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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 04.04.2012 à 18h19
Auteur : sentinel
Statut : Terminée
« Cette histoire se déroule en 1862... » sentinel
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Il n’y avait pas que Sully qui en avait assez de cette guerre, si au début les volontaires étaient plein d’enthousiasme pour une guerre qu'ils imaginaient brève, nombre d’entre eux s’étaient hâtés vers les bureaux de recrutement craignant que s’ils attendaient trop longtemps pour s’enrôler la guerre serait terminé avant qu'’ils n’aient vu un seul combat ou même tiré un seul coup de feu.
Les motivations pour se battre furent aussi variées que les origines ethniques, il y eu bien sûr l’idéologie et le patriotisme : on s’engagea pour préserver l’union ou anéantir l’esclavage(au Nord ),pour défendre ses droits et un certain mode de vie (au Sud ),plus généralement pour défendre son Etat et les siens ou tout simplement pour faire son devoir comme tout le monde, pour les immigrants de fraîche date s’était l’occasion de démontrer leur attachement envers leur pays d’adoption.
Mais il y eu aussi le goût de l’aventure, le désir de participer à une expérience hors du commun.
Mais lorsque le conflit s’éternisa et que les journaux étalaient les froides et dures réalités de la guerre, ce type d’enthousiasme retomba rapidement.
Il fallut recourir à d’autres moyens pour susciter les vocations et l’on offrit des primes d’engagement pour les volontaires. A l’occasion les recruteurs pratiquaient des recrutements plus ou moins forcés par la tromperie, l’abus de confiance, voire l’intimidation. Ce fut malgré tout insuffisant pour compenser les énormes pertes.
Il fallut recourir à la conscription qui se faisait par tirage au sort, ce fut mal perçu par les deux camps, les Sudistes ne pouvaient y échapper mais au Nord jusqu’à la fin de la guerre, ceux qui ne voulaient pas être enrôlés pouvaient fournir à sa place un remplaçant qu'’il payait lui-même pour cela ou s’acquitter de la somme de 300 dollars, une belle somme par rapport à la solde d’un soldat de l’Union qui s’élevait à 16 dollars par mois.
On finit par trouver que la conscription était plus efficace pour lever des fonds que des soldats.
Cette inégalité devant le service militaire, les plus pauvres ne pouvaient y échapper ou se voyaient obligés de se vendre comme remplaçants, rendit la conscription encore plus impopulaire.
Certains s’engageaient en tant que volontaires ou remplaçants dans le seul but de toucher la prime et désertaient dés que possible pour recommencer ailleurs sous un autre nom.
Les désertions furent une véritable palie pour les deux camps qui perdaient un dixième de leur effectif.
Seule une minorité de ces déserteurs était repris et ils se voyaient simplement renvoyés dans leurs unités le plus souvent.
Quant à Sully il ne savait plus très bien pourquoi il s’était engagé et chaque jour qui passait était de plus en plus difficile à supporter, seule la pensée de revoir Michaëla l’aidait à tenir mais il n’arrivait plus à lui écrire de longues lettres en lui disant qu'’il allait bien alors que c’était faux, il se contentait de lui envoyer sa solde du mois en lui disant qu'il l’aimait et qu'’il comptait les jours qui le séparait d’elle.
De son côté Michaëla ne savait pas qu'’il n’avait pas reçu sa lettre lui annonçant qu'’elle attendait un enfant et comme il n’en parlait pas dans ses courriers suivant elle pensait qu'’il ne voulait pas de cet enfant en ces temps troublés et elle n’en reparla pas dans ses lettres qu'’elle lui adressait régulièrement. Elle était triste à l’idée que Sully ne veuilles pas de ce bébé mais respecterait son silence à ce sujet et ne voulait pas ajouter à sa peine d’être séparé d’elle et de sa famille.
De toute façon elle devait mener cette grossesse toute seule en son absence et aviserait le moment venu, lorsque Sully rentrerait à la maison tout s’arrangerait et redeviendrait comme avant son départ et elle était certaine que Sully serait fou de joie quand il rencontrera son enfant pour la première fois et il oublierait ces moments pénibles traversés pendant cette horrible guerre, un avenir nouveau s’offrirait à eux, un nouveau départ.
Mais comment pouvait elle penser que Sully ne voulait pas de cet enfant, un don du ciel et de leur incroyable amour qui les unissait au-delà de la séparation, au contraire cela aurait redonné du baume au cœur à Sully qui en avait grandement besoin pour supporter cette guerre et tous ces morts autour de lui.
