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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 11.04.2012 à 18h00
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Le cycle de la vie" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Circle of life" » okapi
Cette fanfic compte déjà 346 paragraphes
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Certains paragraphes sont déconseillés au moins de seize ans car ils contiennent des scènes à caractère sexuel entre deux adultes mariés et cela pourrait peut être choquer ces jeunes lecteurs.
Chapitre 1 :
Michaela leva les yeux et sourit à Sully en l’observant relever le rabat de la porte d’entrée et pénétrer dans le tipi, éclairé par la douce lumière du feu. Son regard fit le tour de leur temporaire mais non moins confortable habitation et il laissa échapper dans un murmure : " Tout le monde dort ? ". Elle lui répondit d’un hochement de tête et se retourna pour observer leurs enfants paisiblement endormis. Katie et Brian étaient étendus côte à côte sur une peau de bison bien chaude, recroquevillés sous des couvertures indiennes richement colorées. Bien que Brian soit désormais presque un adulte, il avait accepté plus que docilement de partager le tipi de toute sa famille dès que l’idée d’un voyage dans les territoires Cheyennes du Nord avait été envisagée.
Non loin d’eux, Michaela balançait doucement le berceau de William, âgé de six mois. Ses joues étaient toutes roses et sa respiration profonde et régulière. Sa petite bouche s’activa soudain dans un mouvement de succion inconsciente, faisant aussitôt apparaître un sourire indulgent sur le visage de ses parents.
Michaela laissa échapper un soupir de contentement, pendant que ses yeux scintillants cherchaient ceux de Sully. Il tendit la main vers elle et elle la saisit aussitôt. Mais, alors qu’il l’attirait en direction de la porte du tipi, elle protesta doucement : " Mais, Sully….William pourrait se réveiller…. "
Il attira sa main jusqu’à ses lèvres : " Nous n’irons pas loin " répondit-il tranquillement, " Nous l’entendrons bien si cela arrive. "
Cédant à sa voix charmeuse et à ses douces caresses, elle se contenta d’acquiescer et de le suivre dans le crépuscule de cette nuit d’été.
Ils marchèrent main dans la main, durant quelques minutes, le long d’une rangée de tipis semblables au leur et d’où montaient des volutes de fumées se répandant dans l’air pur et vif de la nuit. Ils avaient déjà pu constater que bien que l’on soit encore au milieu de l’été, les nuits dans cette partie du Montana avaient tendance à être plutôt fraiches, sous un ciel clair et étoilé. Un loup hurlait dans le lointain et un oiseau de nuit appelait obstinément son compagnon de son chant guttural, pour lui signaler la présence de quelques proies infortunées.
Ils escaladèrent une légère pente où Sully s’arrêta soudain avant de s’asseoir contre le tronc d’un énorme sapin et d’attirer Michaela à lui pour qu’elle s’installe entre ses genoux. Elle s’appuya contre sa poitrine et s’agrippa à ses bras pendant qu’il l’enlaçait. Ils restèrent ainsi pendant un long moment, silencieux, perdus dans leurs pensées, à contempler le campement Cheyenne et les silhouettes étranges des tipis qui, éclairés par les rayons de la lune, se détachaient sur le ciel bleu nuit.
Les deux semaines qu’ils venaient de passer dans cet endroit si reculé et sauvage suscitaient en eux un curieux mélange d’émotions intenses. Alors que la vie quotidienne semblait si parfaitement idyllique - la forêt toute proche était un immense terrain de jeu et les enfants semblaient si heureux et insouciants- les adultes étaient soumis à une tension sous jacente permanente.
Combien de temps encore les Cheyennes auraient-ils le droit de vivre sur cette terre sauvage, si belle et si fertile ?
Combien de temps leur restait-il avant que l’homme blanc ne décide de s’en emparer ?
Déjà, certains d’entre eux, des agents du gouvernement, étaient arrivés jusque là mais, jusqu’à ce jour, on les avait laissés vivre ici dans une paix relative.
