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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 31.07.2011 à 21h12
Auteur : Flash
Statut : Terminée
« Sully amnésique écrit son journal intime » Flash
Cette fanfic compte déjà 85 paragraphes
MON JOURNAL
27 mars 1870
J’attendis jusqu’à ce que je vis les enfants sortir de la maison: Colleen et Brian partant à l’école et Matthew montant son cheval prêt pour le travail du bétail. Puis, je avançai sous le porche.
Dr Mike était tellement en colère la veille qu’il faudrait peut être mieux que je la laisse se calmer un peu plus longtemps. De plus, je n’étais même pas invité à venir ce matin… Pourquoi me pardonnerait-elle d’ailleurs ? Apparemment, d’après ce qu’elle a dit et d’après ce que j’ai pu ressentir, nous étions amis. Une forte amitié sûrement. Comment pouvais-je savoir qu’elle était assez forte pour qu’elle me pardonne ?
Ces pensées me traversèrent brutalement l’esprit. Je m’en apprêtai même à partir. Je savais que je ne pouvais pas exiger qu’elle me pardonne, mais je voulais qu’elle sache que je m’en voulais tant de l’avoir blessée.
Prenant une profonde inspiration, je frappai à la porte. Lorsqu’elle ouvrit, elle ne parut pas surprise de me voir… Elle ne paraissait rien du tout d’ailleurs, vide de toute émotion.
De longues secondes passèrent pendant lesquelles nous nous regardions inconfortablement. Puis, elle brisa le silence :
« Je vous ai dit que je vous verrai en ville » sa voix était neutre. « A moins qu’il y ait une urgence pour laquelle vous êtes venu ? » Elle paraissait sceptique, voyant bien que j’étais en parfaite santé.
« Comme vous le voyez, je vais bien » Je dis calmement. « Il n’y a pas d’urgence. Je suis venu car je vous ai fait du mal, et que j’en suis sincèrement désolé. Je voulais me faire pardonner. Je n’ai pas respecté votre vie privée, et je vous ai menti. Notre amitié en a été affectée, j’en suis sûr, pourtant, j’espérais que vous puissiez me pardonner. Après tout ce que vous avez fait pour moi, vous avez été honnête avec moi- du moins autant que vous le pouviez étant donnée ma condition. »
Un regard étrange traversa son visage alors que je prononçai ses derniers mots. Cette expression partit aussi vite qu’elle était apparue. Je me demandais même si je l’avais vue. Pourtant, j’avais l’impression qu’il y avait bien plus qu’une simple transgression.
« Je ne sais vraiment pas quoi vous dire, Sully. » Elle répondit rapidement.
« Vraiment » Dis-je, me sentant plus confiant. “Allez, Dr Mike, vous êtes tellement en colère, vous devez la laisser s’exprimer ! Criez-moi dessus, dites-moi ce que vous pensez de m’être m’immiscer de la sorte ! C’est ce que je mérite ! Vous devriez pas garder cela pour vous. Je sias qu ce sera dur à entendre pour moi mais peut-être que ça nous mènera à un compromis voire même à un pardon. »
« Qu’est-ce qui vous fait croire que je veux vous pardonner ? » dit-elle froidement.
« Si vous êtes vraiment dans cet état d’esprit, je m’en irai et jamais plus, je ne vous ennuierai. » Je promis, inquiet de ce qu’elle pourrait répondre. « Mais…. Je ne pense pas que c’est ce que vous souhaitez. Je pense qu’il y a quelque chose de spécial entre nous, je ne crois pas que vous voulez y mettre un terme à cause de ce que j’ai fait. J’espérais… J’espérais que nous pourrions en parler et trouver une solution pour laisser le passé derrière nous. Si vous êtes d’accord ? » dis-je en hésitant.
« Vous attendez beaucoup de moi, Sully. Peut-être plus que je ne peux donner… »
« Peut-être mais peut-être pas » dis-je en la regardant attentivement. « Puis-je au moins entrer ? »
Après un long moment, elle me céda le passage. Je pris mentalement note de cette petite victoire !
“Peut-être pourrions-nous nous asseoir ?” Je suggérai après une pause.
Elle acquiesça et se dirigea vers la table. Je la suivis, voulant lui tirer sa chaise, mais rapidement, elle contourna la table, mettant une barrière entre nous. Je compris qu’elle voulait me garder à distance, et poliment attendis qu’elle s’assied avant de faire de même.