En cette fin d’Eté, le bal des amoureux se préparait à Colorado Springs et annonçait bientôt l’automne .Michaëla ne voulait pas s’y rendre, elle n’en avait pas le cœur sans Sully comme cavalier, elle se souvenait de ce bal où Sully pour l’occasion avait pris des cours de danse auprès de Dorothy en cachette pour pouvoir inviter Michaëla car il ne savait pas danser.
Michaëla en les voyant souvent ensemble avait cru qu'’il se passait quelque chose entre Sully et Dorothy et était jalouse, à ce souvenir Michaëla se moqua d’elle-même, nostalgique elle laissa échapper un long soupir.
<< Allez maman vous devez venir au bal…cela vous changera les idées ! >>fit Colleen.
<< Et cela ferait plaisir à Sully maman ! >> ajouta Brian.
<< Ils ont raison Dr Mike ! >> dit Matthew.
<< Regardez mon ventre…il a doublé en quelques semaines c’est incroyable…en fait depuis que je l’ai annoncé à Sully….comment voulez vous que je danse…non vraiment… ! >>
Sous le regard suppliant des enfants
<< Très bien vous avez gagné…mais je me contenterai de regarder les autres danser ! >>
Sa décision fut accueillie par de larges sourires sur le visage de ses trois enfants qui faisaient tout leur possible pour lui changer les idées et la faire sourire ce qui était rare ces derniers temps, elle aussi de son côté se languissait de l’absence de Sully, elle aurait tant aimé qu'’il partage cette grossesse avec elle, il manquait tellement d’événement de la vie des enfants qui grandissaient trop vite, Sully aura du mal à les reconnaître à son retour et que dire du nouveau bébé, quel âge aura-t-il quand il rencontrera son père pour la première fois.
A la même époque dans le camp de Sully un bal y était organisé, oui même pendant la guerre et surtout pendant la guerre des bals s’y déroulaient pour distraire les troupes et leur faire oublier le temps d’un bal qu'’ils étaient en guerre, c’était l’occasion pour eux de s’amuser et de voir la gente féminine lorsqu’il était proche de villes amies et si il manquait des femmes ,des soldats s’amusaient à se déguiser en femme et dansaient avec leurs camarades hommes pour donner le change et faire rire la compagnie.
Sully se tenait à l’écart de la grande tente où se déroulait le bal improvisé, des rires et des chants en sortaient ainsi que la musique pour danser.
Cela lui rappela le bal des amoureux où il avait fait danser Michaëla sur des quadrilles compliqués que Dorothy lui avait appris, le Dr Mike avait été agréablement surprise et à l’issue de cette danse ils s’étaient embrassés amoureusement sous le regard ravis des enfants.
Sully ferma les yeux et se laissa porté par la musique d’une valse, il était dans les bras de Michaëla, son corps chaud contre le sien, bougeant au son de la musique ,il aurait voulu que cette sensation ne s’arrête jamais mais une voix féminine le tira de son doux rêve et le ramena à la réalité.
<< Bonsoir beau garçon solitaire…tu veux danser avec moi ou on pourrait faire autre chose si tu préfères ! >> dit une fille peu farouche qui l’avait remarqué.
Sully la regarda, elle était plutôt jolie, mais sans un mot il s’éloigna et disparut dans le bois à la lisière du camp, son cœur était lourd et aspirait à être auprès de la femme qu'il aimait plus que tout au monde, il avait envie de crier son désespoir et de s’enfuir, de quitter cet endroit où demain les combats reprendraient et faucheraient ces hommes qui ce soir insouciants dansaient sans penser à la mort qui les attendait peut être demain.
Un court instant il pensa s’enfuir pour aller la retrouver mais que penserait –elle de lui s’il faisait ça, le verrait elle comme un lâche ?
IL s’assied sur le sol et invoqua les esprits pour retrouver son calme intérieur et pria pour qu'’ils lui redonnent la force de continuer et de rester en vie pour elle et les enfants qui l’attendaient là-bas avec espoir, il devait rester fort pour eux.

Octobre et les premiers froids à supporter en plus de la guerre et du lot quotidien de centaines de morts, de blessés ou fait prisonnier.
Sully avait terriblement changé physiquement, il avait beaucoup maigri et se remettait difficilement d’une mauvaise bronchite, mais ce dont il souffrait le plus c’était cette interminable séparation de sa famille, le courrier avait de plus en plus de mal à lui parvenir et il ne savait pas si à la maison tout allait bien.