Cependant, pour les adultes, cette existence était difficile à supporter. Bon nombre d'entre eux avaient déjà, par le passé, connu les préjugés et la cupidité de l'homme blanc qui n’apportait avec lui que la cruauté, la destruction et la mort.
Malgré le réconfort des bras de Sully qui l’entouraient et la protégeaient, Michaela fût soudain prise de frissons et, comme s’il pensait à la même chose qu’elle à cet instant, il la serra un peu plus contre lui.
Elle brisa enfin le silence : " Nous devons penser à rentrer à la maison dans les prochains jours " dit-elle doucement
Il posa son menton sur son épaule et lui répondit aussitôt : " Je sais ! "
Elle se blottit confortablement dans ses bras : " Je suis heureuse que nous soyons venus " continua-t-elle pour le réconforter.
" Mais il nous faut penser aux gens et aux choses que nous avons laissés derrière nous. " conclut-il.
Elle se retourna pour observer ses yeux qui brillaient à la lumière de la lune. " Cela va être dur pour toi de partir, n’est-ce pas ? " demanda-telle doucement.
Il haussa les épaules et ses yeux quittèrent les siens pour se perdre dans le lointain.
Pour finir, il lui répondit calmement " Je te mentirais en te disant que non… "
Il prit une profonde inspiration avant de continuer : " Etre ici, comme ça, c’est comme si j’avais remonté le temps… J’en arriverais presque à oublier tout ce qui s’est passé ces dernières années. " Il tourna la tête et son regard se posa de nouveau sur le sien, " Presque… ! " ajouta-t-il en grimaçant. " Peut-être n’aurons-nous plus jamais la chance de voir les Cheyennes vivre ainsi…. "
Elle soupira : " Non, peut-être plus jamais ! " répéta-t-elle tristement.
" Tu sais que je ne peux pas m’asseoir et regarder ce qui va arriver sans rien faire, Michaela. " La prévint-il calmement.
Elle se mordit les lèvres : " Je sais ! " répondit-elle avec une toute petite voix. " Mais je ne suis pas sûre de pouvoir faire face si les choses dégénèrent… Je… Je ne crois pas être capable de le supporter de nouveau…. "
Elle prit une profonde inspiration et dit un peu plus fortement : " Au moins, Brian et Katie auront eu la chance de voir les Cheyennes vivre en paix ! "
La regardant avec une pointe de tristesse, Sully rectifia : " Katie ne s’en souviendra pas, je pense… Elle est trop jeune… Mais Brian, oui… Et je sais qu’il écrira un jour à leur sujet… Lui et Faucon-Volant sont de bons amis maintenant… Brian a beaucoup appris chaque fois qu’il a pu les côtoyer. "
Michaela acquiesça : " Oui, c’est vrai ! " reprit-elle. " Il grandit si vite… Je suis presque heureuse qu’il ait retardé d’un an son entrée au Collège… Il va tellement nous manquer ! "
" La maison semble tellement loin ici … " remarqua Sully " On a tendance à perdre la notion du temps ! "
Michaela sourit et posa sa joue contre sa poitrine : " Nous en avions besoin… N’est ce pas ? " murmura-t-elle. " Après tout ce qui c’est passé… "
" Tu veux dire avec Tilson ? " demanda Sully en passant tendrement sa main dans son dos.
Elle admit. " Et après le mariage de Matthew et de Kathleen " ajouta-telle. " Je me demande comment se passe leur Lune de miel à Charleston… Ils ne vont plus tarder à rentrer à Colorado Springs maintenant… "
Il l’étreignit amoureusement. " Cela ne pourra jamais être aussi bien que notre Lune de miel à Denver " murmura-t-il à son oreille avant de l’embrasser tendrement sur la tempe.
Elle leva de nouveau les yeux pour le regarder avec une étincelle dans le regard. " Je me demande si Kathleen était aussi nerveuse que moi ? " avoua-t-elle doucement.
Il rit et la taquina un peu : " Je suppose que nous ne le saurons jamais… Mais si elle apprend aussi vite que toi…! "
" Sully ! " s’exclama-t-elle offusquée.
