplement me demander !”
Je pris une profonde inspiration. « A propos de lui »
« Mon fiancé ? Je vous ai dit, il s’appelait David lewis. Il était médecin, puis capitaine dans l’armée. Nous avons décidé de ne pas nous marier… »
« Non, non, pas lui » J’interrompai.
Elle me regarda, confuse :
« Qui, alors ? »
“L’autre, celui pour lequel vous l’avez laissé tomber !”
Le silence entre nous était pesant, elle avait dangereusement pâli. L’unique son dans la pièce était l’horloge dont le balancier sonnait chaque seconde, qui paraissaient bien longues d’ailleurs.
« Je n’ai rien d’autre à vous dire. » Elle dit enfin.
« Dr Mike… »
« Je vous verrai demain matin comme promis » Elle ajouta durement, puis s’en alla et ferma la porte.
Je me jetai sur une chaise, balançai ma tête en arrière et regardai désespérément le plafond. La nuit allait être longue.