« Je ne sais toujours pas ce que vous attendez de moi, Sully »
« Je n’attends rien de vous, sauf de m’écouter. Après tout, c’est moi qui vous ai blessé, c’est à moi de réparer les choses entre nous. »
« Si vous croyez que mes sentiments ont changé depuis hier, vous vous trompez lourdement. » répondit-elle froidement.
« Je sais que vous êtes en colère. Vous avez le droit de l’être. J’espère que vous pourrez comprendre pourquoi je l’ai fait. »
Ses yeux retrouvèrent leur expression de trahison mais cette fois ce n’était plus méanger avec de la colère mais plutôt avec de la douleur :
« C’est précisément ce que je souhaite comprendre. Qu’est-ce qui vous a pris de faire une telle chose ! » Elle s’exclama.
Je restai en silence quelques minutes. Je voulais lui dire la vérité mais je savais qu’elle sonnerait comme un mensonge, parce que honnêtement, je ne savais pas pourquoi j’avais fait ça. Ce n’était pas mes affaires si elle était fiancée ou non, si elle avait rompu d’avec son fiancé de Boston parce qu’elle avait des sentiments pour un autre homme…
Elle était mon médecin, j’étais son patient, point. Je savais que nous étions amis mais ça ne me donnait pas le droit de m’immiscer dans sa vie privée. D’ailleurs, pourquoi ça m’intéressait autant ? Pourquoi cet homme mystérieux me dérangeait tant ? Il n’ y avait rein de logique dans tout ça. A moins que… à moins qu’il y ait quelque chose entre nous. Quelque d’autre qu’une amitié…
“Je ne sais pas pourquoi je l’ai fait.” Je dis honnêtement. « C’était comme une impulsion, et dès que je l’eux pris, je le regrettai déjà. Mais c’était trop tard pour effacer le mal. »
« Donc, vous vous attendez à ce que je vous pardonne parce que vous avez eu du remord à un moment ? » Elle demanda.
« Non, j’essaie juste de vous expliquer… »
« Peut-être, manque-t-il quelque chose, vous ne savez même pas expliquer votre geste. Comment pouvez-vous m’expliquer quelque chose que vous ne comprenez vous-même pas ? »
« Je suppose que j’étais pas assez clair, disons que je ne comprends les sentiments qui m’ont poussé à prendre ce télégramme. »
« J’ai bien peur de ne toujours pas vous comprendre. » Elle me regarda désespérément.
Après un temps d’hésitation, je répondis :
« Quand nous avons parlé, hier, j’ai la sensation que David n’était pas le seul dans votre vie ? Je me suis demandé s’il y avait bien quelqu’un d’autre et qui c’était. Je ne pouvais pas m’arrêter d’y penser. Et lorsque je vis le télégramme, c’était pour moi l’occasion de voir qui c’était et de comprendre ce que vous ressentez pour lui. »
Elle m’écoutait, silencieuse et très pâle. Puis, elle répliqua :
« Supposons qu’il y avait une telle personne, pourquoi cela vous intéresse-t-il tant ? »
Je la regardai dans ses magnifiques yeux :
« Parce que j’étais jaloux. » Je lui dis.
Elle tressaillit comme si je l’avais gifflée.
« Vous devriez vous en aller, maintenant » Elle dit, distante. Elle commença à se lever.
« Je vous en prie » je la suppliai en attrapant sa manche. « Je vous en prie, ne me repoussez pas, Dr Mike……Michaela. »
Elle se figea puis doucement se rassied sur sa chaise. Ses bras étaient enroulés autour de sa taille. Elle avait l’air misérable et fragile, comme si elle allait se briser en mille morceaux si je la touchais. Mon cœur se serra, et tout ce que j’avais envie de faire, c’était de la prendre dans mes bras afin de la réconforter et de la protéger.
« Je… ne pense pas que je puisse avoir cette conversation avec vous, Sully » dit-elle, sa voix basse. Elle regardait au sol.
« Je sais que ce que j’ai fait est mal… Michaela » Ca faisait bizarre de dire son nom, mais cela semblait tellement naturel. « Me détestez-vous autant ? »
Je la fixai, puis elle releva son regard vers le mien. Après un moment, elle dit :
« Non, jamais, je ne pourrais vous détester. » Sa voix était douce, presqu’un chuchotement.
« Je vous en prie » Je l’implorai. Elle resta silencieuse mais ne bougea pas.
« Vous n’avez pas à tout me dire » ajoutai-je rapidement. « Vous n’avez même rien à dire du tout. Juste, laissez-moi parler, d’accord ? »
Elle releva la tête :
« Très bien » elle dit calmement.