Ses protestations furent étouffées rapidement sous la bouche de Sully qui captura la sienne.
Leur baiser se fit peu à peu plus tendre, plus profond et langoureux et, durant de longues minutes, ils profitèrent de ce moment précieux d’intimité retrouvée.
Lorsqu’enfin ils se séparèrent, Sully se recula un peu pour reprendre son souffle et calmer les battements de son cœur avant de lui déclarer : " Je crois qu’il y a une chose qu’il me tarde de retrouver dès notre retour à la maison. "
Elle haussa les sourcils, étonnée : " Juste une ? " demanda-t-elle avec un air incrédule.
Il rit de nouveau : " Une chose très spéciale " précisa-t-il.
" Et qu’est-ce que c’est ? "
Il pencha la tête de manière à ce que sa bouche vienne frôler son oreille : " J’ai l’habitude de t’avoir pour moi tout seul à la maison… " Lui chuchota-t-il d’un ton séducteur " sans avoir à partager notre chambre avec trois autres personnes. "
Emue par le désir qu’elle percevait dans sa voix, elle essaya de lui répondre aussi passionnément : " William dort dans notre chambre " lui dit-elle d’une voix enrouée.
" Ce n’est pas la même chose " lui murmura-t-il. " Ce voyage était merveilleux… Mais être avec toi me manque… Te serrer contre moi… "
Elle rougit : " Tu me serres contre toi en ce moment. " murmura-t-elle.
" Ce n’est pas la même chose " répondit-il en passant ses doigts sous son menton pour lui faire tourner la tête et la regarder dans les yeux. " Ce n’est pas la même chose, du tout " lui confirma-t-il avant de réclamer de nouveau sa bouche pour un ardent et long baiser.
Finalement, le cœur battant, ils se séparèrent et soupirèrent ensemble. " Nous ferions mieux de rentrer… hein ! " suggéra Sully à regret.
Michaela approuva : " Les enfants ne vont pas tarder à se réveiller. " lui confirma-t-elle.
Il reprit sur un ton ironique et indulgent à la fois " Dès l’aube, je suppose… Ils ont trop peur de manquer quelque chose !"
Comme Michaela se penchait déjà pour se relever, il se redressa et l’attira contre lui : " Heureusement, je peux au moins te tenir dans mes bras pendant que nous dormons. " lui murmura-t-il amoureusement.
Bras dessus, bras dessous, et étroitement serrés l’un contre l’autre, ils rebroussèrent chemin pour regagner lentement leur refuge temporaire.
Le soleil matinal de cette journée d'été réchauffait son dos, Michaela était assise en tailleur, occupée à remuer un volumineux récipient de bouillie d'avoine suspendu au-dessus d'un foyer dressé à quelques mètres de leur tipi.
A côté d'elle, William était allongé sur le dos, sur une couverture, serrant dans ses petites mains et portant à sa bouche un jouet cheyenne qu'une femme du village lui avait offert.
Peu à peu, tout autour d'eux, le campement commençait à s'animer. Les femmes lavaient les enfants et cuisinaient. Un petit groupe d'hommes s'était rassemblé et se préparait à partir à la chasse avec une impatience certaine.
Le rabat de la toile du tipi jouxtant le leur s'écarta soudain, attirant l'attention de Michaela qui, relevant la tête, découvrit Dorothy qui émergeait de la tente tout en fixant une ultime épingle dans ses cheveux roux.