Il avait une étrange sensation, il ne saurait dire pourquoi mais il sentait que Michaëla avait besoin de lui, qu’elle devait affronter une situation inhabituelle alors il supportait d’autant moins la « routine » de la guerre, il n’aurait jamais pensé employer ce mot routine pour décrire cette guerre mais c’était l’impression qu'il avait, qu’il accomplissait sa tâche comme un automate qui répétait les mêmes choses chaque jour sans plus réfléchir, avancer ,toujours avancer, repousser l’ennemie coûte que coûte jusqu’à l’épuisement ou la mort .
Il faisait si froid ce soir là, Sully était tapi dans un buisson attendant la pleine nuit pour agir, il n’était qu'à quelques mètres du camp adverse, sa mission était de détruire des canons et les munitions qui allaient avec, une fois fait la vie de centaines d’hommes seraient épargnées sur le champ de bataille dans les jours qui suivent.
Cela faisait des heures qu'’il patientait, il souffla dans ses mains pour les réchauffer, elles étaient engourdie par le froid, tout son corps l’était d’ailleurs et les sentinelles qui ne se décidaient pas à faire leur tour de ronde, c’est à ce moment là qu'’il pourrait se glisser dans le camp sans faire de bruit et approcher ses cibles sans se faire remarquer, les faire sauter et repartir très vite.
Enfin le moment arriva d’agir, il sortit de sa cachette et se faufila telle une ombre de la nuit jusqu’aux canons, y déposa la dynamite avec des mèches assez grande pour qu'’il ait le temps de fuir avant que cela n’explose.
Il alluma les mèches et commença à se retirer sans bruit quand il sentit le canon d’un fusil dans son dos.
<< Plus un geste Yankee ou je t’abas sur le champ…c’est donc toi qu'on appelle le fantôme et qui fait sauter nos dépôts de munition…mais cette fois on te tient ! >>
Le cœur de Sully frappait fort dans sa poitrine en pensant que tout allait exploser d’un moment à l’autre et qu'ils étaient trop proches pour échapper à l’explosion.
<< Retourne toi lentement sans geste brusque que je vois à quoi tu ressembles…allez ! >>
Sully se retourna doucement comme il l’avait demandé et dit au soldat Sudiste
<< Il ne faut pas rester là tout va sauter d’un moment à l’autre ! >> En faisant un signe de tête en direction des pièces d’artilleries piégées.
Le soldat tourna la tête dans la direction indiquée par Sully et vit la mèche qui finissait de se consumer…
Sully profita de ce moment d’inattention du jeune soldat pour le désarmer d’un coup de pied et l’assomma puis il le mit sur ses épaules et l’emporta plus loin juste avant que tout explose, ils furent jetés à terre par le souffle de l’explosion mais ils étaient indemnes.
Il déposa le corps du soldat à terre et s’enfuit dans la confusion, poursuivi par les gardes qui l’avaient vu courir en direction de la forêt, quelques balles sifflèrent à ses oreilles sans l’atteindre heureusement mais ils savaient qu'’ils étaient toujours à sa poursuite et ne cessa pas sa course sur des kilomètres, pas avant d’être sûr qu'’ils avaient renoncé à le poursuivre.
<< Bon sang enragea le capitaine Confédéré qui dirigeait la poursuite…nous l’avons perdu…il porte bien son nom le fantôme …il est insaisissable ! >>puis s’adressant au soldat qui l’avait tenu en joue.
<< Toi qui a vu son visage…à quoi il ressemble ? >>
<< Il avait des longs cheveux, des yeux bleus et il portait des colliers de perle à son cou…vous savez comme les indiens…et je ne comprends pas pourquoi il m’a sauvé la vie en me conduisant plus loin de l’explosion…il aurait pu me laisser là et s’enfuir…alors finalement c’est bien qu'’on l’ai perdu ! >>
<< Pour cette fois mais il n’aura pas toujours de la chance soldat et un jour on l’aura d’une façon ou d’une autre…cela fait trop longtemps qu'’il nous nargue ! >>
Sully était épuisé par sa course folle pour échapper à ses poursuivants et il arriva en vue d’une ferme qui paraissait déserte, aucun mouvement ne faisait trahir la présence d’âmes qui vivent.