Je mis mes mains sur la table e commençai :
« C’est vrai, je…me sens attiré par vous, ce n’est pas trop difficile à comprendre. Tout homme le serait. »
Son regard se baissa et ses joues rosirent comme si elle n’était pas habituée à recevoir des compliments. C’était aussi étrange, elle a dû en recevoir beaucoup, belle comme elle était.
« Depuis le moment où je vous ai vue pour la première fois… » J’avalai puis continuai : « Vous étiez la belle femme que je n’avais jamais vu. »
« La première fois que vous m’avez vue ? » Elle répéta.
“Oui, lorsque j’ai ouvert les yeux à la clinique » Je détaillai.
«Oh, je vois. » Elle dit calmement.
Je me demandais ce qu’elle avait bien pu penser. Puis j’ai réalisé. Elle devait faire référence au moment où je l’ai *vraiment* vue pour la première fois. La rencontre dont je ne me souviens pas.
« Je suis désolé Michaela, je n’ai le souvenir de notre vraie première rencontre. Tout ce que je peux vous dire c’est ce que je ressens ces dernières semaines depuis que je me suis réveillé. »
Elle acquiesça, un peu résignée :
« Je comprends, et je suis flattée que vous me trouviez… attirante. Mais l’attirance physique seule n’est pas une base solide pour une relation, Sully. »
« Ce n’est pas seulement ça ! Si tout ce que je voulais était la beauté d’une femme, j’aurai pu aller voir une des filles de Hank. Votre beauté n’est pas seulement à l’extérieur, Michaela. Elle est aussi à l’intérieur. Vous êtes aimante et tendre et passionnée.
Vous vous sentez concernée par les gens qui vous entourent, vous êtes totalement dévouée aux enfants de Charlotte. J’ai vu combien ils vous aimaient et combien ils dépendaient de vous ! Vous bonne et gentille avec vos patients, aussi… comme vous l’avez été avec moi. Vous m’avez sauvé la vie ! Vous n’abandonnez pas, même quand la situation semble désespérée ! Combien pourrais-je vous remercier pour cela ? »
« Les patients qui subissent une crise comme la vôtre, développent souvent une attachement très fort vis-à-vis de leur médecin, ils confondent leur gratitude avec de l’affection. » Elle dit, la voix neutre.
« Ce n’est pas de la gratitude que je ressens Michaela. ! »
« Sully, vous venez de dire que vous m’étiez reconnaissant. Et c’est naturel que vous ressentiez cela. Seulement, ne les confondez pas avec… autre chose. »
« Je sais la différence entre être reconnaissant et avoir des sentiments pour quelqu’un. Je ne peux vous dire quand cela a commencé, quand mes sentiments d’amitié ont changé en quelque chose de plus profond. En vérité, j’ai de forts sentiments pour vous. En revanche, je n’attends rien de vous. Je réalise que votre coeur bat pour quelqu’un d’autre mais je l’accepte. Si une amitié est tout ce que vous avez à m’offrir, je l’honorerai. »
Puis, prenant une profonde inspiration, je poursuivis :
« Je suppose que c’est entre vos mains, désormais. »
Je m’assieds et attendais sa réponse. L’attente fut longue mais je n’avais pas envie de la presser. Mais il fallait qu’elle me réponde, donc je la questionnai encore :
« Donc,… sommes-nous toujours amis, Michaela ? »
Au lieu de me répondre, elle se leva et s’éloigna de la table, ses bras encore autour de sa taille, comme si elle se protégeait. Mes yeux la suivirent, admirant la grâce avec laquelle elle se déplaçait, et la lumière émanant de la fenêtre jouant avec ses cheveux formant comme une auréole autour d’elle. Elle avait tout d’un ange.
Elle s’arrêta près de la fenêtre, me tournant le dos. Je patientai toujours, mon inconfort grandissait.
Plus les secondes passaient, plus j’étais certain de ne pas avoir la fin heureuse (« happy end ») que j’espérai. Ma déception et mon désespoir m’accablaient. Alors je me décidai à partir. Je pensais que c’était ce qu’elle désirait. Je me demandais si je partais pour de bon…
Soudainement, elle se retourna et dit :
« J’ai attendu et en même temps redouté ce jour depuis longtemps maintenant.” Elle dit, me prenant par surprise. Elle me regardai droit dans les yeux. Elle poursuivit :
« Contrairement à ce que vous pensez Sully, je suis au courant de votre… attirance… pour moi depuis bien longtemps. Je savais qu’un moment ou à un autre, vous vous décideriez à déclarer vos sentiments. »
Doucement, je me rassieds, mon esprit un peu bouleversé par ce que j’avais entendu. Par contre, étrangement, mon cœur n’était pas surpris. Je savais qu’elle aussi sentait cette forte énergie entre nous. Mon cœur s’accéléra et j’avais la chair de poule. J’étais tout de même choqué qu’elle le sache.