Son amie se dirigeant aussitôt dans sa direction Michaela lui demanda dans un sourire : "Bien dormi ? "
Dorothy respira une bouffée d'air frais… "Mmmm" dit-elle avec satisfaction. "Je ne sais pas si c'est le bon air d'ici ou autre chose… mais je dors bien mieux qu'à la maison… "
Michaela, le sourire aux lèvres, lui répondit avec espièglerie : "Peut-être est-ce le fait d'avoir un peu de compagnie ! "
Dorothy rougit timidement mais retrouva bien vite son visage souriant. "Peut-être bien !" Reprit-elle en se penchant pour s'asseoir sur la couverture à côté de William. "Ici, je suis la femme de Nuage Dansant… Tout le monde le sait et tout le monde l'accepte… Même si certains n'en sont pas très heureux… " déclara-t-elle pensivement tout en caressant doucement le ventre du petit garçon qui se mit aussitôt à gazouiller de bonheur. "Mais dès que nous rentrerons à la maison…"
Michaela se pencha pour poser sa main sur celle de Dorothy. "Je sais… Cela doit être tellement difficile pour vous !" dit-elle compatissante.
Dorothy releva la tête pour la regarder dans les yeux. "Mais si c'est ainsi que les choses doivent être… Et bien nous ferons avec… Je préfère vivre avec lui de cette manière plutôt que sans lui !" avoua-t-elle.
Michaela acquiesça tandis que Dorothy repartait promptement dans d'autres explications. "Avec Nuage Dansant, nous avons débattu de l'éventualité de rester vivre ici… En fait, c'est moi qui lui ai suggéré cette idée !"
En découvrant le regard effrayé de Michaela à cette annonce, elle poursuivit en toute hâte : "Mais il ne veut pas… Il dit que ce ne serait pas juste qu'à cause de lui je quitte les gens que j'aime et que je laisse "La Gazette" bien sûr…"
"Pourriez-vous… Pourriez-vous réellement envisager de vivre ici… Comme ça, Dorothy ? " demanda Michaela avec sérieux.
"Ce n'est pas une vie facile et il y a toujours l'incertitude du lendemain… Si… "
Dorothy haussa les épaules. "Peut-être… J'aimerais faire un essai… La vie n'est pas facile, non plus, à Colorado Springs… Il faut toujours être prudents… se cacher !"
"Mais le gouvernement peut changer sa politique à tout moment et envoyer l'armée ici !"
"Et où croyez-vous donc que Nuage-Dansant se trouvera si cela arrive, Michaela ? " appuya Dorothy calmement. "Il ne sera pas à Colorado Springs, ce jour là !"
Michaela soupira, sachant d'instinct que Sully rejoindrait immédiatement son frère si un conflit éclatait ici mais avant qu'elle ne puisse répondre quoi que ce soit, Dorothy enchaîna :"Nuage-Dansant dit que je peux être très utile à ce sujet en continuant d'écrire dans "La Gazette"… J'ai beau lui expliquer que c'est juste un tout petit journal local… Il persiste à croire que les idées qui y sont écrites continueront à se répandre ailleurs !"
"Il a raison, Dorothy" insista Michaela
"Je suppose… Mais cela ne m'empêchera pas de le rejoindre si quelque chose d'aussi affreux arrivait ici…"
Michaela hocha la tête avec résignation et se mit à nouveau à remuer le porridge.
Après quelques minutes de silence, elle dit calmement : "Nous devons repartir très bientôt à la maison… Peut-être demain. Est-ce que vous nous accompagnerez avec Nuage-Dansant ?"
Dorothy parcouru le campement du regard. "Cela se pourrait" Répondit-elle. "Je n'en suis pas sûre… Je ne sais pas si Nuage-Dansant veut rester ici un peu plus longtemps…"
"Bien sûr ! Je sais que les choses sont différentes pour vous !" répondit immédiatement Michaela. "Mais nous serions heureux de faire le voyage en votre compagnie !"
Dorothy approuva. "Je vous le ferai savoir… "Elle releva la tête et sourit en apercevant Brian et Katie qui approchaient main dans la main. "Je crois que c'est l'heure du petit déjeuner " Annonça-t-elle en saisissant les écuelles.
Assis côte à côte à l’emplacement même où Michaela et lui étaient assis la veille, Sully et Nuage-Dansant observèrent la troupe impatiente des chasseurs sortir au grand galop du campement en soulevant un nuage de poussière derrière elle.
Durant ces deux dernières semaines, ils avaient participé, eux-mêmes, à plusieurs de ces chasses, mais cette fois-ci, ils n’étaient que de simples observateurs.