Il avait soif et faim et s’approcha avec prudence de la ferme, la porte était entrebâillée, il se faufila à l’intérieur et eu un recul, il venait de trébucher sur quelque chose…
Il fit encore quelques pas sur le côté et là aussi il butta sur autre chose et se retrouva sur le sol et sentit sous sa main un liquide épais et visqueux, il se releva rapidement et recula encore dans la pénombre bientôt remplacée par la lumière de la lune qui sortit de derrière les nuages et la une vision d’horreur s’offrit à lui, les deux obstacles sur lesquels il venait de trébucher étaient deux corps, l’un d’un homme de son âge à peu près, tué d’une balle dans la tête ,l’autre un adolescent, une balle en plein cœur, Sully recula d’horreur et se retrouva acculé à la table où se trouvait encore les vestiges d’un repas qu'on avait servi pour le souper, ses yeux firent le tour de la pièce et s’arrêtèrent sur le lit où gisaient le corps de deux femmes, la mère et la fille sans doute, toutes les deux avaient vraisemblablement été violenté avant d’être tuées à en juger par leur vêtements en lambeaux et en désordre.
Le cœur de Sully battait la chamade, sa respiration devenait saccadée, il avait du mal à respirer où qu’il tournait la tête il ne voyait que des morts, il fit tomber une chaise tout en reculant et bouscula un berceau et là encore il vit un petit enfant d’à peine deux ans figé dans la mort, la gorge tranchée, il devait sortir d’ici c’était insoutenable ,il se précipita au dehors et vida le contenu de son estomac à plusieurs reprise écœuré de ce qu'’il venait de voir mais qui avait fait une chose pareil ? Cette famille avait été délibérément assassinée, aucun d’entre eux n’était un soldat.
Ce fut trop pour Sully il avait atteint la limite de ce qu'il pouvait supporter, il reprit sa course folle pour échapper à cette vision d’horreur et rejoindre Michaëla en décidant de déserter cette guerre qui n’avait déjà que trop duré. Les visages de sa famille et celle de cette famille se superposaient dans sa tête, il fallait qu'il les rejoigne au plus vite, il était paniqué à l’idée que ce la pourrait leur arriver même si cela était improbable mais il ne pouvait pas se résonner et fuyait encore plus vite en direction du Colorado.
Au bout de quelques kilomètres du lieu du massacre, il vit la lueur d’un campement, il s’approcha prudemment et se tapi dans un buisson pour observer les six soldats de l’Union, c’était sans doute une escouade de reconnaissance qui avait établi leur bivouac pour la nuit avant de rejoindre leur unité.
Ils étaient assis autour du feu une bouteille à la main, ils étaient ivres et riaient en racontant leurs exploits récents.
<< T’as vu la tête de la bonne femme quand t’as égorgé le gamin comme un poulet et comment tu t’es occupé d’elle par la suite, elle a vu ce que c’était qu'un homme un vrai ! >> S’exclama l’un des soldats en éclatant de rire et en donnant une grande tape dans le dos de son camarade.
Sully compris que c’était eu qui avaient massacré cette famille Sudiste, il était écœuré de porter le même uniforme, il serra les poings fou de rage, il aurait voulu les étrangler de ses propres mains mais en faisant cela il ne vaudrait pas mieux qu'eux.
Il sortit du buisson en reculant quand une arme fut pointée dans son dos
<< Hé toi les mains en l’air et relève toi doucement ! >>
Sully s’exécuta sans geste brusque et fit face au soldat qui le menaçait de son fusil
<< Avance vers le camp que je vois qui tu es…allez avance et pas de bêtise tu veux ! >>
<< Hé les copains j’ai trouvé ce type entrain de vous épiez dans les buissons ! >>
<< Je pense que c’est un déserteur…pas vrai les gars ? >>
<< Non je rentrais juste de mission…l’explosion que vous avez du entendre c’était moi ! >> Se défendit Sully et il voulut ajouter je suis des vôtres mais il se retint, non il n’était pas comme eux, un meurtrié, il avait honte de porter cet uniforme maintenant.
<< C’est ça on va te croire…en mission à toi tout seul…tu mens…on va te ramener pieds et poings liés au commandant ou on peut peut être te fusiller ici et maintenant si tu es un déserteur…personne ne nous demandera des comptes ! >>
<< Attendez les copains…mais c’est Sully dit le fantôme…ce n’est pas un déserteur c’est plutôt un héro ! >> fit un des soldats en le reconnaissant.
<< Ouais mais fantôme ou pas il a entendu ce qu'on disait et il sait ce qu'’on a fait à la ferme là-bas et il pourrait nous dénoncer et on risque le peloton d’exécution…il faut s’en débarrasser je vous dis ! >> dit il en titubant, son haleine chargée d’alcool, menaçant Sully de son arme, les autres s’approchaient menaçant à leur tour, Sully était encerclé il fallait qu'il leur échappe sinon ils mettraient leur menace à exécution, pour l’instant il garda son calme pour ne pas les provoquer et réfléchissait sur la marche à suivre pour se sortir de ce guêpier.