« Vous le saviez ? » Mon bouche devînt sèche et mes mains étaient moites.
« Oui » Elle admit. « Vous ne vous en doutiez pas ? Pas même un peu ?”
Elle lisait en moi encore.
« Peut-être, un peu »
“Je sais que vous pensiez que j’étais en colère parce que vous étiez immiscé dans ma vie privée.” Elle dit, me ramenant au sujet de notre dispute.
« Et beaucoup de cela m’a mis en colère. Mais il y avait une autre raison à ma colère » Elle s’arrêta un instant puis reprit, la voix tremblante :
« J’avais peur… que votre désire de lire le télégramme signifiait que vous vous… rapprochiez trop près… ».
Elle s’arrêta. Je la regardai, complètement confus :
« Trop près de quoi ? Vous m’avez perdu Michaela, je ne comprends pas ! »
“Après ma colère initiale, j’ai commencé à réaliser que vous aviez des sentiments pour moi, votre curiosité à propos du télégramme, même le fait que vous l’ayez pris derrière mon dos était compréhensible, peut être même défendable. Cela ne m’a pas demandé beaucoup de temps pour vous pardonner. »
Encore plus confus, je demandai :
« Mais alors pourquoi… ? »
« Pourquoi je ne vous l’ai pas dit ? » Elle finit à ma place.
J’acquiesçai.
« Parce que tant que vous pensiez que j’étais en colère, je pouvais vous garder à distance. Ce n’était une question si je pouvais vous pardonner…c’était plutôt une question si *vous* pouviez me pardonner. »
Complètement perdu, je la regardai simplement marcher vers sa table de nuit, prendre quelque chose, revenir vers moi, et me tendre un papier. J’ai reconnu le télégramme.
« Je voudrais que vous lisiez ceci, Sully. Après, si vous le souhaitez encore, nous… discuterons. »
« Mais Michaela… »
« Lisez-le, s’il vous plaît. »
Je la regardai encore une fois, elle avait un regard déterminé. Doucement, je dépliai le papier avec une sensation de déjà-vu. Je commençai à lire :
Ma chère Michaela,
Je suis tellement désolé d’être parti pour la St Valentin, après tout ce que nous avion prévu pour cette journée. Je vous remercie d’avoir compris que c’était important et je ne vous aurai jamais laissé si Nuage Dansant ne m’avait pas demandé d’aller à cette conférence. Je vous promets que je me rattraperai. Dès que je serai de retour, nous aurons notre pique-nique dans les bois, et nous nous échangerons nos présents représentants notre amour.
Nous n’aurons sûrement pas l’occasion de voir ‘Roméo et Juliette’, mais a-t-on besoin de Shakespeare quand notre amour est encore plus romantique que tous les contes jamais écrits ?
Vous me manquez plus que je ne saurais le dire, je vous reviendrai aussi vite que possible.
Avec tout mon amour,
S
La pièce était très calme. Trop calme. Je continuai à fixer les mots tout en essayant de comprendre le sens de ce que j’vais lu. La vérité était épelée sur cette feuille. Doucement, mes yeux rencontrèrent les siens.
« Comprenez-vous maintenant ? » elle demanda très doucement. « Il n’y a pas d’autre homme, Sully, du moins, pas de la manière que vous pensiez. Vous n’êtes pas en compétition pour mon affection. Vous êtes l’homme que j’aime, Sully. Vous êtes la raison pour laquelle je ne pouvais pas épouser David."
Quand elle s’arrêta de parler, des images cascadèrent à travers ma tête. Je l’ai vue, dans une robe des grandes villes s’étaler dans la boue dans la rue… Je l’ai vue avec moi dans les bois, assise par terre, le visage couvert de poussière, moi m’agenouillant derrière elle, lui brossant les cheveux… Je l’ai vue avec moi dans un élégant restaurant, une robe superbe noire et argent et moi dans un costume, des longs verres de cristal…. Et je l’ai vue contre moi dans un teepee, ses mains dans les miennes, son regard dans le mien, mon cœur et mon âme dans mes yeux.
Il n’y avait aucun mot avec ces images mais je pouvais presqu’entendre nos cœurs se parler.