" C’est uniquement les jeunes braves aujourd’hui, hein ! " lui fit remarquer Sully.
Nuage-Dansant acquiesça. " Ils veulent faire mieux que leurs aînés " confirma-t-il. " C’est une question de fierté."
" Et s’ils n’y parviennent pas ? "
" Ils subiront beaucoup de moqueries et devront supporter la vantardise des plus vieux. "
Sully rit à cette pensée. " Je me rappelle qu’au début où je vivais avec les Cheyennes… Tu étais bien meilleur que moi dans tous les domaines… "
" Les choses ont changée depuis."
" Pas dans tous les domaines."
Nuage-Dansant sourit tristement : " Non… peut-être pas dans tous les domaines… Mais dans la plupart d’entre eux." insista-t-il sans rancœur.
Il détourna les yeux pour observer Michaela, Dorothy et les enfants assis autour du feu à quelque distance de là. " Michaela semble de nouveau nerveuse " commenta-t-il. " Je suppose qu’elle souhaite rentrer à la maison. "
Sully fronça les sourcils. " Oui… Elle essaye de le cacher… Mais elle voudrait être à la maison lorsque Matthew et Kathleen vont rentrer de leur voyage de noces… Et elle est également inquiète de savoir Andrew de nouveau seul pour s’occuper des deux cliniques."
" Colleen et Andrew vont bientôt partir pour l’Est ? "
" Hum, hum… ils vont lui manquer."
Nuage-Dansant se retourna pour le regarder… " Et à toi, non ? " le taquina-t-il.
" Bien sûr que si ! " répondit Sully immédiatement. " Ils font partie de ma famille… Mais tu sais à quel point Michaela est proche de Colleen..."
L’homme médecine approuva d’un signe de tête : " La fille suit les traces de sa mère… Cela signifie beaucoup pour toutes les deux."
" Donc tu comprends pourquoi Michaela désire rentrer le plus tôt possible. Il ne reste plus qu’un mois avent leur départ pour Philadelphie." Sully regardant son frère lui demanda tout à coup : " Feras-tu le voyage avec nous ? "
Nuage-Dansant plissa les yeux : " Je crois que ce serait préférable."
" Alors, cela veux dire que tu rentres avec nous ? " reprit Sully avec surprise. " Je pensais que tu voulais rester ici plus longtemps !"
Il admit: " Si j’étais seul, je resterais encore… Mais Dorothy doit également rentrer… Elle doit s’occuper de la Gazette. "
" Elle pourrait rentrer avec nous ? "
Nuage-Dansant secoua la tête : " C’est mon épouse et je l’accompagne ! "
Sully acquiesça, comprenant parfaitement les sentiments qui justifiaient la décision de son ami. " Rien ne t’empêche de revenir ici plus tard." suggéra-t-il.
" Je reviendrai " lui confirma Nuage-Dansant. " Assez rapidement, car je ne sais pas combien de temps encore cette paix fragile va pouvoir durer."
" Je pense la même chose que toi… " Reconnut Sully. " Vu d’ici, on a du mal à croire que les choses pourraient changer si vite… Mais… "
" Mais nous en avons déjà fait l’expérience… plus d’une fois !" continua Nuage-Dansant en se relevant. " Je vais dire à Dorothy que nous partirons avec vous demain."
Sully redressa la tête pour lui signaler : " Le voyage ne sera pas très rapide avec les enfants ! "
" Cela ne nous dérange pas… Nous n’avons pas si souvent la chance d’être ensemble " répondit l’homme médecin.
Sully se leva pour se tenir à ses côtés et, sa nature optimiste l’emportant de nouveau, il lui dit dans un sourire : " Tu as raison… Nous devons être reconnaissant pour ce que nous avons aujourd’hui… "
Nuage-Dansant approuva tout en s’engageant dans la pente douce. " Bien parlé, mon frère ! " dit-il en contemplant sa femme non loin de là. " Nous devons profiter de chaque instant qui passe car nous pouvons être certains que ce changement dont nous parlions aura lieu ! "
Chapitre 2
Perchée sur les épaules de Faucon-Volant, Katie riait à gorge déployée et applaudissait à chaque fois que le Cheyenne se mettait à tourner et tourner encore.
C’était un homme, grand, fort et fier mais il s’était pourtant attaché à la petite fille et voilà que maintenant, elle repartait chez elle avec ses parents.
Derrière lui, un grand nombre de Cheyennes de tous âges s’étaient réunis pour assister à leur départ et leur faire leurs adieux.
Sully tendit William à Michaela qui était déjà assise dans le charriot avant de se tourner vers Faucon-Volant.
" Nous voulons que vous sachiez que nous vous sommes infiniment reconnaissant de nous avoir accueillis et acceptés parmi vous comme vous l’avez fait. " dit-il dans un étrange mélange d’Anglais, de Cheyenne et de langue des signes. " C’est un privilège… quelque chose que nous n’oublierons jamais…et Brian en particulier… "
Le chef tendit son bras à son tour, pour indiquer à Sully que lui et sa famille seraient toujours les bienvenus car ils avaient prouvés qu’ils étaient les amis des Cheyennes en leur apportant leur aide, en particulier au début de l’hiver quand ceux-ci avaient été obligés de quitter leur terre et de venir s’installer plus au Nord.
Les deux hommes se donnèrent l’accolade puis Sully attrapa Katie pour la faire descendre des épaules de Faucon-Volant.
" J’espère que nous nous reverrons ! " dit-il en déposant Katie à l’arrière du charriot bâché. " Et vous savez que vous, vous pouvez compter sur notre aide si… Quelque chose n’allait pas ici. "
" Absolument ! " ajouta Michaela avec conviction, alors que son cœur s’emballait à cette pensée.
Sully lui lança un regard reconnaissant, l’incitant à tendre la main à Faucon-Volant.
" Merci ! " dit-elle avec sincérité. " J’espère que tout ira bien pour vous et votre peuple… "
Nuage-Dansant, revêtu de sa tenue de voyage, se tenait fièrement aux cotés de ses amis pendant que ceux-ci faisaient leurs adieux au Chef.
Au fond de son cœur, il ressentait le poids de la tristesse mais aussi un très fort sentiment de fierté d’appartenir à ce peuple si particulier.
Leur faire découvrir et partager ce mode de vie avec eux, durant ces quelques semaines, lui avait redonné une nouvelle jeunesse et avait restauré en lui la foi et l’amour qu’il avait pour ses racines cheyennes.
Il sortit de sa rêverie lorsque Dorothy, se serrant un peu contre lui, glissa soudain sa main glacée dans la sienne, comme pour lui signifier qu’elle partageait et comprenait ses pensées.
Il sourit et lui serra la main à son tour. " Prête pour le départ ? " lui demanda-t-il tranquillement.
Elle approuva et saisit son chapeau qui pendait dans son dos, maintenu par une cordelette passée autour de son cou, puis l’enfonça sur sa tête. " Hum, Hum " Répondit-elle. Elle se rapprocha encore pour lui dire à voix basse : " Tu sais que nous ne sommes pas obligés de partir… Cela ne me fait rien… Vraiment je ne veux pas… "
Il secoua la tête obstinément. " Si tu restes ici avec moi… Tu ne pourras plus jamais retourner à Colorado Springs… "
Elle soupira avant de prendre une profonde inspiration : " Je le sais ! " dit-elle avec une voix enrouée.
" Je ne peux pas te demander ça… Si nous rentrons, nous pouvons vivre à la fois dans les deux mondes… Si nous restons… Nous ne vivrons plus que dans un seul… Et ce ne serait pas le tien. "
Elle baissa les yeux : "Je ne veux pas que tu sois malheureux Nuage-Dansant… Te voir toujours faire des compromis à cause de moi… " Expliqua-t-elle doucement.
" Je ne suis pas le seul à en faire… Nous savions tous les deux que les choses ne seraient pas simples quand nous avons choisi de nous marier." répondit-il aussitôt. " Nous rentrons à Colorado Springs comme nous l’avons décidé."
" Mais nous reviendrons ici de nouveau… Et avant le retour de l’hiver, n’est-ce pas ? " ajouta-t-elle.
" Oui… nous le ferons… " Approuva-t-il. " Viens… Allons chercher les chevaux pour ne pas retarder les autres."
Il serra amoureusement sa main et l’entraîna sur le sentier qui zigue-zaguait entre les tipis jusqu’à l’endroit où étaient attachées leurs montures.
" Veux-tu autre chose à manger ? " demanda Sully en s’asseyant à côté de Michaela occupée à allaiter William à l’ombre d’un grand sapin.
Ils avaient pris le chemin du retour depuis déjà plusieurs jours et la fin de ce long voyage était enfin proche.
Ils devraient faire route encore durant quelques heures cet après-midi et durant une grande partie de la journée du lendemain, pour espérer arriver à Colorado Springs avant la nuit.
Elle secoua la tête. " Non… J’ai assez mangé… Mais toi si tu veux autre chose… il reste des fruits ! "
" Nous les garderons pour demain " répondit-il d’un ton décidé.
Il s’approcha un peu et caressa délicatement la joue de son fils. " Il a vraiment l’air d’être en bonne santé… Ses joues sont toutes roses… La vie au grand air semble parfaitement lui convenir… "
Michaela lui sourit avec bonheur : " Nous avons tellement de chance ! " dit-elle fièrement.
" Oui… Je le reconnais… " Répondit-il en se rapprochant d’elle et en passant son bras autour de ses épaules pour l’attirer contre lui.
Les yeux fixés sur son fils sombrant dans le sommeil, il fit remarquer : " Tu l’allaites beaucoup plus longtemps que tu ne l’as fait avec Katie ! "
Elle acquiesça : " Cette fois-ci, je n’ai pas essayé de tout faire à la fois et de faire marcher la clinique à moi toute seule" lui répondit-elle ironiquement. " J’ai été capable de passer plus de temps avec lui… " Elle souleva un peu William et l’embrassa tendrement sur le front. " Mais il est probablement temps de le sevrer maintenant..." Ajouta-t-elle avec regret. " En dehors de toute autre considération, Andrew et Colleen partent dans un mois…. "
" Et tu vas de nouveau essayer de faire marcher deux cliniques à la fois, à toi toute seule ? " demanda Sully en s’efforçant de garder un ton neutre dans sa voix.
Les yeux de Michaela se posèrent aussitôt sur les siens. " Et tu ne m’en crois pas capable ? " le défia-t-elle.
Il secoua la tête : " Je n’ai jamais dit cela " répondit-il immédiatement. " Mais je ne vois pas pourquoi tu devrais le faire… Deux cliniques, c’est bien trop de travail… "
" Je sais" reconnut-elle calmement. "A la vérité… J’ai pensé que je pourrais peut-être passer une annonce pour trouver un collègue qui m’aiderait… peut-être un jeune médecin comme Andrew… " Elle le regarda pour lui demander : " Qu’en penses-tu ? "
Il sourit : " Je pense que c’est une bonne idée… Partager ta charge de travail avec un jeune médecin… Et peut-être qu’après cette expérience, il ne voudra plus repartir à l’Est… "
" Il ? " demanda-t-elle les yeux pétillants de malice.
" Excuse-moi ! Il ou elle... " Rectifia-t-il en riant.
" Voilà qui est mieux " le taquina-t-elle, puis, levant les yeux pour admirer le ciel bleu de l’été, elle dit en retrouvant son sérieux : " Je pense que nous ferions mieux de repartir maintenant, humm ? Je serais vraiment heureuse de pouvoir enfin rentrer à la maison. "
Sully caressa amoureusement les épaules de Michaela et, suivant son regard, se tourna, à son tour, vers le ciel en laissant un instant son esprit vagabonder.
Au bout d'un moment, il plissa soudain les yeux et se releva rapidement.